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Titre

GRIMACE. CONTE.

Titre d'après la table

Conte de Fées.

Page de début
14
Page de début dans la numérisation
20
Page de fin
49
Page de fin dans la numérisation
55
Incipit

J'avois resolu de vous donner à l'entrée de ce volume / Il y avoit une fois un Roy si beau, si beau, qu'il

Texte
J'avois resolu de vous
donner à l'entrée de ce volume
une Histoire Angloise
: mais je viens de recevoir,
avec une lettre qui
me détermine, un Conte
des Fées qui me paroît aCsez
joliment écrit, & plein
d'une (i bonne morale, que
je change de resolution en
faveurdela nouveauté.
G K I MAC E.
CONTE. I Ly avoir une fois un
Roy si beau,sibeau, qu'il
n'y avoit rien de plus beau
xjue la Reine sonépouse. Il
voit étécoquet dans sa
jeunesse, & s'étaitjetté à
co ps perdu dans les bonnes
fortunes. C'etoit alors
le regne des Fées, regne
fameux parmi les gens de
facile' croyance. Elles se
servoient de leur pouvoir,
les unes bien, les autres
mal Ces capricieuses chimeres
avoient le coeur sensible.
Des Féessensibles!
cela paroîtra nouveau, &
ce n'est pas ainsi que les dé.
peint Madame la Comtesse
d'Aulnoy, qui les connoissoit
à fonds: mais que ne
risque point un conteur
pour
pvouer daonnuer rdaens 'la.n?ou- :Deux* des plus consido-
Fables d'entr'elles, nommées
Bonne & Maligne,
sentirentla puissance des
cchhaarmesduRRooyy ff~aanlsls*; ppaaiirr..
Dan$ IcsmgJcs de la galanterie
ordinaire les hommes
sontles premieres démarches
;.
il n'enest pas de
•flijcttifc parmi lés Fées, elles
font les avances. Bonne fut
plus vive ou plus heureuse
queMaligne
;
elle parla la
çrcttiiere, ôç fut bien reçûë.
Maligne au contraire fut
éconduite. Ce n'est pas que
Beau sans pair ne pût fournir
à.deux passions
,
il avoir
le coeur grand: mais Maligne
lui déplut, & comme
elle n'avoir point fait de
façons pour lui ,dire;quJelle
l'aimoit, iln'en fit point
aussipour lui répondre qu'il
ne l'aimoir pas, & qu'ilne
l'aimerait jamais. Cette réponse
mit Maligne en fureur,
elle lui promit de se
vanger, & lui tint parole.
Quelque remps après le
Roy se maria, & au bout
d'une année la Reine accoucha
d'une fille. Bonne,
& Maligne assisterent à sa
naissance. Bonne dit: Je. la
douë de beauté pour toûjours
;Maligne dit: Et moy
de mauvaise humeur. Un
an après la Reine accoucha
encore d'une fille; Maligne
arriva la premierc, & dit:
Je la douë de laideur, & je
la nomme Grimace. Bonne
survint qui dit: Et ffivy je
la douë dadrefle & de douceur
pour toûjours.
Tel futle partage de ces
deux Princesses
; elles devinrent
grandes, l'ai iee effacoit
toutes les beaucez de
la Cour du Roy son pere:
mais elle étoit si fiere & si
bizarre
,
qu'elle revoltoit
tout le monde. Elle épousa
un Prince de son caractere,
en sorte qu'ilsn'eurent pas
peu à souffrir de leur caprice.
réciproque. Nous les
laisserons se chagriner l'un
& l'autre, & n'en dirons
pas davanrage.
La cadette étoit laide,
ôc d'une laideur si choquante
d'abord
,
qu'on avoit
de la peine à la regarder.
Elle ne pouvoir ni rire
ni parler, qu'elle ne fît la»
grimace; ce quifutcause
qu'on lui en donna le noira
Cependant elle étoit si douce
& si spirituelle
,
qu'on
s'accoûtumoit à sa laideur,
& qu'elle avoir plus de partisans
que la Princesse si
soeur.
Dans ce temps- là il vint
un étranger dans la Cour
de Beau sans pair. C'étoit
un Marchand de bijoux. Il
avoir entr'autres choses des
miroirs dont on avoir trouvé
depuis peu l'invention
dans son pays. Il en vendit
un au Roy, à la Reine, aux
Princesses Se à toutes les
Dames, qui étaient charmées
de s'y voir, & de les
trouver aussî flateurs que
leurs amans. Que devint
Grimace, lors qu'elle se regarda?
Le miroir lui tomba
des mains, & se brisa
encent morceaux. Quand
on n'est laide qu'à un certain
point, on te flate, on
se console: mais quand on
l'est à l'exçés, on tombe
dans le desespoir. On a dit
tant de fois qu'une femme
se pardonne tout hors l'extreme
laideur, que je n'ose *
encore le dire ici.
Grimace se retira dans
sa chambre, & semità
pleurer amerement.Sa gouvernanteeutbeau
lui dire,
qu'à la verité elle n'écoit
pas sibelle que la Princesse
sa soeur, mais qu'elleavoit
d'ailleurs tant d'esprit &
des maniérés si graciéuses,
qu'elle n'étoit pas la plus
mal partagée, Grimace ino
consolable ne lui répondit
rien, & forma le dessein
deseretirer de la Cour, &
d'aller mourir dans quelque
desert.
",', Beau sans pair donna
une fête le lendemain. On
n'avoit point alors l'usage
dumasque, il faloit paroîtreàvisage
découvert. Grimace
eûtbien voulu nele
pointtrouver à l'aflcmblccx
cependant leRoy ayant souhaité
qu'elle y fût,elle feignit
de se rendre à sa votoncéy
& souffrit qu'onl'habillât
magnifiquement. La
fête fut galante,& chacun
étoit si occu pé de ses plaillrs.,
que Grimace eut le
temps des'esquiver,sans
qu'on s'apperçûtdesa fuites,
du
du moins on ne s'en apperçut
que bien avant dans la
nuit. Aussitôt on la fit chef-*
cher de tous côtez ; mais
elle se cacha si bien, qu'on
ne put la trouver; ou plûtôtBonnela
renditinvisible
à tousceux qui passerent
auprès d'elle. La Fée
avoit desdesseins sur Grimace
, qu'elle ne pouvoit
rxecucerque lors qu'elle ne
seroit plus dans le Palais du
Royson pere.
m Elle avoir emporté quelques
bonsbons dans un pe- titpanier,où il yavoitaussi
des aiguilles, des soyes de
toutes couleurs, & de petits
morceaux d'étoffes d'or
& d'argent.
Ellemarcha quelques
jours sans s'arrêter, & fit
autant de chemin que sa
delicatesse & son peu de
forces lui permirent d'en
faire. Elle le nourrissoit de
ses bonsbons qui ne diminuoient
point. Enfin elle
trouva un endroit si agreable,
qu'elle resolut d'y rcL
ter. C'étoit un petit cabinet
de myrrhes, où l'art sembloit
avoir fecondé la nature
3 tant il étoit rangé5.
Une fontaine enrourëed'un
gazon semé de fleurs, cc
loit autour de ce cabinet;
des oiseaux de toutes especes
venoient s y garantir
des rayons dusoleil, & s'y
desalterer. Ils étaient si familiers,
qu'ils se laissoient
prendre, & Grimace donnoit
à les caresser le temps
qu'elle ne donnoit point à
son travail. Quelques mois
se passerent de la sorte,
pendant lesquels elle fit une
boëte d'un travail si merveilleux,
qu'on n'avait jaoais
rien vu de semblable.
Mais Maligne fut jalouse
dC repos dont elle jouissoit
dans sa solitude, & elle eue
la cruauté de le troubler.
Deux rustres qui avoient
chassé tout le jour aux environs
de sa retraite, vinrent
sur le soir se rafraîchir
à la fontaine; ils y trouverent
Grimace, dont l'aspect
leur fit peur: mais frapez
de la magnificence & dela
richesse de ses habits,ils
resolurent de s'enemparer.
Cela ne leur fut pas difficile,
Grimace sedépouilla
sans murmurer. Il est vrajj,
leur dit elle, qu'ils sont [r.
beaux pour une infortunée
; je vousles donne de
bon coeur: mais du moins
laissez- moy, je vous prie,
mes soyes & mes aiguilles,
c'est peu de chose pour
vous, & c'est toute ma consolation.
Ils ne l'écouterent
point, ils lui prirent tout,
& la laisserent fondante en
larmes. Helas! disoit
-
elle
d'une voix qui eût attendri
les rochers, que vais je devenir?
de quoy vivrai-je }
à quoym'occuperai -je7
CruelleMaligne,c'est vous
qui me suscitez ce nouveau
malheur. Mourons,continua-
t-elle; la mort est le
seul parti qui me reste
,
mes maux sont sans exemple
& sans remede. Lorsque
Psyché se vit en butte
à la haine de Venus, l'Amour
l'aimoit; elle étoit
belle, quelle différence entr'elle
& moy ?
Nous avons dans le coeur
un certain amour pour la
vie, que les malheurs affoiblissent,
mais qu'ils n'éteignent
jamais tout à fait. Insensiblement
Grimace fo
consola ;
elle trouva
des
fruits, dont elle se nourrit,
& ses chers oiseaux lui tinrent
une fidclle compagnie.
-1
Les voleurs verdirent
ses habits; ils eneurent
tant d'argent, qu'ils ic virent
en état de faire belle
figure.L'un d'eux mourut
quelque temps aprés) &
l'autre se retira dans un
Royaumeétranger. Le premier
avoit un fils qui n'avoit
rien de rustre que la
naissance, & qui prometcoit
beaucoup. Quand ilse
viit riche, il eut l'ambition se produire à la Cour.
La boëte lui étoit restée;
il crut qu'elle meritoit d'ër
tre offerte au Roy, & lui en
fit present. Dés que le Roy
l' eut en sa possession il en
fut si charmé
,
qu'il devint
passionnément amoureux
de celle qui l'avoir faite. Il
demanda au jeune homme
de qui il voit eu cette boëte,
& de qui il la tenait.
Celui-ci ignorant la passion
du Roy, & menteur comme
le sont la plûpart des
courtisans, lui dit, que son
pere, peu de tempsavant
sa mort, l'avoit achetée d'une
fille qui passoit par leur
village,qui leur avoit dit
qu'elle étoit de sa façon, &
que tout ce qu'il sçavoit de
cette fille, qu'il n'avoit jamais
vûe depuis, cest qu'-
elle étoit horriblement laide
, & qu'elle faisait la grimace
à tout moment. Ce
recit déplut fort au. Roy,
qui se laissa néanmoins entraîner
à son penchant. Il
n'est pas le premier qui ait
aimé sans scavoir pour,
quoy, & même sans cotY.
noître & (ans avoir vu ce qu'ilaimoit.
L'amour est enfant du caprice,
Rien ne regle ses mouvemens;
Sans cette raison-là,Clarice
Trouveroit elle des amans?
Quoy qu'il en (oit, le
Roy ayant entendu dire
que son inconnuë faisoit la
grimace, il en donna le
nom à la boëte qu'elleavoir
faite, & voulut qu'on ap.
pellât ainsi toutes celles
qu'on feroit sur son modele
Sa volonté fut suivie, & ce
nom a passé jusqu'à nous,
& selon toutes les apparences,
il passera jusqu'aux
siecles les plus reculez. Il
s'en servit à serrer sa bourse,
ses bijoux; son cacher,
& tout ce qu'il avoit de
plus precieux.
Bonne qui sembloit avoir
oublié Grimace, vint la
voir, & lui apprit toutes
ces choses. Elle eut de la
peine à les croire: Quoy
disoitelle, laide , comme je
fuis, je ferois aimée par un"
grand Roy? Non, non, je
ne suis propre qu'à inspirer
de l'horreur. Cependant un
rayon d'esperance s'éleva
dans son coeur; & la Fée,
qui ne pouvoit rester avec
elle que quelques momens,
la quitta, persuadée quelle
ne seroit pas toûjours si
malheureuse.
Cependant l'amoureux
Saphirin, c'est ainsi que se
nommoit le Roy, ne dormoit
ninuit,ni jour; l'idée
de sa chere inconnue lui
revenoit sans cesse. Ingenieuxà
letromper
,
il se la
representoit moins laide:
Elle peut, disoit. il, avoir
quelque chose de disgracieux
dans le visage ;tmais
elle a peut-être de belles
dents,de beaux yeux, une
belle main: & promenant
son imagination surtout ce
qui pouvoit le flater, il et
peroit lui trouver le corps
d'une Venus qui le consoleroit
de la difformité du
rçfte.
Sa passion se fortifîa^de
.jour en jour, & le peu d'esperancede
fc rendre heureux
lechangea si fort, qu'il
devint mêconnoissable. Ses
courtisans s'apperçurent Ôc
se sentirent desamauvaise
humeur
- on ne faisoit rien àsafantaisie ; quelque
prompts que fussent ses domestiques
à executer ses
commandemens, ils ne le
servoient jamais ni assez
vîte, ni à son gré; il n'avoit
plus de plaisir que celui
d'être seul
;
il s'échapoit
souvent de son Palais,pour
aller rêverenliberté dans
quelque lieu solitaire.
Un jour il se livra si fort
à sa rêverie, qu'il ne s'apperçue
pas qu'il s'écartoit
trop ; ilse trouva dans un
bois percé de huit ou dix
venuë.Incertain du choix,
il prit justement celle qu'il
ne devoit point prendre:la
nuit vint, il fut obligé de
coucher au pied d'un arbre.
Quelles furent ses pensées
& ses réflexions ? Je ne
lesçai pas precisément:mais
jem'imagineque l'amour
& Grimace y eurent bonne
part. Le lendemain il marcha
encore jusqu'au soir
sans - trouver d'issuë.
Cela commençoit à Finquierer.
Il fit le même ma- nege que la veille; & dés
que l'aurore parut, il monta
à cheval, & continua de
marcher si long -temps,
qu'accablé de chaleur & de
lassitude, il fut contraint
de se reposer auprès d'une
fontaine qui s'offrit à sa
veuë. C'étoit celle où Grimace
avoit paffé prés de
deux ans. fclle étoit dans le
~caomet de myrthes,do
elle entrelassoit les branch
, & en composoit les
chiffres. Elle chantoit ces
paroles. Grir
Grimace infortunée,
A des maux éternels le;
Dieux t'ont condamnée.
Ah ! vous m'avez promis
qu'ils finiroient un
jour,
Vous qui me-faisiez voir
une amitié si tendre;
Que je fuis lasse de l'attendre
Ce moment marqué par
- l'amour.
Envain les échos d'alentour
Font retentir ma peine,
Mon esperance est vaine.
Rien ne paroît dans ce sejour.
Grimace inforcunée,
A des maux éternels les
Dieux t'ont condamnée.
Cela fut chanté d'un air
si touchant, que Saphirin
en fut êmû. Helas! s'écriat-
il tout transporté,queje
ferois heureux si c'étoit la
voix de mon inconnuë !
mon coeur n'en doute point,
c'estelle. Aussitôtilseleve,
& court precipitamment
au cabinet de myrthes.
Grimace sentit à son a.
bord ce qu'elle n'avoitja
mais senti
;
l'amour lui di
que c'était son libérateur
elle le crut. L'amour ne
trouve jamais d'incredule.
Elle avança quelques pas
au. devant du Roy: mais
lors qu'elle alloit lui parler,
elle remarqua tant de
trouble & de surprise dans
ses yeux, que se retraçant
toute sa laideur, elle courut
se cacher. Où fuyezvous,
Madame, lui dit le
passionné Saphirin ? Pardonnez
à l'erreur de mes
sens; mon coeur n'est point
coupable de leur injustice.
Il lui dit encore tant de
choses rendres, que Grimace
s'apprivoisa, & souffrit
qu'il lui baisât la main.
On conçoit aisément que
la conversation fut vive &
spirituelle. Grimace grimaça
mille jolies choses sur
sa laideur, & le Roy fit de
son mieux pour la lui faire
oublier.
Le Roy la fit consentir
à quitter son defert & à le
suivre illa mit en croupe.
L'amour qui l'avoir égaré
luifit retrouver son Palais.
Quelque respect qu'oncLiC
pour lui, Grimace [Cj V!t
l'objet de la raillerie de tous
les courdians. On sefforçoit
àl'envi de lui découvrir
quelque trait de laideur,
6c on n'avoit pas de
peine. Saphirin , malgré
leurs murmures, fitfaire
de magnifiques préparatifs
: pour laceremoniede ses
noces. Il avoit sçû par Grimace
qu'elle étoit fille de
Eeau sans pair; il la lui envoya
demander, en maria-
> ge: Beau sans pair lui accorda
de bonne grace, 6c
vint luimême au mariage.
Le jour venu ,
Lejourvenu, Saphirin menaça
de son indignation
tous ceux qui ne se trouveroient
pas à la fête. Grimace
parut encore plus
laide dans la parure superbe
où elle étoit. Enfin elle arriva
au Temple, au milieu
d'une foule de peuple, attiré
par sa laideur autant
que par la beauté du spectacle.
Déja la coupe sacrée
étoit entre les mains du
Roy, qui aprés en avoir
bû,l'offrit à la Princesse. A
peine l'approcha-t-elle de
les levres, que tout d'un
coup elle parut d'une beau
té ravissante. Quelle agreable
surprise pour son époux
& pour son pere!quel sujet
d'admiration ôc d'applaudissemens
pour toute l'assemblée!
Grimace elle-même
ne voulut point en croire
ses yeux, & si Bonne ne
fût venuë lui confirmer ion
bonheur) elle en eût douté
long-temps.
Lorsque Maligne l'avoit
doüée de laideur, elle n'avoit
point dit par bonheur
que ce feroit pour toûjours,
ôc Bonne avoit trouve Ire moyen de l'adoucir, &de
faire la paix de Grimace.
Ainsi Saphirin, qui avoit
preferél'esprit à la beauté,
trouva son épouseaussi accomplie
par les charmes
du corps que par les quali-
~tez de l'elprit»
Un amour rendre & genereux
Trouve toujours sa recompense
;
La beauté peut nous rendre
heureux,
Je sçai jusqu'où va sa puis
sance: Mais
Mais un bonheur durable
-
&sans retour,
L'esprit & la
-
douceur peu-r)
vent seuls le produire;
La beautés'efface en un
jour, i:
L'esprit est éternel, & ne,
peut se détruire.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
L'auteur avait initialement prévu de narrer une histoire anglaise, mais modifia son projet après avoir reçu un conte de fées bien rédigé et moralisateur. Ce conte relate l'histoire du roi Beau sans pair et de sa reine, tous deux extrêmement beaux. Deux fées, Bonne et Maligne, s'éprirent du roi. Bonne fut bien accueillie, tandis que Maligne, rejetée, promit de se venger. La reine mit au monde deux filles : Aimée, à qui Bonne offrit la beauté éternelle et Maligne une mauvaise humeur, et Grimace, à qui Maligne attribua la laideur et Bonne la douceur et le reflet. Aimée, malgré sa beauté, était orgueilleuse, alors que Grimace, bien que laide, était douce et spirituelle. Un jour, Grimace, désespérée par sa laideur, se retira dans un désert après avoir vu son reflet dans un miroir. Avec l'aide de la fée Bonne, elle s'échappa lors d'une fête et emporta des objets précieux. Dans le désert, elle créa une boîte magnifique. Maligne, jalouse, incita deux voleurs à dérober ses biens. Grimace trouva du réconfort dans la nature. Les voleurs connurent des sorts différents : l'un mourut, l'autre devint riche et offrit la boîte au roi. Le roi, charmé, tomba amoureux de la créatrice imaginaire de la boîte et la nomma 'Grimance'. Plus tard, le roi Saphirin découvrit Grimance près d'une fontaine et tomba amoureux d'elle malgré sa laideur. Ils se marièrent, et lors de la cérémonie, Grimance se transforma en une femme ravissante. Il fut révélé que la fée Bonne avait adouci la malédiction de Maligne, permettant à Grimance de retrouver sa beauté. Ainsi, Saphirin obtint une épouse belle et spirituelle. Le conte souligne que l'amour véritable et généreux trouve toujours sa récompense, et que l'esprit et la douceur sont essentiels pour un bonheur durable.
Soumis par kipfmullerl le