Titre
A. S A. S. MADAME LA PRINCESSE DE CONTI. Par M. Fuselier. BOUQUET.
Titre d'après la table
Bouquet à S. A. S. Madame la Princesse de Conti, par M. Fuselier
Fait partie d'une livraison
Page de début
130
Page de début dans la numérisation
357
Page de fin
132
Page de fin dans la numérisation
359
Incipit
Princesse, il faut de mon empressement,
Texte
A. S A. S. MADAME
LA PRINCESSE DE CONTI
ParM. Fuſelier.
BOUQUET.
P
RINCESSE , il faut de mon émpref
fement ,
Dans ce bean jour, rendre un Compte fidéle:
J'ai viſité maint Empire charmant ,
Cherchant par tout un Bouquet que mon
zele
Pûr vous offrir : J'ai cherché vainement.
D'abord, desfleurs j'ai vû la Souveraine,
Etjen'ai rien trouvédans ſon Domaine
Digne de vous. Pour vous doit - on
cueillir
D'AOUST.
13
Roses qu'unJour voit briller & pálir ,
Beaux Lis, honneur des Rives de la
Seine,
Jolis Oeillets,en naiſſant mouchetés ?
Tendres Jasmins , Jachintes veloutés ,
Chersà Phabus , arroſez deſes larmes ,
Cent fleurs enfin , pour les autres Beaxtez
;
Sûrs ornemens, effacer par vos Charmes.
Adonc ,j'ai là quitté dans ce moment,
Lajeune Flore &son gent apanage ;
Puis,de Paphos abordant le rivage,
Sous Mirthes verds , furpris innocemment
:
Amour,qui ſeul réveur dans un Bocage,
Votre Portrait regardoit tendrement :
En me voyant , avec malir fourire
S'est écrié!Je sçaíce que défire
Ton zele ardent ; hélas , dans ce Boft
quet
Ne trouveras de quoi faire un Bouquet.
Tous les matins , par ordre de ma mere ,
Graces & Jeux , attentifs à lui plaire ,
Pillent les Fleurs qui naiffent chaque
jour ;
Erc'est CONTY qui cauſe ce ravage :
Depuis que d'elle on parle en ceséjour ,
Je vois Vénusse parer d'avantage ;
Pour s'ajuffer, elle n'épargnerien ,
1
132 LE MERCURE
Asa Toillette il n'est d'autre entretien
Que de Rubans placés avec adreſſe ,
Si parhazard quelque Cytherien
Peu courtisan , vaciter la Princeſſe ,
Etfes Cheveux qu'avec grace elle treffe
Sansy penser ; Venus dansson maintien
Sedéconcerte , & nous redit fans ceſſe ,
QuEuphrosiné * ne la coeffe plus bien .
Ace Discoursde l'Enfant de Cithere,
Je ſuis forti des Jardins de fa Mere :
Delà volant au Séjour d'Apollon ,
L'ai rencontré dans le facré Valon :
Les Doîtes foeurs régentoit sous l'ombrage
;
Que cherche - tu ? Viens , parcours
l'Helicon ,
Maditle Dieu , vois l'immortel Bocage;
CONDE'S , CONTIS l'ébranchoient
tour-a-tour :
t
Veux-tu porter Lauriers dans cette
Cour?
Par trop commun y sembleroit l'hommage.
*L'une des trois Graces.
LA PRINCESSE DE CONTI
ParM. Fuſelier.
BOUQUET.
P
RINCESSE , il faut de mon émpref
fement ,
Dans ce bean jour, rendre un Compte fidéle:
J'ai viſité maint Empire charmant ,
Cherchant par tout un Bouquet que mon
zele
Pûr vous offrir : J'ai cherché vainement.
D'abord, desfleurs j'ai vû la Souveraine,
Etjen'ai rien trouvédans ſon Domaine
Digne de vous. Pour vous doit - on
cueillir
D'AOUST.
13
Roses qu'unJour voit briller & pálir ,
Beaux Lis, honneur des Rives de la
Seine,
Jolis Oeillets,en naiſſant mouchetés ?
Tendres Jasmins , Jachintes veloutés ,
Chersà Phabus , arroſez deſes larmes ,
Cent fleurs enfin , pour les autres Beaxtez
;
Sûrs ornemens, effacer par vos Charmes.
Adonc ,j'ai là quitté dans ce moment,
Lajeune Flore &son gent apanage ;
Puis,de Paphos abordant le rivage,
Sous Mirthes verds , furpris innocemment
:
Amour,qui ſeul réveur dans un Bocage,
Votre Portrait regardoit tendrement :
En me voyant , avec malir fourire
S'est écrié!Je sçaíce que défire
Ton zele ardent ; hélas , dans ce Boft
quet
Ne trouveras de quoi faire un Bouquet.
Tous les matins , par ordre de ma mere ,
Graces & Jeux , attentifs à lui plaire ,
Pillent les Fleurs qui naiffent chaque
jour ;
Erc'est CONTY qui cauſe ce ravage :
Depuis que d'elle on parle en ceséjour ,
Je vois Vénusse parer d'avantage ;
Pour s'ajuffer, elle n'épargnerien ,
1
132 LE MERCURE
Asa Toillette il n'est d'autre entretien
Que de Rubans placés avec adreſſe ,
Si parhazard quelque Cytherien
Peu courtisan , vaciter la Princeſſe ,
Etfes Cheveux qu'avec grace elle treffe
Sansy penser ; Venus dansson maintien
Sedéconcerte , & nous redit fans ceſſe ,
QuEuphrosiné * ne la coeffe plus bien .
Ace Discoursde l'Enfant de Cithere,
Je ſuis forti des Jardins de fa Mere :
Delà volant au Séjour d'Apollon ,
L'ai rencontré dans le facré Valon :
Les Doîtes foeurs régentoit sous l'ombrage
;
Que cherche - tu ? Viens , parcours
l'Helicon ,
Maditle Dieu , vois l'immortel Bocage;
CONDE'S , CONTIS l'ébranchoient
tour-a-tour :
t
Veux-tu porter Lauriers dans cette
Cour?
Par trop commun y sembleroit l'hommage.
*L'une des trois Graces.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne