Titre
DISCOURS DE Mr COURDIL.
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174
Incipit
Mr Courdil se servit de ce silence pour la Déclaration / Messieurs, Il me suffiroit sans doute de vous dire, que toutes
Texte
réponse.M
Courdil fe fervit de ce
filence pour la Déclaration
qu'il avoit außi à
faire. Voicy ce qu'il dit à
Affemblée.
G iiij
80
S2S52525 :5252525
DISCOURS
DE M' COURDIL.
MESSIEURS ,
Il me fuffiroit fansdoute
de vous dire , que
toutes les raifons que
M' Gilly vient de vous
alléguer contre la fuffifance
de l'Ecriture fainte
, & en faveur de l'autorité
de l'Eglife , fon81
dée fur la Tradition , &
fur le confentement
tranquille & univerfel
de toutes les parties
qui la compofent , me
font communes avec
luy , pour vous faire
voir combien jufte eft
le deffein que j'ay formé
de me féparer de
vous , & d'entrer dans
l'Eglife Romaine , d'où
la naiffance m'avoit
éloigné , mais je mefens.
encore obligé , pour
82
prévenir les jugemens
téméraires qu'on pour
roitfaire fur mon changement,
de vous rendre -
un compte fidelle &
public de toutes mes
démarches fur ce sujet .
La premiere choſe
qui troubla d'abord
mon efprit , & m'obligea
à faire des Réfléxions
qui m'ont enfin
conduit au point où je
me trouve , eft la diviſion
du Chriſtianiſme,
83
& ce grand nombre de
Societez , dont chacune
prétend
eſtre la vraye
Eglife deJESUS- CHRIST .
Ce qui m'étonnoit davantage,
c'eſt que cette
grande diverfité de Sectes
qui fortirent de l'Eglife
Romaine dans le
dernier fiecle , reconnoiffant
toutes l'Ecriture
fainte pour l'unique
& infaillible regle
de leur Foy , ne laiſſent
pas d'eftre oppofées les
84
unes aux autres , quoy
qu'elles ayet toutes un
même fondement, & un
meſme principe , qui eſt
de ne rien croire qui ne
foit contenu dans la
fainte Ecriture . Quoy,
difois - je là - deffus , la
Religion Chreftienne
rn'a-
t- elle donc que des
incertitudes ? L'Ecriture
fainte, dit-on, eft la regle
infaillible de la Foy,
& cependant
je voy
tant de Communions
85
qui fe diftinguent par
des Créances toutes
contraires , qu'elles fonpourtant
dent
toutes
fur cette Ecriture d'une
maniere probable , &
chacune avec une égale
vray-femblance. Apres
cela, qui cft- ce quipourra
m'affurer que je fuis
dans la Communion la
plus fure pour avoir le
falut Toutes les autres
qui fe difent reformées,
auffi bien qu'elle,
86
luy difputent cet avantage
, & cefemble avec
mefme droit . D'ailleurs,
ce qui mérite le plus de
refléxion , l'Eglife Romaine
les traite toutes
de Schiſmatiques , &
d'Héretiques , & prétend
qu'on ne peut
avoir le falut que dans
fa Communion . Comment
ces Societez oferont-
elles fe fervir de
l'Ecriture pour refuter
les prétentions de cette
87
Eglife, tandis que l'Ecriture
demeure inutile à
leur égard , & n'eſt pas
capable de les accorder
entre elles , & de
faire ceffer leur divifion
?
Dans cet embarras, il
me fembla que je pouvois
calmer l'inquiétude
de mon efprit par
cette confidération
que la Providence avoit
remedié à ce défordre,
en fixant la créance des
88
1
chofes neceffaires au falut
par le Simbole des
Apoftres , qui eft une
Confeffion de foy que
tous les Chreftiens reçoivent
genéralement.
Quoy qu'il en foit , difois-
je , quelque grand
nombre , & quelque diverfité
qu'il y ait de Societez
Chreftiennes , il
eft certain que tous .
ceux qui les compofent,
confeffent le Seigneur
de
bouche , &
croyent
89
4
de coeur que Dieu l'a
reffufcité d'entre les
Morts . Ils feront donc
fauvez , fuivant le témoignage
de S. Paul,
dans fon Epiftre aux
Romains , Chapitre 10 .
Car on croit de coeurpour
eftre juſtifié , & on confeffe
de bouche pour eftre
Sauvé ; c'est pourquoy
l'Ecriture dit, quiconque
croit en cecy, neferapoint
confondu. Iln'ya point
de diftinction à faire de
H
90
Catholique Romain , de
Calvinifte , de Luthérien
, & de tous les autres
, parce que tous n'ont
qu'un mefme Seigneur,
qui eft riche en miféricorde
envers tous , & qui
répand fes richeſſes fur
tous ceux qui l'invoquent
; cartous ceux qui
invoquerot
le nom duŝeigneurferontfauvez
. De
forte que fuivant ainſi
le raifonnement
de l'Apoftre,
je concluois que
91
Tous les Chreftiens generalement
confervant
au fond l'effence de la
Religion Chreftienne
au milieu de leurs divifions
, obtiendroient le
falut indiféremment , eftant
tous d'ailleurs à
peu pres d'accord fur la
regle des moeurs , & de
la fainteté de vie.
Mais une autre penfée
fucceda
bien-toft à
celle-là. Je
fongeay que
cela pourroit
avoir lieu,
Hij
92
fi Dieu ne demandoit
des Chreftiens , que la
foy , & l'obeiſſance ;
mais il leur prefcrit encore
tres- expreffement
un amour , & une charité
réciproque entre
eux . A la bonne heure,
que tous les Chreftiens.
confeffant JESUS de
tout leur coeur , invoquant
fon faint nom, &
obeïffant à fes Commandemens
, puiffent
eftre fauvez fans au93
cune diftinction , pouryeu
qu'ils s'entrefuportent
charitablement ,
& qu'ils vivent dans
une mefme Communion
; mais qu'en peuton
croire pendant qu'ils.
violent toutes les regles
de la charité , pendant
qu'ils s'entredéchirent ,
& s'anathématiſent les
uns les autres , pendant
qu'ils s'entrehaïffent,
& qu'ils fe condamnent
àl'Enfer , par les fenti94
mens qui les divifent ?
Qu'ils fe vantent donc
tous , tant qu'ils voudront
, d'avoir une parfaite
connoiffance de lá
verité , & d'en penétrer
tous les myfteres , s'ils
n'ont pas la charité,
tout le refte ne leur fert
de rien ; & expliquant
icy le raiſonnement de
Saint Paul , au 10. des
Romains , dont je viens
de vous parler , par celuy
qu'il fait au Chapi95
tre 4. de fon Epître aux
Ephéliens . Comme il n'y
peut avoir, diſois -je, parmy
les Chrestiens qu'un
corps, & qu'un efprits
comme il n'y a qu'une
mefme efpérance , à laquelle
ils font appellez ;
comme il n'y a qu'un mefme
Seigneur , une Foy,
un Baptefme ; comme
il n'y a qu'un Dieu, Pere
de tous , qui eft audiffus
de tous, qui étendfa Providencefur
tous, 5 qui
96
réfide en eux tous , ilfaut
außi qu'ils fe fupportent
les uns les autres avec
charité , & que travaillant
avecfoin à conferver
l'unité d'un mefme
efprit par le lien de la
paix , ils neforment tous
enfemble qu'une feule Societé,
une mefme Com
munion.
Enfin cette derniere
penſée en fit venir encore
une autre dans
mon efprit , laquelle y
eft
97
eft demeurée , & qui en
a heureuſement fixé
l'inconftance ; car voulant
répondre à la difficulté
qui fe préſenta
d'abord , fçavoir , à la
quelle de toutes les Societez
Chreftiennes il
faudroit que les autres
fe rangeaffent , pour ne
faire toutes enſemble
qu'une feule & meſme
Communion , cela me
donna lieu d'examiner
les prérogatives que
I
98.
l'Eglife Romainepréced
avoir fur toutes celles
qui s'en fontféparées, de
forte qu'étant covaincu
que toutes les Sectes du
Chriftianifme font forties
du milieu d'elle , &
qu'elle a cet avantage
fur toutes les autres
d'avoir fuccedé immédiatement
aux Apôtres,
& par conféquent d'être
encore par le droit
de la fucceffion ,
Corps , & cette Societé
ce
99
que ces Saints Hommes
établirent fur la Terre,
je conclus qu'il eftoit
jufte , & naturel , que
toutes ces diférentes
Sectes fe réüniffent à
cette Eglife d'où elles
fontforties.
Je ne tiray point cette
conféquence à la legere,&
témerairement . Je
leûs , je méditay avec
toute l'aplication dont
mon efprit fut capable.
Je confultay ma
LYON
I ij
100
raifon ,je confultay l'Ecriture.
Ma raiſon me
fit voir qu'on ne pouvoit
s'imaginer , fans
blafphémer contre la
Providence divine , que
l'état extérieur de l'Eglife
, que Dieu s'eftoit
acquife par un prix infiny
, que J. C.avoir
cimentée
par fon propre
fang ; que fon état , disje
, cuft efté interrompu
prefque
dés ſa naiſſance
.
L'Ecriture
m'apprit
par
IOI
divers Paffages, que l'é
tat extérieur de l'Eglife
de J. C. & fon miniftere
, devoient fubfifter
pendant tous les fiecles
fans interruption , comme
dans S. Mathieu ,
que J. C. devoit eftre
avec les Miniftres de
l'Eglife toûjours , &
tous les jours , jufques à
la fin du Monde , afin
que par fon affiftance
ils puffent inftruire les
Peuples, adminiftrer les
I iij
102
)
Sacremens , & exercer
la Difcipline. Dans l'Epiftre
aux Ephéfiens,
que l'ordre & les fonctions
des Paſteurs &
Docteurs de l'Eglife , devoient
durer
jufqu'aux
fiecles à venir, où les Fidelles
attendroient la
perfection de J. C. Dans
Saint
Mathieu
encore ,
que depuis qu'une fois
Saint Pierre , auffi- bien
que les autres Apoftres,
auroient converty un
103
71
nombre de Juifs , & de
Gentils , & les auroient
affemblez en une mefme
Eglife , comme un
Troupeau de Brébis &
d'Agncaux, pour les pai
tre , eux & les autres
Miniftres apres eux, les
Portes d'Enfer ne prévaudroient
jamais contre
cette Eglife , contre
ce Troupeau, quelques
efforts que le Diable
puft faire par fa rufe , &
par fa malice , & plu-
I
104
fieurs autres chofes de
cette nature . Si cela eft ,
dis-je alors en moymefme
; s'il
eft donc
vray, comme je n'en
puis douter , que l'Eglife
de J. C. ait deû ſubfifter
pendant tous les
fiecles d'une maniere
vifible , & non inter-
2
rompue , qu'on la cherche
ailleurs tant qu'on
voudra , on ne fçauroit
la trouver que dans la
Communion Catholi
105
que. C'eft-elle quipeut
fe vanterjuftement d'avoir
maintenu fon Miniftere
depuis les Apô
tres . Les diférentes
Sectes que nous voyons
font comme autant de
Ruiffeaux , qui fe font
féparez de ce grand
Fleuve , & ne peuvent
que tarir avec le temps
comme ont fait d'autres
; au lieu que pour
luy il a pris fa fource
dans la plénitude des
106
ficcles , & a toujours
coulé
tranquilement
dans un meſme lit ; ce
qui me fait croire qu'il
y coulera fans interruption
,jufqu'à ce qu'il aille
fe décharger , pour ainfi
dire , tout entier , dans
l'Ocean de l'Eternité.
Ce qui m'a confirmé
dans cette penfée , c'eſt
le propre témoignage
des Réformateurs , &
des Docteurs Protef
tans. Calvin avouë luy107
mefme dans fon Inftitution
, que Dieu par fa
Providence avoit confervé
jufques à fon
temps dans la Communion
Romaine , des témoignages
de ſon alliance
, & des
marques
certaines que c'eftoit
1'Eglife de JESUSCHRIST
, afin , adjoûtoit-
il , qu'il ne fuft pas
dit que fon Egliſe euft
péry. Zanchius, celébre
Théologien parmy les.
108
Proteftans , a confirmé
la mefme chofe en divers
endroits , confeſfant
ingénuëment
que
la Communion Romaine
, malgré les efforts
de Satan , a toujours
confervé la forme de
l'Eglife de J. C. & que
fon Alliance , & fon Miniftere
, y ont toujours
demeuré conftamment.
La plupart des autres
parlent tout de meſme .
S'il eft donc certain,
109
difois-je , que la Communion
Romaine a eſté
l'Eglife de Dieu jufqu'au
temps de nos
Peres , pourquoy s'en
font ils féparez ? Pourquoy
ont-ils fait un
Schifme , qui eft, au fentiment
de Calvin , le
plus énorme de tous
les attentats ? On ne
peut , dit-il , s'imaginer
de crime plus atroce , que
de violer par une perfidie
facrilege, en fefeparant
IIO
de l'Eglife , le Mariage
que le Fils de Dieu avoit
daigné contracter avec
nous.
Nos Peres , dira- t - on ,
ont érigé une nouvelle
Eglife pour eftre l'Epouſe
de J. C. parce
que l'autre s'eftoit renduë
indigne de l'eftre;
mais je répons , qu'il ne
fuffit pas qu'une Eglife
fe foit rendue indigne
d'eftre l'Epouſe de J. C,
pour ceffer de l'eftre en
III
effet ; il faut que l'Epoux
luy - mcfme luy ait
donné la Lettre de divorce.
A voir tout ce
que J. C. reproche aux
fept Eglifes , dont il eſt
parlé dans l'Apocalipfe ,
on juge bien d'abord
qu'elles eftoient indignes
de porter le titre
d'Epoufes de J. C. mais
cependant elles ne laiffoient
pas de l'eftre , &
J. C. ne laiſſe pas de les
reconoiftre pour telles.
112
La Synagogue , qui ef
toit autrefois l'Epouſe
de Dieu , s'eft fouvent
rendue indigne de cet
honneur , mais les Prophetes
ne l'ont pourtantjamais
abandonée,
tant que Dieu luy-mef
me ne luy a pas donné
la Lettre de divorce.
C'eft Calvin luy - mefme
, qui m'a fourny
cette penſée. Il nous
repréſente dans ſon Inftitution
les défordres
113
de ce Peuple , fi horri
bles , qu'Ifaïe les compare
à bon droit à Sodome
, & à Gomorre . Il
nous y fait voir la Religionméprifée,
& fouillée
par de faux cultes , &
les moeurs entierement
dépravées, mefme dans
les
Sacrificateurs . Ce
pendant , adjoute-t- il ,
jamais les Prophetes ne
saviferent d'ériger de
nouvelles Eglifes , de
dreffer de nouveaux Au-
K
114
tels pour faire leur Service
à part ; mais quelque
corrompue que fuft
cette Societé , parce que
Dien j avoit établyfa
parole , & fon culte , ils
élevoient vers luy leurs
mains pures , au milieu
de l'Affemblée de ces Impies
, fans crainte de fe
fouiller. Rien donc, continuë-
t-il , ne les retenoit
dans cette Societé , dans
cette Eglife corrompue,
que le defir de conferver
115
l'unité , adjoûtant ce
qu'il a déja dit . Rien ne
les retenoit que le defir
d'entretenir fidellement
ce Mariage , que Dieu
avoit contracté avec elle,
qu'ils ne pouvoient rompre
d'eux- mefmes, fans
une teméritéfacrilege, en.
Le feparant de cette Egli
fe , pour en former une
autre. Pourquoy donc
Calvin luy-mefme , &
les
autres
, n'ont-ils
demeuré dans l'Eglife
pas
Kij
116
Romaine , quoy que
corrompue , comme ils
prétendoient
, pour conferver
l'unité ? Pourquoy
ont-ils rompu ce
facréMariage que Dieu
avoit contracté avec
elle , puis qu'ils ne nient
pas qu'elle ne fuft l'Eglife
de Dieu , & qu'il
n'y reftaft des témoi
gnages de fon Alliance,
quand ils en font fortis,
comme nous avons déja
yeu : Certe Eglife eftoit117
elle plus corrompuë
que la Judaïque ; ou
avoient - ils plus d'authorité
que des Prophetes
? Perfonne n'oferoit
fans-doute foùtenir
l'une & l'autrede
ces deux chofes.
Certes une telle féparation
eft une affaire de
fi grande importance,
que quand Dieu , laffe
des infidelitez de ce
Peuple dont nous venons
deparler , & pour
118
accomplir fon decret,
a voulu fe faire une autre
Epoufe, & fe former .
une nouvelle Eglife ; il
a envoyé fon Fils luymefme
fur la Terre ,
avec des marques de fa
Divinité , & a revétu
les Apoftres de dons extraordinaires
& miraculeux
, comme autant
de preuves infaillibles
de la Miffion qu'ils avoiet
receue pour cela;
& afin de fignifier au119
tentiquement qu'il donnoit
la Lettre de divorce
à ce Peuple , il fit renverfer
le Temple de Jérufalem
, & abolit par
là le culte qui s'y exerçoit
; de mefme qu'ef
tant enfin laffé de l'impenitence
des ces Egliſes
de l'Apocalipfe dont
nous avons parlé , pour
marquer qu'il leur donnoit
la Lettre de divorce,
il transporta ailleurs
leurs Chandeliers , &
120
"
ya laiffé établir le culte
de l'infâme Mahomet
.
Mais dans la Prétendue
Réformation , onon né
fçauroit dire qu'il y ait
rien d'approchant . L'Eglife
dont on fe fépare,
conferve toujours fon
ancien culte , & fes premieres
prérogatives,fon
miniftere , & fon ordre.
Ceux qui veulent former
une nouvelle Eglife
, & approprier une
nouvelle Epouſe à J. C.
ne
121
ne font que des Hommes
fort ordinaires, fans)
Miffion, fans Vocation,
& fans Miracles , qui
n'agiſſent que par paſfion
, ou du moins par
occafion , de forte que
ce ne peut eftre que
par une criminelle témérité
qu'ils fe font ſéparez
de l'Eglife Romaine.
On me dira peut - eſtre
qu'il n'eftoit pas neceffaire
qu'ils fiffent des
L
122
Miracles pour autorifer
une Miffion , parce
qu'ils ne venoient pas
annoncer une nouvelle
Alliance , comme faifoient
les Apoftres , &
qu'ils ne préchoient que
le mefme Evangile , que
les Apoftres avoient fi
bien confirmé par leurs
propres Miracles ; mais
c'eſt la Queſtion . C'eſtlà
proprement ce qu'on
leur difpute . On les accufe
d'alterer cette Al123
.
liance , de falfifier cet
Evangile à divers é
gards , de forte qu'ils
avoient befoin de preuves
autentiques pour fe
juftifier de cela ; & il ne
ferviroit de rien de dire
qu'ils s'en juftifioient
par la fainte Ecriture,
par la parole de Dieu ,
car on prétend que ce
n'eft pas la parole de
Dieu qui leur rend témoignage
, mais leurs
propres paroles , ayant
Lij
124
détourné l'Ecriture à
leur fens par leurs fubtiles
, mais vaines ex-
De forte plications.
qu'il eftoit toujours neceffaire
qu'ils fiffent des
Miracles , pour faire recevoir
fans contredits
leurs explications, comme
conformes à l'intention
de Dieu , fur tout
parce qu'elles s'opoſent
à un confentemēt
tranquille
& univerfel de
toute l'Eglife , & à une
a
125
Tradition qu'elle prétendoit
tenir des Apôtres
mefmes . Sans- doute
que J. C. expliquoit
les Propheties qui le regardoient
, d'une maniere
capable de perfuader
, & faifoit voir
qu'elles s'accopliffoient
en luy. Cependant , nonobftant
la verité, & la
force de ces explicatios,
if nous dit luy - meſme,
que s'il n'eût fait devant
les Juifs les fignes qu'il
Lij
126
faifoit , ils auroient eſté
fans peché , parce qu'il´
parloit contre un confentement
univerfel de
ce Peuple , & contre fa
Tradition tranquille.
D'ailleurs , comme il y
en a eu pluſieurs qui
font venus en mefme
temps fous le titre de
Réformateurs , & qui
prétendoient tous n'annoncer
que la pure ve
rité de l'Evangile , quoy
qu'ils fuffent oppofez
127
dans leurs fentimens , il
falloit du moins des fignes
pour diftinguer les
faux Réformateurs d'avec
les veritables , d'autant
plus que les preuves
qu'ils tiroient de
l'Ecriture chacun en faveur
de fon opinion , eftoient
également aparentes
, & probables, &
pouvoient
fraper également
les efprits .
Enfin cette diverfité
mefme de fentimens,
Liiij
128
n'eft- elle pas une marque
évidente de leur illégitime
Miffion ? Le
S. Efprit peut-il foufler
le doux & l'amer , le
vray & le faux tout enfemble?
Si les Apoftres
ont eu quelques diférens
, ce n'eftoit que fur
des chofes legeres , de
peu d'importance , &
qui finiffoient auffi-toft;
mais les diférens des
Réformateurs durent
longtemps , & font de
129
la
derniere
importance;
car pour ne parler pas
des Arminiens
, des Atrabatiftes
, des Sociniens ,
& de divers autres , qui
ſe vantent
pourtant
de
Réformation , mefme
au deffus de tous les autres
Réformez
, les Luthériens
& les Calviniftes
eux -mefmes , ne
fe traitoient- ils pas réciproquement
d'Herétiques
, avant que quelques
raifons de politi130
que euffent obligé ces
derniers à rechercher
Tanion : & ces premiers
ne demeurerent- ils pas
toujours dans les mefmes
fentimens ? Certes
on peut bien dire qué
commeapres
leDéluge,
lors que les Hommes
voulurent
fe bâtir une
haute Tour , afin de fe
préſerver d'une feconde
Innondation , Dieu témoigna
vifiblemet qu'il
def- aprouvoit
leur def
131
fein , & condamnoit
leur ouvrage , quand il
confondit leur Langage
, & les fit parler chacun
diféremment ; de
mefme lors que ceux
qui prétendoient s'eftre
fauvez d'un déluge d'erreurs
, & de fuperftitions
en fortant de l'Eglife
Romaine , voulurent
fe faire un Edifice,
& bâtir une nouvelle
Eglife qui ne fuft plus
fujeteà une pareille In132
nondation , Dieu marqua
fans- doute manifeftement
qu'il def-aprouvoit
leur deffein, &
condamnoit leur ouvrage
, en confondant
leur
langage , pour les
laiſſer parler fi diféremment
.
Allons plus avant.
Tous les Docteurs
Proteftans
, Calvin , Zanchius
, d'Avenantius , &
les autres dont il feroit
trop long de
rappórter
133
les témoignages , demeurent
d'accord qu'-
uge Communion eft ve
ritablement de J. C &
qu'il ne faut point s'en
féparer , tandis qu'elle
garde les chofes effentielles
à la Religion , &
neceffaires au falut ; &
M Daillié avouë luymefme
dans fon Apologie
, & dans fa Replique
contre le Pere
Adam ; & M Cotibi ,
que l'Eglife Romaine a
1341
confervé jusques à pré-
Sent toutes fes veritez
effentielles ,fondamentales,
& néceffaires . De
forte que je conclusraifonnablement
felon ces
témoignages , qu'on
n'a pas deû s'en féparer;
mais , dit M' Daillié, &
tous les Proteftans avec
luy , à ces doctrines
faintes & ordinaires,
que l'Eglife Romaine
retient , elle en a joint
d'autres humaines , in135
certaines , inconnuës à
l'Ecriture
, quelquesunes
mefmes qui choquent,
& renverfent les
a
premieres ; en un mot
il n'y a pas moyen d'avoir
Communion avec
elle, à caufe de fes fuperftitions,
& de fon idolâtrie.
Je n'entreray point
icy dans la difcution des
Articles , qui font le fujet
de ces invectives , &
n'entreprendray pas de
fairelà- deffus l'apologie
136
1
de l'Eglife , cela me meneroit
trop loin pour
un Difcours comme celuy-
cy . M' l'Evefque
de Meaux entr'autres,
l'a fait d'une maniere,
où il n'y a rien à repliquer
, & l'a pleinement
juftifiée de ces fauffes
accufations . Mais je
veux faire voir feulement
en deux mots,
qu'en fupofant mefme,
s'il m'eſt permis de parler
ainfi , que ces accu137
fations fuffent juftes, on
n'a pourtant pas eu
droit de s'en féparer .
- Je dis donc premierement
, que quelques
grands qu'on fe puiffe
figurer les abus de l'Eglife
Romaine , ce n'eft
pas à dire qu'on deuſt
les prendre pour de
juftes raifons de feparation
, puis que ceux de
ces anciens Juifs dont
nous avons parlé tantoft
, alloient jufques
M
138
culte des faux
au
Dieux , & que cependant
Calvin luy meſme,
nous a dit que les Prophetes
ne voulurent
&
ne durent pas s'en féparer
, parce que Dieu
avoit étably fon culte
& fa parole au milieu
d'eux . Suivant
cet éxemple
, je foutiens
que
quand même l'EglifeRo
maine feroit allée jufques
à l'idolâtrie
( cela
foit dit par une tres139
fauffe fuppofition , &
pour ofter feulement
tout prétexte ) tout ce
que nos Peres pouvoient
faire , c'eftoit d'imiter
les Prophetes en
criant contre les excés
de ces prétendus abus;
mais non plus qu'eux ,
ils ne devoient jamais
fe féparer de l'Eglife,
où Dieu avoit mis fon
culte , & fa parole ; car
quand l'Apoftre dit qu'il
faut fuir l'idolâtrie , qui
Mij
140
ne fçait qu'il entend
parler des Societez
Payennes & quand
mefme cela pourroit
s'étendre jufqu'à l'Eglife
, pour ainfi dire , il
faudroit toûjours entendre
une fuite & une
féparation négative , &
non pas pofitive , comme
eftoit celle des Prophetes
, qui levoient
leurs mains pures vers
Dieu , au milieu meſme
de l'impieté
; ce font les
141
propres termes de Calvin.
Secondement
, je
dis que les Docteurs
Proteftans
, entr'autres
M Daillié dans fon Apologie
, avouent euxmefmes
que
quelques
énormes que
paroiffent
les abus dans une Com .
munion , on ne doit
point la quitter , quand
ceux qui les profeffcnt
nient les damnables
conféquences qu'on en
peutirer. Jefçais qu'on
142
a dit cela en faveur des
Luthériens ; mais puis
qu'on propofe cette
maxime comme generale
, pourquoy ne l'appliqueroit
- on pas éga
lement aux Catholi
ques , quinient
abfolu
ment tant de mauvaiſes
conféquences qu'on
tire de leur culte , & de
leur pratique ? En troifiéme
lieu , je dis que les
Réformateurs mefme,
& les plus habiles Do143
'contraints
&teurs Proteftans , font
d'avouer
que la plupart des abus
qu'on impute à l'Egliſe
Romaine , ne font tout
au plus que ce bois , ce
foin , & cette paille
dont parle Saint Paul
dans fa premiere Epître
aux Corinthiens , Chapitre
3. qu'on baftit fur
le fondement
, mais qui
ne renverfent pas ; de
forte qu'ils ne peuvent
pas eftre de juftes mo144
tifs de féparation , de
l'aveu mefme des Proteftans
, qui ne mettent
en ce nombre que les
erreurs fondamentales;
on n'a qu'à lire là - deffus
Calvin , & Parocus . Je
dis en quatriéme lieu,
que ces Docteurs , &
fur tout Mr Daillié dans
fon Apologie , ayouent
encore qu'il eft injufte
d'imputer à une Eglife,
ce que des Docteurs
particuliers y enfeignet,
ou
145
ou que le Peuple y pra
tique. C'eft pourquoy
l'on nefçauroit prendre
pour de juftes cauſes
d'éloignement de l'E
glife Romaine, desabus,
qui ne feroient tout au
plus enfeignez que par
des Docteurs particuliers
, ou pratiquez par
le Peuple , fans que l'Eglife
les approuvaſt .
Ainfi on ne doit , & on
ne peut juger des fentimens
de l'Eglife Ro
N
14
146
maine , que par les Ca
nons du Concile de
Trente , ou par l'expofition
qu'en a donné Mª
de Meaux , dont le Livre
a efté approuvé,
non feulement des Evefques
, & des Cardinaux
, mais du Pape
meſme par une Bulle
authentique .
Enfin , fupofé que l'Eglife
Romaine a confervé
parmy les abus qu'
on luy impute , toutes
$147
les veritez effentielles à
la Religion , & neceffaires
au falut , comme
nous l'avons montré
par le témoignage meſme
des Docteurs Proteftans
, il eft fi conftant
qu'on n'a pas deù s'en
féparer à cauſe de ces
abus , que J. C nous a
luy - mefme confirmé
cette maxime , & par
fa Doctrine, & parfon
exemple , dans la Parabole
de l'Ivroye , qu'il
Nij
148
explique
des fcandales
qui regardent
la Doctrine
, & de l'iniquité
qui
regarde les moeurs ; car
comme il eft défendu
dans cette Parabole,
d'arracher l'Ivroye qui
eft parmy le bon grain,
cela nous montre qu'à
l'égard du Champ du
Seigneur , à l'égard de
fon Eglife , il ne faut
point faire de féparation
fous prétexte qu'-
on y enfeigne de mau149
vaifes doctrines , quand
on y retient en meſme
temps les effentielles ,
& les neceffaires ; &
comme l'Ecriture ne fe
contredit point , quand
Saint Paul dans fon Epître
aux Romains , Chapitre
16. & ailleurs, exhorte
les Fidelles de
prendre garde à ceux
qui caufoient parmy
eux des divifions , & des
fcandales.contre la do
ctrine , & d'éviter leur
Niij
150
copagnie, cela n'autho
rife en aucune maniere
cette féparation dont
nous parlons , puis qu'
au contraire il faut entendre
dans ces endroits
ceux qui vouloient
divifer l'Eglife,
& qui ne retenoient
point les chofes effentielles
à la Religion
.
J'ay dit encore que
J. C. avoit confirmé
par fon exemple , ce
que j'avance. En effet ,
ISI
il ne s'eft jamais féparé
de l'Eglife Judaïque,
quelque corrópuë qu'-
elle fuft , & quoy que
les Scribes & les Pharifiens
euffent introduit
d'étranges défordres , &
d'infignes abus dans la
Religion , cependant
vorcy 1'ordre qu'il
donne à fes Difciples à
leur égard. Les Scribes
les Pharifiens,
-dit-il , font aßis dans la
Chaire de Moife . Obfer
Niiij
152
vez donc , & faites tout
ce qu'ils vous ordonnent
.
Il
n'entendoit pas fansdoute
par - là , qu'ils
fuiviffent
aveuglement
tous leurs
enſeignemens
, quels qu'ils puffent-
eftre ; car il leur
dit ailleurs , qu'ils fe
donnaffent de garde du
levain de leur doctrine ;
mais il ne vouloit pas
qu'ils fiffent des Schifmes
, jufqu'à ce que le
temps fuft venu de dref
153
fer une nouvelle Chai
re , où ils devoient s'établir
eux-mefmes avec
cette autorité que leur
acquirent leurs Miracles
. Il vouloit qu'en
vertu de la venerable
fucceffion , en confidération
de la Chaire de
Moïfe, ils n'abandōnaffent
point cesDocteurs ,
& leur Miniftere ; mais
qu'ils les écoutafsēt dās
les chofes effentielles
de laReligion
, en fe gar154
dant du mauvais levain
de leurs erreurs , & de
leurs abus . Pourquoy
donc nos Peres n'ont-ils
pas fuivy l'exemple de
J. CHRIST ? Quelques
erreurs , & quelques
abus qu'ils puiffent croire
que les Docteurs de
l'Eglife Romaine avoiet
adjoûtez à l'effence de
la Religion , il falloit
toûjours demeurer auprés
d'eux , & les écoûter
en vertu de la vene-
1
ISS
rable fucceffion des Apoftres
, & en cofidération
de leur Chaire fur
laquelle ils font affis,
en ſe gardant du mauvais
levain de leur do-
Єtrine , & de leur culte,
fupofé qu'il y en euſt.
J'ay confideréférieu
fement ce qu'on pouvoit
oppofer là-deffus,
& j'ay trouvé qu'on ne
peut alléguer , & qu'on
n'allegue en effet , que
ces deux choſes ; la pre156
miere , que la fépara
tion des Réformateurs
a eftéforcée , qu'on les
a chaffez & excommuniez
, de forte qu'ils ne
pouvoient pas fe difpenfer
apres cela de former
des Societez féparées de
l'Eglife , pour y fervir
Dieu avec liberté ; la
feconde , que quelques
inconveniens qu'il y ait
dans cette féparation
de nos Peres , ils ne re
gardent pas ceux qui fe
157
trouvent préfentement
féparez fans y avoir
contribué , puis que deformais
fe trouvant en
poffeffion de la verité
dans ces Societez que
leurs Peres ont formées
, ils fe fentent obligez
en confcience d'y
demeurer
; mais apres
avoir bien examiné ces
deux raifons , je ne les
ay pas trouvées fuffifantes
pour me faire
changer de fentiment .
158
En effet , pour ce qui
eft de la premiere , nos
Peres eftant dans l'Eglife
Catholique , ve
nant à s'opposer à fa
croyance , & perſéverant
dans leur rebellion,
il eftoit fans- doure
du devoir de cette Eglife
de les excommunier
,
comme on le pratique
encore parmy nous ;
mais cela ne les mit
point en droit de faire
ce qu'ils ont fait. Ils
159
devoient plutoft fe retirer
dans des Déserts ,
s'ils ne pouvoient ſe
foumettre en confcience
, mais non pas ufurper
témérairement
l'autorité
de former de nou
velles Societez . C'eſt
ainfi que fit Elie , lors
qu'il fut chaffé de la
Communion d'Ifraël,
& pourſuivy par ce
Peuple , fans fonger à
emmener avec luy quelque
troupe de Gens
160
1
qu'il auroit pû gagner,
pour aller fervir Dieu
ailleurs en
particulier.
Dieu luy déclare qu'ily
en avoit fept mille qui
ne participoient
point à
l'idolâtrie de leurs Freres
, mais il les laiſſe toùjours
dans leur Societé,
toute corrompuë qu'-
elle eftoit , & Elie ne
demande point de les
attirer apres luy.
Pour la feconde raifon
, elle eft entiere-
A
.
161
ment vaine. Ceux qui
fe trouvent dans les Socierez
féparées , font
toûjours coupables à
peu près du mefine crime
que leurs Peres . Ils
entretiennent le Schif
me que les autres ont
fait ; ils rompent l'uni
té de l'Eglife ; ils déchirent
le Corps de JESUSCHRIST
, & quoy qu'il
en foit , leur tranquilité
reft toujours criminelle,
puis qu'ils fuivent aveu162
glement les dogmes
de leurs Peres , qu'ils
croyent
des veritez
fans les examiner , &
fans le pouvoir meſ-
A
me faire par leur regle
, comme M' Gilly
l'a montré. Ainfi ils
devroient fe mettre
dans le meſme état
qu'eftoient autrefois
leurs Peres , & fupofant
qu'ils font encore
dans la Communion
Romaine, examiner s'ils
163
ont des caufes fuffifantes
de s'en féparer , &
alors confideranto la
choſe en conſcience
4
dans la crainte de Dieu ,
délivrez des préjugez de
leur naiffance , & de
leur éducation , & éexempts
de tous les motifs
illégitimes qui ont
fait agir leurs Pères ,
comme à l'égard des
Docteurs , le dépit de
quelque affront , l'ambition
, & la gloire de
O ij
164
paffer pour habiles , &
d'eftre Chefs de Partys,
& chofes femblables ; à
l'égard du Peuple , l'amour
de la nouveauté,
le torrent des exemples,
la tirannie prétendue de
l'Eglife, le droit de juger
de l'Ecriture, les moeurs
corrompues des Eccléfiaftiques
, & telles autres
chofes, je fuis für,
que s'ils agiffoient ainsi,
les raifons convaincantes
que j'ay allé
165
guées leur viendroient
dans l'efprit , & les obligeroient
à fe réunir à
l'Eglife Catholique . Je .
l'ay fait , Meffieurs , cet
examen & la chofe
,
m'a réuffy. Je prie Dieu
de tout mon coeur, que
vous faffiez tous de méme
, & avec le meſme
fuccés que moy.
Ce Difcours fut écouté
avec la mefmefurprise,
&la mefme attention
166
qu'avoit caufé le premier
; & aucun de ceux
qui compofoient
l'Affemblée
, n'ayant entrepris
de combatre les raifons
dont s'eftoientfervis
ces deuxfçavans Hommes,
pourfaire connoiftre
l'obligation indifpenfa
ble où ilsfe trouvoient de
fe réunir à l'Eglife
tholique, ils fe retirerent
apres leur avoirfouhaité
à tous la mefmefoûmiffion
aux Veritez qu'ils
Ca167
reconnoiſſoient, & la même
grace qu'ils avoient
reçeuë,pour en eftre entierement
convaincus
.
Courdil fe fervit de ce
filence pour la Déclaration
qu'il avoit außi à
faire. Voicy ce qu'il dit à
Affemblée.
G iiij
80
S2S52525 :5252525
DISCOURS
DE M' COURDIL.
MESSIEURS ,
Il me fuffiroit fansdoute
de vous dire , que
toutes les raifons que
M' Gilly vient de vous
alléguer contre la fuffifance
de l'Ecriture fainte
, & en faveur de l'autorité
de l'Eglife , fon81
dée fur la Tradition , &
fur le confentement
tranquille & univerfel
de toutes les parties
qui la compofent , me
font communes avec
luy , pour vous faire
voir combien jufte eft
le deffein que j'ay formé
de me féparer de
vous , & d'entrer dans
l'Eglife Romaine , d'où
la naiffance m'avoit
éloigné , mais je mefens.
encore obligé , pour
82
prévenir les jugemens
téméraires qu'on pour
roitfaire fur mon changement,
de vous rendre -
un compte fidelle &
public de toutes mes
démarches fur ce sujet .
La premiere choſe
qui troubla d'abord
mon efprit , & m'obligea
à faire des Réfléxions
qui m'ont enfin
conduit au point où je
me trouve , eft la diviſion
du Chriſtianiſme,
83
& ce grand nombre de
Societez , dont chacune
prétend
eſtre la vraye
Eglife deJESUS- CHRIST .
Ce qui m'étonnoit davantage,
c'eſt que cette
grande diverfité de Sectes
qui fortirent de l'Eglife
Romaine dans le
dernier fiecle , reconnoiffant
toutes l'Ecriture
fainte pour l'unique
& infaillible regle
de leur Foy , ne laiſſent
pas d'eftre oppofées les
84
unes aux autres , quoy
qu'elles ayet toutes un
même fondement, & un
meſme principe , qui eſt
de ne rien croire qui ne
foit contenu dans la
fainte Ecriture . Quoy,
difois - je là - deffus , la
Religion Chreftienne
rn'a-
t- elle donc que des
incertitudes ? L'Ecriture
fainte, dit-on, eft la regle
infaillible de la Foy,
& cependant
je voy
tant de Communions
85
qui fe diftinguent par
des Créances toutes
contraires , qu'elles fonpourtant
dent
toutes
fur cette Ecriture d'une
maniere probable , &
chacune avec une égale
vray-femblance. Apres
cela, qui cft- ce quipourra
m'affurer que je fuis
dans la Communion la
plus fure pour avoir le
falut Toutes les autres
qui fe difent reformées,
auffi bien qu'elle,
86
luy difputent cet avantage
, & cefemble avec
mefme droit . D'ailleurs,
ce qui mérite le plus de
refléxion , l'Eglife Romaine
les traite toutes
de Schiſmatiques , &
d'Héretiques , & prétend
qu'on ne peut
avoir le falut que dans
fa Communion . Comment
ces Societez oferont-
elles fe fervir de
l'Ecriture pour refuter
les prétentions de cette
87
Eglife, tandis que l'Ecriture
demeure inutile à
leur égard , & n'eſt pas
capable de les accorder
entre elles , & de
faire ceffer leur divifion
?
Dans cet embarras, il
me fembla que je pouvois
calmer l'inquiétude
de mon efprit par
cette confidération
que la Providence avoit
remedié à ce défordre,
en fixant la créance des
88
1
chofes neceffaires au falut
par le Simbole des
Apoftres , qui eft une
Confeffion de foy que
tous les Chreftiens reçoivent
genéralement.
Quoy qu'il en foit , difois-
je , quelque grand
nombre , & quelque diverfité
qu'il y ait de Societez
Chreftiennes , il
eft certain que tous .
ceux qui les compofent,
confeffent le Seigneur
de
bouche , &
croyent
89
4
de coeur que Dieu l'a
reffufcité d'entre les
Morts . Ils feront donc
fauvez , fuivant le témoignage
de S. Paul,
dans fon Epiftre aux
Romains , Chapitre 10 .
Car on croit de coeurpour
eftre juſtifié , & on confeffe
de bouche pour eftre
Sauvé ; c'est pourquoy
l'Ecriture dit, quiconque
croit en cecy, neferapoint
confondu. Iln'ya point
de diftinction à faire de
H
90
Catholique Romain , de
Calvinifte , de Luthérien
, & de tous les autres
, parce que tous n'ont
qu'un mefme Seigneur,
qui eft riche en miféricorde
envers tous , & qui
répand fes richeſſes fur
tous ceux qui l'invoquent
; cartous ceux qui
invoquerot
le nom duŝeigneurferontfauvez
. De
forte que fuivant ainſi
le raifonnement
de l'Apoftre,
je concluois que
91
Tous les Chreftiens generalement
confervant
au fond l'effence de la
Religion Chreftienne
au milieu de leurs divifions
, obtiendroient le
falut indiféremment , eftant
tous d'ailleurs à
peu pres d'accord fur la
regle des moeurs , & de
la fainteté de vie.
Mais une autre penfée
fucceda
bien-toft à
celle-là. Je
fongeay que
cela pourroit
avoir lieu,
Hij
92
fi Dieu ne demandoit
des Chreftiens , que la
foy , & l'obeiſſance ;
mais il leur prefcrit encore
tres- expreffement
un amour , & une charité
réciproque entre
eux . A la bonne heure,
que tous les Chreftiens.
confeffant JESUS de
tout leur coeur , invoquant
fon faint nom, &
obeïffant à fes Commandemens
, puiffent
eftre fauvez fans au93
cune diftinction , pouryeu
qu'ils s'entrefuportent
charitablement ,
& qu'ils vivent dans
une mefme Communion
; mais qu'en peuton
croire pendant qu'ils.
violent toutes les regles
de la charité , pendant
qu'ils s'entredéchirent ,
& s'anathématiſent les
uns les autres , pendant
qu'ils s'entrehaïffent,
& qu'ils fe condamnent
àl'Enfer , par les fenti94
mens qui les divifent ?
Qu'ils fe vantent donc
tous , tant qu'ils voudront
, d'avoir une parfaite
connoiffance de lá
verité , & d'en penétrer
tous les myfteres , s'ils
n'ont pas la charité,
tout le refte ne leur fert
de rien ; & expliquant
icy le raiſonnement de
Saint Paul , au 10. des
Romains , dont je viens
de vous parler , par celuy
qu'il fait au Chapi95
tre 4. de fon Epître aux
Ephéliens . Comme il n'y
peut avoir, diſois -je, parmy
les Chrestiens qu'un
corps, & qu'un efprits
comme il n'y a qu'une
mefme efpérance , à laquelle
ils font appellez ;
comme il n'y a qu'un mefme
Seigneur , une Foy,
un Baptefme ; comme
il n'y a qu'un Dieu, Pere
de tous , qui eft audiffus
de tous, qui étendfa Providencefur
tous, 5 qui
96
réfide en eux tous , ilfaut
außi qu'ils fe fupportent
les uns les autres avec
charité , & que travaillant
avecfoin à conferver
l'unité d'un mefme
efprit par le lien de la
paix , ils neforment tous
enfemble qu'une feule Societé,
une mefme Com
munion.
Enfin cette derniere
penſée en fit venir encore
une autre dans
mon efprit , laquelle y
eft
97
eft demeurée , & qui en
a heureuſement fixé
l'inconftance ; car voulant
répondre à la difficulté
qui fe préſenta
d'abord , fçavoir , à la
quelle de toutes les Societez
Chreftiennes il
faudroit que les autres
fe rangeaffent , pour ne
faire toutes enſemble
qu'une feule & meſme
Communion , cela me
donna lieu d'examiner
les prérogatives que
I
98.
l'Eglife Romainepréced
avoir fur toutes celles
qui s'en fontféparées, de
forte qu'étant covaincu
que toutes les Sectes du
Chriftianifme font forties
du milieu d'elle , &
qu'elle a cet avantage
fur toutes les autres
d'avoir fuccedé immédiatement
aux Apôtres,
& par conféquent d'être
encore par le droit
de la fucceffion ,
Corps , & cette Societé
ce
99
que ces Saints Hommes
établirent fur la Terre,
je conclus qu'il eftoit
jufte , & naturel , que
toutes ces diférentes
Sectes fe réüniffent à
cette Eglife d'où elles
fontforties.
Je ne tiray point cette
conféquence à la legere,&
témerairement . Je
leûs , je méditay avec
toute l'aplication dont
mon efprit fut capable.
Je confultay ma
LYON
I ij
100
raifon ,je confultay l'Ecriture.
Ma raiſon me
fit voir qu'on ne pouvoit
s'imaginer , fans
blafphémer contre la
Providence divine , que
l'état extérieur de l'Eglife
, que Dieu s'eftoit
acquife par un prix infiny
, que J. C.avoir
cimentée
par fon propre
fang ; que fon état , disje
, cuft efté interrompu
prefque
dés ſa naiſſance
.
L'Ecriture
m'apprit
par
IOI
divers Paffages, que l'é
tat extérieur de l'Eglife
de J. C. & fon miniftere
, devoient fubfifter
pendant tous les fiecles
fans interruption , comme
dans S. Mathieu ,
que J. C. devoit eftre
avec les Miniftres de
l'Eglife toûjours , &
tous les jours , jufques à
la fin du Monde , afin
que par fon affiftance
ils puffent inftruire les
Peuples, adminiftrer les
I iij
102
)
Sacremens , & exercer
la Difcipline. Dans l'Epiftre
aux Ephéfiens,
que l'ordre & les fonctions
des Paſteurs &
Docteurs de l'Eglife , devoient
durer
jufqu'aux
fiecles à venir, où les Fidelles
attendroient la
perfection de J. C. Dans
Saint
Mathieu
encore ,
que depuis qu'une fois
Saint Pierre , auffi- bien
que les autres Apoftres,
auroient converty un
103
71
nombre de Juifs , & de
Gentils , & les auroient
affemblez en une mefme
Eglife , comme un
Troupeau de Brébis &
d'Agncaux, pour les pai
tre , eux & les autres
Miniftres apres eux, les
Portes d'Enfer ne prévaudroient
jamais contre
cette Eglife , contre
ce Troupeau, quelques
efforts que le Diable
puft faire par fa rufe , &
par fa malice , & plu-
I
104
fieurs autres chofes de
cette nature . Si cela eft ,
dis-je alors en moymefme
; s'il
eft donc
vray, comme je n'en
puis douter , que l'Eglife
de J. C. ait deû ſubfifter
pendant tous les
fiecles d'une maniere
vifible , & non inter-
2
rompue , qu'on la cherche
ailleurs tant qu'on
voudra , on ne fçauroit
la trouver que dans la
Communion Catholi
105
que. C'eft-elle quipeut
fe vanterjuftement d'avoir
maintenu fon Miniftere
depuis les Apô
tres . Les diférentes
Sectes que nous voyons
font comme autant de
Ruiffeaux , qui fe font
féparez de ce grand
Fleuve , & ne peuvent
que tarir avec le temps
comme ont fait d'autres
; au lieu que pour
luy il a pris fa fource
dans la plénitude des
106
ficcles , & a toujours
coulé
tranquilement
dans un meſme lit ; ce
qui me fait croire qu'il
y coulera fans interruption
,jufqu'à ce qu'il aille
fe décharger , pour ainfi
dire , tout entier , dans
l'Ocean de l'Eternité.
Ce qui m'a confirmé
dans cette penfée , c'eſt
le propre témoignage
des Réformateurs , &
des Docteurs Protef
tans. Calvin avouë luy107
mefme dans fon Inftitution
, que Dieu par fa
Providence avoit confervé
jufques à fon
temps dans la Communion
Romaine , des témoignages
de ſon alliance
, & des
marques
certaines que c'eftoit
1'Eglife de JESUSCHRIST
, afin , adjoûtoit-
il , qu'il ne fuft pas
dit que fon Egliſe euft
péry. Zanchius, celébre
Théologien parmy les.
108
Proteftans , a confirmé
la mefme chofe en divers
endroits , confeſfant
ingénuëment
que
la Communion Romaine
, malgré les efforts
de Satan , a toujours
confervé la forme de
l'Eglife de J. C. & que
fon Alliance , & fon Miniftere
, y ont toujours
demeuré conftamment.
La plupart des autres
parlent tout de meſme .
S'il eft donc certain,
109
difois-je , que la Communion
Romaine a eſté
l'Eglife de Dieu jufqu'au
temps de nos
Peres , pourquoy s'en
font ils féparez ? Pourquoy
ont-ils fait un
Schifme , qui eft, au fentiment
de Calvin , le
plus énorme de tous
les attentats ? On ne
peut , dit-il , s'imaginer
de crime plus atroce , que
de violer par une perfidie
facrilege, en fefeparant
IIO
de l'Eglife , le Mariage
que le Fils de Dieu avoit
daigné contracter avec
nous.
Nos Peres , dira- t - on ,
ont érigé une nouvelle
Eglife pour eftre l'Epouſe
de J. C. parce
que l'autre s'eftoit renduë
indigne de l'eftre;
mais je répons , qu'il ne
fuffit pas qu'une Eglife
fe foit rendue indigne
d'eftre l'Epouſe de J. C,
pour ceffer de l'eftre en
III
effet ; il faut que l'Epoux
luy - mcfme luy ait
donné la Lettre de divorce.
A voir tout ce
que J. C. reproche aux
fept Eglifes , dont il eſt
parlé dans l'Apocalipfe ,
on juge bien d'abord
qu'elles eftoient indignes
de porter le titre
d'Epoufes de J. C. mais
cependant elles ne laiffoient
pas de l'eftre , &
J. C. ne laiſſe pas de les
reconoiftre pour telles.
112
La Synagogue , qui ef
toit autrefois l'Epouſe
de Dieu , s'eft fouvent
rendue indigne de cet
honneur , mais les Prophetes
ne l'ont pourtantjamais
abandonée,
tant que Dieu luy-mef
me ne luy a pas donné
la Lettre de divorce.
C'eft Calvin luy - mefme
, qui m'a fourny
cette penſée. Il nous
repréſente dans ſon Inftitution
les défordres
113
de ce Peuple , fi horri
bles , qu'Ifaïe les compare
à bon droit à Sodome
, & à Gomorre . Il
nous y fait voir la Religionméprifée,
& fouillée
par de faux cultes , &
les moeurs entierement
dépravées, mefme dans
les
Sacrificateurs . Ce
pendant , adjoute-t- il ,
jamais les Prophetes ne
saviferent d'ériger de
nouvelles Eglifes , de
dreffer de nouveaux Au-
K
114
tels pour faire leur Service
à part ; mais quelque
corrompue que fuft
cette Societé , parce que
Dien j avoit établyfa
parole , & fon culte , ils
élevoient vers luy leurs
mains pures , au milieu
de l'Affemblée de ces Impies
, fans crainte de fe
fouiller. Rien donc, continuë-
t-il , ne les retenoit
dans cette Societé , dans
cette Eglife corrompue,
que le defir de conferver
115
l'unité , adjoûtant ce
qu'il a déja dit . Rien ne
les retenoit que le defir
d'entretenir fidellement
ce Mariage , que Dieu
avoit contracté avec elle,
qu'ils ne pouvoient rompre
d'eux- mefmes, fans
une teméritéfacrilege, en.
Le feparant de cette Egli
fe , pour en former une
autre. Pourquoy donc
Calvin luy-mefme , &
les
autres
, n'ont-ils
demeuré dans l'Eglife
pas
Kij
116
Romaine , quoy que
corrompue , comme ils
prétendoient
, pour conferver
l'unité ? Pourquoy
ont-ils rompu ce
facréMariage que Dieu
avoit contracté avec
elle , puis qu'ils ne nient
pas qu'elle ne fuft l'Eglife
de Dieu , & qu'il
n'y reftaft des témoi
gnages de fon Alliance,
quand ils en font fortis,
comme nous avons déja
yeu : Certe Eglife eftoit117
elle plus corrompuë
que la Judaïque ; ou
avoient - ils plus d'authorité
que des Prophetes
? Perfonne n'oferoit
fans-doute foùtenir
l'une & l'autrede
ces deux chofes.
Certes une telle féparation
eft une affaire de
fi grande importance,
que quand Dieu , laffe
des infidelitez de ce
Peuple dont nous venons
deparler , & pour
118
accomplir fon decret,
a voulu fe faire une autre
Epoufe, & fe former .
une nouvelle Eglife ; il
a envoyé fon Fils luymefme
fur la Terre ,
avec des marques de fa
Divinité , & a revétu
les Apoftres de dons extraordinaires
& miraculeux
, comme autant
de preuves infaillibles
de la Miffion qu'ils avoiet
receue pour cela;
& afin de fignifier au119
tentiquement qu'il donnoit
la Lettre de divorce
à ce Peuple , il fit renverfer
le Temple de Jérufalem
, & abolit par
là le culte qui s'y exerçoit
; de mefme qu'ef
tant enfin laffé de l'impenitence
des ces Egliſes
de l'Apocalipfe dont
nous avons parlé , pour
marquer qu'il leur donnoit
la Lettre de divorce,
il transporta ailleurs
leurs Chandeliers , &
120
"
ya laiffé établir le culte
de l'infâme Mahomet
.
Mais dans la Prétendue
Réformation , onon né
fçauroit dire qu'il y ait
rien d'approchant . L'Eglife
dont on fe fépare,
conferve toujours fon
ancien culte , & fes premieres
prérogatives,fon
miniftere , & fon ordre.
Ceux qui veulent former
une nouvelle Eglife
, & approprier une
nouvelle Epouſe à J. C.
ne
121
ne font que des Hommes
fort ordinaires, fans)
Miffion, fans Vocation,
& fans Miracles , qui
n'agiſſent que par paſfion
, ou du moins par
occafion , de forte que
ce ne peut eftre que
par une criminelle témérité
qu'ils fe font ſéparez
de l'Eglife Romaine.
On me dira peut - eſtre
qu'il n'eftoit pas neceffaire
qu'ils fiffent des
L
122
Miracles pour autorifer
une Miffion , parce
qu'ils ne venoient pas
annoncer une nouvelle
Alliance , comme faifoient
les Apoftres , &
qu'ils ne préchoient que
le mefme Evangile , que
les Apoftres avoient fi
bien confirmé par leurs
propres Miracles ; mais
c'eſt la Queſtion . C'eſtlà
proprement ce qu'on
leur difpute . On les accufe
d'alterer cette Al123
.
liance , de falfifier cet
Evangile à divers é
gards , de forte qu'ils
avoient befoin de preuves
autentiques pour fe
juftifier de cela ; & il ne
ferviroit de rien de dire
qu'ils s'en juftifioient
par la fainte Ecriture,
par la parole de Dieu ,
car on prétend que ce
n'eft pas la parole de
Dieu qui leur rend témoignage
, mais leurs
propres paroles , ayant
Lij
124
détourné l'Ecriture à
leur fens par leurs fubtiles
, mais vaines ex-
De forte plications.
qu'il eftoit toujours neceffaire
qu'ils fiffent des
Miracles , pour faire recevoir
fans contredits
leurs explications, comme
conformes à l'intention
de Dieu , fur tout
parce qu'elles s'opoſent
à un confentemēt
tranquille
& univerfel de
toute l'Eglife , & à une
a
125
Tradition qu'elle prétendoit
tenir des Apôtres
mefmes . Sans- doute
que J. C. expliquoit
les Propheties qui le regardoient
, d'une maniere
capable de perfuader
, & faifoit voir
qu'elles s'accopliffoient
en luy. Cependant , nonobftant
la verité, & la
force de ces explicatios,
if nous dit luy - meſme,
que s'il n'eût fait devant
les Juifs les fignes qu'il
Lij
126
faifoit , ils auroient eſté
fans peché , parce qu'il´
parloit contre un confentement
univerfel de
ce Peuple , & contre fa
Tradition tranquille.
D'ailleurs , comme il y
en a eu pluſieurs qui
font venus en mefme
temps fous le titre de
Réformateurs , & qui
prétendoient tous n'annoncer
que la pure ve
rité de l'Evangile , quoy
qu'ils fuffent oppofez
127
dans leurs fentimens , il
falloit du moins des fignes
pour diftinguer les
faux Réformateurs d'avec
les veritables , d'autant
plus que les preuves
qu'ils tiroient de
l'Ecriture chacun en faveur
de fon opinion , eftoient
également aparentes
, & probables, &
pouvoient
fraper également
les efprits .
Enfin cette diverfité
mefme de fentimens,
Liiij
128
n'eft- elle pas une marque
évidente de leur illégitime
Miffion ? Le
S. Efprit peut-il foufler
le doux & l'amer , le
vray & le faux tout enfemble?
Si les Apoftres
ont eu quelques diférens
, ce n'eftoit que fur
des chofes legeres , de
peu d'importance , &
qui finiffoient auffi-toft;
mais les diférens des
Réformateurs durent
longtemps , & font de
129
la
derniere
importance;
car pour ne parler pas
des Arminiens
, des Atrabatiftes
, des Sociniens ,
& de divers autres , qui
ſe vantent
pourtant
de
Réformation , mefme
au deffus de tous les autres
Réformez
, les Luthériens
& les Calviniftes
eux -mefmes , ne
fe traitoient- ils pas réciproquement
d'Herétiques
, avant que quelques
raifons de politi130
que euffent obligé ces
derniers à rechercher
Tanion : & ces premiers
ne demeurerent- ils pas
toujours dans les mefmes
fentimens ? Certes
on peut bien dire qué
commeapres
leDéluge,
lors que les Hommes
voulurent
fe bâtir une
haute Tour , afin de fe
préſerver d'une feconde
Innondation , Dieu témoigna
vifiblemet qu'il
def- aprouvoit
leur def
131
fein , & condamnoit
leur ouvrage , quand il
confondit leur Langage
, & les fit parler chacun
diféremment ; de
mefme lors que ceux
qui prétendoient s'eftre
fauvez d'un déluge d'erreurs
, & de fuperftitions
en fortant de l'Eglife
Romaine , voulurent
fe faire un Edifice,
& bâtir une nouvelle
Eglife qui ne fuft plus
fujeteà une pareille In132
nondation , Dieu marqua
fans- doute manifeftement
qu'il def-aprouvoit
leur deffein, &
condamnoit leur ouvrage
, en confondant
leur
langage , pour les
laiſſer parler fi diféremment
.
Allons plus avant.
Tous les Docteurs
Proteftans
, Calvin , Zanchius
, d'Avenantius , &
les autres dont il feroit
trop long de
rappórter
133
les témoignages , demeurent
d'accord qu'-
uge Communion eft ve
ritablement de J. C &
qu'il ne faut point s'en
féparer , tandis qu'elle
garde les chofes effentielles
à la Religion , &
neceffaires au falut ; &
M Daillié avouë luymefme
dans fon Apologie
, & dans fa Replique
contre le Pere
Adam ; & M Cotibi ,
que l'Eglife Romaine a
1341
confervé jusques à pré-
Sent toutes fes veritez
effentielles ,fondamentales,
& néceffaires . De
forte que je conclusraifonnablement
felon ces
témoignages , qu'on
n'a pas deû s'en féparer;
mais , dit M' Daillié, &
tous les Proteftans avec
luy , à ces doctrines
faintes & ordinaires,
que l'Eglife Romaine
retient , elle en a joint
d'autres humaines , in135
certaines , inconnuës à
l'Ecriture
, quelquesunes
mefmes qui choquent,
& renverfent les
a
premieres ; en un mot
il n'y a pas moyen d'avoir
Communion avec
elle, à caufe de fes fuperftitions,
& de fon idolâtrie.
Je n'entreray point
icy dans la difcution des
Articles , qui font le fujet
de ces invectives , &
n'entreprendray pas de
fairelà- deffus l'apologie
136
1
de l'Eglife , cela me meneroit
trop loin pour
un Difcours comme celuy-
cy . M' l'Evefque
de Meaux entr'autres,
l'a fait d'une maniere,
où il n'y a rien à repliquer
, & l'a pleinement
juftifiée de ces fauffes
accufations . Mais je
veux faire voir feulement
en deux mots,
qu'en fupofant mefme,
s'il m'eſt permis de parler
ainfi , que ces accu137
fations fuffent juftes, on
n'a pourtant pas eu
droit de s'en féparer .
- Je dis donc premierement
, que quelques
grands qu'on fe puiffe
figurer les abus de l'Eglife
Romaine , ce n'eft
pas à dire qu'on deuſt
les prendre pour de
juftes raifons de feparation
, puis que ceux de
ces anciens Juifs dont
nous avons parlé tantoft
, alloient jufques
M
138
culte des faux
au
Dieux , & que cependant
Calvin luy meſme,
nous a dit que les Prophetes
ne voulurent
&
ne durent pas s'en féparer
, parce que Dieu
avoit étably fon culte
& fa parole au milieu
d'eux . Suivant
cet éxemple
, je foutiens
que
quand même l'EglifeRo
maine feroit allée jufques
à l'idolâtrie
( cela
foit dit par une tres139
fauffe fuppofition , &
pour ofter feulement
tout prétexte ) tout ce
que nos Peres pouvoient
faire , c'eftoit d'imiter
les Prophetes en
criant contre les excés
de ces prétendus abus;
mais non plus qu'eux ,
ils ne devoient jamais
fe féparer de l'Eglife,
où Dieu avoit mis fon
culte , & fa parole ; car
quand l'Apoftre dit qu'il
faut fuir l'idolâtrie , qui
Mij
140
ne fçait qu'il entend
parler des Societez
Payennes & quand
mefme cela pourroit
s'étendre jufqu'à l'Eglife
, pour ainfi dire , il
faudroit toûjours entendre
une fuite & une
féparation négative , &
non pas pofitive , comme
eftoit celle des Prophetes
, qui levoient
leurs mains pures vers
Dieu , au milieu meſme
de l'impieté
; ce font les
141
propres termes de Calvin.
Secondement
, je
dis que les Docteurs
Proteftans
, entr'autres
M Daillié dans fon Apologie
, avouent euxmefmes
que
quelques
énormes que
paroiffent
les abus dans une Com .
munion , on ne doit
point la quitter , quand
ceux qui les profeffcnt
nient les damnables
conféquences qu'on en
peutirer. Jefçais qu'on
142
a dit cela en faveur des
Luthériens ; mais puis
qu'on propofe cette
maxime comme generale
, pourquoy ne l'appliqueroit
- on pas éga
lement aux Catholi
ques , quinient
abfolu
ment tant de mauvaiſes
conféquences qu'on
tire de leur culte , & de
leur pratique ? En troifiéme
lieu , je dis que les
Réformateurs mefme,
& les plus habiles Do143
'contraints
&teurs Proteftans , font
d'avouer
que la plupart des abus
qu'on impute à l'Egliſe
Romaine , ne font tout
au plus que ce bois , ce
foin , & cette paille
dont parle Saint Paul
dans fa premiere Epître
aux Corinthiens , Chapitre
3. qu'on baftit fur
le fondement
, mais qui
ne renverfent pas ; de
forte qu'ils ne peuvent
pas eftre de juftes mo144
tifs de féparation , de
l'aveu mefme des Proteftans
, qui ne mettent
en ce nombre que les
erreurs fondamentales;
on n'a qu'à lire là - deffus
Calvin , & Parocus . Je
dis en quatriéme lieu,
que ces Docteurs , &
fur tout Mr Daillié dans
fon Apologie , ayouent
encore qu'il eft injufte
d'imputer à une Eglife,
ce que des Docteurs
particuliers y enfeignet,
ou
145
ou que le Peuple y pra
tique. C'eft pourquoy
l'on nefçauroit prendre
pour de juftes cauſes
d'éloignement de l'E
glife Romaine, desabus,
qui ne feroient tout au
plus enfeignez que par
des Docteurs particuliers
, ou pratiquez par
le Peuple , fans que l'Eglife
les approuvaſt .
Ainfi on ne doit , & on
ne peut juger des fentimens
de l'Eglife Ro
N
14
146
maine , que par les Ca
nons du Concile de
Trente , ou par l'expofition
qu'en a donné Mª
de Meaux , dont le Livre
a efté approuvé,
non feulement des Evefques
, & des Cardinaux
, mais du Pape
meſme par une Bulle
authentique .
Enfin , fupofé que l'Eglife
Romaine a confervé
parmy les abus qu'
on luy impute , toutes
$147
les veritez effentielles à
la Religion , & neceffaires
au falut , comme
nous l'avons montré
par le témoignage meſme
des Docteurs Proteftans
, il eft fi conftant
qu'on n'a pas deù s'en
féparer à cauſe de ces
abus , que J. C nous a
luy - mefme confirmé
cette maxime , & par
fa Doctrine, & parfon
exemple , dans la Parabole
de l'Ivroye , qu'il
Nij
148
explique
des fcandales
qui regardent
la Doctrine
, & de l'iniquité
qui
regarde les moeurs ; car
comme il eft défendu
dans cette Parabole,
d'arracher l'Ivroye qui
eft parmy le bon grain,
cela nous montre qu'à
l'égard du Champ du
Seigneur , à l'égard de
fon Eglife , il ne faut
point faire de féparation
fous prétexte qu'-
on y enfeigne de mau149
vaifes doctrines , quand
on y retient en meſme
temps les effentielles ,
& les neceffaires ; &
comme l'Ecriture ne fe
contredit point , quand
Saint Paul dans fon Epître
aux Romains , Chapitre
16. & ailleurs, exhorte
les Fidelles de
prendre garde à ceux
qui caufoient parmy
eux des divifions , & des
fcandales.contre la do
ctrine , & d'éviter leur
Niij
150
copagnie, cela n'autho
rife en aucune maniere
cette féparation dont
nous parlons , puis qu'
au contraire il faut entendre
dans ces endroits
ceux qui vouloient
divifer l'Eglife,
& qui ne retenoient
point les chofes effentielles
à la Religion
.
J'ay dit encore que
J. C. avoit confirmé
par fon exemple , ce
que j'avance. En effet ,
ISI
il ne s'eft jamais féparé
de l'Eglife Judaïque,
quelque corrópuë qu'-
elle fuft , & quoy que
les Scribes & les Pharifiens
euffent introduit
d'étranges défordres , &
d'infignes abus dans la
Religion , cependant
vorcy 1'ordre qu'il
donne à fes Difciples à
leur égard. Les Scribes
les Pharifiens,
-dit-il , font aßis dans la
Chaire de Moife . Obfer
Niiij
152
vez donc , & faites tout
ce qu'ils vous ordonnent
.
Il
n'entendoit pas fansdoute
par - là , qu'ils
fuiviffent
aveuglement
tous leurs
enſeignemens
, quels qu'ils puffent-
eftre ; car il leur
dit ailleurs , qu'ils fe
donnaffent de garde du
levain de leur doctrine ;
mais il ne vouloit pas
qu'ils fiffent des Schifmes
, jufqu'à ce que le
temps fuft venu de dref
153
fer une nouvelle Chai
re , où ils devoient s'établir
eux-mefmes avec
cette autorité que leur
acquirent leurs Miracles
. Il vouloit qu'en
vertu de la venerable
fucceffion , en confidération
de la Chaire de
Moïfe, ils n'abandōnaffent
point cesDocteurs ,
& leur Miniftere ; mais
qu'ils les écoutafsēt dās
les chofes effentielles
de laReligion
, en fe gar154
dant du mauvais levain
de leurs erreurs , & de
leurs abus . Pourquoy
donc nos Peres n'ont-ils
pas fuivy l'exemple de
J. CHRIST ? Quelques
erreurs , & quelques
abus qu'ils puiffent croire
que les Docteurs de
l'Eglife Romaine avoiet
adjoûtez à l'effence de
la Religion , il falloit
toûjours demeurer auprés
d'eux , & les écoûter
en vertu de la vene-
1
ISS
rable fucceffion des Apoftres
, & en cofidération
de leur Chaire fur
laquelle ils font affis,
en ſe gardant du mauvais
levain de leur do-
Єtrine , & de leur culte,
fupofé qu'il y en euſt.
J'ay confideréférieu
fement ce qu'on pouvoit
oppofer là-deffus,
& j'ay trouvé qu'on ne
peut alléguer , & qu'on
n'allegue en effet , que
ces deux choſes ; la pre156
miere , que la fépara
tion des Réformateurs
a eftéforcée , qu'on les
a chaffez & excommuniez
, de forte qu'ils ne
pouvoient pas fe difpenfer
apres cela de former
des Societez féparées de
l'Eglife , pour y fervir
Dieu avec liberté ; la
feconde , que quelques
inconveniens qu'il y ait
dans cette féparation
de nos Peres , ils ne re
gardent pas ceux qui fe
157
trouvent préfentement
féparez fans y avoir
contribué , puis que deformais
fe trouvant en
poffeffion de la verité
dans ces Societez que
leurs Peres ont formées
, ils fe fentent obligez
en confcience d'y
demeurer
; mais apres
avoir bien examiné ces
deux raifons , je ne les
ay pas trouvées fuffifantes
pour me faire
changer de fentiment .
158
En effet , pour ce qui
eft de la premiere , nos
Peres eftant dans l'Eglife
Catholique , ve
nant à s'opposer à fa
croyance , & perſéverant
dans leur rebellion,
il eftoit fans- doure
du devoir de cette Eglife
de les excommunier
,
comme on le pratique
encore parmy nous ;
mais cela ne les mit
point en droit de faire
ce qu'ils ont fait. Ils
159
devoient plutoft fe retirer
dans des Déserts ,
s'ils ne pouvoient ſe
foumettre en confcience
, mais non pas ufurper
témérairement
l'autorité
de former de nou
velles Societez . C'eſt
ainfi que fit Elie , lors
qu'il fut chaffé de la
Communion d'Ifraël,
& pourſuivy par ce
Peuple , fans fonger à
emmener avec luy quelque
troupe de Gens
160
1
qu'il auroit pû gagner,
pour aller fervir Dieu
ailleurs en
particulier.
Dieu luy déclare qu'ily
en avoit fept mille qui
ne participoient
point à
l'idolâtrie de leurs Freres
, mais il les laiſſe toùjours
dans leur Societé,
toute corrompuë qu'-
elle eftoit , & Elie ne
demande point de les
attirer apres luy.
Pour la feconde raifon
, elle eft entiere-
A
.
161
ment vaine. Ceux qui
fe trouvent dans les Socierez
féparées , font
toûjours coupables à
peu près du mefine crime
que leurs Peres . Ils
entretiennent le Schif
me que les autres ont
fait ; ils rompent l'uni
té de l'Eglife ; ils déchirent
le Corps de JESUSCHRIST
, & quoy qu'il
en foit , leur tranquilité
reft toujours criminelle,
puis qu'ils fuivent aveu162
glement les dogmes
de leurs Peres , qu'ils
croyent
des veritez
fans les examiner , &
fans le pouvoir meſ-
A
me faire par leur regle
, comme M' Gilly
l'a montré. Ainfi ils
devroient fe mettre
dans le meſme état
qu'eftoient autrefois
leurs Peres , & fupofant
qu'ils font encore
dans la Communion
Romaine, examiner s'ils
163
ont des caufes fuffifantes
de s'en féparer , &
alors confideranto la
choſe en conſcience
4
dans la crainte de Dieu ,
délivrez des préjugez de
leur naiffance , & de
leur éducation , & éexempts
de tous les motifs
illégitimes qui ont
fait agir leurs Pères ,
comme à l'égard des
Docteurs , le dépit de
quelque affront , l'ambition
, & la gloire de
O ij
164
paffer pour habiles , &
d'eftre Chefs de Partys,
& chofes femblables ; à
l'égard du Peuple , l'amour
de la nouveauté,
le torrent des exemples,
la tirannie prétendue de
l'Eglife, le droit de juger
de l'Ecriture, les moeurs
corrompues des Eccléfiaftiques
, & telles autres
chofes, je fuis für,
que s'ils agiffoient ainsi,
les raifons convaincantes
que j'ay allé
165
guées leur viendroient
dans l'efprit , & les obligeroient
à fe réunir à
l'Eglife Catholique . Je .
l'ay fait , Meffieurs , cet
examen & la chofe
,
m'a réuffy. Je prie Dieu
de tout mon coeur, que
vous faffiez tous de méme
, & avec le meſme
fuccés que moy.
Ce Difcours fut écouté
avec la mefmefurprise,
&la mefme attention
166
qu'avoit caufé le premier
; & aucun de ceux
qui compofoient
l'Affemblée
, n'ayant entrepris
de combatre les raifons
dont s'eftoientfervis
ces deuxfçavans Hommes,
pourfaire connoiftre
l'obligation indifpenfa
ble où ilsfe trouvoient de
fe réunir à l'Eglife
tholique, ils fe retirerent
apres leur avoirfouhaité
à tous la mefmefoûmiffion
aux Veritez qu'ils
Ca167
reconnoiſſoient, & la même
grace qu'ils avoient
reçeuë,pour en eftre entierement
convaincus
.
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Lors d'un discours à l'Assemblée, Monsieur Courdil approuve M. Gilly sur la suffisance de l'Écriture sainte et l'autorité de l'Église basée sur la tradition et le consentement universel. Troublé par les divisions chrétiennes, il décide de rejoindre l'Église romaine, soulignant l'importance de l'unité et de la charité parmi les chrétiens, en citant Saint Paul et l'Épître aux Éphésiens. L'auteur affirme que l'Église romaine est la seule continuation légitime de l'Église apostolique. Il critique les réformateurs protestants pour avoir créé un schisme sans mission divine ni miracles, accusant ces derniers d'altérer l'Évangile et de manquer de légitimité en raison de leurs divergences d'interprétation des Écritures. Les divisions protestantes sont comparées à la confusion des langues après le Déluge. L'auteur argue que les abus dans l'Église romaine ne justifient pas une séparation, citant Jésus-Christ et Saint Paul qui n'ont pas quitté leur communauté malgré ses imperfections. Il critique les réformateurs pour avoir créé de nouvelles communautés plutôt que de se retirer. Il dénonce les séparatistes pour leur schisme et leur manque d'examen des raisons de leur séparation, les encourageant à réexaminer leur position et à envisager un retour à la communion romaine. Le discours a suscité surprise et attention, avec un appel à la soumission aux vérités reconnues et à la grâce divine.
Est rédigé par une personne
Provient d'un lieu
Fait partie d'un dossier