Titre d'après la table
Huitiéme Préface de l'Auteur, & pourquoy.
Fait partie d'une livraison
Page de début
3
Page de début dans la numérisation
8
Page de fin
7
Page de fin dans la numérisation
12
Incipit
N'est-ce pas une chose étonnante, Messieurs, qu'on
Texte
EST - CE pas une
choſe étonnante ,
Meſſieurs , qu'on
me faſſe ſans ceſſe tant d'objections
, que l'obligation
où je ſuis d'y répondre me
jette tous les mois dans la
neceſſité de faire des Prefaces
? Pourquoy vous a-
Dec. 1714. Aij
ILALL
4
MERCURE
charnez - vous , me dit on ,
avec tant de fureur ſur un
tas de miferables pieces
dont on a fatigué la Cour
& la ville pendant les fix
premiers mois de vôtre noviciat
? Les Auteurs vont ſe
déchaîner contre vous ;
Verdun va achever de ſe
rendre parfaitement ridicule
par les efforts d'éloquence
qu'il va faire pour
répondre pitoyablement
aux traits ſatyriques que
vous avez lancez ſur lui .
Lefecond Pere des Captifs ,
dont vous n'avez fait , di
L
GALANT.
5
tes- vous ingenûment , que
le quart de la critique , va
debiter contre vous un recüeil
d'Epigrammes qu'il
promet à tout le monde. Et
l'Auteur du Vert- Galant
va vous joüer ſur la ſcene
avec tant d'art & d'eſprit ,
que vous vous garderez
bien dorénavant de lui dif
puter la gloire du brodequin
, qu'il proteste ne ceder
àà Moliere , que parce qu'il est
venu avant lui. D'ailleurs il
faut que vous ſoyez bien
aveugle ſur vos propres interêts
, pour ne pas vous
A iij
6 MERCURE
imaginer les noms que ces
Meſſieurs vont vous donner
dans toutes les ruelles. Ils
vont dire de vous ce que
vous avez au moins dit
d'eux ; ils vont vous faire
paſſer pour un étourdi,pour
un temeraire : ilsvont , en
un mot , décrier vôtre perſonne
, vos moeurs & vôtre
livre. Je peux convenir avec
vous , Meffieurs , de ce raiſonnement
, fans être obligé
de convenir qu'ils ayent
raiſon, & c'eſt à vôtre équité
que je m'en rapporte. Je
ne connoiffois ni eux , ni
1
GALANT.
7
leurs ouvrages , quand j'ai
entrepris le grand rôle que
je joue àpreſeenntt..Vousmavez
appris vous- même à les
connoître : vous m'avez enfin
avoüé cent fois les uns
& les autres que vous achetiez
Verdun ſans ſçavoir
pourquoy , & que vous alliez
à ces dernieres Comedies
ſeulement par habitude.
J'ai été curieux, malgré
la foy que je devois ajoûter
à vos témoignages. J'ai lû
ce Journal de campagne ,
& je me ſuis ennuyé comme
vous à le lire.
choſe étonnante ,
Meſſieurs , qu'on
me faſſe ſans ceſſe tant d'objections
, que l'obligation
où je ſuis d'y répondre me
jette tous les mois dans la
neceſſité de faire des Prefaces
? Pourquoy vous a-
Dec. 1714. Aij
ILALL
4
MERCURE
charnez - vous , me dit on ,
avec tant de fureur ſur un
tas de miferables pieces
dont on a fatigué la Cour
& la ville pendant les fix
premiers mois de vôtre noviciat
? Les Auteurs vont ſe
déchaîner contre vous ;
Verdun va achever de ſe
rendre parfaitement ridicule
par les efforts d'éloquence
qu'il va faire pour
répondre pitoyablement
aux traits ſatyriques que
vous avez lancez ſur lui .
Lefecond Pere des Captifs ,
dont vous n'avez fait , di
L
GALANT.
5
tes- vous ingenûment , que
le quart de la critique , va
debiter contre vous un recüeil
d'Epigrammes qu'il
promet à tout le monde. Et
l'Auteur du Vert- Galant
va vous joüer ſur la ſcene
avec tant d'art & d'eſprit ,
que vous vous garderez
bien dorénavant de lui dif
puter la gloire du brodequin
, qu'il proteste ne ceder
àà Moliere , que parce qu'il est
venu avant lui. D'ailleurs il
faut que vous ſoyez bien
aveugle ſur vos propres interêts
, pour ne pas vous
A iij
6 MERCURE
imaginer les noms que ces
Meſſieurs vont vous donner
dans toutes les ruelles. Ils
vont dire de vous ce que
vous avez au moins dit
d'eux ; ils vont vous faire
paſſer pour un étourdi,pour
un temeraire : ilsvont , en
un mot , décrier vôtre perſonne
, vos moeurs & vôtre
livre. Je peux convenir avec
vous , Meffieurs , de ce raiſonnement
, fans être obligé
de convenir qu'ils ayent
raiſon, & c'eſt à vôtre équité
que je m'en rapporte. Je
ne connoiffois ni eux , ni
1
GALANT.
7
leurs ouvrages , quand j'ai
entrepris le grand rôle que
je joue àpreſeenntt..Vousmavez
appris vous- même à les
connoître : vous m'avez enfin
avoüé cent fois les uns
& les autres que vous achetiez
Verdun ſans ſçavoir
pourquoy , & que vous alliez
à ces dernieres Comedies
ſeulement par habitude.
J'ai été curieux, malgré
la foy que je devois ajoûter
à vos témoignages. J'ai lû
ce Journal de campagne ,
& je me ſuis ennuyé comme
vous à le lire.
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier