Titre
COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
Fait partie d'une livraison
Page de début
204
Page de début dans la numérisation
653
Page de fin
206
Page de fin dans la numérisation
655
Incipit
Monsieur, J'ai trouvé dans les papiers de mon Prédécesseur le reméde contre la rage,
Texte
COPIE de la Lettre d'un Curé de
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
Langue
Genre paratextuel
Vers et prose
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
En novembre 1764, un curé de campagne adresse une lettre à un médecin parisien pour lui soumettre un remède contre la rage, découvert parmi les affaires de son prédécesseur. Les habitants de la paroisse attestent de son efficacité. Le curé demande au médecin d'examiner le remède afin qu'il puisse être reconnu et adopté dans tout le royaume. Ce remède est une poudre fabriquée à partir de coquilles d'huîtres mâles calcinées et tamisées. Elle peut être administrée en boule dans du pain, dans du vin blanc, ou dans une omelette cuite à l'huile. La dose varie selon la gravité du cas : six gros pour les personnes en accès, quatre gros pour celles mordues à sang ou blessées en mer, et deux gros pour celles pincées, léchées, éraflées ou craignant la rage. Le traitement doit être pris à jeun, sans nourriture ni boisson pendant trois heures après la prise.