Titre
FRAGMENT de la troisiéme Elégie de Tibulle, à Messala. Par M. le Brun. Ibitis Ageas sine me, Messala, per undas.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
107
Page de début dans la numérisation
340
Page de fin
108
Page de fin dans la numérisation
341
Incipit
Pars, suis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire,
Texte
FRAGMENT de la troifiéme Elégie de
Tibulle , à Meffala. Par M. le
Brun.
Abitis ageas fine me , Meffala per undas.
Pars , fuis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire,
Cherche à travers les flots l'Afie & la Victoire.
·
Périffe des combats la fanglante Folie !
C'eft elle qui troubla mes jours purs & fereins.
O Paix , de l'âge d'or ramène les deftins.
Un Printemps éternel careffoit la Nature ,
La Terre prodiguoit des moiffons fans culture ,
Ses flancs en longs chemins n'étoient pas fillonés ,
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Ni de murs foupçonneux au loin empriſonnés .
L'intérêt n'avoit point inventé les partages ,
La foi fervoit alors de borne aux héritages ;
Les Champs couverts de fruits , de troupeaux & de
fleurs ,
Refufoient à Circé les poiſons deftructeurs.
Du Courfier , du Taureau la liberté ſauvage
Et du frein & du joug rejettoit l'esclavage .
Mars n'avoit point encor déployé ſes Drapeaux ;
La haine étoit fans glaive & l'orgeuil fans faiſceaux.
Thétis ne voyoit point de Forêts vagabondes
Ni d'avares Nochers infulter à fes ondes .
Guerre , meurtres , combats , traits de fang altérés ,
Vos noms , vos nomsaffreux étoient même ignorés .
Mais d'un fceptre d'airain , le Ciel frappant la
Terre ,
L'or brille , le fer luit , le fang coule ; & la guerre
Des fragiles mortels précipitant le fort ,
Ofa multiplier les routes de la mort.
Elle m'ouvre un cercueil ... Ah ! s'il faut que j'y
tombe ,
Que du moins l'univers life un jour ſur maTombe ;
Tibu lle ici repofe , au printemps de les jours
» Mars l'enlève à Délie , & la parque auxamours,
Tibulle , à Meffala. Par M. le
Brun.
Abitis ageas fine me , Meffala per undas.
Pars , fuis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire,
Cherche à travers les flots l'Afie & la Victoire.
·
Périffe des combats la fanglante Folie !
C'eft elle qui troubla mes jours purs & fereins.
O Paix , de l'âge d'or ramène les deftins.
Un Printemps éternel careffoit la Nature ,
La Terre prodiguoit des moiffons fans culture ,
Ses flancs en longs chemins n'étoient pas fillonés ,
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Ni de murs foupçonneux au loin empriſonnés .
L'intérêt n'avoit point inventé les partages ,
La foi fervoit alors de borne aux héritages ;
Les Champs couverts de fruits , de troupeaux & de
fleurs ,
Refufoient à Circé les poiſons deftructeurs.
Du Courfier , du Taureau la liberté ſauvage
Et du frein & du joug rejettoit l'esclavage .
Mars n'avoit point encor déployé ſes Drapeaux ;
La haine étoit fans glaive & l'orgeuil fans faiſceaux.
Thétis ne voyoit point de Forêts vagabondes
Ni d'avares Nochers infulter à fes ondes .
Guerre , meurtres , combats , traits de fang altérés ,
Vos noms , vos nomsaffreux étoient même ignorés .
Mais d'un fceptre d'airain , le Ciel frappant la
Terre ,
L'or brille , le fer luit , le fang coule ; & la guerre
Des fragiles mortels précipitant le fort ,
Ofa multiplier les routes de la mort.
Elle m'ouvre un cercueil ... Ah ! s'il faut que j'y
tombe ,
Que du moins l'univers life un jour ſur maTombe ;
Tibu lle ici repofe , au printemps de les jours
» Mars l'enlève à Délie , & la parque auxamours,
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Constitue la suite d'un autre texte
Est rédigé par une personne