Titre
ÉPITRE à une jolie Femme, pour lui rappeler la promesse qu'elle avoit fait à l'Auteur de l'aller voir à sa maison de campagne.
Titre d'après la table
Épître à une jolie femme,
Fait partie d'une section
Page de début
123
Page de début dans la numérisation
130
Page de fin
125
Page de fin dans la numérisation
132
Incipit
Nous ne perdons pas souvenance
Texte
EPITRE à une jolie Femme , pour lui
rappeler la promeffe qu'elle avoit fait à
l'Auteur de l'aller voir à fa maifon de
campagne.
Nous ne perdons pas
fouvenance
Qu'en notre champêtre manoir,
Du plaifir flatteur de la voir,
Églé nous donna l'espérance.
Fij
124
MERCURE
C'eſt demain : oui , tu l'as promis
Je te connois l'ame trop bonne
Pour vouloir tromper tes amis,
Tout autre crime fe pardonne ;
Mais le menfonge eſt odieux ,
Sur-tout dans une bouche aimable ;
Le piège qu'on cache le mieux ,
Eft auffi le plus redoutable .
Ah ! qui croiroit Églé capable
De fourbe & de déguisement ?
Quand la Beauté fait un ferment
J'aime à le croire inviolable.
Déjà de mon prochain bonheur
Tout ici partage l'ivreffe ;
La Nature ainfi que mon coeur
A te fêter , Églé , s'empreffe ;
Le Ciel en paroît plus ferein ,
D'un bleu d'azur il fe colore ;
La Rofe , pour parer ton fein ,
Me femble plus vermeille encore .
Nos arbres plus beaux & plus verds
Te préparent un frais ombrage ,
Églé , fous leur riant feuillage ;
Tous les oifeaux par leurs concerts
Chercheront à te rendre hommage,
Tantôt tu joindras tes accens
A la douceur de leur ramage ,
Tantôt à nos jeux innocens
Nous te verrons fur la fougère
DE FRANCE. 125
Etre toi-même la première
A mêler ta franche gaîté.
Pour nos coeurs quelle volupté,
Si parmi nous tu peux te plaire ,
Et fi dans tes yeux fans myſtère ,
Nous lifons cette vérité !
Par M. D. L. H. D. C.
rappeler la promeffe qu'elle avoit fait à
l'Auteur de l'aller voir à fa maifon de
campagne.
Nous ne perdons pas
fouvenance
Qu'en notre champêtre manoir,
Du plaifir flatteur de la voir,
Églé nous donna l'espérance.
Fij
124
MERCURE
C'eſt demain : oui , tu l'as promis
Je te connois l'ame trop bonne
Pour vouloir tromper tes amis,
Tout autre crime fe pardonne ;
Mais le menfonge eſt odieux ,
Sur-tout dans une bouche aimable ;
Le piège qu'on cache le mieux ,
Eft auffi le plus redoutable .
Ah ! qui croiroit Églé capable
De fourbe & de déguisement ?
Quand la Beauté fait un ferment
J'aime à le croire inviolable.
Déjà de mon prochain bonheur
Tout ici partage l'ivreffe ;
La Nature ainfi que mon coeur
A te fêter , Églé , s'empreffe ;
Le Ciel en paroît plus ferein ,
D'un bleu d'azur il fe colore ;
La Rofe , pour parer ton fein ,
Me femble plus vermeille encore .
Nos arbres plus beaux & plus verds
Te préparent un frais ombrage ,
Églé , fous leur riant feuillage ;
Tous les oifeaux par leurs concerts
Chercheront à te rendre hommage,
Tantôt tu joindras tes accens
A la douceur de leur ramage ,
Tantôt à nos jeux innocens
Nous te verrons fur la fougère
DE FRANCE. 125
Etre toi-même la première
A mêler ta franche gaîté.
Pour nos coeurs quelle volupté,
Si parmi nous tu peux te plaire ,
Et fi dans tes yeux fans myſtère ,
Nous lifons cette vérité !
Par M. D. L. H. D. C.
Signature
Par M. D. L. H. D. C.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
L'épître est destinée à Églé, à qui l'auteur rappelle sa promesse de visite dans sa maison de campagne. L'auteur exprime son attente joyeuse et espère que la visite se déroulera le lendemain, comme convenu. Il insiste sur l'importance de la sincérité et condamne le mensonge, particulièrement de la part d'une personne aimable. La nature et le cœur de l'auteur sont prêts à accueillir Églé, avec un ciel plus serein et des roses plus vermeilles. Les arbres offriront un ombrage frais et les oiseaux chanteront pour elle. L'auteur souhaite qu'Églé participe aux jeux et à la gaieté générale, apportant ainsi une grande joie à tous.