→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Titre

DEUXIEME RELATION Ecrite le 16 à 5 heures du soir, sur le Champ de Bataille devant Belgrade.

Titre d'après la table

Deuxieme Relation d'Hongrie.

Fait partie d'une livraison
Page de début
184
Page de début dans la numérisation
411
Page de fin
187
Page de fin dans la numérisation
414
Incipit

La Bataille qui vient de se donner a commencé à 5 heures du matin

Texte
DEUXIEME RELATION
Ecrite le 15às heures du soir ,ſur le
Champ de Bataille devant Belgrade.
L
ABataille qui vient de ſe donner
a commencé á s heuresdu matin,
àla faveur d'un grand broüillard , &
afini entre 8 & 9. Les Ennemis avoient
pouffé des paralleles & des eſpeces
de tranchées ſi prés de nous ,qu'il n'y
avoit plus moyen de douter qu'ils
n'euffent envie de nous attaquer ; ce
qui fit prendre hier à midi , à M. le
Prince Eugene , le parti de les prévenir
: Il fit fa diſpoſition avec les Officiers
Généraux de fon Armée &parut
enſuite en public , avec autant de
tranquillité que s'il avoit eſté bien fût
de l'événement de la plus grande affaire
qu'il ût jamais entrepriſe. La Cavalerie
commandée par les Généraux
Merci , Palfy & Montécuculli eſt ſortie
par ladroite le long de la Save,excepté
quelques Régimens que l'on avoit
laillé pour couvrir le Danube. L'Infanterie
a debouché par le Centre,
fous les ordres du Maréchal Virtemberg
& s'eſt trouvée en prefence des
C
11

E
i
E
t
D'AOUS T.
185
Ennemis , beaucoup plutoſt qu'on ne
croyoit ; parce que dans letemps que
nous nous diſpotions à les attaquer , ils
ſe préparoient de leur côté , à enlever
une fléche qui est au centre de nos
Travaux. Comme le broüillard étoit
épouvantable , l'on s'eſt trouvé mêlé
auffitôt que reconnu , ce qui a engagé
un combat trés particulier , que les'
Turcs ont foûtenu avec vigueur ;
mais nôtre Cavalerie les prenant par
leur flanc qui n'étoit pas foûtenu ,
il a fallu qu'ils rentrallent dans la
tranchée qu'ils ont deffenduë juſqu'à
trois fois contre le Général Merci . A la
quatrième , ils ont été culbuté. La Cavalerie
y a fait des prodiges devaleur , &
l'Infanterie s'eſt trés- bien acquitée de
ſon devoir : mais l'obſcurité empêchoit
les Corps de ſe ſoûtenir l'un l'autre.
Enfin le Soleil a paru & nous a fait voir
nôtre avantage. Pour lors, M. le Prince
Eugene a marché lui-même à une battesie
qui nous incommodoit beaucoup &
qui par ſa priſe à achevé de déterminer
le gain de la Bataille. LesTurcs n'ont
plus ſongé qu'à ſe retirer ; nous abandonnant
80 piéces de Canon & vingt
mortiers , leur Camp rout ten-
Qiij
186. LE MERCURE
4
du& le Champ de Bataille. Le pillage
du Camp fait actuellement grand plaifit
à nos Troupes. M. le Prince de
Dombes n'a pas quitté M. le Prince
Eugéned'un ſeul pas : Il n'a perdu perſonnede
ſa ſuite. Le Marquis de Villette
a été bleſſé prés de lui ; ſon coup
lui prend à l'Omoplatte & lui perce
pardevant. Les Chirurgiens en eſperent
beaucoup. Le Prince Eugéne a eu fa
manche percée à l'attaque de la batterie.
Le Géneral Hauben , le Prince
Taxis, le fils du Maréchal Palfi , lesP.P.
de Virtemberg , de Hefle & un Cadee
Lobkauvifz ont été dangereuſement
bleffé. A vous dire le vrai, on ne
ſçait point encore nôtre perre ni celle
des Ennnemis : Elle eſt affez confidérable
, puiſqu'il eſt rare de trouver de
la Cavallerie capable de forcer 4Retranchemens
ſoûtenus par de l'Infantexie
. M. M. les P. P. de Portugal , de
Bavière , de Charolois de Lorraine &
le Marquis d'Alincour , ont toûjours
accompagné le P. Eugene. C'eſt dommage
que le Grand Viſir ne nous ait
pas fait l'honneur de nous attendre :
On lui en ſçait mauvais gré. Il fuit à
tire d'aîle . Nous allons prendre BelD'AOUST
187
grade en Pantoufles , puis nous repren
drons le chemin de Paris. M. le Comte
d'Eftrade n'eſt pas trop bien ; tous
ces mouvemens lui aïant cauſe la fiévre,
à cauſede ſa bleſſurequi eſt grande .
On lui coupa la jambe,le6 de ce mois.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Soumis par conusm le