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Titre

VERS GALANS.

Titre d'après la table

Vers galans à une jeune Enjoüée.

Page de début
301
Page de début dans la numérisation
313
Page de fin
312
Page de fin dans la numérisation
324
Incipit

Voicy des Vers qu'un Berger de vostre connoissance / Daignez, belle Diane, écouter ma priere.

Texte
Voicy des Vers quunBergtr de
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le texte raconte l'histoire de Diane, une jeune femme en convalescence dans un hameau. Un berger, épris d'elle, tente de la séduire par des vers galants, exprimant son amour. Diane, connue pour sa malice, résiste à la tentation de manger des framboises pour éviter les reproches. Le berger écrit ensuite à un ami officier de marine, vantant l'héroïsme de Diane et comparant les bergers aux marins. Il met en avant la fidélité et la discrétion des bergers, contrastant avec l'inconstance et l'indiscrétion des marins. Le narrateur souligne que les bergers sont plus prudents et respectueux en matière de comportements amoureux. Bien qu'il reconnaisse l'existence de marins partageant les qualités des bergers, il estime que Diane serait mieux appréciée par des personnes de sa condition. Le narrateur exprime son espoir d'adoucir le cœur de Diane et assure sa dévotion au seigneur Marin.
Soumis par conusm le