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Texte
LE
NOUVEAU MERCURE
A PARl S,
Chez
P1ÎRRER!P>0H Qjmycî~$
Augustins
, àl'Image S.Louis.
ET
<oRE'jOliVh i.-UPUIS,
- u. 5.
Jacques, à Fonrr'rxvi'ot.
AveMc.OCCXVli. cr P/11<!cçe t.VK
ZRJLA.TA.
Pour, LE MERCURE M MatT
Pag. Lig. Fautes. Corig. retroiecb,
9Jt J7 »osdeMonlieur
?9jsi ,£2,1 d,e Comte. Dac 98,1Rohan deSouiizc••• tcematin.
103, 19 1 -
bien plusieurs
1461 9 1
à1627 audeflïisaudtffouf••• safamille,saMai(on ••_
118 21 , Louvre. dct Thuilleries , 21 , Bonnet. BcfTuec
AVIS,
On vend chezPIERRE R^bou3
à L'Image S. Loüis, Quay des Augustins,
& GREGOIRE DupÙis,
rue S. Jacques, à la fontaine d'Or,
un Abbregé Historique de la ,
Vie du CZAR, Petea. Alexievitz , avec une "-
Relation de l'Etat présentde Mofcovie,
& de ce qui s'est passé de
plus considerable depuis sonavivée
en France, jusqu'à ce jous.
jPÇéàiézàarSiAenMnaej,est é
AVANT-PROPOS.
L ESpersonnes accoutumées «
me voir entrer en mâture,
parunePièce
1
Lnttraiu,uo,y,~
nontpeut-êtreàredirequejedébute
par
un
RécIt Hlftoï!que. J'<'-
viens uefînsde rai (:JÍ:'
jen'auroispas , ordinaire.Cednéc'heasngteprmasonap*la^nsa n
oJ"din,;!!re.Cen'eFpt!S a:£ ï;--:oi;¡s
)
manque de Dissertations nuerrejfaites:
Mais,commeil\nae décile,
que
p" placer dans le
mêmevolume Jeuxmorceauxdune
trop grande étendue, H*d ne
m'étoit pas permis de faire aucun
retranchement dans l'un
,
ni dans
l'autre, sans altération;,*t dor-
NélA préférence el14 curieux 6~ dCïmer
Extrait des Mémoires du
Cardinal de Retz, , que l'en a ûla
bonté de me communiquer. ¡efuis
-HOr., ,.Jj /Hlt>
celui-etnsimulera
A V A NT-FROPOS.
pasmoinsca:grrié.iabbllcermace-n,ittqquueelleesspré- -vj;c~ é- qu'ilfera déjireravec irnr,:
t!encc J >:>t:prefj}cnd'une-Hijtoire
*~rf•'/:vari-.'equecelledela derniere
J..;.:c, c.iLO(;,-V' deisSpLremEieresannées du GRAND.
ferc;:afvr.>:*i-ttr que les pofj<"-.
rrsd.un si telOuvrage le
A'jsr.tbtez-tet en inrniere : Ils
cr-t rede.,]i!csenversle Public
';
!-:,/ .",'.: 'C;! Tr/jor,pu court Toujours
,',' ,".; -\~ :àS UY/lî onil r;'(Ii l* - ,,,-f
L E
NOUVEAU MERCURE
De Lanéville en Lorraine
;¡ le30May) 1717.
TKOISIEME& DERNIERE
.- Partie, des Aiémcircs
DEM. LE CARDINAL DI RETZ.
E vous ay promis,Monsieur,
de vous envoyerpour
troisiéme cr dernier Extrait,
des Mémoires du
Card. de Retz
,
fOr. tuafior. du Château
de Nantes, & ses différentes
AvantHresjnfûiifin ;?TI/,,'t-: c,: I:alie
i j'éxécute mapromesse avecjêjer
Je ne doûte pas que cet Extrait né
fasse plaisir avos lecteurs, pérla
variété infinie de -CïrClnjlltnce-s extraordinaires
,
dont. ce imrceâtt d'Histoire est rempli.
Ce qui estextraordinaire,neporoît
possible à ceux qui nesont capables
que de l'ordinaire,qu'aprèsqu'-
ilestarrivé. Tellefutl'évasion du
Cardinal de Retz,, dont il va nousfaire
lui- même la Relation.
Je me sauvai un Samedy 8e d.
Aoust,àcinq heures du soir. La porte
du petit Jardin se refermaaprès
moi-, presque naturellement. Je
descendis, un bâton entre les jambes
,
três-heureusement d'un Bastionqui
avoir 40 pieds de haut.
Un Valet de Chambre qui est encore
àmoy, no limé Fromentin amusames
Gardes en les faisant
boire. Ils s'amuserent eux-mtmes àregarder unJacobin, qui se baignoit
&qui deplus se noyoit. Le
Soldat qui étoit ensentinelle à aopas
tle inoilen un lieud'oùil ne pouvoir
pas me joindre,n'osa me tirer; parce
que, lorsque le lui vis compaqqer
sa mesche
je lui criai que je le
ferois pendre, siil tiroir, & il
avoüa à la qUtftion., qu'il crût sur
cette menace,
que le Maréchal
étoit de concert avec moy Deux
petits Pages;qui se baignoient &
qui me voyoient suspendu à la corde
, crièrent que je me fauvois,
mais ils ne furent pas écouté; parce
que tout le monde s'imagina
qu'ils apeloient les Gardes au secours
du Jacobin, qui se noyoir.
Mes quatre Gentils
- hommes se
trouvèrent à point nommé, au bas
du Ravelin, où ils avoient fait semblant
d'abbreuver leurs chevaux,
comme s'ils eussent voulu aller à
la Chasse. Je fus à cheval moimême
, avant qu'il y eut feu ement
la moindre allarme; & comme
j'avois quarante Relais posés
entre Paris & Nantes;je ferois arrivé
infailliblement à Paris, le
Mardyà la pointe du jour, sans
unaccident quejepuis dire avoir
été le fatal & le décisif du reste
de ma vie. Sitôt queje ensache-
-
val, je pris la route de Maure qui est, , si je ne me trompe, à cinq
lieües de Nantes sur la Rivierei
& où nous étions convenus que
MrdeBrisac &Mr le Chevalier
de Sévigni m'attendroient avec un
bateau pour la passer. La Ralde
Ecuyer
de
Mr de Brisac,qui marchoit
devant moi, me dit qu'ilfalloit
galoper d'abord, pourne pas
donner le tems aux Gardes-du Maréchal
de la Meilleraye, de fermer
la porte d'une petite ru2 du Fauxbourg
où étoit leur quartier, de
par laquelle il faloitnécessairement
passer.J'avois un des meilleurs
chevaux du monde c , qui avoit. hevaux du monMdquiavoit
coûté 1000 écus àMrde Brifac ;
je ne lui abandonnai pas toutefois
la main, parce quele Pavé étoit
trèsmauvais ôctrès glissant : Mais,
un Gentil-homme a moi, nommé
Boisguerin, m'ayant crié de metne
le Pistolet à la main; parce
qu'il voyoit deux Gardes du Maréchal,
qui ne songeoient toutefois,
pas à nous; je l'ymiseffective-
- ment, & le presentant à la tête de
celui qui étoit le plus prés de moi,
pour l'empêcher de se saisirde la
bride de mon cheval, le Soleil qui
étoit encore haut, donna dans la
platine; la reverbetation fit peur
à mon cheval,ilfit un grand furfault,
& il retomba des quatre
pieds : j'en fus quitte pour l'épaule
gauche, quife rompit contre
la borne d'une porte. Un Gentilhomme
à moi,apelé Beauchêne,me
releva, & me remit à cheval; Be
quoique jesouffrisse des douleurs
incroyables, & que je fusse obligé
demetirer lescheveux, pour
m'empêcherdemévanoüir, j'achevai
ma course de cinq lieües,avant
que le grand Maître qui me suivoit
à toute bride, avec tous lescoureurs
de Nantes (au moins si l'on
en veut croire la chanson de Mariaugny
) me pût joindre. Je trouvai lieu destiné M. de Brisac & M.
deSevigniavecleBatteau ; jem'evanoüis
en y entrant; on me fii
revenir en me jectant un verre
d'eau surle visage.Je voulu remonter
à cheval, quand nous eusmes
passé la Riviere; mais lesforces
memanquerent ,& M. de Brissac
fut obligé de me faire mettre
dans une grosse Meule de foin;
& il me laissa avec un Gentilhomme
à moi, appellé Monté,
qui me tenoit entre ses bras. Il emmena
avec lui Joli qui seul avec
Monté, m'avoit pû suivre les
chevaux des autres ayant manqué;
- & il tira droit à Beaupeau,à des-
,
seind'yassemblerlaNoblesse, pour
me venir, tirer de ma Meule de
Foin. Pendant qu'elle se mettra en
état de cela, je me sensobligé de
vous raconter deux outroisactions
particulieresde mes pauvres Domeftiques,
qui ne meritent pas d'-
être oubliées.ParisDocteur de Navarre,
qui avoit donné le ngnal
avec son Chapeau,aux quatre Gentils-
hommes qui me suivirent en
cette occasion, fut trouvé sur 1-e
bord de l'eau par Coulon. Ecuyer
du Maréchal, qui le prit,enlui
donnant même quelques gourmades.
le Docteur ne perdit point
le jugement ; ildit à Coulon &
d'un ton niais & Normand,je le
diray à M. le Maréchal, que vous
vous amusez à battre un pauvre
Prêtre,parce que vous n'osés vous
prendre à M. Le Cardinal, qui a
de bonsPistoletsàl'arsonde saSelle.
Coulon prit cela pourbon ,&
il lui demandaoù j'étois.Ne le
voyez vous pas, dit le Doaeur,
qui entre dansce Village. Vous
remarquerez,s'il vous plaît, qu'-
il m'avoit vû'passer l'eau, &il me
sauva ainsi. Il faut avoüer que
cette presenced'esprit n'est pas
commune. En voici une de coeur
qui n'est pas moindre. Celui pour
qui le Docteur voulut me faire paffer
, quand il dit à Coulon que
j'entrois dans un Village qu'il lui
montroit, étoit ce Beauchesne dont je vousayparlé cy-devant,,
dont le cheval étoit outré & qui
n'avoit pas pû me suivre. Coulon
le prenanrpourmoi
, courût à lui,
& comme il le voïoit {»£rtemipar
beaucoup de Cavaliers qui étoient
prests à le joindre
, ill'aborda,le
Pistolet à la main. Beauchesne
s'arrêta sur eux en la même posture,
&ileût la fermeté de s'apercevoir
dans cet inilant, qu'il
y avoit un Bâteau à dix où douze
pas de lui, il se jetta dedans, pensant
qu'il arrêteroit Coulon, en
lui montrant un deses Pistolets ;
& il mit l'autre à la the du Batelier
: sa résolution ne le fauva pas
seulement, mais elle contribua
à me faire sauver moi-même;parce
que le Grand Maître ne trouvant
plusceBateau,futobligé d'-
aller passer l'eau beaucoup plus
bas.Je reviens à ma Meule de Foi..
Je demeurai caché plusdey heures,
avec une incommoditéque je
ne puis vous exprimer, j'avois l'épaule
rompuë & demise, j'yavois
une contusion terrible: la fiévre
me prit sur les neufheures du foir.
L'altération
L'altération qu'elle me dÕnoir,éroit
encore cruellement augmentée par
la chaleur du soinnouveau. Qiioique
je fusse sur le bord de la Riviere
,
je n'osois boire, parceque,
si nous fussions sortisde la Meule,
Afoate& moi ,nous rreuflîcns eu
fcuConne pour raccommoder le
soinqui eut paru remué, & qui
,
eut donné lieu par conséquent,
a ceux qui couroient aprés moi, de foüiller. Nous n'entendions
cjue des Cavaliers qui passoient à
droite Jk à gauche, nous reconnûmes
même Coulon à la VOIX.
L'incommodité de la fois éft incroyable
Se inconcevable à qui ne
l'a pas éprouvée. Mr de Roise Saint
Offrange Homme de qualité du
Païs, que Mr de Brissac avoit averti
en passantchez lui, vint,sur
les deux heures après minuit
, me
prendre dans cette meule de foin:
Après qu'ileutremarqué qu'il n'y
avoir plus de Cavalerie aux ..environs,
il me mitsur une civiere
à fumier, & ilme fit porter par
deuxPaïsans dans la granged'unemaison
qui étoità lui,à une
lieuë de là: Il m'y ensevelit encore
dans le foin; mais, comme j'y avois de quoi boite, je m'y
trouvai mêmedélicieusement. Mr
& Mde de Brissacm'y vinrent prendre
au bout de sept ouhuit heures,
avec quinze ou vingt chevaux,
JSc ils me menerent à Beaupreau
où je trouvai l'Abbé de Bellebat,
qui les y étoit venu voir,& où je ne
demeurai qu'une nuit, juia
ce que la Noblesse y fut aQemblee.
Mr deBrissac étoitfort aimé dans
tout le Païs, & il mitensemble
dans ce peu de tems, plus de iqo
Gentils-Hommes.Mrde Retz qui
l'étoitencore plus dansson Quartier,
le joignit à quatre lieuës de
là avec 300. Nous pâfïameç presque
à la vûë de Nantes, d'où
quelques Gardes du Maréchal
forrirent pour escarmoucher. Ils
furent repoussés vigoureusement
jusques dans la Barriere. Nous
surriy.âmes à MlJchecoHJ
,
qui est
dans le Païs de Retz, avec toute
forte de sûreté. Mde de Brissac
se porta en Héroïne dans tout le
cours de cette Action. Mr & Mdc
de Retz au contraire, mouroient
de peur du Maréchal de la Meilleraye
, qui enragé qu'il étoit de
mon évasion ,& encore plus de ce
qu'il avoir été abandonné de toute
la Noblesse,menaçoit de mettre
tout le Païs de Retz à feu & à
forç. Leur frayeur alla jusqu'au
point de s'imaginer ou de vouloir
faire croire, que mon mal n'étoit
que délicatesse
,
qu'il n'y avoit
rien de démis, & que j'en
-
serois
- quitte pour une contusion. Le
Chirurgienaffidé de Mr de Retz
ledisoit à qui le vouloit entendre;
& qu'il étoit bien rude que j'exposasse
pour une délicatesse, toute
ma Maison
, qui alloitêtre investie
au premier jour dans Machecoul.
J'éroiscependant dans mon lit oùjesentois des douleurs , incroyables
, & où je ne pouvois pas
feulement me tourner. Tous ces
discoursm'impatienterentaupoint,
que je pris la résolution de quitter
tous ces sons-la
,
& deme
- jetter dans BeUe-JJU5 où jepourois
au moins me faire transporter
par Mer. Le trajet étoit fort délicat
, parce que MrleMaréchal
de la Meillerayeavoit fait prendre
les armes à toute la Côte. Je ne
laissaipas delehazarder;je m'embarquai
au Port de la Roche
,
qui
n'est qu'à une petite demi-lieuë
de Machecoul
,
sur une Chaloupe
que Giselaye Capitainede Vaisseau
, bon-homme deMer, voulut
piloter lui-même. Le tems nous
obligea demoüiller, & d'êtredécouverts
par une Chaloupe qui
nous vint reconnoîtrela nuit. La
Giselayequisçavoit la Langue&
le Païs, s'en démefla fort bien,
Nous nous remîmes à la voileà
la pointe du jour, & nous découvrîmes
quelque tems aprés, une
Barque longue de Biscayens, qui
nous donnerent la chasse. Nous
iaprudes à la considération de M~
de Brissac,qui n'eut pas pris plaisir
d'être mené en Espagne
, parce
qu'il ne se sauvoit pas de Prison,
comme moi, & que l'on eut pû
par conséquent, lui tourner à crime,
ce voyage. Comme la Barque
longuefaisoitforcede vent sur nous,
& que même elle nous le gagnoit,
nous crûmes que nous ne ferions
que mieux, de nous jetter à terre, dansl'IsledeRhé. La Barque fit
quelque mine de nous y Cuivre;
elle borda assés long - tems à nôtre
vûë
,
après quoi elle reprit la Mer.
Nous nous remîmes la nuit, &
nous arrivâmes à Belle-Isle, à la
pointe du jour. Je souffris tout ce
que l'on peut souffrir dans ce tra-
~er, & j'û besoin de toute la force
de ma constitutions, pour deffendre
& sauver de la Gangrenne ,
une contusion aussi grande que
-
la mienne. & à laquelle je n'appliquai
jamais d'autres remedes,
que du sel & du vinaigre. Je ne
trouvai pas à Belle-Isle le même
<légoôt qu'à Machecoul ; mais,
je n'y trouvai pas dans le fond
beaucoup plus de fermeté. L'on
s'imagina au Païs de Retz, que
le Commandeur de Nenfchaise
qui étoit à la Rochelle, avoir ordre
au premier jour, de m'investir
dans Belle-Isle; l'on y apprit
que le Maréchal faisoit appareiller
douze Barques longues à
Nantes. Ces avis étoient bons 6c
véritables, mais il s'en falloit
bien qu'ils fussent si pressans qu'on
lescroyoit: Il falloit du tems pour
les rendre tels, &plus qu'il n'en
eut salu pour me remettre. La
frayeur qui étoit à Machecoul,
inspira del'indispositionàBellelUe
; &je commençai à m'enappercevoir,
en ce qu'on commença
à croireque jen'avois pas en
effet l'épauledémise, & que la
douleur que jerecevois de ma
comtusion
,
faisoit que je m'imaginois
quemon mal étoit plus
grand qu'il ne l'étoit en effet.
On ne sauroit croire le chagrin
que l'on ade ces fortes de murmures,
quand l'on sent qu'ilssont
injustes : Ce qui est vrai, est que
cechagrin change bien-tôt de nature
, parce que l'on n'est pas longtems
sans s'appercevoir qu'ils
ne font que les effets
, ou de la
frayeur, ou de lalassitude. Il entroit
de l'un & de l'autre dans
ceux, dont je vous parlerai en ce
lieu. Le Chevalier de Sevigni
homme de , coeur, mais interessé
craignoit , que l'on ne lui rasât sa
maison
, & Mr de Brissac qui
croyoitavoir suffisamment réparé
laparesse
,
pltirô: que la foiblesse
qu'il avoit témoignéedans le cours
de ma Prison
,
étoit bienaise de
finir
, & de ne point exposer son
repos à une agitation, à laquelle
on nevoyoit plus de fin.
Je n'avois pas moins d'impatience
qu'eux ,
de les voir hors d'une affaire
,
à laquelle ils n'etoient engagez
que pourl'amour de moi.
La difference est, que je ne croyois
pas le péril si present , ni
pour eux ni pour moi, que je ne
pusse au moins,àmon sens,prendre
le tems, & de me faire traiter,
& de me pourvoir d'un Bâtiment
raisonnable, pour naviguer.
Ils me voulurent persuader
de passer en Hollande sur un Vaisseau
de Hambourg, qui étoit à la
rade,&je ne crû pas que je dusse
confier ma personne à un Inconnu
quimeconnoissoit &qui pouvoit
me mener à Nantes, comme
en Hollande.Jeleurproposai de
me faire venir une barque de Corfaire
de Biscaïe,qui étoit moüilléeà
nôtre vuë, à la pointe de
l'I~Ie,- & ils appréhenderent de
se criminaliser par ce coriirnerce
avec les Espagnols; tant fut pro- cédé, que jem'impatientai de toutes
les allarmesque l'on prenoit
Scqws-l'on vouloir prendre à tons
siometis, é^què' je-m'ehibaf^uai
suruneBarque 'cfePejcftehrs-, où
il n'yavoitque cinq Mariniers, de
Belle-Isle
, Jolj
,
deux Gentilshommes
à moi
,
dont run s'appeloit
Boisgurin& &dlé, -& un Vakt
- de Chambre que'mon frere
m'avoit prêté. La Barque étoit
chargée de Sardines; cc qui nous
vint assés à propos , parce que nous
n'avions que fortpeud'argent.
Mon frere m'en avoit envoyé,
mais l'homme qui le portoit , avoit
été arrêté par les Gardes.
Coste son beau - pere ,
n'avoit
pas eu l'honêteté de m'en offrir:
Mr de Brissac me prêta80 Piiloles
, &celui qui commandoit dans
Belle-Isle., 40.Nousquittâmes
nus habits, nous prîmes deméchans
haillons de quelques Soldats
de la Garnison
, & nous nous
mîmes à la rame,à l'entrée de la
nuit, à dessein de prendre la route
deSaint Sebastien
,
dans le Quip-
uftoa. Ce n'est pas qu'elle ne
futassés longue pour unbâtiement ,
de cette nature; mais c'étoit le
lieu leplus procheoù je ponvois
aborder avec fûreté. Nous eûmes
un fort gros tems, toute la nuit; ilcalma à la pointe du jour, mais
ce calme ne nous donna pas beaucoup
d-e joye ; parce que nôè%tre
Boussolle qui étoit unique, tomba
dans la Mer,parje nesçai quel
accident. Nos Mariniers qui
se trouverent fore étonnés & qui d'ailleurs étoient fort,
ignorans
, ne sçavoient où ils
croient,& ne prirent de route, que ceJle qu'un Vaisseau qui nous donna la chasse, nous força de
rcoiut,rqir.uI'lisl reconnurent àsongaba- étoitTurc&deSalé.Comme
il broüilla ses voiles sur lesoir,
nous jugeâmes qu'il craignoit la
terre,&que par consequent nous - n'en pouvionsêtreloing. De pe- titsoiséaux,qui venoient se per- cher sur notre Mât, nous le marquoient
d'aillieursassez. La question
étoit, quelle terre ce pouvoir
etJ»-, car nous craignions
autant celle deFrance, quecel.
ledes Turcs. Nous bordâmes toute
la nuit dans cette incertitude,
nous y demeurâmestoutle lendemain
; & un Vaisseau dont nous
nous voulûmes aprocher, pour
nous en éclaircir, nous tira pour
toute réponse, trois voilées decanon.
Nous avions fort peu d'eaii
& nous aprehendions d'être charges
en cet endroit par un gros
tems ,
auquel il y avoir déja quelque
apparence. La nuit fut assez
douce:Nous aperçûmes àla pointeuu
jour,une chaloupeà la Mer,
&nous nous en approchâmes avec
beaucoup de peine, parce qu'elle
apprehendoitque nous ne fussions
Corsaires. Nous parlâmes Espagnol
& François, à trois hommes
qui étoient dedans,&ils n'entendoient
ni l'une,ni l'autre Langue.
L'un d'eux se mit à crier SanSebastian
, pour nous donner à connoître
qu'ils en étoient. Nous lui
montrâmesde l'argent, & nous
lui repondîmes- San Sebastian,
pour lui faire connaître que c'étoit-
là où nous voulions aller: Il
se mit dans nôtre Barque
, & il
nous y conduisit; ce qui lui fut fort
aisé, parce que nous n'enétions
pas bien loing. Nous ne fûmes pas
plutôt arrivez, que l'on nous demanda
nôtre Charte.CetteCharte „
est si nécessaire à la Mer, que
tout homme qui navige sans l'avoir,
est pendable sans autre forme
de procés. Le .PJtEPn de nôtre
Barque n'avoit pas fait cette réflexion
, croyant que je n'en avois
pas besoin. Le défaut de ce Papier,
joint aux méchans habits,que nous
avions
,
obligea les Gardes du
Port de nous dire, que nous avions
la mine d'être pendu, le lendemain;
mais nous leur répondîmes
quenous étions connus de Mr le
Baron de Vc.tevdlc qui étoit au
partage,&qui d'abord,jugea par
ces habits tpus déchirez, que
j'étois un Imposteur. ll'r.e le témoigna
pourtant pas àtout hazard
, & il vint me voir dés le
lendemain à mon hôtellerie. Il
mefit un fort long compliment,
mais embarassé, & d'un homme
qui avoit accoûtumé au poste où
il étoit, de voir souvent des trompeurs.
Ce qui commençaàl'assû-
Ler
rer ,
fut l'arrivée de Beduchesne
que j'avois dépêché de Beaupreau,
a Par ,
& que mes amis me
renvoyerent en diligence, aussitôt
que je m'étois embarqué pour
Saint Sebastien. ille trouva si bien
informé des nouvelles, qu'il eut
lieu de croire ,
qu'il n'étoit pas
un Courier supposé, & il l'en
trouva même beaucoup mieux instruit,
qu'il ne souhaitoit; car, ce
futlui qui lui apprit que l'Armée
de France avoit forcé celle d'£k
pagne dans les lignes d'Arras
& , cet avis que Mr de Vateville
fitpasser en diligence à Madrid,
fut le premier que l'on y ût de
cette défaite. Beauchesne me l'apporta
avec une diligence incroyable,
sur une Frégate de Corsaire
Biscain
,
qu'il trouva à la pointe
de Belle-lsle,&qui fut ravie de
se charger de sa personne & de
son passage
,
sçachant qu'il me venoit
chercher à Saint Sebastien.
Mes amis me l'envoyerent, pour m'exhorter à prendre le chemin
de Rome, plûtôt que celui de
Jlfeztiere
,
où ils appréhendoient
que je voulusse me jetter. Cet avis
étoit certainement Le plus sage,
mais il n'a pas été le plus hûreux
par l'événement. Je le suivis sans
hésiter
,
quoique ce ne fut pas
sans peine. Je connoissoisassés la
Cour de Rome, pour sçavoir que
le poste d'un Réfugié&d'un Suppliant
n'y est pas agréable,&mon
coeur qui étoit piqué au jeu contre
le Cardinal Mazarin,étoit plein
de mouvemens qui m'eussent
porté avec plus de gayeté, dans les
lieux, où j'eusse pû donner un
çhâmp plus libre à mon ressentiment.
Le conseil de mes amis
l'emportasurmesvues : Ils merepresenterentque
l'azile naturel
d'un Cardinal& d'un Evêque persecuté,
étoit leVatican ; Mais il y a
des rems dans lesquelsil n'est pas
malaisédeprévoir,que ce qui devroit
servir d'azile,peutfacillement
devenir un lieu d'exil. Je le
previs & je le choisis ; & quelque
évenement que ce choix ait ÛJ je
ne m'en suis jamais repenti, parce
qu'il eût pour principe, la déférence
que je rendis au conseil
de ceux à qui j'avoisobligation. Je
l'estimerois d'avantage, s'il avoit
étél'effet de ma moderation & du
désirde m'employer à mon rétablissement
par les voyes Ecclesiastiques.
Il ne tint pas auxEspagnols
que jene prisse un autre parti. Ausfirôt
que Mr de Vateville m'ût
reconnu pour le Cardinal de Retz,
ce qu'il fit en huit ou dix heures,
& par les circonstances que je vous
ai marquées, & par un Secrétaire
Bourdelois qu'il avoit, qui m'avoit
vû àParis plusieurs fois; il me
mena chez lui dans un Apartement
qui étoit au plus haut étage, & m'y
tint si couvert, que quoique M. le
Maréchal de Grammont qui n'étoit
qu'à3lieuës deSaint Sebastien,eût
donné avis à la Cour par un Courier
exprès, que j'y étois arrivé,il
fut trompé lui-même le jour suivant,
au point d'en dépêcher lift
autre, pour s'en dédire. Je fus trois
femaities dans un lit sans pouvoir
me remettre, & le Chirurgien du
Baron de Vateville qui étoit fort
capable, ne voulut pas entreprendre
de me traiter, parce qu'il étoit
trop tard. J'avois l'Epaule absolument
démise, & il me condamna
à être estropié pour tout le reste de
ma vie. J'envoyai Boisguerin au
Roi d'Espagne
,
auquel j'écrivis,
pour le prier de me permettre de
passer par ses Etats pour aller à
Rome. Ce Gentilhomme fut reçû
de Sa Majesté Catholique & de
Don Louis de Haro, audelà de
toutceque je puis vous en exprimer.
On le dépêcha dès lelendemain
; on lui donna une chaîne de
Soo. écus;on m'envoya une litiere
du Corps, & on me dépêcha en
diligence. Don ChristovaldeChassambonAllemand,
mais espagnolif!,
& Secretaire des Langues,
tres-consideré de Don Loiiis. Il
n'y a pointd'effort que ce secretaire
ne fit pour m'obligerd'aller à
Madrid. Je m'en défendis par
l'inutilité dont ce voyage Seroit au
service de Sa Majesté Catholique,
& par l'avantage que mes ennemis
eh prendraient contre moi. L'onne
comprenoit pas ces raisons , qui étoient pourtant, comme vous
voyez, assés bonnes: & comme,
je m'enétonnois, Vateville. qui
en presence du Secretaire , avoit
été de son avis, même avec vehemence
, me dit: Ce voyagecoûtevoit
50000. écus au Ra & peutêtre
à vous l'Archevêché, il neseroit
bon à rieii, ô, cependantilfaut
que je parle comme lut, ouje serois
brouillé à la Cour. Nous agissons
sur le pied de Philippe Il quf avoit
pour maxime, d'engagertoujours les
Étrangers pardesdémonflrationspu»
bliques. Cetteparoleestconsiderable,
& je l'ai moi-même appliquée plus
d'une fois en faisantrefléxionsur laconduiteduConseild'Espagne.il
m'aparuen plus d'une occasîon, qj'd
poêpcihneiâaturteantparl'attachement trop1 ,qu'ilaàsesmaximesgé~
r.érales,ejne l'on pêche en France
parlemépris que l'on fait cir d*sgénérales
&-desparti-culitres.
Quand D. Christoval vit, qu'il
ne pouvoit pas me persuader d'aller
à Madrid , il n'oublia rien
pour m'obliger a m'embarquer
sur une Fregate de Dmkfrquey
qui étoit à S. Sebastien > &
H me fit des offresimmenses en
cas que je voulusse aller en Flandres,
traiter avec M1le PRINCE,
me déclarer avec Mex,iere, Charleville,&
le Mont-Olimpe. Il
avoit raison de me proposer ce
party quiétoit en effet au service
du Roy son Maître. Vous avez
vu celle que j'ù de ne le pas acceprer.
Ce qui fut très honnête,
est que tous mes refus n'empechèrent
pas qu'il ne me fit apporter
un petit coffre de velours,
dans lequel il y avoit 4000écus
en piéces de quatre. Je ne crû
pas les devoir recevoir, ne faisant
rien pour le service du Roy
Catholique; je m'enexeusai sur
ce titre avec tout le respect que
je devois : Et comme je n'avois,
pour moi, 8c pour les miens,
ni linge, ni habits,& que les 400.
écus que je tirai de la vente de
mes Sardines,furent presque consommez
,en ce que je donnai aux
gens de Mr de Vateville ; jele
priai de me donner 400 pistoles,
dont je lui fis ma promesse , de
que je lui ai renduës depuis. Apres
que je me fus un peu rérabli, je
partis de Saint Sebnftiem & je pris
la route de velence pour m'embarquer
à Vinaros, où Don Christoval
me promit que Donluan d'-
Autriche
,
qui étoit à Barcelonne.
m'envoyeroit une Fregatte & une
Galere. le passai dans une Litiere
du corps du Roy d'Espagne»
toute la Navarre, fous le nom de
Marquis de S. Florent, & sousla
conduite d'un Maître d'Hôtel de
Vateville,qui disoit que j'estois un
Gentil-homme de Bourgogne, qui
-
alloit servir le Roy dansleMilanois.
Comme j'arrivai à Tudelle ,
Ville assez considerable au det& ,1
de Pampelune, je trouvai le Peuple
assezcmû.Onyfaisoit lanuit
des feux & des Corps de Gardes. - Les Laboureurs desenvirons s'étoient
soulevez; parce qu'on leur
avoit deffendu la Chasse, ils étoient
entré dans la Ville, & ils
y avoient fait beaucoup de violence
& mêmepilléquelques mai- "!
fons. Un Corps de gardes qui fut
posé à dix heures du foir devant
l'Hôtellerie où je logeois, commença
àme donnerquelquessoupçons
que l'on en ût pris de moi: Mais une Litière du Roy, les avec Muletiers de sa livrée,me rassuroit.
Je vis entrer à minuit uncertain
D. Martin dans ma chambre,
avec une épéeson longue & une
gr.-indcRo;,i,at,he,à la main:il me dit
qu'ilétoit le fils du Logis,&qu'il
me venoit avertir que le peuple
étoit fort émû, qu'il croyoit que j'étoisunFrançois venu expr ès,
pour fomenter la revolre des La "*
boureurs: Que l'Alcade,ne Iç'-
voir lui-meme ce qui en étoit,
qu'il étoit à craindre que la canaille
ne prit ce prétexte, pour
m'égorger, &que le Corps de gardes
qui étoit devant le Logis,commençoit
àmurmurer & à s'échauffer.
Je priai D. Martin de leur faire
voir sans affectation, la litiere du
Roy, de leur faire parler les Muletiers,
de les mettre en conversation
avec D. Pedro Maître d'Hôtel
de Mr de Vateville- Il entra
justement dans ma chambre dans
ce moment, pour me dire que c'étoient
des Endemoniados,qui n'enrendoient,
ni rime,ni raison,&qu'ils
l'avoient lui-même menacé de le
massacrer. Nous passâmes ainsi
toute la nuit, ayant pour serenade
une multitude de voix confuses ,
qui chantoient, ou plutôt qui hurloient
deschansons contre les François.
Je crû le lendemainau matin
, qu'il étoit à propos de faire
voir à ces gens - là, par nôtre
assurance
, que nous ne nous
tenions pas pour François. Je voulu
sortir pour aller à la Mené;it trouvai sur le pasdela porte, tine
sentinellequi me fit rentrer assèz
promprement, en me mettant le bout
du Mousquet dans la tête,
& enme disant qu'elle avoir ordre
de l'Alcade de me comman- jt
derde la part du Roy,de me tenir
dans mon Logis. J'envoyai D.?
Martin à l'Alcade, pour lui dire
qui j'étois, & D. Pedroyalla
": avec lui. Il me vint trouver en
même tems , ilquittasa Baguette à y?
la Porte de ma Chambre,il mit un ':
genoüil en terre en m'adorant, il ;
baisa le bas de mon juge-au-Corps,
mais ilme déclara qu'il ne pouvoit
me laisser sortir,qu'il n'en ûtordreduViceroy
de Navarre , qui
étoit à Pampelune. D. Pedro y alla
avec un Officier de la Ville
,
&
il revint avec beaucoupd'exeuses.
On me donna 50 Mousquetaires
d'escorce, montés sur des ânes,
qui m'accompagnerent jurqut
Cortés.Jecontinuai mon chemin
pal'Arragon, & passai par Sarragoce
Capitale de ce Royaume ,
belle 8< grande Ville. Je fus surpris
au dernier point ,
d'y voir
que tout le monde parloit François
dans les ruës. Il y en a en
effet une infinité, & particulièrementd'Artisans
qui sont, plus asfectionnez
à l'Espagne, que les
Naturels du Pais. Le Duc de
JHonteleenNapolitain, de laMaison
de Pignatelli, Viceroy d'Arragon,
envoya 3Ott 4 lieuës au
devant de moi un Gentil-homme,
pour me dire
,
qu'il y fut venu
lui-même avec toure la Noblesse
,
si le Roi son Maître,ne lui eut
mandé d'obéir à l'ordre con- traire, qu'il sçavoit que je lui en
donnerois. Ce compliment fort
honnête,comme vous voyez ,fut
accompagné de mille&mille galenteries,&
de tousles rafraichissemens
imaginables que je trouvai
à Sarragosse.Permettez-moi,s'il
vous plaitdem'yarrêter, pour vous
rendre compte de quelques circonsrtianecues,
sqeuism.'y parurent fifîés en- 1y asés cm..
Ontrouve,avant d'entrer dans
la Ville de ce côté-là
,
l'Alcaçar,
des anciens Rois Maures, qui est
présentement à l'Inquisition. Il y
a auprès , une Allée d'arbres, 1
dans laquelle je vis un Prêtre qui
se promenoir. Le Gentil-homme
du Viceroy me dit que ce Prêtre
étoit. le Curé d'Huesca Ville
trés - ancienne en Arragon ,
1
& que ce Curé faisoit la quarantaine,
pour avoir enterré depuis
trois semaines
,
son dernier Paroissien
,
qui étoit effectivement 1
le dernier de nooo personnes
moires de la Peste, dans sa Paroisse.
Ce même Gentil-homme
du Viceroy me fit voir tout ce qu'-
il y avoit de remarquable à Sarragosse
, toujours fous le nom de
Marquis de Saint Florent: Mais,
il ne fit pas reflexion que Nnefira
senoradelpilar,quiestundes plus
célébres Sanctuaires de toute l'Espagne
, ne se pouvoir pas voir
fous ce titre. L'on ne montre jamaisàdécouvert
cette mage.
miraculeuse
i
miraculeuse
, qu'aux Souverains
&aux Cardinaux, le Marquis de
Saint Florent n'étoit ni l'un ni
l'autre;de forte que quand l'on
me vit dans le Balustre avec un
Juste-au-Corps de Velours noir&
une Cravatte ; le Peuple infini qui
y étoit accouru de toute la Ville,
au son de la Cloche, qui ne sonne
que pour cette cérémonie
, crut
que j'étois le Roy d'Angleterre.
Il y avoir, je crois, plus de ic,»
carosses de Dames, qui me firent
cent & cent galanteries ,auxquelles
je ne répondois que
comme un homme qui ne parloit
pas trop bien Espagnol.
Cette Eglise est belle en elle
même, lesrichesses &les ornemens
en font immenses
, & le
Thrésor magnifique. L'on m'y
montra un homme qui servoit à
allumer les Lampes qui sont en
nombre prodigieux, &: l'on
me dit que l'on l'avoit vû sept ans
à laporte decette Eglise, avec
une feule jambe. Je l'y vis avec
deux. Le Doyen avec tous les
Chanoines m'assùrerent que toute
la Ville l'avoit vû, comme eux.,
&que (î je voulois encor attendre
deux jours, je parlerois à plus
de 1000 hommes de dehors qui
l'avaient vucomme ceux de la
Ville. Il avoit recouvert sa jambe
à ce qu'il disoit,en se frottant
de l'huile de ces Lampes. On
célébre tous les ans la fête de ce
Miracle,avec un concours incroïa.
ble, & il est vray encore qu'à une
journée de Sarragoce, je trouvai
les grands chemins couverts de
gens, de toutes fortes de qua lirez
qui y accouroient.J'entrai de l'Arragon
dans le Roïaume de Valence
, qui se peut dire non p~s
feulement le païs le plus siin9
maisencorleplus beau Jardin du
monde. Les Grexades, les Orangers
, les Citroniers y sont les palissades
des grands chemins. Les
plus belles & les plusclaires Eaux
dumonde leurservent de canaux. ToutelaCampagne qui est émaillée
d'un million de fleursdifferentesquiflatem
la vuey exhale
un million d'odeurs différentes qui
charment l'odorat. J'arrivai ainsi.
à Vinaros où D. FernandCarillo
Général des Galeres de Naples,
me joignit le lendemain, avec la
Patronne de cette Escouade
,
belle
&excellenté Galere,&renforcéede
la meilleure partie dela
Chiourme, & de la Soldatesque
de la Capitane, que l'on avoit
presque désarméepour cet effets
Don Fernand merenditune let-
-
tre de D. Juand'Autriche,aussi
belle & galante que j'en aye jamais
vû:Il me donnoit le choix de
cette Galere ou d'uneFregate de
Dunkerque qui etoita la même
plage,&qui étoit montée de 56
pièces de canon.Celle-ciétoit plus
flue pour passer dans une faison
aussiavancée,car nous étions dans
le mois d'Octobre. Je choisis la
Galere, & vous verrez que je n'en
fis pas mieux.D.ChristovaldeCardonne,
Chevalier de S. Jacques,
Diij
arriva à Vinaros un quart d'heure
après D.Fernand CarHIa, &il
me dir que Monsieur le Duc de
Montalte Viceroy de Valence l'avoir
envoyé pour m'offrirrout ce
qui dépendoit de lui:Qu'il sçavoit
que j'avois refusé ce que le Roy
Catholiquem'avoit offertàSaint
Sebastien ; qu'il n'osoitparcette
raison
, me presser de recevoir ce
qu'un Officier des Galeres avoit
ordre de m'aporter : mais que
comme il sçavoit que la precipitation
de mon voyage ne m'avoit
pas permis de me charger de beaucoup
d'argent; que j'étois fort liberal
,
& que je ne serois pas faché
de faire quelque regale à la
Chiourme, il esperoit: que jene
refuserois pas quelques petits rafraichissemens
pour elle. Ces rafraichissemens
consistoient en six
grandes pièces pleines de toute
forte de confitures, de plusieurs
douzaines de pairs de gans d'Espagne
exquis & d'une bourse de
senteur» dans laquelle il y avoit
2000 pièces d'orfabriquées de
Floride, quirevenoient à zooo»
200, ou 300 Piltoles. Je reçu
le present sans en faire aucune
difficulté, en lui répondant que
comme je ne me trouvois pas en
état de servir sa Majesté Catholique
je croyois que je manquerois à mon devoir en toutes manieres,
sije renvois les grandes sommes
qu'elle avoit eûê la bonté de me
faire apporter à S. Sebastien &
offrir à Vinaros -, mais que je croirois
aussi manquer au refpeéèquc:
je devois à un aullï grand Monarque
,
si je n'acceptois le second
dont il m'honoroit. le le reçu
donc, mais je donnai, avant de
m'embarquerlesconnturesauCapitaine
de la Galere, les gands à
D. Fernand, & l'or à D. Pedro,
pour Mr le Baron de Vateville;
en lui écrivant que comme il m'avoit
ditplusieurs fois qu'il étoitassezembarasséacause
de l'extreme
dépense qui étoit necc(T.i:e pour
achever l'AdmiraidesIndes d'Occidentqu'il
faisoit construire à S.
Sebastien
, je lui envoyois un pettietceg,
rca'icnfptaouirrusoiulager son mal de
qu'il appelloit le
chagrin que la fabrique de ce Vais-
(eau lui donnoir. Ma manière d'agir
en ce rencontrefut un peuoutrée.
l'eûraison de donner le rafraichissement
de Victuailles au
Capitaine;il étoit indiffèrent de
retenir les gands d'Espagneou de
les donner à D. Fernand.. il eùt
été de labonne conduite de retenir
les2000, &tant de PiMet.
Les Espagnols neme l'ont jamais
pardonné :Ils ont toujours attribué
à mon aversion, ce qui n'étoit
en moi ,
dans la vérité» qu'-
une suite de lap osession que j'a-
- vois toujours faire de neprendrede
l'argent de personne. le m'embarquai
a la seconde gardede la nuit
avec un gros tems, mais qui ne
nous incommodoit pas beaucoup,
parce que nous avions le vent en ,
poupe. Nous faisions trois mille
par heure&nous arrivâmesle lendemain
à Matorque Comme il
y avoit de la peste en Atragon,
tout ce qui venoit dela Côte
d'Espagne étoit fu%eéfc à Maïorque
:Il y eut beaucoup d'allée &
de venuepour nous faire donner
pratique,àlaquelle le Magistrat
delaVille s'oposoitavec vigueur.
Le Viceroi qui n'est pas à beaucoup
préssi absolu dans cette Isle,
que dans lesautres Royaumes d'-
Espagne-, &,qui avoit eu ordre
du Roy son Maître,de me faire
toutes les honnesterez possibles,fit
tant par ses instances, que l'on
me permit à moi & aux miens,
d'entrer dans la Ville, à condition
den'ypoint coucher.Celavous
paraît sans doute assez extravagant
,parce que l'on porte le mauvaisairdans
une Ville, quoiqu'on
n'y couche pas.Je le dis l'aprésdîné
à un Cavalier Majorquin
,
qui me
répondit ces propres paroles, que
je remarquai, parce qu'elles peuvent
s'appliquer a mille rencontres
que l'on fait dans la vie.
NONS ne craignonspas que vous nous *
apportiez, du mauvais air, parceque
nousIfavons bien que vous n'-
euespaspasse àHuesca
,
mais comme
vous vous en esses aproche, nous
sommes bienaise de faire en votre
personne un exemplequi ne vousincommode
point&qui nous accomode
pour les suites. Cela en Espagnol,
est plus substantiel,demême plus
galant qu'en François. LeViceroy
qui est un Commandeur Arragonois,
donc j'ai oublié le nom, me
vint prendre avec 100ou200 carosses
pleins de Noblesse
,
& la
mieux faite qui soit en Espagne. Ilme mena à la Mené à la Cathédrale
,
où je vis 30 ou 40 femmes
de Qualité, plus belles l'une que
,
l'autre,&ce quiest de merveilleux
,
c'est qu'il n'yen a point de
laides dans toute l'Isle; au moins,
elles y sont très-rares: Ce sont
pour le moins, des beautés trésdélicates
, & des teints de Lis & - de Roses.Lesfemmes du baspeufpolentque
l'on voit dans les rues,
de cette espéce. Elles ont
commeune Coëssure particulière,
qui est fort jolie. Le Viceroy me
donna un dînermagnifique
,
dans
une superbe Tente de Brocard
d'or, qu'il avoir fait élever sur le
bord de laMer. Il me mena aprés , entendre une Munque dans un
Couvent de Filles, qui ne cédoient
pasen beauté aux Dames
de la Ville:Elles chanterent à la
Grille, à l'honneur de leur Saint,
des Airs & des paroles plus galantes
&plus passionnées
, que ne
sont les Chansons de Lambrt.
Nous allâmes nous promener sur
le soir, auxenvironsdelaVille,
qui font les plus beaux du monde.
&tous pareils aux Campagnes du
Royaume de Valence. Nous re- vinfmes chez le Viceroy
,
la Vicereine
qui étoit plus laide qu'un
Demon & qui étoit assise fous
un grand Dais, toute brillante
de Pierreries, donnoit un mer- veilleux lustre à 60 Dames qui
croient auprés d'elle,&quiavoichrété
choisies entre les plus belles
de la Ville. On me ramena avec
cinquante flambeaux de cire blanche
,dans la Galere, au bruit de
toute l'Artillerie des Battions, &:
d'une infinité de Haut-Bois de
Trompettes. J'employai à ce divertissement,
les trois jours que
le mauvais tems m'obligea de
passer à Majorque. J'en partis le 4.j
avec un vent frais,& en Poupe.
Je fis cinquante lieuës en douze
heures
,
& j'entrai fort hûreusement
avant la nuit au Port Afahati,
qui est le plus beau de la Méditerranée.
Son embouchure est fort
étroite , &je ne crois pas que deux
Galeres à la fois y Plliffent passer
en voguant. Il s'élargit tour d'un
coup , & fait un Bassin oblong, qui
a une grande demie-lieuë de large,
CT une bonne lieuë de long. Ulle
grande Montagne qui l'environne
de tout coté,fait un Théatre, qui
par la multitude & la hauteur des
arbres dont elle est couverte ,
&
par les ruisseaux qu'elle jette avec
une abondance prodigieuse
, ouvre
mille & milleScénes,qui sontsans
exagération ,
plus surprénantes,
que celles de l'Opéra. Cette même
Montagne, ces mêmes Rochers
couvrent le Port detous lesvents;
& tbwsles plus grandes tempêtes
il est aussicalme, qu'un Bassin de
Fontaine, & aussi uni qu'une glace.
Il est partout d'une égale prosondeur
, & les Galions desIndesy
¡
donnent fond à 4 pas de terre.
Pour comble de toute perfection
1 ce Port est dans l'lui L'Iste deMinorque , donneencoreplusdechair&tontesfortes
deVictuaillesnécessaires a
la Navigation, que celle de Majorque
neproduit deGrenades,d'Oranges&
deLimons. Le tems grossit extrémement,
après que nous sûmes
entrez dans le Port, au point
que nous fumes obligezd'y derCmaeruirlelro,
quatre jours.D. Fernand qui étoit Homme de
1 Qualité ,âgé seulement de 24
ans, forthonnête &: civil, cherchael
me donner tout le divertissement
que l'on pouvoit trouver
en ce beau Lieu. La Chasse y étoit
la plus belle du monde
, en toute
forte de Gibier, & la Pesche en
Poissons. En voici une maniéré
particulière, ce mesemble,ace Port.
Ilprit centTurcs de la Chiourme,
illes mit de rang,illeur fit tenir
à tous un cable d'une prodigieuse
grosseur,ilsitplonger 4 de ses EscLtves
, qui attachèrent ce cable à
une fortgrosse pierre; ilsla tirerentaprès
,
à force de bras, avec
leurs Compagnons, au bord de
l'eam; ils n'y réfffirent qu'après des
efforts incroyables: Ils n'eurent
gueres moins de peine à casser cette
pierre à coups de marteau. Ils trouvirent
dedans,septou huitécailles,
moindres que les Huitres en grandeur
,
mais d'un goût,sans comparaisonplus
relevé. On lesfait cuire
dans leur eau, c-; le manger en
est délicieux. Le rems s'érant adouci
, nous sîmes voile pour passer
le Golfe
, qui commence en -
cer
cet endroit. Il a cent lieuës de
long& quarante de large, & il est
extrêmement dangereux, tant à
cause des Montagnes de fable,
que l'on prétend qu'il élève & qu'il
roule quelquefois, que parce qu'il
n'y a point de Port sous vent. La
Côte de Barbarie qui le borne d'un
cote, n'est pas abordable;celle de
Languedoc qui lejoint de l'autre
est trés-mauvaise , : Enfin le trajet
n'en estpointagréable pour les Galeres
,pour peu que la saisonfoit avancée
,
& elle l'etoit beaucoup
parce que nous étionsfortproche de
laToussaient où ilfait ordinairement
à la Mer de grands coups de
vent. D. Fernand de Carillo
, qui
étoit un des Hommes d'Espagne
des plus avanturier m'avoüat
qu'une médiocre Fregate eut été
meilleure en ce rencontre que la
plus forte Galere. Il se trouva
par l'événement
, que la
moindre Felouqueeût été aussi
bonne que la meilleureFrégate.
Nous passames le Golfe en ja
heures, par le plus beau tems
du monde, avec unventqui ne
laissoit pas de nous servir "- ne
nous obligeoit presque pasà met- tre sur le Bourcet de la chambre -
de poupe ,
les lanternes de verre
dont on les couvre Nous entrâmesainsi
dans le Canal qui est
entre laCorfe U- la S.rdaig.e.D.
Fernand Carillo qui vit quelque
nuagequi lui faisoit appréhender
changement de tems,me proposa
de donner fond à Porto Co~/,
qui est un Port des-habité dans la
Sardaigne, ce que j'agreai. Son
apprehension s'étantévanoüie
avec les nuages, il changad'avis
pour ne pas perdre le beau
tems. Ce fut un grand bonheur
pourmoi, car M. de Gutfe qui
alloit a Naples avec l'armée Navale
de France, étoit mouillé à Porto Condé avec six Galeres.
D. Fernand Carillo qui le[ÇÛl
deux jours après, me dit qu'ilse
fut moqué de ces six Galeres;
parce que la fieruie quiavoir 450
hommes de Chiourme, se sut aisement
tirée d'affaire mais, c'eût
toûjours été une affaire,dont un
homme qui se sauve de Prison,
se passe encore plus facillement
qu'un autre La Forteresse de S.
Boniface qui est en Corse & aux
Génois, tira 40 coups de Canon
en nous voyant, &comme nous
en passion trop loin, pour en
être salué
, nous jugeâmes
qu'elle nous saisoit quelque signal,
& il étoit vrai; car, elle
nous avertissoit qu'il yavoir des
ennemis à Porto Condé. Nous
ne leprîmes pas ainsi,&nous crûmes
qu'elle nous vouloir faire
connoistre, qu'une petite Frégate
que nous voyoions devant nous au
forcir du Canal, étoit Turquoise,
comme elle en avoit le gabarit.
D. Fernand prit fantaisie de l'attaquer
, & il me dit qu'il me donneroit,
si je le lui permettois,le
1- plaisir d'un Combat qui ne dureroit
qu'un quart d'heure, il commanda
que l'on donna chasse àla
Fregatequi paroissoit effective
meni faire force de vent pour s'enfuir.
Le Pilote qui n'avoit d'attention
qu'àcette Frégate,ne remarqua
pas un Banc de sable, quine
paroissoit pas à la vérité au
dessus del'eau, mais qui est si
connuqu'il estmême marqué dans
les cartes. La Galere toucha:
Comme il n'y a rien de si dangereux
à lamer,tout le mondes'écria
misericorde. Toute la Chiourmese
leva pouressayer de la déferrer
& de se jetter à la nage. D.
Fernand Carilloquijoüoit au Piquet
avec Jolydansla Chambre
de Poupe, me jetta la premiere
épée qu'il trouva devant lui, en
me criant que je la tirasse, & il
rira la sienne pour aller sur le
Coursier charger à coups deftramaçons,
tout ce qu'il trouvoit
devant lui. Tous les Officiers &
la Soldatesquefirent la même
chose, parce qu'ils apréhendoient
que la Chiourme, où il y avoit
beaucoup de Turcs, ne relevassent
la Galere,c'est-à dire,ne s'en
rendissent les Maîtres, comme il
est arrivé quelquefois en de ferablables
occasions. Qand tout le
monde se fut remis à sa place,ilme
dit,de l'air du monde le plus froid
&le plus assuré.rt/ ordre de S.Mde
vous mettre en sûreté, ilyfaut
pourvoir. Je verrai après cela,si la
Galere est blessee. En proferant cette
derniere parole,il me fit prendre
à force de corps par quatre Esclaves
, & il me fit porter dans la
Felouque. Il y mit avec moi trente
MousquetairesEspagnols
,
ausquels
il commanda de me menersur
un petit écüeilquiparoissoit à 50
pas delà, & où il n'y avoit place
que peur quatre ou cinq personnes.
Les Mousquetaires étoient dans
l'eau jusqu'à la ceinture ,
& ils me
firent pitié; quand je vis, que la
Galere n'étoit pas blessée, je lesy
voulurenvoyer;mais ils me dirent
que si les Corsaires qui etoientsur
le rivage,me voyoientsans uneabonne
escorte , ilsnemanqueroientpas
de me venir piller & égorger, ces
Barbares s'imaginans <^ue tout ce
qui fait naufrage est a eux. La
Galere ne se trouva pas blessée,
ce qui fut une maniere de prodige.
On ne laissa pas d'êtreplus
de deux heures à la relever. La
Felouque me vint reprendre , &
je remontai sur la Galere. Comme
nous sortions du Canal, nous apperçûmes
encore la Frégate, qui
voyant que la Galere ne la fuivoit
plus, avoit pris sa route. Nous
lui
donnâmeslachasse
; elle la
prit, & nous la joignîmes en moins
de deux heures. Nous trouvâmes
en effet qu'elle étoit Tur..
quoise, mais entre les mains des
Genois, qui l'avoient prise sur le
Turc, & qui l'avoient armée. Je
fus,pour vous dire vrai, trés aise
que l'avanture se fut terminée
ainsi :Cette guerre ne me plaisoit
pas;ellen'étoit pas grande
, mais
une égratignure qui m'eut pu arriver
,
l'eut renduë ridicule. D.
FernandCarillo, quiétojtunjeune
hommetort brave, me la proposa
, & je n'û pas la force de
l'en refuser, quoiqze je visse bien
que c'étoit une imprudence. Le
rems se chargeantun|peu, on crut
qu'il étoit à propos d'entrer dans
Porto Yècchio. Ccft un Port deshabité.
Un Trompette du Gouverneur
Genois, d'un Fort qui en
est assés proche,vint nous avertir
de la part de son Capitaine,
que MrdeGuise étoit avecfix Galeres
de France à Porto Condé,
qu'aparemment il nous avoit vû.
* passer, & qu'il pourroit venir nous
surprendre. La même nuit, sur le
foir
, nous résolûmes de nous
remettre à la Mer, quoique le
tems commençât à être fort gros,
& qu'il y ût même quelque péril
de sortir la nuit de PortoVecchio;
parce qu'il a à sabouche un écueil
de Rochers,qui jette un Courant
assés facheux. La bourasque augmenta
avec la Lune, & nous
ûmes une des plus grandes tempêtes
qui se soit peut-être jamais
vue à la Mer. Le Pilote Royal
des Galeres de Naples qui étoit
sur la nôtre, & qui naviguoit
depuis cinquante ans, disoit qu'il
n'avoit jamais rien vû de pareil. ,-
Tout le monde étoit en prieres gj- .¡:-
tout le monde se confessoit : Il«H
n'y ût que D. Fernand Carillo,qui
communion tous lesjours
,
quand tlî
étoit à Terre, cff qui étoit d'une
Tiété Angélique : lln) ût quei lui,dis-je, qui ne se jetta pAS aux
pieds des Prestres avec empresse- -
ment. Il laissoit faire les autres, x
mais, il ne fit rien en son particculier,
C'r il me dit à l'oreille:
Je crains bien que toutes ces Confessions
, que laseule peur produit,
ne vatllent rien. Il demeura toujourstranquile,
donnant les ordres
avec une froideur admirable, &
en donnant du courage, mais doucement
, à de vieux Soldats de
terre de Naples, qui faisoient
paroîtreunpeu d'étonnement. Je
me souviens toujours qu'il les appella
Senres soldados de Carlo
Qmnto. Le Capitaine particulier
-
de la Galere,qui s'appeloit Villanova
,
se fit apporter au plus
fort du danger, ses manches en
broderie & son écharpe rouge,
en disant, qu'un véritable Espa,.
gnol devoit mourir avec la marque
de son Roy. Il se mit dants
un grand Fauteüil
, & il donna un
grand coup de pied dans la machoire
d'un pauvre Napolitain,
qui ne pouvant tenir sur le Coursier
, marchoit à quatre pattes,
en criant. Senr D. Fernando por
l'amor de Dios Confeçion
, & le
Capitaine en le frapant
,
lui dit
Osenemigo de Dios pi deConfeçion:
& comme je lui repréfentois que
la preuve n'étoit pas bonne, il me répondit, que ce Vieillard scandalisoit
toute la Galere. Vous ne
pouvez vous imaginer l'horreur
d'une grande tempête ; vous vous
en pouvez aussi imaginer le ridicule.
Un Observantin Sicilien
prêchoit au pied de l'Arbre;que
Saint François lui étoit appttnt,
&l'avoit assuréque nous -ne ftri
rillns pas. ce ne feroit jamais fait
si j'entrepreneis de vous décrir
-
les frayeurs & les impertinences
que l'on voir en ces rencontres:
Le grand péril ne
-
dura que fepli
hctires; nous nous mîmesensuit
unpeu à couvert fous la Pi{lJJJ¿lIfl;=
le tems s'adoucit, & nous gagnâmesPortolongone.
Nous y passâmes
la Toussaint & la Fête des
Morts, parce que le vent nous
étoit contraire pour sortir du Port.
Le Gouverneur Espagnol m'y fit
toutes les honnêtetésimaginables;
&comme il vit que le mauvais
tems continuoit, il me con- seilla d'aller voir Portoferrare,
qui est dans l'Isled'Elbe,
aussi bien que Porto Longone.Il n'y
a que 5 mille de l'un à l'autre par
terre, & j'y allai à chevaL Je
vous ai tantôtdit, qu'il n'y a rien
de si agréable dans le Théatre de
l'Opera, que la Scene du Port
Mahon, & je puis présentement
vous direavec autant de vérité,
qu'il n'y a rien de si pompeux
dans les représentations les plus
magnifiques que vous en avet.
"es.que tout ce qui paroît de cette
Place. Il faudroit etie Homme
de Guerre pour vous la décrire,
Je mecontenterai de vous dire,
que sa forcepasse sa magnificence:
Elle est l'unique imprenable qui
soit au monde;& le Maréchal de
la Meilleraye en convenoit. il
[
l'alla visiter, aprés qu'il ût prit
PortoLongone, dans le tems de
: la Régence; & comme il avoit
beaucoup de zéle pourle Service
de son Maître,il dit au Commandeur
Griffory qui doit y comman- pour le grand Duc, que la
Fortification étoit bonne, mais que
si le Roy son Maître lui commandoit
de l'attaquer, il lui en ren- droit bon compte dans six Semaines.
Le Commandeur Griffory
lui répondit, qu'il prenoit un trop long tems, & que le Grand Duc
étoit si fort Serviteur du Roy,
qu'il ne faudroit qu'un moment.
Le Maréchal th honte de sonemportement,
ou plutôt de son iiv
civilité,& il la répara en disant
vous êtes un galant Homme Mr
le Commandeur, &jesuis unsot,
je confesse que vôtre Place
est imprénable Le Maréchal
me fit ce conte à Nantes, &
le Commandeur me le confirma
à Porto Ferrare où il commandoit
encore, quand j'y
passai. Le vent nous ayant permis
de sortir de Porto Longone,
nous prîmes terre à Fiombino
,
qui est sur la Côte de Toscane.
Jequittai dans ce lieu, la Galere,
aprésavoir donné aux Officiers,
aux Soldats & à la Chiourme,
tout ce qui me restoit d'argent,
sans excepter la Chaîned'or que
le Roy d'Espagne avoit donnée à
Boijgtterin. Je la lui achetai, &
la revendis au Facteur du Prince
Ludovisio,qui est prince de Piombin.
Je ne réservai que neufPistoles,
que je crû suffisantes pour me
mener jusqu'à Florence. Je fuis
obligé
obligé de dire que jamais gens
ne méritérent mieux des gratifications
, que ceuxqui étoient
c - sur cette Galere. Leur discretion à mon égard,n'a peut-être jamais
eu de - pareille. Ils étoient plus
de 600 hommes, dont il n'yen
avoit - pas un qui ne me connut. Il n'yen ût jamais un seul
, qui
en donnat aucune démonstration.
Leur reconnoissance fut égale à
leur discretion. Celle que je leur
avois témoignée de leur honnêteté,
lestouchatellement,qu'ils pleurerent
tous, quand je les quittai,
pour prendre terre à Piombin. Ce
fut proprement en ce lieu, où je
recouvrai ma liberté, laquelle
jusques là, avoit été hazardée
par beaucoup d'avantures.
Ce Morceau,par lequelfinissent
les Mémoires du Cardinalde Retz,
estsi beau, que j'ai cru vous faire
plaisir de le transcrire toutau long.
Jesuis avec toute l'estimepossible
Monsieur, &c. ,
-
si MELLE de+
PAR MR A*iC
M par l'Amour adoptée,
Digne du Coeur d'un dc;î;;-
Dieu,
Etpour dire encor plus,digned'être
chantce
Ou par Ferrand,oupar Chaulieu.
Minerve & l'Enfant de Cythere
Vous ornent à envi,d'uncharme
jcduéfcur:
Je vois brillerenvous l'esprit devôtre
mere Et la ,beauté de vôtre Soeur ;
C'cfl beaucoup pour une morltlle.
Je n'en dira.' pas plus,songezbien
Jealerte;-1
A vivre, s'il, se peut,heureuseautant
qn; belle
, l.>ibre des préjugez, que la r.::fbn
dînent.
Aux plaisirs où le 1flon:l.6 en foutu
Avobusoanpdpoelnlen, ez
Voj4j frtUtmtZr;;
ToltJ;rq des Amans, vous aiJJt'm",.
ee.:r(a'U-,5('"a1n.sI'tdYoï.u1.t1efO: lltmfei!1.[commune
DaLboei,autez,delaCou»fn>Jre
mableroute, VoMer,reprendrevotreFot.t,
Pourmoi levous loüerai, cesera
yiîG''ïemploi-
Je Ifai qtJ:c' Et est fowuent un partage quelaFontaine&Virgile
Jtscuetlloiem rarement le fruit de
leurs Chansons.
D'un inutileDieu malhûreuxNourrissons,
Nous
semonspourautrui,j'ose bien
nous le dire,
MonCoeurdelaDuclos,fut qlselque
temscharmé,
L'amouren sa faveuravoitformé
ma Lire,
ÏCchantoislaDuclos,D*.••erJf<rit
ICimé. Vij
C'étoit bienlapeined'écrire?
Je vous loüerai pourtant, ilmesera
trop doux
De vous chanter, C. même sans
vousplaire,
MesChansonsferont monsalaire
: N'est- ce rien de parler de
VOUS.
LE BANQUET.
Le Dieu Comus Banqueteur de
bonbnJit,
N'a pas long - tems sous champêtre
reduit,
Avoit enclos quelques Enfans d'élite.
J'étoisdunombre: & Cuideparma
soi,
JQu'en ce jour, nul ne l'emporta sur
moi.
Jetl'avioüetraie, mon;ardeurn'efl pe- Quand de Comus j'obéis à la Loi.
Grand soinavions de vuiderles
bouteilles,
SackBuacktiss aappr2è-essddee ilee,s, remplirsoudain.
Ênoutre avions des Beautez sans
pareilles,
l>r?.*?emême au sortir de son bain»
Paroit moinsfraîche C7, moins brillante
qu'elles.
Po;r.cne <iufj: voulant être au Festin , Pour nous, avoit defouillefonJ*r~
din.
R;eil ne manquoit. Adorablessemelles
Selon ratfonfaciles & cruellcs;
Dejfcrtparfait,chere lie & bon vin,
Un dehorsl'huis garottant le chagrin
,
Comme un forçat, l'avions mis à la
chs.ins -£tc\jV'rais:on. Les pleurs, lescris,
la peine Sont le Seul, lot de ce maudit Lutin.
Oï,nÔtre but dans ce lieu d'allegresÀ,
Attoitd'avoir nôtre esprit en détresse,
CommepenfeT^.Aussi pointn'yfut-il.
Pour le prouver à gens de VÔtre esffee
,
Pas n'est besoin d'argument trop
subtil.
La Liberté mere de Facetie,
Mec étoit en habits negligez;
Et folâtraient de toutsoin dégagez,
Les Ris,lesJeux,enfans de Letitie.
Ce n'estle tout. Car, pendant les
transports,
Dont nous saisit le Patron de la
Treille,
Nous avons vû sur maints grands
rouges bords,
Floter bons motsfortis de la bouteille.
C'estchose seure, & foit miracle,
ou non,
Les avons vûs.Nesuis afftZJfilon.
Pour mensonger. Et puis tout eji
possible
,
Bienle ffau,,z,, au Dieu quifut
fenjtble
Et , tant aima la fille de Minos:
Donc,pourfinirl'Histoire en peu de
motsy
Une Sirene à voix inimitable
Chanta , des mieux, sans se faire
prier,
Ce qui rentlit nôtreplaisir entier.
Enfin,après longues heures de table,
Fallut quitterce manoir delectable,
jv,n, sans ensemble engemir plus
d'un j*ur•'
Carce bon tems nous parut si trop
court,
Que crûmes tous que c'étoit un mensonge
,
Et même encor le prenons pour un
fonze.
- ----- --
EPITRE DEM.THIRIOT,
A M. D.
J E vous écris, mon cher , pour
vous remercier de nous avoir
donnéCouvent de vos nouvelles,
& pour vous demander pardon de
ne vous avoir pas écrit.
Sansvous ennuyer parl'histoire,
Sichacuns'est biendiverti,
Depuisque vousêtes parti,
Pi/ur AltèrAHX Rives de Loire:
Sçachez de nous en racourci,
,9j4e 110USnoUSoccuporJjiL)
A dresser unExecutoire ,
Une Requête, un Compulsoire;
Ou bien d'un Procès obscurci,
Par quelqueNullité notoire,
Dontnousnouschargeonsla mémoire,
Débroüiller le Car, & le Si>
N'ayant à faireentoutcecy
Qu'àChicaneurs, gens d'écritoire
J$m nous
payentd'ungrand merci.
Or, vous devez, aisément croire,
£u'en travaillant à tel grimoire,
Nous avons peu de tems ;
qu'ainsi,
l'ennui nous accableroit, si
Quelque fois des gens sans fouet,
Ne dissipoientnôtre humeurnoire ,
Parleur entretien, comme aussi
Aforce de rire&de boire.
Plus heureux de vôtre CÔt,é,
LoindutumultedelaVille , Etplusjugement enchanté,
Coûtezbienl'étudefacile,
.!f!!!,e vousprocurevôtreazile
Cherchantplutôtpargoûtquepar
necessité
LeVrai,l'Agréab, le,&l'Utile,
JvfSon puisedansleseinfertile
Des Auteurs de VAntiquité,
Dontj'ai peu ou prou profité.
Peu,tréssûrement pour le stile;
Mais d'où pourtant j'ai raporté
Certain esprit de liberté,
Exempt dupréjugéservile,
ADvoenct le Vulgaire eji infecté,
une vertu docile,
A soûtenirl'adversité,
Dans un malheureux domicile,
Oùjesuis en societé
- D'Ignorans, dont leplus habile
Entend l'OrdonnanceCivile,
1 .!2.!!,'il a plussouventcommenté,
I JH^ue Terence, Horace ou Virgile.
f,
Je fuporterois plus tranquilement
l'ennui que me causent ces Mef- I(leurs, si la perte de mes amis
n'achevott de m'accabler tout à
fait. G. part pour Rome,nous
sommes fort aises de ce voyage,
par raport à lui, & très fachez par
la perte que nous faisons. Avec les
talens qu'il a, jugez combien il en
reviendra joli homme.
D'unNaturel ingenieux,
jivecsuccès il concilie,
Sans être fort laborieux
, La Peinture & la Poësie:
Mais ce qui vaut encore mieux,
Il est de bonne compagnie.
Quant aulong cr honteuxsilence
JH^ue me reprochez justement ;
Ce n'est point par indiference
,
Si je l'ai gardélonguement,
Mais bienplûtôtparnonchalance
,
«ZU-11 commeun Auteur d'importance
, Ji-f'al\ir.donnetrès rarement :
Orc.oc,eprtsteile.1jjurance,
N'ayez point de ressentiment,
Ecrivez-nous plusfrequement,
Ousinon,que vôtrepresence
Nou: tire de l'abbattement,
G)uenous a causé vôtre abfer.ee, »
L'AMOURCAPTIF,
AS.A.S MADAME
LAPRINCESSEDECONTY.
PAR Mr LE GRAND.
L Enfantail,ce redoutable Sire,
Comme sç ;vcz., , par son Arc
glorieux
Tant rge¡JOilieJrwu:', xqui,des bords Sti-
Lesombre Roisoûmit àson Empire:
Ce Dieu,PRINCESSE,Artisan
d:vis yeux, Bride pour vous, sans oser vous le
dire;
Dtrezj ,comment, les nouvelles des
Dieux
Je puis fçavoir> Sufît, en ces bas
liCHX
Jhweur Jait tout desfilles de Alftiiorre:
Etd\i-:trepart,point ne tiens mon
hilloi/e.
VAmourna^urres ensonchar
ez.,4r
Vint uy bas par l'ordre desa mere
VOHÙmtfçavolrsifan Sceptre doré.
Sur Terre encor trouvoit culte sincere:
Registreprit lefier Dieude Cythere.
Pour tenir compte, ayant bien denombré,
De chaquetemple à Venus confllcrl.
Puis,devoit mettre aujft sur le Libelle,
Combien decoeurs adoroient l'lm.
mortelle:
Ainsi s'enva deson carquois paré,
FairerevuëAmournouveauBaréme
Par maint Paiscouroit comme un
Bohéirs.
Il fut ïtirpr,;,Peie vous dirai combien
Pasn'ytrouvaTempleCytherien
Tous les Servans de sa beautésu
pr:r,jc,
Etoient,Princesse
, en vôtre doux
Ilci ;
Su. pris , que dis-je?Amours'e
dnutoit bien:
Japrcrcyoït,quand ilvous eût for
mée,
£ujhr.niTjouilr,éstia mereen [croît de
T'iUjCHÏ
Toujours l'Enfant lui fait tour de
matois;
Quefip r elleilût l'amealarmee,
Fut consoléd'aprendre vosExploits:
Tout lui contoit la Déesse aux cent
voix , Mais aux propos Amour qui ne
s'arrête
,
De vos beauxjeux couroitsefaire
fête :
Ce Dieu vous vit, Princesse, Vautre
jour,
Plus belle encor que Venus ensa
Cour
» llvoi:s armay cen'est cas qui m'étonne
, A tous lescoeursvotre beauté tordor:
ne ;
De ses beaux traits , lui qui fçût
vous armer,
Put-il tarder* s'en laissercharmer:
jUais a;tre point causeicy majiir-
Pï',re,
Vert;: cjn formeentoutvotre Devise
, Au moins devolt alarmerses désirs:
Amourn'aimasinon pour les plaisirs,
Voire à Psiché lorsqu'il rendit Il
armes
Lefin matois contoitsursesfaveursm
pour VMts ,
Princesse
, ayant d'au
tres ardeurs
,Sa belle Nymphe il immole à vo
charmes:
Plus glorieux d'adorervosrigueursM
JOURNAL HISTORIQUE
de Paris.
Le 28. May,M ADAME vint
prendre congédu Royale lendemain
elle partit pour S. Cloud
où , cette Princesse se propole de
faire un séjour de 4 mois.
Le même jour, M. le Comte
de Stairs Ambassadeur d'Angleserre
arriva ici.
Le 29, Mrle Prince de Cellatnàré
Amba-ilàdeur du Roy d'E(-
pagne, présenta a S. M. T. C.
mnëBoëte ,
dans laquelle on a
F°;tvé les Portraits de toutela Famille
Royale d'Espagne: Savoir,
ceux de PHILIPPES V. de
de la Reine régnante ,
du Princé
des Asturies
,
du Prince Philippes,
du Prince Ferdinand & de Don
Carlos Infants, tirésparOUATE.
Le 30. la Cour fut informée^
que la nuit du 20 May-, le feu
ayantplisàde Mr le Marquis
d'Avarey, Ambassadeur de
rrance à Soleure en Suiffe ; le Palais
sur embrasé en moins de trois
heures. La perteest d'anrant plus
considérable, qu'outre les Bâtimens
brulés; la Vaisselle d'argent,
lesMeubles, Effets& Papiersde
Mr l'Ambassadeur & de Mr de
la Martiniere y ont péris entièrement.
A peineont-ils puA se sauver
eux-mêmes en chemise, avecMde
rAmbauadrice. Cet Accident
ellarrivé par la faute d'un Confiturier,
qui ayant laissé dans son
Office, une Poêle pleine de char-*
bons ardents , sur laquelle il y
avoit des Confitures , la flamme
se communiqua aux Tapisseries,
- -- & causa ce funeste embrasement
Le 2.. Juin la Charge de Gentilà-
Homme ordinaire de feu Mr
Bourdelin,a été accordée à Mr
de Cazau Ecuyer de feu M8r le
Dauphin.
Mrd£.MonteflTon, ancien Lieu
tenant General des Armées di
Roy, &Lieutenant des Garde
du Corps, a û l'agrément de
Mgr le Duc Régent, de se de
mettre de sa Lieurenance, en sa
veur de M.son fils Colonel de Ca
valeriej toutefois en dédomagear
M1du Clos, qui commele ph:
ancien des Exempts, devoit mor
ter. Ivir de Cerizy premier Er
feigne, pasle à la Lieutenance,
le Eaton d'Exempt a étédonné a
fils de Mr le Comte de Sommer
premier Maître d'Hôtel de Mi
DAME Duchesse de Berry.
Le 3. jour del'Octave de
Fête de Dieu, la Procession
Saint Sulpice alla au Palais
Luxembourg, dont les dehc
& le dedans de la cour étoiet
ornez des plus belles & des plus
riches tapisseries du Roy. MADAME
,Duchesse de Berry ayant
été avertie que la Procession paroissoit
dans la ruë de Tournon
alla au devant du SAINT
SACREMENT,à la Porte du
Palais;ayant à ses côtés Mr l'Archevêque
de Tours ,Mr l'Abbé
deRouget, Mrl'Abbé de Partenay
,
Mr l'Abbé Danglade &
Mr l'Abbé du Tremblé sesAumôniers
, tous en Rocher. Elle
étoit suvie de tous ses Officiers
ëz Dames du Palais, chacun un
Cierge à la main: Sitôt que. la
Procession parut, on entendit les
Fanfares des Trompettes Timbales
, & Haut-bois qui croient sur
leBalcon, CettePrincesse. vit passer
toutes les Confréries, avec les
Valets de Pieds, dont il y en avoit
cinquante des siens,outre plusieurs
de ses Pages, chacun unCierge
[j à la main; enfoi* le Cle~e eompofédeprésJe 300 Ecolec-,,
41;ciiies en Chapes
1, ou enChasubes.
Le SAINT SACRE"
MENTétoit porté par Mrle Curé:
fous un des plus riches Dais, qu'
on ait encore vû dans Paris. Aprés
qu'on eut chanté les Antiennes:
qui étoient reponduës par les Fanfares
des Timbales & Trompettes
, on donna la Bénédiction, &
la Processionsortit dans le même
ordre qu'elleétoitentrée, à 1;
différence feulement, qu'il y avoi
zoo Soldats du Guet qui mar
choient, pour faire ranger le Peu
pie,& pour le retenir. Devant
SAINT SACREMENT mar
choient les Suiffes de cette Prir
cesse
,
Tambour battant & le Fisr
jouant. Entre le Dais & Madam
Duchesse de Berry, étoiet
ses Aumôniers en Rochec, & le
Chapelains en Habit long. Ma
dame donnoit la main d'un côte
à Mr le Marquis de Coëtanfao fo
Chevalier d'Honneur,& de l'au
tre , à Mr le Chevalier d'Haute
fort Mrle Comte de Rions so
Lieutenant des Gardes,marchoi
immédiatement devant elle, «.
Mr le Marquis de la Rochefoucault
son Capitaine des Gardes
la suivoit, demême queMdesles
Marquises dePons, deClermont,
d'Aidiés
,
de Beauvau les Dames
du Palais, avec Mr le Marquis
de Torcy, les Marguilliers,
&. le reste de sa Maison
,
qui etoit
très nombreuse&:trés-brillante.
Madame,Duchessede Berry fit
tout le chemin à pied, depuis le
Palais du Luxembourg ,a l'Eglise S. Sulpice sa Paroisse. On paa par la ruë Vaugirard, & par
laruë Cassetteoù l'onentendit:
un beau Motet, chanté par les
Religieuses duSaint Sacrement.
La Cérémonie finit dans l'Eg\iCe-
,1de Saint Sulpice par la Bénédiction
du Saint Sacrement que
cette
Princessereçût:Onadmita
le bel ordre qui fut obiservé
mLalegré la quantité du Peuple. » 6. quoique Mrle Maréchal
de Villeroy n'ait pu se trouver
au Conseil d'Etat, àcause d'une
atteinte de Goute au Poignet, i
n'acependant pas vouluse prive
de l'honneur d'assister au dîner du
Roy. Le même jour , llee sriteieuurr ddje)
Bourvalais fut mis en liberté.
Le 7. la Régence nomma si
Commissaires, pour examiner 1
forme de fairejuger l'Affaire de
Princes.
Mr pelletier de Sousy
, Iv
Amelot, Mr de Nointel , M
d'Argenson,Mr de la Bourdoi
ncahyoeis&is Mrde S. Contest, ont é
pour cet effet. Cederni
a ordre de recevoir tous les M
moires qu'on présentera
, & d'i
faire seulle Raport.
Le 8. Mgr le DucRégent
accordé une augmentation
Brevet de retenuë desoôoo 1
à M. de la Chesnaye
,
sur
Charges dela Cornette Blanch
& de GrandEcuyer Trencha
Le 10. Mde laPrincessed'H
cour présenta au RoyMde la M
quise: de Fla~:n;:Ù:i-n deFlamarm nnoouuvveeHlleensl
mariée.
, Le 10. MADAME vint de Saint
Cloud rendre visite au Roy sur
le midi, & s'en retourna le soir.
Le 12. le Roy après sesétudes
qu'il continuë de faire avec beaucoup
d'attention, entendit la
Messe, & tint sur les Fonds de Batéme
,
le fils de sa Nourrice,
avec Mde la Marquise de Villeroy.
Mr l'Abbé de Rochebonne Aumônier
du Roy, en fit les Cérémonies
,
Mr le Curé de Saint
Germain l'Auxerrois présent.
Le 12. lesFeüillans par Ordre
du Roy, ont chantés pour la première
fois, Vêpres dans sa Chapelle,
ce qu'ils continueront les
Dimanches & Fêtes. Ils sont allai
chargés de faire tous les jours la
Priere du soir, à l'imitation de
ce qui se pratiquoit à la Chapelle
de Versailles.
PROVISIONS DONNE'ES
en Juin 1717.
Le premier du mois,le Brcvet
de Second Enseigne de'
la Premiere Compagnie des
Mousquetaires,a été accorde à
Mr le Chevalier du Creuzel ,
par la démission de Mr de la
Roque.
Idem. Le Brevet de Cornette
dans la premiere Compagnie des
Mousqnetaires,pour Mr le Comte
de Treville,vacante par la démission
de Mr le Chevalier dit
Creuzel.
Idem. Les Provisons de la
Charge de Gouverneur de Dax
& S. Sever ,Pays & Sénéchaussées
des Launes, pour Mr le Marquis
de Poyanne,par la démission
de MrleMarquis de Gassion.
Idem. Les Provisions de la
Charge de Gouverneur des Ville
Château & Viguerie de Sommieres,
pour le Sieur d'Harling,
Capitaine dès Gardes du Corps
de MADAME, Colonel du Régiment
de Guienne Infamerie,& Brigadier
des Armées du Roy, par
ledcccs du sieur de Monpezac.
Idem. Les Provisions de Viguier
des Ville & Viguerie de
Sommieres, pourle même.
Idem. Une Commission qui
donne Rang de Mestre de Camp
de Civallerie
,
à Mr du Bofcq
Aide-Major de la Premiere Compagnie
des Mousquetaires.
Idem. Deux autres Commissions
pour le Sieur de Peyrelongue
, Ayde
- Major de la Seconde
Compagnie des Mousquetaires,
& pour le Sieur
-
de Laniziere,
Ayde-Majorde ladite Seconde
Compagnie.
ide,,- Les Provisions de Gouverneur
des Ville & Château de
Vannes&Auray
, en faveur, de
Mr le Comte deLannion
, Baron
&Pair de Bretagne, Vicomte de
Rennes, Marquis de Pinay, Brigadier
des Armées du Roy, &
Colonel du Régiment de Xaintonge
; cette Chargeétant vacante
par le décés de Mr le Marquis de
Lannion son père.
Juem. Les Provisions de la Char
r- de Gouverneur des Ville &
Château de Saint Malo, pour.M:
le Marquis de Coetquen, par le
décés de Mrle Marquis de La
nion. |
Le 5e, une Commission.
donne rang de Mestre de C deCavallerie
, au Sieur Dusort
Ayde-Major de la Premiere Compagnie
des Mousquetaires.
Le 7e. les Provisionsen survis
vance, sur la nomination deM
le Duc d'Orléans, de la Chargé
de Gouverneur des Ville & Duché
de Nemours, en faveur de
Mr de Monliart dont le pere cft
actuellement pourvu. -
Le 14. les Provisions de la*
Charge de Gouverneur de l'Isle
d'Oüessant, pour Mr Je Comtedela
Sauldraye de Nizon
,
sur la
nomination de MdUc de Rieux,
comme Dame & Marquise de
ladite Isle.
Journal
JOURNAL DE HONGRIE.
Les Turcs s'étans tenus
tranquiles
-
juiqu'au troisiéme
de May, formèrent la résolution
d'attaquer l'Escadre Impériale,
qui s'était postée près de Salanckemen;
afin de s'assûrer la Navigation
du Danube& du Tiscisque.
LesInfidels ayans à
bord 4000 Soldats, soutenus par
2500chevaux, vinrent fondre
avec un grand nombre de Fregates
Saïques &- autres Bâtimens
armés, sur les VaisseauxImpériaux
,
commandéspar le sieur
Schvvendiman pour le déloger.
Le feu de part & d'autre fût terrible,
depuis midi jusqu'à une heure
que l'actiondura; après quoi,
les Turcs ne pouvans plus soûtenir
l'effet du gros Canon des
Chrétiens, ils furent contrains de
se retirer'à force de rames:Leur
Cavalerieétanteffrayée & fort
maltraitée par les canonades à cartouches
, prit hônteusement
fuite : Onze de leurs
nâtime4
furent coulés a fond, ceux qui
les montoient ayant été tous
tuezm
ou noyez; entr'autres le Baifc
.qui les commandoit
,
& plusieurs
autres Officiers.Cequ'il y a d
-plus étonnant
,
c'est que fllivA_B
les Relations que l'on a reçues de
-cette Aétion, elles ne font perdre
qu'un homme ou deux, aux
Impériaux.
Le 13. les Ottomans s'avancerent
de nouveau,avec de-5
forces plus nombrenfes,tant par
-Eau que parTerre ,
itifqti'àCzervenca,
ils avoieni mêmeconduit
quelques pièces de gros Canon ,
pour tâcher d'intercepter un Con-
;voy considérable de provisions,e[-
corté par TEfcadre Impériale. Le
General PrinceAlexandre deVvirtembergaverti
de leur dessein,
marcha avec trois Régimens de
Dragons ,
douze Bataillons ç¿;
auant: de Compagnies de Grénadiers
dc.Fmackjtïs Carlovvit%>
peur s'y opposer; mais, il apprit
a Ton arrivée, que les Turcs informés
de ion approche
,
s'écoient
retirés précipitement
, que le
Convoi étoit entré dan? le Tibifque
, & qu'il étoit hureufement,
arrivé au Magazin de Befcevecï^
Le quarorze. Le Prhice Eugène' Generàliflime-dçsArmées de
Hongrie, partit de Vienne à noisheures
du matin, pour assembler
l'Armée Chrétienne. Il arriva par
eau le 16. à Bude, fous- une uiplc
déchaiTge'de Canon: il en partit le
même jour, Ôcfcrendit le 2.1. au
Camp de Futach. Le 11. il fit la
fevue d'une partie de l'Armée,
qui continue
de
se renforcer par
les troupes qui arrivent successivement.
Le26. M. le Prince
Eugene se rendit au Camp du General
Mercy, pour s'aboucheravec
lui,sur les opérations prochaines:
Ce Prince revint le lendemain à
son Camp; 011 il n'attendoit que
l'arrivée de Ton Artillerie, pour se
-
mettreen mouvement, & profiter
dutemsoù les Turcs nesontpoint.,
renforcez.
- Le 16. le Prince Louis de Pons
& le Chevalier de Lorraine son
frere
,
ûrent une audience favorable
de S. M. I. Ils en parriientle^
z6. pour l'Armée de Hongrie. M.
le Prince de Dombes étant arrive
le 17.à Vienne,avec une nombreu.
se fuite ,fut admisle19. à l'Aud'-
ence.de l'Empereur qui le reçue trèsgracieusément, & felon son
rang: Ce jeune Prince & M. le
Duc d'Aremberg s'embarquerenc
lez3. pour Ce rendre au Camp dcfutach.
Le ig.l'iiivefliture de l'Eleâorat
:;.e Baviere & des autres Etats de
i"E!cdeur de ce nom,se fit à Vienre,
avecbeaucoup de solennité. Le
Comte Maximilien François de-
SnichingConfeilIerd*Et:ar&:Chambellant
cle l'Eleéteur deBaviere ;
& le Bu'on François Annibal de
Mcennan
,
aussi Conseillerdumême
Pi'ince&:ses Envoyez Plenipotentiaires
,
se rendirent lemême
,jour19. dans deux magnifiques carôsses
à six chevaux,fuivis de plu-
-
ifeurs autres à deux
,
-& précédés
d'un grand nombre de Valets de
pied, (VHeyduq\'lcs-& de Pages
vctlis-de belle's& riches Livrées,all
Palais Imperial) où ils reçûrenc
avec lesCérémoniesaccdàcumées,
de Sa Majellé Impériale
, au
nom
dirse-reniflime Prince 8c Seigneur,
leSeigneur MaximilienEmanuel*
Duc de la HaureSe Basle Baviere;
comme aussi du Haut Palatinat,
Comte Palatin dur Rhin,Grand
Echanson dirSalnt Empire, Electeur
, Landgrave- de Leichtenberg
&c. l'Investiture Imperiale dudir
Elettora(&'Païs
, Regales &Dignitez
,
où le premier EnvoyéPlenipatenriïiire
fit la Haranguede la.
demande",à laquelle répondit le,
Comte Frédéric CharlesSchonborn
Bucheim Conseiller d'Etat dé'
Sadite Majesté & Vice-Chancelier
d'e l'Empire; le fécondfit la Haranguecle
Remerciement. Cettefonction
a été des plus.magnirf--
ques, &le Concours de la Noblesse
& des Ministres Etrangersétoiti
si grand,qu'à peine pouvoit-on entrer
au Palais.
Le zi, le Prince Elcétoral de
Bavière & le Prince Ferdinand:
son troisiéme frere
,
qui étoïent
partis le 15 de Munick,arriverentà.
Vienne par eau avec 50 Barques
& prirent incognito leur logement
chez les Envoyés Plenipotentiaires
du Serenissime Eleaeur leur
pere. Ces Princes ayantnotifié.
leur arrivée aux trois Cours Impériales;
l'Empereur les envoya
complimenter par le jeune Comte
de Paar Chambellan de Service.
Le lendemain, les carofles de
l'Empereur (avis de beaucoup
d'autres, vin"e.Ir prendre le Prince
lectoral précédé de ses Pages
& Valets de pied, vêtus d'une
fnperbe livrée: Il fut conduit avec
tous les Honneurs que l'on
peut rendre auxTêtes Couronces,
dans le Cabinet de l'Empereur qui
vint audevant de lui à la porttô
f,lereçut avecdes i:me &: d'afte&ionjefmitaarsqsueeosird,'&estlei- reconduiïitjusqu'aumême endroit:
Il visita ensuite l'Imperatrice re..
gnante,l'ImperatriceMere,l'ImpératriceDoiiairiaireAmelie
les Serenillîmes
Archi-Duchesses Jofephines
& enfin les Leopoldines. Ces
deux Princes ont été traités (plen-
-
didement pendant leur séjour à
Vienne,aux dépens de lacour,aveç
toute leur fuite, ils prirent le 27.
congé de l'Empereur. Le Prince
Electoral soupa avec l'Impératrice
Amelie & les Arciii-Ducneflfes Tes
Filles. Le 18 ils s'embarquerent
r dans leur Yacht peint &ornéde
Banderoles aux Armes de Bavière,
pour aller faire la Campagne fous
les ordres du Prince Eugene-
Le 22. S. A. R Don Emanuël
Infant de Portugal, ayant pris
congé de l'Empereur, des Impératrices
Doiïairiere;» &desArchi-
Duchesses
,
s'embarqua pour la
Hongrie
[ Le 30. Mgr le Comte de Charo^
lois arriva à Vienne, aprèsavofr
reçu de S. M. I. tous les honneurs
dui à sa Naissance
; il en'
partÍt le premier Juin avec M. le
Comre de Bonneval. Dans les
différentes Audiances que l'Empereur
a données à tous ces Princes,
il leurs a dit en fiïbftance. Messieurs
, nous avons l'Ennemi de
la Chrétienté à combatre,qui a une
Arméeformidable &fort fùperieuse
à celle de l'Empire; mais le
Dieu des Armées combatra pour
nous; vous trouverez- une
bonne - volonté dans mes Troupes
: J'ay ordonné au Prince Eugene
d'avoir foin devous. L'Empereur
leur donna enfuitc sa main à
baiser,aprés leur avoir souhaité un
hureuxvoyage. Le Prince Corr
fiantin fils du Roy de Pologne,[ervira
aussi conrre les Infidels, fous
le nom du Comte Jockieu
: On
compte qu'il y aura 400 Volontaires',
tant Princes que Grands
Seigneurs,& plus de 800 Anciens
Officiers de différentes Nations
aussi volontaires.
A CONSTANTINOPLE,
.M le 1r.Avril1717.
.¡. Vous aurez sans doute apris,que
le Capitan BachaJanum Codja, a
été déposé,mis aux sept Tours,
ensuite étranglé; & que
le
Capitan
Ray lui a succedé dans cette Place.
J'ajouteraià cette Nouvelle publique,
les particularitez suivantes:
Que ce dernierest Angloisd'Origgminee),
aayyant commencéppaarrêtertree
Bossemand'unVaisseau de Guerre
Anglois; puis,Çontre-Maître d'un
NavireMarchand appelléleSucez.
Quelque tems après, des
Marchands Florentins lui ayant
confié le Commandement d'un
Bâtiment à Livourne, d'où il fit
voile pour Malte, il fut pris avec
tout son Equipage par un Corsaire
de Tripoli, & faitEsclave. Après
quelques annéesde servitude,
s'étant fait Mahometan, il devinu
lui-même un fameux Pirate, & :
parvint par degrez à être Capitai—
ne d'une Sultane de 80. pieces de
Canon, dans la Flote desTurcs;
employée la Campagne derniere
:
contre Corfou: Ayant reproché
hardiment au Capitan Bacha d'avoirmanqué
l'occasion debattre la
FlotteVenitienedevant cettePlace;
celuicy outré de cette insulte, le fit
mettre aux fers, & les ordres
étoient donnezpour l'étrangler
lorsqu'il , trouva le moyen pendant
la nuit, de rompre ses chaînes: &
s'étant jette à la Mer,il fut assés
heureux pour gagner àla nagé, la
Terre, & d'être reçû dans Corfou,
comme un Esclave Chrétien qui se
-fauve. Il n'y fut pas long tems sans
s'échaper, & sans retourner à
Constantinople. Ayant porté ses
plaintes au Nouveau Vizir,du rifque
où il avoit été de perdre-là vie,
& l'ayant en même-temsiliftrùitdo lamauvaisemanoeuvre du Capitan
- Bacha. Il a û le bonheur d'en être
si favorablement écouté,qu'il a
rfuppidnce son Ennemi, & qu'il se
trouve à present Grand Amirall de
la Flotte Ottomane.
DENOMBREMENT
Des Troupes Ottomanes , qui
doiventservir contre S. M. I.
en Hongrie
, & contre les Vénitiens
; consistans en Cavalerie
& Infanterie, tant de l'Orient,
de l'Occident,duMidi,que
du Septentrion.
Contre L'E MPEREUR.
CAVALERIE. 1 IN. IFANt
Janiflaires t 60000
Tartares Valaches. 30000 3000 3000 3000 Bolvakes 5000 4000 Amantes. 4000 » 11000 Arméniens. 1000 1 6000
Mufulmar.icns 1000 6000
Thraciens 1000 6000
CAVALERIE. 1 INFZ
Affricains. 10000 Ixoooj
Perfiens 900014°
Brefiliçns- 4000 11S0
Morlakeso .j Egyptiens 10000
401
d'Holenland •••*o.1
Borgariens 5000 200C
Moriens *0 1 c
Kynvvindicns4000 1600c
Macédoniens. 4000 J
1600c
Etyopiens 4000 1600c
Altyriens 2.000 1800c
Sabaniens 2000 1400C
Mefoporam. 6000 t 1600c
Grecs, 10500o0. 100c
zjiooc
CONTRE LES VENITIENS.
CAVALERIE. 1 INF
Jani~ires o I 4000c Tartareso .,.c Valakeso 1 c
Bosvake
ÏoAfVvaAkLeEs RIE.yNFàt.
40001 looc
V Amantes.., zooo. 11000
l Athéniens o] -0 f Mufulmariiens o! o Thraciens .,'., o 1 o
l
Affricains 6000 ¡ 1000
[ Perfiens 3000 4100 Bresiliens ., 6000 1000
Morlakes .1000! 2000 Egyptiens.7000 ! 18000
d'Holenland 3000 ! 4000
iMîorgoarriieensnso6000 10000 | 10000
Kynvvi. diens 3000 2.000
EMtvacoédponiieenns s 4000 3000 JVflyriens 5000 1000 2.000 2000
* Sabaniens 2000 lj 1000
Méfoporaniiens 40001 1000
Grecs 4000 1000 162>000. 116103»
Total de la Ca- Total don
valerie, contre l'InfanterieK
l'Empereur & les
-
contre I'F,
Venitiens. pereur &J
Venitiens. l
16700i0.1i<>7ïoo 1
M.-"--0------
- i Total du Tout.,|
534100.
NOUVELLES DE ROME:
Du1.Juin1717.
LE ROY D'ANGLETlJlRI
arriva icy que le Mercredy, lut
les six heures du soir ,
veillede
la FêtedeDieu.Le Cardinal Gualtierio
alla au devant à quelques
milles de Rome; le Prince monta
dans le carosse du Cardinal, &
malgrél'incognito, prit la Droite
sur lui;DonCarloAlbani vis-à-vis
du Roy sur le devant, & en face
du Cardinal
,
étoit son frere.
Le premier present que reçût le
Roy, fut celui de Monsignoré
Cibo. Il consistoit enrafraischissemens.
Il y avoit entre autres choses,
un Esturgeon monstrueux, deux
f Veaux Monganes, cent livres d'un
Beure exquis; les Armes du Roy
étoient empreintes dessus.
Le lendemain, le Roy assista à la
Procession dans un Balcon magnifiquement
préparé à l'Hospice des
Prêtres, qu'on dit être anciennement
le Palais des Ambassadeurs
d'Angleterre. Jamais la Procession
n'aété si nombreuse, ni en si bel
ordre.Le Pape avoit tenu uneCongregation
exprès,pour en ordonner
la marche avec plus de pompe.
Les Religieux de tous les Ordres
commençoient la marche, enfuitc
les Basiliques avec les Chanoines.
Tous les Colleges de Chancellerie
portans des Torches à la
main, y étoient au nombre de plus
desixcent. Les ProcureursGene;
raux d'Ordres, les Avocats Consistoriaux
,
les Cameriers d'Honneur
en Robe rouge, la Chapelle
du Pape, lesPrélats de la Signature
,
lesAuditeurs de Rote,les
Huissiers de Chambre, les Votans
de Signature
,
les Penitentiers &
Evêques assistans
,
les Cardinaux
Diacres,Prêtres &Evêques; les
MagistratsRomains,autrementdits
les Conservateurs;l'Ambassadeur
de Boulogne,leConétable Colone,
deux Cardinaux Diacres& deux
Auditeurs de Rotesous lesaîles du
Pape,l'EcuyerduPape&sonFourier
le précedoientdans l'ordre que je
les décris. Le S.Pere étoitporté par
ii. Estafiers.La Chambre Secrete,
lesProtonotaires Apostoliques&
les Généraux d'Ordre suivoient
immédiatement ; la Procession
étoit fermée par la Compagnie des
Chevaux Lege s ( elleest de 80.
hommes)ayant à leur tête leurCapitaine&
les deux Cornettes; ÔC
par les Cuirassiers,précédez des
Trompettes& Timbales. D'autres
Soldats étoient distribuezparbande
&formoientune hayedes deux
côtez du chemin,par où passoit la
Procession,pour empêcher les Curieux
d'en troubler l'ordre. Les
Cardinaux n'avoientpoint, comme
à l'ordinaire, leur Correge; ils
déetoient feulement accompagnez deux Gentilshommes, dont l'un
portoit la Torche& l'autre la Barette,
& suivis d'un Caudatair
&du Porte-chapeau. Le Pape
l'avoit ainsiordonné, pour éviter
laconfusion,&il avoitsurtout
recommandé aux Moines & au
Clergé,la modestie.
Le Lendemain matin,le Pape
envoya des rafraichissemens au
Roy. Cent vingt Faquins portoient
les presens;sçavoir.
Six Cages de Poulets & Dindons
, six Cagesde Faisans&de
Paons, six Cagesde Perdrix&
Tourterelles,six Caisses de vin,
un Esturgeon,deux Veaux Monganes
bien enfontangés,force
Beutes & Fromages,quantité cTl
fruits & de confitures, de Jamr
bons, de Saussisons,deMortadelle
& autres. Au milieu ecoic u
Caisse magnifiquement parée,
contenoit douze bouteilles 9
Ratafias.
Après le dîné, sur les six heure
du soir;Don Carlo &DonA
sandro Albani, allèrent prends
le Roy, pour le conduire che:
le Pape. Il entra par lejardin&
à la descente du carosse se trou
verent quarante Prélats, à
late
te desquels étoit le Majord'homme
mes, Mgre del Gidice
, qui comn
plimenta le Roy, & lui donna
la main,pour monter l'escalier
secret, par où il surintroduit che
le Pape.Toutes les portes de l'A
partemen étoient ouvertes à deux
batans.
En entrant,le Prince fitlai
genuflexions ordinaires. Le Pap.'
étoit sur son Trône; le Roy lui
baisa le genoüil ,ensuite lamain
& après, le Pape l'embrassa trom
ou quatre fois.- Le Roy gaM
dans un Fauteuil à côté du S.
Pere. Ce fauteuiln'étoic plus bas
de celui du Pape, que d'un seul
dl 1 AI CIl. 1 dégrc. Après ce Cérémonial tout
se retira, & le Prince resta seul
avec le SouverainPontise, durant plus de deux heures.
Le Pape ne pût retenir ses
larmes pendant cette entrevue
& il , parut extrêmement attendri
de la situation de ce Prince,après
quoi ils se separerent très contents
l'un de l'autre.
Le Samedy,le Roy -reçût la visite
des Cardinaux Ottoboni & Imperiali
: Neuf Cardinaux y avoient
déjà été en habit court.Le Fauteuil
duRoyécoitdistinguéde ceux des
Cardinaux,8cseul à la place marquée
pourl'Audience.Ils ne furent
conduits que jusqu'à la portière du
Cabinet du Prince.
Hier, le Conêtable Colone
fit visite au Roy, & resta à dîner
avec lui. Aprèstedîné, il
monta en Carosse avec le Cardinal
Gualtierio, & Don Carlo
Albani,&alla recevoir la le£
diction du S. Sacrement Chél',
Minimes François, a la Tri
du Mont: Il alla, ensuite se
mener à la Villa Medicis. l'
blioisde dire que le matin
avoir été à S. Pierre pour voirce
merveille du monde: Tous
Chanoines en Rochet, & le Ca
dinal Albani, comme Archi-P~
tre, à la tête, vinrent recevoir
Roy à l'entrée de l'Eglise. 1
Pape donna un Bref pour fais
voir les Reliques au Roy, da
l'endroit mêmeoù elles sont ren
fermées; Grace qui ne s'accord
qu'aux Têtes Couronnées. Le
seuls Chanoines de S. Pierre ayai
le Privilège d'entrer dans ce lict
le Grand Duc même était
venu à Rome la Semaine Sainte
ne put en jouir quala saves
d'un Brevet de Chanoine.
Aujourd'hui, sur les quatre heu
res après midy le Roy ira au-Va
tican.
, La Nouvelle Edition des Avantitres
de Telemaque
, par feu
M. de Fenelon Archevêque de
Cambray,conformeau Manuscrit
Orginal,a donné lieu aux Re-
Jo: flexions suvantes. Je crois tfJ.
teresserlacuriosité desLecteurs,
en les leur communiquant.
jRE,FLEXIONS CRITIQUES SUR
LESAVANTURES
l, DE TELEMAQUE
, FILS DULISSE.
L y a long
- rems qu'on souhaitoit
de voir dans toute leur
perfection
,
les Avamures de
Telemaque. La modestie sévére
& scrupulease de Mr deFenelon,
avoit condamné à ne voir jamais
le jour,de son vivant, ce fruit priq
cieux de sa jeunesse; & sans un KzHl
zard d'autant plus glorieux po~
lui
, qu'il le craignoit plus [incu-.£
semene; le Public ne comment
ceroit que d'aujourd'hui, à ajouton
aux autres ,Titres dont il a ren
connu (on mérire, celui d'un de
premiers Poëtes de son Siècle
Mais enfin
,
l'Ouvrage ain ni
échapéducabinet desonAuteunu
ne pouvoir être qu'une Copie immi
parfaite d'un excellent Originalls
Il ne servit même qu'à irriterIl
Curiosité des Connoisseurs. CZ)
qu'on tenoit dans les mains, regretter ce qui éroit encore sou
la clef, & si Mr de Fenelon n'a'L'i
voir été mille foisplus estimabld
& plus charmant dans sa personne
que dans ses Ecrits ; je ne sçai
les beaux Esprits naturellement
jaloux de leurs plaisirs lui auIJJ
roient facilement pardonné de:-?!
jours qui leur coutoient si cheria
C'est ce qui a fait rechercher avec
tant d'emprenemenc, cette nous
velle Edition, conforme au Manuscrit
Original,donc nous tommes
redevables a la Famille de l'Aueur
: Il est vrai que le mérité de
l'Ouvrage en assûroit le succés,
mais il faut avoüer aussi. que la
multitude prodigieuse des Editons,
qui en ont été faites en difserensendroits,
sembloit en avoir
.xanané le Public.
C'est cette nouvelle Edition,
qui a donnelieu à ces Réfléxions;
«lies sont au moins sinceres,si elles
rçie sont pas judicieuses.
On ne manquera pas de m'accuser
de témérité, d'oser toucher
sa. un Ouvrage consacré , par une
Tjcepucadon
de
plusieurs années,
5*&: qui a réiini en sa faveur, les
Partisans des Anciens &des Mot).
d.ernes. Mais quoi La Critique
BJie peur-elle tomber que sur des
Ecrivains méprisables? Loin de
nous cette idée sausse & servile:
) Qu'il me soit poumis de le dire,
s.après Mr de la Motte. *La Critique
employée sur les bons Auteurs,
est d'une utilité considéra-
,..;'Í"JUïS
forlediSs-C-it
merite d-js Ojvrj"^t
oc goût.
ble pour le Public. Qiiel- service
lui rendez-vous,en relevant des
fautes grossieres, dans des Livresqu'il
ne lit plus ? Montrez ce qu'il
y a de plus vicieux en Beau, dans
les meilleurs Ecrits; démêlez y
des défauts, qui danslafoule des
beautés,avoientéchapés aux yeux
vulgaires, vôtre Critique fera interessante
; & du moins, se fera-telle
lire par sa singularité. Une
Critique des Avantures deTelemaque
est peut-être téméraire,
mais une Critique de l'Acarie,ou
du Poëme de la Magdelaine, ne
pourroit manquer d'être ennuyeuse*,
& de tous les défauts, c'est -
celui qu'on doit éviter avec le plusde
foin : il en cit qui se réparent,
qui ont même leurs agremems,
comme les beautés ; mais il
n'arrive point qu'on ennuyé
& qu'on plaise: En voilà assés
pourma justification , entrons
enmariere. Il y a sans doute? de grandes
beautés répandues dansées six premien,
1
miers Livres de Telemaque, où
le jeune Heros raconte ses Avin,
.- tures à Calipso. Il sçait vous attendrir
par lerécit deses malheurs;
, on les partage avec lui, le Poëtc
échapeàlavûë, onne voit qu'un
fils infortuné
,
cherchant son pere
dans toute l'étenduë des Mers.
On le une dans tous les dangers
qu'il court; décrit-il une Tempête,
on croit être dans les horreurs du
naufrage. Tantôt on se prépare
àpénir avec lui en Sicile, tantôt
transortédansles déserts de l'Egypte
,onygoûte toutes les douceurs
de la vie pastorale : Ici on
se confond
,
à la vûë d'un jeune
Prince qui ne balance pas un moment,
entre la mort& le mensonge,
quelque leger qu'il puisse
être. Là on admire sa Vertu jusques
dans ses foiblesses; en un
mot, tout vit, tout estanimé dans
sa narration; je crois cependant,
y appercevoir un défaut, & j'esr
pere qu'on en conviendra avec
'u10i ; essayons de le faire [cmir.
Mentor est présent à cette aimable
conversation, &ses loüanges
n'y sontpas épargnées;c'estàlui
qu'on raporte la gloire de tous
les périls évités: Chaque circonstance
lui vaut un nouvel hommage
,son nom est continuellement
dans la bouche du jeune Hejros
; non content de raporter ses
Actions , la mémoire reconnoissante
deTelemaque lui rapelle
des Harangues entieres, dont-il
les accompagnoit. Il ne les prononce
qu'avec uneespéce de transport;
& si les louangesd'Achille
x répanduës dans toute l'Iliade,
ont fait penser à quelqu'uns qu'-
elles en étoient le dessein. Ne feroit-
on pas tenté de croire que l'éloge
de Mentor est devenu le fond
&ledessein du discours deTelemaque,&
que le recit de sesAvantures
n'en est quele prerexce; el peuprés
comme ceChrysippe, doncparle
Seneque, qui avoit composé un
Traité des Bienfaits, où appareniment
pour égayer sa matiere, il
il avoit fait entrer une infinité
d'Histoires fabuleuses
,
qui occupoient
la meilleure-Partie de son
Livre. Ita ut , dit Seneque ,
de
ratione dandi, accipendi , reddendiquebeneficii
fwco ¡ulmodùm
dicat, nec hisfabulas ,sedhæcfabulis
inserit.
Je n'éxamine pas, si ces loüanges
sont justes ; elles le sont
sans doute: Je demande si elles
font à leur place,& il n'y a nulle
consequence de l'un à l'autre.Pour
moi, s'il m'est permis de dire ce
.que)c-m pense, j'avoüeraifincéremène
, queles deux Rôles de
TelemaquePanégériste & de
Mentor tranquile Auditeur de ses
propres louanges, ne me paroissent
nullement pris dans la Nature.
, En effet, que lque avidité de
loüanges qu'on remarque dans la
plûpart des hommes, l'expérience
nous apprend, qu'on ne sçauroit
s'entendre lpiier long-tems;
sans rougir: On auroit honte de
laisser paraître au dehors, ce qu'-
ftn éprouve intérieurement, & de
déceler le moins du monde le
plaisir sécrét qu'on ressent, aurécit
de ses loüanges. Ceresteprécieux
de nôtre premiere nature, cet air
embarassé
, cette lueur de modestie
qui se répand sur le visage,peu
fidele en cela aux sentimens. du
ccetir, annonce bien hautement
l'injustice & la vanité de ces éloges;
aussi, la véritable politesse
a-t-elle banni de ta Société civiles,
ces Loüeurs importuns, qui
sans voile & sans détour, vous
accablent en face, de leursloüanges
effronrées; on y veut desménagemens
, comme dans les reproches;
on n'aime pour Panégyristes,
que ceux qui croient nous déplaire
en nous loüant; & les louanges ne
réussissent3qu'autant qu'onparoît
désespérer de leur succés.
La vérité de ces principes me
garantit la jtifleflè de leur application,
& je ne vois qu'une chose
qu'on y puisse raisonnablement
opposer.
Bien loin me dira-t-on, que ce
que vouscritiquez dans le récit
que fait Telemaque de ses Avannues,
soit un véritable défaut ,
on seroit choqué de ne l'y pas
trouver, on est sensiblement touché
de voir dans ce jeune Prince,
une reconnoissance si. vive pour
Mentor : Les loüanges qu'elle lui
dicte
, n'ont point de bornes,
parce qu'elle n'en a point elle même
; & le désordre apparent qui y
regne, estun effet de l'Art le plus
merveilleux.
Eclaircissons les choses. Si les
loüanges de Mentor étoient semées
, avec un peu moins de
lpermofauqsiuoendans le discoursdeTe-
, ce coeur tendre & reconnoissant
qu'on admire en lui ,
les justifieroit suffisamment; mais
elles se montent à un poinr qui ne
leur laisse plus d'Apologie, Telemaque,
par quelques traits vifs&
courts ,
meslez adroitement au
récit de ses Avantures
,
pouvoit
faire sentir la part qu'y avoi Meator
; c'est tout ce qu'éxigeoit de
lui une juste reconnoissance , ë#
cela étoit dans la Nature: Va-t-il
au delà, il blesse la politesse, 31
la vraisemblance est violée.
Et ce qu'on ajoute, que les
loüanges se mesurensur la reconnoissance
qui les dicte
,
n'est pas
absolument vrai; car, il est évident
qu'il y a plusieurs occasions
où elles feroient trés-mal employées.
- Mais, pour rendre ceciencore
plus sensible, & mettre la question
dans le point du dénoüement. Supposons
qu'un jeune Seigneur de
Qualité, de retour de l'Armée
aprés deux » ou trois Campagnes,
se trouve dans uneAce de
Gensdeconsidération, qui lui demandent
en présence d un Gouverneur
rage & éclairé, qui l'a
suivi dans tous ses voyages, une
Relation des principales Aélion5
où il s'est trouvé: Ne seroit-on
pas choqué de le voirinterromprechaque
moment, son discours,
';pai'- les louanges de ce Gouverneur,
& le Gouverneurlui-même,
s'il écoutoit aussi tranquillement
ilôtJe Relateur, que Mentor écoutoit
le fils d'Uliue
, ne seroit-il
pas un peu embarassé. de sa contenance
:Enverité
,
lorsqu'on se
met à sa place, on nesçauroit s'empêcher
de le plaindre, & pour peu
que la Scéne durât, on ne sçait
pas trop comment il s'en pourrait
tirer. Au lieu deces louanges don-
-
nées sans ménagemenr, quelques
mots flateurs amenésinfenfibler
ment par la suite. du discours &
devenus comme nécessaires, rendront
à ce fidele Ami, la justice
qui lui est duë,sans blesser sa delicatesse
: On applaudira égaler
ment &aumérite qui les obtient.
& àla reçonnoissance qui les distribue.
Mais en voilà, aijes sur cet
article;passons à autre chose,
On peur être grand Poëte, sans
être Versificaceur. Les Avantures
deTelemaque, & si j'ose dire ce
que j'en pense
,
l'Ode qu'on y t,
ajouté dans cette Edition, en dor
une preuve évidente. Les Toui
poëtiques& hardis, les Idéesgra
cieufes & touchantes, les Peir
tures fortes&animées que Mr d
Fenelon a répanduës dans son Poi
me, avec une espèce de prodige
lité, dédomagent avec usure d
la rime qui lui manque, & c'est
ce stile enchanteur , comme l'ap
pelle Mr de la Motte, si bon Juge
en fait de stile, qu'il doit une bo
ne partie de sa réputation. Qu'c
me permette cependant une ré
fléxion, Je l'emprunterai de
de la Motte même.
Il y a des distinctions à fai
entre le mérite d'un Ouvrage,
celui de son Auteur; l'estime <
l'un n'entraîne pas toujours cel
de l'autre ; prenons-donc gard
deles confondre. J'admire aVI
les autres, le stile de Telemaqui
Mais ,
j'avoue que mon admir
tion ne passe pas jusqu'à l'Auteui
du moins dans le même dégré
parce qu'il ne me paroît pas qu
;;'je du lui coûter bien des veilles:
a-t-il aujourd'hui un autre mé-
Jèite, que celui de la mémoire,
,loti tout au plus, celui d'une comioilation
judicieuse dans ces images
pompeuses, dans ces descriptions
poétiques ,
dont il a paré on Ouvrage:Ellesluifont moins
Êd'honneur,qu'à Virgile & à Homere,
& aux autres Poëtes anciens
,
à qui elles appartiennent
en propre: En ettec, l'invention
est:le fruit de l'imagination& du
genie ; l'imitation ne demande que
fdauigtoiit Q,, du ji.gemert ;ceiîe-ci ne d'ordinairefarlesesprits,,
~fait d'ordinaire {ur les e(prirs"
qu'une impression assés foible;
celle-là frape, ravir& transporte:
'L'Inventeur ne parcage nos sussages
avec personne, il nous charme
encore jusques dans son Imitateur.
Celui-ci au contraire, ne
fait qu'effleurer la cime du coeur,
il n'y porte qu'un plaisir presque
émoussé;&dont un retour secret
sur son modeie, achève bientôt;
delui dérober la gloire. Il nelui
suffit pas, s'il veut plaire, d'
galer
son
Original, il faut qui
venteur lui-même ,il scache
faire perdre de vue
, en le sup;
sant. D'où vient que MrDe
préaux,imitateur assidu des S
tyriques Romains,s'est fait un
grand nom? Il invente en imitan
Tout ce qu'il emprunte , reço
dans ses mains une forme nouvell
Il y crée des grâces originale
il éclipse les modéles dans un foi
d'idéesqu'ils sembloint avoir ép
rés: Il fait trouver encore,des be;
rés qui leur croient échapees,
leur c,oîre même devient la siens
Je reviens à M. de Fenelon,
j'avoue librement que ses livres
plus poëtiques, ne font pas ce
que j'admire le plus, il n'y im
que de fimplesexprclfions
,
& l'
vention n'a pas beaucoup de j
dans cette fone d'imitation.
Ces Reflexions sur le Stile de"
lemaque me conduisent naturel
ment à l'examen de ses Compa
sons; c'eit un champ fécond p
Critiquejmais que peut-onajqu- rà ce qu'ont écrit sur cette ma-
LeM.dela
Motte &.M.l'Abbé,
Terraflon*, aussi ne ferai-je que fui-
Vre les vues qu'ils nous ont donmiées:
Les critiques qu'ils ont faites
.des comparaisons de l'Iti.ulc,apwiquées
auPoëme deTelemaque?
re perdront gueres de leur force.
La premiere chose qui Ase pre-
Sente dans chaque comparaison
c.dlralliance de deux idées,entre>
lesquelles on veut du raporti& de
la reuemblance. Ces idées ainsi
mariées, composent une image qui
doit être noble & agréable, & liée
de telle forte à ce qui la précédé&
ce qui la fuit
2 que sans détourner
trop par.l'idéeaccessoire qu'elle
presente, l'attention voüee à l'idée
principale, elle repande dans la
narration, cette variété qui enfait
tout le prix.
Quelques Auteurs jaf loux de
* Le Pere l'Amy danssonArt
4eparler•
l'honneur des Anciens, avace
qu'on ne doit pas rechercherun
pdo'urnteexaét entre toutes lespa
comparaison avec le
dont on parle,&qu'on y peut fafl
entrer de certaines choses qui ifl
sontplacées que pour ornerl'l
ge : On aperce même pourexer
ple,la comparaison que fait Vil"
le de ce jeune Ligurien vaincu pas
Camille, avec une Colombe qu
est entre le serres d'un Epervie
Aprèsavoir dit ce qui est de princi
pal, & sur quoi tombe lacompa
raison : Il ajoute>
Tum cruor & vultus labuntur Ai,
athere penna.
Ce qui n'est point de là comparaison,
& qui ne fert qu'à faire uni
peinture d'une Colombe qui ed
déchirée par un Epervier.
Pour moi, je croisque c'est un
véritable défaut, & je me hazarde
à soûrenit que la beauté d'une
comparaison se mesureégalement
sur
lur les trois conditions que nous
venons, de marquer. Les Anciens,
dit-on, n'ont point connu cet arc
ingenieux, cette méthode de denail
qui consiste à ménager l'attentionde
l'esprit,en ne lui presentantque
des raports simples & faciles
à deméler : Leurs comparai-
Ions sont chargées de circonstances
étrangeres au sujet
, je l'avoüe
,mais je niela consequence
pqeua'oun en veut tirer. Et quoi ! Le
n'est-iljamais échapéà ces
grands Maîtres ! Les vrais agremens
ne se trouvent - ils que dans
leurs écrits, ou dans ceux qui les
copient servilement ? Ne nous y
trompons point , : L'estime aveugle
qui les croit inimitables,les honore
- moins que l'émulation éclairée qui
s'éfforce de lessurpasser& il n'y en
a point qui ne nous dise, avec le
Poëte Grec
.* Un encens superstitieux
,
* La Motte, dansl'Ode intitulé,
l'Ombred'Homere.
, Au Itcti de m'honorer, me blef}'^
choisis,toutn'est pasprécieux.
Il n'y ajamais û de véritables béai*
tez, ,si ellescessent de l'être, parc.
qu'elles sont nouvelles.
Depuis les Critiques d'Homere
on est asséspersuadé de cette ver
té. Le pompeux desordre &
magnificence confuse des comps
raisons de ce Poëte, n'ébloüit pli
que des yeux anciens;&lasimpli
té si analogue à l'esprit humain,<
est devenuë la propriété essentia le. ,.
Cependant, quand je dis qu'un
comparaison doit être simple,
n'en: pas qu'elle nepuisseabsolu
ment comprendre plusieurs ra
ports, lasimplicité dont je parle
est une simplicité de netteté qu
écarte la confusion, & non pas un
simplicité d'unité
,
qui reprouv
toute multiplicité; aucontraire,un
comparaisoncomposée de plusieur
raports détaillezavecordre&de
JicatefTe3 pourvu que d'ailleurs
n'y mêle rien d'étranger au sujet,
- fera plus piquante qu'une compa- raison plus simple & froidement
reguliere : Car, telle est la nature
de l'esprit de l'homme; une clarté
trop familière ne le blesse pas
moins qu'une obscurité affectée :
Pour lui plaire, il faut sçavoir accorder
entre elles sa vanité & sa
paresse,lamultiplicité de raports
nettement exposez, produit cet accord
si dificile, elle lui procure un
exercice moderé & cette douce
agitation quî n'est autre chose que
le plaisir.
Je ne crois pas devoirm'étendre
beaucoup surce que j'ai dit en Second
lieu, que les comparaisons
doiventêtre nobles & agréables.
On le sçait assès; ce qui est fins;
agrément
, nous rebute ,& nous -
effarouche:Ce qui est sans éleva-
-
tion,nous dégoûte& nous affadit;
on ne plaît qu'en attirant l'admiration
ou l'amour.
J'ai encore ajouté que lescomparaisons
doivent avoir un certain ac
cord avec ce qui les précéde&
quilessuit,&cela demande qu
que explication. Les comparais
qu'on employédans les QuVtal
de Poësie,n'y sont pour l'ordina
qu'à titre d'Images Poëtiques.
Poëte naturellement vif & f
gueux, reprouve la moderatior
mide & scrupuleuse du Philoso
qui n'admet que des fimilitu
exactes;safin principale estdeje
de la variété dans la narration,
sans le secours des comparaiso
courroit risque d'ennuyer par
uniformité,mais il y a là dessus
précaution à prendre. Dans le
cours,dit 1,[IluftteMr-Pascal
ne faut pas détournerl'esprit tl
chose à une autre ,
si ce n'est pot
délasser: mais dans le tems QL)
est àpropos, &non autrement.
qui veut délasser hort de proj
lasse. J'ose donc assurer, sui
ces principes, que cette préter
variété
, que les comparaisonpandcM
dans le discours, er
serrompt souvent la vivaci
,
flç.fert quelque fois, qu'a énerver
la narration.
Qu'on y prenne garde,il est
une. uniformitévive & animée
qui fixel'attention de l'esprit &
Je tient comme en suspens. Le
Poëte, par exemple,m'anonce
le combat de deux Héros:Je les
vois,ils s'aprocherit,ilssont aux
mains; si dans le fort de l'action,
il cherche à me distrairepar quelque
image riante, je perds ce
trÓùibJe precieux qui m'avoit saisi"
d'abord; le plaisir s'enfuit in.
sensiblement de mon coeur,& fait
place à un calme insipide ôe une
ennuyeuse tranquillité.
Mais,dira-t-on
, ce qui ne prelente
qu'une idee gracieuse 5c
touchante, peut -il jamais manquer
de nous plaire? ouï
,
sans
doute , & l'expérience nous est
un bon Garant,que tout ce qui
est agreable en soy, ne nous plaist
dpeass tcohuojsoeusrns.'oEnntepfofeitn"t,1da'apglruésmpeanrtt
personel & indépendant; elles ein»
pruntent de nous mêmes'e plaisir
qu'elle nous procurent;l'éclat
dont elles brillent à nos yeux &.
qui nous faitsi souventillusion,est
pour l'ordinaire nôtre propre ouvrage;
nous nous regardons dans;
un miroir & nôtreimage nous
ébloüit,l'impression que font sur
nous les objetsextérieurs indiferente
d'elle-même à la peine ou
au plaisir, reçoit sa détermination,
des dispositions differentes où cHef
nous trouve. Ce qui nousréjouit
dans un tems, nous irrite dans
un
autre. Dérangez un peu l'ordre &
pour ainsi dire, le sisteme de nos
plaisirs, vous leur ôtez toute leur
vivacité, & le nom mêmedeplaisir
: La Symphonie plaît fort entre
les Actesd'une Tragédie,elle:
délasse l'esprit d'une application
trop forte elle le tranquilise
mais pouroit - t'on la souffrir au
milieu d'une Scéne vive & interessan
te; il en est demême dans
nôtre sujet. A la vue de ce Combat
vivement décrit, une étinceldu
beau feu qui anime les
ombattants, passe dans l'âme
a lecteure;il est rempli de pensés
Martiales, qu'il ne veut point
erdre; acoûtumé au son bruyant
u Clairon & auton severe des
Combats, il dédaigné la simple
lusette & les airs doux & toulants
: Il attend avec impatienquel
fera le fore de ces deux
uerriers qu'il voit aux mains;
tremble pour des jours qui lui
ot devenus chers, il admire &
craint tout ensemble;& cette
ainte même fait son bonheur,
spectacle terrible des Combatnts
acharnés l'un sur l'autre, le
vit & l'enchante, &ilnesçauit
en détourner les yeux sans
ouleur.
Appliquons presentement ces
incipes aux comparaisons de
lemaque; je ne puis medifnser
d'en citer quelqu'unes,
oique je sçâche assez que les
mparaifons sont presque [OÛ.
urs ennuyeuses; je le feray le
moins désagreablement quumci
fera possible.
Le je Livre des Avatuer
de Telemaque passe assezcomcommunément
pour le plus beau
4e tout l'Ouvrage ; c'est celuioù
ilyale plus d'art, ÔCou il en
paroît le moins; lecoeur humain
y est dévoilé, on y littout le jeu
des passions, onles fuit dans leurs
replis les plus cachez, dans leurs
détours les plus imperceptibles
Les jalouses. fureurs de Calipso,
les foiblesses amoureuies de Telemaque
, y sont peinte-s avecdes
traits immortels; quel trouble !
quelSI remords s'élevent dans
le coeur de ce jeune Prince 1 Calypso,
Eucharis& Mentorse le
disputent tour à tour Minerve
& le fils de Venus en font le
Champ de leurs Combats
,
Minerve
même pavoît vaincuë; Mentor
le cedeàEucharis,&l'amitié
est immolée à l'amour. Au
fo~dde ce coeur amoli parces
plaisirs, la gresencedeMentor eonserve
encore un reite de sagesse
& de force; & Telemaque nel'y
voit qui regret;tropfoible pour
vaincre sa passion, trop fort
pours'yabandonner sans rémora
sannonte, sa vertu même fait
son suplice, celle de sonamy
ne lui inspire qu'un respect accablant
: Illecraint &ilnel'aime
plus, il n'oseroit cependant le
quitter, mais il beniroit mille
fois la main secourable qui l'enlevant
à sesyeux le livreroit a
toute sa passion. Quels coups de
pinceau ! Quel domage ? que ces
endroits si tendrement touchez
soient gârez; j'ose le dire, par
des comparaisonsou peu nobles,
oupeuresseinblantes Lorsquon
à quelque delicatesse. de goût, aime-
t-on à voir comparer la jalousie
de Calypso à la fureur d'une Lion.
ne ,
à qui on a enlevé ses pents :
Les peines quecause à Mentor la
conduite de Telemaque , a celles
que tessentit la mere qui le mit au
monde dans les douleurs de l'enfancement;
les Nymphes erran
tes & dispersées sur toutes les montagnes
à untroupeau de moutons;
que la rage des loups affamez a
mis en fuite loin du Berger? Ces"
idées répondent-elles à la not-k!lè
du sujet? Je ne m'amuserai pas à
montrer en détaille défaut de chacune
de ces comparaisons, le Lec.
teur les qualifiera bien lui-même ;
je les abandonne sans crainte à son
équité &àson discernement.
Dans le Livre 3e, le Poëte à l'imitation
de Virgile, décrit la descente
de son Heros auxEnfers.
Telemaque traveise le Tartare &
leschamps Elisées,il y apperçoit les
peines & les recompenses destinées
aux bons & aux mauvais Rois;
ceux-cy en proye aux Furies & à
leurs Esclaves mêmes, déplorent
avec des larmes améres les jours
de leur puissance, qui se fontévavanoiiis
comme un songe; lesflateries
serviles, les adorations sacrileges,
qu'ils ont exigées de leurs
Sujets, font la mesure des a£rIont(
qu'ilsessuvent ceux-là couchez
tranquillementsur les Rivesfleuries
du Lethé, joiiiffem sans epnui
d'un repos éternel. La Théologie
fabuleusedesAnciens-sur les Enfers,
est à Mf de renelon unesourcesecondé
d'instructions,pour le
jeunePrincequ'ilinstruisoit ; tout
devient moral entre sesmains ; les
Furies, dit - il
,
presentent aux
Rois qui ont abusé de leur Puifrance,
un miroir qui leur montre
toute la difformité de leurs vices ;
ce que la flaterie baffe &imerefiee)
,
honoroit du nom specieux d'amour
de la paix. de courage, de
magnificence, repand dans ce mi-
-
roir fidelle,sa veritable nature,&
paroît sous Ces propres livrées;c'est
molesse, sureur,& vanitégroffiére.
Rien de plus ingenieux que cette
fiction, mais écoutons la suite,
ilsse voyoïentsans cesse dans ce miroir,
dit le Poëte
,
ilsse trouvaient
,
plus horribles & plusmonstrueux
que n'est la Chimere vaincuë par
Bellsrophon,niL'HjdreJLc Lerne
_"bbatuë par Hercules, ni Cerben
même,quoiqu'il vomisse de ses tout
gueules béantes,unsang noir& venimeux
, qui est capable,d'empester
toute la Race des mortelsvivans sur
laTerre.Cettecomparaison,est-elle.
bien ressemblante
,
& n'y auroiL-ÎI
rien à y desirer ducôtéde la netteté
&de la noblesse ? J'avoüe sincerement
que je ne vois pas un grand
raport, entreune difformité route
spirituelle,& la laideur épouventable
d'un Montre, entre la molesse
& la lâcheté d'un Sardanapale&
l'horrible figure de Cerbere.
Le Livre 9e finit par la more
d'Adraste. Telemaque,dit Mrde
Penelon,le saisit d'une main victorieuse,&
renverse, comme un
cruel
,
Aquilon abbat les tendres
Jmo'flonsj qui dorent la campagne., Ne diroit-on pas que le Poëte voudroir
excirer la compassiond'Adraite,
& donner l'honeur del'action
de Telemaqueî
Au reste
, qu'on n'aille pas conclure
de ces critiques, que je blâme
sans
,
rfanS exception, lescomparaisons
du Poëme deTelemaque: l'en fuis
bien éloigné, & j'en citerois vo-
- lontiers qai me paroissent des mo-
- deles achevez en ce genre; mais
les beautez se sentent toûjours
mieux que les dessauts. Je dis seulement
que c'est un article, sur lequel
Homérea un peu égaré son
Imitateur : Heureusément Mr de
Fenelon va souvent tout seul, &
c'est à cette heureuseliberté qu'il
s'est donnée, de s'écarter de son
modèle, qu'il doit la gloire de l'avoir
surpassé :)e suis sûr même que
le goût fin & judicieux, qu'on a
toujours admiré dans ses écrits, se
revoltoit de tems en tems contre
une imitation
,
où le coeur avoit
plus de part que l'esprit. En general,
les Poëmes del'Odiffée & de-
Telemaquesesont tous deux
tort , mais d'une maniere bien
differente ; le Poète Grec gâte un
peulePoëte François, &lePoëte
François efface le Poëte Grec.
Mais legrand avantage de Mrde
Cambray surle Chantre d'Ilion,
est du côté de la Morale tagecependant, il faut ;l'avaovüaenr-,
où la différence des tems qui ont
vû naître les deux Poëtes,a beaucoup
contribué. Souvent celle
d'Homéren'est honnête pas digne d'un Payen, au lieu que celle
de Mr de Fenelon atoute la pureté
qu'exige le Christianisme. Peut-on
se lasser, par exemple, d'admirer
la Vertu deTelemaque; &nôtre
siécle fourniroit-il bien des Chrêtiens
dignes de lui être comparez Tout est Précepte,tout est Instruction
dans ce Poëme-salutaire, jusqu'aux
ornemens mêmes,& l'Auteur
doit être excepté de ce qu'on dit en general des Poëtes :Qu'ils
siont pointd'autre but dans leyrs
Ecrits, que celui de plaire. -
Après une execution si heureuse,
du glorieuxdessein de rendre la
Poësieinstructive, ilest étonnant
qu'ilse trouve encore des gensqui prétendent qu'on doit,cil qualité de
Poëte, facrificr le Moral & l'Utile
àl'Agréable. UnePoësie Philosophique
& raisonnée ne leur paroît
plus une vraye Poësie; c'est un
lecteur de cette trempe, qui s'adressantauPoëte
qui le veut instruire
,
* Abandonneaux Zenons ta Morale
glacée,
Dit-il, tu nous dois d'autres
forts
Et quitte le Parnasse, Eleve du
Lycée,
Si tu veux donner des leçons.
Les Arts,ajoute-t-on, ont des
limites qu'ils ne doivent point passer;
l'instruction n'estpoint du
ressort de la Poësie;qu'elle s'en
tienne donc à l'agrément.
De tels Raisonnemens sont la
honte de l'Esprit humain. Souvent
je ne crains point de le dire; rien
ne favorise plus le Lecteur des
* La Motte, Ode de la ra.
rieté,
Sciences & des Arts, que cettbl
pdreécaution servile&mal entenduë,
se resseter scrupuleusement
dans sa propre Sphere; on l'agrandit,
en faisant effort d'en sortir,
&iln'apartient qu'à desGenies
rares d'introduire dans les
Sciences,ce desordre heureux &
sensé
,
qui confondant leurs richesses
& leurs droits, leséleve à des
usages qu'elles ne connoissoient
pas; car elles setiennent toutes par
quelque côté; & à mesurequ'on
sçaura les raprocher, leur utilité
fera plus sensible : La plûpart
des choses doivent tout leur prix
à l'alliance qu'elles ont entre-elles;
l'utile austerité du Philosophe,mariée
à l'enjoüement du Poëte,produit
un plaisir vif& solide &flatte
agréablement l'imagination en
faveur de la Raison. C'est ce que
Mr de Fenelon a bien [end; il a
montré que la Poësie peut instruire
, & même à plus juste titre, que laPhilosophie. L'instruction est
ïfâturclleiiiçnt humiliante; U-YÛ»
qu'elle nous fait jetter sur nos désauts,
blesse l'amour propre; les
avis qu'elle nous fait entendre,irritent
la présomption : Elleest encore
ennuyeuse, parce qu'elle
nous rapelle à nôtre propre coeur,
&nous livre, pour me servir des
termes de Mr l'Abbé de Pons, à -
la considération de nôtre Etre personnel
,
inseparable de l'ennui. La
Philosophie a travaillé à lever ces
obstacles , la Poësie y a réussi : Déguisant
l'instruction fous le masque
riant de la Fable & de l'Allegorie,
elle ménage l'orguëil, en le trompant
, & le dérobe à l'ennui qui le
poursuit sans cesse par la diversité
des objets qu'elle lui presente.
Il faut cependant prendre garde
que l'Instruction ne se perde dans
la foule des orneiiieps; ils doivent
cacher sa nudité, sans la faire méconnoître
; elle doir paroître ornée
& embelie
,
& non pas i mprudemment
fardée.
Telle est la Morale de Telemaque
, agréable & solide toerte
ensemble, Elle prévientlecoeur
par ses attraits, avant que d'é-î
clairer l'esprit par sa lumiere
Au milieu des agrémens qui lui
prere« nt- une bbeau'té é, trangè, re,elIlle
conferve Cori éclat propre & indépendant
, elle se montre avec
pompe & avecgrace i- mais elle
se montretoûjours,& pour tout
dire en un mot ;avec l'Auteur
de l'excellent discours qui est présentement
à la tête de l'Ouvrage ; elle estsublime dans ses principes,
noble dans sesmotifs, universelle
dans ses usages.
Je souscris de bon coeur à ces
éloges, mais voici un sentiment
dont je ne sçaurois tomber d'acord
L'Auteur de la dissertation que
~je-rviens de citer, voulant faire
voir comment la Morale de Telemaque
est noble dans ses mo- tifs,avance qu'on doitregarder, comme une fausse Philosophie,
celle qui fait du plaisir, le seul
ressort du coeur de l'homme;pour
moi,je la crois fortraisonnable, lk:
voici mes raisons en peu de mots.
Le premier coup d'oeil jetté sur
lecoeur de l'homme, nous découvre
le désirqu'ilad'être hûreux :
- Les objets qui l'environnent, ne
l'interessent qu'à raison de ce bonheur
auquel il aspire: Inconstant
avec dignité, les biens particuliers
l'amusentsuccessivement,
sans l'attacher. Tout décele dans
nous ce mouvement invincible de
la félicité; le désespoir même,
ôcla haine le publient en leur maniere
; il est en meme tems,toutes
nos Passions, & selon ses divers
états; ilporte les noms differens,
de Crainte,dEspérance, de loye &c. ,
De là, il s'enfuit que l'homme
désirenécessairementleplaisir;
puisque le bonheur n'est autre que
le plaisir, ou du moins en est inséparable.
Or , peut-on s'empêcher de reconnoître
pour le seul ressort du
coeur de l'homme,ce qu'il désire
nécessairement,comme le but de
tous ses projets, & le terme de
tous ses travaux :Qu'on consulte
l'Ex périence;qu'on rentre aM
fond de son coeur, pour examiner
ce qui le gouverne : Qu'on infère
roge tous ses mouvemens, toutes
ses inclinations,le sentiment inteneur
nous apprendra mieux que
les raisonnemens les plus subtils
,
que nous agissons toûjours selon ce
qui nous fait le plus de plaisir ;
lors même qu'on se détermine à
ne point agir, ou que l'on attente
sur sa propre vie.
Ce n'est point précisementla
connoissance dela vérité ,c'est le
plaisir qu'elle nous procure, qui
nous rend formellement hûreux.
Saint Augustin qui connoissoit si
bien le coeur humain,est plein de
cette pensée. * Beata vita est3
dit ce grand Métaphysicien,gaudium
de veritate. Ce n'est pas
même en possedant, c'est en aimant-
que nous sommes hûreux
* Confess. lib. 10. cap. zj.
ifI- Beatus non ille dici potest,ditle
même Pere, qui non amàt qaoct
habet
,
etiamsi optimum fît. L'amour
estla mesure du bonheur;
mais la connoissance du Moins en - cette vie, ne produit point par
elle-même l'amour; & nous n'éprouvons
que trop, que l'esprit
n'est pas le maître du coeur. La vérité
ne nous paroît aimable qu'à
la faveur du plaisir qui l'accompagne
; elle n'a presque aucune
part à nos aébons, tant qu'elle
n'est qu'une simple lumiere, l'attrait
est toûjours plus pui/Tant'.
Video meliora, proboque
,
deterio-
'sasequor.
Une suite de cette Doctrine est
la réponse que fait Telemaque
dans le cinquiéme Livre,à la question
proposée en ces termes;
Qui estle plus malhûreux de tous
les hommes? Il vient d'abord un
Sage de l'Isle de Lesbos, qui dit;
le plusmalhûreux detous les hoin-
* De moribus Eccl. Cathol.
mes est celui qui croit l'être
, &-
toute l'Assemblée applaudit à la
sagesse de cette réponse. Telemaque
interrogé, répond à iontour
, que le plus malhûreux de
tous les hommes est un Royqui
croit êtrehûreux, en rendant les
autres misérables. Toute l'Assemblée
avoiie qu'il a vaincu. Le Sage
Lesbien & les vieillards de l'Isle
de Crete qui avoient fait la question,
déclarent qu'il a rencontré
le vrai sens deMinos.
Des suffrages si importans pour
cette répprie-,.nem'empêcheront
point de dire ce quej'en pense &
j'ose encore examiner, après des
Juges si illustres.
Premierement. On n'est malhûreux,
qu'à proportion qu'on est
mécontent de son sort: Placédans
la situation la plus facheuse, je
suis heureux,si je m'y trouve bien;
les desirs & les craintes qui nous
agitent tour à tour,sont la source
de nos malheurs : Voulez-vous
fixer ces desirs &dissiper cescrainkS,
faites qu'unchacun soitconfient
de ce qu'il possede.
-:-" Or,celui qui croit être heureux
r-n'dl-il pas content de f">n sort?
S'il n'enétoit pas content, il en
desireroit un autre, & le desir naturellement
inquiet, se faisant vivement
sentir, ne lui permettroit
;j>as de se croire heureux;mais bien
loin de cela, son coeur est fermé
aux voeux impatiens que forment
la foiblesse & l'indigence:Il goûte
, ce repos precieux, qui est le premier
apanage de la felicité. Les
craintes aussi bien que les vains
souhaits
, ne viennent point troubler
son bonheur,elles se dissipent
en leur naissance, & ne sçauroient
tenir long-tems contre le charme
present de l'illusion qui l'amuse.
Mais aucontraire,qui est plus
mécontent de son sort, que celui
qui croit être le plus malheureux
..de tous les hommes? En proye
aux desirs les plus violens, il ne
connoît plus lesdouceursde l'Esperance;
tout lui paroîtaimable,au
prix de -ce qu'il souffre, ou de ce
qu'il croit souffrir : Sous un twic superbe
, noyé dans les delices, il
envie au Laboureur l'humble
chaume qui le couvre, & la sueur
de son front: Que dis - je? Il ne
sçauroit plussouffrir la vie, &après
s'être épuisé en desirs
,
sur un bonheur
qui le fuit, il ose souhaiter le
plus grand des maux.
Secondement, on raisonne à peu
près de lamême maniere en Physique
& en Morale, de la Douleur
& du Plaisir.-Les sensations, disent
les Philosophes nouveaux, ne
font point dans les Objets quien
sont les occasions. Cette douce
harmonie qui semblesortir de ce -
Clavessin, que touche à vos yeux
une main legére
3
n'est point dans
ce Clavessinmême, c'est vôtre
Ame qui est harmonieuse;Assisi,,,
les conditions differentes qui partagent
les hommes, ne les rendent
point heureux
, ou malheureux
par elles mêmes; au fond, les
objets ne changent point; l'idée du bonheur
l' bonheur est gaiement presente à
tous les esprits
,
mais l'applica-
- tion est presque toujours différen-
"-- te. Ce n'est pas, commeje le viens
de dire,qu'il n'y ait dans les objets
mêmes, un fondement réel
de cette diverfiré , mais chacun les
envisage différemment, & cette
façon particulière de les envifa-
-
ger , varie, l'impression qu'ils
doivent faire, felon les différentes
sortes d'esprits
Troisiémement. Du moins ne
sçauroit-on nier, que l'idée d'un
malheur présent ne soit desagréasobilte
par elle-même, & qu'on ne malhûreux en quelque forte
dés qu'on croit l'être. Parconséquent,
on le fera d'autant plus,
qu'on fc l'imaginera plus fortement,&
si on croit l'être plus que
le reste des hommes, on fera le
plus malhûreux de tous les
hommes.
Ces principes font certains, &
il ne me paroît pas qu'on puisse
rien opposer de solide àcesraisonnemens
; mais venons à quelque
chose de plus sensible.
Qu'y a-t-il de plus malhûreux
aux yeux de la raison, que ces sous,
qui s'imaginent, tantôt posséder
d'immenses richesses, tantôtgouverner
des Royaumes & com- mander des Armées, quelquefois
mêmejoüir de la Vision béatisique?
A peinesont-ce encore des
hommes, on les éxile de la société
humaine; on les renferme dans
des lieux écartés, où chacun pendant, ce- est bien aise de les aller
voir, & de les entendre : Leur
convention a,je ne sçai quoi, de
triste &deridicule, qui nous fait
rire & gémir tout ensemble. Les
plus Sages mêmes y courent avec les autres; le séjour de la folie
devient poureux, une Ecole de
sagesse
: Ils s'y convainquent de la
foiblesse de cette raison qui nous
enorgueillit si fort; & ce qui est
le comble de la sagesse
, ils y apprennent
combien elle est prés de la folie.
Cependant
, ce fou qui croit
posseder d'immenses richesses, &
dont nous plaignons le sort, e!t.
hûreux
, & c'est à sa folie qu'il
doit son bonheur. Il joiiit de toutes
les douceurs d'une grande fortune
,
sans enavoir les inquiétudes
& lessoins;&quilui rendroit
la raison,même avec les trésors
qu'il croit posseder
,
diminuerait
nécessairement sa félicité. Preuve
bien naturelle, sije ne me trompe,
que l'opinion feule fait le bonheur,
& qu'on est hûreux,ou malhûreux)
dés qu'on croitl'être.
Je pourrais pousser plus loin ces
réfléxions,& il y auroit bien d'autres
choses à réprendre, & plus encore
à loiier dans Telemaque;
mais je n'ai point prétendu entrer
dans un éxamen suivi de tout le
Poême : Le bornes que je dois me
prescrire, ne me me le permettent
pas; il seroit cependant à souhaiter
que quelque main habile voulut
l'entreprendre; il en reviendrait
au Public une utilité considerable *,
l'ouvrage même n'en feroit pâi
moinsadmiré, mais il le feroit
avec plus deconnoissance.
BOUQUET
POUR
LE JOUR DE LA S. JEAN. pAr SaintJean dis-moi, jete
prie,
De quelJean portes-tu le nom?
Tu n'es point dans laLitanie
De cesJeans de mauvais renom: AuDiablecelui qui t'apelle
OuJean Gile , , ouJeande Nivelli,
OuJean de Vert, ouJean le Roux
OuJean Gingeole,ouJean Farine; Tu n'esniJanot, niJean foui,
Ni GrosJean, niJeandel'Epine, NiJean Deve, niJean Ridoux, NiJean, qui prononcéparun hommeen
colére
Efl pire qu'un , coup de Tonnerre9
Pour une Pudeur de quinze ans:
Tun'as point non plus decesJeans,
L
Dont le menton déplaît à mainte
prude Dame ;
Tun'espointJeande partaFemme;
N'étant rien moins que Jean Doucet
, Jean qui ne peut, ouJean Fausset.
Ce qui te manque un peu, c'est la
Bachique Trogne,
A table tu n'es qu'unJean Logne,
Jean Potage ncfl point ton nom;
Srrois-t:'j:'lit Davalos,non: Ni Don J'tm des Enluminures,
J'll Frere Jean des Antomures,
Jean des Vignestunesusonc;
Que diantre deJean es tu donc ?
Ne [cachant à quelJean tu portes
, ton offrande,
LD)1r1o.'1etonndpleus.serieux je finis ma FÙes-wl
ean d'Eté,fêtes-tu Jean
d'Hiver,
Vtt quelqu'un desJeans du Defert
» Jean de Latran
,
Olt]ean Porte L/{-
tmes
OubienPorte-Latin lequeldes
FImffons par deuxJeans. Jean prc*
mie,jeansecond,
Ilssuffiront pour te loüeràfond.
Et te faire un Bouquet qui fleure
comme baume;
Je te crois par l'Esprit un vraiJean
Chrisostome
Et par le Coeur, Sa,intJean le Rond
LE CHAR
DES. A. S MÀDAMÏ
LA PRINCESSE DE CONTI.
Au CVJvr :
PARMrFUSELIER.
GEnti Coursiers, qui dansun
Char brillant,
Trainez, au Cours une jeune Déefei
Ne maYCheL pas d'un air si petitlant,
Nous perdons trop à l'ardeur qui
vous presse.
Ciel que d'attraits !.Silence,
ou parlons bas.
Lorsque l'on voit une simple mortelle,
On peut crier sans façon, qu'elle est
belle!
Pour rendre hommage aux plus raresappas,
Tributs sont bons de toutes les especes
, Mais tout Encens aux Dieux ne
convientpas:
Trier le faut, sur tout pour les
Déesses.
Déjaflduitpar 1m Eclat nouveau,
J'allois tenter de peindre tant de
charmes,
Eàttilfatal au plussçavant Pinceau>
Apelle mêmeicy,rendroit les armes-
L'Art, quand il peut, exactdans
ses portraits , Rend à nos yeux les Graces d'ttnô
Belle,
Plus libéral biensouvent quefidele,
pour des defauts, il donne des
attraits
A qui leveut. Mais il estcertains
Traits
Que laNature a reservez, pour elit'")
Dont iImpofleur nedispose >aman :
Tels on les vo t dans l'aimable
Immortelle,
Achaque wfïant Spectateurs prévenus
Deçà,deO:) parmainteKirielle ,
Sanslesçavoir,honorent tropVenusy
Disfans,voicy la Reine de Cithere ;
Onques nefutsicertaine de plaire :
DesPiroïs des ardens Phlégons,
Sonattelage atoute l'Encolure.
SilaDéeffeaLusséfcsP'geons,
Elle n'a pas oubliésa Ceinture.
D'ou vient qu'Amour,par rcfpca
écartè
Montre auj,ourd'hui tant de timidité?
Pourquoi du Charsuit-il de loin les
traces ?
Et n'y voit-on feulement que les
Graces ?
Par ces discours mêlez, de doux
transports,
* Chevaux du Solcil.
V€ent & cent -voix font retentir CCS
Bords,
Et l'on entend cette troupe ravie,
Loüer Venus des charmesqu'elle
envie.
Mais lejourfuit dans ces lieuxfortunez,
,
En'Vain Phoebus a'finisa Carriere :
Gentils Coursiers, le Char quevous
traînez,
Porte des Feux plus doux que sa
Lumiere ;
Allez,coureztoûjours rapidement;
Vous ne fçauriez, avoir trop de vitesse;
Putfcjutl ne faut qu'admirer la
IJ/cf!',
C'est trop lavoir, que la voir un
moment.
ODE ANACREONTIQUE.
A MADEMOISELL DE L.
par M. le Chevalier de S. Jory. VEnus sur la mole verdure
D'unJoncfraichement amassé,
Reposoitfous laVoute obscure
D'un Chevrefeuil entrelassé.
Lefeüillage toufu d'un Hêtre
Couronnait ce sombre Berceau , jiu piedde ce Trône champêtre,
Serpentoit unprofond Rutjfeau.
Venus danssoncristalfidélle,
PIllongeoit des regardssatisfaits , presentoità l'Immortelle
La vive Image deses Traits.
Depuis le lever de VAurore
,
L-A,rotiriôdoit dans ces Cantons
Et navait pû l!:J]er encore
Que des Oiseaux& desMoutons
Ildémêlé enfin la Dusse
jiu traversdu]evillageépais;
Il prend!on Arc, tire & la bhfj
Duplus meurtrier de ses Traits.
Perfide E;.1.f.!'"
,
s'écria-t-elle
,
X>Vv'vient Clint', tipi tafureur?
Je 'l',;" prévois pottrIsab:!le
, Du l'Amour, Fûi-dom:Cz. VErreH
La Redondille Espagnole d'Orphée
,imitée par Mr de Senecé, a
été si bien reçue dans le Mercure
d'Avril, qu'il
y a lieu de croire,
que le Public apprendra avec
plaisir, que les Poësies du même
!lt\uteur font enfin imprimées, Be
doiventparoître au commencement
de ce mois. Elles composent
un In-douze de prés de 500
Pages : Ellesrenferment six Livres
d'Epigrammes, avec des Epîtres
autres Piéces qu'on a mises à la
fin du Volume. Un Traitté de
l'Epigramme y sert de Préface.
Pour donner au Public quelque
idée de ces Epigrammes, en voi- ci quelques unes de différentes
espeéccese. s.
, LES QUETEUSES FARDEES.
Toi qu'on voyoit plus volontiers
en Vin,
AMuettmre uôn nEeeû,,qu'un Denier en
Tu l'as donnée&je vis hier matin
Ta Chanté. Sans doute tlfautA
Afaytin, Quele Carc t'ait touché dans son
P ône.
JMafût, A.î-tl, c\ft qu'en les re-'
f,:ïé-;..imt,
Je Y.,spournosjeunes Quî^
tenis; ; Je vis leur t"i,!t si rouge en df-"J
ris,'u(r,:,
Que je 1rs pris pour des Pauvres
honteuses.
EXTRAVAGANCE PIEUSE..
On dit que la sagesse humaine
Estfolie aux yeux du TrèsHaut.
jDii;:sIF prit du l)()¿-I.':r
ch..ut,
C'cfturie r,,.ix.mecertaine.
Il L: (wt:, chaquejouronvoit
ÎMiih^nt
, cratre en e.t:.-,,¡:;d-.;
, f ; feroit,,w7-joulo'.t : heit.s'Lebonhonwccrnir~
£ilfd ne le peut en Covfacn^e
LE
SECRETAIRE D'AMOUR.
V'allois chanter l'horreur lefracas
des Armes
l'Amour m'a commandé de celebrer
vos Charmes:
Jris.st ce Dieu quelquejour
D'untelsoin demandesalaire
Dumoins,quandnous payerez,
l'Amour,
N'oubliez, passon Secretaire.
Par l'Ordre souverain du tendre
Roy des Ames,
Je vais chanternosyeux oit brillent
tant de changes,
Si je fça;s donner un beau tour
Aux dons que 'tovs avez de
flaire-,
Ins
,
r,;uquanduvours pa,yerez, l'A- Svrt^cr.ïz^-VGUS du Secretaire.
EPITAPHE D'UNE VIEILLH
LavieillefemmeaMaîtrcJ*cqH£i\
Trêpassale beaujourdeParues:
Pour la fourer il) dedans,
En ce tems de réjoui(fance ; Il nos dens,
Tronquer ur repasa: *.
O.f ne le furnes achcvr,
Dont deuil plus cuifam nom oppilfs
Jjhtesiyeuswo-ksi;<crever
TMtesUsftcillesdelaVille.
L'ESSENTIEL DU MARIAGIr
Dialogue.
ANSELME, LUBir.
ANSELME.
Pour sortir du libertinage,
,
0; depuis long-temsje te vois
Il faut enfin, mon fils, songer au
Mariage ,
V'ai pour toi sur cela,déjafait un bon
choix,
C'est unejeunefille.
LUBIN..
Elle enfera plus bête.
ANSELME.
Utile comme l'Amour.
LU BIN.
Gare le mal de tête,
ANSELME.
ElleestFille de Qualité,
LUBIN.
Elle en aura plus defierté,
Et me viendra prôner les HertJf J8
ANSELME.
I\ilsacltLi,'triitdeplus
LUBIN.
Purt
ANSELME
hneu de. Lc.jprit,.
L U B I N.
L-1:c
Tj'i\;t.'rM-Cci*?:-:ctrop Ti ..Je
ANs£LN'
'Ellear cn.-dl:E-.a;
!n-tr,.ipt.V't ,
LUnlN,
£>•••<.*cl.autreiat.tcv*
CY/.ivuatfait,mi
ENIGME. ~0/fais home à l'horH'
me nlo).'eux,
Lorsque de !mjetasseparei
7-sjOHvtnttinte moi lePeuplele
COti-J{'!a'f,
Pourquoi ne parlant pas des
mieux ?
Tarl.i je avec tant d'impudence,
Et d'o,! me vient mon insolence?
C'estparcequ'onm'a mis dans le
nombre des D.;cw'r,: : Afi Seear
,
Je crv!S, ne fut jamais
]);:,Ir., I;m(lai,JiJj.efuis d'une comique
espece ; Mais, ef.rir.rc, cr sa'tcuilajeti*
Î" njf(e,
,
Etjen'en ioi; raflar,:'Cor,
Tant que ;>;:'.Z SoeuresY.LUsfern-*
mes e.:pnjcn
Eutrenom,nulle d-'erevre :
C i{1c -;, ornent de r.a r.-r'u"'We,
IR"r.' R»
AUTRE
DE Mr LAUVIN.
JQuclnHc (A-fcure que je puiss
et'e,
A ces m.uq':Cf, LlJewr, tu dois n,
Quoique toujours si!!(
Roturier
A , peine )c parois que chàct
me desire
, Le Roj-mêmeest sujet à mon sat.:
y.ut Empire.
S1.Msl' sa.re r. rien ,
jefais
t ',:,"1t vtéeter,
le dcaJe en !1 Cour en AfuUrt^
/-';" :'-;".:-'-r.' ejm le fois ;
E.ftôt qw:, /u,J reçue
, L'u:\\ e irity:n-. an nombre
(es L--;.'x:
jl/.iii que ¡¡-:;': r-yrc e) (()!!r:.'.;'ti t:::Ce:tem,
.DCJ (.:?,-/ ::,' :'J! fort, ,'tttrom'e
C- > Il £.!•>:::d
c ;,:' p!i'.:splus ï.v.x Le
mesir.eo^.yans,
Une autre me succéde ~ô, se met à ",
maplace.
Le mot de la premiere Enigme du
mois passé,étoit la Corde d'un Inftrument,&
celui de la seconde,
[ le Papier..
| SUITE DU JOURNAL de Paris. LE Portrait du Roy, que le
Sieur Piyaucl avoitcommencé
dés le moisde Septembre 1715, &:.
qu'il n'a fini que depuis quelques
jours, fut présenté le sept, par ce
Peintre célébre, à Mgrle Duc Regent.
On le portale 10 à S. M. qui
parût fort aise de le trouver dans
son Cabiner, parce qu'il est tresbeau
& très
-
ressemblant.
Mr le Grand ayant interdit ces
jours passésl'Argentier de la petite
Ecurie, sur le refus qu'il lui
avoit fait, de lui apporter ses comptes.
Mr le Premier est entré en
cause, prétendant qu'à lui seul appattient
le droit de les (igner,
comme il l'a toûjours fait,du vivantdu
Roy;ce qui a élevé entre
ces deux Seigneurs, unecontestation
qui fera décidéepar le Conseil
de Régence.
Le 16. la grande Chapelle du
Roy forma une opposition contre
les Feüillans, qui, par un ordre
particulier de Mr le Grand Aumonier
, avoient entrepris de
chanter Vêpres, & faire la Priere,
les Dimanches& Fêtes, sur le modéle
de la Chapelle de Versailles.
Mr de Cazau Neveu deMrdu
-
Mont Ecuyer de seu MONSEIGNEUR,
a vendu à Mr Charon
rdlhargè de Gentil-homme Ordre
du Roy, qui lui avoir étédonrée
à la mortde Mr deBourdelin.
MADAME, dont la santéparoitentieren
ent rérablie,est venue cematin,
de Saint Cloud salüer le Roy.
Le22.onpublia l'Arrestsuivant
de i Cour de Parlement, qui fait
défenses à toutes per sonnes de
s'assembler sans permissionduRoy.
Du Vendredy 18. Juin 1717. du
matin.
Ce jour, toutes les Chambresassemblées
, les Gens du Roy sont
entrez&ont apporté,s à la Cour les
copies d'un Aâc sous signature
privée, datté de Paris le onziéme
Juin présent mois 1717, qui paroît
signé ppaarr tcrreennctee - neuf personnes y
-neufpérsonnes.dénommées, lesdites copies signifiées
le 17dud. mois, à laRequête
des dénommés ausdites copies,
comme ayant figné l'original dudit
Acte, l'une par Estienne LesguillierHuissier
à Verge au Châtelet
( dans ces termes) à Nosseigneurs
du Parlement, en la personne de
Maistre Nicolas Dongois Greffier
en Chef dudit Parlement; & l'autre
par le même Lefguillier au
Procureur General du Roy, &ils
ont requisqu'ilplût à la Cour y
pourvoir par les raisons qu'ils lui
ont expliquées
,
fuivant les Conclusions
par écrit du Procureur
General du Roy, qu'ils ont laissées
sur le Bureau, avec les copies dudit
Actesignifié:Eux retirez. Veu
les copies dudit Alte) fous signature
privée,du onziéme Juin 1717,
signifiées le 17 dudit mois, les Ordonnances
& Arrests de lad.Cour,
au sujet des assemblées illicites,
ensemble lesConclusions du Procureur
General du Roy; la matiere
mise en déliberation.
LA COURa ordonné & ordonne
, que les deux significations
faites par led. Estienne Lesguillier
Huissier à Verge au Chastelet
,
tant au Greffier en Chefde ladite
Cour, qu'au Procureur General
du Roy,le 17 Juin pleinemois,
demeureront supprimées, interdit
ledit Lesguillier des fonctions de
sa Charge pendant six mois. Fait
tres-expresses inhibitions& défenses
à toutes personnes, de quelque
estat, qualité& condition qu'elles
soient, de s'assembler sans permission
expresse du Roy,fous les peires
portées par les Ordonnances
!6t:AnCÍts de ladite Cour.
Le~. Ce matin, Mg le Duc
d'Orleans entrant au Conseil, a demandé ce que faisoit le Roy ; sur ce qu'on luia répondu qu'il
étoit aux études. S. A. R. aréplique
je ne veux pas le détour-
»
ner ,
mais après le Conseil, S. M.
aura leplaisir devoir le plus gros
& le plus, parfait Diamant qu'ily
ait dans le monde. En effet, c'est
un brillant gros comme un petit
oeuf, qui pese plus de 600 grains,
d'une trés-belle eau,&sans désauts.
Il a coûté pour le tailler en
-
facettes 6000 Guinées, !&"1'oo en
a retiré 7000,des rognures ;le Capitaine
Pitt de qui il vient,avoit
voulu le vendre au feu Roy, 4.
millions. Le marché s'est cependant
concluavec Mgr leRegent, à2000000.On a déja compté
700000. livres, & l'on s'est
engagé de donner pour les
1500000 livres restans, 200000.
livres par an. On est convenu de
remettre pour nantissement à Mr
.pKi & à Mr Stanhope son beaufrere,
des Diamans de la Couronne
,dont ils seront dépositaires
&garands;& qu'ilsrendront àmesure
qu'on les payera. La France
a maintenant un Diamant à opposer
à la Perle d'Espagne, au
gros Diamant du Grandt>Duc de
Florence, au petit Plarfait d'une
feule Eméraude, dela République
de Gênes, & au fameux Diamant
du Mogol.
Mr de Vaux Ecuyer de la grande
Ecurie,a vendu sa Charge 50000.
livres,à Mr de Nesmond.
Le 25. 4. Mousquetairesayant
prisquérelle à 5. heures du matin
avec 4. Archers du Guet,àla Porte
S. Honoré, Mr de Nizon un
desMousquetairesa û lemalheur
d'y perdre la vie, & un de ses
Camaradesaété blessé. On porta
le mort chez lfCOlumitfaireThienaut,
où il fut ouvert en présence
du Lieutenant Criminel & de plu- -
sieurs Officiers de l'Hôtel.
Le même jour, l'Academie
Françoise fut assemblée auLouvre,
- pour
pour la Réception de Mrde Fleury,
ancien EvêquedeFrejus
,
Précepteur
de S. M. Le nouvel Académicien
ouvrit la Séance par
un Discours qui entraîna tous les
suffrages. Illoüa dignement, quoique
succinctement, feu Mr de
Callieressonsuccesseur:Il rendit au
Cardinal de Richelieu & au Chancelier
Seguier,l'hômage que le devoir
prescrit en pareil cas. Tout
cela n'occupoit qu'une très petite
partie du discours que l'Orateur
avoir principalement destiné à célébrer
les dernieres années du Regnede
LOUIS XIV. de glorieuse
Mémoire. Il peignit ce Grand
Rreouyf,elus ttant contre les plus rigouépreuves
du Ciel: Il renouvella
l'Histoire douloureuse de
tant de stéaux, dont son Courage
& sa Vertu sçurent triompher. Il
conduisit enfin, le Heros Chrétien
à l'épreuve, contre laquelle
les Verrus de pure ostentation s'évanoüissent.
Ille representa,tenant
ferme contre les horreurs de la
mort, surmontant les douleursles
plus vives, par la plus patiente
tranquilité.
L'Orateur passa de l'Eloge
Funébre de LOUIS XVI. loüanges aux consolantes de LOUIS
XV.Ildonna quelques Actions
-
- de ce Prince pour garands de la
douceur de son Regne. Ilfit voir
dans les sentimens de ce jeune
Monarque,le germe de toutes les
Vertus Royales, ausquelles - l'Education
doit donner l'accroissement.
S. A. S. Mgr le Duc du
Maine,Sur- Intendant à l'Education
de S. M. &. Mrle Maréchal
de Villeroy son Gouverneur, furent célébrés par l'Orateur, grand applaudissement au du Public qui voit avecconsolation ,
,
1'111f..
truction de S. M. confiée à de tels
jMinifties.
Mr de Valincourt Directeur
de la Compagnie,répondit à Mr
de Frejus par un Discours très-éloquent;
il exhortale nonvelAcadémicien
à faire sentir au Roy, com~
éien son amour pour les Sciences
•û les Arts, combien sa bienveillance
libérale pour ceux qui les
jculdvenc, contribuërontàlagloire
de son Règne, & au bonheur de
ses Sujets. Il fit honneur à nôtre.
Siècle des- Chefs-d'oeuyres qu'il
; a enfantés dans les différents genres,
foie d'Eloquence, soit de Poë-
: sie. Il fit généreusement passer en
revuele,tousles rravaux de ses Confreres
qu'il osa louer, comme ils le
méritent. Ilne prit aucun parti
marqué sur la dispute des Anciens
&.des Modernes, quoique l'exemple
lui en ût été donné dans les
Assembléesprécédentes. Il a rendit
justice aux uns & aux autres; sans
être sorti du caractère d'Homme
Public. Enfin, il a (acisfur à tout
ce qu'onavoit lieu d'attendre d'un --'
* aÙssi &£lbnLHomme
Après que Mr &: Valincourt ût
prononcé son Discours, il invita
- Mr de la Motte à réciter à l'Assemblée
quelques-unes des Fables
nouvelles dont il va faire hommage
à S.M, Pij
Il en récita huit ; le Public les
reçût toutes, avec un accueil
égal, & l'on attend impademment
que cet Ouvrage soit imprimé.
A MONSIEUR DE LA MOTTE
Sur les dernieves Fables qu'il recita
à l'Academie Françoise. DE tous les lieux deson Domaine
- ,
Apollon fit hier convoquer
TOUJ.gens,frequcfltans l'Hypocréne, (Nulnecrut devoirymeMcjtttr. )
L(Ffq:lc chaqu'un ût pris sa place , Maints bèaux discours l'on debita;
Puis un des Menins du- Parnasse
, Fablesen vers nous recita :
Fables, de nom, car je puis dire,
Que c'étoientbelles-Veritez,
£$ue L'on apercevoit reluire
Sous d'agréablesfaussetez,.
Ovais, dit lorsÆsope en colére
3
Ce Drole a, ma foi, pirate >
C'estlàmon tour, c'est ma manière
,i->,-n.t_/?/•;?/?/c;?^•/?><té.
1 ; recoanon mon élegance,
*
Feynt Phèdre bri'^i't.e.-ncnty
/, v- 1 Ji ,.. "-,, .,..,
S !i-i-onencoreen France
A : c.\},'Í?n:;' é'.-'iAmn?** ?
G •: to:t: ri oaxMi If;eurs du Vic:1 a^e!
}):•.laF'jy'ta'KCy an tour h?ave'ix-,
]).¡;?S moi (If! ilal'{iVA::ta]S
n; z'ciis
retrouver tous les deux ;
():!,l. , a ti'l1 tgauit b1 addr/ia^e , h [•rotelie cjhc c'ep mo-i bien
,
C-:<n;nc:nparun nouvel ttfuge
,
Ce Asa!ois l\\-i-d renàu (len ?
Am? 7''f ra:.ï
,
de laNauare lpf,-: j'il;n"Ur; liberté:
Aïais il a fltr rmi,le La ï\,II./:- & la Ma:e;}/.
C 11}'i'';:r fn homme4? MU CI que,
I<-prit îl>.-t.re!)i>-c?ùr>i
Si', Vcrs-o<:!Li:ai 2['.il TI:,
• J; l'avo'':?()> ce) "*; t,
Asa:; e-i e ?\.ut>.>o a h a ¿':.f:fe,
l'..: ¡ ~": r -ïv'y•-~ 1.1:lt, fr-3 r :/ : !l -- j /1 ; f. --:-*7 7.
, r, : - v ,
,
~)..J .j' , :-.:< '
La Motte,ilfaut que ton Ouvrage
Au Parnasse fait imprimé.
DONS DUROY.
MOnsieurl'Evêque de Cahors
a obtenul'agrément duRoy,
pour ceder à M. l'Abbe de la Luzerne
son neveu, l'Abbaye de la
Garde de Dieu, Ordre de Cireaux,
de 3. à 4000. livres de revenu.Cet
Abbé, dont l'Aîné est Colonel du
Regiment de Perigor, & le Cadet
Chevalier de Malte, est fils de
M. le Marquis de la Luzerne, cydevantSons-
Lieutenant de la premiere
Compaq ie des Mousquetaires,
& de N de la Chaize
Soeur de M. leComtede la Chaize
Capitaine des Gardes de la,
Porte, Neveu de M.l'Evèque de
Cahors, &de M. le Comre de la
Luzerne Chef d'Escadre. Cette
Famille est une des plus anciennes
de Normandie, du Nom de Bricqueville.
L'Abbaye de Candeil, Diocése
Î'Alby, Ordre de Cireaux, a été onnée à Don leGrand Religieux
Mu même Ordre.
-
,
Le Roy a nommé à l'Abbaye
>de Bucyhi, le Pere François Hum-
Ibert Vicaire General des Refori
mez,del'Ordre des Premontrez..
MO RTS.
MreAndré Nicolsde Jassud,
Président en la Chambre det
Comptes de Paris, & avant, Conseiller
au Parlement, mourut le 4.
Juin 1717, ne laissant que deux
filles,de Dame Marie- Anne Coustard
sa femme, qu'il avoitépousé
au mois de Février 1702 , soeur de
MrCoustard Conseiller au Parlement
: Il étoit fils de Nicolas de
Jassaud Seigneur d'Arquinvillier,.
morr Doyen des Maistresdes Requestes
de l'HôtelduRoy en 1689,
âgé de 78. ans, & de Dame Marie
de Flandres.
Dame Françoise de Monraut de
Benac de Navailles,veuve de Mre
Charles deLorraine,Duc d'Elbeuf,
Pair de France, Gouverneur dé
Picardie, des Comtésd'Artois
& de Haynaut,& Gouverneur particulier
des Ville & Citadelle, de
Montreuil sur laMer,mort dés Pair-
1692, mourut le II. Juin,n'ayant
eude son mariage que feuë Madame
la Duchesse de Mantouë;elle
étoit belle-mere de Mr le Duc
d'Elbeuf d'aprésent , & fille de
Philippes de Montaut de Benac.
Duc deNavailles, Pair-& Maréchal
de -France, Chevalier des
ordres du Roy, Gouverneur de-la
Rochelle & du Païs d'Aunis,&de-
Sufanne de Baudeau l'une des Dames
de la Reine Anne d'Autriche;
& elle avoit eu pour soeurs les
MarquisesdeRothelin & de Pompadour
Lauvieres. LaMaisonde-
Monraut Benac est originaire de
Gascogne, où ellen'est pas moins
connue par son ancienneté quepar
les Alliances
, comme on le
peut voirpar-laGénéalogie qui
en est ra pportée dans i\ ~Jftoiie desGrands
Officiers de la Couronne,
par le Sieur du Fourny, au
Chapitre desMaréchaux de Fran-
3ce.vol. I. F. 810.
Mre Charles de Bourdon,Chevalier
Seigneur de Boue & de
Conaux
,
Major Ce la Ville de [Phalsbourg, mourut le30 May
r1717. Il sortoit d'une FamilleNoble
, originaire de Provence, &
dont la Généalogie est rapportée
dans le Nobiliaire de cette Provin-
-ce, par le sieur Robrer. Il avoit
été marié le 13. Avril 1704, avec
Elisabeth Blanchard,veuve d'Antoine
Petin, Seigneur de Phalsuvefer
en Alsace, mort le 14.
Octobre 1697,& fille de François
Blanchard Seigneur des Bordes,
Avocat au Parlement,quiadon--
né au Public les.Eloges desPrésidents
au Parlement, & des Maîtres
des Requestes ordinaires de
l'Hôtel du Roy,avec un catalogue
des Conseillers au Parlement,
mort leS Avril1686, & d'Elizabet
Coulon,morte le 10 Février
-
-T~r-^r
Madame Bourdon a eu de fore
premier mariage, Jean Petii-LSeigneur
de Phalsuveser,Capitaine
au Regiment deToulouse, mort
le 20 Avril 1713 d'une blessure
qu'il avoir receuë au Siége de
Landau, & une fille qui n'dl: pas
mariée ; elle est soeur de GuillaumeBlanchardAvocat
au Parlement,
receu le 9. Juillet 1674, &1
qui a donné au Public en lYnnéc
1715, une compilationChronologique
des Ordonnances des Roys
de France ,
depuis Hugues Gapet,
ila été marié le 10. May 1685,avec
Marie-AnnePezard,fille deChristophe-
Auguste Pesard, Seigneur
de Maray,Conseiller au Chastelet
de Paris,&d'ElizabethCurabelle;
il en a plusieurs enfans, enrr'-
autres Frarç. - Auguste Blanchard
Avocat, receu le 3.Aoust1713,
& Elizabeth Blanchard, mariée
le 4 Juin 1715 , avec Jean-Charles
D'ussy,Seigneur des Coustures,de
Presnay, de Basoches, & en partie
dela Neuville.
Mr le Prince de Monbazon,
-Duc & Pair de France,Brigadier
des Armées du Roy, & Colonel
du Régiment de Picardie, mourut
Je 261 Juin 1717. âgéde 35. ans.
La célébre Mde Guyon, mourut
ces jours passésàBlois, à r'Hô--
tel de Montmorency.
MARIAGES.
Mr le Marquis d'Harcourtfils
aîné de Mrle MaréchalDuc d'Harcourt,
a épousé la nuit du30 au 31
du passe, D'IL-.-.. le Tellier de
Barbesieux,fille de feu Mre Louis
François le Tellier, Marquis de
Barbesieux
, Ministre & Secretaire
, d'Etat, Commandeur, Chancelier
& Garde des Sceaux des Ordres
-du Roy, &de Dame Marie Therese
Dauphine d'Alegre sa deuxiéme
femme. La Maison d'Harcour
est si ancienne, si grande&
,siilltiftre
,
qu'il seroit inutile de
vous en donner ici, aucun détail
Généalogique. Pour la Famille de
leTellier, elle est sans contredit,
une des premieres de la Robe.
Mre de Grossolles Marquis de
Flamarens , a épousé le 3. Juin
Dlle de Beauveau
Niéce de Mr l'Archevêque de
Toulouse. La Maison de Grossoles
est originaire de Gascogne
, &
fort distinguée par son ancienneté
& par ses Alliances; pour celle de
Beauveau ,
elleest originaire de
la Province d'Anjou,& l'une des
plus anciennes de cette Province ,
comme on le peut voir dans la
Généalogie qui en a étédonnée
au Public, par le sieur de Sainte
Marche.
Mr de Laistre Secretaire du
Conseil,a épousé le6. de ce mois
Mlle de Bullion, fille du Conseiller
au Parlement de ce nom.
DAnJlaRelarion quejefis imprimer
a part, le mois passét
touchant le Czar, le laissai ce Prince
à Pult-bcurt; : Il eji présentement
de
de mon devoir, que je reprene la'fate de ceJournal
, en condui-
,
sant ce Monarque jusqu'aux Eaux
de Spaa, où il va joindre la Clarine
son Epouse.
Le Dimanche30. du passé, le
Czar arriva de bonneheure àPetit-
Bourg, où M. le Duc d'Antin lui
fit servir un dîner magnifique;
après lequel il alla coucher à Fontainebleau.
Le lendemain, il courut
le Cerf avec l'Equipage du
Roy; il monta les Chevaux de
lÆgr le <3bmte de Toulonfe
,
qui
se trouva à cetteChasse ; elle fut
sivive que le Cerf fut forcé en
moins d'une heure & demie. Le
Czar qui n'avoir jamais pris ce
-
plaisir Royal, en parutfort content
,.<')[ fit à M. le Comte de
Toulousetoutes les honnêtetés
imaginables. Après la ChasTe
, ce
Prince dîna dans le Pavillon qui
est au milieu de la grande piéce
d'eau, où il resta fort long-tems à
;table. Comme on s'étoit flaté qu'il féjourneroitpluslon^-temsài-oatainebleau
, on avoir tout disposé
pour cet effet; cependant il en
partit ce jour là même
,
après s'être
promené quelque tems le long
du Tibre. Il revint coucherà
Petit-Bourg ,
ou M. le Ducd'Antin
le recut aussi magnifiquement
que la veilles quoique ce retour
fut imprévû. Après avoir parcouru
les Jardins, & laTerrassequi
sert de barriere àla Seine, il entra
le premier Juin, dans une Gondole
, qui le ramena àParis
, avec
toutesa Cour qui lesuivit dans
d'autresBateaux,il s'arrêtaàChoisi,
où il fut accueilli par Madame la
Princesse de Conty Doüairiere ,
qui doit y séjourner tout l'Eté;il
vit les Jardins & les Appartemens:
S'yétantrafraîchi, il continua son
chemin en Gondole
,
& ayant
traverfe^ous 4cs Ponts de Paris,
il vint descendieà l'A breuvoir , audefloas dela Porte de la Conférence
; il monta en Carosse
,
&- D.-flart surles Rempàrts de
la Ville
,
il allachez unArtificier
oùil acheta une grande quantité
de Fusées & de Pétards qu'il voulut
tirer lui-même, dans le Jardin
de l'Hôtel de Lesdiguiéres.
Le 2 ,
il alla l'aprés midy à
l'Abbayede S. Denis, où on lui
fit voir l'Eglise, le Trésor
,
les
Tombeaux
, & lesuperbe Bâtiment
que lesReligieux ont élevé
depuis quelquesannées, & qui
n'est pas encore achevé : la solidité
des Murs & des Voutes lui
plût extremement. Les Benedictins
lui avoient préparéunetrés
grande col lation, qu'il se fit apporter
dans une Cellule qui est
au bout du Dortoir
,
& dont la
vue est charmante; il revint de
S. Denis par S, Quen. où M.
le Duc deTresmes avec route sa
famille, l'attendoit. On lui servitunemagnifique
collation.
Le 3 ce Monarque partir d'ici,
accompagnéde toute sa Cour, de
M. le Maréchal de Tessé, & de
M. le Marquis de Bellegarde
fécond fils de , INI. leDucd'Antin;
ce jeune Seigneur ayant été pré
posé pour faire les honneurs des
Maisons Royales à la place de
M. son pète) qui comme -
Chef.
du Conseil du dedans du Royaume
,
n'avoit pu suivre S. M.
Czarienne ,à cause de quelques
affaires importantes. Le Czar
avoitcompté passer quelques jours
à Versailles, & même on s'étoit
préparé à l'y recevoir; mais il ne
s' y arrêtaqu'un moment , étant
allé coucher à Trianon, où il a
occupé avec toute sa suite, les
Appartemens duCorridor qui donne
sur
-
les Goulottes. Pendant le ,féjotfL"qu'il a fait à Trianon, il
prenoit surtout le plaisirdela promenade
dansles Jardins en Calesche,
& sur le Canal en Gondolle
; il a visitétous les endroits
les plus remarquables des environs.
Le 6, il partit de Trianon,
pour aller au Château de Clagny;
il monta au grand Aqueduc, &
de là se rendit à Af/trly. Il a eiij
[
ployé le tems qu'il y a demeuré,
à peu prés comme à Trianon,se
-- promenant presque tout le jour, &examinant les Jets d'eau, les
Cascades &les Statuës, avê..,cunc
attention surprenante;ilalloit surtout
à chaque instant, voir la Cascade
j4grij>pwne.
Le 10
,
M. deVerton,Maître;
d'Hôteldu Roy ,
qui est chargcf.
par ordre de la Cour ,de servirle
Czar,ayant ordonné un rres-benir
feu d'Artifice, avoirplacé dans
le Bosquet de Marly, unegrande
quantité de Haut-bois&detoutes
fortes d'instrumens qui préluderent
& donnerent une Serenade
qui dura prés d'une heure;
aprés quoi on tira le feu d'artifice
lequel fut suivi d'une tres belle
illumination, que M. le Marquis
, de Bellegarde avoit faitprepararer
dans les Bosquets desBains
d'Agrippinne, & dans celui de la
Cascade;lafête finit par une cfc
pece de Bal: Toutes les Dames
que la curiosité avoit attirée 1«
Marly, danserentdans le Sallort;-
bienavant dans la nuit. Le Czar
fut si content de cette galanterie,
qu'il se coucha trés tard, contre
son ordinaire.
Le II, étant alléle matin- à
Saint Germain en Laye; il examina
le Château vieux &: la neuf,
& resta fort long-temssurlaTerrafle.
Il descendit au Val, &delà
au Monastere de S. Cyr, où
a.-tt Madame de Maintenon qui
reçût sa visite sur son lict; il demanda
à voir les cinq Classes &
routes les Demoiselles, chacune
dans leur place;le Prince sist sort
édifié del'utilité &de la magnificence
de l'établissement de cette
Maison, & de la maniere dont les
Filles y étoient élevées.Aprés
s'estre beaucouppromené, il remonta
en Carosse -ex; revint coucher
à Trianon,
Le 12. il quitta avec regret ces
lieux enchantez, pour revenir à
Paris, il passa par Versailles, où
:-l dîna; avant que de se mettre à
table, il vit tous les Appartemens
~L: le Cabinet, des Curiositez
,
qui
cft auprès de la Piece de la Chapelle
;on lui montra les Medailles
Ȑc les Coquillages.LesLivrescurieux
& les Estampes magnifiques
r
des Anciens Balers du Roy,l'occuperent
plus agréablement, que
toute autrechose.Ildescendità
la Grande & àla Petite Ecurie; il
vit travailler dans l'une & dans
l'autre,plusieurs Chevaux que les
Ecuyers monterenten sa presence. Ilmonta en Carosse sur les cinq
heures, & vint à Chaillot, rendre
visite à la Reine d'Angleterre;Il
traversa, sans s'arrêter, le Cours la
r. Reine, où l'on se promenoit: Il
àvint descendre chez Mr deLaunai la Monoye des Medailles, où
Mr le Duc d'Antin l'attendoit ; ce
Seigneur fit fraper en la presence
de cePrince, une -
Medaille
d'Or, qu'il lui presenta : Le Czar
fat surpris de trouver d'un côté
son Portrait en Buste, ayant
- pour Legende,Petrus Alexievvitz.
T\ar, Mag. Russ. Im(J'eratol; ôî
au revers une Renomméedans les
airs , avec deux Trompettes ; autour
étoient ces mots, Vires aLgo'.
fit eundo. Cequifaitallusion aux
differens voyages que ce Souverain
a faitdepuis vingt ans :8c dans
l'Exergue;Lutet. Paris, 1717. Ilmonta
ensuitepour voir-leCabinet
des Medailles,où il trouva un Medailler
remplidetrente Médaillésd'Argent,
& de quarante Médailles
de Bronze, pareilles à celle qui
luiavoirétépresentéeenOr.Ilen
fut surpris, & encore plus, lorsqu'il
vit qu'elles furent distribuées aux
Personnes. qui l'accompagnoient
Après qu'il ût consideré avec attention
lOUt
ce qu'il y -avoit-diansla
MonoyedesMedailles,ilpna
dans l'Orphevrerie, oùil trouva
i?n grand nombre de beaux Ouvrages
de ce Metail , dont la plus
grande partie étoit pour le Roy,
&quelques uns aussi pour le Roy
de Portugal & à ses Armes ; il les
examina avec itn- discernement
lui marque son bon goût pour TOUtes
sortes de choses. Lorsqu'il s'en
alla
, en lui presenta de rechefune
pareilleMedaille de son Portrait,
quivenoitd'être achevée,dont
les fondsétoient de Bronze brune,
& tous les reliefs en Or.
Le 13. au matin, il reçût la Visîte
du Nonce, qui lui fit un com- pliment en Italien, auquel le Vice-
Chancellier Schaffirauu répondit.
Il sortitseull'aprés-midi, & se
rendit le soir chez Mr le Duc
d'Antin, où il soupa avec Mgr le
Comte deToulouses le repas fut
superbe.
Le15.aumatin, ilallaàl'ImprimerieRoyale
? on tira devant
lui plusieurs Epreuves:ll passa ensuite
au Collége des Quatre Nations,
fondé par le Cardinal de-
Mazarin; Il viGta l'Eglise&la Biblioteque,
& fit amitié à M Varignon,
le plus fameux Géometre
du Royaume; il s'infirma des
fonds destinez à entretenir un pareilEtabli(
Ternent*, il parut content
du détail qu'on luien fit, ~f~
ce qu'outre deux Colléges qu'il (li fondez dans ses Etats,l'un à Mor:
covu, & l'autre à Peterbourg ,il
a encore dessein d'en ériger de
nouveaux. Au sortir de cette Mai.
son,il passa chez le sieurPigeon,
Auteurd'une Sphere mouvante
très curieuse, suivant le Systéme
de Copernic; illa trouva parfaitement
executée; elle lui PZC si
fort, qu'il donna ordre
, en parrant,
del'acheter deux «mille ~écusa.
Ilalla ensuiteen Sorbonne,où-il
fMuat isrôençû,qup'ialr^lpeasciDeoucftaebuerasudcoeupa^
il admira le Tombeau du Cardinal
de Richelieu
, que l'on regôritr
comme un des Chefs d'Oeuvre de
Girardon. L'après-midi, ce Prince
monta sur les Tours de Nôtre-Dame
, pour découvrir d'un coup d'oeil, toute l'étenduëde cette
Capitale; il trouva , en rentrant à
l'Hôtelde Lesdiguieres, lesAmbassadeurs
de Portugal & de Malte
» qui vinrent en grand Cortége-,
lui rendre-visite.
-Le lS. au matin, étant retourne
aux Gobelins, il prit plaisiràvoir
r travailler: Entre plusieurs pieces
deTapisseriequ'on lui exposa, il
il fut Epris de l'Histoire de Don
Guichotte
,
dont les desseins sont
du jeune M,. Coëpel: LeRay lui
en a fait present du depuis, avec
quelques autres. L'après-diné, il
monta dans une Caleche,en forme
de Gondole
, ouverte de tous côtez,
appartenant à M. le Maréchal
deTeflé: Ce Monarque étoit accompagné
de ce Seigneur
,
de son
Chambellan ordinaire & de M.
de Verron ; il visita enpassant dans
la ruë des Bernardins,la Maison
de M. de Torpane, que lui aven-
,
du M. l'Abbé Bignon: Ensuite
celle de Madame la Duchesse de
.- la Ferté, qui donne sur lePalais
Royal; il sur charmédu gouc &
de la magnificencedontelleétoit
ornée: Il passarte làl'Hôtel de
MS- le Conre de Tou-ouïe*, après
quoi
,
CLlf le soir, il aiii (e promener
au Cours
,
où il fit plufîeucs
SOULS.
Le 16. le Czar ayant témoigné
quelque envie de voirles Troupes
de la Maison du Roy, Msr le-Duc
Regent donna ordre aux Gensdarmes
, aux Chevaux-Legers.,
aux deux Compagnies des Mousquetaires,
& aux Gardes Fran--
çoises& Suiffes, de se tenir prêts
le 16. aprés midi. On choisit, pour
enfail-e la revûë, la grande Allée
des Champs Elifées. Les Gardes
Françoises & Suisses étoient
rangées sur cinq Lignes, depuis le
commencementdecette Allée,jusqu'à
la Barriere qui la separe des
Allées du Roule. La Cavalerie se
plJça sur quatre Lignes, depuis
cette Barriere, juqu'aiideffiis-de la
grande Etoile. Le Prince deRohan
& lePrincedeSoubise reçû en survivance
de laChaige de M.son pere,
étoit à la tête de la Compagnie
des Cens-darmes. M. le Duc de
<.h2uLLesé[()ir au tri avec M. son
Fils -
,
à la tête des Chevaux Legers
:M.d'Arcagnancommandoit
les Mousquetaires Gris-, & M. de
Caullhc
i Canillac, les Noirs. Mgr le Duc du
'r Maine & M. le Duc de Guiche
* étoien à cheval:Le Czar arri va à
- trois heures & demie, au bas des -Allées
-
des Champs Elizées; il
monta sur un Cheval du Roy; on
en avoir aussiamené pour toute sa
Suite. Mgr le Duc d'Orleans étoit à
L cheval, suivi de plusieurs Seigneurs
de la Cour. Le Czar accompagné
de S. A. R. palTa fort
1. vîte devant le premier Rang ,
jusi
qu'au bout dela Ligne, &revint
t au petit galop : Etant parvenu à
,
l'entrée de l'Allée des Champs
Elifées, il vit faire l'exercice r à toute l'lnfanterie; mais s'étant
élevé des tourbillons épais de
-
poussiere,par la quantité des caros- | ses
,
des chevaux,& d'une multitude
infinie de Peuples qui s'y
rrouvetent; ce Prince en fut si fort
incommodé, qu'il fut obligé de se
retirer, sans avoir û la satisfaction
de voir défiler de si belles
Troupes: Il descendit avec Mgr
le Duc d'Orléans, pour viiiter le
nouveau Pont tournant des Tuilleries.
Ces deux Princes se retire- Jj
rent ensemble dans un endroit separé,
& ûrent une Conference
d'une demie heure, en présence
du Prince Kurakin qui servoit 1
d'Interprete à S. M. Cz. Après
s'être promené un moment dans
les Tuilleries, il monta enCarosse,
accompagné de Messieurs les Marêchaux
de Tdlè, d'Estrées -
,
de
Matignon,& autres Seigneurs. Il
allasouperàS.Ouen,chezM.le
Duc de Tresmes, Gouverneur de
Paris : Il y fut traité splendidement
; il s'entretint prèsque toujours
, pendant le repas qui dura
près de trois heures, avec M. le
Comte de Bethune
, qui parle
Polonois&Allemand. Ce Prince
ayant sçû que Madame la Comtesse
de Bethune
,
fille de M.le Duc
de Tresmes étoit feulement
spectatrice
,
illa pria tres-gracieusement
de se mettre à table, ce
qu'elle fit.
Le 17. Mgrle Comte deToulouse,
fit presenter à ce Prince une grande
Carte Marine, avec plusieurs
Ecrans magnifigniques. Il retourna
encor à l'observatoire,où
il fut prés de deux heureàfaire
des observations, & de là il se
rendit chez Mr le Maréchal de
Villars qui le reçût avec tout l'appareil
possible; le souper se passa
enjoye,&àchaquesanté on tia
plusieurs boëtes.
Le 18 au matin,le Czar qui
avoir mandé MrDelisle le Géographe
,l'entretint fort longtems
par Interprète, sur la situation &
l'étendue de son Empire, dont
ce Prince est mieux instruit que
personne. Pour lui en donner une
connoissance plus exacte ; il ordonna
qu'on aporta deux Cartes
Manuscrites qu'il avoir fait faire
d'une partie de ses Etats, il fit
remarquer à M. Delisle la situation
d'une nouvelle Fortersse
qu'il avoir fait bâtir en Tartart,
& lui fit part de ses nouvelles
acquisitions dans ces quartiers-là,
par la soumission d'un Roy T*r±
tare, qui s'est rendu son Vassal, ÔÊ
par la jonction de cent mille Calmoucs,
avec les autres Tartares
quisont déja fous sa domination.
CePrincealla voir enfuitc
plusieurs experiences Chimiques
que Mr Geosroi. lui avoit prépa- rées. Le iS- leCzar vint à cinq heures
incognito,prendre congé du Roy ;il
entra par l'apparrement deM. le
Maréchal de Villeroy, il fit present
à S.M. du Plan dePeterbourg-
On peut juger del'importance &
de la grandeur de cette Place,
par les32Battions qui doivent U-.
deffendre. S. - M. l'a placé dansle
Cabinet du Conseil. Après
avoirreçûlavisite de Mgr. le
Duc Regent; il alla au Palais
Royal, où il salua Monseigneur&
MadamelaDuchene d'Orleans.
Le même jour,le Czar curieux de
- voir rendre la vue à un Aveugle,
donna ordre à M. Areskin son
premier Medecin, de lui decouVIrr
un habile Oculiste; s'étant
,
adressé à M. du Vernay Professeur
Royal d"Anatomie au Iardin des
Plantes ,
il lui indiqua M. de
VvolhouseGentil-hommeAnglois,
qui ayant amené à l'Hôtel de Lesdiguieres,
un Invalide Aveugledepuis
la Bataille d'Hochsteet, âgé
de65 ans, prépara tout pour cette
opération difficile. Le Czar voyant
planterl'éguille dans l'oeil de
l'Invalide, se détourna un moment:
mais la curiosité l'ayant
emporté, il le vit travailler &
illia preuve que la Cararacte étoit.
abatuë ;car ce Prince ayant motitré
sa main à l'Invalide, celui-ci
la distingua. Un succés si hûreux -
• a engagé S. M. Cz.a promettre
, ausieurde Woolhouse un Elève,
pour le former fous un si habil
Homme
,
à l'imitation du Grand
- Duc de Toscane, & du Roy de
Sicile qui lui en ont envoyée&qu'il
a perfectionnés dans cet Art.
Le 19. le Czar semit dans son
Bain,suivant la coûtume qu'il
a de le baigner tous les Samedis.
Le même jour, ce Prince voulant
setrouv et à une Audiencedu
: Parlement,s'y rendit. Il entra d'abord
chez MrPremier Président,
d'où il sur conduit par le Bailly du - Palais, à la Grand-Chambre. On
leplaça dans une des Lanternes
que l'on avoit décorée, d'où il vit
MESSIEURSSiégeantssurles
hauts Bancs. On appela une Cause
; après que les deux Avocars
Mres Milchault & Guerin ûrent
plaidé, M.,de Lamoignon Avocat
General
,
se leva; & après avoir
résumé l'affaire qu'on plaidoit
alors, dit qu'il y avoit plusieurs
exemples, où la Couravoir
été consultée par des Souverains,
dans les affaires 'es plus importantes
de leurs Etats, mais qu'un
• Monarque si éloigné dela France
, également puissant en Europe
fleen Asie. ût voulu être témoin
de. son Auguste Séance, c'étoirunexemple
rare: il ajouta
qu'un tel événement méritoir d'êne
conservé dans les Registres du
Parlement,& d'être transmis à la
Postérité.L'Académie finie, le
- Czar salüen sortant,cet Auguste
Sénat, qui étoit en Robes Rouges,
& les Présidens avec leurs FOUÏrures
; ce qui ne s'étoit pratiqué
en pareil cas,quepour l'Empereur
Charles-^wnt.
Le même jour, l'après-midi, le
Roy alla àl'Hôtel delesdiguieres,
rendrevisite au Czar, qui, après
l'avoir reçû,vint à l'Academie
des Sciences,où M,l'Abbé Bignon
présidoit:*Mr de la Faye lui montra
un modéle de laMachine qu'on
a imaginée fort ingenieusément pourélever l'eau , avec la moindre
force qu'il est possible,fondé sur les
Proportions les plus difficiles de
-
Geometrie. Le Czar confirma par
son approbation, le jugement du
Public & del'Academie. M.Lemery
lui fit observer l'effet de deux
vegetations chimiques fort singulieres,
& Monsieur de Reaumnr,
les desseins de la Defcrip-
* Capitaine aux Gardes Françoises,
tion des Arts, prêts à imprimer:
Enfin M. Dalesme lui fit voir l'esset
d'un nouveau Cric à Cremail---
lere
, qui,avec moins de force, fait
plus d'effet que les Crics. S. M.Cz.
a prêté beaucoup d'attention à
toutes ces Nouveautez
, & a bien
voulu prendre séance,permettant
à la Compagnie de s'asseoir, pour,
voir l'ordre de l'Academie & le
rang des Academiciens. Il a vû
pareillement celle des belles Lettres
, où on lui montra l'Histoire
de LouisXIV. en Medailles.
Le Dimanche 20. à deux heures
après midi., il envoya demander,
s'ilpouvoit revenir voir les
Medailles desRois de France, & - la suitte de l'Histoire de Loüis-
Quatorze,dont une grande partieétoit
de même que celle qu'on lui
avoit presentée de Bronze ,& les
reliefsd'Or. Il y arriva une heure - après
,
& examina tout avec encore
pLs d'attention quelapremiere
fois. Et comme il s'arrêta beaucoup
à considerer la Medaille de
LOUIS XV,qui a pour revers un Soleillevant,vec ces mots, Iubet
sperare; qui étoitaussi deBronze&
les reliefs d'Or.Le Directeur de la
Monoye crut devoir la lui offrir. Il
la recût trés-gracieusement, marquant
,en touchant sur sa Poitrine,
qu'il la garderoit éternellemenr.
Sur les 6. heures, il retourna à
l'Hôtel de Lesdiguieres, pour assilier
aux Vigillesde la Pentecôte,
dans la Chapelle; elles furent
chantées parce Prince &par les
Musiciens
,
quiavoient chacun, un
Livre de Plain-Chant à la main.
Le Czar,après avoir entendu
la Messe de la Pentecôte, selon
l'ancien stile & la Liturgie des
Grecs, partit enfinle it.au soir,
pour les Eaux de Spaa.; il étoit escorté
par dix Mousquetaires
,
qui
devoient se relayer successivement
enpareil nombre, jusqu'à Soissons. Ilsoupa &coucha à Livrv, chez
le Marquisde ce Nom; il bût à la
Santé du Roy&àcelledeMgr le
Régent.
Il a fait plusieurs largesses avant
son départ; il a donné son Portrait
enrichi de Diamans à M. le Duc
d'Antin,àM.leMarechal deTessé,,
à M. le Maréchal d'Estrées à
M. le Marquis deLivry, &à
& à M, de Verton, pour lequel
il a û des egards particuliers, qu'il
s'est attiré par les manières polies
& engageantes, & par une attention
continuelle au service de ce
Monarque
, qui l'a toujours fait
mangeravec lui pendant son sejour
à Paris. Ce Monarque a faitlpulius
en sa faveur,il ademandépour
à M.le DucRegent une pension
- de 6000 liv. sur
des
Benefices ;
ayant sçû que comme Chevalier
de S. Lazare
,
il pouvoit posseder
des Pensionsjusqu'àcettesomme
ce qui lui a c~ accordé. Il n'a pas
oublié M. de Cresmes. Contrôlleur
de la Maison du Roy, à qui
il a fait présent d'une trésbelle
Montre d'or; il a distribué plusieurs
grandes Médailles d'or du
poids de sept Louis d'or neufs, à. -
quelqu'autres,Officiers; 1500Ducats
pour lesOfficiers de la bouche
du Roy, & autant pourles
officiersde Versailles,deMarly,
deTrianon,dela Ménagerie,de
Meudon & de Fonrtainebleau ;
c'est M. de Verton qirc le Czar
achargé de toutes ses libéralités-
Le Lundy matinxi cePrin.-
ce, après s'estre promené dans les
Jardins de Livry, monta dans
une Chaise de Poste avec M. de
son Chambellan, alla
dîneràNanteuil, ensuite coucher
àSoissons. Il s'embarquera àCharleville
sur la Meuse, afin de se
-
tendre à Liege, où il se reposera
quelques loiirs,,dans un Palais que
l'EleB:e\11 de Cologne lui a fait
préparer. S. A.E. lui.afaitoffre
par M. Vvaldor son Envoyé en
France, de 100 de ses Gardes &
200 Hommes de sesTroupes pour
lui servir d'escorté.
,LeC-Laradittfi,mé àM-leDucd'Antin
&àplu/ïeu'sSeig-î«iTsdelaCour,uce
fuitedeMédaillesfrapées enHollandeà
son coin, où sontreprésentées les Aâions
les plus éclatants de ion lÚgde.
ARTICLE DES LIVRES.
Les Anecdotes du ministere du
Cardinal de Richelieu, & du Régne
de LOUIS XIII, avec quelques
particularités du commencement
de la
@
Régence d'Anne ]
d'Autriche, méritent bien que je
les annonce au Public, comme un
de ces Livres qui amusent & divertissent,
eninstruisantleLecteur
Il y a peu d'intrigues secretes. arrivées
à la Cour de France, pendant
le Ministere du Cardinal de
Richelieu, qui n'y soient dévélopées
& mises au jour. On y verra
queles moindres bagatelles produsent
souvent les plus grands
événemens : Si la Reine Mere,
dit le Traducteur de Vittorio Siri,
avoir suivi
, par exemple,le Roy àVersailles
,
le jour qui sur surnommé
la journée des Dupes, le
Cardinal de Richelieu étoit perdu
sans resource. Si le Duc de Buckingamn'avoir
point aime la plus
grande
';£.ande D me du Royaume; les
anglois se seroient emparés de
de Rhé, le Roy n'auroit
:ioine plis la Rochelle,& le Parti ~stant auroit encore subsisté
~ong temsenFrance:Sile Cardide
Richelieu n'avoir pas fait
liiûier les ressorts secrets, qui en-
2£açerent Marie de Medicisà (ê
verà Compiegne, la fortune
~e ce Ministre auroit toujours été
~hancelante
,
la Reine Mere au-
~oit regagné la confiance du Roy
~onfils, & procuré infailliblement
disgrace de cette Eminence.
On pouvroit ci er une infinité d'E-
~emples de cette nature; mais
détail que ces Anecdotes en
~ont ,
est si curieux, qu'il vaut
~ieux y renvoyerlesAmateurs des
~onsLivres. Cer ouvrage se vend
rf-hez Pierre Ribou
,
Quay des
Augustins,àl'Image Saint Louis.
iQDeijx Volumes In-douze, 5. liv.
PIERRE PRAULT Libraire, dçr
meurant sur le Quay de Gelvres,*<
fait afficher depuispeul'Histoiredu
vraiDémetrius,Czar deMoscovie,
par M. Née de la Rochelle; c'est
un morceau d'Histoire trés iott.
ressant, tant parlesintrigues que
par les evenemens singuliers dont
il est rempli;mais ce qui le rend
plus remarquable, c'est qu'il est
pour ainsi dire,l'époque de l'élévation
au Tiône, de la Famille regnante
aujourdhui dans la Grande
Russie; puisqu'aprés la mort
de ce Demetriussupposéounon,
& de deux autres du même nom, Michaël Foederovvitz
,
fils de
Feodor Nikitiz Romanos, Patriarche
de Moscovie,fut couronné
en Kn. C'est delà qu'est
descendu Peter Alexievvitz, qui
a honoré cette Capitale de sa
présence.
fdfc*
On vend chez le même
,
les
Lettres Historiques, à M. D. sut
la,Comédie Italienne, dans lesquelsilestparlédesonétablisselIbént,
du caractére des Acteurs
qui la composent, & des A''W'
tures qui y font arrivées
QtÁ"
,
On vend chez Jacques Etienne,
ruë S. Jacques, à la Petite Vertu,
les Avantures de Telemaque fils
d'Ulisse, par feu Mr deFenelon
Archevêque de Cambray. Edition
conformeauManuscrit original.
Les Ouvrages du sieur de
Vvoolhoufel touchant la Cataracte,
le Glaucome & autres
maladies desyeux,viennent d'être
imprimés à Franckfort sur Mayne;
-
& sevendent à Strasbourg, chez
le sieurDoulfliker; on y verra -
un Catalogue de la plus grande
-
partie des Auteurs,qui ont écrit fuf-
la même matiere, avec les nouvelles
Découvertes qu'ils ont faites.
Lesieur deVvoolhouse demeure
piéfentement auCollege de l'Avér
Maria, à côté de S. Etienne du
Mont, dansle Quarté de Sai~
Genevieve.
ffl
Aprés tant d'Eloges Funébre
qui ont été faits à la Gloire d~
LOUISle GRAND)il sembloi
difficile de rien voir de nouveau
dans ce genre. Cependant,foit qlle
le sujet ne puîné être épuisé
,
foit
que l'esprit de l'homme foit capable,
chaque jour, de quelque nouvelle
Production ; on vient de
donner au Public une nouvelle
Oraison Funèbre de ce Monarque.
Elle estdeMrl'Abbé de Lafargue,
qui l'a prononcée à l'Anniversaire
de LOUIS XIV, à l'Abbaye de
Chelles) en présence de MA D EMO
I S E-L LE; ensuite à l'Abbaye
du Fauxbourg Saint Antoine
de cette Ville: Elle doit faire
d'autant plus d'honneur à cet Orateur,
qu'il en avoir déja donné
une autre qu'on a regardée,comme
une desplus belles. Je ne puis
parler de sa seconde, avec plus
de justice
, qu'en disant avec
un desDocteurs qui l'ont approuvée;
qu'elle ne céde en rien à la
beautéde celles qu'on a données
au Public jusqu'à présent, & que
tout y plaîr également, soit la pour nouveauté des pensées
soit
pourla fécondité de l'Eloquence,.
soit pour la dcheLIè des exprefsions.
J'en ferois un Extrait,
si
les plus beaux Morceaux ne per- doient toûjoursde leur grâce, lors qu'ils sont détachez d'une
Pièce. Je renvove le Lecteur à
l'Ouvrage, l'assûrant qu'il aura
lieu d'en être très-content.
Cette Oraison Funèbre se vend
chez la veuve de Pierre Bienfait,
l'Image Saint Pierre, sur le
^uay des Augustins
, Se chez
Mongé, vis-à-vis le Collège
les Jesuites, dans la ruë Saint
Jacques.
DE LONDRES
le premier Juin.. -
Il vient d'arriver deux Biiimens
de Gottembourg : L'un d'eux
a été chargé par ordre du Roy de
Suéde, de raporter la male du 19
Mars, dont un Capre Suédois se.
fiifit en prenant le Paquebodqui
venoit de Hollande. S. M. S. na
pas voulu qu'on ouvritrien. Une
grande Boëte remplie de Bijoux,
d'un prixtrèsconsiderable, setrouve
au même état qu'elleétoit en
partant deHollande, Les Cachets
sont en leur entier; mais ce qui
étonne tout le monde, c'est que
le Roy n'a pas permis qu'on ouvrit
la moindre ~re. Les PartiCiiw
dela Suéde surtout,exaltent fort
la bonté & les égards que S. M. S.
a pour nôtre Nation. Le Roy dfe"
SuèdeauneArmée de 4000 mille
- hommes effectifs & de grands
amas de vivres en Scanie.
MEFEN1SE.
UnBâtimentarrivé de Corfou,
à apporté la confirmation,quela
Elote composée de 27Vmfleairx - deligne, de trois Brulots,de cinq
grosses Galiotes
, -
seaux de fit Vaisde
Provisions,
- & de tiore
Corvettes, sous les ordres du
sieur Flangini
,
avoir fait voile
, pour s'approcher ensuite des
Dardanelles, &tâcher d'attirer la
Flote Turque à une àdionrlés
quatre Galeres du Papeont joint
l'ArméelegereàCorfou.
On écrit de Peterbourg que l'on
y avoit appris de Tartarie , que
les Tartares Moscovites & Calmaques
avoient défait entierement
les Cabanes, Peuples qui ont été
jusqu'àprêsent, sous la Protection
du Sultan, & qu'ilsavoient été
contraints de se rendre chez ICI
Victorieux, avec leurs FamWes.aIJ
nombre deplus de 100000 hom- es.
-- SUITE DUJOURNAL
deHongrïe.
Toute l'Artillerie est arrivée au Camp,on l'a déjàenvoyée du côté
de la Teïsse,&on a jettédes Ponts
.- sur les Marais, pour faciliter la
jonction de tArmee avec le Corps
commandé par le Général Mercy,
qui s'est avancé plus haut, du
,. côcé de Titul ; sur quoi l'Armée
s'était mise en marche pourse
rendre de cecôté-là;on y compte
à présent trente Princes.
1 Lesnouveaux Avis font monter
le nombre de l'Armée Impérialeà
100trente-deux mille six cent-tien,
te hommes. Sçavoir
,
vingt-deux
mille deux cens soixante, deCavalerie;
onze mille sept cens qustre-
vingt Dragons; trois mille
deux censvingt Hussards, & quatre-
vingt quinze mille trois cens
II-;-r'-" \t~ILP- ce lan -JULTJeSou-pi m ^Ah''fc-pcta-n.j<v&ct )æJi IU6 Jlli
l" dxruoe puurj-e causer njivJz CllL.e1 mxtr-ti lIre'
- -- 1
- 8/"

«-
Quelque précaution qu'unAuteur
duMercure prenne pour être
= exactement informé de certains
faits, iln'est presque pas possible
- que la vérité ne lui échape quelquefois
, par les Mémoires peu
fidèles qu'on lui envoye. Telleest
-
L'affaire deMrs les Chevaux-Legers,
rapportée dans le Mercurede
May
, Pag. 91, dont les circonstances
sont bien différentes,
félon un nouvel avis que je viensde
recevoir; par lequel il paroît
qu'il est faux que le Chevaux-Legerfèfoit
sauvé dans son Auberge
; qu'il y ait û Ifes coupsde
Pistoletstirés par la fenêtrepour
écarter les Laquais; que M. le
Duc d'Estrées en ait demandé
satisfaction; puisqu'au contraire,
ce Seigneur a sur mettre en Prison
sa Livrée &c. Je serai toûjours
prêt à en user de même
, toutes
les fois qu'on aura la bonté de
me redresser sur quelque erreur
ele- fait.
- PIN.
APPROBATION.
~JAi lû parordredeMonseigneur
le Chancelier, le Mercure de
Juin1717; je crois que le Publie
l'apercevra que cer Ouvrage se
perfectione de plus en plus. Fait à
Paris, ce$0. Juin 1717.
-- TERRAS SON;
TABLE.
Ayc.nt-Propos.
Trctjteme & derniers par,
tie des Mémoires de M.le Cardinal
deRetz. VeArs à rMolleîideeMt.6. p2ar#fif.
Le Banquet. 64.
Epitre de M. Thiriotà M. D. 67.
L'Amourcaptifà S. A. S. MAdame
la PrinaJfe de Conti, par
M. le Grand. 7j.
JournalHistorique de Paris 74.
TABLE
jProvifions des Charg s aonnlct en
Juin 1717.&
humai de Hongrie.85
Lettre ccnte de Constantinople À ÏAuteurAh Mercure. 91.
jjcnombrement des Troupes Ottomanes
,
qui doiventserviren-
HONgrie, contre S. M. 1. &
contrelesyéntiens 95.
JirrivéeduChevalierde S. George
a Rome. 100.
Réflexions Cr.:tiques,sur les Avantures
de Telemaque yfils d'U^fty
108.
Bouquet pourlejour de la S. Jean,
par M. D. F. 1,0
Le Char de S. A. S. Madame la
Ptincejfc de Conti, au Cours
,
par Mr Fufelier. 151
Ode Anacréontique à Mlle de L.
papraMr -Mle. ClehCehvevaal,"iteerr de SS..JJory.
lipigrunmes. 157
Enigmes 16;
S-ilteduJoprnaldeParis 16S.
Acception de M deFleuryancien
Evoque de Foejus) a lAcadémie
Francoise l¡Q
T A BLE.
Ver: surla Fables ncitSes p.z.,. Af.
de Li1-74 deAf.deFre.fts.174
DOru du Roy. 1lr>>
MJo'ura.inays.1S1177.-
S.Jor-.teF.irt'w dn Jo',*rnA Ilfrr.
6.J.,-, 1 :..i.L.. ",.f f,", ,/1
Y;Cjt4( -~- , CH d: !h,R:Lit-vr?
¡ rt,Pï:-
rri.'e lemoisp-Jj^
>r le C;:.,.if. î8«.
./truLle d.s Vins. 106
J\Jot:t'c IIci de LocS, 2.1x
Vf Corf.^3 Srlid duy.de Hoirie. 11-1
Fin de la T.ble.
CATALOGUE
DES LIVRES NOUVEAUX,
quisevendentà Paris chezPIERRE
RIBOU ,
Quai des Augustins,à la
descente du Pont-Neuf
, à l'Image
S. Loüis.
DIctionairepratique du bon Ménager de
Campagne& de Ville, qui apprend generalement
la maniere de nourrir , élever &
gouverner, tant en santéque malades,
toutes fortes de Bestiaux,Chevaux &Volailles
; de sçavoir mçttre à son profit tout ce
qui provient de l'Agriculture; de faire valoir
toutes sortes de Terres,Prez, Vignes &
Bois; de cultiver les Jardins
, tant Fruitiers,
Potagers, que Jardins Fleuristes ; de conduire
les Eaux, & faire generalement tout
ce qui convient,auxJardins d'Ornemens:
Avec un Traité de tout ce qui concerne la
Cuiunc) les Confitures, la Pâtisserie
,
les
Liqueurs de toutes sortes; les Chasses differentes
,
la Pêche, & autres divertissemens
de la Campagne ; les mots Latins de tout
ce qu'on traite dans ce Livre, & quelques
Remarques curieuses sur la plupart; le tout
en faveur des Etrangers, & de tous ceux qui
-
se plaisentàces fortes de lectures. Ouvrage
tres-utile dans les Familles. Par le Sieur
r LoüisLiger, in 4.2.vol. 10.I. Abrégé Chronologique de l'Histoire de FraR"
ce, farle Sieur de Mozeray-, Historiographe
de France. Nouvelle édition,augmentée de
l'origine des François, & de leur établissement
dans les Gaules;del'état dela Religion
,
& de la conduite de l'Eglise dans les
Gaules jusqu'au regne de Clovis, & de la
Vie des Reines que l'on a tirée de sa grande
Histoireimpriméeen 1685.en 3.vol.in folio.
In quarto 3. vol. lj.1.
Idem in 12. 10. vol. 25.1.
Numifmllta. JErea Imperatorum ,
.AU!fI{lArNm &
CisaruminColoniis, municipiis
,
& ar4ibas jure latio donatis, , ex omni modulopercussa,
J'luéfore Joanne Foy-VniUnntBcllovaco,'Doftor*
Medica) & Serenissimi Ducis Cenomanensium
AntiquarioParis. excusa, in fol. 2. vol, 36.1.
Vies des Saints
, par Ribadanetra,fol. 2.. vol,
15.I.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, le
Droit public, & Legum delectus, fol. 2. vol.
20.liv. -Les mêmes,in 4. 6. vol. 36.1.
L'Art de Tourner, ou de faire en perfection
toutes fortes d'Ouvragesau Tour: ouvrage • tres-curieux & tres-necessaire à ceux qui s'exercent
au Tour; Latin & François ,fol. rr.I.
OEuvres diverses du SieurD.avec un Recuëil
de Poësieschoisies de M. de B 2.Vol.
in 12. s.l.
Traité de la Police où l'on trouvera l'histoire
de son établissement, les fonctions & les prérogatives
de ses Magistrats toutes les Loix
& tous les Reglemens qui la concernent. On
- y a joint une description Topographique de
Paris & huit plans gravez qui reprefenrent
son ancien état & ses divers accrojfiêraensi
avec un Recuëil de tous les Statuts & Re-
.¡¡ glemens des six Corps des Marchands & de
toutes les Communautez des Arts & Métiers
, fol.2.vol. jo.1.
Les OEuvres deM.de laMotheleVayer,in12.
15. vol. 36.1.
Le Diable Boiteux) in12. 2. l.
Les conseils de la Sagesse
, contenant les Maximes
de Salomon les plus necessaires
l'homme pour se bien conduire soi-même, in11.1.vol.1714- 4.l.10.f.
Amusemens serieux& comiques, par M. du
Fresny. in 12. 1. l. 10. f.
Les OEuvres de Clement Marot deCahors
, Valet
de Chambre du Roi, revûës & augmentées de
nouveau, in 2. vol. 6. 1.
Histoire de l'admirable Dom Quichotte de la
Manche,in 12. 6. vol. avecfigures, nouvelle
Edition,continuée jusqu'à samort. fj.L
[la Vie de Guzman d'Alfarache, traduite de
l'Espagnol,erîrichie de figures, in ix. 3.vol.
7.l. io-i. OEuvres mêlées de M. de Saint Evremond, nouvelle
Edition augmentée sur celle de Londres
,
in11.7. vol.. 15. l.
Lucien de la Traduction de M. d'Ablancourt,
avec des Remarques sur la Traduction, in12.
3.vol. 6.1.
Traduction desSatyres dePerse & de Juvenal
, PWR le R. P. Tarteron de la Compagnie de Ji- sts, nouvelle Edition, corrigée & augmen- tée,1714. 2.l.10.f.
Fables choisies
,
mises en Vers par M. de la
Fontaine,enrichies defigures,in l2.. 5. vol.
10. l.
Les mêmes en un Volume, J.I.
Histoire de la conquête du Mexique, ou de la
Nouvelle Espagne
, par Fernand Cortez, traduite
del'Espagnol,in 12. 2. vol. nouvelle
Edition,avec figures. 5.l.
Histoire de la découverte & de la conquête
du Perou, traduit de l'Espagnol,in12.2.vol.
arecfigures. 4.l. 10. f.
Les Delices de l'Italie, contenant une descrip.
tion exacte du Pays, des principales Villes,
de toutes les antiquitez
,
& de toutes les raretez
qui s'y trouvent; Ouvrage enrichi d'un
très- grand nombre de figures) in 12. 4.
vol. C11- l.
Instructions pour les Jardins fruitiers & potagers,
avec un Traité des Orangers, 5?des reflexions
sur l'Agriculture. Par M. de la ¡
Quintinie,Directeur des Jardins Fruitiers
& Potagers du Roi; avec une nouvelle instrustion
pour la culture des Fleurs. Nouvelle
édition, augmentée de la culture des
Melons, de la maniere de tailler les Arbres
fruitiers, d'un Dictionaire des Termes dont :
se fervent les Jardiniers en parlant des Ar- -
bres, & d'une Table des matieres,1716.
in4.2.vol. 11.1.
Nouvelle deMiguel de Cervante, i.liv..4.
Les OEuvres de Lucrece, Traduct nouvelle,
.a,u,g:mentéedenouvelles remarques du Ba- des Coutures
,
in 12. 2.vol. 5 J..
'"lrairé historique des Monnoyes de Francç^/ïr l'
M leBlanc,in 4. avec 100. figures,contenant :
les empreintes des dirFcrcntts Monnoyes,
(
lesempreintesdesdifferentssMonnoyes,
Traduction nouvelle de Rolandl'Amoureux, parM.leSage, 2. vol. in 12. ornez de figutes
,
Les OEuvres de Virgile en Latin Se en François
par M. de Martignac, 3. vol. in12. nouvelle
Edition, 6.l.
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon
, farM. de la Fosse
,
seconde édition, augmentée
de deux Qdes
, l'une de Pindare & l'au- tred'Horace,in 12. 2. l. io. f.
Nouvelle GrammaireEspagnole,parMPerger,
il,.12. 2. l. 5. f.
Histoire universelle ou Traduction nouvelle.
de Justin, avec des Remarques, in 12,
2.vol. 5.l
Voyage d'Alep à Jerusalem
,
in 12.. 2. 1.
Novum Testamentum Gracum. 111 18. I. 1. 16. f.
L'Esprit de l'Ecriture Sainte
,
in 12. 2. vol.
3.1.io. f.
Le Comte de Cardonne in 12. I. l. 16. f
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt
, par Madame D in 12. i.l. 16. f.
Le Jeu de l'Hombre, augmenté des Dccifio^s
nouvelles, Se des Regles sur les incidens de
ce Jeu, nouvelle édition,in12 1.1.1
La Vie de M. de Moliere, in 12 2. l
HistoiredelaVirginie, contenant celle de son
établissement & de son gouvernement jusqu'à
present, les productions naturelles du
Pays, la Religion,les Loix & les Coutumes
des Indiens naturels
, par un Auteur natf é-,,
habitantdecepays-là,in 12. enrichie de figures
en taille-douce
, 2. 1. 5. f.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche, qui
enseigne les devoirs du Maître d Hôtel &
du Sommelier, la maniere de faire les Confitures
seches & liquides, les Liqueurs
,
les
*
Eaux,les Parfums, la Cuisine, à découper
les Viandes, & à faire laPâtisserie ; huiiitneEdition
, couiugceau^mentee des Parcs
nouvelles, & des nouveaux Ragoûts qu'on
d2serrets.sae.ur1jloeusrS.de5'ihvuici:.csAdfveeTc.adbe-lsem,ino-d1è1le..sip7oiuîr.ji 171SLesOEuvres
choisies defeu M.leNoble, 20.vol.
in 12.. fous presse. 40. 1.
Stile du Conseil
, parM.Gauret, in 4. ç.IIV.
Code de la Marine, in4. 4. 1.
Contes desFées, ou les Chevaliers Errans,
&le GenieFamilier, par M. D. in-ix.
I. l.15. f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Owen,in12 I. 1.10.f.
L'Ambiguë d'Auteüil
, ou veritez historiques,
composéesduJoueur, du Nouvelliste
,
du
Financier, duCritique, de l'Inconnu, du
Sincere, du Subtil, de l'Hypocrite, & de
plusieurs autres personnagesde differens
caraâeres,mu. 1. l. 5 f,
Les Avantures d'Apollonius de Tyr, livre rempli
d'évenemens, & écrit dans le même lfci.ie
que Telemaque
, par M. ItS wiz. 2.l.
Le Voyageur Fidele,ou le Guide des Etrangers
dans la Ville de Paris; qui enseigne
tout ce qu'il y a de plus curieux à voir : les
noms des Ruës,des Fauxbourgs
,
Eglises,
Monasteres, Chapelles, Places, Colleges,
& autres particularitez que cette Ville renferme;
les Adreiles pour aller de quartiers
en quartiers, & y trouver tour ce qu'on fouhaire,
tant pour les besoins de la vie, que
pour autres choses:Avec une Relationen
forme de Voyage, des plus belles Maiions
qui sont aux environs de Paris: le tout
pour l'usage & l'utilité des Etrangers., in 12.
2. l. 5.f., ies Voyages de M. Tuvetnitr, derniere Edition,
y revue, & corrigéede quantité de fautes, &
si augmentee de la Vie & mort del'Auteur ,
& d'un Voyage qu'il a fait en Prune, avec 1 plusieurs planches nouvelles quin'ont point
S paru dans les précédentes éditions, le tout
dirigé par un ami de L'Auteur qui a fait plute
sieurs Voyages avec lui,in12. 6.vol. 18.l.
SAbregé de Geographie,&de tout ce qu'il y a
* de plus remarquable dans chacune des quatre
f
grandes parties de la Terre, particulierement
'- dans l'Europe & dans leRoyaume de France:
le tout mis en ordre pour pouvoir être ap- *prisée retenu facilementpar coeur, avec les
Il routes des postes de France& d'Espagne, dedié à S. A. S. Monseigneur le Prince de
Dombes
, par M. Poncein,in 12, 1. 1. 5. f.
L'Eloge de la Folie, com posée en forme de
DéclamationparErxfme de Roterdam,avec
- quelques Notes de l'histoire&les belles fi-
> gures de Holbenius : le tout sur l'original
de l'Académie de Bâle; piece qui representant
au naturel l'homme tout désiguré par
la sotise
,
lui apprend agréablement àrentrer
dans le bon sens
,
Traduction nouvelle;
rdr M.Guedeville,in12. 5. l.
qifioire des sept Sages,parM. de Larrey, in 12.
2. vol. 5. l.
Aecuëil de bons mots des anciens & des mo- dernes, nouvelle Edition augmentée, 2,1.
»
'THEATREDEMESS1EVRS
,L)ilieile
,
nouvelle Edition
,
augmentée & enriicnhieHde
fig.ures en taille douce, Jo.. « 3-Sr.is Racine, nouvelle Edition,2.vol.in12, 6..
Campistron,nouvelleEdition,augmentéed'un
Tragedie& d'uneComedie, &ornéede
gures , 4--+
DelaFosse,avec sesPoësies,2. vol. 5.. Crébillon, 3..$
Pradon,
De la Grange
,
augmenté d'Ino & Melicert
Tragedie, 2.. I.Io..-D
Moliere, 8. vol. nouvelle Editionaugment ; de sa Vie, avec de nouvelles Remarquer. 15-m
Dancourt,8. vol. nouvelle Edition, augmenta.;
de plusieurs Pieces qui n'avoient point cù
imprimées dans les Editionsprécédentes
avec figures & munque, 15.>1
Regnard,2. vol. JDe la Font i«
DeHautero, che 2. l.10..c
De Legrand, 2.1.10. c Palaprat, seconde Edition, augmentéede plus
sieurs Comedies qui n'ont pas encore été ino,
primées,& d'un Recueil de Pieces en Versd
2..vol.. 5.
De BRoiviienred,2in.l.10. , De Champ-Mêté, 2.. DeMonfleury ,2.vol. 5..
De Roussèau
un vol. 2. l. 10. Il
De Mademoiselle Barbier, 2. 1. 10. st
Quinault, nouvelle Edition, augmentée d'oui
abregé de sa Vie
,
d'une Dissertation su
ses Ouvrages, de l'origine de l'Opéra,
de ses Opéra, in iz. 5. vol. ornez de figures
il. 1. 10. f.
theatre François, ou Recuëil des meilleures
pieces de Théâtre des anciens Auteurs,in
12.3.vol. rf<\-io. f.
Theatre Lyrique avec une Préface où l'on
traite du Poëme de l'Opera, & la Réponse àuneEpître Satyrique contre ce spectacle,
parM.leBr.in12. 2. l.
Pietes nouvelles fV séparées.
MahometII. 1 4
ldomellée.
Atrée.
Elcâre.
Caton d'Utique.
Absalon.
CGyertuas..
LesTyndarydex, 1
Saiil.
Médée.
Herode. >r«4.*«.
I110&Melicertc. 1
Pol ydore. I
Lamortd'Ulyfîc» 1
Mustapha. 1 Jonathas.
1 Habis.
Agrippa,oule fauxTibermus.
j Marius.
Le Curieuxlmpeninent. 1
LesAgioteurs. j
L'AmourCharlatan. • LeNaufrage. >CDmedies.
Danaé. j
Turcaret. I CrispinRival.J
Le Jaloux desabusé.
Les Métamorphoses,
L'Amour vangé.
EsopeàlaVille. -
L'Usurier Gentilhomme
Esope à la Cour.
Les Fe-resJu Cours.
Le Verd Galant.
Sancho Pansa Gouverneur.
La Devincresse.
L'Impromptu de Suresne.
Les trois Freres Rivaux.
LaCoquette de Village,
ou le Lot suposé.
La Coupe enchantée.
L'Aveugle clairvoyant.
Les Airs uotez desComedies frjtnçoifes
M. Gilliers, in 4. Telephe) Opéra, note, 7.1.10.
Medée,noté, S. li
MLes ePldaiséirsede. laPaix, noté, 8
Les Amours déguisez.
Arion.
Telephe.
Armide. -
Les Fêtes de Thalie.
Telemaque.
Proscrpuie.
LesPlaisirs de laPaix.
Zephire&Flore.
Theonoé.
L'Europe galante.
Alceste.
Ajax.
Les PlaiÎlrs de l'Eté.
Arianne.
mort d'Alcide.
pplearnmd.nestre.
Divertissement du Bourgeois
Gentilhomme.
Oper*.
ZC quatrième Livre des Motets deM.Campra,
5.l.
ecuëil de Pieces en Vers, adressées à S.
A.S.Monseigneur le Duc de Vendôme, &
plusieurs Essais de Poësies diverses, par
M.dePalarat,in12. i.Io.f:
Et toutes les autres Pieces de Theatre tantanciennes
que nouvelles.
Tous lesOpera.
LeTheatre de l'Amour & de lafortune, par
Mad.Barbier, in11.i.vol. 4.1.
Euvres de M.Despreaux, avec des éclaircifle-»
mens hjftoriques donnez par lui mêmej -2,.
vol. in 4. 12.. 1. -Idem Grand papier , 1 8.1. Idem in n. 4. vol. 8.1.
La Connoissance parfaite des Chevaux,contenant
la manière de les gouverner nourrir
& entretenir en bon corps, & de les conferver
en santédans les voyages; avec un détail
général de toutes leurs maladies, des si.
gnes'-& des causes d'où elles proviennent
- des moyens de les prévenir, &de les en gue- - rir par des- remedes experimentez depuis
long-tems, & à la portée de tout le monde.
Jointe à une nouvelle instruction sur le Haras,
bien plus étendué que celles qui ont paru
nege, tirée des meilleurs Auteurs qui er
écrit. Le tout enrichi de figures en Il
douce, in8. 3. 1.,
Lettre à M. de sur l'origine des an.
Rois ou Dieux d'Egypte; qui expliquec.
a donné lieu aux Fables des Dieux dcV1
LqauRité,ivbarolcehturreavine1s2.tie — ,in12
Nouveau Recuëil des plus beaux Secret-
Médecine pour la guérison de toutes fc,
de maladies, blessures & autres acci
qui surviennent au corps humain, & la
niere de préparer facilement dans les Fa
les. les remedes & les médicamens q,
font nccenaircs, avec unTraité des plus e:
lens pr éservatifs, contre la perte, fièvres
tilentielles
, pourpre, petites veroles, &
tes sortes de maladies contagieuses,doi
par une personne charitable, augme,
des véritables Secrets naturels deM. Ltm
qui regardent la-nature & l'art, avec d'aur-
Secrets fort curieux,& tirez de ce qui
de meilleurs Auteurs en ce genre, 2.
in 12.
Histoire de Gilblas de Santillanne
, par AV
SFage, i2. égditionu, 2. 1r0I.ein 12..sorn.éc- L'Imitation de JESUS-CHRIST en vers, par
corneille. in 12. orné de figures, ;.
Anecdotes du Ministere du Cardinal de
chelieu, & du Regne de Loüis XIII. 2
quelques particularitez, du Commerce:
laRegence d'Anne d'Autriche. 2.vol.in12.
»- FIN.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le