Titre
SUR LA GLOIRE que le Roy s'est acquise en se condamnant dans sa propre cause.
Titre d'après la table
Poëme.
Fait partie d'une livraison
Page de début
43
Page de début dans la numérisation
57
Page de fin
53
Page de fin dans la numérisation
67
Incipit
Vous m'avez demandé la Piece de Vers qui a / Maitresse des Heros, qui dans les nobles ames
Texte
Vous m'avez demandé la.
Eiece de Vers qui a rem porte
le Prix cette année par le
jugement de l'Académie Fra1
çoise, je vous l'envoye. Vous
vous souviendrez que je vous.
manday la derniere fois, quelle
est de Mr d' Alibert de
Saint Romain.
.¥!t
SUR LA GLOIRE
quele Roy s'est acquise en
se condamnant dans [a propre
cause.
Mj~ Aitrejcfdes Héros}qui dansles
nobles ames
Allumes nuit & jlur de gtnerttifès
ifâmesy
*
:<:;ifiAÚaux Con^ueYAns de
tesckdî-
*
-
mes épris j
Des horreNls de lamort infyinr le
mépri *"
Détffi, de LOZJIScompagne inftparable,
GLOIRE,quel bruit te trouble, à*
quel (hagrin t'accable ?
La trêve (a cejeul ntm lu trtmblfs,
tu fremis )
T'dnonLC un long repos a l'Europepromis.
Le plut vaillant des Rois en desfatfons
moins calmes
T'tH!fiurnJ des weijfons de lauriers
& de palmes,
Dans ses eaux le Batave en vainsi
fust cachéy
JNjf¡u'dlJ fonddeJcfeaux la foudre
Ceufl cherché.
De Luxembourg en feu l'ipouvantable
image
Menâçoit le Germain aunftmbtable
ravage,
A lafpecl du CroiffuntCAigle hors
de combat
Eustbienmoins du SoleilpusoutenirCéclat,
Et le Lia hurlant dans sa rage der- , nlcre
Aupié des fleurs de Lys eust mordit
la pouffiere.
Jguel bras * ton Athicte,ôGL0IRF,
euBresisté?
Sage, pttiffint, & brave il auroit
têutdomté.
Pleine de cet espoir, à chanter [es
trosées
Tupréparons déjà nos plutfeavans
Orfées,
Et voilà tout à coup que bornantses
progres,
Sa clemencea changéUn tfjoir en,
regrets,
Kamour de la. vièloire en vain le
sollicite.-
Telpouvant terrajjer & le Parthe
& le Siitbe,
ConteCnt desaegranfdeuir lerfécsond des Sur l'autel de Janus après mille bazars
Aima mieux enchaîner lt dimon dt la
guerre,
J^ue le fer à ta main vaincre toute
la Terre.
Guidé du mesme ifprit) flou ré.
pandre de fang,
Loris de toutes parts fait refpcBer
fin rang,
Severe aux vicieux, doux aux bws,
toujoursjuste,
Sur les bords de la Seine il represente
Augllfle.
c'est la que dans le cours cCunregne
fortuné.
JLajfurant CVniversqu'ilavoit étonné.
GLOIRE,tule VtrrdJ, de nouvelles
lumieres
Rehaujjer les rayons deJes vertus premières
,
Seule tu l'ttttirois aux compagnes de
Marsy
Tu le retrouveras dans le thamp des
beaux arts.
Tous les'jours ee grand Boj,des autres
Rois l'exemple,
S'ouvre un nouveau chemin aIlfaifie
de ton Temple,
LHerejie afispiedspleined'unjujle
e.ffrIJJ
Mejme aux bords du Lemhn voit
triompher lafoy,
L Equitéparses foins voitlafraude
proferite,
La Fortune efi J'accord avecque le
merite, •
Tout découvre en LOVIS un Prince
plus qu'humain,Et
Et LAugujie FrltnFoúftrpdJlè le Ko*
main.
Lors que cent Légionsfousfis draféaux
rangées
$ournettoie?uafinjonglesTilles affligées
,
.Zue gros de mille feux fis menasans
vaisseaux
Repandoient la terreur dans l'empire
des eaux,
Tant de travaux guerriers a toutautre
impojjlblts
LOnt- ils interrompu danffis travaux
paifiiieç?
Le -Louvre n'a-t il pas ,
s'élevint
jusquaux Cieux>
De miracles nouveaux toujoursfrappe
nos yeux?
Etjamais t-onvû dans le bruit
des Batailles
La pompe & findNjlrie abttndonner
Vcrfiiilles ?
Quellesource en treflrs siféconde
aujourd'huy,
JVuel merveilleux?affole icy coule
pour luy?
EjI- ce donc quison gré maijlre de la
Fortune
il recueille luyseul l'abondance cornmune,
Taudis que de leur Prince esclaves
trop abjets
Sêiu le faix des Tributsgemissent les
Sujets?
Ah ! bien loin d'exiger par un trop
dur empire
VuJècours odieuxdentfin Ejlatfoupire,
Jufie à tous )feulementinjufie contre
fiy>
Il renonce auJecours que luypresse ld> loy.irejle It
Entre les dons exquis & d'un olrdre
suprème
Dont le cielfavorable orna le Diadême
,
Il en eH un fameux des peuples veré, ré-
Sous le nom de Domaine: auxseuls
Rois consacré.
Vne loy redoutable en tout temps reconnuë
du reste des mortels en ferme l'avenuë;
Auguste de ce droit tempera lavigueur,
Plus que son privilege il écouta son
coeur,
Onsçait desi bonté la genereuse mir.
que,
EtRome au Citoyen vit ceder le Momrque
j Dans le douteJota luy le Fisc eut toujours
tort..
Roy defis payions, par un pua
digne effort,
LOFIS , qtioy que Themis ensa faveur
decide,
Pour mieux se condamnerasa causè
frefidtj
De PereAH nom de Prince unifiant le
devoir
Sa douceur fff la loy qui réglé fin
pouvoir.
11 croit,sursessujets remportant l'avantage,
s'il n'asa propre vfiix n'avoirpas un
fijfrage,
Son amour les soutient
,
& par un
nouveau fort
Le ftirti du plusfoibledors eflle plu*
firt.
En vain à ce grand Roy CiatcreH
plein d'adresse
LtaL les appas d'ute immense rjçheJlè,
GLOIRE, sans balancer dans le che1i-x7
un moment, Il trouve en tes appxs un objet pifit
charmlfnt.
Pour comble de tes voeux que faut.ir
davantage y
Reconnoà à ce trait le Heros de noJfre
JI age
Sans demander encor des exploits a
fin bras
Cet exploit de son coeur ne tesufist.
pas?
Certes dun Ji hautfait la grandeur
publiée
Utt plus que l'oeil en pleurs Genes
humiliée,
Plu6qtu deslfots du Rhin l'obstacle
furmsntç
Etplus auAlge,r.du choc encore épouvanté,
Eiece de Vers qui a rem porte
le Prix cette année par le
jugement de l'Académie Fra1
çoise, je vous l'envoye. Vous
vous souviendrez que je vous.
manday la derniere fois, quelle
est de Mr d' Alibert de
Saint Romain.
.¥!t
SUR LA GLOIRE
quele Roy s'est acquise en
se condamnant dans [a propre
cause.
Mj~ Aitrejcfdes Héros}qui dansles
nobles ames
Allumes nuit & jlur de gtnerttifès
ifâmesy
*
:<:;ifiAÚaux Con^ueYAns de
tesckdî-
*
-
mes épris j
Des horreNls de lamort infyinr le
mépri *"
Détffi, de LOZJIScompagne inftparable,
GLOIRE,quel bruit te trouble, à*
quel (hagrin t'accable ?
La trêve (a cejeul ntm lu trtmblfs,
tu fremis )
T'dnonLC un long repos a l'Europepromis.
Le plut vaillant des Rois en desfatfons
moins calmes
T'tH!fiurnJ des weijfons de lauriers
& de palmes,
Dans ses eaux le Batave en vainsi
fust cachéy
JNjf¡u'dlJ fonddeJcfeaux la foudre
Ceufl cherché.
De Luxembourg en feu l'ipouvantable
image
Menâçoit le Germain aunftmbtable
ravage,
A lafpecl du CroiffuntCAigle hors
de combat
Eustbienmoins du SoleilpusoutenirCéclat,
Et le Lia hurlant dans sa rage der- , nlcre
Aupié des fleurs de Lys eust mordit
la pouffiere.
Jguel bras * ton Athicte,ôGL0IRF,
euBresisté?
Sage, pttiffint, & brave il auroit
têutdomté.
Pleine de cet espoir, à chanter [es
trosées
Tupréparons déjà nos plutfeavans
Orfées,
Et voilà tout à coup que bornantses
progres,
Sa clemencea changéUn tfjoir en,
regrets,
Kamour de la. vièloire en vain le
sollicite.-
Telpouvant terrajjer & le Parthe
& le Siitbe,
ConteCnt desaegranfdeuir lerfécsond des Sur l'autel de Janus après mille bazars
Aima mieux enchaîner lt dimon dt la
guerre,
J^ue le fer à ta main vaincre toute
la Terre.
Guidé du mesme ifprit) flou ré.
pandre de fang,
Loris de toutes parts fait refpcBer
fin rang,
Severe aux vicieux, doux aux bws,
toujoursjuste,
Sur les bords de la Seine il represente
Augllfle.
c'est la que dans le cours cCunregne
fortuné.
JLajfurant CVniversqu'ilavoit étonné.
GLOIRE,tule VtrrdJ, de nouvelles
lumieres
Rehaujjer les rayons deJes vertus premières
,
Seule tu l'ttttirois aux compagnes de
Marsy
Tu le retrouveras dans le thamp des
beaux arts.
Tous les'jours ee grand Boj,des autres
Rois l'exemple,
S'ouvre un nouveau chemin aIlfaifie
de ton Temple,
LHerejie afispiedspleined'unjujle
e.ffrIJJ
Mejme aux bords du Lemhn voit
triompher lafoy,
L Equitéparses foins voitlafraude
proferite,
La Fortune efi J'accord avecque le
merite, •
Tout découvre en LOVIS un Prince
plus qu'humain,Et
Et LAugujie FrltnFoúftrpdJlè le Ko*
main.
Lors que cent Légionsfousfis draféaux
rangées
$ournettoie?uafinjonglesTilles affligées
,
.Zue gros de mille feux fis menasans
vaisseaux
Repandoient la terreur dans l'empire
des eaux,
Tant de travaux guerriers a toutautre
impojjlblts
LOnt- ils interrompu danffis travaux
paifiiieç?
Le -Louvre n'a-t il pas ,
s'élevint
jusquaux Cieux>
De miracles nouveaux toujoursfrappe
nos yeux?
Etjamais t-onvû dans le bruit
des Batailles
La pompe & findNjlrie abttndonner
Vcrfiiilles ?
Quellesource en treflrs siféconde
aujourd'huy,
JVuel merveilleux?affole icy coule
pour luy?
EjI- ce donc quison gré maijlre de la
Fortune
il recueille luyseul l'abondance cornmune,
Taudis que de leur Prince esclaves
trop abjets
Sêiu le faix des Tributsgemissent les
Sujets?
Ah ! bien loin d'exiger par un trop
dur empire
VuJècours odieuxdentfin Ejlatfoupire,
Jufie à tous )feulementinjufie contre
fiy>
Il renonce auJecours que luypresse ld> loy.irejle It
Entre les dons exquis & d'un olrdre
suprème
Dont le cielfavorable orna le Diadême
,
Il en eH un fameux des peuples veré, ré-
Sous le nom de Domaine: auxseuls
Rois consacré.
Vne loy redoutable en tout temps reconnuë
du reste des mortels en ferme l'avenuë;
Auguste de ce droit tempera lavigueur,
Plus que son privilege il écouta son
coeur,
Onsçait desi bonté la genereuse mir.
que,
EtRome au Citoyen vit ceder le Momrque
j Dans le douteJota luy le Fisc eut toujours
tort..
Roy defis payions, par un pua
digne effort,
LOFIS , qtioy que Themis ensa faveur
decide,
Pour mieux se condamnerasa causè
frefidtj
De PereAH nom de Prince unifiant le
devoir
Sa douceur fff la loy qui réglé fin
pouvoir.
11 croit,sursessujets remportant l'avantage,
s'il n'asa propre vfiix n'avoirpas un
fijfrage,
Son amour les soutient
,
& par un
nouveau fort
Le ftirti du plusfoibledors eflle plu*
firt.
En vain à ce grand Roy CiatcreH
plein d'adresse
LtaL les appas d'ute immense rjçheJlè,
GLOIRE, sans balancer dans le che1i-x7
un moment, Il trouve en tes appxs un objet pifit
charmlfnt.
Pour comble de tes voeux que faut.ir
davantage y
Reconnoà à ce trait le Heros de noJfre
JI age
Sans demander encor des exploits a
fin bras
Cet exploit de son coeur ne tesufist.
pas?
Certes dun Ji hautfait la grandeur
publiée
Utt plus que l'oeil en pleurs Genes
humiliée,
Plu6qtu deslfots du Rhin l'obstacle
furmsntç
Etplus auAlge,r.du choc encore épouvanté,
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte est un poème dédié à la gloire du roi Louis XIV, lauréat d'un prix de l'Académie Française. Il célèbre les exploits militaires et les vertus morales du souverain. Le poème mentionne ses victoires sur divers ennemis, tels que les Bataves et les Germains, et sa capacité à susciter la crainte et le respect. Louis XIV est dépeint comme sage, compatissant et courageux, ses actions étant comparées à celles des héros antiques. Le texte insiste sur sa clémence et sa justice, particulièrement envers ses sujets et dans la gestion des tributs. Il est présenté comme un prince juste qui privilégie la loi à la force et soutient ses sujets même dans leurs moments de faiblesse. La générosité et le sens du devoir du roi sont mis en avant, illustrés par son refus des richesses personnelles au profit du bien commun. Le poème conclut en soulignant que la grandeur de Louis XIV réside autant dans ses actes de cœur que dans ses exploits militaires.
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne
Remarque
Bernard de La Monnoye recourt ici à un pseudonyme. Son poème est republié dans les recueils de ses oeuvres. Voir par exemple les Oeuvres choisies de feu Monsieur de La Monnoye, de l'Académie françoise, La Haye Charles le Vier ; Paris, Saugrain ; Dijon, François DesVentes, 1770, t. 1, p. 41-45.