Titre
LA NYMPHE DE RICHELIEU A MONSIEUR LE DUC, & à Madame la Duchesse de Richelieu.
Fait partie d'une livraison
Page de début
11
Page de début dans la numérisation
18
Page de fin
17
Page de fin dans la numérisation
24
Incipit
Les Vers qui suivent sont de M. le Clerc de / Digne Heritier d'Armand, & de tous tes Ayeux,
Texte
Les Vers qui fuivent font de M. le
Clerc de l'Academie Françoife ; ils
furentprefentez à Me le Duc & à Madame
la Ducheffe de Richelieu, le jour
que cette Ducheffefit fon Entrée dans
la Ville qui portefon nom . Ie vous en
ay envoyé une Relation tres ample dans
Pune de mes Lettres ordinaires..
Sa
12 Extraordinaire
52:5252 5252-525252
LA NYMPHE
DE RICHELIEU
A MONSIEUR LE DUC ,
& à Madame la Ducheffe
de Richelieu .
DigneHeritier &Armand , & da
tous tes yeux ,
Depuis que noftre Grand Monarque
Pour t'approcher de luy te fit quitter ces
lieux ,
Tous nos jours furent ennuyeux
Et de noftre langueur tout y portoit la
marque :
Ces Promenoirs charmans , ce fuperba
Palais ,
Où l'Art a feme tant d'attraits ,
N'eftoient plus qu'une affreuse & vafte
folitude,
du
Mercure Galant. 13
L'horreur regnoit dans nos Boccages
verds,
Le Printemps le plus doux n'avoit rien
que de rude ,
Et l'Autonne & l'Efté n'eftoient que des
Hyvers. $12
Que Pay versé de pleurs , & poußé de
Soupirs
Durant une fi longue abfence !
Enfin le Ciel propice exauce nos defirs
Tu nous ramenes les plaifirs ,
Noftre felicité paffe noftre esperance ;
Ton illuftre Moitié , l'Ornement de la
Cour ,
Le digne choix de ton Amour
Fait briller dans ces lieux fes vertus &
fes charmes;
On voit les fleurs y naiftre fous fespas,
Elle y répand la joye , elle en bannit les
larmes ,
Et les remplit par tout de graces
d'appas.
ទ
&
Voy tes heureux Vaſſaux venir de tous
coftez
८
14
Extraordinaire
En foule pour luy rendre hommage :
Voy que de fa douceur leurs coeursfont
enchantez ;
Voy leurs yeux fur elle arreftez:
Voy la joye & Amour peintes fur leur
viſage ;
Voy prefs à vous fervir leurs Bataillons
armez ,
Et par vos regards animez
Au milieu de laPaix reprefenter la guerre.
Ah! s'il falloit combattre leur
pour
Roy ,
Tu les verrois te fuivre aux deux bouts
de la Terre,
Pour feconder ten zele , & fignaler leur
foy.
Couple chery du Ciel, joüiffez pleinement
Du fort de vos belles années ,
C'est pour vous que fut fait ce Palais fi
Et
charmant ,
par les foins du grand Armand ,
Ces richeffes fans prix vous furent deſtinées
:
(
du Mercure Galant .
15 .
Tout rit à vostre abord , tout y devient
plus beau,
Tout y prend un éclat nouveau,
Nos Bois en font plus gais, nos fardins
refleuriffent,
De nos Vergers les ruiffeaux font plus
clairs ,
Avec plus de vigueur nos Fontaines
jaliffent,
Et d'un plus noble effort s'élancent
dans les airs .
Ces reftes précieux de la rigueur des ans ,
Qui n'en ofa faire fa proye,
Ces Heres , ces faux Dieux dans le
marbre vivans,
Si cheris des Maistres fçavans ,
D'un langage muet vous expriment
leur joye.
Vous avez rendu l'ame à ces fiers
baftimens ,
A ces pompeux appartemens,
A ces riches lambris qui me fem bloient
fi fombres,
3
16 Extraordinaire
Sur l'Orifon l'Aftre de la clarté
Ainfi des triftes nuits vient diffiper
les ombres ,
Et rend à l'Univers fa premiere beauté.
W
Que de plaifirs font joints au plaifir
de vous voir !
La douceur n'en eft point bornée.
Quel prefage flateur , quel favorable
espoir
Ne pouvons - nous pas concevoir
De ce Fruit fi charmant né de vostre
Hymenée ?
Ce tendre & cher Objet , ce jeune
Aftre naiffant,
De qui le regard innocent
Semble déja des coeurs méditer la conqueßte
,
D'un Fils illuftre, est le gage a
feuré,
D'un Fils qui de lauriers couronnera
fa tefte ,
D'un Fils tel qu'il le faut , tel qu'il
eft defiré.
du Mercure Galant.
17
3
Sous ces toits fortunez , fous ce noble
climat,
Nâquit Armand, qui par fes veilles
De tous nos Ennemis fit triompher l'Etat
,
Mais qui de noftre Potentat
Euft eu peine à prévoir les divines
merveilles.
Son Ombre vous demande encor um
Succeffeur,
De qui l'efprit , de qui le coeur
Soutiennent vostre nom , & remplif
Sent l'Hiftoire ,
Palais augufte , admirable Sejour,
Quelle douceur pour nous , quel bon
heur , quelle gloire,
Si ce Heros pouvoit recevoir. le
jour!
Clerc de l'Academie Françoife ; ils
furentprefentez à Me le Duc & à Madame
la Ducheffe de Richelieu, le jour
que cette Ducheffefit fon Entrée dans
la Ville qui portefon nom . Ie vous en
ay envoyé une Relation tres ample dans
Pune de mes Lettres ordinaires..
Sa
12 Extraordinaire
52:5252 5252-525252
LA NYMPHE
DE RICHELIEU
A MONSIEUR LE DUC ,
& à Madame la Ducheffe
de Richelieu .
DigneHeritier &Armand , & da
tous tes yeux ,
Depuis que noftre Grand Monarque
Pour t'approcher de luy te fit quitter ces
lieux ,
Tous nos jours furent ennuyeux
Et de noftre langueur tout y portoit la
marque :
Ces Promenoirs charmans , ce fuperba
Palais ,
Où l'Art a feme tant d'attraits ,
N'eftoient plus qu'une affreuse & vafte
folitude,
du
Mercure Galant. 13
L'horreur regnoit dans nos Boccages
verds,
Le Printemps le plus doux n'avoit rien
que de rude ,
Et l'Autonne & l'Efté n'eftoient que des
Hyvers. $12
Que Pay versé de pleurs , & poußé de
Soupirs
Durant une fi longue abfence !
Enfin le Ciel propice exauce nos defirs
Tu nous ramenes les plaifirs ,
Noftre felicité paffe noftre esperance ;
Ton illuftre Moitié , l'Ornement de la
Cour ,
Le digne choix de ton Amour
Fait briller dans ces lieux fes vertus &
fes charmes;
On voit les fleurs y naiftre fous fespas,
Elle y répand la joye , elle en bannit les
larmes ,
Et les remplit par tout de graces
d'appas.
ទ
&
Voy tes heureux Vaſſaux venir de tous
coftez
८
14
Extraordinaire
En foule pour luy rendre hommage :
Voy que de fa douceur leurs coeursfont
enchantez ;
Voy leurs yeux fur elle arreftez:
Voy la joye & Amour peintes fur leur
viſage ;
Voy prefs à vous fervir leurs Bataillons
armez ,
Et par vos regards animez
Au milieu de laPaix reprefenter la guerre.
Ah! s'il falloit combattre leur
pour
Roy ,
Tu les verrois te fuivre aux deux bouts
de la Terre,
Pour feconder ten zele , & fignaler leur
foy.
Couple chery du Ciel, joüiffez pleinement
Du fort de vos belles années ,
C'est pour vous que fut fait ce Palais fi
Et
charmant ,
par les foins du grand Armand ,
Ces richeffes fans prix vous furent deſtinées
:
(
du Mercure Galant .
15 .
Tout rit à vostre abord , tout y devient
plus beau,
Tout y prend un éclat nouveau,
Nos Bois en font plus gais, nos fardins
refleuriffent,
De nos Vergers les ruiffeaux font plus
clairs ,
Avec plus de vigueur nos Fontaines
jaliffent,
Et d'un plus noble effort s'élancent
dans les airs .
Ces reftes précieux de la rigueur des ans ,
Qui n'en ofa faire fa proye,
Ces Heres , ces faux Dieux dans le
marbre vivans,
Si cheris des Maistres fçavans ,
D'un langage muet vous expriment
leur joye.
Vous avez rendu l'ame à ces fiers
baftimens ,
A ces pompeux appartemens,
A ces riches lambris qui me fem bloient
fi fombres,
3
16 Extraordinaire
Sur l'Orifon l'Aftre de la clarté
Ainfi des triftes nuits vient diffiper
les ombres ,
Et rend à l'Univers fa premiere beauté.
W
Que de plaifirs font joints au plaifir
de vous voir !
La douceur n'en eft point bornée.
Quel prefage flateur , quel favorable
espoir
Ne pouvons - nous pas concevoir
De ce Fruit fi charmant né de vostre
Hymenée ?
Ce tendre & cher Objet , ce jeune
Aftre naiffant,
De qui le regard innocent
Semble déja des coeurs méditer la conqueßte
,
D'un Fils illuftre, est le gage a
feuré,
D'un Fils qui de lauriers couronnera
fa tefte ,
D'un Fils tel qu'il le faut , tel qu'il
eft defiré.
du Mercure Galant.
17
3
Sous ces toits fortunez , fous ce noble
climat,
Nâquit Armand, qui par fes veilles
De tous nos Ennemis fit triompher l'Etat
,
Mais qui de noftre Potentat
Euft eu peine à prévoir les divines
merveilles.
Son Ombre vous demande encor um
Succeffeur,
De qui l'efprit , de qui le coeur
Soutiennent vostre nom , & remplif
Sent l'Hiftoire ,
Palais augufte , admirable Sejour,
Quelle douceur pour nous , quel bon
heur , quelle gloire,
Si ce Heros pouvoit recevoir. le
jour!
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Domaine
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne