Titre
A la ROCHELLE, le 7 Juillet 1763.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
175
Page de début dans la numérisation
628
Page de fin
183
Page de fin dans la numérisation
636
Incipit
J'ESPÉRE, Monsieur, que notre éloignement de la Capitale ne vous préviendra
Texte
A la ROCHELLE le Juillet 1763.
J'ESPÉRE , Monfieur , que notre
éloignement de la Capitale ne vous préviendra
pas contre la vérité du récit que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Vous
reconnoîtrez à mon ftyle que je n'ai pas
cherché à en orner les traits ; mais fi je
réuffis à en rendre le tableau parlant ,
vous conviendrez que tous les exemples
de magnificence & de bon goût , font
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
effacés par les Fêtes que viennent de
donner M. P'Intendant & Mde l'Intendan
te de cette Province. Les perfonnes de
qualité qui y ont affifté , ont partagé l'étonnement
& l'admiration des Citoyens.
L'amour de tous les Ordres de la Ville
pour un Magiftrat moins connu par fon
autorité que par fes bienfaits , afuppléé à
l'infuffifance de l'induftrie & à la rareté
des Artifans. Les préparatifs ont même
été précipités par l'arrivée de Meſdames
les Comteffe de Sene&terre & Marquife
de Villeroi que M. le Maréchal de Senecterre
notre Gouverneur avoit invitées
aux Réjouiffances publiques dont elles
ont fait le premier ornement.
La Paix fut publiée les 1 & 2 de
ce mois par tous les Corps , avec les
acclamations d'un Peuple paffionné
pour fon Roi & pour celui qui en repréfente
fi dignement la Bonté & la
Majefté. Le Te Deum fut chanté le 3 avec
toute la Pompe qui pouvoit rendre cette
Cérémonie plus augufte : M. le Gouverneur
, Mefdames de Sene&terre & de
Villeroi, M. l'Intendant & Mde l'Intendante,
l'Etat Militaire , les Compagnies & la
plupart des Citoyens y affifterent. Il y
eut le même jour fur la Place Royale un
AOUST. 1763: 177
feu de joie , une illumination en Amphithéâtre
, deux fontaines de vin qui
coulerent toute la nuit , féparées par une
eftrade garnie de Muficiens , & un concours
fi prodigieux de Peuple , que la
vafte étendue de la Place pouvoit à
peine le contenir. Les Dames placées
fur les balcons des Maifons qui l'entourent
ne quitterent ce Spectacle fingulier
que pour jouir des illuminations qui
éclairoient les rues. On admira furtout
celles du Gouvernement , de l'Intendance
& de l'Hôtel-de-Ville.
Le lendemain , M. le Maréchal , Mefdames
de Senecterre & de Villeroi ,
fuivies de plus de cent foixante Dames
parées , & de cinq cens Cavaliers , tant
Militaires que Citoyens & Etrangers , fe
rendirent à l'Intendance à cinq heures
du foir. M. & Madame Rouillé les reçurent
dans un fallon orné de glaces &
très - éclairé.
Ce fallon de Compagnie communique
par trois grandes croifées de plein pied
dans un Jardin de quatre - vingt pieds
de longueur & de cinquante pieds de
largeur , plus bas environ de quatre
pieds que le fallon & renfermé par les
Bâtimens de l'Hôtel , qu'on avoit deſti-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE:
né à la conftruction d'une falle de Spectacle.
Ce terrein étoit couvert par de
fortes toiles à voiles , fufpendues par
une mâture auffi folide que hardie , &
difpofées de manière que l'air rafraîchît
la falle , fans que la pluye pût y pénétrer.
Le plafond du milieu à la hauteur
de vingt-quatre pieds étoit formé par
des pavillons de couleurs bleues & jaucelui
des loges étoit mêlangé de
blanc & de rouge.
On voyoit dans l'enfoncement une
toile décorée des chiffres de M. le Ma
réchal , de Madame de Seneterre & de
Madame de Villeroi , enlacés & déffinés
en Fleurs ; l'Orcheftre & le Parterre
bordés de dix grandes Loges paffantes
occupoient le terrein entre la toile
& la fortie du fallon : un treillage de
verdure naturelle en forme de tapis
à la hauteur d'appui , fervoit de parement
aux loges au pied & en dehors
de ce treillage étoit pratiqué un
Amphitéâtre à deux rangs de fiéges ,
qui partageoit la diftance du Parterre
au niveau des Loges. Dix colonnes
torfes , ornées de guirlandes de fleurs
naturelles fortoient du treillage &
marquoient la coupure des loges ceinAOUST.
1763. 179
, trées en haut en forme d'Archivolte
& du milieu des clefs defcendoient les
luftres fufpendus par des guirlandes en
draperie. Chaque colonne étoit éclairée
par un bras à trois bougies ; trois
grands luftres à diftance égale tomboient
du plafond du milieu. Les bras & les
luftres étoient travaillés en fleurs afforties.
Auffi - tôt que les Dames furent placées
on leva la toile & le Temple
de l'Amour fe préfenta avec tout le
brillant de la plus élégante décoration .
On commença par une Comédie en
Vers & un Acte Intitulée Amour fans
Amour : un Citoyen diftingue par fon
efprit & par fes talens , joua le premier
Rôle ; mais l'Acteur trahit l'Auteur
& fa modeftie ne put échaper
aux applaudiffements réunis. Cette Piéce
fut fuivie de l'Opéra des Graces en
un Аđe , dont les paroles & la Mufique
charmantes firent ailément reconnoftre
la même main qui avoit deffiné
leur Temple : deux ballets brillants où
la galanterie & l'éclat des habits répondolent
à l'élégance de réxécution foutenne
par plus de trente Muficiens
d'orchestre tous amateurs , ouvrirent&
fermierent ce fecond Spectacle.
Y
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
Les Dames fuivirent Meſdames: de
Seneterre & de Villeroi & montérent
dans les Piéces préparées pour le foupé :
tout le plein-pied de l'Hôtel étoit couvert
de tables garnies avec une profufion
qui fembloit devoir en exclure
la délicateffe , mais qui ne la rendit
que plus furprenante. M. le Maréchal
qui fait fi bien tempérer l'éclat de
fon rang par la gayeté & la galanterie,
refufa de fe placer à la première table ;
il en fit le tour & parut à toutes les
autres pour y répandre les traits de fa
bonté& de fa politeffe: les Cavaliers fervoient
les Dames & trouvoient pour
eux , fur des Buffets dreffés dans les
angles de chaque Salle , des mets fervis
avec autant d'ordre & d'abondance
que les tables mêmes.
On avoit continué la gallerie dans
tout le contour du Jardin & pratiqué dans
les côtés & le derrière du Théâtre , dix
Loges de la dimenfion & du goût de
celles qui bordoient l'Orcheſtre & le
Parterre ; de façon qu'en faifant difparoître
les décorations du Théâtre &
en élevant le Parterre le même terrein
ne devoit plus préfenter qu'une Salle
de Bal entourée de Berceaux de verdure
de fept pieds de profondeur & deAOUST.
1763.
181
treize pieds de largeur , ornés dans leurs
fonds , de glaces d'une coupe égale &
de la plus exacte correfpondance , &
foutenus & partagés par vingt Colonnes
torfes ornées de guirlandes de fleurs.
Il ne fallut pas une heure au Machinifte
pour l'éxécution de ce changement.
Les Dames rentrérent après foupé
dans cette Salle enchantée , par le même
fallon de Compagnie où elles avoient
été reçues, & qui en devenoit le veftibule.
Leur furprife paffa l'efpérance du
Machinifte ; la perſpective avoit été fi
adroitement ménagée , par les rapports
des glaces qui couvroient les fonds de
la gallerie avec celles du fallon , que l'oeil
ne trouvoit plus de bornes & fe perdoit
dans la répétition des objets : on avoit
ménagé dans l'enfoncement un Amphitéâtre
rempli de Muficiens en domino .
Les Dames qui ne vouloient pas danfer
bordoient la gallerie , les autres fe
rangerent autour de la banquette audeffous
des premières. Cette ordonnance
qui fembloit l'effet du hafard , cinq cens
Cavaliers répandus dans la falle , douze
cercles de contredanfes formés à la fois
préfentoient le plus riche tableau.
Mefdames de Seneterre & de Ville182
MERCURE DE FRANCE .
roi ouvrirent le Bal par deux menuéts
avec M. l'Intendant. On danfa jufqu'à
cinq heures du matin ; & il ne fallut pas
moins que l'inquiétude fur la fanté de
M. l'Intendant & Madame l'Intendante
pour arracher les Conviés de ce féjour
délicieux .
On crut que M. & Madame Rouillé
avoient épuifé pendant douze heures
que dura la Fête , la politeffe , l'aménité
& l'attention qui les rendent fi chers à
la Ville ; il manquoit à leur gloire un
trait d'affabilité & de bonté qui prolongeât
les plaifirs & les fit partager au
Peuple. Les Portes de l'Intendance s'ouvrirent
à neuf heures du matin , & on
laiffa entrer tout le monde fans diftinction
dans cette Salle merveilleufe. On
y trouva des violons , & Mefdames
Rouillé, de Sene &terre & de Villeroi nè
dédaignerent pas d'y paffer une partie
de l'après- midi & d'y danfer. L'affluence
du Peuple fut fi grande , qu'il paffa dans
La Salle , ce jour- là , plus de dix mille
perfonnes,
Le lendemain , la Troupe des Comédiens
joua gratis au Théâtre public , &
la Salle de l'Intendance n'en fut pas
moins livrée à la cutiofité du Public.
Je fuis trop bon Citoyen , Monfieur ,
AOUST. 1763: 183
pour ne pas defirer ardemment que cette
Defcription foit inférée dans le prochain
Mercure , fi vous croyez qu'elle réponde
à l'idée qu'on doit fe faire d'une Fête
auffi magnifique. Je fuis charmé que
cette occafion me procure l'avantage de
vous affurer des fentimens avec lefquels
j'ai l'honneur d'être , & c .
C. DENIS .
J'ESPÉRE , Monfieur , que notre
éloignement de la Capitale ne vous préviendra
pas contre la vérité du récit que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Vous
reconnoîtrez à mon ftyle que je n'ai pas
cherché à en orner les traits ; mais fi je
réuffis à en rendre le tableau parlant ,
vous conviendrez que tous les exemples
de magnificence & de bon goût , font
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
effacés par les Fêtes que viennent de
donner M. P'Intendant & Mde l'Intendan
te de cette Province. Les perfonnes de
qualité qui y ont affifté , ont partagé l'étonnement
& l'admiration des Citoyens.
L'amour de tous les Ordres de la Ville
pour un Magiftrat moins connu par fon
autorité que par fes bienfaits , afuppléé à
l'infuffifance de l'induftrie & à la rareté
des Artifans. Les préparatifs ont même
été précipités par l'arrivée de Meſdames
les Comteffe de Sene&terre & Marquife
de Villeroi que M. le Maréchal de Senecterre
notre Gouverneur avoit invitées
aux Réjouiffances publiques dont elles
ont fait le premier ornement.
La Paix fut publiée les 1 & 2 de
ce mois par tous les Corps , avec les
acclamations d'un Peuple paffionné
pour fon Roi & pour celui qui en repréfente
fi dignement la Bonté & la
Majefté. Le Te Deum fut chanté le 3 avec
toute la Pompe qui pouvoit rendre cette
Cérémonie plus augufte : M. le Gouverneur
, Mefdames de Sene&terre & de
Villeroi, M. l'Intendant & Mde l'Intendante,
l'Etat Militaire , les Compagnies & la
plupart des Citoyens y affifterent. Il y
eut le même jour fur la Place Royale un
AOUST. 1763: 177
feu de joie , une illumination en Amphithéâtre
, deux fontaines de vin qui
coulerent toute la nuit , féparées par une
eftrade garnie de Muficiens , & un concours
fi prodigieux de Peuple , que la
vafte étendue de la Place pouvoit à
peine le contenir. Les Dames placées
fur les balcons des Maifons qui l'entourent
ne quitterent ce Spectacle fingulier
que pour jouir des illuminations qui
éclairoient les rues. On admira furtout
celles du Gouvernement , de l'Intendance
& de l'Hôtel-de-Ville.
Le lendemain , M. le Maréchal , Mefdames
de Senecterre & de Villeroi ,
fuivies de plus de cent foixante Dames
parées , & de cinq cens Cavaliers , tant
Militaires que Citoyens & Etrangers , fe
rendirent à l'Intendance à cinq heures
du foir. M. & Madame Rouillé les reçurent
dans un fallon orné de glaces &
très - éclairé.
Ce fallon de Compagnie communique
par trois grandes croifées de plein pied
dans un Jardin de quatre - vingt pieds
de longueur & de cinquante pieds de
largeur , plus bas environ de quatre
pieds que le fallon & renfermé par les
Bâtimens de l'Hôtel , qu'on avoit deſti-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE:
né à la conftruction d'une falle de Spectacle.
Ce terrein étoit couvert par de
fortes toiles à voiles , fufpendues par
une mâture auffi folide que hardie , &
difpofées de manière que l'air rafraîchît
la falle , fans que la pluye pût y pénétrer.
Le plafond du milieu à la hauteur
de vingt-quatre pieds étoit formé par
des pavillons de couleurs bleues & jaucelui
des loges étoit mêlangé de
blanc & de rouge.
On voyoit dans l'enfoncement une
toile décorée des chiffres de M. le Ma
réchal , de Madame de Seneterre & de
Madame de Villeroi , enlacés & déffinés
en Fleurs ; l'Orcheftre & le Parterre
bordés de dix grandes Loges paffantes
occupoient le terrein entre la toile
& la fortie du fallon : un treillage de
verdure naturelle en forme de tapis
à la hauteur d'appui , fervoit de parement
aux loges au pied & en dehors
de ce treillage étoit pratiqué un
Amphitéâtre à deux rangs de fiéges ,
qui partageoit la diftance du Parterre
au niveau des Loges. Dix colonnes
torfes , ornées de guirlandes de fleurs
naturelles fortoient du treillage &
marquoient la coupure des loges ceinAOUST.
1763. 179
, trées en haut en forme d'Archivolte
& du milieu des clefs defcendoient les
luftres fufpendus par des guirlandes en
draperie. Chaque colonne étoit éclairée
par un bras à trois bougies ; trois
grands luftres à diftance égale tomboient
du plafond du milieu. Les bras & les
luftres étoient travaillés en fleurs afforties.
Auffi - tôt que les Dames furent placées
on leva la toile & le Temple
de l'Amour fe préfenta avec tout le
brillant de la plus élégante décoration .
On commença par une Comédie en
Vers & un Acte Intitulée Amour fans
Amour : un Citoyen diftingue par fon
efprit & par fes talens , joua le premier
Rôle ; mais l'Acteur trahit l'Auteur
& fa modeftie ne put échaper
aux applaudiffements réunis. Cette Piéce
fut fuivie de l'Opéra des Graces en
un Аđe , dont les paroles & la Mufique
charmantes firent ailément reconnoftre
la même main qui avoit deffiné
leur Temple : deux ballets brillants où
la galanterie & l'éclat des habits répondolent
à l'élégance de réxécution foutenne
par plus de trente Muficiens
d'orchestre tous amateurs , ouvrirent&
fermierent ce fecond Spectacle.
Y
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
Les Dames fuivirent Meſdames: de
Seneterre & de Villeroi & montérent
dans les Piéces préparées pour le foupé :
tout le plein-pied de l'Hôtel étoit couvert
de tables garnies avec une profufion
qui fembloit devoir en exclure
la délicateffe , mais qui ne la rendit
que plus furprenante. M. le Maréchal
qui fait fi bien tempérer l'éclat de
fon rang par la gayeté & la galanterie,
refufa de fe placer à la première table ;
il en fit le tour & parut à toutes les
autres pour y répandre les traits de fa
bonté& de fa politeffe: les Cavaliers fervoient
les Dames & trouvoient pour
eux , fur des Buffets dreffés dans les
angles de chaque Salle , des mets fervis
avec autant d'ordre & d'abondance
que les tables mêmes.
On avoit continué la gallerie dans
tout le contour du Jardin & pratiqué dans
les côtés & le derrière du Théâtre , dix
Loges de la dimenfion & du goût de
celles qui bordoient l'Orcheſtre & le
Parterre ; de façon qu'en faifant difparoître
les décorations du Théâtre &
en élevant le Parterre le même terrein
ne devoit plus préfenter qu'une Salle
de Bal entourée de Berceaux de verdure
de fept pieds de profondeur & deAOUST.
1763.
181
treize pieds de largeur , ornés dans leurs
fonds , de glaces d'une coupe égale &
de la plus exacte correfpondance , &
foutenus & partagés par vingt Colonnes
torfes ornées de guirlandes de fleurs.
Il ne fallut pas une heure au Machinifte
pour l'éxécution de ce changement.
Les Dames rentrérent après foupé
dans cette Salle enchantée , par le même
fallon de Compagnie où elles avoient
été reçues, & qui en devenoit le veftibule.
Leur furprife paffa l'efpérance du
Machinifte ; la perſpective avoit été fi
adroitement ménagée , par les rapports
des glaces qui couvroient les fonds de
la gallerie avec celles du fallon , que l'oeil
ne trouvoit plus de bornes & fe perdoit
dans la répétition des objets : on avoit
ménagé dans l'enfoncement un Amphitéâtre
rempli de Muficiens en domino .
Les Dames qui ne vouloient pas danfer
bordoient la gallerie , les autres fe
rangerent autour de la banquette audeffous
des premières. Cette ordonnance
qui fembloit l'effet du hafard , cinq cens
Cavaliers répandus dans la falle , douze
cercles de contredanfes formés à la fois
préfentoient le plus riche tableau.
Mefdames de Seneterre & de Ville182
MERCURE DE FRANCE .
roi ouvrirent le Bal par deux menuéts
avec M. l'Intendant. On danfa jufqu'à
cinq heures du matin ; & il ne fallut pas
moins que l'inquiétude fur la fanté de
M. l'Intendant & Madame l'Intendante
pour arracher les Conviés de ce féjour
délicieux .
On crut que M. & Madame Rouillé
avoient épuifé pendant douze heures
que dura la Fête , la politeffe , l'aménité
& l'attention qui les rendent fi chers à
la Ville ; il manquoit à leur gloire un
trait d'affabilité & de bonté qui prolongeât
les plaifirs & les fit partager au
Peuple. Les Portes de l'Intendance s'ouvrirent
à neuf heures du matin , & on
laiffa entrer tout le monde fans diftinction
dans cette Salle merveilleufe. On
y trouva des violons , & Mefdames
Rouillé, de Sene &terre & de Villeroi nè
dédaignerent pas d'y paffer une partie
de l'après- midi & d'y danfer. L'affluence
du Peuple fut fi grande , qu'il paffa dans
La Salle , ce jour- là , plus de dix mille
perfonnes,
Le lendemain , la Troupe des Comédiens
joua gratis au Théâtre public , &
la Salle de l'Intendance n'en fut pas
moins livrée à la cutiofité du Public.
Je fuis trop bon Citoyen , Monfieur ,
AOUST. 1763: 183
pour ne pas defirer ardemment que cette
Defcription foit inférée dans le prochain
Mercure , fi vous croyez qu'elle réponde
à l'idée qu'on doit fe faire d'une Fête
auffi magnifique. Je fuis charmé que
cette occafion me procure l'avantage de
vous affurer des fentimens avec lefquels
j'ai l'honneur d'être , & c .
C. DENIS .
Signature
C. DENIS.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Est adressé ou dédié à une personne