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Titre

THEATRE & Œuvres diverses de M. PALISSOT de MONTENOY, de la Société Royale & Littéraire de Lorraine, &c ; avec cette Epigraphe : Principibus placuisse viris non ultima laus est. A Londres, & se trouve à Paris chez Duchesne, Libraire, rue Saint-Jacques au Temple du Goût, 1763 ; 3 Vol. in-12.

Titre d'après la table

THÉATRE & Œuvres diverses de M. Palissot de Montenoy.

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95
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322
Incipit

ON voit par le titre de ce Recueil, qu'il contient à la fois, & des Piéces de

Texte
THEATRE & OEuvres diverſes de M.
PALISSOT de MONTENOY , de la
Société Royale & Littéraire de Lorraine,&
c ; avec cette Epigraphe : Principibus
placuiffe viris non ultima laus
eft . A Londres , & se trouve à Paris
chez Duchesne , Libraire , rue Saint
Jacques au Temple du Goût , 1763 ;
3 Vol. in-12.
N voit par le titre de ce Recueil ,
qu'il contient à la fois , & des Piéces de
Théâtre & d'autres productions de différens
genres . Nous renvoyons les premières
à l Article des Spectacles , ainſi
queles Préfaces & les Avertiſſemens qui
les précédent ou qui les ſuivent ; & nous
nous bornerons dans cet extrait , à parcourir
les divers morceaux qui forment
le reſte du Recueil. Les uns , déja connus
, reparoiſſent ici avec des corrections
, des changemens & des additions
conſidérables. L'attention avec laquelle
l'Auteur les a revus , eſt une preuve de
ſon reſpect pour le Public éclairé. Il y a
joint un affez grand nombre de Piéces
86 MERCURE DE FRANCE.
qui n'avoient point encore vu le jour.
Les unes & les autres méritent de fixer
l'attention , & font dignes de l'eſtime
de nos Lecteurs . :
Nous trouvons d'abord à la tête de
cette Edition , un Avertiſſement où il
eſt dit , que par l'examen de ces Ouvrages
réunis , dont aucun n'a été imprimé
dans les ténébres & fans l'aveu du Gouvernement
, on verra combien l'Auteur
a toujours reſpecté la décence, les moeurs
& les égards dûs à la Société ; combien
fon eſprit eſt éloigné de ce goût condamnable
pour la fatyre , dont il a été
accufé par les Auteurs de quelques li
belles.
Ce premier Avertifſfement eſt ſuivi
d'un Avant-propos très- bien écrit , dans
lequel on applaudira ſurtout à ce que
dit M. Paliſſot ſur l'encouragement dû
aux jeunes Ecrivains ; il a eu lui- même
lebonheur de trouver des conſeils par
mi les Gens de Lettres , & des Protecteurs
dans le Gens du monde ; & c'eſt
ſans doute là le ſens de fon Epigraphe :
il étoit encore bien jeune , lorſqu'à l'oc
cafion de fon premier ouvrage pourle
Théâtre >> il eut l'honneur d'être connu
>>d'un des plus reſpectables appuis que
>> les Lettres ayent jamais eus parmi
و
JUIN. 1763 . 87
>>nous. Il ne le nomme point , de peur
>> d'éveiller l'envie ; mais il oppoſera tou-
>> jours les bienfaits de Mécene aux ca-
>> lomnies des Mévius.
C'eſt par le même ſentiment de reconnoiſſance
, qu'il a voulu que l'hommage ,
qu'il croit devoir aux cendres d'une Protectrice
puiſſante & éclairée , fût à jamais
confervé dans ces vers pathétiques
&touchans.
Moment du déſeſpoir ! ſouvenir trop funeſte !
Ojour à nos regrets pour jamais conſacré !
Il eſt donc vrai ! .....
nous refte
cette urne eſt tout ce qui
D'un objet adoré.
Muſes , vous la perdez ; vos lyres ſuſpendues
Ne rendront déſormais que des fons de douleurs
A vos triftes accens les graces éperdues
Viendront mêler des pleurs .
Ah ! fi de ſes deſtins , ſurmontant l'inclémence ,
Elle eût franchi l'inſtant marqué par leur courroux
,
Vos fublimes accords dont l'honoroit la Francé ,
Revivroient parmi nous.
Au matin de ſesjours la mort nous l'a ravie :
Les talens , la beauté la ſuivent au cercueil ;
Et l'ennemi des Arts , le démon de l'envie
Triomphe avec orgueil .
Mais j'oferai chanter ſes vertus immortelles ;
88 MERCURE DE FRANCE .
Je veux dans tous les coeurs conſacrer ſes bienfaits
Son nom vainqueur du tems & des Parques cruelles
,
Ne périra jamais.
Plaignons cet Univers ; hélas ! il l'a perdue ,
Sans connoître le prix d'un ſi rare tréſor !
Mais plaignons bien plutôt qui peut l'avoir connue
Et lui ſurvivre encor.
:
C'eſt à cette même Protectrice que ,
même après ſa mort , M. Paliffot a dédié
un des Ouvrages qui lui ont fait le
plus de réputation , & du même genre
qu'un autre qu'il lui avoit déja dédié
pendant la vie. Ce qui marque de ſa part
une reconnoiffance également conftante
&défintéreffée.
Pour achever de faire connoître le
caractère & la façon de penſer de cet
Auteur , on lit dans un Epilogue qui
termine cette Edition , » avec quels
» égards il a parlé des hommes célébres
>>qui font honneur à leur fiécle & à la
>> Nation , tels que les Montesquieu ,
>» les Voltaire , les Crébillon , les d'Alem-
»e rt, les Buffon , les Piron , les Gref-
» fet , les Saintfoix , &c. On voit donc
dans ce Recueil, non-feulement l'ex
preffion de fa reconnoiffance envers fes
JUIN. 1763 . 89
bienfaiteurs , mais encore une fortede
vénération pour la ſupériorité des talens,
& pour les grands hommes qui les pof
fédent.
En ſuivant toujours l'ordre de cette
Édition
nous trouvons à la fin dupremier
Volume , un Dialogue entre l'Auteur
de Turcaret & un Traitant. Ce dernier
paroît courroucé à la vue d'un homme
qui l'a joué fur le Théâtre : mais lorf
qu'il apprendqu'il n'étoit pas même connu
de l'Auteurde la Comédie, ſon amour
propre en eſt offenfé , croyant qu'un
homme de ſa ſorte eſt un Perſonnage
qui doit attirer tous les regards.
>> C'eſt , dit l'Auteur de Turcaret ,
>>un ridicule commun à la plupart des
>> hommes , de prendre leur petite focié-
>>>té pour l'Univers , de regarder leur
» éxiſtence comme très- importante ; &
>>fi quelquefois leur confcience les aver-
>>tit de leurs travers , bientôt la vanité
>> leur fait accroire que ces travers mê-
> me ont un certain éclat qui les rend
>>>dignes de l'attention publique. Le
Traitant voudroit qu'on prît à la Cour ,
plutôt que dans la Finance , des Sujets
de Comédie . L'Auteur répond : » pour
>>les ridicules à grands traits , tels que
>>la Scène les éxige , & tels qu'ils de90
MERCURE DE FRANCE.
> vroient être pour préſenter des leçons
>> utiles à la fois & piquantes , croyez
> que l'eſpéce en eſt encore moins com-
>>mune à la Cour que partout ailleurs.
>> Elle a ſon peuple auſſi-bien que la ville;
»& parmi ce peuple , combien d'âmes
>> vulgaires ſans vices ni vertus , fans
>>phyfionomie , ſans caractère ? joignez
» à cela la difficulté de rendre ces Mef-
>> ſieurs plaiſans ; & convenez qu'un
» pauvre Auteur comique eſt ſouvent
>> bien embarraffé.
Nous interrompons ici l'ordre de ce
Recueil , pour parler de deux autres Dialogues
Hiftoriques,placés vers la fin du ſecond
Tome. Le premier de ces Dialogues
eſt intitulé Socrate & Erafme. On
fçait la vénération qu'Eraſme a eue pour
ce Philoſophe Grec ; vénération que lui
avoit inſpirée la lecture de Platon. Pour
détruire cette idée avantageuſe au Philoſophe
Athénien , M. Paliſſot entreprend
de faire voir que le divin Socrate n'étoit
peut-être pas fort différent du Socrate
joué dans une des Comédies d'Arifto
phane.
SOCRATE .
» Penſez- vous qu'il y ait ſur la terre
>> un Peuple capable d'honorer un CaJUIN.
1763 . 91
>> lomniateur public? Jugez donc fi dans
» une petite ville comme Athènes , dont
>> tous les Citoyens ſe connoiffoient ,
» Ariftophane qui me jouoit ſous mon
» propre nom , eût ofé en impofer
>> fur mes moeurs , au point que vous
>> l'imaginez. On peut fans doute por-
>>ter quelque atteinte à la vertu la plus
>> pure , l'environner de quelques ridi-
>>cules , peut-être même la rendre ſuf-
>> pecte d'hypocrifie : oui , la malignité
>>humaine peut aller juſques-là ; mais
>> en aucun temps elle n'applaudira un
>>Auteur qui repréſenteroit un homme
>> de bien , reconnu pour tel , comme
» un ſcélérat capable de tous les vices.
> On ſe révolteroit dès les premières
>> Scènes ; toute attention lui feroit re-
>> fuſée. Ce n'eſt point là Socrate , au-
>> roit- on dit tout d'une voix ; & d'ail-
>>leurs chez le Peuple de Solon, il y avoit
>>>une loi contre les colomniateurs,
ERASME..
» Vous confondez toutes mes idées.
» Comment , divin Socrate , vous au-
>> riez reſſemblé au Socrate de la Co-
» médie des Nuées?
Socrate convient qu'Ariftophane a un
peu outré la critique ; mais fans croire:
92 MERCURE DE FRANCE.
Socrate auffi coupable qu'on le repréſen
te dans ce dialogue , nous ne pouvons
nous diſpenſer d'avancer qu'il feroit difficile
d'employer plus d'eſprit & de fineſſe
qu'il y en a dans l'Ouvrage de M.
Paliffot. Il en falloit beaucoup en effet,
pour rendre au moins vrai-ſemblable
une opinion qui contredit les idées reçues
au ſujet du -Philofophe Grec.
Nous ſommes fachés que les bornes
d'un Extrait ne nous permettent pas
d'entrer dans un plus grand détail.
Le dialogue ſuivant eft entre le Père
Brumoy & Ariftophane. Ce dernier en
parlant de la Comédie de ſon temps ,
prétend que le Père Brumoy ne lui a
pas rendu justice , en difant qu'elle ſe
reſſentoit de la groffiéreté du fiécle de
Thefpis. L'objet de cet écrit eſt, comme
l'on voit , de juſtifier le genre de comique
employé par Ariftophane. » La Co-
>> médie , dit-il , telle que j'en avois don-
>>né le plan , étoit liée à la conftitution
» même de l'Etat ; elle étoit un des
>> principaux refforts du Gouvernement.
>>Et lorſque je medonnai tant de liberté
>> contre Cléon & beaucoup d'autres qui
>>avoient part à l'adminiſtration , je me
>> conformois à l'eſprit , & fuivois les
>> ordres fecrets de la République.
JUIN. 1763 . 93
Le reſte du Dialogue eſt employé à
prouver qu'en effetles Comédies d'Aritophane
entroient dans les vues du Gouvernement
fondé fur la nature de la Démocratie.
Toutes ces preuves font appuyées
ſur des faits qui marquent dans
l'Auteur une érudition éclairée , & une
manière de voir les choſes peu communes,
nous ofons même dire absolument
neuves. C'eſt ce qui diftingue ſpéciale
ment ces deux derniers Dialogues.
On a lu dans le temps des lettres de M,
de Voltaire à M. Paliſſot, avec les réponſes
On les retrouve avec plaifir dans cette
Edition , où elles ſerviront à l'Hiſtoire
Littéraire de notre fiécle. Elles font
en même temps un exemple de la modération
avec laquelle on devroit ſe conduire
dans les diſputes de Littérature.
Les piéces fugitives terminent le ſecond
Volume. Elles commencent par
une Épitre au Roi , que l'Auteur eut
l'honneur de préſenter à Sa Majesté en
1749. C'eſt n'est pas l'unique occafion
qu'ait eu M. Paliſſot , de donner des
preuves publiques qu'il eſt également
bon Sujet & bon Poëte. On peut en
voir d'autres preuves dans le Prologue
& le Difcours qu'il a mis à la tête de ſa
Comédie des Originaux.
94 MERCURE DE FRANCE.
Enfin le troifiéme Tome de ce Recueil
contient l'Histoire des premiers
fiècles de Rome , dédiée au Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar. Elle
avoit déja eu deux Editions. Cette troifiéme
a été revue & corrigée avec ſoin.
Nous invitons ceux qui pourroient condamner
le choix du Sujet , à lire le Difcours
préliminaire ; ou plutôt nous conſeillons
de lire l'Hiſtoire même , qui
porte partout l'empreinte d'un homme
d'eſprit , également verſé dans l'art d'écrire
& dans la connoiſſance de la Politique
& du coeur humain.
Il y a d'autres piéces dans ce recueil
fur leſquelles le temps ne nous promet
pas de nous arrêter : telles font en particulier
, des Epitres , des Odes , des
Chanfons , des Epigrammes , des Difcours
en profe ,& d'autres Ecrits de peu
d'étendue. L'Auteur n'a fait choix que
de ceux qu'il a cru dignes des regards du
Public ; & fa ſévérité a fait exclurre de
cette Edition pluſieurs piéces qui peutêtre
ne l'euffent pas déparée. Quoi qu'il
en ſoit , celles qu'il a conſervées ne peuvent
que lui faire honneur. On peut
voir par le nombre & la variété de fes
Ouvrages , qu'il y a peu de genres dans
leſquels il ne ſe ſoit éxercé ; & il eſt rare
JUIN. 1763. 95
qu'à 33 ans , on ait parcouru une carrière
auffi vaſte & auſſi brillante.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte présente un recueil d'œuvres de Charles Palissot de Montenoy, membre de la Société Royale & Littéraire de Lorraine, publié à Londres en 1763 et disponible à Paris chez Duchesne. Ce recueil rassemble des pièces de théâtre et diverses productions littéraires, certaines révisées et enrichies, d'autres inédites. Palissot y exprime son respect pour le public éclairé et se distancie de la satire condamnable. L'ouvrage s'ouvre par un avertissement sur l'importance du respect de la décence, des mœurs et de la société, suivi d'un avant-propos encourageant le soutien aux jeunes écrivains. Palissot remercie ses protecteurs et dédie des vers à une protectrice décédée. Le recueil rend hommage à des figures célèbres telles que Montesquieu, Voltaire, Crébillon, d'Alembert, Buffon, Piron, Gresset et Saint-Foix. Le texte discute deux dialogues historiques : 'Socrate & Erasme', où Socrate reconnaît la critique d'Aristophane, et un autre dialogue impliquant le Père Brumoy et Aristophane, qui défend son style comique. Il mentionne également des lettres échangées entre Voltaire et Palissot, illustrant la modération dans les disputes littéraires. Le recueil inclut divers genres littéraires, tels que des épîtres, des odes, des chansons, des épigrammes et des discours, ainsi qu'une histoire des premiers siècles de Rome dédiée au roi de Pologne. À 33 ans, Palissot démontre une grande diversité et maîtrise dans ses écrits.
Est adressé ou dédié à une personne
Soumis par eljorfg le