Titre
XVI.
Fait partie d'une livraison
Page de début
303
Page de début dans la numérisation
324
Page de fin
305
Page de fin dans la numérisation
326
Incipit
PEre Blaise d'un grand renom,
Texte
X V1.
Ere Blaife d'un grand renom ,
Se haftant d'aller à Vernon ,
Faifoit trotter fa pauvre Befte ;
Mais par malheur c'eftoit l'Hyver ,
Quand voila foudain ſur ſa tefte,
Que de loin il voit arriver ,
Frimat , bife , grefil , nege , grefle &
tempefte,
Qui l'empefchoient de ſe trouver ,
Au Feftin d'une grande Fefte.
Son ventre en grondoit mefme , & pouvoit
en crever ,
Car l'heure eftoit marquée , & la table
eftoit prefte.
C'eftoit trop pour en endefver ,
Quand plus d'un obftacle l'arreſte.
3
Dans cette fatale faifon ,
L'ardeur qui porte le faint Homme,
L'euft pour un bon Repas fait courir
jufqu'à Rome,
304
Extraordinaire
Mais ilfe voit furpris , & plusfot qu'un
Oifon.
Q
Son pauvre animal qui va l'amble ,
A chaque pas friſſonne & tremble ,
Chopant contre plus d'un glaçon
Il eut mieux valu , ce luy femble,
N'eftre qu'à la Cuiſine , & garder la
maiſon ,
Que de tromber tous deux , mefme peuteftre
ensemble ,
S'il le pouffoit plus fort , ou d'une autre
façon.
ལ
Mais un Gaillard n'aimant qu'à rire,
Vit le bon Pere , & luy vint dire,
Pater , la Befte tremble. Elle en a bien
raifon ,
Répondit le Pater ; jugez- en par vousmesme
:
Et ,fans faire comparaison ,
Nefentiriez- vous pas en vous un froid
extréme ,
Si nud comme elle vous eftiez ,
du Mercure Galant. 305
Ayant la corde au col , avec les fers aux
pieds,
Un Pere prés de vous , ou quelque Hom
me à Soutane ?.
V
Je gage que vous trembleriez ,
Cent fois plus que ne fait mon Afne.
Le mefme
Ere Blaife d'un grand renom ,
Se haftant d'aller à Vernon ,
Faifoit trotter fa pauvre Befte ;
Mais par malheur c'eftoit l'Hyver ,
Quand voila foudain ſur ſa tefte,
Que de loin il voit arriver ,
Frimat , bife , grefil , nege , grefle &
tempefte,
Qui l'empefchoient de ſe trouver ,
Au Feftin d'une grande Fefte.
Son ventre en grondoit mefme , & pouvoit
en crever ,
Car l'heure eftoit marquée , & la table
eftoit prefte.
C'eftoit trop pour en endefver ,
Quand plus d'un obftacle l'arreſte.
3
Dans cette fatale faifon ,
L'ardeur qui porte le faint Homme,
L'euft pour un bon Repas fait courir
jufqu'à Rome,
304
Extraordinaire
Mais ilfe voit furpris , & plusfot qu'un
Oifon.
Q
Son pauvre animal qui va l'amble ,
A chaque pas friſſonne & tremble ,
Chopant contre plus d'un glaçon
Il eut mieux valu , ce luy femble,
N'eftre qu'à la Cuiſine , & garder la
maiſon ,
Que de tromber tous deux , mefme peuteftre
ensemble ,
S'il le pouffoit plus fort , ou d'une autre
façon.
ལ
Mais un Gaillard n'aimant qu'à rire,
Vit le bon Pere , & luy vint dire,
Pater , la Befte tremble. Elle en a bien
raifon ,
Répondit le Pater ; jugez- en par vousmesme
:
Et ,fans faire comparaison ,
Nefentiriez- vous pas en vous un froid
extréme ,
Si nud comme elle vous eftiez ,
du Mercure Galant. 305
Ayant la corde au col , avec les fers aux
pieds,
Un Pere prés de vous , ou quelque Hom
me à Soutane ?.
V
Je gage que vous trembleriez ,
Cent fois plus que ne fait mon Afne.
Le mefme
Signature
Le mesme.
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Constitue la réponse à un autre texte
Est rédigé par une personne
Provient d'un lieu