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Titre

STANCES à M. de Buffon, sur son passage dans sa patrie ; par M. Baillot, suppléant au Collége ; envoyées à l'Académie & lues dans la séance publique, le 5 Août 1773.

Titre d'après la table

Stances à M. de Buffon sur son passage dans sa patrie, par M. Baillot, &c.

Page de début
21
Page de début dans la numérisation
26
Page de fin
24
Page de fin dans la numérisation
29
Incipit

Dans cette enceinte, ô ma patrie !

Texte
STANCES à M. de Buffon , fur fon paf
fage dans fa patrie ; par M. Baillot
fuppléant au College : envoyées à l'Académie
& lues dans la féance publique ,
leLe s Août
DANS
1773,
ANS Cette enceinte , ô ma patrie !
Lève , lève un front triomphant ;
Réjouis- toi , mère chérie ,
Voici ton plus illuſtre enfant.
C'eft dans tonfein qu'avec la vie
Il puifa fonbrillant génie ;
Célèbre avec moi fes fuccès :
Heureux berceau de fon enfance ,
Tu donnas un Pline à la France ;
Ton nom ne périra jamais,
Jetons des fleurs fur fon paffage ,
Accourez tous , ôCitoyens !
Venez lui rendre un juſte hommage
Venez unir vos yeux aux miens.
Ah ! mon coeur treflaille à fa vue !
Sans doute votre ame eft émue
Comme la mienne en l'écoutant.
O jour le plus beau de ma vie !
J'ai fatisfait ma noble envie ,
J'ai vu Buffon ..... je fuis content.
22
MERCURE
DE
FRANCE
.
Afon afpect majeune lyre
Rend fous mes doigts des fons plus doux :
C'est lui..... je cède à mon délire !
C'eſt lui qui s'affied parmi nous.
Buffon , dont les fçavans ouvrages
Enleveront tous les fuffrages
De la jufte Postérité ;
Buffon , que , dès fon vivant même ,
A marqué de fon (ceau fuprême
La main de l'immortalité.
Qu'ilfera cher à la penſée
De ces favoris d'Apollon ,
Ce jour où leur nouveau Licée
S'ouvre pour recevoir Buffon ,
Comme le dieu de l'harmonie
Charme les Nymphes d'Aonie
Par les accens mélodieux ;
Avec quelle éloquence active
Il rend notre oreille attentive ,
Et peint la Nature à nos yeux !
Dans les entrailles de la terre
Il defcend jufqu'à ces métaux ,
Source funefte & falutaire
Et de nos biens & de nos maux.
Il les épie à leur naiflance,
Les fuit de l'oeil avec conftanee ,
Marquefureux l'effet du temps
FEVRIER . 1774 . 2}
Et, faififlant chaque nuance ,
Pour nous découvrir leur effence ,
Il remonte à leurs élémens .
Que fon exemple nous enflamme ,
Elèves du facré Vallon !
Eft-il pour éveiller notre ame,
Eft-il un plus noble aiguillon ?
Voyons , voyons d'un oeil tranquille
L'eflaim bourdonnant & futile
Des infectes de l'Hélicon ;
Et , lors qu'ils fiffleront de rage ,
Si l'un de nous fe décourage
Qu'iljette un regard ſur Buffon,
Contre lui l'Envie animée
Dreffe fes ferpens meurtriers ;
En vain fa bouche envenimée
Tente de fouiller fes lauriers ,
L'entendez vous défefpérée ,
De fes couleuvres entourée
Mugir fous les pas de Buffon ?
Tandis qu'oubliant ſa victoire
Il vole au temple de Mémoire
Cueillir la palme d'Apollon .
Ainfi périt l'Hydre indomptable
Qui de Lerne infeftoit les bords ;
D'Alcide le bras redoutable
Triompha de fes vains efforts
24 MERCURE DE FRANCE.
Sa fable devient ton hiſtoire ,
Elprit divin , qui vers la gloire
A pris un vol audacieux ;
Que te font les cris inutiles
De tous ces odieux reptiles ,
Quand tu t'élances dans les Cieux ?
Un jour , par un fort invincible
Notre globe qu'il a décrit ,
Tombera fous la faulx terrible
Du monftre aîlé qui nous pourfuit ;
Mais tandis que, foule inactive ,
Nous végérerons fur larive
Des froides ondes du Léthé ,
Cet aftre brillant de lumière ,
Dans fon immortelle carrière
Roulera fans être arrêté.
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le texte est une ode dédiée à Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, naturaliste français, écrite par M. Baillot et lue publiquement le 1er août 1773. Le poème célèbre les succès et la carrière illustre de Buffon, soulignant son génie et ses contributions scientifiques. Il exprime la fierté nationale et invite les citoyens à honorer cet homme éminent. Le texte met en avant l'impact durable des travaux de Buffon, qui seront reconnus par la postérité. Il décrit également l'éloquence et la capacité de Buffon à expliquer la nature et les processus géologiques. Le poème encourage les élèves à s'inspirer de l'exemple de Buffon et à rester indifférents aux critiques jalouses. Enfin, il compare Buffon à Hercule, triomphant de l'envie et des obstacles, et prédit que son œuvre brillera éternellement, contrairement à ceux qui végètent dans l'inaction.
Est adressé ou dédié à une personne
Est rédigé par une personne
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