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Titre

THÉATRE de M. FAVART, Ou Recueil des Comédies, Parodies & Opéra-Comiques, qu'il a donnés jusqu'à ce jour, avec les Airs, Rondes & Vaudevilles notés dans chaque Pièce. Nouvelle édition ; en huit Volumes in-8° Paris, 1763, chez Duchesne, Libraire, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût.

Titre d'après la table

THÉATRE de M. FAVART, ou Recueil des Comédies, Parodies & Opéra-Comiques.

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84
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535
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111
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562
Incipit

LE Théâtre de M. Favart, si piquant par sa singularité, par la variété des compositions

Texte
THEATRE de M. FAVART , Ou
Recueil des Comédies , Parodies &
Opéra - Comiques , qu'il a donnés
jufqu'à ce jour , avec les Airs, Rondes
& Vaudevilles notés dans chaque
Pièce. Nouvelle édition ; en huit Vo-
Lumes in-8 ° Paris , 1763 , chez Duchefne
, Libraire , rue Saint-Jacques,
au Temple du Goût..
LE Théâtre de M. Favart, fi piquant
par fa fingularité , par la variété des com
'AQUST. 1763. 85
pofitions , & par les agrémens répandus
dans toutes celles qu'il nous préſente ,
réunit prèfque tous les genres qui , depuis
trente ans , ont fait l'objet des
Spe&acles. Opéra-Comiques , Parodies ,
Comédies Lyriques , Paftorales , Piéces
de fentimens, & c, tout ce que le Théâtre
Italien & celui de la Foire ont produit
de plus ingénieux dans les nouveaux
genres qui s'y font introduits fucceffivement
, fe trouve ici raffemblé. Ainfi
ceux qui voudront connoître les divers.
génies de ces deux Théâtres , dans la
durée du temps qu'embraffe la collection
de fes Ouvrages , les y reconnoîtront
fans peine , parce qu'il leur a
fouvent donné le ton , au lieu de le prendre
; ce qui montre , dans cet agréable
Écrivain , une ſupériorité de talens qu'on
ne met plus en queftion . L'hiftoire des
productions de M. Favart , eft donc en
quelque forte celle des deux Théâtres
auxquels il s'eft le plus attaché , & l'on
verra qu'aucun Auteur n'a mieux réuffi
à varier nos amufemens à ces deux
Spectacies.
De ces genres de compofition fi différens
, fi difparates , & qui fans doute
demandoient une grande foupleffe d'ef
prit , conclura-t-on qu'il a déféré à l'inſ86
MERCURE DE FRANCE.
tabilité de nos goûts , à l'inconftance
naturelle qui nous emporte rapidement
vers tous les objets où nous croyons voir
quelque lueur de nouveauté ? Il nous
femble au moins qu'on doit faire une
diftinction , que nous laifferons développer
à ceux qui en auront le loiſir. Il
y a un Goût indépendant de nos moeurs
& de notre génie , une forte de fentiment
général qui fixe par- tout les idées du
beau , du bon , du mauvais , fous quelque
forme qu'ils fe produifent ; & c'eftlà
le Goût , abfolument dit , Goût uniforme
& invariable chez tous les Peuples
où font cultivés les Lettres & les Arts.
Il y a un Goût national , qui tient entièrement
à nos moeurs , au caractère général
, à nos préjugés , & dont toutes
nos productions , tous nos jugemens
ont plus ou moins l'empreinte. Ce Goût
national peut fe modifier , & fe modifie
en effet chez nous plus que chez tous les
autres Peuples. De- là tous ces goûts
paffagers , dont les viciffitudes , courtes
& foudaines , influent d'une manière fi
fenfible fur nos amufemens en tout
genre.
M. Favart eft venu , fi on l'ofe dire
dans le temps critique de la plus grande
effervefcence , de la plus grande mobiAOUST.
1763. 87
lité de ce goût fi léger , fi fugitif , A
difficile à fixer , & il s'eft voué aux deux
Théâtres où fon inconftance eſt le plus
marquée. Il a commencé par celui de
la Foire , connu fous le nom d'Opéra-
Comique , & c'eft-là qu'il a fait fes premieres
armes. Mais voyons en quel état
étoit alors ce Spectacle .
*
Le Théâtre de la Foire , formé en
partie des débris de l'ancien Théâtre
Italien qui fut fupprimé en 1697 , s'établit
fous différens noms , vers le commencement
du fiécle ; mais ce fut
fous la Régence ( en 1719 ou 1720 )
qu'il prit , avec une forme plus conſtante
& plus régulière , le nom d'Opéra-Comique.
On pourroit cependant lui trouver
une origine bien plus ancienne ,
fondée fur deux Piéces peu connues , &
qui font dans le cabinet de M. Favart.
L'une eft intitulée la Comédie des Chan
fons , & imprimée à Paris , chez Touffaint
Quinet , au Palais en 1640. L'au
tre, qui a pour titre l'Inconftant Vaincu,
* La réunion de l'Opéra-Comique à la Comédie
Italienne , l'a fait revenir en quelque forte à
fes premiers élémens ; & l'on n'a guères fait autre
chofe que reftituer à celle- ci ce qui en avoit été
démembré . La fente comparaifon du Théâtre de
Gherardi avec celui dela Foire , fuffira pour juftifier
cette réfléxion .
88 MERCURE DE FRANCE.
eft une Paftorale en chanfons : elle parut
environ vingt ans après la première , &
elle eft imprimée à Paris , chez Etienne
Loyfon , en 1661 .
» n'a
-
» La Comédie des Chanfons ( aux
» termes de l'Avertiffement qu'on y
» lit ) , faite de piéces rapportées où l'on
pas ajouté un mot , eft une efpéce
» de Mofaïque compofée de Vaudevilles
» & d'Airs de Cour , comme on diſoit
alors ». Voilà donc bien formellement
l'Opéra- Comique tenté dès 1640 , & en
même temps la Parodie. Car ( au moins
fuivant l'Editeur ) , autre que dans
» cette Comédie il n'y a pas un mot qui
» ne foit un vers ou un couplet de quel-
» que chanfon tel en eft l'artifice
» qu'une chanfon ridicule répond fou-
» vent à une des plus férieuſes , & une
» vieille à une nouvelle ». Au refte ,
cette Piéce , quoiqu'imprimée avec privilége
du Roi , eft extrêmement licencieuſe
, fans moeurs , fans intérêt , fans
intrigue. On y peint des amours földatefques
, une jeune fille très-libertine
qui fe trouve groffe , & qui eft toujours
dans le cas d'une occafion prochaine..
Enfin , elle n'a d'autre mérite que de
dater de plus d'un fiécle , & de nous.
avoir confervé quelques couplets paffa
bles pour le temps..
AOUST. 1763. 89
, L'Inconftant Vaincu malgré les
grands Airs dont cette Piéce eft compofée
, malgré le férieux des amours
qu'elle repréfente , vaut encore moins
que la premiére. On a voulu l'égayer ,
en y introduifant une forte de Goinfre
ou d'ivrogne toujours cloué au cabaret
, & une eſpèce d'amant tranfi , qui ,
pour fe dépiquer du mauvais fuccès de
fes très-froides amours , prend le même
parti : mais tout cela du plus bas comique
& fans aucun fel.
Quelle que foit l'origine de l'Opéra-
Comique , il s'accrédita dans ces tems
de vertige , où le fyftême ayant confondu
tous les états , par dès fortunes
auffi étranges que rapides , entraînoit
néceffairement la corrupsion du goût
& des moeurs. Ce Spectacle , alors
très - licentieux , ne faifoit que par
* Cé SpeЯacle , fi analogue au fond de gaie
té , au génie chantant qui caractérisent la Nation
, a fûrement précédé les Opéra Bouffons
d'Italie. La Pomone de l'Abbé Perrin , ( où
les Satyres de la fuite de Priape voulant embraffer
les Filles de Lamfaque , celles - ci fe
changent en autant de buiffons d'épines ; les
premiers Opéra de Quinaut , Cadmus & Al
cefte , mêlés de Seénes (comiques , le Pourceaugnac
de Moliere , & quelques ; divertiffemens du
même, fembloient avoir indiqué ce genre.
90 MERCURE DE FRANCE.
ler à- peu-près le langage des fociétés :
fa licence , par conféquent , devoit moins
être imputée aux Auteurs qui en fouilloient
leurs écrits , qu'au Public même
dont il falloit malheureufement flater la
dépravation , pour l'attirer & obtenir
fon fuffrage.
Le Sage , Dorneval , Fufelier, & quelques
autres bons Ecrivains , tenterent
d'annoblir l'Opéra - Comique. Ils commencerent
à le purger des obfcénités
les plus groffières , ou du moins à y
introduire , avec plus de fineffe & plus
d'art , le goût de la bonne plaifanterie .
S'ils ne purent pas remplir entierement
leur objet , c'eft que l'on étoit prévenu
qu'une liberté cynique conftituoit ce
genre , & qu'elle en devoit être le
caractère diftin &tif. Le vice étoit trop
enraciné ; il falloit du temps pour le
détruire , & ce n'eft que par degrés
qu'on eft parvenu à rendre ce Spectacle
digne des honnêtes gens. Cependant il
fut dès les premiers temps l'Ecole de nos
meilleurs Comiques , qui tous s'effay erent
dans ce genre. Mais pour en bien
diftinguer les caractères , il faut le divifer
en quatre Ages.
Un Greffier de la Ville , aidé de quelAOUST.
1763. 91
ques amis , commença à mêler des couplets
dans des Scènes empruntées du
Théâtre Italien , ou compofées dans le
goût de ce Théâtre. L'Abbé Pelegrin,
qui n'avoit encore fait que des Cantiques
Spirituels , qu'on pouvoit eftimer, mais
qu'on payoit mal , crut être mieux récompenfé
en confacrant fes talens Lyriques
au genre profane . Il fit le premier
pour la Foire quelques Pièces en
Vaudevilles ; & comme ce Spectacle
étoit livré à toute la licence que les
moeurs toléroient alors , il n'y épargna
pas le gros fel . C'eft à ce temps qu'on
peut rapporter le premier Age de l'Opéra-
Comique. Le Sage , Dorneval , Fufelier,
la Font , le Grand , & l'Auteur de la
Métromanie, qui foutinrent affez longtemps
fa fortune , appartiennent à ce
premier âge. Quelques - unes de leurs
productions fe reffentoient peut - être
encore de la liberté des chanfons de
Blot , & des groffes gaietés de Dancourt,
qui femble avoir auffi contribué à donner
le ton au Théâtre de la Foire ; mais
on vit du moins percer l'efprit , le bon
goût dans ce qu'ils hafarderent de plus
libre. La Philofophie même s'en mêla :
le Sage en fit entrer des traits dans les
92 MERCURE DE FRANCE .
Pèlerins de la Mecque , & dans quelques
autres Piéces .
Nous fixerons le fecond Age de l'Opera-
Comique au premier temps de M.
Pannard , qui eft celui de Fagan , de
Boiffi , de Carolet , & du début de M.
Favart. M. Pannard , à ce Théâtre , fit
principalement rire la Morale , & perfonne
ne l'a fi bien préfentée fous le
mafque de l'amufant Vaudeville . Caro
let auffi mince Ecrivain qu'obfcène
Comique,ne doit jamais être cité. Quant
aux fieurs Fagan & Boiffy , ils ne prélu→
derent à ce Spectacle que pour s'élever
aux compofitions agréables qu'ils donnerent
depuis aux deux autres. Les premières
Pièces de M. Favart déceloient
déjà fon goût pour le Sentiment , & c'eſt-
,
* Ce Couplet de la Pièce intitulée l'Espéranse
, quoiqu'un peu tourné au fophifme , a més
rité d'être retenu..
Demain eft un jour qui fuit ;
Dont on ne voit point l'exiſtence ;
Au milieu de chaque nuit ,
Il' perd fon nom dans fa naiſſance ;
Quand on croit s'afflurer de lui ,
On trouve que c'eſt Aujourd'hui.
Jüfqu'à préfent aucun Humain.
N'a pu voir arriver demain...
A O UST. 1763. 93
là proprement le genre qu'il a introduit
dans un Spectacle où l'on n'en voyoir
prèfque aucune trace.
2
Le troifiéme Age de l'Opéra - Comique
ne s'étend guères au-delà des deux
principaux Auteurs qui l'ont feuls , àpeu-
près , rempli. M. Favard & le fieur
Vadé fembloient s'être partagé le Spectacle.
Le dernier eft communément regardé
comme l'Inventeur du Genre
Poiffard , & il en eft du moins le Coryphée.
Mais comme le génie ou le talent
particulier d'un Acteur détermine affez
fouvent le goût des compofitions , M.
Favart avoit éffayé ce genre dans les
Bateliers de Saint Cloud , où le Sr
Leclufe rendoit fi naïvement le langage
& le maintien des gens de rivière . On
pourroit même le faire remonter juſqu'à
'Impromptu du Pont -Neuf, donné par
M. Pannard en 1729 , à l'occafion de
la Naiffance de Mgr le Dauphin *.
Dans le quatriéme & dernier Age de
L'Impromptu du Pont-Neufnous rappelle un
fait intérellant , dont il eft bien jufte de faire honneur
à M. Pannard. C'eft lui qui a été le premier
l'organe d'un fentiment imprimé dans tous les
coeurs des François , qui , dans le Vaudeville des
Fêtes Sincères , repréſentées à la Cour en 1744
devant la Reine , a nommé le Roi LOUIS LE
BIEN-AIMÉ,
94 MERCURE DE FRANCE .
l'Opéra-Comique , on voit encore figurer
M. -Favart , & commencer M. Sedaine
, qui par le choix fingulier de fes
fujets , par la conduite de fes Drames &
l'efprit naturel qu'il y fait entrer , a le
mérite , aujourd'hui f rare , d'avoir un
genre à lui , d'être original. Cet Age eſt
celui des Pièces à Ariettes , dont on
peut fixer la première époque à la Parodie
de Raton & Rofette , donnée au
Théâtre Italien par M. Favart en 1753.
Les Troqueurs, de Vadé, mis en Mufique
par M. Dauvergne , font le premier éffai
dans ce genre fait au Théâtre de la Foíre ,
& cet éffai fut trop heureux pour n'être
pas très - promptement imité , comme
on imite parmi nous,avec une espéce de
fureur. De là toutes ces mauvaiſes rapfodies
que leur charivari mufical fait
aujourd'hui paffer dans la foule , mais
qui ne font point illufion à ceux dont
tout l'efprit n'eft pas dans l'oreille.
Si M. Favart , en entrant dans la carrière
, trouva l'Opera - Comique en train
de s'épurer quant au goût & aux moeurs,
il y avoit encore bien de l'ouvrage à
faire , & il a plus contribué que perfonne
à y attacher la décence fi néceffaire
dans tous les amuſemens publics , qui
ne peuvent qu'y gagner de toutes faAOUST.
1762 . 95
cons * . Car quoiqu'en difent les liber
tins , on l'a décidé depuis long- temps:
* Puifque l'occafion fe préfente , rendons au
Sieur Monnet la juftice qu'on ne fçauroit lui
refufer. C'eft à lui que l'Opéra- Comique a dû
le bon ordre , la décence extérieure , & même
l'éclat qui dans les derniers temps l'avoit
élevé au rang des Spectacles réglés . Il obtine
en 1743 , pour fix ans , le Privilége de l'Opé
ra-Comique , & commença par folliciter une
Ordonnance du Roi pour en écarter la Livrée ,
qui de tous temps étoit en polleflion du Parterre.
Il décora très proprement la Salle , n'épargna
rien pour former un bon Orqueftre ,
changea toute la face du Spectacle , & porta
dans toutes fes parties cette intelligence & ce
goût dont il a donné tant de preuves . Tour Paris
vint en foule applaudir aux nouveaux agrémens
d'un Théâtre qui s'annobliffoit de jour en jour,
C'eft dans l'Ambigu de la Folie , ( Parodie des Indes
Galantes , de M. Favart ) qu'il donna à la
Foire S. Laurent même année 1743 ) qu'on vit
éclorre les ralens de trois grands Sujets , Mlle Pu
vigné , Mlle Lany & M. Noverre ;ils danferent le
Pas-de-Trois de l'Acte des Fleurs. La Foire S.
Germain fuivante fut encore plus brillante que
la
premiere. L'Acajou de M. Favart joué d'original
par de bons Acteurs formés au goût du nouveau
Théâtre , eut un fuccès étonnant , & le fieur Monnet
y contribua beaucoup par la dépense qu'il fit
pour cette Pièce. Enfin tel fut le fuccès des deux
Foires , qu'il excita la jaloufie . On infpira à M.
Berger, alors Directeur de l'Opéra , de faire réfi
lier le bail du fieur Monnet, & celui- ci n'eut que
l'honneur d'avoir bien monté le Spectacle qui fit
96 MERCURE DE FRANCE.
ce neft jamais que faute d'efprit , & furtout
d'imagination , quon ne fçait rien
voiler , que l'on voile mal , que l'on defcend
même à ces froides équivoques ,
beaucoup plus méprifables fans doute ,
que toutes les nudités Gauloifes dont
notre délicateffe rougit.
M. Favart étoit fort jeune alors ; car ce
fut en 1734 , à la foire S. Germain , qu'il
donna fa premiere Pièce intitulée les
Deux Jumelles. Cette Pièce en enfanta
plufieurs autres , & prèfque toutes les
années , depuis cette époque , ont été
marquées par de nouvelles productions.
Le Génie de l'Opéra-Comique , & l'Enlévement
Précipité ( 2 Actes ) donné en
1735 ; le nouveau Parnaffe ( 1 Ace ) ,
la Dragonne (2 A&tes ) , l'Amour& l'Innocence
, Ballet entremêlé de Scènes dont
l'idée eft de M. de Verriere , en 1736 ;
le Vaudeville , Prologue , la Pièce fans
titre ou le Prince Nocturne ( 1 Acte ) ,
& Mariane ( 1 A&te ) , en fociété avec
pendant quelques années l'amufement le plus pi
quant de la Capitale. En 1752 , le fieur Monnet
reprit le bail de l'Opéra- Comique , qu'il a continué
jufques & compris 1757. Dans cette même
année 1752, il fit conftruire à fes frais à la Foire
S. Laurent le plus joli Théâtre , & le mieux entendu
peut-être, qu'il y ait en France.
M.
AOUST. 1763 . 97
*
M. Pannard, en 1737 ; * le Bal Bourgeois
( 1 Ade ) , en 1738 ; * Moulinet
Premier , les Réjouiffances Publiques ,
Pièce mêlée d'Intermédes , Harmonide,
Parodie de l'Opéra de Zaïde , ( 3 A&tes) ,
& les Fêtes Villageoifes , ( 2 Actes ) avec
un Prologue , en 1739 ; Pyrame &
Thifbé , Parodie de l'Opéra du même
titre , la Servante Juftifiée , la Barriere
du Parnaffe ou la Mufe Chanfon
niere , les Recrues de l'Opéra- Comique ,
les Epoux , fur un fond procuré par M.
Parmentier , & * les Jeunes Mariés ( 5
Actes ) , en 1740 : voilà vingt Pièces
qui précéderent la Chercheufe d'Esprit ,
& dont on n'a confervé que les quatre
Pièces marquées d'une étoile.
en
LA CHERCHEUSE D'ESPRIT
1741 , développa tous les talens de l'Auteur
, & lui affura le premier rang dans
ce genre de compofition . Cette Pièce
fut fuive dans la même année ( 1741 )
de la Joye , 1 A&te ; de Farinette , Parodie
de Proferpine , 1 Acte ; du Bacha
d'Alger , 1 A&te ; * des Bateliers de
Saint Cloud , I A&te ; des Valets , où
M. Valois d'Orville a eu pait , 1 Acte ;
& en 1742 , de la Fauffe Duegne ,
Sujet fourni par M. Parmentier , en 2
Actes. Ce font fix Pièces à ajouter au
E
98 MERCURE DE FRANCE
dénombrement des productions de l'Aas
teur.
Long-temps avant ces Effais de M.
Favart ( on diftinguera bien les Pièces
que nous ne comprenons point fous le
not d'Effais ) , le Théâtre Italien s'étoit
enrichi d'un nouveau genre , de LA PARODIE
* , qui , felon toutes les apparences
, en l'état où nous l'avons au
jourd'hui , ne nous vient pas directe
ment des Grecs qui l'ont inventée , ou
a bien pris le goût de notre terroir.
M. l'Abbé Sallier , qui voyoit ces
Grecs d'affez près , avoit découvert chez
eux quatre efpèces de Parodies , qu'il
réduit à deux principales , à la Parodie
fimple & narrative , & à la Parodie Dramatique
**. Nous nous fommes emparé
de ces deux - là , & il prétend que
la dernière, c'eft- à-dire la Parodie Théâ
* Ce mot , tout Grec , eft compofé de masa &
du fubftantif on chant . Or la prépoſition Para ,
qui modifie tant de mots Grecs , attache à la fois
à celui-ci une idée de reflemblance & une idée
d'oppofition .
L'invention de celle - ci eft attribuée à Hégé
mon, de Thafus , Ifle de la Mer Egée , lequel
dans la 91. Olympiade apporta une Parodie Dramarique
, au lieu d'une Comédie ordinaire , pour
Ja diftribution des prix qui fe faifoit dans les Jeux
publics.
AO UST. 1763. 99
trale , devient entre les mains de la Critique
le flambeau dont on éclaire les défauts
d'un Auteur qui avoit furpris
l'admiration *. La Motte n'étoit pas
de cet avis. A l'occafion de la Parodie
d'Inès , dont il fut beaucoup trop piqué
pour un homme qui entendoit fi
bien raillerie , il fit un Difcours fur les
Parodies , où il les repréfente comme
une Mode Françoife , fille d'un badinage
dangereux , amufement malin des
efprits fuperficiels. Fufelier lui répondit
vivement dans un Difcours ingénieux
fervant de Préface au Recueil des
Parodies de la Comédie Italienne , publié
chez Briaffonen 1738,& il ne manqua
pas de fe prevaloir de l'autorité du
Sçavant contre le Bel- Efprit qui croyoit
peut-être de bonne foi la Parodie née
Françoife.
Quoique la Motte & fes partifans en
puffent dire , on continuoit de goûter
la Parodie Dramatique , & tous les Opéra
anciens ou nouveaux toutes les
Tragédies nouvelles , payoient un tribut
aux Parodistes. M. Favart fe partagea
donc entre ce genre & l'Opéra- Comique
, & il excella dans l'un & dans
** Mémoires de l'Académie des Infcription &
Belles-Lettres , tom.z. pag. 398.
#
E ij
foo MERCURE DE FRANCE.
"
mo
l'autre. Ce font principalement ces deux
genres qui conftituent fon Théâtre , &
nous allons indiquer les Pièces dont les
huit Tomes font compofés.
IL étoit jufte de donner le pas aux
Pièces du Théâtre Italien , & elles rempliffent
quatre volumes, tant de Parodies
que d'autres Pièces Lyriques.
LES Parodies font : 1° . Hyppolite &
Aricie , Parodie de l'Opéra du même
nom , 1 Acte , 1742.
2º. Les Amans inquiets , Parodie de
Thétis & Pélée ; 1 A&te , 1751.-
3°. Les Indes Danfantes , Parodie
des Indes Galantes , font : le Turc généreux
, les Incas du Perou , & la Fête
des Fleurs , 1751 ; avec les Airs & Vaudevilles
notés .
4°. Fanfale , Parodie d'Omphale , &
les Divertiffemens , avec M. de Marcouville
, 1752.
5. Tyrcis & Doriftée, Parodie d'Acis
& Galatée , 1 Acte , 1752.
6°. Baioco & Serpilla , Parodie du
Joueur , Interméde Italien , 3 Actes ,
avec les Ariettes notées , 1753. Le fond
de cette Pièce n'appartient pas à M. Fail
eft de Dominique & Romagnefi
Des Bouffon's Italiens repréfenterent
en 1728 ou 1729 , fur le Théâtre de
l'Opéra , plufieurs Intermédes qui eu .
vart ;
AOUST. 1763.
101
,
Don
7 9
tent du fuccès & entr'autres
Mico e Lefbina , Baioco e Serpilla . Les
deux Auteurs que nous venous de nommer
parodierent ces dernieres Pièces
en faifant un mêlange de François &'
d'Italien . En 1753 , de nouveaux Bouffons
d'Italie s'inftallerent encore fur la
Scène Lyrique , & leurs fuccès ont
fait parmi nous une révolution dans
l'Art Mufical. Les Bouffons profcrits ,
il y eut un déchaînement prefque général
contre la Mufique Italienne ; mais
en s'élevant contre cette Mufique , on
l'imitoit infenfiblement , & fon génie
eft devenu à préfent le nôtre . On peut
auffi rapporter à cette époque la naiffance
des Pièces à Ariettes. M. Sodi , Muficien
Italien , faifit cette circonftance ,
pour faire de la Mufique nouvelle fur.
l'ancienne Parodie de Baioco e Serpilla ;
mais comme les Paroles ne convenoient
plus au goût actuel du Théâtre M.
Favart reprit l'Ouvrage fous oeuvre ,
& le mit dans la forme où il eft dans
ce Recueil .
?
2.
7°. Raton & Rosette ou la Vengeance
Inutile Parodie de Titon &
l'Aurore , avec les Ariettes Italiennes
& les Vaudevilles , 1 A&te , 1753 .
8°. Zéphire & Fleurette , Parodie de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE .
l'Acte de Zélindor , avec MM. Pannard
& Laujon , 1754.
9°. Les Chinois , Parodie del Cinefe ,
& les Ariettes notées , 1 Acte , avec M.
Naigeon , 1756.
10°. La Noce Interrompue , Parodie
d'Alcefte , 3 A&tes , 1758.
11 °. Petrine , Parodie de Proferpine,
1 Acte , avec Divertiffement & Vaudevilles
, 1759. M. Sedaine y a fait quelques
couplets.
On n'a point compris dans ce Recueil
une Parodie de Dardanus , faite en
fociété avec M. Pannard,
LES Comédies & Pièces Lyriques , au
nombre de huit, font:
Don Quichotte chez la Ducheffe , Ballet
Comique en 3 Actes , repréfenté par
l'Académie Royale de Mufique en 1743.
La Mufique eft de M. Boifmortier. Mlle
Claironjouoit à l'Opéra dans cette Pièce.
Les Amours Champêtres , Paftorale
r A&te , 1751 .
91
0
La Coquette Trompée , Comédie Lyrique
, repréfentée à Fontainebleau fur
le Théâtre de la Cour , en 1753 , & enfuite
à Paris par l'Académie Royale de
Mufique , en 1758 , 1 A&te. La Mufique
eft de M. Dauvergne.
La Bohemienne Comédie en vers ,
mêlée d'Ariettes , & traduite de la ZinAOUST.
1763. 103
gara , Intermède Italien , 2 Actes , avec
la Mufique des Ariettes , 1755.
Le Caprice Amoureux , ou Ninette à
la Cour , Pièce en 2 Actes , mêlée d'Ariettes
, repréſentée en 1755 , en 3 A&tes ,
& réduite à 2 en 1756. Toutes les Ariettes
notées font jointes ici à la Pièce.
La Soirée des Boulevards , Ambigu
Comique mêlé de Scènes , de Chants
& de Danfes , ( Pièce très-gaie & trèsamufante
, ) 1759 .
Supplément à la Soirée des Boulevards ,
compofé de neuf Scènes , avec Divertiffement
& Vaudeville , 1759 .
Soliman Second , Comédie en 3 Actes
en vers , très- bien écrite , & dont
le fuccès a été fi foutenu , fi marqué .
Le cinquiéme Tome de ce Recueil
contient les Ouvrages de Madame Fa
vart. On fent bien qu'en la nommant ,
c'eft nommer auffi fon mari , dont il
eft aifé de reconnoître le ftyle ; mais
entre époux de bonne intelligence , les
talens & les agrémens de l'efprit doivent
entrer dans la communauté. Madame
Favart , à portée de puifer à la
fource le goût des fentimens délicats
avec l'art de les exprimer , réunit danc
le talent de la compofition à ceux de
l'action . De là les fix Piéces qui rem-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
pliffent ce Volume . Ces Piéces confiftent
1 ° . en quatre Parodies , qui font :
Les Amours de Baftien & Baftienne ,
où M. Harny a eu part . C'eſt une Parodie
du Devin de Village , fur laquelle il
fuffira d'obferver qu'aucune Piéce n'a
été jouée fi long-temps , ni fi conftamment
redemandée; en forte que les Co.
médiens fe font plutôt laffés de la redonner
fi fouvent , que les Spectateurs de la
revoir après une infinité de repréſentations
, Acte , 1753.
Les Enforcelés , ou Jeannot & Jeannette
, Pièce à laquelle ont travaillé MM.
Guerin & Harny. C'eft une espèce de
Parodie de la Surprife de l'Amours
1 Acte , 1757.
La Fille malgardée
ou le Pédans
Amoureux
, Parodie de la Provençale
,
1 A&te , 1758.
La Fortune au Village , Parodie de
l'A&e d'Eglé, 1 Acte , 1760.
2º . En deux Pièces Lyriques , chacune
d'un A&te , fçavoir :
La Fête d'Amour, ou Lucas & Colinette,
efpéce de Paftorale , précédée d'un
Prologue , & augmentée ici de la Mufique.
Annette & Lubin , Comédie en vers ,
dont le Sujet est tiré des Contes Moraux
A O UST. 1763 . 105
de M. Marmontel. Le Théâtre retentit ,
encore des applaudiffemens qu'a reçu
cette derniere Piéce , & la plupart des
Couplets , ou des petits Airs ont paffé
des plus agréables bouches dans celles
du Peuple : c'eft , je crois , tout dire.
LES 6e , 7e. & 8° . Tome. comprennent
le Théâtre de la Foire. On y trouve
trois Parodies.
Moulinet Premier , Parodie de Mahomet
Second , Tragédie du fieur de la
Noue , 1 A&te , 1739.
Théfée , nouvelle Parodie de l'Opéra
de ce nom , faite en fociété avec MM.
Laujon & Parvi , 1 A&te , 1745. On lit.
dans le Calendrier des Théâtres , ( qui
fe vend chez Duchefne , rue S. Jacques ).
fixiéme partie , année 1757 , p. 110. une
anecdote affez plaifante , arrivée à l'occafion
de cette Pièce .
L'Amour Impromptu , Parodie de
l'Acte d'Eglé des Talens Lyriques , &
Acte , 1756.
LES Opéra- Comiques , au nombre,
de 20 , font :
La Servante Juftifiée , Sujet tiré des
Contes de la Fontaine , & très- bien rendu
; en fociété avec le fieur Fagan,
1 A&te , 1740.
La Chercheufe d'Esprit , Pièce char-
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
mante , bien faite en tous points , &
felon nous le chef- d'oeuvre de ce
Théâtre , 1 A&te , 1741 .
,
Le Prix de Cythère , avec un Protogue
, en fociété avec M. le Marquis de
P. 1 Acte , 1742.
Le Coq de Village , 1 Acte , 1743 .
C'eft le ftratagême dont on prétend
qu'ufa le Syndic d'un Village , pour
fouftraire à l'événement du fort un garçon
qui tiroit à la Milice . Ce Sujet eft
ingénieufement accommodé au Théâtre ,
& l'on n'oubliera jamais le charmant
couplet des Fleurs. Mlle Beaumenard ,
parut pour la première fois dans cette .
Pièce , fous le rôle de Gogo , qui fut fait
pour elle.
Les Bateliers de Saint Cloud , 1 Acte ,
1741 & 1744 .
La Coquette fans le fçavoir , avec M.
Rouffeau de Touloufe , 1 Acte , 1750.
Acajou , 3 Actes , 1752 & 1753. Cette
Pièce , tirée du Conte d'Acajou de M.
Duclos , eft pleine d'efprit & affaifonnée
de bon fel Attique. Elle fut d'abord
jouée en profe mêlée de couplets , en
1744 , à la Foire S. Germain . Après la
défenfe faite à l'Opéra- Comique de parler
, on la redonna toute en Vaudevilles
à la Foire S. Laurent , & fur le Théâtre
de l'Opera . Acajou , dans la nouveauté,
AQUST. 1763. 107
attira un concours fi prodigieux qué , le
jour de la Clôture du Théâtre , la bar
rière qui féparoit le Parquet du Parter
re fut brifée.
Les Amours Grivois , ou l'Ecole des
'Amours Grivois , Divertiffement Flamand
en 1 Ace , 1744 , en fociété avec
MM. de la Garde & le Seurre. C'eſt dans
cette Pièce , qui eft d'une grande gaiete,
que la Dlle Darimath rendoit fi naïvement
cette Ronde : Mon p'tit coeur , vous
n' m'aimez guères , &c. Le fieur Dourdet
, & la Dlie Sauvage ( ma Mie Babichony
firent aufli beaucoup de
plaifir fous les caractères de Niais &
de Niaife.
Le Bal de Strasbourg , Divertiffement
Allemand par la même fociété
1 A&te , 1744. Cette Pièce donnée à
l'cccafion du rétabliffement de la fanté
du Roi , ne pouvoit manquer dans les
circonftances , d'être fort agréablement
reçue. Mais ce qui en fit le principal
fuccès , c'eft le Vaudeville touchant de
la Scène du Courier , dont les ppaarroles
& l'air font de M. Favart , & que
toute l'Affemblée chantoit du plus grand
zéle avec les Acteurs. Il lui valut une
députation des Dames de la Halle
avec un préfent de fleurs & de fruits.
i
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
L'Amour au Village , 1 A&e , 17451
C'eſt le fond d'un Opéra -Comique du
fieur Carolet , qui avoit pour titre, l'A
mour Payfan. M. Favart n'avoue point
cette Pièce , quoiqu'il l'ait refondue , &
qu'il y ait mis plufieurs Vaudevilles &
des Scènes nouvelles .
Cythère Affiégée, 1 Acte. Cette Pièce
fut d'abord faite en profe & couplets paz
l'Auteur , en fociété avec M. Fagan , &
repréſentée à Paris à l'ouverture de la
Foire Saint Laurent 1738. Depuis elle
fut entierement refondue par M. Favars
pour la Troupe des Comédiens de Bruxelles
, & repréſentée en 1748. Enfin elle
a été donnée à Paris fur le Théâtre de
la Foire en 1754.
Les Jeunes Maries I Acte . Cette
Pièce parut dès 1740 ;. & elle a été
reprife à toutes les époques de l'Opéra-
Comique
Les Nymphes de Diane , 1 A&te . Cet
Opéra-Comique fut joué d'abord en
vers & couplets , & même imprimé en
Flandres , en 1748. L'Auteur l'ayant
remis tout en Vaudevilles pour le Théâtre
de la Foire , il y fut repréfenté en
1755.
Le Mariage par Efcalade , 1 Acte
1756. Cette Pièce fut faite à l'occafion
A O UST. 1763. 100
de la Prife de Port- Mahon , & d'une.
Fête particuliere qui avoit été préparée
pour le retour de M. le Maréchal Duc
de Richelieu .
La Répétition Interrompue , en fociété
avec M. Pannard , 1 A&te , 1735 .
M. Favart fit une nouvelle intrigue à
cette Pièce lorfqu'elle fut remife au
Théâtre , fous le titre du Petit - Maître
malgré lui , en 1757 .
La Parodie au Parnaffe , 1 A&te ,
1759 , Satyre ingénieufe & très - fine.
M. Favart n'avoue point cette Pièce ,
telle qu'elle eft imprimée ici , quoique
le fond , le quadre , la plus grande partie
des couplets , & prèfque tous les
détails lui appartiennent. Un Anonyme
ayant eu , on ne fçait comment , une
copie de cet Opéra - Comique ; repréfenté
en 1740 fous le titre de la Barrière
du Parnaffe ou de la Mufe Chanfonniere
, & ne fçachant pas que M..
Favart en étoit l'Auteur , crut pouvoir
fe l'approprier. Il inféra la critique des
Ouvrages Dramatiques qui paroiffoient
alors, critique un peu trop vive , &
qu'affurément M. Favart , qui n'y eſt
pas ménagé lui -même au fujet de Petrine
, ne fe feroit pas permife . La Scène
de Diogene eft une Perfonnalité , &
110 MERCURE DE FRANCE.
l'on n'en trouvera dans aucune des pro
ductions de notre Auteur. On avoit
judicieufement retranché cette Scène à
la Repréſentation : elle n'auroit pas dû
reparoître ici .
Le Retour de l'Opéra - Comique , I
A&te , 1759.
Le Départ de l'Opéra- Comique ; Compliment
, 1 A&te , 1759.
La Refource des Théâtres , 1 Acte ,
1760. Il n'appartient dans cette Pièce à
M. Favart que le Vaudeville des Portraits
à la Mode , dont il a fait l'Air &
les Paroles ; mais ce Vaudeville a fait
prèfque feul tout le fuccès de la Pièce .
Le Bal Bourgeois , Pièce mêlée d'Afiettes
, en 1 Acte , représentée en 1738,
& imprimée avec quelques changemens
en 1762 .
On peut ajouter à cette Lifte cinq
Pièces qui n'ont pas été imprimées ,
fçavoir :
Les Vendanges d'Argenteuil , Opéra-
Comique , joué en 1742 ; les Vendanges
de Tempe ; l'Ile d'Anticyre , la
Folie , Médecin de l'efprit , & l' Aftrologue
de Village , repréfentés en 1744.
Et que nous pourrions encore la groffir
de beaucoup d'autres productions !
telles que la Cour de Marbre , Diver
AO UST. 1763 .
117
tiffement en 1 A &te , fait pour les Petits
Appartemens , en fociété avec M. de la
Garde ; les Nouveaux Intermédes , &
les Divertiffemens de l'Inconnu , exécutés
à Fontainebleau ; un Prologue fur
les Victoires du Roi , & les Comédiens en
Flandres , Comédie en 3 Actes & c. &c.
M. Favart a certainement fait plus de
150 Drames, donnés tant fous fon nom ,
que fous des noms étrangers. Il a encore
tenté heureufement d'autres genres
, & fes effais dans la Poëfie Héroïque
lui ont fait remporter des prix aux Jeux
Floraux en 1734. Un de ces Poëmes , a
pour titre , la France délivrée par la
Pucelle d'Orléans ; il le fit à l'âge au
plus de vingt ans.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Soumis par eljorfg le