Titre d'après la table
Fondation perpetuelle d'une Feste à Issoudun, pour la Naissance du Roy.
Fait partie d'une livraison
Page de début
75
Page de début dans la numérisation
92
Page de fin
83
Page de fin dans la numérisation
100
Incipit
J'ay presentement à vous parler des Habitans d'Issoudun, Capitale
Texte
J'ayprelentement à vous
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
parler des Habitans d'ifriudun,
Capitale du bas Berry.
Ils ont toûjours elle fifidelles
à leurs Princes, qu'ils
en ont esté recompensez par
de très- beaux Privilèges. Le
Roy persuadé de cette verité,
& touché de compassion
pour eux lors que passant
dans la Province en 1651. il
vit leur Ville presque reduite
en cendres,
confirma ces
Privileces, & a eu la bonté
depuis ce temps là de dire
plusieurs fois qu'il se fouviendroit
de leurs services.
En effet Sa Majesté a bien
fait paroistre qu'Elle les distinguoit
entre tousses au- j
tres Sujets de la mesme Province
, puis qu'ils ont esté
les seuls exempts de Garnisons,
6c qu'Elle a hautement
déclaré qu'Elle ne vouloit
pas qu'ils en eussent durant
son Regne. Aullï voulant en
t. marquer leur reconnoisssance,
& l'ardent desir qu'ils ont
d'attirer sur sa Personne Sacrée
& sur toute la Maison
Royale,les Benedictions du
Ciel,ils ont fait une Fondation
perpetuelle de Prieres
Publiques tous les ans au
cinquiéme de Septembre,
jour de l'heureuse Naissance
du Roy, & l'ont commen- céecetteannée par un Service
solennel qui fut fait ce
jour là dans leur Eglise Collégiale.
Ils l'avoient parée
magnifiquement, & ornée de
plusieurs Devises & Infcriptions
à la loüange du Roy.
La Messe fut chantée à trois-
Choeurs de Musique aussibien
que Vespres,ôc l'on fit
un Procession Generale, OU
Mr l'Evesque & Comte
d'Agde,lesMagistrats ôc
autres Corps d'Officiers assisterent.
estoit Le Portrait du Roy exposé au frontispice
du Choeur de l'Eglise,avec
ces Vers au
dessous
qui avoient
pour titre ces mots
Latins:Scribanturbæc in generations
altera
,
&populus qui
creabiturlaudabit Regem. LoVlS LE GRANDyceRoy
d'invinciblepui(Tance,
Te dtfingue
,
issoudun, entre tous
[ ses Sujets
I Parses grâces dr ses biensfaits,
Diftingut toy pour luy par ta reconde
tioijfance
, , Etetle bre àjamaislejourdesanaissance
En faifint tous les Ans ce quau--
à lourd'huy tufais.
.P,ofir
Tour rré"peondre od'un Bq AUXfaveurs Roy sidebonnaire G iiij
-~je fa* U:1 plaijir de nousfaire
du bienr
Noffre z>tle voudrait,toutfaire ne
peutrien,
Seigneur^faitespour luy ce que nous
¡
'Voudrions ftire. ,'voudrionsfaire.
Aprés la Procession,toute
la Bourgeoisie s'estant
mise sous lesarmes,
on alluma
le Feu de joye au bruit
du Canon & de la Mousqueterie,
au son des Tambours
& des Trompettes,
& auxacclamationsdérive
leRoy. Dans la Place ou le
Feu fut allumé, on voyoit
encore ce Prince represenMe
devant une Ville embrasée
y
avecles Vers suivans
quiavoient pour ame, Avis
ïkoecJacra Svii.
E. S fLâmts de ton Roy t'ont.
fait unnoblc Amant, - Ta foy quilvit pour luy dans ton
embrasement
Mnfpireason amour desfemimens si
tendres
8t!J'ü te fait, Ijfiudun
,
renéftrc
de tes cendres.
Cette Ceremonie qui du-
Ta jusques au soir
,
estans
terminée
,
les Particuliers J firent des Illuminations à
toutes les fenestres de leurs
maisons, & des Feux devant
leurs portes ,
& passerent la
plus grande partie de la nuit:
à donner dans les ruës toutes;
fortes de marques d'une allegresseparfaite.
La mesme:
chose doit se faire tous les
ans au mesme jour, suivant
la resolution qui en a esté
prise dans leur Assemblée
Generale. Le lendemain 6.
du mois
,
les Habitans Catholiques
d'Issoudunrecommencerent
la rejoüissence
par la Démolition qui se fit
du Temple de ceux de la
Religion Prerenduë
Refornée
,
ainsi qu'il avoit esté
ugé par Sentence du Bailhage
de la mesme Ville, far
:~s contraventions par eux
nites aux Edits & Déclarasions
de Sa Majelté
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Les habitants d'Issoudun, capitale du Bas-Berry, étaient reconnus pour leur loyauté envers leurs princes, qui leur avaient accordé divers privilèges. En 1651, après la destruction de la ville, le roi confirma ces privilèges et exprima sa gratitude. Les Issoldunois furent exemptés de garnisons militaires, une faveur unique en province. En signe de reconnaissance, ils instituèrent une prière publique annuelle le 5 septembre, jour de la naissance du roi. Cette année-là, une cérémonie solennelle eut lieu dans leur église collégiale, ornée de devises et d'inscriptions honorant le roi. La messe et les vêpres furent chantées par trois chœurs de musique, suivies d'une procession à laquelle participèrent l'évêque, les magistrats et autres officiers. Un portrait du roi fut exposé avec des vers latins. Après la procession, la bourgeoisie organisa un feu de joie avec des salves de canons, de mousqueterie, des tambours et des trompettes, et des acclamations en l'honneur du roi. La nuit fut illuminée par des feux devant les maisons. Le lendemain, les habitants catholiques démolirent le temple protestant, conformément à une décision du bailliage pour violation des édits royaux.