Titre
A Mr LE MARQUIS DE B.
Titre d'après la table
Sonnet,
Fait partie d'une livraison
Page de début
100
Page de début dans la numérisation
113
Page de fin
102
Page de fin dans la numérisation
115
Incipit
J'ajoûte un Sonnet, que vous ne serez pas fâchée de voir. / Les Chevaux du Soleil sçavoient bien leur leçon ;
Texte
J'ajoûte un Sonnet , que
vous ne ſerez pas fâchée de
voir. Il eſt de M² l'Abbé du
Claux , connu dans le Dauphiné
, par beaucoup d'endroits
qui le diftinguent. II
le fit fur ce qu'un jeune Marquis
, auſſi galant que bienfait
, avoit fervy de Cocher
à deux des plus aimables
Perſonnes de cette Province,
dont l'une a touché ſon coeur,
A M'LE MARQUIS DE B.
Es Chevaux du Soleilſçavoient
Attelcz dés long- temps au Char de la
Lumiere,
GALANT. ΙIΟOΙI
Ils ne quitoientjamais leur chemin
ordinaire .
Et quelfut cependant lefortde Phaë
ton?
Se
Prenez done garde à vous , trop hardy
Celadon ;
Ceux que vous conduisez ignorant
leur carriere,
Quand le coeur vous dira de regarder
derriere,
N'allez pasfuccomber à la deman
geaison .
SS
Lepéril en estgrand ; vous avezplus
àfaire
Que n'avoit autrefois ce Cocher teméraire,
Dont par tout l'imprudence alluma
tant defeux .
I ij
102 MERCURE
SS
Son employ demandoit moins deſoin ,
moins de peine,
Carpourson coup d'eſſay, ce beauFils
de Climene
Ne menoit qu'un Soleil , & vous en
menez deux .
vous ne ſerez pas fâchée de
voir. Il eſt de M² l'Abbé du
Claux , connu dans le Dauphiné
, par beaucoup d'endroits
qui le diftinguent. II
le fit fur ce qu'un jeune Marquis
, auſſi galant que bienfait
, avoit fervy de Cocher
à deux des plus aimables
Perſonnes de cette Province,
dont l'une a touché ſon coeur,
A M'LE MARQUIS DE B.
Es Chevaux du Soleilſçavoient
Attelcz dés long- temps au Char de la
Lumiere,
GALANT. ΙIΟOΙI
Ils ne quitoientjamais leur chemin
ordinaire .
Et quelfut cependant lefortde Phaë
ton?
Se
Prenez done garde à vous , trop hardy
Celadon ;
Ceux que vous conduisez ignorant
leur carriere,
Quand le coeur vous dira de regarder
derriere,
N'allez pasfuccomber à la deman
geaison .
SS
Lepéril en estgrand ; vous avezplus
àfaire
Que n'avoit autrefois ce Cocher teméraire,
Dont par tout l'imprudence alluma
tant defeux .
I ij
102 MERCURE
SS
Son employ demandoit moins deſoin ,
moins de peine,
Carpourson coup d'eſſay, ce beauFils
de Climene
Ne menoit qu'un Soleil , & vous en
menez deux .
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le texte présente un sonnet de l'Abbé du Claux, originaire du Dauphiné, dédié à un jeune Marquis décrit comme galant et bienfaisant. Ce poème célèbre le service du Marquis en tant que cocher pour deux personnes aimables de la province, l'une ayant touché son cœur. Adressé à M. le Marquis de B., le sonnet utilise la métaphore des chevaux du Soleil pour illustrer la vigilance nécessaire dans ses actions. Il met en garde contre l'imprudence, rappelant le destin de Phæton, qui a perdu le contrôle du char du Soleil. Le poème exhorte le Marquis à éviter de regarder en arrière lorsqu'il guide des personnes ignorantes de leur propre chemin, soulignant le danger de cette imprudence. La tâche du Marquis est comparée à celle de Phæton, mais avec une responsabilité accrue, car il conduit non pas un, mais deux soleils.
Provient d'un lieu