Titre d'après la table
Présent fait par le Roy à Mr le Duc de Saint Aignan, qui est recueu en mesme temps Academissien dans l'Academie de Padouë, nommé Ricourati.
Fait partie d'une livraison
Page de début
321
Page de début dans la numérisation
344
Page de fin
326
Page de fin dans la numérisation
349
Incipit
Le Sabre dont je viens de vous parler, & qui estoit parmy
Texte
Le Sabre dont je viens de vous
parler , & qui eftoit parmy les
Prefens que les Ambaffadeurs
Mofcovites ont faits au Roy , a
efté donné par Sa Majefté à M.
le Duc de Saint Aignan . Il eft
garny de Diamans, d'Emeraudes,
de Rubis, & de Saphirs. Sa Ma-.
jefté dit à ce Duc en le luy don.
nant , qu Elle ne pouvoit le remettre
en de meilleures mains.
Vous vous fouvenez que le Roy
de Pologne luy envoya , il y a quel
que temps , celuy du feu Grand
322 MERCURE
Vifir , de
de forte que deux grands
Rois luy ont fait chacun un prefent
femblable. Ce Duc avoit
donné quelque temps auparavant
June Epée d'or à M. Moret
de la Mufique du Roy , & Valet
de Chambre de Madame la Dauphine.
M. Morel fit fur ce fujet
le Diftique Latin que je vous envoye.
Je prie vos Amies de vouloir
bien me le pardonner.
me felicem ! O carum mihi pignus
honoris !
Majus enim gladio quid dare
Mars poterat ?
Le mefme fit l'Impromptu que
vous allez voir, dans le temps que
M. le Duc de Saint Aignan parut
le jour du Carroufel, à la tefte
de tous les Chevaliers.
1
GALANT. 323
Lluftre Saint Aignan qui menés
ces Guerriers
Dans le Champ des Plaifirs moif-
"Afonner des lauriers ,
Que ton abord pour nous a d'attraits
& de charmes !
Mais que tes Ennemis le trouveroient
affreux
Si tu les conduifois à la gloire des
Armes
Comme tu les conduis à la gloire
des feux!
Le Sonnet qui fuit , eft encore
de M. Morel. C'est une traduction
de quatorze Vers Latins qu'il
avoit faits , dans laquelle il s'eft
affujetty aux Boûts - rimez , moitié
Latins, & moitié François, qui
ont fait tant de bruit l'Hyver dernier.
324 MERCURE
Gan
Rand Duc , qu'on doit ainfi
nommerin omnibus,
Trop heureux qui te fcrt , malheur
à qui te fache.
Senfible à tous les deux, tu le rends
relâche,
Et c'est un jeu pour toy de refifans
fter
Se હેડ એ
tribus..
Ton exemple aguerrit jufqu'au
coeur le plus lâche
,
Phoebus ;
Tu fais voir le Dicu Mars fous
l'éclat de
Tu conferves toujours ces faculicz
Jusbnoquibus
,
On fait tout à vingt ans auffibien
que l'on
maſche.
3038
Svo fois
Qui compte tes vertus , dit mille
Main Abruka 3 ! Item.
GALANT. 325
C
Je les chante par tout , vaillant
Tu autem
,
Duc ,
En revanche apprens moy ce que
je ne puis
S&
dire.
combien de Beautez as tu fait
dire
Camo ?
Mais l'amour moins difcret dans
Gates yeux me fait
Tout ce qu'il y traça Veneris
lire
Calamo.
Pendant que ce Duc reçoit
des liberalitez du Roy , qui marquent
une grande diftinction
pendant qu'il fait des prefens ,
qu'il conduit quatre - vingt Chevali
rs dans le Champ de la gloife
, & que les Mufes le couronnent
, l'Accademie de Padouë
nommée RICOURATI
femble extraordinairement, le res'af.
326 MERCURE
"
çoit dans fon Corps avec des E
loges éclatans , & toutes les ceremonies
qu'elle obferve pour les
Princes , & en fait imprimer des
Patentes qu'elle luy envoye fcel
lées de fon sau de forte que
ce Duc fe voit en mefme temps
de deux Academies, en France &
en Italie , & Protecteur d'une autre
, ce qui n'eft peut- eftre jamais
arrivé à perfonne , pas mefine a
ceux qui ne font profeffion que
de lettres.
parler , & qui eftoit parmy les
Prefens que les Ambaffadeurs
Mofcovites ont faits au Roy , a
efté donné par Sa Majefté à M.
le Duc de Saint Aignan . Il eft
garny de Diamans, d'Emeraudes,
de Rubis, & de Saphirs. Sa Ma-.
jefté dit à ce Duc en le luy don.
nant , qu Elle ne pouvoit le remettre
en de meilleures mains.
Vous vous fouvenez que le Roy
de Pologne luy envoya , il y a quel
que temps , celuy du feu Grand
322 MERCURE
Vifir , de
de forte que deux grands
Rois luy ont fait chacun un prefent
femblable. Ce Duc avoit
donné quelque temps auparavant
June Epée d'or à M. Moret
de la Mufique du Roy , & Valet
de Chambre de Madame la Dauphine.
M. Morel fit fur ce fujet
le Diftique Latin que je vous envoye.
Je prie vos Amies de vouloir
bien me le pardonner.
me felicem ! O carum mihi pignus
honoris !
Majus enim gladio quid dare
Mars poterat ?
Le mefme fit l'Impromptu que
vous allez voir, dans le temps que
M. le Duc de Saint Aignan parut
le jour du Carroufel, à la tefte
de tous les Chevaliers.
1
GALANT. 323
Lluftre Saint Aignan qui menés
ces Guerriers
Dans le Champ des Plaifirs moif-
"Afonner des lauriers ,
Que ton abord pour nous a d'attraits
& de charmes !
Mais que tes Ennemis le trouveroient
affreux
Si tu les conduifois à la gloire des
Armes
Comme tu les conduis à la gloire
des feux!
Le Sonnet qui fuit , eft encore
de M. Morel. C'est une traduction
de quatorze Vers Latins qu'il
avoit faits , dans laquelle il s'eft
affujetty aux Boûts - rimez , moitié
Latins, & moitié François, qui
ont fait tant de bruit l'Hyver dernier.
324 MERCURE
Gan
Rand Duc , qu'on doit ainfi
nommerin omnibus,
Trop heureux qui te fcrt , malheur
à qui te fache.
Senfible à tous les deux, tu le rends
relâche,
Et c'est un jeu pour toy de refifans
fter
Se હેડ એ
tribus..
Ton exemple aguerrit jufqu'au
coeur le plus lâche
,
Phoebus ;
Tu fais voir le Dicu Mars fous
l'éclat de
Tu conferves toujours ces faculicz
Jusbnoquibus
,
On fait tout à vingt ans auffibien
que l'on
maſche.
3038
Svo fois
Qui compte tes vertus , dit mille
Main Abruka 3 ! Item.
GALANT. 325
C
Je les chante par tout , vaillant
Tu autem
,
Duc ,
En revanche apprens moy ce que
je ne puis
S&
dire.
combien de Beautez as tu fait
dire
Camo ?
Mais l'amour moins difcret dans
Gates yeux me fait
Tout ce qu'il y traça Veneris
lire
Calamo.
Pendant que ce Duc reçoit
des liberalitez du Roy , qui marquent
une grande diftinction
pendant qu'il fait des prefens ,
qu'il conduit quatre - vingt Chevali
rs dans le Champ de la gloife
, & que les Mufes le couronnent
, l'Accademie de Padouë
nommée RICOURATI
femble extraordinairement, le res'af.
326 MERCURE
"
çoit dans fon Corps avec des E
loges éclatans , & toutes les ceremonies
qu'elle obferve pour les
Princes , & en fait imprimer des
Patentes qu'elle luy envoye fcel
lées de fon sau de forte que
ce Duc fe voit en mefme temps
de deux Academies, en France &
en Italie , & Protecteur d'une autre
, ce qui n'eft peut- eftre jamais
arrivé à perfonne , pas mefine a
ceux qui ne font profeffion que
de lettres.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs