→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Titre

LETTRE à MM. D. D.

Titre d'après la table

LETTRE à MM. D. D.

Fait partie d'une section
Page de début
195
Page de début dans la numérisation
424
Page de fin
196
Page de fin dans la numérisation
425
Incipit

Vous avez raison, Monsieur, de vous plaindre de l'inadvertance qui m'est échappée

Texte
LETTRE à MM. D. D.
V ous
avez
raiſon
, Monfieur
, de vous
plaindre
de l'inadvertance
qui m'eft
échappée
, lorfque
j'ai parlé
de la pièce
du Valet
des deux
Maîtres
, imitée
de Goldoni
.
Je favois
que M. François
l'avoit
faite
en
fociété
avec
vous
, je fais même
à préſent
quels
font
les détails
qui vous appartiennent
& ceux qu'il
a droit
de réclamer
.Vous
n'avez
pas à vous
plaindre
de votre
part, Monfieur
;
& depuis
que
vous
m'avez
confié
votre
manufcrit
, je crois
plus fermement
encore
que je ne l'avois
penfé
, que le fuccès
de
cette
pièce
ne dépend
que de quelques
légères
corrections
. Le refus
des Comédiens
ne doit
pas vous décourager
; ils font
loin
de prétendre
à l'infaillibilité
, & je
les ai vus fouvent
reprendre
avec
le plus
grand
intérêt
des pièces
qu'ils
avoient
jugées
d'abord
avec
trop
de précipitation
,
J'ai vu le public
lui- même
fe conduire
à
peu près ainfi
, & applaudir
dans
un rems
ce qu'il
avoit
négligé
dans
un autre
. Habent
fua fata
libelli
.

Vous avez trop de talens , Monfieur
, pour ne pas voir toute les reffources
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
du fujet que vous avez traité , & pour facrifier
la gloire que vous pouvez en attendre.
Je voudrois avoir débuté comme
vous. "
J'ai lu le petit volume de poéfie que
vous avez fait auffi en fociété avec M.
François. J'ignore ce qui eft de lui , & ce
qui eft de vous ; mais j'ai été très - content
de l'épître aux Rois conquérans , de celle
qui eft adreffée à M. Piron , de celle d'un
père à fonfils fur les voyages , & enfin de
l'héroide de Servilie à Brutus. L'élégiefur
la mort de Monfeigneur le Dauphin , eſt
remplie de nobleffe & de fentiment. Voilà ,
Monfieur , ce qui me paroît , dans ce recueil
, annoncer les plus heureuſes difpofitions.
Si je fuis tombé , par hafard , fur
quelques pièces dont vous foyez l'auteur ,
je vous en fais mon compliment , & j'en
fais un à votre province * qui conferve
toujours le double avantage de fournir à
la France plus d'excellens efprits qu'aucune
autre , & d'avoir des héros pour
Gouverneurs ,
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Argenteuil , ce 8 mai 1768.
* La Bourgogne.
Signature

A Argenteuil, ce 8 mai 1768.

Collectivité
Faux
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
La lettre adressée à MM. D. D. discute de la pièce de théâtre 'Le Valet des deux Maîtres', inspirée de Goldoni. L'auteur reconnaît une erreur concernant la paternité de certains détails de la pièce, partagée avec M. François. Il souligne que la réussite de la pièce dépend de quelques corrections mineures et encourage le destinataire à persévérer malgré le refus initial des comédiens, citant des exemples d'œuvres initialement rejetées puis appréciées. L'auteur admire les talents du destinataire et les ressources du sujet traité, exprimant son souhait d'avoir débuté de manière similaire. Il a également lu un recueil de poésie écrit en collaboration avec M. François et apprécie particulièrement plusieurs pièces, notamment l'épître aux Rois conquérants, celle adressée à M. Piron, celle d'un père à ses fils sur les voyages, et l'héroïde de Servilie à Brutus. Il complimente aussi l'élégie sur la mort du Dauphin pour sa noblesse et son sentiment. Enfin, il félicite la Bourgogne pour son apport en excellents esprits et en héros gouverneurs.
Provient d'un lieu
Soumis par kipfmullerl le