Titre
PRÉFACE Du Nouveau Mercure de France.
Titre d'après la table
Préface du nouveau Mercure de France.
Fait partie d'une livraison
Page de début
VII
Page de début dans la numérisation
301
Page de fin
XI
Page de fin dans la numérisation
305
Incipit
On sera simple dans cette Préface ; les Editeurs d'une Collection ne doivent
Texte
PREFACE
Du Nouveau Mercure de France.
ONfera fimple dans cette Préface ; les
Editeurs d'une Collection ne doivent
pas employer les ornemens féducteurs de la
Réthorique , pour farder les Ouvrages
qu'ils raffemblent. Ils en doivent laiffer la
décifion au Public , Juge naturel des Compilateurs
& des Pieces qu'ils offrent à fon
Examen. Et de plus , un Journal ne doit
être recommandé que par fon exactitude ;
& le Mercure de France eft non feulement .
le Journal de la Politique , mais encore de
la Jurifprudence , de la Litterature , de la
Police , de la Finance & des Théatres . Ces
matieres chronologiquement rangées , doivent
compofer fon principal mérite . Quant
aux productions de Vers & de Profe qu'il
recueille , les Editeurs n'ont pas toujours à
choifir , ils font fouvent forcés de préfenter
du Médiocre quand l'Excellent leur manque.
On promet feulement au Public , de prendre
toutes les mefures imaginables pour
contenter fon goût & fon difcernement ;
on tâchera de ne louer que d'après lui .
A iiij
viij
PREFACE
.
trop
On prie inftamment les Auteurs , qui enverront
des Ouvrages où il entre de la difpute
d'érudition , de les dépouiller de toute
caufticité infultante. On ne veut pas être
complice de l'aigreur & de la malignité des
Differtateurs paflionnés , on ne fçauroit
leur redire que des injures ne font pas
des preuves , & que l'infidelité des citations
tronquées ne jette les Lecteurs que dans
des erreurs paffageres que diffipe la Réponſe
la plus fimple. Ces erreurs ne deshonorent
que les Ecrivains artificieux qui les
font naître. Les Differtateurs critiques doivent
toujours le fouvenir , qu'il s'agit dans
leurs Ecrits d'inftruire & non pas de railler.
Un Sçavant qu'on réfute n'eſt- il pas affez
puni de fes fautes quand on les lui démontre
? Est-ce par des traits fatyriques qu'on
établit ou qu'on renverfe une propofition ?
La jufteffe des raifonnemens doit régner
feule dans les Ouvrages faits pour éclaircir
des difcuffions Litteraires . Heureux l'Ecrivain
, qui ne fépare jamais les Mufes &
les Graces ! Quant au Mercure, il ſe propofe
d'obferver une exacte neutralité.
Il ne s'ingerera point d'être auxiliaire pour
l'un des deux partis. L'impartialité doit
être le premier attribut de fon caractere .
S'il panche quelquefois , ce ne fera qu'avec
le Public , feul appréciateur des réputations.
PREFACE. ix
L'article des Nouvelles Etrangeres n'eft
dédaigné que par les Nouvelliftes avides de
la fraîcheur des Nouvelles : c'eft l'affaire
des Gazettes. Le Mercure de France ne paroiffant
que tous les mois , n'eft obligé qu'à
donner des faits certains . Les Nouvelles
récentes ont leur agrément. Les Nouvelles
du Mercure ont leur utilité ; elles font deftinées
principalement aux Amateurs de la
Vérité , qui font ravis de trouver dans leur
Bibliothéque un Journal fidéle & fuivi des
Evénemens de leur Siécle. Les Nouvelles
du Mercure de France , purifiées par le tems
& l'Examen , dégagées des fauffes circonftances
que le menfonge ajoute & qu'adopte
la crédulité , regagnent par la certitude ce
qu'elles perdent par l'ancienneté. Enfin ,
elles font les Annales de la Nation . Si les
Empires renommés avoient eu de pareils
Journaux , nous aurions des Hiftoires Grecques
& Romaines plus curieufes encore que
celles d'Hérodote & de Tite- Live . Les Mercures
de Gregorio Leti , & de Vittorio Siri ,
font les matériaux les plus précieux de l'Hiftoire
des derniers Siècles.
Ce n'eft pas feulement aux Belles Lettres
que le Mercure de France doit fe confacrer.
Tous les Beaux Arts ont un droit légitime
ſur ſa Plume. Elle manqueroit à ce qu'on
attend d'elle , fi elle n'annonçoit pas aux
A v
PREFACE.
Connoiffeurs les progrès brillans de la Peinture
, de la Gravûre & de la Sculpture auffi
fidélement que ceux de l'Eloquence & de la
Poëfie. Les Tableaux , les Eftampes & les
Statues piquent le goût & la curiofité ; &
les le Brun , les Vateau , les Couftou & les
Drevet ont de judicieux Admirateurs
comme les Fenelon , les Corneilles & les
Lulli.
>
Toutes les Académies du Royaume fontinvitées
à enrichir le Mercure du Litte--
raire & de l'Hiftorique de leurs ouvertu
res , de leurs Séances , enfin de leurs travaux
fpirituels. Les occupations des Sçavans
ne fçauroient être trop publiées , l'émulation
naît de ces recits , & l'émulation
des Auteurs tourne toujours au profit des .
Lecteurs.
Les Exercices des Colléges , les Théfes:
curieufes des Facultés , peuvent à préfent:
s'offrir aux Efprits cultivés . On peut fré
quenter hardiment les Ecoles , depuis que-
Defcartes & Neuton y ont introduit la
Raifon.
Qu'on nous permette de réitérer ici quelques
Avertiffemens fouvent donnés par nos
Prédéceffeurs , & qui ne laiffent pas que
d'être quelquefois oubliés.
Les Libraires qui envoyent des Livres
nouveaux pour les notifier , font priés d'en
PREFACE.
xj
marquer le jufte prix. Le défaut de cette
connoiffance , eft fouvent un obftacle pour
le débit.
On exhorte les Ouvriers qui inventent
des modes nouvelles , de quelque efpéce
qu'elles foient , recommandables par l'Utilité
ou par l'Agrément , à nous en fournir
des Mémoires inftructifs & détaillés.
On fe fouviendra toujours d'affranchir les
Lettres , & les Paquets.
Du Nouveau Mercure de France.
ONfera fimple dans cette Préface ; les
Editeurs d'une Collection ne doivent
pas employer les ornemens féducteurs de la
Réthorique , pour farder les Ouvrages
qu'ils raffemblent. Ils en doivent laiffer la
décifion au Public , Juge naturel des Compilateurs
& des Pieces qu'ils offrent à fon
Examen. Et de plus , un Journal ne doit
être recommandé que par fon exactitude ;
& le Mercure de France eft non feulement .
le Journal de la Politique , mais encore de
la Jurifprudence , de la Litterature , de la
Police , de la Finance & des Théatres . Ces
matieres chronologiquement rangées , doivent
compofer fon principal mérite . Quant
aux productions de Vers & de Profe qu'il
recueille , les Editeurs n'ont pas toujours à
choifir , ils font fouvent forcés de préfenter
du Médiocre quand l'Excellent leur manque.
On promet feulement au Public , de prendre
toutes les mefures imaginables pour
contenter fon goût & fon difcernement ;
on tâchera de ne louer que d'après lui .
A iiij
viij
PREFACE
.
trop
On prie inftamment les Auteurs , qui enverront
des Ouvrages où il entre de la difpute
d'érudition , de les dépouiller de toute
caufticité infultante. On ne veut pas être
complice de l'aigreur & de la malignité des
Differtateurs paflionnés , on ne fçauroit
leur redire que des injures ne font pas
des preuves , & que l'infidelité des citations
tronquées ne jette les Lecteurs que dans
des erreurs paffageres que diffipe la Réponſe
la plus fimple. Ces erreurs ne deshonorent
que les Ecrivains artificieux qui les
font naître. Les Differtateurs critiques doivent
toujours le fouvenir , qu'il s'agit dans
leurs Ecrits d'inftruire & non pas de railler.
Un Sçavant qu'on réfute n'eſt- il pas affez
puni de fes fautes quand on les lui démontre
? Est-ce par des traits fatyriques qu'on
établit ou qu'on renverfe une propofition ?
La jufteffe des raifonnemens doit régner
feule dans les Ouvrages faits pour éclaircir
des difcuffions Litteraires . Heureux l'Ecrivain
, qui ne fépare jamais les Mufes &
les Graces ! Quant au Mercure, il ſe propofe
d'obferver une exacte neutralité.
Il ne s'ingerera point d'être auxiliaire pour
l'un des deux partis. L'impartialité doit
être le premier attribut de fon caractere .
S'il panche quelquefois , ce ne fera qu'avec
le Public , feul appréciateur des réputations.
PREFACE. ix
L'article des Nouvelles Etrangeres n'eft
dédaigné que par les Nouvelliftes avides de
la fraîcheur des Nouvelles : c'eft l'affaire
des Gazettes. Le Mercure de France ne paroiffant
que tous les mois , n'eft obligé qu'à
donner des faits certains . Les Nouvelles
récentes ont leur agrément. Les Nouvelles
du Mercure ont leur utilité ; elles font deftinées
principalement aux Amateurs de la
Vérité , qui font ravis de trouver dans leur
Bibliothéque un Journal fidéle & fuivi des
Evénemens de leur Siécle. Les Nouvelles
du Mercure de France , purifiées par le tems
& l'Examen , dégagées des fauffes circonftances
que le menfonge ajoute & qu'adopte
la crédulité , regagnent par la certitude ce
qu'elles perdent par l'ancienneté. Enfin ,
elles font les Annales de la Nation . Si les
Empires renommés avoient eu de pareils
Journaux , nous aurions des Hiftoires Grecques
& Romaines plus curieufes encore que
celles d'Hérodote & de Tite- Live . Les Mercures
de Gregorio Leti , & de Vittorio Siri ,
font les matériaux les plus précieux de l'Hiftoire
des derniers Siècles.
Ce n'eft pas feulement aux Belles Lettres
que le Mercure de France doit fe confacrer.
Tous les Beaux Arts ont un droit légitime
ſur ſa Plume. Elle manqueroit à ce qu'on
attend d'elle , fi elle n'annonçoit pas aux
A v
PREFACE.
Connoiffeurs les progrès brillans de la Peinture
, de la Gravûre & de la Sculpture auffi
fidélement que ceux de l'Eloquence & de la
Poëfie. Les Tableaux , les Eftampes & les
Statues piquent le goût & la curiofité ; &
les le Brun , les Vateau , les Couftou & les
Drevet ont de judicieux Admirateurs
comme les Fenelon , les Corneilles & les
Lulli.
>
Toutes les Académies du Royaume fontinvitées
à enrichir le Mercure du Litte--
raire & de l'Hiftorique de leurs ouvertu
res , de leurs Séances , enfin de leurs travaux
fpirituels. Les occupations des Sçavans
ne fçauroient être trop publiées , l'émulation
naît de ces recits , & l'émulation
des Auteurs tourne toujours au profit des .
Lecteurs.
Les Exercices des Colléges , les Théfes:
curieufes des Facultés , peuvent à préfent:
s'offrir aux Efprits cultivés . On peut fré
quenter hardiment les Ecoles , depuis que-
Defcartes & Neuton y ont introduit la
Raifon.
Qu'on nous permette de réitérer ici quelques
Avertiffemens fouvent donnés par nos
Prédéceffeurs , & qui ne laiffent pas que
d'être quelquefois oubliés.
Les Libraires qui envoyent des Livres
nouveaux pour les notifier , font priés d'en
PREFACE.
xj
marquer le jufte prix. Le défaut de cette
connoiffance , eft fouvent un obftacle pour
le débit.
On exhorte les Ouvriers qui inventent
des modes nouvelles , de quelque efpéce
qu'elles foient , recommandables par l'Utilité
ou par l'Agrément , à nous en fournir
des Mémoires inftructifs & détaillés.
On fe fouviendra toujours d'affranchir les
Lettres , & les Paquets.
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Est probablement rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier