Titre d'après la table
Discours de M le Chancelier à la Chambre de Justice.
Fait partie d'une livraison
Page de début
168
Page de début dans la numérisation
671
Page de fin
171
Page de fin dans la numérisation
674
Incipit
Delà, il fut conduit dans une Chapelle qu'on lui avoit préparée
Texte
Delà , il fut conduit dans une Chapelle
qu'on lui avoit préparée , pour
entendre la Meffe , où huit Députez
de la Chambre de Justice allerent
le prendre , & le conduifirent
dans la Chambre , à la quelle
il fit ce Difcours .
MESSIEURS ,
Je viens vous annoncer la fin
" de vos travaux , & la fatisfa-
» ction que le Roy & M8 le Regent
,, ont eûe du Zele & du courage avec
,, lequel vous avez fournis votre pénible
carriere : les Peuples du Ro-
" yaume demandoient la vengeance
" des concuffions & vexations immenfes
, qui les avoient affligez
pendant de fi longues années. Vous
,,avez été choifis pour remplir un fi
redoutable Miniftere ; mais les remedes
peuvent devenir des maux ,
"lorfqu'ils durent trop long -tems.
>> A la vûë de tant de Perfonnes,
qui gemiffent des peines qu'elles
endurent , le Peuple tombe dans
H
MERCURE. 169
une efpéce de Confternation , qui ed.
fait languir le Corps Politique ; &
telle eft fon inconftance , qu'il paffe
tout d'un coup de la Haine qu'il
avoit conçue , à la Compaffion
des Miferes , où elles fe trouvent
réduites , & s'accoûtume enfin , à c
les croire innocenres , lorfqu'il les
voit trop long-tems malheurenfes.
C'eft à la fageffe du Souverain ,
de tempérer la néceffité des Loix «*
avec l'indulgence ; ainfi la même «<
fageffe , qui a donné l'être à la c
Chambre de Juſtice , en ordonne
préfentement la fin , & vous renvoye
à des fonctions plus douces ,
mais non moins importantes. Il “
auroit été plus avantageux au P.,
blic , & à vous Meffieurs , que la
même Voix qui vous a affemblez ,
vint vous annoncer la fin de votre
Carriere ; mais je puis vous affu- ..
rer , que Perfonne ne fent mieux
que moi , l'Eloge , qui eft dû au
zele que vous avez pour la Juftice
i vous n'avez pû remplir
en fon entier , l'Objet qui vous étoit "
ес
le
1
Fen Mi
Chinc
179 LE NOUVEAU
»
propofé ; du moins , vous auriez la
fatisfaction précieufe , d'avoir arrêté
le cours d'une déprédation
fans bornes , & de fçavoir que la
Chambre de Juftice va devenir un
Epoque . , où le bon ordre dans
les Finances va fuccéder aux Abus
qui s'y étoient gliffez , la lumiere ,
à l'obfcurité : & la fageffe qui nous
gouverne , n'aura plus que le plaifir
de faire gouter fes bienfaits ,
» & d'établir la grandeur du Roy , &
le bonheur de fes Sujets.
Mr de la Moignon premier Préfident
de la Chambre de Juftice ,
lui répondit en peu de mots ; il
s'étendit particulierement fur la
gloire , qu'il s'étoit acquife au Bareau
, en qualité d'Avocat General ;
quoique dans un âge peu avancé ,
ayant réuni les qualités d'un parfait
Orateur , à celles d'un grand
Magiftrat. Il mit dans un beau
jour , ce qu'il avoit fait depuis ,
dans la Charge de Procureur General
, avec tant de gloire , pour
maintenir les Loix du Royaume ,
C
D
MER CUR Ea 171
& les Libertés de l'Eglife Gallicane.
qu'on lui avoit préparée , pour
entendre la Meffe , où huit Députez
de la Chambre de Justice allerent
le prendre , & le conduifirent
dans la Chambre , à la quelle
il fit ce Difcours .
MESSIEURS ,
Je viens vous annoncer la fin
" de vos travaux , & la fatisfa-
» ction que le Roy & M8 le Regent
,, ont eûe du Zele & du courage avec
,, lequel vous avez fournis votre pénible
carriere : les Peuples du Ro-
" yaume demandoient la vengeance
" des concuffions & vexations immenfes
, qui les avoient affligez
pendant de fi longues années. Vous
,,avez été choifis pour remplir un fi
redoutable Miniftere ; mais les remedes
peuvent devenir des maux ,
"lorfqu'ils durent trop long -tems.
>> A la vûë de tant de Perfonnes,
qui gemiffent des peines qu'elles
endurent , le Peuple tombe dans
H
MERCURE. 169
une efpéce de Confternation , qui ed.
fait languir le Corps Politique ; &
telle eft fon inconftance , qu'il paffe
tout d'un coup de la Haine qu'il
avoit conçue , à la Compaffion
des Miferes , où elles fe trouvent
réduites , & s'accoûtume enfin , à c
les croire innocenres , lorfqu'il les
voit trop long-tems malheurenfes.
C'eft à la fageffe du Souverain ,
de tempérer la néceffité des Loix «*
avec l'indulgence ; ainfi la même «<
fageffe , qui a donné l'être à la c
Chambre de Juſtice , en ordonne
préfentement la fin , & vous renvoye
à des fonctions plus douces ,
mais non moins importantes. Il “
auroit été plus avantageux au P.,
blic , & à vous Meffieurs , que la
même Voix qui vous a affemblez ,
vint vous annoncer la fin de votre
Carriere ; mais je puis vous affu- ..
rer , que Perfonne ne fent mieux
que moi , l'Eloge , qui eft dû au
zele que vous avez pour la Juftice
i vous n'avez pû remplir
en fon entier , l'Objet qui vous étoit "
ес
le
1
Fen Mi
Chinc
179 LE NOUVEAU
»
propofé ; du moins , vous auriez la
fatisfaction précieufe , d'avoir arrêté
le cours d'une déprédation
fans bornes , & de fçavoir que la
Chambre de Juftice va devenir un
Epoque . , où le bon ordre dans
les Finances va fuccéder aux Abus
qui s'y étoient gliffez , la lumiere ,
à l'obfcurité : & la fageffe qui nous
gouverne , n'aura plus que le plaifir
de faire gouter fes bienfaits ,
» & d'établir la grandeur du Roy , &
le bonheur de fes Sujets.
Mr de la Moignon premier Préfident
de la Chambre de Juftice ,
lui répondit en peu de mots ; il
s'étendit particulierement fur la
gloire , qu'il s'étoit acquife au Bareau
, en qualité d'Avocat General ;
quoique dans un âge peu avancé ,
ayant réuni les qualités d'un parfait
Orateur , à celles d'un grand
Magiftrat. Il mit dans un beau
jour , ce qu'il avoit fait depuis ,
dans la Charge de Procureur General
, avec tant de gloire , pour
maintenir les Loix du Royaume ,
C
D
MER CUR Ea 171
& les Libertés de l'Eglife Gallicane.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine