Titre
AVIS DONNÉ A MADEMOISELLE ........... de l'infidelité que luy faisoit sont Amant.
Titre d'après la table
Avis donné à Mademoiselle... de l'Infidelité que luy faisoit son Amant.
Fait partie d'une livraison
Page de début
180
Page de début dans la numérisation
195
Page de fin
185
Page de fin dans la numérisation
202
Incipit
On croit peut tout ce qu'on nous dit
Texte
AVIS DONNE' A MADEMOISELLE
de l'infidelit que
1iiy faisoit son Amant. ONcroit peu tout ce qu'on nomdit.
Contre le cher Objet de mftre tendre
flâme, -
Et la Vérité mesme, à convaincre mftre
Ame,
:AHrqjt bien de la peine, &feroitfmr
créditNoflrecoeur
en secret qui pour luy s'interesse,
NsUl dit que ceftpeut-eifreunpiege qui
luydresse
P'n fourbe, un calomniateur,
Quetoutsoncrimeefifonmalheur,
Quon luy fait injuflice,& qu'a tort
on l'accuse.
Nom foupfonnonsfowvent le Dénonciateur,
Ou de haine, ou d'envie, ou de jaloufc
rufeÔ
Nous le jugeonstoujours trop credule*,
r. l'erreur
D'uneapparence, ou vaine, outràmpeu*
Je
, ou cotifttfe.
Tout eji fufpecl, tout efl abus
On le , juge innocent p&rcequ'on lefouhaitte,
On demande une preuve & plus claire
-& plus nette , On se flatteon balance,en doute tout
au plus,
.duplus hommede biennotre foy, se rifuft;,
Et de ce crime enfin
}
malgrénous anvaincus,
Vn resse de tendresse on l'ébfiiut, ou t'ex~
cufe®. 0- Jeneconnaisquetroplepéril cfutje cours,
Mdis bien plus que la peur vofire imereft
me touche,
Et ne pouvant de quelques jours
Vousfaireentendre par ma èmche
Uinconfiancede€Udamû,
- .:'
J'ay crû qu'an moins parcette Lettre
se dévots au plîetofi vous en donner "V
Et que vous pouviez, me permettra
Cette petite liberté,
Qu'après toutje ne prens que pour vofire
fervtce.
Heureux dans mon dessein pourveu qu'il
reussisse!
Cependantjemefuisflatté
Que mon zele ardent & sincere,
Et mesmea voftrecoeurutile&faiutaire,
N'aveit rien qui dufi vous diplairl
4Vy qui pufi contremoy vouscar.fer du
dépit.
J$olcy donc, belle Iris, ce secret a'importance
Et le v,eritable recit
Defaprodigieufe & nouvelleinconfiance- CT Tantofiriennesi si doux, rien si beau
que vos yeux,
Tantofi cefont vos 'blonds cheveux
R.i meritent cette louange;
TantofifiIon en croit cet infidelleAmanti
Voflre teint efi celuy d'un Angeil ; revienne dans un moment,
Par un contrairesentiment
* Il dira qu'il n'efi rien qui vAillel
Et vofireport & vofire taille;
Aujourd'huyvefire belle humeur
L?enchante& luy ravit, le coeur;
Ce fera demain autre chose,
Il voudra me/me que la Rose
N'aitpoint f(u'àvcftre ce brillant coloris
bouche; que le lys
Y,usle cede dabord, & confesseà
honte
Quevofireblancheur le fUrTnDnt
yous diray-je ce quil me dit
Lundy matindevostre espritt
Ce ntjlo't que delicilteffi.
Quelumiere
} que politesse
Que , complaisance
, que douceur,
Et le foir changeant de langage>
Que rien negalotvostre coeur>
Quifourfes vrais stmis estoit plein de
chaleur; •'Que le tour de vostre visage
Avoit je ne sçay quels appas
Que toutes les autres n'ont pas.
Helas! mon cher Tircis, ajoûta-t-il tllcore
, -Que la charmante Iris que j'aime, que
j'adore,
A de grace en ce qu'elle fait!
Mais pour achever ce Portrait
Qui me semble peu digne d'elle,
Ah! quefon Ame estgrande! Ah! qu'-
elle est bonne & belle! m
Enfincest ainsi chaque jour
Que ce trop aimable volage
Entre vous mesmese partage,
Et que tous vosappasl'engageans tout à :
tour,
Il change & d'objet &- d'amour.
Hê bien, Iris, hé bien d'une telle incon--
fiance
Que dit tout bas vofirecouroux?
Le zele qui m'attache a vous,
Devvitilgarder le silence ?
Ma;! je le dis encor, tout criminel qu'il 4
On a peine à punir un coupable qui
pla-fl1- El le coeur en secret qui veut son iJmo-
-
cence, 1 Pesant soncrime & son amour, ttant de feux dans la balance
Qu'avec cette prompte ajfifls.nce
Le Baffm qui levait se rab/ffe à [on.
-tour
YIS le cossé de la clrmttJce.
de l'infidelit que
1iiy faisoit son Amant. ONcroit peu tout ce qu'on nomdit.
Contre le cher Objet de mftre tendre
flâme, -
Et la Vérité mesme, à convaincre mftre
Ame,
:AHrqjt bien de la peine, &feroitfmr
créditNoflrecoeur
en secret qui pour luy s'interesse,
NsUl dit que ceftpeut-eifreunpiege qui
luydresse
P'n fourbe, un calomniateur,
Quetoutsoncrimeefifonmalheur,
Quon luy fait injuflice,& qu'a tort
on l'accuse.
Nom foupfonnonsfowvent le Dénonciateur,
Ou de haine, ou d'envie, ou de jaloufc
rufeÔ
Nous le jugeonstoujours trop credule*,
r. l'erreur
D'uneapparence, ou vaine, outràmpeu*
Je
, ou cotifttfe.
Tout eji fufpecl, tout efl abus
On le , juge innocent p&rcequ'on lefouhaitte,
On demande une preuve & plus claire
-& plus nette , On se flatteon balance,en doute tout
au plus,
.duplus hommede biennotre foy, se rifuft;,
Et de ce crime enfin
}
malgrénous anvaincus,
Vn resse de tendresse on l'ébfiiut, ou t'ex~
cufe®. 0- Jeneconnaisquetroplepéril cfutje cours,
Mdis bien plus que la peur vofire imereft
me touche,
Et ne pouvant de quelques jours
Vousfaireentendre par ma èmche
Uinconfiancede€Udamû,
- .:'
J'ay crû qu'an moins parcette Lettre
se dévots au plîetofi vous en donner "V
Et que vous pouviez, me permettra
Cette petite liberté,
Qu'après toutje ne prens que pour vofire
fervtce.
Heureux dans mon dessein pourveu qu'il
reussisse!
Cependantjemefuisflatté
Que mon zele ardent & sincere,
Et mesmea voftrecoeurutile&faiutaire,
N'aveit rien qui dufi vous diplairl
4Vy qui pufi contremoy vouscar.fer du
dépit.
J$olcy donc, belle Iris, ce secret a'importance
Et le v,eritable recit
Defaprodigieufe & nouvelleinconfiance- CT Tantofiriennesi si doux, rien si beau
que vos yeux,
Tantofi cefont vos 'blonds cheveux
R.i meritent cette louange;
TantofifiIon en croit cet infidelleAmanti
Voflre teint efi celuy d'un Angeil ; revienne dans un moment,
Par un contrairesentiment
* Il dira qu'il n'efi rien qui vAillel
Et vofireport & vofire taille;
Aujourd'huyvefire belle humeur
L?enchante& luy ravit, le coeur;
Ce fera demain autre chose,
Il voudra me/me que la Rose
N'aitpoint f(u'àvcftre ce brillant coloris
bouche; que le lys
Y,usle cede dabord, & confesseà
honte
Quevofireblancheur le fUrTnDnt
yous diray-je ce quil me dit
Lundy matindevostre espritt
Ce ntjlo't que delicilteffi.
Quelumiere
} que politesse
Que , complaisance
, que douceur,
Et le foir changeant de langage>
Que rien negalotvostre coeur>
Quifourfes vrais stmis estoit plein de
chaleur; •'Que le tour de vostre visage
Avoit je ne sçay quels appas
Que toutes les autres n'ont pas.
Helas! mon cher Tircis, ajoûta-t-il tllcore
, -Que la charmante Iris que j'aime, que
j'adore,
A de grace en ce qu'elle fait!
Mais pour achever ce Portrait
Qui me semble peu digne d'elle,
Ah! quefon Ame estgrande! Ah! qu'-
elle est bonne & belle! m
Enfincest ainsi chaque jour
Que ce trop aimable volage
Entre vous mesmese partage,
Et que tous vosappasl'engageans tout à :
tour,
Il change & d'objet &- d'amour.
Hê bien, Iris, hé bien d'une telle incon--
fiance
Que dit tout bas vofirecouroux?
Le zele qui m'attache a vous,
Devvitilgarder le silence ?
Ma;! je le dis encor, tout criminel qu'il 4
On a peine à punir un coupable qui
pla-fl1- El le coeur en secret qui veut son iJmo-
-
cence, 1 Pesant soncrime & son amour, ttant de feux dans la balance
Qu'avec cette prompte ajfifls.nce
Le Baffm qui levait se rab/ffe à [on.
-tour
YIS le cossé de la clrmttJce.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
L'auteur écrit à Iris pour l'informer de l'infidélité de son amant. Il reconnaît la difficulté de croire à une telle trahison et la nécessité de preuves pour convaincre le cœur. Incapable de révéler cette information directement, il choisit de le faire par lettre, espérant que son geste sera bien accueilli. L'auteur décrit l'inconstance de l'amant, qui alterne entre compliments et critiques envers Iris, la comparant tour à tour à une rose et à un lys. Il demande à Iris comment elle réagit à cette situation et note que, malgré les fautes de l'amant, il est ardu de le punir lorsque le cœur souhaite son innocence.