Titre
MONSIEUR le Mareschal D'ESTRÉES ayant esté éleu par Messieurs de l'Académie Françoise, à la place de feu M. le Cardinal D'ESTRÉES, y vint prendre séance le Samedy vingt-troisiéme de Mars 1715. & prononça un Discours, dont voicy l'extrait.
Titre d'après la table
Extrait des Discours que M. le Maréchal d'Estrées & M. le Marquis de Dangeau prononcerent à l'Académie le 23. de ce mois.
Fait partie d'une livraison
Page de début
297
Page de début dans la numérisation
304
Page de fin
304
Page de fin dans la numérisation
311
Incipit
MESSIEURS, L'honneur que vous me faites en me recevant parmi vous, est
Texte
MONSIEUR
le Mareſchal D'ESTRE'ES
ayant eſté éleu par Mefſieurs
de l'Académie Françoiſe
, à la place de feu
M. leCardinal D'ESTRE'ES,
y vint prendre ſéance le
Samedyvingt- troifiéme de
Mars 1715. & prononça
un Difcours , dont voicy
l'extrait.
MESSIEURS,
2
2.
L'honneurque vous mefaites
en me recevant parmi vous , est
298 MERCURE
une grace finguliere que vous
m'accordez; mais c'est en mesme
temps une efpece de justice que
vous rendez à la memoire deM.
Le Cardinal d'Estrées , pour l'esti
me & l'attachement qu'il avoit
pour vostre illustre Compagnie.
Je ne parle ainsi, que suivant
vos propres ſentiments , vous me
les avez marquez vous- mêmes ;
j'ay esté tesmoin de vos regrets
fur une perte qui nous estoit com.
T
mune , &dont vous avez gemi
commemoy.
5
Vous avez creu en quelque
façon la reparer en perpetuant
fon nom dans l'Académie ;
fans trop examiner , fi
toisen
14--
estar de le fouſtenir ,par lesqua!
litez propres à un Académicien
vous avez donné à l'amitié, ce
qu'un difcernement auſſijuſte que
le vostre auroit refusé aux
lents. Vous m'avez fait un
merite de quelque inclination
pour les Sciences ; &prevenus en
ma faveur , vous avez voulu
qu'elle me tinſt lieu auprés de
vous de cette vaſte érudition ,
& de cette varieté de connoif
Sances , que vous eſtimiez dans
celuy dont vous m'avez donné
laplace.
Dans cet endroit il dit pla
300 MERCURE
fieurs choſes éloquentes à la
loüange de l'Académie ; enfuite
il ajoûte au ſujet deM. le
Cardinal d'Eſtrées , àqui il ſuccede:
Aprés avoir en celasuivil'ufa
ge,& encore plus mon inclination
, dispensez- moy, Meffieurs,
de la coûtume établie parmi vous
qui m'obligeroit à faire l'Eloge
de mon Predeceffcur. Ilm'en couteroit
trop ; je ne lepourroisfaire
fans émotion : la bienfeance même
me le défend. Vous fuppléerez
ace tribut queje ne puis luy rendre
: à ce tribut qu'exigent fes
grandes qualitez ,fes emplois
1
GALANT 301
i
fon dévouement , & fi je l'ofe
dire,fa tendreffe pour le grand
Prince qui nous gouverne. Mais
n'y avez vouspas déjafatisfaii?
Vous avez vivement reſſenti
fa perte ; voſtre douleur est fon
Eloge.
Un peu plus loin aprés
avoir loüé ces grands hommes
à qui l'Academie doitsa naisfance,
ſa confervation , &fa
Splendeur,il dit :
Convient il à un homme qui
a paßé la meilleure partie de fa
vie dans les Armées , de manier
de tels ſujets & de faire fon
coup d'effay de l'Artde l'Eloquen-
L
302 MERCURE
31
lele
desF
ce qu'il n'a jamais pratiqué , &
de lefaire en prefence des Maitres&
desJuges nezde cet Art ?
Il paſſency à l'élogeduRoy.
Voicy fes termes.
Comment m'y prendrois-je pour
publier la gloire deVostreAugufte
Protecteur, pour parlerdignement
des prodiges d'un fi grand
Regne ?Quelleferoit ma temeritéd'ofer
tracerunportrait , où les
plus habiles ne portent la main
qu'en tremblant ? Je ne me permettray
qu'unseul trait de fon
caractere,dont ma propre experience
m'a inftruit. Dansles occaſions
oùj'ay eu quelquefois l'honGALANT.
303
neur de travailler ſous les yeux
d'unsi grand Maistre ,j'ayſenti
avec admiration que son esprit
en toutes matieres ſaiſit toujours
naturellement leGrand , le Juste
Cole Vray. C'est tout ce que j'en
Sçais dire. Il n'appartient qu'à
vous, Meſſieurs ,de proportionnerles
expreffions à la grandeur
des idées. Pour moy je ne
furce sujet ,que ce qui se peut
fairefans art. F'admire ce grand
Prince ; je cherche à luy plaire ;
j'ambitionnede luy marquer mon
dévoüement & ma reconnaißance
par mesfervices ; &jenepuis
mieux le lover , qu'en m'impo-
1
puis
304 MERCURE
!
fansunfilence que je ne garde
que parla haute idée que j'ay de
Sapersonne.
le Mareſchal D'ESTRE'ES
ayant eſté éleu par Mefſieurs
de l'Académie Françoiſe
, à la place de feu
M. leCardinal D'ESTRE'ES,
y vint prendre ſéance le
Samedyvingt- troifiéme de
Mars 1715. & prononça
un Difcours , dont voicy
l'extrait.
MESSIEURS,
2
2.
L'honneurque vous mefaites
en me recevant parmi vous , est
298 MERCURE
une grace finguliere que vous
m'accordez; mais c'est en mesme
temps une efpece de justice que
vous rendez à la memoire deM.
Le Cardinal d'Estrées , pour l'esti
me & l'attachement qu'il avoit
pour vostre illustre Compagnie.
Je ne parle ainsi, que suivant
vos propres ſentiments , vous me
les avez marquez vous- mêmes ;
j'ay esté tesmoin de vos regrets
fur une perte qui nous estoit com.
T
mune , &dont vous avez gemi
commemoy.
5
Vous avez creu en quelque
façon la reparer en perpetuant
fon nom dans l'Académie ;
fans trop examiner , fi
toisen
14--
estar de le fouſtenir ,par lesqua!
litez propres à un Académicien
vous avez donné à l'amitié, ce
qu'un difcernement auſſijuſte que
le vostre auroit refusé aux
lents. Vous m'avez fait un
merite de quelque inclination
pour les Sciences ; &prevenus en
ma faveur , vous avez voulu
qu'elle me tinſt lieu auprés de
vous de cette vaſte érudition ,
& de cette varieté de connoif
Sances , que vous eſtimiez dans
celuy dont vous m'avez donné
laplace.
Dans cet endroit il dit pla
300 MERCURE
fieurs choſes éloquentes à la
loüange de l'Académie ; enfuite
il ajoûte au ſujet deM. le
Cardinal d'Eſtrées , àqui il ſuccede:
Aprés avoir en celasuivil'ufa
ge,& encore plus mon inclination
, dispensez- moy, Meffieurs,
de la coûtume établie parmi vous
qui m'obligeroit à faire l'Eloge
de mon Predeceffcur. Ilm'en couteroit
trop ; je ne lepourroisfaire
fans émotion : la bienfeance même
me le défend. Vous fuppléerez
ace tribut queje ne puis luy rendre
: à ce tribut qu'exigent fes
grandes qualitez ,fes emplois
1
GALANT 301
i
fon dévouement , & fi je l'ofe
dire,fa tendreffe pour le grand
Prince qui nous gouverne. Mais
n'y avez vouspas déjafatisfaii?
Vous avez vivement reſſenti
fa perte ; voſtre douleur est fon
Eloge.
Un peu plus loin aprés
avoir loüé ces grands hommes
à qui l'Academie doitsa naisfance,
ſa confervation , &fa
Splendeur,il dit :
Convient il à un homme qui
a paßé la meilleure partie de fa
vie dans les Armées , de manier
de tels ſujets & de faire fon
coup d'effay de l'Artde l'Eloquen-
L
302 MERCURE
31
lele
desF
ce qu'il n'a jamais pratiqué , &
de lefaire en prefence des Maitres&
desJuges nezde cet Art ?
Il paſſency à l'élogeduRoy.
Voicy fes termes.
Comment m'y prendrois-je pour
publier la gloire deVostreAugufte
Protecteur, pour parlerdignement
des prodiges d'un fi grand
Regne ?Quelleferoit ma temeritéd'ofer
tracerunportrait , où les
plus habiles ne portent la main
qu'en tremblant ? Je ne me permettray
qu'unseul trait de fon
caractere,dont ma propre experience
m'a inftruit. Dansles occaſions
oùj'ay eu quelquefois l'honGALANT.
303
neur de travailler ſous les yeux
d'unsi grand Maistre ,j'ayſenti
avec admiration que son esprit
en toutes matieres ſaiſit toujours
naturellement leGrand , le Juste
Cole Vray. C'est tout ce que j'en
Sçais dire. Il n'appartient qu'à
vous, Meſſieurs ,de proportionnerles
expreffions à la grandeur
des idées. Pour moy je ne
furce sujet ,que ce qui se peut
fairefans art. F'admire ce grand
Prince ; je cherche à luy plaire ;
j'ambitionnede luy marquer mon
dévoüement & ma reconnaißance
par mesfervices ; &jenepuis
mieux le lover , qu'en m'impo-
1
puis
304 MERCURE
!
fansunfilence que je ne garde
que parla haute idée que j'ay de
Sapersonne.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Est rédigé par une personne