Titre
SUR LA STATUE EQUESTRE DU ROI.
Titre d'après la table
SUR la Statue Equestre DU ROI.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
5
Page de début dans la numérisation
454
Page de fin
10
Page de fin dans la numérisation
459
Incipit
AINSI trois Monarques chéris,
Texte
SUR LA STATUE EQUESTRE
DU ROI.
AINST trois Monarques chéris ,
Ont illuftré l'Airain, & décoré Paris ;
La gloire qui les environne,
Comme un Soleil dans fon azur ,
Répand fon éclat toujours pur ,
Sur l'Héritier de leur Couronne ,
De leurs Vertus , de leurs Exploits.
Son Image , l'éffor d'une divine flâme ,
Nous offre ici , tout à la fois ,
A iij
6 MERCURE
DE FRANCE :
Son efprit , fon coeur , & ſon âme
Dans les traits , quelle vérité !
Que de grandeur , de majeſté !
A nos j uftes defirs il n'eft donc plus d'obſtacle
Jouiffons d'un fi doux ſpectacle ,
Et contemplons dans tout fon jour ,
LI MONUMENT DU ZELE ET DE L'AMOUR,
Noble Courfier , tu nous rappelles
Ceux que pour répandre l'effroi ,
Ont monté le Vainqueur d'Arbelles ,
Et le Héros de Fontenoi.
Qu'infpiré par les Grâces mêmes ,
Le Talent fe fignale , enrichi de leur Don ;
VERTUS , vos attributs fuprêmes ,
Nous peindront mieux LOUIS que ne fait
Bouchardon.
Toi , dont la Parque ennemie ,
Trop-tôt , hélas ! a terminé la vie ;
De ton cifeau , fiprécieux pour nous,
Un Artifte fameux auroit été jaloux .
Mais parmi les Héros , la Grèce entiere eût- elle
Offert à Phidias, un fi parfait modèle
Rien de mortel n'eft en ce lieu.
Tel cet Apollon ** qu'on renomme ,
* Le voile levé , qui couvroit la Statue .
** L'Apollon du Varican . L'Auteur a oui dire
plufieurs fois à un de fes amis , Recteur de l'AcaAOUST.
1763.
Eft moins la figure d'un homme
Que la reffemblance d'un Dieu.
Siécles futurs, qui luirez fur la France ,
Quels Deftins nous vous annonçons !
Vous aurez part à la douce influence
De l'Aftre dont nous jouiffons.
De fon Peuple qui le contemple ,
LOUIS reçoit les tendres voeux .
Quel Modèle pour nos Neveux !
Pour leurs Souverains , quel Exemple !
Defcends du célefte Lambris ,
Defcends , Déeffe * bienfaiſante ,
Viens couronner de ta main triomphante ,
Le plus cher de tes Favoris ;
Dans le fein des combats , c'eſt à toi qu'il afpire ,
Il t'a voué fon coeur , ton regne eſt ſon Empire ;
Les Arts , long-tems captifs fous un Dieu deſtructeur
,
Béniffent leur Libérateur ;
Et pour le célébrer par d'infignes merveilles ,
démie Royale de Peinture , qui avoit été longtems
à Rome , que cette Statue étoit d'une fi grande
beauté qu'elle fembloit avoir quelque chofe de
divin , & il ajoutoit dans une forte d'enthoufiame ,
qu'elle rendoit en quelque façon excufable l'aveuglement
des Payens dans leur culte à fon égard.
D'où l'on peut conclure , en paffant , que l'habileté
des anciens Statuaires n'a pas peu
perpétuer l'Idolâtrie.
La Paix.
contribué à
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
Prodiguent à l'envi , leur génie & leursveilles.
Phébus , fixant fur lui , fes regards pleins de feur ,
En deviendra plus lumineux ;
La Nuit , en déployant fes voiles ,
Ceindra fon front de mille étoiles ,
Tandis que Diane , à fon tour,
Succédant au Char de fon frère ,
Pour voir plus à loiſir , l'objet de ſon amour ,
Parcourera lentement l'Hémiſphère
Dans ce calme reſpectueux ,
Qu'accroîtra du Héros l'aſpect majeſtueux.
Ainfi le Ciel nous fert d'exemple ,
It adopte ce Monument ,
Ainfi, Grand Roi , le Firmament
Sera la voûte de ton Temple ,
De ce Temple où naîtront les plus faintes ardeurs
Et dont les Autels font nos coeurs.
A l'immortalité, quel droit plus légitime ,
Que de ces mêmes coeurs le fuffrage unanime !
Et quel gage plus sûr , qu'un encens précieux ,
Qui fortant de nos mains , s'éleve jufqu'aux Cieux .
Du Couchant à l'Aurore on verra d'âge en âge ,
On verra du Midi , juſques à l'Aquilon ,
Les Peuples accourir , fur le bruit de ton nom ,
Pour te connoître au moins , dans ton auguſte
Image.
A O UST. 1763. 9
Que du plus fameuxdes Romains ,
Qu'Amour foumit à fon Empire ,
La tendre , l'élégante Lyre
N'a - t- elle paffé dans mes mains !
J'aurois avec cette énergie
Dont il célébra l'éffigie
D'un Empereur , qui toutefois ,.
Flétrit les roles de la vie
Du fidèle Amant de Julie ,
J'aurois d'une éclatante voix ,
091
& Deod
Chanté l' Augufte des François ;
F'aurois ....mais fur la double cime ,
(Hé! pourquoi le diffimuler ) :
Malgré le zèle qui m'anime ,
Hélas ! je ne puis plus volers
Je n'aurois voulu de fa flâme ,
Qu'une étincelle feulement ,.
Pour exprimer en ce moment ,
Ce que je reflens dans mon âme:
Vain elpoir , inutile effort ! o
hig
Ce n'eft qu'aux Nourriçons des Filles de Mémoire ,
Ce n'est qu'à leur jeune transport , U
Source de talens & deglaire b
Qu'il appartient de chanter dignement , i
DU ZELE ET DE L'AMOUR , L'ÉTERNEL MÓNU 贊
MENTɑ to
Fe l'ai fenti , j'ai trop écouté mon courage ,
Mon empreffement & ma foi
molub angiol),cien mit n
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Mais j'efpérois encor , plein d'ardeur pour mon
Roi,
Voir fondre la glace de l'âge.
TANEY OT,
DU ROI.
AINST trois Monarques chéris ,
Ont illuftré l'Airain, & décoré Paris ;
La gloire qui les environne,
Comme un Soleil dans fon azur ,
Répand fon éclat toujours pur ,
Sur l'Héritier de leur Couronne ,
De leurs Vertus , de leurs Exploits.
Son Image , l'éffor d'une divine flâme ,
Nous offre ici , tout à la fois ,
A iij
6 MERCURE
DE FRANCE :
Son efprit , fon coeur , & ſon âme
Dans les traits , quelle vérité !
Que de grandeur , de majeſté !
A nos j uftes defirs il n'eft donc plus d'obſtacle
Jouiffons d'un fi doux ſpectacle ,
Et contemplons dans tout fon jour ,
LI MONUMENT DU ZELE ET DE L'AMOUR,
Noble Courfier , tu nous rappelles
Ceux que pour répandre l'effroi ,
Ont monté le Vainqueur d'Arbelles ,
Et le Héros de Fontenoi.
Qu'infpiré par les Grâces mêmes ,
Le Talent fe fignale , enrichi de leur Don ;
VERTUS , vos attributs fuprêmes ,
Nous peindront mieux LOUIS que ne fait
Bouchardon.
Toi , dont la Parque ennemie ,
Trop-tôt , hélas ! a terminé la vie ;
De ton cifeau , fiprécieux pour nous,
Un Artifte fameux auroit été jaloux .
Mais parmi les Héros , la Grèce entiere eût- elle
Offert à Phidias, un fi parfait modèle
Rien de mortel n'eft en ce lieu.
Tel cet Apollon ** qu'on renomme ,
* Le voile levé , qui couvroit la Statue .
** L'Apollon du Varican . L'Auteur a oui dire
plufieurs fois à un de fes amis , Recteur de l'AcaAOUST.
1763.
Eft moins la figure d'un homme
Que la reffemblance d'un Dieu.
Siécles futurs, qui luirez fur la France ,
Quels Deftins nous vous annonçons !
Vous aurez part à la douce influence
De l'Aftre dont nous jouiffons.
De fon Peuple qui le contemple ,
LOUIS reçoit les tendres voeux .
Quel Modèle pour nos Neveux !
Pour leurs Souverains , quel Exemple !
Defcends du célefte Lambris ,
Defcends , Déeffe * bienfaiſante ,
Viens couronner de ta main triomphante ,
Le plus cher de tes Favoris ;
Dans le fein des combats , c'eſt à toi qu'il afpire ,
Il t'a voué fon coeur , ton regne eſt ſon Empire ;
Les Arts , long-tems captifs fous un Dieu deſtructeur
,
Béniffent leur Libérateur ;
Et pour le célébrer par d'infignes merveilles ,
démie Royale de Peinture , qui avoit été longtems
à Rome , que cette Statue étoit d'une fi grande
beauté qu'elle fembloit avoir quelque chofe de
divin , & il ajoutoit dans une forte d'enthoufiame ,
qu'elle rendoit en quelque façon excufable l'aveuglement
des Payens dans leur culte à fon égard.
D'où l'on peut conclure , en paffant , que l'habileté
des anciens Statuaires n'a pas peu
perpétuer l'Idolâtrie.
La Paix.
contribué à
A iv
8 MERCURE DE FRANCE.
Prodiguent à l'envi , leur génie & leursveilles.
Phébus , fixant fur lui , fes regards pleins de feur ,
En deviendra plus lumineux ;
La Nuit , en déployant fes voiles ,
Ceindra fon front de mille étoiles ,
Tandis que Diane , à fon tour,
Succédant au Char de fon frère ,
Pour voir plus à loiſir , l'objet de ſon amour ,
Parcourera lentement l'Hémiſphère
Dans ce calme reſpectueux ,
Qu'accroîtra du Héros l'aſpect majeſtueux.
Ainfi le Ciel nous fert d'exemple ,
It adopte ce Monument ,
Ainfi, Grand Roi , le Firmament
Sera la voûte de ton Temple ,
De ce Temple où naîtront les plus faintes ardeurs
Et dont les Autels font nos coeurs.
A l'immortalité, quel droit plus légitime ,
Que de ces mêmes coeurs le fuffrage unanime !
Et quel gage plus sûr , qu'un encens précieux ,
Qui fortant de nos mains , s'éleve jufqu'aux Cieux .
Du Couchant à l'Aurore on verra d'âge en âge ,
On verra du Midi , juſques à l'Aquilon ,
Les Peuples accourir , fur le bruit de ton nom ,
Pour te connoître au moins , dans ton auguſte
Image.
A O UST. 1763. 9
Que du plus fameuxdes Romains ,
Qu'Amour foumit à fon Empire ,
La tendre , l'élégante Lyre
N'a - t- elle paffé dans mes mains !
J'aurois avec cette énergie
Dont il célébra l'éffigie
D'un Empereur , qui toutefois ,.
Flétrit les roles de la vie
Du fidèle Amant de Julie ,
J'aurois d'une éclatante voix ,
091
& Deod
Chanté l' Augufte des François ;
F'aurois ....mais fur la double cime ,
(Hé! pourquoi le diffimuler ) :
Malgré le zèle qui m'anime ,
Hélas ! je ne puis plus volers
Je n'aurois voulu de fa flâme ,
Qu'une étincelle feulement ,.
Pour exprimer en ce moment ,
Ce que je reflens dans mon âme:
Vain elpoir , inutile effort ! o
hig
Ce n'eft qu'aux Nourriçons des Filles de Mémoire ,
Ce n'est qu'à leur jeune transport , U
Source de talens & deglaire b
Qu'il appartient de chanter dignement , i
DU ZELE ET DE L'AMOUR , L'ÉTERNEL MÓNU 贊
MENTɑ to
Fe l'ai fenti , j'ai trop écouté mon courage ,
Mon empreffement & ma foi
molub angiol),cien mit n
A v
10 MERCURE DE FRANCE.
Mais j'efpérois encor , plein d'ardeur pour mon
Roi,
Voir fondre la glace de l'âge.
TANEY OT,
Signature
TANEVOT.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Est rédigé par une personne