Titre
Extrait d'une Lettre de la Rochelle du 5. Juillet 1717.
Titre d'après la table
Extrait d'une Lettre de la Rochelle.
Fait partie d'une livraison
Page de début
210
Page de début dans la numérisation
221
Page de fin
215
Page de fin dans la numérisation
226
Incipit
La petite Révolution qui vient d'arriver à la Martinique, est
Texte
Extrait d'une Lettre de la Rochelle
du s. Juillet 1717 .
La petite Révolution qui vient
d'arriver à la Martinique , eſt une:
Nouvelle qui mérite bien que je
vous en communique les particularitez:
Pour mieux vous mettre au
fait , ileſt à propos de ſçavoir que:
Dans. I E bliſſement du Confeil
de Marine , les Negotians de
Nantes,de la Rochelle& de Bourdeaux
, avoient repréſenté que M.
Duquêne, Gouvr. General,&M.de
VaucieſlonIntendantayant accordé
aux Anglois d'apporterdes Farinnos
à la Martinique en échange de:
Sucre; leCommerce de France en
avoit beaucoup fouffert , parce que
les Bâtimens François étant obligez'de
donner leurs Marchandises
à bas prix , & étant contraints de
recevoir en troque du Suce , quelesAnglois
avoient fait réhauffer
ils en recevoient un préjudice con
iderable. Sur cette repreſentation,
on rapella M. Duquêne & M. de
Vaucreflon. Le Conſeil ſubſtitua
DE JUILLET 211
au premier M. de la Varenne , &
au ſecond M. de Ricouart : Ces
Mrs firent à leur arrivée dans l'iſſe
des recherches exactes de ceux qui
avoient commercé avec les Etrangers,&
impoférent unnouveauDroit
de; o.f.par quintaldeSucre.CenouvelEtabliſſement,
dans un Païs où
le Peuple ſe croit preſque indepen
dant , ayant aigri les Eſprits , les
Sieurs Dubuth Lieutenant Colonel
de Milice , & Hauterive , Procureur
General du Confeil Supe-
Neur , formérent le deſſein de tirer
P'ifle de la Servitude , où ils prétendoient
qu'elle étoittombée; ils
envoyérent des Billets à tous les
Habitans de la Colonie , aves ordrede
ſe trouver un certain jour à
pluſieurs Rendez-vous , & d'y ve-
Air armez , ſous peine de la vie , &
de voir leurs Habitations brûlées.
Quoique M. de la Varenne fût
averti , qu'il ſe trâmoit quelque
choſe, il négligea cet avis , perfua
dé que ces Infulaires ne pren
droient pasla refolutiondes'aſſem
bler ; il partit même deux jours
212 LE MERCURE
aprés , accompagné de M. l'Intendant
&de tous les Conſeillers
duConſeil Superieur,pour aller faire
laViſite duQuartier duDiamant,
où s'étoit fait le principal Commerce
avecles Anglois,&faire condamner
les Coupables. Aprés plu
fieurs Recherches& Informations ,
il revint dîner à l'Habitation de
Me Papin fur la Riviere duLamentin;
lesMécontens avec leurs Chefs
en étant informez , entourérent la
Maiſon , où le General étoit à Tableavec
l'Intendant; & quelque
uns étant entrez dans la Cour , ils
•cafférent les Vitres de la Salle , où
ces Meſſieurs étoient affemblez . Le
General ſe leva , & ménaça de
faire pendre les Infolens qui perdoient
le reſpect dû à ſon Caractere
.Là-deflus,le St Dubuth s'avança
, & le ſaiſiſſant , lui dit , de ne
plus parler ſur ce ton , parce que
ſa viedépendoitpréſentementde la
volonté esHabitans,il le fit monter
avec l'Intendant dans une Chambrehaute,&
mit un Corps deGardes
à laPorte; le lendemain lesMé
• DE JUILLET. 213
contens les conduifirent au Bourg
du Fort Saint Pierre , & les ayant
renfermez dans la Maiſon d'un
Particulier, ilspropoférent 4. par .
tis differens , au ſujet de leurs Prifonniers
. Ils ſe déterminérent enfin,
à lesrenvoyer. LesSrs Dubuth &
Hauterive , ayant fait venir le Capitaine
d'un petit Bâtiment de la
Rochelle , appelléle Gedeon qui
alloit partir , le firent jurer de remettre
les deux Priſonniers en
France , de porter à la Pofte de la
Rochelle les Paquets qu'ils adreffoient
au Roy , pour justifier leur
conduite; ilstirérent le General&
l'Intendant de la Priſon où ila
étoient , les firent conduire àBord
du Gedeon , & leur défendirent
deleur Autorité privée , de remettre
lespieds dans l'Iſle. Pour mieux
s'aflürer de la Route du Vaiſſeau ,
ils les firent accompagner pardeux
Pirogues bien armées , juſqu'à 12 .
lieuës au large. LeGeneral & l'Intendant
arrivérent , enfinicy le 3 .
de cemoisau ſoir,trésfatiguez de la
214 LE MERCURE
traverſe, ayant été fort tourmentez
de laMer , à cauſe de la petiteſſe
de leurs Bâtimens. Le Capitaine a
même été obligé de leur prêter du
Linge, pour changer. Ils n'avoient
Plus que pour deux jours de vi-
Vres, quand ils ont abordé à la Rochelle.
Nous apprenons cependant,
que tout eit calme dans l'ifle , &
queleshabitans ſe ſoûmettront toujours
aux ordres de la Cour.
Il n'eſt que trop ordinaire sau
Gazetier d'Amſterdam , d'avancer
dans l'Article de Paris ,quantiré
de Faits faux , fur la foy des
Mémoires qu'on lui envoye ; tel
eſt leſuivant , dans le Supplément
des Nouvelles d'Amſterdam du
16. Juillet 1717.0n y lit ces paroles .
Les Peres Tenier , l'Allemant &
Tournemine ont été voir M. l'Archevêque
de Reims à S. Thierry ,
prés de Reims , où ildemeure. Il eſt
certain que le Pere Tournemine
n'a point été abſent du College ;
ſionavoit beſoin de Témoins pour
arreſter cette vérité , on produiroit
plus de 700. perſonnes qui deDE
JUILLET.
215
meurent dans cette Maiſon , &
qui pour la plûpart , l'ont vû tous
les jours , fans compter beaucoup
d'autres. De plus il me paroît
qu'on lui donnedes Compagnons
de Voyage , auſquels ſes amis ſçavent
qu'il ne feroit pas aiſéde le
joindre. Je pourrois rapporter pluſieurs
autres Erreurs ſemblables ,
qu'il ſeroit cependant utile de relever
, pour rendre témoignage à la
Verité.
du s. Juillet 1717 .
La petite Révolution qui vient
d'arriver à la Martinique , eſt une:
Nouvelle qui mérite bien que je
vous en communique les particularitez:
Pour mieux vous mettre au
fait , ileſt à propos de ſçavoir que:
Dans. I E bliſſement du Confeil
de Marine , les Negotians de
Nantes,de la Rochelle& de Bourdeaux
, avoient repréſenté que M.
Duquêne, Gouvr. General,&M.de
VaucieſlonIntendantayant accordé
aux Anglois d'apporterdes Farinnos
à la Martinique en échange de:
Sucre; leCommerce de France en
avoit beaucoup fouffert , parce que
les Bâtimens François étant obligez'de
donner leurs Marchandises
à bas prix , & étant contraints de
recevoir en troque du Suce , quelesAnglois
avoient fait réhauffer
ils en recevoient un préjudice con
iderable. Sur cette repreſentation,
on rapella M. Duquêne & M. de
Vaucreflon. Le Conſeil ſubſtitua
DE JUILLET 211
au premier M. de la Varenne , &
au ſecond M. de Ricouart : Ces
Mrs firent à leur arrivée dans l'iſſe
des recherches exactes de ceux qui
avoient commercé avec les Etrangers,&
impoférent unnouveauDroit
de; o.f.par quintaldeSucre.CenouvelEtabliſſement,
dans un Païs où
le Peuple ſe croit preſque indepen
dant , ayant aigri les Eſprits , les
Sieurs Dubuth Lieutenant Colonel
de Milice , & Hauterive , Procureur
General du Confeil Supe-
Neur , formérent le deſſein de tirer
P'ifle de la Servitude , où ils prétendoient
qu'elle étoittombée; ils
envoyérent des Billets à tous les
Habitans de la Colonie , aves ordrede
ſe trouver un certain jour à
pluſieurs Rendez-vous , & d'y ve-
Air armez , ſous peine de la vie , &
de voir leurs Habitations brûlées.
Quoique M. de la Varenne fût
averti , qu'il ſe trâmoit quelque
choſe, il négligea cet avis , perfua
dé que ces Infulaires ne pren
droient pasla refolutiondes'aſſem
bler ; il partit même deux jours
212 LE MERCURE
aprés , accompagné de M. l'Intendant
&de tous les Conſeillers
duConſeil Superieur,pour aller faire
laViſite duQuartier duDiamant,
où s'étoit fait le principal Commerce
avecles Anglois,&faire condamner
les Coupables. Aprés plu
fieurs Recherches& Informations ,
il revint dîner à l'Habitation de
Me Papin fur la Riviere duLamentin;
lesMécontens avec leurs Chefs
en étant informez , entourérent la
Maiſon , où le General étoit à Tableavec
l'Intendant; & quelque
uns étant entrez dans la Cour , ils
•cafférent les Vitres de la Salle , où
ces Meſſieurs étoient affemblez . Le
General ſe leva , & ménaça de
faire pendre les Infolens qui perdoient
le reſpect dû à ſon Caractere
.Là-deflus,le St Dubuth s'avança
, & le ſaiſiſſant , lui dit , de ne
plus parler ſur ce ton , parce que
ſa viedépendoitpréſentementde la
volonté esHabitans,il le fit monter
avec l'Intendant dans une Chambrehaute,&
mit un Corps deGardes
à laPorte; le lendemain lesMé
• DE JUILLET. 213
contens les conduifirent au Bourg
du Fort Saint Pierre , & les ayant
renfermez dans la Maiſon d'un
Particulier, ilspropoférent 4. par .
tis differens , au ſujet de leurs Prifonniers
. Ils ſe déterminérent enfin,
à lesrenvoyer. LesSrs Dubuth &
Hauterive , ayant fait venir le Capitaine
d'un petit Bâtiment de la
Rochelle , appelléle Gedeon qui
alloit partir , le firent jurer de remettre
les deux Priſonniers en
France , de porter à la Pofte de la
Rochelle les Paquets qu'ils adreffoient
au Roy , pour justifier leur
conduite; ilstirérent le General&
l'Intendant de la Priſon où ila
étoient , les firent conduire àBord
du Gedeon , & leur défendirent
deleur Autorité privée , de remettre
lespieds dans l'Iſle. Pour mieux
s'aflürer de la Route du Vaiſſeau ,
ils les firent accompagner pardeux
Pirogues bien armées , juſqu'à 12 .
lieuës au large. LeGeneral & l'Intendant
arrivérent , enfinicy le 3 .
de cemoisau ſoir,trésfatiguez de la
214 LE MERCURE
traverſe, ayant été fort tourmentez
de laMer , à cauſe de la petiteſſe
de leurs Bâtimens. Le Capitaine a
même été obligé de leur prêter du
Linge, pour changer. Ils n'avoient
Plus que pour deux jours de vi-
Vres, quand ils ont abordé à la Rochelle.
Nous apprenons cependant,
que tout eit calme dans l'ifle , &
queleshabitans ſe ſoûmettront toujours
aux ordres de la Cour.
Il n'eſt que trop ordinaire sau
Gazetier d'Amſterdam , d'avancer
dans l'Article de Paris ,quantiré
de Faits faux , fur la foy des
Mémoires qu'on lui envoye ; tel
eſt leſuivant , dans le Supplément
des Nouvelles d'Amſterdam du
16. Juillet 1717.0n y lit ces paroles .
Les Peres Tenier , l'Allemant &
Tournemine ont été voir M. l'Archevêque
de Reims à S. Thierry ,
prés de Reims , où ildemeure. Il eſt
certain que le Pere Tournemine
n'a point été abſent du College ;
ſionavoit beſoin de Témoins pour
arreſter cette vérité , on produiroit
plus de 700. perſonnes qui deDE
JUILLET.
215
meurent dans cette Maiſon , &
qui pour la plûpart , l'ont vû tous
les jours , fans compter beaucoup
d'autres. De plus il me paroît
qu'on lui donnedes Compagnons
de Voyage , auſquels ſes amis ſçavent
qu'il ne feroit pas aiſéde le
joindre. Je pourrois rapporter pluſieurs
autres Erreurs ſemblables ,
qu'il ſeroit cependant utile de relever
, pour rendre témoignage à la
Verité.
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Provient d'un lieu