Titre
EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Titre d'après la table
Epithalame.
Fait partie d'une livraison
Page de début
263
Page de début dans la numérisation
280
Page de fin
287
Page de fin dans la numérisation
294
Incipit
L'Epithalame qui suit est de M. l'Abbé Genest, dont je viens / Voicy les momens desirez.
Texte
L'Epithalame
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le texte présente un épithalame composé par l'Abbé Genest pour célébrer les noces du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes. Ce poème met en scène diverses divinités, nymphes et sylvains de Versailles qui chantent et dansent pour honorer l'événement. L'épithalame commence par l'invocation d'Hyménée, le dieu du mariage, et célèbre la beauté et la félicité des jeunes époux. Les divinités expriment leur joie et leur admiration pour cette union, soulignant qu'une telle fête n'a jamais réuni autant de dieux. Les nymphes et les sylvains alternent entre regret pour la jeunesse perdue et admiration pour l'amour des mariés. Le texte se conclut par une célébration joyeuse et harmonieuse de l'union des époux, mettant en avant la beauté et la perfection de leur amour. Par ailleurs, le texte décrit une scène théâtrale célébrant la grandeur et la majesté du roi Louis XIV. Les personnages, incluant des dieux, des nymphes et des sylvains, expriment leur admiration et leur gratitude envers le roi. Ils soulignent sa bonté, ses exploits militaires et son autorité sur les nations, le comparant à un dieu respecté et adoré par tous. La jeune épouse du roi est également louée pour sa majesté et ses grâces. La scène se termine par des chants et des danses célébrant l'amour et le bonheur des amants, avec des vœux pour une vie longue et heureuse. Les personnages invitent les jeunes amants à céder à l'amour et à vivre dans le bonheur éternel.
Est rédigé par une personne
Remarque
Les typographe qui a composé la livraison s'est manifestement trompé dans la numérotation des pages, passant du numéro 263 au numéro 274.