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Titre

A MADEMOISELLE DE LU, Sur une Elogue qu'elle a faite. FABLE ALLEGORIQUE.

Titre d'après la table

A Mlle de Lu, Fable allegorique, par M. le Chevalier de S. Jory.

Fait partie d'une livraison
Page de début
130
Page de début dans la numérisation
139
Page de fin
133
Page de fin dans la numérisation
142
Incipit

Je me flate que M. le Chevalier de Saint Jory ne / Un jour à la Table des Dieux,

Texte
Je me flate que M. le Chevalier
de Saint Jory ne trouvera pas mauvais
que je revéle ici , qu'il eſt
l'Auteur de la piece ſuivante :
Sa modestie en pourra ſouffrir,mais
je ſuis perfuadé que quand il s'agit.
de piquer le goût du Lecteur , un
Ecrivainpériodique doit prendre un
peu ſur ſon compte certaines hardieſſes
, ſans lesquelles un Livre
comme le mien, ne pourroit fubfifter
long-tems . Il ſeroit à ſouhaiter
qu'on me fournit ſouvent de pareils
ſujets d'excuſe , je me chargerois
volontiers des réproches , pourvû
qu'il en revint debonnes piéces au
au Public.
DE JUILLET 131
A MADEMOISELLE
DELU ,
Sur une Eglogue qu'elle a faite.
FABLE ALLEGORIQUE.
Un jour à la Table des Dieux,
Onlût des Vers d'une Muse nouvelle
.
Ils parurent fi beaux à la Troupe
Immortelle,
Qu'on jugea qu'au Parnasse on ne rimoitpas
mieux.
Trop heureux , diſoit- on , & trop
digne d'envie ,
Le Berger qu'en ces Vers daigne
chanter Silvie?
Mais d'un Ouvrageſi parfait ,
D'où vient que l'Auteur &
l'Objet ,
Sous des noms empruntez se
cachent?
Je veux bien,dit l'Amour, qu'ils
Scachent ,
132
LE MERCURE
Quel'Amour l'utsigné, fi l'Amour
l'avoit fait:
Pourles punir , perçons ce Mistere
agréable.
Alors les condesſur la Table..
Chacun à reflechir defon mieux,travailla.
C'est celui-cy , c'est celle-là :
Onprend parti de la Voix & du
Ladispute s'allume, on s'obstine, on
Gefte,
conteste ,
Tel qui vouloit dire oùi , malignementdit
non ,
De ce nombrefut Apollon .
Enfin , de Lu, l'Amour tout en
colere,
Demande à parierque les Versfont
deVous.
Apollonfoûtient le contraire ;
Tout Rimeur est un peu jaloux ,
Je n'en connois point defincere.
La Querelle s'échauffe , on éleve la
Voix ;
1
On gage , on met au jeu la Lyre &
le Carquois ,
L'Amourgagna, Clio vous les avoit
vú faire. On
DE JUILLET. 133
Onfçait que le Dien de Cythere
N'estpas un modeste Vainqueur:
Allez , dit-il , d'un son moqueur
,
Allez, bel Apollon, réprendre chez
Admete
La panetiere & la boulete ,
Vous voilàfans emploi dans lefacré
Valon.
J'y suis ce que j'étois , répondit Apollon
;
Quoique ma Lyre t'appartienne,
J'irai men train , de Lu me prétera
lafienne..
Mais fil'Amour perdoit fon Carquois
&Ses Traits,
Errant à l'avanture
deformais ,
il . vivroit
Etsans Amis, &ſans Empire.
L'Amour un peu surpris , lui dit
d'un ton plus doux ,
Jepourrois à de Lu recourir , comme
vous ,
Elle a desyeux qui valent bien
SaLyre.
Titre de noblesse
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Est rédigé par une personne
Soumis par conusm le