Titre
VÉNUS ET ADONIS.
Titre d'après la table
Vénus & Adonis,
Fait partie d'une livraison
Page de début
40
Page de début dans la numérisation
47
Page de fin
41
Page de fin dans la numérisation
48
Incipit
Vénus alloit d'Amathonte à Paphos ;
Texte
VENUS ET ADONIS.
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
Signature
Par l'auteur du songe d'Irus.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le poème 'Venus et Adonis' relate la rencontre entre la déesse Vénus et le jeune berger Adonis. Vénus, voyageant de Amathonte à Paphos sur un char tiré par des colombes, découvre Adonis endormi près d'un ruisseau. Éblouie par sa beauté, elle l'observe en secret avant de se révéler à lui. À son réveil, Adonis est captivé par Vénus et succombe à son charme. La déesse, séduite, l'invite à monter dans son char, oubliant temporairement l'Olympe et les autres dieux. Le poème souligne que l'amour surpasse toutes les distinctions sociales, unissant bergers et rois, et que nul ne peut échapper à ses lois. L'œuvre est attribuée à l'auteur du 'Songe d'Irus', dont un autre ouvrage sera bientôt disponible chez le libraire J. P. Costard, rue Saint-Jean de Beauvais.
Est rédigé par une personne
Concerne une oeuvre
Remarque
Mention de Jean-Jacques Rousseau dans la note qui porte sur la signature (p. 41).
Fait partie d'un dossier