Titre d'après la table
Mauvaise excuse de l'Auteur.
Fait partie d'une livraison
Page de début
50
Page de début dans la numérisation
56
Page de fin
56
Page de fin dans la numérisation
62
Incipit
L'univers est moins vaste que l'imagination des hommes
Texte
Lunivers est moins vaste
que 1 imagination des hommes
; le faux & le vrai les
occupent, la raison les conseille
, les demonstrations
les convainquent, l'éloquence
les persuade, la verité
les scandalise, la louange
les enyvre, & toûjours
le mensonge & les choses
les plus frivoles les amusent.
Ces remarques, dignes
d'un Auteur aussi grave
que le Mercure, ne paroîtroient
point ici, si les
jugemens que vous avez
portez de lui navoient don-
.né lieu à ses reflexions. Ce
font elles, Messieurs, qui
lui ont appris que ce qu'il
pourroit vous dire de plus
étudié & de mieux raisonné,
seroit ce qu'ordinairement
vous recevriez le plus
mal; & qu'enfin aussi difficiles
à sixer que lui, la varieté,
ou plutôt le defordre
de ses idées, devoit
faire le plaisir de vos lectures.
Si cela est, comme
il n'y a pas lieu d'en douter,
ne le chicannez donc pas
comme vous faites tous les
jours, sur les spectacles que
sa legereté vous presente.
Pardonnez-moy la liberté
que je vais prendre
de dire ici deux mots pour
mon apologie, au sujet des
reproches qu'on m'a faits.
Si je débité malheureu
sement quelque nouvelle
fausse, peut on me faire un
crime de cet accident?Oui
&non,selon l'occasio. Mais
non.vous dis-je
>
&je ne me
pardonnerois pas de j semblables
fautes, si je pouvois
être responsable de la vérité
de tout ce qu'on mecrit.
Cependant il n'importer
si ce malheur m'arrive,
je fuis coupable, parce que
c'est l'être en effet, que
l'être par malheur.
Dans un certain endroit
du Mercure du meis passé
mon respect & !e timide Se
juste éloge d'un des plus respectables
objets du monde,
ont révolté contre moy la
douceur & la vertu même
, parce que j'ai osé offrir à
vos yeux une foible image
de quelques spectacles,
dont j'ai fait le meilleur &
le plus interessant article
de mon Livre. Que puisse
donc vous direct les grands
traitent de profanation l'usage
innocent que le Mercure
fait de leurs fortunes
ôc de leurs plaisirs,dequoy
sera t-il désormais permis
de vousentretenir? Irai- je
dans le peuple ou dans la
fable puiser de quoy faire
tous les mois un Livre, uniquement
à l'usage du peuple
? Merenfermerai-je
étroitement dans les bornes
de la médisance & de
la critique? parlerai je mal
de tout le lnonde) pour
animer la conversation ?
& ne dirai- je du bien de
personne ? Me souleverai je
enfin contre les loix auitéres
qu'on veut me prescrire
? ôc pour me dédommager
de cette rigueur, dirai-
je sur les nouvelles generales
tout ce que la bien:
seance ôc mon devoir me
défendent d'en dire?Je ne
tomberois pas deux fois
dans cet inconvénient.
Soyez moy donc plus favorables
,
Meilleurs, & jugez
de mon attention à éviter
de justes reproches, par la
discretion que vous allez
trouver dans les articles qui
suivent ces reflexions.
que 1 imagination des hommes
; le faux & le vrai les
occupent, la raison les conseille
, les demonstrations
les convainquent, l'éloquence
les persuade, la verité
les scandalise, la louange
les enyvre, & toûjours
le mensonge & les choses
les plus frivoles les amusent.
Ces remarques, dignes
d'un Auteur aussi grave
que le Mercure, ne paroîtroient
point ici, si les
jugemens que vous avez
portez de lui navoient don-
.né lieu à ses reflexions. Ce
font elles, Messieurs, qui
lui ont appris que ce qu'il
pourroit vous dire de plus
étudié & de mieux raisonné,
seroit ce qu'ordinairement
vous recevriez le plus
mal; & qu'enfin aussi difficiles
à sixer que lui, la varieté,
ou plutôt le defordre
de ses idées, devoit
faire le plaisir de vos lectures.
Si cela est, comme
il n'y a pas lieu d'en douter,
ne le chicannez donc pas
comme vous faites tous les
jours, sur les spectacles que
sa legereté vous presente.
Pardonnez-moy la liberté
que je vais prendre
de dire ici deux mots pour
mon apologie, au sujet des
reproches qu'on m'a faits.
Si je débité malheureu
sement quelque nouvelle
fausse, peut on me faire un
crime de cet accident?Oui
&non,selon l'occasio. Mais
non.vous dis-je
>
&je ne me
pardonnerois pas de j semblables
fautes, si je pouvois
être responsable de la vérité
de tout ce qu'on mecrit.
Cependant il n'importer
si ce malheur m'arrive,
je fuis coupable, parce que
c'est l'être en effet, que
l'être par malheur.
Dans un certain endroit
du Mercure du meis passé
mon respect & !e timide Se
juste éloge d'un des plus respectables
objets du monde,
ont révolté contre moy la
douceur & la vertu même
, parce que j'ai osé offrir à
vos yeux une foible image
de quelques spectacles,
dont j'ai fait le meilleur &
le plus interessant article
de mon Livre. Que puisse
donc vous direct les grands
traitent de profanation l'usage
innocent que le Mercure
fait de leurs fortunes
ôc de leurs plaisirs,dequoy
sera t-il désormais permis
de vousentretenir? Irai- je
dans le peuple ou dans la
fable puiser de quoy faire
tous les mois un Livre, uniquement
à l'usage du peuple
? Merenfermerai-je
étroitement dans les bornes
de la médisance & de
la critique? parlerai je mal
de tout le lnonde) pour
animer la conversation ?
& ne dirai- je du bien de
personne ? Me souleverai je
enfin contre les loix auitéres
qu'on veut me prescrire
? ôc pour me dédommager
de cette rigueur, dirai-
je sur les nouvelles generales
tout ce que la bien:
seance ôc mon devoir me
défendent d'en dire?Je ne
tomberois pas deux fois
dans cet inconvénient.
Soyez moy donc plus favorables
,
Meilleurs, & jugez
de mon attention à éviter
de justes reproches, par la
discretion que vous allez
trouver dans les articles qui
suivent ces reflexions.
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte traite des perceptions et des jugements des lecteurs concernant un auteur, probablement celui du 'Mercure'. L'auteur observe que les lecteurs sont facilement influencés par divers éléments tels que le faux, le vrai, la raison, l'éloquence, la vérité, la louange et les mensonges. Il note que ses idées variées et parfois désordonnées semblent plaire aux lecteurs. L'auteur se défend contre les reproches liés à la publication de fausses nouvelles, affirmant ne pas être responsable de la véracité de tout ce qui lui est écrit. Il exprime son regret d'avoir offensé certaines personnes en décrivant des spectacles dans son livre. Il se questionne sur les sujets qu'il peut aborder sans être critiqué, se demandant s'il doit se limiter à la médisance ou à la critique, ou éviter de parler favorablement de quiconque. Il conclut en espérant que les lecteurs trouveront ses articles futurs discrets et exempts de reproches justifiés.
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier