Titre
A MONSIEUR DE LA GATELINIERE.
Titre d'après la table
Lettre qui a servy à la Conversion de plusieurs Calvinistes.
Fait partie d'une livraison
Page de début
136
Page de début dans la numérisation
153
Page de fin
146
Page de fin dans la numérisation
163
Incipit
Voicy une Lettre qui est de saison, quoy qu'il y ait / Monsieur, Il y a des coups de hazard qui sont heureux, & je croy
Texte
Voicy une Lettre qui eft de
faifon , quoy qu'il y ait déja quel
que temps qu'elle eft écrite. On
affeure qu'elle a contribué à plufieurs
Conversions , & je n'ay pas
de peine à le croire . Les raifons
que l'Autheur employe font affez
perfuafives pour ne laiffer rien à
repliquer. C'eft ainsi que le Roy
eft caufe du falut des ames , puifque
chacun y travaille à fon
exemple. On peut voir par cette
Lettre , que les armes qui font
rendre les Religionnaires , font
tirées de la feule force de la Verité
, qui fournit des argumens
invincibles contre les erreurs.
GALANT.
137
1
A MONSIEUR
DE LA GATELINIERE ...
M
ONSIEUR ,
Ily a des coups de hazard
qui font heureux , & je croy teli
celuy qui me procura l'honneur de
vous voir ces derniers jours en un
lieu où nous ne fongions ny vous ny
moy à lier enfemble aucun entretien.
T'en ay remercié la Providence , devant
qui les rencontres qui nous pa
roiffent fortuites font prémeditées ,
& j'espere que la nôtre aura quelque.
rapport avec celle de ce grand Offi
cier de Candace , qui trouva l'Apoftre
Saint Philippes dans for :
chemin. Cet Officier avoit comme.
vous , Monfieur , la Bible entre les
main. Il fondoit Sa Foy fur less,
138
MERCURE
Ecritures , mais il ne pouvoit en
entendre le vray fens . Il s'adreffa
donc à l'Eglife en la perfonne de
Saint Philippes , qui luy expliqua
le Sacrifice du Fils de Dieu fur la
Croix. L'eus l'honneur de vous entretenir
à peu près du mefme Myftere
; car celuy de l'Euchariftie eft
un Memorial de celuy de la Croix,
& nous parlafmes beaucoup de ce
Myftere adorable. Le me fouviens
que nous entrafmes en matiere par
l'Ecriture fainte , qui fonde uniquement
la Foy felon nous . Ie pris
la liberté de vous remontrer que
vous combattiez ce principe de
Euchariftie , puifque vous y appelliek
figure ce que le Sauveur du
mondey appele Corps . Ainsi , ajoûtay
-je , le Fils de Dieu affeure ce
que vous nie . Il dit Cecy eft mon
Corps , & vous dites que ce ne
L'eft pas. Vous ne fonde donc pas
GALAN T. 139
voftre Foy fur Sa Parole. Aprés
avoir eu la bonté de m'écouter
vous me répondites que le Fils de
Dieu avoit dit ailleurs . Ie fuis une
Vigne , & que pourtant ny vous
ny moy ne croyons pas qu'ilfoit une
Vigne. Là - deffus je vous priay de
diftinguer les occafions . Dans celle
où N. Seigneur fe difoit une Vigne,
il n'établiffoit pas un Sacrement, ny:
par confequent un Article de Foy,
ainfi ilpouvoit ufer de Paraboles ;
mais en inftituant l'Euchariftic , le
Sauveur du mondeformoit un Article
de Foy effenciel , & il établiffoit
un Sacrement`; par confequent il
y parloit à la lettre , comme ily a
parléquand il ainftituele Baptefme.
Tout de mefme donc que quand
il a dit , Baptiſez au Nom du
Pere , & du Fils , & du Saint-
Esprit , il nous afait un Article de
Foy litteral d'une Trinité réelle ,
140 MERCURE
3
de mefme quand il a dit , Cecy eft
mon corps , & faites cecy en
memoire de moy , il nous a expreffément
proposé la realité de fon
Corps ,fous les apparences du Pain.
Vous n'oubliaftes pas dans cet en
droit celuy des Capharnaites , &
voicy ce que j'eus l'avantage de
Vous repliquer. Ie des donc , Mon
fieur , que le Fils de Dieu avoit confirmé
fa Prefence corporelle , quand
ilremontra defes Auditeurs , Que
fa Chair ne profite de rien , &
que c'est l'efprit qui vivifie. Le
vous fis remarquer , que noftre Seigneur
en feparant ces deux chofes ,
témoignoit que l'on pouvoit recevoir
l'une fans l'autre, & par confequent
que fa Chair prife fans fon
Efprit , c'est à dire fans fa Grace ,
faifoit ce que nous appellons une
Communion indigne ; d'où il refulte
que le Sauveur du Monde établisfoit
•
GALANT. 141
réellement & localement fa Chair
1 dans l'Echariftie ; a trement , continuay-
je , ce qu'il dit enfuite du
Scandale de fes Auditeurs , feroit
un pur galimatias , dont le Fils de
Dieu n'eft pas capable . Quoy , ditil
, cela vous fcandalife ? Et que
fera - ce donc quand vous verrez
'le Fils de l'Homme remonter où
il eftoit auparavant ? De bonne
foy , Monfieur , quels rapports à
cette Parole avec celles qui la precedent
? Eftoit-il question icy de
Afcenfion du Fils de Dieu ? Non ;
mais il eftoit queftion d'inftruire des
Peuples qui s'effrayoient de manger
réellement le Sauveur du Monde
, & il leur dit : Si vous eftes
fcandalifez de me manger pendant
que je fuis fur la Terre, que
fera - ce donc quand vous me
mangerez encore aprés que je
feray monté au Ciel le vous
142
MERCURE
défie , avec tout le respect que je
vous dois , de tirer une autre con-
Sequence de ces Paroles , à moins de
leur donner la torture , & de faire
tomber le Fils de Dieu dans des
difparates indignes de luy. Cette
reflexion vous furprit , & là- deffus
vous me témoignaftes par modeftie
que vous n'estic pas d'une profeffion
à Controverfe. I'eus l'honneur de
vous repondre , Monfieur , que la
verité eftoit de toutes les profeffions
chez les Chrétiens. Vous me repli
quaftes que vous la chercherie ,
& quepour cela vous aviez beaucoup
de Livres. Ie pris la liberté
de vous dire » que le meilleur de
tous les Livres eftoit le coeur ; qu'il
falloit à Livre ouvert y recevoir la
verité , la demander à Dieu , qui ne
la refufe jamais à ceux qui la cher-
•chent avec bonté & fimplicité de
coeur.L'opinay bien du voftre dans
1
>
1
GALANT. 143
2
J cette rencontre , où vous me parlaftes
avec beaucoup de probité.
Vousy loüaftes la mienne , & ce que
j'aioutay vous en paru plein. Ce
fut quand je vous expofay la Communion
des Apoftres , & que je vous
prouvay qu'elle euft efté illufoire
s'ils n'avoient communié que par la
Foy ; car enfin , la Foy est un argument
des chofes qui ne paroiffent
point , & tout paroiffoit aux Apo
ftres, d'un cofté le Corps du Sauveur,
de l'autre du Pain tout pur felon
vous. Où pouvoient - ils donc exercer
leurfoy felon nous ? Ils l'exerçoient
en croyani le Corps du Sauveur du
Monde , comme nous le croyons placé
fous les apparences du Pain. Quoy
que cetteraifon demeuraft fans une
feule replique , je la confirmay par
ces paroles de S. Paul , qui attri
buent les mauvaises Communions ,
à ce qu'on n'y difcerne pas le
344
MERCURE
d'une
Corps du Seigneur. Nous tombâ
mes d'accord que ce difcernement fe
faifoit par la Foy, & j'en tiray cette
confequence ; donc la Foy fuppofe la
prefence réelle du Fils de Dieu dans
la Cene , comme mon ailfuppofe les
couleurs dans les objets ; car enfin,
fila Foy difcerne le Corps du Fils de
Dieu dans la Cene, ily eft donc , puis
qu'on ne difcerne pas des chofes qui
nefont point , & nousfinifmes noftre
Converfation par des marques
mutuelle eftime. I'en ay pour vous ,
Monfieur , une tres-particuliere , &
je fouhaite que mon Entretien ait
avec vous le mefme fuccés qu'il aeu
dans Chafteaudun , avec une Veuve
de voftre Religion , qui a profeſſé la
noftre. Il n'est pas honteux à un homme
d'eftre touché par les raifonnemens
qui touchent certaines Fem
mes. Vous fçavez que les ames n'ont
point defexe , & que ce n'estpas la
1
difference
GALANT. 145
difference des corps , mais des coeurs
& des efprits , qui nous fait valoir
auprés de Dieu. Il a répandu fon
Efprit autrefois fur Anne , fur Hol-
= da , &fur Debora , qui prophetife
rent à l'exclufion des Hommes , &
dernierement encore Madame de l
Ferté acheva ce que plufieurs Ecclefiaftiques
& moy n'avions pû finir
avec Madame Maillot , qu'elle
a envoyée à Chatres pour fe convertir.
Vous connoiffez fans doute
Madame de la Ferté , qui a des
- Freres chez Monfieur le Prince &
= chez Madame la Princeffe de
Brunfvvic , qui tiennent les premieres
Charges , comme vous avez
des Proches qui tiennent les premiers
rangs dans la Maifon du
Ray & Monfieur de la Ferté a
L'honneur d'appartenir à Madame
la Marefchale de Caftelnau , com-
Ianvier 1686 . G
846 MERCURE
me vous appartenez à Monfieur
le Marquis de Dangeau , dont les
lumieres vous garantiffent l'exemple.
Suivez-le , je vous en conjure
fous le Regne de LOUIS le Grand,
qui a le coeur d'un Pere , & la tefte
d'un Roy. Son caur eft auffi grand
que fon nom , & fa tefte fait bonneur
à la Couronne, Fiez vous en
à fes connoiffances , qui l'empef
chent de fe tromper , & àsa probité
, qui l'empefche de tromper les
autres. Ie ne vous trompe point mojmefme
, quand je vous affeure que je
fuis avec un respect tendre & fing
cere , voftre , &c.
faifon , quoy qu'il y ait déja quel
que temps qu'elle eft écrite. On
affeure qu'elle a contribué à plufieurs
Conversions , & je n'ay pas
de peine à le croire . Les raifons
que l'Autheur employe font affez
perfuafives pour ne laiffer rien à
repliquer. C'eft ainsi que le Roy
eft caufe du falut des ames , puifque
chacun y travaille à fon
exemple. On peut voir par cette
Lettre , que les armes qui font
rendre les Religionnaires , font
tirées de la feule force de la Verité
, qui fournit des argumens
invincibles contre les erreurs.
GALANT.
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A MONSIEUR
DE LA GATELINIERE ...
M
ONSIEUR ,
Ily a des coups de hazard
qui font heureux , & je croy teli
celuy qui me procura l'honneur de
vous voir ces derniers jours en un
lieu où nous ne fongions ny vous ny
moy à lier enfemble aucun entretien.
T'en ay remercié la Providence , devant
qui les rencontres qui nous pa
roiffent fortuites font prémeditées ,
& j'espere que la nôtre aura quelque.
rapport avec celle de ce grand Offi
cier de Candace , qui trouva l'Apoftre
Saint Philippes dans for :
chemin. Cet Officier avoit comme.
vous , Monfieur , la Bible entre les
main. Il fondoit Sa Foy fur less,
138
MERCURE
Ecritures , mais il ne pouvoit en
entendre le vray fens . Il s'adreffa
donc à l'Eglife en la perfonne de
Saint Philippes , qui luy expliqua
le Sacrifice du Fils de Dieu fur la
Croix. L'eus l'honneur de vous entretenir
à peu près du mefme Myftere
; car celuy de l'Euchariftie eft
un Memorial de celuy de la Croix,
& nous parlafmes beaucoup de ce
Myftere adorable. Le me fouviens
que nous entrafmes en matiere par
l'Ecriture fainte , qui fonde uniquement
la Foy felon nous . Ie pris
la liberté de vous remontrer que
vous combattiez ce principe de
Euchariftie , puifque vous y appelliek
figure ce que le Sauveur du
mondey appele Corps . Ainsi , ajoûtay
-je , le Fils de Dieu affeure ce
que vous nie . Il dit Cecy eft mon
Corps , & vous dites que ce ne
L'eft pas. Vous ne fonde donc pas
GALAN T. 139
voftre Foy fur Sa Parole. Aprés
avoir eu la bonté de m'écouter
vous me répondites que le Fils de
Dieu avoit dit ailleurs . Ie fuis une
Vigne , & que pourtant ny vous
ny moy ne croyons pas qu'ilfoit une
Vigne. Là - deffus je vous priay de
diftinguer les occafions . Dans celle
où N. Seigneur fe difoit une Vigne,
il n'établiffoit pas un Sacrement, ny:
par confequent un Article de Foy,
ainfi ilpouvoit ufer de Paraboles ;
mais en inftituant l'Euchariftic , le
Sauveur du mondeformoit un Article
de Foy effenciel , & il établiffoit
un Sacrement`; par confequent il
y parloit à la lettre , comme ily a
parléquand il ainftituele Baptefme.
Tout de mefme donc que quand
il a dit , Baptiſez au Nom du
Pere , & du Fils , & du Saint-
Esprit , il nous afait un Article de
Foy litteral d'une Trinité réelle ,
140 MERCURE
3
de mefme quand il a dit , Cecy eft
mon corps , & faites cecy en
memoire de moy , il nous a expreffément
proposé la realité de fon
Corps ,fous les apparences du Pain.
Vous n'oubliaftes pas dans cet en
droit celuy des Capharnaites , &
voicy ce que j'eus l'avantage de
Vous repliquer. Ie des donc , Mon
fieur , que le Fils de Dieu avoit confirmé
fa Prefence corporelle , quand
ilremontra defes Auditeurs , Que
fa Chair ne profite de rien , &
que c'est l'efprit qui vivifie. Le
vous fis remarquer , que noftre Seigneur
en feparant ces deux chofes ,
témoignoit que l'on pouvoit recevoir
l'une fans l'autre, & par confequent
que fa Chair prife fans fon
Efprit , c'est à dire fans fa Grace ,
faifoit ce que nous appellons une
Communion indigne ; d'où il refulte
que le Sauveur du Monde établisfoit
•
GALANT. 141
réellement & localement fa Chair
1 dans l'Echariftie ; a trement , continuay-
je , ce qu'il dit enfuite du
Scandale de fes Auditeurs , feroit
un pur galimatias , dont le Fils de
Dieu n'eft pas capable . Quoy , ditil
, cela vous fcandalife ? Et que
fera - ce donc quand vous verrez
'le Fils de l'Homme remonter où
il eftoit auparavant ? De bonne
foy , Monfieur , quels rapports à
cette Parole avec celles qui la precedent
? Eftoit-il question icy de
Afcenfion du Fils de Dieu ? Non ;
mais il eftoit queftion d'inftruire des
Peuples qui s'effrayoient de manger
réellement le Sauveur du Monde
, & il leur dit : Si vous eftes
fcandalifez de me manger pendant
que je fuis fur la Terre, que
fera - ce donc quand vous me
mangerez encore aprés que je
feray monté au Ciel le vous
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MERCURE
défie , avec tout le respect que je
vous dois , de tirer une autre con-
Sequence de ces Paroles , à moins de
leur donner la torture , & de faire
tomber le Fils de Dieu dans des
difparates indignes de luy. Cette
reflexion vous furprit , & là- deffus
vous me témoignaftes par modeftie
que vous n'estic pas d'une profeffion
à Controverfe. I'eus l'honneur de
vous repondre , Monfieur , que la
verité eftoit de toutes les profeffions
chez les Chrétiens. Vous me repli
quaftes que vous la chercherie ,
& quepour cela vous aviez beaucoup
de Livres. Ie pris la liberté
de vous dire » que le meilleur de
tous les Livres eftoit le coeur ; qu'il
falloit à Livre ouvert y recevoir la
verité , la demander à Dieu , qui ne
la refufe jamais à ceux qui la cher-
•chent avec bonté & fimplicité de
coeur.L'opinay bien du voftre dans
1
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GALANT. 143
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J cette rencontre , où vous me parlaftes
avec beaucoup de probité.
Vousy loüaftes la mienne , & ce que
j'aioutay vous en paru plein. Ce
fut quand je vous expofay la Communion
des Apoftres , & que je vous
prouvay qu'elle euft efté illufoire
s'ils n'avoient communié que par la
Foy ; car enfin , la Foy est un argument
des chofes qui ne paroiffent
point , & tout paroiffoit aux Apo
ftres, d'un cofté le Corps du Sauveur,
de l'autre du Pain tout pur felon
vous. Où pouvoient - ils donc exercer
leurfoy felon nous ? Ils l'exerçoient
en croyani le Corps du Sauveur du
Monde , comme nous le croyons placé
fous les apparences du Pain. Quoy
que cetteraifon demeuraft fans une
feule replique , je la confirmay par
ces paroles de S. Paul , qui attri
buent les mauvaises Communions ,
à ce qu'on n'y difcerne pas le
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Corps du Seigneur. Nous tombâ
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faifoit par la Foy, & j'en tiray cette
confequence ; donc la Foy fuppofe la
prefence réelle du Fils de Dieu dans
la Cene , comme mon ailfuppofe les
couleurs dans les objets ; car enfin,
fila Foy difcerne le Corps du Fils de
Dieu dans la Cene, ily eft donc , puis
qu'on ne difcerne pas des chofes qui
nefont point , & nousfinifmes noftre
Converfation par des marques
mutuelle eftime. I'en ay pour vous ,
Monfieur , une tres-particuliere , &
je fouhaite que mon Entretien ait
avec vous le mefme fuccés qu'il aeu
dans Chafteaudun , avec une Veuve
de voftre Religion , qui a profeſſé la
noftre. Il n'est pas honteux à un homme
d'eftre touché par les raifonnemens
qui touchent certaines Fem
mes. Vous fçavez que les ames n'ont
point defexe , & que ce n'estpas la
1
difference
GALANT. 145
difference des corps , mais des coeurs
& des efprits , qui nous fait valoir
auprés de Dieu. Il a répandu fon
Efprit autrefois fur Anne , fur Hol-
= da , &fur Debora , qui prophetife
rent à l'exclufion des Hommes , &
dernierement encore Madame de l
Ferté acheva ce que plufieurs Ecclefiaftiques
& moy n'avions pû finir
avec Madame Maillot , qu'elle
a envoyée à Chatres pour fe convertir.
Vous connoiffez fans doute
Madame de la Ferté , qui a des
- Freres chez Monfieur le Prince &
= chez Madame la Princeffe de
Brunfvvic , qui tiennent les premieres
Charges , comme vous avez
des Proches qui tiennent les premiers
rangs dans la Maifon du
Ray & Monfieur de la Ferté a
L'honneur d'appartenir à Madame
la Marefchale de Caftelnau , com-
Ianvier 1686 . G
846 MERCURE
me vous appartenez à Monfieur
le Marquis de Dangeau , dont les
lumieres vous garantiffent l'exemple.
Suivez-le , je vous en conjure
fous le Regne de LOUIS le Grand,
qui a le coeur d'un Pere , & la tefte
d'un Roy. Son caur eft auffi grand
que fon nom , & fa tefte fait bonneur
à la Couronne, Fiez vous en
à fes connoiffances , qui l'empef
chent de fe tromper , & àsa probité
, qui l'empefche de tromper les
autres. Ie ne vous trompe point mojmefme
, quand je vous affeure que je
fuis avec un respect tendre & fing
cere , voftre , &c.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
La lettre relate une discussion théologique entre deux individus concernant le mystère de l'Eucharistie. L'auteur exprime sa reconnaissance pour une rencontre avec Monsieur de La Gatellinière, au cours de laquelle ils ont débattu du sacrifice du Fils de Dieu et du mystère eucharistique. Monsieur de La Gatellinière remet en question la présence réelle du corps du Christ dans l'Eucharistie, tandis que l'auteur soutient que Jésus a parlé littéralement lorsqu'il a affirmé que le pain est son corps, distinguant ainsi les paraboles de l'institution des sacrements. La conversation aborde également les paroles de Jésus à Capharnaüm, où il déclare que sa chair ne sert à rien sans l'esprit. L'auteur en conclut que Jésus établit effectivement sa présence corporelle dans l'Eucharistie. Monsieur de La Gatellinière, bien qu'il reconnaisse la sincérité de l'auteur, préfère rechercher la vérité à travers divers ouvrages. L'auteur rétorque que le cœur est le meilleur moyen de recevoir la vérité, en la demandant à Dieu avec simplicité et bonté. Le texte met en avant que la foi permet de discerner le corps du Christ sous les espèces du pain, comparant cette perception à celle des couleurs. La lettre mentionne également une rencontre avec une veuve convertie et évoque des exemples bibliques de femmes prophétesses. Elle se termine par une exhortation à suivre l'exemple du Marquis de Dangeau et par des marques de respect et de sincérité envers l'interlocuteur.
Fait partie d'un dossier