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Titre

ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.

Titre d'après la table

Académie Royale de Musique,

Titre simplifié de l'article récurrent
Fait partie d'une section
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47
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54
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51
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58
Incipit

Jamais à ce théâtre les spectacles n'ont été plus variés que depuis quelques mois. Dans

Texte
ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.
JAMAIS
AMAIS à ce théâtre les fpectacles n'ont été
plus variés que depuis quelques mois . Dans
ce moment , outre Caftor & Pollux , dont
les repréſentations ont toujours été fuivies
avec la même affluence , outre les Bouffons
& les Ballets - Pantomimes , qu'on a foin de
faire exécuter après leurs Opéras , on donne
encore de temps en temps des Fragmens ,
compofes de la, Bergerie , Acte tiré du Ballet
des Romans , du Devin du Village & de la
Provençale. Ces Fragmens , ainfi arrangés
ont été donnés pour la première fois le Jeudi
19 Novembre.
L'Amour veut foumettre à fon empire
48 MERCURE
deux jeunes Bergers indifférents ; il ſe préfente
à eux pour leur demander un sûr afyle
contre un fort rigoureux ; ils le lui promettent.
Tout-à-coup l'Amour feint de s'endormir.
Les jeunes -gens remarquent fon carquois &
fon arc; ils veulent effayer la puiffance defes
traits fur les oifeaux de leurs forêts , & s'en
bleffent eux-mêmes. Ils brûlent fur le champ
d'un amour mutuel , & l'Amour les unit.
Tel eft le fujet de la Bergerie . Mde Saint-
Huberti a joué le rôle de l'Amour , Mlle Laguerre
celui de Doris , & M. Lainez celui
d'Iphis. On trouve encore dans cet Acte un
vieux Berger nommé Arcas : l'Auteur paroît
ne l'avoir placé que pour conduire des
Choeurs & des Ballets au commencement &
à la fin de l'Acte. Ce perfonnage a été repréfenté
par M. Moreau. La voix de Mlle Laguerre
, fon chant facile & agréable , font
le plus grand charme de ce Fragment.
>
Les Ballets font de M. Gardel l'aîné. Ces
Ballets nous ont paru un peu longs , quoique
très-bien exécutés par M. Gardel lui-même
par M. Veftris , M. Dauberval , & par Mlles
Allard & Peflin. La Mufique eft de M.
Cambini.
Le Devin du Village à été reçu avec les
mêmes tranfports qu'il a toujours infpirés .
M. le Gros , pour rendre un hommage public
à la mémoire de Rouffeau , a voulu
chanter, à cette repriſe , le rôle de Colin ;
mais quoique fa voix & fon jeu foient toujours
DE FRANCE. 49
jours en poffeffion de plaire , on a trouvé
que ce rôle ne convenoit pas à fes moyens
extérieurs ; peut-être devroit-il y renoncer.
Et quand on a dans fon talent autant de
reffources que M. le Gros , qu'eft- ce que le
facrifice d'un rôle ?
Dans l'état actuel de l'Opéra , Colette ne
peut être mieux repréſentée que par Mlle
Durancy. S'il lui manque quelques - uns des
agrémens du perfonnage , on ne s'en fouvient
plus quand elle eft en Scène. Il eft impoffible
d'être plus vraie , plus naïve & plus intéreffante.
La Scène entre Colin & Colette eft de
fa part un chef- d'oeuvre de jeu , dans les détails
& dans l'enſemble.
MlloLaguerre , qui a chanté ce rôle , le
Mardi 24 Novembre , a mérité beaucoup
d'applaudiffemens ; nous l'invitons , par intérêt
pour fon talent , à fe bien perfuader
qu'un organe charmant ne fait pas feul une
Actrice , même à l'Opéra. Elle nous a paru
un peu foible dans Colette , quoique digne
d'être encouragée. Quels fuccès ne doit- elle
pas fe promettre , fi elle peut joindre à ce
qu'elle a déjà , les qualités qui donnent l'ame
& la vie au perfonnage qu'on repréſente !
On diftingue dans les Ballets qui terminent
l'Acte, un pas de deux, exécuté par M. Nivelon
& par Mlle Cécile. On ne peut guères fe
figurer une danfe dont l'effet foit plus agréable.
Nous avons déjà parlé de la nouvelle Mufique
de la Provençale. On y a ajouté deux
morceaux neufs , ils ont été fort applaudis ;
5 Décembre 1778.
C
50 MERCURE
mais on a remarqué principalement le Duo
chanté par Mlle Durancy & par M. Durand.
Les Ballets font charmans. Ils font arrangés
par M. Dauberval ; il y eft parfaitement
fecondé par Mlle Allard.
La feconde repréfentation de la Finta
Giardiniera a répondu à l'idée que les connoiffeurs
s'en étoient faite. C'eft un des plus
agréables ouvrages de Mufique que les Italiens
nous aient encore donnés , quoiqu'il
foit bien inférieur à la Frafcatana. Les endroits
qui ont été le plus généralement goûtés
, font l'aria Dentro il mio petto , chanté
par le Signor Gherardi ; a forza di Martelli ,
chanté par le Signor Focchetti ; le petit air
un Marito oh Dio! vorrei , chanté par la Signora
Farnezi ; la finale du premier Acte , le
récitatif obligé , ah non partir , & l'air qui le
fuit , chanté par le Signor Caribaldi . Mais
un morceau qui a produit les impreffions
les plus vives , c'eft la finale ajoutée au fecond
Acte. Elle eft du Signor Paeziello , le
génie le plus fécond , & peut-être le plus riche
de tous les Muficiens connus. Tout ce
que l'art a de profondeur , de fineffe ; tout
ce que la mélodie a de touchant ; tout ce que
l'harmonie raffemble d'effets ; tout ce que la
Mulique peut donner d'émotions , on le
trouve dans cette finale , qu'on regarde
comme le chef-d'oeuvre de fon Auteur.
La Signora Conftanza Baglioni a chanté le
rôle de Sandrina avec beaucoup de goût &
adreffe ; fon organe eſt très- beau , & fon jeu
DE FRANCE.
quoiqu'un peu froid , eft jufte & raiſonné.
Les décorations font bien entendues . Celle
qui mérite le plus d'éloges , eft compofee
d'une fimple toile de fond , repréſentant une
galerie. Elle produit une telle illufion , que le
theatre paroit avoir confervé toute fa profondeur
, quoiqu'elle tombe directement fur
le manteau de la feconde couliffe.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Constitue la suite d'un autre texte
Fait partie d'un dossier
Soumis par lechott le