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Titre

A. S. A S. MONSEIGNEUR le Duc, Gouverneur de Bourgogne, séant à l'ouverture de l'Assemblée des Etats de la Province à Dijon, le 20. May 1715. ODE.

Titre d'après la table

Ode à S. A. S. M. le Duc.

Page de début
263
Page de début dans la numérisation
281
Page de fin
277
Page de fin dans la numérisation
295
Incipit

A propos de Princes du Sang, on vient heureusement, Mademoiselle / Quelle Cour salutaire !

Texte
A propos de Princes du
Sang, on vient heureusement,
Mademoiselle, dem'apporter
une Ode que, M.Martineau
de Solleyne
,
dont vous avez
sans doute vu plusieurs fois, &
lû les Ouvrages, a faite pour
S. A. S. M. le Duc.Il a eu
l'honneur de l'envoyer à ce
Prince. Il l'a receuë de bonne
grâce, & je croi que, corama
vous, le Public la recevra
bien aussi.
I
A. S. A S. MONSEIGNEUR
le Duc, Gouverneur de
Bourgogne, séant à l'ouverture
de l'Assemblée des
Etats de la Province à
Dijon, le20. May 1715.
ODE.
Quelle Coursalutaire !
Quel pompeux appareil!
Quel Heros tutelaire
Assemble ce Conseil ?
Quel est ce jeune Alcide
Qui le remplitd'éclat?
Est-ce un Dieu qui preside
En ce brillant Sénat?
-
Son seul air peut l'apprendre
Dés qu'onl'aregardé:
Sçauroit-on Je méprendre.
Aux traits du grand Condé?
C'est son sang; sa vaillance
Est peinte sur son front ;
Le feu, la ressemblance
Le port, tout en répond.
jéuguste&digne race
Jeune Bourbon c'est toy,
Quisuis déjà la trace
Du vainqueur de Rocroy;
TtJY, que l'impatience
De voirfinir nos maux,
Promptànostre dejfinfe
Fit voler aux assauts.
Aigle qui nous apportes
L'ordre du Souverain,
Par tout où tu te portes
Le Ciel devientserein.
Ton essormilitaire
Secondant ton desir,
Pour début, nous fçût faire
Un tranquille loisir.
Viens, Minerve te guide
Aux Conflits aux Combats;
C'est-ellequidecide
4 Par ta bouche, & ton bras.
De nos biens, de nos testes
Illustre Protecteur,
Ajoûre à tes conquestes
Celle de noflre coeur.
Les Légions Romaines
Répandaient moins d'effroy
Que celles que tu menes
N'en inspirentsous toy;
Sans estreChefd'Armée
D'abord tu nous appris
Combien la Renommée
Te de(line de Prix!
Ton nom comme un Tonnerre
Fitfuir pour coup d'essay
Le Démon de la Guerre,
De Bouchain, de Dviiay;
Marstqui fait ton étude,
Vit rentrerJous nos Loix
Le Qaefhey pourprélude
De tes premiersexploits.
En éprouvant tes armes
Le ~Gcïnain dans Landau
Ne trouva plein d'aillarmes
Qu'unfuneste tombeau.
Fribourg bien-tostenpoudre
Revitsur ses Ramparts
Condé ravir lafoudre a l'Aigle des Cesars.
Du char de la V\cloire9
Pour nous vole ici bas :
Un autre champ de gloire
T'attend en nos climats.
Une nouvelle palme
Fruit des plus doux travaux
T'offre au milieu du calme
Des triomphes plus beaux.
Plein de dons politiques
Prens, jeune Salomon,
Des affaires publiques ,
Prensen main le timon;
Et par d'autresspectacles
Viensressemblant aux Dieux
Hâter par tes oracles
Le bonheur de ces lieux.
Rempli tes dessinees:
Signale ta grandeurSeroient-elles bornées
A laseule valeur?
.Ajf;: de ces merveilles
T'érigent enHéros
Couronne ici tes veilles
Par nostreplein repos.
Dans un pieux Monarque
L'amour du mondeentier,
Que respecte le Parque
Blancby fous le laurier.
Telqu'un astre polaire
Traçant la route au Port
Du même ajpefl éclaire
Et marque un heureux fort.
Tel tu fais nostrejoye
En nosyeux tu la lis
Il suffit qu'on te voye
Nos voeux font accomp is
Noflre effort sansmurmHït,
Soutintdivers*fleaux;
: Un %eleJknsmefuirt-
Porteencornosfardeaux;
Mais l'amour te partage.
Entre l'Etat & mmy
Tu deviensun presage
Du destin le plus JeUiCAI
Il rieft plus rien de rude
Pour nous quand tu parois ;
* Depuis la sterilité de 1709.
allarmes d'irruption du costé de la
Bresse en 1711. les frequensdebordemens
d'eaux affligerent dé dommages
particuliers la Bourgogne, qui fat-eu&
fuite plus vivement frappée qu'aucune
autre Province ,
de lamortalité des
beftiaiix.> , - -
Libre d'inquietude
Le coeur vole àta voix;
Commande :ofo execute > Et jaloux de servir
Le peuplese c/ijpure
Lagloire d'obéir.
Déja tu representes
Aux Peuplesébloüis
Dans tes vertus naissantes
L'éleve de Louis;
Et t'en montrant l'image
Par tes talensdivers
Tu t'ajpifës l'hommage
Des voeux de l'univers,
Plusgrandque ta naissance
Tu tires ta splendeur
De ton intelligence
Autant que de ton coeur;-
En toy,l'esprit étonne
Et joint en même temps
Lesfruits deson Autonne
Auxfleurs deson Printemps.
Tandis que ta prudence
Eclate en mille traits -
On ne sent ta puissance
Que par tes seulsbienfaits,
Ils consacrent l'usage
De tes titre;pompeux,
Tel Titus à ton âge
Rendoit le monde heureux.
Vous, qui danssajeunesse
Voyez,Nobles Guerriers,
Quel éclat la sagesse
Répandsurses lauriers:
Admirezsapersonne,
En qui les Dieux ont mis.
La valeur de Bellonne,
Et les moeurs de Themis!
Moins touche que luy même
De tes divers brjoitu)
Tu dors, Peuple qu'il aime
A l'abry deses foins:
Sur, qu'il ne peut se croire
Heureux en dignité,
QjSil n'ait encov lagloire
De ta Félicité.
Son ame non commune
Que rien n'enste ou n'abat,
Fait toute tafortune
Et l'espoir de l'Etat;
Trop heureuse Province
Dont il est lesalut,
Dois tu moins à ce Prince
Que ton coeur pour tribut!
Cette Ode est comme je
vous l'ay dit de M. Martineau
deSolleynne,quine manque
guere les occasions de marquer
sonattachemont à S.A.S.
& à l'agrément de se faire un
nom dans la Republique des
Lettres par le succés de ses
pieces, donc le choix du Heros
augmente encore le prix.
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Est adressé ou dédié à une personne
Soumis par kipfmullerl le