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148
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591
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151
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594
Incipit
OBSERVATIONS de Jean-Jacques Rousseau, de Genéve, sur la réponse qui a été
Texte
OBSERVATIONS de Jean-Jacques Rouf
feau , de Genéve , fur la réponſe qui a été
faite à fon Difcours. On les trouve à Pa
ris , chez Piffot.
L'occafion de cette brochure eft une de
DECEMBRE. 1751. 149
99
ces circonstances rares , dont l'Hiftoire
fournit à peine un exemple : auffi l'Auteur
, n'ayant aucun modéle à fuivre , a - t'il
pris uu ton tour à lui , qui ne fera fûrement
jamais le ton à la mode . Voici ſon début.
» Je devrois un remercîment , plutôt
» qu'une réplique à l'Auteur anonyme ,
qui vient d'honorer mon Difcours d'une
réponſe : mais ce que je dois à la recon-
» noiffance , ne me fera point oublier ce
que je dois à la vérité ; & je n'oublierai
" pas non plus , que toutes les fois qu'il
» eft queftion de raiſon , les hommes rentrent
dans le droit de la Nature , & re-
» prennent leur premiere égalité.
M. Rouffeau ne combat point directement
la réponfe qu'il examine il convient
des grandes vérités qui y font répandues
, & le borne à établir qu'elles ne
font point contradictoires à la Théfe qu'il
a foutenue dans fon Difcours. Il fait voir
que fur les utilités des Sciences , il a penfé
comme l'Auteur de la Réponſe , & que
fur leur abus , l'Auteur de la Réponse a
parlé comme lui .
Cependant la conclufion du Difcours ;
& celle de la Réponſe fe trouvent directement
oppofées » La mienne étoit , dit
M. Rouffeau , que puifque les Sciences
font plus de mal aux moeurs que de
Gii
150 MERCURE DE FRANCE
bien à la focieté , il eût été à delirer
que
"les hommes s'y fuffent livrés avec moins
» d'ardeur. Celle de mon adverfaire eft ,
que , quoique les Sciences faffent beau
" coup de mal , il ne faut pas lailler de les
» cultiver à caufe du bien qu'elles font . Je
m'en rapporte , ajoute- t'il , non, au pu
» blic , mais au petit nombre des vrais
» Philofophes , fur celle qu'il faut préferer
» de ces deux conclufions.
و د
L'Auteur paffe enfuite aux obfervations
de détail , & examine quelques endroits
de la Réponse qui lui paroiffent manquer
un peu de cette jufteffe qu'il admire volontiers
dans les autres , & qui , felon lui ,
ont pu contribuer à l'erreur de la confé
•quence que l'Auteur en a tirée .
La principale de ces obfervations roule
fur une accufation très-grave , au fujet de
laquelle M. Rouffeau a crû devoir entrer
dans une plus longue difcuffion .
Selon l'Auteur de la Réponse , la culture
des Sciences eft tellement utile à la
Religion , que ce feroit la priver d'un ap
pui que de profcrire les Lettres . En effet, il
paroît par le célébre Edit de Julien l'Apol
tat , & par le chagrin qu'en montrerent les
Chrétiens de fon tems , que les uns & les
autres en penfoient ainfi . Mais leur opinion
ne fait rien ici contre les faits , &
DECEMBRE. 1751 .
c'eft par les faits que M. Rouffeau examine
cette grande queftion .
Il expofe en abregé ce que les Sciences
& la Religion ont eu de commun , & prenant
fon Extrait hiftorique dès le commencement
de l'ancienne Loi , il le fuit
jufqu'à notre fiécle , faifant voir que dans
tous les rems , & les Chrétiens & le Peuple
de Dieu , ont toujours été détournés
par leurs Chefs de l'étude des Sciences
humaines , & que toutes les fois que la
Philofophie & les Lettres ont pénétré dans
ce Sanctuaire , ç'a toujours été au préjudice
de la Religion
.
Ce morceau qui paroît avoir été fai
avec foin , étant lui- même un extrait déja
fort ferré , n'eft pas fufceptible d'extrait ;
ainfi nous renvoyons à l'ouvrage même
les Lecteurs qui voudront en juger . Nous
en dirons autant des articles du luxe , de
l'hypocrifie , de la politeffe , de l'ignorance
, & de la néceffité actuelle de cultiver
les Letrres ; a rticles trop longs pour être
tranfcrits , & trop courts pour être abregés.
Nous nous contenterons d'ajouter
qu'on y reconnoît de même que
par tour ,
dans les notes qui y font jointes , la plume
éloquente , & les maximes fingulieres de
l'Auteur du Difcours , qui a donné lieu
à la Réponſe & aux obfervations.
feau , de Genéve , fur la réponſe qui a été
faite à fon Difcours. On les trouve à Pa
ris , chez Piffot.
L'occafion de cette brochure eft une de
DECEMBRE. 1751. 149
99
ces circonstances rares , dont l'Hiftoire
fournit à peine un exemple : auffi l'Auteur
, n'ayant aucun modéle à fuivre , a - t'il
pris uu ton tour à lui , qui ne fera fûrement
jamais le ton à la mode . Voici ſon début.
» Je devrois un remercîment , plutôt
» qu'une réplique à l'Auteur anonyme ,
qui vient d'honorer mon Difcours d'une
réponſe : mais ce que je dois à la recon-
» noiffance , ne me fera point oublier ce
que je dois à la vérité ; & je n'oublierai
" pas non plus , que toutes les fois qu'il
» eft queftion de raiſon , les hommes rentrent
dans le droit de la Nature , & re-
» prennent leur premiere égalité.
M. Rouffeau ne combat point directement
la réponfe qu'il examine il convient
des grandes vérités qui y font répandues
, & le borne à établir qu'elles ne
font point contradictoires à la Théfe qu'il
a foutenue dans fon Difcours. Il fait voir
que fur les utilités des Sciences , il a penfé
comme l'Auteur de la Réponſe , & que
fur leur abus , l'Auteur de la Réponse a
parlé comme lui .
Cependant la conclufion du Difcours ;
& celle de la Réponſe fe trouvent directement
oppofées » La mienne étoit , dit
M. Rouffeau , que puifque les Sciences
font plus de mal aux moeurs que de
Gii
150 MERCURE DE FRANCE
bien à la focieté , il eût été à delirer
que
"les hommes s'y fuffent livrés avec moins
» d'ardeur. Celle de mon adverfaire eft ,
que , quoique les Sciences faffent beau
" coup de mal , il ne faut pas lailler de les
» cultiver à caufe du bien qu'elles font . Je
m'en rapporte , ajoute- t'il , non, au pu
» blic , mais au petit nombre des vrais
» Philofophes , fur celle qu'il faut préferer
» de ces deux conclufions.
و د
L'Auteur paffe enfuite aux obfervations
de détail , & examine quelques endroits
de la Réponse qui lui paroiffent manquer
un peu de cette jufteffe qu'il admire volontiers
dans les autres , & qui , felon lui ,
ont pu contribuer à l'erreur de la confé
•quence que l'Auteur en a tirée .
La principale de ces obfervations roule
fur une accufation très-grave , au fujet de
laquelle M. Rouffeau a crû devoir entrer
dans une plus longue difcuffion .
Selon l'Auteur de la Réponse , la culture
des Sciences eft tellement utile à la
Religion , que ce feroit la priver d'un ap
pui que de profcrire les Lettres . En effet, il
paroît par le célébre Edit de Julien l'Apol
tat , & par le chagrin qu'en montrerent les
Chrétiens de fon tems , que les uns & les
autres en penfoient ainfi . Mais leur opinion
ne fait rien ici contre les faits , &
DECEMBRE. 1751 .
c'eft par les faits que M. Rouffeau examine
cette grande queftion .
Il expofe en abregé ce que les Sciences
& la Religion ont eu de commun , & prenant
fon Extrait hiftorique dès le commencement
de l'ancienne Loi , il le fuit
jufqu'à notre fiécle , faifant voir que dans
tous les rems , & les Chrétiens & le Peuple
de Dieu , ont toujours été détournés
par leurs Chefs de l'étude des Sciences
humaines , & que toutes les fois que la
Philofophie & les Lettres ont pénétré dans
ce Sanctuaire , ç'a toujours été au préjudice
de la Religion
.
Ce morceau qui paroît avoir été fai
avec foin , étant lui- même un extrait déja
fort ferré , n'eft pas fufceptible d'extrait ;
ainfi nous renvoyons à l'ouvrage même
les Lecteurs qui voudront en juger . Nous
en dirons autant des articles du luxe , de
l'hypocrifie , de la politeffe , de l'ignorance
, & de la néceffité actuelle de cultiver
les Letrres ; a rticles trop longs pour être
tranfcrits , & trop courts pour être abregés.
Nous nous contenterons d'ajouter
qu'on y reconnoît de même que
par tour ,
dans les notes qui y font jointes , la plume
éloquente , & les maximes fingulieres de
l'Auteur du Difcours , qui a donné lieu
à la Réponſe & aux obfervations.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
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