Titre
ÉPITRE. A M. le Comte MAURICE de BRUHL, Gentilhomme de la Chambre du ROI de POLOGNE, & Lieutenant-Colonel des Carabiniers de Saxe, &c.
Titre d'après la table
EPITRE à M. le Comte Maurice de Bruhll, Gentilhomme de la Chambre du Roi de Pologne, &c.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
5
Page de début dans la numérisation
674
Page de fin
8
Page de fin dans la numérisation
677
Incipit
QUOI ! cher Comte, si jeune encore,
Texte
ÉPITRE
A M. le Comte MAURICE de BRUHL,
Gentilhomme de la Chambre du Ror
de POLOGNE , & Lieutenant - Colonel
des Carabiniers de Saxe , &c.
Q UOI ! cher Comte , fi jeune encore ,
Vous fentez le prix des talens.
Dieux ! qu'une fi riante aurore
Promet aux Arts de jours brillans
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
A votre aſpect chacun s'étonne
De voir chez vous en même temps
Les fruits aimables de l'Automne
Mêlés aux rofes du Printemps.
Votre amitié devient le gage
Et du génie & du fçavoir ,
Et fouvent même elle encourage
Le noble defir d'en avoir.
Le goût des Arts eft le préfage
Et le vrai fceau de la grandeur :
Un nom célébre avec fplendeur
De qui les aime eft le partage.
L'éclatant régne des Céfars
Aux grands hommes dut tout fon luftre.
Mécène protégea les Arts ,
Et Mécène devint illuftre.
Vous qui joignez un goût fi fûr
Au Sentiment , à la fineſſe
Et la Raifon d'un âge mûr
Aux agrémens de la Jeuneffe
Allez , volez , prenez l'éffor ,
Suivez le feu qui vous enflamme ;
Montrez au Monde le tréfor
Que vous renfermez dans votre âme.
Mûri par le flambeau des Cieux ,
Ainfi ce grain caché ſous terre ,
Tout-à-coup croiffant fous nos yeux ,
De la prifon quile refferre ,
S'éléve en chêne faſtueux ,
SEPTEMBRE. 1763.
7
Et bravant enfin le tonnèrre ,
De les rameaux majestueux
Semble ombrager tout l'hémiſphère . '
Soyez l'ornement de la Cour.
On réuffit quand on fçait plaire.
Affis au rang de votre père ,
Vous brillerez à votre tour ;
Des Peuples vous ferez l'amour ,
Et des Arts le 'Dieu tutélaire .
La Vertu qu'un haut rang éclaire ,
Eclate alors dans tout fon jour.
Je verrai l'Europe étonnée ,
Bientôt fur vous fixer les yeux ;
Oui , votre belle deſtinée
Doit égaler tous vos ayeux.
Dans les combats faites revivre
Ce grand Guerrier , ce fier Saxon
Dont vous portez déja le nom ,
Et de qui vous brûlez de fuivre
En tout l'exemple & la leçon .
Mais ce courage qu'on admire ,
Dont rien ne put borner le cours
Se vit dompter par les Amours ,
Et vous riez de leur empire .
Lorfque la Déeffe aux cent voix
Publiera partout votre hiſtoire
Quand la
>
trompette de la Gloire
Retentira de vos exploits ;
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
Ce Sage * dont l'heureuſe adreſſe
Par le plaifir forme les coeurs ,
Qui va pour vous femant des fleurs
Sur le chemin de la Sageſſe ,
Et qui comme moi prévenu
Par votre âme noble & modeſte ;
En vous aimant eft devenu
Votre Mentor & votre Orefte ;
Ce Philofophe généreux ,
Qui par un long apprentiffage ,
Comme un Pilote habile & ſage ,
Sur cet Océan dangereux
Sçait vous conduire fans naufrage ,
En vous voyant partout fameux ,
Dira partout , c'eſt mon ouvrage.
Allez , vos fuccès font certains ,
Votre gloire fera parfaite ;
Rempliffez vos brillans deftins :
Mais aimez toujours le Prophéte.
* M. dela Frenaye , Colonel au Service de
S. M. le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
connu par fon mérite diſtingué & par les brillanses
éducations qu'il a faites.
Par M. BLIN,
A M. le Comte MAURICE de BRUHL,
Gentilhomme de la Chambre du Ror
de POLOGNE , & Lieutenant - Colonel
des Carabiniers de Saxe , &c.
Q UOI ! cher Comte , fi jeune encore ,
Vous fentez le prix des talens.
Dieux ! qu'une fi riante aurore
Promet aux Arts de jours brillans
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
A votre aſpect chacun s'étonne
De voir chez vous en même temps
Les fruits aimables de l'Automne
Mêlés aux rofes du Printemps.
Votre amitié devient le gage
Et du génie & du fçavoir ,
Et fouvent même elle encourage
Le noble defir d'en avoir.
Le goût des Arts eft le préfage
Et le vrai fceau de la grandeur :
Un nom célébre avec fplendeur
De qui les aime eft le partage.
L'éclatant régne des Céfars
Aux grands hommes dut tout fon luftre.
Mécène protégea les Arts ,
Et Mécène devint illuftre.
Vous qui joignez un goût fi fûr
Au Sentiment , à la fineſſe
Et la Raifon d'un âge mûr
Aux agrémens de la Jeuneffe
Allez , volez , prenez l'éffor ,
Suivez le feu qui vous enflamme ;
Montrez au Monde le tréfor
Que vous renfermez dans votre âme.
Mûri par le flambeau des Cieux ,
Ainfi ce grain caché ſous terre ,
Tout-à-coup croiffant fous nos yeux ,
De la prifon quile refferre ,
S'éléve en chêne faſtueux ,
SEPTEMBRE. 1763.
7
Et bravant enfin le tonnèrre ,
De les rameaux majestueux
Semble ombrager tout l'hémiſphère . '
Soyez l'ornement de la Cour.
On réuffit quand on fçait plaire.
Affis au rang de votre père ,
Vous brillerez à votre tour ;
Des Peuples vous ferez l'amour ,
Et des Arts le 'Dieu tutélaire .
La Vertu qu'un haut rang éclaire ,
Eclate alors dans tout fon jour.
Je verrai l'Europe étonnée ,
Bientôt fur vous fixer les yeux ;
Oui , votre belle deſtinée
Doit égaler tous vos ayeux.
Dans les combats faites revivre
Ce grand Guerrier , ce fier Saxon
Dont vous portez déja le nom ,
Et de qui vous brûlez de fuivre
En tout l'exemple & la leçon .
Mais ce courage qu'on admire ,
Dont rien ne put borner le cours
Se vit dompter par les Amours ,
Et vous riez de leur empire .
Lorfque la Déeffe aux cent voix
Publiera partout votre hiſtoire
Quand la
>
trompette de la Gloire
Retentira de vos exploits ;
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
Ce Sage * dont l'heureuſe adreſſe
Par le plaifir forme les coeurs ,
Qui va pour vous femant des fleurs
Sur le chemin de la Sageſſe ,
Et qui comme moi prévenu
Par votre âme noble & modeſte ;
En vous aimant eft devenu
Votre Mentor & votre Orefte ;
Ce Philofophe généreux ,
Qui par un long apprentiffage ,
Comme un Pilote habile & ſage ,
Sur cet Océan dangereux
Sçait vous conduire fans naufrage ,
En vous voyant partout fameux ,
Dira partout , c'eſt mon ouvrage.
Allez , vos fuccès font certains ,
Votre gloire fera parfaite ;
Rempliffez vos brillans deftins :
Mais aimez toujours le Prophéte.
* M. dela Frenaye , Colonel au Service de
S. M. le Roi de Pologne , Electeur de Saxe ,
connu par fon mérite diſtingué & par les brillanses
éducations qu'il a faites.
Par M. BLIN,
Signature
Par M. BLIN.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Est adressé ou dédié à une personne