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Titre d'après la table

Paralelle de M. Devizé & de M. de la Bruyere. / Critique d'un distique de Centeüil à l'occasion du Portrait du Roy gravé par de Lincks d'après le sieur de la Haye.

Page de début
171
Page de début dans la numérisation
178
Page de fin
177
Page de fin dans la numérisation
184
Incipit

Je suis fort redevable à M. D. L. S. des Lettres pleines

Texte
Je ſuis fort redevable à M.
D. L. s. des Lettres pleines
d'érudition , &des bons conſeils
qu'il m'envoye , ſi j'avois
l'honneur de le connoiſtre ,
je le remercierois particulierement
de l'obligation que le
Publicluy peut avoir s'il me
tient parole. La maniere dont
ildeffend la memoire de feu
Pij
172 MERCURE
M. Devizé contre le fiel de
M. de la Bruyere , elt pleine
d'équité , de gout & d'eſprit .
Onpeut mettre , dit il , au nombre
des gasconades , c'est-à-dire
des hyperboles outrées ce queM.
de la Bruyere dit du Mercure
Galant ,qu'il étoit immediatement
au-dessous du Rien , la
pensée n'est pas juste & elle doit
estre mise au nombre de celles
qui font marquées à ce coin par
leP. Bouhours dans ſa maniere
de bien penfer. Au fonds cela est
faux : ontrouvoit dans leMercure
de M. Devizé de jolis
morceaux , on y apprennoit les
GALANT. 173
و
familles , ceux qui venoient au
monde &ceux qui enſortoient,
les pieces qui couroient dans le
monde galant , ce quise paßoit
dans la Republique des Lettres
l'histoire du fiecle courant.
Compte- t- on cela pour rien ?
on vit dans le monde il est bon
de sçavoir ce qui s'y paffe ; cela
vaut mieux que de rétablir une
lacune d'un Auteur Grec , ou
un paffage corrompu.
M. Devizé écrivoit poliment
es agreablement ,ſonſtile
estoit chaftié & correcte , on le
liſoit avec plaisir. M. de la
Bruyere écrivoit durement ,fon
Piij
174 MERCURE
Aile estoit negligé ; & on fent
en lifantſes ouvrages que l'Auteur
estoit chagrin &atrabilaire,
& toûjours en colere contre le
genre humain :ſon ſtile eſtpoëtique
, & montéſurdes échaſſes =
il tient bien plus de Juvenal que
d'Horace:je ne parle point du
fonds des choses ; maisſeulement
de la maniere dont il metſespenfées
en oeuvres.
M. D. L. s . qui continuë
ces remarques avecbeaucoup
de diſcernement & d'érudition
, en fait dans ſa Lettre
une autre que je renvoye à
l'Académie des Medailles &
GALANT 175
&aux Sçavants qui s'y connoiffent.
Je vis , dit- il , ces
jours paffez ,le Portrait du
Roy gravé par Lincks d'aprés
le freur de la Haye ,& dans
l'enfoncement une Montagne
fur laquelle estoit un Chasteau
tout en feu au bas de l'Eftampe
ce Discours Latin du fameux
Santeüil.
Vicit inacceffis conſiſas rupibus
f arces
Miraris ! per Rhenum hic fibi .
fecit iter.
Santolinus Victorinus.
Pourquoy s'étonner que Loüis
Prenne une Place inacceffible ,
....
Piiij
176 MERCURE
Son bras n'est- il pas invincible ,
Et leRein n'a-t-ilpas fait un
paffage aux Lis.
Je doutay , ajoûte-t-il , que
vincere arcem , eut esté employé
ſouventdans le temps d'Auguste
pour dire prendre une Ville ;
mais je ſoutins que confifas
estoit un barbariſme : le Poëte
aura crû que de conſido , confidi
, venoit conſiſum; mais
c'est confeffum. Je ſuis trop
du ſentiment de l'Auteur de
la remarque , pour prendre
le parti de Santeüil contre
luy. Si quelqu'un juge à propos
de le faire , je rendray ,

GALANT. 177
fi cela luy fait plaiſir , fa ré
ponſe publique.
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
L'auteur exprime sa reconnaissance à M. D. L. s. pour ses lettres savantes et ses conseils. Il loue M. Devizé pour avoir défendu la mémoire de feu Pij contre les critiques de M. de La Bruyère concernant le *Mercure Galant*. M. Devizé reproche à La Bruyère une hyperbole excessive et valorise le contenu du *Mercure*, riche en informations sur les familles, les événements mondains et les nouvelles littéraires, essentiels pour comprendre la société de l'époque. En revanche, il décrit le style de La Bruyère comme rude et négligé, comparable à celui de Juvenal plutôt qu'à Horace. M. D. L. s. aborde également une gravure du portrait du roi Louis accompagnée d'un discours latin de Santolinus, discutant de l'usage approprié des termes latins, soutenant l'observateur qui critique le barbarisme dans le poème.
Est rédigé par une personne
Remarque

Le texte entremêle la lettre de M. D. L. S. et le commentaire du journaliste.

Fait partie d'un dossier
Soumis par kipfmullerl le