Titre
Avertissement au Lecteur.
Titre d'après la table
Avertissement dont la lecture est d'une consequence extrême.
Fait partie d'une livraison
Page de début
329
Page de début dans la numérisation
336
Page de fin
335
Page de fin dans la numérisation
341
Incipit
Aprés vous avoir suffisamment entretenu des affaires des autres, je
Texte
Avertiſſement au Lecteur.
Aprés vous avoir fuffisamment
entretenu des affaires des autres,
je vous prie de me permettre de
vous parler un peu des miennes.
Paris,comme vous sçavez,na
pas esté fait en un jour : il en est
de même de tous les établiſſemens
nouveaux des moindres particuliers
du monde. Ils ont leurs degrez,
leur élevation ,&leur chûtes
en un mot , ils efuient toutes
les revolutions du ſort , de même
que les plus grands Empires. Cette
phrase est belle ! Je n'en sçay
pasfaire d'autres : mais ce n'est
point là de quoy il est question.
Je veux seulement vous dire ,
Meffieurs , Mesdames , & Mefdemoiselles
, que je suis tous les
joursfarles épines que jeme méfie
Mars 171y. Ec
330 MERCURE
des Libraires , du publie,&de moy.
Ces trois points feront avec vôtre
permi hontepartage de cetAvertis-
Sement,&l'objet de vos attentions.
Jeme méfie des Libraires , en ce
qu'on m'a averty qu'on pourroit
contrefaire le Mercure dans les Provinces
, c'estce qui m'a determiné à
lesſigner par uneparaphe composée
de deux doubles F. &unD.enlaßez
d'unseul trait de plume, d'unefaçon
presque indéchifrable .Pajoûte que
jedonnerai un Loüis d'orà ceux qui
m'en apporteront un où ce paraphe
neferapas.Je voussupplie enmême
tems de ne plus envoierdeMemoires
pour le Mercure chez le freur Ribou
Librairefur le Quay desAugustins:
j'ay eu lemalheur de me broüiller
avec luy.Jesuis cependant perfuadé
que ,malgré cette broüillerie , il ne
mefoufleroit aucune des pieces qu'
:
GALANT. 331
on luy envoyeroit pour moy: mais je
veuxluy épargnerla peine de me les
donner. Chez D. Follet &F. Lamefle,
au bout du Pont S. Michel, an
Livre Royal , ou Claude Fombert à
costédusieurRibou,ou chez moy-même&
cela n'enfera que mieux,vous
trouverez toûjours des genspromts
àles recevoir , & à me les rendre.
Voilàpour les Libraires .
Pour le public , je croy que j'ay
tort & raison de m'en méfier : j'ay
raiſon , ſtje luy donne un mauvais
Livre ; j'ay tort ,s'il est bon.
Mais cette distinction ne me guérit
pas de la peur , & on m'assûre
tous lesjours qu'ilnefaut que trois
ou quatrefeditieux dans le monde,
pour me couler à fond. Cela eft
vray pour un tems ; & malgré
tout cela,je confens que les An
Ecij
332 MERCURE
teurs des Captifs & du Vert
Galant disent pis que pendre de
moy : mais qu'un Tailleur , dont
jen'auray pas chanté les lowanges
, pour avoir fait , à ce qu'il
dit, & contre la verité , un hạ
bit ébloüiffant de diamants , aille
me deshonorerdans tous les Caffez
de Paris , me traiter de fade &م
de mauvais plaisant , mettre en
jeu, entre sa reputation & la
mienne qui n'en font pas une bonne
, l'auguste nom d'un des plus
respectables Princes du monde,
publier en un mot qu'il a intereßé
la Famille Royale à me punir
du crime de luy avoir refusé des
lowanges ,puis-je tenir contre cette
infortune ? Aprés cela aurai-je
tort de me méfier du public ?Je
vous en fais Fuges. Je cray pourtant
que dans le fond il ne don
GALANT . 333
L
negueresdans ces panneaux : quoiqu'il
ensoit j'auray,quandje voudray
la reſſource&l'appas des belles
paroles , pour me justifier avec
luy. Paßons à notredernierpoint.
Je me méfie de moy , parce que
comme dit le proverbe , Qui trop
embraffe , mal étreint. Je me
ruine àforce de vous promettredes
milliers de nouveautez , & à les
ramaffer. Il n'y a pas jusqu'aux
portsde lettres que je paye , contre
les voeux quej'avoisfait ,&
queje renouvelle ,de n'en recevoir
que de franches. Je vous ay
né deux Volumes le mais paffé
je vous en donne autant celuy- cy.
Je revoy,je corrige , j'augmente,
je réimprime toute l'Histoire
de l'Ambassadeur de Perfe , pour
vous la donner complete le 15. ou
le 18. d'Avril. Douze jours aprés
don
334 MERCURE
je vous garantis le Mercure du
même mois , meilleur encore que
tous les autres , &j'ajoûte à celuy
de May un Volume extraordinaire
qui fera composé de toutes
les meilleures pieces que j'auray
données dans les douze Mercures
de la premiere année de mon exercice
, & tous les ans jeſuivray
la même methode. Fugez si avec
tant d'ouvrages j'ay tort de me
méfier de moy cela n'empêche
pas , quoyque je n'aye pas de fecond
, que je n'aye encoreſouvent
bien moins d'occupation que vous,
& que je ne me tuë de vous en
demander tous les jours. Donnezm'en
, Messieurs , qui vous foit
agreable , & qui me foit utiles
donnez en auffi au fieur Henry,
Tailleur demeurant ruëBetisi, chez
un Cordonnier , àcôtédel'Hôtelda
1
GALANT. 335
Mantouë ; il est encore plus habile
en habits ,que je ne lefuis enMercures
, & vous ferez bien
Aprés vous avoir fuffisamment
entretenu des affaires des autres,
je vous prie de me permettre de
vous parler un peu des miennes.
Paris,comme vous sçavez,na
pas esté fait en un jour : il en est
de même de tous les établiſſemens
nouveaux des moindres particuliers
du monde. Ils ont leurs degrez,
leur élevation ,&leur chûtes
en un mot , ils efuient toutes
les revolutions du ſort , de même
que les plus grands Empires. Cette
phrase est belle ! Je n'en sçay
pasfaire d'autres : mais ce n'est
point là de quoy il est question.
Je veux seulement vous dire ,
Meffieurs , Mesdames , & Mefdemoiselles
, que je suis tous les
joursfarles épines que jeme méfie
Mars 171y. Ec
330 MERCURE
des Libraires , du publie,&de moy.
Ces trois points feront avec vôtre
permi hontepartage de cetAvertis-
Sement,&l'objet de vos attentions.
Jeme méfie des Libraires , en ce
qu'on m'a averty qu'on pourroit
contrefaire le Mercure dans les Provinces
, c'estce qui m'a determiné à
lesſigner par uneparaphe composée
de deux doubles F. &unD.enlaßez
d'unseul trait de plume, d'unefaçon
presque indéchifrable .Pajoûte que
jedonnerai un Loüis d'orà ceux qui
m'en apporteront un où ce paraphe
neferapas.Je voussupplie enmême
tems de ne plus envoierdeMemoires
pour le Mercure chez le freur Ribou
Librairefur le Quay desAugustins:
j'ay eu lemalheur de me broüiller
avec luy.Jesuis cependant perfuadé
que ,malgré cette broüillerie , il ne
mefoufleroit aucune des pieces qu'
:
GALANT. 331
on luy envoyeroit pour moy: mais je
veuxluy épargnerla peine de me les
donner. Chez D. Follet &F. Lamefle,
au bout du Pont S. Michel, an
Livre Royal , ou Claude Fombert à
costédusieurRibou,ou chez moy-même&
cela n'enfera que mieux,vous
trouverez toûjours des genspromts
àles recevoir , & à me les rendre.
Voilàpour les Libraires .
Pour le public , je croy que j'ay
tort & raison de m'en méfier : j'ay
raiſon , ſtje luy donne un mauvais
Livre ; j'ay tort ,s'il est bon.
Mais cette distinction ne me guérit
pas de la peur , & on m'assûre
tous lesjours qu'ilnefaut que trois
ou quatrefeditieux dans le monde,
pour me couler à fond. Cela eft
vray pour un tems ; & malgré
tout cela,je confens que les An
Ecij
332 MERCURE
teurs des Captifs & du Vert
Galant disent pis que pendre de
moy : mais qu'un Tailleur , dont
jen'auray pas chanté les lowanges
, pour avoir fait , à ce qu'il
dit, & contre la verité , un hạ
bit ébloüiffant de diamants , aille
me deshonorerdans tous les Caffez
de Paris , me traiter de fade &م
de mauvais plaisant , mettre en
jeu, entre sa reputation & la
mienne qui n'en font pas une bonne
, l'auguste nom d'un des plus
respectables Princes du monde,
publier en un mot qu'il a intereßé
la Famille Royale à me punir
du crime de luy avoir refusé des
lowanges ,puis-je tenir contre cette
infortune ? Aprés cela aurai-je
tort de me méfier du public ?Je
vous en fais Fuges. Je cray pourtant
que dans le fond il ne don
GALANT . 333
L
negueresdans ces panneaux : quoiqu'il
ensoit j'auray,quandje voudray
la reſſource&l'appas des belles
paroles , pour me justifier avec
luy. Paßons à notredernierpoint.
Je me méfie de moy , parce que
comme dit le proverbe , Qui trop
embraffe , mal étreint. Je me
ruine àforce de vous promettredes
milliers de nouveautez , & à les
ramaffer. Il n'y a pas jusqu'aux
portsde lettres que je paye , contre
les voeux quej'avoisfait ,&
queje renouvelle ,de n'en recevoir
que de franches. Je vous ay
né deux Volumes le mais paffé
je vous en donne autant celuy- cy.
Je revoy,je corrige , j'augmente,
je réimprime toute l'Histoire
de l'Ambassadeur de Perfe , pour
vous la donner complete le 15. ou
le 18. d'Avril. Douze jours aprés
don
334 MERCURE
je vous garantis le Mercure du
même mois , meilleur encore que
tous les autres , &j'ajoûte à celuy
de May un Volume extraordinaire
qui fera composé de toutes
les meilleures pieces que j'auray
données dans les douze Mercures
de la premiere année de mon exercice
, & tous les ans jeſuivray
la même methode. Fugez si avec
tant d'ouvrages j'ay tort de me
méfier de moy cela n'empêche
pas , quoyque je n'aye pas de fecond
, que je n'aye encoreſouvent
bien moins d'occupation que vous,
& que je ne me tuë de vous en
demander tous les jours. Donnezm'en
, Messieurs , qui vous foit
agreable , & qui me foit utiles
donnez en auffi au fieur Henry,
Tailleur demeurant ruëBetisi, chez
un Cordonnier , àcôtédel'Hôtelda
1
GALANT. 335
Mantouë ; il est encore plus habile
en habits ,que je ne lefuis enMercures
, & vous ferez bien
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier