Titre
FABLE.
Titre d'après la table
Apologue de l'Ecrevisse, Fable de M. de la M.
Fait partie d'une livraison
Page de début
204
Page de début dans la numérisation
210
Page de fin
208
Page de fin dans la numérisation
214
Incipit
Dés qu'il eût cessé de parler, M. de la / L'Ecrevisse, dit-on, a sa façon d'aller
Texte
M. de
la Motte quine laisse rien tomber,
prit modestement la parole
J
& récita avec le flegme
que vous luy connoissez
la fable qui suit: je la fais
imprimer sans son aveu;mais
je ne croy pas en avoir bésoin,
ny devoir m'exposer à un refus
de sa part, pendant que je
peut profiter d'un larcin. que
luy a fait ma memoire.
FABLE.
L'Ecrevisse, dit-on
3 a sa
façon d'aller
Etsa marcheest dereculer.
Une EcrevissePhilosophe
Oui sans raison n'adoptoitrien,
Et qui danssonespriteûtl'esprit
de l'étoffe
Dont parmy nous Descartes eût
le sien ;
Cette Ecrevisse donc examina /4
chose
, Latrouvaridicule en soy.
Etn'enput trouver d'autre cause
Qu'un usage ancien mais voiL
bien de quoy
Autoriser unesotise,
Dit-elle,ejjayons l'autre guift:l
Elle lefit,s'en trouva bien,
Puismoulut enseigner les autres
Messoeurs je n'ay d'interejl qu
les vostres,
Ecoutez-moy pour vostrebien:
Quittons nostre marche incertaine
J'ensçais une qui convientmieux
Faisonssuivre la queuë, &qu
la tête mène
Et pourguides prenons nosyeux
LagentEcrevisseestbien bonne
D'allersanscesse se heurter
Ne sçavoir où l'on va , dans
quels pieges l'on donne,
Je sçaisce quejedis,&moy même enpersonne
J'ay fait l'essay, regardez-moy
trotter.
Bon, dit une vieille obstinée
Celle-cy veut sçavoirplus qut
nosanciens:
allons comme on alloit, quant à
moyjem'y tiens,
Pournous régirse croit-elle donc
net.
Petit esprit, mettez ses rtliflns
boutà bout
Vous trouverez orgüeil,rêverie,
Cr cesi tout.
La vieille dit
, &sesinjures
L'emporterentsur lesraisons,
La Philosophe essuya les murmures
;.-
Dusotpeuple&lestêtes dure
Firent gloire d'allertoujours a
reculons.
Pour les vieilles erreurs poin
derespectbizare,
Examinons la,nouveauce,
Par les deux excès l'on s'égare
Mais la raison va droit, mar
chons de son côte.
la Motte quine laisse rien tomber,
prit modestement la parole
J
& récita avec le flegme
que vous luy connoissez
la fable qui suit: je la fais
imprimer sans son aveu;mais
je ne croy pas en avoir bésoin,
ny devoir m'exposer à un refus
de sa part, pendant que je
peut profiter d'un larcin. que
luy a fait ma memoire.
FABLE.
L'Ecrevisse, dit-on
3 a sa
façon d'aller
Etsa marcheest dereculer.
Une EcrevissePhilosophe
Oui sans raison n'adoptoitrien,
Et qui danssonespriteûtl'esprit
de l'étoffe
Dont parmy nous Descartes eût
le sien ;
Cette Ecrevisse donc examina /4
chose
, Latrouvaridicule en soy.
Etn'enput trouver d'autre cause
Qu'un usage ancien mais voiL
bien de quoy
Autoriser unesotise,
Dit-elle,ejjayons l'autre guift:l
Elle lefit,s'en trouva bien,
Puismoulut enseigner les autres
Messoeurs je n'ay d'interejl qu
les vostres,
Ecoutez-moy pour vostrebien:
Quittons nostre marche incertaine
J'ensçais une qui convientmieux
Faisonssuivre la queuë, &qu
la tête mène
Et pourguides prenons nosyeux
LagentEcrevisseestbien bonne
D'allersanscesse se heurter
Ne sçavoir où l'on va , dans
quels pieges l'on donne,
Je sçaisce quejedis,&moy même enpersonne
J'ay fait l'essay, regardez-moy
trotter.
Bon, dit une vieille obstinée
Celle-cy veut sçavoirplus qut
nosanciens:
allons comme on alloit, quant à
moyjem'y tiens,
Pournous régirse croit-elle donc
net.
Petit esprit, mettez ses rtliflns
boutà bout
Vous trouverez orgüeil,rêverie,
Cr cesi tout.
La vieille dit
, &sesinjures
L'emporterentsur lesraisons,
La Philosophe essuya les murmures
;.-
Dusotpeuple&lestêtes dure
Firent gloire d'allertoujours a
reculons.
Pour les vieilles erreurs poin
derespectbizare,
Examinons la,nouveauce,
Par les deux excès l'on s'égare
Mais la raison va droit, mar
chons de son côte.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Est rédigé par une personne