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Titre

EXTRAIT d'une Lettre de M. DE VOLTAIRE, à M. le Marquis DE VILLETTE. A Ferney, le 11 Décembre 1765.

Titre d'après la table

EXTRAIT d'une Lettre de M. de Voltaire, à M. le Marquis de Villette.

Fait partie d'une section
Page de début
184
Page de début dans la numérisation
197
Page de fin
185
Page de fin dans la numérisation
198
Incipit

J'ouvre une caisse, Monsieur ; j'y vois, quoi ? moi-même en personne, dessiné

Texte
EXTRAIT d'une Lettre de M. DE VOLTAIRE,
à M. le Marquis DE VILLette.
A Ferney , le 11 Décembre 1765 .
J'OUVRE
' OUVRE une caiffe , Monfieur ; j'y vois ,
quoi ??
moi - même en perfonne , deffiné
d'une belle main.
Je me fouviens très - bien que ,
CE Danzel , beau comme le jour ,
Soutien de l'amoureux empire ,
A dans mon champêtre séjour
Deffiné le maigre contour
D'un vieux vifage à faire rire.
En vérité c'étoit l'amour ,
S'amufant à peindre un Satyre
Avec les crayons de La Tour.
Il eft vrai
que dans l'eftampe on me fait
terriblement montrer les dents ; cela feroit
foupçonner que j'en ai encore. Je dois au
moins en avoir une contre vous , de ce
que vous avez paffez tant de temps fans
m'écrire.
Bérénice difoit à Titus :
Voyez-moi plus fouvent , & ne me donnez rien.
JANVIER 1766. 185
Je pourrois vous dire :
Ecrivez-moi fouvent , & ne me peignez point.
Mais fi je fuis flatté de votre galanterie ,
je ne peux me plaindre du burin . Je remercie
le Peintre , & je pardonne au Graveur.
On prétend que vous avez des affaires
& des procès. Qui terre n'a pas, ſouvent a
guerre ; à plus forte raifon qui terre a.
Dii tibi formam,
Dii tibi divitias dederunt , artemque fruendi.
Ajoutez-y fur- tout la fanté , & ayez la
bonté de m'en dire des nouvelles quand
vous n'aurez rien à faire . L'abfence ne
m'empêchera jamais de m'intéreffer à votre
bien-être & à vos plaifirs. Si vous êtes dans
le tourbillon , vous me négligerez ; fi vous
en êtes dehors , vous vous fouviendrez ,
Monfieur , d'un des plus vrais amis que
vous ayez. Vous l'avez dit dans vos vers ,
& je ne vous démentirai jamais.
Votre très-humble , & c.
Genre
Collectivité
Faux
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Dans une lettre du 11 décembre 1765, Voltaire écrit au Marquis de Villette. Il mentionne une caricature le représentant avec un visage ridé et des dents proéminentes, qu'il trouve amusante. Voltaire remercie le peintre et pardonne au graveur. Il aborde ensuite les affaires et les procès du Marquis, notant que les problèmes sont inévitables. Il souhaite au Marquis beauté, richesse et la capacité de jouir de ces biens, ajoutant l'humour à cette liste. Voltaire assure le Marquis de son intérêt constant pour son bien-être et ses plaisirs, même en cas d'absence ou de négligence due à des occupations. Il conclut en rappelant leur amitié sincère, confirmée par les vers du Marquis.
Constitue la suite d'un autre texte
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne
Concerne une oeuvre
Provient d'un lieu
Soumis par lechott le