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Titre

EPISTRE AUX MUSES.

Titre d'après la table

Epître aux Muses.

Page de début
13
Page de début dans la numérisation
19
Page de fin
22
Page de fin dans la numérisation
28
Incipit

Non, je ne sçaurois plus douter de ma disgrace,

Texte
EP1STKE
AUX MUSES.
NOn, je ne fçaurois plus
-
douter de ma disgrace,
Mufes, vous m'enviez les
honneurs du Parnasse;
J'avois beau me compter
parmi vos nourriçons,
, Me promettre un concert
des plus belles chansons,
Je ne sens plus en moy,lorfque
je veux écrire, ]
Cette divine ardeur que le
c
Permesse inspire
;
Et si vous m'écoutez, vos
plus rares presens
Se bornent à des vers, ou
forcez, ou pesans.
L'un contraint par les loix
d'une étroite mesure,
Semble avoir été mis cent
fois à latorture;
L'autre ne connoissant ni
rime ni raison,
Sans sel & sans vigueur languit
dans sa prison;
Le meilleur en un mottombe
toûjours sans grace,
Et je n'en écris point qu'r
aussitôt je n'efface,
Pour éviter le sort d'un malheureux
rimeur
Qui n'est 'en paroissantlû
que de l'Imprimeur,
Ou de ces partisans de tout
mauvais ouvrage
Dont un
espritsensé craint
toujours le suffrage.
Quand je voulois jadis exer
'r cer mon talent,
Vous me faisiez parler, en
Poëte excellent;
Les termes élegans, la cadence,
la rime
Prêtoient à ma penséeun
ornement sublime,
Et mon esprit goûtant le
fruit de les travaux,
Sçavoit par ce plaisir adou
- cir tous mes maux.
Si le fort contre moy signaloit
Ion caprice,
Par des vers aussitôtje m'en
faisois justice,
Tt me traçant sur tout de
charmantes leçons,
J'oppofois à ses coups la
douceur de vos sons.
Muses,
Muses, ne dois-je pas vous
-
traiter d'inhumaines?
Me frustrant du moyen de
soulager mes peines,
Pourquoy m'accoûtumer à
desi doux plaisirs,
Si vous deviez sitôt en feT
vrer mes desirs?
Craigniez-vous que ma
main abusant de la rime,
Neût contre la vertu pris
l'interêt ducrime?
Je fuis trop ennemi de ces
lâches auteurs
Dont les vers sont par tout
les écüeils des Icacurs.,,
Et qui des dons reçus de
Fillessi pudiques
Vont faire à la pudeur des
insultes publiques.
Rendez-moy donc cet arc
justement élevé
Sur tout ce que le monde
a de plus achevé:
Que le pinceau d'Appelle
imite la nature;
Que Phidias paroisse animer
sa figure;
Que Dedale faisant jrpuflïr
ses efforts,
Enchante les efprirs par de
nouveaux ressorts,
Vulgaires artisans, ils dpir
vent leur Greffe
Aux preceptes de l'artdont
l'étude les dresse :
Mais du Dieu du P,atttffç
un genieinspiré l
CPA)me sortant qij.': Ciel
paît tQûjourséçJirti;
]/çJprit paroît coutPlJf dans
_io/i 4ivm lang>ifp , Et ne doir qu'à lui seul la
c - matjere ôç lo^vragc.
r Qij'çhi flousV^nfe la Pfçfe
& fous fç? pfnçriîfns,
Jpn I}p trouve qiiWx vpfp
un yséfix,4'sgHfjHens; L'aç&efkclvoi«'df$mois0
leur jthij.ç hjwroonoeufe
Font sentir à l'esprit leur
force gracieuse.
De là vient que, les Dieux,
du fond de leurs autels,
Ne répondoient qu'en vers
répondant aux mortels;
Que les amans pour plaire;
instruits par la tendresse,
Veulent toûjours en vers
parler à leur maîtresse;
Que pour rendre célébré un
nom dans l'univers,
L'éloquence choisit le langaggaegdeedsevsevresrs;
:L ; Et que pourexciter ou nos
risounos larmes,
De la rime toujours on emprunte
les charmes.
Mais j'aigris mes chagrins,
quand je vante le prix
Du bien que vous m'avez
injustement repris.
Quel discours cependant
me flate en ma tristeife?
Vous avez, me dit-on, de- ferté lePermesse.
Une Princesse illustre imitant
vos accords,
Vous a fait preferer son Pa-
: lais à vos bords,
,:Et du foin des beaux arts
où sonesprit excelle
Vous voulez désormais
vous reposer sur elle.
Ah! que je fuis heureux à'& voir enfin appris
Quel nom peut d'un beau
feu réchauffer mes
esprits.
Mais quel rayçft deja me
ranime 6ç m'éclaire?
Plein de l'esprit de Sceaux:
que ne vais-je pas faire?
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Dans sa plainte aux Muses, l'auteur exprime son désarroi face à la perte de son inspiration poétique. Il regrette l'absence des Muses, qui autrefois lui inspiraient des vers élégants et sublimes. Désormais, ses écrits lui semblent forcés ou pesants, et il craint de produire des œuvres médiocres. Il souligne la difficulté de créer des vers ni contraints par la métrique ni dénués de sens. L'auteur se remémore les moments où les Muses lui permettaient de surmonter ses maux par la beauté de ses poèmes. Il accuse les Muses de cruauté, se demandant pourquoi elles l'ont habitué à des plaisirs doux avant de le priver de cette joie. Il affirme n'abuser jamais de la poésie pour des fins immorales. Le texte met en lumière l'importance de la poésie dans divers aspects de la vie, comme les communications divines, les déclarations amoureuses et les éloges célèbres. Enfin, l'auteur apprend que les Muses ont accordé leur faveur à une princesse illustre, ce qui le ravit et l'inspire à nouveau, notamment par l'esprit de Sceaux.
Soumis par kipfmullerl le