Référence
MEYER Véronique, Pour la plus grande gloire du roi. Louis XIV en thèses, Rennes, Presses universitaires de Rennes ; Versailles, Centre de recherche du Château de Versailles, 2017.
Référence courte
Meyer 2017
Lien vers l'étude
Type de référence
Texte
de province, il apparaît en haut de l’affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants Lire en ligne
Informations sur la couverture
étaient issus de l’entourage royal, ...
Rechercher dans le
livre Lire plus
Note de l’éditeur
ePub
Le Catalogue raisonné des thèses dédiées à Louis XIV est disponible sur Nakala, https://
Table des matières
nakala.fr/10.34847/nkl.3bddkj47
Citer
Éditeur : Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles
Lieu d’édition : Rennes PDF Partager
Publication sur OpenEdition Books : 2 février 2022
ISBN numérique : 978-2-7535-8529-4
Cité par
Suggérer DOI : 10.4000/books.pur.155065
l’acquisition à
Recensé par Collection : Histoire votre bibliothèque
Année d’édition : 2017
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-5464-1 Acheter
Nombre de pages : 372
Édition
imprimée
Sommaire Résumé Auteur
Presses
universitaires
C’est au xvii e siècle en France que la thèse illustrée connaît son apogée. À l’exemple de de Rennes
Richelieu et de Mazarin, Louis XIV accorda aux thèses une place de choix dans la diffusion de
son image. De 1638 amazon.fr à 1704, plus de 130 thèses de philosophie, théologie, droit et médecine
decitre.fr
lui furent dédiées. Même si certaines sont destinées à son père, à sa mère ou aux parlements
mollat.com de province, il apparaît en haut de l’affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants
leslibraires.fr
étaient issus de l’entourage royal, fils de ministres ou de parlementaires, membres de
placedeslibraires.fr
congrégations religieuses, et quelquefois même étrangers. Courtisans, parlementaires et
lcdpu.fr
ecclésiastiques de haut rang participaient à la soutenance publique où le candidat et sa
famille adressaient des éloges au roi. On y distribuait des affiches ornées de son portrait ou ePub / PDF
d’une allégorie à sa gloire exécutées par les meilleurs artistes du temps, aussi les dépenses
engagées étaient-elles considérables. Soutenues à Paris, mais également en province et à Mots-clés :
l’étranger, les thèses, et avec elles l’image du roi, pénétraient les demeures des Français et se , France
, diffusaient à l’extérieur du royaume. Cet ouvrage décrit successivement la place des thèses histoire moderne
, dans cour thèse le cursus universitaire, leur soutenance, leur dédicace et leur diffusion ainsi que
l’élaboration de leurs illustrations, en insistant sur le rôle des peintres, graveurs et éditeurs. Il Thèmes :
, montre comment elles rendent compte de l’histoire du roi et de l’évolution de son portrait Histoire France
physique et moral. Ce volume est accompagné d’un catalogue raisonné, abondamment
illustré, des thèses dédiées au roi, consultable sur les sites du Centre de recherche du
château de Versailles et des Presses universitaires de Rennes.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Dans la même collection De la même personne
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi
Presses universitaires de Rennes
Pour la plus grande gloire du roi
Louis XIV en thèses Accès ouvert
Véronique Meyer freemium
C’est au xvii e siècle en France que la thèse illustrée connaît son apogée. À l’exemple de
Richelieu et de Mazarin, Louis XIV accorda aux thèses une place de choix dans la diffusion de
son image. De 1638 à 1704, plus de 130 thèses de philosophie, théologie, droit et médecine
lui furent dédiées. Même si certaines sont destinées à son père, à sa mère ou aux parlements
de province, il apparaît en haut de l’affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants Lire en ligne
Informations sur la couverture
étaient issus de l’entourage royal, ...
Rechercher dans le
livre Lire plus
Note de l’éditeur
ePub
Le Catalogue raisonné des thèses dédiées à Louis XIV est disponible sur Nakala, https://
Table des matières
nakala.fr/10.34847/nkl.3bddkj47
Citer
Éditeur : Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles
Lieu d’édition : Rennes PDF Partager
Publication sur OpenEdition Books : 2 février 2022
ISBN numérique : 978-2-7535-8529-4
Cité par
Suggérer DOI : 10.4000/books.pur.155065
l’acquisition à
Recensé par Collection : Histoire votre bibliothèque
Année d’édition : 2017
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-5464-1 Acheter
Nombre de pages : 372
Édition
imprimée
Sommaire Résumé Auteur
Presses
Véronique Meyer universitaires
de Rennes
Professeur d’histoire de l’art à l’université de Poitiers, est spécialiste de l’estampe à l’époque
moderne. Elle a publié notamment avec la Commission des travaux historiques de la Ville de amazon.fr
Paris L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du xvii e siècle. Peintres, graveurs, decitre.fr
éditeurs (2002) et L’oeuvre gravé de Gilles Rousselet (2004), et participé à l’exposition Images du mollat.com
Grand Siècle. L’estampe française au temps de Louis XIV (1660- 1715) , (Bnf-Getty Research leslibraires.fr
Institute, 2015-2016). placedeslibraires.fr
lcdpu.fr
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments ePub / PDF
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Mots-clés :
, Dans la même collection De la même personne France
, histoire moderne
, cour thèse
Voir plus de livres
Thèmes :
, Histoire France
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Remerciements
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Remerciements Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Remerciements
p. 7
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Que soient remerciés ici Vincent Bastien (château de Versailles), Michèle Bimbenet-Privat
livre (musée du Louvre), Christiane Boulan (Lisieux, médiathèque André-Malraux), Jean-Claude
Boyer (CNRS), Barbara Brejon de Lavergnée (Bibliothèque nationale de France,
département des Estampes), Emmanuelle Brugerolles (École nationale supérieure des
PDF
beaux-arts de Paris), Charlotte Chastel-Rousseau (musée du Louvre), Philippe Cornouaille
Table des matières
(université Paris-Sorbonne), Claire Dalzin (Toulouse, musée Paul-Dupuy), Anne d’Hauwer
(Bruxelles, bibliothèque Royale, Cabinet des estampes), Marlies Dornig (Vienne,
Citer Bibliothèque nationale), Alexandra Flore (Lyon, bibliothèque municipale), Isabelle Fortuné
(Poitiers, université), Peter Fuhring (Paris, Fondation Custodia), Bénédicte Gady (musée du
Partager Louvre), Benoit Gromellon, Pierre Guinard (Lyon, bibliothèque municipale), Caroline Jame PDF du
(Abbeville, musée Boucher-de-Perthes), Colin Holden (Melbourne, université), Lauren Laz chapitre
(Avignon, musée Angladon), Séverine Lemaître (Poitiers, université), Séverine Lepape Plan
(musée du Louvre, Cabinet Rothschild), Rodolphe Leroy (Dijon, bibliothèque de la Maison
des sciences de l’homme), Brian Mac Cuarta Suggérer SJ (Rome, ARSI), Élisabeth Maisonnier (château
Plan détaillé l’acquisition à de Versailles), Philippe Martin (Lyon, bibliothèque municipale), Blandine Maufrais (Dinan, Texte intégral votre bibliothèque
bibliothèque municipale), Rémi Mathis (Bibliothèque nationale de France, département des
Estampes), Nicolas Milovanovic (musée du Louvre), Anne Nadeau (Toulouse, musée Paul-
Aller en haut de page Dupuy), Sophie Nawrocki (bibliothèque de l’Arsenal), Véronique Perret-Moussart (Presses Acheter
Aller en bas de page universitaires de Rennes), Annalisa Pezzo (Sienne, bibliothèque communale), Caroline
Poulain (Dijon, bibliothèque municipale), Michèle Poulizac (bibliothèque de Rennes Édition
imprimée
Métropole), Maxime Préaud (conservateur général honoraire des bibliothèques), Louise
Rice (New York University), Gérard Rico (Dijon, bibliothèque municipale), Philippe Rouillard Presses
(Bibliothèque nationale de France, département des Estampes), Béatrice Sarrazin (château universitaires
de Rennes de Versailles), Vanessa Selbach (Bibliothèque nationale de France, département des
Estampes), Barbara Selmeci Castioni (Fonds international suisse de la recherche amazon.fr
scientifique), Yann Sordet (Paris, bibliothèque Mazarine), Antoine Tarantino (Paris, galerie), decitre.fr
Anders Toftgaard (Copenhague, Bibliothèque royale), Hiltje de Vries (Leyde, bibliothèque mollat.com
universitaire), Eike Zimmer (Vienne, Bibliothèque nationale). leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
2 Je ne saurais oublier le Centre de recherche du château de Versailles : Alexandra Pioch, aux
lcdpu.fr
Éditions, à qui cette publication doit énormément, Marie Carlin pour le soin porté à
l’iconographie, ainsi qu’Alexandre Maral, Mathieu da Vinha, Gérard Sabatier et Hendrik ePub / PDF
Ziegler.
Naviguer dans le livre
Précédent Remerciements Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Avertissement
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Avertissement Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Avertissement
p. 9
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 À la fin du texte et avant l’index des noms de personnes cités dans le livre, on trouvera une
livre table chronologique sommaire des thèses dédiées au roi, suivie d’une table des thèses
dédiées aux membres de la famille royale, aux fils légitimés de Louis XIV et aux favorites.
2 Ce livre est complété par un Catalogue des thèses dédiées au roi (les notices sont signalées PDF
Table des matières dans le présent texte par la mention « cat. ») suivi en annexe d’un Inventaire des thèses
dédiées aux membres de la famille royale (notices signalées par la mention « ann. »), qui sont
Citer consultables en version numérique (PDF) sur le site du Centre de recherche du château de
Versailles [http://chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/
collection-aulica/coll-aulica-no10-pour-la-plusgrande-gloire-du-roi-louis-xiv-en-theses.html] PDF du Partager
et sur celui des Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/detail.php?
chapitre
idOuv=4364]. Ce catalogue contient des illustrations de toutes les thèses retrouvées, la
Plan description et la localisation des estampes, les renseignements biographiques concernant
les étudiants et la soutenance, les sources bibliographiques. Lorsqu’une notice de thèse est Suggérer
Plan détaillé accompagnée de plusieurs illustrations (différents états d’une gravure, documents ou l’acquisition à
Texte intégral dessins préparatoires…), chaque illustration est identifiée par le numéro de la notice suivi votre bibliothèque
d’une lettre. En fin de catalogue on trouvera une table des artistes, des étudiants,
Aller en haut de page présidents, lieux de soutenance et des gravures par genre. Le texte du présent ouvrage Acheter
comprend une sélection des illustrations du catalogue et en propose d’autres, Aller en bas de page
complémentaires, ne figurant pas dans ce dernier. Les illustrations du texte sont signalées Édition
par la mention « fig. » . Texte et catalogue sont donc complémentaires. imprimée
Naviguer dans le livre Presses
universitaires
Précédent Avertissement Valider Suivant de Rennes
amazon.fr
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments decitre.fr
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention mollat.com
contraire. leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
lcdpu.fr
Dans la même collection
ePub / PDF
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Introduction
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Introduction Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Introduction
p. 11-15
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Sous l’Ancien Régime, les étudiants de Paris et des principales villes du royaume, issus tant
livre des collèges de philosophie que des facultés de théologie, de médecine et de droit,
avaient coutume de dédier les thèses qu’ils soutenaient à des mécènes plus ou moins
prestigieux. Les plus fortunés – ou les plus ambitieux – faisaient à l’occasion imprimer une
PDF
estampe qui surmontait la dédicace et les positions. Cette pratique se développa en France
Table des matières
au début du xvii e siècle et y atteignit son apogée. Gravées pour la plupart au burin, les
thèses qui furent dédiées à Louis XIV comptent parmi les plus prestigieuses.
Citer
2 Alors que l’exposition Les effets du Soleil : almanachs du règne de Louis XIV 1 a attiré
l’attention d’un vaste public, les illustrations de thèses dédiées au roi n’ont pas encore PDF du Partager
bénéficié d’une telle manifestation ni d’une étude d’envergure. Pourtant leur intérêt n’est
chapitre
pas moindre. Allant de la composition allégorique la plus complexe, conçue par les
Plan peintres les plus célèbres comme Le Brun et Mignard, passant exceptionnellement par
l’énigme pour s’arrêter sur le portrait en buste, gravées par les artistes les plus recherchés Suggérer
Plan détaillé comme Nanteuil, Poilly ou Edelinck, ces estampes faisaient la fierté des impétrants, de leur l’acquisition à
Texte intégral famille, des collèges et des universités, mais aussi du dédicataire. votre bibliothèque
Notes de bas de page 3 Pour comprendre la raison d’être de ces illustrations, il faut d’abord s’interroger sur la
place de la soutenance dans la vie de la cité, sur ses enjeux sociaux, politiques et religieux, Acheter
Aller en haut de page et préciser l’importance de la thèse dans le cursus universitaire et le rôle du dédicataire.
Nous évoquerons tour Édition Aller en bas de page à tour les différents moments qui précédaient la soutenance, la
imprimée
préparation de la salle et la place faite au portrait du roi, puis la présence du public et son
influence sur le déroulement de la thèse. Que ce soit pendant ou après l’acte, des Presses
panégyriques, harangues et odes étaient adressés au candidat et au dédicataire. Les universitaires
de Rennes comptes rendus insérés dans la Gazette de Renaudot, celle de Loret et le Mercure galant ,
les récits des contemporains – mémoires ou correspondance – permettent de se faire une amazon.fr
idée de ces événements. Quelle image du souverain la thèse véhicule-t-elle ? À quelle decitre.fr
iconographie recourt-on pour célébrer sa grandeur dans les compositions allégoriques, les mollat.com
énigmes ou les portraits ? Comment cette image était-elle reçue tant en France qu’à leslibraires.fr
l’étranger ? Quel fut le rôle des peintres, des dessinateurs et des graveurs ? Il convient placedeslibraires.fr
1 ausPsairi sd, e muss’iénet érdeus sLeoru vre, 19 janv.-17 avr. 1995 à la thèse proprement dite, à son aspect matériel sous forme d’affiche lcdpu.fr
2 Ainsi ne mentionnent-ils que rarement comme tels les vingt-deux portraits de Nanteuil ou de livret, à la place qu’y occupe la dédicace, imprimée ou gravée, à ses rapports avec
signalés par Petitjean et Wickert six ans plus tôt. ePub / PDF l’illustration, aux retombées qu’en attendent le candidat et sa famille et à l’accueil que leur
3 S abatier 1999 et 2000.
faisait le roi.
4 K irchner 2008.
45 ParP merie z le2s0 0c3e nett 2v0i0n9g.t portraits de Louis XIV mentionnés en 1768 par Fevret de Fontette dans
6 sonC hâétdeitaiuo nd e deV ersailles et de Trianon, 19 octobre 2009-7 février 2010. la Bibliothèque historique du père Lelong, onze seulement auraient servi os
7 Dans le catalogue de l’exposition Charles Le Brun (L ens 2016, n 42-43) ont été sélectionnées pour des thèses. Élaborée en 1932 par Maumené et d’Harcourt, L’iconographie des rois de deux thèses gravées par Rousselet mais dédiées l’une à Pierre Séguier et l’autre à Claude
France ne fait qu’exceptionnellement allusion à cet usage, même lorsqu’il leur est connu 2
;
ils ne signalent aucune des grandes thèses allégoriques dans leurs chapitres « Le roi dans
les scènes historiques » et « Histoire du roi par l’allégorie. Glorification », alors qu’ils font la
part belle aux almanachs. Nous verrons que l’insertion ultérieure des portraits conçus et
gravés pour des thèses comble des manques importants dans la chronologie des effigies
royales. C’est la vision fragmentaire léguée par Maumené et d’Harcourt et l’absence d’un
catalogue des thèses et d’un corpus d’illustrations en rapport qui expliquent que les
historiens qui ont tracé le portrait physique, moral et politique de Louis XIV, comme Louis
Marin, Jean-Pierre Néraudau, Peter Burke, Ekkerhard Mai et plus récemment Gérard
Sabatier 3
, Thomas Kirchner 4 et Stanis Perez 5
, n’ont que rarement pris en compte ce genre
d’illustration pourtant mis en évidence par l’érudit picard Ferdinand Pouy dans des articles
parus entre 1867 et 1874.
5 En 2009, l’exposition Louis XIV : l’homme et le roi 6 évoque rapidement les thèses à travers
l’esquisse de Le Brun pour celle de la Guerre en 1677 7
. Le recours à de tels documents est
exceptionnel, même si deux ans plus tôt les thèses avaient été à l’honneur dans une autre
exposition sur la Galerie des Glaces : Charles Le Brun, maître d’oeuvre 8
, où en étaient
présentées cinq avec quelques études préparatoires. D’un catalogue à l’autre, seules sont
étudiées les thèses dont on conserve quelque modèle peint ou dessiné, comme dans les
Visages du Grand Siècle : le portrait français sous le règne de Louis XIV (1660-1715) 9
. Mais
dès 1700 10
, Florent Le Comte, et Carl Heinrich von Heinecken en 1778 11
, ont fait une
recension partielle des thèses dédiées au roi ; le second leur a même consacré une
rubrique à part dans son catalogue. Par la suite, Henry Jouin, Jacques Thuillier et Jennifer
Montagu 12 s’attachent avant tout à trois ou quatre des quelque vingt thèses dessinées par
Le Brun. Mais le premier peintre du roi ne fut pas le seul à être sollicité par les étudiants,
et bien d’autres artistes jouèrent un rôle important en ce domaine 13
.
6 Le chiffre donné par Lelong est-il proche de la réalité ? Si l’on se fie à son catalogue, la
première thèse daterait de 1660 et aucun portrait du roi n’aurait été gravé en 1671,
1673 et 1675. Qu’en est-il réellement ?
7 Pour répondre à cette question, il convient de recenser toutes les thèses où Louis XIV est
représenté, qu’elles lui soient ou non directement dédiées, d’en dresser le corpus et d’en
faire l’analyse, puis de mettre en évidence leur importance tout au long de sa vie. Quels
furent les peintres, dessinateurs et graveurs sollicités et les différents modes utilisés pour
célébrer Louis XIV ? Quand le roi apparaît-il pour la première fois sur un frontispice de
thèse ? Quelle est la fréquence des illustrations selon les périodes du règne ? Comment
évolue leur iconographie ? La thèse reflète-t-elle l’histoire du royaume ? Que révèle-t-elle
du roi et du comportement de ses sujets à son égard ? Quelle fut l’importance de ces
illustrations ?
8 Notre inventaire, qui s’élève à cent trente-six numéros, témoigne de l’importance
numérique des thèses, mais elles durent être bien plus nombreuses, car toutes n’étaient
pas ornées de nouvelles gravures et bien souvent, les étudiants usaient de portraits et
d’allégories commandés pour d’autres soutenances 14
, sans faire ajouter sur le cuivre leur
nom avec la mention Offerebat . Comme les positions et les dédicaces étaient en général
découpées par les collectionneurs, nulle trace ne subsiste de leurs thèses.
9 Cent trente et une thèses, auxquelles il faut en ajouter cinq dédiées aux parlements de
province et chambres des comptes, où l’allusion au roi est manifeste. Ce nombre est sans
précédent : personne avant Louis XIV, rois ou ministres, ne fut aussi souvent sollicité par
les étudiants. Ce chiffre exceptionnel est à mettre en rapport avec celui des portraits
peints, sculptés, gravés du monarque dont Maumené et d’Harcourt 15
, Peter Burke 16
,
Emmanuel Coquery 17 et Gérard Sabatier 18 ont également souligné la quantité
inhabituelle. Ce phénomène n’échappa pas aux contemporains qui, avec Bérulle et Saint-
Simon, s’en étonnèrent 19
.
10 Sur les cent trente-six thèses recensées, nous n’en avons retrouvé que trente-huit
conservées en entier. Sept thèses ont gardé une partie des positions, le nom du candidat,
la date et le lieu de la soutenance. Vingt autres ne sont connues que par des contrats, des
témoignages ou des dédicaces. Huit ou neuf restent à retrouver et ne sont plus identifiées
que par le bas de thèse, des mentions dans des comptes rendus et des descriptions du
temps. La tâche est difficile, car on ignore les sujets représentés et leurs créateurs. L’état
de deux des principales collections de thèses conservées à Paris permet de juger des
pratiques de certains collectionneurs. À la bibliothèque Sainte-Geneviève, collées dans des
recueils in-folio 20
, les thèses ont été découpées, et seules ont été préservées les estampes
avec la dédicace et les informations concernant la soutenance, alors que rien ne reste des
positions. À la bibliothèque de la Sorbonne, seules demeurent les positions et les
informations concernant la soutenance ; dédicaces et gravures ont été retirées, et
probablement intégrées dans d’autres recueils 21
.
11 Une lettre de Chapelain adressée à Guez de Balzac le 30 octobre 1638 22 prouve que les
contemporains ne gardaient parfois que l’image et que l’affiche les embarrassait :
« Il y a dix ou douze jours, Mr. Arnaud le bachelier 23 me doit bailler une thèse de son
acte de Sorbonique pour vous l’envoyer. C’est un hommage dont vous luy
témoignerés quelque gré dans les lettres que vous m’escrirés. Mais j’ay la mine de ne
vous en envoyer que la taille-douce qui est de Melan 24
[ sic ] et fort bele et d’attendre à
vous faire voire son texte disputable quand vous me le demanderés, car c’est une
horrible charge pour vostre courrier. Et luy et toute sa Maison vous sont fort acquis et
me prient souvent de vous asseurer de leur service. »
12 En majorité, les thèses dédiées au roi ont été soutenues à Paris ; dix-sept l’ont été en
province : une à Ath, Castelnaudary, Dijon, Lille et Poitiers, trois à Rennes, quatre à Rouen
et cinq à Marseille 25
. Pour treize autres, les soutenances se déroulèrent hors des
frontières : une à Mayence, au Siam, à Sienne, Turin et Vienne et neuf à Rome. Le lieu de
soutenance de vingt-deux thèses reste à découvrir, mais il est probable que ce fut Paris
pour la plupart.
13 La première thèse date de 1638 et la dernière de 1704. Vingt-six sont antérieures à 1661.
Quarante-huit sont ornées de compositions historiées 26
, dont vingt gravées
entre 1638 et 1660 et vingt-sept entre 1661 et 1703. Les soixante autres sont surmontées
de portraits. Le premier portrait date de 1643 mais jusqu’en 1660 on n’en compte que
trois. Certains sont présentés simplement dans un ovale, d’autres sont accompagnés
d’attributs allégoriques.
14 Le roi a reçu l’hommage de thèses durant la majeure partie de sa vie. Jusqu’aux
années 1660, elles sont peu nombreuses, et peuvent être abordées selon l’ordre
chronologique. Mais la production connaît un essor considérable au début du règne
personnel 27
. Pour tenir compte des spécificités de la production, il est donc préférable de
retenir un ordre différent. Nous aborderons d’abord les allégories historiées et ensuite les
portraits. La chronologie de ces rubriques permettra de juger de la fréquence de
l’hommage rendu au roi, de l’évolution de la présentation et de l’iconographie des thèses,
et de cerner la volonté politique qui présida aux choix des représentations.
15 Les grandes thèses allégoriques gravées par Poilly et Edelinck sont les plus célèbres. On
les trouve dans un grand nombre de catalogues de vente sous le nom de Tèse de la Paix
(cat. 92), Tèse de la Guerre ou Tèse de la Providence (cat. 84) et Triomphe de la Religion (cat.
100) 28
. Mais ce sont toujours les mêmes pièces, dessinées par Mignard, Le Brun, Ferri,
Lemoyne, gravées par Callot, Poilly, Edelinck, Spierre et Roullet. On retrouve ces thèses
prestigieuses dans les grandes collections d’estampes de la fin du xvii e et du xviii e siècle,
dans celle du marquis de Béringhen 29 qui possède plusieurs paquets de thèses 30
, dans
celle du duc de Mortemart 31
, du duc d’Estrées en 1741 32
, et dans le catalogue de la vente
de l’éditeur Robert Hecquet, le 28 février 1752 33
. Citons encore la vente du cabinet de M.
Gravelle, le 17 avril 1752, où l’on trouve les thèses gravées par Poilly, Pitau, Edelinck, Callot,
Mellan, Roullet ; le Catalogue de desseins des trois écoles […] dont plusieurs gravées à l’eauforte
par les Carraches, Barroche et autres maîtres , le 13 décembre 1762 par les sieurs Helle
o o et Remy 34
, où au n 388 figurent la Tèse de la Paix (cat. 92) et au n 389 soixante-trois
thèses différentes ; le Catalogue d’une belle collection de desseins & d’estampes d’un très beau
choix de tous les meilleurs maîtres étrangers & françois 35 o
, avec au n 157 deux grandes
thèses, Louis XIV et la Religion par Edelinck (cat. 100) et « la thèse du Dauphin, régnant
d’après Boucher » ; et enfin le 12 floréal an XIII (2-15 mai 1805), le catalogue de la vente
Saint-Yves 36 avec au n o 255 la Tèse de la Providence (cat. 84)…
16 Avant d’aller plus loin une précision s’impose : la dédicace tient une place considérable que
ce soit sur la thèse elle-même ou lors de la soutenance, qui est publique et ouverte à tous.
Pour cette raison, l’État n’y fut pas indifférent, et après avoir été dédiées soit au roi soit aux
ministres, à partir de 1663-1665 les thèses les plus prestigieuses le furent presque
exclusivement à Louis XIV. Une thèse dédiée au roi quittait le cadre étroit du collège, du
couvent ou de l’université et gagnait toute la France et l’étranger. La présence de la gravure
explique aussi que Louis XIV et ses conseillers encouragèrent ce genre d’hommage : plus
qu’un long discours, elle proclamait sa puissance. L’affiche était un objet de collection, une
oeuvre d’art qui contribuerait à rappeler sa grandeur aux générations futures 37
. Le souci
de la postérité est une constante au xvii e siècle. En 1670, dans son discours sur l’histoire
du roi à l’Académie, Paul Pellisson précise qu’il faut travailler à l’image du roi pour « la
mémoire future du lecteur » et à tout moment rendre « le spectateur admiratif 38 ». De
même, le Mercure galant de janvier 1687 décrit une thèse imaginaire qui doit représenter
toute l’histoire du roi, dûment illustrée d’un portrait de « Louis Le Grand », de médailles et
de devises célébrant ses actions et ses vertus, avec pour dédicace : « À LA POSTÉRITÉ 39 ».
Notes de bas de page
1 Paris, musée du Louvre, 19 janv.-17 avr. 1995
2 Ainsi ne mentionnent-ils que rarement comme tels les vingt-deux portraits de Nanteuil
signalés par Petitjean et Wickert six ans plus tôt.
3 S abatier 1999 et 2000.
4 K irchner 2008.
5 P erez 2003 et 2009.
6 Château de Versailles et de Trianon, 19 octobre 2009-7 février 2010.
os
7 Dans le catalogue de l’exposition Charles Le Brun (L ens 2016, n 42-43) ont été
sélectionnées deux thèses gravées par Rousselet mais dédiées l’une à Pierre Séguier et
l’autre à Claude Bouthillier, qui datent des années 1641 et 1642.
os
8 M eyer 2007 a ; V ersailles 2007, n 45-52.
9 C oquery 1997.
10 L e C omte 1699-1700, t. II, p. 424-428.
11 H einecken 1778-1790, t. III, p. 412-415.
12 Leur intérêt les portait vers le dessin et la peinture et non vers la gravure.
13 M eyer 1997.
14 Ainsi les Minimes de Marseille utilisèrent en 1685 un portrait gravé deux ans plus tôt
par Pierre Simon (cat. 106) et en 1703 celui que Drevet avait exécuté en 1696-1697 d’après
Rigaud (cat. 135).
15 M aumené et d’H arcourt 1932.
16 B urke (1992) évalue à 300 le nombre de portraits du roi exécutés de son vivant, toutes
techniques confondues, et le rythme de la production à une quarantaine par décennie,
avec une hausse dans les années 1680, due en particulier aux statues équestres érigées en
province.
17 Ainsi C oquery (1997) a recensé 200 portraits peints et 700 gravures.
18 S abatier 2006.
19 C oquery 1997.
20 Les thèses ont été réunies par le père Lallemant (1622-1673), prieur de Sainte-
Geneviève, professeur de rhétorique au collège du cardinal Lemoine, recteur
de 1653 à 1655 et chancelier de l’université en 1662.
21 La collection de portraits conservée à la bibliothèque de la Sorbonne pourrait avoir
été formée à partir de ces suppressions. Lorsqu’elles ne sont pas illustrées, les thèses ne
sont pas aisées à trouver. Le 13 mai 1679, dans une lettre à son frère qui lui demandait
plusieurs thèses, Pierre Bayle répondait qu’il les lui enverrait « pourvu que je les puisse
trouver, ce qui n’est pas si facile que vous croïez […], on ne garde pas de ces sortes de
feuilles-là » (B ayle 1737, t. I, p. 117, lettre LXXIII).
22 C hapelain 1880-1883, t. I, p. 312, lettre XCCVI.
23 Il s’agit d’Antoine Arnauld, dit le grand Arnauld, bachelier depuis 1635, qui soutint sa
sorbonique le 12 novembre 1638.
24 La gravure due à Mellan n’a pu être identifiée.
25 Voir la table des lieux de soutenance à la fin du catalogue.
26 Voir la table des gravures par genre à la fin du catalogue.
27 Sur cette terminologie, voir D essert 1989.
28 L e C omte (1699-1700, t. III, p. 131) l’appelle le Triomphe de l’Église . Citons ainsi le
Catalogue raisonné … 1805 (n o 255) où sont rassemblées plusieurs estampes d’Edelinck,
dont celles des trois thèses en question.
29 Cabinet d’estampes de feu M. le Premier [Marquis de Béringhen] , s. d. [v. 1723].
30 Au n o 132 un paquet de thèses o o ; n 159, un livre de thèses orné de vignettes ; n 453,
un paquet de grandes thèses diverses.
31 1739 (L ugt 1938, n o 510), n o 426 de différents maîtres, n o 427 Poilly, n o 428 Edelinck,
La Paix o , Le triomphe de la Religion , Le roi à cheval et autres, n 596 Mellan et Mignard,
n o 836 Jacques Stella.
32 L ugt 1938, n o 531 o ; cinq thèses d’après Le Brun (n 64) et un paquet de thèses de
différents maîtres français (n o 95).
33 L ugt 1938, n o 775.
34 Chez Didot (L ugt 1938, n o 1256).
35 Par o F. Basan, chez de Lormel, jeudi 4 février 1762 (L ugt 1938, n 1190).
36 L ugt 1938, n o 6939.
37 Voir A postolidès 1981, p. 61 et A ssaf 1999.
38 P elisson 1671.
39 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98, ici p. 25. Voir l’étude qui en est faite dans la
troisième partie de notre ouvrage, au chapitre vii , « Une thèse “idéale” ».
Naviguer dans le livre
Précédent Introduction Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre I. Les thèses dans le cursus un...
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre I. Les thèses dans le cursus Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre I. Les thèses dans le cursus
universitaire
p. 19-26
Plan détaillé ePub
Informations sur la couverture
Rechercher dans le Texte intégral
livre
Le mot thèse désigne à la fois la soutenance et le travail écrit 1
1 . Ainsi, en 1694, le
Dictionnaire de l’Académie françoise en donne la définition suivante :
PDF
« Thèse, Proposition, question sur laquelle on discourt […] vous sortez de la thèse […]
Table des matières
On appelle thèse une Feuille imprimée qui contient plusieurs propositions tant
générales que particulières de Philosophie, Théologie, Droit, Médecine & c. Belle
Citer thèse, thèse de satin, thèse magnifique, il faut que j’aille à son acte, il m’a envoyé une
thèse 2
. »
Partager PDF du
2 Les thèses se soutenaient dans les quatre facultés – arts, théologie, médecine et droit –, chapitre
dont le cursus, qui comprenait trois grades (baccalauréat, licence et doctorat), imposait
Plan aux étudiants la soutenance d’une ou plusieurs thèses qu’ils dédiaient parfois à un même
personnage. Ainsi Roger de Courtenay, Saint-Pol, Yzoré d’Hervault en offrirent deux au roi Suggérer
Plan détaillé et le duc d’Albret trois 3
.
l’acquisition à
Texte intégral votre bibliothèque
La faculté des arts La faculté des arts
La faculté de théologie 3 De la septième à la rhétorique, le collégien était exercé aux joutes oratoires. Le professeur Acheter
La faculté de médecine et de choisissait chaque année ses meilleurs élèves pour défendre devant une nombreuse
La faculté de droit assemblée des exercices sur l’histoire, la littérature ou la géographie, bien souvent lors de Édition
imprimée
Notes de bas de page la distribution des prix. Ces soutenances prenaient parfois le nom de thèses. Retenons
celle que des élèves du collège de Castelnaudary dédièrent au roi en 1690, décrite par le Presses
Mercure galant : universitaires
Aller en haut de page
de Rennes
Aller en bas de page « Ce qui vient de se passer à Castelnaudary, Capitale de Lauragais en Languedoc, en
est une preuve, M. la Rivière de Laudun, jeune gentilhomme âgé seulement de onze amazon.fr
ans, & [qui] decitre.fr a étudié dans cette ville là au collège des Pères de la Doctrine Chrétienne,
mollat.com
y a répondu publiquement durant trois jours sur la géographie universelle, sur
leslibraires.fr l’histoire sainte, sur celle de la France, de Rome & de Grèce, sur le blason, sur la
placedeslibraires.fr
sphère, sur les Fables de Phedre & sur les plus belles odes d’Horace. Sa thèse étoit 1 M eyer 1993, N oguès 2006 et 2013. lcdpu.fr
dédiée au Roy 4
2 Dictionnaire de l’Acad.é »m ie françoise 1694, p. 560.
3 Voir la table des étudiants à la fin du catalogue. ePub / PDF 4 Ce genre d’exercice se poursuivait jusqu’aux classes de philosophie qui marquaient l’entrée
4 Mercure galant , octobre 1690, p. 84.
des étudiants dans la faculté des arts. L’enseignement était dispensé dans les collèges,
5 Cat. 124, 127, 130.
qu’ils soient partie de l’université ou agréés, comme ceux des Jésuites. Mais la collation des 6 Ce collège était situé à l’emplacement de l’actuel lycée Saint-Louis. Voir B ouquet 2010. L’auteur
neg rmaednetsi oéntnaeit qlu’ea plaan athgèes e ded esl ’ufnrèirveesr sidt’éA.l igLre’ e(ncsate. i8g9n).e ment de la philosophie se déroulait sur
7 deuVoxi r alna s taabvlee c dedse upxr oftehsèsseeusr s à à dléa ffeinn ddrue ca: tlaa lopgrueem.i èPrrei,e urs uert lraé gpehnit lodseo pphhiiel,o solpa hipeh ysaui qucoel,l èglea
d’Harcourt, en 1693, professeur de philosophie au Collège royal de 1663 à 1693, Louis Noël perçut
métaphysique, la morale, la logique et les mathématiques, donnait le grade de bachelier
ès arts ; la seconde, sur la philosophie, celui de licencié. Le doctorat n’était qu’une
cérémonie coûteuse à l’issue de laquelle l’étudiant recevait le bonnet. Les plus nombreuses
et les plus luxueusement illustrées sont les thèses de théologie et de philosophie et ce
sont celles qui donnent lieu à l’apparat le plus imposant.
5 Il arrivait que la soutenance fût collective, ce qui n’empêchait pas certains candidats de se
présenter seuls une seconde fois. Parfois, la même illustration et les mêmes propositions,
car elles étaient souvent écrites par le professeur lui-même, servaient pour différentes
thèses. Il en fut ainsi à Rennes le 11 juillet 1696, quand Jean-Baptiste Le Tavernier réutilisa
la planche montrant Louis XIV devant le parlement de Rennes, qui avait orné la thèse
d’André Brunel, soutenue le 25 juillet 1691, gravée en 1690 pour un autre candidat
inconnu 5
. Au sortir de la faculté des arts, les étudiants étaient âgés de 18 ans environ,
mais parfois beaucoup plus jeunes : Jean-Baptiste Colbert de Croissy n’en avait que 14 (cat.
92), le prince de Conti, Jules-Paul de Lionne et le comte de Saint-Pol (cat. 9, 41, 36)
seulement 15 et Colbert de Seignelay 16 (cat. 63).
6 À Paris, les collèges de plein exercice se trouvaient sur la rive gauche. Les trente-six thèses
de philosophie offertes au roi entre 1639 et 1704 ont été soutenues dans les huit collèges
les plus importants. D’abord au collège d’Harcourt 6
, où entre 1660 et 1684 quatorze thèses
dédiées au roi furent présidées par Louis Noël et Guillaume des Auberis 7
: Racine, Boileau,
Perrault, Melchior de Polignac et Hercule de Fleury y firent leurs humanités. Jules-Paul de
Lionne, l’abbé Jacques-Nicolas Colbert et Colbert de Croissy, Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier, les frères d’Aligre y dédièrent des thèses au roi en présence d’un public
prestigieux.
7 Tenu par les Jésuites – bannis de France après l’attentat de Jean Chatel et rappelés
en 1603 –, le collège de Clermont 8 était son rival. Louis XIII y avait envoyé ses deux frères
adultérins et y assista à leurs thèses le 25 janvier 1625 9
. Dans sa jeunesse, Louis XIV s’y
rendit à plusieurs reprises, s’en déclara le fondateur en lui témoignant de son appui par
des dons et des exemptions fiscales et en lui accordant en 1682 le nom de Louis-le-Grand.
C’était l’institution la plus recherchée et la plus aristocratique de Paris. Ainsi les princes de
Conti et de Turenne, le comte de Saint-Pol, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay et Michel-
François Le Tellier y dédièrent leurs thèses au roi. Comme le souligne Marie-Madeleine
Compère 10
, les Jésuites contribuèrent à l’élaboration du culte institué autour de la
personne du roi par la multitude des pièces de circonstances écrites par les régents. Le
collège de Clermont participa à la célébration des événements du règne par des fêtes
publiques éblouissantes, dont le Mercure et la Gazette se firent l’écho et que les pères euxmêmes
éternisèrent par la gravure : en 1682, Étienne Gantrel grava le feu d’artifice
organisé dans la cour du collège pour célébrer la naissance du duc de Bourgogne.
8 Le collège de Navarre 11
, où sept thèses dédiées au roi furent soutenues entre 1661
et 1667, présidées pour la plupart par Étienne Léger et par Charles Touraine, entretenait
lui aussi des relations privilégiées avec la monarchie. Roger de Courtenay y dédia deux
thèses à Louis XIV, l’une de philosophie en 1664, l’autre de théologie en 1668 (cat. 50, 62),
sous la présidence de Georges d’Aubusson de La Feuillade, évêque d’Embrun. Ce collège
pratiquait une stricte sélection 12
. En 1663, Montpla, noble du Gévaudan, en atteste :
« Nous avons commencé le cours de philosophie à la compagnie de la plus belle jeunesse
de France, entre lesquels il y a trois ou quatre fils de princes ou ducs et pairs de France et
quantité d’autres des plus grands de la Cour 13 ». Si le collège accueillait aussi des élèves
d’origine plus humble, les cinq étudiants qui dédièrent leur thèse au roi appartenaient à
l’élite : Clermont-Tonnerre de Cruzy (cat. 34), La Tour d’Auvergne (cat. 33), Hervault (cat. 54),
Guénégaud de Sémoine (cat. 61 ; fig. 1 ) et Courtenay (cat. 50, 62).
9 Le collège du Plessis fut réuni en 1646 à la Sorbonne sous le nom de Plessis-Sorbonne : les
professeurs de philosophie étaient choisis parmi les bacheliers hôtes de la Sorbonne et,
entre 1657 et 1674, les frais de la remise à neuf de bâtiments sur les plans de Lemercier
furent partagés entre le collège et la faculté 14
. Devenu très recherché de la noblesse, il fut
le cadre de trois thèses de philosophie dédiées au roi entre 1676 et 1687 par Antoine
d’Aquin (cat. 78), l’abbé François du Montal de Montsaulnin (cat. 87), et Jean-Thomas Hue
de Miromesnil (cat. 112).
10 Le collège Mazarin eut également un rôle important. Créé par le cardinal à qui Le
Vau 15 avait présenté un premier projet dès 1657, il se trouvait, contrairement aux autres,
en bord de Seine face au Louvre. Les travaux commencèrent en 1663 sur de nouveaux
plans réalisés par François d’Orbay et il n’ouvrit qu’en octobre 1688. Garnie de tribunes, la
salle des actes était située dans la seconde cour au rez-de-chaussée, près de la salle à
manger et des deux salles de cours 16
. Comme les collèges de Navarre et du Plessis, le
collège Mazarin fut agrégé à la Sorbonne qui était chargée de son entretien. En 1692,
Camille Le Tellier de Louvois (cat. 128) y dédia sa thèse au roi. Il n’y en eut également
qu’une au collège de Presles-Beauvais, situé dans le faubourg Saint-Jacques dans l’actuelle
rue des Carmes 17
, celle de Claude-François Pellot (cat. 81) que présida en 1676 Guillaume
Guénon, professeur de philosophie. Une thèse dédiée au roi encore Dauphin fut
également soutenue au collège de la Marche, situé rue de la Montagne-Sainte-
Geneviève 18
, celle d’Alexandre Courtois (cat. 3) en 1639. Mais le collège Mazarin brillait de
ses derniers feux. De 1642 à 1682, après une longue période de troubles, le collège de
Lisieux 19 connut un moment de tranquillité sous le principat de Jacques Despérier. C’est
alors que le comte de Montbrison, fils aîné de Guénégaud, secrétaire d’État, y dédia sa
thèse au roi le 27 août 1661 (cat. 31).
F igure 1. – Robert Nanteuil, Tèse de Philippe-César de Guénégaud de Sémoine , 1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 121.56 KB )
11 Ce bref panorama montre les liens des collèges parisiens avec le pouvoir royal, dont la
volonté était d’assurer la prééminence scolaire parisienne et d’imposer une politique
d’excellence, dont le collège de Clermont apparaît comme la clé de voûte 20
. D’autres
thèses de philosophie furent dédiées au roi en province : quatre à Rouen, deux à Rennes,
une à Poitiers, toutes dans des collèges de Jésuites, et postérieures aux
années 1685-1686 ; après 1696 on n’en trouve plus. Contrairement à ce qui se passe à
Paris, l’initiative de la dédicace vient en général des collèges et non des étudiants.
Signalons également trois thèses de philosophie dédiées à Louis XIV à l’étranger : à
Mayence en 1652 (cat. 18), à Sienne en 1681 (cat. 94) et à Turin en 1687 (cat. 114).
La faculté de théologie
12 Près de quarante thèses de théologie, la plupart soutenues à Paris, à la Sorbonne, et plus
rarement au couvent des Cordeliers, furent dédiées à Louis XIV entre 1644 et 1704. Huit
autres furent soutenues en province – une à Dijon, une à Lille et une à Ath, cinq à Marseille
chez les Minimes – et huit aussi à Rome.
13 Pour être reçu bachelier en théologie, il fallait être âgé de 23 ans révolus et né de
« légitime mariage », fournir des certificats de bonnes moeurs 21
, avoir reçu la tonsure
ecclésiastique, suivi trois années de théologie et réussi deux examens longs de quatre
heures. Le candidat suppliait alors l’assemblée ordinaire pour le baccalauréat. Il soutenait
d’abord une tentative , premier essai de théologie, où il était interrogé pendant trois heures
sur la philosophie et une heure sur la théologie. À la fin de l’acte, dix-sept censeurs
déposaient leurs suffrages dans une boîte nommée la capse . Un bulletin défavorable
l’obligeait à subir un examen particulier portant sur sa thèse, deux à un examen public et
trois l’excluaient pour deux ans. Onze au moins sur les quarante-deux thèses dédiées au
roi sont des tentatives 22
.
14 Devenu bachelier de licence, l’étudiant avait deux ans pour soutenir trois autres thèses,
d’abord la majeure ou sorbonique , sous peine d’une amende de 50 livres, puis la mineure ,
ainsi appelée car c’était la plus courte et elle ne durait que cinq heures, de sept heures à
midi ou de une heure à six heures du soir. De mineures dédiées au roi, on ne connaît que
celle de Pierre Berthe, présidée en 1685 par l’archevêque François de Harlay (cat. 110).
15 La majeure commençait à huit heures du matin et se terminait à huit heures du soir. On y
analysait l’Écriture, les conciles, l’histoire ecclésiastique, la chronologie sacrée, la Religion
et l’Église. Le président ouvrait l’acte en proposant trois arguments, puis les licenciés
argumentaient. Au moins trois majeures ont été dédiées à Louis XIV : celle de Charles-
François de Loménie de Brienne en 1664 (cat. 45), d’Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne, duc d’Albret, plus connu sous le nom d’abbé de Bouillon avant de devenir
cardinal, en 1667 (cat. 60), et de Jacques-Nicolas Colbert en 1677 (cat. 84).
16 La sorbonique se déroulait à la Sorbonne entre juillet et décembre, de six heures du matin
à six heures du soir. Contrairement à la mineure et à la majeure , elle n’avait pas de
président. Portant sur la théologie scholastique, sur la Grâce, l’Incarnation, les vertus des
actes humains et les péchés, elle était ouverte par le prieur de Sorbonne qui argumentait
pendant deux heures 23
. Comme pour la majeure , à l’heure du repas, le président, le
candidat et ses amis allaient festoyer pendant une heure dans une pièce voisine 24
. On ne
connaît qu’une sorbonique dédiée entre 1683 et 1686 à Louis XIV, celle de l’abbé de
Polignac qui fut illustrée, mais pour une raison inconnue ne fut pas soutenue (cat. 100).
Après ces trois thèses, l’étudiant était licencié en théologie.
17 Après la soutenance d’une vespérie , qui se déroulait l’après-midi, le plus souvent entre trois
et six heures, le candidat recevait le bonnet de docteur et devait présider l’ expectative , sa
première soutenance, sur une thèse dite aulique . C’est une aulique qu’Antonio Pinto et
l’abbé Roze (cat. 115) soutinrent à la Sorbonne en 1687. Ensuite, devant le chancelier, le
nouveau docteur jurait sur l’autel de défendre l’Église 25
.
18 Docteurs et étudiants en théologie avaient obligation d’assister aux thèses et d’y disputer.
Selon La Vergne de Tressan 26
, ils étaient en infraction :
« S’ils se sont absentés pendant un temps considérable, en sorte qu’ils n’aient point
assisté à beaucoup d’Actes de leur licence. Les statuts de la faculté 27 portent que ceux
qui s’absentent deux mois pendant le cours d’une licence, sans en avoir obtenu
permission, soient chassés de la licence [… de même si] ils ont manqué à disputer
lorsqu’ils ont été nommés pour le faire selon leur rang de principe. »
19 Si on l’en croit, les risques de tricherie de la part de l’impétrant ou de ses camarades
n’étaient pas négligeables. L’une des pratiques consistait à se communiquer les arguments
lors de la soutenance :
« Il est visible qu’on ne peut faire cela sans commettre un très grand crime. Aussi
dans la Faculté de Théologie l’on a obligé tous les Bacheliers de jurer qu’ils se
communiqueroient les uns aux autres ; & on a de plus ordonné que ceux qui seroient
trouvés en avoir communiqué, ou s’en être fait communiquer, seroient les uns et les
autres chassés du corps de la Faculté sans espérance de retour 28
. »
20 Durand de Maillane renvoie aux statuts du er 1 novembre 1675 et précise que la mise en
garde vaut pour les thèses de tentative et de licence. Par ailleurs, l’étudiant doit être prêt à
argumenter à toutes, sauf à l’ aulique et à la resumpte 29
, où seuls les docteurs
interviennent. « Même la maladie la plus dangereuse, connue et avérée, n’exempte point
de l’amende » : il encourt une exclusion de deux mois 30
.
21 Les thèses de licence en théologie étaient sanctionnées par un certain nombre de billets
blancs ou noirs, que bacheliers et professeurs déposaient dans la capse , pour témoigner
de la « suffisance ou de l’insuffisance du répondant 31 ».
22 On a vu que les étudiants des couvents pouvaient eux aussi soutenir des thèses. Ceux des
ordres mendiants, « qui sont du corps de la Faculté, étaient contraints à un nombre limité
de thèses par les statuts de la faculté et les arrêts du parlement 32 ». Durand de Maillane
indique qu’ils ne peuvent recevoir que cinq prédicateurs, quatre mineurs, trois augustins,
trois carmes 33
. Les Carmes dédièrent au moins trois thèses à Louis XIV, à Rome
en 1644 et 1704 et à Paris en 1666, les Cordeliers une en 1688 34
. Plusieurs thèses ont aussi
été dédiées au roi à l’occasion de chapitres généraux des ordres, comme à leurs saints
fondateurs, aux papes et aux souverains protecteurs. Une relation de Casimir Freschot
permettra d’en saisir l’esprit :
« Comme dans ce retour de l’Année Sainte, les religieux de tous les ordres cherchent
à faire bien & à se distinguer de la foule, par quelques fonctions d’éclat, les Moines de
Saint François qu’on nomme Observantins, tenoient leur chapitre général, & y avoient
fait par conséquent des Religieux de toutes les Nations, desposez à qui mieux mieux
à remporter le prix, au moins du bel esprit de la science dans des thèses publiques.
Les Allemands avaient dédiés les leurs à l’Empereur & avoient fait graver en une
grande planche à Augsbourg divers groupes de figures, qui représentoient & le
triomphe de la Vierge, & les conquêtes de S.M. Impériale 35
. »
23 Lors de leur chapitre général à Rome en 1650, les Dominicains dédièrent une thèse à Louis
XIV de même qu’en 1685 les Minimes de France à leur assemblée générale de Marseille. La
question « Quis est iste Rex gloriae, fortis & potens in praelio ? Psalm. 23 » (« Qui est ce roi de
gloire ? [L’Éternel] fort et puissant, [l’Éternel puissant] dans les combats ») et la façon dont
elle fut traitée firent alors grand bruit. À Rome, en 1688, lors de l’assemblée des Cordeliers,
la maison de France offrit au roi des thèses, ce qui fut renouvelé la même année à Paris
(cat. 120, 121).
La faculté de médecine et de pharmacie
24 Ne connaissant qu’une thèse de médecine dédiée au roi, celle de Jean Poisson (cat. 97)
en 1682, nous passerons rapidement sur l’organisation des études, qui duraient quatre
ans, avec d’abord une thèse dite quodlibétaire pour le baccalauréat, une thèse dite
cardinale la deuxième année, une deuxième quodlibétaire puis une thèse médicochirurgicale
qui donnait la licence. Le candidat présidait ensuite à des thèses pastillaires ,
puis, en l’espace de six semaines, soutenait sa vespérie et sa doctorie ; le doctorat venait
enfin, qui n’était qu’une cérémonie où on lui rappelait ses devoirs et on lui remettait le
bonnet 36
.
25 Il n’y avait pas de baccalauréat, de licence ni de doctorat pour les étudiants en pharmacie
qui, après un apprentissage d’environ trois ans et un examen devant la faculté de
médecine, notamment devant le démonstrateur royal, recevaient les lettres dites
testimoniales qui leur permettaient de travailler. Mais à Paris et dans les villes à jurande, il
fallait accéder à la maîtrise pour exercer : après quatre stages chez différents apothicaires,
l’aspirant devait exécuter un chef-d’oeuvre dont il faisait imprimer le programme. Ce
spécimen, appelé aussi carte, synthèse ou thèse, était remis aux médecins, gardes et
maîtres. Trois thèses de pharmacie furent dédiées au roi 37
.
La faculté de droit
26 Inutile d’être bachelier ès art pour entrer dans la faculté de droit. Âgés d’au moins seize
ans, les étudiants devaient soutenir une thèse de baccalauréat, une thèse de droit
canonique puis une thèse de droit français pour la licence, et un an plus tard la thèse de
doctorat. Les soutenances se faisaient dans la grande salle des anciennes écoles de droit,
rue Saint-Jean-de-Beauvais. Malgré les décrets royaux pour le réformer, au xvii e siècle le
droit n’était guère florissant 38
. Par un édit d’avril 1679, l’enseignement du droit civil fut
rétabli à Paris où il était interdit depuis 1215, et en 1680 celui du droit français devint
obligatoire. Une déclaration du 26 février 1680 précise que tous ceux qui veulent être
reçus au serment d’avocat sont tenus de prendre la leçon de droit français pendant l’une
des trois années d’études. L’obtention de la licence devint indispensable pour entrer dans
la magistrature ou au barreau, ou siéger dans les cours de justice souveraines ou du
ressort du parlement 39
.
Notes de bas de page
1 M eyer 1993, N oguès 2006 et 2013.
2 Dictionnaire de l’Académie françoise 1694, p. 560.
3 Voir la table des étudiants à la fin du catalogue.
4 Mercure galant , octobre 1690, p. 84.
5 Cat. 124, 127, 130.
6 Ce collège était situé à l’emplacement de l’actuel lycée Saint-Louis. Voir B ouquet 2010.
L’auteur ne mentionne que la thèse des frères d’Aligre (cat. 89).
7 Voir la table des professeurs à la fin du catalogue. Prieur et régent de philosophie au
collège d’Harcourt, en 1693, professeur de philosophie au Collège royal de 1663 à 1693,
Louis Noël perçut à ce titre 600 livres annuelles des comptes des Bâtiments du roi,
plus 440 livres supplémentaires ( Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. I, col. 878 et 879).
Guillaume Des Auberis, professeur au collège d’Harcourt, occupa la chaire de philosophie
grecque et latine au Collège royal de 1665 à sa mort en 1668.
8 Voir D upont- F errier 1821-1825.
9 Gravée par Michel Lasne, la thèse d’Antoine de Bourbon, comte de Moret, le montre
sur un trône dans le temple de la Justice orné des statues de Clovis, Saint Louis… (IFF 741).
10 C ompère 2002, p. 381.
11 Situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, près de Saint-Étienne-du-Mont, il fut
démoli en 1790. Voir G orochov 1997.
12 C ompère 2002, p. 284.
13 Ibid. , p. 284 ; Mende, archives départementales de Lozère, F. 497.
14 C ompère 2002, p. 303.
15 L emonnier 1921.
16 F ranklin 1901, p. 64.
17 C ompère 2002, p. 316.
18 Les bâtiments furent détruits en 1855 lors du percement de la rue des Écoles.
19 Il se trouvait sur la Montagne Sainte-Geneviève, rue Saint-Étienne-des-Grès.
20 Voir C ompère 2002.
21 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 175. Selon les statuts de février 1672,
refondus en 1673 et 1675 (G rès- G ayer 2002, p. 230), l’âge requis était de 22 ans.
22 Elles ont été soutenues par les abbés de Lorraine (cat. 67), de Noailles (cat. 70), de
Choisy (cat. 44), par Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) et Jules-Paul de Lionne (cat. 64).
23 D urand de M aillane 1761, t. II, p. 240, précise que « les thèses sont soutenues sans
interruption. La faculté en a fait une loi formelle par sa conclusion du 4 septembre 1688 ».
24 Ibid . L’abbé Baston indique que pendant la soutenance le candidat avait à sa
disposition limonade et café pour « se maintenir en activité » (B aston 1977, t. II, p. 100).
25 Voir le Mercure galant de septembre 1709 sur « L’Histoire du doctorat » (p. 22-77,
p. 53-88, et plus particulièrement p. 31-72) et celui d’avril 1679 (p. 328) à propos de la thèse
de l’abbé Colbert. Pour plus de détails, M eyer 2002, p. 58-59. Les thèses qui viennent après
la sorbonique sont rarement illustrées. Nous n’en avons trouvé aucune dédiée à Louis XIV.
26 L a V ergne de T ressan 1724, art. 8, 10 et 12 des statuts, p. 182-183.
27 Il renvoie à l’article 7.
28 D urand de M aillane (1761, t. I, p. 458) donne aussi ce nouveau règlement, qui a peutêtre
été réaffirmé, avec la date de 1681, et indique que depuis, cette conclusion s’observe
avec beaucoup d’exactitude (p. 242).
29 Thèse de cinq heures qui permet d’assister aux assemblées de la faculté.
30 D urand de M aillane 1761, t. I, p. 239.
31 Ibid ., p. 242.
32 Ibid ., p. 184.
33 Ibid ., t. II, p. 239.
34 Cat. 10, 136, 53 et 120.
35 F reschot 1705, t. I, p. 29.
36 Pour plus de détails, M eyer 2002, p. 59-62.
37 Cat. 28, 105, 122.
38 M eyer 2002, p. 65.
39 On ne connaît qu’une thèse de droit dédiée au roi (cat. 131).
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre I. Les thèses dans le cursus Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre II. La soutenance
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre II. La soutenance Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre II. La soutenance
p. 27-49
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Quelle que soit la faculté concernée, la soutenance était ouverte à tous et se faisait
livre ordinairement en latin, sauf pour les thèses de pharmacie, de droit français et de
mathématiques, et celles qui étaient dédiées à une femme, qui se déroulaient en français.
2 Les frais étaient considérables. En 1771 Durand de Maillane 1 précise qu’ils dépassaient PDF
Table des matières ordinairement 600 livres. En 1670, dans son Examen général de tous les états et conditions,
des pechez que l’on y peut commettre , au chapitre « L’Examen des obligations des
Citer docteurs 2 », il note parmi les débordements répréhensibles les « dépenses excessives en
festins lorsqu’ils ont pris le Bonnet, & n’ont pas gardé les bornes prescrites par les statuts
qu’ils ont juré de garder 3 ». D’autres abus, qui tiennent pareillement du « peché », PDF du Partager
concernent le luxe des soutenances et des affiches : chapitre
« Si les bacheliers ont fait pour leurs Actes des dépenses excessives en festins, en Plan
banquets, en planches de thèses, en tentures de tapisseries de la salle dans laquelle
Suggérer
ils répondent de leurs Actes, en lustres ; & si sous main ils ont excédé celles qui sont
Plan détaillé l’acquisition à
prescrites par les reglements faits sur ce sujet dans les maisons particulieres de la votre bibliothèque Texte intégral
Faculté 4
. »
Les candidats
L’invitation à la soutenance 3 Ces excès sont d’autant plus condamnables que les sommes dépensées sont tirées du Acheter
Le décor de revenu des bénéfices ecclésiastiques, « qui est le bien des pauvres ». Cette mise en garde la salle : tapisseries
Le dais n’est pas isolée. L ’Almanach de poche ou abrégé curieux de tout ce qui concerne le commerce Édition et le portrait du roi
du monde se termine par les instructions suivantes :
imprimée
Le public
Protocole et préséance « Les jeunes gens font quelque fois monter les dépenses à des sommes excessives, Presses
universitaires Panégyriques, harangues et aussi bien que les menus frais, consistant en papier, image et impression des thèses, de Rennes
Notes de bas de page tentures, & quelques austres semblables frais, sur lesquels il serait bon que les
parens consultassent ceux qui enseignent le droit en particulier à leurs enfants 5
. » amazon.fr
decitre.fr Aller en haut de page 4 Cette mise en garde était-elle justifiée ? Pourquoi de telles dépenses ?
mollat.com
Aller en bas de page
leslibraires.fr
F igure 2. – Antoine Masson d’après Charles Le Brun, Tèse de l’abbé Gabriel-Joseph
placedeslibraires.fr
1 d’ED sutrraandde sd e, 1M6 7a9i.l lane 1761, t. II, p. 241. lcdpu.fr
2 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 4.
3 Ibid ., t. II, p. 203. ePub / PDF
4 Ibid. , t. I, p. 179.
5 Paris, [Warin], 1700.
6 Voir les notices biographiques du catalogue et la table des candidats.
e e 7 Pour comparaison sur les origines sociales des étudiants entre xvi et xviii siècle, voir le
tableau proposé par D. Julia dans C ompère , J ulia et C hartier 1976, p. 338 et 339.
8 D ainville 1978 ; C ompère , J ulia et C hartier 1976.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 101.49 KB )
Les candidats
5 Seuls quelques privilégiés obtenaient l’autorisation d’une dédicace au roi. En général, les
étudiants adressaient leurs travaux aux ecclésiastiques de haut rang, aux gouverneurs des
provinces et aux membres des cours constituées.
6 Qui sont les étudiants à qui Louis XIV accorda cette faveur ? Leur biographie 6 les montre
plutôt issus de la haute noblesse ; plusieurs sont fils de ministres, de parlementaires et
d’administrateurs royaux, ou liés à la Maison du roi ou de la reine. Ce sont des
personnages en vue dont certains reviennent de façon récurrente. La plupart sont proches
du roi. On trouve un de ses filleuls, le fils de d’Artagnan (cat. 79), un de ses fils naturels, Le
Cordier du Troncq (cat. 125), ses enfants d’honneur d’Estrades (cat. 90, fig. 2 ) et Brûlart
(cat. 83), Ladvocat (cat. 21), un de ses aumôniers, un aumônier et un confesseur de la
reine, Ancelin (cat. 48), et l’Italien Pompeo Amerighi (cat. 94).
7 Une quinzaine de candidats au moins appartiennent à la haute noblesse. Il s’agit d’Armand
de Bourbon-Conti (cat. 9, 12), frère du Grand Condé, de François d’Anglure de Bourlemont
(cat. 85), neveu des archevêques de Toulouse et de Bordeaux, de Roger de Courtenay (cat.
50, 62), er fils du prince Louis I de Courtenay, de Louis d’Espinay de Sainct-Luc (cat. 57), dont
le père était lieutenant général et gouverneur du Périgord, d’Armand et de Gabriel de
Monchy d’Hocquincourt (cat. 29, 37), fils du maréchal du même nom, de Louis de La Tour
d’Auvergne (cat. 91), du comte de Saint-Pol (cat. 36), Charles-Paris d’Orléans-Longueville,
fils d’Henri II d’Orléans-Longueville et d’Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, soeur du
Grand Condé, de François et Raymond-Bérenger de Lorraine (cat. 32), de Louis-Antoine de
Noailles (cat. 70), fils d’Anne de Noailles, duc et pair de France, de Melchior de Polignac
(cat. 100), d’Antoine Benoît de Clermont-Tonnerre (cat. 52), ou encore de Mathieu Yzoré
d’Hervault (cat. 54), fils de Georges Yzoré, marquis d’Hervault, lieutenant-général pour le
roi en Touraine.
8 Parmi ces candidats, plusieurs membres d’une même famille – frères, oncles et neveux –
dédièrent leurs thèses à Louis XIV. Ce fut le cas notamment des Lorraine et des La Tour
d’Auvergne. Ainsi, l’abbé Raymond-Bérenger de Lorraine, fils du comte d’Harcourt, le
célèbre « cadet à la perle », dédia au roi en 1661 sa thèse de philosophie (cat. 32), et
en 1670 sa thèse de théologie (cat. 67). Puis en 1682 ce fut son neveu, Louis de Lorraine
(cat. 98), fils de Charles III de Guise-Lorraine et d’Élisabeth de La Tour d’Auvergne, nièce de
Turenne, qui offrit sa tentative au monarque ; il fut suivi trois ans plus tard par l’abbé
François-Armand de Lorraine-Armagnac, fils de Louis de Lorraine, comte d’Armagnac,
grand écuyer de France. Dès le début du règne personnel, en 1661 (cat. 33), puis 1664 (cat.
46) et 1667 (cat. 60), Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne, duc d’Albret, neveu lui
aussi de Turenne, se saisit de cette opportunité pour présenter ses hommages à Louis XIV.
Il en fut de même en 1679 de son neveu, le prince de Turenne, Louis de La Tour
d’Auvergne (cat. 91), fils de Godefroy-Maurice de Bouillon, grand chambellan de France, et
de Marie Mancini, nièce de Mazarin.
9 Seuls quelques candidats appartiennent à la moyenne noblesse comme François-Timoléon
de Choisy (cat. 44) et l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades (cat. 90), qui était fils de Godefroi
d’Estrades, maréchal en 1675, premier ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire aux
conférences de Nimègue, et gouverneur du duc de Chartres, futur régent, ou encore
Hardouin Fortin de La Hoguette (cat. 65), neveu de l’archevêque de Paris Hardouin de
Péréfixe, ancien précepteur de Louis XIV. D’autres encore étaient issus de la petite
noblesse comme Louis d’Artagnan (cat. 79), fils du célèbre mousquetaire.
10 Une douzaine sont fils de parlementaires, pour certains de haut rang : Amelot (cat. 42),
premier président à la Cour des aides, Argouges (cat. 74), premier président au parlement
de Bretagne, Le Maistre (cat. 51), conseiller au parlement de Paris, Le Cordier du Troncq
(cat. 125), président de la Chambre des comptes de Normandie, Regnault (cat. 131),
conseiller et ancien substitut du procureur du roi, Fyot (cat. 15), magistrat au parlement de
Dijon, les frères Jean-Thomas (cat. 118) et Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat. 112), fils
de l’intendant de police, justice et finances de Champagne, Ladvocat (cat. 21), maître des
comptes, et Chrétien-François de Lamoignon (cat. 39), premier président au parlement de
Paris.
11 On compte aussi douze fils, neveux ou petits-fils de ministres : Aligre (cat. 89), maître des
requêtes et intendant de la généralité de Rouen, Brienne (cat. 45), secrétaire d’État aux
Affaires étrangères, Brûlart de Sillery (cat. 83), secrétaire d’État et ambassadeur en
Espagne, Guénégaud de Montbrison (cat. 31), secrétaire d’État à la Marine et aux Affaires
étrangères, chancelier et garde des sceaux de l’ordre du Saint-Esprit, le chancelier Le
Tellier (cat. 38), Lionne (cat. 41), secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Quatre thèses
sont soutenues par les fils et neveux de Colbert (cat. 63, 75, 84, 92) et trois par les fils de
Louvois (cat. 96, 102, 128).
12 Sept candidats sont liés à la Maison du roi ou à celle de la reine : Ancelin (cat. 48), dont la
mère fut nourrice de Louis XIV ; Courtois (cat. 3), dont le père, valet de chambre et garde
des cabinets du Roi et de la Reine, logeait aux galeries du Louvre ; ou encore Bourgarel
(cat. 129) dont le père appartenait à la compagnie des gendarmes de la reine. Deux d’entre
eux sont fils des médecins du roi : Jean Poisson, qui fut également son apothicaire, et
Antoine d’Aquin, célèbre pour son ambition et son avidité et qui perdit la faveur de Louis
XIV en même temps que Madame de Montespan à laquelle il était lié (cat. 78, 97). Qu’en
était-il du candidat apothicaire Henri Rouvière (cat. 105, 122) ? On trouve aussi les fils et
petit-fils de trois agents du roi : Dulion de Poinson (cat. 116), gouverneur de la
Guadeloupe, Guénégaud de Sémoine (cat. 61), trésorier de l’épargne, et Poulletier (cat.
131), receveur général des tailles de Rouen et fermier général. Deux cas isolés figurent
parmi les candidats : le fils du libraire de l’université, Thiboust (cat. 101) et un
ecclésiastique, fils du peintre Van der Meulen (cat. 103) 7
. On ne trouve donc pas cette
mixité sociale soulignée par François de Dainville et Dominique Julia dans leurs travaux sur
les populations étudiantes, mais une surreprésentation des nobles et des parlementaires 8
.
13 À ces différents candidats, il convient d’ajouter les ecclésiastiques qui à l’occasion des
chapitres extraordinaires de leurs ordres avaient pour habitude en France et à l’étranger
de dédier une thèse au roi, ainsi que certains étudiants, le plus souvent fils des édiles
locaux ou des personnalités les plus éminentes de la ville, que les jésuites à l’occasion d’un
événement important concernant la vie du monarque chargeaient en leur nom de lui
dédier une thèse. De même si Pierre Berthe (cat. 110), alors recteur de l’université de Paris,
dédia une thèse à Louis XIV, c’est pour témoigner de l’obéissance de la faculté de théologie
envers le roi.
L’invitation à la soutenance
14 Que la thèse soit dédiée au roi ou à un personnage influent, les candidats invitaient
parents, amis et connaissances à leur soutenance et conviaient parfois eux-mêmes les
personnalités dont ils espéraient la présence. Le 24 août 1668, Saint-Maurice,
ambassadeur de Savoie à Paris, raconte que Colbert vint lui présenter son fils qui lui
apporta des thèses de philosophie qu’il devait soutenir au collège de Clermont, ajoutant
que « les autres ministres n’avaient pas encore observé cette cérémonie 9 ».
15 Olivier Lefèvre d’Ormesson suivit la même démarche. Le jeudi 30 janvier 1670, quand son
fils Claude défendit sa tentative en Sorbonne, il le mena
« chez tous ceux que je priai [ sic ], pour présenter des thèses. Je fus en présenter à M.
le nonce, qui me reçut avec beaucoup de civilité […]. Il me vint reconduire jusqu’en
haut de son escalier ; il se trouva à l’acte. Tous MM. les évesques et archevesques qui
estoient à Paris, M. le premier président avec les autres présidents, y vinrent, à la
réserve de MM. de Longueil, Novion, et le Coigneux. La compagnie y fut fort belle et
fort nombreuse, et chacun y témoisgna joye et satisfaction. Tous les docteurs
parurent très contents de mon fils et de voir un acte aussi célèbre 10 ».
16 Selon le Mercure galant de juillet 1685 (p. 321-322), l’abbé de Lorraine-Armagnac, qui
soutint sa tentative en Sorbonne le 21 juillet 1685 (cat. 108), présenta ses thèses aux
prélats et députés de l’assemblée générale du clergé de France, où il fit l’éloge du roi
« victorieux des étrangers et de l’hérésie » et fit de même à l’Académie française, ce qui
« ne s’était point encore fait par personne » ; l’abbé de Dangeau, son directeur, « fit
réponse à sa harangue 11 ». On sait également que les étudiants invitaient les corps
constitués et les instances religieuses. Les procès-verbaux des assemblées générales du
Clergé font état de telles démarches.
« Le 14 Juillet [1685], Mgr le Président a dit que M. l’Abbé de Lorraine étoit dans la
Salle, qui attendoit pour présenter ses Thèses à l’Assemblée. Mrs. Les Promoteurs
& Mrs les Agents sont allés le recevoir, & lui ont donné la main & passé après lui ;
& étant entré, il s’est assis sur une chaise à bras devant le Bureau ; & après avoir fait
un discours Latin très éloquent, auquel Mgr. le Président a répondu dans la même
langue avec beaucoup d’érudition, il a présenté ses Theses à la Compagnie, après
quoi il s’est retiré, étant conduit par les mêmes personnes qui l’étoient allé
recevoir 12
. »
17 L’assemblée vérifiait à cette occasion que la thèse ne présentait pas de propositions
contraires à la doctrine de l’Église. La distribution des affiches se faisait parfois très
largement. En atteste la correspondance de Colbert 13
, où se trouve la « liste de ceux à qui
l’on a donné des Thèses de Monsieur l’abbé Colbert aoust 1672 », dont l’illustration, gravée
par Rousselet et Nanteuil d’après Le Brun, montre Louis XIV sur un médaillon orné de la
dépouille du lion de Némée (cat. 75).
« La liste donnée par Monseigneur a esté exécutée. On en a donné à toutte la famille
- à Monsieur le garde des Sceaux et Mrs les conseillers d’Estat et soubdoyen des
Maîtres des Requestes, et secretaires et greffiers du conseil. A tous les presidens,
gens du Roy, et doyens des conseils du parlement, chambre des comptes, grand
conseil, cour des aydes. A Mrs. Les lieutenants civil, de police, criminel et Procureurs
du Roy du Chatelet, A Mrs les ambassadeurs presidens des cours estrangères. »
On en distribua également : 18
« À Nos seigneurs les Prelats, à Monsieur le Nonce et aux abbés de qualité
À Mrs. Les chevaliers des ordres qui estoit à Paris
À nos seigneurs les secretaires de tous les ministres.
À Mrs les ducs de Charost, de Noailles, de Bournonville, de la Force, de Saint-Simon,
de Duras, de Richelieu, de Mortemar, de Villars, de Luynes, Dorval, de Liancourt, de la
Rochefoucault, de Villeroy, Comte de Soissons, de la Vieuville
À Mrs. Les Mareschaux de Grancey, du Plessis,
À Mr. L’Archevesque de Rheims, donné aus. Monsieurs Pussort
À Mr. Le duc de Saint Aynan
Aux R.P. Jésuites, et on en a laissé pour le R.P. Foie, à l’oratoire, l’académie Royalle.
Et à M. de Boutiller, de Beringhen, Penaultier, Marquis de Bezons, d’Argouges prem.
Pres. de Leigue, d’Ambreval
À Madame la princesse de Chevreuse
On a esté chez plusieurs ducs que l’on a point trouvé qui sont Mrs les ducs de
Verneuil, de Sully, de Rohan, de Bethune, de Grammont, de Roquelaure, d’Aumont
[…]. N’y a point laissé de theses estans a la campagne il a Esté dit quils ne
reviendroient pas sy tost Monsieur le duc de Bouillon, Monsieur le duc de Crequy, M.
le duc de La Feuillade, M. Le chevalier de Lorraine, M. Le duc de Soubize, M. le duc de
Rohan, M le duc de Verneuil, M. le duc de Sully, M. le duc de Bethune, M. le duc
Daumont, M. le duc de Roquelaure en a esté laissé à son fils, M. le comte de Guiche,
M. le marquis de Lavardin, M. le comte Dallegue. On va porter des thèzes à tous ses
Messieurs. »
Le décor de la salle : tapisseries et tentures
19 L’usage d’orner les salles de thèses semble courant dès le début du siècle. Ainsi à Poitiers
en 1614,
e
« la Faculté [de médecine] décide que la dispute diurnale de M Anthoine Jacquet
docteur de Montpellier aura lieu le mardi 13 mars [et que] pour cette cérémonie
serait fait un banc nouveau avec dossier et poulpitre pour ledit doyen et aucuns des
anciens docteurs. Et sur la chaire des dits Escholes serait mis un dais de serge de
Beauvays vert brun, avec le dossier sur le serge serait mis et attaché un soleil d’or ou
broderie sur satin blanc pour symbole de la médecine avec une inscription [en grec]
au dessus […] et autour d’en bas [une autre] et ce pour l’honneur de ladite faculté et
décoration desdites Escholes. Le tout aux depens de la bourse commune qui est
entre les mains dudit sieur doyen 14 ».
20 Bien qu’ils ne concernent pas des thèses dédiées au roi, quelques actes notariés
permettent de se faire une idée des dépenses et démarches entreprises par les collèges et
les universités pour le décor de la salle. Ainsi, le 17 janvier 1640, Robert Mairet, maître
tapissier à Paris, signe un devis et marché de tapisserie pour l’église du collège de Navarre
avec les docteurs du collège de Sorbonne et Lucien Boizars, marchand tapissier bourgeois
de Paris, pour toutes les tentures nécessaires 15
. Le 12 janvier 1646, le même Lucien
Boizars, nommé pour neuf ans tapissier ordinaire par les docteurs du collège de
Sorbonne, doit fournir tous les sièges, tentures, dais, y compris la tapisserie des écoutes et
des bancs :
« Pour tapisser la petite salle dudit collège aussi souvent qu’il en sera requit et
adverty, moienant quoi lesdits députez esdits nomé ont arresté qu’il sera donné audit
Boizars pour chacun acte pour le louage de ses tapisseries le prix cy dessous
mentionné selon la qualité de tapisserie des chaises et dais qu’il livrera savoir pour la
tenture commune d’Auvergne avec un dais de damas rouge la somme de 4 livres
pour la tapisserie de flandre à personnages ou à verdure avec un dais de velours y
compris la tapisserie des écoutes ; la somme de 10 livres pour le louage de chacune
des douze chaises communes lui sera payé 40 sols pour chacune douzaine de chaises
[…] de velours ; la chaise luy sera payée 40 sols ; pour les chaises de velours rouge
cramoisy ou autres a frange d’argent luy sera payé pour chacune d’icelle 20 sols. Pour
les chaises de velours rouge ou autres couleurs avec franges de soye luy sera
paié 15 sols ; tous lesquels prix luy seront paiez par eux par ceux pour lesquels il aura
fourny lesdites tentures, dais, chaises incesamment après les actes finis, si toutefois
ledit Boizars estoit requis de tendre des tapisseries de flandres ou haultelisse de plus
grand prix que icelles mentionnez cy dessus, il sera libre aux particuliers de convenir
avec luy du prix […] sans que durant ledit temps ledit Boizars puisse estre depossédé
n’y qu’aucun autre tapissier puisse tendre, tapisserie ny fournir aucune tapisserie dais
ni chaises en ladite maison et dépendance dudit collège 16
. »
21 Pour la thèse dédiée à Guy-Crescent Fagon par la faculté de médecine le
22 novembre 1695, le tapissier Herssant demanda 100 livres pour tendre la salle de
« belles tapisseries » et on donna 30 livres au menuisier pour la disposition des bancs 17
.
22 Les descriptions sont rares ; citons celle du Mercure pour la soutenance des frères d’Aligre
(cat. 89) au collège d’Harcourt en 1679, qui montre le luxe déployé pour honorer le roi et
célébrer leur famille :
« La salle où ils répondirent estoit magnifiquement parée. Il y avait un très riche dais
sous lequel estoit un portrait du Roy en pastel. Il fut admiré de tout le monde. C’est le
dernier du mesme Mr. de Nanteuil, et l’un des plus ressemblans, et des plus beaux
qui ait encore esté fait. La bordure de ce pastel estoit toute de grace enrichie de
couronnes, de plaques et de festons de vermeil doré, le tout d’un très beau travail.
Les tapisseries estoient parsemées de Fleurs de lys, avec les Armes de France au
milieu de chaque pièce. On avait mis celles de la maison d’Aligre aux quatre coins 18
. »
23 Le caractère inhabituel de la thèse que les Jésuites de Rennes offrirent en 1690 au
parlement de Bretagne (cat. 124) et à travers lui au roi justifie le faste qui y fut déployé. Un
livret 19 publié à l’occasion permet de connaître le détail de la décoration de la grande salle
du palais de Justice longue de « cent pieds », qu’on considérait alors comme une des plus
belles du royaume et qui était tendue de tapisseries. Au fond était représentée
« la grande façade du Palais telle qu’on la voit gravée dans la thèse, flanquée de ses
deux pavillons […]. La corniche était surmontée d’un attique avec, sous un dais royal,
le portrait de Louis le Grand ; d’un côté, la Justice, de l’autre, la Force. Au-dessous, les
armes du premier Président et des Présidents. Tout autour, celles de MM. du
Parlement. […]. Le tout accompagné d’une foule d’inscriptions élogieuses, et de
devises ingénieuses exprimant la joie du retour du Parlement, entr’autres celles-ci
[…]. Je rétablirai tes juges comme ils étaient auparavant et tes conseillers comme ils
ont été autrefois, et tu seras désormais nommée la ville fidèle […]. L’ouvrage de la
justice sera une paix et une assurance éternelles, pendant laquelle mon peuple, sans
crainte, jouira dans ses maisons de l’heureuse abondance du repos ».
24 Sans doute y eut-il d’autres décors de ce genre, mais on ne peut guère mentionner que
celui que les Jésuites de Caen composèrent en juillet 1689 pour célébrer le nouvel
intendant Foucault et à travers lui le roi. Devant le dais, le décor montrait le temple de
Salomon pour célébrer à la fois la construction de la nouvelle église du collège et « LOUIS
LE GRAND, qui est er le 1 des conquérans par son grand courage, et un Salomon par sa
haute Sagesse, sçait former dans son roiaume des guerriers pour ses armées, et des
Salomon pour gouverner ses Provinces ». La salle était ornée de devises, d’emblèmes, de
citations grecques et latines, et tendue d’une tapisserie de verdure ; sous le dais, placé
dans une alcôve, on avait disposé un portrait de l’intendant et derrière lui on voyait la
Justice et la Science. L’auteur du livret souligne que l’ensemble de la décoration était en lien
direct avec la composition gravée sur la thèse qui montrait « La science et la Justice, avec la
Religion qui foudroient l’Hérésie 20 ».
25 De même, pour des harangues célébrant le rétablissement de la santé du roi en 1687 dans
leur collège d’Aix, les Jésuites imaginèrent un décor somptueux, connu par une gravure de
Balthasar Cundier d’après R. Lainé 21
: la porte d’entrée est cantonnée par deux pyramides
et ornée de devises où le Soleil personnifié tient une place essentielle ; le portrait équestre
du roi est posé sur un socle entre deux angelots désignant la Félicité publique et la
Tranquillité. Allégories et ornements sont ceux des soutenances de thèses.
Le dais et le portrait du roi
Le dédicataire de la thèse, en personne ou en effigie, siégeait en général sous un dais 22
, 26
que le Mercure et la Gazette mentionnent parfois. En janvier et février 1663 pour la tentative
en Sorbonne de l’abbé Le Tellier (cat. 38) et pour l’exercice de philosophie d’Antoine-Benoît
de Clermont-Tonnerre (cat. 34) soutenu au collège de Navarre, la Gazette
d’août 1662 (p. 143) indique qu’il était de velours rouge. Sous ce dais on plaçait le portrait
du roi, en général celui qui ornait la thèse ou parfois un portrait peint. Les petits-fils du
chancelier d’Aligre (cat. 89) y mirent le pastel de Nanteuil qui servit de modèle pour
illustrer leur thèse. De même, au collège de Clermont en 1681, pour la « thèse soutenue
par M. le marquis de Louvois […] fils ainé de Monsieur de Louvois, ministre d’État […], au
bout de la salle étoit élevé un dais, sous lequel on avoit mis le Portrait de ce grand
Prince 23 ».
27 Symbolisant la présence du monarque, cette effigie contribue à la solennité de la
soutenance, et on ne manque pas de s’incliner devant elle : en 1687, lorsqu’ils entrèrent
dans la salle où Pinto devait soutenir sa thèse (cat. 115), les ambassadeurs « saluerent le
Portrait du Roy qui estoit posé sous un dais 24 » et ensuite le président.
28 En général, le fauteuil destiné au dédicataire était placé sur un tapis luxueux. Les
descriptions manquent pour les thèses qui nous occupent, mais on en peut imaginer le
décor par la relation du Mercure de février 1686, pour celle de M. du Tertre, dédiée au duc
de Bourbon :
« L’acte se fit dans les Écoles de S. Thomas, les plus spacieuses de l’Université, et qui
avaient été choisies exprès à cause du grand nombre de personnes qu’on y avait
invitées. […] On avait élevé sur la droite un dais magnifique, sous lequel était la thèse,
dans un cadre d’un goût fort particulier. Il y avait aussi une estrade couverte d’un très
beau tapis de Perse, et sur lequel était un fauteuil préparé pour Monsieur le duc de
Bourbon 25
. »
29 La présence du portrait du roi sous un dais apparaît dans bien d’autres cérémonies. Citons
la Relation d’une fête solemnelle, que les Augustins Déchausséz de Marseille ont celebrée à
l’honneur du roy pour le retablissement de la santé de sa Majesté 26
: dans l’église richement
décorée comme pour une soutenance de thèse, un trône fermé par une balustrade était
placé au milieu de la nef, vis-à-vis de la chaire du prédicateur, élevé sur six marches
couvertes d’un damas rouge parsemé de fleurs de lys brodées d’or, surmonté d’un dais
avec au-dessous un portrait du roi en ovale dans un cadre doré, « des plus beaux et des
plus recens », accompagné des portraits de Monseigneur et de Monsieur 27
.
30 Lorsqu’une thèse était dédiée à la reine, au Dauphin ou à un fils légitimé de Louis XIV, le
dais était également de mise. Au collège des Jésuites de Bordeaux, la thèse d’Étienne Denis
(ann. II. B-1), dédiée au comte de Toulouse en août 1695 28 et gravée par Drevet d’après
François de Troy, « fut placée sous un riche dais, dressé au-dessus d’un fauteuil à deux
carreaux de velours sur une grande estrade ». En août 1700, au collège du Plessis-
Sorbonne, pour la thèse de l’abbé de Coëtlogon dédiée au même (ann. II. B-4), le portrait
gravé par Edelinck d’après Gobert était « sous un fort beau dais […]. Le prince y vint, ne s’y
plaça pas, mais dans un autre fauteuil au milieu du quarré, ce qui fit admirer sa
modestie 29 ».
31 Pour les thèses dédiées au pape, aux cardinaux et aux plus importants prélats, il semble
que les fauteuils aient été également surmontés d’un dais. Retenons celle que M. Guyon,
doyen de la Rote, dédia au cardinal Cibo en 1681 à Avignon : son portrait brodé à l’aiguille
se trouvait sous un « dais de velours cramoisy » dressé dans l’église du collège des
Jésuites 30
. En mars 1671, pour la « Grande Ordinaire » du père Charles-Augustin, le dais
était « chamarré, en satin plus blanc que la neige », avec au-dessous le « portrait fort bien
figuré » de l’électeur de Cologne qui en était le « patron 31 ». Destiné à mettre en valeur le
dédicataire, ce dais pouvait aussi être placé au-dessus du banc des écoliers, de la chaire du
professeur ou de celle de l’impétrant. On connaît deux représentations de soutenances :
l’une, gravée en 1726 par Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, montre
l’exercice d’Eugenio Mecenati dédié à Benoît XIII au couvent des Carmes à Paris ( fig. 3 ) ;
l’autre, dessinée par Charles-Nicolas Cochin, représente l’acte de l’abbé de Ventadour,
dédié en 1738 à Louis XV 32
. On y voit deux dais, au-dessus de la chaire du président ou du
candidat et au-dessus du fauteuil du dédicataire.
Le public
32 En France comme à Rome ou dans les principales villes d’Europe, les thèses étaient
affichées dans la rue 33
. On les trouvait « la veille au soir sur les portes des écoles, afin que
ceux qui le voudront puissent y venir pour argumenter ou pour entendre 34 ». En 1697,
dans ses Nouvelles réflexions sur les défauts d’autruy, et les fruits que chacun en peut retirer ,
après avoir fustigé l’habitude d’orner les thèses de portraits, l’abbé Pierre de Villiers note
avec quelque ironie : « Quand on arrive dans une Ville de la Province, il est aisé de sçavoir
qui en est Évêque ou Gouverneur, il ne faut que regarder le portail des Églises ; il est rare
qu’on n’y trouve pas quelques Thèses qui nous l’apprennent 35
. »
33 Pour son côté satirique, citons encore ce passage de L’année burlesque ou Recueil des pièces
que le Mercure a faites pendant l’année 1682 36
:
« Le jour qui preceda Dimanche,
Au grand couvent des Augustins
Dont les moines sçavans & fins,
Ne se mouchent pas sur la manche,
Plusieurs Theses l’on presenta,
Sur lesquelles on disputa
Touchant l’authorité Papale,
Ou l’on reconnut le Clergé,
Legitimement degagé
De la chaire Pontificale,
Et qu’il devoit estre exalté
F igure 3. – Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, Vue du couvent des
Carmes de Paris dans lequel le carme Eugène Mecenati soutient sa thèse dédiée à Benoît
XIII , 1726.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.96 KB )
Au dessus de la Papauté,
Comme étant le Chef & l’Organe
De nôtre Église Galicane,
Et pour le faire savoir mieux,
Ils ont fait mettre en divers lieux
Et fait afficher dans les rues,
Les Theses qu’ils ont soûtenues
Ou dans la taille douce étoit,
Un Evesque qui Presidoit 37
. »
34 Le père Rapin rapporte une anecdote cocasse sur l’affichage des thèses. Pour mettre au
jour les méfaits d’Henri de Pardaillan de Gondrin (1620-1674), archevêque de Sens, qu’ils
accusaient d’avoir dilapidé les biens du chapitre, deux jeunes chanoines prirent un livre
dont ils coupèrent les lettres, et de ces lettres réunies composèrent une espèce de thèse
qu’ils dédièrent à l’archevêque de Sens, en ces termes :
35 « Au souverain pontife de Sens, savoir :
S’il est permis au pape de Sens de ne pas reconnoître le pape de Rome ;
S’il est permis de couper les forêts du chapitre, le vendre et tourner à son profit
l’argent qu’on en a retiré ;
S’il est permis de donner le bas et la comédie aux dames dans une maison consacrée à
l’habitation de l’archevêque ;
S’il est permis de vendre des bénéfices pour payer des rôtisseurs, et pour payer ses
dettes ou les gages de ses officiers ;
S’il est permis de faire des galanteries publiques avec les dames, qui aillent au
scandale de tout un diocèse. […] La thèse fut affichée la nuit à la porte de l’archevêque,
où elle resta tout le matin et fut lue de tous les passans 38
. »
36 À la fois auditrice et actrice, puisque certains prononçaient des panégyriques et des odes,
une assemblée choisie rehaussait la soutenance. Pour la tentative en Sorbonne du prince
de Conti en 1646, la dispute fut, selon la Gazette , ouverte par le coadjuteur et continuée
par
« l’archevêque de Bourges, les évêques d’Utique & de Chartres, le sieur de Chanvalon
& autres, au grand contentement de l’assistance, composée, outre les susdits, des
chefs du conseil & de plusieurs cours souveraines, de plus de 40 évêques & de grand
nombre d’autres prélats, docteurs en théologie et personnes de mérite, qui tous
prenaient part à la grande satisfaction que reçoit le prince de Condé de ses deux fils,
l’un desquels se fait admirer dans les armes pour la défense de l’Etat, & l’autre dans
les lettres pour le maintien de l’église 39 ».
37 On ignore si ces panégyriques étaient souvent applaudis au point d’interrompre l’orateur
ou de le rendre peu audible, comme cela arrivait parfois à l’Académie française 40
. Mais
en 1611, le jeune Louis XIII, assistant à une thèse dédiée au recteur et à toute l’université,
marqua son contentement en frappant des mains :
« On les voyoit dans la première galerie qu’ils appellent escoutes, celle de dessus
estant encore toute remplie de personnes de marque ; ils y furent la Royne Regente,
la Royne Marguerite & les principaux Seigneurs de la Cour, […] l’espace de deux
heures ou enuiron ; Le peuple se plaisoit à voir le Roy frapper quelquesfois des
mains, comme il auoit veu faire apres une resolution aux difficulez
proposées, & soudain le peuple l’imitant monstroit le contentement qu’il en receuoit.
Plusieurs Prelats y arriuerent, entre lesquels disputerent deuant le Roy, Monsieur de
Montpellier, & Monsieur d’Orléans auec beaucoup de suffisance 41
. »
38 Selon Loret, lors de la soutenance de sa thèse dédiée à Mazarin en 1658, Le Tonnelier de
Breteuil « fit voir/Tant d’esprit et tant d’assûrance, /Que la célèbre Assistance, /Les plus
judicieux Humains, /Batirent, pluzieurs fois, des mains 42 ». En 1687, aux ambassadeurs du
roi de Siam surpris des applaudissements qu’ils entendirent et craignant qu’ils ne fussent
un témoignage de mécontentement (cat. 115), on expliqua ce que « c’étoient que les
battemens de mains qu’ils entendoient, & ils furent ravis de voir qu’un homme de leur
Nation eust paru dans une si belle assemblée 43 ». Il en avait été de même en 1684 pour le
fils du procureur général à l’ouverture lors des thèses de philosophie des frères Le Tellier
(cat. 102), « dont le compliment fut fort applaudy. Toute l’Assemblée admira le soûtenant. Il
fit voir tant de présence d’esprit, et tant de capacité que l’on dit tout d’une voix, que ce qu’il
en faisoit paroître, estoit au dessus de son âge. Ce n’est pas une chose extraordinaire dans
sa famille 44 ». Il semble que le public de la faculté de droit ne montrait pas moins
d’entrain : selon le Mercure de février 1701, lors de la soutenance de leur thèse de droit
français, Poulletier et Regnault (cat. 131) « firent le Panégyrique de sa Majesté avec un
applaudissement général 45 ».
39 Le Mercure, La muze historique , la Gazette vantent la qualité des discours des impétrants et
la clarté de leur élocution, qui en font les dignes successeurs de leurs ancêtres 46
. En 1679,
pour les petits-fils du chancelier d’Aligre (cat. 89), selon le Mercure :
« Il serait difficile de voir une plus belle assemblée […]. Mrs. les Cardinaux,
Archevesques, Evesques, généraux d’ordres, abbez, Princes, commandeurs et
chevaliers, présidens à mortier, conseillers d’état, Maistres des requestes, et
généralement tous ceux qui assistèrent à cette action, en firent paroistre une
satisfaction extraordinaire. Chacun s’empressa à féliciter les deux jeunes soûtenans
de leur succès. Leurs réponses furent toutes pleines d’esprit, et eurent je ne sçay
quoy d’aisé qui fit dire tout d’une voix qu’ils marchoient sur les pas de leurs Ancestres,
et qu’ils soutiendroient avantageusement l’honneur et l’éclat de leur Maison 47
. »
40 Lors des thèses de philosophie de Jules-Paul de Lionne au collège d’Harcourt (cat. 41),
en 1663, la Gazette indique que « la compagnie, [était] composée des Ambassadeurs de
Venise, de Savoye, et de Mantoue, de tous les Prélats […] et de grand nombre d’autres
personnes de haute condition 48 ». Sur un ton bien différent, pour la majeure de l’abbé de
Bouillon (cat. 60) en 1667, Robinet décrit dans La muse historique :
« La noble et célèbre ASSEMBLÉE
Dont, entr’autres Gens bien titrés
Étoyent quantité de MITREZ,
Le grand CONDÉ, dont les lumières
Égalent ses vertus guerrieres,
MONSIEUR LE DUC, son sage fils,
Aussi du Rang des beaux ESPRITS
De SAINT PAUL, jeune & digne COMTE
Que dans ce même nombre je compte
Force autres grands & ducs & pairs
À nôtre MONARQUE très chers [ sic ]
Maints Messieurs à Robe & Rapière,
que j’obmette de cotez
Deux seigneurs des plus à notez
Le Fameux PRINCE de TURENNE,
Si rare & si preux Capitaine
Et le vaillant Duc de BOUILLON
Qui faisoient les Honneurs, dit-on,
En qualité d’Oncle et de FRÊRE,
Ayant alors une joye entière
De voir les Applaudissemens
Que l’on donnait à tous momens
Ce soutenant d’importance 49
. »
41 Ajoutons d’autres exemples. Dans la Gazette , Renaudot indique que le 27 août 1661, la
thèse du comte de Montbrison (cat. 31), fils aîné du sieur de Plessis, secrétaire d’État, eut
lieu au collège de Lisieux « en présence de plusieurs archevêques, évêques, princes, ducs,
maréchaux de France et autres personnes de haute qualité 50 ». À la tentative de Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38), au collège d’Harcourt en 1663, on vit le duc de Bourbon, le
chancelier, les cardinaux de Bouillon et de Bonzy, le nonce, « et plusieurs ducs et pairs, et
enfin tout ce qui se trouva de personnes distinguées en France 51 ». La thèse du duc
d’Albret soutenue à la Sorbonne le 29 février 1664 se fit en présence « du Prince de Condé,
du duc d’Enghien, du prince de Conti, du cardinal Antoine, du cardinal Moldachini, des
ambassadeurs d’Espagne, de Venise, de Mantoue et autres ministres étrangers 52 » (cat.
46).
42 Chiffrer l’assistance est difficile. Dans une lettre du 31 août 1668, l’ambassadeur Saint-
Maurice raconte au duc de Savoie :
« Revenant aux thèses du fils de M. de Colbert […] il y eut encore plus de confusion
qu’à Versailles. Jamais il n’y avait eu un si grand concours de personnes de qualité en
pareille occasion ; il ne resta personne à Saint-Germain ce jour là : tous les princes,
ducs et pairs, maréchaux de France, gens d’épée, cardinaux, prélats, magistrats, le
chancelier même, et généralement tout ce qu’il y a d’honnêtes gens à Paris et à la
cour, jeunes et vieux et même les Dames. M. de Colbert doit en avoir une grande
satisfaction, car l’on ne saurait pas témoigner des plus grands empressemens si M. le
Dauphin soutenait un pareil acte 53
. »
La Gazette du 1 er septembre 1668 54 en nomme certains 43 : le duc d’Enghien, les cardinaux de
Retz et de Vendôme, le nonce, l’archevêque de Paris, et quantité d’autres prélats, le
premier président du parlement, le chancelier de France, des secrétaires d’État, et tous les
seigneurs de la cour. Selon Olivier Lefèvre d’Ormesson, le roi en fut dépité :
« M. de Turenne me confia les nouvelles qui avaient couru à Paris que le Roy, voyant
sa cour déserte et que tout estoit à l’acte de M. Colbert, dit : Ceux qui sont demeurés
auprès de moy seront aussi bien payés de leurs appointements que ceux qui sont à
Paris, et enfin il en témoigna une très grande jalousie 55
. »
44 Est-ce pour faire oublier cet incident que lors de la sabatine de Jacques-Nicolas, second fils
du ministre, soutenue en décembre 1671 au collège d’Harcourt, on s’abstint de distribuer
des thèses, et « il n’y eut pour cette raison que peu de personnes 56 » ? Mais, selon le
marquis de Sourches, lors de la soutenance de Michel II Chamillart, fils du ministre, le roi
se trouva aussi seul du lever au souper avec les ducs de La Trémoille, d’Harcourt et de La
Rochefoucauld, car ce dernier « n’allait jamais à aucune thèse 57 ».
45 Ministres, ambassadeurs, nonce, princes du sang et membres de la haute noblesse,
évêques, archevêques et cardinaux, parlementaires, académiciens…, rares sont ceux qui
manquaient d’assister à ces thèses, dédiées ou non au roi. Cependant, quand l’impétrant
était inconnu, le public n’était pas toujours au rendez-vous. Pour la soutenance de Pinto
(cat. 109), qui se déroula sur deux jours et dans deux lieux différents, le candidat
n’appartenant pas à leur monde, nobles, évêques, parlementaires négligèrent d’honorer la
dispute de leur présence alors que tout avait été fait pour les y inviter. Dans une lettre à M.
Charmot du 30 décembre 1686, Brisacier, directeur du séminaire des missions étrangères,
rapporte que le candidat a ensuite présenté ses thèses au roi et ajoute :
« Depuis ce temps-là, nous avons couru pour porter des thèses partout, et quoique
notre soin ait été comme inutile, n’ayant vu presque personne de tous ceux que nous
avions invités, surtout aucun évêque, ni aucun homme de la Cour, l’acte dans le fond
s’est heureusement fait. MM. Les ambassadeurs y ont été invités ; M. Antonio Pinto y
a fort bien répondu ; et M. de l’Estocq, grand-maître et président, a fini par un
discours latin plein de piété et d’éloges pour cet étranger et pour tous nos
missionnaires 58
. »
En définitive, si l’on en croit un Mémoire de Bénigne Vachet 59
46 , le succès de la thèse fut tel
qu’il fut décidé que Pinto irait à Rome en dédier une autre à Innocent XI. Cela se fit, dit-il,
au collège de la Propagande de la foi en présence du Saint-Père qui, contrairement à Louis
XIV, se déplaça pour l’événement 60
, ce qui reste à vérifier, car pas plus que le roi, les papes
n’assistaient ordinairement aux thèses.
47 Pour témoigner sa satisfaction à l’impétrant, le souverain se faisait représenter. En 1688,
pour Séraphin Crouzeil (cat. 120), il eut « la bonté de luy marquer son agrément, et de
l’asseurer de sa protection royale. Sa Majesté ayant donné ordre à Monsieur l’Archevesque
de Paris de tenir sa place durant la These. Ce Prelat y assista avec quantité de Personnes
d’un rang distingué 61 ». On sait que le duc de Saint-Aignan, capitaine des gardes, assistait
aux thèses au nom du roi : dans une lettre à Bussy-Rabutin, il indique qu’il se trouvera à
Paris où « des thèses dédiées au roi m’obligeront de me rendre 62 ».
Protocole et préséance
48 La présence de tant de personnalités issues de tant de corps différents obligeait au
respect d’un protocole plus ou moins bien réglé. Chacun était placé dans la salle selon son
rang, ce qui n’était pas chose aisée comme en attestent des incidents qui interrompirent
passagèrement ou même définitivement certaines soutenances 63
.
49 Les hôtes de marque étaient accueillis par les membres de l’université ou du collège : pour
la thèse de Pinto (cat. 109) en septembre 1685, les anciens docteurs allèrent chercher les
ambassadeurs du Siam à leur descente de carrosse et les introduisirent dans une salle
contiguë à celle de la soutenance. « Le plus ancien leur adressa un compliment pour le roi
de Siam qu’il remerciait pour la bonté qu’il témoignait aux docteurs missionnaires ; celui-ci
lui assura que le Roy leur Maître continuëroit de permettre à chacun le libre Exercice de la
Religion qu’ils professoient et principalement de la Religion Chrétienne 64
. » On les
emmena ensuite visiter l’église et la bibliothèque, puis ils entrèrent dans la salle de l’acte.
Le président fit leur louange dans son discours, et à la fin de la soutenance les docteurs les
reconduisirent à leur voiture.
50 Le protocole concernait aussi le candidat et ses condisciples. Le 29 février 1664, pour la
thèse de l’abbé de Bouillon dédiée à Louis XIV (cat. 46, fig. 4 ), Lefèvre d’Ormesson 65 note
que le répondant se couvrait parfois, ce qui avait été décidé en Sorbonne mais n’était pas
du goût des bacheliers de condition, dont Charles-Maurice
F igure 4. – Nicolas de Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau, Tèse
d’Emmanuel-Téodose de La Tour d’Auvergne , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 138.36 KB )
51 Le Tellier, qui pour cette raison décidèrent de ne pas disputer au grand mécontentement
de Turenne. L’affaire fit grand bruit. Amelot de La Houssaye en fait état dans ses Mémoires
historiques, politiques, critiques et littéraires :
« En 1664. L’Abbé de Bouillon, aujourd’hui Doyen du Sacré Collège, soutint sa
première thèse en Sorbonne, couvert : ce qui n’avoit jamais été permis qu’une fois
auparavant, sçavoir, à Monseigneur Armand de Bourbon, Prince de Conti. Toute la
différence […] est au premier argument, il répondit découvert, après quoi le Président
lui fit signe de se couvrir. En 1696, le 2 de Mars, Armand Gaston de Rohan, alors Abbé
de Soubise, aujourd’hui Evêque de Strasbourg, reçut le même honneur en Sorbonne,
en qualité de Prince, & comme tel fut apostrophé de Serenissime Princeps , par tous
ceux qui disputèrent contre lui. Honneur, dont il usa avec tant de modestie, de
douceur & de civilité, qu’il demeura presque toujours découvert durant son Acte. Je
parle de ce que j’ai vu, & dont chacun fut charmé 66
. »
52 Amelot de La Houssaye rapporte aussi le comportement belliqueux des abbés de Bouillon
et de Lorraine qui perturba le déroulement de la thèse de Charles Bouchard, présidée par
Roger O’Moloy :
« Bouillon qui étoit le premier, se mit à la première place, comme étant le plus qualifié
de la Compagnie, & n’attendant personne, qui pût s’asseoir au-dessus de lui ; mais
une demi-heure après, entre l’Abbé d’Harcourt, qui allant droit à lui avec ferme
résolution de le déplacer, lui dit ces mots, que j’entendis très-bien : Monsieur, j’ai bien
de la joie de vous rencontrer ici, & de vous voir en bonne santé [p. 118]. L’autre lui
répondit : & moi pareillement, Monsieur . Mais Harcourt, voyant qu’il ne quittoit point sa
place, le poussa tant soit peu du coude, & lui dit ces propres paroles ; Monsieur,
apprenez ce que vous devez à la Maison de Lorraine : À quoi Bouillon repartit d’un ton
plus élevé : La mienne ne lui doit rien, & ne lui cédera jamais. Là-dessus, un
Ecclésiastique qui accompagnoit Harcourt, fit poser un fauteuil de velours cramoisi si
près des genous de Bouillon, que celui-ci ne pouvant plus se remuer dans le sien, ni
souffrir d’être assis au dos de son concurrent, fut contraint de se lever, & de s’aller
asseoir au banc de celui qui présentoit les Thèses, c’est-à-dire, au bas de la chaire du
Professeur, où il resta un quart d’heure, puis se retira. Cela se passa, si je ne me
trompe, au mois d’Août de 1662. Je laisse à décider lequel des deux eut l’avantage.
J’oubliois de dire, que le bon-homme Omoloy les querella tous deux, trouvant très
mauvais que son Acte fût interrompu par une dispute de préséance 67
. »
53 Les relations entre candidats n’étaient pas toujours amicales. Ainsi, l’abbé de Choisy
rapporte que François de Harlay, archevêque de Paris, qui devait présider sa tentative
en 1664 (cat. 44), l’avertit que l’abbé Charles-Maurice Le Tellier, alors en licence, cherchait à
« démonter tous ses répondants » et que les docteurs lui préparaient « des bons
arguments ». Il lui conseilla de se battre vaillamment, ce qu’il fit si bien que « l’abbé Le
Tellier eut beau crier et demander justice au président, je criais aussi haut que lui, et soit
que j’eusse raison, les docteurs frappèrent sur les écoutes [les tribunes] et lui imposèrent
silence 68 ».
Panégyriques, harangues et odes
54 Avant que la soutenance proprement dite ne commence, on adressait souvent des odes et
des panégyriques, d’abord au dédicataire, puis au candidat et à sa famille. Selon le Mercure
galant 69
, lors de la thèse de philosophie de Michel-François Le Tellier (cat. 96) en
août 1681, « Monsieur de Louvois, père de ce jeune répondant, et Monsieur l’archevêque
de Rheims son oncle, faisoient les honneurs de l’Assemblée […]. Avant l’ouverture de la
dispute, le soûtenant fit une belle harangue en l’honneur du Roy, et la prononça avec une
grâce qui ne se peut exprimer ». Le panégyrique est ainsi résumé :
« Après avoir fait connaître qu’il pouvoit combattre avec confiance sous les auspices
d’un prince, à qui la Victoire avoit toujours obéi, il s’étendit fort sur sa modération. Il
dit, que cet Auguste Monarque avoit mieux aimé se montrer digne de commander à
toute la terre, que d’en acquérir l’Empire, et que préférant la gloire de rendre joyeux
tous les peuples à celle d’en triompher, il avoit sans peine interrompu des conquestes,
dont la suite auroit pû mettre en quelque péril la Justice, l’Innocence, la Religion et les
Beaux-Arts, qu’il avoit toujours cherché à faire fleurir. »
Ces préliminaires pouvaient être assez longs. Ainsi er 55 le 1 septembre 1668, la Gazette
indique que dans sa thèse au collège des Jésuites, le fils de Colbert (cat. 63) « commença
cette glorieuse action par un discours d’une demi-heure, qu’il fit à la louange de sa majesté
dans un latin également fort éloquent 70 ». Ces louanges étaient d’autant plus longues
qu’elles étaient en général composées de plusieurs discours. En 1692, pour les thèses de
l’abbé Louvois (cat. 128), Gros de Boze rapporte que les éloges « épuisèrent les
applaudissements de la cour et de la ville c’est-à-dire des gens de goût et des maîtres de
l’art et furent chantées dans plusieurs pièces de Poësies Grecques, Latines et
Françoises 71 ».
56 Le plus souvent, un étudiant prononçait d’abord un discours en l’honneur de l’impétrant.
Ainsi, lors de celle de Michel-François Le Tellier (cat. 96), le fils du conseiller Le Pelletier
ouvrit la dispute, après avoir fait « compliment au soutenant sur les avantages de son
illustre famille, qui a l’honneur de servir le Roy dans les charges et dans les affaires les plus
importantes de l’État avec la fidélité et le succès qui est sceu de tout le monde 72 ».
57 Dès le collège, les écoliers les plus brillants étaient entraînés à ces exercices. Ainsi, pour
celui d’un élève des pères de la doctrine chrétienne de Castelnaudary (cat. 126) qui dura
trois jours, le Mercure d’octobre 1690 indique : « Sa thèse étoit dédiée au Roy et à
l’ouverture & à l’issue de chaque séance, il a récité des vers à la gloire de cet illustre
monarque. Toute l’assemblée est toujours sortie avec une extrême satisfaction de ses
réponses 73
. »
58 Souvent des professeurs adressaient une ode, un compliment ou un panégyrique à
l’impétrant et à sa famille, qui étaient édités, et même réédités après la soutenance.
En 1864, dans son édition de l’ Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris de l’abbé
Lebeuf 74
, Hippolyte Cocheris a réuni celles qui concernent le collège de Navarre, qui n’ont
encore fait l’objet d’aucune étude spécifique. Pourtant ces « occasionnels », qui permettent
de comprendre les usages du temps, ont été parfois retenus par les biographes du roi.
Ainsi dans l’ Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles, emblèmes, devises, jettons,
inscriptions, armoiries… , Ménestrier relève par ordre chronologique les harangues et
discours prononcés au collège des Jésuites de Paris depuis 1638, qui servaient à « célébrer
tous les ans dans les Actions les plus solennelles, les grands évenemens de son Règne 75 ».
Pour l’année 1668, R il indique : « M . LE MARQUIS DE SEIGNELAY (cat. 63) dédia au ROY, en
laquelle Hercule remettoit sa Massuë à sa MAJESTÉ, […] Le P. De La Bretonnière sur un
Poëme latin sur cette thèse dont le titre étoit Hercules Gallicus 76
. »
59 Le Mercure mentionne parfois ces pièces de circonstance. Ainsi en 1679, lors de la
soutenance des frères d’Aligre (cat. 89), Jessé Le Duc, professeur d’humanités au collège
d’Harcourt, adressa au roi une ode latine sur la guerre de Hollande et la paix de Nimègue
qui la « terminait heureusement 77 ». Il arrivait que plusieurs odes fussent prononcées
pour une même soutenance. En 1680, Jean Le François, proviseur du collège d’Harcourt, en
dédia une à Jean-Baptiste Colbert de Croissy (cat. 92) : In iconem Lud. Magni pacifici, cum
sub ejus auspiciis theses philosophicas propugnaret … Joannes Bapt. Colbert de Croissy, in
Harcurio, id. sept. ann. 1680 . De même en 1668, Esprit Fléchier traduisit les vers latins
d’Antoine de La Bretonnière pour L’Hercule françois, ou L’explication de la thèse dediée au roy,
par le marquis de Seignelay et de Lenglet adressa une ode au candidat, Illustrissimo Viro
Domino D. Joanni-Baptistae Colbert . En 1684, après la soutenance des fils de Louvois (cat.
102), parut un opuscule de quatre pages in-folio offert au ministre : Ad illustrissimum virum
Franc. Michaelem Le Tellier, marchionem de Louvois… cum ejus filii Ludovicus Nicolaus et
Ludovicus Franciscus… Teses philosophicae propugnarent in collegio Harcuriano .
60 Autant que le Mercure , Le Journal des sçavans s’intéresse à ces publications. La livraison
du 8 septembre 1692 indique que lors de la thèse de philosophie de Camille Le Tellier
soutenue au collège Mazarin, « M. le Coite professeur en humanitéz au collège Mazarin a
adressé à M. de Louvois une ode 78 » de quatre pages in-octavo, publiée sous le titre
Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae praeposito, cùm theses
philosophicas in collegio Mazarinaeo … Elle est ornée d’un bandeau gravé sur cuivre pour
l’occasion, montrant les muses au pied du Parnasse, avec parmi elles une femme
couronnée tenant un flambeau et le génie de la philosophie posant une couronne d’étoiles
au-dessus des armes des Le Tellier placées sur un autel au chiffre de Camille.
61 De telles odes étaient également adressées au roi. L’auteur du Mercure ajoute, à propos de
la thèse de Camille Le Tellier, que « M. Morain Professeur de Rhétorique du mesme collège
en a adressé une autre au roi sur le même sujet ». Cette ode, de cinq pages in-quarto 79
,
est ornée d’un bandeau anonyme représentant deux femmes incarnant les arts et les
sciences, assises dans la cour d’un palais, tenant les armes de France dans un cartouche
entouré des colliers royaux et surmontées d’une couronne royale ( fig. 5 )
80
. Selon le
Mercure , « M. Saulmon, bachelier en théologie, a aussi publié un petit poème en vers
hexametres ». Est-ce celui-ci ou celui de Rollin que Michel Germain et Mabillon envoyèrent
er
le 1 septembre 1692 à Antonio Magliabechi, bibliothécaire de la bibliothèque palatine de
Florence en lui annonçant « une poésie choisie entre plusieurs qui ont été faites à
l’honneur de M. l’abbé de Louvois, lorsqu’il soutenait des thèses de philosophie avec une
merveilleuse capacité 81 » ?
F igure 5. – Anonyme, Ode de N. Morain, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum
Namurcum illustrissimis , page de dédicace, 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 143.52 KB )
62 Lors de la soutenance de sa thèse de philosophie au collège d’Harcourt en 1666, on
adressa à Augustin Servien (cat. 56) une ode intitulée : Illustrissimo Dom. D. Augustino de
Servient Abbati cum Philosophiae Teses, inscriptas dicatasque Regi, publicé propugnaret .
En 1678, pour la thèse de philosophie de François du Montal de Montsaulnin au collège du
Plessis-Sorbonne (cat. 87), C. Veugny écrivit une ode au roi sous le titre Ludovico Magno
cum ejus auspiciis laurea artium donaretur nobilissimus abbas Franc. de Montsaulnin du
Montal, In Sorbonae-Plessaeo, die 21 Aug. 1678. Signalons également les morceaux récités
au collège d’Harcourt en 1679 à l’occasion de la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), et
notamment l’ode de Le Duc déjà citée.
En 1682, pour la thèse de l’abbé de Lorraine au collège du Plessis-Sorbonne 82
63 , parurent au
moins deux pièces de vers, l’une de Marc-Antoine Hersan, professeur de rhétorique,
intitulée Serenissimo principi Francisco Armando abbati a Lotharingia theses philosophicas in
collegio Sorbonae-Plessaeo defendit. Carmen , l’autre de Simon Cordier, Ad serenissimum
principem Franc. Armandum, abbatem a Lotharingia, cum suas theses philosophicas
propugnaret et artium laurea donaretur in Sorbonae-Plessaeo .
64 Bien qu’on n’en ait que de rares témoignages, il est possible que, comme c’était le cas à
Rome, les soutenances furent agrémentées de musique 83
. Dans une lettre écrite en 1665 à
propos d’une thèse poitevine censurée, un auteur anonyme indique que « les Jésuites font
tous les ans fanfare avec les tambours, trompettes, & autres instrumens, pour faire
soutenir des thèses, & prendre des degrez à leurs philosophes 84 ». Ainsi à Poitiers
toujours, en 1687, après la soutenance, les écoliers précédés des trompettes et des
hautbois allèrent chez l’intendant « lui porter en pompe la thèse de satin, où était le
portrait du Roy 85 ». En 1695, au collège des Jésuites de Bordeaux, pour une thèse dédiée
au comte de Toulouse, fils légitimé du roi, « il y eut des violons qui jouèrent avant qu’on
commençât la dispute, et qui jouèrent aussi après le troisième argument 86 ».
65 Lorsqu’il s’agissait de célébrer un moment important de la vie de la nation, de la cité, du
collège ou de la congrégation, parmi d’autres cérémonies, la thèse était un moyen de
s’assurer la protection royale. Célébration publique, la soutenance obéissait à un rituel
invariable qui concourait à l’éclat des réjouissances. La solennité du lieu, la somptuosité du
décor, la présence du portrait du roi et du dais, les costumes des professeurs, des
étudiants et du candidat, en faisaient un moment inoubliable, que la présence d’un public
titré – princes, nonces, ministres, évêques et cardinaux, cours constituées – enrichissait
encore. Ce rituel s’apparente à ceux que décrit Pierre Zoberman à propos des discours
prononcés à l’Académie française, dans les académies de province, dans les parlements, à
Paris comme en province. Assister aux harangues prononcées par le parlement ou par
l’Académie est un devoir, comme assister aux thèses. Le nombre important des harangues
et des odes conservées en atteste, qui associaient le public aux louanges adressées au roi
et permettaient à chacun de marquer son « zèle monarchique 87 ».
Notes de bas de page
1 D urand de M aillane 1761, t. II, p. 241.
2 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 4.
3 Ibid ., t. II, p. 203.
4 Ibid. , t. I, p. 179.
5 Paris, [Warin], 1700.
6 Voir les notices biographiques du catalogue et la table des candidats.
e e 7 Pour comparaison sur les origines sociales des étudiants entre xvi et xviii siècle, voir
le tableau proposé par D. Julia dans C ompère , J ulia et C hartier 1976, p. 338 et 339.
8 D ainville 1978 ; C ompère , J ulia et C hartier 1976.
9 S aint- M aurice 1910, lettre LXVI, p. 218.
10 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 580. La thèse n’a pas été retrouvée ; nous ignorons qui en
était le dédicataire.
11 D angeau 1854-1860, t. I (1684-1686), p. 201.
12 Collection des procès-verbaux des assemblées-générales du clergé … 1772, p. 625 (cat.
108).
13 BNF, Mss, Mélanges de Colbert 161, fol. 1-3. La transcription est donnée ici sans les
abréviations.
14 M eyer 2005, p. 19 ; archives départementales de la Vienne, EE.
15 AN, MC, ET/LXXIII, 356, fol. xxix .
16 AN, MC, ET/LXXIII, 382, fol. xix , « en présence de Mes Jacques Henequin, Jean Bernard
et Antoine Levesque, docteurs en théologie de la maison et collège de Sorbonne ».
17 D elage 1913, p. 108-109.
18 Mercure galant , août 1679, p. 210.
19 Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne … 1690. Non
retrouvé, mais retranscrit pour l’essentiel dans P alys 1890, p. 220-221 (Dinan, bibliothèque
municipale, G 102).
20 M eyer 1999, p. 193-213.
21 Relation des réjouissances… 1687. IFF Cundier 3 et Z oberman 1998, pl. 1, p. 321.
22 Pour plus de détails, M eyer 1993 et 1999.
23 Mercure galant , août 1681, p. 114-120.
24 Ibid. e , janvier 1687, 2 partie, p. 214-224.
25 Ibid. , février 1686, p. 52-54. Il s’agit de Louis III de Bourbon-Condé (1668-1709).
26 Voir bibliothèque Mazarine, 4°A 11192-17 o : 2 feuillets au format in-8 , pièce 28,
« RELATION/D’une Fête solemnelle, que les Augustins Déchausséz de Marseille/ont
celebrée à l’honneur du Roy pour le rétablissement/ de la Santé de Sa Majesté ».
27 On ajouta un second portrait du roi posé sur un tapis de Perse dans le fond de
l’église ; un autre, du roi à cheval « de la façon de Mr. Le Brun » était placé sur la façade
couverte de trois grands tapis de damas cerise rehaussés de fleurs de lys et du double L.
28 Mercure galant , septembre 1695, p. 139.
29 Mercure galant , août 1700, p. 143-150. Pour le portrait : IFF 388.
30 Ibid. , novembre 1681, p. 320-323.
31 Les continuateurs de Loret 1881-1899, lettre du 3 mars 1671, par Mayolas, non paginé :
« La Salle estoit à double rang/ (Afin d’en cacher tout le blanc)/Parfaitement bien tapissée, /
Et fort pompeusement parée. » Le dédicataire est Maximilien-Henri de Bavière
(1621-1688).
32 M eyer 1999, fig. 1 et 5, p. 193-213.
33 Signalons le titre évocateur de la Réfutation des thèses erronées d’Anthoine Villon, dit le
soldat philosophe, & Estienne de Caves médecin chymiste, par eux affichées publiquement à
Paris, contre la doctrine d’Aristote le 23 aoust 1624, à l’encontre desquelles y a eu censure de la
Sorbonne, & arrest de la cour de parlement… par Jean-Baptiste Morin , Paris, chez l’auteur,
1624. Voir par exemple F raenkel 1977.
34 M arboutin 1927.
35 Paris, J. Collombat, 1697, p. 57.
36 Par le S r. J. C. Amsterdam, 1683, p. 99 (Paris, le 5 juin).
37 La dédicace était ainsi rédigée : « Aux Peres & vrais Protecteurs/Seuls legitimes
Directeurs, /De nôtre Galicane Église. » Ni la gravure ni la thèse n’ont été retrouvées.
38 R apin 1865, t. I, p. 528-529. La scène se passe vers 1653.
39 Gazette , 10 juillet 1646, p. 603.
40 À propos du panégyrique au roi de l’abbé Tallemant le 25 août 1673, voir
Z oberman 1998, p. 44 et le Mercure galant , 1674, t. VI, p. 63.
41 Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague … 1612, p. 52.
42 L oret 1652-1665, 13 juillet 1658, p. 500.
43 Mercure galant , juillet 1687, p. 214-220.
44 Ibid. , juillet 1684, 314-325.
45 Ibid. , février 1701, p. 188.
46 Ces propos sont proches de ceux qu’analyse Z oberman (1998, p. 44 notamment).
47 Mercure galant , août 1679, p. 202-211.
48 Gazette , 8 septembre 1663, p. 867.
49 er R obinet de S aint- J ean , 1 août 1667, t. II, p. 849.
50 Gazette , 27 août 1661, p. 116.
51 Gazette , 10 février 1663, p. 143.
52 Gazette , 8 mars 1664, p. 227.
53 S aint- M aurice 1910, lettre LXVII, p. 219.
54 Gazette er , 1 septembre 1668, p. 914.
55 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 555.
56 Ibid. , p. 622. Les sabatines , ainsi nommées parce qu’elles étaient soutenues le samedi,
sont rarement illustrées. Nous ignorons si celle-ci le fut. Cependant, l’inventaire, dressé
le 31 août 1687 à l’occasion du mariage de François-Gérard Jollain avec Anne Miret,
mentionne à l’item 69 : « Plus deux cents planches propres pour faire des sabbathines à
juste prix » (L othe 2005).
57 S aint- S imon 1982-1988, t. VIII (1721-1723), p. 28. La thèse était dédiée à Chamillart luimême.
58 L aunay 1920, t. I, p. 185.
59 Ibid .
60 Communication orale de Louise Rice (2013).
61 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-58.
62 B ussy- R abutin 1857-1859, t. V, p. 189.
63 M eyer 1993, p. 83-86.
64 L aunay 1920, t. I, p. 186.
65 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 104.
66 A melot de L a H oussaye 1737, t. II, p. 116-117.
67 Ibid. , p. 117-118. La thèse en question n’a pas été retrouvée. On ignore à qui elle était
dédiée.
68 C hoisy 1727, p. 452.
69 Mercure galant , août 1681, p. 114-120
70 Gazette er , 1 septembre 1668, p. 914.
71 B oze , G oujet et T allemant 1740, t. II, p. 140, « Éloge de M. l’Abbé de Louvois ».
72 Mercure galant , août 1681, p. 114-120.
73 Ibid. , octobre 1690, p. 84.
74 L ebeuf 1863-1870, t. II (1864), p. 34-38.
75 M énestrier 1693, p. 77-78.
76 L a B retonnière 1668.
77 L e D uc 1679 ; B ouquet 2010, p. 311. Par la suite, Jessé Le Duc fut docteur en droit civil
et canon.
78 Journal des sçavans , septembre 1692, p. 419-420.
79 M orain 1692.
80 Le livret est encore enrichi d’une lettre grise, un F se détachant sur les instruments
des sciences.
81 M abillon , M ontfaucon et Q uesnel 1846, t. II, p. 340. On ignore le nom du poète et le
titre du poème.
82 La thèse n’est pas dédiée au roi, voir cat. 108.
83 A llegri 1984, p. vii-xxii . Nous n’en connaissons qu’un exemple, une thèse soutenue à
Arles, dédiée à Marie Leszczyńska, pour laquelle l’Académie de musique de la ville
composa un air à jouer en ouverture de la dispute (voir M eyer 1993, p. 82).
84 Tèse des Jésuites de Poitiers… 1665.
85 F oucault 1862, p. 190.
86 Inventaire sommaire… 1901 (de Saint-Seurin, 22 août, p. 17). Voir ici l’ann. II. B-1.
87 Z oberman (1991, p. 646) souligne également que les panégyriques consacrés à Louis
XIV « se multiplient dans tous les contextes, mais encore son éloge apparaît dans les
discours les plus variés, dans toutes les institutions et dans toutes les occasions ».
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre II. La soutenance Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre III. L’illustration des thèses...
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre III. L’illustration des thèses Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre III. L’illustration des thèses
p. 51-88
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Les premières thèses françaises illustrées datent du début du xvi e siècle 1
1 , mais sont
livre exceptionnelles. Si elles sont plus nombreuses après 1580 2
, il faut attendre les
années 1625-1630 pour que le recours à l’illustration s’impose en France. Pourtant, on sait
qu’en juin 1599 il fut permis aux étudiants du grand couvent des Franciscains de Paris
PDF
d’orner leurs thèses et de les distribuer au public 3
. Preuve de l’importance de l’illustration,
Table des matières
en 1612, lors du chapitre général de Rome, les Statuta generalia pro utraque Familia
mettent en garde contre le luxe de l’ornementation 4
. Cette pratique, qui s’était rapidement
Citer répandue en Italie puis dans les pays germaniques, ne semble être parvenue en France
que plus tardivement 5
. Cependant, l’habitude prise, l’utilisation de la gravure devint si
Partager répandue que le 1 er octobre 1648, un mandement de discipline scholastique de Godefroy PDF du
Hermant, recteur de l’université de Paris, rendu public le 6 octobre à tous les collèges par chapitre
assemblée aux Mathurins, stipule que l’ornementation doit retrouver son ancienne Plan
simplicité et que les positions devraient être dépourvues d’encadrement, faute de voir la
thèse rejetée 6 Suggérer
. En 1665, le chapitre provincial de l’ordre des Franciscains ordonna que les
Plan détaillé l’acquisition à thèses soient rédigées « sur une simple feuille de papier sans aucun ornement ». votre bibliothèque Texte intégral
Le placard et le livret Le placard et le livret
La dédicace et ses raisons d’être Auparavant manuscrites, les thèses furent imprimées dès e Acheter 2 la seconde moitié du xvi siècle,
Les cadres qu’elles soient illustrées ou non. Selon les facultés, elles sont imprimées sous forme
La réception Édition d’affiche (ou placard) ou de livret, avec un texte de même étendue. Sur les cent trente-six imprimée
Notes de bas de page thèses recensées, seules cinq sont en livret in-octavo 7 et une en livret in-folio, pour le
prince de Turenne en 1679 (cat. 91, fig. 6 ), dont exceptionnellement toutes les pages sont Presses
universitaires Aller en haut de page illustrées.
de Rennes
Aller en bas de page 3 La première grande thèse allégorique en placard en rapport avec la France fut soutenue
amazon.fr au Collège romain en 1606. Gravée par Villamena en hommage à Henri IV ( fig. 7 ), elle
decitre.fr
montre le roi en armure, à cheval dans un temple, brandissant le foudre pour terrasser le
mollat.com
Vice, l’Hérésie et la Discorde, et délivrer la Vérité assaillie par le Mal. Le graveur Karl leslibraires.fr
Audran s’en inspira pour une thèse dédiée à Louis XIII 8 à Lyon en 1622 ( fig. 8 ). placedeslibraires.fr
1 La thèse de médecine de Thomas Roch soutenue à Montpellier date de 1501. La vignette sur lcdpu.fr Avant même qu’elles ne soient illustrées, les thèses firent l’objet de dédicaces 9
4 , dont
bois anonyme qui agrémente le livret montre un pèlerin assis qui observe les étoiles
(Dl u’luiseaug e1 9s8e6 , répandit en France à partir de 1610. Le choix de l’illustration dépendit bientôt du p. 65 ; in-quarto, BNF, Tolbiac, FC012). On ne connaît aucune thèse illustrée à Paris ePub / PDF
avdaéndti c1a6t0a4i re(.th èse de médecine de Georges Arbaud o : BIUM, Ms. 74, n 358).
2 Vient ensuite la thèse de théologie en livret de Charles de Lorraine-Vaudémont chez les La dédicace et ses raisons d’être Jésuites de Pont-à-Mousson en 1580, ornée d’une devise à l’eau-forte. Mais nous sommes en
Lorraine. Suivent en 1589, 1590 et 1591 trois thèses de théologie en placard soutenues à Orthez, 5 La place de la dédicace est donc essentielle. Ne dédie pas qui veut sa thèse au roi. Il faut
ornées d’armoiries gravées sur bois. Celle de 1591 réutilise la planche de 1590 (L avagne 1996, p. en1 97f,a irOer thlae z,d enm oa n10d)e. .N ouAisn sri emeenr c1i6o8n7s, Ml.’ adre chVeriveêsq, uceo ndsee rvPaartiesu,r Fàr alnaç obiibsl idoet hèHqaurel ayu,n ivaevrasiitt aire
demandé au roi de la part des messieurs des Missions étrangères la permission de lui
dédier la thèse que le jeune Siamois Antonio Pinto devait soutenir à la Sorbonne 10
. Rien
n’était laissé au hasard car la dédicace mais aussi l’image sortaient de la salle des thèses,
pour perpétuer l’hommage rendu. Le contrôle de l’iconographie par le pouvoir ne fait pas
de doute, même dans le cas des portraits ; il semble que le choix du graveur ne soit pas
indifférent car on ne trouve dans ce corpus aucune estampe médiocre.
6 Preuve de leur importance, pour obtenir le pardon du roi pour des offenses passées, les
parlements lui dédièrent plusieurs thèses par l’intermédiaire des collèges de Jésuites 11
. De
même, la faculté de théologie de Paris, par l’intermédiaire de son recteur Pierre Berthe,
trouva ce moyen le 20 septembre 1685 pour l’assurer de sa fidélité et de son respect des
doctrines gallicanes. Selon le Mercure du mois d’octobre 1685 :
« Le 2 septembre M. Berthe, Recteur de l’Université, alla à Versailles, accompagné des
procureurs des quatre nations, des Doyens des Facultez, et de tous les autres officiers
qui représentent ce corps. Ils se revetirent de leurs habits de cérémonie dans l’un des
Appartemens du Chasteau, où M. Colbert de Croissy vint les prendre pour les mener
à l’audience du Roy. M. Berthe présenta à sa Majesté une thèse en manière de
Tableau avec une bordure 12 … »
F igure 6. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de philosophie de Louis de La
Tour d’Auvergne , page de titre, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 156.44 KB )
F igure 7. – Francesco Villamena, Tèse de Robert Fidèle d’Arimini dédiée à Henri IV , 1606.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 218.88 KB )
F igure 8. – Karl Audran, Tèse de Pierre Sève dédiée à Louis XIII , 1622.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 214.12 KB )
7 Dans sa harangue retranscrite par l’auteur du Mercure , il souligne que « l’Université vient
de la maniere la plus solennelle rendre à Vostre Majesté les soûmissions qui luy sont
deuës ». Puis il célèbre la piété royale : « jamais aussi l’Église n’eut un si Zélé & si puissant
Protecteur ». N’est-ce pas lui qui « met enfin au tombeau cette indomptable Heresie, qui
estoit née sous le Regne des Rois vos Prédecesseurs » ; il proclame également sa grandeur
et sa toute-puissance : « où trouvera-t-on un Regne semblable au vostre ? Vostre Majesté
nous montre en son auguste Personne le Prince & le Héros parfait, que l’idée n’avoit
encore sceu peindre ». Il lui témoigne l’amour et la profonde dévotion de l’université :
« Nous cherchons à signaler nostre zele pour la gloire de Vostre Maiesté. LOUIS LE
GRAND est à la teste de tous nos discours ; il consacre sans cesse & nos bouches &
nos plumes, il occupe continuellement nos reflexions & nos études. La première leçon
que nous donnons dans nos Ecoles à la Jeunesse de son empire, c’est de lui
apprendre la fidélité inviolable qu’elle doit au meilleur & au plus grand Prince qui fut
iamais. »
8 Il conclut : « semblable encore en cela au Soleil, qui par un de ses rayons rendoit à cette
fameuse Image de l’antiquité le mouvement & la vie, vous nous ferez revivre par un seul
de vos regards ». L’auteur du Mercure fait ainsi connaître la soumission de la faculté de
théologie, la puissance et la bonté du roi, et remarque : « Sa Majesté parut estre fort
contente du discours de Mr. Berthe, & luy fit l’honneur de luy donner des Marques de son
estime & de son affection, tant pour le Corps que pour sa personne particulière. » Ensuite,
accompagné de l’archevêque de Paris, et de ses collègues, Berthe alla chez le Dauphin, la
Dauphine, le duc de Bourgogne, le duc d’Anjou, Monsieur et Madame et « les harangua
d’une manière qui luy attira l’applaudissement de toute la Cour » (cat. 110).
9 De toute évidence, Louis XIV appréciait ce genre d’hommages. À propos de la thèse de
l’abbé de Louvois (cat. 128), le Mercure d’août 1692 indique :
« Le Roy qui se connoist parfaitement en beaux ouvrages, receut cette Thèse comme
elle le mérite, et la fit attacher dans sa chambre avant qu’elle fut publique, afin que
ceux qui temoignèrent de l’empressement pour le plaisir de la voir pussent satisfaire
leur curiosité. Toute la cour en a félicité M. Mignard [qui en avait donné le dessin] 13
. »
La dédicace imprimée ou gravée
10 De la première thèse dédiée à Louis XIV à la dernière, tous les candidats en appellent à sa
protection et lui présentent leurs travaux comme un modeste hommage.
Le 29 janvier 1654, Jacques Ladvocat (cat. 21, fig. 9 ) lui dédie sa tentative et alors que les
positions sont en latin, il s’adresse à lui en français :
« AV ROY/SIRE/Si la Théologie n’estoit jamais sortie du sein de Dieu, elle n’aurait pas
besoin d’autres protec=/ tion que de son merite, l’éclat de sa gloire suffiroit pour
accabler to[us] ceux qui l’aprocheroient avec trop peu de respect, ou /trop de
curiosité, mais come le Fils de Dieu s’estant chargé de nos infirmitéz en sa chaire
immortelle esleve d’autres ho[m]me à la participation de sa puissance… »
F igure 9. – Abraham Bosse, Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat , 1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 161.98 KB )
Plus loin, il rappelle l’alliance privilégiée des rois avec Dieu : 11
« qualifiez, très chrétiens et fils aynés de l’Église, qu’ils ont du ciel une alliance
éternelle et que par l’onction d’un baume de miracle ils recouvrent la pleinitude de
l’esprit de Dieu po[ur] leur conduite... »
Puis il évoque les difficultés intérieures du royaume : 12
« V[o]t[r]e naissance malgré les bornes de son infirmité naturelle a rendu V[o]t[r]e
nom admirable et a peine pourriez vo[us] prononcez celui de cette incomparable
reine qui vo[us]’ a doné la vie que vos enemis ont été dépouillez de leurs conquestes
et de leurs trophées. Est-ce pas à l’exemple du fils de Dieu que vous n’avez point de
plus douce complaisance qu’en l’admiration d’une Justice toute royalle qui vous fait
agir incesament a l’advantage des foibles et des infortunez, et qui seule obtient du
ciel la confusion de tous ceux a qui la témérité met les armes à la main contre votre
couronne. »
13 Est-ce en raison du jeune âge du roi que la dédicace est en français ? Le fait est inhabituel
surtout pour une thèse de théologie, lorsque la dédicace n’est pas adressée à une femme.
Ou est-ce pour être compris de toute l’assistance ? C’est probable, puisque l’auteur y
évoque la toute-puissance du roi et, par allusion aux troubles de la Fronde, l’obéissance qui
lui est due. Comme tous les candidats, Ladvocat en appelle à la protection royale :
« Tous mes deffauts se trouvent abysmez dans l’immensité de ses splendeurs et
l’éclat de vostre royale Person[n]e, et [qu’ils] ne me facent point juger indigne d’en
deffendre publiquement les veritez n’y d’estre recognu de V[o]tre Maj[es] .te pour son
très humble. »
14 Par exceptionnel, la thèse de Charles Amelot (cat. 42) a été gravée en 1663 avec deux
dédicaces, l’une en français, l’autre en latin selon les tirages. De nouveau, la dédicace est
un panégyrique :
« SIRE, J’apporte aux pieds de Vostre Maiesté les premiers fruits de mes estudes ; ce
n’est pas un présent que ie luy fait ; car quel présent serait-ce pour le plus grand et le
plus sage de tous les Roys, qu’une philosophie naissante, et qui ne s’explique encore
qu’avec peine. C’est un hommage que ie luy rends ; et l’hommage SIRE, consiste
ordinairement en des choses très petites en elles mesmes, qui sont toutefois des
marques solennelles d’une parfaite soumission et d’un profond respect. »
15 Plein d’adoration, Amelot compare alors le roi à Dieu et sa thèse aux offrandes qui lui sont
faites. Il souligne sa bonté à l’égard de ses sujets :
« C’est ainsy que nous faisons des offrandes à Dieu, qui n’a pas besoin de nos
richesses. Quoy que sa gloire soit infinie, il ne refuse pas néanmoins la louange des
Enfans, & encore que sa Toute puissance soit la source et la plenitude de toute sorte
de biens, il ne méprise pas toutefois les fleurs dont on parfume ses autels. Dieu
voulait de l’ancienne loy des victimes de sang dans les sacrifices, il ne nous demande
aujourd’huy que l’Esprit et le coeur. Ainsy on se faisait autrefois connoistre de votre
Maiesté dans quelque assaut ou dans une bataille ; et nos suiets ne se trouvaient
iamais plus heureux ; que lorsqu’ils s’immoloient à vostre gloire comme des victimes
sanglantes. »
16 La comparaison avec les offrandes de l’ancienne loi permet à Amelot de souligner les
actions bienfaisantes du roi dont les vertus assurent la paix et le bien-être de ses sujets :
« Mais maintenant que la Paix (que la terreur de vos armées a donnée a vos suiets),
fait refleurir les lettres et tous les beaux-arts ; les combats des Philosophes peuvent
ne pas déplaire à Vostre Maiesté. Nos écoles en sont le champ, nos raisonnemens
sont nos armes, & la verité qui est nostre conqueste, est la victoire pacifique dont
nous pouvons honorer votre gloire. C’est à votre maiesté que nous devons un repos si
assûré, que sa prudence rendra sans doute éternel. Mais nous devons à sa bonté, la
respectueuse liberté que nous prenons de luy parler des Ecrits de nostre jeunesse. Ils
pourront Sire, estre suivis un jour d’un travail plus solide, qui témoignera a Vostre
Maiesté avec combien de Zele et de veneration ie suis de Vostre Maiesté le tres
humble et très obeissant, et très fidèle suiet & serviteur. C. Amelot. »
17 De tels panégyriques ne sont pas réservés au roi. En 1666, dans la table de la Somme
dédicatoire qu’il dresse à la fin du Roman bourgeois 14
, se moquant des pauvres espérances
perdues de bon nombre d’auteurs, Furetière note ironiquement : « Que les Eloges
immodérés sont de l’essence des épitres dédicatoires. Avec la preuve expérimentale que
l’encens qui entête le plus est celui qui est trouvé le meilleur, contre l’opinion des médecins
droguistes » (tome IV, chapitre 2), ou encore : « Si un auteur qui aura donné à son mécénas
la divinité ou l’immortalité doit être deux fois mieux payé que celui qui l’aura seulement
appelé demi-dieu, ange ou héros » (chapitre 7). Parmi les dédicataires, Furetière ne
manque pas de signaler ceux des thèses (chapitre 20).
18 Cette adulation pour le roi répond à la littérature encomiastique du temps, qui connaît un
grand développement durant les années 1663-1678 15
. En 1668, la dédicace de Colbert de
Seignelay contient un compliment hyperbolique sur le thème de sa sagesse et de sa
supériorité : « REGI. Descendis e triumphali curru, Rex inuictissime » (cat. 63). Ces propos se
retrouvent dans la longue dédicace en français qui accompagne les thèses de
mathématiques défendues par Jacques Symon chez les Jésuites de Marseille en octobre
1686 (cat. 113) : « tout le monde admire cette Religion, cette Sagesse, cette Valeur, ce
Génie vaste & sublime, & toutes ces rares qualitez qui rendent V. M. le Monarque le plus
accomply qui fut jamais ». De même que Charles Amelot en 1663, Symon espère que « sa
foible voix ira jusqu’à ses oreilles » et ajoute : « Le plus grand des Rois à qui tant de vertus
diverses asseurent l’immortalité, doit s’attendre à voir tous les âges empressez à luy
rendre leurs hommages. » On retrouve aussi des propos souvent entendus dès les
premières thèses : « C’est Sire, cette partie de vôtre Eloge que j’ay crû d’être capable de
soûtenir. » C’est là un des fondements des dédicaces : le mécène doit protection au
dédicataire 16
. Symon célèbre les écoles « ouvertes aux officiers de ses Armées Navales,
pour les disposer à vaincre autant par la raison & le sçavoir, que par l’expérience & la
valeur. Un des Maistres Hydrographes qu’Elle entretient dans ces Ports a étendu jusqu’à
moy le zèle qu’il a pour former dans son employ de dignes sujets du plus admirable, & tout
ensemble du plus aimable des souverains », et de conclure en ajoutant :
« Je dois à V[otre]. M[ajesté]. tout ce que j’ay appris de Mathématiques. La
reconnaissance m’a engagé à offrir à Elle-même le détail de ce que je luy dois ; & dans
l’épreuve que je vais faire de mon travail, ma foiblesse avoit besoin de sa Roïale
Protection : ie succomberois sans doute si je ne voyois à la teste de mes Propositions
ce Nom Auguste, qui a commencé, qui a remporté tant de victoires [...] & déjà les
Figures, les Nombres, les Proportions dont je me suis remply l’esprit, m’ont convaincu
qu’il n’y a sur Terre que les Vertus & la Gloire de V.M. qui soient sans formes, & que
tous le mérite des autres Princes est infiniment éloigné du sien 17
. »
19 Ainsi, comme le recteur Berthe le proclamait dans sa harangue au roi à Versailles (cat.
110), Louis XIV a inspiré la thèse. Sans lui elle n’existerait pas. Il est donc naturel qu’il la lui
offre et c’est là un poncif dans la littérature depuis le xvi e siècle : citant l’exemple de la
dédicace d’Horace par Corneille à Richelieu 18 en 1640, Roger Chartier rappelle qu’elle était
une figure classique de la rhétorique. Certaines étaient directement tirées des textes
anciens. Ainsi, comme le précise Claude-François Pellot (cat. 81), son « LVDOVICO MAGNO
Quo nihil majus, meliusque terris Fata donauere, unique diui Nec dabunt » vient des Odes
d’Horace : « En comparaison de quoi les Dieux propices n’ont rien donné à la terre de plus
grand ou de meilleur et ne donneront rien quand même les temps reviendraient à l’âge
d’or antique 19
. » La démarche de l’étudiant n’est pas différente de celle de l’écrivain
présentant son livre au dédicataire et espérant en retour attirer sa bienveillance. Certains
venaient tout exprès à Versailles pour donner au roi l’explication de leur thèse 20
.
20 Rien n’était laissé au hasard. Pour celle du prince de Turenne (cat. 91) adressée au roi
en 1679, les devises furent inventées par les pères Ménestrier et de La Rue et l’épître
dédicatoire rédigée par le père Nepveu. Une dédicace mûrement réfléchie pouvait occuper
plusieurs savants.
La dédicace gravée sur l’encadrement
21 À partir des années 1660, les étudiants qui s’adressent à Nanteuil pour un portrait font
inscrire leur nom sur le cuivre suivi de la mention offerebat . Il semble que le graveur soit à
l’origine de cette pratique que l’on trouve plus rarement sur les portraits gravés par
d’autres artistes 21
. Cette mention a d’abord été utilisée pour célébrer les plus hauts
personnages de l’État 22
, et à partir de 1669 23 sur les portraits du roi. Dans de rares cas, les
étudiants précisent le motif de la dédicace. Par exemple, au bas du portrait utilisé par
Jules-Paul de Lionne (cat. 41) apparaît : « Se, vltimas licentiae theologicae theses/vouet, et
consecrat./Humillimus Subditus Julius Paulus de Lionne. » La mention offerebat s’ajoute à la
dédicace qui apparaît au haut des positions, mais lorsque la gravure sera imprimée sans
les positions, elle renouvellera et pérennisera l’hommage en assurant la célébrité au
dédicataire 24
.
22 La dédicace placée au haut des positions était en général assez étendue, surtout pour les
thèses de philosophie. Un bachelier nommé Fauvel ayant mis un compliment ridicule à la
tête d’une thèse dédiée au futur cardinal de Retz, la faculté de théologie fit un décret qui
défendit dorénavant d’adresser aucun compliment aux dédicataires des exercices de
théologie. Selon Amelot de la Houssaye, « ce règlement s’est toujours observé depuis avec
tant d’exactitude, qu’on ne l’a pas même négligé dans les thèses dédiées au Roi. Ce qui fait
beaucoup d’honneur à la Sorbonne 25 ». L’incident se passa pendant la Fronde, alors que
Jean-François-Paul de Gondi n’était encore que coadjuteur, donc avant 1652. Cependant
cette règle ne fut pas appliquée immédiatement. La tentative en Sorbonne que Jacques
Ladvocat dédia au roi en 1654 portait une longue dédicace en français de dix-huit lignes
très serrées, où le candidat l’appelle à défendre la théologie, car Dieu s’appuie sur les
trônes légitimes qui « reçoivent de lui tout ce qui les fait regner » (cat. 21, voir fig. 9 ).
23 À partir de 1663 et jusqu’à la fin du règne, les dédicaces des thèses de théologie adressées
au roi se limitent à son nom. Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) 26 se contenta du mot
REGI 27
. Mais le titre de la thèse permettait souvent de proclamer les vertus du roi. Celle de
Le Tellier pose ainsi la question : « Quis est magnus consilio et Incomprehensibilis Cogitatu ?
Jerem. 32 » (« Qui est grand en conseil et impénétrable en pensée ? »).
24 Pour une thèse de théologie, montrer le roi sous la protection de la Divine providence est
bienvenu. Dans La muse historique , Robinet remarque :
« Ayant leu la THEZE ma foy
Très-belle & Dédiée au Roy
Duquel, comme un Astre PROPICE
Le Portrait est au frontispice
Et qui sur le sujet vient bien
Etant d’un PRINCE TRES CHRESTIEN 28 … »
25 Après approbation du roi, et sans doute aussi du Conseil d’en haut ou de la Petite
Académie, le candidat ajoute parfois quelques qualificatifs au nom REGI. Là aussi
l’adéquation avec la composition renforce la célébration. Ainsi, en 1667, l’abbé de Bouillon
retient cette dédicace pour sa majeure : « Ludovico XIIII Regnum Maximo », alors que Le
Brun montre Louis XIV sur un bouclier tenu par un aigle devant un palmier et deux
enseignes. L’emploi de « Maximo » , comme le reste de la représentation, justifie le parallèle
implicite avec les Césars (cat. 60). Comme l’abbé Le Tellier, l’abbé de Bouillon renforce son
hommage par l’exergue : « Cujus Regnum Regnum omnium saeculorum. Psal 144 » (« Ton
règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges ») ; il affirme ainsi que le règne de Louis
surpasse tous les autres et invite à le comparer avec celui de Dieu à qui David adressa sa
prière 29
. Renforcée par le titre de la thèse, la brève dédicace signée par le candidat,
« Vtrimos Licentiae Teologicae Labores Aeternum Consecrat [...] Obsequis Dux d’Albret »,
apporte plus qu’un long palabre.
26 Soutenue en 1688 à Paris au couvent des Cordeliers, la thèse de Crouzeil est publiée en
livret (cat. 120, fig. 10 ). Face au portrait, dont l’ovale porte la mention « LUDOVICUS
MAGNUS REX CHRISTIANISSIMUS », une courte dédicace reprend les mots gravés sur le
cuivre. L’illustration est en rapport avec les événements les plus récents, ce que la légende
au bas de la gravure met en évidence : « Haeresis extremum, toties rediviva, venenum Fundit,
et est Genio Galliae tuta suo ». Le Mercure de septembre explique la composition et montre
le rapport étroit entre le texte et l’illustration :
« Comme la thèse a pour titre ces paroles du Cantique, “ Quis pascitur inter lilia ” ? on y
voit d’abord l’éloge des Lys de la France et le bonheur qu’lls ont de naistre sous les
auspices et sous la protection de LOUIS LE GRAND, qui les a heureusement dégagez
des épines de l’Herésie, qui ternissoit en partie l’éclat de leur blancheur, et diminuoit
de beaucoup l’odeur qu’ils répandent dans toute la terre. Cela est expliqué dans la
vignette gravée délicatement qui représente le Sauveur du monde au milieu d’un
champ semé de lys, disant à ses Apostres ces paroles de l’Evangéliste, “ Considerate lili
quomodo crescunt ”. On y voit aussi Saint Michel protecteur de la France, qui tient
l’Hydre de l’Hérésie abatüe sous ses pieds 30
. »
27 L’association du monarque avec Dieu traverse tout le règne. En 1654 Ladvocat (cat. 21)
déclare au jeune roi :
te t « Combien Sire/V. Maj[es]. s’y trouve t’elle plus merveilleusem[en] obligée, car
puisque l’engagem[en] t des S[ain] ts a servir Dieu depend de la conformité qu’ils ont
avec son fils, que doit on penser de V[otre]. M[ajesté] qu’il n’a pas seulement rendu
son Image visible, par les divins caractères qu’il vous en a communiquez ; Mais sur
qui par des graces toutes singulières il a voulu repandre des benedictions renfermées
dans les sacrez textes… »« V[ot]re naissance malgré les bornes de son infirmité
naturelle a rendu v[ô]tre Nom Admirable & a peine pouviez vo[us] prononcer celuy de
cette incomparable Reyne qui vo[us] a doné la vie, que vos Enemis ont esté
depouillez, de leurs conquestes et de leurs trophées 31
. »
28 Cependant cette identification avec l’image de Dieu est parfois poussée trop loin (cat. 106,
fig. 11 ). Le 13 juin 1685, Madame de Sévigné écrit à sa fille :
« On nous mande (ceci est fuor di proposito [hors de propos], mais ma plume le veut)
que les Minimes de votre Provence ont dédié une thèse au Roi, où ils le comparent à
Dieu, mais d’une manière où l’on voit clairement que Dieu n’est que la copie. On l’a
montrée à Monsieur de Meaux, qui l’a montrée au Roi, disant que Sa Majesté ne doit
pas la souffrir. Il a été de cet avis : on l’a renvoyée en Sorbonne pour juger, elle a dit
qu’il la falloit supprimer. Trop est trop : je n’eusse jamais soupçonné des Minimes d’en
venir à cette extrémité 32
. »
29 La dédicace et chaque proposition commencent par ces mots : « LUDOVICUS MAGNUS » et
de proposition en proposition, le texte déclinait les qualités exceptionnelles du roi, ses
vertus, sa sagesse. L’éloge est poussé à son paroxysme. Les Minimes avaient-ils en
mémoire la thèse de théologie dédiée au frère de Richelieu qui avait pour titre « Quis ut
Deus 33
? » (cat. 106), dont les propositions commençaient par les lettres « RICHELIUS » ? La
gravure des Minimes, nous y reviendrons, montrait le roi en buste et auréolé ; le parallèle
avec Dieu s’imposait donc de facto .
F igure 10. – Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de théologie de Séraphin
Crouzeil , 1688.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 217.6 KB )
F igure 11. – Pierre Simon, Partie supérieure de la thèse de Philibert Madon , 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 94.77 KB )
30 La dédicace fait rarement l’analyse de l’image, cependant texte et image concourent à
célébrer la grandeur du roi défenseur de la Paix et la Religion. Dans la thèse de Charles
Amelot (cat. 42, fig. 12 ) en 1663, Louis XIV conduit le navire de l’État secondé par les
vertus, alors que dans le ciel, la Charité lui présente un médaillon où la Religion apparaît
écrasée par l’Hérésie, tandis que la Gloire l’invite à délivrer Dunkerque. Dans la dédicace,
Amelot compare le roi à Dieu, ce que l’illustration n’ose pas ouvertement. Après avoir
évoqué le début du règne, il s’attache au temps présent, et ses propos s’apparentent au
contenu de la gravure sans que rien n’y renvoie directement. On retrouve ainsi la
référence à la paix donnée au royaume grâce à la puissance des armes du roi et la sagesse
de son gouvernement.
31 En 1665, la dédicace de Gilles Le Maistre de Ferrières, qui accompagne un Saint Louis
descendu de son char cédant sa place à Louis XIV (cat. 51), est directement en rapport
avec la composition. Le roi invincible, très chrétien, arbitre de l’Europe, fait triompher la
Religion et entreprend une guerre sainte contre les barbares, évoquée par l’expédition de
Djidjelli (qui ne fut pas pourtant un succès) et la bataille de Saint-Gothard. Hercule au
service du roi est figuré tuant l’hydre sur le bouclier que les angelots présentent au
monarque et la dédicace proclame : « Hercule fortior Ludovice vince coelo, vince Religioni,
vince aeternitati ». Apparaissant à droite dans la gravure, le Dauphin est cité dans la
dédicace qui annonce ses triomphes à venir. De même, dans la thèse de Colbert de
Seignelay (cat. 63) qui montre Louis XIV descendu du char conduit par Hercule, au retour
de la campagne de Flandres, la dédicace contient un compliment hyperbolique sur le
thème de sa sagesse et sa supériorité. Gravé sur le guidon de la Renommée, le titre
proclame : « REGI / Descendis e triumphali curru, Rex inuictissime ».
32 Comme seule une part restreinte du public devait lire les longues dédicaces placées sous
les portraits ou dans le haut des compositions, pour attirer l’attention et faire participer à
l’hommage rendu au souverain, quelques mots consacrés à sa gloire étaient écrits en
grandes capitales dans l’éloge. L’adresse REGI attirait déjà l’attention, suivie parfois de la
répétition du mot REX et de qualificatifs célébrant la puissance et la gloire du monarque.
En 1666, Augustin Servien (cat. 56, fig. 13 ) ponctua sa dédicace des apostrophes « REX
CHRISTIANISSIME [...] REX SAPIENTISSIME [...] REX INVINCTISSIME [...] PRINCEPS OPTIME
[...] REX AVGVSTISSIME » ; dans les mêmes termes, à quelques jours d’intervalle, Yzoré
d’Hervault (cat. 54) ajoutait « REX POTENTISSIMO », et Louis d’Espinay de Sainct-Luc (cat.
57) renchérissait avec « REX MAXIME ». Les impétrants avaient choisi un simple portrait
pour accompagner leurs travaux, mais le roi en armure était entouré de laurier, des
instruments du pouvoir ou de devises qui en renforçaient l’adéquation avec la dédicace.
33 Ces qualificatifs étaient apparus dès avant 1661 dans la dédicace de l’abbé de Bouillon
montrant le roi, non pas en buste mais sur un char, devant le palais des Tuileries 34
. Les
majuscules se voient dès avant 1664 dans la thèse de Courtenay, ornée d’un simple
portrait (cat. 50), qui employa les mots « REX POTENTISSIME » et « REX OPTIME ». En 1664,
le comte de Saint-Pol utilisa « Rex Christianissime […], Rex Sapientissime […], Rex maxime »
(cat. 49), et en 1665, Le Maistre de Ferrières (cat. 51) fit de même avec des caractères
italiques un peu plus grands que le reste du texte. Servien, Hervault et Espinay de Sainct-
Luc s’approprièrent à leur tour ces tournures, qui réapparurent en 1680 dans la Tèse de la
Paix gravée pour Colbert de Croissy (cat. 92). Mais elles deviennent plus rares : en 1681,
Michel-François Le Tellier (cat. 96) se contente d’un « Ludovico Magno » ou du simple
« Regi » 35
.
F igure 12. – Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse de
Charles Amelot , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 175.85 KB )
F igure 13. – Robert Nanteuil, Tèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin
Servien , 1666.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 104.27 KB )
34 La présence de ces diverses tournures indique que les étudiants reprenaient un schéma
préétabli. Le ton et le contenu très proches des éloges, dont il faudrait analyser le détail,
laissent supposer qu’ils étaient rédigés par quelque membre de la Petite Académie, sous le
contrôle du ministre.
Retombées de la dédicace
35 Dédier ses thèses au roi, au lieu de les offrir à son saint patron ou au Christ comme cela se
pratiquait également, n’était pas anodin. C’était un moyen de témoigner sa fidélité. Bien
que les preuves des retombées soient rares, il est évident que le candidat et sa famille en
espéraient en retour une protection… L’effet semble s’en être fait sentir dans l’évolution
des carrières et l’obtention de bénéfices. Ainsi, la concomitance entre la soutenance de la
thèse de philosophie du jeune Louis d’Artagnan (cat. 79) et sa nomination à la charge de
page de la Grande Écurie ne peut être fortuite. De même, peu après sa soutenance, Roger
de Courtenay obtint le prieuré de Choisy-en-Brie (cat. 62). Si en avril 1643 Armand de
Bourbon dédie à Louis XIV sa thèse de philosophie, c’est probablement en vue du titre de
cardinal que souhaitait pour lui son père le prince de Condé (cat. 9).
36 Sans doute est-ce en signe de reconnaissance de la thèse qu’il lui avait dédiée à Dijon
en 1650, au moment de la Fronde, que Louis XIV fit de Claude Fyot (cat. 15) son aumônier,
et lui donna le prieuré de Notre-Dame de Pontarlier. Cette gratitude ne se démentit pas, et
le 4 mai 1662, le roi lui donna l’abbaye de Saint-Étienne de Dijon. Est-ce un hasard si en
juin 1679, moins d’un an après la soutenance de l’abbé du Montal (cat. 87), son père fut
nommé gouverneur de Maubeuge 36
, et si le candidat lui-même reçut en août l’abbaye de
Châtrices en Champagne 37
?
37 Pour comprendre la raison de sa dédicace, il est utile de noter que le 23 mars 1666, le
prince de Courtenay avait adressé une requête au roi pour être reconnu prince du sang,
comme descendant d’un fils de Louis VI 38
. Cinq ans plus tôt, il avait fait imprimer les
preuves « invincibles de leur extraction royale [des Courtenay] », mais le roi lui fit dire qu’il
ne voyait là que démarche chimérique et mensongère. Est-ce pour l’amadouer que son fils
Roger lui dédia ses thèses en mars 1668 (cat. 62) ?
38 Dédicace et gravure font un tout et l’illustration est partie intégrante de l’hommage. Elle
peut séduire le mécène et l’amener à plus de générosité, notamment si la présentation en
était luxueuse. Cette pratique s’apparente de nouveau à la présentation du livre par
l’auteur qui resta en vigueur durant tout l’Ancien Régime. Ainsi, sur me le conseil de M de
Pompadour, Marmontel, qui espérait entrer à l’Académie, ne trouva pas de meilleur moyen
que d’offrir à Louis XV sa Poétique dans une reliure somptueuse et d’en faire également
présent à la famille royale et aux ministres 39
. Cette pratique amena Furetière à se
demander, dans son Roman bourgeois , « si en telle occasion on doit avoir égard à la qualité
de celui qui dédie ; par exemple, si on doit donner un plus beau présent à un auteur riche
qu’à un pauvre/Avec plusieurs raisons alléguées de part et d’autre 40 ».
39 Qu’elle était l’attitude du roi ? Le cas du comte Natta (cat. 114, fig. 14 ) qui lui dédia ses
thèses en 1687 semble indiquer qu’il savait se montrer généreux. Dans le Recueil des
présents faits par le Roy en pierreries, meubles, argenterie et autres , sous la rubrique
Montferrat, on lit : « Année 1687, Le 26 juin, donné au Marquis Natta qui a dédié une theze
au Roy, une chaîne et médaille d’or [d’une valeur de] 1 500 [livres] 41
. » Cette somme
conséquente est comparable à celle des cadeaux faits par le roi pour les dédicaces de
livres et poèmes. De même, le 20 avril 1686, le « Comte de S. Martin Piedmontois de la
Maison de St. Germain d’Alliet, [reçut] en considération du poème qu’il a fait à l’honneur de
sa Majesté sur la destruction de l’hérésie une boîte à portrait de diamant [de]
1 500 [livres] 42 ». La chaîne d’or qui fut offerte le 20 novembre 1678 au sieur Gabriel Baba
pour « le poème qu’il a fait sur la statue du cavalier Bernin » valait 1200 livres 43
. Suivant la
qualité de l’oeuvre, mais sans doute aussi celle du dédicant, le présent varie
de 574 livres 44 à 2 616 livres, valeur exceptionnelle atteinte par la boîte à portrait de
diamants donnée le 25 juillet 1681 au « Comte de Malvasia de Bologne » pour la dédicace
de sa Felsina pittrice 45
. Une autre indication sur les retombées de la dédicace est donnée
par l’abbé de Choisy dans ses Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV , où il précise que
le duc d’Albret était bien connu du souverain, et qu’« il luy avait dédié le Recueil de ses
Thèses de Théologie ce qui luy avoit valu, sans que le Roy s’en mêlat, le Gratis de ses
Abbayes de Tournus & de Saint Oüen 46 » (cat. 46, 60).
La présentation de la thèse au roi et à la cour
40 Avant la soutenance, le candidat allait en personne porter ses thèses au dédicataire.
Lorsque le 13 septembre 1680, le fils de Colbert présenta les siennes, il semble que le
monarque et la cour y prirent plaisir (cat. 92) :
« Comme elles sont dédiées au Roy, il les présenta à leurs Majestez, à Monseigneur le
Dauphin, à Madame la Dauphine, et à Monseigneur dans des cadres magnifiques, et
leur expliqua en mesme temps, d’une manière aussi aisée qu’agréable ce que toutes
les figures signifoient. Toute la cour en fut fort contente ; et parmy les louanges qu’on
luy donna, on fit paraître beaucoup de surprise de l’ouir parler avec tant de présence
d’esprit et de le voir avancé dans ses Etudes, quoiqu’il n’ait encor guère plus
de 14 ans 47
. »
41 Preuve de l’importance de l’événement, dans le catalogue de l’oeuvre gravé de Le Brun, le
Mercure du mois novembre 1686 48 précise que les thèses gravées par Edelinck « ont esté
toutes deux présentées au Roy ; la première par Monsieur le Coadjuteur de Roüen,
Jacques-Nicolas Colbert, il s’agit de la Tèse de la Guerre soutenue en décembre 1677 (cat.
84), et le second par Monsieur le Marquis de Croissy, soutenue en septembre 1680 connue
sous le titre de Tèse de la Paix » (cat. 92).
F igure 14. – Georges Tasnière d’après Domenico Piola, Tèse du comte Giacomo Natta ,
1687.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 160.22 KB )
42 On conserve un exemplaire de la thèse en livret du prince de Turenne (août 1679), imprimé
sur parchemin et rehaussé d’or, protégé par des pages de garde de papier marbré et
inséré dans une reliure de maroquin rouge aux armes du Dauphin (cat. 91), qui est à n’en
pas douter un exemplaire de présentation.
43 La relation du Mercure du mois de janvier 1687 49 permet d’imaginer ces présentations au
roi. Quelques jours après la soutenance d’Antonio Pinto (cat. 115), le 27 décembre 1686,
l’archevêque de Paris donna rendez-vous au candidat ainsi qu’à l’abbé de Lionne, à l’abbé
Roze et à Brisacier « pour présenter la Thèse à sa Majesté » ; le moment avait été fixé
après le dîner :
« Dès qu’elle sortit de table, M. de Brisacier luy dit en montrant le S. Pinto qui tenoit à
la main une Thèse de satin, avec une dentelle d’or & d’argent autour, SIRE, c’est un
Ecclesiastique Siamois, qui élevé & instruit depuis l’âge de neuf ans par vos Sujets
dans votre College de Mapran, par reconnaissance pour sa Nation, que vous comblez
icy de graces & d’honneurs & pour nos Missions que vous continüez de soûtenir par
votre protection & par vos bienfaits, [qui] ose vous presentez sa These avec la
permission que Votre Majesté a bien voulu nous en donner. »
44 Il ajoute :
« Le Roy interrompit en cet endroit, & dit, Je la reçois très-volontiers. M. de Brisacier
reprit Il n’est rien, SIRE, que nous n’eussions voulu faire en cette occasion, pour marquer
mieux à Vostre Majesté nos profonds respects : mais nous avons sçû que V.M. jugeroit à
propos que des Missionnaires se distinguassent plustost par l’humilité & par la modestie,
que par la dépense & par l’éclat . Le Roy prit encore icy la parole pour dire fort
obligeamment, Je serois faché que vous eussiez fait davantage . »
45 Ensuite, on fit des souhaits pour le rétablissement du roi en lui réitérant les prières que
« depuis plus d’un mois nous demandons à Dieu avec insistance, par des Sacrifices & des
Prières particulières la prompte guerison de V. M. […] Ce à quoi sa majesté repliqua d’un
air plein de douceur & de bonté, Vous me ferez plaisir de prier pour moy ». Puis, « après
qu’Elle eut regardé son Portrait, qu’elle trouva bien, on luy fit une profonde
reverence, & on se retira ». La mention vaut d’être signalée, car c’est une des rares qui
fasse état des réactions du monarque face à un de ses portraits illustrant une thèse. La
réponse de Brisacier est-elle une simple figure de rhétorique ? L’affiche n’ayant pas été
retrouvée, il est difficile d’en décider.
46 Retenons aussi le témoignage de Joseph Leven de Templery qui, dans L’éloquence du temps,
enseignée à une dame de qualité , rapporte les paroles que Louis XIV adressa en
juillet 1678 à l’abbé du Montal (cat. 87) : « Si vous savez soutenir luy dit le Roy, comme
votre père sait attaquer, vous ne manquerez pas de bien faire 50
. »
47 De même, bien qu’il ne s’agisse pas de la présentation d’une thèse mais d’une énigme, le
livret manuscrit de l’ Explication d’un tableau énigmatique que les jeunes écoliers orientaux
élevéz dans le collége des Jésuites par la libéralité du roy ont fait peindre pour donner une
marque publique de leurs très-humbles reconnoissances envers Sa Majesté 51 témoigne des
relations directes du monarque avec les étudiants français et étrangers et du souci qu’il
prenait de leur éducation.
48 Comme Pinto, les étudiants orientaux furent invités à se présenter devant lui. Le jésuite
Thomas-Charles Fleuriau parle en leur nom et précise : ce sont de « jeunes Etrangers qu’on
élève icy sous les auspices de Louis [qui] font espérer l’heureuse réunion des Orientaux à
la foy 52 ». Turcs, Arabes, Arméniens, ils sont arrivés en France les uns le 16 juin, les autres
le 20 décembre 1700, et c’est sans doute en 1701 53 qu’ils furent introduits devant le roi 54
.
Le beau dessin qui orne le livret permet d’imaginer l’entrevue : coiffés de turbans et
enveloppés de grands manteaux, les étudiants s’inclinent devant le monarque debout
dans le jardin de Versailles ( fig. 15 ), entouré du Grand Dauphin et de ses petits-enfants,
auxquels il est souvent fait allusion dans le livret, et de quelques courtisans 55
. Cette fois ce
n’est pas le roi qu’on entend mais leur introducteur et les étudiants eux-mêmes, qui
expliquent l’énigme du tableau faisant le panégyrique du roi. D’abord trois « jeunes
Orientaux se répandirent en action de grâce envers leur Auguste bienfaiteur et firent à
l’envie mille voeux pour sa prospérité » ; puis « sur la fin ils invitèrent leurs compatriotes à
se joindre à eux pour donner en leur langue naturelle des marques publiques de leur
reconnaissance envers sa Majesté 56 ». Cet événement, qui fut semble-t-il l’objet d’un grand
tableau 57
, évoque le caractère pittoresque des nombreuses ambassades qui rythmèrent le
règne.
49 Dès avant la présentation de leur thèse à la cour, le roi en avait souvent connaissance, par
des dessins préparatoires. Selon Guillet de Saint-Georges, lorsque
« le 16 juin 1686, M. Le Brun eut achevé le dessin en camayeu qui représente
l’extinction de l’hérésie après la suppression de l’édit de Nantes, qu’il avoit fait pour
servir en thèse pour M. l’abbé Polignac. Ce dessin fut porté le même jour au Père de
La Chaise et trois jours après à Mgr l’archevêque de Paris, qui en parla au Roi le
lendemain. Mgr. l’archevêque, aussi bien que le Père de la Chaise, furent
extrêmement contents de ce sujet, de la manière dont il étoit traité et entrèrent tous
deux si bien dans le sentiment de M. Le Brun, qu’ils en étoient tout remplis 58 » (cat.
100).
F igure 15. – Anonyme, Réception des étudiants orientaux du collège Louis-le-Grand à
Versailles , 1701.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 78.81 KB )
Les cadres
Selon la relation du Mercure 59 d’août 1679 sur la thèse des frères d’Aligre (cat. 89) : 50
« Ceux à qui on les dédiaient autrefois, les recevoient imprimées sur du satin, et
ornées seulement d’une dentelle d’or ou d’argent, et aujourd’huy on employe les
peintres les plus fameux pour faire des desseins de bordures, d’après lesquels les
plus habiles sculpteurs travaillant, et se servant de tout ce qu’il y a de plus beau et de
plus délicat dans leur art quoique ces thèses soient souvent d’une hauteur et d’une
largeur qui surpassent celle des plus grands miroirs, on trouve des glaces de Venise
pour les couvrir. »
L’auteur ajoute : 51
« Ce fut dans cette magnificence que Mrs. d’Aligre petits fils et arrières fils de deux
chanceliers de France, présentèrent à toute la maison royale, celles qu’ils soutinrent
ensemble au collège d’Harcourt sur toute la philosophie. »
Plus loin, il souligne la richesse de l’ornementation : 52
« Il estoit dans un cadre magnifique, avec une très belle glace de Venise qui le
couvrait. L’ornement du chapiteau consistoit aux Armes de sa Majesté, supportées
par deux figures, dont l’une représentoit la Renommée, et l’autre la Paix. Plusieurs
génies tenoient des chiffres et laissoient voir ces Paroles qui servoient de titre à la
thèse : Ludovico Magno, Belli ac Pacis Arbitro 60
. Il n’y avait aucun de ces ornemens qui
ne fust accompagné de fleurs, de festons, et d’armes, simboles de la Paix et de la
Guerre. L’or qui relevoit toutes ces choses leur donnoit un éclat que j’aurois peine à
vous expliquer. »
53 Comme pour la thèse de Pinto, l’auteur rapporte la réaction du roi : « Le roy fut très
satisfait de ce présent, et le témoigna à Mrs. d’Aligre avec cet air de bonté qui luy est
ordinaire, quand il veut marquer qu’il est content. »
54 Là ne s’arrêtait pas la dépense. Les frères d’Aligre présentèrent également une thèse à la
reine dans un cadre pas moins riche : « Ses armes portées par deux génies étaient dans
des chapiteaux, avec quantité d’ornemens dans la bordure qui convenait à la grandeur de
cette Princesse. » Le Dauphin eut également la sienne, dont le cadre « faisait voir Minerve
tenant son bouclier, sur lequel on avait présenté les armes de ce jeune prince, cette
princesse était environnée des symboles des arts libéraux ». D’autres furent encore offerts
à Monsieur et à Madame et ils étaient également « magnifiques ». « Tous avaient été
sculptés par le sieur Le Febure 61
, un des plus habiles sculpteurs que nous ayons. »
55 Aujourd’hui conservé au château de Chenonceau ( fig. 16 ), le cadre de bois doré, sculpté
par Pierre Lepautre, du Portrait de Louis XIV , peint vers 1700 par Rigaud et son atelier, avec
ses palmiers, ses draperies soutenues par un aigle, ses casques, son globe fleurdelisé
entouré de deux Victoires, atteste de la magnificence de certains de ces ornements 62
. Les
descriptions du Mercure permettent de penser que les cadres des thèses n’étaient pas
différents. Ainsi en novembre 1677, l’abbé Le Houx présenta au roi un portrait en
miniature peint par Bernard. Sculpté par Pierre Germain (1645-1684), « orfèvre qui travaille
ordinairement pour le Roi », le cadre occupe plus de la moitié de la description. Par le
nombre des figures allégoriques, la richesse de l’ornement, et la présence d’un titre latin, il
rappelle celui des thèses des frères d’Aligre :
« Dans le haut est la Renommée toute de relief. Elle montre le Roy d’une main et tient
une trompette de l’autre. Un flambeau d’argent y est attaché, avec des mots latins qui
font connoistre que si cet Auguste Monarque est grand par la gloire que ses belles
qualitez luy ont acquise, il l’est encore davantage par sa valeur et par ses conquêtes.
Aux costez de la bordure sont deux enfans qui tiennent des fleurs et des fruits. Il n’y a
rien de mieux dessiné. On voit au bas la triple Alliance. Elle paroist soumise à la
France, qui est représentée par un coq. D’un costé, il tient l’aigle de l’Empire enchaîné,
et de l’autre, deux lions fuyant le coq. L’Espagne est marquée par l’un et la Hollande
par l’autre ; sous la forme d’un lyon marin 63
. »
56 L’encadrement choisi par Seignelay (cat. 63) était-il aussi remarquable ? Le registre du
Garde-Meuble ne permet pas de le savoir 64
, puisqu’on y lit seulement que le 15 octobre
1668 fut « Aporté céans une thèse présentée au Roy par Monsieur de Seignelay, son bord
de broderie d’or et son cadre de bois doré sculpté ». Qu’est-il advenu de la thèse de
Thiboust (cat. 101), fils de l’imprimeur et libraire de l’université, « ornée d’un cadre
magnifiquement sculpté et doré » qu’il offrit en personne au roi et au Dauphin 65
?
Nombreux sont les autres étudiants qui firent de tels présents au roi et à sa famille. Tous
n’étaient sans doute pas aussi extraordinaires que ceux des frères d’Aligre, mais leur
somptuosité explique que l’ Inventaire général du mobilier de la Couronne sous Louis
XIV 66 recense quelques quatre-vingts « glaces [qui] proviennent des Thèses qui sont dans
le Garde-Meuble de Versailles 67 ». Les cadres furent déposés à la Monnaie en 1697, sans
doute pour la fonte de leurs bordures d’argent. Mais la plupart des cadres étaient bordés
de glace et de bobèches ornées de même, certaines avec des chapiteaux également en
glace. Plusieurs étaient à huit pans à coins de cuivre doré. Au n o 253, « Douze vieux miroirs
à bordures de bois, sculptez et dorez, de différentes grandeurs, dont les bordures
proviennent des Thèses qui estoient dans le gardemeuble de Versailles, et les glaces
proviennent des miroirs à bordures d’argent, inventoriées cy-devant, dont les bordures ont
esté portées à la Monnoye. Fait et arresté à Paris, le 22 e avril 1697 o » ; au n 263 « Un miroir
de 45 pouces de glace sur 29 pouces de large, dont la bordure de bois sculpté et doré, de
4 pieds de hault sur 2 pieds 7 pouces de large, provient des thèses du gardemeuble de
Versailles o », et encore au n 264 « Un autre miroir, de 41 pouces de glace sur 28 pouces de
large, dont la bordure de bois sculpté et doré à jour, de 4 pieds 1 pouce de hault sur
2 pieds 10 pouces de large, provient des thèses du gardemeuble de Versailles 68 ».
F igure 16. – École de Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV , cadre de Pierre Lepautre,
vers 1700, château de Chenonceau.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.98 KB )
57 Quelques contrats permettent de juger des dépenses engagées par les étudiants, dont
deux passés avec le sculpteur Antoine Soyer. Le 23 juin 1677, il s’engage à livrer à Jean
Betham 69
, bachelier en théologie, avant le 27 juillet, « un cadre ou bordure en bois de
noyer de trois pieds un pouce de hault sur deux pieds de large, bien et duement doré
moyennant 150 livres 70 ». Un an plus tard, il promet de faire un cadre dans lequel il
emploiera « les matières d’or, argent et autres que besoin sera » et selon le dessin qui lui
avait présenté ». D’une valeur de 300 livres, ce cadre est destiné à la thèse que François du
Montal doit présenter au roi et soutenir le 21 août 1678 au collège du Plessis-Sorbonne
(cat. 87) 71
.
58 Antoine Schnapper 72 signale également le contrat du 8 août 1681 entre Jean Poisson (cat.
97) et le maître sculpteur Georges Lheureux moyennant 330 livres, pour la bordure de sa
thèse. La gravure ne dépassant pas 80 centimètres de haut sur 50 de large, la place
occupée par le cadre est considérable. Avec 1 000 épreuves, l’estampe coûta 800 livres, et
la dépense pour la présentation de la thèse s’accrut encore du coût assez élevé de la glace.
En 1695 par exemple, pour celle de Tournefort dédiée à Guy Crescent Fagon, premier
médecin du roi, la faculté de médecine dépensa 106 livres pour les cadres dorés, sculptés
par Fichon, dont le nombre n’est pas précisé, et 58 livres pour les verres de cristal 73
.
59 Pinto offrit au roi une épreuve sur soie entourée d’une dentelle d’or et d’argent (cat. 115).
La présentation était souvent plus riche encore, comme le révèlent les descriptions de
l’ Inventaire général du mobilier de la Couronne 74 où sont recensées vingt-neuf thèses. Au
n o 42, « dix neuf thèses de plusieurs grandeurs, partie doublées de brocart et partie de
tabis 75 ou autre estoffe, garnies de dentelle or et argent o ». Au n 43, six autres thèses
o
« garnies autour de dentelle en broderie sans doublure ». Puis au n 44 une autre thèse
doublée de brocart d’or, garnie tout autour d’une dentelle d’or et d’un bord de broderie, et
au n o 45 une autre, mais cette fois dans une bordure de bois doré. Les deux dernières sont
o
« dans une bordure de bois peint couleur de lapis, enrichy de filigrane d’argent (n 46) et
dans une bordure de bois doré o » (n 47). Cinq y sont encore inventoriées, donc quatre
dédiées à Louis XIV, celles du marquis de Seignelay 76
, de La Hoguette 77
, de l’abbé
d’Argouges 78
, de l’abbé Colbert 79 et une au Dauphin 80
.
60 Du fait de leur présentation, le roi avait une parfaite connaissance des thèses qui lui
étaient dédiées. Quelques témoignages du Mercure montrent qu’il exprimait parfois sa
satisfaction face à l’illustration ; à Croissy qui lui présentait la sienne (cat. 92), il dit : « La
figure m’en plaît 81
. » Parfois, des étudiants lui en commentaient publiquement l’image ou
le remerciaient d’en avoir accepté la dédicace. Certaines thèses ornèrent ses demeures,
mais il semble qu’elles se succédèrent assez rapidement. Il gardait cependant une bonne
mémoire de ces hommages : des lettres patentes données à Michel Jourdain (cat. 16)
rappellent que ce dominicain avait soutenu « avec esclat » à Rome des thèses qu’il avait
dédiées à Louis XIV en 1650-1654 82
.
61 Il est probable qu’on lui envoyait également des harangues et les extraits des journaux. On
sait que le 19 décembre 1687, Nicolas-Joseph Foucault (cat. 119) reçut une lettre du père
La Chaise pour le remercier de l’envoi du livret 83 publié à l’occasion des festivités de
Poitiers, avec une affiche de la thèse en l’honneur du roi. L’intendant du Poitou précise que
M. de La Feuillade lut cette relation au roi « qui a paru très content de cette fête 84 ».
La réception
Les journaux
62 Les relations des journaux assurent une large diffusion de l’hommage rendu au roi dans
les thèses qui lui sont dédiées. Mais les gravures sont rarement décrites et ne sont citées
que les plus extraordinaires. Dans La muze historique , Loret n’évoque généralement pas les
illustrations alors qu’il se plaît à relater les soutenances sur un ton assez caustique.
Le 8 septembre 1663 85
il fait exception pour celle d’Amelot (cat. 42), « une des plus belles
ma foy/Et de raretez mieux pourvües ». Elle est due à Nanteuil, avec qui il rappelle qu’il est
lié, mais il se borne à préciser qu’elle est dessinée par Le Brun et qu’elle montre le roi.
63 De façon générale, avant 1671, les illustrations des thèses ont peu retenu l’attention des
journalistes. En 1671, pour la soutenance de l’abbé de Noailles (cat. 70), parut une
première description dans la Gazette , mais Renaudot et ses successeurs ne s’y intéressent
qu’exceptionnellement. De façon laconique, à propos de la majeure de Jacques-Nicolas
Colbert (cat. 84) soutenue le 30 décembre 1677, le Recüeil de gazettes nouvelles ordinaires et
extraordinaires indique en janvier 1678 que « la thèse dédiée au Roy estoit d’un dessein
magnifique ». Au contraire, dès 1678, le Mercure 86 ne manque pas de signaler les plus
importantes illustrations gravées, notamment celles des fils de Colbert et de Louvois,
dessinées par Le Brun et par Pierre et Nicolas Mignard et gravées par François de Poilly
en 1668, 1684 et 1692 (cat. 62, 102, 128). Chaque année, il présente au moins une thèse
dédiée au roi et fait le plus souvent état de la gravure. Le commentaire de celle de l’abbé
du Montal en 1678 (cat. 87, fig. 17 ) est renforcé par une estampe. Il ne s’agit pas de
reproduire l’ensemble de l’illustration, dont l’auteur précise qu’elle représente les places
fortes prises par le roi, mais les quatre devises qui accompagnent le portrait du roi et sa
bordure, cantonnée de bastions ornés d’une fleur de lys et reliés par d’autres devises
montrant un soleil (« Non quem regit orbe minor »), un arc-en-ciel dissipant des nuées
(« Vincendo facit omnia pacis »), un lion fuyant (« Gloria ejus terror ») et le foudre frappant
une tour (« Hiriendo a uno, amenaça a muchos ») 87
.
64 En août 1679, deux thèses retiennent l’attention du Mercure : celles des frères d’Aligre (cat.
89), dont on signale la fidélité du portrait gravé par Nanteuil et la richesse de la bordure
dans laquelle elles furent présentées au roi, et le livret in-folio du prince de Turenne,
dessiné par Sevin et gravé par Cossin (cat. 91, fig. 18 ), dont chaque page est ornée d’un
encadrement allégorique. Le rédacteur en donne une description précise qui l’amène à
faire l’apologie du roi à travers ses victoires et à la présenter comme un résumé de son
histoire récente :
« La Thèse que soûtint ce Prince, estoit d’une invention extraordinaire. C’estoit un
Livre dédié au Roy renfermant les Actions les plus éclatantes que sa Majesté a faites
par Elle-mesme dans tout le cours de cette Guerre ; le Passage du Rhin, la Conqueste
des Villes de Hollande, celle de Mastric, & de la Franche-Comté, la Bataille présentées
aux Ennemis durant le Siege de Bouchain, la Prise de Valenciennes, de Cambray, de
Gand, d’Ypres, la Desunion des Conféderez, la Protection de la Suede, & enfin la Paix.
Chacune de ces Actions occupoit le haut de chaque page. Quatre Devises en
remplissoient les costez, & le bas estoit orné de Figures symboliques, & d’une
inscription exacte & simple, qui comprenoit ce qu’il y a de singulier dans l’Action […].
Tout cela avait un air de nouveauté, et une variété fort agréable. Ce dessein est du
père de La Rue, Jésuite, aussi bien que les inscriptions latines, et une partie des
devises. Les autres devises sont de plusieurs personnes sçavantes particulièrement
du Père Menestrier, si célèbre en ces sortes d’ouvrage d’esprit 88
. »
F igure 17. – Anonyme, Devises à la gloire de Louis XIV reprises du bas de la thèse de
l’abbé François du Montal de Montsaulnin , 1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 231.7 KB )
e F igure 18. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Prise de Valenciennes , 6 bordure,
fol. o 5 v de la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 147.23 KB )
65 Dédiée par Colbert de Croissy en septembre 1680, la Tèse de la Paix (cat. 92) retint aussi
l’attention. La place accordée à la gravure est sans précédent. Après avoir décrit la
présentation à Versailles, l’auteur donne littéralement à voir la composition ; il commence
ainsi : « Le Roy en fournissait la matière et cette grande matière estoit traitée par un des
plus beaux génies du siècle. Vous le croirez, quand j’auray nommé Mr. Le Brun. Il faut vous
en donner l’explication 89
. » Et il termine en faisant la louange de la composition.
66 En 1684, ce fut la thèse « grande et magnifique » des fils de Louvois (cat. 102, fig. 19 ) qui
fut l’objet des regards :
« Quoy que je ne vous parle pas ordinairement des thèses que l’on soutient, il y a
quelquefois d’éclatantes circonstances qui me font passer par dessus les règles que je
me suis imposées, comme lorsque les thèses sont dédiées au Roy, qu’elles sont
soûtenues par une personne d’une grande distinction, et que le dessein est de ces
illustres qui peuvent estre appelez grands hommes dans la profession dont ils se
mêlent 90
. »
67 Suit un éloge du peintre et du graveur et une description précise de la composition,
comme pour les fils de Colbert :
« Notre invincible Monarque y est dépeint en pied, de hauteur ; vestu à la romaine,
s’appuyant sur l’épaule d’Hercule qui est assis à ses pieds, écoutant Pallas qui est
proche de luy, et couronné par l’Honneur et par la Victoire, qui paroissent chargez de
Palmes et de Lauriers. Dans le ciel de ce tableau, au costé opposé est un groupe de
dix figures, qui se contrastant avec beaucoup d’art dans la variété de leurs attitudes,
et dans les diverses positions de leurs membres, représentent les efforts des diverses
nations, qui ont voulu s’opposer aux justes desseins du Roy. L’Allemand en marque
son chagrin ; le Suédois, sa surprise ; le Saxon, ses alarmes, la Flandre son effroy ; et
cette dernière s’oppose par ses sages conseils aux efforts que l’Espagne voudroit
inutilement tenter. Le lointain le plus reculé de ce tableau fait paroistre un profil de la
ville de Strasbourg ; et l’on voit dans l’enfoncement une danse de bergers, et des
troupeaux de moutons. Ces bergers marquent par leurs chants et par leurs
réjouissances, les douceurs et l’abondance de la Paix. Sur la terrasse la plus avancée,
est l’Europe qui se repose sur des monceaux d’Armes, des cornes d’abondance et des
Richesses ; et tout cela est soutenu par deux consoles, que des petits amours ornent
de festons de fleurs et de fruits, entre lesquels sont les positions de la thèse. Ces
deux consoles ont pour base des marches de marbre, où se reposent les Sciences et
les Arts. »
L’auteur ajoute un poème de l’abbé Macé qui décrit l’action du roi à partir de la gravure : 68
« LE ROY DANS LE REPOS DE SA GLOIRE
Quel est ce demy-Dieu, dont la noble fierté
Calmant par sa seule présence
Des plus audacieux le courage indompté
A tant de Nations impose le silence ? »
69 Huit ans plus tard, pour la thèse de Camille Le Tellier (cat. 128), frère cadet des deux
candidats précédents, le procédé est poussé plus loin. Le Mercure décrit de nouveau
l’estampe : « C’est sur cela que M. Mignard a travaillé, et voicy ce qu’il a imaginé pour le
tableau de la thèse », et ajoute : « Feu M. de Louvois avait donné le sujet qu’il voulait qui
fut représenté sçavoir : Tous contre un, et un seul contre tous 91
. » Le poème de Rollin qui
lui aussi s’attachait à la composition fut publié indépendamment, en livret et traduit en
français, ce qui lui assurait une plus grande diffusion. L’abbé Bosquillon, auteur de la
traduction, commence ainsi cette longue ekphrasis :
F igure 19. – François de Poilly d’après Pierre Mignard, Tèse de Louis-Nicolas et Louis-
François Le Tellier , 1684.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 160.36 KB )
« Quoy ! Pour montrer Louis à nos derniers Neveux,
Par-tout les Arts muets s’animeroient entre eux,
Feroient parler la pierre, et le marbre, et le cuivre
Et le bel Art des vers craindroit seul de les suivre ?
Seul il demeureroit dans un lâche repos 92
? »
70 Affirmant que « l’adresse du graveur et ses heureuses veilles/Du peinceau de Mignard
secondant les merveilles, /N’ont pù placer icy tant d’exploits glorieux », il célèbre à son tour
le roi victorieux qui ramène la paix dans son royaume et fait refleurir les arts.
La gravure impressionna. Le 1 er septembre 1692, dans une lettre déjà citée 71 à Magliabechi,
Michel Germain et Mabillon joignent une des poésies écrite pour l’occasion et décrivent la
composition : « Sa thèse représentait au naturel l’état présent de la guerre, que Bellone
enflammait aussi bien que l’hérésie. On y voyait toutes les nations conjurées contre la
France, animées à sa ruine, et le roi qui la défendait en ordonnant une brave résistance au
génie de la France que la religion, descendue du ciel protégeait du secours divin. » Ils
ajoutent : « Cette thèse est un chef-d’oeuvre », mais ne nomment ni le peintre ni le
graveur 93
.
72 Est-ce l’exemple de Louvois qui, en mars 1685, incita Rouvière (cat. 105) à faire connaître
les illustrations énigmatiques commandées pour ses deux thèses ? On a vu qu’il donna
dans le Mercure l’explication de la première et que pour appuyer son hommage au roi, il y
fit insérer une épreuve de la gravure. Exceptionnelle pour une thèse, cette insertion était
fréquente pour les modes et les fêtes. Rouvière ne s’arrête pas là ; en 1689 (cat. 122), il
publie également une explication de sa thèse dans le Journal des sçavans et diffuse sa
description dans une plaquette parue chez d’Houry : Explication de l’emblème énigmatique
mise en haut de la thèse de Mr. Rouvière, apothicaire ordinaire des camps et armées du roi,
pour la dispensation et confection de la thériaque 94
.
73 En septembre 1687, le Mercure galant commente aussi la thèse où Gantrel célèbre la
guérison du roi (cat. 116) : « Tous les ornemens qui l’embellissent sont destinez à faire
savoir que le Roy, ayant donné ses soins au parfait rétablissement de la Religion dans son
royaume, le ciel l’a conservé, en le délivrant d’une maladie dont les suites estoient à
craindre 95
. »
Les livrets explicatifs
74 Rarement consacrés exclusivement à la gravure, les livrets racontant la soutenance et
décrivant le décor de la salle lui accordaient néanmoins une place importante. Deux furent
publiés par les Jésuites : en 1687, l’ Explication de la thèse dédiée au roy par des écoliers du
collège des Jésuites à Rouen (Rouen, Lallement) ; en 1690, l’ Explication de l’appareil pour la
thèse dédiée au parlement de Bretagne par les physiciens du collège de Rennes de la
compagnie de Jésus (Rennes, Denys). Le livret de Rouen (cat. 116) mentionne d’emblée
l’illustration : « Quoy que le Portrait du Roy, & les Inscriptions qui en accompagnent les
Ornemens, découvrent assez le dessein de cette Thèse : il ne sera pas inutile d’en donner
la description, pour en rendre l’intelligence plus facile 96
. » Cette transcription reprend
presque mot pour mot le texte du Mercure. L’auteur donne la traduction du titre : « À LOUIS
LE GRAND. Défenseur de la Religion, rétabli en parfaite santé, par une protection
particulière de Dieu. » Seule différence avec le Mercure , le livret se termine par la liste des
onze collégiens qui soutinrent leur thèse. Cette plaquette permet d’en comprendre les
subtilités à tous ceux qui avaient chez eux un exemplaire. Ainsi, le portrait du roi et son
histoire la plus récente retranscrite dans l’encadrement des positions entraient dans les
demeures.
75 Trois ans plus tard les Jésuites de Rennes éditèrent donc un livret 97 plus fourni (cat. 124)
que celui de leurs confrères de Rouen, où sont détaillés les circonstances de l’acte et le
décor de la salle. La thèse célébrait le rétablissement à Rennes du parlement de Bretagne,
exilé à Vannes en 1675 après l’affaire du papier timbré et « les Jésuites voulurent montrer
par plusieurs belles cérémonies la joie qu’ils éprouvaient de cet heureux retour ». L’auteur
décrit brièvement la gravure : la thèse fut dédiée par le père Provost, professeur de
philosophie, il s’agit « d’une action de graces au Roy pour le retour du parlement dans la
Ville de Rennes » ; le dessin de la thèse fut « suivi pour tous les ornemens de la Salle où
cette action s’est passée ». Il résume à grands traits l’histoire du parlement et revient de
façon sibylline sur les causes de son exil et de son retour :
« le 6 Octobre 1675, un malheur ayant excité des troubles dans la Ville de Rennes, le
Roy songea aussitôt à son Parlement, & le transporta à la Ville de Vannes. Et enfin
cette année 1690, la ville de Vannes pouvant être exposée aux vaines insultes des
ennemis, le Roy a fait revenir le Parlement à Rennes, Ville Capitale de toute la
Bretagne ».
76 C’est également l’occasion de le présenter, avec ses huit présidents à mortier et ses cent
douze officiers principaux. L’auteur évoque ensuite la salle tendue de tapisseries ; sur le
théâtre, sous le dais royal, le « Portrait de LOUIS LE GRAND, avec cette Inscription sur la
plinthe LUDOVICO MAGNO AUGUSTISSIMI AREMORICAE SENATUM RHEDONAS
REVOCANTI, qui signifioit que la These étoit une action de grace A LOUIS LE GRAND QUI
REND L’AUGUSTE SENAT DE LA BRETAGNE A LA VILLE DE RENNES ». Il s’agit mot pour mot
de la dédicace de la thèse, dont plus que le parlement, le roi est le véritable héros.
77 D’ailleurs la relation commence par sa célébration. Autour du dais, la Justice et la Force
tiennent un écriteau avec des vers de Virgile « JUSTITIAENE PRIUS MIRER BELLINE
LABORUM ? », dont la traduction donnée renforce encore l’apologie : « Dois-je admirer sa
Justice ou sa Force ? » Sous le portrait du roi, les armes du premier président, des
présidents à mortier et des gens du roi reprennent la disposition du bas de thèse. On
ajouta cette inscription : « REGIITRIUMVIRI ». Exposée dans une riche bordure, la gravure
était associée à cet hommage 98
, avec des « écussons de Messieurs du Parlement [furent]
placez par ordre sur la grande Frise tout au tour de la Salle 99 », des devises et des
inscriptions. La gloire du parlement est également au coeur de la cérémonie, car entre les
pilastres sont des passages tirés de l’Écriture et de divers auteurs « tous à la loûange du
Parlement en général, & en particulier sur son retour en cette Ville qui toutes sont
consignées dans le livret ». Au fond, face à la thèse et au dais, des inscriptions peintes
tirées des Écritures et des textes antiques semblent sorties de la bouche du roi et
adressées directement au parlement. On retiendra ceux qui sont tirés d’Isaïe,
chapitres 10 et 32 : « Je rétabliray tes Juges comme ils étoient auparavant, & tes conseillers
comme ils ont été autre-fois, & tu seras desormais nommé la VILLE FIDELE », et :
« L’ouvrage de la Justice sera une paix, une assürance éternelle pendant laquelle mon
peuple, sans crainte, joûira dans ses maisons de l’heureuse abondance du repos 100 »,
paroles qui font écho à la gravure montrant le roi recevant avec bienveillance le parlement.
78 Les devises sont aussi en adéquation avec le placard ; pour illustrer la fidélité du
parlement, « un grand Arbre battu des vents dont plusieurs autres sont abbatus » avec
pour motto : « en vain vous menacez », signifiant que « les autres Parlemens, qui s’étoient
declarez contre le Roy, tâcherent en vain d’ébranler le Parlement de Bretagne. Il fut
toûjours fidéle & méprisa leurs ménaces ». D’autres devises vantent le travail des juges,
que la gravure évoque également par la présence à l’arrière-plan d’un parlementaire
recevant des justiciables. D’autres inscriptions sont « à la louânge de ce superbe
Bâtiment ». On s’interroge : « Y-a-t-il au monde un plus beau Palais ? » (p. 24). C’est
l’occasion d’en rappeler l’histoire : « La première pierre de ce superbe Palais fut posée le 5.
Septembre 1618. En présence de 4 Presidens, de 5. Conseillers, & de l’Avocat Général. Le
Parlement y entra pour la première fois le 9. Janvier 1655. Le Plafond de la Grand’Chambre
passe pour un des plus beau qui soit en France. » Comme la gravure, le livret propose une
histoire du parlement et de son siège et s’achève par l’énumération de ses membres. Il en
explique toutes les allégories et en décuple l’effet.
79 Les explications des journaux font savoir l’existence des gravures. Si le catalogue de
l’oeuvre de Le Brun qui parut en novembre 1686 dans le Mercure galant 101 eut la même
fonction, il touchait aussi un public différent, celui des amateurs d’art. Il indique :
« Les desseins de Thèses que M. Le Brun a faits pour plusieurs personnes de
considération ont esté gravéz par differens graveurs. M. Rousselet a gravé les
premiers ; M. Poilly en a gravé une autre partie, et M. Edelinck a gravé les derniers qui
ont paru. Il y en a un grand nombre, et si j’en avais la liste, je vous l’enveroy. »
Les deux seules décrites ont été dédiées au roi en 1677 et 1680 : 80
« Je me contenteray de vous parler icy de deux derniers qui ont esté gravés au burin
par M. Edelinck. Elles ont esté toutes deux présentées au Roy ; la première par M. le
Coadjuteur de Rouen [J.-N. Colbert, il s’agit de la Tèse de la Guerre (cat. 84)], et la
seconde par Mr. Le Marquis de Croissy [J.-B. Colbert, La Tèse de la Paix (cat. 92)] 102
. »
81 Cet inventaire du Mercure se poursuit en mars 1690 103 après la mort de Le Brun ; il y est de
nouveau question de la « Thèse du Roy à cheval », probablement la Tèse de la Guerre (cat.
84) et pas de celle du comte de Saint-Pol (cat. 49), gravée par Rousselet en 1664.
82 Outre les livrets et des comptes rendus dans les journaux, les ouvrages consacrés à
l’histoire du roi évoquent parfois telle ou telle composition. Impliqué dans le choix des
devises, Ménestrier signale plusieurs des thèses dédiées à Louis XIV. Dans La philosophie
des images , il ne manque pas de préciser son rôle dans l’élaboration de celle du prince de
Turenne : « Je donnay la pensée de ce dessein et j’en fis 23 devises. Le P. de La Rue en fit
l’épître dédicatoire, les emblèmes et les inscriptions et 6 ou 7 devises, deux ou 3 autres
personnes firent les autres 104
. » Dans La s cience et l’art des devises , il rappelle son
implication, précise que « Quelques unes de ces devises [portent] sur les principales
actions des deux dernières campagnes du Roi 105 … » et en cite plusieurs. Il mentionne
également cette thèse dans son Histoire du règne de Louis le Grand… :
« Louis de La Tour d’Auvergne, Prince de Turenne, après avoir achevé ses études de
philosophie dans le collège de Louis le Grand, pour consacrer à la gloire du prince le
fruit de ses Etudes, avant que de sacrifier sa vie à des entreprises militaires dignes de
la noblesse de son rang, et de la réputation de ses ancêtres, luy présenta des thèses
d’une forme nouvelle dont chaque page était un trophée enrichi de Devises,
d’inscriptions, d’Emblèmes et d’Eloges sous ses titres magnifiques 106
. »
83 En 1693, dans l’avertissement du même ouvrage, à propos de la Tèse de la Guérison du roi
en 1687 (cat. 116), il nomme le graveur Gantrel : « il y a de ce dernier une Thèse sur la
maladie du Roy, & sur le rétablissement de sa santé, soutenüe à Roüen, qui a des beautez
singulières pour la richesse de l’invention, aussi bien que plusieurs Affiches où Monsieur
Sevin a fait voir le talent qu’il a pour ces sortes de compositions ». Ménestrier cite plus loin
le Retour de la campagne de Flandres (cat. 63) : « M. le Marquis de Seignelay dédia au ROY
une thèse en laquelle Hercule remettoit sa Massue à sa MAJESTÉ, et luy laissoit le globe du
monde à porter. » Sa description est cependant inexacte puisque le globe n’est pas figuré
sur la planche.
84 Il est difficile de juger de la diffusion et de la réception des thèses, mais il semble que
certaines connurent un réel succès. À propos de la Tèse de la Guérison du roi en 1687, le
Mercure indique : « Comme elle a esté répandue en beaucoup de mains, et qu’elle est fort
recherchée pour les inscriptions qui en accompagnent les ornemens, je ne doute point
qu’elle ne soit parvenuë dans vostre province 107
. »
Les poèmes
85 La Gazette ne dit rien de la gravure exécutée en 1668 pour Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay mais, après la soutenance, le père jésuite Antoine de La Bretonnière fit paraître
un poème latin sur cette thèse, dont le titre était Hercules Gallicus . L’orateur Esprit
Fléchier 108
, futur évêque de Nîmes, qui cette année-là fut nommé lecteur du Dauphin, en
donna une traduction probablement commandée par Colbert. Commentant la gravure
surmontant la thèse de son fils aîné, cette publication, dont le titre, L’Hercule françois ou
L’explication de la thèse dédiée au roy par M. le marquis de Seignelay 109
( fig. 20 ), précise sans
détour l’objet, répond à sa politique de prestige au service du souverain.
Aucun détail de l’estampe n’est oublié 110
86 ; La Bretonnière, et Fléchier à travers lui,
comparent en huit pages les exploits du roi à ceux d’Hercule :
« Pour te representer, après tes grands exploits,
Ce n’étoit pas assez d’un Hercule Gaulois,
INVINCIBLE LOVIS, sous qui le Monde tremble,
Il falloit avoir peint tous les Heros ensemble. »
87 Réédité à plusieurs reprises, ce poème fait connaître la thèse tout en renouvelant
l’hommage au roi. En 1693, le révérend père Bouhours l’inséra dans son Recueil de vers
choisis sous le titre : L’Hercule françois ou L’explication d’un dessein de M. Le Brun, pour M. de
Seignelay .
F igure 20. – Page de dédicace de L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au
roy par M. le marquis de Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.76 KB )
Notes de bas de page
1 La thèse de médecine de Thomas Roch soutenue à Montpellier date de 1501. La
vignette sur bois anonyme qui agrémente le livret montre un pèlerin assis qui observe les
étoiles (D ulieu 1986, p. 65 ; in-quarto, BNF, Tolbiac, FC012). On ne connaît aucune thèse
illustrée à Paris avant 1604 (thèse de médecine de Georges Arbaud o : BIUM, Ms. 74, n 358).
2 Vient ensuite la thèse de théologie en livret de Charles de Lorraine-Vaudémont chez les
Jésuites de Pont-à-Mousson en 1580, ornée d’une devise à l’eau-forte. Mais nous sommes
en Lorraine. Suivent en 1589, 1590 et 1591 trois thèses de théologie en placard soutenues
à Orthez, ornées d’armoiries gravées sur bois. Celle de 1591 réutilise la planche
de 1590 (L avagne 1996, p. 197, Orthez, n o 10). Nous remercions M. de Vries, conservateur à
la bibliothèque universitaire de Leyde, de nous avoir signalé cette illustration.
3 Voir Archivium franciscanum historicum (1959) p. 392 mentionné dans G ieben 1990,
p. 685.
4 Voir aussi G rès- G ayet 2002 ; S chmutz (2008, p. 451, note 252) précise que ces
« dispositions contre le luxe ont régulièrement été rappelées notamment lors du chapitre
général de Tolède de 1658 ». Il renvoie à l’ Orbis Seraphicus vol. 4, Rome, 1685, p. 153 b et
p. 686-687, à D. De Gubernatis ( Orbis Seraphicus , t. III, Rome, 1684, p. 606 a ) qui en évoque
les attendus.
5 Environ 130 thèses illustrées, soutenues avant 1629, ont été retrouvées pour la France,
dont 45 pour Paris ; parmi elles les armoiries sont très majoritaires.
6 J ourdain 1862-1866, p. 168.
7 Il s’agit des thèses soutenues à Dijon en 1650 (cat. 15), à Marseille en 1686 (cat. 113),
Rome puis à Paris en 1688 (cat. 120-121). Et de nouveau à Dijon en 1685 (cat. 107).
8 IFF Audran, 272.
9 Signalons ainsi la thèse de médecine de Pascal Le Coq dédiée à Geoffroi de Saint-Belin,
évêque de Poitiers : Quaestio Teorica. An calor febrilis differat ab innato ?
28 janvier 1597 (Poitiers, archives départementales de la Vienne, EE).
10 Mercure galant e , janvier 1687, 2 partie, p. 215 (cat. 115).
11 Cat. 124, 127, 130.
12 Mercure galant , octobre 1685, p. 22, 28, 29, 32 (cat. 110).
13 Mercure galant , août 1692, p. 193.
14 F uretière 1981, p. 234-245.
15 Voir F errier- C averivière 1981, p. 109.
16 Voir V iala 1985.
17 S ymon 1686 (cat. 113).
18 Citée par C hartier 1996, p. 214-215.
19 Odes , livre IV, 2, poème adressé à Antoine, appelé don des dieux.
20 Voir C hartier 1996. p. 204-223.
21 On la retrouve cependant dans quelques portraits du roi gravés par Van Schuppen
(1672, abbé d’Argouges), Masson (1676, d’Artagnan ; 1679, abbé d’Estrades), Simon (1678,
abbé du Montal ; 1685, Minimes de Marseille), Cossin (1682, Poisson), Beaufrère (1685,
Berthe), Cars (1701, Poulletier).
22 Elle apparaît en 1666 sur ceux de Colbert et de Louvois, gravés respectivement par
Nanteuil et par Edelinck (IFF 156).
23 Elle figure sur la thèse de Fortin de La Hoguette (cat. 65).
24 La mention offerebat est souvent le seul témoignage que l’on ait de l’existence d’une
thèse. Encore ne l’implique-t-elle pas à coup sûr, car elle peut s’appliquer à d’autres formes
d’hommages.
25 A melot de L a H oussaye 1737, t. I, p. 36. Cette thèse est mentionnée par G ayot de
P itaval (1732, vol. 2, p. 145) qui donne le détail de cette dédicace : Fauvel avait prétendu
que « Comme Coadjuteur de Paris [… .] toutes ces Sciences ne peuvent rien sans
vous, & tous ceux qui y sont versez sont vos vasseaux ».
26 Il semble que ce soit au tout début des années 1660 que cette règle ait été imposée,
ce qui n’empêcha pas de mettre les titres du dédicataire.
27 Signalons la formule utilisée en 1664 et 1667 par Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne : « Ludocivo XIIII Regnum Maximo Vltimos licentiae Teologicae labores aeternum
Consecrat ». (cat. 46, 60).
28 R obinet de S aint- J ean , 22 mai 1667, t. II, p. 849.
29 En 1671, Le Jay utilisa le même psaume pour une thèse de licence en théologie à la
Sorbonne dédiée au frère du roi (ann. I.A-6). Le portrait était gravé par Nanteuil (PW 188).
30 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-58.
31 La dédicace est gravée sur le cuivre.
32 S évigné 1862-1863, t. V, p. 413.
33 Cette thèse est mentionnée par G ayot de P itaval 1732, vol. 2, p. 127 et A melot de L a
H oussaye 1737, t. I, p. 36.
34 Dans re e e la 1 ligne « Rex Christianissime », dans la 4 « Rex Inuictissime » , dans la 7
e
« apud Maiestatem tuam » et dans la 9 « Rex Augustissime » (cat. 33).
35 Il en va de même en 1684 et 1692 dans les grandes thèses allégoriques des fils de
Louvois dessinées par Pierre Mignard et gravées par François de Poilly.
36 Mercure galant , juin 1679, p. 278.
37 Ibid ., p. 194.
38 Requête au roi, BSG, Fol L. 335 inv 552 (P. 2).
39 C hartier 1996, p. 212 et 1992, p. 143-197.
40 F uretière 1981, t. III, chap. ii .
41 AAE, 53 MD 2037, MF P. 6700, fol. 267 ; voir aussi 53 MD 2038 (autre copie du
document) fol. 54.
42 Ibid. , 53 MD 2037, fol. 234.
43 Ibid ., fol. 362.
44 Ibid. , fol. 198, 24 septembre 1700, « À un jésuite italien une médaille d’or, de la famille
royale de ce qu’il a présenté au Roy un poème latin ». Les auteurs français reçurent peutêtre
de semblables gratifications pour les harangues adressées au roi lors des
soutenances de thèses.
45 Ibid. , fol. 193. La boîte est aujourd’hui conservée à Bologne, le portrait montre le roi
en buste dans un ovale surmonté d’une couronne royale de diamants.
46 C hoisy 1727, p. 477 ; les mémoires parurent après la mort de Choisy.
47 Mercure galant , septembre 1680, p. 279.
48 Ibid. , novembre 1686, p. 99.
49 Janvier 1687, 2 e part., p. 216-219. Les propos du roi sont imprimés en italiques dans le
Mercure galant .
50 L even de T emplery 1706, p. 227-228.
51 BNF, Arsenal, Ms. 3185. Ce manuscrit relié maroquin rouge, aux armes de France
surmontées d’une couronne royale, appartint à Jérôme Phélypeaux de Ponchartrain
(1674-1747), o fils du ministre ; lors de la vente de sa bibliothèque (Paris, 1747, n 682,
p. 143) il fut acquis par Charles-Adrien Picart, et en 1780, à la vente de ce dernier (Paris,
o n 1005), par le marquis d’Argenson. Il s’agit sans doute d’un exemplaire de présentation.
52 Ibid. , fol. 3. Le texte est écrit par Thomas-Charles Fleuriau (1651-1735), procureur des
missions au Levant. Il signe en effet la première explication : « Les Perles, Première
Explication du Tableau par Monsieur Fleuriau de Rambouillet ». Il avait milité pour que de
jeunes orientaux fussent éduqués dans des collèges français.
53 L’entrevue peut être datée de 1701, peu après la 2 e arrivée des étudiants orientaux et
l’avènement de Philippe V sur le trône d’Espagne, événement rappelé à plusieurs reprises
dans le livret.
54 Selon le père René-Guillaume Forest, le roi lui-même « voulut voir ces jeunes gens, on
les conduisit à Versailles o » (AAE, Levant, Jeunes de Langues, carton 45, n 19, Forest, 1750),
mentionné par D upont- F errier (1821-1825, t. III, p. 354), qui par ailleurs ignore ce livret,
tout comme Sommervogel.
55 On retiendra ce passage (AAE, ibid. , fol. 16v) : « Rien de plus superbe que Versailles,
bien plus estimable est le Maître qui l’habite. Point de terres plus opulentes. […] Que Louis
Heureux Père, heureux Ayeul, commence à voir croistre autour de luy ses enfans et ses
Petits-fils. »
56 AAE, ibid. o , fol. 21 et 43 v .
57 AAE, ibid. , cité par D upont- F errier 1821-1825, t. III, p. 354-356.
58 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 66.
59 Mercure galant , août 1679, p. 202-211. La référence est la même pour les citations qui
suivent.
60 On remarquera que l’ode adressée au roi par Jessé Le Duc reprenait également ce
titre.
61 Il s’agit sans doute de Dominique Lefebvre, mort en 1719 ; auteur notamment du
Mercure et de la Psyché , aujourd’hui au musée du Louvre.
62 N antes /T oulouse 1997, p. 88.
63 Mercure galant , novembre 1677, p. 122-124.
64 AN, O 1 3304, fol. 126 o v . Ce document m’a été signalé par Michèle Bimbenet-Privat.
65 La thèse est mentionnée par H azon 1771, non paginé.
66 Inventaire général… 1885-1886, vol. 2, 2 e part., thèses, p. 282, 289. C astelluccio (2004,
p. 49) précise que seuls étaient inventoriés les meubles précieux et durables.
67 Inventaire général… 1885-1886, vol. re os os 1, 1 part., p. 282, n 165-180, et n 253, 263,
264.
68 Ibid ., p. 289.
69 Marché communiqué par Bénédicte Gady. Jean (ou John) Betham (v. 1642-1709), issu
du comté de Warwick en Angleterre, ancien élève du collège de Douai, où il reçut la
prêtrise, venu à Paris en 1667, y devint docteur de Sorbonne et fonda en 1684 le séminaire
de Saint-Grégoire pour les étudiants anglais. Chapelain de Jacques II, il fut précepteur du
prince de Galles, son fils.
70 Nous ignorons tout de cette thèse.
71 AN, MC/ET/LXV, 97, 7 mars 1678 ; marché publié par S chnapper 2001, p. 22.
72 Ibid. p. 22. Antoine Schnapper ne donne pas la cote.
73 D elage 1913, p. 108-109 ; H amy 1895.
74 Inventaire général… 1885-1886, vol. 2, 2 e partie, p. 106 pour les citations qui suivent.
75 Étoffe de soie unie et ondée au cylindre. Cinq de ces thèses furent « employées à des
ornemens de chapelle pour Versailles, Marly et Trianon ». Les quatorze restantes furent
« deschargé[es] le 23 décembre 1710 ».
76 « 395, une thèze présentée à Sa Majesté par Monsieur le marquis de Seignelay, avec
un tour de broderie d’or trait, ayant 5 pieds de hault et 4 pieds de large, avec sa bordure
de sculpture dorée ; par le même » (cat. 63).
77 « 397, une thèze du portrait du Roy présentée par M. l’abbé de La Hoguette, avec une
large bordure de bois doré sculpté à jour, haulte de 5 pieds, large de 3 pieds 2 pouces ; par
Nanteuil » (cat. 65).
78 « 406, Une thèze du portrait du Roy dédiée à Sa Majesté par M d’Argouges, haulte
de 5 pieds 1/2, large de 3 pieds 2 pouces, compris la bordure dorée ; par Mignard » (cat.
74).
79 « 412, Une thèze du portrait du Roy, dédiée à Sa Majesté par M. l’abbé Colbert, haulte
de 5 pieds 10 pouces, large de 3 pieds 4 pouces, compris sa bordure dorée ; par
Nanteuil. » Pour tous ces candidats, voir le catalogue et l’index des étudiants (cat. 75).
80 « 405, Une thèze dédiée à Monseigneur le Dauphin par M. d’Estrée, de Vitry et
Bellemare, haulte de 5 pieds, large de 3 pieds, compris sa bordure de sculpture doré ; par
Rousselet » (ann. I.C-3).
81 M archand 1933, p. 310-343, selon un témoignage écrit dix ans après la mort du
ministre.
82 A lbanès 1880, p. 317.
83 F oucault 1687, p. 181, 206.
84 Ibid. , p. 207.
85 L oret 1652-1665, 8 septembre 1663, p. 867.
86 Il fut créé en janvier 1672. Trois numéros parurent jusqu’en 1673, puis la publication
s’interrompit alors et ne reprit qu’en avril 1677.
87 Mercure galant , septembre 1678, p. 178-192.
88 Mercure galant , août 1679, p. 331-333. Toutes les citations qui suivent en proviennent.
89 Mercure galant , septembre 1680, p. 278-290.
90 Ibid. , juillet 1684, p. 314-325.
91 Mercure galant , août 1692, p. 183-194.
92 Pour d’autres passages voir le catalogue.
93 M abillon , M ontfaucon et Q uesnel 1846, t. II, p. 340 ; lettre CCLXXII. La lettre est
conservée à Florence, bibliothèque Magliabechiana.
94 M eyer 2010.
95 Mercure galant , septembre 1687, p. 81 et suiv.
96 Les cinq premières pages concernant le candidat, Dulion de Poinson, et la thèse
individuelle qu’il soutint parallèlement à ses camarades ont été supprimées dans cette
relation.
97 P alys (1890, p. 219) ne connaissait la gravure que par le livret qui en fait une rapide
description. Retrouvé grâce à Yann Sordet, ce dernier est conservé à la bibliothèque
municipale de Dinan (G 102).
98 P alys 1890, p. 15.
99 Ibid ., p. 25 sont énumérés les noms et qualités des parlementaires avec la date de
leur entrée en fonction et leur parenté, accompagnés d’une description de leurs armoiries.
100 Ibid. , p. 18-19.
101 Mercure galant , novembre 1686, p. 135.
102 Le rédacteur indique que toutes les gravures se vendent chez M. Perou, concierge
de l’Académie, rue de Richelieu.
103 Mercure galant , mars 1690, p. 200, « Suite de l’Article qui regarde feu M. le Brun, avec
la liste de ses ouvrages ».
104 M énestrier 1682, p. 138-141 (cat. 91).
105 M énestrier 1686, p. 138.
106 M énestrier 1693, p. 65.
107 Mercure galant , septembre 1687, p. 81 et suiv.
108 Il sera élu membre de l’Académie française en 1672.
109 L a B retonnière 1668.
110 Il décrit par exemple en détail la pyramide et ses prisonniers, qui bien que
secondaire, donna parfois son nom à la thèse.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre III. L’illustration des thèses Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre IV. Les peintres
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre IV. Les peintres Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre IV. Les peintres
p. 91-113
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Plus de soixante illustrations de thèses dédiées au roi sont signées par un peintre ou un
livre dessinateur 1
. La plupart de ces artistes n’en ont créé qu’une, dont des peintres connus ou
célèbres comme Louis de Boullogne, Antoine Dieu, Albert Flamen, Claude Lefebvre, Martin
des Batailles, Simon Vouet ou des graveurs d’invention recherchés comme Louis Cossin et
PDF
Grégoire Huret 2
, et aussi des artistes plus obscurs comme Beaufrère, Levesque, Munier et Table des matières
Perroteau. Abraham Bosse, Jean Lepautre, Pierre Simon et Jacob Ferdinand Voet ont été
sollicités par deux fois. De loin, ceux qui l’ont été le plus souvent sont Nicolas Mignard
Citer pour sept portraits, Pierre Mignard pour cinq compositions dont deux allégories et surtout
Charles Le Brun et Nanteuil, avec pour l’un vingt-deux oeuvres et l’autre vingt et une.
Partager PDF du
2 À cette liste, il convient d’ajouter Pierre-Paul Sevin qui donna des dessins pour trois thèses, chapitre
et notamment quinze compositions d’une richesse iconographique exceptionnelle où
Plan apparaissent de nombreuses figures allégoriques, devises et sujets de batailles destinés
pour la plupart à servir d’encadrement au livret du prince de Turenne. Antoine Paillet n’a Suggérer
Plan détaillé reçu commande que de deux illustrations, entre 1671 et 1682, mais mérite d’être distingué l’acquisition à
Texte intégral pour celle qu’il conçut pour Louis-Antoine de Noailles (cat. 70), une des rares compositions votre bibliothèque
Charles Le Brun allégoriques qui ne soit pas de Le Brun ou de Mignard.
Pierre Mignard 3 Après le discrédit et la mort de Le Brun, les artistes auxquels les étudiants firent appel sont Acheter
Nicolas Mignard plus variés. En 1685, Jean II Cotelle conçoit une allégorie en l’honneur du parlement de
Bretagne (cat. 104) et Édition Pierre-Paul Sevin à travers lui en hommage au roi, Martin des Batailles peint un
imprimée
Antoine Paillet portrait équestre pour la thèse de l’abbé Van der Meulen (cat. 103), Munier crée une
Notes de bas de page énigme sur l’État monarchique (cat. 105) et Levesque une énigme montrant Esculape (cat. Presses
122). En 1691, Antoine Dieu (1662-1727) dessine le roi devant le parlement de Rennes (cat. universitaires
de Rennes 127) et en 1695 Bon Boullogne (1649-1717) un buste du roi couronné par le génie des Aller en haut de page
mathématiques (cat. 129). Aller en bas de page amazon.fr
Contrairement decitre.fr 4 à Le Brun, la plupart de ces peintres ne sont pas très habitués à ce genre
de travaux. Ainsi on ne connaît que trois compositions allégoriques de Vouet pour des mollat.com
leslibraires.fr thèses 3 et une seule de Louis de Boullogne 4
. Ne font exception que Paillet qui intervint
placedeslibraires.fr
vingt et une fois et Antoine Dieu dix-neuf, encore qu’indirectement, car la plupart des 1 On se reportera à la table des peintres placée en fin de catalogue. lcdpu.fr
2 esItl an’mepste sp ass onnté ceesxséaicruet éedes rdev’eanpirrè ss urd esl’ acpteiviintét udr’eHsu rerte,l iqguii eua segsr avoéu dduerasn tp orttoruatiet ss,a ccaorrmimèree ulna
grtahnèds e nodmeb rJee and-eB atphtèissetse d’da’pErèsst asmeps espr osproeust ecnoumep oseint i1o6n9s9., Vooirrn éIeFF 2d6’9u-n2e9 0e,f fLi gaiz e 20d0e9 Pehti lippe ePub / PDF
M di’gOnrolt éa2n0s09 .g ravée par François Landry (ann. I.A-9).
3 Toutes trois gravées par Lasne, l’une est aux armes de Pierre Séguier (IFF 58), mais on ignore
le Cnhoma rdul ecosm manLdeit aiBrer u(1n63 4-1636), les deux autres sont respectivement dédiées à Mazarin
par Hélias du Fresnoy en 1636 (IFF 571) et à Claude de Bouthillier par J. de Fourcy
Le nom de Le Brun apparaît sur cinquante-neuf thèses soutenues de son vivant 5
5 , dont
en 1641 (IFF 455).
vingt-six gravées avant 1659, année où paraît l’allégorie montrant le jeune Louis XIV sur le 4 Il s’agit d’une allégorie au prince de Condé gravée par Gantrel et Jean Langlois pour la thèse
char de triomphe gravée par Rousselet (cat. 20). Les compositions qu’il dessine
dès 1640 célèbrent ministres et hauts personnages de l’État : Sublet de Noyers, Séguier,
Richelieu, Le Bouthillier, Mazarin, Fouquet…, mais aussi les parlements de Rennes et de
Rouen. Gilles Rousselet, son propre frère Gabriel et Michel Lasne sont à cette époque ses
graveurs attitrés 6
. Le Brun obtient alors un succès considérable, et c’est à lui que
s’adressent les étudiants pour des thèses dédiées entre 1659 à 1663 à Fouquet, Mazarin et
Loménie de Brienne. Ensuite, à l’exception de quatre thèses – deux dédiées à Colbert, une
au Dauphin (ann. I.C-3) et une à Louvois –, il se consacre au roi.
6 Plus que toutes autres, les compositions de Le Brun sont complexes et savantes et
recourent à l’allégorie, que son érudition et son commerce avec les lettrés 7 lui permettent
de manier avec aisance. Comme le remarque Lépicié, « il recherchait avec empressement
l’entretien des savants pour en tirer les connaissances relatives à son art : il y joignait
l’inspection des médailles et des livres d’Antiquité 8 ». Apparu dès 1640-1641 avec les
premiers frontispices de thèse dédiés à Séguier et gravés par Rousselet 9
, le maniement
des symboles et des allégories se fit plus subtil au fil des ans. Leur emploi systématique
s’impose en 1642 dans les thèses de Ruzé d’Effiat et de Girard dédiées à Richelieu 10
,
Claude Le Bouthillier et Séguier, gravées par Lasne et Rousselet 11
. Encore relativement
simples en 1653-1654, les compositions s’enrichissent bientôt de figures aux attitudes
mouvementées et au ton dramatique, comme celle qui met en scène le jeune Louis XIV sur
son char de triomphe conduit par la Sagesse et la Tranquillité (cat. 20). À partir de 1660, la
mise en page devient plus complexe lorsqu’il s’agit de célébrer le roi, alors qu’elle garde
quelque simplicité pour ses ministres. De 1661 à 1668, Le Brun dessine douze thèses, dont
trois en 1663 et quatre en 1664. La production s’interrompt de 1668 (cat. 63) à 1676 (cat.
80). Le Brun est alors occupé à des travaux de grande ampleur. Outre la direction des
décors des demeures royales – Louvre, Tuileries et Saint-Germain –, il achève la suite de
l’ Histoire d’Alexandre , peint la Résurrection du Christ , grand tableau d’autel commandé
en 1674 pour l’église du Saint-Sépulcre à Paris et, depuis 1672, esquisse La chute des anges
rebelles pour le plafond de la première chapelle de Versailles, dont le projet ne fut pas
exécuté 12
. Parallèlement, il conçoit pour Colbert les décors des plafonds du pavillon de
l’Aurore et de la chapelle à Sceaux et fait de nombreux dessins pour la manufacture des
Gobelins, les statues du parc de Versailles, ses conférences à l’Académie et son traité sur
l’expression des passions 13
. Sa production pour les thèses reprend en 1676, mais à un
rythme moins soutenu, et s’achève vers 1683, date supposée du Triomphe de L’Église (cat.
100). Durant cette période, il n’en exécuta que sept : trois portraits (cat. 80, 82, 90) et
quatre compositions allégoriques (cat. 92, 93, 98, 100). C’est aussi qu’il était pris par les
décors du château de Versailles – l’escalier des Ambassadeurs, les Grands Appartements et
la galerie des Glaces – et que le 6 septembre 1683, il perdit en Colbert un de ses plus forts
soutiens. Son successeur Louvois lui préféra Pierre Mignard, et bien que le roi lui ait
conservé son affection, il tomba dans une semi-disgrâce 14
. Preuve que les thèses
historiées étaient exécutées sous le regard et avec l’approbation du surintendant des
Bâtiments et de la Petite Académie, après cette date plus aucun étudiant ne s’adressa à lui,
qui pourtant continua à peindre et à dessiner presque jusqu’à sa mort le 12 février 1690.
7 On peut classer les thèses conçues par Le Brun à partir de 1661 en trois catégories : les
simples portraits, les portraits entourés d’attributs et les portraits allégoriques historiés,
en général réservés au roi. Les simples portraits sont rares. On n’en compte guère que
quatre gravés entre 1666 et 1679 (cat. 57, 80, 82, 90). Les portraits en buste entourés
d’attributs sont plus fréquents. On en trouve sur six thèses soutenues entre 1663 et 1679 :
soit des portraits peints servent de modèle aux graveurs et il en conçoit l’encadrement,
soit il dessine une composition autour d’un portrait dont il n’est pas l’auteur. En 1667, pour
celui du roi que le duc d’Albret commanda à Nanteuil (cat. 60), il montra l’aigle de Jupiter
maintenant l’effigie du monarque dans un ovale recouvert d’un manteau fleurdelisé,
devant des trophées militaires... Il arrive aussi que l’inverse se produise : en 1663 la
gravure de Van Schuppen pour la thèse de Jules-Paul de Lionne (cat. 41, fig. 21 ) donne lieu
à une collaboration avec Pierre Mignard qui fournit le dessin de l’encadrement du portrait
peint par Le Brun. Bien que la lettre des estampes n’en dise rien, un des membres de
l’atelier peut mettre au net une première pensée. Ainsi dans le contrat signé en 1664 avec
Forot pour la thèse du prince de Turenne (cat. 46), il est précisé que la thèse sera « avec le
portrait du roi, d’après Charles Le Brun, crayonné par Chauveau ». Ces compositions,
simple portrait ou portrait avec attributs, font une part importante à la partie supérieure,
alors que le bas destiné aux positions est dépourvu d’encadrement ou orné seulement
d’un manteau doublé d’hermine ou d’un tapis fleurdelisé.
F igure 21. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun et Pierre Mignard, Tèse de
Jules-Paul de Lionne , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 116.91 KB )
8 Gravées par Rousselet, Poilly et Edelinck, les grandes allégories en deux ou trois planches,
où haut et bas forment un tout, comptent parmi les oeuvres les plus remarquables de Le
Brun et ont fait sa renommée. Si on omet la réédition en 1659 du Roi sur son bige gravé par
Rousselet en 1652 et retravaillé pour l’occasion (cat. 25), et l’allégorie au parlement de
Rouen (cat. 19) où l’hommage rendu au roi est indirect, Le Brun en composa treize.
Dès 1659, éprouvant sans doute une réelle admiration pour Louis XIV, il met son
imagination au service de sa grandeur. S’inspirant de l’exemple de Rubens, il invente un
ton épique au dynamisme contrôlé, qui annonce le plafond de la galerie des Glaces.
F igure 22. – Atelier de Charles le Brun, Le triomphe de la Religion , 1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 102.63 KB )
9 Par chance, plusieurs des grisailles confiées par Le Brun aux graveurs permettent de juger
de la fidélité de ses interprètes 15
. On remarque d’abord qu’il trouve sa voie très tôt en leur
donnant pour modèles non pas de simples dessins à la pierre noire, mais des oeuvres
peintes très précises, en camaïeu de tons variés, de même dimension que le cuivre 16
.
Comme Rubens, c’est peut-être pour préparer au mieux le travail des graveurs que Le
Brun préfère l’esquisse peinte, qui mieux qu’un dessin permet des dégradés et étend la
gamme des tons 17
. Si la composition est en général inversée par rapport à la gravure, c’est
que cela importait peu. Poilly a conservé le sens de l’original pour la thèse de Colbert de
Seignelay, mais Rousselet et Edelinck l’ont inversé dans la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20)
et la Tèse de la Guerre (cat. 84). Dans la première, quelques détails du visage différent : la
lèvre est surmontée d’une fine moustache relevée de chaque côté et la chevelure tombe
en un long rouleau jusqu’au bas de la poitrine, alors que dans le tableau les cheveux sont
rejetés dans le dos et la tête laurée. Le Brun fit souvent peindre dans son atelier des
répliques de ses modèles. Pour Le triomphe de la Religion vers 1683 (cat. 100), la Discorde
est reprise d’une étude conservée au Louvre ( fig. 22 ), déjà utilisée avec quelques variantes
en 1653-1654 dans la Tèse du roi en sa jeunesse 18
. Pour la Tèse de la Guerre , selon Mariette, il
dessina lui-même les monstres dans un antre qui remplace les positions.
10 Le Brun donnait-il toujours des grisailles au graveur ? Y en eut-il une pour la thèse du
comte de Saint-Pol gravée par Rousselet en 1664 (cat. 49), ou le graveur a-t-il travaillé
directement à partir du dessin à la plume et à la sanguine du palais des beaux-arts de Lille
( fig. 23 ) ? La gravure n’en diffère que par quelques détails, les uns omis pour plus de
lisibilité comme l’enfant à gauche qui soutient le globe, les autres ajoutés pour renforcer le
caractère symbolique du sujet. La présence dans l’inventaire après décès de Rousselet de
sept dessins de thèses préparatoires, « des premières manières » de Le Brun 19
, donne à
penser qu’il utilisait l’un et l’autre procédé 20
. Gravé par Poilly pour la thèse de Seignelay
(cat. 63), un dessin au tracé léger et impeccable, montrant Louis XIV descendu du char
conduit par Hercule, le confirme ( fig. 24) .
11 Le Brun préparait ses compositions figure par figure, à l’aide d’un très grand nombre
d’études, dont le Louvre conserve plusieurs (cat. 100, fig. 25 ), toutes inversées dans la
gravure, ainsi qu’un dessin d’ensemble préparatoire à la réplique peinte de la Tèse de la
Religion , dont une collection privée 21 conserve une grisaille pour la partie droite, vestige
sans doute de la première esquisse. Dans son inventaire après décès figurait d’ailleurs un
dessin « coloré » de la Religion triomphant de l’Hérésie . Cela n’empêcha pas Abraham Bosse
dans la querelle qui l’opposa à Le Brun, en mai 1666, dans Le peintre converty aux précises et
universelles règles de son art 22
, de citer les thèses pour montrer sa mauvaise pratique de la
perspective :
F igure 23. – Charles Le Brun, Étude pour la thèse du comte de Saint-Pol , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 142.21 KB )
F igure 24. – Charles Le Brun, Étude préparatoire à la thèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 118.46 KB )
F igure 25. – Charles Le Brun, Étude de la Rébellion pour la thèse de l’abbé de Polignac ,
1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 54.11 KB )
« Mais Sachant bien & universellement les pratiques Géométrales & Perspectives, on
évitera tous ces deffauts, & plusieurs autres amplement déduits en mes Traitez, aussi
ceux que j’ay remarquez en des thèses exécutées par d’Excellens Graveurs 23
, sur les
Desseins de Monsieur Le B. qui est d’y mettre nombre de points de veuës en lieu d’un
seul, puis des corps Geometraux pour des Perspectifs, & en suitte des Figures tant
debout que couchées, ou de necessité, il faut supposer qu’il y eust des trous ou
fosses faites exprès sur le Plan d’assiette, & autres solides, pour y faire entrer & loger
une partie de leurs corps, Jambes & pieds. »
12 Si Le Brun préparait longuement ses compositions, il empruntait aussi à ses
prédécesseurs, tant italiens que flamands, ou à ses propres tableaux. Comme l’a remarqué
Nicolas Milovanovic, il reprend de Rubens des figures allégoriques et aussi quelques
détails comme la nef du gouvernement de la Majorité de Louis XIII pour la thèse du Grand
Dauphin sur son navire 24 (ann. I.C-3, fig. 26 ) et sans les copier, s’inspire aussi des vertus
maniant les avirons. Quant aux amours montés sur les tritons, Le Brun les a sans doute
trouvés dans le Triomphe de Galatée de Raphaël et dans celui d’ Amphitrite de Poussin. On
peut citer d’autres emprunts plus ou moins directs, comme le triton qui souffle dans sa
conque de la thèse d’Amelot, à comparer à celui du Débarquement de la reine à Marseille,
le 3 novembre 1600 de Rubens. De même la Fureur de La conclusion de la paix, à Angers,
le 10 août 1620 de Rubens, qui serre en son poing un serpent, se retrouve en 1677 dans la
Tèse de la Guerre (cat. 84). Le Brun emprunte aussi à L’incendie du bourg de Raphaël
l’attitude de la femme qu’Hercule tient par les cheveux dans la Tèse du roi en sa
jeunesse 25 (cat. 20).
F igure 26. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au Dauphin , 1671.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 192.75 KB )
13 Outre les tableaux de ses prédécesseurs, des gravures de thèse lui servaient aussi de
modèle. Ainsi les personnages nus, en général masculins, assis au bas des positions et
appuyés sur des médailles et qui apparaissent notamment en 1663 sur la tentative de
Charles-Maurice Le Tellier, dérivent probablement d’une thèse dessinée en 1637 par
Romanelli et gravée par Bloemaert en l’honneur du cardinal Barberini 26
.
14 Les « deux desseins de thèze d’après les esquisses de Mr. Le Brun » trouvés dans
l’inventaire après décès de Rousselet prouvent que les graveurs ne travaillaient pas
toujours directement d’après les grisailles ou les dessins préparatoires du peintre, mais
qu’un intermédiaire, François Verdier ou François Chauveau, intervenait parfois 27
. La lettre
de la Dispute de Minerve et de Mercure , gravée pour la thèse de l’abbé de Louvois, dédiée à
Mazarin 28 précise : « C. Le Brun in [venit]. F. Chauveau delin [eavit] et F. de Poilly sculp [sit]. »
Mais le plus souvent seul le peintre ou le dessinateur signe. Sans Mariette, on ignorerait la
collaboration des deux artistes à la thèse de philosophie de Maupas du Tour gravée par
Gabriel Le Brun et dédiée en 1657 à Armand de La Porte, grand maître de l’artillerie 29
, sans
nom d’inventeur, et à celle de Gangnot de Maincourt, dédiée à Fouquet en 1660 et gravée
par Rousselet 30
, où seul apparaît celui de Chauveau. Voilà qui autorise à leur attribuer à
tous deux le portrait gravé par Nicolas de Poilly, ainsi que le marché passé en 1663 pour la
thèse du duc d’Albret (cat. 46) l’indique.
15 Aidé du burin de ses interprètes, Le Brun met ainsi en place un art fait pour éblouir. Mais
en 1683, il est contraint de s’effacer devant Mignard. Dès avant, sans doute surchargé de
travail et parce qu’à cette époque il ne dessine plus de thèses que dédiées au roi, c’est Noël
Coypel (1628-1707) qui fut chargé d’imaginer celle qu’Alexandre de Crèvecoeur dédia
en 1678 à Monsieur, dont son père, Adrien de Mannevillette, était secrétaire (ann. I.A-7a,
fig. 27 ). Coypel s’inspira des thèses de la Guerre gravées par Rousselet et Edelinck (cat. 49,
84) pour montrer le dédicataire à cheval précédé de la Gloire et accompagné de la Valeur,
tandis que la Crainte et le monstre qui la suit s’enfuient devant lui. Le dynamisme des
nombreuses figures allégoriques dans le ciel, le prisonnier de dos, la disposition où haut et
bas forment un tout, évoquent Le Brun, même si Coypel renouvelle la composition 31
.
Comme le précise le peintre dans le livret explicatif qu’il fit paraître :
« La peinture n’est pas seulement pour les yeux, comme les ignorans se l’imaginent,
elle est encore pour l’esprit. Surtout dans les grands sujets, il faut mesler le
mystérieux avec le naturel, et joindre l’allégorie à la lettre. [et plus loin] Cette
imagination n’est pas une imagination neuve ; elle est fondée sur la raison et sur la
vérité. De quelque éclat que soient les grandes actions, en quelque lieu qu’elles se
passent, tout le monde n’en peut estre témoin. Il faut donc que le public les
apprenne, ou par les Relations, ou par les Représentations 32
. »
F igure 27. – Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après Noël Coypel, Tèse
d’Adrien-Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe d’Orléans , 1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 170.09 KB )
16 Comme chez Le Brun pour Louis XIV, le frère du roi porte un costume intemporel : mais
remarque Coypel, « on ne doit pas s’étonner de le voir armé ou vestu moitié à l’antique et
moitié à la moderne. C’est pour dire qu’il a paru avec toutes les qualités, qui ont fait les
héros du temps passé et ceux du nostre ».
17 Si l’allégorie tient encore une place importante, contrairement à Le Brun, Coypel figure au
naturel les événements les plus récents ; ainsi, selon le Mercure , « la bataille de Cassel et le
Siège de Saint-Omer se voient en l’éloignement dans un tableau qui est au haut ». Il
annonce la démarche de Pierre Mignard en 1684 dans la thèse des frères Le Tellier (cat.
102). Sa gravure fut réutilisée avec changement de portrait, pour la mineure que Claude-
Irénée d’Aumas de Beauséjour de Roquemartine dédia au duc de Chartres, fils du régent,
le 15 juillet 1723 33
.
Pierre Mignard
18 Pierre Mignard succède donc à Le Brun. Du fait de son long séjour à Rome de 1635 à 1657,
il commença plus tard à dessiner des thèses et ses débuts remontent à 1660. Mais il ne
s’agit pas alors pour lui de concevoir des compositions spécifiques, mais de donner
l’autorisation de graver ses portraits de Mazarin 34
, du duc de La Valette 35 et d’Alexandre
VII 36
, peints depuis peu, à Nanteuil, Pitau et Larmessin. Ce n’est qu’à partir de 1663 que
quelques étudiants qui dédient leurs thèses au roi s’adressent à lui pour des compositions.
Le premier fut Jules-Paul de Lionne (cat. 41), qui le chargea de concevoir un encadrement
pour le portrait que Van Schuppen devait graver d’après Charles Le Brun, qui montre des
amours assis sur des trophées portant sur leurs épaules le médaillon à l’effigie royale
surmonté des instruments du pouvoir. Il donna aussi le dessin de six compositions
allégoriques pour la plupart gravées par François de Poilly, en l’honneur de Guillaume de
Lamoignon en 1665 et 1670 37 et de Colbert en 1680 et 1682 38
. En 1672, l’abbé d’Argouges
fit décorer son exercice de théologie d’un de ses portraits du roi, mais sans ornement (cat.
74). La thèse de Claude-François Pellot en 1676 est la première composition ambitieuse de
Mignard (cat. 81) ; multipliant les figures allégoriques autour du portrait en buste du
monarque, il développe entre haut et bas de thèse une scénographie pleine de verve et de
dynamisme.
19 Ayant refusé de faire partie de l’Académie, Mignard a été écarté de ce genre de commande
jusqu’à la mort de Colbert. Viennent alors en 1684 et 1692 les deux allégories célébrant
Louis XIV commandées par Louvois, qui marquent sa dernière participation aux thèses
(cat. 102, 128). Dans ces deux compositions, le roi apparaît en pied et non plus en buste. Il
est vu au naturel, dans des scènes animées, selon la formule de Le Brun. Ce sont les
dernières grandes thèses historiées du règne. Bien que Mignard ait condamné ce recours
à l’allégorie que pratiquait Le Brun 39
, elle tient ici une place non négligeable. Guillet de
Saint-Georges le remarque :
« Après la mort de M. Colbert, les envieux de M. Le Brun ont tâché de donner du
dégoût pour ses ouvrages à cause de l’allégorie dont il se sert pendant que l’on leur a
vu faire de merveilleux efforts pour l’imiter dans cette partie qu’ils condamnaient ;
l’on en peut citer plusieurs exemples, entre autres cette thèse de M. Mignard où il a
tâché de traiter son sujet allégoriquement ; mais l’allégorie en est si grossière qu’il
paraît bien qu’il en a ignoré l’art 40
. »
20 Non sans sévérité, Guillet fait ici allusion à la thèse de 1684, où l’on ne retrouve certes ni
l’équilibre, ni l’unité, ni le souffle héroïque de Le Brun. Dans la seconde, gravée en 1692,
l’allégorie est d’un effet plus subtil. Au lieu de montrer une abondance de détails, la joie
des paysans, la forteresse…, le peintre se concentre sur l’essentiel et donne plus de force à
sa composition. Mais il lui manque le souffle épique de Pierre de Cortone ou de Raphaël,
avec lesquels il cherche en vain à rivaliser ; si certains personnages – comme la Fureur ou
le soldat derrière elle – sont intéressants, d’autres sont peu convaincants. Préparatoire à la
composition principale de la thèse, un dessin à la pierre noire (cat. 128, fig. 28 ) avec
rehauts de blanc sur papier gris, révèle les hésitations de Mignard et les profondes
modifications qu’il apporta à sa composition d’origine. Celles qui concernent la figure du
roi sont considérables : comme Minerve, il est nu-tête au lieu d’être casqué. Dans la
gravure, son attitude a gagné de l’assurance, et il tend vers ses ennemis le bâton de
commandement d’un geste plus décidé ; son regard irrésolu, voire inquiet, a disparu. Bien
que tourné vers la déesse, il ne lui demande pas conseil mais regarde vers l’infini. Sa
cuirasse à l’antique est remplacée par une armure moderne. Pas moins considérables, les
changements qui affectent Minerve modifient ses relations avec le roi, puisqu’au lieu de se
précipiter prête à la lutte, elle apparaît pleine de dignité et de retenue. Le lion, symbole de
clémence, qui marchait derrière elle a cédé la place aux deux enfants ; dans le dessin, celui
qui tient les attributs royaux se trouvait entre le monarque et Minerve et l’autre derrière le
lion. La Religion, qui avait les jambes croisées et tenait d’une main le livre et de l’autre la
croix, est également changée ; elle désigne le Monarque. Si cette partie est devenue plus
convaincante, ailleurs la composition perd de sa fougue. La distance entre le roi et ses
ennemis a été accentuée. À l’arrière-plan vers le centre, nul cavalier, mais une troupe unie.
On remarquera aussi que la Discorde qui brandissait un serpent a cédé la place dans la
gravure à la Fureur qui lève sa torche. Si la gravure transmet bien l’image d’un roi
invincible, si elle compte parmi les plus remarquables illustrations de thèses dédiées à
Louis XIV, sa composition n’est pas aussi réussie que celles de Le Brun. Est-ce la volonté
d’inscrire l’histoire du monarque dans la narration qui gênait ainsi Mignard ? Il est
probable que les modifications lui furent imposées par la Petite Académie ou par Louvois
peu avant sa mort, le 16 juillet 1691.
F igure 28. – Pierre Mignard, Étude préparatoire pour la thèse de Camille Le Tellier .
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.6 KB )
21 Journaux et gazettes ont aussi commenté les oeuvres du peintre. Selon le Mercure de
juillet 1684 41
,
« [la thèse est] dédiée à sa Majesté par Mr. le Commandeur le Tellier, fils de Monsieur
de Louvoys ; et Mr. Mignard de Troyes en Champagne, dit le Romain, à cause qu’il a
demeuré 23 ans en Italie, en a fait le Dessein. Chacun sçait que sur les belles Antiques
que l’on y admire, et sur les ouvrages des plus grands hommes qui y ont excellé, il
s’est fait un bon goût, et cette grande manière qu’on remarque dans l’invention, le
dessein, et le coloris de ses tableaux. Aussi cette thèse est-elle grande et magnifique.
La composition en est riche et noble, le sujet touche, et plaist à tous ceux qui
connoissent le Dessein dans sa correction ».
22 Suit la louange du graveur : « Elle a esté gravée par François Poilly. Le burin en est beau,
hardy, et a beaucoup de grâce » et la justification de l’allégorie : « Comme il est impossible
de traiter les grands sujets sans allégorie, pour des raisons qui seraient trop longues à
rapporter, cette thèse en expose une sur l’état présent des affaires de l’Europe. » Il décrit
ensuite en détail la composition. De même le Mercure commenta la thèse de 1692 et
précisa que Louvois en avait donné le sujet.
23 Contrairement à Le Brun, Mignard préfère la partition entre haut et bas de thèse. Chez lui
pas de composition en un seul tenant. Participant directement au message délivré, la
partie inférieure n’en est pas moins essentielle, car elle apporte une conclusion aux
événements figurés dans la partie supérieure. Ainsi en 1676, les amours de la thèse de
Pellot (cat. 81) ouvrent les rideaux du théâtre pour montrer la dédicace et mettre en
évidence le tapis fleurdelisé, le carreau et les instruments du pouvoir royal. En 1684, dans
celle des frères Le Tellier (cat. 102), sainte Cécile et les anges signifient le triomphe du roi
et l’harmonie revenue ; en 1692, dans la thèse de leur cadet (cat. 128), l’amour qui oblige
Bellone à rentrer dans son temple témoigne de l’action du monarque en faveur de la paix.
Le soin et l’importance accordés aux encadrements de thèse, leur caractère noble et
imposant, les rangent parmi les plus réussis du genre. Contrairement à beaucoup de
graveurs et d’éditeurs de son temps comme Vallet, Picart, Gantrel, Malbouré ou
Trouvain 42
, Mignard ne conçoit pas le bas comme un simple ornement, mais lui donne un
rôle essentiel.
24 À la différence de Le Brun, ni le Mercure , ni Florent le Comte, ni Heinecken n’ont dressé de
catalogue des estampes d’après Mignard ; en revanche sa biographie parut peu après sa
mort alors que celle de Le Brun par Nivelon resta inédite. L’abbé de Monville, qui en est
l’auteur, réserva un chapitre 43 entier aux thèses qu’il décrit brièvement, indiquant pour la
plupart le nom du candidat et la date de la soutenance. Il en mentionne cinq, oubliant
celle que Morel avait dédiée en 1682 à Colbert 44 qui fut gravée par Edelinck. Ainsi, bien
que moins recherchées et moins citées que celles de leur rival, les thèses de Pierre
Mignard restèrent dans les mémoires.
Nicolas Mignard
25 Son frère Nicolas ne fut pas sollicité pour d’autres thèses que celles dédiées à Louis XIV. On
en compte huit de 1661 à sa mort en 1668. Cinq ont été gravées par Nicolas de Poilly, une
par le peintre lui-même, une par Nanteuil et une par Grignon. Deux furent soutenues par
Roger de Courtenay à quatre ans d’intervalle (cat. 50, 62) : supprimant les devises dans les
écoinçons, le candidat fit modifier à peu de frais la première composition.
26 Les portraits du roi comptent parmi les plus remarquables qui aient été gravés.
Probablement conçus par le peintre lui-même, les encadrements sont en général
agrémentés de devises, trophées ou instruments du pouvoir. Seul le plus complexe qu’il ait
imaginé, celui de la thèse de Chrétien-François de Lamoignon (cat. 39, fig. 29 ), où des
amours disposent des devises autour du roi, est signé « N. Mignard, Auennis jnu [enit] et
Delin [eavit] », mais cette fois le portrait a été peint par son frère Pierre. Les autres ne
portent que la mention « pinxit ». Selon Dezallier d’Argenville, c’est sur la recommandation
de Mazarin, satisfait de sa propre effigie, que Nicolas Mignard devint portraitiste du roi
en 1661. Il travaillait alors au décor des appartements bas des Tuileries où il peignit
l’histoire d’Apollon 45
.
F igure 29. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Chrétien-François de
Lamoignon , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 95.08 KB )
F igure 30. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Louis XIV fait fermer les portes du
temple de Janus e , 12 page du livret de la thèse du prince de Turenne, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 163.82 KB )
Pierre-Paul Sevin
27 Les trois thèses dédiées à Louis XIV et dessinées par Pierre-Paul Sevin se distinguent par la
diversité et l’originalité de leur composition. Au service du cardinal de Bouillon, oncle de
l’impétrant, il fut chargé en 1678 de celle du prince de Turenne (cat. 91, fig. 30 ). C’était la
première fois qu’on lui confiait ce genre de travaux. Son succès lui valut, jusqu’en 1704,
douze autres commandes de la part des étudiants, des collèges et des universités.
28 Ancien élève des Jésuites à Tournon, Sevin s’était familiarisé avec leur conception du décor.
Très tôt, il enseigna aux élèves le dessin du blason. En 1661, il fut chargé d’orner la cour du
collège de Lyon pour célébrer la naissance du Dauphin, sur le thème de l’arc-en-ciel, fils du
Soleil 46
. Sous la direction du père Ménestrier, qui y occupait la chaire des humanités et de
rhétorique, il décora de nouveau la façade du collège des Jésuites, sur le thème du Temple
de la Sagesse 47
. Une solide amitié naquit entre les deux hommes qui prirent l’habitude de
travailler ensemble et créèrent des décors pour des feux d’artifice, ballets, entrées de villes
et carrousels…
29 Après un voyage à Rome de 1666 à 1671, Sevin s’établit à Paris en 1673 dans l’hôtel du
cardinal de Bouillon 48 et y travailla de nouveau avec Ménestrier, qui précise dans la
Philosophie des images , à propos de la thèse du prince de Turenne : « Je donnay la pensée
de ce dessein et j’en fis vingt-trois devises, et le sieur Sevin […] en inventa les ornements et
la disposition 49
. » Cette thèse fit sensation par sa présentation inhabituelle. De page en
page, Sevin montre une verve et une imagination hors du commun. Avec humour, il manie
la satire contre les ennemis du roi en fuite devant ses armes. Usant de puissants
raccourcis, de figures râblées parfois grotesques, il suscite la curiosité et amène le lecteur
à partager son admiration pour le monarque. Traités avec vigueur, ses dessins à la plume,
à l’encre noire et au lavis gris 50 trouvent un interprète de choix en Louis Cossin. Selon le
même agencement dans chaque page, Sevin donne vie aux devises de Ménestrier par la
force synthétique des scènes et figures accompagnant le motto, qui en reprennent l’esprit
et en renforcent l’effet.
30 C’est également pour un autre élève des Jésuites, Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat.
112), que Sevin conçut un second frontispice en 1686-1687, pour une thèse probablement
en livret, qui présente Louis XIV en buste dans une alcôve avec sur les montants les
grandes réalisations du règne. L’illustration est éditée par Gantrel qui avait déjà gravé ou
publié plusieurs oeuvres du peintre commandées par les Jésuites, comme
en 1683 et 1686 des allégories en l’honneur d’Ignace de Loyola et François-Xavier, de Louis
de Gonzague et François Régis 51
, destinées toutes quatre à des thèses de grand format
qui furent diffusées dans toute la France.
31 Cette affiche et les pages du livret du prince de Turenne évoquent par leur sujet et leur
spécificité l’item 18 de l’inventaire de François-Gérard Jollain dressé en 1687 qui montre
que les actions du roi étaient à l’origine de bien des illustrations qui servaient aux
étudiants tant français qu’étrangers : « Plus cent planches, sortes différentes d’affiches
propres pour les collèges et pour tous les païs, enrichies et ornées de batailles, histoire et
conquestes de Louis le Grand, les estampes desquelles se vendent aux marchands sur le
pied de huict livres le cent 52
. » Elles sont une nouvelle preuve de l’importance de la
présence royale dans les collèges que la rareté des documents graphiques rend difficile à
saisir 53
.
32 En juillet 1685, Sevin donna également le frontispice de la thèse de philosophie que Jean
de Massol de Montmoyen, au collège des Godrans à Dijon, dédia à la Chambre des
comptes de Bourgogne et de Bresse, dont son père était président (cat. 107) et dont les
gravures montrent la façade sur une tapisserie. Le projet n’est pas aussi original que celui
de l’illustration de la thèse de Turenne, puisque de page en page la même planche se
répète. Sevin ne travaillait pas seulement pour les Jésuites. Il reçut également des
commandes d’autres ordres, comme en attestent en 1688 le portrait du roi entouré de
trophées et le bandeau allégorique célébrant les lys de France gravés pour la thèse de
Séraphin Crouzeil (cat. 120), soutenue dans les couvents des Cordeliers de Paris et de
Rome. À partir de 1686, il adopta cette présentation in-quarto, plus modeste, pour toutes
les thèses, quel qu’en soit le dédicataire 54
.
Antoine Paillet
33 Parmi les peintres qui donnèrent des dessins pour les thèses, Paillet tient comme Sevin
une place à part. Dans son oeuvre, deux célèbrent Louis XIV, mais il n’en illustra pas moins
de vingt et une de 1663 à 1692, pour l’essentiel de simples portraits en buste dans un
médaillon, gravés par Vallet ou par Picart 55
. Il créa cependant quelques compositions plus
complexes. Influencé par les allégories composées par Pierre Mignard et par Le Brun,
en 1664, pour célébrer Chrétien-François de Lamoignon, il montre l’avocat général dans un
médaillon tenu par le génie des arts tandis que la Vertu peint son portrait avec les
couleurs de l’arc-en-ciel 56
. La même année, il dessine une belle allégorie en l’honneur de
Louvois ( fig. 31 ), où dans une composition comparable aux meilleures réalisations de Le
Brun et de Mignard, le portrait est placé sur un autel entre deux colonnes autour
desquelles s’enroulent les positions de la thèse, tandis que Mars tient la tablette sur
laquelle l’Histoire écrit les hauts faits du ministre 57
. Toujours en 1664, il donna un dessin
plein de verve montrant Henri de Maupas du Tour demandant à Alexandre VII la
canonisation de François de Sales 58
( fig. 32 ).
F igure 31. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Jules-Louis Bolé de
Champlay dédiée à Louvois , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 169.09 KB )
F igure 32. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Henri de Maupas du Tour
intercédant auprès d’Alexandre VII pour la canonisation de saint François de Sales , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 165.77 KB )
34 Vallet grava ces compositions, et encore quelques autres frontispices de thèse moins
complexes sur le dessin de Paillet. Avec la Défaite de l’Hérésie (cat. 70), ils reviennent tous
deux à l’actualité pour célébrer la politique religieuse de Louis XIV. Nul doute que l’abbé de
Noailles avait à l’esprit ces compositions originales lorsqu’en 1671 il s’adressa à eux pour
sa tentative . Bien que le portrait du roi ne soit pas très réussi, c’est une de leurs plus belles
oeuvres, sur laquelle ils ne manquèrent pas de mentionner leurs titres et qualités. Paillet a
dessiné le roi sur le vif : Paillet Pictor, ac professor Regius hoc opus Inuenit, et delineauit,
effigiemq., pinxit ad vivum . Guilel. Vallet ex Academiâ Regiâ sculpsit. Cum Pri. Regis. On
retrouve dans cette planche l’ingéniosité de la thèse dédiée à Louvois pour introduire les
positions avec naturel en les inscrivant sur des tablettes maintenues par les pères de
l’Église et par un ange porteur d’un phylactère avec la dédicace « REGI
CHRISTIANISSIMO ». Divisée en trois registres, la composition forme un tout, dont
exceptionnellement les positions occupent le haut. Au premier registre, la Trinité éclaire de
ses rayons le roi et l’Église et les assure de sa protection, au second les pères de l’Église
assistent à l’entrevue royale et à la chute de l’Hérésie, qui forment le troisième registre. Le
dessin élégant évoque l’école des Carrache, alors tant prisée.
35 Il faut attendre 1682 pour que Paillet reçoive une nouvelle commande pour une thèse
dédiée au roi : c’est celle de l’abbé de Lorraine gravée par Étienne Picart, où il revient à la
présentation traditionnelle, haut de thèse avec portrait du roi en buste dans un médaillon,
bas de thèse réservé aux positions, avec au premier plan la Victoire assise sur des
trophées d’armes désignant le monarque.
Notes de bas de page
1 On se reportera à la table des peintres placée en fin de catalogue.
2 Il n’est pas nécessaire de revenir sur l’activité d’Huret, qui a gravé durant toute sa
carrière un grand nombre de thèses d’après ses propres compositions. Voir IFF 269-290,
L az 2009 et M ignot 2009.
3 Toutes trois gravées par Lasne, l’une est aux armes de Pierre Séguier (IFF 58), mais on
ignore le nom du commanditaire (1634-1636), les deux autres sont respectivement
dédiées à Mazarin par Hélias du Fresnoy en 1636 (IFF 571) et à Claude de Bouthillier par J.
de Fourcy en 1641 (IFF 455).
4 Il s’agit d’une allégorie au prince de Condé gravée par Gantrel et Jean Langlois pour la
thèse du père du Tertre soutenue en 1686 (M eyer 2002, p. 180, fig. 87) ; la Décollation de
saint Paul , utilisée en 1695 par les Jésuites de Poitiers pour une thèse offerte à Olivier de
Vérac, lieutenant général du roi, reprend sans doute un de ses tableaux (M eyer 2005, n o 5).
5 Après sa mort, et pendant tout le xviii e siècle, plusieurs de ses tableaux servirent de
modèles aux éditeurs de thèses.
6 Pour plus de détails, G ady 2010, M eyer 2004 et W ildenstein 1965.
7 Cette attitude restera une constante. La protection de Séguier favorisa ce
rapprochement avec les savants ; on sait également qu’il était proche de Perrault et des
membres de la Petite Académie (G ady 2010, p. 87-91).
8 L épicié 1752, t. I, p. 7.
9 VM 265.
10 IFF 748.
11 Lasne : IFF 204 et 757 ; VM 270.
12 Voir notamment V ersailles 1963, p. 77-105, et L ens 2016, p. 320-325.
13 Voir L ens 2016, notamment p. 246-278 et 346-349.
14 Ibid. , p. 385-386.
15 Voir les reproductions données dans V ersailles 2007 : n° 46, Tèse du roi en sa jeunesse
(cat. 20) ; le dessin à la plume et lavis de la thèse de Charles d’Orléans-Longueville (cat. 49).
La Tèse de la Religion (cat. 100) en 1683-1686.
16 Rousselet possédait un tableau en camaïeu de Le Brun, peint vers 1648, préparatoire
à l’ Allégorie à Mazarin , conservé aujourd’hui au musée du Louvre (VM 278).
17 À l’instar de Le Brun, Bourdon donnait aussi des modèles peints à l’huile pour des
thèses.
18 B eauvais 2000, vol. 2, n o 2304, p. 658.
19 M eyer 2004, p. 57.
20 L othe 1976.
21 V ersailles 2007, n o 50, fig. 25.
22 A. Bosse, « au lecteur sur les causes qu’il croit avoir eu de discontinuer le cours de ses
leçons géométrales et perspectives, dedans l’académie Royalle de la Peinture et de la
Sculpture, et mesme de s’en retirer », placé à la fin de B osse 1667, p. 4.
23 Ces thèses ont été gravées par Gilles Rousselet, Poilly et Edelinck pour Charles Amelot
en 1663, le comte de Saint-Pol en 1662 (cat. 36) et Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne en 1664 (cat. 46).
24 M ilovanovic 2007.
25 G ady 2009.
26 BNF, Est., Bb 3, fol. 95. Reprise également en 1698 par Maratti pour une thèse gravée
par Robert Van Audenaerde en hommage à Innocent XII (BNF, Est., AA6, E023402).
27 M eyer 2004, p. 57.
28 L. 362.
29 IFF 47.
30 VM 282.
31 Pierre Rosenberg (dans P aris /M unich /B onn 2005, n o 28) remarque que Dietmar
Lüdke ( Neuerwerbungen für die Gemäldegalerie, 1984-1994 , Karlsruhe, Die Kunsthalle, 1995,
p. 18-20 [ill.]) rapproche à juste titre la statue équestre du duc d’Orléans et celle de Louis
XIV du Bernin. Installé à Rome en 1673-1675 comme directeur de l’Académie de France,
Noël Coypel en avait à coup sûr vu une esquisse, sinon la réalisation définitive, qui ne fut
acheminée à Versailles qu’en 1684, et visiblement s’en inspira.
32 C oypel 1678, p. 3. Le Mercure d’août 1678 décrit l’événement et la gravure (p. 200-208).
33 La soutenance est mentionnée dans le Mercure d’août 1723, p. 308-309.
34 M eyer 2006, n o 42 (1660), n os 45-46 (1661).
35 H ollstein 1949-2010, vol. 26, p. 113.
36 Sorbonne, Rba 2 fol., t. I, p. 14.
37 L. 366, 370.
38 La seconde est gravée par Edelinck (IFF 99).
39 Voir notamment S abatier 1999, p. 583, annexe 1 : « La querelle Mignard-Le Brun
en 1682-1686 » (ENSBA, Ms. 555/1). Mignard adresse ces reproches à Le Brun : « vos
ouvrages sont des enfilades de galimatias que vous seuls entendez… o » (n 5) et « si ces
tableaux ont fait quelque bruit, vous en avez obligation au graveur : le blanc et le noir en
cachent les plus grands défauts o » (n 9).
40 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 53.
41 Mercure galant , juillet 1684, p. 314-325.
42 M eyer 2002.
43 M onville 1730, p. lix- lxi .
44 IFF 99.
45 D ezallier d ’A rgenville 1762, t. IV, p. 69-70.
46 C hanterenne 2012, p. 19. Quatorze affiches furent aussi exécutées sous la direction de
Sevin avec des louanges écrites par les Jésuites ; l’une montrait « le roi pacifique, son
sceptre pointé vers une allégorie de la Justice », une autre « un manteau d’hermine
enveloppait le portrait du Dauphin ». La source n’est pas précisée, sans doute s’agit-il de la
Vie manuscrite de Sevin (coll. part.).
47 Ibid. , p. 29-33.
48 Le cardinal de Bouillon fut témoin au mariage de Sevin en 1681. Jusqu’en 1682, le
peintre habita son hôtel ( ibid . p. 11-112), et en 1673, il orna la grande galerie de son palais
abbatial à Pontoise.
49 M énestrier 1682, p. 138-141.
50 Pour plus de détails voir la notice du catalogue.
51 M eyer 2002, p. 185-209, fig. 90 à 99. La collaboration de Sevin et Gantrel pour les
thèses remonte à l’année 1680 au plus tard, avec le portrait allégorique de Léon Potier de
Gesvres pour la thèse de philosophie de François Nau au collège de Presles-Beauvais ( ibid. ,
o p. 303, n 28).
52 L othe 2005, p. 40. L’IFF ne recense pas ces affiches. François-Gérard Jollain s’était
spécialisé dans la publication des almanachs.
53 Elles évoquent également ces étranges pages de titre laissées vides, publiées par
Étienne Gantrel, qui ont pour sujet le Dauphin ou le roi et dont on ne connaît aucune
utilisation (IFF 246-247, 252, 254 et 255 ; M eyer 2002, p. 256, fig. 130).
54 Il en fut ainsi de la thèse de mathématiques de Jacques Cassini, soutenue en 1691 au
collège Mazarin et dédiée au duc de Bourgogne (ann. I.D).
55 M eyer 2002, re 1 partie, p. 65-152.
56 Ibid ., fig. 18.
57 Ibid. , fig. 20.
58 Ibid. , fig. 24 et 25.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre IV. Les peintres Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre V. Les graveurs
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre V. Les graveurs Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre V. Les graveurs
p. 115-145
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Sur les cent trente-six thèses dédiées à Louis XIV, onze ne sont connues que par des
livre mentions dans les journaux ou les mémoires, où rien n’est dit du nom des auteurs de
l’illustration, du graveur ou de l’éditeur. Les autres planches ont été exécutées par trente et
un graveurs, dont quatorze n’en ont exécuté qu’une 1 et neuf seulement deux 2
. Ils se
PDF
répartissent en trois groupes : portraitistes originaux, portraitistes d’interprétation et Table des matières
graveurs d’allégorie. Du fait de la qualité et de l’importance de leur production, nous nous
occuperons plus longuement de Nanteuil, qui en donna vingt et une, François de Poilly
Citer sept, Nicolas de Poilly et Van Schuppen six, Edelinck et Rousselet quatre.
2 Pendant la période glorieuse du règne, les graveurs les plus éminents furent mis à Partager PDF du
contribution, mais à partir des années 1689-1690 apparaissent quelques oeuvres de
chapitre
moindre qualité, exécutées par des artistes au talent inégal comme Claude Duflos
Plan (1665-1727), interprète de Le Brun et graveur de portraits, qui vers 1685-1690 signe un
Louis XIV à cheval pour l’abbé Van der Meulen (cat. 103) ou Levesque, qui pourrait être Suggérer
Plan détaillé Laurent Levesque, actif à Paris de 1653 à 1696 environ, choisi en 1689 pour graver une l’acquisition à
Texte intégral composition énigmatique sur la thériaque destinée à la thèse de pharmacie de Rouvière votre bibliothèque
Les portraitistes (cat. 122).
Les graveurs d’histoire 3 Pour les thèses qu’ils dédièrent en 1653 et 1654 au parlement de Bretagne et de Acheter
Les graveurs en lettres Normandie, et à travers eux au roi, les Jésuites s’adressèrent à Gabriel Le Brun (1625-
1660), artiste talentueux, frère du peintre, mort dans Édition Notes de bas de page la fleur de l’âge (cat. 19), puis
imprimée
de 1678 à 1689 à Étienne Gantrel (1646-1706), un des graveurs et marchands parisiens les
Aller en haut de page plus recherchés pour les thèses. De même, en 1685, les Minimes de Marseille choisirent un Presses
portrait gravé à Paris par Pierre Simon (v. 1640-1710) 3 qui s’était spécialisé dans l’exécution universitaires
Aller en bas de page
de Rennes des portraits du roi plus grands que nature. Mais fait exceptionnel, l’année suivante, pour
illustrer un livret, les Jésuites de la même ville passèrent commande d’une composition amazon.fr
allégorique de petit format à un graveur local, Jacques Cundier (1645-apr. 1724), actif à Aix, decitre.fr
recherché avant tout pour ses portraits, et alors le seul graveur sollicité par les étudiants mollat.com
distingués de la région (cat. 113). En 1667, pour célébrer le parlement du Languedoc ceux leslibraires.fr
de Toulouse avaient chargé François Rabaud, graveur de la ville, de copier une gravure de placedeslibraires.fr
1 GabIlr is’ealg it Led e BCruunnd ie(rc,at .d e5l 8)P.o , Ertinger, Grignon, Huret, Landry, Lasne, Lenfant, Lepautre, lcdpu.fr
Levesque, Nicolas Mignard, N. Picart, Tasnière, Trouvain.
42 TouIlt se’sag itc esd e iBlolsusset,r atDiaornest , deM astshoèns,e s É. onPitc arétt,é Ngircaolvaése sP iteanu , FPriaenrcree , Sià moln’,e xcGeupitliloanu mdee Vcaelllleets quqiu i ePub / PDF
inftuerrevnietn te xcéocmumteée sg raenv eu1r6 5e6t cà omVimeen neéd itpeouurr. NHoeursm aanjo utWoenrsn eGran trKellö ckbeiern (qcuate. t2r3o)i s ett hèesne s1 6s8o7ie nàt
édTiutréiens ppaoru rs esle scoionmst, e carN adtetuax (cda’te.n tr1e1 4)e.ll esL a prporceèmdieènrte , dud émdêiémee àc uAilvreex aqnudi rne’ a VeInI rmiaeins étmé etmotdainfti é.e n
3 scèMn eey erL o1u9i8s8 , XI1V9,8 9F,e r1d9i9n1 anetd 1992. III, Philippe IV et Christine de Suède, est gravée par
4 BaAr tppoulnohmnä- uRs a dKtiklei a1n9 8(81. 630-1696), souvent sollicité par les étudiants pour ses thèses dédiées
5 Cat. 61, 44, 64. aux plus hautes personnalités du monde germanique 4
; la seconde, dédiée à Louis XIV 6 PW 155-167 et M eyer 2006.
évoqué sous la figure de Judas Maccabée, a été gravée d’après le Génois Domenico Piola
(1624-1703) par Georges Tasnière (1632-1704), buriniste originaire de Besançon, entré au
service de la cour de Savoie.
Les portraitistes
Robert Nanteuil
5 Nanteuil (1623-1678) tient une place à part, car il a lui-même dessiné les portraits du roi
qu’il a gravés, comme il le précise toujours sur la planche : « Nanteuil ad viuum Faciebat ad
vivum pingebat et sculpebat ». Une fois seulement, pour son premier portrait du roi
en 1661, il a travaillé d’après une peinture par un autre, Nicolas Mignard (cat. 31). Par
ailleurs, pour les thèses d’Amelot en 1663 (cat. 42) et du prince de Turenne en 1667 (cat.
60), il dessina et grava le visage du roi alors que Rousselet était chargé du reste de la
composition d’après Le Brun. Il mourut avant d’avoir achevé la thèse commandée pour les
deux petits-fils du chancelier d’Aligre, dont Gérard Edelinck termina la planche (cat. 89).
Encore en 1681, trois ans après sa mort, Van Schuppen grava d’après lui un portrait du roi
pour la thèse de Michel-François Le Tellier (cat. 96).
6 Comme le précisent Petitjean et Wickert, tous les portraits qu’il a gravés de Louis XIV l’ont
été pour des thèses, entre 1661 et 1680, sur douze cuivres différents, dont le dernier, qui
avait servi en 1677 et 1678-1680 pour celles de Fabio Brûlart de Sillery (cat. 83) et de
François d’Anglure de Bourlemont (cat. 85), fut réutilisé en 1686 par un étudiant inconnu ;
fatigué par les tirages, le cuivre fut retravaillé : la cravate du roi est nouée sous le menton
et couverte de dentelle, la chevelure est reprise et dans les ombres des tailles sont
renforcées. Il fit de même en 1661, 1664 et 1667 pour les abbés de Guénégaud, de Choisy
et de Lionne 5
.
7 Nanteuil était recherché à la fois pour sa qualité de portraitiste et pour sa capacité à saisir
la vérité de ses modèles. Il est probable que les quelque treize portraits qu’il grava de
Mazarin entre 1652 et 1661 6
, en général pour des thèses, ont attiré sur lui l’attention du
roi, des étudiants et de leur famille. Toujours est-il que Louis XIV le nomma son
dessinateur et graveur ordinaire et il lui témoigna sa satisfaction dans son brevet
de 1658 7
:
« Son génie pour la portraiture, sa capacité pour la connaissance des belles lettres
aussi bien que des règles de son art & son secret pour rendre infaillible par le
crayon & le burin la ressemblance des sujets dont l’air est le plus difficile à prendre,
sont avec les marques de la perfection où il porte ses ouvrages et que tout le monde
voit dans les portraits qu’il a fait de nous 8 … »
F igure 33. – Robert Nanteuil, Tèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine,
abbé d’Harcourt , 1670.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 106.2 KB )
8 Il fut l’un des rares graveurs à obtenir que le roi pose pour lui. La première séance, en
octobre 1661, est à l’origine des quatre portraits gravés de 1662 à 1664 (cat. 35, 37, 44, 45).
Vers 1666, Nanteuil exécuta deux autres pastels : l’un se trouvait en 1687 dans la salle à
manger du palais Pitti et l’année suivante dans la chambre du grand-duc 9
(il est
aujourd’hui conservé au musée des Offices à Florence 10
), l’autre a été acquis en 2009 par la
Bibliothèque nationale de France. Le premier servit successivement aux thèses d’Ysoré
d’Hervault (cat. 68), de Fortin de La Hoguette (cat. 65), de Jules-Paul de Lionne (cat. 72) et
de Béranger de Lorraine (cat. 67, fig. 33 ), le second à celles de Servien (cat. 56) et de La
Tour d’Auvergne (cat. 60). Pour suivre au plus près l’évolution de l’apparence du souverain,
Nanteuil apporta aux interprétations gravées de légères modifications dans la coiffure, les
moustaches ou la cravate de dentelle. Obtenue le 5 février 1672, la seconde séance de
pose du roi fut consacrée au portrait dit « aux pattes de lion » qui illustre la thèse de
Jacques-Nicolas Colbert (cat. 75). La troisième, en 1676, est célèbre par les propos du roi
rapportés par Baldinucci : « Allez-vous-en content Monsieur de Nanteuil, car je suis très
content de vous 11
. » Destinée au portrait de la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), cette
séance donna au graveur une fièvre violente qui altéra irrémédiablement sa santé. La
quatrième, pour la thèse des petits-fils du chancelier d’Aligre (cat. 89), lui fut fatale : l’artiste
prit froid et mourut peu après. On trouva dans son atelier un grand nombre de copies
sans doute préparatoires aux divers états des gravures, où le visage du roi devait être
retravaillé en fonction de rides nouvelles, de changements dans la coiffure ou les
moustaches, qui au fil des ans connurent de nombreuses variations.
9 À une interruption près, entre 1672 et 1676, les portraits de Louis XIV se succèdent à un
rythme régulier. Cependant, alors que Nanteuil avait obtenu le 15 avril 1658 le brevet de
dessinateur et graveur ordinaire du roi et qu’il prêta serment le 6 mai 1659, il est curieux
qu’on ne conserve aucun portrait du roi d’après ses dessins antérieur à 1662 12
.
10 Comme ceux de Georges Perroteau et de Nicolas Mignard, ses premiers portraits du roi
sont un peu maigres ; le visage est allongé, presque maussade. Puis, sans doute sous
l’influence de Le Brun avec qui il travaille, et des grandes allégories qu’il grave alors pour
les thèses, ils s’étoffent à partir de 1666 (cat. 55 et 56), gagnent en majesté, en aisance et
en spontanéité. Quand il devient le graveur attitré de Louis XIV, Nanteuil a atteint la pleine
maîtrise de son art ; le pastel lui permet de saisir les expressions des modèles sur le vif,
d’en traduire la mobilité et de faire naître un léger sourire sur leurs lèvres. Il y met alors
tout son « courage », son « esprit », recherchant « l’effet », et la « vivacité », toujours
conscient des limites de la « manufacture 13 ». Autant de recherches qu’il mit à profit dans
ses portraits d’un roi qui semble être de plus en plus attentif à son image, à sa coiffure, au
dessin de sa moustache…
11 Nanteuil est un maître au pastel comme en gravure. Dans le privilège de vingt ans obtenu
le 26 octobre 1661 pour graver et faire graver, imprimer, vendre et débiter son oeuvre 14
,
Louis XIV précise qu’il a une « parfaite connaissance de la capacité de l’exposant par
plusieurs ouvrages qui sont partis de sa main, et encore tout nouvellement par le dernier
qu’il a entrepris par notre ordre et fait d’après notre personne, auquel il a réussi à notre
satisfaction et contentement ».
12 Outre son burin rangé au tracé impeccable, ponctué d’entretailles qui permettent de
traduire avec d’infinies subtilités, volume, modelé et jeux d’ombre et de lumière, il
inaugura le grand format avec le portrait fort comme nature, démarche que suivirent bien
des graveurs de son temps. Le procédé était délicat et selon Charles Perrault en 1696 :
« Jusques-là il avoit esté presque impossible aux Graveurs de représenter, avec le seul
blanc du papier et le seul noir de l’encre, toutes les autres couleurs que demandent
un portrait lorsqu’il est en grand, car lorsqu’il est en petit l’imagination de celuy qui le
regarde les supplée aisément ; cependant on croit voir dans celuy dont je parle la
couleur naturelle du teint, le vermeil des jouës, & le rouge des lèvres, au lieu que
dans les portraits de cette mesme grandeur que la pluspart des autres ont fait, le
teint paroist plombé, les jouës livides, les lèvres violettes ; de sorte qu’on croit voir
plutost des hommes noyez, que des hommes vivants 15
. »
13 Cette manière de donner le plus de place possible au visage au détriment du buste n’était
pas du goût de tous. Ainsi Philippe Doublet écrit de La Haye à Christiaan Huyghens
le 17 janvier 1664 16
: « N’y aurait-il pas moyen d’avoir un de ces portraits de Nanteuil du
Roy ; Je me l’imagine fort beau pourveu qu’on ne voije pas trop peu du corps, car c’est
l’ordinaire defaut quand ils font les visages si grands de prendre les planches trop
petites 17
. »
14 Nanteuil ne grava que des portraits en buste du roi, la plupart simplement insérés dans
des ovales, parfois agrémentés d’attributs allégoriques. À la fin de sa vie, son attention
s’est portée sur les bas de thèse, comme en atteste un fragment manuscrit autographe au
verso d’un projet pour un frontispice (cat. 77, fig. 34 ) qui donne l’explication du sujet 18
.
Selon Audrey Adamczak, qui ne commente pas ce texte, le dessin daterait des
années 1676-1678. Seule la figure serait de Nanteuil alors que le reste de la composition
reviendrait à quelques membres de son atelier, peut-être à Domenico Tempesti. Bien que
les phrases soient coupées à gauche, qu’en manquent le début et la fin, on comprend que
Nanteuil projette quelques autres figures allégoriques avec en bas les instruments de
guerre et de paix, et les génies du roi, dont les vêtements seront semés des fleurs de lys.
« Nous avons eu deux fois la Paix depuis le règne de sa Majesté », d’où les génies de
chaque côté du portrait, attachés à des médailles dans « lesquelles on pourra mettre les
deux histoires les plus considérables de la [Paix et de] 19 la Guerre ». Au bas de la thèse,
« entre les deux génies, il y aura [la place ?] raisonnable pour graver au burin les positions
[de th]éologie ». Suit un passage barré où Nanteuil précise que « cette thèse sera de la
même grandeur […] qui a surpassé toutes [les illustrations] des thèses à deux planches »
et que celle-ci « sera magnifique d’une manière nouvelle nullement embrouillée par ce que
d’abord tout le [monde] comprendra l’invention ». Ce passage permet de lui attribuer
l’encadrement de la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), pour lequel un doute subsistait. On
peut supposer qu’il en donna une première pensée, qui fut mise au net dans son atelier.
Cet intérêt pour la mise en page apparaît déjà en 1672 dans le portrait du roi aux pattes de
lion (cat. 75, fig. 35 ) gravé pour l’abbé Colbert, où apparaissent des devises et dont haut et
bas sont conçus comme un tout. L’artiste poursuivit cette recherche dans d’autres portraits
également gravés pour des thèses, comme celui de Michel Le Tellier en 1678 20
. Partout la
même sobriété ; chaque élément a un sens propre qui enrichit le discours de l’oeuvre : sur
un fond semé de fleurs de lys, le portrait est en sautoir sur les deux masses de chancelier,
les positions sont gravées sur un manteau d’hermine tenu en haut par trois étoiles,
meubles des armes du ministre, avec d’un côté les instruments de la Justice et de l’autre la
cassette fleurdelisée renfermant les sceaux. Sans doute l’idée de cette mise en scène lui
avait été inspirée par la thèse de l’abbé de Bouillon, conçue par Le Brun en 1667 (cat. 60),
dont il avait gravé le portrait du roi dans un bouclier tenu par un aigle, devant un palmier
posé sur un manteau doublé d’hermine, car l’année suivante il plaça une tablette sous le
portrait du roi pour le texte de la thèse de Jules-Paul de Lionne (cat. 64), alors qu’en
général ses portraits pour les thèses n’étaient pas encadrés.
F igure 34. – Robert Nanteuil, Étude pour une thèse de théologie , 1676-1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 149.08 KB )
Tous ces portraits justifient pleinement l’éloge de Carlo Dati en 1667 21
: 15
« Ces paroles d’Appollonius, dit ce sçavant Florentin dans sa Vie de Zeuxis,
m’appellent à contempler avec étonnement l’artifice des estampes de nos Graveurs
modernes, où toutes choses sont si naïvement représentées, la qualité des étoffes, la
couleur de la carnation, la barbe, les cheveux, & cette poudre légère, qui se met
dessus, & ce qui est de plus important, l’âge, l’air & la vive ressemblance de la
personne, bien qu’on y employe autre chose que le noir de l’encre & le blanc du
papier, qui ne font pas seulement le clair & l’obscur, mais l’office de toutes les
couleurs. Tout cela se voit, & s’admire plus qu’en quelqu’autre ouvrage, dans les
excellens portraits de l’illustre Nanteuil 22
. »
16 Les portraits qu’il a gravés du roi sont sans doute les plus élégants, les plus raffinés de
tous ; on y trouve cet « art de flatter sans nuire à la ressemblance », qu’évoquait
Mademoiselle de Scudéry :
« Nanteuil, en faisant mon image,
A de son art divin signalé le pouvoir ;
Je hais mes yeux dans mon miroir,
Je les aime dans son ouvrage 23
. »
17 Comme Le Brun avait été séduit par la personnalité de roi, Nanteuil le fut par son visage,
dont il eut l’art de gommer la moindre imperfection, beaucoup plus que Perroteau, Nicolas
Mignard et surtout Beaufrère.
F igure 35. – Robert Nanteuil, Tèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec , 1672.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 118.76 KB )
Louis Cossin, Pierre Beaufrère et Antoine et Madeleine Masson
18 Parmi les autres graveurs qui méritent de retenir l’attention, on ne peut oublier Louis
Cossin (1627-1704) qui en 1679 a gravé à l’eau-forte et au burin les pages de titre, le
frontispice et les six encadrements de la thèse du prince de Turenne. Tout est ici
exceptionnel, et notamment l’utilisation conjointe de l’eau-forte et du burin. Comme Van
Schuppen, Edelinck et Pierre Simon, Cossin travailla d’abord dans l’atelier de Nanteuil. Il
avait épousé la veuve du graveur Gabriel Le Brun (1625-1660) qui, entre 1653 et 1657,
avait gravé deux frontispices de thèse dédiés aux parlements de Normandie et de
Bretagne (cat. 19, 22) d’après des dessins de son frère Charles. La seconde thèse illustrée
par Cossin et dédiée en 1682 à Louis XIV est également intéressante car le dessin est de sa
main (cat. 97, fig. 36 ). Comme Pierre Simon, Cossin est de ces graveurs talentueux,
recherchés pour leurs portraits au pastel, célèbres en leur temps et maintenant oubliés.
Lui aussi reprend le métier tout en nuances de son maître, mais cherche moins à séduire,
comme en atteste son portrait du roi, à l’expression plus sobre et moins spirituelle.
F igure 36. – Louis Cossin, Tèse de Jean Poisson , 1682.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.15 KB )
19 Pierre Beaufrère (actif à Paris de 1661 à 1685), dont on ne connaît que quatorze pièces
d’une facture un peu rude et d’un dessin schématique, surtout des portraits, dont certains
ad vivum , est plus oublié encore que Cossin. Sur celui de François Pallu, il signe cependant
P. Beaufrere graveur du Roy 24
. On le retiendra ici pour deux portraits en grand format de
Louis XIV, exécutés en 1685 d’après ses propres dessins qui méritent de retenir l’attention
pour l’expression triste et désabusée du souverain, alors qu’il s’inspire du portrait gravé
trois ans plus tôt par Cossin, auquel il ajoute une fossette au menton ( fig. 36 ). Si le premier
a servi pour la thèse de Pierre Berthe (cat. 110, fig. 37 ), on ignore la destination du second,
de meilleure qualité, en contrepartie du précédent 25
. En 1667, pour Nicolas de Lesseville,
aumônier ordinaire du roi 26
, Beaufrère avait déjà gravé un portrait du monarque, non
retrouvé, qui servit probablement pour une thèse. Très vite, il se fit une spécialité des
portraits de Louis XIV, en grand comme en petit, reprenant dans la plupart le portrait
dessiné et gravé pour la thèse de Berthe 27
.
20 Antoine Masson (1636-1700) n’est ni élève ni disciple de Nanteuil, mais a été formé dans
l’atelier de François de Poilly, comme en témoigne un contrat d’allouage du 8 février
1662 28
. Contrairement à beaucoup de graveurs de son temps, ses premiers travaux n’ont
pas été guidés par Le Brun mais par Pierre Mignard, qui l’engagea à pratiquer également
la peinture et le dessin. Portraitiste avant tout, il travailla souvent d’après ses propres
dessins au pastel ou d’après Le Brun, les frères Mignard et Nanteuil. Bon nombre de ses
portraits servirent pour des thèses de philosophie ou de théologie soutenues entre 1665
et 1686. Il a également gravé quelques interprétations de sujets d’histoire de Maratti et de
Titien. C’est d’après un dessin de son invention, sans doute un pastel, qu’il a gravé
en 1676 pour l’abbé d’Artagnan (cat. 79) un portrait du roi accompagné de devises, signé
non sans humour « Ant. Masson raptim ad. uiuum. faciebat felici’ ex. Pressur’ Si comin’ Intueri
licuisset », signifiant que n’ayant pas obtenu de séance de pose du roi, il l’a croqué à la
dérobée. En 1679, il a également gravé d’après Le Brun un portrait de Louis XIV, sans
ornement, pour la thèse de l’abbé d’Estrades (cat. 90).
21 Il en grava trois pour d’autres usages : l’un dans une couronne de laurier ornée de deux
branches de lys, aussi d’après Le Brun ; les deux autres, de présentation très différente, en
buste sur un piédouche, pour les Modes de Jean de Saint-Jean, « dessiné [s] et Graué [s] Par
Ante Masson-Avec Priuilege du Roy. [en] 1697 ». De sa formation première de damasquineur,
il garda une franchise de burin sans pareille qui l’amène parfois à des exercices d’extrême
virtuosité, notamment dans le travail des vêtements et des cheveux dont il se plaît à
rendre les guipures, les broderies et la moindre mèche. Il fut nommé graveur ordinaire du
roi et reçu à l’Académie en 1679. Bien que son oeuvre, qui totalise soixante-huit planches,
soit de qualité variable, Masson compte parmi les graveurs les plus singuliers de son
temps. Qu’il s’agisse du roi (cat. 90) ou du Dauphin à la limite de la caricature (ann. I.C-6), il
ne cherche pas à flatter ses modèles, mais leur donne une présence exceptionnelle.
F igure 37. – Pierre Beaufrère, Mineure de Pierre Berthe (détail), 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 91.99 KB )
Nicolas de Poilly
22 La renommée de Nicolas de Poilly (1627-1696) a été injustement éclipsée par celle de son
frère François, qui fut son maître avec Nanteuil. Contrairement à son aîné, il n’a jamais
quitté la France et fut avant tout portraitiste, et le surpasse même en ce domaine ; comme
lui, il n’entra pas à l’Académie. S’il a interprété peu de tableaux, certaines de ses oeuvres
comptent parmi les plus belles de son temps comme le Christ crucifié , en trois planches
d’après Champaigne, la Sainte famille au Lys de Stella, Le sommeil de Jésus d’après Le Brun et
la Madone à l’escalier de Poussin 29
. Son intervention pour les thèses se réduit aux portraits
en buste, hormis une allégorie en l’honneur du Dauphin (ann. I.C-2) d’après François
Chauveau.
F igure 38. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Antoine-Benoît de
Clermont-Tonnerre de Cruzy , 1662.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 123.11 KB )
23 Poilly a gravé douze portraits de Louis XIV, dont cinq au moins ont servi pour des thèses.
Ses modèles sont plus variés que ceux de son frère. En 1660, le premier qu’il grave est
peint par Perroteau (cat. 29) : le roi apparaît avec les cheveux bouffants et courts. En 1662,
Nicolas Mignard, qui fut témoin de son mariage en 1667 30
, lui fournit celui de la thèse de
Clermont-Tonnerre de Cruzy (cat. 34, fig. 38 ) et en 1663 lui donne le dessin de la
composition qui entoure l’effigie peinte par son frère Nicolas Mignard pour celle de
Chrétien-François Lamoignon (cat. 39), où des amours portent des devises ; avec les thèses
gravées par Nanteuil, il s’agit ici d’une des plus belles compositions pour un portrait en
buste. L’année suivante et en 1668, il grave de nouveau un portrait peint par Nicolas
Mignard, cette fois pour Roger de Courtenay (cat. 62). Selon José Lothe, c’est
probablement d’après Nicolas Mignard 31 que fut gravé le roi en médaillon, sur un décor de
lettres et de guirlandes qui forment le chiffre du roi avec en haut et en bas des couronnes
royales et la légende « QVOT PONDERE CONTERET VNA » signifiant que la couronne du roi
écrase toutes les autres de son poids ( fig. 39 ) Avec son frère, il contribua aussi à la
diffusion des faits et gestes du monarque par l’almanach.
F igure 39. – Nicolas de Poilly, Portrait de Louis XIV , s. d.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.17 KB )
Pieter Van Schuppen
24 Comme Edelinck, Van Schuppen (1627-1702) 32 est originaire d’Anvers où il était membre
de la guilde de Saint-Luc avant d’arriver à Paris en 1655. Il travaille lui aussi dans l’atelier de
Nanteuil et est admis à l’Académie en 1663. Parmi les 160 planches qui composent son
oeuvre, on dénombre 128 portraits, souvent pour orner des thèses, dont plusieurs d’après
ses propres dessins, mais aussi d’après Claude Lefebvre dont il est un des interprètes
favoris. L’un des frontispices les plus remarquables en ce genre est celui qu’il grava
en 1664 d’après Le Brun en l’honneur de Jean-Baptiste Colbert, où Minerve brode une
tapisserie sur laquelle se détache le visage du ministre. À son propos Mariette s’exprime
ainsi :
« Il entreprit aussy de dessiner des portraits d’après nature, et le fit avec d’autant plus
de succès qu’ayant été destiné à la peinture dans sa jeunesse, il avait acquis la
pratique de dessiner avec une grande précision. Personne n’était plus soigneux que
luy de son ouvrage ; il l’était même à l’exces ; chaque planche l’occupait un temps
considérable, et il aimait mieux en graver peu, que de rien laisser sortir de ses mains
où il parut quelque chose de négligé, et où il n’eût pas cru avoir donné l’entière
perfection. Ainsy ses ouvrages semblent peu nombreux par rapport aux années qu’il
a vécu et cependant il aurait été difficile de trouver un artiste plus assidu. On ne
pouvait le distraire de son travail et il avouait luy-même qu’il ne trouvait point de
plaisir qui approchât de celuy qu’il goûtait renfermé dans son cabinet 33
. »
25 Cette application serait cause d’une certaine monotonie qui règne dans son travail, car
selon Mariette ses tailles étaient toujours guidées dans la même direction. Le portrait du
roi qu’il grave en 1661 d’après Nicolas Mignard pour l’abbé d’Harcourt (cat. 32, fig. 40 )
montre tout ce qu’il doit à Nanteuil. Comme lui, il use dans les parties claires d’un pointillé
rigoureusement disposé respectant le dessin du moindre volume, tout en traduisant avec
subtilité les modelés et en ajoutant des tailles simples, doubles ou triples et des
entretailles pour traduire l’intensité des ombres. Cette habileté le met au rang des
meilleurs représentants du burin rangé, qui fait la renommée de l’école française de cette
époque. On lui doit quelques belles interprétations de peintres célèbres comme Crayer
dont il grave une Vierge à l’enfant et Jean-Baptiste , ainsi que neuf portraits de Louis XIV
destinés à des thèses soutenues entre 1659 et 1687 ; le premier d’après Charles Le Brun (?)
en 1659 (cat. 26), le second d’après Nicolas Mignard en 1661 (cat. 32), le troisième
en 1663 d’après Pierre Mignard pour l’effigie et Le Brun pour l’encadrement (cat. 41).
Accompagnés pour certains de la couronne, du sceptre et de la main de justice et placés
devant une tenture fleurdelisée, les trois suivants parurent entre 1664 et 1666 (cat. 43, 48,
57). En 1672, ce fut un nouveau portrait d’après Pierre Mignard, dans un ovale orné au bas
de fleurs de lys (cat. 74). Suivent encore deux autres, l’un en 1681 d’après son défunt
maître Nanteuil (cat. 96) et l’autre en 1687 d’après Jacob Ferdinand Voet (1639-1700 ?),
peintre anversois installé à Paris après avoir travaillé à Rome et Turin (cat. 118), de
conception très proche, qui se détachent sur des trophées militaires, drapeaux, épieux,
masses d’armes avec au premier plan le sceptre et la main de justice, tandis que les
positions sont inscrites sur un bouclier.
F igure 40. – Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard, Tèse de Raymond-Bérenger
de Lorraine , 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 113.59 KB )
Nicolas Pitau
26 Comme Edelinck et Van Schuppen, Nicolas Pitau (v. 1633-1671) est originaire d’Anvers.
Formé par Cornelis Galle le Jeune, il arrive à Paris en 1655 où il est accueilli par ses
compatriotes le peintre Philippe de Champaigne et le graveur Edelinck, et entre lui aussi
dans l’atelier de Nanteuil. Dès lors, les étudiants s’adressent à lui pour illustrer leurs
travaux. Il se spécialise dans le portrait, mais traduit aussi avec bonheur des oeuvres de
Bourdon, Carrache, Guerchin, Le Brun, Poussin, Raphaël… En août 1663, selon Mariette,
« il fit un voyage à Anvers et s’accorda avec une fille de cette ville Madeleine Vaddre. Mais
comme il avait entrepris deux sujets de thèses dédiés l’un au chancelier Séguier, l’autre au
roi, il retourna à Paris pour achever son travail. L’ouvrage terminé en 1664, il se maria à
Anvers et revint à Paris avec son épouse 34 ». Ce sont les deux seules allégories pour des
thèses qu’il exécuta. Sur les onze thèses dont il reçut commande entre 1655 et 1670, il n’en
a gravé que deux dédiées au roi. L’une en 1665 est ornée d’une composition historiée de
Jean Lepautre montrant le roi descendu de son char accueilli par Saint Louis (cat. 51).
Gravé en 1670 d’après Claude Lefebvre pour l’abbé de Coëtlogon, l’autre est un des
portraits les plus remarquables de Louis XIV, le seul pour une thèse qui soit à mi-corps et
en pleine page (cat. 66). Souffrant d’une maladie de foie, Pitau fut aidé par Edelinck et
mourut peu après. Ce portrait plein d’élégance se suffisait à lui seul et les positions de la
thèse parurent sans aucun ornement.
Pierre Simon
Pierre Simon (v. 1640-1710) 35
27 , fils d’un marchand orfèvre, apprit le portrait au pastel et la
gravure au burin dans l’atelier de Nanteuil. De 1668 à 1674, il séjourne à Rome où il grave
des portraits peints par Maratti et Gaulli et quelques interprétations après Pierre de
Cortone et Salvador Rosa. De retour à Paris, il n’exécute plus que des portraits, la plupart
d’après ses propres dessins. En 1676 il grave ceux du Grand Condé et de Louis XIV.
Dès 1683, il porte le titre de graveur du roi et avant 1691 celui de « graveur ordinaire de sa
Majesté ». Si en 1676 et 1677 ses portraits de Louis XIV étaient d’après Le Brun (cat. 80, fig.
41 ; cat. 81), en 1678 il grave d’après ses propres dessins (cat. 87). En 1685, il obtient la
faveur de faire poser le roi (cat. 106), renouvelée en 1687, 1691 et 1692. Avant lui, seul
Nanteuil avait eu cet honneur, trois ou quatre fois également. Cossin une fois et Masson
jamais. Ainsi, sept ans après la mort de Nanteuil, Simon prend sa succession et se
consacre surtout à la personne royale : de 1685 à 1697, sur dix-huit portraits de sa main,
neuf représentent Louis XIV et trois le Dauphin et la Dauphine. Il est fait chevalier romain
par le pape en 1691 et sa production se raréfie alors. Parmi les 62 planches qui composent
son oeuvre, un bon nombre dut servir pour des thèses, mais cette utilisation ne peut être
confirmée que pour trois des portraits du roi, car Simon reprend rarement la formule
offerebat utilisée par Nanteuil. Le premier, gravé en 1678 pour l’abbé du Montal (cat. 87),
qui selon le Mercure de septembre 1678 fut « très favorablement receu en cour, ainsi que le
portrait de sa Majesté fait par le Sieur Simon Graveur. Il avait déjà fait celuy de Monsieur le
Prince, et celui de Monsieur l’Archevêque de Paris. Ces trois portraits l’ont rendu fort
recommandable 36 ». Un nouveau portrait du roi, au visage auréolé, tel Apollon ou un
nouveau Dieu, dessiné et gravé par Simon, fut utilisé en 1685 pour la thèse censurée des
Minimes (cat. 106), puis de nouveau, sans doute en 1687, pour une autre thèse soutenue
au collège des Jésuites de Poitiers, où le roi apparaît cette fois sans rayons mais avec le
mufle du lion de Némée sur l’espalière de sa cuirasse (cat. 119).
F igure 41. – Pierre Simon d’après Charles Le Brun, Tèse supposée de Jacques Simiane de
Gordes , 1676.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 100.92 KB )
28 Comme Nanteuil, Simon excella dans le portrait plus fort que nature et il agrandit encore
le format utilisé par son maître ; comme lui, il multiplia les états ; les changements qu’il
apporte au costume d’une version à l’autre sont plus importants encore, ce qui donne à
chaque fois l’impression d’un nouveau portrait. Celui de la thèse des Minimes est une
quatrième utilisation avec changements d’une planche gravée deux ans plus tôt. Simon
sait avec une rare habileté modifier l’apparence du roi en lui donnant une présence, une
vivacité toujours plus grande. Sous son burin, plus que sous celui de Nanteuil ou de
Masson, on le voit vieillir peu à peu de 1685 37 à 1694 38
: le bas de son visage perd de sa
fermeté, des rides se creusent à la naissance du nez, les poches sous les yeux sont plus
marquées. Comme Lefebvre gravé par Pitau (cat. 66), Simon recourt à deux reprises au
moins au portrait en pleine page, mais bien qu’il se contente d’une présentation en buste,
leur format exceptionnel, rivalisant avec la peinture, rendait impropres aux thèses ces
imposantes effigies du roi vieillissant 39
. Sa production s’interrompit entre 1698 et 1707 :
accusé d’avoir triché 40 sur la date d’un bénéfice ecclésiastique, il fut emprisonné au Forl’Évêque
et seule l’intervention du père La Chaise lui aurait évité les galères. Il avait perdu
la confiance du roi, dont il ne fit plus de portrait.
Les graveurs d’histoire
29 À la différence des graveurs de portrait, la plupart des graveurs d’histoire étaient déjà
célèbres lorsque les étudiants s’adressèrent à eux pour leurs thèses dédiées au roi.
Gilles Rousselet
30 Sur les dix-sept thèses que grava Gilles Rousselet (1610-1686) entre 1630 et 1653, Louis
XIV n’apparaît que vers 1648, en buste sur le fronton d’une architecture palatiale, dans une
allégorie dessinée par Jacques Stella, dédiée en 1643 à Sublet de Noyers 41
, où figurait à
l’origine le portrait de Louis XIII (cat. 14). Ce passage du père au fils a été aussi pratiqué
par Daret en 1651 ou 1652, pour une thèse dédiée auparavant à Louis XIII (cat. 17).
31 Rousselet ne grava sa première thèse dédiée au roi qu’en 1653 (cat. 20) : le monarque
apparaît debout sur un char de triomphe, dans une composition de Le Brun qui servit de
nouveau en 1659. En 1660, il reçut commande d’une allégorie en hommage à Fouquet,
également d’après Le Brun 42
, puis en 1663 il fut chargé par Charles Amelot de célébrer le
roi, là encore d’après un dessin de Le Brun, qui montre Louis XIV au gouvernail de son
navire (cat. 42). Alors qu’auparavant elles étaient dédiées à des ministres, des évêques, des
princes ou des corps constitués 43
, sur des dessins de Bourdon, Huret, La Hyre, Stella, Louis
Testelin, Vignon et Le Brun lui-même, désormais toutes les thèses gravées par Rousselet
concernent le roi. Entre 1661 et 1671 il en grave cinq, dont trois mettent en scène le roi,
une le Dauphin (ann. I.C-3) et une Colbert, mais l’évocation de Louis XIV est implicite : la
scène de cette dernière thèse se déroule dans la cour du Louvre ; le portrait du ministre se
détache sur une pyramide autour de laquelle s’affairent la Fidélité et la Vigilance 44
.
32 Rousselet était l’ami et l’interprète attitré de Le Brun ; les thèses qu’il a gravées d’après lui
comptent parmi ses chefs-d’oeuvre. Reçu à l’Académie en 1663, il est avec Chauveau le
premier graveur à y entrer à ce titre. Entre 1667 et 1668, il est nommé graveur ordinaire
du roi, et à partir de 1671, il loge à la manufacture des Gobelins. En 1668 il est l’un des
premiers à travailler au Cabinet du roi jusqu’en 1678. Il grave notamment le frontispice du
Carrousel organisé aux Tuileries en 1662 pour célébrer la naissance du Dauphin 45
. Son
burin plein de souplesse et de délicatesse lui permet de traduire avec sensibilité les
tableaux des collections royales, ceux de Poussin, Titien, Raphaël et Guido Reni. Ayant
cessé de graver vers 1680, il meurt aveugle en 1686.
François de Poilly
33 Né à Abbeville, François de Poilly (1623-1693) arrive à Paris en 1638 et entre dans l’atelier
de Pierre Daret. En 1641, er il travaille pour le célèbre éditeur Pierre I Mariette, puis
séjourne sept ans à Rome jusqu’en 1655, où il rencontre Pierre Mignard dont il deviendra
le principal interprète. En 1683, il reçoit le titre de graveur ordinaire du roi. En raison sans
doute de ses liens avec Pierre Mignard et de son activité de marchand d’estampes, il ne
travaille pas pour le Cabinet du roi et n’entre pas à l’Académie. Il épousa
en 1658 Marguerite Weyen, fille d’Herman Weyen, un des principaux éditeurs du moment,
dont il racheta la boutique et le fonds. Il grava sept thèses dédiées au roi
entre 1659 et 1692. Il dessina la première, dont la composition, bien qu’assez laborieuse,
mérite l’attention par le groupe du roi et de la Victoire (cat. 24). Les trois suivantes ont été
exécutées d’après Le Brun, de 1661 à 1668, pour l’abbé de Bouillon (cat. 33), Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38, fig. 42 ) et Jean-Baptiste Colbert (cat. 63) et les trois dernières,
de 1676 à 1692, d’après Pierre Mignard (cat. 81, 102, 128).
34 Comme Rousselet, Poilly a très tôt reçu commande des étudiants. En 1647, Stainville de
Couvonges le chargea de graver d’après Lubin Baugin l’ Apothéose de Louis de Bourbon-
Condé 46
. À Rome, il reçut deux commandes, en 1651 la thèse du jésuite Gotthard Franz
Schaffgotsch (1629-1668) dédiée à Ferdinand III d’après Mattia Preti 47
, en 1653 pour celle
de Giovanni Calvo en l’honneur du cardinal Sforza probablement d’après l’Algarde 48
.
Rentré en France, il s’imposa immédiatement. Toujours sensible aux nouveaux talents, Le
Brun le recommanda sans doute aux étudiants qui lui commandaient des dessins et il lui
confia des allégories en hommage à Charles-Maurice Le Tellier 49
. Il grava également une
thèse d’après Sébastien Bourdon, dédiée à la Chambre des comptes de Dijon en 1656 50 et
une allégorie célébrant Mazarin 51 d’après Romanelli, ainsi que deux thèses allégoriques
d’après Pierre Mignard, représentant le président Lamoignon 52 en 1671 et Jean-Baptiste
Colbert 53 en 1680.
F igure 42. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tentative de Charles-Maurice Le
Tellier , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.8 KB )
35 Lorsqu’ils décrivent les thèses, le Mercure et les auteurs d’odes et de panégyriques ne
mentionnent que rarement les noms des graveurs. Ainsi Poilly n’est pas cité, mais son
talent est célébré par Rollin à propos de la thèse de Camille Le Tellier en 1692 (cat. 128, fig.
43 ). La traduction de Bosquillon souligne « l’adresse du graveur et ses heureuses veilles ».
Seul le nom de Mignard est indiqué, ce qui montre la différence faite alors entre le peintre
et son interprète. Mais sa renommée attire dans son atelier un grand nombre de graveurs
tant français qu’étrangers, dont Jean-Louis Roullet (1645-1699) qui grava avec lui d’après
Mignard cette thèse de Camille Le Tellier.
Gérard Edelinck
36 Né à Anvers, Edelinck (1640-1703) fut formé par Cornelis Galle le Jeune, interprète de
Rubens, célèbre pour la liberté de son burin et son aptitude à traduire la variété des tons.
Il jouissait déjà d’une certaine réputation lorsqu’il gagna Paris en 1666 avec son frère Jean.
Il entra alors dans l’atelier de son compatriote Nicolas Pitau et, selon Pierre-Jean Mariette,
aida son maître à terminer le portrait du roi qu’il gravait d’après Claude Lefebvre pour
l’abbé de Coëtlogon (cat. 66). Il travailla également chez François et Nicolas de Poilly, et
enfin chez Nanteuil, dont en 1672 il épousa la nièce Madeleine Regnesson, fille du graveur
et éditeur Nicolas Regnesson (v. 1620-1671), en présence de Le Brun et Philippe de
Champaigne. Naturalisé en 1675, il obtint un logement aux Gobelins grâce à la protection
de Le Brun. Travaillant pour le Cabinet du roi avec le titre de premier dessinateur, il fut
chargé d’interpréter la Sainte famille de Raphaël qui remporta un vif succès. En 1677, pour
son morceau de réception à l’Académie, il grava le Portrait de Charles Le Brun d’après
Largillière, et comme Rousselet, il en fut nommé par la suite conseiller, grade le plus élevé
auquel les graveurs pouvaient prétendre, mais fait exceptionnel, il fut reçu dans ce grade
le jour même de sa réception. Distinction encore plus rare, il fut fait chevalier de l’ordre de
Saint-Michel par le roi, puis en 1695 chevalier romain par le pape. Les Procès-verbaux de
l’Académie du 28 septembre 1680 mentionnent que « Monsieur Edelinque a fait présent à
l’Académie d’une grande thèse qu’il a gravée nouvellement d’après le desseing de
Monsieur Le Brun représentant le Roy donnant la Payx à l’Europe, enchâssée dans une
bordure dorée d’or brunis 54 ». Il s’agit de la thèse de philosophie de Colbert de Croissy,
soutenue le 13 septembre au collège d’Harcourt (cat. 92). On sait qu’entre 1684 et 1692, il
déposa également à la Bibliothèque du roi une épreuve des thèses des frères d’Aligre
soutenue en 1679, dont il avait achevé la gravure commencée par Nanteuil (cat. 89).
37 Le Mercure de septembre 1680 évoque la thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy (cat.
92) : « Quant à la thèse dont je vous parle elle a été gravée par le fameux Edelinck 55
. » Avec
celle-ci, ce sont quatre thèses dédiées au roi qu’il grave de 1679 à 1683, toutes d’après Le
Brun, sauf celle des frères d’Aligre, qui comptent parmi les plus célèbres et les plus
recherchées du xvii e siècle. Dans son « Discours sur les progrès de la gravure sous le règne
de Louis XIV » publié dans l’ Histoire littéraire du règne de Louis XIV 56
, l’abbé Lambert fait
l’éloge des graveurs de l’époque et s’arrête sur Edelinck dans une notice fort détaillée :
« On a encore de la main de cet illustre Artiste plusieurs grandes thèses, dont les plus
estimées, & qui méritent d’être considérées comme des chefs-d’oeuvre, sont celles de
M. Colbert, de M. Louvois, du Roi à cheval, de la paix, celle du Triomphe de l’Église
sous la protection du Roi […] dans laquelle on ne sçait ce qui doit l’emporter ou la
bonté de la gravure, ou de la noblesse de l’invention, & la finesse de l’expression 57
. »
F igure 43. – François de Poilly et Louis Roullet d’après Pierre Mignard, Tèse de Camille
Le Tellier, abbé de Louvois , 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.13 KB )
38 Outre la thèse de Colbert de Croissy où le roi donne la paix à l’Europe (cat. 92), il s’agit
en 1683 de celle de l’abbé de Polignac, où il apparaît sur un bouclier tenu par le Religion
assise sur son char (cat. 100, fig. 44 ). De 1677 à 1710, au moins vingt-quatre de ses
gravures ont été commandées pour orner les travaux des étudiants. Ce sont pour
l’essentiel de simples portraits, comme celui de l’abbé de Bouillon, gravé avec Nanteuil, de
Jean-Baptiste Colbert d’après Pierre Mignard et Le Brun, de Fagon d’après Rigaud, ou
encore du comte de Toulouse d’après Gobert.
Guillaume Vallet, Étienne Picart et Étienne Gantrel
39 Seule une des douze thèses gravées par Guillaume Vallet (1634-1704) entre 1663
et 1700 fut dédiée au roi. Commandée en 1671 par l’abbé de Noailles, elle montre Louis
XIV protégeant la Religion (cat. 70) d’après un dessin de Paillet, dont Vallet et son ami
Étienne Picart étaient les interprètes favoris, exécutant d’après lui respectivement neuf et
huit thèses 58
. Cependant Vallet, établi rue Saint-Jacques en 1674 Au Buste de Louis 14 , y
éditait de nombreuses illustrations de thèses, dont deux furent dédiées au roi. La première
en 1685 d’après Sevin (cat. 107), pour un étudiant du collège des Godrans à Dijon, la
seconde en 1690 pour une thèse soutenue en Sorbonne dont on ne connaît que
l’encadrement des positions (cat. 125). En 1677, Jean Poisson avait chargé Vallet de graver
d’après Jean Jouvenet un portrait du Dauphin (ann. I.C-5) pour sa thèse, qui fut exposé en
septembre 1699 au salon de l’Académie à laquelle il appartenait depuis 1664 59
.
40 Bien que souvent sollicité lui aussi par les étudiants, Étienne Picart (1632-1721) 60 ne grava
en 1682 qu’une seule thèse célébrant Louis XIV, d’après Paillet également, pour l’abbé
d’Harcourt : c’est un simple portrait en buste, accompagné d’un bas de thèse où la Victoire
assise sur des trophées militaires désigne le monarque (cat. 98). Académicien lui aussi,
Picart fut reçu en même temps que Vallet avec qui il avait séjourné à Rome de 1655 à 1661.
Parmi ses nombreux travaux, signalons ses interprétations de tableaux et de sculptures
des collections royales pour le Cabinet du roi.
41 Comme Vallet, Étienne Gantrel (v. 1645-1706) accorda une place importante à l’illustration
des thèses, mais son rôle dans celles qui furent dédiées à Louis XIV est plus difficile à
cerner. Bien que seul son excudit apparaisse au bas des thèses qui célèbrent la guérison de
Louis XIV (cat. 88) et le retour du parlement à Rennes (cat. 124), il est probable qu’il en est
le graveur, comme ce fut le cas pour le placard qui montre les grandes réalisations du
règne (cat. 112). En 1674, il avait épousé la fille de l’éditeur Alexandre Boudan dont il reprit
l’enseigne À l’Image Saint-Maur et dès lors se spécialisa dans le commerce des thèses 61
. En
cela son activité annonce la place prépondérante que les éditeurs occuperont au
xviii e siècle en ce domaine aux dépens des peintres et des graveurs. Il fournissait les
collèges de Jésuites tant à Paris qu’en province 62 et comme c’est le cas pour les thèses
dédiées à Louis XIV, la plupart de celles qui furent publiées hors de la capitale sont ornées
de gravures exécutées pour l’occasion ou provenant de son fonds. Les thèmes des
quelque 118 thèses qu’il a éditées sont variés : portraits, sujets religieux tirés de l’Ancien et
du Nouveau Testament, allégories en l’honneur d’un haut personnage, compositions
allégoriques en passe-partout. Il fit également copier dans son atelier plusieurs thèses
dédiées au roi, comme celle de Jean-Baptiste Colbert de Croissy (voir cat. 95, fig. 45 ) et
réutilisa certains cuivres (cat. 39) : à la mort de Van Schuppen en 1702, il acheta le portrait
de Louis XIV avec son bas, gravés en 1687 pour la thèse de Miromesnil (cat. 118), mais ne
garda que l’encadrement et remplaça le visage royal par celui du maréchal de Duras.
F igure 44. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Sorbonique de l’abbé de Polignac ,
1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 136.08 KB )
Les graveurs en lettres
42 Pour leur donner plus de luxe, quelques étudiants faisaient graver, et non pas imprimer,
les positions de leur thèse par des graveurs en lettres, qui, pour manifester l’importance
de leurs travaux, ont souvent signé sur la planche, ce dont ils s’abstenaient en d’autres
occasions. Dans une certaine mesure, les illustrations de thèses offrent l’occasion de
remettre à l’honneur leur profession et de fixer quelques jalons dans la carrière de ces
artisans. De 1661 à 1692, les positions et les dédicaces de vingt-deux d’entre elles, en
général allégoriques, ont été gravées au burin sur cuivre par des graveurs spécialisés.
Jean Richer
43 Jean Richer est le plus important d’entre eux, qui entre 1661 et 1684 n’en grava pas moins
de seize dédiées au roi, celles des Colbert, des Le Tellier, de l’abbé de Bouillon, et
d’Amelot… Parmi les thèses connues, au moins vingt-huit portent son nom. La première,
qui date de 1659, est la thèse de philosophie de Pierre Monnerot dédiée à Gaston
d’Orléans, gravée par Lasne d’après Chauveau 63
. Viennent ensuite en 1660 celle de l’abbé
d’Harcourt dédiée à Mazarin et gravée par Van Schuppen 64 également d’après Chauveau,
en 1661 celle de l’abbé de Bouillon dédiée au roi, en 1663 celle de Gilles Le Maistre de
Ferrières, la thèse gravée par Pitau d’après Sébastien Bourdon dédiée à Séguier 65
, puis
en 1664 celle qu’André Hameau dédie à Jean-Baptiste Colbert 66
. Signalons encore
en 1668 la thèse de Louis Béchameil en hommage à Jean-Baptiste Colbert, gravée par
Rousselet d’après Le Brun, où le ministre apparaît en buste devant une pyramide dans la
cour des Tuileries (VM 286) et celles qui sont consacrées au Dauphin, dont l’une est une
allégorie gravée par Rousselet (ann. I.C-3) d’après Le Brun en 1671 pour ses enfants
d’honneur, l’autre un portrait par Nanteuil en 1677, pour Colbert d’Ormoy (ann. I.C-4).
F igure 45. – Anonyme d’après Charles Le Brun, Tèse supposée, Louis XIV assis sur un
nuage donne la main à la Paix , 1681-1709, édité chez Gantrel.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 136.24 KB )
44 Pour les thèses offertes au roi (cat. 96, fig. 46 ), à Colbert ou Le Tellier, les portraits étaient
donc présentés aussi luxueusement que les allégories. Graveur ordinaire du roi pour
l’écriture, Richer apparaît dans les comptes des Bâtiments : le 8 janvier 1679, il
reçut 81 livres « pour ce qu’il a gravé sur onze planches », puis de nouveau 314 livres 67
, et
le 12 novembre 1679, 105 livres pour « l’inscription de quatorze planches de beaux
morceaux d’architectures antique de Rome 68 » et encore 126 livres le 14 avril 1680 « pour
les inscriptions qu’il a gravées en plusieurs planches 69 ». Ces quelques prix permettent de
se faire une idée de ce qu’il en coûtait aux étudiants pour faire graver leurs positions.
Jean Liébaux
45 Jean Liébaux succéda probablement à Richer. En 1687, il grava le texte d’au moins une
thèse dédiée à Louis XIV (cat. 118), mais il dut en graver bien d’autres. En 1684, il avait été
chargé des positions de la thèse en l’honneur du bienheureux Pierre de Luxembourg 70 et
en 1688 de celles de la thèse de Jean-François Bossart de Verrière dédiée au duc de
Chaulnes 71
, qui est la dernière où son nom apparaît. À une date indéterminée, il grava
aussi le texte d’une image de confrérie de Jean Lepautre 72
. Aucun contrat n’est connu pour
la lettre gravée des thèses, mais à titre de comparaison on sait que l’éditeur de cartes
géographiques Nicolas de Fer s’entendit avec Jean Liébaux pour lui payer quatre livres le
cent de mots en lettres capitales, et trois livres un discours continu 73
. Parmi les autres
travaux gravés par Liébaux, signalons la dédicace que Reine de Beaulieu adressa à Louis
XIV en 1694 pour lui présenter les Grandes conquêtes royales par l’image , recueil de
gravures entrepris par son oncle Pontault de Beaulieu 74
.
46 Au bas des positions, on trouve également les noms de quelques autres graveurs. Parmi
eux, citons N. Bonnart pour la thèse de l’abbé de Lorraine soutenue en 1682 (cat. 98) et
celle de Séraphin Crouzeil en 1688 (cat. 120). Ce n’était pas ses premiers essais car
en 1664 il avait gravé le texte de Louis Vautier dédié à Henri de Maupas du Tour 75 et
en 1678, celui d’une thèse dédié à Philippe d’Orléans (ann. I.A-7) 76
. Comme Richer, il
travaillait pour le Cabinet du roi et est mentionné dans les comptes de Bâtiments en
janvier 1679 pour « avoir escript plusieurs inscriptions sur vingt-quatre planches
d’architecture antique de Rome 77 ». Il s’agit des textes gravés pour Les édifices antiques de
Rome dessinés et mesurés très exactement par Antoine Desgodets 78
, livre commandé par
Colbert et publié en 1682 par Jean-Baptiste Coignard, auquel avait également participé
Richer 79
. Les inscriptions se limitent à quelques lignes pour les titres, les légendes et les
mesures 80
. Ainsi la gravure de la lettre des thèses devait être extrêmement onéreuse : il
devait en coûter plus de 100 livres 81 pour faire graver à la fois les positions et la dédicace.
F igure 46. – Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil, Tèse de Michel-François Le
Tellier , 1681, texte gravé par Jean Richer.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 132.32 KB )
47 René Michault ne serait intervenu qu’une seule fois, en 1679, pour la thèse de philosophie
du prince de Turenne, mais le travail qu’il fournit est considérable puisque le texte s’étend
sur seize pages in-folio (cat. 91, fig. 47 ). Il intervint également sur la thèse dédiée à Michel
Le Tellier par Antoine Le Moyne le 9 juin 1683 82
. En 1682, il avait gravé les Anagrammes et
devises sur le roy Louis XIV d’Antonius Berger 83
. En 1691, on lui doit aussi les textes d’une
grande gravure d’Ertinger montrant le Système royal 84 … Ensuite on perd sa trace. Gillet lui
succéda et grava en 1692 la lettre de la grande allégorie de Camille Le Tellier (cat. 128).
En 1686, Michel Le Peletier s’était déjà adressé à lui pour sa mineure dont on ignore le
dédicataire 85
.
48 Ces graveurs en lettres, qui étaient les plus habiles du temps, semblent tous avoir travaillé
pour les Bâtiments du roi ou les éditions de prestige. On en rencontre quelques autres qui,
bien que n’ayant pas travaillé à ce qu’on sait sur les thèses dédiées au roi, semblent avoir
eu une certaine réputation. Citons F. La Pointe ou Lapointe qui intervint en 1664 pour la
thèse dédiée à Robert de Haynin illustrée par Chauveau 86
, en 1668 pour celle de Jules-
Louis Bolé de Champlay dédiée à Michel-François Le Tellier 87 et en 1670 en hommage à
Guillaume de Lamoignon 88
. Jean Lhuilier grava en 1659 la thèse de Charles-Maurice Le
Tellier dédiée à Mazarin représenté dans sa galerie 89
; les Berey, notamment Claude-
Auguste Berey (actif 1675-1730), ont signé la lettre de six thèses entre 1685 et 1718 90 et
Roussel en 1690 les positions de la tentative de Jean-Baptiste de Noailles 91
.
F igure 47. – René Michault, Page de dédicace de la thèse de philosophie de Louis de La
Tour d’Auvergne , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 143.06 KB )
49 Les thèses dont les positions ont été gravées sont toutes dédiées à de très hauts
personnages, avant tout au roi, à sa famille et aux ministres. Parmi celles qui sont
recensées pour le xvii e siècle, seules 45 sont signées par un graveur en lettres. C’est dire
leur caractère exceptionnel. La gravure en lettres signée apparaît en 1659 dans des thèses
dédiées à Gaston d’Orléans et à Mazarin 92
, mais elle est avant tout réservée au roi. Moins
fréquente après 1692 93
, elle est très rare après 1703 94
.
Notes de bas de page
1 Il s’agit de Cundier, del Po, Ertinger, Grignon, Huret, Landry, Lasne, Lenfant, Lepautre,
Levesque, Nicolas Mignard, N. Picart, Tasnière, Trouvain.
2 Il s’agit de Bosse, Daret, Masson, É. Picart, Nicolas Pitau, Pierre Simon, Guillaume Vallet
qui intervient comme graveur et comme éditeur. Nous ajoutons Gantrel bien que trois
thèses soient éditées par ses soins, car deux d’entre elles procèdent du même cuivre qui
n’a en rien été modifié.
3 M eyer 1988, 1989, 1991 et 1992.
4 A ppunhn- R adtke 1988.
5 Cat. 61, 44, 64.
6 PW 155-167 et M eyer 2006.
7 AN, E.29289, fol. 216.
8 Cité par F. Courboin dans l’introduction à P etitjean et W ickert 1925, vol. 1, p. 25.
9 A damczak 2011, n° 207.
10 Ces pastels sont conservés au musée des Offices à Florence (cat. 68, ill. 2) et à Paris,
au département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France (cat. 56, ill. 2). Les
autres restent à découvrir. Je pense, comme Audrey Adamczak, qu’aucun des dessins au
pastel ou à la pierre noire qui ont été signalés à diverses occasions ne peuvent être
attribués à Nanteuil en toute certitude.
11 B aldinucci 2013, p. 219.
12 L oriquet (1886, p. 42) et P orée (1890, p. 34) pensent que le portrait d’après Mignard a
été gravé avant le 6 mai 1659, bien que le premier état porte le millésime 1661 (cat. 31).
13 M eyer 2013.
14 BNF, Mss, Fr. 22119.
15 P errault 1696, p. 98.
16 H uyghens 1893, p. 14, lettre n° 1205.
17 Le 11 janvier, Huyghens écrit de Paris à son frère Constantijn ( ibid. , p. 10) : « L’Abbé de
Brienne me fit hier présent d’un nouveau portrait du roy en taile [ sic ] douce, qui sert à sa
thèse, fait par Nanteuil ad vivum et gravé par le même, il est un peu plus petit que le
naturel, Keijnleeven chez nous, et ressemble tres bien. »
18 A damczak 2011, n o 212, p. 212.
19 Les mots entre crochets manquent dans le texte ; il s’agit de suppositions.
20 PW 118.
21 La vie de Zeuxis ( Postille alla vita di Zeusi ) de Carlo Dati, dédiée à Louis XIV, fut
imprimée en 1667 à Florence (voir D ati 1667, p. 37) et rééditée à Milan en 1806 (p. 72).
22 Traduction de L ambert 1751, p. 248.
23 Cité par F réron 1786, lle t. I, p. 57. Correspondance de M de Scudéry
du 11 septembre 1676 : vers qu’elle adressa à Nanteuil pour le remercier.
24 IFF 11.
25 Ce portrait manque dans l’IFF (BNF, Est., QB-201 (t. CLXX)-FT 4 [Hennin, 7612]. Il est
signé, à droite sur le listel intérieur, « Beaufrere sc.1685 » ; autour de l’ovale : « LVDOVICVS
MAGNVS- FRANCIAE ET NAVARRAE REX – CHRISTIANISSIMVS ». La perruque est moins
fournie que dans la gravure utilisée par Pierre Berthe, et la cravate est répartie en deux
longs pans sur la cuirasse. Le cuivre est de dimension légèrement plus réduite :
593 × 510 mm.
26 Contrat du 14 mars 1667 moyennant 300 lt. (MC/ET/XLIII/123) pour Nicolas de
Lesseville, conseiller et aumônier ordinaire du roi (mentionné par M artin 1999, t. II,
p. 704 et G rivel 1986, p. 218).
27 Entre 1683 et 1685, pour son « Panégyrique du Roy Très-chrétien », un nommé Guiou
choisit un petit portrait du monarque gravé par Beaufrère, en claire-voie, de trois quarts à
gauche, en armure, une moustache en deux parties retroussées, une longue chevelure
tombant sous l’épaule ; en bas à gauche « P. Beaufrere fe. » 7,5 cm × 6 cm (BNF, Mss, Fr.
6151, fol. 2 v°), non mentionné dans l’IFF. Le British Museum conserve un petit portrait, lui
aussi à claire-voie de trois quarts à droite, qui manque aussi dans l’IFF. La signature « P.
Beaufrer F. » suit la forme de l’ovale.
28 AN, MC/ET/XLIX/352 (L othe 1994, p. 10).
29 Respectivement : L. 36, L. 58, L. 79 et L. 80.
30 L othe 1994, p. 22.
31 L. 126. Le format en largeur et les dimensions (403 × 490 mm) laissent supposer que
ce portrait pourrait avoir été gravé pour une thèse, mais faute de preuve, il n’a pas été
retenu dans le catalogue.
32 H ollstein 1949-2010, vol. 26, p. 67-110.
33 M ariette , 1851-1862, t. VII, p. 2.
34 M ariette 1851-1862, t. IV, p. 179.
35 M eyer 1988 et 1989.
36 Mercure galant , septembre 1678, p. 178.
37 M eyer 1988, n o 36. Ce portrait aux dimensions exceptionnelles (622 × 779 mm) a-t-il
servi pour une thèse ?
38 Ibid os ., n 37-39. Ces trois portraits ad vivum ont été retravaillés à plusieurs reprises. Le
o n 39, sans doute d’après Pierre Mignard, représente Louis XIV en pied sur le champ de
bataille devant sa tente, près d’un écuyer, donnant des ordres pour fortifier les places.
39 623 × 692 mm pour le premier paru en 1685 et retravaillé en 1687 o ( ibid ., n 36),
puis 630 × 880 mm pour le second gravé en 1691 et modifié en 1697 o ( ibid ., n 37).
40 M eyer 1991 b .
41 VM 272, 3 e état.
42 VM 283.
43 Pour les thèses de Rousselet, VM 262 à 287 et M eyer 2004, p. 53-56.
44 VM 284.
45 VM 363.
46 L. 354.
47 L. 355.
48 L. 356.
49 L. 362.
50 L. 359.
51 L. 361.
52 L. 367.
53 L. 370.
54 Procès-verbaux de l’Académie royale… 1875-1892, t. II, p. 71.
55 Mercure galant , septembre 1680, p. 279-290.
56 L ambert 1751, p. i-viii.
57 Ibid. , p. 267-268.
58 M eyer 2002, re 1 part. : Paillet, Vallet et Picart, p. 65-151 et annexes I et II.
59 L e C omte 1699-1700, t. III, p. 241.
60 M eyer 2002, 1 re part. et annexe I, p. 285.
61 Ibid e ., 2 part., p. 153-257 et annexes III et IV.
62 Il a exécuté des portraits des membres fondateurs de la compagnie qu’on retrouve
sur des affiches de thèses à Lyon, Caen, Dijon, Poitiers, Besançon… (M eyer 2002,
p. 186-211).
63 IFF 754, bas de la thèse, BNF, Est., SNR 3 Richer.
64 M eyer 2006, n o 43.
65 BNF, Est., AA 6 Pitau (seul le bas de thèse a été retrouvé).
66 BNF, Est., SNR 3 Richer.
67 Le 28 avril de la même année, ce furent encore 94 livres « pour avoir écrit douze
planches et inscriptions de plusieurs autres » (D uplessis 1869, p. 88).
68 Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. IV, col. 1207-1208.
69 Ibid. , col. 1346.
70 Gravée par Vallet d’après Antoine Paillet (M eyer 2002, p. 76, fig. 14).
71 Ibid. o , p. 302 n 4. Le portrait est gravé par Gantrel d’après Charles de La Borde.
72 IFF 116, Notre-Dame du Rosaire.
73 AN, MC/ET/CVIII/213, 11 décembre 1689. Celui-ci travaillera quatre jours par semaine
pour Nicolas de Fer. Voir P réaud 2011-2012, n o 237.
74 Voir M eyer 2001 a et 2001 b .
75 La gravure de la planche était due à Guillaume Vallet (M eyer 2002, p. 92).
76 Il s’agit de la thèse de Crèvecoeur gravée par Chasteau d’après Noël Coypel et
terminée par Simonneau (IFF 82).
77 Il reçut 184 lt. pour ce travail et le 8 janvier encore 184 lt. 10 s. pour trois planches,
le 23 avril 1678 lt. « pour avoir escrit plusieures inscriptions sur 24 planches d’architecture
antiques de Rome » et le 14 avril 1680, de nouveau 108 lt. 10 s. « pour les inscriptions qu’il
a gravées en plusieurs planches d’architecture » ( Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. I,
col. 1089, 1208, 1346).
78 C ugy 2013, t. I, p. 199.
79 G ros et R ousteau- C hambon 2008, p. 11 et 13-33.
80 Le texte lui-même et la dédicace étaient imprimés.
81 Les positions sur un placard correspondaient à plus d’une dizaine de pages d’un livret.
82 Elle est illustrée d’un portrait gravé par Picart d’après G. Garnier (M eyer 2002, p. 269,
fig. 136).
83 Planche extraite du Mercure galant , avril 1682, p. 3.
84 Signée R. Michault Scripsit & Fe et parue dans L a L oubère 1691 ; IFF 278-294.
85 Bien que l’illustration manque, il est probable qu’il s’agissait d’une composition
religieuse, comme l’indique la dédicace : « Panem de Coelo danto » (BSG, W fol. 241 (5)
inv 354 [24]).
86 IFF 326.
87 Le portrait est gravé par Vallet d’après Paillet (M eyer 2002, p. 26 et 285).
88 Le portrait allégorique est gravé par F. de Poilly d’après P. Mignard (L. 366).
89 Composition gravée par Nanteuil et Van Schuppen d’après Chauveau (PW 165).
90 Il s’agit de la thèse des Jésuites d’Aix-la-Chapelle éditée par Gantrel (vers 1685,
IFF 289), de celle de Jean-Baptiste d’Estampes dédiée à Philippe d’Orléans gravée par
Landry d’après Antoine Dieu en 1699 (IFF 9 ; Annexe A), de celle de Claude-Joseph Geoffroy
en 1703 montrant la Guérison d’Hippolyte , gravée par Claude Duflos et Sébastien Leclerc
(IFF 445), et en 1718, de celles de Giovanni Francesco Galeani, soutenue à Turin en 1718,
gravée par Jean-François Cars (IFF 35) et dédiée à Charles-Emmanuel de Savoie, de Jean-
Louis Gontaut de Biron dédiée à Jean-Baptiste Gaston de Noailles, montrant Jésus entouré
d’enfants , éditée et gravée elle par Louis Barbery (IFF 1) et enfin de l’abbé de Saint-Albin
dédiée au régent figuré à cheval, couronné par la Renommée et accompagné du bon
gouvernement, gravée par François Landry d’après Antoine Dieu (IFF 10). Ajoutons que
Claude-Auguste Berey signe la lettre de la statue de Louis XIV gravée par Pierre Lepautre
d’après Coysevox (IFF 225), vers 1680, celle de la Vanité au squelette de Michel Mosin
d’après Jean-Baptiste Corneille (L os A ngeles /P aris 2015, n o 80) et en 1715 celle du Tableau
de la salle de la grande chambre du parlement de Paris et de l’ordre de la séance tenue le
12 septembre .
91 Qui accompagnent une Assomption gravée par Jean Langlois d’après Antoine Dieu
(IFF 111).
92 L’une est signée par Lhuilier (Lasne, IFF 754), l’autre par Richer (Nanteuil, PW 165).
En 1644, le graveur en lettres de la thèse de Suarez n’a pas signé (cat. 10).
93 Thèse de Camille Le Tellier dédiée au roi, gravée par Poilly d’après P. Mignard (cat.
128).
94 Thèse de pharmacie de Claude Joseph Geoffroy, illustrée de La guérison d’Hippolyte
gravée par Sébastien Leclerc (IFF 445).
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre V. Les graveurs Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre VI. Contrats et dépenses
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VI. Contrats et dépenses Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VI. Contrats et dépenses
p. 147-165
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Le prix des gravures
livre
1 Les dépenses occasionnées par l’affiche sont multiples. Une lettre du 17 août 1670 écrite
par Guy Patin à André Falconet à propos de la thèse du fils de ce dernier 1 permet de s’en
faire une idée PDF : « On nous a rendu la planche de la thèse pour le tireur en taille-douce,
Table des matières pour le doreur, pour l’afficheur, pour les droits du portier, pour le tapissier et j’ay délivré à
l’imprimeur nommé Julien, en présence, & consentement de Monsieur le Sanier 2
, la
Citer somme de six vingts quinze livres deux sols… », soit 135 livres 2 sols.
D’une thèse à l’autre, les prix varient beaucoup selon la dimension des cuivres 3
2 , la nature
Partager du sujet, simple portrait ou composition allégorique, gravure commandée spécialement PDF du
pour l’occasion ou remploi, selon que chapitre le texte est gravé ou imprimé, l’importance du tirage,
Plan le nombre d’épreuves sur satin, les frais de dorure sur tranche et de montage.
Le portrait Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral 3 Le 18 juin 1660, Nicolas de Poilly et Raphaël de Bures au nom de Gabriel de Monchy votre bibliothèque
Le prix des gravures d’Hocquincourt signent un contrat moyennant 120 livres pour graver le portrait du roi (cat.
29). L’artiste accepte
Diffusion et réutilisation Acheter
Notes de bas de page « de graver bien et duement une planche qui represente le portrait du ROY d’un pied
ou environ, que Édition le seigneur d’Hoquincourt suivant les exemplaires qui ont esté
imprimée
Aller en haut de page fournis aud Poilly […] fera tout pour s’obliger deux mil taises en papier ou sera
Aller en bas de page representé led portrait du roy […] le papier necessaire sera fourny aud Poilly aux frais Presses
dud seigneur et la planche gravée dans le 24 juillet prochain […] moyennant pour universitaires
de Rennes chacun des chaques cent desd. taizes dans lequel prix est compris ce que pourroit
pretendre led Poilly pour ses peines de gravure laquelle planche demeurera sa amazon.fr
propriété aprés laq impression des 2 milles taises auq Poilly qui confesse avoir reçu la decitre.fr
somme de six vingt livres [120 livres] dont il se dit contant 4 ». mollat.com
leslibraires.fr
F igure 48. – Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre, Tèse de l’abbé placedeslibraires.fr
1 LouP iatsi-nM a1r6c9e2,l t.d eI, lCeottërte loCXgCoVn, , p.1 647607.. lcdpu.fr
2 Ibid. , p. 305 : Patin précise qu’il « exerce ses écoliers tant qu’il peut en leçons,
disputes, & répétition… ». ePub / PDF
3 Pour une étude plus développée voir M eyer 2002, p 41-63.
4 AN, MC/ET/CIX/208. Contrat cité par L othe (1994, p. 10) qui ne précise pas qu’il est passé au
nom de Monchy d’Hocquincourt et pour une thèse.
5 AN, MC/ET/LIII/99.
6 AN, MC/ET/XLIX/353.
7 AN, MC/ET/XLIII/132. Cité par M artin 1999, t. II, p. 703.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 139.84 KB )
Le 10 mars 1661 5
4 , le contrat entre Van Schuppen et Michel Moricet stipule que le portrait
du roi devra ressembler à celui qui sera fourni et que la planche devra être terminée à la
fin de mai (cat. 32). Van Schuppen a donc deux mois pour exécuter sa gravure et
recevra 1330 livres. Le 12 décembre 1663 6
, Nicolas de Poilly signe un contrat de 500 livres
avec Jean-François Forot pour la thèse du duc d’Albret (cat. 46) : il doit graver en deux mois
le portrait du roi « selon le desseing qu’en a faict Monsieur Le Brun crayonné par Monsieur
Chauveau ». L’impression est prise en charge par le commanditaire sous la surveillance du
graveur qui rendra le dessin une fois la gravure achevée. Le contrat
du 25 septembre 1669 entre Nicolas Pitau et Louis-Marcel de Coëtlogon s’élève
à 2000 livres (cat. 66, fig. 48 ), car il comprend l’impression de 1500 épreuves 7 et le portrait
est de dimensions exceptionnelles, ce qui explique le délai de quatre mois. La gravure doit
être de même hauteur que le tableau de Lefebvre qui sert de modèle.
5 En 1681, Cossin reçoit 800 livres de Jean Poisson (cat. 97) pour graver un portrait du roi
qu’il a lui-même dessiné. Comme Pitau, il a quatre mois devant lui et doit choisir « un bon
papier 8 », faire graver toutes les écritures et imprimer la thèse qui sera tirée
à 1000 exemplaires. Au cas où Poisson en souhaiterait plus, ce serait à ses frais
pour 48 livres le cent. Rien ne prouve que le bas de thèse qui est très simple, un
entablement tendu d’un manteau brodé de fleurs de lys et doublé d’hermine maintenu en
haut par trois fleurs de lys, a été fait pour l’occasion. À titre de comparaison, indiquons que
Beaufrère perçut 300 livres le 14 mars 1662 de Nicolas de Lesseville, conseiller et aumônier
ordinaire du roi, pour un portrait du duc d’Anjou, dont on ignore s’il a été gravé pour une
thèse 9
.
6 Les portraits du roi servaient de référence : en 1662, dans un contrat entre Nicolas Pitau et
Guillaume Le Maire pour un portrait de Denis Sanguin, évêque de Senlis 10
, les dimensions
de la planche à graver en deux mois sont celles du portrait de Louis XIV qui vient de
paraître 11
. Il en est de même le 9 août 1669 pour Nicolas de Poilly lorsque Pierre Dubois
Baudry de Langan lui commande le portrait de Jules-Paul de Lionne, à graver en deux
mois, « de la grandeur de celui du Roy 12 ».
7 Ainsi, le graveur dispose en général de deux à quatre mois pour exécuter un portrait,
suivant le format et l’importance des ornements et il en coûte de 300 à 800 livres selon
que le tirage est ou non à la charge du graveur. Cependant, lorsque le bas de thèse est très
travaillé, le prix peut augmenter considérablement. Ainsi, le 30 avril 1678, le contrat entre
la veuve de Michel d’Aligre et Nanteuil est de 10800 livres (cat. 89, fig. 49 ). Le format est
très grand : 1080 × 710 mm, des trophées militaires servent de base au portrait et les
positions sont gravées au burin par Richer ; à cela s’ajoutent 2500 exemplaires composés
de deux grandes feuilles de papier, collées, rognées et dorées sur tranche. L’importance
des travaux justifie que Nanteuil dispose d’un an pour exécuter la gravure. Comme on le
verra, le prix d’un simple portrait peut être comparable à celui des sujets allégoriques. À
cela s’ajoute celui des dessins, dont on ignore tout, car aucun contrat n’en fait mention
autrement que pour préciser parfois qu’il doit être rendu. Bien que les prix ne soient
jamais indiqués, précisons cependant par comparaison qu’un pastel du roi par Nanteuil
de 50 cm sur 50, réclamé par le chevalier de Seiglière à sa mort, était estimé 330 livres
en 1673 et que dans son inventaire après décès les pastels sont évalués
entre 200 et 300 livres. Selon Perrault, Louis XIV lui donna 100 louis d’or (soit 500 livres)
pour son portrait au pastel, sans doute le premier 13
.
F igure 49. – Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après Nanteuil, Tèse d’Étienne et
Gilles d’Aligre , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.01 KB )
8 Lorsqu’il s’agit seulement d’obtenir des épreuves d’un portrait déjà gravé, ou si le graveur
garde le cuivre, comme Nanteuil le fit souvent, la dépense est bien moindre. En effet, les
portraits gravés pour les thèses restent souvent la propriété des graveurs : vingt-huit de
ceux qui furent dédiés à Louis XIV portent un excudit 14
.
Les allégories
9 Du fait de la complexité des travaux et de la dimension des cuivres, les prix atteints par les
grandes allégories sont souvent considérables. Deux contrats, publiés par José Lothe 15
,
signés entre François de Poilly et Louvois, permettent de s’en faire une idée.
Le 4 mars 1683, 7500 livres sont promises par Louvois à Poilly pour graver l’allégorie
commandée à Pierre Mignard montrant Louis XIV sur un champ de bataille (cat. 102) ; avec
cette somme, il devait probablement fournir le cuivre et payer le graveur en lettres. S’y
ajoutent 1381 livres pour l’impression de 2500 épreuves. On ignore le bénéfice de Poilly,
mais si son travail n’était pas achevé à temps, il aurait à payer 1000 livres de
dédommagement. Le total de la dépense s’élève à 9881 livres. Le 14 septembre 1691 pour
la thèse de Camille Le Tellier, troisième fils de Louvois, Poilly fit un contrat pour 7000 livres,
avec une prime de 500 livres s’il terminait à temps et une pénalité de 1000 livres en cas de
retard (cat. 128). La composition était de nouveau dessinée à l’huile sur papier par Mignard
et les cuivres de dimensions voisines. Le prix de l’impression, qui avait beaucoup
augmenté, s’éleva à 2977 livres à la charge de l’impétrant. La dépense atteignit
donc 10477 livres tournois. Dans les deux cas les cuivres restèrent la propriété du
commanditaire.
10 Les contrats signés par Edelinck et Rousselet pour graver les compositions de Le Brun
atteignaient probablement des chiffres voisins. De telles sommes, qui permettaient de
vivre fastueusement pendant un an, n’étaient donc à la portée que des plus fortunés. À
titre de comparaison, vers 1675, une maison de cinq étages rez-de-chaussée compris, à
raison d’une pièce par étage, dans le bas de la rue Saint-Jacques, se louait entre deux et
cinq cents livres par an, selon son état et sa superficie 16
. Précisons encore que
le 15 avril 1658, Nanteuil reçut le brevet de dessinateur et graveur ordinaire du roi, aux
gages de 400 livres par an, que le 15 juin 1659, une ordonnance lui accorda une pension
annuelle de 1000 livres 17
, et qu’en 1676, son élève Tempesti lui versait une pension
annuelle de 1000 livres 18
. Pour rester dans le milieu de la gravure, le salaire annuel de
Clément, imprimeur du Cabinet du roi, passe de 1200 livres à partir
de 1670 à 1500 en 1671, alors que Goyton, imprimeur du Cabinet du roi, ne reçoit que
100 livres par an, auxquelles s’ajoutent 500 livres pour les bons services
entre 1670 à 1673 19
.
11 Quelle somme touchaient généralement les graveurs pour leurs travaux ? Il est difficile
d’en juger tant les paramètres sont divers. Le parallèle entre le prix de quelques grandes
planches d’après Le Brun et les thèses elles-mêmes permet de s’en faire une idée
approximative. En 1685-1686, Le Brun donna 15000 livres et 50 épreuves à Alexis Loir pour
les deux planches (970 × 700 mm) de format comparable à celui des thèses de La chute des
anges rebelles , dédiée à Louvois 20
. En revanche, vers 1696, il ne donne plus à Edelinck
que 1000 livres sur les 2000 initialement prévues, comme moitié de l’usufruit pour le
Crucifix aux anges (965 × 658 mm) qu’il avait prévu de dédier au roi, et dont en définitive le
graveur fit la dédicace et garda le cuivre estimé 4000 livres.
12 Ajoutons encore quelques comparaisons avec les sommes versées aux graveurs dans les
comptes des Bâtiments du roi 21 et d’abord pour des oeuvres que leurs dimensions et la
complexité des sujets rapprochent des grandes thèses allégoriques : en 1675, Edelinck
reçut 5500 livres pour la Famille de Darius en deux planches d’après Le Brun
(702 × 910 mm), entre 1674 et 1678, Gérard Audran 10795 livres pour l ’Histoire
d’Alexandre 22 et Étienne Picart 1500 livres pour la Peste d’Asdod d’après Poussin 23
. Mellan
et Baudet n’en perçurent que 500 pour chaque statue antique des collections royales, mais
elles sont gravées à la simple taille et sont plus petites (390 × 283 mm).
13 Si les cuivres des grandes allégories restaient en général la propriété des candidats,
Gantrel finança deux d’entre elles pour les Jésuites de Rouen en 1687 (cat. 117) et de
Rennes en 1696 (cat. 130). Soucieux de protéger leurs oeuvres, portraits ou allégories,
nombreux sont les graveurs et éditeurs qui prirent un privilège. C’est ce que fit Boudan
en 1638 pour la thèse célébrant la naissance de Louis XIV (cat. 2), Lasne pour deux thèses,
l’une représentant le jeune roi coiffé d’une plume dans une architecture (cat. 8), l’autre le
montrant en costume de sacre vers 1650-1652 (cat. 16) et Edelinck pour les thèses de La
Guerre (cat. 84), de La Paix (cat. 92) et du Triomphe de la Religion (cat. 100). Nanteuil
recourait au privilège de façon systématique. Pitau, Nicolas de Poilly, Vallet, Van Schuppen
à l’occasion. En revanche, pas de privilège sur les gravures de François de Poilly, de
Rousselet ou de Simon, qu’il s’agisse d’allégories ou de portraits.
Les prix des modèles
14 Aux 9881 livres reçues par Poilly en 1684 pour la thèse de Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier (cat. 102) et aux 10477 livres pour celle de leur frère Camille en 1692 (cat. 128) 24
,
il faut ajouter le prix des compositions peintes à l’huile sur papier gris par Pierre Mignard.
Si on ignore combien reçut le peintre, on peut formuler quelques hypothèses. On sait
qu’en 1677 il avait reçu 550 livres pour celle de Pellot (cat. 81). Comme la composition était
assez simple, il est probable que pour ces deux grandes allégories, il reçut une somme
proche des 2000 livres reçues par Le Brun en 1686 pour la thèse du Triomphe de l’Église
(cat. 100). Les frais de Louvois seraient donc d’environ 12000 livres pour la première thèse
et de 12500 pour la seconde. Les sources dont sont tirées ces quelques informations ne
donnent malheureusement aucune précision sur les dessins, et dans les contrats passés
avec les graveurs, il n’est jamais question du prix des modèles qui leur sont fournis.
15 Les prix de ces grandes allégories étaient donc considérables mais il est possible qu’on soit
encore loin du compte, car en 1738 il en aurait coûté 40000 livres à l’abbé de Rohan pour la
thèse montrant Louis XV donnant la paix à l’Europe gravée par Laurent Cars d’après
Lemoyne 25
, chiffre exorbitant si on considère que le peintre n’aurait touché
que 30000 livres pour le plafond d’Hercule 26
. Les thèses dédiées à Louis XIV atteignirentelles
de tels sommets ?
16 En général, le modello revenait au commanditaire, mais il arrivait qu’il reste en possession
du peintre ou du graveur. Le Brun avait conservé plusieurs études préparatoires aux
thèses : quatre toiles sur lesquelles sont peints des bas de thèses 27 et « un petit tableau
d’environ un pied et demi de haut de Le Brun, dessin coloré d’une thèse montrant la
Religion triomphant de l’Hérésie » (cat. 100). Rousselet possédait un camaïeu de Le Brun
représentant Le roi sur son char accompagné de plusieurs vertus (cat. 20), qui fut
estimé 100 livres dans son inventaire après décès 28
. Mais le portrait au pastel du roi pour
la thèse des frères d’Aligre (cat. 89, voir fig. 49 ) fut récupéré par ses commanditaires dans
l’atelier du graveur.
L’impression
17 L’impression des thèses de Louvois gravées par Poilly d’après Mignard en 1684 (cat. 102)
coûta 1350 livres les 2500 exemplaires à raison de 50 livres le cent 29
. Comme il le précise
dans une lettre à Perrault, Clément en 1670 achetait pour les planches du Cabinet du roi
du papier au grand raisin double « qui s’est trouvé le plus beau et le plus propre pour les
planches de la grandeur ordinaire, il couste icy 24 lt la rame. Pour les autres planches plus
grandes, ou pourra se servir du Grand Aigle fin 30 qui couste 86 lt. la rame 31 ».
18 Quelques mentions tirées de l’inventaire après décès de Nanteuil du 9 décembre
1678 permettent de savoir quel papier il employait pour les thèses et à peu près à quel
prix. On en trouve chez lui de divers formats : au colombier, au nom de Jésus, au grand
aigle. À savoir, « deux rames et quatorze mains de grand papier à theze, au colombier,
prisées à raison 35 lt. la rame, revenant audit prix de 94 lt. 10 s. ; six mains de grand papier
à theze, au nom de Jesus, prisées à raison de quinze sols la main, revenans audit prix
de 4 lt. 10 s. ». Comme en attestent ses dettes envers plusieurs marchands qui s’élevaient à
plus de 6000 livres, le papier représentait une dépense considérable. Outre cette somme, il
devait 4100 livres à Le Goux, 305 livres 10 sols aux Sr. Godart et Cousin, et 1620 livres au Sr.
Claude Dupuis (ou Dupuy) qui lui avait livré « deux rames de grand papier a theze au nom
de Jesus et au colombier [...] pendant son dernier voiage de Versailles », qu’il vient
reprendre. Le même Dupuis avait également livré « une rame et demye de grand papier à
theze au grand aigle ». La rame est évaluée à 40 livres pour le grand aigle et 30 pour le
Jésus et le colombier. Ces mentions prouvent à nouveau que la plupart des portraits
commandés à Nanteuil étaient destinés aux thèses.
19 Pendant un temps il dut faire tirer les estampes chez lui, mais l’état des deux presses
trouvées dans le grenier à sa mort, estimées ensemble à 20 livres, laisse supposer qu’il
avait cessé depuis longtemps ; il s’adressait à deux imprimeurs, Adrien Renoust ou
Renoud, présent à l’inventaire, et Le Cointe 32
. Ces noms valent d’être signalés tant on est
mal renseigné sur le monde des imprimeurs, que la lettre des gravures ne mentionne
pas 33
. Pourtant leur intervention était essentielle, car en dépendent la qualité du tirage et
la mise en valeur du travail du graveur, qui en général ne leur confiait les planches qu’avec
circonspection. Un mauvais tirage pouvait rendre l’épreuve peu plaisante et endommager
le cuivre. Poilly 34
, Gantrel et Vallet, qui étaient également éditeurs d’estampes, devaient
faire imprimer les thèses dans leur atelier. Les autres graveurs – Simon, Cossin, Roullet… –
s’adressaient à des imprimeurs indépendants comme le règlement le leur imposait, sous
peine d’une importante amende. Cependant, les graveurs logés au Louvre et aux Gobelins,
ou membres de l’Académie, restaient libres d’imprimer chez eux 35
.
Le satin
20 Souvent l’impétrant faisait tirer quelques épreuves sur soie ou satin réservées à son
mécène 36
. D’une grande fragilité, elles sont devenues rares. Seules deux thèses sur satin
dédiées au roi sont aujourd’hui répertoriées (cat. 51, fig. 50 )
37
. Les mentions du Mercure
galant et de l’inventaire du Garde-Meuble royal indiquent clairement que les épreuves
données au roi étaient imprimées sur satin. Le contrat signé entre Poilly et Louvois
en 1683 précise qu’il en coûtait 31 livres 10 sols pour trois aunes et demie de satin
(soit 3,56 mètres), ce qui équivaut approximativement à trois thèses. À la fin du siècle, les
statuts de la faculté de théologie de Paris en interdirent l’usage sous peine de trente livres
d’amendes, ainsi que l’utilisation d’images ou de planches d’une taille excédant la
dimension montrée par l’appariteur, sans quoi leur acte serait tenu pour nul 38
.
21 Rappelons qu’aux dépenses occasionnées par l’illustration, il fallait ajouter encore de
menus frais pour le montage des feuilles, la dorure sur tranche et le prix de l’impres sion
du texte lorsqu’il n’était pas gravé ; la livraison et l’affichage s’ajoutaient aux prix des
cadres et des glaces, aux décors de la salle de thèse, aux frais d’inscription et aux cadeaux
à donner au président, aux professeurs et aux bedeaux lors du repas de cérémonie. On
comprend aisément qu’offrir une thèse au roi n’était pas à la portée de tous ; l’abbé de
Polignac, ayant déjà « saigné » sa mère, dut s’adresser à un parent pour réunir l’avance
faite au graveur (cat. 100) 39
. À leur mort, certains artistes n’avaient pas encore été
totalement défrayés.
F igure 50. – Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières ,
1665, épreuve sur soie.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 178.35 KB )
Diffusion et réutilisation
Les portraits
22 Comme les contrats le précisent parfois, les cuivres pouvaient rester la propriété du
graveur. Rien d’étonnant alors que certains portraits soient réutilisés par d’autres
étudiants. La présence de l’ excudit au bas de plusieurs d’entre eux en apporte la preuve.
23 Bien souvent, un portrait commandé par un étudiant pour une première de ses thèses
était légèrement modifié pour la suivante. Ainsi en 1672, pour la thèse de théologie de
l’abbé Jules-Paul de Lionne (cat. 72), Nanteuil retoucha un cuivre gravé quatre ans plus tôt
(cat. 64) et allongea la perruque tout autour de la tête, comme la portait alors le roi.
Souvent il fallait aussi changer les ornements ou le vêtement. Ainsi, pour son exercice de
philosophie, Roger de Courtenay, qui avait fait graver en 1664 par Nicolas de Poilly un
portrait de Louis XIV peint par Nicolas Mignard 40 (cat. 50, fig. 51 ), le fit retravailler quatre
ans plus tard pour sa thèse de théologie ; on supprima le cadre de palmes et de rameaux
d’olivier et la couronne de laurier au-dessus du roi et les devises furent remplacées par des
fleurs de lys (cat. 62, fig. 52 ). De même en 1662, pour la thèse de l’abbé de Clermont (cat.
34), Nicolas de Poilly utilisa le cuivre d’un portrait du roi d’après Nicolas Mignard, gravé
semble-t-il peu de temps auparavant, remplaça l’armure du monarque par un camail
d’hermine et sa croix du Saint-Esprit par des pompons, fit disparaître les fleurs de lys des
écoinçons et ajouta une légende latine sur l’applique. Le portrait dessiné par Masson
en 1676 pour Louis d’Artagnan (cat. 79) servit de nouveau l’année suivante, probablement
pour une thèse.
24 Du fait de l’importante demande des étudiants, la plupart des graveurs prirent un privilège
pour leurs portraits. En date du 26 octobre 1661, celui de Nanteuil pour l’ensemble de son
oeuvre condamne à 3000 livres d’amende tout contrefacteur, graveur, marchand, éditeur
ou autre et interdit de « graver, copier ou contrefaire, au tout ou en partie, sous quelque
prétexte de déguisement que ce puisse être », avec saisie des exemplaires « en quelque
main qu’ils se trouvent 41 ».
25 De même, Gérard Edelinck fit protéger ses deux thèses d’après Le Brun, le Triomphe de la
Religion en 1683-1686 (cat. 100) 42 et la Tèse de la Guerre , en 1677 qu’il signa « G. Edelinck
sculpsit C[um]. P[rivilegio]. R[egis] 43 » (cat. 84). Quelques graveurs- éditeurs et éditeurs
d’estampes prirent aussi cette précaution, comme Étienne Picart en 1682 pour la thèse de
l’abbé de Lorraine d’après Paillet montrant le roi dans un ovale avec au bas la Renommée
qui désigne le portrait signé « E. Picart le Romain fecit et excudit C.P.R. 1682 » (cat. 98), et
Étienne Gantrel en 1686 ou 1687 pour celle de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil d’après
Sevin, célébrant le rétablissement de la santé du roi avec la mention « Ste Gantrel ex.
C.P.R. » (cat. 112).
F igure 51a. – Positions de la thèse de Roger de Courtenay , 1664 (bas).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.34 KB )
F igure 51b . – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay ,
1664 (haut).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 107.83 KB )
26 Cette protection de la gravure semble avoir été fréquente, surtout pour les thèses dédiées
au roi, qu’expliquent leur qualité, le temps passé à les graver et leur sujet propice à la
contrefaçon. Trente d’entre elles, pour la plupart des portraits, portent la mention « cum
privilegio Regis ». Rappelons qu’obtenir un privilège était onéreux et impliquait le dépôt de
huit épreuves à la Bibliothèque du roi depuis le 17 octobre 1704, comme l’indique le Code
de la Chambre syndicale de la communauté des libraires & imprimeurs en date
du 23 octobre 1713, alors qu’auparavant un arrêt du Conseil du roi du 19 mars
1642 stipulait seulement le dépôt de deux épreuves dans les quinze jours sous peine de
confiscation, de déchéance du privilège et de 1000 livres d’amende 44
.
F igure 52. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay ,
1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 127.58 KB )
Les thèses historiées
27 Les thèses n’étaient pas vendues mais données. Lorsque l’étudiant ne gardait pas le cuivre,
après quelque temps le graveur en commençait l’exploitation pour son compte. Si on se fie
aux inventaires après décès de Le Brun et de Rousselet, les peintres et les graveurs à
l’origine de l’illustration semblent aussi avoir eu en main un certain nombre d’épreuves,
qu’ils vendaient aux amateurs. Le Brun 45 possédait plusieurs tirages des thèses d’Edelinck,
comme Le roi donne la paix à l’Europe (cat. 92) 46 et Le roi à cheval (cat. 49), la seule dont il
gardait également les cuivres. En 1699, Suzanne Butay 47
, veuve de Le Brun, en conservait
encore onze épreuves collées avec onze de la Paix, plus sept non collées sans positions, et
dix-neuf du portrait de Colbert de 1682, également d’Edelinck. Le Brun possédait aussi
seize grandes thèses différentes en deux pièces collées 48 et quatre thèses de l’histoire du
roi collées sur toiles, correspondant aux estampes de Rousselet, d’Edelinck et de Poilly 49
.
Quant à Rousselet, il gardait seize feuilles du Roi conduisant son navire (cat. 42) et neuf du
Roi à cheval (cat. 49) 50
. Par les inventaires de sa collection dressés après l’incendie qui
dévasta son logement du Louvre le 30 août 1720, on sait également que l’ébéniste André-
Charles Boulle (1642-1732) possédait les cuivres des thèses de Mellan et un grand nombre
d’autres thèses 51
, en tout 361. Les doubles, les triples y sont si nombreux qu’on peut
penser qu’il en faisait commerce. En 1732 lors de sa vente après décès, parmi les thèses
gravées par Rousselet et Poilly d’après Le Brun et Mignard, figure notamment celle de
Jean-Baptiste Colbert dédiée à Louis XIV en 1668 (cat. 63) 52
.
La réception des illustrations de thèse : remplois et copies
28 Les copies et remplois de quelques-uns de ces frontispices prouvent leur succès. Plusieurs,
comme le Louis XIV sur un char de triomphe gravé par Rousselet d’après Le Brun (cat. 20),
furent réutilisés pendant de nombreuses années et modifiés pour convenir à la réalité du
moment. Ainsi, le jeune roi gravé en 1652 laisse place au jeune homme en 1659 (cat. 25),
puis à l’homme d’âge mûr en 1687 pour un almanach. Lorsqu’elles appartiennent au
graveur ou à un éditeur, ces compositions très coûteuses reparaissent modifiées. Sans
doute peu après la soutenance, la dédicace et les positions de la gravure d’Edelinck
montrant le Roi à cheval (cat. 84) furent remplacées par la légende : « Ludovico Magno.
Europa Terrâ Marique composita », mettant en évidence la lutte du monarque pour le salut
de l’Europe. Le Brun qui en possédait le cuivre ajouta en bas la Fureur hurlant sous les
sabots du cheval, renversée sur le dos, le flambeau à la main, tenant par un aileron un
dragon apeuré, crachant du feu, avec sous ses serres un enfant mort et derrière lui deux
femmes apeurées incarnant le Zèle religieux et la Paix qui s’enfuient en implorant l’aide du
roi.
29 D’autres thèses prestigieuses connurent un sort semblable. Les cuivres de la thèse de
Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38), gravée en 1663 par François de Poilly d’après Le Brun
montrant le portrait de Louis XIV tenu par le Temps, furent réemployés en 1693. Le cuivre
est coupé en passe-partout et Johann Hugo von Orsbeck, archevêque de Trèves, remplace
le roi ; les scènes historiées sur les colonnes de chaque côté sont effacées, ainsi que la
dédicace et les positions. De même, la thèse gravée en 1676 pour Claude-François Pellot
par François de Poilly d’après Pierre Mignard (cat. 81) devint douze ans après la
soutenance celle de Guillaume-Antoine Bleesen, originaire de Cologne ; le portrait de Louis
XIV étant remplacé par la Sagesse divine. La Tèse du roi devant le parlement de Rennes (cat.
124) fut remployée au moins deux fois et celle de la Religion (cat. 100), gravée par Edelinck
en 1683-1686, servit jusqu’en 1790.
30 Plusieurs thèses furent également l’objet de copies totales ou partielles. En 1666, Jean
Lenfant reprit dans le même sens la figure du roi à cheval ( fig. 53 ) gravée en 1664 par
Rousselet d’après Le Brun pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49) 53
. Gantrel fit copier
en petit en l’inversant la Tèse de la Paix gravée en 1680 par Edelinck d’après Le Brun (cat.
92). Il fit aussi découper le cuivre du portrait du roi gravé en 1663 par Nicolas de Poilly (cat.
39) pour intégrer d’autres effigies ; la planche passa ensuite chez Hecquet, qui pour la
tentative de Joseph-Gaspard de Chabannes en 1722 y inséra un portrait du jeune Louis XV
d’après Rigaud dans un encadrement agrémenté d’un baldaquin. Au xvii e siècle à Aix, V.
Guigou s’en inspira librement pour célébrer un parlementaire de la famille de Séguiran, en
inversant la composition dont il ne retint que les quatre angelots 54
. La thèse dédiée au
Dauphin, gravée par Nicolas de Poilly d’après Chauveau vers 1663 (ann. I.C-2), fut copiée
en sens inverse par Claude Audran pour une allégorie aux armes des Forbin 55
; les amours
de la partie inférieure sont remplacés par la Clémence terrassant l’Hérésie 56
.
31 Des copies attestent de l’importante diffusion et du succès des thèses dédiées au roi. La
Tèse de la Guerre gravée par Edelinck en 1677 pour Jacques-Nicolas Colbert (cat. 84) fut
reprise vers 1683 par le peintre Thomas Mathias Scharner pour honorer l’empereur
Léopold er I (1640-1705) dans une gravure de Johann Franz Wussin (1663- 1700) 57
. Donnant
à l’empereur l’attitude et le costume de Louis XIV, Wussin conserve dans la partie centrale
la Divine Providence et l’archange qui au lieu de menacer l’aigle de l’Empire en fait un
compagnon de sa lutte ; les monstres, la Fureur et le Mensonge ont disparu, de même que
les figures allégoriques dans le ciel. L’allégorie est détournée à la gloire d’un des
principaux adversaires du roi 58
.
32 D’un genre bien différent, l’énigme dessinée par Munier et gravée en 1685 par Le Pautre
pour la thèse de Rouvière (cat. 105) connut elle aussi un succès international et fut
détournée de son sens dans une très libre interprétation parue à Francfort-sur- le-Main
en 1704 dans Le Museum Museorum de Michael Bernhard Valentini (1657- 1729) 59
. Il ne
s’agit plus de montrer la nature de l’état monarchique ni d’illustrer la thériaque, mais
d’évoquer la croyance selon laquelle les abeilles peuvent naître par génération spontanée
dans le cadavre des animaux. Le graveur reprend le Soleil sans la devise ; l’arbre est
inversé, le boeuf et le lion sont sur le même plan, un personnage avec des ruches est
ajouté. Toute référence à Louis XIV a disparu.
F igure 53. – Jean Lenfant, Louis XIV à cheval , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 148.14 KB )
33 Que le visage du roi soit conservé ou non, nombreuses furent les compositions mettant en
scène Louis XIV qui furent copiées tant en France qu’à l’étranger. Il en est ainsi d’une
estampe gravée en 1659 par Van Schuppen en l’honneur de Mazarin, où Louis XIV apparaît
sous les traits de Mars (cat. 26), dont parut trente ans plus tard une imitation satirique en
petit à Amsterdam 60
. Parfois les copies servent pour des almanachs. La Sagesse de
l’ Almanach de l’an de grâce 1696 , édité par Pierre Landry (IFF 406), montrant « Le Roy au
comble de ses Victoires », inverse la Providence de la Tèse de la Guerre , gravée en 1677 par
Edelinck (cat. 84) ; son geste est devenu maladroit, car elle ne tient plus en main qu’un
sceptre ; à gauche, dans le même sens cette fois, la Victoire a la même origine, mais sans
sa couronne de laurier et le sein pudiquement couvert. En 1698, le Mars qui accompagne
Louis XIV dans l’almanach des Dernières conquêtes de Louis le Grand également édité par
Landry (IFF 398) vient du frontispice de la thèse en livret du prince de Turenne gravé
en 1679 par Cossin, où le dieu aidait la Paix à poser le portrait du roi sur un piédestal (cat.
91). Signalons enfin la tentative de l’abbé de Saint-Albin, soutenue à la Sorbonne en 1718,
commandée à Antoine Dieu ( fig. 54 ), qui s’inspire de la gravure d’Edelinck pour l’abbé de
Polignac (cat. 100), et la thèse de philosophie à l’université de Trèves dédiée par Johann
Baptist Schlöder le 17 septembre 1753 à Charles-Henri de Warsberg (1691- 1760), illustrée
du portrait de l’empereur François er I de Lorraine et gravée par Philipp Andreas Kilian
d’après Martin van Meytens le Jeune 61
( fig. 55 ) ; d’un style rocaille affirmé, le portrait à micorps
est placé dans un cartouche aux formes chantournées surmonté de la Providence et
s’inspire de la figure inventée en 1677 par Le Brun dans la Tèse de la Guerre .
F igure 54. – Antoine Dieu, Grisaille préparatoire à la tentative de l’abbé de Saint-Albin
dédiée au Régent , 1718.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 130.39 KB )
F igure 55. – Philipp Andreas Kilian d’après Martin van Meytens, Tèse dédiée à
l’empereur François er I de Lorraine , 1753.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.34 KB )
Notes de bas de page
1 P atin 1692, t. I, lettre CXCV, p. 467.
2 Ibid. , p. 305 : Patin précise qu’il « exerce ses écoliers tant qu’il peut en leçons,
disputes, & répétition… ».
3 Pour une étude plus développée voir M eyer 2002, p 41-63.
4 AN, MC/ET/CIX/208. Contrat cité par L othe (1994, p. 10) qui ne précise pas qu’il est
passé au nom de Monchy d’Hocquincourt et pour une thèse.
5 AN, MC/ET/LIII/99.
6 AN, MC/ET/XLIX/353.
7 AN, MC/ET/XLIII/132. Cité par M artin 1999, t. II, p. 703.
8 Pour celui de l’abbé de Coëtlogon, un exemplaire avait été choisi et on y mit un
paraphe.
9 AN, MC/ET/XLIII/123, 14 mars.
10 AN, MC/ET/XLIII/106. Le portrait est gravé d’après C. Le Febvre (pinx) et daté de 1663 ;
le nom du candidat ne figure pas sur le cuivre. F irmin- D idot 1875-1877, t. II, n° 1941.
11 Il n’est pas possible de déterminer de quel portrait il s’agit : pour les thèses, deux ont
paru en 1662 (cat. 34, 35) le troisième (cat. 40) est trop tardif, on ne peut pas exclure les
quatre (cat. 30-33) de 1661.
12 L119. AN, MC/ET/XLIII/132. Le portrait de l’abbé de Lionne fait 532 × 455 mm au coup
de planche.
13 P errault 1696, p. 324.
14 Neuf de Nanteuil, quatre de Van Schuppen, deux de Gantrel ; et un de Boudan, Jollain,
Masson, Picart…
15 L othe 1976.
16 Exemple tiré de P réaud 2011-2012.
17 P etitjean et W ickert 1925, vol. 1, p. 25.
18 A damczak 2011.
19 G rivel 1986, p. 184.
20 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, o t. I, p. 50 et L os A ngeles 2010, n 9.
21 G rivel 1986, p. 185.
22 Le passage du Granique (4 planches, 717 × 1394 mm ; IFF 65), La bataille d’Arbelles
(1674, 4 planches identiques ; IFF 66), Porus blessé (1678, id . ; IFF 67), Entrée à Babylone
(1675, 2 planches, 715 × 930 mm ; IFF 68).
23 G rivel 1986, p. 185.
24 L othe 1976.
25 L uynes 1860, p. 78.
26 B ordeaux 1985.
27 Ibid o ., n 35 estimé 150 livres.
28 M eyer 1985, p. 298.
29 L othe 1976.
30 Le Grand aigle mesure 1040 × 709 mm, et permet d’imprimer texte et image sur une
seule feuille. Voir S avary des B rûlons 1750, t. III, p. 29.
31 Ibid. , p. 1, et p. 85 note 53 ; BNF, Est., Ye 160 pet. fol. Une rame contenait 20 mains
de 25 feuilles.
32 A damczak 2011, p. 7-10. Le Cointe était sans doute apparenté à François Le Cointe (ou
Le Cointre) imprimeur-libraire à Paris qui, reçu maître en 1650, mourut en 1692 (voir
M ellot et Q ueval 2004).
33 Parmi les exceptions signalons Jean Goyton, imprimeur en taille-douce du roi, chargé
de l’impression des planches du Cabinet du roi.
34 François de Poilly possédait sept presses à taille-douce (L othe 1994, p. 25).
35 G rivel 1986, p. 117-119.
36 D elmas 2005.
37 La thèse de Gilles Le Maistre en 1665 (cat. 51) et celle de Jacques-Nicolas Colbert
en 1672 (cat. 75).
38 F erret 1904, p. 23.
39 T orrilhon 1980, p. 261.
40 Utilisations inconnues de L othe 1994.
41 A damczak 2011, p. 304.
42 La thèse est mentionnée dans le Registre des estampes, cartes géographiques de
privilège reçeues par la Bibliothèque du roy depuis 1684 (BNF, Est., Rés., Ye 7 pt. fol. 12).
43 Avec privilège du roi.
44 G rivel 1986, p. 112-114.
45 M eyer 1998 ; AN, MC/ET/LXV/126, 7 février 1690.
46 M eyer 1985, p. 105 et 107, Est. 3.
47 AN, MC/ET/LXV/145, 17 juillet 1699.
48 M eyer 1998, Est. 6, estimées 3 livres.
49 Ibid. , Est. 7.
50 M eyer 1985, p. 304.
51 S amoyault 1979, n o 110.
52 Ibid ., p. 134.
53 IFF121. Lenfant ajoute une vue de Paris avec le cortège royal. Les figures allégoriques
et les ennemis vaincus ont disparu. Le nom de Le Brun n’est pas mentionné.
54 BNF, Est., N3 (D 292217).
55 BNF, Est., Ed 67, fol. E037228. La gravure est antérieure à 1677, date de la mort
d’Audran.
56 Pour d’autres exemples, voir l’allégorie en l’honneur d’André Leberthon gravée par
Laurent Cars en 1744 pour la thèse de Pierre Grenier qui ne reprend pas moins de sept
figures tirées de sept thèses différentes gravées par Poilly, Rousselet et Edelinck d’après
Mignard et Le Brun (M eyer 1990 a , ill. 16, p. 12).
57 P igler 1955. La gravure évoque à l’arrière-plan la levée du siège de Vienne en 1683.
58 Le modello de Le Brun, conservé au musée des beaux-arts de Budapest, pourrait
avoir servi à Wussin, car son estampe est dans le même sens que celle d’Edelinck.
59 Vol. 1, p. 509.
60 Pour le De Lydsaamheid en het Gelove der Heiligen, vit het Fransch vertaalt door (Berlin,
1997, p. 222, C. II 5).
61 Thèse sur soie (1210 × 740 mm), château de Versailles, inv. V. 2014.59. Nous
remercions Madame Élisabeth Maisonnier pour les informations qu’elle nous a fournies
sur ce document.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VI. Contrats et dépenses Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Troisième partie. Le roi, son histoire e... Chapitre VII. L’histoire du roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VII. L’histoire du roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VII. L’histoire du roi
p. 169-250
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Depuis la fin du xvi e siècle, bien des thèses ont été dédiées aux rois de France. Six au
livre moins le furent à Henri IV entre 1593 et 1611, la dernière étant posthume 1
, une quinzaine
à Louis XIII, la plupart entre 1620 et 1642 2
. Mais il faut attendre le règne de Louis XIV pour
que cette pratique prenne toute son importance, puisqu’il apparaît plus de cent trente-six
PDF
fois au frontispice de leurs travaux.
Table des matières
De la naissance au règne personnel (1638-1660)
Citer
2 Les thèses concernant le roi entre 1638 et 1660 se répartissent en deux périodes. La
première (1638-1645) est celle de sa prime jeunesse et de son avènement au trône : Partager quatre compositions, dont Louis PDF du XIII ou Anne d’Autriche étaient les dédicataires, montrent
chapitre
le Dauphin nouveau-né dans ses langes entre 1638 et 1643, et six sont dédiées au jeune
Plan roi entre 1643 et 1645. Les troubles des années 1645-1650 interrompent les dédicaces ; la
deuxième période (1650-1660) voit la soutenance de dix-sept thèses, dont six après 1659,
Suggérer
Plan détaillé une fois la paix intérieure revenue. En tout, pas moins de vingt-sept thèses de sa l’acquisition à
Texte intégral naissance au début de son règne personnel. votre bibliothèque
De la naissance au règne personnel Les premières années (1638-1645)
Célébration du roi en province Acheter
La naissance Vers l’affirmation du pouvoir
La première apparition de Louis XIV sur une thèse date de sa naissance, Édition Le pouvoir personnel : le roi 3 le
imprimée
Notes de bas de page 5 septembre 1638. Exécutée sur un dessin de Charles Le Brun, peut-être à l’instigation du
chancelier Séguier son protecteur, la gravure n’est plus connue que par une description de Presses
Guillet de Saint-Georges, qui indique qu’en 1638, pour célébrer la naissance du roi, Le universitaires
Aller en haut de page
de Rennes Brun fit un grand dessin montrant « la Providence qui rapporte du ciel un enfant nouveau- Aller en bas de page
né, et venait [le] présenter au Roi Louis XIII » qui précise-t-il, « fut regardé d’un bon oeil à amazon.fr
la cour, et la ville n’en fut pas moins satisfaite ». Preuve du succès de sa composition, decitre.fr
Charles Le Brun (1619-1690), dont c’était la première illustration de thèse, fut chargé d’un mollat.com
autre dessin destiné à orner un exercice académique, probablement en livret, édité par leslibraires.fr
Alexandre Boudan où Louis XIII en Mars, assis sur des nuages, tient sur ses genoux le placedeslibraires.fr
1 DaEun p1h5i9n3 , rlea vtêhtèus e dud u cachmiariulr gide’nh eJramciqnuees edt ’Admesb oiosred remse ntriooyanunxé,e par Pierre de L’Estoile à qui Vénus rend hommage lcdpu.fr
(L’E stoile 1825, XLVI, p. 528), en 1603, une thèse soutenue chez les Jésuites de Bordeaux tandis que les sept planètes et les quatre éléments se rangent sous sa loi : « Nous avons
(F ouqueray 1922, p. 43), en 1605 une planche de thèse de Léonard Gaultier (IFF 134), en 1606, la ePub / PDF forgé pour toi », s’écrie Vulcain tenant son marteau, « et pour toi milite l’air », proclame
thèse de Robert Fidèle d’Arimini gravée par Villamena, en 1607 celle d’Arthur d’Épinay de Saint-
Isis (cat. 2) 3
Luc, gravée de . nouveau par Léonard Gaultier (IFF 82) et en 1611, une thèse de philosophie au
collège de La Flèche pour commémorer la mort du roi (F ouqueray 1922, p. 233).
F igure 56. – Pierre Daret d’après Simon Vouet, Tèse d’Alexandre Courtois , 1639.
2 Elles sont gravées par K. Audran, qui s’inspire de la gravure de Villamena offerte à Henri IV
(IFF 372), Chauveau (IFF 1511), Firens (IFF 43), Lasne (IFF 404, 741, 747), Léonard Gaultier (IFF 114)
et Vorsterman (Hollstein 115). La thèse des Jésuites de Bordeaux célébrant la prise de La Rochelle
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 116.67 KB )
4 L’atelier de Simon Vouet (1590-1649), dont Le Brun faisait partie, fut sollicité à plusieurs
reprises pour représenter cet événement tant attendu. Alexandre Courtois, valet de
chambre et garde des cabinets du roi et de la reine, qui demeurait aux galeries du Louvre,
demanda à Vouet, sans doute en sa qualité de premier peintre du roi, de dessiner un
frontispice pour la thèse de philosophie que son fils devait soutenir le 31 juillet 1639 (cat.
3). Secondé par Le Brun, Vouet 4 composa une allégorie, gravée par Daret, montrant Anne
d’Autriche assise sur les nuées, au-dessus du château de Saint-Germain, lieu de naissance
du Dauphin. Entourée de Minerve et des Grâces, la reine remet le nouveau-né à la France
en présence de la Paix et de l’Abondance « fruits de cette heureuse naissance 5 » ( fig. 56 ).
5 En 1640, l’image anonyme (cat. 5) de la thèse de philosophie de Louis Tronson, dédiée à
Saint Louis, montre de part et d’autre de l’impétrant, à gauche le roi Louis XIII à cheval et à
droite le Dauphin vêtu d’une dalmatique fleurdelisée et d’un camail d’hermine, croix du
Saint-Esprit autour du cou, dans les bras de sa mère, entouré de la Foi, la Justice et la
Prudence. Dans une autre thèse, connue seulement par un dessin attribué à Albert
Flamen (1620-1674), porteur des instruments royaux, âgé de deux ou trois ans, il est assis
sur un pavois, tenu par le roi et la reine, au-dessus d’un autel couvert d’un drap orné de
lys, devant la Justice, la Vérité et la Religion. Deux angelots déposent sur sa tête une
couronne (cat. 4).
6 Toutes ces images participent à la glorification du pouvoir, mais contrairement à ce
qu’indique Peter Burke 6
, Louis XIV n’y est pas montré comme les autres enfants, avec les
langes d’un bébé ou la robe alors portée pour les garçons de moins de sept ans. Dès sa
naissance, il porte le manteau royal, orné de fleurs de lys d’or, il a au cou le collier du
Saint-Esprit et tient le sceptre et la main de justice. Lorsqu’il apparaît sans les insignes du
pouvoir, il est nu comme l’Enfant Jésus dans la crèche ou les dieux et héros de l’Antiquité,
ce qui souligne ainsi le caractère miraculeux de sa naissance. La présence de la
Providence, de la France, de la Paix et de l’Abondance montre que Dieu veille sur lui. La
longue attente de sa naissance justifie cette présentation, qui n’a pas d’équivalent pour
Louis XIII 7 et cette iconographie apparaît aussi dans les almanachs, dont les illustrations
en bandeaux 8 se distinguent alors de celles des thèses par leurs proportions plus
réduites.
F igure 57. – Michel Lasne, Tèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune , v. 1643.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.43 KB )
Le nouveau roi (1643-1645)
7 Si dans les illustrations précédentes Louis apparaissait comme incarnation de l’État,
couronné et porteur des ordres royaux, une composition inventée et gravée par Michel
Lasne (1595-1667) le montre ensuite en simple costume civil, sans insigne du pouvoir ;
c’est un enfant joufflu d’environ cinq ans, coiffé d’un bonnet orné d’une longue plume
tombant sur le côté, en buste dans une couronne de laurier au centre d’un entablement ;
ses armoiries, écartelé au 1 et 4 de France, au 2 et 3, d’or au dauphin d’azur, et la présence
de dauphins datent la soutenance d’avant la mort de Louis XIII, survenue
le 14 mai 1643 (cat. 8, fig. 57 ).
8 Le futur Louis XIV apparaît également dans deux thèses dédiées à son père. Gravée aussi
par Lasne et soutenue le 11 février 1641, la tentative en Sorbonne de Louis de Saint-
Amour (cat. 6), fils d’un ancien cocher et valet de chambre de Louis XIII, montre le roi en
Mars entre la Fortune et la Justice ; dans l’un des cartouches qui orne l’architecture
triomphale sous laquelle se déroule la scène, le Dauphin arrose un lys, seule plante fleurie
du parterre ; d’autres cartouches montrent le roi attendant avec ferveur la naissance d’un
fils et placent l’événement sous la protection divine. Les armes de France et de Navarre
surmontent l’arc, et la dédicace, entourée de deux dauphins, associe le roi à son jeune
héritier.
9 Dans l’autre thèse, gravée par Chauveau et soutenue en 1642 au collège des Jésuites de
Rouen, victorieux de ses ennemis et de ceux de l’Église, Saint Louis prend pllace sur un
char conduit au ciel par quatre femmes représentant les quatre parties de la philosophie
et se retourne vers les portraits de Louis XIII, de Louis XIV et de son frère Philippe
qu’amènent des angelots, pour montrer la continuité dynastique de la France (cat. 7).
10 Ce n’est qu’après la mort de Louis XIII le 14 mai 1643 que les étudiants dédièrent vraiment
leurs thèses à son fils aîné. Le prince de Conti avait montré la voie en lui présentant son
premier exercice de philosophie en avril 1643, mais le livret mentionné par Naudé dans la
bibliothèque de Mazarin n’a pas été retrouvé et l’identification de la gravure est incertaine
(cat. 9). Un an plus tard, le 28 juillet 1644, il renouvela cet hommage par une autre thèse
de philosophie défendue comme la précédente au collège de Clermont (cat. 12). La
Gazette donne le détail de la soutenance, à laquelle Mazarin assista au nom du roi en
présence du prince et de la princesse de Condé, et de « plusieurs Princes, Evesques,
Chevaliers de l’Ordre, & autres personnes de condition 9 ». À ce propos, Charles de
Combault Auteuil (1588-1670), qui fut gouverneur du duc d’Enghien, écrit à Léon
Bouthillier de Chavigny (1608-1652) 10
, secrétaire d’État aux Affaires étrangères :
« Je me suis rendu à cinq heures auprès de M. le cardinal. Il a été l’après dîné aux
Jésuites pour la thèse de M. le Prince de Conty qui véritablement a fort bien
répondu, & il y avait grande assemblée de personnes de qualité 11
. »
11 Un livret de trente-six pages, le premier du genre pour une thèse dédiée à Louis XIV, parut
à l’occasion sous le titre Le prince sçavant. À la reyne régente 12
. Gabriel Du Bois-Hus
(1599-1655), aumônier de Gaston d’Orléans 13
, s’y adresse à Anne d’Autriche et célèbre
l’éducation et les qualités incomparables du jeune roi, tout en soulignant ses liens de
parenté avec le prince de Conti et sa famille, dont il dresse le panégyrique. Suivent des
poèmes en l’honneur de plusieurs personnages éminents de la cour 14
, sans doute
inspirés d’ Il Principe studioso, nato ai servigi del serenissimo Cosmo gran principe du Toscan ,
dédié en 1643 par Tomaso Tomasi au cardinal Mazarin, où apparaissent de nombreux
hommages à Ferdinand II de Médicis et son épouse Vittoria della Rovere.
Célébrant à la fois le prince et le jeune roi, Du Bois-Hus déclare à la reine : 12
« Ce Prince [Conti] qui a rendu la Science Princesse de la Sagesse Royale en sa
personne & qui donne aujourd’huy à la France un spectacle incognu aux douze
siècles de cette Monarchie ; n’offre rien au Roy vostre Fils, en luy consacrant le fruict
de ses Estudes que VOSTRE MAIESTÉ ne luy ayt desia donné auec la vie, ce jeune
Monarque ayant recue d’elle avec son sang & ses vertus cette mesme sagesse. […]
Âme venue au monde toute accomplie, apporte avecque elle une politique
naturelle & une morale foncière qu’elle a tiré de son genie […] devant qu’elle luy fut
offerte par les mains de son illustre cousin. »
Il dresse ensuite le portrait du roi : 13
« Il est né tout instruit, l’Art ne treuue rien à faire en sa personne, il a de sa naissance
ce que tous les hommes n’ont que de leur Estude, & possède desia toutes ces rares
qualitez que les Souuerains n’apprennent que par pieces & auecque le secours de
l’âge & des sçauans […] Cette maturité a six ans qui estonne tous les Agents des
Nations & des Ambassadeurs diuers qui viennent à la cour ; cette Sérieuse grauité
qui feroit croire que la Magesté est sa Gouvernante, & le mène toûjours par la main ;
ces demarches augustes qu’on prendroit pour celes de la Sagesse mesme hostesse
d’un Corps Royal, font aduoüer à l’Europe que les Roys de France peuvent estre
jeunes, mais qu’ils ne sont jamais enfans ; qu’ils ont des Ames d’homme en de petits
corps, & qu’ils sont du nombre de ses jeunes Dieux qui possedent des oracles en
naissant… »
14 Soulignant les qualités morales du jeune Louis XIV, prudence, douceur, et modération, Du
Bois-Hus affine encore son portrait : « Il sait ce qu’on ne luy a pas encore enseigné […] il
puise de luy-mesme sa prudence, sa douceur, & sa moderation, il ne doit rien encore à
l’imitation ny aux preceptes, son naturel est son Precepteur domestique. » Et poursuit : « Il
est luy seul, son Escolier, & son Maistre, son Original & sa Copie, sa Toile d’attente & son
Peintre, son Artisan & son Ouurage, son Moule & son Pourtraict, son Architecte & son
Idée, son Modele & son Chef-d’oeuvre. »
15 L’auteur rappelle que Louis est roi de droit divin, qu’il est fils de Louis le Juste et petit-fils
de Saint Louis. Il introduit auprès de la reine le duc d’Enghien (1621-1686), frère du
candidat, vainqueur de Rocroi, « le premier en Armes contre les Ennemis de vostre
Regence ; Rocroy & Thionville tesmoigneront à jamais qu’il ne s’est point épargné pour
l’establir solidement 15 ». Il rappelle la fidélité de la maison de Condé :
« Ce Grand Génie […] n’a rien souffert d’oisif dans sa maison […] agissantes pour le
bien d’un Estat dont il est le premier Prince […] il a voulu que tous les membres de sa
famille fussent selon leurs forces employez de mesme que le Chef a donner au Roy
des preuves de leur fidélité & des tesmoignages de leur merite 16
. »
Le prince a donc destiné ses fils à l’armée et à l’Église pour le service du roi : 16
« C’est une assez vieille verité que iamais les Empires ne sont heureux qu’alors que la
Sagesse est couronnée, que la Prudence est la Conseillère des Roys & l’Intendante de
leurs affaires, que l’Esprit est leur premier Ministre d’Estat, que les Philosophes sont
Roys ou princes, ou que les Roys a les Princes sont Philosophes 17
. »
17 Il attend en retour que la régente appuie sa demande d’un titre de cardinal et la promesse
d’aider le jeune prince, instruit de façon exemplaire, à monter un jour sur le trône de saint
Pierre :
« LE DESTIN DE MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI […]. Rome dans luy fera
nommer un noble cardinal, digne successeur d’Urbain VIII. Ton pontif et duc digne
de moderer toute la terre. Cet acte public […] a fait voir a la Chrestienté, qu’il avoit
autant de capacité & d’esprit que de Noblesse & de credit, pour donner un jour à
Rome un souverain. »
Gabriel Du Bois-Hus s’adresse au pape lui-même : 18
« AU PAPE. SONNET. […]
Regent de l’Univers, couronne ta Vieillesse,
BOURBON ce cher trésor d’esprit & de Noblesse,
Est maintenant le Chef plus digne du Chapeau.
Raisonnables Destins, à quoy songent vos veilles ?
Il n’est point aujourd’huy de Miracle plus beau,
Nos Lys doivent-ils pas succeder aux Abeilles ? »
19 Ainsi, le prince se met au service du roi et rappelle son dévouement. Leur éducation a
préparé ses fils à l’imiter. En retour, il espère pour eux protection et soutien. En appuyant
la demande du prince de Conti, la France se trouvera affermie et grandie, le prince de
Condé étant le plus proche parent du roi après Gaston d’Orléans, les lys de France
succéderont aux abeilles d’Urbain VIII (1568-1644), qui mourut le lendemain de la
soutenance.
20 Ici encore, la thèse fait défaut ; on ignore s’il s’agissait d’un livret ou d’une affiche et on ne
sait rien de l’illustration. On y voyait peut-être, comme sur un almanach paru la même
année chez Ganière ( fig. 58 ), la régente en grand deuil et son fils en costume de sacre
entourés de la Prudence et de la Justice 18 et une vue de la bataille de Rocroi évoquant le
frère aîné du candidat.
21 Les chapitres de congrégations tenus à Rome furent aussi l’occasion pour quelques
couvents parisiens de rendre un hommage public au nouveau souverain. Les Franciscains
de Paris demandèrent à Grégoire Huret (1606-1670) de graver un frontispice mettant en
scène le jeune roi pour la thèse que les frères Modeste de Saint François et Joseph de
Saint Jean devaient soutenir à Rome en mai 1644 sous la direction de François Suarez, lors
de la réunion du chapitre général des Carmes (cat. 10, fig. 59 ). Destinée d’abord à célébrer
Richelieu ( fig. 60 ), la gravure avait été commencée en 1642. Le cardinal mort, Suarez fit
remplacer le portrait du ministre par celui de Louis XIV et le 18 janvier 1644,
moyennant 200 livres, il signa un nouveau contrat avec Huret stipulant que cette thèse
était désormais dédiée à la régente 19
. En définitive, elle le fut au roi, sans doute sur
recommandation de sa mère. En haut de la composition, au lieu de portraits
d’ecclésiastiques, les angelots tiennent une guirlande de laurier, de roses et de lys avec au
centre le visage de Louis XIII 20 proposé en modèle à son fils 21
. Couronné et en grand
costume, le camail d’hermine couvert d’un col de guipure, les colliers royaux autour du
cou, le sceptre et le bâton de commandement à la main, assis sur un trône et secondé par
le Zèle religieux et la Prudence, Louis XIV reçoit des jeunes femmes portant les armoiries
des princes alliés, alors que sous l’oeil vigilant de la Victoire qui lui tend une couronne de
laurier, en présence de l’Éternité et de la Magnificence, Hercule, Apollon, Mars, la Justice et
l’Ange divin terrassent l’Espagne, l’Empire et les ennemis de la France. Entouré de naïades
et de tritons soufflant dans leurs conques, maintenant des ancres, Neptune désigne les
positions de thèse gravées sur une tapisserie ornée de couronnes royales et du
monogramme de Louis, qui est tendue sur la proue de deux navires au chiffre de la reine,
pour célébrer la victoire navale du duc de Brézé sur les Espagnols devant Carthagène
le 3 septembre 1643. Une longue dédicace, la première qui apparaisse sur une affiche à
lui dédiée, chante les victoires du jeune roi. À l’intérieur de la composition, des devises
proclament son avènement et la continuité dynastique : « Il revit dans son fils », s’écrie le
Zèle religieux. Sur la lyre d’Apollon : « il ordonne que le fils de sa vertueuse épouse porte à
la fois son nom et le fardeau du gouvernement ». Sur la banderole près du portrait de
Louis XIII : « il règne sur le monde pacifié par les vertus paternelles 22 ». Cette
remarquable thèse historiée est la seule qu’Huret 23
, un des graveurs les plus recherchés
du moment, ait gravée en hommage à Louis XIV, alors qu’il reçut par ailleurs commande
d’illustrations célébrant notamment Mazarin en 1647 et Jean-François-Paul de Gondi
en 1649 24
.
F igure 58. – Anonyme, Almanach de 1644 (?).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.51 KB )
22 Deux autres thèses furent également dédiées au jeune roi en 1644 et 1645, avant que
n’éclate la Fronde (cat. 11 et 13). Elles furent soutenues par l’abbé Henri II de Savoie-
Nemours (1625-1659), de nouveau un proche parent, car un an plus tôt avait été célébré
au Louvre le mariage du frère aîné de l’impétrant avec la fille du duc de Vendôme, fils
naturel d’Henri IV. Comme celles du prince de Conti (cat. 9 et cat. 12), la première fut
signalée par la Gazette du 9 juillet 1644 25
, où on apprend que la reine envoya le comte
d’Harcourt au collège des Jésuites pour y tenir sa place et qu’y assistèrent quelques
princes, « plusieurs Prélats et Seigneurs de marque ». Soutenue également au collège des
Jésuites le 28 juillet 1645, la seconde thèse ne fut pas moins prestigieuse (cat. 13) ; la
Gazette 26 mentionne la présence « des Cardinaux de Lyon, Bichi & Mazarin, d’un trèsgrand
nombre d’autres prélats & de plusieurs princes, Seigneurs et grands de cette cour ».
Malheureusement ces thèses n’ont pas été retrouvées et on ignore si elles étaient
illustrées.
F igure 59. – Grégoire Huret, Tèse de Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean ,
1644.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 182.83 KB )
F igure 60. – Grégoire Huret, Tèse dédiée à Richelieu , 1642.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 198.7 KB )
De l’avènement au sacre (1645-1654)
23 Durant cette époque troublée les exercices scolaires continuèrent ; si l’université avait prit
parti pour le parlement, elle fut réservée face à la « fronde des princes ». Aucune thèse ne
fut dédiée au roi durant cette période, qui vit pourtant le collège de Clermont, où avaient
été soutenues les plus prestigieuses, organiser des cérémonies en son honneur. Selon le
Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, en août 1651,
« L’après-dîner, le Roi, la Reine furent au collège des Jésuites, rue S. Jacques, à une
tragédie dédiée au Roi, et intitulée Saül et dans les affiches qui ont été faites et
données par la ville, il y avait dans un ovale en taille douce l’image du Roi, qui a
semblé à beaucoup de gens une grande faute de jugement aux Jésuites d’avoir mis
l’image du Roi avec le nom de Saul, le Roi réprouvé de Dieu et qui a péri
malheureusement, et à sa Majesté dédié cette pièce funeste et de mauvais odeur et
présage 27
. »
Célébration du roi en province et à l’étranger
(1649-1653)
Thèses hors de Paris
24 Ayant quitté Paris en février, la famille royale et Mazarin arrivent à Dijon le 6 mars 1650 ; le
cardinal dirige le siège de Saint-Jean-de-Losne et soumet les rebelles bourguignons à
Dijon et Bellegarde ; en avril, la Bourgogne fait allégeance. Louis XIV en préside les États
et assiste au collège des Jésuites 28 à la thèse de théologie (cat. 15) que lui dédie Claude
Fyot de la Marche (1630-1720), fils de Philippe Fyot, second président au parlement, garde
des sceaux en la chancellerie de cette province. Le jeune roi était « accompagné de
Monsieur, son frère unique, & du Cardinal Mazarin 29 ». Le livret, un in-folio de neuf pages,
est illustré en regard de la dédicace des armoiries de France et de Navarre, entourées des
colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit et surmontées de la couronne royale
fermée, scandée des lys armoriaux ; au-dessous des armoiries, le L couronné de Louis
précise encore son identité. La planche anonyme et d’assez belle qualité a peut-être été
gravée à Dijon, ce travail rapide et peu onéreux ne nécessitait pas de grandes
compétences.
25 De toutes les thèses dédiées à Louis XIV qui nous sont parvenues, c’est la seule qui n’est
ornée que de ses armes, mais il est probable qu’il y en eut d’autres car en 1633, et
en 1634, pour leurs quodlibétaires dédiées à Louis XIII, Jean Chartier 30 et François Le
Vignon 31 avaient choisi chacun une gravure différente, qui montrait, comme pour Fyot,
les armes de France et de Navarre entourées des colliers des ordres royaux de Saint-
Michel et du Saint-Esprit. Si sur la gravure offerte à Louis XIV figurait de plus un L
couronné, ce n’était pas une nouveauté majeure, puisqu’un H couronné apparaît
dès 1605 au-dessous des armoiries d’Henri IV dans une thèse gravée par Léonard
Gaultier, où la couronne et les armes royales sont au centre d’une architecture triomphale.
Mais les couronnes des gravures dédiées à Louis XIII et son fils sont identiques, et
semblent reproduire avec fidélité l’original d’or et de pierreries, alors que celle d’Henri IV
paraît de fantaisie.
26 Deux jours plus tard, à Dijon, le roi assista à une autre thèse, cette fois de philosophie,
dédiée à son frère par le fils du comte de Quincé 32
. Cette présence royale aux
soutenances ne semble pas s’être renouvelée. Mais elle n’était pas sans précédent : en
mai 1611 à l’assemblée générale des Jacobins, « le roi, la régente, la reine Marguerite et
leur suite » furent présents à celle du P. Gregorio de Torrez 33
; en 1626, Louis XIII assista à
celle de ses demi-frères 34 le duc de Verneuil et le comte de Moret 35
. La présence de Louis
XIV, de Monsieur et de Mazarin à la thèse de Fyot avait une valeur politique dans cette
ville frondeuse.
27 Preuve de l’importance de la thèse dans la vie intellectuelle des Français, pour défendre
leurs idées, les frondeurs publièrent en 1649 huit mazarinades commençant par le mot
Questions , qu’on retrouve fréquemment dans les exercices de médecine et de théologie :
Quaestio Medica , Quaestio Teologica 36 …. Ils les éditèrent en livret et deux d’entre elles sont
agrémentées d’un portrait. Cette présence de la gravure vaut d’être soulignée, car les
mazarinades ne sont que rarement illustrées ; sans doute était-ce là aussi une façon
d’imiter les exercices académiques. Un premier livret anonyme, orné d’un portrait de
Philippe d’Anjou, frère du roi, a pour titre : Questions royales ou demandes et réponces entre
le roy et mons. son frère, pour bien et heureusement régir et gouverner le royaume en paix et
concorde 37
: une des réponses est qu’il faut « couper les ailes aux roitelets et farder les lois
fondamentales de l’État ». Une autre mazarinade montre le visage de Mazarin et pose la
Question s’il doit y avoir un premier ministre 38
. Le duc de Beaufort répond à la Question si la
voix du peuple est la voix de Dieu 39
? Citons enfin les Tèses d’estat, tirées de la politique
chrestienne, présentées à Monseigneur le prince de Conty 40 dont le titre montre bien
l’intention d’assimiler ces publications à de véritables thèses. Dans la dédicace, René de
Sainct-Clément précise :
« Les vérités qu’elle enseigne [la politique] s’apprenent mieux dans les cours que
dans les Ecoles. Ses meilleures leçons se font dans un camp, et non dans une chaire :
et c’est avec l’épée que se décident ses plus hautes et importantes matières. Les
Thèses que je presente à vostre Altesse, quelque clarté quelles puissent avoir, et
quelques fortes que soit la vérité qu’elles contiennent, elles ont neantmoins besoin
des lumières de vostre Esprit, et de la force de vostre Bras pour estre estalées et
soutenues en public […] Ces maximes politiques […] sont aujourd’huy debattues par
plusieurs, et mesmes ont été iusques icy renversées par les mauvais conseils et
funestes deportements de celui qui tient, ou qui a usurpé le souverain ministere de
cet estat […]. La France […] se sauvera du naufrage dont elle est menacée […] qui
sera le commencement d’un nouveau règne, dont la gloire et la félicité ne seront
iamais interrompues 41
. »
28 Dédier une thèse au prince de Conti, un des chefs de la Fronde, qui lui-même en avait
soutenu plusieurs offertes au roi et à la régente, n’était évidemment pas anodin. Après la
dédicace suivent comme pour une thèse ordinaire treize propositions, écrites en français
et non en latin, qui rappellent ce qui fonde l’autorité du souverain et son exercice et
dénoncent les « deux pestes du royaume », favoris et partisans. On sait que les débats
d’idées amenèrent souvent quelques pamphlétaires frondeurs à exposer clairement les
thèses de l’adversaire pour mieux les réfuter et mettre en lumière les leurs. La netteté des
articulations logiques étant ressentie alors comme un « élément fondamental de l’art de
persuader » ; il fallait pouvoir suivre sans difficulté les arguments pour y adhérer 42
. Ces
fausses thèses participent de ce mouvement. Preuve de l’importance des thèses et des
dédicaces, en 1651 Naudé prévoit de publier en réponse aux pamphlets contre Mazarin
« un recueil de tous les eloges, des épistres et autres semblables pieces faictes en diuers
temps et par diuerses personnes » en incluant les dédicaces de thèses 43
.
29 Offrir une thèse à la régente est un des procédés pour faire sa cour que dénonça l’abbé
de Chambon du Chatelet dans une autre mazarinade : L’advis à la reyne sur la conférence de
Rueil le 4 mars 1649 44
.
« Encor qu’en bonne récompense,
Estant certain que la pluspart
ont mis maints deniers au hazard,
Soit en livre, ou Thèse, ou Peinture,
Afin d’estre en bonne posture
Et d’obtenir asseurément
Quelque notable appointement,
Avoir Bénéfices ou Charges ;
Mais vous n’êtes pas des plus larges ;
Et ie croy bien que ces Messieurs
Peuvent chercher fortune ailleurs
S’ils ne l’ont déia toute faite ;
Car ie voy que vostre retraite
Va vous oster tout le moyen
De iamais leur faire du bien,
Que par vostre retraite mesme,
Qui leur feroit un bien extresme ;
Car vous les pouvez obliger
Allant au pays Estranger. »
Il conclut : 30
« Ne fondez point vostre espérance
Sur leffet de la Conférence [de Rueil]
Ou bien sur la facilité
De quelqu’honeste Député. »
31 Ainsi les thèses dédiées à la reine-mère sont probablement plus nombreuses que ne le
laissent supposer les rares exemples retrouvés, puisque trois seulement sont antérieures
à ce pamphlet, et datent de 1618 45
, 1639 et 1643 46
. Une seule est postérieure et date
de 1674 : il s’agit de célébrer sa mémoire (elle est morte depuis huit ans), à travers une de
ses plus illustres fondations, le Val-de-Grâce 47
, et de rendre hommage au roi :
« AETERNAE MEMORIAE ANNAE AUSTRIACAE/REGINAE ABBATIAE VALLIS-GRATIAE
MVNIFICIENTISSIMAE FVNDATRICI, CVIVS PIA SOLLICITVDINE : VOLENTE FILIO
LVDOVICO XIV/FRANCIAE, ET NAVARRAE INVICTISSIMO REGE… »
32 Si l’on en croit l’abbé de Chambon, Anne d’Autriche ne se montrait pas aussi généreuse
que les candidats l’espéraient, ce qui aurait ralenti leur ardeur.
33 En faveur de Mazarin, Le retour et restablissement des arts et mestiers en vers burlesques en
appelle à la paix et montre à quel point la Fronde est nuisible aux graveurs et raréfie les
thèses. La paix de Rueil proclamée, l’espoir revient :
« Les Graveurs pendant que les troubles,
Employoient tout le cuivre en doubles,
Estoient des plus humiliez,
Au rang des pechez oubliez ;
Taille-douce estoit abolie,
Et Madame melancholie,
Portoit les suppots de cet art,
A dire le diable y ait part,
Le pain estoit la seule Image,
Pour qui l’on mettoit tout en gage,
Bagues, ioyaux & demi-ceint ;
Sans reverer sainte ny saint,
Sinon Madame saincte frippe,
Favorable au mal de la tripe,
Maintenant petit à petit,
Ils se remettent en credit,
Affiche, Confrairie, ou Thèse,
S’en vont les remettre à leur aise,
Et l’eau-forte auec les burins,
Leur feront venir des quatrins 48
. »
Thèses hors de France
34 Il était d’usage que les ordres religieux dédient une thèse au souverain lors des chapitres
provinciaux ou généraux. Comme on l’a vu, François Suarez, carme de Paris, avait fait
soutenir à Rome en 1644 des thèses qu’il avait écrites, et fait graver pour l’occasion par
Grégoire Huret une allégorie à la gloire du jeune roi. À Rome toujours, avant 1649, ce
furent les Dominicains français de Toulouse qui lui adressèrent une thèse 49
. L’importance
de l’événement justifiait le choix de l’image, un portrait d’apparat de Louis XIV en grand
costume, assis sur son trône placé sous un dais (cat. 16, fig. 61 ), pour lequel Michel Lasne,
son graveur ordinaire, logé aux galeries du Louvre depuis 1633, prit pour modèle l’effigie
peinte un an plus tôt par Henri Testelin 50
. Sous son burin, le visage du roi s’étoffe, ses
cheveux sont plus souples et plus volumineux, son geste plus ample et plus dynamique.
Désormais couronné de laurier, il s’appuie sur un bâton de commandement et, en signe
d’autorité, posés sur un carreau, le sceptre d’Henri IV et la couronne remplacent les
attributs des arts. Dans le panégyrique adressé à la reine en 1644, Du Bois-Hus indique
qu’avec son air majestueux le roi a le comportement et la prestance d’un adulte. Cette
gravure convenait parfaitement pour célébrer sa puissance, réaffirmée par la paix de
Rueil, signée le 11 mars, qui mit fin à la fronde parlementaire.
35 Est-ce pour une soutenance romaine ou parisienne que vers 1659 ou 1660 fut dessinée
l’ Allégorie de Louis XIV entouré de Minerve, de la Victoire et de Saturne foulant l’Ignorance ?
Sans doute conçue pour une thèse, cette belle feuille exécutée dans l’entourage de Pierre
de Cortone montre le roi assis en armure, âgé d’une vingtaine d’années, entouré des
dieux. C’est une des premières manifestations de ce recours à la mythologie qui allait
bientôt s’imposer pour célébrer le monarque (cat. 27).
36 Rome ne fut pas la seule ville hors de France où l’on dédia des thèses au roi. Louis-Henri
de Loménie de Brienne rapporte dans ses Mémoires 51 ses désillusions concernant une
gravure commandée en 1652 pour l’exercice de philosophie qu’il défendit au collège des
Jésuites de Mayence : le graveur « ne fit rien que des Gotthlifichets sans nombre, qui
oppressoient une tête encore plus mal faite et qui ressemblait aussi peu à Louis XIV qu’au
grand turc » (cat. 18). Les dédicaces au roi n’étaient donc pas alors le seul fait des
ecclésiastiques. La Fronde se déchaînant à Paris, cet hommage rendu par le fils du
secrétaire d’État aux Affaires étrangères Henri-Auguste de Loménie de Brienne
(1594-1666) 52
, dont la fidélité à Louis XIV et à Anne d’Autriche fut indéfectible, est donc un
témoignage important.
F igure 61. – Michel Lasne, Tèse de Michel Jourdain , 1650-1652.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.66 KB )
37 Bien qu’il ne soit pas le dédicataire de la thèse d’Herman Klöcker soutenue au collège des
Jésuites d’Aix-la-Chapelle en juillet 1656 53
, Louis XIV apparaît au bas de l’affiche gravée par
Bartolomäus Kilian, avec Ferdinand III, Christine de Suède et Philippe IV (cat. 23). La
couronne sur la tête, en camail d’hermine, colliers des ordres royaux au cou, vêtu à la
dernière mode, il tient avec les autres monarques une chaîne que leur tend le pape
Alexandre VII, assis dans le ciel et dont se servent des putti pour relier les quatre parties
du monde. C’est la seule où Louis XIV apparaît avec d’autres souverains. Son père avait été
figuré aussi avec ceux de l’Europe dans une pièce allégorique gravée vers 1638-1640 par
Karl Audran 54 d’après Esprit Grandjean, peintre de la cour de Savoie, sans doute pour une
thèse dédiée au nouveau duc Charles-Emmanuel II (1634-1675). Portant également la
couronne, vêtu d’un costume moderne avec les ordres sur son camail d’hermine, Louis
XIII désigne de son sceptre le portrait de son neveu dans un globe porté par des amours.
Vers l’affirmation du pouvoir royal (1653-1660)
Les années 1653-1659
38 Entre 1653 et 1659, on ne connaît que deux thèses dédiées à Louis XIV alors que dans la
même période Mazarin n’accepta pas moins de vingt-quatre dédicaces 55
. Vers 1653, pour
célébrer « la fin des troubles civils », on utilisa une composition peinte à Rome par Charles
Le Brun dix ans plus tôt à l’occasion de l’avènement du roi, qui, pour une raison inconnue,
n’avait pas alors été gravée (cat. 20, fig. 62 ). Les changements apportés à la composition
initiale sont minimes, car le sujet s’appliquait aux événements récents. On y voit le roi sur
un bige, dont la Sagesse et la Tranquillité tiennent les chevaux par la bride, tout en lui
désignant ses ancêtres qui assistent à son triomphe assis sous un portique. En costume
de sacre, la main appuyée sur un bâton de commandement fleurdelisé, Louis est précédé
de Mars et d’Hercule qui terrassent les derniers ennemis de la France ; un arc de triomphe
ferme l’espace, derrière lequel on aperçoit une pyramide, symbole de l’immortalité et de
la gloire des princes. Dans les airs, deux amours brandissant les armes de France et de
Navarre et la couronne royale rappellent l’autorité dont le jeune monarque est investi. La
seule présence de ses armes suffit à calmer le cheval effrayé que leur ombre apaise. On
pense au jeune Alexandre domptant Bucéphale, mais alors qu’il opérait seul cet exploit,
Louis se repose en apparence sur Minerve. Ce parallèle entre les deux héros est proposé
sans détour : sur l’arc triomphal, devant la pyramide, se dresse l’un des Dioscures du
Quirinal 56
, que l’on croyait alors représenter Alexandre. Ainsi, pour la première fois et bien
plus tôt qu’on ne le pense, cette iconographie, déjà adaptée pour son père et le prince de
Condé, célèbre Louis XIV 57
.
F igure 62. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Louis XIV enfant, debout sur un
char conduit par la Sagesse et la Prudence , 1653-1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 132.46 KB )
39 Cette illustration est la première composition ambitieuse et de grand format spécialement
conçue pour le roi. Haut et bas forment un tout. Si Le Brun avait déjà fait deux essais en
ce sens en 1638, il n’était pas encore allé aussi loin (cat. 1 et 2). La thèse gravée
en 1644 par Huret pour Suarez est un autre précédent, mais à l’origine la gravure devait
célébrer Richelieu. Ici la célébration du roi prend un ton nouveau. Par sa somptuosité,
cette thèse ne le cède en rien à celles qui furent dédiées à Richelieu, Mazarin ou Séguier.
40 Cette illustration s’apparente à celle que Lucas Vorsterman grava en 1626 58 pour la thèse
de théologie d’Henri de Bourbon (1601-1682), futur duc de Verneuil, alors évêque de Metz.
Ce fils naturel d’Henry IV et de Catherine-Henriette de Balzac d’Entragues avait choisi de
célébrer les victoires du roi son demi-frère, assista à la soutenance. Au frontispice de cette
grande thèse ( fig. 63 ), une des plus magnifiques qui lui ait été offerte, Louis XIII
représenté en empereur romain, debout sur un quadrige, terrassant ses ennemis, passe
sous un arc de triomphe ; la Victoire le couronne de laurier en présence des Vertus, de la
Piété et de la Religion. Cette gravure connut un succès durable, dont atteste une médiocre
copie, qui servit avant 1646 à célébrer la prise de Béthune 59
, puis après 1658 celles de La
Capelle (1656) et de Dunkerque (1658) 60
. La composition initialement gravée par
Vorsterman était donc présente dans les mémoires et il est possible que le commanditaire
de 1643 y ait renvoyé Le Brun.
41 Gravée par Rousselet, la composition de Le Brun fut réactualisée à plusieurs reprises et
cet usage répété répondait sans doute au désir d’imposer une nouvelle image du roi par
une oeuvre d’une qualité exemplaire. Cette représentation triomphale apparaît aussi
en 1654, peu après le sacre, au plafond du petit cabinet de l’appartement du roi au
Louvre, où Le Brun y montre Louis XIV sur un char de triomphe accompagné de figures
allégoriques. Mais la scène qui se déroule dans les cieux est devenue sereine : Minerve
couronne le roi portant une armure fleurdelisée et un cimier orné du coq gaulois, ayant
d’une main la statuette de la Victoire et de l’autre un faisceau de licteur renversé, symbole
d’unité. Il est précédé de la Victoire, de l’Abondance et de la Renommée 61
. Comme dans la
gravure de Rousselet, il s’agit de célébrer la fin de la Fronde 62
.
42 De cette époque de stabilisation date une autre thèse dédiée à Louis XIV, soutenue
probablement en France vers 1653 63
, qui fait également allusion à la fin des troubles.
Probablement proche de la cour, le candidat s’adressa à Pierre Daret (1604-1678) et pour
la première fois, une thèse montre le roi revêtu d’une armure à l’antique sous l’apparence
d’une divinité, en l’occurrence Apollon (cat. 17, fig. 64 ). On sait que le 23 février 1653, le roi
était déjà apparu en Apollon en interprétant le Soleil du Ballet royal de la nuit dans la salle
du Petit-Bourbon et également le 14 avril 1654, dans Les nopces de Pélée et de Tétis de
Benserade, où il terrassait le serpent Python pour célébrer sa victoire sur la rébellion 64
.
F igure 63. – Lucas Vorsterman, Tèse d’Henri de Bourbon dédiée à Louis XIII , 1626.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 183.78 KB )
F igure 64. – Pierre Daret, Louis XIV tenant les divinités enchaînées , 1651-1652.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 109.78 KB )
43 La composition maladroite de Daret est inspirée d’un frontispice de thèse gravé avant
1647 par Johann Friedrich Greuter (1590 ?-1662) d’après Giovanni Lanfranco (1582- 1647)
et dédié à Urbain VIII (cat. 17, fig. 65 ). Assis sur un trône, la tête auréolée, Louis vide d’un
geste auguste une corne d’abondance chargée d’aimants 65 que récoltent des amours
couronnés vêtus d’écharpes fleurdelisées ; près de lui d’autres amours rapprochent les
nuages où sont enchaînés d’un côté la Papauté et la Religion, de l’autre Mars et Minerve ;
prisonnier d’Hercule, Mars regarde Minerve tandis que Mercure écarte avec impatience
un enfant qui cherche à l’enchaîner ; un autre retient deux femmes incarnant les vices. Au
loin une vue maritime, par allusion peut-être aux batailles qui se déroulèrent autour de
Bordeaux en 1653 et mirent fin à la révolte de l’Ormée 66
. Par une force invisible, toute
divine, dont il répand les bienfaits, le jeune roi protège la Religion et l’Église et défend la
Paix tout en tenant les vices enchaînés. Ainsi, de cette pierre d’aimant qui attire tout à elle
par une force mystérieuse, Louis XIV est le dispensateur, si bien que tel un Dieu, il régit la
marche du monde. Son apparition rappelle le pouvoir de droit divin confirmé par le lit de
justice de 1650 et la déclaration de sa majorité le 7 septembre 1651.
F igure 65. – Johann Friedrich Greuter d’après Giovanni Lanfranco, Tèse dédiée à
Urbain VIII , avant 1644.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 112.04 KB )
44 Dans le frontispice de la tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat le 29 janvier 1654,
c’est sur un autre mode qu’Abraham Bosse célèbre le pouvoir spirituel du roi. Pas de
représentation physique de Louis XIV, mais la dédicace « AV ROY » ne laisse pas de doute
sur son destinataire (cat. 21). Au fronton d’une porte triomphale, des anges tiennent des
tableaux renfermant des scènes tirées de la vie du Christ. Sur la base des colonnes, d’un
côté la colombe du Saint-Esprit porte la Sainte Ampoule, de l’autre un ange tient un lys,
par allusion au sacre qui doit avoir lieu le 7 juin 1654, à la mission divine du roi et aussi à
son rôle sacré, comme le souligne l’impétrant dans la dédicace en français, qui rappelle
que le roi de France porte le titre de « très Chrétien », qu’il est fils aîné de l’Église, que
l’onction qu’il reçoit lors du sacre est « la marque d’une alliance éternelle » avec le Ciel et
qu’à l’égal du Christ, sa plus grande « complaisance » réside dans l’administration de la
Justice en faveur des pauvres et des infortunés. C’est l’occasion pour Jacques Ladvocat de
souligner que le Ciel condamne ceux qui ont pris les armes contre la couronne, en
d’autres termes, les frondeurs et tous ceux qui agissaient contre la sécurité du royaume.
Le roi n’est-il pas « donné de Dieu pour la consolation de ses sujets » ?
45 Ainsi, comme avant lui le prince de Conti, Ladvocat célèbre les vertus du roi et sa « justice
toute royalle » et, comme bien d’autres candidats, fait assez rapidement allusion à Anne
d’Autriche, « cette incomparable reine », ce que ne laisse pas deviner l’illustration. Si la
situation politique du royaume est évoquée, la gravure n’en laisse rien paraître. Ladvocat
affirme pourtant :
« vos Ennemis ont esté depouillez, de leurs conquestes et de leurs trophées […] Ouy,
Sire, tous les princes et toutes les na[ti]ons refractaires à vos loix periront, vous serez
un Roy fort dont toutes les entreprises auront vn heureux succez, & dont le Throsne
s’elevera sur to’[us]. Les Peuples du Couchant ».
Les années 1659-1660
46 Le cuivre gravé en 1653 par Rousselet d’après Le Brun (cat. 20a) qui montrait Louis XIV sur
son bige fut réutilisé en 1659, avec quelques changements ; retravaillé, le visage du roi est
maintenant coiffé d’une longue perruque, car ses « cheveux furent sacrifiés 67 » lors de la
fièvre maligne qu’il contracta après la bataille des Dunes (cat. 25, fig. 66 ). Sur la porte
triomphale, on a ajouté une statue de l’Abondance et près des Vertus, leurs noms en
français. Pour suivre de près l’actualité et célébrer le roi victorieux, on a gravé sur la porte
triomphale, « LVDOVICO XIV ADEO DATO, SEMPER AVGVSTO, PIO, FORTI, PACIFICO,
TRIVMPHANTI » et sur le palais à gauche, l’année 1659 en chiffres romains. Fait nouveau,
la statue de la royauté surmonte maintenant la colonne près de la pyramide, dans l’axe de
la porte triomphale fermée, derrière laquelle dans la grisaille apparaissaient des armées.
Le tympan a été surmonté d’un buste de Janus transformant cet enclos triomphal en
enclos de la paix, avec sur l’architrave : « IANO CLAVSO ». L’iconographie précédente est
toujours d’actualité, car les mêmes allégories peuvent célébrer tour à tour l’avènement du
nouveau roi, la fin de la Fronde et le traité des Pyrénées. Le procédé n’est pas nouveau et
a déjà été mis en oeuvre en 1644 dans la thèse de Suarez (cat. 10) et en 1654 par Daret
(cat. 17). Ces trois exemples montrent que l’iconographie est interchangeable et qu’elle
confère à la représentation un caractère universel ; la vraisemblance est assurée par le
visage du roi et les inscriptions. Par ailleurs, ces réutilisations étaient un gain de temps et
d’argent considérable pour les artistes et le candidat.
47 En 1659, les thèses dédiées au roi sont plus nombreuses. La paix des Pyrénées pour
laquelle le cuivre de Rousselet a été retravaillé est à l’origine d’une autre composition
probablement destinée à une thèse. Sobre et imposante, cette gravure de François de
Poilly montre Louis XIV couronné par la Victoire, assis sur un trône devant le temple de la
Paix, tenant un médaillon à l’effigie de Mazarin tandis que la France dresse un trophée
d’armes et que la Belgique espagnole se lamente (cat. 24).
F igure 66. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée à Louis XIV , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 141.36 KB )
48 Entre le roi et son ministre, certains impétrants hésitaient encore. Ainsi, en 1656 le second
fils du maréchal d’Hocquincourt dédia sa thèse de philosophie à Mazarin 68 et non à Louis
XIV. Mais cette hésitation n’est pas le seul fait des étudiants. Comme le montre Nicole
Ferrier-Caverivière, les orateurs de l’Académie française « ne se sentent d’ailleurs pas du
tout obligés de lui ménager une place dans chacune de leurs interventions, et, lorsqu’il
leur arrive de saluer les qualités de leur jeune souverain, quelques paroles suffisent.
Comme dans les années précédant 1660, Richelieu et Séguier mobilisent les plus vifs
éloges 69 ». Ainsi, en 1659, l’abbé de Montgaillard préfère dédier sa thèse de théologie au
cardinal (cat. 26, fig. 67 ) ; cependant, signe d’un changement politique, sur le conseil de
Mazarin peut-être, elle est ornée d’un portrait du roi en Jupiter. Selon Mariette qui décrit la
composition de Le Brun, gravée par Pieter Van Schuppen, Mars incarne l’empereur et
Neptune le roi d’Angleterre, ils portent chacun un faisceau d’armes, par allusion aux
armoiries du cardinal, et s’en servent pour chasser le lion, qui incarne l’Espagne, et le
contraindre à la Paix. C’est proclamer le rôle déterminant du cardinal, qui, selon la
dédicace de l’abbé de Montgaillard, a apporté « la paix au monde chrétien, la félicité au
royaume et la sécurité à la Religion par l’union de la France et de l’Angleterre ».
49 La présence de Neptune évoque l’alliance avec Cromwell scellée par le traité de Paris
le 23 mars 1657, qui permit à Turenne de remporter l’année suivante la bataille des Dunes
et de prendre Bergues, Furnes, Dixmude, Gravelines, Audenarde et Ypres, ainsi que
Dunkerque et Mardyck, cédées aux Anglais. Ainsi tout annonçait la victoire prochaine sur
l’Espagne 70
. Le choix du sujet se comprend d’autant mieux que le frère du candidat était
Charles Percin de Montgaillard, lieutenant des mousquetaires du roi, qui avait eu un
comportement héroïque à la bataille des Dunes et à la prise de Dunkerque.
Si 50 Montgaillard a ajouté le portrait du roi à la thèse qu’il lui dédiait, il n’en fut pas de même
de Charles-Maurice Le Tellier 71
. La composition de Le Brun, gravée par François de Poilly
pour célébrer la paix des Pyrénées, montre le combat de Mars et de Minerve pour
nommer la ville d’Athènes. Près de la déesse, des amours autour d’un olivier signalent
l’avènement de la paix. La présence de Jupiter et de Junon évoque sans doute les noces
royales qui doivent l’assurer ; elle est cependant bien discrète par rapport à celle de
Neptune et de Minerve. Comme Montgaillard et Charles-Maurice Le Tellier, l’abbé de
Bouillon préféra lui aussi s’adresser à Mazarin 72 alors que de 1661 à 1667, il dédiera au
moins trois thèses à Louis XIV.
51 Dans le décor des appartements du Louvre entrepris entre 1653 et 1655, la régente et
Mazarin eux-mêmes n’avaient réservé qu’une place modeste au roi, et on glorifia avant
tout leur gouvernement. Ainsi, au plafond de la grande chambre du conseil, Le Brun avait
le projet de représenter Anne d’Autriche en allégorie de la Justice accompagnée des vertus
des ministres, recevant des mains de Jupiter un bouclier à l’effigie de son fils, mais l’oeuvre
ne vit pas le jour. Le parallèle avec la gravure de Poilly, exécutée en 1659, où Louis XIV
porte un bouclier avec le portrait de Mazarin, montre l’évolution par l’iconographie royale
(cat. 24, fig. 68 ). Ce ne fut qu’après le sacre, en juin 1654, que les décorations de la
chambre et du petit cabinet du Roi furent entreprises, et on ne célébra alors que son seul
pouvoir. Pour le plafond du petit cabinet, Le Brun proposa un Louis XIV dirigeant le char de
l’État . Le roi aurait du réapparaître aussi en 1659 au plafond de son salon ovale, où pour
commémorer son mariage et la paix des Pyrénées, le peintre prévoyait de le montrer en
compagnie de la Monarchie recevant des mains de Vénus un bouclier à l’effigie de Marie-
Thérèse 73
. Mais Charles Errard remporta la commande et l’oeuvre ne fut pas exécutée.
C’est donc dans la gravure que l’allégorie louis-quatorzienne trouva pour la première fois
à développer les thèmes qui seront repris dans le décor des Tuileries.
F igure 67. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun (?), Tèse de Pierre-Jean-
François Percin de Montgaillard dédiée à Mazarin , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 99.66 KB )
F igure 68. – François de Poilly, Tèse supposée, Louis XIV tenant un bouclier à l’effigie de
Mazarin , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 96.41 KB )
52 La Tèse du roi en sa jeunesse , gravée par Rousselet d’après Le Brun en 1653-1654 (cat. 20)
et la Tèse de la paix des Pyrénées , gravée par Poilly en 1659 (cat. 24), annoncent une
nouvelle période. En 1659, Louis Martinet 74 souligne que pour « connaître la grâce et la
majesté de ce corps tout royal et tout auguste, il la faudrait voir dans les actions, dans
tous les exercices ou les avantages de la nature et de l’habitude sont si sensibles… » Il
propose donc de montrer tour à tour le roi en costume de sacre sur son trône, sur son lit
de justice, tel Salomon, à cheval avec un bâton de commandement, dans un ballet,
représentant un héros de l’Antiquité, et au milieu des Muses. Il en dresse le portrait moral,
et mettant en évidence ses vertus, conclut :
« Et pour ne point passer d’un portrait à une histoire tout entière, il suffit de dire qu’il
n’y a jamais eu dans un même sujet tant de courage sans vanité, tant de justice sans
sévérité, tant de prudence sans art, tant de retenue sans austérité ; et c’est dans
cette âme tout accomplie que l’on reconnoit que la magnanimité comprend
ensemble toutes les élévations d’une grandeur héroïque et toute la modération
d’une puissance qui se tempère elle-même pour agir plus doucement sur toutes les
choses qui lui sont soumises ; que comme tous les troubles n’ont point ébranlé ce
prince, que la présence de la mort ne l’a point étonné, il a encore plus de fermeté
dans la prospérité, et cet éclat qui a été capable d’éblouir la sagesse la plus
consommée, n’a servi qu’à augmenter le respect et l’amour envers Dieu, qui est la
principale bénédiction des bons princes et la source inépuisable de toutes les
autres. »
53 Ce panégyrique, qu’illustrent les gravures de Rousselet (cat. 20, 25), de Bosse (cat. 28) et
de Poilly (cat. 24), se termine par l’espoir de l’auteur de voir ce portrait complété par
« deux choses considérables, l’une de donner la paix à la chrétienté, et l’autre de donner
des successeurs à la couronne ».
Le pouvoir personnel : le roi triomphant (1661-1715)
54 À partir de 1661, les thèses dédiées au roi se multiplient et revêtent deux formes : les
compositions historiées, qui sont les plus prestigieuses, et les simples portraits.
Compositions historiées
55 Alors qu’en 1660 l’abbé de Bouillon avait dédié sa première thèse de philosophie à
Mazarin 75
, il choisit le roi pour mécène de la seconde, qui fut soutenue le 10 juillet
1661 au collège de Navarre. Sous le crayon de Le Brun et le burin de François de Poilly,
Louis XIV apparaît en majesté (cat. 33, fig. 69 ), assis sur un pavois placé sur un char, sous
un arc de triomphe fait de deux palmiers dont les rameaux se rejoignent, maintenus par
la couronne royale ; il occupe le centre de la composition tandis qu’au fond des ouvriers
travaillent à la construction des Tuileries. L’ordre du Saint-Esprit autour du cou, vêtu à la
romaine, en manteau fleurdelisé, et cape d’hermine, les pieds chaussés de sandales, le
casque posé près de lui, il s’appuie sur son bâton de commandement et regarde avec
distance. Cette présentation sans précédent s’éloigne de l’image traditionnelle du roi sur
son trône par Michel Lasne (cat. 16).
F igure 69. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-Téodose de La
Tour d’Auvergne , 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 169.09 KB )
56 Comme dans la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20), haut et bas forment un tout et comme
dans celle de Monchy d’Hocquincourt (cat. 29) en août 1660, des légendes précisent le
sens de la composition. Ainsi, devant les roues, les génies des arts et des sciences
tiennent deux écus, dont l’un porte un soleil au-dessus des flots (il regarde avec affection
ceux qu’il a soumis), l’autre une effigie de Minerve appuyée contre un globe que peint un
des génies (il se réjouit dans sa propre ombre). Selon la formule habituelle aux grandes
thèses historiées et analogue à celle du père Suarez en 1644 (cat. 10), aux pieds du roi un
cartouche renferme la dédicace qui célèbre sa toute-puissance, son hégémonie après la
paix des Pyrénées, son mariage le 9 juin 1660, son entrée triomphale à Paris le 26 août et
son pouvoir renforcé par la mort de Mazarin le 9 mars 1661 76
. Cette toute-puissance est
matérialisée par la place extraordinaire accordée à la couronne 77
. L’activité des ouvriers
autour des Tuileries s’explique par l’ordonnance royale du 31 octobre 1660 pour la reprise
des travaux du palais. Comme pour la Tèse de la paix des Pyrénées (cat. 24), le rapport avec
l’actualité est plus étroit qu’il ne semble, mais tout se fait par allusions. Il s’agit de célébrer
le pouvoir personnel du roi, qui gouverne par lui-même, en l’absence de tout autre
personnage et de toute figure allégorique ; seuls des putti dévoués à sa gloire s’activent à
ses côtés.
57 Une seconde grande thèse marque le début du règne personnel. Datée du 2 juillet 1662,
elle n’est pas dédiée au roi mais au Dauphin par Louis-Hugues de Lionne, fils aîné
d’Hugues de Lionne, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, qui avait négocié la paix des
Pyrénées (ann. I.C-1, fig. 70 ). Avec Le Tellier et Fouquet, Hugues de Lionne était un des
trois ministres que Mazarin avait recommandés au roi. Dans cette composition d’Abraham
Bosse 78
, l’impétrant et son père célèbrent sa puissance et la protection de Dieu dont il
bénéficie avec la France. Ainsi, ce vers des Bucoliques , « PACATVMQVE REGET PATRIIS
VIRTVTIBVS ORBEM 79 » (« Et il règne sur le monde pacifié par les vertus paternelles ») est
inscrit sur le tapis du trône de la Religion qui porte l’enfant roi, illuminé par des rayons
divins ; il est coiffé de la couronne et vêtu d’un camail d’hermine, la croix du Saint-Esprit
autour du cou ; la Force d’âme et la Justice lui tendent le sceptre et la main de justice. Ainsi
se trouvaient réalisées « les deux choses considérables » souhaitées par Martinet pour
l’accomplissement du portrait du roi : « la paix donnée à la chrétienté » et la succession à
la couronne assurée, événements dont les illustrations de thèses se firent l’écho.
58 La composition gravée par François de Poilly d’après Le Brun pour la tentative de Charles-
Maurice Le Tellier, frère de Louvois, plus ambitieuse encore, retrace l’histoire du roi.
Soutenue en février 1663 à la Sorbonne, elle montre, sur deux colonnes historiées, les
sièges et victoires de Louis et divers épisodes de sa vie. Au centre, le Temps dévoile et
pose sur un globe son portrait et le présente à l’Histoire ; la Providence le prend sous sa
protection et, entourée d’enfants 80
, la Monarchie lit son histoire. Mars combat les vices et
dans la partie inférieure, Apollon et Hercule se reposent chacun sur des médaillons
présentant respectivement la Religion triomphant de l’Hérésie et la puissance invincible et
magnanime de la royauté. Il était difficile pour le public de décrypter les scènes gravées
sur les colonnes, mais on comptait avant tout sur la puissance triomphale qui s’en
dégage. Il s’agit ici moins d’informer que de proclamer. Si la présence des colonnes
romaines de Trajan et d’Antonin indique que le roi surpasse les empereurs romains, c’est
aussi une allusion aux colonnes d’Hercule : au bas des positions, le héros se repose après
avoir porté les colonnes ; les scènes figurées sur celle de gauche célèbrent le traité des
Pyrénées et le mariage du roi.
F igure 70. – Abraham Bosse, Tèse de Louis-Hugues de Lionne dédiée au Dauphin , 1677.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 131.45 KB )
59 Ordinairement, les colonnes d’Hercule sont un emblème des Habsbourg d’Espagne, qui
marquaient ainsi les limites de leur Empire Ces nouvelles colonnes surmontées chacune
d’une fleur de lys symbolisent donc à leur tour l’étendue du royaume de France, ce dont
attestent sur celle de droite les batailles entourées des palmes de la Victoire. On sait que
lors de l’entrée du roi à Lyon 81 en 1660, une figure allégorique de la Guerre se tenait
debout sur un char entre deux colonnes historiées dont l’une représentait la France,
l’autre la Castille et le Léon. En 1662, Ménestrier en donne une image dans L’art des
emblèmes et explique la présence du char :
« Il serait à souhaiter pour la gloire des Heros qu’ils missent eux mesmes des bornes
volontaires à leurs desseins avant que le Temps ou la Mort leur en fissent de
necessaires […] la modération de nostre Monarque qui ayant plus d’ardeur & de
courage que n’en eurent tous les Heros de la vieille Grece & de Rome, a sceu retenir
ces mouvemens genereux au milieu du succès de ses victoires, & donner
volontairement des bornes à sa fortune. Ce sera aussi ce Trophée que rendra
glorieux dans l’histoire de tous les siècles, quand on sçaura que ce ieune
conquereant a préféré le repos de ses Peuples aux avantages de sa gloire & sacrifié
ses interests à la tranquilité de ses Sujets 82
. »
60 La présence d’Apollon s’appuyant sur sa lyre renforce l’idée que les arts peuvent renaître.
Lors de son voyage à Paris en 1665, Le Bernin revint sur ce motif, et pour agrémenter
l’espace entre le Louvre et les Tuileries, proposa d’élever deux colonnes historiées sur le
modèle de celles de Trajan et d’Antonin, qui, comme la gravure de Poilly, devaient aussi
rappeler les colonnes d’Hercule et cantonner la statue équestre du roi 83
.
61 C’est également en 1663 que Charles Amelot s’adressa lui aussi à Le Brun pour illustrer sa
thèse de philosophie, soutenue le 2 septembre au collège d’Harcourt. Robert Nanteuil
dessina et grava le visage du roi, Gilles Rousselet le reste de la composition, chaque détail
contribuant à la richesse du discours. Louis XIV conduit le navire de l’État, dont la proue,
sculptée aux armes royales cantonnées de deux dauphins par allusion à la naissance de
Louis er le 1 novembre 1661, est surmontée de la couronne et ornée de guirlandes (cat.
42). Secondé par la Sagesse, la Prudence, la Valeur et la Tempérance qui rament sous les
ordres de l’Autorité tenant un sceptre et des clefs, le roi se retourne impassible, tandis que
dans le ciel la Gloire et la Charité chrétienne l’invitent à délivrer Dunkerque. Cette
supplique est signifiée par le médaillon que lui présente la Charité, appuyée contre une
corne d’abondance chargée de pièces d’or et de fruits, dans lequel l’Hérésie piétine la croix
et le calice avec sous son joug la ville reconnaissable à ses armoiries. La corne
d’abondance et le coeur brûlant témoignent de l’amour et de la générosité du roi qui
racheta Dunkerque le 27 octobre 1662 moyennant 5 millions de livres : conquise par
Turenne le 23 juin 1658, la ville avait été cédée à l’Angleterre la même année. En signe de
reconnaissance, la Justice tient au-dessus du roi une couronne d’étoiles, symbole de
l’Éternité ; la Renommée et la Victoire devancent le vaisseau royal, qui est escorté par un
triton qui souffle dans une conque. Comme sur les thèses dédiées au Dauphin par Lionne
en 1662 (ann. I.C-1), les positions sont inscrites sur la peau du lion de Némée 84
, car Louis
est l’Hercule français, qui d’une main tient le timon de son navire et de l’autre la
redoutable massue. Vêtu à l’antique, il porte une cape brodée de lys. Nivelon 85 indique
que les Zéphirs de la thèse sont là pour « exprimer la douceur et la tranquillité de ce
temps, semblant rafraîchir de leurs douces haleines, après les longs malheurs de la
guerre, les Arts qui sont au-dessous ».
62 La prise de Dunkerque, le mariage du roi et son arrivée au pouvoir passent pour les
événements importants de ce début de règne. En 1659, Antoine Paillet y fait aussi allusion
dans son morceau de réception à l’Académie en représentant Le triomphe d’Auguste après
la bataille d’Actium 86 et en 1682 on les retrouve en grisaille à Versailles au plafond de la
galerie des Glaces. Pour er la thèse de philosophie du comte de Saint-Pol soutenue le 1
août 1664 (cat. 49, voir fig. 78 ), Le Brun les évoque dans un langage purement
allégorique. Le roi apparaît à cheval, terrassant sans effort et sans haine la Fureur, la
Rébellion, l’Ignorance et la Crainte, sous l’oeil de la Providence, appuyée sur un globe
fleurdelisé qu’un amour lui présente, montrant sa domination sur le monde. La
Renommée souffle dans sa trompette. Pour Nivelon, il s’agit de « représenter ce que Sa
Majesté a exécuté par sa prévoyance et sa valeur pour le bien de son royaume 87 ». Sept
médaillons tenus par des amours décrivent les épisodes récents du règne, comme Rocroi
et le mariage royal, et rappellent les fondements de la royauté de droit divin.
63 Dans ces compositions, aucune inscription ne mentionne de façon directe la prise de
Dunkerque, ni ne précise le sujet, aucune n’évoque le mariage du roi ou la naissance du
Dauphin ni ne nomme les batailles. Il en fut toujours ainsi dans les thèses, où
contrairement aux almanachs, on préfère les devises aux légendes. Les thèses s’adressent
à un public instruit. Tout y est allusion et garde ainsi un caractère universel. Au contraire,
les almanachs font directement référence aux événements qui ont rythmé l’année
précédente et recourent rarement à l’allégorie. Dès le début du xvii e siècle, parallèlement
aux thèses, ils servent la propagande royale, et sous leur influence se transforment à
partir des années 1660. D’abord réduite à un large bandeau avec parfois deux montants,
l’image s’étend désormais sur toute la feuille dont la hauteur dépasse 80 centimètres.
Dans une annonce au Mercure galant dédié au Dauphin en décembre 1692 88
, l’éditeur
Nicolas er I Langlois fait savoir qu’il poursuit l’histoire du roi en almanachs ; cherchant à
combattre le discrédit dont ils souffrent alors, il remarque : « Cependant il s’est fait
plusieurs belles Theses qui n’ont pas eu pour le Dessein & pour l’exactitude, plus d’étude,
ny plus de perfection, rien n’estant obmis dans ces Almanachs. » Il souligne ainsi la
parenté entre les deux genres. Mais contrairement aux thèses :
« Les Plans des Villes, les Camps, les attaques, tout est recueilly des Ingénieurs, ou
des Peintres qui ont esté sur les lieux. Les habillemens des Personnages s’y trouvent
souvent les modes des temps, & sont ordinairement dessinez par le Sr. Saint Jean,
Peintre, qui réussit le mieux en ce genre, & dont on voit un nombre de belles Figures
qu’il donne au Public de temps en temps. [...] Ce qu’il y a encore de considérable
dans ces mêmes Almanachs, c’est qu’ils comprennent tous les sujets remarquables
de chaque année & qu’ils servent à rafraîchir la mémoire par les dattes qui y sont
marquées fort. »
64 Le parallèle opéré par Langlois montre que l’almanach, genre moins noble que la thèse,
retraçait plus précisément les hauts faits du monarque.
65 On s’adresse désormais à Louis XIV plutôt qu’aux ministres. Après avoir dédié sa première
thèse à Mazarin en 1660, l’abbé de Bouillon dédia la seconde au roi (cat. 33) en 1661. De
même, Gilles Le Maistre de Ferrières dédia sa première thèse en 1663 à Séguier et la
seconde en mars 1665 à Louis XIV (cat. 51). Si pour le garde des sceaux, Sébastien
Bourdon avait montré la Justice prosternée devant le chancelier entouré de la Renommée
et de la Sagesse terrassant l’hydre 89
, dans la suivante, Jean Lepautre figura Louis XIV (cat.
51, fig. 71 ) entouré d’amours qui le préparent au combat, posant un casque sur sa tête et
lui apportant un bouclier où Hercule lutte aussi contre l’hydre de Lerne ; la Renommée lui
remet l’olivier de la victoire et Saint Louis l’invite à anéantir ses ennemis que déjà Mars
jette à terre. Le combat sera victorieux comme en attestent Mars et Neptune, assis au bas
des positions. La composition célèbre les victoires de la « première guerre austroturque
er », la bataille de Saint-Gothard (1 août 1664) remportée par l’empereur aidé d’un
fort contingent français et l’expédition du duc de Beaufort à Djidjelli (juillet-octobre 1664),
qui se conclut par un traité signé avec la régence de Tunis le 25 novembre 1665 90
.
66 La présence de Saint Louis était d’actualité : le 25 août 1663, Bossuet avait prononcé son
panégyrique en l’église Saint-Louis-en-l’Île 91 et le saint roi fut souvent associé à l’éducation
du Dauphin. La composition de Lepautre montre le roi l’accueillant à la descente de son
char, avec au fond un amour invitant le Dauphin 92 et ses précepteurs à contempler la
scène. Elle rappelle que tout est mis en oeuvre pour faire de lui le digne successeur de son
père et assurer la grandeur et le bonheur de la France sous la protection de l’ancêtre des
Bourbons.
67 Les Mémoires du roi témoignent de l’intérêt qu’il prenait à l’éducation de son fils. Comme
Filleau de La Chaise le précise en 1678 dans sa dédicace au Dauphin, il est aussi à l’origine
de son Histoire de Saint Louis 93
: le « dessein en avait été formé par ceux qui estoient
chargez du soin de vôtre [son] éducation ». Il insiste également sur le fait que Louis XIV
« étoit plus occupé [de son éducation] que de tant de merveilles qu’il faisoit dans le même
tems ». Semblant ainsi commenter la composition de Lepautre pour la thèse de Le
Maistre de Ferrières, il remarque que pour la gloire humaine, le Dauphin a « sans cesse
devant les yeux au delà de ce qu’on peut désirer. […] Les qualitez militaires [qui] ont
beaucoup acquis de cette sorte de gloire à Saint Louis », précisant « mais, MONSEIGNEUR,
à quel point le Roy n’a-t’il pas porté ces mêmes qualitez, & ne les voyez vous pas en luy
rehaussées au moins de l’éclat du bonheur qui l’a suivi dans toutes ses entreprises ? Si
Saint Louis a été l’arbitre de tous ses voisins, s’il a fait regner la paix chez eux comme chez
luy ; n’a-t’on pas vû Louis le Grand être l’unique arbitre entre luy & les voisins de ce
puissant état ; sa seule volonté faire la regle de leurs droits & de leurs
demandes ; & l’explication de ses pretentions, moderées par luy-même, devenir un traitté
de paix ? »
F igure 71. – Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières ,
1665.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.18 KB )
68 Pour conclure, le Dauphin tient « la seconde place dans tous les coeurs […]. En un mot c’est
ce qui acheve le bonheur du Roy qui n’a plus rien à souhaitter que de voir que vous luy
ressembliez, ou, s’il est permis d’y ajouter quelque chose, que vous ressemblez au grand
Saint dont je vous presente l’Histoire… », « celuy par qui vous en descendez
immediatement ».
69 Ce parallèle entre Louis XIV et Saint Louis 94 se retrouve trois ans plus tard, en 1668, dans
l’épître au roi adressée par Charles du Fresne dans son édition de l’ Histoire de Saint Louis
de Joinville 95
. Selon lui, les réformes du royaume entreprises par Louis XIV
« ne nous permettent pas de douter que nous ne voyions revivre dans la suite des
années cette félicité parfaite, que la haute vertu de ce monarque auoit établie dans
ses États. Ce qui me fait advancer, sans flaterie, que le meme Génie qui inspira S.
Louis de si judicieux conseils dans toutes les actions de sa vie, Vous conduit par les
memes routes, & veut que Vous soyez pas moins l’héritier de ses autres vertus
Royales que de son Sceptre & de sa Couronne 96 ».
70 Il souligne ensuite les similitudes entre les vies de Louis XIV et de Saint Louis : tous deux
ont « paru très jeunes sur le trône », secondés par leurs mères qui toutes deux également
pieuses ont dû dissiper les « factions domestiques ». Comme lui, le roi combat les duels et
les guerres privées et témoigne de son zèle pour la religion catholique ; il compare leur
amour de la justice, cette commune « recherche de justes & de glorieuses occasions de
faire éclater sa générosité dans les armes, & de montrer à toute la terre que la piété
n’étoit pas incompatible avec la valeur ». Déjà dans la gravure apparaît ce qu’on retrouvera
dans les panégyriques des académiciens des années 1680, qui « subordonnent la
grandeur de Saint Louis à celle de Louis XIV. Si Saint Louis est le modèle des rois, Louis XIV
est un exemplaire qui a parfait son modèle 97 ».
71 La comparaison entre la composition de Lepautre en 1665 pour Le Maistre de Ferrières
(cat. 51, voir fig. 71 ) et celle de Grégoire Huret vers 1639 98
( fig. 72 ), peut-être pour une
thèse dédiée à Louis XIII, permet de juger de cette évolution. Alors que Saint Louis assis
sur un nuage, en costume de sacre, la couronne royale sur la tête, s’adressait avec
fermeté à Louis XIII et lui indiquait de son sceptre Jérusalem surmontée du croissant turc,
il s’incline maintenant devant Louis XIV, qui, au lieu de se tenir sur le champ de bataille,
accompagné de son armée et vêtu d’une armure moderne, est habillé à l’antique et servi
par des figures allégoriques. Ainsi alors que Saint Louis faisait remarquer à Louis XIII :
« EVROPA TE NON CAPIT 99 », ici il se tient coi. Tout concourt à forger une image
impassible et solennelle, hors des contingences temporelles, qui fait de Louis XIV le héros
de la scène et célèbre sa clairvoyance plus qu’humaine.
F igure 72. – Grégoire Huret, Saint Louis apparaît à Louis XIII , v. 1639.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.05 KB )
72 Après une interruption de trois ans entre 1665 et 1667, qui donne au roi le temps
d’accomplir de nouveaux exploits, la thèse historiée de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay,
fils aîné de Colbert, soutenue au collège de Clermont le 19 août 1668, célèbre son retour
de Flandres à l’automne 1667, sur un dessin de Le Brun (cat. 63, fig. 73 ). Accompagné par
Minerve, cédant à la Victoire la massue, la peau du lion de Némée et le casque surmonté
d’une sphinge, symbole de sa clairvoyance, Louis XIV a le pied sur un bouclier en signe de
paix. Dans le char que le roi vient de quitter, Hercule se repose de ses travaux mais reste
vigilant, prêt à repartir pour de nouvelles conquêtes, comme le montrent les rênes
tendues ; il regarde les ouvriers qui disposent sur la façade des Tuileries les armoiries des
villes conquises 100
. Au centre une fontaine évoque les victoires maritimes 101 et au premier
plan, les génies des arts discutent près d’une aiguière et d’une tapisserie bordée de
dauphins et de couronnes royales ; des portraits en médaillon du roi témoignent du
progrès des arts grâce au retour de la paix et à la création de la manufacture royale des
Gobelins.
73 Dans cette composition d’une richesse exceptionnelle, chaque détail a son importance.
Quelques passages de l’analyse d’Antoine de La Bretonnière, traduite dans les beaux vers
de Fléchier, permettent d’en juger. Ce livre, paru sous le titre L’Hercule françois, ou
L’explication de la thèse dediée au roy par M. le marquis de Seignelay 102
, fait le panégyrique
de la magnificence du règne.
« L’art a fait revivre en ce marbre imposteur
La crainte des vaincus, le courroux des vainqueurs,
Les quatre Fleuves assis sur leur moite rivage, […]
Et recueillant leurs eaux dans un même canal,
T’ouvrent tous les chemins de l’Empire de l’Onde […]
Et ces Dieux de métal semblent vouloir parler
Aux travaux de Memphis, ta pyramide égale,
Surpassera les murs de Ta Ville Royale.
Ce miracle de l’Art élevé jusqu’aux cieux […]
Aux siècles à venir fera voir les Conquestes
Et pourra conserver jusqu’à l’Eternité
Tes exemples fameux à la postérité… »
74 Louis ne s’arrête ni ne s’endort ; invincible il fait de grands projets pour la France :
« Au comble de l’honneur le Ciel veut t’élever,
Jusqu’à ce que vainqueur sur la Terre & sur l’Onde,
Tu deviennes l’Arbitre & le Maistre du Monde. »
75 On rejoint la dédicace de la thèse qui célèbre la Sagesse et la supériorité de Louis, que
l’image proclame par la présence de Minerve et de la Philosophie présentant les thèses au
roi 103
. La Gloire, la Magnificence, la Renommée tiennent une place essentielle. Afin de
préserver la Paix, contraint par ses ennemis, Louis déclare la Guerre, mais il se montre
clément et magnanime envers ses adversaires. Ces qualités font de lui un nouvel Hercule,
un nouvel Alexandre, un nouveau César.
76 Un tel discours n’est pas spécifique aux thèses, mais est récurrent alors dans beaucoup
d’écrits 104
. Le madrigal adressé au roi le 5 février 1672 par le graveur Nanteuil 105 alors
qu’il commence son portrait en pastel participe de la même veine :
« Je voulois faire deux portraits
Dont les airs différents pris sur les mêmes traits
Auroient diversement en tous lieux fait paroistre
Ce héros si fameux que nous avons pour maistre,
L’un monstrant sa grandeur, et l’autre sa bonté ;
Mais je me détermine à cette seule image
Où par un noble effort d’adresse et de courage
Je prétends exprimer toute sa majeste ;
Car si je divisois l’éclat qui l’environne
Je verrois que dans sa personne
Le ciel a mis tout à la fois
De quoy faire plus de cent roys. »
77 Le programme iconographique de la thèse de Seignelay annonce celui de la galerie des
Glaces mis en oeuvre par Le Brun en 1679 sous l’égide de Colbert et de la Petite Académie.
Selon Le Bernin, les liens entre Colbert et Le Brun étaient très étroits et si l’on en croit
Chantelou, le peintre imposait souvent son avis. Le culte de Louis XIV, dont Peter Burke
situe l’apogée en 1677, commence dans les années 1660, et dès alors il y tient un rôle
essentiel. Les prémices ont été jetées en 1653 avec la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20) ;
l’image se met en place peu à peu, s’affirme avec les thèses de Charles Amelot (cat. 42) et
de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) et se confirme en 1668 dans celle de Seignelay (cat.
63). Gestes, expressions et costume se retrouvent au plafond de Versailles. Si Le Brun
excelle dans cette représentation royale et impose une nouvelle vision du monarque, la
thèse de Gilles Le Maistre de Ferrières en 1664 où Saint Louis descend de son char pour
faire place à Louis XIV montre que d’autres s’y essaient, mais avec moins de succès. Il y a
une volonté politique manifeste derrière cette entreprise qui vise à définir une image
idéale du roi.
F igure 73. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 174.39 KB )
78 Cette mise en scène héroïque du monarque représenté en lui-même en appelle à la
mythologie où il est incarné par Apollon ou Jupiter. Reprise en 1684 par Gantrel, une
gravure éditée par Lenfant (cat. 76, fig. 74 ) dans les années 1675-1684 le montre au
sommet d’un arc de triomphe, en armure à la romaine, manteau au vent, auréolé de
rayons solaires ; d’une main il brandit le foudre, de l’autre il tient une corne d’abondance.
Sur son quadrige étincellent le Soleil et la devise : « NEC PLURIBUS IMPAR ». Son
expression magnanime montre sa compassion pour les ennemis de France terrassés par
sa monture. L’iconographie solaire et l’aspect du visage royal évoquent 106 la miniature de
Joseph Werner (1637-1710), peinte vers 1665, où Louis XIV en Apollon est précédé par
l’Aurore et accompagné par les Heures 107
( fig. 75 ). Le dynamisme exacerbé que donne
Werner au visage du roi contraste avec l’attitude sereine et pleine de retenue proposée à
la même époque par Le Brun dans les frontispices de thèses comme dans les livres, par
exemple l ’Hortus Regius gravé en 1664 par Rousselet 108
( fig. 76 ). Les colonnes des
chapiteaux sont de l’ordre français, que selon Nivelon Le Brun inventa en 1671 et qu’il mit
en oeuvre quelques années plus tard à Versailles. À l’architrave, deux renommées
soufflent dans des trompettes et couronnent de laurier les armes royales sur un globe
entouré du collier des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Ce riche appareil
iconographique est complété par une série de cartouches qui rappellent le projet de
Claude Perrault et Le Brun 109
, pour l’arc de triomphe de la place du Trône, destiné à
commémorer l’entrée triomphale du roi à Paris après son mariage, qui ne fut pas exécuté.
Lenfant se contente d’une seule arche au lieu de trois et la surmonte non plus d’une
pyramide tronquée mais d’un socle où le roi conduit un quadrige. Cette image paraît alors
que sont construits des arcs de triomphe aux entrées de la capitale : celui de la porte
Saint-Denis en 1672 par François Blondel, celui de la porte Saint-Martin en 1674 par Pierre
Bullet en l’honneur des victoires sur le Rhin et en Franche-Comté. Ce sont ces mêmes
victoires que célèbre la gravure, dont les petites scènes et devises résument les
événements importants du règne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du royaume : canal des
Deux Mers, promulgation du code civil et criminel…
79 Omniprésente dans les illustrations de thèse, la guerre réapparaît en septembre
1676 dans celle de Claude-François Pellot, dessinée par Pierre Mignard et gravée par
François de Poilly (cat. 81). Cette fois le roi est en buste dans un ovale tenu par la Victoire
en présence de la Renommée, de Minerve qui lui désigne un trophée d’armes et de
l’Histoire qui, terrassant le Temps, écrit ses hauts faits. Mais ici, contrairement aux autres
compositions, pas d’allusion précise à une bataille.
F igure 74. – Jean Lenfant, Tèse dédiée à Louis XIV , 1675-1684.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.39 KB )
F igure 75. – Joseph Werner, Louis XIV conduisant un quadrige , vers 1662-1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.56 KB )
F igure 76. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, frontispice pour l’ Hortus Regius ,
1665.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 209.53 KB )
Le roi à cheval : de la guerre à la paix
80 Comme l’indique le titre de la Tèse de la Guerre (cat. 84, fig. 77 ), sous laquelle les amateurs
d’estampes la connaissent, c’est de nouveau ce thème et celui de la toute puissance du roi
que Jacques-Nicolas Colbert, second fils du ministre, aborde pour illustrer sa majeure
soutenue en Sorbonne le 30 décembre 1677. Suivant un modello donné par Le Brun,
Edelinck montre Louis XIV à cheval terrassant les puissances coalisées. L’allégorie est
immédiatement compréhensible : précédé par le génie de la France et suivi d’un amour
brandissant un étendard où sont inscrits les noms des villes conquises en 1677 (Saint-
Omer, Fribourg, Valenciennes, Cambrai), le roi écrase les ennemis vaincus et les animaux
symboliques de la Hollande, de l’Espagne et de l’Allemagne, sous la protection de la
Providence, en présence de l’Éternité et de la Paix. De part et d’autre d’un rocher, un soldat
tombe à la renverse, celui de gauche, à queue de serpent, tient un masque et un filet ;
près de lui se tapit un léopard. Selon Nivelon, il s’agit d’un conspirateur, sans doute le
chevalier de Rohan qui avec son complice Latréaumont tenta de soulever la Bretagne
pour la livrer aux Hollandais et fut exécuté le 27 novembre 1674.
81 L’idée de cette planche n’est pas nouvelle. En 1664, Le Brun avait déjà représenté Louis XIV
à cheval terrassant ses ennemis sur la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49, fig. 78 ) pour
laquelle il reprit en partie, semble-t-il, le portrait équestre aujourd’hui perdu, décrit
longuement par Félibien 110
, qu’il avait peint pour célébrer l’acquisition de Dunkerque. En
treize ans, le roi a beaucoup changé. Ses traits sont devenus plus austères et sa longue
perruque touffue est remplacée par deux grandes boucles. Au lieu de porter une cuirasse
moderne, il est vêtu en empereur romain et son attitude est plus imposante : son regard
direct, la toge qui lui barre l’épaule, son bras tendu à l’horizontale, appuyé sur le bâton de
commandement, lui donnent une allure plus déterminée.
82 Plus ambitieuse, cette seconde représentation équestre est aussi plus harmonieuse. Haut
et bas sont conçus comme un tout. En 1664, le piédestal, où étaient gravés les thèses et le
groupe du roi et de ses ennemis, évoquait les supports d’un monument équestre. Il cède
la place à un gouffre dans lequel sont appelés à disparaître ses ennemis. Par le schéma
pyramidal dans lequel elle est inscrite, la présentation est plus grandiose et plus
nettement hiérarchisée : Louis apparaît sur le champ de bataille, environné d’éclairs et
précédé par l’archange saint Michel qui lui ouvre le chemin de son épée et de son bouclier
fleurdelisé ; la Providence le protège de son ample manteau qui lui fait un dais triomphal
dont un pan abrite le génie de la France menaçant de son étendard la Fureur et le lion de
La Hollande.
83 La thèse de 1677 illustre le thème de la « guerre juste » que développent alors les
panégyristes officiels, comme l’abbé Paul Tallemant, à l’Académie française 111
. La
présence de la Providence divine, du génie de la France et de la Paix indique que le roi ne
cherche pas une vaine gloire, mais seulement à châtier méfaits et complots de ses
ennemis. En lui nulle passion, nulle vaine violence. Il est l’antithèse d’Alexandre avec qui il
a pris ses distances, et dont les hommes d’Église et quelques lettrés comme Boileau
condamnent alors le comportement tyrannique 112
. Louis est désormais un héros
moderne auréolé de gloire et de courage, conscient de sa propre valeur. Tout ici évoque ce
que proclament les panégyriques. Dans les Grandes et Petites Conquêtes 113
, gravées par
Sébastien Leclerc et Claude Chastillon quelques années plus tard, François Charpentier,
membre de la Petite Académie 114
, affirme que le roi n’a qu’à paraître, et son nom n’a qu’à
être prononcé, pour que les villes se rendent. Ce portrait équestre correspond à la
réflexion sur la véritable gloire qui agite alors les esprits et à la redéfinition du fondement
de la monarchie absolue, telle que la conçoit Louis XIV lui-même à partir des
années 1670 115
.
F igure 77. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de la Guerre de Jacques-
Nicolas Colbert , 1677.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 140.24 KB )
F igure 78. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse du comte de Saint-Pol , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 166.82 KB )
F igure 79. – Nicolas Guérard d’après Pierre-Paul Sevin, La prise de Maastricht, page de
la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 174.81 KB )
84 Le Brun et l’abbé Tallemant s’estimaient. On sait que lorsque le peintre fut chargé du
plafond de la Grande Galerie, il demanda à Colbert que ses dessins fussent jugés par
« quelque homme de lettres » et que l’abbé Tallemant fut désigné : « il a beaucoup
travaillé dans tout le cours de cet ouvrage, a fourny à Mons r . Le Brun tout ce qui luy a esté
necessaire, les mémoires de la vie du Roy, avec une exactitude telle qu’il exigeoit, les
armoiries des villes et des Princes. Etc. Il a fait les descriptions des tableaux, les
inscriptions 116 ».
85 Les deux dernières campagnes du roi, la prise de Maastricht, le passage du Rhin, la prise
de Gand et de Valenciennes, « les villes Bataves conquises », « la Franche Comté ajoutée
au Royaume » et la paix de Saint-Germain sont également célébrées par Sevin en 1679,
dans la thèse de philosophie en livret du prince de Turenne, dont chacune des 16 pages
est ornée d’une gravure différente. Enrichies d’un grand nombre de devises, ces
compositions dynamiques, parfois élégantes, parfois brutales ou étranges, témoignent
d’une imagination constamment renouvelée, qui étonna l’auteur du Mercure en août
1679 117
. Le livret renfermait « les Actions les plus éclatantes que sa majesté a faites par
Elles-mesme dans tout le cours de cette Guerre ». Pour raviver la mémoire du public, les
batailles sont énumérées. Auteur d’une partie des devises, Ménestrier en donne
l’explication dans son Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles . Ces « mises en
scène » rappellent celles qu’on retrouve chez Van der Meulen et chez les graveurs
d’almanachs, sur un mode plus naturaliste que celui du plafond de Versailles, car
l’allégorie est rejetée hors des compositions principales qui occupent le haut de chaque
page. La geste militaire du roi, sa grandeur, sa modération et sa valeur sont ainsi décrites
sur le mode épique. Sur le mode narratif, exceptionnel dans l’illustration des thèses, on
voit le stratège à la tête de ses troupes ou recevant les vaincus. Pour la prise de
Maastricht, Louis XIV en personne assiste de nuit au siège de la citadelle prise sous le feu
des canons (cat. 91 ; fig. 79 ). Dans Gand occupé, suivi d’officiers, il domine les armées sur
son cheval en levade 118
; le bras tendu, tenant le bâton de commandement, il donne
l’ordre de la bataille et assiste à la prise de la ville. Celle de Valenciennes montre le corpsà-
corps des deux armées et un massacre sur le pont menant à la citadelle. Mais d’autres
scènes sont traitées à l’antique : pour évoquer la prise d’Ypres, Sevin montre les édiles
apportant les clefs de la cité au roi à cheval en Alexandre, entouré de ses généraux.
F igure 80. – Teresa del Po, Tèse de Pompeo Amerighi , 1681.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.47 KB )
86 À l’exemple de Paul Tallemant dans ses panégyriques de 1687 et 1689, tout est fait pour
célébrer le grand capitaine 119
. Les personnages allégoriques au bas des pages traduisent
l’effroi des assiégés et l’appel à la clémence royale. Les boulets de canon évoquent la
guerre de siège, préférée par Louis XIV aux chocs directs, qui fait de lui le seul héros de la
bataille et rend impossible tout acte individuel de courage chevaleresque de la part de la
noblesse 120
. Aussi, pour évoquer le passage du Rhin, le voit-on galoper au premier plan
vers le spectateur auquel il semble s’adresser, tandis que des soldats franchissent le
fleuve ; au bas de la page des positions, les dieux s’effrayent de tant d’héroïsme. Devant
les murailles éventrées de la citadelle avec en première ligne une batterie de canons, la
représentation du siège de Cambrai montre les assiégés rendant les armes aux pieds du
monarque à cheval. La composition célébrant l’alliance de la France et de la Suède met en
évidence les canons et les boulets aux pieds de la figure du Danemark, appuyée contre un
navire. Boulets et canons sont partout : au bas de la reddition des nations Bataves, sous le
corps d’un prisonnier enchaîné, au bas du passage du Rhin, ils éclatent entre les mains
des forgerons ennemis.
La représentation réaliste du roi sur le champ de bataille est assez rare dans les thèses ; 87
aussi celle de Pompeo Amerighi, qui fut soutenue à Sienne en 1681 et gravée par Teresa
del Po, revêt-elle un intérêt particulier (cat. 94, fig. 80 ). Comme le précise la dédicace, on y
voit le roi « très Chrétien » en costume moderne, tel qu’il apparaît dans les tableaux de
Van der Meulen, entouré de trois cavaliers, peut-être le Dauphin, probablement Condé, et
un officier non identifiable au visage à demi caché. La France et des amours sollicitent le
roi pour de nouvelles conquêtes en Asie et en Afrique, rappelant ses ambitions politiques
et économiques sur ces deux continents 121
, où il entendait rivaliser avec la Hollande, tout
en faisant des terres catholiques.
88 Le motif du roi à cheval se retrouve encore quelques années plus tard sous le burin de
Claude Duflos qui interprète un tableau de Martin des Batailles dans une des dernières
thèses dédiées au monarque, celle de l’abbé Van der Meulen soutenue entre 1685 et
1695 (cat. 103, fig. 81 ). Toute allégorie a disparu. Tenant le bâton de commandement, le
roi est seul, au naturel, tête nue, dans un costume moderne, cuirasse et cape au vent. Plus
de vertus ni d’ennemis et de monstres. Bien qu’au loin des troupes s’avancent au galop
vers un village, la composition n’a rien d’héroïque. L’attitude du roi est figée et son visage
sévère n’a plus la sérénité d’antan. Bien que de médiocre qualité, la représentation est en
adéquation avec le portrait peint par Houasse vers 1680, qui connut un succès
considérable 122 jusqu’à son remplacement en 1701 par celui du roi en costume de
sacre 123 de Rigaud, qui ne fut repris dans aucune thèse. Entre 1685 et 1695, Martin des
Batailles supprime la Victoire qui couronnait le roi de laurier dans le tableau de Pierre
Mignard ( fig. 82 ). Hormis son visage, rien dans le costume et l’allégorie ne permet de le
reconnaître ; s’il tient un bâton de commandement comme dans la composition
d’Houasse, il ne s’en sert pas. Va-t-il à la Guerre ? En revient-il ?
F igure 81. – Claude Duflos et Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin dit des
Batailles, Tèse de l’abbé Van der Meulen , 1685-1695.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.95 KB )
F igure 82. – Pierre Mignard, Portrait équestre de Louis XIV couronné par la Victoire
devant le siège de Namur , 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.97 KB )
89 Le chemin parcouru depuis les grandes compositions pour les thèses inventées par Le
Brun est considérable et témoigne de la volonté de donner du roi une image moins
orgueilleuse et moins humiliante pour ses ennemis, qui apparaît à la fin des années 1680.
Cette volonté est annoncée dans les deux illustrations de thèses conçues par Pierre
Mignard, où l’allégorie n’a pas entièrement disparu. En 1684, les fils de Louvois lui font
appel pour célébrer le roi (cat. 102, voir fig. 19 ). Alors que le peintre critiquait l’emploi de
l’allégorie par Le Brun au plafond de la galerie des Glaces, dont il jugeait le propos obscur,
il n’hésita pas à y recourir, bien que plus modérément. Avec une vue de Strasbourg,
devant laquelle des bergers et bergères dansent au son du pipeau tandis que paissent
leurs troupeaux, la scène gagne en naturalisme. Le peintre rappelle que la ville a été
annexée le 30 septembre 1681 et que le roi y a fait son entrée le 23 octobre. Appuyé sur
l’épaule d’Hercule assis à ses côtés, Louis XIV regarde ses ennemis en déroute sous les
yeux de Minerve étonnée.
90 Il s’agit de célébrer « LE ROY DANS LE REPOS DE SA GLOIRE », ainsi que le proclame l’abbé
François Macé dans un poème paru à l’occasion de la soutenance. On y voit, comme il
l’écrit, ce « demy-dieu » à la « noble fiereté », ce « prince amoureux de sa gloire », « qui a
fixé pour jamais l’inconstante Victoire », imposer sa loi à ses ennemis subjugués ou
terrifiés. Grâce à lui, l’Europe qui désigne aux ennemis leur vainqueur va enfin « gouster
les douceurs de la Paix ». Désormais :
« Strasbourg ne s’élèvera plus
Que pour servir de digue à l’orgueil de l’Empire. […]
[Et] l’Echo sensible à leurs ardents désirs [les bergers],
Répète, en s’accordant au son de leurs musettes,
Louis, le plus grand des Héros. »
91 Les commentaires de l’abbé Macé rejoignent ceux du Mercure 124 de juillet 1684, qui
soulignent également la présence de l’Honneur et de la Victoire, chargées de palmes et de
lauriers et le groupe de dix guerriers représentant les efforts des diverses nations, qui
tentèrent de « s’opposer aux justes desseins du Roy ». Nouveauté par rapport aux
illustrations précédentes, Louis XIV apparaît debout, sans cheval, face à ses ennemis que
sa seule présence suffit à anéantir. Les symboles humiliants de l’Espagne, de l’Empire et
des Provinces-Unies ont disparu. Pour marquer l’harmonie revenue, sainte Cécile joue de
la harpe, accompagnée à la flûte par un angelot et entourée d’instruments musicaux.
92 Cette idée fut reprise en 1692 pour célébrer les victoires de la guerre de succession
d’Espagne, les prises de Mons et de Namur en mars 1691 et mai 1692, dans la thèse
commandée de nouveau à Pierre Mignard, par Louvois pour son fils Camille (cat. 128, voir
fig. 43 ). Le roi apparaît victorieux sur le champ de bataille. Son costume est en partie
modernisé ; alors qu’il était vêtu à la romaine, il ne garde de romain que la culotte et les
sandales. Là aussi, aucun contact direct avec l’ennemi. La présence du roi à Namur
correspond à la réalité 125
: ce siège fut le dernier auquel il prit part, et l’on notera que
cette illustration de thèse est avec celle de l’abbé Van der Meulen (1685-1695) la dernière
qui évoque des combats. Donnant des ordres à la France, le monarque debout tend son
bâton de commandement vers les ennemis sans même les regarder. Sa seule présence
suffit à les anéantir. Le Mercure d’août 126 indique qu’il commande à la France de marcher
sur les ennemis dont elle est environnée, que la Religion prie pour lui le Père éternel ; à
terre, l’Envie tient un flambeau, « faisant connoistre par là le dessein qu’elle a de se
revolter ». Puis il dresse la liste des membres de la ligue d’Augsbourg : l’Angleterre, la
Bavière, la Savoie, le Brandebourg, l’Espagne, l’empereur et les princes de l’Empire « et
une quantité de gens de pied, Allemands et Hollandais ». Ici les animaux symboliques des
thèses de Le Brun et des plafonds de la galerie des Glaces cèdent la place à des soldats
vêtus à l’antique dont les armoiries gravées sur les boucliers ou inscrites sur les étendards
indiquent la nationalité. Au bas des positions, célébrant de nouveau la paix dont le roi est
le défenseur contre l’obstination de ses ennemis, le génie des arts cherche à retenir
Bellone, sortant en furie d’un arsenal, et un enfant en pleurs regarde avec mélancolie les
instruments des sciences.
93 L’auteur du Mercure invite le lecteur curieux à lire le poème latin de Rollin et sa traduction
en français par l’abbé Bosquillon, où il trouvera « une description étendue de la gravure ».
De cette traduction, retenons ce qui concerne le roi. Bosquillon souligne d’abord la
présence de « La Religion seule et LOUIS triomphant », puis après avoir décrit tous les
ennemis réunis contre le roi, il s’attache à la « perfide Héresie » que Louis a chassée de
son royaume, évoquant la révocation de l’édit de Nantes qui attira sur le monarque la
fureur ses adversaires :
« Par d’équitables loix elle se voit bannie
Du sein tranquille et doux de l’Empire François,
Où brisant les Autels, s’armant contre les Rois,
Jadis l’introduisit sa fureur inhumaine. […]
Sous les coups de LOUIS, sous sa main triomphante,
On la voit accablée, on la voit gémissante ; […]
Secouänt son flambeau d’une main menaçante,
Embrasant ses Amis d’une infernale ardeur,
Leur fournit seul à tous audace, armes, fureur. »
94 Impassible face à l’Hérésie et aux coalisés, la France « rit de tant d’efforts qu’ils font si
vainement » ; seule l’inquiète la sécurité du roi : « Son CHER PRINCE est le seul qui la fasse
trembler. » Continuant à décrire l’estampe, Rollin brosse un portrait physique et moral du
roi. Plus calme que la France, son amour pour elle l’amène à affronter tous les dangers :
« Pour elle s’exposer au douteux sort des armes
Braver tranquillement d’effroyables hazards […]
Ne confier qu’à soy le soin de la défendre,
è t s’en acquiter moins en Roy qu’en Père tendre.
Cet Auguste Héros joint à tant de Bonté
Une majesté douce, une noble Fierté ;
Il en a sur le front un mêlange admirable ;
Il est tout-à-la fois charmant & redoutable,
Et du mesme regard rassûre nos esprits,
Et répand la terreur chez tous nos Ennemis. »
95 Ce calme s’explique par le secours de la Religion qui forme des voeux pour lui. Assise sur
un nuage, les yeux tournés vers l’au-delà, elle le désigne avec tendresse : Louis a pris les
armes pour la défense de ses autels : « La Foy n’est plus qu’un nom ; la force est
impuissante / Pour défendre tes droits LOUIS seul se présente ». Elle en appelle à Dieu
« Prends donc ta foudre… » et sa présence conforte le roi :
F igure 83. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Croissy , 1680.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 163.67 KB )
« Cherchez-vous d’où Luy vient cette ferme assûrance ?
En l’appuy du Très-Haut il met sa confiance,
ET la RELIGION, dans l’horreur des combats,
De mesme qu’à la Cour, accompagnant ses pas,
Fait que pour Le garder le Ciel veille sans cesse,
Et qu’à ses grands desseins Dieu même s’intéresse. […]
De l’autre tendrement Elle offre au Roi des Rois,
Et LOUIS son vray Fils & l’Empire François ;
Et les yeux élevez cette pieuse Mère
Semble adresser à Dieu cette ardente prière.
Arbitre tout puissant de ce vaste univers […]
Daigne prester l’oreille à ma voix qui T’appelle ;
Descens icy, descens, viens venger ta querelle ;
Ce n’est que contre Toy que s’arment les Mortels ;
Leur coupable fureur n’en veut qu’à tes Autels… »
96 Bosquillon évoque Mons et Namur, célèbre Louvois « en guerre et en paix son ministre
fidèle » et conclut comme Mignard, en montrant Bellone et en invitant Camille Le Tellier à
toujours chérir les arts :
« Regarde cependant les Arts des mêmes yeux,
CAMILLE que toujours ils Te soient précieux.
Ils te doivent beaucoup ; tu leur dois davantage. […]
Je borne là mes voeux 127
. »
97 Ainsi la responsabilité de la guerre incombe aux peuples rivaux et lorsque les
négociations échouent, le roi tente de maintenir la paix ; aussi célèbre-t-on sa prudence et
sa volonté inébranlables face à ses adversaires. En 1684, le poème de l’abbé Macé et la
gravure de Poilly montrent que le roi fait la guerre pour permettre à l’Europe de « gouter
les douceurs de la Paix ». Pour mieux célébrer la paix et l’action bienfaisante du roi, la
plupart des thèses ne montrent de la guerre que les derniers soubresauts.
98 Cette représentation très sobre est beaucoup moins triomphaliste que celle de la thèse de
Colbert de Croissy, où en 1680 Le Brun célébrait le traité de Nimègue (cat. 92, fig. 83). Le
roi apparaissait alors en vainqueur implacable au milieu des cieux. La soutenance de
Croissy avait fait aussi l’objet d’un long commentaire du Mercure de septembre 128
:
« Le Roy paroist dans ces thèses donnant d’une main la Paix à l’Europe. Elle est
armée pour désigner sa puissance, et la thiare, et les clefs qui sont auprès d’elle,
marquent que c’est l’Europe Chrétienne. Comme le Roy donne cette Paix après avoir
terrassé la discorde et la fureur de la Guerre il les tient l’une et l’autre sous ses pieds,
pendant que de l’autre main il arrête la Victoire qui luy montre de nouveaux
trophées, et de nouvelles palmes à acquérir. Le foudre de ce grand monarque est
entre les mains de l’Amour de la Paix. »
99 Assis sur un nuage, Louis XIV terrasse sans colère la Fureur de la guerre et la Discorde. La
Paix, à qui il donne la main avec humilité, l’introduit près de l’Europe qui lui tend les bras
avec ferveur. La Philosophie 129 et la Nature le contemplent, afin que la paix revenue, « le
retour de toutes choses » s’accomplisse. Dans le panégyrique qu’il avait adressé au
monarque le 25 août 1679 pour la distribution des prix à l’Académie française, l’abbé
Tallemant célébrait aussi la grandeur du roi, artisan de la paix. Il rendait hommage au
« Père commun de toute l’Europe » à qui revient la gloire de la paix qu’il offre au milieu de
ses triomphes pour le bien de tous. Chaque mot du début de son discours convient pour
décrire la composition de Le Brun :
« J’ai crû ne pouvoir me dispenser, de vous parler de cette heureuse Paix, qui
couronne si glorieusement toutes ses Victoires. Depuis quelques années je ne vous
l’ay fait voir que le foudre à la main. Aujourd’huy qu’il s’est desarmé luy-mesme, il est
juste de celebrer cette bonté paternelle, cette clemence magnanime, cette
moderation incroyable qui pacifie toute l’Europe en un moment 130
. »
100 Dans la gravure d’Edelinck comme dans ce texte, par ses vertus, sa valeur, sa modération,
sa générosité, le roi « croit devoir préférer le repos du monde, au sensible plaisir de
vaincre, & de conquerir ». Il est le seul médiateur de la paix, le seul souverain, le seul
acteur, la seule personne réelle. « Louis au milieu d’une sanglante guerre, ayant toute
l’Europe liguée & armée contre luy, propose la Pays, en dresse seul tous les artifices dans
son cabinet, en envoye le projet 131 … » Pour l’abbé Tallemant, c’est « Louis XIV lui-même
qui est intervenu pour imposer la paix, comme s’il n’était pas intéressé directement dans
le conflit ; c’est lui qui a seul, parmi les belligérants, les pleins pouvoirs 132 ». Pour Pierre
Zoberman, « le texte souligne ainsi par omission la hiérarchie naturelle entre les
souverains européens et renvoie implicitement à la comparaison entre le Tout-Puissant et
son image. Faut-il voir là également l’aspiration à la monarchie universelle ? » La place du
roi dans les cieux le laisse penser, car il apparaît plus que jamais au-dessus des hommes.
Comme il l’écrit lui-même :
« encore que […] les rois soient hommes, je ne crains pas de vous dire qu’ils le sont
un peu moins quand ils sont véritablement rois, parce qu’une passion maîtresse et
dominante, qui est celle de leur intérêt, de leur grandeur & de leur gloire, étouffe
toutes les autres en eux, mais jamais ils ne sont plus grands aux yeux des peuples
que lorsque ceux-ci dans le malheur et l’adversité ont besoin d’eux 133 ».
101 Avec la thèse de Camille Le Tellier, le ton a bien évolué. Redescendu sur terre, le roi est
devenu plus humain d’autant qu’il est désormais figuré en fantassin 134
. Comme le montre
Hendrik Ziegler 135
, il est probable que dans les illustrations de thèse comme dans les
médailles et statues, face aux pamphlets et satires qui paraissent en nombre à l’étranger,
Louis XIV ait souhaité être représenté de manière moins blessante pour ses adversaires
pour éviter leurs sarcasmes.
Le Roi Très Chrétien, l’Église catholique et Dieu
102 La Religion apparaît très tôt dans les frontispices ; même si elle n’en constitue pas d’abord
le sujet principal, elle est immédiatement associée au jeune roi. On la voit dès 1640 dans
un dessin de Flamen (cat. 4), sur un socle, portant la croix près du Dauphin maintenu sur
un pavois par ses parents ; vers 1651 dans une gravure de Daret (cat. 17), auprès de
l’Église catholique et romaine, elle est assise sur une croix et tient le calice et les Vices
enchaînés ; un amour la rapproche du souverain. Elle réapparaît en 1663 dans la thèse
d’Amelot (cat. 42), où cédant en importance à d’autres vertus, elle figure dans un
médaillon tenu par le Zèle religieux qui tend au roi un coeur enflammé, mais elle est le
moteur principal de l’action : le joug sous lequel la tient l’Hérésie amène Louis XIV à
racheter Dunkerque.
103 En 1671 dans la thèse de l’abbé de Noailles (cat. 70, fig. 84 ) puis vers 1683-1686 dans celle
de l’abbé de Polignac (cat. 100), la Religion est l’objet même de l’illustration ; la célébration
de l’Église catholique est le sujet principal de la composition. Cette importance nouvelle
correspond au changement d’attitude du roi qui naguère, pour ne pas s’aliéner les princes
protestants dans ses prétentions à l’Empire, cherchait à traiter sur le mode mineur la lutte
antiprotestante à l’intérieur du royaume 136
. C’est alors que Louis-Antoine de Noailles
chargea Antoine Paillet de représenter la Défaite de l’Hérésie et demanda à François de
Harlay, l’archevêque de Paris à qui il devait succéder en 1695, de la présider. Éclairé par le
soleil de la Vérité brandi par l’archange saint Michel au-dessus de sa tête, Louis XIV est
représenté assis, et fait exceptionnel, en costume de sacre, le collier de l’ordre du Saint-
Esprit autour du cou, tenant le sceptre. Obéissant aux instructions de l’Église romaine, il
donne l’ordre au génie religieux de la France d’exterminer l’Hérésie qui gît à terre, la main
fermée sur les écrits de Calvin, laissant échapper ceux de Luther, Mélanchthon et Zwingli.
Comme l’Église, le roi est frappé par les rayons du Saint-Esprit, rappelant le droit divin qu’il
doit à son sacre et qu’évoque également son costume 137
. Brandissant le sceptre, il
témoigne que c’est par son intermédiaire que les grâces du ciel descendent et qu’il est le
médiateur entre les hommes et Dieu. Son geste en direction du génie de la France
rappelle également qu’il est le lieutenant de Dieu sur terre et que si l’Église le regarde
avec insistance, c’est que la France est sa fille aînée. Tout imprégné de son rôle, Louis n’a
d’yeux que pour son peuple qu’il considère avec gravité, lui indiquant la voie à suivre.
L’Espérance, la Foi, la Charité et la Paix entourent le roi et l’Église catholique ; derrière elles
des ouvriers abattent un temple.
104 Le Conseil du roi faisait alors vérifier les titres des lieux de culte protestants et ceux qui ne
pouvaient prouver leur ancienneté furent détruits. Commencées dès 1661, ces
destructions se poursuivront jusqu’en 1685, si bien que plus de 700 disparurent 138
; à
droite au fond de la composition, une vue du temple de Charenton qu’on démantelait
rappelle cette actualité. Toute conversion était punie de bannissement et il était
formellement défendu aux « prétendus réformés » de tenir des écoles. La déclaration
de 1669 préluda à une courte accalmie. Cette gravure fait peut-être référence au projet de
« réunion négociée » envisagée par le roi et Clément X entre ecclésiastiques et ministres
convertis. À Paris et à Rome, quelques-uns croyaient encore à la conversion pacifique.
Ainsi l’almanach de Pierre Landry paru cette année-là montre « Le triomphe de l’Église sur
l’hérésie dans la conversion de l’illustre famille de la Tremouille, M. le Prince de Tarente, M.
le duc de Thouars, son fils entre les mains de M. Arnauld, évêque d’Angers, et celle de
plusieurs autres personnalités de considération sous le pontificat de Clement X 139 ».
Preuve de son importance et de son caractère encore actuel, la gravure fut exposée au
salon de 1673 140
, deux ans après la soutenance.
F igure 84. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Louis-Antoine de Noailles ,
1671.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 187.54 KB )
105 Il faut attendre une dizaine d’années pour que l’Église catholique devienne l’objet d’une
nouvelle affiche (1683-1686), celle de la thèse de l’abbé de Polignac, où pour représenter
le Triomphe de la Religion (cat. 100) sous l’égide du roi, Le Brun la montre entourée de
l’Espérance, de la Charité et du Zèle divin, assise sur un char tiré par le Tétramorphe,
tenant d’une main le calice posé sur le livre des sept sceaux, au-dessus duquel plane la
colombe du Saint-Esprit, de l’autre un bouclier à l’effigie du roi, que maintient la Justice
divine exterminant l’Hérésie ; l’Opiniâtreté et l’Ignorance entraînent dans leur chute la
Rébellion accablée par la destruction des temples, figurée selon Nivelon par une colonne
brisée. Face à eux, la Vérité brandit un flambeau qui éclaire le globe, destiné à l’origine
aux positions, que dévoile l’Amour de la Grâce.
106 Il y a plusieurs conjectures sur la date de la soutenance. Selon la Bibliothèque raisonnée des
ouvrages des savans de l’Europe 141
, elle aurait eu lieu vers 1683, deux ans avant la
révocation de l’édit de Nantes.
« Les Thèses de Théologie que Mr. l’Abbé de Polignac soutint quelques années après
en Sorbonne, ne lui firent pas moins d’honneur : il y avoit mis en tête ces mots, qui
se trouvent si souvent dans l’Ecriture en parlant des Rois de Juda, Excelsa abstulit [Il
abattit les hauts lieux] ; par où il faisoit allusion à tout ce que venoit d’ordonner, ou
que préparoit alors Louïs XIV pour l’établissement de l’unité de Religion dans son
Royaume. »
107 Mais Guillet de Saint-Georges indique que le 16 juin 1686 le dessin auquel travaillait Le
Brun fut « porté au père de La Chaise et trois jours plus tard à l’archevêque de Paris 142 ».
La gravure servit-elle pour la thèse ? Il ne semble pas. Selon Heinecken 143
, elle n’a pas
paru et on en a même tiré que fort peu d’épreuves. Un propos de Saint-Simon va dans le
même sens : « Deux fois, il [l’abbé de Polignac] avait entrepris une licence, deux fois il
l’avait abandonnée ; les bancs, le séminaire, l’apprentissage de l’épiscopat, toutes ces
choses lui puaient : il n’avait pu s’y captiver 144
. » Dans son étude sur Le maître de Craponne ,
Jean Torrilhon 145 date cette thèse de 1683 environ, et mentionne une lettre dans laquelle
l’abbé demande une aide financière de 30 pistoles, soit près de 300 livres, à son ancêtre
Torrilhon de Vacherolles pour faire graver l’affiche de sa thèse. La lettre n’est pas datée
mais l’abbé est alors âgé de 22 ans, ce qui situe sa requête en 1683 :
« J’ai cru, Monsieur, qu’étant aussi de mes amis que vous l’êtes, je pouvais compter
sur votre bon coeur en une occasion où je suis, prêt à partir pour Paris, afin d’y
soutenir une thèse destinée au Roy, qui me coûtera beaucoup. J’ai amassé de
l’argent, le plus qu’il m’a été possible, mais en vérité j’ai un extrême besoin de trente
pistoles, que je vous demande instamment, que je vous rendrai le plus exactement
possible. Vous savez qu’il n’y a rien à perdre avec moi ; et surtout, ayant avec ma
Maison autant de relations que vous avez, il y a mille occasions où je puis vous
revaloir. Au nom de Dieu, n’en faites rien savoir à Madame, car je l’ai épuisée – l’Abbé
de Polignac. »
108 Quelle que soit la date, 1683 ou 1687, le contexte est celui de la révocation de l’édit de
Nantes signée à Fontainebleau le 18 octobre 1685, de sa préparation, des ordonnances
qui le suivent. L’intention est de souligner l’appui indéfectible de Louis au combat de
l’Église et le bien-fondé de cette lutte : le portrait du roi en armure est figuré sur son
bouclier maintenu par la Justice divine, et entouré de deux amours dont l’un porte un
rameau d’olivier et l’autre une balance.
109 Le Brun lui-même s’est probablement rappelé cette composition lorsque le 8 février 1687,
l’Académie de peinture et de sculpture 146 « fit rendre grâces à Dieu du rétablissement de
la santé du Roy, dans l’Église des Prestres de l’Oratoire de la rüe S. Honoré 147 ». Outre un
grand nombre de devises, on y voyait, sur de riches tapisseries, neuf grands tableaux qui
montraient le roi, dont un représentait « l’Église victorieuse de l’Hérésie ». Concernant les
actions du roi en faveur de la Religion, les académiciens avaient également figuré « La
démolition du Temple de Charenton, l’Église cathédrale de Strasbourg, où la Religion
Catholique a esté rétablie par le Roy : les Missions dans les Pays plus éloignez ».
110 Vers 1687, Philippe Quinault (1635-1688) fut chargé par Le Brun, comme membre de la
Petite Académie, d’écrire les textes accompagnant chaque composition de la Description
des tableaux et des autres ornements dont l’Académie royale de peinture et de sculpture a
décoré l’église des RR. PP. de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré, où elle fait rendre grâce à Dieu
pour la guérison du roi , et composa peu après un poème plein de lyrisme pour célébrer le
peintre et « Le tableau sur la chute de l’Hérésie ». Quelques passages de sa description
permettent de juger de sa similitude avec la gravure.
« Un monstre longtemps redouté
Tombe enfin, sans espoir que l’Enfer le relève.
L’invincible Louis achève
Ce que tant d’autres Rois ont vainement tenté.
De l’heresie affreuse, inflexible, cruelle
L’église triomphe par luy […]
L’église est sur son char avec tranquillité,
Elle Brille d’une Beauté
Qui jamais par le temps ne peut estre ternie,
Jamais avec la Majesté
La Douceur ne fut mieux unie. […]
Desjà pour figurer cette grande aventure
Le Brun trace un dessin nouveau
Il faut joindre ma plume à son noble pinceau
Et faire parler sa peinture.
Heureux si nous laissons à la race future
Un fidèle portrait d’un triomphe si beau !
Heureux s’il nous estoit possible
De former d’assez nobles traits
Pour marquer la vertu du héros invincible
Par qui l’Église dompte un monstre si terrible
Et goûte une si douce paix !
Mais quelles mains assez sçavantes,
Quelles couleurs assez brillantes
Peindront ce Roy victorieux,
Tel qu’il se fait voir à nos yeux ?
Le charme secret qui luy donne
Plus d’empire que sa Couronne
Peut-il estre représenté ?
Ce Héros est trop grand,
Sa gloire est trop brillante,
On ne pourra jamais quelque effort que l’on tente
Le montrer tout entier à la postérité 148
! »
Le poème n’est pas daté et George Buford Norman 149 111 y voit un commentaire du tableau
du Louvre, mais deux dessins préparatoires 150 montrent que Le Brun a modifié ses
projets. Si en effet, rien ne manque dans la description, si on retrouve ce caractère
« inexprimable » du monarque, si la Vérité qui « a levé le voile sombre/Dont cent peuples
séduits laissaient couvrir leurs yeux 151 », au lieu de montrer la Religion sur un char tiré
par le Tétramorphe, Le Brun l’a figurée assise au milieu des nuages, ce que confirme le
livret de Quinault ; de plus le médaillon où figure le roi est désormais posé sur un socle et
non plus sur le char.
112 Le 17 décembre 1686, le triomphe de l’Église fit également l’objet d’une manifestation
publique au collège de Louis-le-Grand ; le père Quartier, professeur de rhétorique, y
prononça une harangue, où il montra que la Piété avait inspiré au « roy le dessein d’une si
glorieuse entreprise, que la sagesse luy avoit fourny les moyens de l’exécuter, & que le
bonheur en avoit rendu le succès tel qu’on eust pû le souhaiter 152 ». La salle avait été
décorée pour l’occasion de nombreuses devises « qui renfermoient tous les moyens dont
le Roy s’est servy pour détruire l’Heresie en France ». La porte d’entrée était entourée d’un
arc de triomphe, sur lequel on voyait la Religion tenant un calice surmonté d’une hostie
avec au-dessus de sa tête la colombe du Saint-Esprit. Michel Corneille le Jeune
(1642-1708), qui a conduit l’ouvrage, avait probablement présente à l’esprit la composition
de Rubens peinte en 1626 pour la suite des tapisseries du couvent des Déchaussées
royales de Madrid, commandées par Isabelle-Claire-Eugénie, bien connues par les
gravures de Nicolaas Lauwers. À la représentation assez rare du char conduit par le
Tétramorphe, il substitua un quadrige attelé de chevaux blancs ; comme à l’Oratoire, le roi
paraît sur un piédestal à côté de la Religion, et comme dans la thèse de l’abbé de Noailles,
il tient un sceptre, « pour faire voir que sa justice & l’authorité de ses Edits sont les seules
armes dont il s’est servy pour detruire l’Heresie qu’on avoit représentée à ses pieds sous la
figure de l’Hidre ».
113 Ainsi, alors qu’aucun décor des maisons royales n’évoque l’extirpation de l’hérésie, sinon
sur le mode allusif dans le salon de la Paix 153
, et que le sujet reste exceptionnel à
l’Académie, qui dans les morceaux de réception préférait l’aborder à travers le rachat de
Dunkerque 154
, on le retrouve à plusieurs reprises dans les thèses et les décors
éphémères, qu’il s’agisse d’évoquer le soutien au pape par Louis XIV ou la révocation de
l’édit de Nantes. En 1687, lorsque les Jésuites célébrèrent la guérison du roi, ils firent
représenter par Gantrel, dans la partie supérieure de l’encadrement des thèses, sous le
portrait en buste du monarque, le roi introduisant la Religion dans une église qui venait
de lui être consacrée, avec sur les côtés la démolition des temples et les protestants
chassés par des anges exterminateurs, pour signifier que la piété du monarque et de son
royaume a amené Dieu à le sauver de la maladie. On constate de nouveau que la thèse et
son illustration étaient pour les Jésuites l’occasion de faire leur cour au roi, de lui
témoigner leur fidélité et leur respect, et de s’assurer de son soutien.
114 Une autre thèse, soutenue en 1687 au collège des Jésuites de Turin par le comte Natta,
célèbre le roi défenseur de l’Église catholique et romaine sur un ton et un mode bien
différents (cat. 114, voir fig. 14 ). Dessinée par Domenico Piola et gravée par Georges
Tasnière, elle montre Judas Maccabée recevant des mains de Jérémie une épée
flamboyante pour défendre Jérusalem. Fait exceptionnel pour une thèse à lui dédiée, le roi
n’en est pas le héros direct, mais nul doute qu’on le reconnut dans la figure de ce
purificateur de l’autel du Temple profané par Antiochus, qui chassa les imposteurs de la
cité de Dieu, et qu’on y vit une allégorie de l’action menée l’année précédente contre les
Vaudois, qui s’était achevée le 3 mai 1686 par une répression sanglante conduite par
Catinat. Mais une autre analyse est possible : Louis XIV serait-il Jérémie, qui prête son
épée à Judas Maccabée (le duc de Savoie) pour combattre les hérétiques ?
115 Là ne s’arrête pas cette évocation du Roi Très Chrétien. En juin 1685, durant le Concile
général de l’ordre, où Italiens et Espagnols devaient également argumenter, les Minimes
de Marseille lui dédient un panégyrique en forme de thèse (cat. 106, fig. 85 ). En tête de
l’affiche, il est figuré en buste ; le nom de « Louis le Grand » commence chaque
proposition. Cette thèse, où me le roi était comparé à Dieu, fit grand bruit. On a vu que M
de Sévigné s’en fit l’écho 155
. À la demande royale, la Sorbonne jugea qu’il fallait la
supprimer. Pourtant, le Mercure galant de mars 156 raconte que trois mois avant la
soutenance, devant toute la cour, le président de la thèse Charles Guilhet et le candidat
Philibert Madon l’ont présentée au roi qui « écouta avec une bonté inconcevable le
Compliment de ces Pères », puis que les deux Minimes en offrirent une épreuve au
Dauphin et à la Dauphine qui « la reçurent avec beaucoup de bonté ».
F igure 85. – Positions de la thèse de Philibert Madon , 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.6 KB )
116 La thèse se répandit. Dès 1686 à Rotterdam, le théologien protestant Jacques Basnage
(1653-1723) la publie en français et en latin à la fin de ses Considérations sur l’état de ceux
qui sont tombez, ou Lettres à l’Église de*** sur sa chute, avec des prières pour l’Église, & pour
ceux qui sont tombez . Dans l’ Avis après la table, il indique :
« Comme on n’a pas voulu remplir cet ouvrage de beaucoup de citations, on s’étoit
contenté d’indiquer la thèse des minimes à la page 411. Mais on a trouvé à propos
de l’insérer toute entière parce qu’elle est curieuse, & qu’on en trouve presque plus
aucun exemplaire. On l’a traduite en François, afin qu’elle puisse être entenduë de
tout le monde, & on la mise en Latin, afin qu’on ne s’imagine pas que c’est une pièce
supposée. »
117 À La Haye en 1689, dans La religion des Jésuites ou Réflexions sur les inscriptions du père
Menestrier et sur les écrits du Père Letellier 157 …, le pamphlétaire calviniste Pierre Jurieu
(1637-1713) 158 en fait une analyse impitoyable.
Sans faire état de la gravure, il écrit : 118
« Toute la terre a frémi à la lecture des Thèses des Minimes de Marseille, où douze
grands articles, qui reprennent les principales parties de la Théologie commencent
par douze blasphèmes & par autant de Ludovicus Magnus : où Louis le Grand paroit
comme l’unique preuve qu’il y a un Dieu ; que ce Dieu est autheur de la grâce
efficace par elle-même ; qu’il est bon et juste, qu’il y a trois personnes en une seule,
qu’il a créé les Anges, et qu’il les employe au gouvernement du monde ; qu’il y a des
démons […] Où le Roy est magnifiquement loué, pendant que les louanges de Dieu y
sont oubliées ; où Louis le grand est l’original de toutes les verités célestes ; où il est
mis au-dessus des hommes et des anges ; où on luy fait une application profane de
ces mots que le St. Esprit avoit prononcé pour le Roy des Anges “Mes ouvrages sont
pour le Roy. Qui est-ce Roy ? C’est Louis le Grand, le Roy de gloire fort et puissant en
guerre”. Ce sont là des impiétés raffinées & d’un ordre inconnu à tous les siècles.
Mais le Roy les pardonne à cause des bonnes intentions. »
119 Jurieu 159 s’en prend non seulement aux Minimes, mais aussi à tous les flatteurs du roi,
qu’il énumère par le menu : prédicateurs, peintres, orateurs, poètes, juges, magistrats,
avocats et académiciens, « car la devise des Minimes de Marseille est devenue celle de
tout le royaume, Dico ego opera mea Regi , je déclare que tous mes ouvrages sont pour le
Roy ». Il conclut en remarquant : « artisans & hommes de lettres, n’ont plus ni de langues
ni de mains que pour un seul homme. Toute la nation est devenüe folle ou plutôt
lâche & esclave ».
120 En 1691, la thèse des Minimes est encore dans les mémoires. Dans L’histoire du temps, ou
Relation de ce qui s’est passé de mémorable… publiée à Amsterdam, et traduite de son
Mercurius reformatus , le médecin anglais Jacques Wellwood (1652-1727) en souligne les
aspects scandaleux qu’il met en évidence dans le sommaire : « 1. Titres blasphématoires
donnez au roi de France par ses flatteurs. 2. L’Impiété des Theses des Minimes de
Marseille. 3. La Dedicace de ces Theses. 4. Elles commencent toutes par des impietez à la
Loüange du Roi de France 5. Particulierement la seconde, la troisième, la quatrième, & la
derniere. 6. La Souscription de ces Theses… » Analysant en détail les positions, il dénonce
à la fois les thèses gallicanes et catholiques, tout en renvoyant le lecteur aux exemplaires
en vente chez les libraires 160
; il prend également pour cible d’autres panégyriques
« blasphématoires » adressés au roi par Pellisson 161
.
121 La polémique est également reprise par l’oratorien français Pierre-Valentin Faydit
(1640-1709), bien connu pour ses critiques acerbes qui lui valurent un séjour à la Bastille,
qui en 1710 dans ses Nouvelles remarques sur le Virgile et sur Homere et sur le pretendu style
poetique de l’écriture sainte 162 …, dénonce encore les excès de la thèse dont certains
passages impies, précise-t-il, « firent horreur au Roi quand il le sçût ; sa pieté en fut
choquée 163 ». Il décrit la gravure : « Ils dédièrent une thèse au Roi, où ils representoient
son visage tout brillant de la gloire de Dieu, & environné de rayons de lumière, comme on
a accoûtumé de représenter les Saints Canonisez. » C’est que tout auréolé de rayons, à
l’égal de ceux du Christ et des saints, le portrait gravé par Pierre Simon était en parfaite
adéquation avec les propos des Minimes et en renforçait l’effet. Plus grand que nature, il
dut impressionner l’assistance et tous ceux qui reçurent la thèse. Le roi était représenté
vêtu d’une toge brodée de fleurs de lys et doublée d’hermine ; sur l’ovale étaient les mots
mêmes qui ouvraient chacune des positions : « LVDOVICUVS MAGNVS » et l’inscription
« HERORVM MAXIMVS » ajoutait encore à l’éloge. Cependant, ce portrait n’avait pas été
gravé pour l’occasion, mais trois ans plus tôt.
122 Si portraits, dédicaces et thèses concouraient à la glorification du roi, leur caractère trop
ostentatoire pouvait produire un effet inverse de celui qu’escomptaient les dédicataires.
Lorsque la thèse fut soutenue, les tendances gallicanes dont elle était une des
manifestations battaient leur plein. Dans sa Politique tirée des propres paroles de l’Écriture
sainte , parue en 1709 mais rédigée trente ans plus tôt, Bossuet souligne le rapport étroit
entre Dieu et le roi : « La majesté est l’image de la grandeur de Dieu dans le prince. […] La
puissance de Dieu se fait sentir en un instant de l’extrémité du monde à l’autre : la
puissance royale agit en même temps dans tout le royaume… » ou encore « Considérez le
prince dans son cabinet. De là partent les ordres […]. C’est l’image de Dieu qui, assis dans
son trône au plus haut des cieux, fait aller la nature 164 ». Poussés à l’extrême, ces propos
rappellent ceux des Minimes comme ils évoquent le portrait gravé par Pierre Simon. Les
rois sont les représentants de Dieu sur terre : Bossuet et les prédicateurs, les Jésuites
notamment, le rappellent souvent dans les panégyriques, et on assiste alors à
l’assimilation entre le roi et Dieu 165
. Les propos d’Amelot dans sa dédicace en 1663 (cat.
42) et de l’abbé de Bouillon en 1667 (cat. 60) le montrent pleinement. La gravure de sa
thèse présente le roi en buste dans un ovale tel un nouveau César et semble à priori
éloignée de toute référence divine, mais l’exergue de la thèse y invite : « Cuius Regnum,
Regnum omnium Saeculorum ? Psal 145 » (« Celui dont le règne est le règne de tous les
siècles »). Associer Louis XIV à une thèse de théologie rappelle qu’il était Roi Très Chrétien,
ce que les vers de Robinet dans La muse historique confirment 166
:
« Ayant leu la Theze ma foi
Très-belle & Dédiée au Roy
Duquel comme un Astre Propice
Le portrait est au frontispice
Et qui sur le sujet vient bien
Etant d’un Prince Très Chrestien. »
123 Le 20 septembre 1685, la faculté de théologie de Paris voulut témoigner son zèle au roi et
son attachement aux principes de l’Église gallicane, alors que l’opposition entre le
monarque et la cour de Rome atteignait son paroxysme. Aussi après avoir longtemps
attendu, l’université décida de parler d’une seule voix « par la bouche de son recteur 167 »
Pierre Berthe (cat. 110). Le Mercure 168 précise que l’acte « se fit avec très grand éclat & il s’y
trouva un très grand nombre de personnes illustres de tous les ordres, pour y rendre en
quelque manière toute la France présente. »
124 Prélevée sur la caisse de l’université, une somme de 4000 livres fut affectée aux dépenses.
Pierre Berthe choisit pour sujet les quatre articles de la déclaration du Clergé rédigée trois
ans plus tôt par Bossuet, qui définissaient les libertés de l’Église gallicane, et avaient été
signés par l’assemblée des évêques. Alors qu’on avait espéré rétablir ainsi l’harmonie
entre la France et la papauté, le différent s’envenima. Le 11 avril 1682, Innocent XI
condamna les conclusions de l’assemblée et refusa de nommer des évêques parmi les
ecclésiastiques qui y avaient participé. Par ailleurs, au lieu d’entrer dans la coalition
organisée par le pape contre les Turcs, la France s’allia à eux. Lors de la révocation de l’édit
de Nantes (18 octobre 1685), quelques mois avant la soutenance de cette thèse, le pape
condamna la position du roi, qui pour montrer malgré tout son soutien à l’Église durcit
irrémédiablement la répression contre les Protestants.
125 Comme celle de l’abbé de Noailles (cat. 70, voir fig. 84 ), d’abord présentée au roi, la thèse
de Berthe fut présidée de l’archevêque de Paris, François de Harlay. Comme après celle
des Minimes, l’émotion qui suivit la soutenance fut vive mais pour une tout autre raison.
L’affiche, qu’on avait placardée sur la porte de la résidence du nonce Angelo Ranuzzi
(1626-1689), l’irrita. Elle était ornée d’un portrait du roi et les positions étaient inscrites sur
un manteau fleurdelisé, avec en haut la dédicace REGI et en bas un cartouche aux armes
de l’université, autant d’éléments qui marquaient l’autorité du roi sur l’église que
proclamaient les Quatre Articles. Le 17 octobre, trois semaines après la soutenance,
Ranuzzi demanda au père La Chaise d’intervenir 169
. Selon Dangeau 170
, lors de l’audience
qu’il eut du roi le 21, il se plaignit de cette thèse qui bafouait l’autorité du pape.
126 Une thèse en livret soutenue en 1686 à Rome, au couvent de Sainte-Marie Transpontine
(cat. 111), développe elle aussi un éloge du roi ; sa puissance sur terre y est mise en
parallèle avec celle de Dieu, sans que soient franchies cependant les limites acceptables.
Face à la dédicace « REGI CHRISTIANISSIMO », un portrait en buste du monarque
gravé 22 ans plus tôt par Pierre Landry, dont les angles sont ornés du Soleil personnifié,
des instruments des arts et du globe fleurdelisé entouré de trophées militaires qui font
écho à la légende « SUFFICIT HICTERRIS » (« Il suffit à la terre ») et semblent illustrer
l’exergue de la thèse : « Quod nomen est eius ; & quod nomen Filij eius ? Proverb. 30 » (« Quel
est son nom, et quel est le nom de son fils ? »).
127 Sans doute inspirée de la précédente, une autre thèse fut défendue à Rome deux ans plus
tard en 1688 par Séraphin Crouzeil (cat. 120) au couvent des Cordeliers, puis la même
année à Paris (cat. 121). Son livret célèbre de nouveau le Roi Très Chrétien et s’ouvre sur la
dédicace « LUDOVICO MAGNO. REGI CHRISTIANISSIMO » et un portrait en buste du
monarque. Il est orné aussi d’un bandeau énigmatique dessiné par Sevin, qui répond à la
question, « Quis pascitur inter lilia ? Cantic. 2 », à la gloire des lys de France et de l’action du
roi en faveur de l’Église. Preuve de son importance, le Mercure de septembre la décrit et
l’explique :
« Comme la thèse a pour titre ces paroles du Cantique, Quis pascitur inter lilia ? On y
voit d’abord l’éloge des lys de la France et le bonheur qu’ils ont de naistre sous les
auspices et sous la protection de LOUIS LE GRAND, qui les a heureusement dégagez
des épines de l’Héresie, qui ternissoit en partie l’éclat de leur blancheur, et diminuoit
beaucoup l’odeur qu’ils répandent dans toute la terre. Cela est expliqué dans la
vignette gravée délicatement qui représente le Sauveur du monde au milieu d’un
champ semé de Lys, disant à ses Apostres, ces paroles de l’Évangile, Considerate lilia
agri quomodo crescunt . On y voit aussi Saint-Michel protecteur de la France, qui tient
l’Hydre abatüe sous ses pieds 171
. »
128 Sur une tablette placée sous l’hydre, on lit : « Haeresis extremum, toties rediviva, venenum
Fundit et est Genio Gallia tuta suo », ce qui explicite le sens de la gravure. La colombe du
Saint-Esprit illumine le champ de lys d’un jardin à la française. Cultivés avec soin, ils
bénéficient de la protection du Christ et de l’Esprit Saint. Le Christ désigne les fleurs aux
apôtres. L’un d’eux lit ses paroles : « Considerate lilia agri quomodo crescunt » (« Considérez
les lys du champ, comme ils croissent », Évangile saint Mathieu VI, verset 28). Les
premières positions de la thèse décrivent la beauté des lys de France et le soin que leur
porte le roi. Il n’est pas figuré dans le bandeau, mais tout évoque son action. La suite du
verset est implicite : sans soin, les lys ne peuvent survivre « non laborant, neque nent »
(« Ils ne peinent ni ne tissent »). La révocation de l’édit de Nantes et l’action du roi contre
les protestants se trouvent ainsi de nouveau célébrées. Cet exergue avait été utilisé pour
plusieurs médailles frappées en hommage à Louis XIV 172
, et notamment sur un portrait
gravé par Pierre Simon 173 en 1684, où le monarque apparaissait auréolé et que l’on a vu
réutilisé sans la médaille en question dans la thèse des Minimes.
Faits et gestes de Louis XIV : la justice et la santé du roi
129 Quand les thèses ne célèbrent pas le roi guerrier et victorieux défendant l’Église et l’État,
elles font allusion plus directement à la politique intérieure du royaume et sont alors
commandées par les collèges des Jésuites de province pour répandre ainsi l’hommage
rendu au monarque. Elles participent souvent d’une tradition inaugurée au début du
siècle, par laquelle les bons pères s’assurent chaque année de la bienveillance des
magistrats, dans la famille desquels ils recrutent leurs élèves, en leur dédiant les travaux
de ces derniers.
130 Dès 1653, plusieurs thèses soutenues dans les collèges des Jésuites furent dédiées aux
parlements de province et à travers eux au roi. Gravée par Gabriel Le Brun d’après son
frère Charles (cat. 19), la première fut soutenue à Rouen. Auguste-Tanneguy Bonshoms de
Couronne, fils d’un président au parlement 174
, y célèbre implicitement le roi, dont les
armes apparaissent sous un baldaquin gigantesque au haut du temple de la justice, et
l’archevêque François de Harlay dont les armoiries figurent sur l’architrave à gauche avec
celles du cardinal de Bourbon, fondateur du collège en 1593 ; au même titre que le roi et
le parlement, François de Harlay était le protecteur de la maison. Cet hommage au roi
après la Fronde vaut d’être souligné. Alors que le parlement avait été hostile à Mazarin et
au pouvoir, qu’il avait pris parti pour le duc de Longueville, la soumission de celui de Paris
l’amena à réaffirmer sa fidélité à la Couronne, ce que la place donnée aux armes royales
met ici en évidence. En 1667 les Jésuites de Toulouse (cat. 58) firent copier cette gravure
pour illustrer la thèse de leurs logiciens.
131 En 1654 à Rennes, ceux du collège des Jésuites s’adressèrent à Charles et à Gabriel Le
Brun pour illustrer leurs travaux (cat. 22). La composition est plus complexe, mais de
nouveau les armes du roi sont placées en haut et directement associées à la dédicace, car
les deux amours qui portent le linge où elle est inscrite tiennent une couronne de laurier
qui relie les médaillons contenant les armoiries des parlementaires. Les armes du roi sont
au-dessus de la Justice et c’est donc en son nom qu’elle agit : assise sur un nuage, elle
reçoit des parlementaires qui sont représentés debout, au bas de l’escalier monumental à
l’intérieur du nouveau parlement dont ils viennent de prendre possession.
132 Entre 1678 et 1690, les parlements renouvelèrent leur fidélité au monarque par d’autres
thèses, toutes commandées par les Jésuites et éditées à Paris par Gantrel (cat. 88, 104,
123, 127). D’abord en 1678, ceux de Rouen firent dédier une thèse au parlement de
Normandie par cinquante de leurs étudiants (cat. 88, fig. 86 ). C’est aussi un hommage au
roi, dont divers attributs attestent de la présence. Entourées des colliers de Saint-Michel
et de Saint-Esprit, d’une paire d’ailes et de deux trompettes et surmontées de la couronne
royale, devant des palmes et des guirlandes de laurier, ses armoiries occupent là encore le
haut de la composition. Elles surmontent la porte monumentale du temple de la Justice,
orné d’un ordre français inventé pour l’occasion : le Soleil personnifié surmontant le globe
fleurdelisé remplace la fleur centrale de l’acanthe. Au tympan, la Justice sous un dais,
surmonté aussi de la couronne royale, est entourée de médailles aux effigies des rois de
France avec la légende « LUDOVICUS MAGNUS perfecit » ; au centre de l’architrave
entourée des armoiries des parlementaires étincelle le Soleil personnifié. Son nom
n’apparaît pas dans la dédicace, mais il est clair qu’il s’agit de montrer que la Justice est
rendue au nom du monarque. Autour des positions, entre les pilastres soutenant l’édifice,
huit médaillons racontent l’histoire du parlement : le dernier montre des élèves recevant
leurs récompenses des mains de la France.
133 En 1685 (cat. 104) et 1690 (cat. 124), deux thèses gravées en l’honneur du parlement de
Bretagne pour les collèges des Jésuites de Vannes et de Rennes évoquent ses relations
tendues avec le pouvoir. On sait qu’à la suite de la révolte du papier timbré, il fut transféré
à Vannes en 1675 175
. Ce fut une catastrophe pour Rennes, dont la population décrut
presque de moitié.
134 La première planche, dessinée par Jean II Cotelle (1642-1708) 176 pour une thèse de
logique soutenue par dix-neuf élèves du collège des Jésuites de Vannes en 1685 (cat. 104,
fig. 87 ), puis réutilisée en 1690-1695 (cat. 123, fig. 87 ), montre dans la grand’chambre aux
piliers ornés des armoiries des parlementaires le premier président, Louis Phélypeaux de
Ponchartrain, futur contrôleur général des finances, accompagné des trois présidents à
mortier Le Meneust, Fouquet et Montigny, rendant hommage à la Justice auréolée de
lumière. Le soleil de la Vérité brille sur sa poitrine, elle tend son sceptre vers le magistrat
et offre sa main à la Bretagne qui lui remet les clefs et lui présente ses armoiries,
proclamant ainsi l’obéissance au roi sous l’égide de son président. La figure et les attributs
de la Justice affirment que le roi est l’auteur de la loi et que les magistrats n’en sont que
les représentants. Aussi la voit-on assise sur un trône orné de lions, évoquant celui de
Salomon, sous un dais surmonté des armes de France, placées dans un globe sommé de
la couronne royale, tenue par deux amours portant l’épée et la balance, les pieds posés
sur un tapis fleurdelisé. Autant d’éléments qui rappellent l’ordonnance de 1667 réformant
la justice civile et criminelle, et la déclaration du 24 février 1673 qui retira aux parlements
le droit de remontrance et leur interdit d’interpréter les lois 177
. Preuve de cette allégeance
au roi, la gravure qui avait servi pour célébrer le parlement de Normandie fut utilisée
quelques années plus tard (cat. 123, fig. 87 )
178
, pour témoigner de la soumission de celui
de Rouen avec seulement quelques modifications : les armoiries des parlementaires
gravées sur les pilastres sont remplacées par celles de leurs confrères normands, les
armes de Rouen remplacèrent celles de Vannes.
F igure 86. – Étienne Gantrel, Tèse dédiée au parlement de Normandie , 1678-1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 189.85 KB )
F igure 87. – Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle, Allégorie au parlement de
Normandie , v. 1690-1695.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 102.97 KB )
135 À la suite des lettres royales du 21 novembre 1689, le parlement de Bretagne quitta
Vannes pour regagner Rennes (cat. 127, fig. 88 ). Ce retour tant souhaité par la ville lui
avait coûté fort cher. En effet, l’État ayant besoin d’argent pour financer les nouvelles
guerres, la ville saisit l’occasion pour rentrer en grâce auprès de Louis XIV et offrit
500000 livres ; le parlement en offrit 200000 supplémentaires et accepta la création de six
nouveaux offices. Pour célébrer l’événement, les Jésuites s’adressèrent de nouveau à
Gantrel pour graver une composition imaginée cette fois par Jean Cotelle (cat. 104). Cette
planche 179 servit en 1690 et en 1691 pour les thèses que leurs élèves dédièrent au
parlement. Au frontispice, le roi est représenté en personne (cat. 124, 127). Une cape
d’hermine sur les épaules, accompagné de Philippe d’Orléans, du Dauphin et de deux
magistrats, il élève son sceptre devant le parlement 180
. Les Vertus et la Justice, que le
génie de la ville lui supplie de ramener dans son palais, présentent au souverain les
instruments du pouvoir et les armes de la Bretagne. Contrairement à ce que laisse
supposer la gravure, Louis XIV n’était pas venu à Rennes pour sceller cette réconciliation.
Cette représentation est donc toute symbolique.
F igure 88. – Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, Tèse d’André
Brunel , 1691.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 152.32 KB )
136 Pour commémorer cet événement important, les Jésuites firent paraître une
plaquette 181 relatant la soutenance, qui contient la harangue adressée au parlement à
l’ouverture des classes et la tragédie jouée à cette occasion par les élèves 182
. Un dais a été
dressé pour surmonter le portrait de Louis XIV. En l’hommage du roi, l’entablement sur
lequel repose la partie supérieure des thèses est scandé de son chiffre couronné et le
haut des positions est sommé par la dédicace « LUDOVICO MAGNO » avec en petits
caractères « AUGUSTISSIMO AREMORICAE SENATUM RHEDONAS REVOCANTI ». Juste audessus,
signe du retour en grâce, les armes de France et de Bretagne réunies sont
entourées du collier de l’ordre du Saint-Esprit et surmontées de la couronne royale, le tout
posé en sautoir sur des palmes, des rameaux d’olivier et des trompettes.
137 Le ton qui prédomine ici est bien différent de celui de la thèse dédiée près de quarante
ans plus tôt au parlement de Bretagne, dont le dessin avait été donné en 1654 par
Charles Le Brun (cat. 22, fig. 89 ). La Justice descendait alors d’un nuage au-devant des
magistrats, accompagnée de l’Abondance et la Paix, et la Bretagne la recevait avec
déférence. Leurs armoiries s’y trouvaient aussi sur toute la hauteur de la thèse avec celles
de la France surmontées de la couronne royale, mais sans trône ni tapis fleurdelisé. La
présence du roi était donc beaucoup moins affirmée.
138 La soutenance de thèses était un moyen de faire connaître sa soumission au roi dans les
villes conquises, comme en attestent celles qui lui furent dédiées à Lille (cat. 71) et à Ath
(cat. 73) en 1672, dont on ignore si elles étaient illustrées. Alors que la guerre reprenait,
de tels témoignages de fidélité n’étaient pas anodins. À ces illustrations évoquant l’histoire
intérieure du royaume, il faut ajouter une pièce tout à fait exceptionnelle par son
iconographie, qui fut gravée semble-t-il en 1686 pour Jean-Baptiste Hue de Miromesnil. La
composition que dessina Sevin pour l’occasion montre le buste du roi dans une alcôve,
entouré des instruments des arts et des sciences. Il est posé sur un piédouche au-dessus
d’un arc de triomphe aux montants sommés d’une fleur de lys, sur lesquels sont
représentées les grandes réalisations du règne : l’invention de la devise royale Nec
pluribus impar 183
, la construction de Versailles, de l’Observatoire, des Invalides, la frappe
de la Monnaie, la création de l’Académie des sciences, le dévelop pement de la Marine et
de l’Imprimerie. Si elles avaient fait l’objet de nombreuses gravures, ces réalisations
n’avaient pas été évoquées jusqu’alors dans les thèses.
F igure 89. – Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au parlement de
Bretagne , 1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 193.65 KB )
Comme l’affaire du papier timbré, la guérison miraculeuse du roi 184
139 , opéré d’une fistule,
fit l’objet d’une illustration de thèse commandée de nouveau par les Jésuites. Les villes de
France et ses ambassades en Europe organisèrent des actions de grâces et des
réjouissances, feux d’artifice, libations, pièces de théâtre, concerts, pour fêter son
rétablissement. Le roi vint à Paris, où on ne l’avait plus vu depuis 1682, pour assister au Te
Deum à Notre-Dame et au banquet organisé en son honneur à l’hôtel de ville. Gazettes et
almanachs rappellent ces moments de crainte et la joie qui suivit. En 1687, pour fêter le
rétablissement de la santé royale, le collège des Jésuites de Rouen chargea un de ses
étudiants de soutenir une thèse à laquelle l’élite de la ville fut conviée. L’exercice fut répété
par onze étudiants avec la même illustration, un portrait de Louis XIV en costume civil :
veste à ramages et cravate de dentelle, croix de l’ordre du Saint-Esprit brodée sur la
poitrine. Cela n’est pas anodin puisque son corps, qui disparaissait ordinairement sous
une armure ou un manteau fleurdelisé, trouve une importance nouvelle qui rappelle sa
réalité humaine menacée. Dans cet imposant portrait gravé par Gantrel, grandeur nature,
le roi regarde ses sujets de tout son haut, droit dans les yeux comme pour leur témoigner
sa reconnaissance. Mais là ne s’arrête pas l’hommage : dans le cadre des positions sont
exposés les événements liés à la guérison. Vingt petites scènes accompagnées d’une
légende latine résument l’histoire du royaume de 1685 à 1687 : la révocation de l’édit de
Nantes, les prières, les actions de grâces et les fêtes, la procession solennelle de
l’université de Paris, les aumônes, les prisonniers délivrés, les harangues à la gloire du roi
dans les académies et les collèges, les honneurs rendus aux statues du roi... Le cartouche
principal montre Louis XIV introduisant la Religion dans un temple qui vient de lui être
rendu ; inscrits dans les volutes latérales les autres représentent la démolition du temple
de Charenton, la carte de France éclairée par le Soleil, signifiant que grâce au roi le
royaume est entièrement catholique…
Cette maladie occasionna la publication de centaines de pages du Mercure 185
140 , qui donne
ici une vision politique de la piété de Louis XIV et de l’amour que son peuple lui voue :
« On y voit d’un seul coup d’oeil tout ce que sa Majesté a fait en faveur de la Religion
Catholique, et toutes les actions de grâces renduës à Dieu par le peuple pour le
rétablissement de sa santé, avec les réjouissances qui les ont accompagnées… »
141 Plus loin sont décrits les cartouches de l’encadrement, dont le choix des sujets rappelle le
décor de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré déjà mentionné. Si les tableaux peints à
l’occasion sont plus nombreux et d’une disposition plus complexe, là aussi apparaissent
des devises et des scènes au naturel. On y retrouve le portrait du roi, mais sur son trône
et en manteau royal, les actions de grâces de la France, l’Église victorieuse de l’Hérésie, les
temples démolis, la religion catholique rétablie à Strasbourg, les missions dans les pays
éloignés, l’éducation de la noblesse, le percement du canal du midi, la révocation de l’édit
de Nantes. Mais alors que les peintres et les sculpteurs de l’Académie avaient choisi
d’évoquer également les victoires du roi, les Jésuites se plaisent à énumérer les
hommages rendus au monarque, notamment ses portraits sculptés :
« On a rendu de grands honneurs aux statues publiques du Roy, comme dans la
place des Victoires à Paris où Monsieur le Mareschal Duc de la Feuillade a élevé un
monument digne de son zèle, et de la grandeur de celuy à qui il l’a consacré. D’autres
ont entrepris d’en ériger de nouveaux. On en fait dresser un au lieu où estoit l’Hôstel
de Vendöme, qui sera un glorieux témoignage à toute l’artillerie ; les viandes, les
rafraîchissements, l’argent, les médailles jetées aux Peuples, et enfin les
réjouissances, faites mesme dans les cours étrangères par le roi et le zèle des
Ambassadeurs du Roy. »
142 On pense au panégyrique prononcé par Paul Tallemant à l’Académie le 27 janvier
1687 186 auquel la gravure fait allusion parmi les éloges adressés au roi. Il célébra lui aussi
ses vertus et sa grandeur, sa politique extérieure soucieuse du respect des traités et de la
fortification du nord-est de la France pour assurer la sûreté de ses sujets, la révocation de
l’édit de Nantes, l’unité de l’État, la douleur puis la joie de ses sujets lors du rétablissement
de sa santé. Comme le graveur, Tallemant proclame : « C’est maintenant que sans
trouble & sans agitation il nous est permis de considérer LOUIS plus grand encore au
milieu de tous ses maux qu’à la teste de ses armées. » Il conclut : « Veüille le Ciel nous
faire gouster long-temps les douceurs d’un si beau Regne, & les continuer long-temps
après nous […] il n’y a point de miracles que l’on ne puisse espérer pour le Prince le plus
sage et le plus parfait qui soit jamais monté sur le Throne des Rois 187
. »
143 Si dans la thèse de Rouen, le monarque est en civil, il apparaît en cuirasse dans celle de
François Bourgarel au collège d’Harcourt le 26 décembre 1695. Il s’agit maintenant de
montrer son soutien aux études scientifiques, si utiles à la guerre. À l’intérieur d’un palais,
le génie des mathématiques et ceux des arts tiennent le portrait du roi que la Renommée
couronne de laurier. À cette composition allégorique, gravée par Trouvain d’après Bon
Boullogne et Pierre Lepautre, répond l’encadrement des positions en adéquation avec le
sujet des thèses portant sur les fortifications : les six médaillons montrent les villes prises
en 1690 et 1691 par Catinat : Pignerol, Montmélian dont le candidat est originaire, Suse,
Nice, Casal 188 … Le Piémont fut occupé jusqu’au traité de Turin, signé quelques mois avant
la soutenance, ce qui fit rentrer la Savoie parmi les alliés de la France et par lequel Marie-
Adélaïde épousa le duc de Bourgogne. Montmélian fut évacué en 1697 en échange de la
destruction du fort de Pignerol. À nouveau, le bas de thèse s’avère essentiel pour saisir la
portée de l’illustration et la richesse du propos.
144 Mais le portrait n’est pas toujours nécessaire, et les étudiants en font parfois l’économie.
En 1686, pour une thèse de mathématiques soutenue au collège Saint-Jaume de
Marseille, tenu par les Jésuites, le candidat Jacques Symon (cat. 113) s’adresse au graveur
Jacques Cundier pour mettre en scène la pratique de la géométrie à travers des
expériences d’optique et l’étude du Soleil, métaphore du roi. Sur la page de titre sont
gravées sur bois les armoiries, surmontées de la couronne, sur des trophées d’armes et
deux fûts de canons en sautoir. Dans la longue dédicace en français, Symon indique que
« Tandis que le Ciel & la Terre applaudissent aux actions héroïques » du roi, il souhaite lui
offrir ces premiers travaux, dont il lui est redevable, car il a profité de l’enseignement
dispensé dans les écoles « ouvertes aux officiers de ces Armées Navales ». Il conclut en
affirmant que « ses études l’ont convaincu qu’il n’y a sur la Terre que les Vertus & la Gloire
de V[ôtre] M[ajesté] qui soient sans bornes, & que tout le mérite des autres Princes est
infiniment éloigné du sien ». La gravure de Cundier démontre cette grandeur que des
amours tentent en vain de mesurer.
145 Pour former un corps d’officiers des galères pourvus de connaissances techniques et
scientifiques, Louis XIV et ses ministres ouvrirent des écoles adaptées de marine. C’est
ainsi que l’École de construction navale de Marseille fut créée en janvier 1682, et pour
s’assurer que lieutenants et enseignes suivraient les cours, il fut décidé par une
ordonnance du 10 juin 1682 qu’ils recevraient 110 livres par mois pour les lieutenants
et 50 pour les enseignes 189
. Aussi la gravure montre-t-elle des enfants s’activant dans un
arsenal et sur des galères.
Une thèse « idéale »
146 Ainsi, les illustrateurs de thèse et leurs commanditaires font un choix parmi les
événements de la vie du roi, de la politique intérieure et extérieure du pays, des arts et
des sciences. Le Mercure galant les y aida en publiant une thèse fictive, idéale, retraçant
l’histoire du roi. Cette thèse, qui ne fut ni écrite, ni soutenue, ni illustrée, montre
l’importance du choix des sujets. C’est à l’occasion de la convalescence du roi que le
Mercure de janvier 1687 publia en près de cent pages 190 cette Histoire de Louis XIV en forme
de thèse. Un an plus tard, dans son Panégyrique historique du roi à Messieurs de l’Académie
françoise , le futur académicien François de Callières (1645- 1717) proclamait :
« Les héros ont besoin de semblables secours [celui de la plume]
Le bruit de leurs grands noms ne dure pas toujours.
Le temps qui détruit tout en efface la gloire.
S’ils ne sont bien gravés au temple de mémoire 191
. »
147 Dès le 3 juillet 1684, s’opposant aux thuriféraires excessifs, Boileau 192 avait réclamé dans
son discours de réception à l’Académie que cette histoire soit écrite avec « la naïveté du
style le plus simple » et le respect des faits :
« Lorsque des écrivains sans artifice, se contentant de rapporter fidèlement les
choses, et avec toute la simplicité de témoins qui déposent, plutôt même que
d’historiens qui racontent, exposeront bien tout ce qui s’est passé en France depuis
la fameuse paix des Pyrénées, […] quand dis-je, des plumes sincères, et plus
soigneuses de dire vrai que de se faire admirer, articuleront bien tous ces faits
disposés dans l’ordre des temps, et accompagnés de leurs véritables circonstances ;
qui est-ce qui en pourra disconvenir, je ne dis pas de nos voisins, je ne dis pas de nos
alliés, je dis de nos ennemis même ? »
148 Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour défendre une histoire sans fard, où
l’emporteraient simplicité et concision. Boileau lui-même et Racine écrivent alors dans le
Précis historique des campagnes de Louis XIV depuis 1672 jusqu’en 1678 193
, suivi vers 1691 de
la Relation de ce qui s’est passé au siège de Namur ; ils entendent respecter la chronologie et
rendre les faits avec le plus d’exactitude possible sans tomber dans le dithyrambe. Mais ils
n’y parviennent pas, puisque Louis XIV est leur seul point de mire, le seul qui agit, le seul
dont ils parlent vraiment ; aussi, comme les panégyristes qu’ils dénoncent, est-ce avant
tout le portrait du roi qu’ils brossent, et ce qu’il présente à leurs yeux d’exceptionnel, de
prodigieux et d’héroïque 194
.
149 Comme Callières et Boileau, l’auteur anonyme de la « thèse idéale », qui pourrait être
Donneau de Vizé lui-même 195
, entend retracer l’histoire du roi :
« Il ne s’agit que de marquer ce qu’a fait le Roy, sans détail, sans
raisonnement, & sans éloge, & cependant cette Thèse peut passer pour une chose
presque impossible, à cause du grand nombre d’Actions qu’elle contient. »
150 La concision est nécessaire : « si l’on y veut renfermer tout ce qu’il a fait de grand ? Pour
moy, je suis persuadé qu’il faudroit un Siècle entier, si l’on vouloit mettre dans leur jour
toutes les actions de ce monarque, & que cette Histoire pourroit [p. 12] remplir seule des
Bibliothèques ». Et de préciser que la thèse et tout ce qui y entre est écrit en français,
« parce qu’on a eu pour objet la satisfaction des Personnes qui préfèrent cette langue, que
nos Victoires ont rendue si florissante dans toutes les parties du Monde ».
L’auteur commence par une description du frontispice : 151
« Le Portrait du Roy est placé au milieu d’une Couronne de laurier, relevée de
quatorze Médailles, le tout posé sur une dépouille de Lion. Quatre grands Octogones
avec de riches bordures accompagnent le Portrait, & font voir par quatre grandes
Inscriptions la gloire du Roy dans les quatre Parties du Monde. »
Suivent quatre inscriptions qui célèbrent l’allégeance au roi des quatre continents : 152
l’Europe contrainte d’accepter la paix que lui accorde « LOUIS LE GRAND » ; l’Asie étonnée
de sa grandeur lui députe trois ambassadeurs du royaume de Siam ; l’Afrique humiliée par
la défaite de ses corsaires vient demander la paix ; l’Amérique est le théâtre des victoires
et des conquêtes du roi. Viennent ensuite
« Quartorze Médailles [qui] sont autant de Vertus ou Attributs du Roy, représentéez
par des Devises ou Emblèmes, & expliquez dans l’Exergue de chaque Médaille.
Comme les Armoiries fournissent le corps le plus naturel & la plus ordinaire des
Devises, on s’est fait icy une obligation d’en tirer quatre des Lys qui composent les
Armes de nos Rois, quatre du Soleil, qui est le symbole du Roy, & une du Coq, qui
représente la France » [p. 19].
153 Chaque exergue est précisément retranscrit. Les médailles et les devises célèbrent les
vertus du roi – sagesse, clémence, justice, libéralité, bonté, puissance, vigilance, fermeté,
force, gloire, modération, piété, bonheur et vaillance –, et permettent de tracer son
portrait. Cette importance accordée aux médailles et aux devises n’est pas propre à
l’auteur. Sous l’égide de la Petite Académie, Le Brun leur donna une place importante au
plafond de la galerie des Glaces et bientôt on les préféra aux thèses historiées pour écrire
l’histoire du roi 196
. Puis l’auteur décrit la composition de la thèse, la dédicace et son
emplacement :
« Dans le milieu de la bordure, au bas du Portrait, sont les Armes de sa Majesté
entourées [p. 24] des deux Colliers des Ordres de Saint Michel & du Saint
Esprit, & ornées de Guidons, d’Etendards, & de Trophées, qui jettent des branches
d’Olive, pour marquer la Clémence de ce Prince, qui a bien voulu donner la Paix au
milieu de ses Victoires. Il y a deux grandes Trompettes qui accompagnent la
Couronne, avec deux aisles qui s’étendent de chaque costé, pour porter les Armes de
LOÜIS LE GRAND jusques aux estrémitez du monde. Tous ces ornemens qui [p. 25]
sont le haut de la thèse, sont soûtenus d’une table d’attente, ou parement irregulier
d’Architecture d’un ordre Composite, avec sa Corniche, sa frise, son Architrave,
colomnes, Pilastres, Chapiteaux, Piedestaux & Bases. Un grand Cartouche posé sur
le milieu de la Frise, contient ces mots, A LA POSTERITÉ. Le grand Quadre destiné
pour les Theses, est échancré par le bas, & posé entre les Pilastres. Il contient
quatorze Theses ou Conclusions qui répondent. »
154 La présentation est celle des grandes thèses en deux parties, dont haut et bas sont
nettement différenciés. La comparaison avec celle de Dulion de Poinson sur la guérison
du roi (cat. 116) s’impose par la diversité des sujets représentés autour des positions. La
dédicace est identique. L’auteur passe ensuite au bas de la thèse, à l’ornement de
l’encadrement des positions :
« Dans le grand Quadre du Roy [p. 74] du costez des Theses ou Conclusions
historiques & politiques, sont marquées les principales Conquestes du Roy selon
l’ordre des années ; afin qu’on puisse les trouver tout d’un coup, & d’une seule veüe ;
en lisant les autres Actions de ce Prince Chaque conqueste a sa marque pour en
connaistre la situation selon la Geographie ; cela se trouve expliqué dans un
Cartouche posé sous le Quadre. »
155 C’est l’occasion de dresser la liste chronologique des conquêtes du roi à partir de 1658 en
précisant dans chaque pays la citadelle ou la ville conquise. Les ornements sont plus
nombreux encore :
« Les Colomnes, les Pilastres & les Festons sont enrichis de cinquante-huit revers de
Médailles qui sont autant d’Inscriptions qui marquent selon l’ordre des années, les
principales Actions du Roy, qui n’ont pas esté comprises en particulier dans les
Theses. On va les rapporter suivant qu’elles sont disposées » [p. 86].
Par exemple les édits, alliances, protections, établissement du commerce : 156
« Grands Jours d’Auvergne en 1665, le Roi qui visite ses Conquêtes en 1670 et 1683,
Alger foudroyée en juin 1683 ; de la Ville de Trèves démantelée & punie, en Juin 1684.
[…] La Révocation de l’édit de Nantes. […] Sur les festons on a encore ajouté tout ce
qui touche aux naissances et mariages de la famille royale, d’abord celle de Louis XIV,
son sacre, son mariage, la naissance de Monsieur [… jusqu’au mariage des enfants
légitimés] La Princesse de Conty, le 16 Janvier 1680 [et] le Mariage de Madame la
Duchesse de Bourbon, le 24 Juillet 1686 [ sic ]
197
. »
157 Cette description est accompagnée de la dédicace et des positions qui ont pour titre
« CONCLVSIONS. HISTORIQUES & POLITIQUES. QUESTION. Qui devez-vous estimer le plus
Grand de tous les Monarques de la Terre ? » Puis commence l’histoire du roi dont
quelques passages des quatorze propositions permettent de juger du ton général.
Chaque conclusion commence par « les paroles de la Devise » correspondante. Par
exemple, « Louis XIV. Donné de Dieu d’une maniere miraculeuse, éclaire l’Univers par les
rayons éclatans de sa Sagesse ; II. Clemence, Justice, la force »…
158 Comme dans la thèse des Minimes de Marseille en 1685 (cat. 106, voir fig. 85 ), les vertus
du monarque sont de nouveau décrites, et chaque conclusion commence par le nom de
« LOUIS LE GRAND » inscrit dans la même graphie en majuscules romaines et se termine
par « LOUIS XIV, le plus grand de tous les Monarques », « de la terre », ou « du Monde »
avec des variantes : « Le plus Sage » ; « le plus Pacifique » ; « Louis XIV est le plus Juste, le
plus Magnifique & le plus liberal » ; « LOUIS XIV vray Pere de la Patrie, est le plus
Aimable & le Meilleur » ; « le plus puissant » ; « Le plus Vigilant » ; « Le plus ferme de tous
les Monarques à maintenir les droits de sa Couronne – le plus fort » ; « la Gloire de Louis
XIV ne peut avoir de bornes, & que c’est avec justice qu’il est le plus estimé de tous les
Monarques de la Terre ? » ; « Ennemy des loüanges & de la flatterie, toûjours affable,
toûjours patient, & le plus moderé » ; « plus Pieux de tous les Monarques […] – le plus
Heureux » et enfin « celuy que vous devez estimer le plus grand de tous les Monarques de
la Terre ».
159 L’auteur expose à chaque fois ses motifs. Par exemple, il énumère pour la quatrième les
victoires, les lois, ses actions en faveur des beaux-arts, comme la création de
l’Observatoire, la protection au Journal des sçavans et au Mercure galant et aux Académies
à Paris et en province, la multiplication des écoles de droit, l’embellissement de Paris, les
arcs de triomphe, l’élargissement des rues, l’entrée à Paris en 1660, les carrousels
de 1662, 1685 et 1686, les fêtes de l’Île enchantée, les ballets, machines et la magnificence
de sa cour. La vie personnelle et familiale du monarque n’est pas oubliée : on évoque « Le
Bonheur du Roy » qui tient à sa postérité mais aussi à « son frère “selon son coeur” », la
présence de « ministres éclairés & fidèles 198 ». Preuve de la vertu morale et politique de
Louis XIV :
« Sa Vaillance ne nous fit-elle pas une frayeur sans pareille, lors qu’après s’estre
exposé à mille dangers, & à des fatigues inconcevables au Siège de Dunquerque il
demeura luy seul intrepide pendant une dangereuse maladie qui desesperoit tout
son Royaume ? Pouvez-vous sans admiration, & sans larmes penser avec quelle
grandeur d’âme Louis a souffert sa blessure du 2. Septembre 1683. & une Operation
accompagnée de douleurs aiguës 199
? »
160 Quant à sa vigilance, elle l’amène à veiller au bien-être de ses soldats, à s’intéresser à
l’éclairage de Paris, à créer les Compagnies des Indes orientales et occidentales, à
développer la puissance maritime de la France et ériger des citadelles. Justifiant sa
démarche, l’auteur remarque :
« Dans les Panegyriques de LOUIS LE GRAND, je prefere toûjours la verité toute
simple, à la figure & aux Allegories. Je suis donc entièrement persuadé qu’il suffit icy
d’establir sa gloire sur ses propres actions & sur des faits connus de toute l’Europe. »
161 Devant une telle démonstration, on pense aux mots de Pellisson dans une lettre à Colbert
en 1670 : « Il faut louer le roy partout, mais pour ainsi dire sans louange, par un récit de
tout ce qu’on lui a vu faire dire et penser 200
. » Pas plus que Boileau et Pellisson, malgré
son désir de faire oeuvre d’historiographe rigoureux, l’auteur de la « thèse idéale » ne
parvient à se détacher de l’encomiastique courtisane, mais il propose bien des sujets qui
n’ont jamais été abordés dans les thèses illustrées dédiées à Louis XIV, où on ne trouve
aucune évocation des ballets, des fêtes, des ambassades et des arrêts royaux, et pas plus,
contrairement aux almanachs, de la vie de la cour et du décor des demeures royales. Pour
représenter même en petit tout ce qu’évoque l’auteur de la thèse idéale, il aurait fallu
beaucoup plus de place que celle dont disposent les graveurs de thèse, dont l’ambition ne
fut jamais de résumer en une planche toute l’histoire du roi, mais seulement d’évoquer un
moment du règne, en général le plus récent. C’est de certaines oraisons funèbres que se
rapproche le plus cette thèse idéale et notamment celle de Louis XIV que prononça Edme
Mongin le 19 décembre 1715 à la chapelle du Louvre, en présence de ses collègues de
l’Académie française 201
. Il évoque la vie du monarque, sa naissance, ses exploits guerriers
et va des victoires de Maastricht et de Mons à la construction de l’Observatoire et des
Invalides, en passant par les édits contre les duels et la révocation de l’édit de Nantes.
Notes de bas de page
1 En 1593, la thèse du chirurgien Jacques d’Amboise mentionnée par Pierre de L’Estoile
(L’E stoile 1825, XLVI, p. 528), en 1603, une thèse soutenue chez les Jésuites de Bordeaux
(F ouqueray 1922, p. 43), en 1605 une planche de thèse de Léonard Gaultier (IFF 134),
en 1606, la thèse de Robert Fidèle d’Arimini gravée par Villamena, en 1607 celle d’Arthur
d’Épinay de Saint-Luc, gravée de nouveau par Léonard Gaultier (IFF 82) et en 1611, une
thèse de philosophie au collège de La Flèche pour commémorer la mort du roi
(F ouqueray 1922, p. 233).
2 Elles sont gravées par K. Audran, qui s’inspire de la gravure de Villamena offerte à
Henri IV (IFF 372), Chauveau (IFF 1511), Firens (IFF 43), Lasne (IFF 404, 741, 747), Léonard
Gaultier (IFF 114) et Vorsterman (Hollstein 115). La thèse des Jésuites de Bordeaux
célébrant la prise de La Rochelle est dédiée à Richelieu, avec Louis XIII à son côté (JeanÉtienne
Lasne : IFF 24 ; M eyer 1992, 1994.
3 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 5.
4 Il semble en réalité que l’essentiel de la composition revienne là encore à Le Brun (cat.
3).
o 5 M ariette , Notes manuscrites III, fol. 9 v .
6 B urke 1992, p. 49.
7 Cependant, la page de titre anonyme gravée sur bois d’une thèse de philosophie, qui
lui est dédiée au collège des Jésuites de Toulouse en 1604, montre les armoiries de France
et de Navarre au fronton d’une architecture aux colonnes torses ornées de dauphins et de
lys (Toulouse, bibliothèque municipale, fonds Périgord, Rés D XVII 218).
8 Voir Véronique M eyer , « Du bandeau au placard », dans P aris /T ours 2004, p. 36-40.
9 Gazette , 19 décembre 1645, p. 1206.
10 BNF, Mss, Clairambault, o t. XXXVII, n 1147, pièce 3946, fol. 218.
11 Voir AAE, t. CVII, le baron d’Auteuil à Chavigny, juillet 1644.
12 D u B ois- H us 1644 (BNF, Tolbiac, Ln27-4822).
13 Il écrivit plusieurs poèmes célébrant la naissance de Louis XIV : La nuict des nuicts. Le
jour des jours. Le miroir du destin. Ou La nativité du daufin du ciel. La naissance du daufin de
la terre. Et le tableau de ses avantures fortunées , Paris, J. Paslé, 1641. Voir A dam 2003,
p. 211-248. Son identité est obscure ; certains (B éguin 1999, p. 62 et H aran 2000)
attribuent tous ces ouvrages à Michel Yvon, sieur de Bois-Hus.
14 La bibliothèque Mazarine conserve l’exemplaire de dédicace (Rés. Maz 12 8 o 28288).
15 D u B ois- H us 1644, p. 15.
16 Ibid. , p. 14.
17 Ibid ., p. 12.
18 BNF, Est., Hennin, 1643 n o 3423.
19 AN, MC/ET/XXXIII, 282.
20 Le premier état montre le portrait de Richelieu : musée du Louvre, collection
Rothschild, Pf. 588 (7920).
21 Ils portent également une banderole avec ces mots : « PACATAMQVE REGET PATRIIS
VIRTVTIBVS ORBEM. »
22 Ces sentences sont en latin.
23 Sur Grégoire Huret, voir L az 2008 et G uillet et B rugerolles 1997.
24 Il s’agit des thèses de Léonard Goulas (IFF 290) et de Nicolas Petitpied (manque dans
l’IFF : bibliothèque Mazarine, Ms. 3536 pièce).
25 Gazette , 9 juillet 1644, p. 538 (cat. 11).
26 Ibid ., 1645, p. 698 (cat. 13).
27 D ubuisson- A ubenay 1883-1885, t. II, p. 98. La taille-douce n’est pas mentionnée par
M aumené et H arcourt 1932.
28 En présence de Philippe d’Anjou et de Mazarin, comme en atteste l’inscription de la
plaque funéraire des Fyot, dans le choeur de l’église Saint-Étienne, où est le cénotaphe
orné d’un médaillon montrant Louis XIV terrassant l’Hérésie. Retranscrit dans le Mercure
de décembre 1721 (p. 198-203), l’Éloge funèbre de Fyot rappelle que le roi avait assisté
aux thèses du défunt.
29 P apillon 1742, t. I, p. 233.
30 Gravure anonyme : BNF, Arsenal, fol. S. 940, t. II, fol. 45-90 ; BIUM, Ms. 76, fol. 792.
31 BIUM, Ms. 76, fol. 798 ; gravure signée du monogramme FMRS.
32 Joachim de Quincé, comte du Saint Empire, baron de Montaigu, maréchal des camps
et armées du roi participa aux sièges de Royan, La Rochelle, Casal, Pignerol. Il négocia à
Madrid le mariage de Louis XIV et y mourut en 1659. Son fils Louis, maître de camp,
général des carabiniers de France, fut aussi gouverneur de Domfront et l’un des
fondateurs du collège de la ville. La thèse est aussi mentionnée dans la Gazette (p. 521).
33 Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague … 1612, p. 69.
34 Marolles rapporte dans ses Mémoires (M arolles 1755, t. I, p. 114) : « je vis les célèbres
disputes qui se firent en divers jours au collège des Jésuites, en présence du Roi, pour les
thèses de Messieurs de Verneuil et de Moret, ses frères naturels ».
35 Notons qu’en 1486 « les docteurs de Paris, ces Maîtres en divinité, comme on parloit
alors, attiroient à leurs exercices les premières personnes de l’Etat, & le roi même. Au
commencement de 1486, un licencié, nommé Pierre Douville, faisant la Thèse appelée
Aulique, le roi Charles VIII vint honorer l’assemblée de sa présence, & c. Quand le
Roi, & tout son cortège eurent pris place dans la Salle, la Faculté fit distribuer à chacun
des assistants un bonnet de Docteur, afin qu’il y eût plus d’uniformité entre toutes les
personnes de cette assemblée » (M acquer 1768, p. 118).
36 N audé (1650, p. 11) les range parmi les pièces soutenues et raisonnées, qui
reprenaient les procédés oratoires des collèges.
37 BSG, L 4° 606 (12) inv 507 rés, p. 84 o ; M oreau 1850-1851, vol. 2, n 2953.
38 Paris, Veuve Musnier, 16 p. BSG, L. 4° 606 (14) inv. 509 ; M oreau 1850-1851, vol. 2,
o n 2950.
39 BSG, L 4° 606 (11) inv. 509 (p. 43) rés. et BHVP, 102212 ; M oreau 1850-1851, vol. 2,
n o 2951.
40 M oreau 1850-1851, vol. 2, n o 3774 ; BNF, Arsenal, 8-H-7672 (20), 12 p. Voir aussi
C arrier 1989 et J ouhaud 1985.
41 S ainct- C lément 1649, p. 1.
42 C arrier 1989, p. 381-387.
43 Ibid. , p. 393. Carrier renvoie à la lettre du 9 septembre : Mazarine, M 10096, fol.
402 o r .
44 M oreau 1850-1851, vol. 2, n o 472 ; Sorbonne, HJR 4= 95. Pièce 32.
45 Dédiée par Martin Meurisse, la thèse soutenue au couvent des Franciscains est
illustrée d’une gravure de Léonard Gaultier intitulée Tableau industrieux de toute la
philosophie morale (IFF 115). B erger 2013 et 2017, p. 1-14.
46 Il s’agit de la thèse de philosophie de l’abbé de Rancé, qui quatre ans plus tard, selon
M aupeou (1702, p. 34), lui dédia aussi sa tentative . Rien n’indique que ces thèses étaient
illustrées.
47 La thèse a été soutenue par Angel Bonaventure Moullin à Compiègne,
le 16 septembre 1674, lors de l’assemblée générale des frères mineurs. La gravure montre
l’élévation de l’Église (AN, L 1037, n o 4). Voir D umolin 1930, ill. p. 132.
48 Le retour et restablissement… 1649, p. 7.
49 Louis XIV ne fut pas le seul prince étranger à qui les étudiants à Rome dédièrent leurs
travaux. En 1651, Gotthard Franz Schaffgotsch offrit les siens à l’empereur Ferdinand III
(composition gravée par François de Poilly d’après Preti, L 355).
50 Le tableau est conservé à Versailles et reproduit par B ajou (1998, p. 110-111).
51 B rienne 1917, t. II, p. 139.
52 P etitot 1824, p. 283-285.
53 A ppuhn- R adtke 1988, p. 190-193, ill. 40.
54 IFF 158.
55 M eyer 2002, M eyer 2006, p. 260-275 et G arcia 2000.
56 H askell et P eny 1988, p. 163. Cette identification apparaît également en 1680-1685 au
fronton des écuries de Versailles sculpté par Girardon (M aral 2015, fig. 21).
57 Sur Alexandre : G rell et M ichel 1988. Ce groupe très renommé apparaissait déjà
en 1643 dans le modello de Le Brun utilisé pour la thèse. Avec L ebreton (2012, p. 277, fig.
3-4), rappelons qu’en 1640, dans le projet de jonction du Louvre aux Tuileries, Poussin,
maître de Le Brun à Rome, avait pensé intégrer des répliques en bronze des Dioscures.
Cette idée fut reprise par Le Brun en 1667 dans deux dessins pour la façade orientale du
Louvre.
58 La gravure est anonyme, sans nom du peintre ni de graveur, mais l’attribution ne fait
aucun doute.
59 « LOVYS XIV PAR LA GRACE DE DIEV ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE. » Entre autres
batailles, la gravure parut chez Balthazar Moncornet (BNF, Est., Pc 3 fol. 115, P. 11151).
60 BNF, Est., Qb 1 1656 (G 154550). « La France Triomphante soubs le Regne heureux de
Louys XIV. »
61 Décor aujourd’hui perdu, mais gravé par Simon Renard de Saint-André (N ivelon 2004,
p. 300-302, fig. 50 ; G ady 2010, p. 195-214 ; B eauvais 2009, vol. 1, p. 45).
62 Sur la cheminée, Le Brun représenta La France triomphante sur laquelle l’Abondance
versait ses fruits (G ady 2010, p. 202).
63 La date est déduite de l’âge du roi.
64 Voir B ouquet- B oyer 2001.
65 L’allégorie de l’aimant était alors en faveur chez les érudits du Collegio Romano.
C’était l’emblème de l’ Academia Parthenia à laquelle appartenait l’élite des étudiants.
Peintres et graveurs l’ont souvent illustrée. Voir R ice 1998 p. 193.
66 Voir W estrich 1972 et S arrazin 1996.
67 M. Martinet, auteur d’un portrait du roi inséré dans La galerie de portraits de
Mademoiselle de Montpensier 1860 (p. 4), était maître des cérémonies sous M. de Sainctot.
68 Portrait du cardinal par Regnesson o ; M eyer 2006, n 27.
69 F errier- C averivière 1981, p. 33-35.
70 Ce n’était pas la première fois que le portrait du roi appuyait la gloire d’un ministre.
Dans la tentative de Michel Le Vayer dédiée en 1643 à Sublet de Noyers, le secrétaire d’État
n’est évoqué que par ses armoiries et des sceaux, alors que Louis XIII apparaît en buste à
la porte du palais (VM 272).
71 Selon Mariette ( Notes manuscrite s, vol. 6, fol. 265), la mort de Mazarin fit ajourner la
soutenance.
72 M eyer 2006, n o 41. De la thèse on ne connaît que les positions.
73 Voir G ady 2010, p. 206-207, ill. 125 et 404.
74 La galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier 1860, p. 7-10.
75 M eyer 2006, n o 41.
76 Sur ce sujet, voir J anczukiewicz 2005.
77 Elle est identique à celle de la thèse de Fyot (cat. 15) soutenue à Dijon en 1650, ce qui
conforte l’idée d’un respect imposé de l’original.
78 P aris /T ours 2004, n o 292.
79 Ce vers fut aussi utilisé pour Louis XIV encore Dauphin dans la thèse des Carmes
dessinée et gravée par Grégoire Huret en 1644 (cat. 10), et bien avant à la gloire de
Charles Quint et de Philippe II.
80 Selon Nivelon, ils symbolisent « le doux repos et la tranquillité que le mariage de sa
Majesté a donnés au peuple et aux arts, qui ont repris une nouvelle naissance par la
Paix ».
81 M énestrier 1662, p. 129, ill. ; L avin 1987, p. 449 et ill. 31, p. 476.
82 M énestrier 1662, p. 129.
83 Ibid . et R ome 1988, p. 126-127, fig. 2. L’idée des colonnes historiées fut reprise
en 1689 dans une gravure de Pierre Lepautre montrant la statue du roi sculptée par
Coysevox dans la cour de l’hôtel de ville de Paris (IFF 225).
84 Le même parti sera choisi pour un portrait gravé en Allemagne
entre 1683 et 1686 (cat. 99) ; la peau du lion qui surmonte les positions est posée sur deux
cornes d’abondance, à gauche chargée de fruits, à droite de joyaux et de couronnes, pour
prouver encore que Louis XIV ramène la prospérité.
85 N ivelon 2004, p. 456.
86 T ours /T oulouse 2000, R.9, localisation inconnue.
87 N ivelon 2004, p. 458-459. Rappelons que Nivelon écrit après la mort de Le Brun pour
défendre sa mémoire.
88 Mercure galant , décembre 1692, p. 277-278.
89 M ontpellier /S trasbourg 2000, n o 268, II, p. 382. La composition est gravée par
Nicolas Pitau (1632-1671).
90 Cette expédition ne fut pas un succès. Trois mois après la prise de Djidjelli,
actuellement Jijel en Algérie, la peste et les attaques des Turcs forcèrent les Français à
rembarquer. Voir B achelot 2011.
91 Selon le père Lelong, en 1662 ou 1663, le comte de Saint-Pol aurait lui aussi dédié
une thèse où l’on voyait Louis XIV avec Saint Louis et des anges. Dans le doute, cette thèse
n’a pas été intégrée au catalogue, d’autant que les erreurs de Lelong sont nombreuses.
Voir T ruchet 1962, p. 35.
92 Une autre thèse dessinée par Chauveau et gravée par Nicolas de Poilly (ann. I. C-2) lui
fut sans doute dédiée ; elle le montre mi-corps, la couronne royale sur la tête, en camail
d’hermine, le collier de l’ordre du Saint-Esprit autour du cou, tenant un rameau d’olivier en
guise de sceptre, dans un médaillon maintenu par Apollon qui le remet à la France ; le
génie de la peinture le désigne, des putti incarnant les arts libéraux travaillent à sa gloire,
des hommes et des femmes dansent devant le temple où Vulcain lui forge des armes.
93 F illeau de L a C haise Nicolas, 1688, Histoire de S. Louis divisée en XV. Livres , Paris, J.-B.
Coignard (citations tirées de l’« Epistre »). Ce livre connut un grand succès. Il était prêt
depuis longtemps et l’auteur regrette qu’il n’ait pas « paru aussitôt que je l’aurois
désiré, & cela devoit peut-estre m’ôter la pensée de vous l’offrir ». Ces propos laissent
supposer que la conception du projet est contemporaine de cette thèse.
94 Le culte de Saint Louis connut une grande ferveur dans la seconde moitié du
xvii e siècle. Voir L andry 1982.
95 J oinville Jean de, 1668, Histoire de S. Louis IX , Paris, S. Mabre-Cramoisy. Au-dessus de
l’épître, un bandeau gravé par Karl Audran (IFF 328) d’après Chauveau montre Louis XIV
en Apollon sur son char face à la Justice, avec au bas la devise Nec pluribus impar .
96 Une édition de l’ Histoire de Joinville avait été dédiée à Louis XIII en 1617.
97 Z oberman 1991, p. 49-55.
98 IFF 192.
99 IFF 192. Voir aussi la thèse de Louis Tronson soutenue en 1640 (cat. 5), où Louis XIII
et le futur Louis XIV montrent une même vénération pour leur ancêtre.
100 Lille le 27 août 1667, Douai le 26 juillet, Tournay le 21 juin, Oudenaarde le 30 juillet,
Courtrai 19 juillet…
101 Le premier relief montre le roi vêtu à la romaine à cheval sur un champ de bataille,
le second sur son trône recevant allégeance des vaincus.
102 Paris, S. Mabre-Cramoisy, 1668.
103 M eyer 2011, p. 229-249.
104 Voir F errier- C averivière 1981, p. 57.
105 M eyer 2013.
106 On retrouve le même visage juvénile allongé, à la lèvre finement soulignée par une
moustache.
107 Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. 18826,
recto. Voir R ouen /L o e M ans 2001, n 68, p. 132.
108 VM 318.
109 Qui fut gravé par Sébastien Leclerc en 1669 (IFF 884).
110 F élibien 1689, p. 75 et suiv. Voir notamment D émoris 1978 et S abatier 2000.
111 Voir Z oberman 1991.
112 Sur ce sujet, voir G rell et M ichel 1988, notamment p. 76-77.
113 IFF 630-644 ; les paiements sont attestés par les comptes des Bâtiments du roi
de 1685 à 1698 mais Leclerc commence ses dessins dès 1683.
114 Voir F aille 1999.
115 B oureau 1987.
116 J acquiot 1968, t. II, p. xci .
117 Mercure galant , août 1679, p. 330-333.
118 Sur les deux attitudes du roi à cheval, voir D elaplanche 2013, p. 80. Cette allure où le
cheval soulève ses antérieurs symbolise la charge qui a disparu dans les faits mais reste
l’un des symboles de l’héroïsme royal.
119 Voir Z oberman 1991, p. 116 et suiv.
120 Voir notamment, C ornette 2000 et D elaplanche 2013.
121 La situation allait devenir catastrophique. La Compagnie des Indes orientales créée
en 1664 dut céder en 1682 une partie de ses privilèges et la compagnie du Sénégal créée
en 1673 réussit tant bien que mal à survivre. P etitfils 2002, p. 404.
122 Musée des beaux-arts d’Arras. Voir C oquery 1997, ill. 23.
123 Voir T sikounas 2008, n o 26.
124 Voir le texte en partie retranscrit dans le catalogue (disponible en ligne sur [http://
chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/collection-aulica/
coll-aulica-no10-pour-la-plus-grande-gloire-du-roi-louis-xiven-theses.html] et [http://
www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4364]).
125 D elaplanche 2013 et 2011.
126 Mercure , août 1692, p. 183-194.
127 La gravure est également commentée dans Le Journal des sçavans ,
8 septembre 1692, p. 419-420, 613-614.
128 Mercure galant , septembre 1680, p. 279-290.
129 Voir M eyer 2011.
130 Z oberman 1991 (p. 171) retranscrivent le texte en entier.
131 Ibid ., p. 173-174.
132 Ibid ., p. 166.
133 L ouis XIV 1992, p. 66, cité par C anova- G reen 2014, p. 40.
134 L ignereux 2016, p. 255-268
135 Z iegler 2013.
136 S abatier 1999, p. 402-403. Sur les prétentions des rois de France à l’Empire, voir
H aran 2000.
137 Lors du baptême de Clovis, la colombe aurait apporté la Sainte Ampoule qui servit
depuis au sacre des rois de France.
138 Voir C abanel et P oton de X aintrailles 1994 ; G arrisson 1985.
139 BNF, Est., Hennin, 4572. La gravure a pour titre Le bouclier de la Foi , inscrit sur un
phylactère au-dessus des armes royales placées dans un globe entouré de rameaux
d’olivier. P aris 1985.
140 L oire 1993, p. 51, n o 51.
141 Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savans de l’Europe , vol. 29, juillet-aoûtseptembre
1742, p. 207. Propos repris dans B erton 1857, p. 1407 et dans F eller 1851, t.
III, p. 490. Voir aussi F aucher 1777.
142 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 66.
143 H einecken 1778-1790, t. III, p. 413.
144 S aint- S imon 1982-1988, t. II (1701-1707), p. 664.
145 T orrilhon 1980, p. 261.
146 Gazette , 15 février 1687, p. 11.
147 Voir S abatier 1999 p. 497-502 et L afage 2015.
148 Description des tableaux … 1687, s. p.
149 Voir [http://www.quinault.info/Home/l-oeuvre/poesies-diverses/poeme-sur-lheresie].
Pour le livret il reprit les vers (26 à 35) de son poème. Recueil de pièces choisies ,
manuscrit, BNF, NAF 18.220, fol. 82 v°-87 o r .
150 Musée du Louvre, département des Arts graphiques, inv. 26032 et ENSBA, Ms. 30.
Le dessin de l’ENSBA montre La Vérité et la Foi triomphant de l’Hérésie et de l’Impiété . Voir
L afage 2015.
151 Dans la gravure, ils sont remplacés par un globe terrestre.
152 Voir la description du Mercure de janvier 1687 (p. 197-199) et le Panégyrique du roy
sur la destruction de l’Hérésie , prononcé le 17 décembre par le père Quartier, jésuite au
collège Louis-le-Grand. Voir aussi Le J ay 1687. Sur ces décors, A dams , R awles et
S aunders 1999-2002, t. II, p. 193 et L oach 1995.
153 M ichel et L ichtenstein 2007. S abatier (1999, p. 400-401) remarque que les allusions
aux protestants sont rares dans le salon de la Paix et se rattachent au rachat de
Dunkerque, dont le sujet est aussi retenu dans la thèse d’Amelot en septembre 1663 (cat.
42).
154 Pour ces oeuvres voir T ours /T oulouse 2000 : 28 décembre 1682, Claude-Guy Hallé,
Rétablissement de l’Église catholique à Strasbourg sous Louis XIV (R. 127, localisation
inconnue) ; 27 septembre 1687, Guy-Louis Vernansal, Allégorie de la révocation de l’édit de
Nantes avec le portrait de Louis XIV (R. 135, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6892),
et 29 novembre 1687, Simon Guillebault, Triomphe de l’Église catholique (R 136, dessin
préparatoire, musée des beaux-arts de Rennes, exp. n o 71).
155 Voir plus haut re 1 partie, chap. III.2 du présent ouvrage.
156 1685, p. 25-33.
157 J urieu 1689, p. 7-8.
158 Il était exilé en Hollande depuis 1685 pour son libelle de La politique du clergé de
France .
159 J urieu 1689, p. 13.
160 W ellwood 1691-1693, vol. 1, p. 193.
161 P ellisson- F ontanier 1671, p. 200.
162 F aydit 1710, p. 200-201.
163 Il se trompe sur la date de la soutenance qu’il fixe en 1687.
164 B ossuet 1836, article IV « Ce que c’est que la Majesté », p. 208. Voir T ruchet 1962,
p. 296-297.
165 Sur cette question, voir Z oberman 1991, p. 54-57.
166 R obinet de S aint- J ean , 22 mai 1667, t. II, p. 849.
167 Le recteur, chef de l’université, a le pouvoir de faire arrêter les thèses et les leçons. Il
préside le tribunal de l’université composé de trois doyens des facultés de théologie,
médecine et droit, de quatre procureurs des nations et a rang après les princes du sang
dans les cérémonies (voir notamment L e F èvre 1750, p. 11-13, et M ousnier 1974,
p. 350-355).
168 Mercure galant , octobre 1685, p. 32 et suiv.
169 R anuzzi 1973, p. 588-589, cité par G rès- G ayet 2002, p. 311.
170 D angeau 1854-1860, t. I (1684-1686), p. 236.
171 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-258.
172 Selon A uber 1884, vol. 1, p. 205.
173 M eyer 1988, n o 35, 3 e état.
174 R ouault de L a V igne 1933.
175 J arnoux 2010.
176 M eyer 2002, p. 216-222.
177 S aint- B onnet 2010.
178 M eyer 2002, p. 219, ill. 103.
179 Ibid ., p. 222-225.
180 La construction en avait été achevée en 1655. On remarquera la fidélité de la
gravure : l’escalier qui apparaît au centre de la façade a été supprimé en 1724, lors de
l’aménagement de la place par Jacques Gabriel (A ndrieux et al. 1994, p. 3-52).
181 Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne … 1690.
182 Cette explication est signalée par P alys 1890, p. 219-220.
183 L’auteur en est le numismate Louis Douvrier.
184 P erez 2003.
185 Mercure galant , février 1687, p. 99-101. L’auteur détaille chaque élément de la
composition et retranscrit les inscriptions.
186 Z oberman 1991, p. 201-215.
187 Ibid ., p. 213, 215.
188 Le 13 novembre 1690, Catinat avait pris Suse, le 21 décembre 1691 Montmélian,
le 2 avril Nice, qui fut aussi rendue à la Savoie par le traité de Turin.
189 L aforêt 1861, p. 152.
190 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98.
191 C allières 1688, Epistre au roy , p. 8.
192 Il était historiographe du roi depuis 1677. B oileau 1868, p. 409.
193 Il ne fut publié qu’en 1730 à Paris chez Mesnier.
194 Voir F errier- C averivière 1981, p. 206-212.
195 Jean Donné de Vizé (1638-1710), fondateur du Mercure galant en 1672, y publiait
l’histoire du roi en annexe depuis 1684. Il est l’auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de
Louis le Grand (1697-1703, 10 volumes), qui lui valurent le titre d’historiographe du roi et
un logement au Louvre. Les citations proviennent de : Mercure , janvier 1687, t. I, p. 8-98,
« Histoire du Roy ».
196 Voir J acquiot 1968.
197 Contrairement à ce que suggère cette « thèse idéale », la famille royale n’apparaît
pas dans les thèses dédiées à Louis XIV.
198 Mercure galant , 18 novembre 1686, p. 67.
199 Ibid ., janvier 1687, p. 69.
200 Cité dans M arin 1981, p. 49-107.
201 A ssaf 1999, p. 111.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VII. L’histoire du roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Troisième partie. Le roi, son histoire e... Chapitre VIII. Le portrait du roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VIII. Le portrait du roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VIII. Le portrait du roi
p. 251-291
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Le portrait physique : du visage au costume
livre
1 L’illustration de la « thèse idéale » propose un portrait en buste du roi accompagné
d’attributs allégoriques : peau du Lion de Némée, globe, trompettes… Un simple regard
jeté PDF à ses portraits gravés permet de constater que les artistes se sont conformés à cette
Table des matières conception. Hormis celui de Claude Lefebvre gravé en 1670 par Pitau et Edelinck pour la
thèse de Coëtlogon (cat. 66), tous les portraits du roi qui figurent dans les thèses le
Citer montrent en buste, dans un ovale. Trois présentations ont été utilisées : soit l’ovale se
détache sur un fond neutre, soit le fond est orné de devises ou d’objets symboliques, soit
Partager l’ovale est accompagné de figures allégoriques. Le plus souvent les positions sont PDF du
dépourvues d’ornement. chapitre
Plan Le visage
2 Avant Suggérer le règne personnel, au moins trois portraits furent utilisés pour des thèses. Le
Plan détaillé l’acquisition à premier, gravé vers 1650 par Michel Lasne, montre le jeune roi assis sur son trône (cat.
Texte intégral votre bibliothèque 16). Le second est celui que Loménie de Brienne (cat. 18) commanda à Sébastien Furck
Le portrait physique : du visage pour sa thèse soutenue à Mayence en 1652 ; le jeune roi est représenté en buste et en
Le portrait moral dans les sujets armure dans un ovale placé devant des trophées militaires. Le troisième, gravé Acheter
Les vertus en 1660 par Nicolas de Poilly d’après Perroteau pour la thèse de philosophie de Monchy
d’Hocquincourt (cat. 29, fig. 91 Édition Le portrait en buste : attributs ), figure le roi dans une couronne tressée de lys, avec une
imprimée
Notes de bas de page préciosité qu’on ne retrouvera plus. Les rubans sur les épaules, la dentelle des manches
bouffantes, la petite bouche aux lèvres en coeur qui marque un léger prognathisme, la Presses
perruque en boule, tout concourt à cet effet. Il évoque celui que brosse Martinet dans La universitaires
Aller en haut de page
de Rennes galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier […] dédiée à son altesse royale Aller en bas de page
Mademoiselle 1
: amazon.fr
decitre.fr
« Ses yeux sont aussi brillants que ceux d’Auguste, et aussi perçants, mais ils ne sont
mollat.com pas si rudes, et ses paupières qui les couvrent, la clémence qui les tempère, les
leslibraires.fr
rendent semblables à la clarté du soleil, qui dissipant une petite nuée, fait paroître
placedeslibraires.fr
1 Commseesn caégsr éaebn le1s65 7r, aycoens s,po rqtruaei tsl a fvuureen ta urtéurneims enent 1n6e5 9 popuarr roJeiatn sSuepgrpaoirst,e rg.e n»t ilhomme lcdpu.fr
ordinaire« Sdoe n Mavdiesmagoei,s elsulre ldeeq uMeoln tlpa enpsetiietre. vIélsr oolnet éa tél aipsusbél iéqsu eeln qu1e73s5 làé glaè rseusit e madersq uMeémso idree s la de
Mademoispeulilses adne cMeo nqtupee nslieesr ma(Ml aodnitepsen seixere rc1e74n6t, scaitnast iodniss tpi.n c6t ieot n1 0)s.u r toute sorte de sujets, n’a ePub / PDF
2 L. 122r,i en1 23e,m p1o24r.t é de la vivacité de son teint et de cette couleur de la vertu que la pudeur
3 Un portrait peint par Pierre Mignard et gravé cette même année par François de Poilly (L. 396)
a conservée tout entière, et n’a servi qu’à fortifier ses traits qui eussent peut-être été
montre tler orpo i daévleicc atusn e pocuourr teu n pecroruurqaugee en boule atteignant à peine la naissance des épaules. si mâle ; et donner une beauté de héros à un Roi qui
4 Peint pour célébrer la prise de Namur, le tableau est conservé au château de Versailles,
commande des peuples ou la mort d’Adonis ne sera jamais pleurée. »
MV 2032.
5 Il en est ainsi en 1676 dans la thèse de Pellot (cat. 81), en 1668 dans celle de Seignelay (cat.
3 Ce portrait jette les bases d’un nouveau type de présentation. Cantonnant l’ovale, quatre
devises soulignent la grandeur, les vertus et la puissance quasi divines du roi. Complétant
le portrait physique par un portrait moral, les médaillons présentent un guerrier à la
romaine accompagné d’un génie témoignant de sa valeur ; rappelant le traité des
Pyrénées, un miroir incendiaire reflète la lumière du soleil, qui souligne que le roi est la
main de dieu. Deux grenades sont enlacées par allusion à son mariage et enfin un phénix
renaissant de ses cendres marque sa nature héroïque. L’expression de Louis XIV et les
devises rappellent aussi les propos de Martinet :
« Il n’y a jamais eu dans un même sujet tant de courage sans vanité, tant de justice
sans sévérité, tant de prudence sans art, tant de retenue sans austérité ; et c’est dans
cette âme tout accomplie que l’on recognoit que la magnanimité comprend
ensemble toutes les élévations d’une grandeur héroïque et toute la modération
d’une puissance qui se tempère elle-même pour agir plus doucement sur toutes les
choses qui lui sont soumises. »
4 Pour les thèses, on recense soixante-deux portraits de 1660 à 1695, dont trente-deux
dépourvus d’ornement, vingt-deux entourés d’attributs ou d’enfants et huit intégrés dans
des compositions allégoriques. Les modèles sont peu nombreux. Ainsi, le portrait peint
par Le Brun avant 1663 sert à Van Schuppen de 1663 à 1668, puis à Masson en 1679 et à
Picart en 1682, et celui que peignit Nicolas Mignard vers 1662 fut utilisé par Nicolas de
Poilly pour trois gravures 2
. Ces deux portraits, joints aux pastels de Nanteuil, sont très
proches et restent une référence pour l’image officielle du roi jusqu’en 1680. On
remarquera cependant que l’expression un peu sévère du début, telle qu’elle apparaît
sous le pinceau de Nicolas Mignard (cat. 31, fig. 90 ), devient ensuite plus avenante.
5 Dans le portrait du roi de 1660 peint donc par Perroteau après la maladie qui faillit
l’emporter (cat. 29, fig. 91 ), les cheveux sont remplacés par une perruque dont la forme
évolue avec le temps. C’est ici la seule qui soit en boule, courte dans le dos et plus longue
devant 3
. Mais comme l’indique Martinet, dès 1661 elle va s’allonger :
« Ses cheveux ont été nouvellement sacrifiés à sa santé, dans une maladie presque
désespérée. Et quoique la nouvelle invention de se servir de cheveux vifs ait fait
quitter à plusieurs personnes leurs propres cheveux, qui paroissaient assez
raisonnables, pour en prendre d’emprunt, et qu’on ait employé tous les soins
possibles pour lui en choisir des plus beaux, on reconnoit clairement que ce n’est pas
l’ornement naturel de cette tête sacrée… »
F igure 90. – Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Emmanuel de Guénégaud
de Montbrison, abbé de Brienne (détail), 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 124.94 KB )
6 Comme Beaufrère et Nicolas de Poilly, Nanteuil modifie ses portraits d’année en année.
Les cheveux sont quelquefois un peu ébouriffés, comme dans la thèse de 1659, où le roi
est sur son char de triomphe (cat. 25), et celle d’Amelot en 1663 où il conduit le vaisseau
de l’État (cat. 42). En 1667 dans celle de l’abbé de Bouillon, où Louis XIV est figuré sur un
bouclier tenu par l’aigle de Jupiter (cat. 60, fig. 92 ), et dans les portraits gravés
de 1660 à 1664 par Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau (cat. 29) et Nicolas
Mignard (cat. 34, 39, 50), sa longue perruque lui tombe sous les épaules et se termine par
des boucles en rouleaux plus ou moins longues et individualisées, comme chez Nanteuil
en 1664 pour la thèse de l’abbé de Choisy (cat. 44). Ces boucles tendent à disparaître à
partir de 1668, comme dans le portrait gravé par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard
(cat. 62). Il n’en reste plus en 1670 dans celui gravé par Pitau pour l’abbé de Coëtlogon
(cat. 66). De toute évidence, François et Jean Quentin, perruquiers de Louis XIV, aiment ces
variations, qui nous permettent de dater approximativement ses portraits.
F igure 91. – Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau, Tèse de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt (détail), 1660.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.25 KB )
F igure 92. – Gilles Rousselet et Robert Nanteuil d’après Charles Le Brun, Tèse
d’Emmanuel-Téodose de La Tour d’Auvergne (détail), 1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.17 KB )
7 Les boucles en rouleaux réapparaissent discrètement en 1676 sur le portrait gravé par
Nanteuil pour la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), et se multiplient cette même année,
composant entièrement la coiffure du roi dans le portrait allégorique gravé par François
de Poilly pour Claude-François Pellot (cat. 81). L’année suivante, il ne lui reste qu’une seule
boucle très longue qui lui descend sur la poitrine dans la Tèse de la Guerre gravée pour
Jacques-Nicolas Colbert (cat. 84). Cette même année dans le portrait peint par Le Brun et
gravé par Simon, deux longues mèches de chaque côté sont nouées sans ruban et
tombent sur la poitrine (cat. 82) ; cette coiffure se retrouve en 1679 (cat. 90) et 1682 (cat.
98, fig. 93 ) dans l’interprétation que Masson et Picart donnent, eux aussi, de ce portrait.
Dans la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), gravée par Nanteuil et terminée par Edelinck
en 1679, les lourdes boucles sont de retour. Elles sont encore de mise dans le portrait
dessiné et gravé par Cossin (cat. 91), et en 1686 dans celui qui apparaît sur le bouclier de
l’Église catholique dans la thèse de la Religion gravée par Edelinck (cat. 100, fig. 94 ). La
grande mèche en rouleau ne disparaît pas, et se voit en 1682 dans le portrait peint par
Paillet et gravé par Picart, et en 1687 sur la réédition de l’estampe de Rousselet d’après Le
Brun montrant le roi sur un bige tiré par la Sagesse et la Prudence (cat. 20).
F igure 93. – Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?), Tèse de Louis
de Lorraine , 1682.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 162.6 KB )
8 À partir de 1686, la perruque s’élève et est nettement partagée en deux par une raie
centrale. Les lourdes boucles, plus ou moins roulées, et nombreuses au bas de la
chevelure ondulée, sont toujours à la mode, et apparaissent dans le portrait de Le Brun
gravé par Edelinck pour le Triomphe de la Religion (cat. 100), sur la thèse de Jean-Thomas
Hue de Miromesnil (cat. 118), d’après Jacob Ferdinand Voet en 1687, et sur celle de Dulion
de Poinson (cat. 116) la même année par Gantrel pour célébrer la guérison royale. Elles se
voient encore en 1688 sur la thèse de Séraphin Crouzeil (cat. 120) dessinée par Sevin, et
en 1695 sur celle de François Bourgarel, d’après Bon Boullogne (cat. 129), ce qui
correspond à l’image officielle du roi telle que la définit le portrait équestre peint par
Pierre Mignard en 1692 4 et celui de Martin des Batailles pour la thèse de l’abbé Van der
Meulen (cat. 103).
9 De 1663 à 1680, une frange plus ou moins dense couvre le front royal. Légère, laissant
deviner la peau dans les années 1668-1670, elle est répartie en une succession de
mèches. Ensuite, elle est parfois plus fournie et plus bouclée. La décennie
1680-1690 laisse au roi le front libre et sa frange tombe souvent en longs rouleaux 5
.
10 Nues jusqu’en 1663, les lèvres du roi sont ensuite soulignées d’une fine moustache, très
courte en deux parties distinctes, qui n’est plus bipartite dans le portrait de 1668 gravé
par Nicolas de Poilly d’après Mignard (L. 122). En 1667, dans ceux de Nanteuil, les pointes
sont presque à l’horizontale ; en 1669 et 1670, dans les portraits gravés par Nanteuil et
Pitau d’après Lefebvre, elles sont relevées et cirées ; elles redeviennent presque
horizontales en 1676 dans la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78) et en 1677 dans celle de
Brûlart de Sillery gravées par Nanteuil (cat. 83), pour le rester dans la plupart des portraits
jusqu’à 1692 6
. Mais en 1684 (cat. 102) et en 1692 (cat. 128) dans les thèses de la famille
Louvois dessinées par Mignard et gravées par François de Poilly, Louis est complètement
glabre. S’il en est de même en 1687 dans le portrait gravé par Van Schuppen d’après Voet
(cat. 118, fig. 95 ), on ne peut en dire autant pour celui de Gantrel pour Dulion de Poinson,
paru la même année (cat. 116). Ainsi le poil du roi paraît varier, selon son goût ou celui de
son barbier et de son perruquier. En 1682, dans la thèse de Louis de Lorraine gravée par
Picart d’après Paillet (cat. 98), ses moustaches sont courtes, nettement séparées et
retroussées vers le haut, son front est dégagé en pointe jusqu’au sommet et la perruque
retombe du côté droit en de très lourds rouleaux sur les épaules et dans le dos, comme
c’était le cas pour la Tèse de la Guerre en 1677 (cat. 84) et celle de Gabriel-Joseph d’Estrades
en 1679 (cat. 90).
F igure 94. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Triomphe de la Religion, thèse de
l’abbé de Polignac (détail), 1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 157.07 KB )
F igure 95. – Pieter Van Schuppen d’après Jacob Ferdinand Voet, Tèse de Jean-Tomas
Hue de Miromesnil (détail), 1687.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 84.64 KB )
11 Malgré ces différences, les peintres et graveurs sollicités pour les thèses proposent une
image où « réalisme et sublimation bien tempérée 7 » se mêlent pour donner l’image du
prince parfait où, comme le recommande Roger de Piles, le naturel vient corriger avec
« beaucoup de discretion » les défauts tout en respectant le plus possible l’exactitude dans
l’imitation du visage, en veillant à ne jamais oublier « le bon air, ni la bonne grace », et à
rechercher le « moment avantageux 8 ». Pour Roger de Piles, le portrait doit montrer le
« Roi invincible environné de Majesté 9 ». Pour Félibien, il doit avoir « belle mine » car la
beauté « attribut du pouvoir » en impose à ses sujets autant qu’à ses ennemis : le prince
se doit d’être beau et l’exacte ressemblance est secondaire 10
. Comme le remarque Stanis
Perez, l’image du souverain devait contenir un peu de la majesté du roi vivant : regard
sévère et port majestueux, à la française, imprégné du modèle des héros antiques ; rien
ne paraît jamais de la petite vérole dont Louis a été marqué dans sa jeunesse. Si le roi
vieillit beaucoup plus vite que ses portraits, où l’empreinte du temps est atténuée, les
thèses ne permettent pas vraiment d’en juger, car après 1696 les portraits du monarque y
sont beaucoup plus rares.
12 Avare de son temps, Louis XIV n’accordait à ses portraitistes que de rares séances de pose
et ils devaient le plus souvent se contenter d’actualiser à la dérobée un ancien portrait
pour en composer un nouveau. Le roi cautionnait cette pratique. Selon Tempesti 11
, à
Nanteuil qui lui demandait de poser pour un nouveau portrait destiné à la thèse des
frères d’Aligre (cat. 89), Louis XIV aurait répondu : « Hé ! Ne pouvez-vous donc vous servir
de ceux que vous avez déjà peints ? Votre Majesté, répliqua Nanteuil, a changé quelque
peu et comme j’ai le plus grand désir de faire un portrait tout à fait ressemblant, je ne puis
faire autrement que de la prier de me faire cette nouvelle faveur. » N’étant pas parvenu à
obtenir des séances assez rapprochées, Nanteuil dut retoucher un pastel de 1676.
Cependant, le roi était soucieux de son image, comme en attestent les modifications
incessantes de sa coiffure et de la coupe de ses moustaches, et aussi le choix d’un nombre
réduit de peintres, avant tout Le Brun puis Nicolas et Pierre Mignard, et de graveurs,
comme Nanteuil, Cossin et Simon, pour qui il accepta de poser. La qualité remarquable
des effigies du roi gravées pour les thèses est une autre preuve de son attachement à son
image ; exécutées par les artistes les plus célèbres, elles sont à l’origine de la diffusion de
ce portrait idéal souhaité par Félibien et Roger de Piles et servirent de référence à tous
ceux qui ne purent l’approcher 12
.
Le costume
13 Qu’il s’agisse de simples portraits ou de compositions historiées, le roi est fréquemment
représenté de trois quarts à gauche, sauf dans la thèse italienne de 1681 qui le montre de
profil (cat. 94). Dans les simples portraits, il regarde directement le spectateur, sans
sourire mais avec douceur, bonhomie et sans arrogance comme par exemple dans la
thèse de Pellot (cat. 81) gravée en 1676 par François de Poilly d’après Pierre Mignard. Il est
parfois plus sévère, comme dans les portraits gravés d’après Nicolas Mignard en 1661 par
Van Schuppen (cat. 32) et en 1663 par Nicolas de Poilly (cat. 39).
14 Alors qu’en général il est en armure avec un col de dentelle et une écharpe en sautoir,
en 1662 il porte un camail d’hermine dans les portraits peints par Nicolas Mignard et
Nanteuil, pour les thèses de Clermont-Tonnerre (cat. 34) et de Vallet (cat. 35). La dédicace
gravée dans celui de Mignard, de part et d’autre des armoiries royales, ne laisse aucun
doute sur le sens de la représentation : « Ense prius Martis, Temidis nunc ense » (« D’abord
avec l’épée de Mars, maintenant avec l’épée de la Justice »). En 1653-1654, dans la Tèse du
roi en sa jeunesse (cat. 20), célébrant le pouvoir royal rétabli, Le Brun représenta l’enfant roi
ainsi vêtu sur un bige. En 1661, dans la grande allégorie qu’il composa pour l’abbé de
Bouillon (cat. 33), il figura le roi sur un char, vêtu à la romaine sous son costume de sacre,
pour proclamer sa puissance absolue. Après 1663, son pouvoir n’étant plus à démontrer à
l’intérieur du royaume, le camail tend à disparaître. On le trouve une dernière fois dans un
portrait gravé (cat. 39) par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, où il est encore
associé au manteau fleurdelisé et au collier de l’ordre du Saint-Esprit, dont le roi porte
l’habit ; sur le piédestal au bas de l’estampe, on voit aussi le roi en camail présider le lit de
justice du 27 février qui enregistra le traité par lequel le duc de Lorraine lui cédait ses
états 13
. Il faudra le retour en grâce du parlement de Bretagne (cat. 127) pour que le
camail et le manteau de sacre réapparaissent pour confirmer l’autorité royale.
15 Dans la plupart des portraits et des grandes allégories, Louis XIV apparaît donc avant tout
en armure. Alors qu’en général, elle couvre la totalité du bras, dans le portrait peint
en 1660 par Georges Perroteau (cat. 29, voir fig. 91 ), elle s’arrête à l’avant-bras, laissant
voir une chemise blanche. Par exception, dans le portrait gravé avant 1677 pour Simiane
de Gordes (cat. 82), une veste à ramages apparaît sous la cuirasse. La thèse de Dulion de
Poinson, qui célèbre en 1687 le rétablissement de sa santé (cat. 116), fait aussi exception,
car Louis XIV y porte une veste à ramages fermée par une cravate de dentelle.
16 La cuirasse est en général égayée par un col de guipure empesé avec des pompons à
glands, qu’on trouve dans la plupart des portraits entre 1660 et 1668 14
. Ce col cède la
place à une cravate de dentelle entourée de rubans en 1670 dans la thèse d’Yzoré
d’Hervault (cat. 68) sous le burin de Nanteuil. Le motif de la dentelle est large mais fondu,
essentiellement fait de feuillage, dont les jours renforcent l’effet illusionniste ; les
feuillages sont variés et mêlés à des fleurs 15 comme dans le très élégant portrait de
Lefebvre gravé par Pitau (cat. 66), où le roi est représenté la même année à mi-corps,
ganté et appuyé sur une canne. Plus de rubans, mais une cravate de fine dentelle, nouée
délicatement et tombant en éventail au-dessus de la poitrine, comme dans la thèse de
l’abbé d’Harcourt (cat. 67), dessinée et gravée en 1670 par Nanteuil. La cravate s’agrandit
et occupe toute la largeur du buste. Les pompons et les noeuds disparaissent, notamment
en 1676 dans la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), en 1678 dans celle d’Anglure de
Bourlemont par Nanteuil (cat. 85), et en 1682 dans celle de Jean Poisson par Cossin (cat.
97). Au double ruban aux noeuds à deux boucles de la thèse de l’abbé de Lorraine, gravée
en 1682 par Picart d’après Paillet (cat. 98), succèdent des rubans à plusieurs boucles,
comme dans celle de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil en 1686 (cat. 112), avec à chaque
fois une longue cravate de dentelle tombant sous la poitrine.
17 Dans les grandes thèses allégoriques, où il apparaît en pied ou à cheval, Louis XIV est en
général vêtu à l’antique. Il en est ainsi en 1661, 1663, 1668 et 1677 dans celles de l’abbé de
Bouillon, d’Amelot, de Colbert de Seignelay et dans la thèse éditée par Lenfant 16
. Mais
en 1664 et en 1692, pour celles du comte de Saint-Pol (cat. 49) et de Camille Le Tellier (cat.
128) par Le Brun et Mignard, il porte une cuirasse moderne. Le costume du roi est donc
peu varié. Seuls quelques détails en rompent la monotonie. Le plus souvent, ses habits
d’apparat mettent en évidence sa toute-puissance, et si exceptionnellement Le Brun et
Masson le montrent couvert d’un chapeau, c’est sans doute pour évoquer l’étiquette qui
voulait qu’on se découvrît en sa présence 17
. Le roi n’est pas vu dans son quotidien ; rien
dans ses portraits gravés n’indique la richesse de sa garde-robe, si ce n’est ceux des
almanachs, qui offrent une plus grande variété de costume.
Le portrait moral dans les sujets d’histoire :
l’allégorie et l’emblème
18 Dans L’olympe du Roi-Soleil , Jean-Pierre Néraudau montre qu’à la fin des années 1680, la
mythologie et l’allégorie furent écartées du discours sur le roi et de sa représentation ;
elles ne subsistent qu’en deux domaines, l’opéra et les demeures royales, sans que la
figuration du monarque y trouve sa place. Louis XIV aurait alors préféré une
représentation réaliste, et la mythologie fut reléguée dans le domaine du divertissement.
Paraissant « refuser les figures rhétoriques qui le transformaient en héros mythologique,
[…] il s’imposa, à leur place, tel qu’en lui-même 18 ». Cependant, la position du roi sur la
mythologie était ambiguë, « et cette ambiguïté était en fait le reflet de sa dualité, de la
coexistence en lui d’un principe abstrait dont il voulait instaurer l’éternité, et d’un homme
éphémère dont la vie propre était soumise à la fonction royale 19 ». Depuis les études de
Louis Marin, Peter Burke, Gérard Sabatier et Thomas Kirchner notamment, on sait
comment la question de la représentation du souverain, de son action et de son
inscription dans l’histoire occupa très tôt les historiens, les poètes, les historiographes du
roi. Elle fut au coeur des préoccupations de Colbert et de la Petite Académie et même à
l’origine de la querelle des anciens et des modernes : le 27 janvier 1687, lisant à
l’Académie Le siècle de Louis XIV , Perrault proclama la supériorité de son règne sur toute
autre et notamment sur ceux de l’Antiquité, à l’indignation de Boileau qui jugeait
inadmissible de rabaisser ainsi le s anciens. Cette première analyse fut développée dans le
Parallèle des anciens et des modernes , publié en quatre volumes de 1688 à 1697. Pour
représenter le roi, il ne faut donc plus faire appel à d’autres figures qu’à celle du roi luimême.
C’est ainsi que fut abandonnée l’ Histoire d’Alexandre de Le Brun, commencée avec
tant de succès en 1661.
19 Pour dresser le portrait du monarque, le programme iconographique des grands
appartements de Versailles faisait appel à tous les hommes illustres de l’Antiquité, car un
seul ne suffisait pas à résumer sa grandeur. Mais, alors que pour le décor du plafond de la
Grande Galerie, Le Brun devait à l’origine montrer « tous les travaux d’Hercule, tous
allégorisés sur les actions du roi et au sujet de la guerre qui se faisait alors contre
l’Allemagne, l’Espagne et la Hollande 20 », le Conseil secret décida que l’histoire du roi
serait représentée directement et que Louis XIV apparaîtrait en personne dans chaque
composition.
20 Si la mythologie était condamnée, que resterait-il de l’allégorie ? Comment soumettre la
représentation de l’histoire du roi au principe de vérité ? Quelles figures allégoriques et
mythologiques lui furent-elles associées ? Dans les simples portraits et les thèses
historiées, il est souvent entouré de héros, de divinités et d’attributs symboliques. Sans
chercher à les passer tous en revue, ni à en faire une étude approfondie, il est utile d’en
établir une typologie allant du profane, avec les dieux des anciens, au sacré, avec les
vertus et les figures chrétiennes, pour conclure par les attributs inanimés, insignes et
devises.
L’aigle et le foudre de Jupiter
21 En 1655, Charles Poerson montre le jeune roi vainqueur de la Fronde, assis sur un trône,
brandissant le foudre, l’aigle à son côté 21
. En 1661, dans le Ballet de l’Impatience dansé au
Louvre et en 1666 dans celui des Muses , Louis XIV apparaît aussi en maître de l’Olympe.
Par suite, dans la composition centrale de la galerie des Glaces figurant Le roi gouvernant
par lui-même , on retrouve Jupiter au-dessus du roi, mais il n’y a pas identification du dieu
au monarque, et la représentation de Louis XIV en Jupiter, peu fréquente alors, est plus
rare encore dans les illustrations de thèses. De même, bien qu’elle ne soit pas directement
dédiée au roi, il faut signaler la thèse de l’abbé de Montgaillard (cat. 26) soutenue en 1659,
où Louis XIV est nettement reconnaissable avec sa longue chevelure, en Jupiter
brandissant le foudre qui secondé par l’aigle, Mars et Neptune, combat le lion symbole de
l’Espagne. Le roi en Apollon brandit également le foudre en menant au galop son
quadrige en haut d’un arc de triomphe dans une thèse (cat. 76) éditée par Jean Lenfant
vers 1675. Comme dans la peinture, c’est la dernière apparition royale sous l’apparence
olympienne.
22 Si on retrouve le foudre et l’aigle dans d’autres portraits, dorénavant le roi ne les utilise
plus directement. En 1667, dans la thèse de l’abbé de Bouillon (cat. 60), entre son bec et
ses serres l’aigle présente à tous le portrait imposant du monarque, reléguant à l’arrièreplan
une colonne surmontée de la louve allaitant Romulus et Remus et des trophées aux
effigies impériales. En 1680, dans la Tèse de la Paix (cat. 92), c’est l’Amour lauré qui tient le
foudre tandis que le roi donne la main au génie de la paix. Ainsi il n’est pas Jupiter, et le
dieu lui est subordonné puisqu’il le présente à l’univers. Il ne fait que lui emprunter
certains de ses attributs, qui ont valeur de symboles et plus qu’un long discours
témoignent de sa puissance et de la crainte qu’il fait naître chez ses ennemis.
Hercule, le lion de Némée et la massue : l’Hercule français et
l’Hercule chrétien
Incarnation de la Vertu héroïque 22
23 , Hercule symbolise à la fois la puissance militaire du
prince, sa modération, sa tempérance, sa générosité et son mépris des voluptés et délices
du Monde 23
. Toussaint Dubreuil s’en était servi pour honorer Henri IV. On le retrouve pour
célébrer Louis XIII dans la galerie du château de Richelieu, et il apparaît également dans
la thèse gravée par Vorsterman à lui dédiée en 1626 par son demi-frère Henri de Verneuil,
dont un des médaillons tenu par la Religion le montre terrassant l’hydre. Hercule apparaît
dans le décor du plafond de la Grande Galerie du Louvre, commencé par Poussin en 1640.
En 1678, Le Brun soumit au roi un dessin d’ensemble montrant les travaux d’Hercule pour
le plafond de la galerie des Glaces.
24 Parmi les précédents les plus célèbres, rappelons les plafonds Le Brun pour l’hôtel
Lambert et les thèses dédiées à Alphonse et à Armand de Richelieu en 1638 et 1640,
gravées par Rousselet d’après Huret et Vignon 24
. Dans l’une, le héros converse avec Mars,
dans l’autre il aide Neptune à soutenir le globe terrestre. Vers 1652, Rousselet et Le Brun
convoquèrent aussi Hercule terrassant l’Envie 25 devant Minerve en hommage à Pierre
Séguier. Cependant c’est à célébrer Louis XIV qu’Hercule est le plus souvent invité. Mais les
premières thèses où il apparaît ne lui étaient pas dédiées à l’origine. Celle de 1644 avait
été commandée pour honorer Richelieu, mais à sa mort son portrait fut remplacé par
celui du jeune monarque, défendu par Hercule qui, avec Apollon, Mars et Minerve, fait fuir
le lion de l’Espagne et les aigles de l’Empire. De même en 1652, Daret remplaça Louis XIII
par son fils en Apollon ; de nouveau associé à Mars et Minerve, Hercule symbolise les
vertus royales.
25 Dès 1649, dans Les triomphes de Louis le Juste XIII du nom de Jean Valdor, dédié au jeune
roi, Charles Beys compare Louis XIV à Hercule dans une ode illustrée d’une
gravure 26 montrant Hercule tenant sa massue, assis sur la peau du lion de Némée, les
instruments des arts à ses pieds, avec près de lui sur un muret le portrait du jeune
monarque lauré ( fig. 96 ) :
« Ce conquerant dès sa Naissance
Comme luy, donna des combats ;
Et des Dragons qu’il mit à bas,
Firent les jeux de son enfance… »
Dans la quatrième strophe, le poète conclut : « Grand Roy, tes premières conquestes, / 26
Finirent nos tragiques maux. » Dans des stances jointes à l’ouvrage, Furetière revient sur
la comparaison :
« Prince qui comme Hercule as veu dès ta naissance.
De monstres etouffez triompher ton enfance
Et qui prens le dessein de marcher sur ses pas
Quand l’Espagne te cede en tes jeunes années
L’Espagne où le Dieu vit ces conquestes bornées,
Peux-tu douter encore de ne l’égaler… »
Puis il insiste sur l’espérance que les arts ont mise en son action bienfaisante : 27
« Assez par ses combats la France est renommée,
Contre elle seulement l’ignorance est armée :
Prend soin pour l’anoblir de cultiver les arts ;
De la guerre & des arts vient une gloire égale. »
28 Cette association entre Louis XIV et Hercule se retrouve à la même époque dans un beau
portrait édité par Nicolas Berey ( fig. 97 ), où devant des trophées militaires, le roi en
armure est vu en buste dans un ovale surmonté de la peau du lion de Némée, posée sur
des trompettes au fanion fleurdelisé 27
. Les grands traits du programme des illustrations
de thèse sont ainsi mis en place.
F igure 96. – Anonyme d’après Charles Errard, Hercule et le jeune Louis XIV , 1649.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 187.22 KB )
F igure 97. – Anonyme, Portrait du jeune Louis XIV , s. d., édité par Nicolas Berey.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 202.54 KB )
29 OEuvre de Le Brun, la première thèse conçue pour Louis XIV où apparaît Hercule (cat. 20)
célèbre la fin de la Fronde en 1653-1654. Arrachant la Vérité des mains de l’Ignorance, il
chasse avec Mars les ennemis de la France et dégage la voie au bige royal 28
. Il faut
ensuite la thèse Le Maistre de Ferrières en 1665 (cat. 51) pour le voir de nouveau, non
plus au naturel mais sur le bouclier qu’un amour apporte au roi, où il terrasse l’hydre avec
cette devise : « Regio proebet Aggredere monstrum istud Hercule fortior, Ludovice Rex
christianissime » (« Ce monstre très fort se présente pour être attaqué par l’Hercule royal,
Louis Roi Très Chrétien »). Mais Hercule ne lutte pas toujours contre les ennemis du roi.
En 1663, Le Brun le présente au repos face à Apollon, au bas de la thèse de Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38) ; il est assis vigilant sur la peau du lion de Némée, appuyé sur
sa massue, le bras posé sur une médaille représentant « la puissance invincible » du
royaume. Pour Nivelon, les défaites de l’hydre de Lerne et du lion de Némée font allusion
aux guerres civiles et étrangères qui secouèrent le royaume 29
. En 1676, dans le portrait
gravé par Masson pour d’Artagnan (cat. 79), il apparaît dans deux médailles : d’un côté il
se repose après ses travaux, de l’autre il tient un rameau d’olivier qui se transforme en
massue. Associées à celles qui célèbrent la puissance invincible du Soleil, les devises
complètent le portrait moral du roi et font allusion à ses actions pour soutenir la France
menacée de l’intérieur comme de l’extérieur. Tout en gardant à la représentation un
caractère universel, elles évoquent les événements actuels, comme la révolte du papier
timbré ou les nations coalisées.
30 Ensuite, de 1659 à 1672, Hercule n’est plus représenté que par ses attributs, comme la
peau du lion de Némée et la massue que l’on retrouve très souvent. Sa disparition
physique se fait au profit du roi, seul héros de la composition. Jusqu’en 1664, toutes ces
thèses ont été imaginées par Le Brun. En 1659, pour célébrer la paix des Pyrénées, il
montre la France, une massue à ses pieds, suspendant à une branche la dépouille du lion
de Némée dont elle fait un trophée à la gloire du jeune roi, assis devant le temple de
Janus, tandis que l’Espagne se désespère (cat. 24). Ce désespoir est d’autant plus grand
qu’Hercule, qui apparaît donc comme le principal soutien de la France, était aussi le héros
fondateur de la dynastie des Habsbourg 30
. Cette allusion à leur défaite en est donc
particulièrement humiliante pour les Espagnols, d’autant que le roi apparaît en imperator
peut-être pour invoquer l’idée que Mazarin entretint de faire du roi un compétiteur de
Ferdinand IV. En 1661, pour la thèse de l’abbé de Bouillon, Le Brun tend la peau du lion
sur le char de triomphe du roi qui apparaît donc comme un nouvel Hercule (cat. 33).
En 1663, pour celle d’Amelot (cat. 42), la peau apparaît deux fois ; d’abord sur le vaisseau
que conduit le roi appuyé sur une massue, où comme dans la thèse précédente, elle sert
de support à la dédicace et aux positions, puis sur la tête de la Valeur, commandant aux
Vertus qui font avancer la nef. On la trouve encore en 1664 dans deux portraits en buste ;
l’un montre le roi dans un ovale sommé d’une couronne royale en sautoir sur les ailes et
les trompettes de la Renommée (cat. 46), posé sur la peau du lion qui tient dans sa gueule
le sceptre et la main de justice ; l’autre (cat. 43) présente le roi dans un ovale entouré d’un
phylactère avec ces mots, « HERCVLES PIETATE INSIGNIS ET ARMIS CHRISTIANVS »
(Hercule chrétien insigne par sa piété et ses armes), au bas des trophées d’armes parmi
lesquels la peau et la massue. L’inscription brodée au haut du phylactère tirée comme la
première de l’Énéide 31 souligne l’apparence héroïque du roi : « QVEM SESE ORE FERENS
QVAM FORTI PECTORE ET ARMIS SVPRA NVLLVS CREDO EQVIDE (NEC VANA FIDES) GENVS
ESSE DEORVM » (« Quelle noblesse sur son visage, quel courage dans son coeur et quelle
force dans ses armes ! Je crois assurément, et ce n’est pas croyance vaine, qu’il est de la
race des dieux »). Au bas un poème en latin, dû probablement à Le Brun, adressé à Louis
XIV et gravé sur la tablette, insiste sur le fait qu’il ne lui a pas donné les traits d’Hercule
mais que le roi aurait souhaité avoir les siens et conclut que : « si l’art ne parvient pas bien
à te façonner sur l’airain, l’amour te sculpte bien dans nos coeurs ».
31 En 1672, Nanteuil reprend aussi ce motif pour la thèse de Jacques-Nicolas Colbert, où le
lion mort aux pattes ornées d’une fleur de lys héraldique tient dans sa gueule un
médaillon à l’effigie royale, auquel est attachée une médaille montrant Hercule se
reposant après ses travaux avec la devise « SOMNVM ABRVPISSE DOLEBIT » (« Vous vous
repentirez de l’avoir éveillé 32 »), sujet déjà utilisé en 1663 pour la thèse de Charles-Maurice
Le Tellier (cat. 38). En 1678, dans la thèse des frères d’Aligre, Nanteuil pose la peau du lion
en trophée sur l’armure qui soutient le portrait par allusion à l’Espagne vaincue et aux
Pays-Bas du Sud dont il est l’emblème : leo belgicus . Son air anéanti, sa fatigue, sa mort
même, sont autant de signes qui proclament la défaite des ennemis. Vers 1686, Sevin la
reprend à son tour pour y graver les positions de la thèse de Jean-Baptiste Hue de
Miromesnil (cat. 112), maintenue par deux lys armoriaux en signe de la domination du roi.
Dans le contexte de l’annexion de villes flamandes, la représentation des attributs
d’Hercule prend tout son sens.
32 De même, dans la thèse de Seignelay gravée en 1668 (cat. 63), la Victoire couronne de
laurier le roi et reçoit de lui la massue et la peau du lion de Némée ; derrière, Hercule
conduit le char d’où il est descendu et se tient prêt à de nouvelles conquêtes. Après la
soutenance, le jésuite Antoine de La Bretonnière (1637-1684) publia en latin son Hercules
gallicus déjà mentionné, qui fut bientôt traduit par Esprit Fléchier en Hercule françois 33
.
S’adressant au roi, il s’inspire de l’estampe :
« Invincible Louis sous qui le monde tremble […]
Souffre qu’Hercule seul se consacre a ta gloire,
Qu’il compare sa fable avecque ton histoire
Et que voyant son Nom par le tien effacé,
Il confesse aujourd’huy que Tu l’as surpassé. »
33 La référence au lion de Némée, si souvent évoquée dans les portraits et les allégories,
trouve pleinement son explication dans les événements extérieurs au royaume.
L’expression est plus violente que dans la peinture et le ton plus agressif contre les
ennemis :
« Il [Hercule] dompta du Lyon la rage envenimée
Dans les sombres détours des forets de Némée,
Et tu viens de dompter le Belgique Lyon
Qui respirait le meurtre et la Rebellion,
Nourry depuis long-temps de sang et de carnage,
Auprez de ses marais redoutoit ton courage,
Et sembloit exciter par ses rugissemans. »
34 L’auteur évoque « Hercule triomphant du Géryon d’Espagne » pour mieux affirmer la
supériorité de Louis :
« C’est un travail pour luy, ce n’est qu’un jeu pour Toy.
Tu cours, sans t’emouvoir, au milieu des allarmes ;
Rien, ne peut s’opposer au bonheur de tes Armes. »
35 C’est qu’il défait ses ennemis avec facilité :
« Tournay, sans t’Arrester, reconnut ton pouvoir ;
Tu n’eus qu’à l’investir, et qu’à Te faire voir.
Doüay se vit soûmis, malgré sa resistance,
Et craignant ta iustice, implora ta Clemence. »
36 Les villes évoquées dans le livret sont représentées par leurs armoiries que des ouvriers
suspendent aux colonnes de la façade des Tuileries où se déroule la scène :
« Oudemarde receüt, pour T’avoir irrité
Le iuste châtiment de sa temerité. »
37 L’auteur suit de près la gravure, la commente, extrapole et explique chaque détail, et sur
un ton narratif, lui ajoute des scènes annexes. Sans jamais s’écarter du parallèle avec
Hercule, il se plaît à brosser le portrait moral de Louis ; et après avoir vanté sa clémence, il
célèbre sa modestie et sa bonté :
« L’Isle Te vit monté sur le char de la Gloire,
User modestement des droits de ta Victoire,
Marcher sur ses rempars à demy foudroyez,
Rasseurer en passant ses Peuples effrayez… »
38 Le roi fait l’admiration de tous les peuples qu’il soumet et celle d’Hercule qui reconnaît en
lui son maître :
« Hercule tout confus admire ta vaillance.
Ce Héros aujourd’huy n’est plus ce qu’il estoit,
Et pressé sous le faix du Monde qu’il portoit,
Il perd également la force et le courage,
Et cherche sur la terre un roy qui le soulage ;
Qui vienne l’assister comme un Atlas nouveau.
Il t’a trouvé, LOVIS, jeune, ardent, redoutable
Dans les nobles travaux toûiours infatigable,
Et tout pres à ranger le Monde sous ta loy. »
39 Hercule a donc trouvé son maître, et pour longtemps comme le montre Pierre Mignard
en 1684 dans la thèse des frères Le Tellier (cat. 102), où il se repose appuyé sur sa massue,
la fourrure du lion sur la tête. Se tenant sur ses gardes, il cherche réconfort auprès du roi
qui debout, impassible, s’appuie sur son épaule. Il fait face aux puissances coalisées –
l’Allemand, le Suédois, le Saxon, le Flamand ; une femme effrayée retient l’Espagnol, prêt
encore à se défendre, et près d’elle le lion de Flandres apeuré tient entre ses pattes le
faisceau d’armes des Provinces-Unies. C’est la dernière apparition d’Hercule et de ses
attributs dans une thèse. On ignore comment cette subordination d’Hercule au roi fut
perçue par les contemporains. Mais les réactions qui suivirent l’apparition de la statue du
roi sculptée à Rome par Domenico Guidi 34 en 1697-1699, pour le marquis de Vaini,
permettent dans une certaine mesure de s’en faire une idée. Certes, la représentation de
la domination du roi sur l’Espagne y était poussée à l’extrême et la volonté d’humilier était
sans ambiguïté : plus grand que nature, Louis XIV porte une armure à la romaine avec un
manteau fleurdelisé ; couronné de laurier, il tient le bâton de commandement, un pied sur
le globe, l’autre sur la peau du lion de Némée 35
. Jugée insultante pour la maison de
Habsbourg, car ces attributs lui sont réservés, l’oeuvre causa la colère de Georg Adam de
Martinitz, émissaire impérial ; il menaça de mort l’artiste, qui, effrayé, refusa de l’achever,
ce qui fut fait par Pierre Legros le Jeune. Précisons que l’abbé de Bouillon (cat. 33, 46, 60)
alors mal en cour, qui avait dédié plusieurs thèses au roi, lui rapporta l’affaire et
accompagna sa lettre de plusieurs épreuves de l’estampe qu’il venait de faire graver,
espérant sans doute retrouver les faveurs du monarque 36
. L’importance que le cardinal
accorde à l’estampe et la conscience qu’il a de ses retombées politiques pour asseoir
l’image du roi méritent une nouvelle fois d’être signalées.
Minerve : de la sagesse à la paix
40 Incarnation de la sagesse, Minerve est souvent proche du roi et apparaît dans la plupart
des grandes thèses allégoriques dessinées par Le Brun et Mignard. Mais le sens de sa
présence varie.
41 En 1644, dans une gravure d’Huret exécutée pour le père Suarez (cat. 10), elle conseille le
jeune roi et le couronne de laurier. En 1663, dans les thèses de Charles Amelot (cat. 42) et
de Le Tellier (cat. 38) dessinées par Le Brun, coiffée d’un casque orné d’un sphinx, elle
symbolise la gloire et indique au roi la présence du Zèle religieux qui lui apporte le
portrait de Dunkerque opprimé, puis revêtue d’une armure, d’un casque et d’une
couronne royale, assise sur des trophées d’armes, elle incarne la paix. En 1668, dans
l’exercice de philosophie de Seignelay (cat. 63), Le Brun la présente dans une situation
nouvelle : donnant la main au roi descendu du char d’Hercule, elle le détourne des
avances de la Victoire et lui indique la voie de la Philosophie qui pour lui dresse cent
nourrissons dont le fils de Colbert comme l’indique L’Hercule françois :
« La Sagesse, LOVIS, qui Te conduit, qui t’aime,
Qui soûtient avec Toy le poids du Diadême,
Pour le conseil des Roys dresse cent nourrissons,
Et leur fait pour la Cour de secretes leçons :
Voy celuy qu’elle T’offre, & qu’elle Te destine,
Instruit de ses vertus, comme de sa doctrine,
Elle éloigne de luy la foiblesse & l’erreur,
Luy forme adroitement & l’esprit & le coeur,
Luy propose en secret ses maximes severes,
Eclaire sa raison, règle ses desirs.
Luy montre à mespriser le luxe et les plaisirs,
Au Temple de l’honneur elle-même le guide,
Et luy trace le plan d’une gloire solide 37
. »
42 En 1676, dans la thèse de Pellot (cat. 81) dessinée par Mignard, Minerve incarne
également la paix ; assise sur des trophées d’armes, elle se tourne vers l’Histoire et lui
ordonne d’écrire les hauts faits du roi. Parfois plus belliqueuse, elle représente la guerre,
comme en 1679 dans le cinquième encadrement des positions du prince de Turenne (cat.
91), où debout devant des canons fleurdelisés elle sonne de la trompette pour appeler au
combat ; dans le dixième, appuyée sur un bouclier fleurdelisé, elle brandit la tête de la
Gorgone devant un soldat épouvanté. Signalons encore que la thèse de Colbert de Croissy
(cat. 92), Le Brun lui assigne le rôle de la Philosophie : tout auréolée de lumière, un voile
blanc sur la tête, elle regarde Louis XIV avec adoration et tient la thèse que son génie
éclaire d’un flambeau « faisant connaître au Roy les beautez de la Philosophie, [… qui] sont
comme autant de degrés qu’il faut monter pour parvenir au comble de la Sagesse 38 ». On
la trouve encore en 1692 dans la thèse de Camille Le Tellier (cat. 128) gravée par Poilly
d’après Mignard, où avec son bouclier fleurdelisé, elle incarne la France et invite le roi à
marcher contre les puissances de la ligue d’Augsbourg.
Mars
43 Très tôt convaincu que les conquêtes sont nécessaires à sa gloire, le roi l’affirme dès
1667 dans ses Mémoires : la guerre donne de l’éclat, entretient la renommée, en impose à
tous et soumet les sujets. Il faut surprendre par la rapidité et l’aisance des victoires ; plus
les ennemis sont puissants, plus le triomphe est grand. À cela rien d’immoral, la guerre
est juste et légitime 39
. Mais force est de constater que la place faite à Mars dans les
illustrations de thèses est assez réduite.
44 Certes la guerre est le sujet de presque toutes les illustrations, mais au fil des ans Mars y
tient un rôle de plus en plus mince. De 1638 à 1664, il apparaît régulièrement, mais par la
suite, on ne le retrouve que sur le frontispice dessiné par Sevin en 1679 pour le prince de
Turenne (cat. 91), où, aidé par la Paix, il place le portrait du roi sur un autel.
45 Si Le Brun avait représenté Louis XIII en Mars, tenant entre ses mains le Dauphin
nouveau-né, jamais Louis XIV ne prêta ses traits au dieu de la guerre. Dans la thèse que Le
Brun dessina vers 1653 pour célébrer la fin de la Fronde (cat. 20), il a pourtant une place
prépondérante, et l’épée à la main renverse l’Envie, l’Orgueil et la Discorde pour faire place
au char du roi 40
. En 1663, dans celle de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38), il combat aussi
les Vices, la Fureur et la Jalousie, mais l’année suivante, dans celle de Le Maistre de
Ferrières (cat. 51), après avoir prêté son bras à Louis XIV pour anéantir les forces
ennemies, il se repose au bas des positions.
46 Après 1664, Mars disparaît des thèses. En 1668, alors qu’il avait d’abord pensé le montrer
conduisant le char du roi, Le Brun le remplaça par Hercule dans la thèse de Seignelay (cat.
63). Alors que dans les premières thèses Mars et Hercule étaient souvent associés, le
demi-dieu supplanta bientôt le dieu. Plutôt que la guerre, le roi, Colbert et Louvois
préférèrent voir évoquer la paix, la victoire et le calme revenu après la tourmente. Plus
que Mars qui incarne la colère et la guerre sauvage, Hercule, qui représente le combat
juste et réfléchi 41
, convient mieux à la grandeur du roi.
Apollon
47 Il est inutile de rappeler l’importance d’Apollon dans le panthéon royal. Il suffit de
mentionner quelques exemples bien connus dans le parc de Versailles, où il eut une place
de choix dès 1671 sur le Grand Canal avec le char d’Apollon de Tuby ou la grotte de Thétys
où il se repose en 1672, servi par les nymphes dans les marbres de Girardon, Regnaudin
et des frères Marsy. Joseph Werner (1637-1710 ?) 42 a montré entre 1662 et 1667 Louis en
Apollon tuant le serpent Python et conduisant le char du Soleil précédé par l’Aurore.
En 1665, Le Brun l’a figuré sur le char d’Apollon tenant la lyre pour le frontispice de l’ Hortus
Regius de Fagon 43
. On sait que l’iconographie apollinienne a occupé une place importante
aux Tuileries puis à Versailles, mais qu’à partir de 1674, notamment lors de l’extension du
château par les ailes du Midi et du Nord, l’espace à proximité du palais se trouvant saturé,
ce programme fut abandonné. Aussi ne sera-t-on pas étonné de constater qu’Apollon fut
peu sollicité dans les frontispices de thèses dédiées au roi.
48 Entre 1644 et 1651, on ne le trouve que sur deux frontispices commandés à l’origine pour
célébrer Richelieu et Louis XIII 44
. D’abord tel que le décrit Pindare, il fait entrer dans les
coeurs l’amour de la concorde et l’horreur de la guerre civile (cat. 10), puis en 1663,
comme le conçoit Platon, il est le guide du genre humain (cat. 38) 45
. Face à Hercule, il est
assis sur des livres au bas du cadre des positions, appuyé d’un bras à sa lyre et de l’autre à
une médaille montrant la Vigilance. Ayant abandonné l’arc redoutable qui apparaissait
dans la thèse de 1644, il veille à la sécurité de l’État.
49 Pour évoquer les arts, Le Brun et Mignard préfèrent montrer des putti porteurs de
pinceaux, appuyés sur des bustes ou entourés d’aiguières et de tapis célébrant la
production des manufactures royales ou jouant de la musique en compagnie de sainte
Cécile 46
. Et pour les portraits en buste, Apollon est remplacé par le Soleil personnifié,
symbole du roi.
L’Histoire et le Temps
50 Figures importantes de l’iconographie royale, le Temps et l’Histoire viennent souvent
ensemble. La première occurrence de l’Histoire remonte sans doute à l’année 1653 (cat.
20) ; dans une tribune, appuyée sur un médaillon à l’effigie de Louis XIII, elle regarde
passer Louis XIV sur son char de triomphe, écoutant le Temps qui lui conseille d’écrire les
moments glorieux de sa vie. En 1663, dans la thèse de Charles-Maurice Le Tellier, le Temps
enjoint aussi à l’Histoire d’écrire les hauts faits du roi (cat. 38) et lui présente son portrait,
alors que ses actions se déploient sur deux colonnes monumentales commémorant ses
batailles et les événements marquants du règne ; près d’elle de lourds in-folio déjà
remplis, mais la paix que le roi a ramenée l’oblige à entamer un nouveau livre, dont elle
commence la première page sous le regard attentif de Minerve. En représentant l’Histoire
tenant son stylet, Le Brun évoque celle du roi en train de se faire. En 1676, dans la thèse
de Claude-François Pellot (cat. 81), loin de se plier aux injonctions du Temps, l’Histoire le
terrasse et abolit sa loi, pour montrer que la gloire de Louis XIV est immortelle, comme le
précise l’exergue latin tiré des Odes d’Horace : « En comparaison de quoi les Dieux
propices n’ont rien donné à la terre de plus grand ou de meilleur et ne donneront rien,
quand même les temps reviendraient à l’âge d’or antique. » Au lieu de regarder le roi, elle
se tourne vers la Paix et lui désigne un trophée d’armes érigé à la gloire du monarque
dont la Renommée proclame « QVANTVM INSTAR. IPSO EST » (« Comme il lui ressemble,
Énéide , livre VI »).
51 Cependant, plutôt que l’Histoire, il arrive que les événements eux-mêmes soient
représentés. En 1663, pour la thèse de Charles Amelot (cat. 42) évoquant la libération de
Dunkerque et en 1664 pour celle du comte de Saint-Pol (cat. 49) illustrant la fin des
désordres, des médaillons montrent la ville sous le joug de l’Hérésie, la prise de Rocroi, le
mariage et le sacre du roi. Mais la narration tient peu de place dans ces évocations
allégoriques. Elle est également absente de la célébration des actions du roi dans le
domaine des arts ; en 1686, pour la thèse de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat. 112),
on se contente de montrer quelques grandes réalisations du règne. L’évocation de
l’actualité prend plus d’importance en 1687 dans celle de Dulion de Poinson (cat. 116)
pour célébrer la révocation de l’édit de Nantes et commémorer les fêtes célébrant la
guérison du roi.
La Victoire, la Paix, la Renommée et la Gloire
52 Le Brun mit plusieurs fois en scène la Victoire. En 1659, aptère et auréolée, elle s’apprête à
poser la couronne de laurier sur la tête royale (cat. 24). Ayant retrouvé ses ailes en 1663,
suivie de la Renommée, elle brandit la couronne pour Amelot (cat. 42). À partir de 1668,
elle-même ou son génie sont souvent associés à la Paix, à qui elle cède parfois la place.
Ainsi en 1668 dans la thèse de Seignelay (cat. 63, voir fig. 73 ), ailée et plantureuse, c’est la
Paix, couronnée de laurier, qui tend au roi un casque lauré et l’invite à de nouvelles
conquêtes. La Renommée réapparaît en 1676 pour Claude-François Pellot (cat. 81) où le
génie adolescent de la Victoire couronne de laurier le portrait du roi et lui désigne un
trophée d’armes. En 1680, elle porte l’étendard, et bien que suivie par la Renommée, c’est
en vain qu’elle tente d’attirer l’attention du roi qui ne pense qu’à la paix (cat. 92).
En 1684 pour les frères Le Tellier (cat. 102), Mignard lui donne l’apparence d’une douce
jeune femme ; accompagnée d’un amour porteur d’une palme, elle pose comme
d’habitude une couronne de laurier sur la tête du roi qu’elle regarde attendrie et en tient
prête une seconde pour d’autres conquêtes.
53 La Renommée occupe une place moins importante. Elle apparaît pour la première fois
en 1663 sur la thèse de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) qui montre le Temps posant le
portrait du roi sur le globe de l’univers, et la même année sur celle d’Amelot le figurant au
gouvernail de son navire (cat. 42). Dans l’une, debout derrière le monarque, elle sonne de
la trompette tandis que Minerve chasse les derniers assaillants ; dans l’autre, volant à tire
d’ailes, elle suit la Victoire. En 1664, pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49), elle
précède le roi à cheval. En 1668 dans celle de Seignelay (cat. 63), célébrant le retour de
Flandre, elle souffle avec force dans sa trompette qui porte la dédicace. Puis elle se fait
plus rare ; on la voit face au génie de la paix en 1676 dans la thèse de Pellot, tenant le
portrait du roi (cat. 81). Ensuite elle n’est plus évoquée que par des trompettes en sautoir
sous les armes royales. En août 1679, Sevin la place sur la page de titre du livret du prince
de Turenne et la remplace par Minerve qui embouche une trompette pour soutenir la
vaillance des troupes sur l’encadrement des positions (cat. 91). Elle revient triomphante
en 1680 dans la thèse de Colbert de Croissy (cat. 92), où penchée vers la terre, elle
proclame la gloire de Louis et aide le génie de la paix à étendre le drapeau fleurdelisé.
Une de ses dernières apparitions date de 1682, assise au bas de la thèse de l’abbé de
Lorraine (cat. 98), où elle est prête à répondre à la question « Qui donne la victoire à ceux
qui en sont dignes ? » Enfin, ses ailes ou ses trompettes sont associées à la main de
justice, au sceptre et à la couronne dans plusieurs portraits du roi.
54 Si la Gloire est très présente au plafond de la galerie des Glaces, elle intervient plus
rarement dans les thèses. Elle figure pour la première fois en 1663 sur celle de Charles
Amelot, où elle invite le roi à délivrer Dunkerque (cat. 42) : coiffée d’un casque orné d’une
couronne et penchée au-dessus du roi, elle s’appuie sur une sphère armillaire et tient une
palme 47
, car selon Ripa, « la sphere qu’elle porte [signifie que] que les considérations d’icy
bas ne l’obligent pas tant à des exploits heroïques, que celles du Ciel, où elle se promet la
récompense de ses travaux 48 ». La palme est celle de la Victoire, car Gloire et Victoire
« sont toutes deux inséparables, puisque l’une assurément est la créature de l’autre 49 ».
Ainsi, le roi atteint la Gloire par la Victoire contre les Espagnols, obéissant à Dieu qui lui a
intimé l’ordre de mener cette bataille. On la retrouve ensuite sur les thèses des fils de
Colbert (cat. 84, 92). En 1677, entre la Victoire et la Providence qui accompagnent le roi à
cheval, elle porte la pyramide, symbole de la gloire du prince, et en 1680, tenant le
sceptre, elle couronne le monarque qui donne la main à la Paix. Bien qu’elle n’apparaisse
pas en personne dans la composition gravée en 1684 par Poilly d’après Pierre Mignard
pour les fils de Louvois (cat. 102), sous le titre « Le Roy dans le repos de sa gloire », le
commentaire de l’estampe par Georges Du Four célèbre « ce Prince, amoureux de la
Gloire/[qui] A fixé pour jamais l’inconstante Victoire 50 ».
Le Zèle religieux et la Providence
55 Dans une thèse dédiée à Louis XIV et à l’iconographie conçue pour Richelieu, le Zèle
religieux apparaît dès 1644 près du trône, tenant d’une main un phénix, de l’autre un vase
enflammé, symboles de la résurrection et de la renaissance de la dévotion (cat.10). On le
trouve aussi en 1663 présentant au roi le médaillon montrant Dunkerque sous le joug de
l’Hérésie (cat. 42). Il faut attendre les années 1683-1686 pour le voir de nouveau, sans
attributs, près du char de la Religion qui tient le portrait de Louis XIV sur un bouclier, à
côté de l’Espérance et de la Charité dans la sorbonique de l’abbé de Polignac (cat. 100) ; le
Zèle accompagne le roi, mais sans rôle décisif, car il en est naturellement imprégné.
56 Contrairement aux autres figures allégoriques, la Providence, que le Dictionnaire de
l’Académie définit en 1694 comme « la suprême intelligence par laquelle Dieu conduit
toutes choses 51 », n’apparaît pas au plafond de la galerie des Glaces, mais se voit dès
1638 dans la première thèse dédiée au roi (cat. 1). Contrairement au Zèle religieux, elle
montre son ascendant sur le roi jusqu’à sa dernière apparition. En 1638, elle tient dans ses
bras le Dauphin nouveau-né. Elle a un rôle plus décisif en 1663 dans la thèse de l’abbé Le
Tellier (cat. 38), où elle incarne la prévoyance de Dieu qui éclaire le roi, l’inspire et le
protège : assise sur un nuage, elle tient d’une main son sceptre surmonté d’un oeil ouvert
et de l’autre la couronne royale. On la retrouve en 1664 dans celle du comte de Saint-Pol
(cat. 49) : reconnaissable à l’oeil auréolé au-dessus de son front, elle tient une couronne et
une chaîne métallique où sont attachés les médaillons figurant des scènes de l’histoire du
roi. En 1677, dans la Tèse de la Guerre (cat. 84), précédée par le génie de la France qui
chasse les ennemis, illuminée par l’oeil de la Trinité, tenant la couronne et le sceptre, elle
accompagne Louis XIV dans sa chevauchée, avec près d’elle la Gloire du prince et la
Victoire. En 1680 dans la Tèse de la Paix (cat. 92), elle est remplacée par la Gloire à demi
nue qui couronne le roi « pour cette heureuse action de la paix donnée au peuple
chrétien », tandis que selon Nivelon, l’Amour de l’Immortalité tient « une couronne
brillante, qui éternisera la mémoire de ce prince ».
57 Ces diverses représentations, et surtout celle de la thèse de Saint-Pol, évoquent le Sermon
sur la providence prononcé au Louvre en 1662, où Bossuet se réfère aux tableaux, et
notamment aux anamorphoses, pour montrer que la Providence révèle le sens des
choses caché sous un désordre apparent :
« Quand je considère en moi-même la disposition des choses humaines, confuse,
inégale, irrégulière, je la compare souvent à certains tableaux, que l’on montre assez
ordinairement dans les bibliothèques des curieux comme un jeu de la perspective.
La première vue ne vous montre que des traits informes et un mélange confus de
couleurs, qui semble être ou l’essai de quelque apprenti, ou le jeu de quelque enfant,
plutôt que l’ouvrage d’une main savante. Mais aussitôt que celui qui sait le secret
vous les fait regarder par un certain endroit, aussitôt, toutes les lignes inégales
venant à se ramasser d’une certaine façon dans votre vue, toute la confusion se
démêle, et vous voyez paraître un visage avec ses linéaments et ses proportions, où
il n’y avait auparavant aucune apparence de forme humaine. C’est, ce me semble,
messieurs, une image assez naturelle du monde, de sa confusion apparente et de sa
justesse cachée, que nous ne pouvons jamais remarquer qu’en le regardant par un
certain point que la foi en Jésus-Christ nous découvre 52
. »
58 Si le chaos et la confusion règnent autour du roi, la Clairvoyance divine qui le guide lui
permet de débrouiller sans peine la vérité. La Providence le conduit de l’avant et l’amène
vers la Victoire. Ainsi, le roi protège le monde et accomplit la mission dont Dieu l’a investi.
Les vertus
59 Tous les panégyristes de l’Académie célèbrent les vertus héroïques et chrétiennes du roi,
sa Prudence, sa Justice, sa Tempérance, sa Libéralité, sa Magnificence, sa Magnanimité,
qui en font un héros parfait. Leur présence conjuguée dans quelques thèses dessinées
par Le Brun évoque ces propos de l’abbé Tallemant en 1679 dans son Panégyrique sur la
paix 53
:
« [C’est] De ce mélange admirable de vertus, & de cette mutuelle déférence qu’elles
ont entre elles, que se forme le Héros parfait, tel que celuy, sous le règne duquel le
Ciel nous a fait naître […]. Les grandes qualitez d’une ame si peu commune, se
soûtiennent & se moderent les unes par les autres ; sa valeur soustient sa bonté, sa
bonté modere sa valeur ; sa force & son pouvoir mainstiennent sa douceur, & sa
douceur tempere son pouvoir & sa force ; parce qu’il est le Maistre, il est raisonnable,
il est bon, il est juste, & parce qu’il est raisonnable et qu’il est juste, il oublie de
quelque maniere qu’il est le maistre : & c’est de ce mélange admirable de
vertus, & de cette mutuelle déférence qu’elles ont entre elles, que se forme le Heros
parfait, tel que celuy, sous le regne duquel le ciel favorable nous a fait naistre. »
60 Rarement isolées, les vertus sont à la vérité peu présentes dans les thèses dédiées au roi
et apparaissent surtout au temps de sa jeunesse. Prudence et Justice sont le plus souvent
sollicitées. En 1644 dans la thèse de Suarez, la Prudence se tient près du trône royal avec
le Zèle religieux, et en face la Justice, associée à Mars et Minerve, terrasse les ennemis
(cat. 10). La Prudence, ou la Tranquillité, selon Jennifer Montagu 54
, réapparaît
en 1653 dans la thèse dessinée par Le Brun montrant le Roi en sa jeunesse (cat. 20), et
en 1663 dans celle d’Amelot (cat. 42), où elle guide le vaisseau de l’État avec d’autres
vertus. En 1679, Sevin la convoque au bas de la dixième bordure des positions du prince
de Turenne ; un doigt sur les lèvres, vêtue d’une robe fleurdelisée, elle tient un miroir
autour duquel s’enroule un serpent (cat. 91).
61 Comme la Prudence, la Justice apparaît dans la thèse d’Amelot en 1663, mais peut se
confondre avec l’Éternité, car pour ne pas surcharger ses compositions, Le Brun recourt
souvent à l’enrichissement des figures ; d’une main elle porte une couronne d’étoiles et de
l’autre une balance. De même en 1683-1686, dans la thèse de l’abbé de Polignac, elle
représente la Justice divine et aide la Religion à tenir le portrait du roi (cat. 100). Sur son
diadème brille une étoile, sans doute le Soleil qu’évoque Baudoin, et assise sur des
nuages, elle brandit le foudre pour exterminer l’Hérésie ; près d’elle, deux angelots
portent qui une hache et une balance, qui une ruche d’où sortent des abeilles 55
. Puis elle
ne se manifeste plus que par ses attributs, comme en août 1661 dans le portrait gravé par
Nanteuil d’après Nicolas Mignard (cat. 31), où ne figurent sur un carreau que l’épée et la
balance, ses instruments.
62 Les vertus apparaissent encore dans deux thèses plus tardives, mais ce sont celles de
l’Église catholique qui sont célébrées et non celles du roi. Cependant, comme il en est le
défenseur, elles lui sont directement liées ; ainsi dans la thèse de l’abbé de Noailles
en 1671 (cat. 70), la Charité chrétienne, la Foi et l’Espérance commentent les décisions
royales tandis que la Justice se tourne vers le monarque.
63 En 1683-1686 dans le Triomphe de la Religion (cat. 100), l’Espérance, la Charité et le Zèle
divin accompagnent le char portant le portrait de Louis XIV, tandis qu’un angelot tient la
balance et une ruche, symbole de douceur selon Nivelon. Comme le remarque Nicolas
Milovanovic, ce portrait du roi sur un bouclier « constitue une sacralisation de la figure du
souverain 56 ». Il s’imposait dans le contexte de cette thèse. L’idée n’en était pas nouvelle,
et Le Brun s’en était servi à Versailles dans le salon de la Guerre, où le bouclier à l’effigie
royale était tenu par la France.
64 Comme les panégyriques, les images témoignent de la valeur et de la modération du roi,
dans le choix des vertus, dans le maintien et l’expression. La Clémence, qu’il juge « la plus
royale de toutes les vertus puisqu’elle ne peut jamais appartenir qu’à des rois, la seule par
qui on peut nous devoir plus qu’on ne nous saurait jamais rendre, j’entends la vie et
l’honneur, la plus grande enfin de toutes les choses qu’on peut révérer en nous puisqu’elle
est comme d’un degré au-dessus de notre puissance et de notre justice 57 », ne se trouve
explicitement sur aucune illustration de thèse, mais un lion symbolique l’évoque dans un
dessin préparatoire de Mignard pour la thèse de l’abbé de Louvois en 1692 (cat. 128).
65 Le portrait du roi suffit, et pour savoir les vertus sublimes qui l’animent, il n’est que de le
regarder. C’est sur son visage et dans son attitude qu’elles se lisent. En 1683, dans le Songe
de Philomathe de Félibien 58
, la Peinture dit à la Poésie « Ne pouviez vous pas employer vos
talens d’une autre manière sans vouloir m’oster la gloire que j’acquiers par l’excellence de
mes Tableaux, & particulièrement dans ceux, où sont des figures toutes mystérieuses, je
tasche à donner quelque idée de l’âme de ce grand monarque », et affirme : « Et moy je
représenteray ses vertus & ses actions en tant de nobles manieres, par des traits si
grands & des couleurs si vives, que j’obligeray le Temps à respecter mes ouvrages. »
Tentant de les réconcilier, l’Amour conclut : 66
« Si l’une raconte les grandes vertus de ce Prince incomparable, & fait une image des
beautez de son ame, c’est à l’autre à bien exprimer les actions heroïques, & tant de
choses morales qui font l’admiration de toute la terre. Songez seulement à
représenter fidelement ce que vous voyez, afin que les siècles à venir puissent
encore le voir dans l’estat où il paroist aujourd’huy à tout l’Univers. »
Les vices, l’Hérésie et les ennemis de la France
67 Les guerres de Louis XIV sont justes et ses ennemis, ceux de la France et de la Religion,
sont représentés sous l’apparence des vices ou de personnages monstrueux. Cette
évocation apparaît dès les années 1653-1654 59
, quand pour célébrer la fin de la Fronde,
Le Brun représente Mars attrapant aux cheveux la Discorde (cat. 20), tandis que dans sa
chute, la Fureur se brûle la tête avec son flambeau, et qu’Hercule arrache la Vérité des
mains de l’Ignorance que l’Hérésie tient par la cheville. Les thèmes de la guerre et de la
paix sont récurrents, aussi Le Brun revient-il souvent sur les vices. Dans la thèse de Saint-
Pol en 1664 (cat. 49), Louis XIV à cheval, impassible, terrasse l’Ignorance, la Fureur et la
Rébellion, laissant derrière lui la Crainte. En 1677, dans la Tèse de la Guerre (cat. 84), le roi
aussi à cheval, bâton de commandement à la main, passe imperturbable entre la Jalousie,
l’Hérésie, la Fureur, la Fourberie et la Trahison, qu’accompagnent les animaux héraldiques
de l’Espagne et de l’Empire. Au milieu du champ de bataille, précédé par l’archange Saint-
Michel et protégé par la Providence, il franchit les obstacles. En 1680, pour Colbert de
Croissy, donnant la main à la Paix, il descend d’un nuage pour anéantir la Discorde et la
fureur de la Guerre (cat. 92). Mais son intervention n’est pas toujours aussi directe :
en 1679, dans la huitième bordure de la thèse du prince de Turenne, Mars et Mercure
poursuivent à sa place chimères et monstres, symboles des désordres de l’Europe (cat.
91).
68 Si l’apparition de l’Hérésie n’est pas nouvelle, sa fréquence s’accroît à partir de 1680,
quand Le Brun fut chargé d’évoquer la lutte que le roi entreprend contre elle. Déjà
en 1671, dans la thèse de l’abbé de Noailles (cat. 70) dessinée par Paillet, elle était figurée
par un diable chevelu, aux oreilles d’âne, crachant du feu et tenant des serpents avec les
écrits de Calvin, Mélanchthon, Zwingli et Luther, tandis qu’engagé dans une guerre sainte,
Louis ordonne au génie de la France de l’exterminer. En 1683-1686, pour le Triomphe de la
Religion , imaginée de nouveau par Le Brun, les vices tombent en cascade devant Louis XIV
impassible (cat. 100) 60
: au premier plan, l’Hérésie 61 et la Discorde tiennent les quatre
livres condamnés ; le dragon renversé avec la couleuvre sortant de sa bouche « signifie le
venin dont toutes ces sectes en général ont été remplies en combattant le dogme de
l’Église catholique ». En dessous apparaît la Rébellion accablée par la chute des temples 62
.
Le Brun choisit l’instant du triomphe auquel participe la Vérité, assise au bas de la thèse,
tenant son livre grand ouvert. Une étoile brille sur son front et éclairant la Religion, elle se
tourne vers le roi et regarde les vices qu’elle contribue ainsi à anéantir. Comme le précise
Baudoin, elle est « cette Sapience immortelle à qui rien ne peut résister, elle est plus forte
par conséquent que toutes les choses du monde ; aussi est-ce pour la mesme raison
qu’elle foule un Globe de l’un de ses pieds 63 ». Ici elle ne le foule pas mais le tient sous sa
loi et celle de Louis, comme le proclame son génie qui soulève le voile aux armes royales
qui le couvre.
69 Le Brun était passé maître dans cette figuration des vices sous forme de monstres
agressifs. En 1684, dans la thèse des frères Le Tellier (cat. 102), Mignard n’adoptera pas ce
motif, mais y viendra à son tour en 1692 pour celle de Camille (cat. 128) : le vice, en
l’occurrence la Discorde, prend l’apparence plus humaine d’une femme à terre ;
brandissant une torche enflammée en direction du roi, elle s’appuie sur un livre dont
s’échappe un serpent, portant ainsi la lutte sur le terrain de la guerre sainte, comme
l’affirme la Religion dans le ciel.
Le roi en lui-même
70 Si l’histoire des grands hommes est utilisée pour élaborer son portrait, Louis XIV les
dépasse tous 64
, et l’on se contente bientôt de le représenter seul. Évoqués dans sa
jeunesse, ses ancêtres disparaissent.
71 En 1653-1654, pour célébrer la fin de la Fronde, Le Brun le montre sur un bige conduit par
la Sagesse et la Prudence passant devant un temple où sont assis Clovis, Dagobert,
Charlemagne et Saint Louis (cat. 20). Cette gravure fut réutilisée en 1659 avec quelques
modifications lors du traité des Pyrénées, puis de nouveau en 1687. La présence de ces
dynastes pacificateurs n’est pas anodine : il s’agit d’affirmer le pouvoir du roi et l’unité de
l’État, de fortifier l’édifice absolutiste et en 1687 de souligner l’universalité de la religion
catholique, dont, comme Saint Louis, le roi est garant. Mais leur présence à cette date est
une exception, que peut expliquer la récente révocation de l’édit de Nantes.
72 Contrairement à Clovis, Dagobert et Charlemagne, seuls Saint Louis et Louis XIII
apparaissent sur d’autres thèses dédiées à Louis XIV. Remis à l’honneur par Louis XIII 65
, le
culte de Saint Louis est encore en faveur. Cependant, rares sont avant 1680 les peintures
liées à la couronne qui en attestent 66
: par la place qui lui est accordée, la thèse des
Jésuites de Rouen dédiée en 1642 à Louis XIII (cat. 7) et celle de Le Maistre de Ferrières
dédiée en 1665 à Louis XIV (cat. 51) montrent son importance. Dans cette dernière, il
apparaît comme protecteur et comme modèle. Alors que son culte connaît une
importance croissante dont atteste la commande de tableaux 67 pour les Invalides et
Saint-Cyr, il déserte les thèses 68
.
73 Henri IV, qui lui fut présenté par son précepteur Hardouin de Péréfixe, est le second
modèle de Louis XIV. Lui-même y faisait souvent référence et de nombreux écrits
témoignent alors de son aura 69
. En 1663, dans la dédicace au roi de sa traduction des Vies
de Plutarque , l’abbé Tallemant remarque « Henry dont elle [sa majesté] tire son
origine, & qu’elle avoit eu dessein d’imiter, cessant de luy servir d’exemple, sera désormais
fort satisfait d’entrer en parallèle avec vous 70 », mais curieusement on ne trouve aucune
référence à son aïeul dans les illustrations de thèse adressées à Louis XIV. Quant à Louis
XIII, on ne le trouve qu’en buste en 1644 dans la thèse de théologie présidée par François
Suarez à Rome (cat. 10), et cette même année à Paris dans celle du prince de Conti (cat.
12). Enfin, il apparaît pour la dernière fois en 1663 dans celle de Charles-Maurice Le Tellier,
où Le Brun montre l’Histoire écrivant les hauts faits du roi et le portrait de son père dans
un médaillon, dont le format permet difficilement de le reconnaître (cat. 38).
74 La dernière apparition de Saint Louis remonte à 1665, celle de Louis XIII à 1663, et avec la
thèse de 1659 montrant le roi sur son bige (cat. 25), c’est la dernière fois que sont évoqués
les ancêtres de Louis XIV. Quel que soit le sujet, il est désormais le seul humain, et n’est
plus accompagné que des vertus et des dieux de l’Olympe, qui au fil des ans se retirent.
Comme le remarque alors Ézéchiel Spanheim en 1690 : « On s’attache à le faire seul
l’auteur et le mobile de tous les heureux succès de son règne, à les attribuer uniquement
à ses conseils, à sa Prudence, à sa valeur, à sa conduite 71
. » Jaloux de sa gloire, le roi
n’aime guère à la partager. Le 9 juin 1693, préparant son ode sur la prise de Namur,
Boileau écrit à Racine afin de connaître son avis sur la nécessité de « parler de M. de
Luxembourg. Vous n’ignorez pas combien nôtre Maître est chatouilleux sur les gens qu’on
associe à ses Louanges 72 ».
Louis XIV veut être le seul héros de la Guerre 73
75 . Il gouverne seul et seul commande aux
armées. Prenant ombrage du succès de son frère à la bataille de Cassel, il ne lui donna
plus de commandement. Au plafond de la galerie des Glaces, on ne le voit qu’une fois
tenant conseil avec Monsieur et Condé 74
. Il apparaît donc seul à cheval terrassant ses
ennemis dans la thèse de Saint-Pol (cat. 49) en 1664 et dans celle de Colbert en 1677 (cat.
84). Peint cette fois par Mignard, il apparaît également seul, mais à pied, au milieu des
batailles dans les deux thèses gravées par François de Poilly (cat. 102, 128). Cette
représentation héroïque se retrouve dans quelques dessins et tableaux de Le Brun et de
Parrocel, où on le voit dans la mêlée au siège de Besançon en 1674 et d’Ypres en 1678 75
.
76 Et le roi n’entend pas non plus partager sa gloire avec les vertus, les dieux et les héros.
Certes il lui arrive de s’appuyer sur eux, comme dans la thèse des frères Le Tellier, mais
même alors il semble les ignorer (cat. 102). Il réserve ses regards à ses sujets ou fixe
l’horizon. Il est porté vers son destin ; la présence divine et protectrice qui l’entoure est
partie intégrante de sa personne, et la relation qu’il entretient avec elle est si naturelle
qu’elle n’a pas à être exprimée. Lorsque l’Église catholique (cat. 70) lui signale la présence
de la Trinité et des pères de l’Église, il ne la regarde pas, car il sait qu’ils veillent sur lui : ce
qui importe est qu’il considère son peuple afin de lui transmettre sa force. Lorsque les
vertus qui accompagnent le parlement de Rennes lui rendent hommage (cat. 127), Louis
tourne son visage vers le spectateur. Ce sens du devoir à accomplir apparaît nettement
en 1681, lorsque sous le burin de Teresa del Po, porte-parole de Pompeo Amerighi (cat.
94), la France désigne au roi l’Asie et l’Afrique, et qu’il s’élance, sans lui adresser un regard,
vers ces nouvelles conquêtes, ordonnant à ses généraux de le suivre.
77 Qu’il s’agisse d’évoquer la guerre (cat. 84) ou la paix (cat. 92), qu’il soit entouré de la
Discorde, de l’Erreur, des ennemis de la France ou des vertus, Louis XIV, inébranlable, les
ignore tous 76
. Seule son action importe et tout atteste de sa « vocation à rétablir l’empire
universel 77 ». Aussi le voit-on donner des ordres à Minerve dans la thèse de l’abbé de
Louvois en 1692 (cat. 128). Cette vocation est manifeste dans la thèse de l’abbé de
Polignac (cat. 100), où la Religion le porte en triomphe sur son char comme bouclier de
l’Église ; cette apparition suffit à terrasser l’Hérésie, tandis que les peuples reconnaissants
prient pour lui. Bien souvent, comme dans la thèse du prince de Turenne en 1679 (cat.
91), les dieux, ici Mars et la Paix, le présentent à l’adoration de ses sujets sur un piédestal
dans le temple de la Gloire. Cette conscience de soi se retrouve partout. En 1665, dans la
thèse de Gilles Le Maistre (cat. 51), c’est Saint Louis qui le prie de prendre sa place sur le
char. S’il semble avoir quelque considération pour l’Europe catholique dans la thèse de
Colbert de Croissy (cat. 92), c’est qu’elle implore son secours. La sérénité et la domination
sur toute chose, dont le roi fait preuve en toute occasion, doivent donner force et
confiance à ceux qui l’observent et rallier ceux qui doutent. Comment ne pas être sensible
à son regard dans les thèses de La Religion , de La Paix et de La Guerre ? Dès 1659, il
apparaît fièrement campé sur son bâton de commandement, conduit par la Sagesse et la
Prudence (cat. 25) ; en 1663 dans la thèse d’Amelot (cat. 42), il tient le timon de son navire
face au Zèle religieux ; en 1668 dans la thèse de Seignelay (cat. 63), alors qu’héros et
vertus travaillent pour lui, il impose sa loi à la Victoire qui souhaite l’entraîner vers d’autres
conquêtes, refuse le casque qu’elle lui tend et préfère la paix. Déjà en 1644, pour une
thèse initialement prévue pour célébrer Louis XIII, Huret montre Mars, Minerve et Hercule
chassant les ennemis de la France, tandis que Louis XIV nous invite à admirer le spectacle
qui se joue sous ses yeux (cat. 10).
78 Le Brun, Mignard et Paillet inventent pour le roi de nouvelles attitudes et de nouvelles
expressions. En 1664, pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49), il est à cheval en roi de
guerre stoïque, tel qu’on le trouve ensuite dans la plupart de ses portraits. Dorénavant il
n’a plus besoin de l’intervention des dieux ni des héros ; sa présence suffit pour terrasser
ses ennemis. Se tournant vers le génie de la providence qui lui présente un globe
fleurdelisé, la tête dans les nuées, il ne pense qu’à la grandeur de la France. Comme le
remarque Félibien à propos du tableau de Le Brun dont cette gravure procède, « ce cheval
si fier & si superbe représente cette noble ardeur des Français qui porte aux actions les
plus relevées. Mais l’on voit comment par une modération sans exemple V. M. retient cette
généreuse passion, dans le moment qu’elle est dans sa force, & que rien n’est capable de
luy résister 78 ».
Le Brun représente plutôt son résultat que le combat lui-même. Comme le dit Félibien, il 79
peint le roi dans cet « état glorieux & triomphant où vous paroissez aujourd’huy aux yeux
de tout l’Univers, après avoir donné la paix à toute l’Europe ». Le Brun a « travaillé à faire
voir ce qu’il y a de grand & de majestueux » dans la personne royale : « ce port & cette
taille si grande, si noble, si aisée, & dont les Anciens formoient leurs demi-Dieux […] tel
que vous apparaissez quand à la teste de vos Armées vous inspirez une nouvelle ardeur
dans l’âme de tous ceux qui ont l’honneur de vous suivre ». La beauté du corps de Louis
apparaît « comme une marque de celle de son âme et la lumière qui en provient se
répand au dehors ». L’historiographe du roi traduit à merveille l’effet recherché par l’artiste
qui a « parfaitement peint […] cette bonté, cette valeur, & cette majesté, qui s’y font voir au
milieu de tant de force & de douceur », toutes qualités qui vous font « aimer de tous vos
Sujets et craindre de vos ennemis et admirer de tout le monde 79 ».
80 Ces vertus héroïques que Félibien se plaît à lire en la personne du roi réapparaissent dans
ses autres portraits. Dans la thèse de l’abbé Colbert en 1677, où le roi toujours aussi
impassible est de nouveau à cheval (cat. 84), le génie de la France lui fraye un passage en
brandissant son glaive contre l’aigle de l’Empire. Rien dans son attitude ne laisse deviner
le mouvement, pourtant il va si vite que la Divine Providence qui l’enveloppe de son
manteau et le génie porte-étendard ont peine à le suivre. De la tranquillité du roi résulte
celle de la France. C’est le sujet du discours prononcé pour la Saint-Louis de 1681 à
l’Académie française par son directeur Jean Doujat qui souligne cette
« vertu si rare, plustost vantée que possédée par les anciens philosophes, mais
inconnuë de nostre siècle hors l’âme de LOUIS LE GRAND est sans doute ce qui fait le
véritable Héros, et le rend Maistre de tout ce qui est hors de luy en le rendant
Maistre de soy-mesme. Cette Tranquillité que S. LOUIS conserva admirablement
dans tout le cours de sa vie, ne règne pas moins dans celle de LOUIS LE GRAND. Elle
est la compagne inséparable, & l’ornement de ses vertus, & fait le plus haut point de
sa véritable Grandeur 80 ».
81 Comme dans la thèse des fils de Louvois dessinée par Mignard en 1684 et 1692 (cat. 102,
128), cette attitude calme et posée confère au roi la qualité de philosophe. Ainsi que le
rappellent bon nombre de panégyristes, « Roi-philosophe, Roi-sage », au-dessus des
hommes, il donne le repos à ses sujets, à l’Europe et même à toute la Chrétienté 81
. Cette
maîtrise de soi contraste avec la vaine agitation de ses ennemis et se retrouve comme
expression du pouvoir absolu dans le décor de la galerie des Glaces 82
: inaccessible dans
son calme souverain, le roi occupe seul le centre de chaque composition. Cette analogie
ne s’explique pas seulement par les choix de Le Brun et de Mignard, mais aussi par la
volonté du monarque et de ses ministres de diffuser à grande échelle l’image d’une
majesté tranquille et omnipotente.
82 Cette maîtrise de soi, ce contrôle des affects qui se lisent dans l’attitude et le visage du roi
dès son plus jeune âge, font partie des qualités indispensables d’un souverain, ainsi que
Jean-François Senault, général de la congrégation de l’Oratoire, le rappelle au roi en lui
dédiant Le monarque, ou Les devoirs du souverain 83 en 1661. Il propose son ouvrage
comme un « Miroir fidèle dans lequel Elle [sa Majesté] pourra voir non pas les traits de
son visage, qui donne du respect & de l’amour à tous ceux qui le regardent, mais les
vertus de son ame, & ces rares qualitez qui la font si glorieusement regner dans la
France 84 ». Et en effet, le portrait qui se dessine ressemble à ceux des frontispices des
thèses. Selon Senault, les qualités essentielles du prince doivent être la bonté et la
grandeur, qui ne vont pas l’une sans l’autre, la grandeur étant effroyable sans bonté et la
bonté inutile sans grandeur, car la bonté sans la grandeur fait naître le mépris chez les
méchants et la grandeur sans la bonté engendre la terreur chez les bons. Par la bonté, le
prince réfrène ses passions et veille au bien de ses sujets 85
. Ainsi « les Rois doivent
commander à leurs passions plus que les autres hommes 86 », mais la plupart étant
animés par des passions aveugles, rares sont ceux qui y sont parvenus, car « un Prince
qui n’écoute pas la Raison est incapable de gouverner […] Mais pour écouter ses avis, il
faut qu’il règle les passions de son Ame, & qu’il appaise les orages qu’elles y ont
excitées 87 ». Comme Senault le rappelle, les passions ont perdu Alexandre et les Césars.
Dans ces grandes allégories, seul importe le roi en lui-même. En 1668, l’explication de la
thèse de Colbert de Seignelay est sans ambiguïté :
« Et tu vivras par Toy plus que par tes Portraits.
Ta vertu brillera plus que ton Diadème
Ta valeur durera plus que le marbre même […]
D’un plus brillant métal ton image formée,
Sera, comme tu fus, dans la Flandre allarmée ;
Elle aura ta vigueur &, ton air noble, grand :
Tous les traits y seront des traits de conquerant
Sur ton front glorieux des palmes entassées
Y representeront tes Victoires passées. »
83 Si de thèse en thèse le pouvoir absolu du monarque est célébré, jamais on ne justifie ses
actions, car selon Pellisson « la justice et le droit seront dits, sa cause entendue, à la fin,
avec la victoire et la gloire du roi, le jugement rendu, en toute justice, par l’histoire ellemême
88 ». Décrivant le portrait équestre peint par Le Brun, Félibien présente le roi
comme « chef-d’oeuvre » et modèle de tous les rois par ses vertus 89
.
84 Écrit entre 1682 et 1685, dates de la naissance du duc de Bourgogne et de la révocation
de l’édit de Nantes 90
, à l’occasion probablement de la soutenance d’une thèse par un
certain Guiou, le « Panégyrique du Roy Très-chrétien 91 » en est un exemple :
« En effet quand je pense que le premier Monarque du Monde n’a pas dédaigné de
jeter les yeux sur moy, que ce Conquerant a bien voulu, au milieu de ses victoires, et
de ses triomphes descendre jusqu’au soin de mon Education, je ne puis moins faire
en reconnaissance d’une faueur si haute que de benir la main liberalle, quj m’en a si
genereusement gratifié 92
. »
85 Cet éloge est une occasion de revenir sur « des vertus admirables, des actions divines, des
exploits glorieux, et où je voy réunies, dans un seul Monarque, toutes les belles qualitez ».
« Qui pourroit representer, au naturel, toutes les vertus ensemble, nous donneroit
une idée bien juste de ce Prince intrépide dans les dangers, moderé dans les succès,
fidèle dans ses Traités, ferme dans ses résolutions, infaillible dans ses Desseins,
Grand dans la guerre par son courage, dans la paix par sa Modération, dans l’Etat
par sa Prudence, dans la Religion par sa piété. […] Mais cet air si charmant, et si
redoutable tout ensemble, qui éclate dans sa personne auguste qui échappe à
l’habileté du pinceau, et qui s’imprime si vivement dans les coeurs, ne nous découvret-
il pas tous les trésors de sa grande âme de cette âme privilégiée, que le Ciel a tout
visiblement créée pour Commander à tout l’Univers 93
. »
86 Revenant sur « les rois placés par la Providence sur le trône », sur la Bonté, la
Magnanimité, la Charité du roi, qu’on retrouve sous le crayon de Le Brun, Guiou célèbre
« cette activité continuelle jointe a une tranquillité profonde, qui fait que ses occupations
sont sans embarras, son travail sans empressement, ses soins sans inquiétude 94 ». Il
insiste encore sur
« cette rare Modération victorieuse de la victoire même, qui a si souvent, au grand
étonnement, de ses ennemis, triomphé de leurs coeurs superbes, nous fait assez voir,
qu’il n’est pas moins maitre de ses passions, que de ses sujets ; qu’il sçait vaincre
sans orgueil, comme il sçait combattre sans emportement ; qu’il n’a pour ennemis
que l’Impiété, l’usurpation & la violence, qu’il ne porte l’épée que pour protéger ses
peuples, et non pas pour les perdre, & pour défendre, & pour venger les interests de
l’Église ».
87 Devant un tel portrait, on pense aux illustrations des thèses du comte de Saint-Pol (cat.
49) et de l’abbé Colbert (cat. 84) gravées d’après Le Brun par Rousselet en 1664 et par
Edelinck en 1677, où le roi à cheval passe impassible au-dessus de ses ennemis.
De 1663 à 1688, le roi reste le même : Guiou revient sur « cette égalité magnanime qui le
rend toujours également admirable » et qui dans la guerre comme dans la paix fait fleurir
les arts. Mais c’est surtout du « Roy très chrétien, et protecteur invincible de la Religion 95 »
qu’il chante la louange. Comme l’abbé Crouzeil (cat. 120) célébrant les lys de France, Guiou
décrit « l’Église Gallicane uniquement occupée à recevoir les caresses de cet Epoux sacré
qui se plait spécialement parmi les lys ne pensait qu’à chanter à son bien aimé des
cantiques de réjouissance et de Paix quant tout a coup parût ce Monstre infernal
[l’Hérésie] 96 ». Comme l’abbé de Noailles (cat. 70) montrant le roi défenseur de l’Église
catholique et romaine, il compare l’état glorieux du royaume de France avec l’état
pitoyable de l’Empire « qui eut le malheur de voir succéder au premier empereur Chrétien,
un empereur hérétique et dans la gloire d’avoir embrassé le premier l’évangile a été
souvent ternie par de semblables désordres 97 », alors que « heureuse [est la] France
d’estre encore aujourd’huy, et même plus que jamais le rempart et la forteresse de la
Religion », car « depuis plus de douze cens ans qu’ils portent le joug de l’Église, les lys
descendus du Ciel ne furent-ils pas, de tous les temps le symbole de la pureté de sa
croyance. Et si quelques françois, plus éloisgnez du trône, se laissent entrainer au torrent
impétueux de l’hérésie dernière ne sçait-on pas qu’un plus grand nombre est demeuré
dans la barque de saint Pierre 98 ».
L’emblème royal et la monarchie
88 Quoique la thériaque soit le sujet majeur de la thèse de Rouvière (cat. 105) en 1685,
l’image renvoie à la personne du roi, symbolisée par le Soleil et la devise « NEC PLURIBUS
IMPAR ». Le centre de la composition est occupé par un autel aux armes de France où
brûlent des parfums pour encenser la devise royale vers laquelle s’envolent des mouches
à miel, sorties des entrailles d’un boeuf mort. Comme le précise l’analyse publiée avec la
gravure dans le Mercure de mars 1685 99
, cette composition énigmatique fait l’apologie de
l’état monarchique. Selon les naturalistes anciens, les mouches étaient engendrées d’un
boeuf, animal lunaire, placé dans la fange en bas de la composition pour marquer la
bassesse de leur origine, alors qu’à l’arrière des abeilles, qui constituent un état
monarchique, sortent des flancs d’un lion mort, animal solaire. Le Mercure ajoute :
« comme le soleil surpasse infiniment la lune, et toutes les planètes, en force, en
vertu et en lumière, ainsi le lyon doit l’emporter sur les autres animaux, comme
Animal solaire, dont les productions sont plus nobles. […] Il est l’Ame de l’Emblème,
et à cette inscription pour marquer la noblesse des Abeilles qui en sortent, “ Phoebui
ab origine proestant” . L’autre inscription fait voir le bonheur des abeilles, qui sont
gouvernées et conduites par un roy. En effet, l’état monarchique étant le meilleur de
tous les états, ceux qui sont les plus soûmis à leur roy, doivent s’estimer les plus
heureux, et se vanter que Uno sub rege beantur ».
89 La composition est donc un hommage au roi qui est symbolisé à la fois par le lion, par le
Soleil et par ses armoiries gravées sur l’autel où brûlent des parfums à sa gloire. Le
candidat analyse la nature toute divine tout en faisant l’apologie de la monarchie 100
,
suggérant l’idée d’une domination universelle 101
, qui dès les années 1670 fit l’objet de
réinterprétations satiriques. Il est aisé, ajoute le compte rendu, « de connaître que le
principal dessein de cet emblème énigmatique est de faire entendre que tous les peuples
de la terre seraient heureux, s’ils étaient sous la domination de notre auguste
monarque ».
90 Quatre ans après, en 1689, le même Rouvière dédia à Louis XIV une seconde thèse, dont
l’illustration, surmontée du Soleil personnifié, montre Chiron recevant Esculape nouveauné
des mains d’une des Heures en présence d’Apollon (cat. 122). La simple présence de
son emblème montre le rayonnement du roi sur le monde, son influence sur les sciences
et les arts et son souci du bien-être de ses sujets :
« A l’égard de la Devise du Roy […], on a eu sujet de peindre icy le Soleil, dont le mot
est, Nec pluribus impar , afin de marquer que le Roy est un Soleil qui a assez de
lumière pour éclairer non seulement plusieurs Parties du Monde, mais aussi toutes
les Sciences & tous les Art. Si Apollon, selon les Poëtes, est Dieu de la Médecine & de
la pharmacie, LOUIS LE GRAND est véritablement le Protecteur & le Restaurateur de
ces sciences, par le soin qu’il veut bien prendre de faire distribuer à ses sujets & aux
Etrangers les plus excellens & les plus rares Remèdes, & specialement la THERIAQUE,
dont la dispensation & la composition se font en présence des Magistrats à qui sa
Majesté a donné l’autorité de regler ce qui regarde la seureté & l’avantage du
public, & sous les auspices de Monsieur Daquin, premier Médecin du Roy, illustre par
la prudence & par son zèle, & très-digne non seulement de l’estime d’un si grand
Monarque, mais aussi de l’amour de tous les peuples 102
. »
91 Ainsi, dans ces deux compositions, se retrouvent ce « principe de l’influence céleste du
Roi-Soleil 103 » et cette fonction active de l’astre, qui régit nombre de grands décors royaux
entre 1655 et 1670 et qui, par son influence supérieure, garantit l’harmonie de son
royaume et le bonheur des Français. Ce recours à l’emblème du Soleil devient ensuite plus
rare et selon Hendrik Ziegler 104
, il tend à disparaître des médailles vers 1685, ce qui
s’explique par les difficultés militaires et l’utilisation satirique qu’en font les Hollandais en
en détournant l’emploi, s’emparant d’épisodes bibliques, mythologiques ou de
phénomènes astronomiques, comme le Soleil arrêté par Josué, la chute de Phaéton ou
l’éclipse solaire de 1706.
92 Si les compositions énigmatiques peuvent paraître aujourd’hui abstruses, et même
absconses, le public un tant soit peu cultivé prenait plaisir à en découvrir le sens. On sait,
par les études de Jennifer Montagu 105
, Georges Couton 106 et Judi Loach 107
, l’importance
des énigmes dans les collèges des Jésuites. Comme une thèse ou une représentation
théâtrale, l’exposition d’un tableau énigmatique est un événement scolaire et mondain qui
couronne leur enseignement, repose sur la poétique, l’histoire, la géographie, la
rhétorique et les sciences et s’appuie sur l’étude du blason, des monnaies, des devises et
emblèmes. C’est de l’un et l’autre de ces deux derniers modes que relèvent les thèses de
Rouvière. Celle de 1685 tient plus de l’emblème, celle de 1689 de l’énigme puisque selon le
père de Jouvancy, « une énigme dont on fait le sujet d’un tableau n’admet que des figures
humaines, tandis que l’emblème admet n’importe quelle figure 108 ».
Le portrait en buste : attributs et symboles
Les instruments du pouvoir : couronne, sceptre et main de
justice
93 En 1661, l’abbé de Brienne commanda à Nicolas Mignard et Nanteuil un portrait du roi en
buste et en armure (cat. 31) devant un rideau brodé de lys armoriaux, avec de part et
d’autre sur des carreaux une couronne de laurier et un rameau d’olivier entourant les
instruments du pouvoir : à gauche, la balance, le glaive et le sceptre de Charlemagne 109
, à
droite la main de justice ; au-dessus du médaillon, la couronne royale avec sur un large
phylactère ces mots tirés du psaume 84, verset 11 : « IVSTITIA ET PAX OSCVLATAE SVNT »
(« La Justice et la Paix se sont embrassées »). Cette composition est la première d’une série
de portraits créée par les frères Mignard et Le Brun, où s’enrichit peu à peu l’appareil des
attributs allégoriques destinés à mettre en valeur les instruments du pouvoir royal.
F igure 98. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun, Tèse avec le portrait de
Louis XIV en médaillon , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 124.78 KB )
94 Van Schuppen en grava deux ( fig. 98 , cat. 43 ; cat. 48) : dans l’un, la couronne, le sceptre,
la main de justice et le drap fleurdelisé sont les principaux ornements ; dans l’autre, plus
somptueux, le portrait dessiné par Le Brun, porté par deux amours appuyés contre les
armes royales et entouré de trophées militaires et d’une trompette, est orné d’une
couronne de laurier ; l’ovale est placé devant des feuilles de chêne et surmonté d’une
couronne royale accompagnée de palmes devant laquelle le sceptre et la main de justice
sont posés en sautoir. Une autre composition, d’après Chauveau (cat. 46), fait reposer le
médaillon sur la tête du lion de Némée, l’entoure des casques de Minerve et de Jupiter et
s’enrichit de palmes, d’une paire d’ailes semées d’yeux, de bouches et d’oreilles ; deux
trompettes passées dans la couronne royale proclament la force du roi. Les armoiries ne
sont pas employées seules, sauf dans la thèse en livret de Claude Fyot (cat. 15) en 1650,
où elles font face à la dédicace, et dans celle de Jacques Symon (cat. 113) en 1686, où elles
figurent dans un bandeau. Le plus souvent, elles sont associées aux lys, au soleil et au
globe.
Lys au naturel et lys héraldiques. Le soleil personnifié
95 Les lys, symbole de la France, sont partout présents, que ce soit dans le décor de la salle
des thèses, sur le dais, les tentures et les tapis, ou dans les compositions des grandes
thèses historiées, sur la cuirasse et le manteau du roi et les trophées. On les trouve
également dans de nombreux portraits en buste. Les continuateurs de Loret indiquent
que la thèse d’Hocquincourt (cat. 37), gravée par Nanteuil,
« Estoit dédiée à Louis
Sous qui nos Lys épanouis
Brillent d’une si haute gloire
Que de pareille il n’est mémoire. »
96 En 1669, Nanteuil insère aussi des lys au naturel dans la couronne qui entoure le portrait
du roi dans la thèse de Fortin de La Hoguette (cat. 65). Assez rare, la formule était déjà
apparue en 1660 chez Nicolas de Poilly pour une autre thèse de Monchy d’Hocquincourt
(cat. 29) d’après Perroteau. Les lys au naturel étaient chers aux frères Poilly : en 1660,
François en glissa une branche au milieu de rameaux d’olivier sous ses armes au bas d’un
portrait du roi peint par Nicolas Mignard 110
.
97 En 1670, Nanteuil réutilisa le cuivre de la thèse de Fortin de La Hoguette pour l’abbé
d’Harcourt (cat. 67), et faisant disparaître la couronne, il ajouta dans chaque angle une
fleur de lys héraldique, motif qu’il avait déjà utilisé en 1664 pour l’abbé de Choisy (cat. 44)
et en 1666 pour Servien (cat. 56), et qu’il reprit pour d’autres membres de la famille
royale 111
. Il s’était approché de cette formule en 1656 pour la thèse d’un certain Sève,
surmontée d’un portrait de Mazarin 112
: dans les écoinçons il avait mis en haut deux fleurs
de lys pour montrer que le ministre était serviteur de la France, et en bas deux étoiles,
meubles des armoiries du cardinal.
98 Nanteuil varie les présentations. Dès 1650, il imagine un semis de lys pour un portrait
d’Henri de Mesme 113 et s’en servit en 1668 et 1676 pour les portraits du roi commandés
par Jules-Paul de Lionne (cat. 64) et l’abbé d’Aquin (cat. 78). Van Schuppen utilise ce semis
en 1664 pour le fond et le tapis qui recouvre le piédestal du portrait utilisé par Hubert
Ancelin (cat. 48). La fleur de lys apparaît aussi sur la cuirasse du roi. Chez Nanteuil il arrive
qu’il y en ait trois (cat. 67) dès 1670 ; puis cette représentation s’impose ensuite chez les
autres graveurs 114
.
99 À ces symboles royaux s’ajoute le soleil personnifié qui servait déjà à célébrer les
Habsbourg ; on en fit le plus grand usage pour Louis XIV 115
. On le trouve dans les
écoinçons de quelques portraits en buste gravés par Nanteuil et il est également l’âme
des devises qui entourent celui que Grignon a exécuté d’après Nicolas Mignard
en 1666 pour la thèse d’Yzoré d’Hervault (cat. 54, fig. 99 ) ; les deux premières devises sont
mentionnées par Ménestrier dans la Philosophie des images : « OCCVLTVM NIHIL ESSE
SINIT 116 » (« Il ne laisse rien de caché »), signifiant que « L’oeil de Dieu penetre tout, & rien
ne luy peut être caché » et « MEDIVM NON DESERIT VNQVAM » (« Il ne sort jamais du
milieu, pour un homme juste & vertueux, qui ne quitte jamais le milieu de la Vertu ») 117
.
Texte et image se complètent. L’apologie devient plus précise et renforce la dédicace où
Yzoré d’Hervault célèbre le roi « REX INVICTISSIME », « REX POTENTISSIME », « REX
AVGVSTISSIME ». En 1676, pour Louis d’Artagnan, Masson place des devises dans les
écoinçons de chaque côté du portrait du roi (cat. 79). L’une fait allusion aux tensions qui
secouent la France, et pour mieux mettre en évidence l’invincibilité du monarque, trois
hommes tentent d’atteindre le Soleil avec des lances : « Nec radium eripient » (« Et qu’ils
n’arrachent pas le rayon »), et l’autre surenchérit sur sa toute-puissance et son caractère
unique, en figurant le Soleil brillant au-dessus d’un paysage avec l’exergue « Quando ullum
inuenient parem » (Horace, Livre I, Ode 24 : « Quand trouvera-t-on quelqu’un de semblable
à lui »).
100 Symbole du roi et évocation d’Apollon protecteur des arts, le soleil rayonnant apparaît
dès 1666 au-dessus du portrait du roi accompagné des instruments des sciences et des
arts dans la gravure de Landry, qui fut utilisée pour une thèse soutenue à Rome
en 1686 (cat. 111). On le retrouve dans la thèse en livret de Séraphin Crouzeil (cat. 120),
soutenue à Rome puis à Paris, dessinée par Sevin et gravée par Bonnart en 1688, cette
fois brodé sur un étendard avec la devise : « Sufficit omnibus unus » (« Un seul suffit à
tous »), qui proclame que le pouvoir ne vient que du monarque. Il est placé au bas du
portrait avec d’autres attributs : des drapeaux avec le monogramme de Louis, les
instruments des arts, un coq symbole de la France et de la vigilance, une épée et des
tambours, qui célèbrent le roi guerrier et pacificateur. Personnifié, il paraît parfois au bas
des positions, comme sur la thèse de Jean-Thomas Hue de Miromesnil (cat. 118) gravée
en 1687 par Van Schuppen d’après Voet, sur un des écus, alors que l’autre porte le foudre.
101 Les inscriptions latines expliquent souvent l’image. Ainsi en 1659, une gravure dessinée
par Poilly montre Louis XIV (cat. 24) assis sur un trône, tenant le portrait de Mazarin
devant un temple, image réduite du Panthéon, dont le fronton porte ces mots sculptés,
« QVAE TIBI TEMPLA DICAMVS IPSE COLAS », derniers vers du livre I des Silves de Stace,
consacrés à la statue colossale de Domitien sur le Forum latin, où le poète célébrait le
héros las de la guerre et des combats, placé au rang des dieux, accordant à ses ennemis
un pardon généreux, écartant d’une main la guerre et soutenant sans peine une statuette
de Minerve. Certes, il s’agissait d’une statue équestre d’empereur, mais le parallèle avec le
roi ne pouvait échapper aux contemporains instruits. Ainsi, l’image se trouvait enrichie
par ces références : ces vers exhortent le héros à se laisser aimer de la Terre et à habiter
le temple que l’amour de son peuple lui dédie.
102 Comme exemple de l’importance des lys dans les panégyriques et les exercices dans les
collèges, on retiendra l’ Explication d’un tableau énigmatique 118 …, dont il convient de
souligner la parenté avec la thèse de Rouvière. L’énigme porte à la fois sur les perles, les
lys et les bienfaits du Soleil. « Où peut-on vivre heureux si sous les bons auspices du
monarque des Lis nous ne le sommes pas ? » s’interrogent les jeunes élèves 119
. Comme
dans la thèse de Crouzeil (cat. 120), le motif du jardin trouve sa place :
« Ils expliquèrent ensuite le tableau. L’un d’entre-eux dit qu’il représentoit un beau
Parterre dont le Lis figuré par sa Majesté faisoit l’ornement et la gloire. Un autre,
cherchant [un] plus noble symbole du Roy, dit que c’étoit un Soleil qui faisoit éclore
dans les jardins de la France des fleurs transportées d’Orient. […] On s’étendit sur les
louanges du Lis qu’on appella le Roy des Fleurs, et l’on fit voir les convenances de
cette illustre fleur avec Louis le Grand 120
. »
103 Parmi les similitudes entre le lys et le roi, on souligna que le lys porte plusieurs fleurs
comme lui et que tous deux ont une riche descendance ; par ailleurs, dit un des élèves,
« en nous montrant Louis, il [le Ciel] vouloit nous surprendre et nous montrer en luy vingt
héros rassemblez ». Si le lys fleurit lentement, il n’en devient que plus précieux, tout le
monde attend son apparition avec ferveur : « un si riche trésor devoit se faire attendre 121
.
[…] Si les Rois ici bas avoient un Souverain, Louis pour les régir tiendroit le sceptre en
main ». Et de souligner plus loin : « Le lis vit plus longtemps, que ne vit-il toujours ? […]
Ah ! vivez-en autant qu’on voit luire d’étoiles 122
. »
104 Ainsi ces lys, naturels ou héraldiques, qui apparaissent dans les portraits gravés du roi,
délivrent de riches messages que chacun peut décrypter à sa guise.
F igure 99. – Jacques Grignon d’après Nicolas Mignard, Tèse de Mathieu Yzoré
d’Hervault , 1666.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 140.92 KB )
Notes de bas de page
1 Commencés en 1657, ces portraits furent réunis en 1659 par Jean Segrais,
gentilhomme ordinaire de Mademoiselle de Montpensier. Ils ont été publiés en 1735 à la
suite des Mémoires de Mademoiselle de Montpensier (M ontpensier 1746, citations p. 6 et 10).
2 L. 122, 123, 124.
3 Un portrait peint par Pierre Mignard et gravé cette même année par François de Poilly
(L. 396) montre le roi avec une courte perruque en boule atteignant à peine la naissance
des épaules.
4 Peint pour célébrer la prise de Namur, le tableau est conservé au château de
Versailles, MV 2032.
5 Il en est ainsi en 1676 dans la thèse de Pellot (cat. 81), en 1668 dans celle de Seignelay
(cat. 63), en 1684 dans celle des Le Tellier (cat. 102) et en 1692 dans la thèse de l’abbé de
Louvois (cat. 128).
6 Par exemple en 1681 dans celui de Van Schuppen pour Michel-François Le Tellier (cat.
96), en 1682 dans ceux d’Étienne Picart d’après Paillet (cat. 98), de Cossin pour Jean
Poisson (cat. 97), et 1685 de Beaufrère pour la thèse de l’abbé Berthe (cat. 110).
7 P erez 2009.
8 P iles 1708, successivement p. 261, 271, 261.
9 P iles 1699, p. 136, cité dans P erez 2009, p. 58.
10 F élibien 1689, p. 70.
11 Ces propos sont rapportés par B aldinucci 2013, p. 242.
12 Mais tous les graveurs français ne furent pas aussi habiles et sous le burin des
artistes étrangers, Louis XIV prend parfois un aspect peu plaisant. Pour s’en convaincre, il
n’est que de consulter les recueils d’estampes N2, N3 et N4 de la BNF. Voir cat. 99.
13 Ce traité ne fut pas appliqué. Le 15 décembre suivant, le roi tint un autre lit de justice,
où il nomma quinze ducs et pairs. Cet événement plus connu est postérieur à cette thèse.
Sur les lits de justice, voir H anley 1983.
14 Voir cat. 44, 46, 50.
15 Voir le portrait gravé par Cossin en 1679 (cat. 91).
16 Voir cat. 33, 42, 63, 76.
17 S aule 2007.
18 N éraudau 1986, p. 258.
19 Ibid. , p. 257.
20 N ivelon 2004, p. 484.
21 Charles Poerson le père, Louis XIV en Jupiter vainqueur de la Fronde , vers 1664, huile
sur toile, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 8073.
22 R ipa 1989, t. I, p. 197 et t. II p. 83-84.
23 Voir B ardon 1974, p. 49 et suiv. ; N éraudau 1986, p. 67, 69 et suiv. ; S abatier 1999,
p. 215-240.
24 VM 266 et 267.
25 VM 279.
26 Anonyme d’après Errard. Voir C oquery 2013, G. 476.
27 On ignore l’auteur de la gravure. Nicolas Berey, mort en 1667, était spécialisé dans
l’édition des cartes de géographie et ne semble pas avoir gravé. Absente de l’IFF, la
gravure est ignorée de Maumené et d’Harcourt. Voir Vienne, Osterreichische
Nationalbibliothek, Bildarchiv und Grafiksammlung, PORT_00038802_01 ; Pg 60 55/1 in
Ptf 61.
28 La gravure fut réutilisée en 1659 puis en 1687.
29 Cette représentation de Louis XIV en Hercule français réapparaît en 1675 sur l’un des
reliefs de la porte Saint-Martin sculpté par Étienne Le Hongre, qui célèbre la Victoire du roi
sur l’Espagne, les Pays-Bas et l’Empire durant la guerre de Hollande, mais là le monarque
est nu, et la peau du lion autour des hanches, il terrasse Géryon.
30 Voir P olleross 2001.
31 Tiré de Virgile, Énéide , livre VI, vers 403, et livre IV vers 11-12.
32 Traduction par M énestrier 1679, p. 100.
33 L a B retonnière 1668.
34 G iometti 2010, p. 101.
35 Rome, villa Médicis. Sur cette statue et la commande, Z iegler 2009.
36 Ibid. , p. 87-88 (AAE, correspondance politique, sous-série : Rome, 401, cardinal de
Bouillon à Louis XIV, Rome, 19 mai, 1699, fol. 120-121, 126-128) et E rben 2004, p. 250.
Cette estampe n’a pas été retrouvée.
37 L a B retonnière 1668, p. 6.
38 Mercure , septembre 1680, p. 290.
39 Voir F errier- C averivière 1981, p. 87.
40 La gravure fut réutilisée en 1659 (cat. 25).
41 P olleross 2001.
42 Il quitta la France en 1667.
43 VM 318.
44 Cat. 10, 17.
45 Voir R ipa 1989 (Vigilance, CLXXI) ; C hevalier et G heerbrant 1982, p. 57.
46 Voir Amelot (cat. 42), Seignelay (cat. 63), les frères Le Tellier (cat. 102), Camille Le
Tellier (cat. 128).
47 Selon N ivelon 2004, cette figure incarnerait la monarchie française (p. 455).
48 Traduit par Baudouin : R ipa 1989, p. 82, LXIX.
49 Ibid. , p. 82, LXIX.
50 D u F our 1684.
51 Dictionnaire de l’Académie françoise 1694, p. 655.
52 L eplatre 2002.
53 Z oberman 1991, p. 173.
54 Jennifer Montagu, notices 45 et 46 dans V ersailles 2007.
55 Le père Dominique de Jésus (V igier 1677, t. II, p. 52) rapporte que saint Ferréol,
évêque d’Uzès, a écrit en préface de sa Concorde des règles : « J’ay assemblé, cette troupe
de Religieux comme un essaim d’abeilles divines dans une ruche céleste, afin qu’ils
presentent incessament le miel de leurs oraisons à Dieu, pour apaiser sa divine justice
que j’ay irritée par mes pechez. » Dans la thèse, les abeilles représentent sans doute les
croyants.
56 M ilovanovic 2005, p. 228.
57 L ouis XIV 1860, vol. 2, p. 517.
58 F élibien 1683, citations p. 9, 29, 30. Voir K irchner 2008, p. 308.
59 Dans la thèse dessinée par Daret en 1651-1652 (cat. 17), par l’entremise de la Religion
et de l’Église catholique, aidé par les génies de la France, Louis XIV tient les vices
enchaînés.
60 Mais dans l’interprétation peinte attribuée à François Verdier (musée du Louvre,
RF 1990-10), le roi fait face aux vices (V ersailles 2007, n o 50).
61 Son apparence rappelle celle que Le Brun lui a donnée sur la voûte de la galerie des
Glaces pour l’acquisition de Dunkerque ; à la renverse, un grand voile sur la tête, les yeux
en partie cachés, elle tient un livre qui devient l’attribut de l’Église réformée.
L’iconographie en est nouvelle dans la gravure. Voir M ilovanovic 2007, 2008 ;
o V ersailles 2007, n 50.
62 Pour plus de détails, voir N ivelon 2004, p. 264-265. Plutôt qu’à la gravure, il se réfère
au tableau qui montre à la place du globe les peuples indiens à genoux éclairés par la
Vérité de l’Évangile grâce au soin de Louis le Grand, dont la réputation leur a fait
entreprendre de longs voyages pour être le témoin de son « zèle pour ces divines vérités
qu’il professe et qui font en sa personne les fondements solides de ses hautes vertus ».
63 R ipa 1989, CLXVI.
64 Voir par exemple M ichel 1987.
65 V ersailles 2009, p. 39 et M aral 2011.
66 Signalons cependant La Résurrection du Christ , grand tableau d’autel commandé
en 1674 à Le Brun par la corporation des merciers : au premier plan, introduit par Saint
Louis, le roi offre au Sauveur son casque et son sceptre, pour lui avoir accordé la Victoire
en Franche-Comté (Lyon, musée des beaux-arts, Inv. A 203). Le Saint Louis en prière , peint
par Le Brun pour la chapelle du château de Claude Le Pelletier à Villeneuve-le-Roi, n’est
plus connu que par une gravure d’Edelinck (IFF 352).
67 Ces tableaux ont disparu pour la plupart ; voir G ouzi 2014.
68 La thèse de Le Maistre de Ferrières est la dernière à mettre en scène Saint Louis, car
la gravure de 1687 montrant Louis sur son char n’est qu’une réédition de celle de 1652.
69 En 1661, l’abbé Jacques Cassagne, une des victimes de Boileau, publia un Henry le
Grand au Roy , poème sous forme de lettre d’Henri IV à Louis XIV, qui lui ouvrit les portes
de la Petite Académie.
70 Cité par M ichel 1987, p. 142.
71 S panheim 1900, p. 70.
72 R acine 1828, t. V, p. 216.
73 Voir D elaplanche 2013, p. 74 ; S abatier 1999.
74 Le roi donne des ordres pour attaquer en même temps quatre des plus fortes places
de Hollande.
75 Dessins de Le Brun conservés à Versailles et tableaux de Parrocel en main privée
reproduits par D elaplanche 2013, p. 83.
76 Voir C ornette 2000.
77 N éraudau 1986, p. 112.
78 F élibien 1689, p. 79. Il y revient p. 90-91.
79 F élibien 1689, successivement p. 78, 85-87.
80 Z oberman 1991, p. 214 et S abatier 1999, p. 418-420.
81 Z oberman 1991, p. 181.
82 Ibid ., p. 409-429.
83 Cet ouvrage connut un vif succès ; en 1664 en parut une troisième édition.
84 S enault 1664, « Epistre ».
85 Ibid ., p. 165-166. Senault divise son ouvrage en huit traités subdivisés en discours. Le
second est consacré à la « Prudence pour conduire ses sujets » et le quatrième aux
er
« Devoirs du Roy envers soy mesme », où le 1 discours est intitulé : « Que la bonté du
Prince doit égaler sa grandeur. »
86 Ibid e e ., 4 traité, discours 2 , p. 169. Voir sur ces questions K irchner 2013, p. 74-85.
87 Ibid ., p. 172.
88 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98.
89 Ce portrait aujourd’hui perdu a été rapproché de celui de la Tèse de la Guerre
en 1677 (cat. 84).
90 L’auteur s’étend sur la révocation de l’édit de Nantes et les actions du roi contre les
hérétiques.
91 Panégyrique (36 pages recto-verso), dont on conserve deux exemplaires manuscrits,
l’un avec le portrait et l’épître à la reine, dans une magnifique reliure de présentation (BNF,
Mss, Fr. 6151), l’autre sans ornement (BNF, Mss, Fr. 2357).
92 BNF, Mss, o Fr. 6151, fol. 7 v .
93 Ibid. , fol. 9.
94 Ibid o ., fol. 14 v .
95 Ibid o ., fol. 9 v .
96 Ibid ., fol. 20.
97 Ibid ., fol. 17.
98 Ibid o ., fol. 18-19 v .
99 Mercure galant , mars 1685, p. 126-129.
100 Le commentaire analyse ensuite la partie droite plus directement liée à la thériaque.
101 Z iegler 2013, B oitel 2011 et 2016.
102 H oury 1689.
103 M ilovanovic 2005, p. 190-198.
104 Z iegler 2013, p. 67.
105 M ontagu 1968, p. 307-335.
106 C outon 1990, p. 147-168.
107 L oach 1999.
108 J ouvancy 1892, p. 67.
109 P aris 1987, p. 80-83.
110 L. 396.
111 En 1666 pour Anne d’Autriche (PW 5) ; en 1671 pour le portrait du duc d’Orléans
(ann. I.A-6), en 1677 pour celui du Grand Dauphin (ann. I.C-4).
112 G arcia 2000, n o 31 o ; M eyer 2006, p. 274, n 27 ; PW 159.
113 PW 171.
114 Il en est ainsi du portrait gravé par Pierre Simon en 1676 pour la thèse de Simiane
de Gordes (cat. 80).
115 Voir L oskoutoff 2000 et L ombard- o J ourdan 1990, n 169, p. 469-472.
116 M énestrier 1682, CXCIII, le Soleil, p. 63.
117 Ibid. , CCCIX, le Soleil dans le Zodiaque, p. 99. L’exergue « MVNDVM TEMPERAT
HORIS » (« Qui tempère le monde des saisons ») est en partie tiré des Odes d’Horace (livre
I, 12, vers 16).
118 BNF, Arsenal, Ms. 3185. Voir p. 72, note 51.
119 Ibid. o , fol. 21 v .
120 Ibid o ., fol. 27 v .
121 Ibid. o , fol. 30 v .
o
122 Ibid. , fol. 32 v .
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VIII. Le portrait du roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Conclusion
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Conclusion Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Conclusion
p. 293-298
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Le recours à l’allégorie pour célébrer un souverain fut pratiqué dans toute l’Europe,
livre surtout dans les pays catholiques et bien souvent sous l’influence des Jésuites. On a vu
l’importance considérable des thèses soutenues dans leurs collèges tant en France 1 qu’à
l’étranger 2
; elles comptent parmi les plus remarquables de ce corpus 3
. Si Louis XIV est le PDF
premier monarque français à qui ce genre d’hommage est rendu de façon intensive, la Table des matières
voie lui avait été tracée en France par Richelieu et Mazarin, en Italie par les papes et les
cardinaux, dans l’Empire par les électeurs et les princes.
Citer
2 En Italie, dès le début du siècle, les peintres les plus célèbres, Pierre de Cortone, Domenico
Piola, Pomarancio, Maratti et Romanelli…, furent sollicités pour dessiner de grandes PDF du Partager
compositions allégoriques à la gloire des papes et des grandes familles, les Sforza,
chapitre
Médicis, Farnèse, Barberini, Doria…, où se mêlaient souvent la fable et l’histoire. Mais
Plan après 1670, les étudiants demandèrent avant tout des frontispices pour des thèses en
livrets, ornés des armoiries du dédicataire accompagnées parfois de figures allégoriques, Suggérer
Plan détaillé mode d’illustration qui dès l’origine avait connu un grand succès. Le recours aux placards l’acquisition à
Texte intégral illustrés ne disparut pas, comme en attestent ceux qui furent gravés par Van Westerhout votre bibliothèque
Notes de bas de page (1663-1743) 4 pour être offerts en 1685 et 1698 à Innocent XII, mais après 1670, ils sont
plus rares. Dans le Saint Empire au contraire, ils connurent un succès plus durable. Dès
Acheter
avant 1650, étudiants en philosophie et parfois en théologie de Vienne, Prague, Salzbourg, Aller en haut de page
Olmütz… s’adressaient déjà er à Léopold I
5
. Il semble qu’on assiste à une surenchère entre Aller en bas de page Édition
la France et le Saint Empire, mais si le nombre de thèses dédiées à l’empereur est imprimée
important 6
, il est moins considérable que pour Louis XIV. Le ton et l’esthétique des
Presses illustrations varient selon les provinces de l’Empire. L’allégorie et la mythologie tiennent
universitaires
une place plus considérable qu’en France, et y sont utilisées de manière très différente 7
. de Rennes
On n’y trouve pas cette retenue du classicisme français, et les compositions beaucoup plus
chargées sont saturées de personnages et de symboles. Quelle n’aurait pas été amazon.fr la réaction
de Pierre Mignard decitre.fr si les graveurs qui célébraient Louis XIV s’étaient inspirés des dessins de
mollat.com Karel Škréta (1610-1674), Egidius Schor (1627-1701) ou Nikolaus Van Hoy (1631-1679) 8 en
leslibraires.fr
l’honneur des empereurs Léopold et Joseph, qui sont bien plus hermétiques que ceux de
placedeslibraires.fr
1 Le À BPraurnis , ? eIlll essu fffiutr endte scoountseinduéerse r aul ecs olqluègeel qduee sC letrhmèosnets, gdreavveéneus cpoalrl ègBe aLrotuhios-lloem-aGrüasn d,K illiesa n lcdpu.fr
entre 1655 et 1689 pour juger de leur complexité 9
autres en province l’ont été à Bordeaux, Dijon, Marseille, . PoLiat ireresp,r éRseennnetsa,t ioRnou edne,s Taonuclêotursees ,e t des
Vaanllnieéss. et de la famille du souverain y est fréquente et les événements contemporains sont ePub / PDF
2 souCev efnutt ler eclaast éesn dAel lfeamçaognn e diàr eMcatey.e nScie le etd éàd iAicxa-tlaei-rCeha peesltl e,a vaennt Ittaoliuet à eTnutroinu réet àd eSsi endniee.u xV oiert ldae s
tahbélre osd,e s scuorl ltèegrerse eto ud edsa nvsil lelse sd acnise uxle, coant alvoogitu e auesns il iagnpep aert aîcetlrlee des thèses dans notre ouvrage. le candidat qui lui présente son
3 affOinc hee,n mcootmipft er aruen e ent reFnrtaanicnee,, sooiùt uunn e tiseresu lpea rtmhiè scee llles’ évdooqntu e ons urc onnaît le lieu de soutenance. le mode allégorique, celle de
4 BNF, Est., AA6, E023402 Colbert de Croissy (cat. 92) où le génie de la philosophie éclaire de son flambeau l’affiche os
5 Voir A ppuhn- R adtke 1988, n 1-13, et B lažíček 1967-1969.
déployée devant le roi 10
.
6 Il dépasse probablement vingt. En 1988, A ppuhn- R adtke en inventorie treize de Bartholomäus
3 La thèse participe à la mise en scène de la monarchie. Même si peu de documents en
témoignent, il ne fait aucun doute que le roi est soucieux de son image et que ses
ministres la contrôlent. Colbert, puis dans une moindre mesure Louvois, inspirèrent celle
qu’ils voulaient voir diffuser, ce qui en explique la cohérence mais aussi le peu de variété,
d’autant que par rapport aux portraits, les compositions historiées furent assez peu
nombreuses et pour la plupart commandées par les membres des familles Colbert et
Louvois ou par des proches de la cour. Comme les dédicataires de ces grandes thèses sont
peu variés, peu de peintres furent sollicités. Hormis Le Brun et Pierre Mignard qui en sont
les principaux dessinateurs, on ne peut citer que quelques autres artistes liés à Versailles
comme Dieu et Paillet. Ces compositions offrent une image glorieuse et héroïque où les
vertus païennes s’effacent bientôt devant les vertus chrétiennes, car le roi surpasse les
illustres de l’Antiquité et des Temps modernes. Comme dans les panégyriques, il en est le
seul héros, le seul acteur identifiable. Ayant perdu toute identité, ses adversaires sont
relégués au rang de bêtes fauves. Tout est ainsi mis en oeuvre pour célébrer sa grandeur.
Dieu seul le surpasse et parfois se confond avec lui.
4 L’importance des portraits s’explique certainement par des raisons économiques, puisqu’ils
sont moins coûteux que les sujets d’histoire. Mais il est probable qu’il y a aussi dans ce
choix une façon de contrôler l’image royale. Par la place accordée aux attributs, un simple
portrait pouvait porter un discours apologétique, et ce fut souvent le cas pour Louis XIV,
grâce aux lys, aux régalia, aux attributs d’Hercule, aux trompettes de la Renommée ou aux
devises. Comme les panégyriques, portraits et thèses historiées célébrèrent la gloire du
roi, ses actions singulières et ses vertus, et s’efforcèrent de rendre compte, à l’égal de
Pellisson, de « cet air, ce port, cette majesté si douce & si redoutable, ce mélange
d’Humanité & de grandeur qui éclate dans ses yeux, qui échappe à tous les efforts de la
peinture et de la sculpture, & qui s’exprime si vivement dans les coeurs 11 ». Il convient de
souligner que cette utilisation intensive du portrait dans les thèses dédiées à Louis XIV
semble être une spécificité française, du moins c’est ce qu’invitent à supposer les études
menées jusqu’ici sur les thèses soutenues au xvii e siècle en Europe.
5 En s’entourant d’un cérémonial adapté à la politique de magnificence royale, les collèges
participèrent eux aussi à la célébration du monarque. Répondant à l’attente du roi et de
Colbert, les principaux corps de l’État vinrent applaudir aux harangues à l’ouverture des
soutenances. Le Mercure s’en fit l’écho et privilégia les thèses qui furent dédiées au roi.
Alors que les tableaux peints pour le grand prix de l’Académie et les décors monumentaux
n’étaient connus que d’un petit nombre, les thèses dessinées par le premier peintre
diffusèrent à l’envi le portrait du monarque invincible. Cependant, contrairement aux
panégyriques des académiciens, les dédicaces qu’on adressait au roi, celles du moins qui
furent imprimées, étaient en latin. Peu furent traduites et elles touchaient avant tout l’élite.
Mais grâce au pouvoir de l’image, le panégyrique trouvait à s’incarner. Plus forte que le
texte, ne connaissant de frontière ni spatiale ni temporelle, elle participa de façon durable
à l’éloge royal. Pour cette raison la longue dédicace disparaît bientôt au seul profit du nom
du roi. Ainsi seule l’image finit par compter.
6 L’effet suscité par les allégories créées par Le Brun correspond à celui que décrit Nicole
Ferrier-Caverivière : « Fruit d’un élan sincère ou d’un hommage obligé, le panégyrique fut
donc investi d’emblée de la difficile et grandiose mission de créer un “univers magique”, le
seul qui répondit à l’exceptionnelle envergure de Louis XIV 12
. » Comme les panégyristes,
historiographes et peintres, dessinateurs et graveurs, au lieu de proposer une histoire du
règne, recomposèrent la réalité en cherchant à glorifier avant tout le héros protégé par la
Providence, ayant pour seuls conseillers ses Vertus. Aussi, lorsqu’à la fin du règne les
victoires se firent rares, cette glorification devint difficile.
7 La dernière thèse dédiée au roi date de 1703-1704. On pourrait penser que cette
désaffection correspond à une distance prise par rapport au monarque, « telle la carrière
de l’astre du jour, celle de l’astre royal aurait son levant, puis son zénith et enfin son
couchant 13 ». Or après 1702, alors que les défaites se multiplient, les éloges continuent
« comme si rien n’avait changé depuis plus de quarante ans 14 ». Mais en réalité le
monarque conquérant n’occupe plus une place prépondérante, et dans les almanachs, il
cède souvent la place au Dauphin, au duc de Bourgogne, à Philippe V et au duc de
Vendôme… À partir de 1704, lorsque paraissent les dernières thèses dédiées au roi,
commence le temps des revers et des calamités naturelles. « Face aux misères de la guerre
et de la famine, Louis XIV hésita entre magnificence et restriction. En novembre 1706, il fit
annoncer de grands retranchements dans ses écuries, dans ses tables, dans ses bâtiments
et sur les pensions 15
. »
8 Ainsi, après 1690, la propagande royale prend d’autres voies et cherche d’autres médias
que la thèse. La désaffection pour l’allégorie peut en être une explication, d’autant
qu’aucun artiste ne parvient à remplacer Le Brun. Mais surtout la difficulté de
compréhension des sujets rebute le public. Le 2 janvier 1682, les académiciens décident
que les candidats au grand prix doivent accompagner leur composition d’un texte
explicatif 16
; pour celles qui mettent en scène le roi, Guillet de Saint-Georges invite les
artistes à préciser le sens de leurs tableaux traitant son histoire 17
. Cette nécessité
d’accompagner la peinture allégorique d’un texte explicatif se retrouve également pour
quelques thèses : le livret a une double fonction, faire durer l’hommage et aussi l’expliquer.
L’Académie éprouve une certaine réticence face à l’allégorie, à laquelle elle préfère la
peinture narrative : le 31 mars 1674, elle décide de ne proposer que des sujets tirés de
l’Ancien et du Nouveau Testament, plus conformes à ses préoccupations artistiques 18
. Il ne
restait donc plus à la gravure de thèse que le portrait ou l’Histoire sainte. Les décrets de
l’université et les éditeurs de thèses l’inclinèrent en ce sens.
9 Il semble que cette désaffection soit aussi causée par le désintérêt marqué du roi pour ce
type d’hommage, auquel il préférait alors les médailles et les statues des places publiques.
La transformation de la Petite Académie en Académie des inscriptions et médailles est
significative de ce revirement ; une autre marque du désintérêt pour la gravure apparaît
dans l’absence de nouvelles commandes pour le Cabinet du roi après la mort de Louvois ;
on se contente désormais d’acheter des cuivres déjà gravés : les batailles de Louis XIV
d’après Van der Meulen et les cuivres du Petit et du Grand Beaulieu 19
. Dès 1689 20
, la
situation financière n’est pas non plus propice à ce genre de commande.
10 Les morts de Colbert et de Louvois sonnèrent donc le glas des grandes illustrations de
thèses allégoriques au service de la gloire du roi 21
. Celle que Louvois commanda à
Mignard pour son jeune fils Camille (cat. 128) est la dernière 22
. Une nouvelle sensibilité
s’impose ; en août 1684, Nicolas Tavernier, recteur de l’université de Paris, stipula qu’il
fallait revenir à plus de simplicité dans l’ornement des thèses et « bannir, sous peine
d’exclusion des candidats, les ornements, desseins et gravures dont elles étaient souvent
surchargées 23 ». L’effet de ce règlement ne fut pas immédiat et le 9 mai 1707, le recteur
Pierre Billet fit adopter de nouvelles mesures pour réprimer le luxe déployé dans
l’illustration et la décoration des salles. Il est recommandé d’user de préférence de livrets
plutôt que d’affiches ; seules seraient ornées de portraits les thèses dédiées à de hauts
personnages 24
. C’est ainsi que le 25 juillet 1707, au collège de la Marche, Albin Brillon de
Jouy orna sa thèse en livret d’une vignette, La vérité recherchée par les philosophes , gravée
par Bernard Picart 25
. La mode était donc lancée : selon Le Verrier, l’ami de Boileau, « on
n’imprime plus les thèses sur une grande feuille de papier, comme cela se pratiquait
autrefois, monseigneur, et on les imprime à présent in-quarto. La mode est de mettre une
belle vignette à la teste 26 ».
11 Le luxe ostentatoire naguère déployé pour célébrer le roi n’était plus de mode ; sa dévotion
s’y opposait, comme celle de M me de Maintenon, qui avait refusé qu’on lui dédiât des
thèses 27
. En cette fin de règne il ne voulait plus attirer les regards, et souhaitait éviter que
ses adversaires ne tournent en dérision le ton apologétique trop souvent utilisé
jusqu’alors. Cette retenue a certainement nui aux illustrations de thèses, aussi Louis de
Boullogne ou les Coypel, successeurs de Le Brun et de Mignard, ne furent-ils pas sollicités
par les étudiants.
12 L’illustration des thèses ne disparaît pas, mais elle revêt une nouvelle forme ; aux
compositions inventées pour l’occasion, on préfère l’interprétation de tableaux célèbres du
xvii e et xviii e siècle dont les sujets sont tirés de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Si les
portraits restent importants, il s’agit le plus souvent de simples effigies, parfois entourées
de figures allégoriques dans des passe-partout interchangeables. Cette évolution vers un
ton plus sobre rappelle celle des représentations théâtrales dans les collèges qui
connurent de telles mutations.
13 Après le règne de Louis XIV, la grande époque des thèses illustrées est révolue. La belle
thèse passe avant tout par le simple portrait. Alors qu’à l’époque précédente Bourdon,
Vignon, Le Sueur, Mellan, Huret, Daret, Chauveau, Lasne avaient été chargés de concevoir
un nombre considérable d’allégories, les peintres furent plus rarement sollicités. Peu de
thèses célébreront le régent et seules cinq ou six seront dédiées à Louis XV. La plus
considérable, inventée par Lemoyne, pour la tentative d’Armand de Rohan-Ventadour,
gravée en 1738 par Jean-François Cars, témoigne de la différence entre la conception du
pouvoir de Louis le Grand et celle de Louis « le Bien-aimé ». Alors que le premier apparaît
en majesté, imposant dans sa gloire, le second est plus humain, tel qu’il figure, peint
également par Lemoyne, au salon de la Paix. Tout l’oppose à l’image guerrière de son
bisaïeul, immortalisée par Coysevox sur la cheminée du salon de la Guerre, de l’autre côté
de la galerie des Glaces.
14 Mais on continue à dédier quelques thèses au roi et l’apparat qui entoure la soutenance se
prolonge. Ainsi, la Gazette de santé du jeudi 13 février 1777 28 indique que le 21 janvier
l’acte de bachelier de Lassone, fils du premier médecin 29 de la reine et du roi à qui il était
dédié, « a été honoré de la présence de M. le comte de Périgord, Commandant de la
Province de Languedoc, de M. l’Eveque de Montpellier, de MM. les Intendans, de M. le
premier Président, de M. le Procureur-général, & c 30 ». On ignore si la thèse était illustrée.
Depuis le début du règne de Louis XV, on avait de plus en plus souvent recours au livret inquarto
ou même in-octavo. Il en fut ainsi en 1774 de la thèse de Jean-Baptiste
Montignac 31
, dédiée au roi, simplement ornée d’un bandeau gravé sur bois, à ses armes,
signé d’un dénommé Vache… Preuve d’un luxe moins ostentatoire, depuis les années 1680,
la mode s’était imposée des thèses en livret simplement illustrées d’un bandeau, mais la
thèse en affiche restait appréciée.
Cependant au xviii e 15 , en dehors des portraits et de quelques allégories conçues en passepartout
destinées à recevoir l’effigie du dédicataire, les thèses sont avant tout ornées de
sujets religieux gravés d’après les grands maîtres du passé (Raphaël, Poussin, Le Brun…).
S’étant spécialisé dans ce commerce, l’éditeur Robert Hecquet fit paraître des annonces
dans le Mercure en mai 1726 32
: « ayant appris par plusieurs lettres de provinces que divers
professeurs et supérieurs de collèges, ainsi que les marchands d’estampes de différents
endroits ne savent à qui s’adresser pour leurs thèses [il] a crû devoir leur donner avis qu’il
est très bien assorti en thèses, de toutes sortes de sujets et de grandeurs différentes, dont
il s’offre d’envoyer les épreuves et d’en marquer au juste prix, afin que les écoliers puissent
choisir commodément les sujets qui leur conviennent ». Il annonça la parution de deux
nouvelles compositions allégoriques en l’honneur du roi et de la reine et il précise qu’il
tient à leur disposition « plus de cent sujets tant du Nouveau que de l’Ancien Testament ».
16 Désormais les compositions allégoriques ne sont plus spécialement commandées au
dessinateur et au graveur. Achetées chez Robert Hecquet (1695-1773), Jean-François Cars
(1661-vers 1738) et son fils Laurent (1699-1771), Louis-Antoine Quillau (actif
de 1762 à 1773) 33
, elles se retrouvent d’exercice en exercice. Elles n’en sont pas moins
devenues rares aujourd’hui. Une seule thèse de grand format semble avoir été dédiée à
Louis XVI, mais nous n’en connaissons pas d’épreuve. Peut-être s’agissait-il d’une
réutilisation vers 1774 de la gravure de Daullé d’après Van Loo parue en 1734 pour
célébrer Louis XV. On y voit le roi en buste dans un ovale tenu par l’Éternité couronnée par
la Renommée, accompagnée de deux génies dont l’un porte un coeur enflammé ; la
Prospérité le regarde avec adoration, en présence dans le ciel de la Charité, la Foi et la
Religion, et sur terre de la Tempérance, la Paix, la Vérité de l’Éternité et la Science
accompagnée du génie des arts 34
. Ce serait la dernière grande thèse dédiée au roi sous
l’Ancien Régime.
Notes de bas de page
1 À Paris, elles furent soutenues au collège de Clermont, devenu collège Louis-le-Grand,
les autres en province l’ont été à Bordeaux, Dijon, Marseille, Poitiers, Rennes, Rouen,
Toulouse et Vannes.
2 Ce fut le cas en Allemagne à Mayence et à Aix-le-Chapelle, en Italie à Turin et à Sienne.
Voir la table des collèges et des villes dans le catalogue en ligne et celle des thèses dans
notre ouvrage.
3 On en compte une trentaine, soit un tiers parmi celles dont on connaît le lieu de
soutenance.
4 BNF, Est., AA6, E023402
5 Voir A ppuhn- R adtke 1988, n os 1-13, et B lažíček 1967-1969.
6 Il dépasse probablement vingt. En 1988, A ppuhn- R adtke en inventorie treize de
Bartholomäus Kilian. D’autres sont gravées par Matthäus Küsel (1629-1681). Voir
G öttweig 1985, n o 27.
7 R ice 1998, S caffa 2002, M eyer 1990 b.
8 Voir notamment A ppuhn- R adtke 1988, G öttweig 1985, S eitz 1984, T elesko 2002 et
T elesko s. d. [v. 2010].
os
9 A ppuhn- R adtke 1988, n 1-13.
10 On retiendra cependant la thèse de Louis Tronson offerte à Saint Louis et à travers lui
à Louis XIII et au Dauphin, où exceptionnellement le candidat apparaît tenant son affiche
(cat. 5). En France, le motif est suffisamment rare pour qu’on le signale. On ne peut guère
mentionner pour le xvii e siècle que deux ou trois autres exceptions, comme le frontispice
dessiné par Laurent de La Hyre et gravé par Rousselet entre 1630-1635 en hommage à
Henri de Sourdis (VM 262) et en 1646, celui dessiné par Charles Le Brun et gravé par
Michel Lasne pour Charles Foucault représenté offrant sa thèse à Henri de Mesme
(IFF 752).
11 Z oberman 1991, p. 99.
12 F errier- C averivière 1981, p. 383.
13 Ibid. , p. 380.
14 Ibid. , p. 229.
15 Ibid. , p. 495.
16 Voir K irchner 2008, p. 378.
17 Ibid. ; Mercure galant , septembre 1684, p. 273.
18 Voir K irchner 2008 p. 384.
19 G rivel 1985, p. 53.
20 Rappelons que Louis XIV fit fondre l’argenterie royale en 1689 et que commença alors
la guerre de la ligue d’Augsbourg (1688-1697) ; comme le souligne S armant (2014, p. 394),
« au physique comme au moral, Louis XIV ne sortit pas indemne de ces neuf années de
guerre ».
21 L’un avait fait dédier cinq thèses au roi par les membres de sa famille
entre 1668 et 1680 (cat. 63, 75, 84, 92, 93) et l’autre trois entre 1681 et 1692 (cat. 96, 102,
128).
22 Sur la politique artistique de Louvois, voir notamment S armant 2003, L e
T ellier 2007 et 2009, S armant et S toll 2010.
23 J ourdain 1862-1866, partie 1, p. 262.
24 Ibid. , p. 291-292.
25 M eyer 2011, p. 244-249, fig. 12.
26 P élissier 1905, p. 4-5. Dans une lettre au duc de Noailles du 3 septembre 1707, Le
Verrier décrit la gravure, qui fut censurée : « M. le Cardinal a jugé à propos de faire
supprimer cette planche qui paraît trop injurieuse à la mémoire d’Aristote et trop contraire
aux statuts de l’Université, qui ne devrait enseigner que l’ancienne philosophie et qui
cependant n’enseigne aujourd’hui que la nouvelle. »
27 M aintenon 1865-1866, t. IV, p. 281, lettre L1, 2 mai 1699 à M. Bernard, intendant des
dames de Saint-Louis : « Je vous prie de ne dédier votre thèse, ni aux dames de Saint-Louis,
ni à moi ; on ne saurait trop peu parler de nous. Je vous en ai la même obligation que si
vous l’aviez fait. »
28 Gazette de santé o , 13 février 1777, n 7, p. 27, rubrique « Nouvelles en médecine ».
29 Joseph-Marie-François de Lassone (1717-1788 ?) fut docteur régent de la faculté de
médecine de Paris (1743), médecin de Marie Leszczyńska en 1751 et de Marie-Antoinette,
premier médecin de Louis XVI et président de la Société royale de médecine.
30 L assone 1777.
31 M ontignac 1774 [BSG, 4 V 612 (2) inv 1392 FA (P. 7)].
32 Mercure de France , mai 1726, p. 122.
33 M eyer 1994. Le catalogue publié en 1771 par François Babuty, héritier du fonds des
Cars, atteste de l’importance de la production.
34 BNF, Est., N5 Louis XV.
Naviguer dans le livre
Précédent Conclusion Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Abréviations
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Abréviations Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Abréviations
p. 299
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 AAE Archives du ministère des Affaires étrangères (La Courneuve)
livre
2 AN Archives nationales
3 Ann. Annexe
PDF
Table des matières 4 Arsenal Bibliothèque de l’Arsenal (BNF)
5 BIUM Bibliothèque interuniversitaire de Médecine (Paris)
Citer
6 BNF Bibliothèque nationale de France
Partager 7 BNF, Est. Bibliothèque nationale de France, département des Estampes PDF du
chapitre 8 BNF, Mss Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits
Plan 9 BSG Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris)
Suggérer 10 Cat. Catalogue
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral 11 C.P.R. cum priuilegio Regis votre bibliothèque
12 ENSBA École nationale supérieure des beaux-arts
Aller en haut de page Acheter
13 ET Étude Aller en bas de page
14 IFF Voir Inventaire du fonds français, graveurs du xvii e siècle 1939-2014, en bibliographie Édition
imprimée
15 L. Voir L othe 1994 en bibliographie. Pour les renvois aux notices de catalogue, on utilise
l’abréviation Presses L. suivie du numéro de notice ; pour les renvois au livre en général, on utilise
universitaires
la mention L othe 1994. de Rennes
16 lt. Livre tournois
amazon.fr
17 MC Minutier central des notaires parisiens decitre.fr
mollat.com
18 PW Voir P etitjean et W ickert 1925 en bibliographie
leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
19 R. Refusé
lcdpu.fr
20 Sorbonne Bibliothèque de la Sorbonne
ePub / PDF
21 Suppl. Supplément
22 VM Voir M eyer 2004 en bibliographie. Pour les renvois aux notices de catalogue, on utilise
l’abréviation VM suivie du numéro de notice ; pour les renvois au livre en général, on utilise
la mention M eyer 2004.
Naviguer dans le livre
Précédent Abréviations Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table des thèses dédiées au roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table des thèses dédiées au roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table des thèses dédiées au roi
p. 301-308
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Le catalogue des thèses dédiées au roi est consultable sur le site du Centre de recherche
livre de Versailles [http://chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publicationspapier/
collection-aulica/coll-aulica-no10-pour-la-plus-grande-gloire-duroi-louis-xiv-entheses.
html] et sur celui des Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/
PDF
detail.php?idOuv=4364]. Le classement est chronologique et les dates sont données dans
Table des matières
l’ordre suivant : année, mois, jour. Lorsque le jour ou le mois sont inconnus ou incertains,
on utilise le point d’interrogation.
Citer
2 Thèses connues par un dessin (*).
Partager 3 Thèses dont on ignore si elles sont illustrées (**). PDF du
chapitre
4 Gravures qui semblent avoir été utilisées pour les thèses (***).
Plan
5 Lorsque la thèse est soutenue à Paris, le lieu n’est pas précisé.
Suggérer
o
Plan détaillé 6 * N 1. 1638. S. l. Dessin de Charles Le Brun. l’acquisition à
Texte intégral o votre bibliothèque 7 N 2 . 1638-1639. S. l. Éditée par Alexandre Boudan d’après Charles Le Brun.
Supplément au catalogue N o 8 3 . 1639.7.31. Thèse de philosophie au collège de la Marche d’Alexandre Courtois, sous
Thèse rejetée Acheter la direction de Gabriel Dabes, gravée par Pierre Daret d’après Simon Vouet.
° Aller en haut de page 9 * N 4. 1640-1642. S. l. Dessin d’Albert Flamen. Édition
imprimée
Aller en bas de page 10 N ° 5. 1640.7.8. Thèse de philosophie au collège des Grassins de Louis Tronson, présidée
par Jean Guillebert, sans nom de peintre, gravée par Guillaume de Gheyn. Presses
universitaires
11 N ° 6. 1641.11.2. Tentative en Sorbonne de Louis de Saint-Amour présidée par Félix Vialar, de Rennes
dédiée à Louis XIII, mettant en scène le Dauphin, dessinée et gravée par Michel Lasne.
amazon.fr
12 N ° 7. 1642.7.?. Rouen. Thèse de philosophie au collège des Jésuites, dédiée à Saint Louis et decitre.fr
à Louis XIII, inventée et gravée par François Chauveau. mollat.com
leslibraires.fr
13 *** N ° 8. v. 1643. S. l. Thèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune, dessinée et
placedeslibraires.fr
gravée par Michel Lasne.
lcdpu.fr
14 ** N ° 9. 1643.4.?. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Armand de Bourbon,
ePub / PDF prince de Conti.
15 N ° 10. 1644.5.?. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine des
frères Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean du couvent des Carmes de Paris,
présidée par François Suarez, dessinée et gravée par Grégoire Huret.
16 ** N ° 11. 1644.7.9. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Henri II de Savoie-
Nemours, duc d’Aumale.
17 *** N ° 12. 1644.7.28. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Armand de Bourbon,
prince de Conti, présidée par Jean-François-Paul de Gondi, anonyme d’après Charles Le
Brun (?).
18 *** N ° 13. 1645.7.28. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Henri II de Savoie-
Nemours, gravée peut-être par Michel Lasne ou Claude Mellan.
19 *** N ° 14. 1648-1649. Thèse supposée, gravée par Gilles Rousselet d’après Jacques Stella.
20 N o 15. 1650. Dijon. Thèse de théologie au collège des Jésuites des Godrans de Claude
Fyot, anonyme (livret).
21 N o 16. 1650-1652. Rome. Thèse de théologie soutenue lors du chapitre général des
Dominicains par Michel Jourdain, gravée par Michel Lasne.
*** N ° 17. 1651-1652. S. 22 l. Thèse gravée par Pierre Daret, inspirée de Giovanni Lanfranco.
23 N ° 18. 1652. Mayence. Thèse de philosophie au collège des Jésuites de Louis-Henri de
Loménie de Brienne, sous la direction de Georges Kruger, gravée par Sébastien Furck.
24 N o 19. 1653. Rouen. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’Auguste-Tanneguy
Bonshoms de Couronne, dédiée au parlement de Normandie et à travers lui au roi et à
François de Harlay, gravée par Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun.
25 *** N ° 20. 1653-1654. S. l. Thèse gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun
(« Thèse du roi en sa jeunesse »).
26 N o 21. 1654.29.1. Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat, présidée par Pierre Bedacier,
gravée par Abraham Bosse.
27 N o 22. 1654.7. Rennes. Thèse de logique soutenue au collège des Jésuites par
39 candidats, dédiée au parlement de Bretagne et à travers lui au roi, gravée par Gabriel
Le Brun d’après Charles Le Brun.
N o 23. 1656.7.?. Vienne (Autriche). Thèse de philosophie soutenue 28 à l’université par
Herman Werner Klöcker d’Aix-la-Chapelle, présidée par Cornelius Gentilotti, dédiée à
Alexandre VII, gravée par Bartolomäus Kilian.
29 *** N ° 24. 1659. S. l. Thèse dédiée à Louis XIV et à Mazarin (?), inventée et gravée par
François de Poilly (« Thèse de la paix des Pyrénées »).
*** N ° 25 30 . 1659. S. l. Thèse gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, éditée par
Gérard I Jollain.
N o 26. 1659.2.17. Thèse de théologie en Sorbonne 31 (?) de l’abbé Pierre-Jean-François Percin
de Montgaillard, dédiée à Mazarin, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par Pieter
Van Schuppen, probablement d’après Charles Le Brun.
° 32 * N 27. 1659-1660. Thèse soutenue à Rome ou à Paris (?), dessin de l’entourage de Pierre
de Cortone.
33 *** N ° 28. v. 1660. Paris (?). Thèse de pharmacie, gravée par Abraham Bosse.
34 N o 29. 1660.8.22. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt (?) de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt, présidée par Louis Noël, gravée par Nicolas de Poilly d’après Grégoire
Perroteau.
N o 30. 1661. Paris 35 (?). Thèse dessinée ou peinte et gravée par Nicolas Mignard.
36 N o 31. 1661.8. Thèse au collège de Lisieux d’Emmanuel de Guénégaud de Montbrison,
abbé de Brienne, gravée par Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard.
37 N o 32. 1661.3.8. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Raymond-Bérenger de
Lorraine, abbé d’Harcourt, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard.
38 N o 33. 1661.7.10. Thèse de philosophie au collège de Navarre d’Emmanuel-Théodose de
La Tour d’Auvergne, abbé de Bouillon, présidée par Charles Touraine, gravée par François
de Poilly d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
39 N o 34. 1662. Thèse de philosophie au collège de Navarre d’Antoine-Benoît de Clermont-
Tonnerre de Cruzy, présidée par Étienne Léger, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas
Mignard.
N o 35. 1662. 40 S. l. Thèse de Vallet, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
41 ** N ° 36. 1662.12.?. Thèse de métaphysique au collège de Clermont de Charles-Paris
d’Orléans-Longueville, comte de Saint-Pol, gravée par N. d’après Charles Le Brun.
42 *** N ° 37. 1663.?.?. Thèse de théologie de l’abbé d’Hocquincourt, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
43 N o 38. 1663.2.?. Tentative de Charles-Maurice Le Tellier soutenue aux écoles extérieures de
Sorbonne, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par François de Poilly d’après
Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
44 N o 39. 1663.6.14. Thèse de philosophie au collège Louis-le-Grand de Chrétien-François de
Lamoignon, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard.
45 N o 40. 1663.6.15. Thèse de mathématiques au collège de Clermont de Chrétien-François
de Lamoignon, gravée probablement par Antoine Masson d’après Charles Le Brun.
46 N o 41. 1663.8.31. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Jules-Paul de Lionne,
présidée par Guillaume Des Auberis, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le
Brun et Pierre Mignard.
47 N o 42. 1663.9.2. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Charles Amelot, présidée
par Guillaume Des Auberis, gravée par Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles
Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
*** N ° 43. 1664. S. 48 l. Thèse gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
N o 44. 1664. 49 S. l. Tentative en Sorbonne (?) de François-Timoléon de Choisy présidée par
Hardouin de Péréfixe, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
50 N o 45. 1664.1.14. Majeure en Sorbonne de Charles-François de Loménie de Brienne,
présidée par François Faure, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
51 ** N ° 46. 1664.2.29. Thèse de théologie en Sorbonne d’Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne, abbé de Bouillon, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par Nicolas de
Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau.
52 ** N ° 47. 1664.5.?. Rome. Thèse de théologie soutenue dans l’église Aracoeli par les pères
Cüeillens et Balzac.
53 N o 48. 1664.7.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Humbert Ancelin, présidée
par Louis Noël, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
54 N o 49. 1664.8.1. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Charles-Paris d’Orléans-
Longueville, comte de Saint-Pol, gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun ;
gravure en lettres de Jean Richer.
55 N ° 50. 1664.12.20. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Roger de Courtenay,
présidée par Étienne Léger, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard.
56 N o 51. 1665.3.13. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Gilles Le Maistre de
Ferrières, présidée par Louis Noël (la date 1664 rectifiée en 1665), gravée par Nicolas Pitau
d’après Jean Lepautre ; gravure en lettres de Jean Richer.
57 ** N ° 52. 1666.4.26. Thèse de baccalauréat en théologie, au collège de Navarre, d’Antoine-
Benoît de Clermont-Tonnerre de Cruzy, présidée par l’abbé d’Hocquincourt.
58 ** N ° 53. 1666.6.?. Rome. Thèse de théologie au couvent des Carmes du père Philippe de
Saint-Jacques.
59 N o 54. 1666.8.24. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Mathieu Yzoré
d’Hervault, présidée par Étienne Léger, gravée par Jacques Grignon d’après Nicolas
Mignard.
60 N o 55. 1666.8.25. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de François de Fourilles,
présidée par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
61 N o 56. 1666.8.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin Servien, présidée
par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
62 N o 57. 1666.8.29. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis d’Espinay de Sainct-
Luc, présidée par Louis Noël, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
63 N o 58. 1667. Toulouse. Thèse de logique de 11 étudiants du collège des Jésuites, dédiée
au parlement de Toulouse et indirectement à Louis XIV ; gravée par François Rabaud et
éditée par Jean Boude.
° 64 * N 59 . 1667. Marseille. Thèse de François Giry lors du chapitre des Minimes.
65 N o 60. 1667.5.14. Majeure en Sorbonne d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne,
abbé de Bouillon, présidée par Félix Vialart, gravée par Gilles Rousselet et Robert Nanteuil
d’après Charles Le Brun.
66 N o 61. 1667.7.10. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Philippe-César de
Guénégaud de Sémoine, présidée par Charles Touraine, dessinée et gravée par Robert
Nanteuil.
67 N o 62. 1668.3.23. Thèse de théologie au collège de Navarre de Roger de Courtenay,
présidée par Georges Aubusson de La Feuillade, gravée par Nicolas de Poilly d’après
Nicolas Mignard.
68 N o 63. 1668.8.29 (ou 19 selon Hecquet). Thèse de philosophie au collège de Clermont de
Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, gravée par François de Poilly d’après Charles Le Brun ;
gravure en lettres de Jean Richer.
N o 64. 1668.10 ?.24 69 ?. Tentative en Sorbonne de Jules-Paul de Lionne, présidée par
Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne, dessinée et gravée par Robert Nanteuil ;
gravure en lettres de Jean Richer.
N o 65. 1669.8.9. 70 S. l. Tentative en Sorbonne (?) d’Hardouin Fortin de La Hoguette, dessinée
et gravée par Robert Nanteuil.
N o 66. 1670. 71 S. l. Thèse de théologie en Sorbonne (?) de l’abbé Louis-Marcel Coëtlogon,
gravée par Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre.
N o 67. 1670. Paris 72 (?). Thèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine, abbé
d’Harcourt, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
73 N o 68. 1670. Paris (?). Thèse de théologie (?) de Mathieu Yzoré d’Hervault, dessinée et
gravée par Robert Nanteuil.
*** N o 69. 1671. 74 S. l. Thèse supposée, inventée et gravée par Robert Nanteuil.
75 N o 70. 1671.23.12. Tentative en Sorbonne de Louis-Antoine de Noailles, présidée par
François de Harlay, gravée par Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet ; gravure en lettres
de Jean Richer.
76 ** N ° 71. 1672. Lille. Thèse de théologie (?) soutenue au chapitre général des Récollets.
77 N o 72. 1672.1.14. Majeure en Sorbonne de Jules-Paul de Lionne, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
78 ** N ° 73. 1672.2.20. Ath. Thèse au couvent des Récollets lors du chapitre de Flandres de
l’ordre des Franciscains.
79 N o 74. 1672.7.2. Mineure en Sorbonne de l’abbé François d’Argouges, gravée par Pieter
Van Schuppen d’après Pierre Mignard.
80 N o 75. 1672.8.4. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Jacques-Nicolas Colbert,
abbé du Bec, présidée par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil ; gravure en
lettres de Jean Richer.
*** N ° 76. 1675-1684. S. 81 l. Thèse supposée, dessinée et éditée par Jean Lenfant.
° 82 * N 77. 1676-1678. S. l. Thèse de théologie dessinée par Robert Nanteuil.
83 N o 78. 1676.?.7. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne d’Antoine d’Aquin,
dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
84 N o 79. 1676. Paris (?). Thèse de philosophie de Louis d’Artagnan, dessinée et gravée par
Masson.
*** N ° 80. 1676. S. 85 l. Thèse supposée de Jacques de Simiane de Gordes, gravée par Pierre
Simon d’après Charles Le Brun.
86 N o 81. 1676.9.6. Thèse de philosophie au collège de Presles-Beauvais de Claude-François
Pellot, présidée par Guillaume Guénon, gravée par François de Poilly d’après Pierre
Mignard ; gravure en lettres de Jean Richer.
*** N ° 82. 1677. S. 87 l. Thèse supposée de Jacques de Simiane de Gordes, gravée par Pierre
Simon d’après Charles Le Brun.
88 N o 83. 1677. Tentative en Sorbonne de Fabio Brûlart de Sillery, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
N o 84. 1677.12.30. Majeure en Sorbonne 89 (« Thèse de la Guerre ») de Jacques-Nicolas
Colbert, abbé du Bec, présidée par Armand de Monchy d’Hocquincourt, gravée par Gérard
Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 85. 1678-1680. 90 S. l. Thèse de théologie (?) de l’abbé François d’Anglure de Bourlemont,
dessinée, gravée et éditée par Robert Nanteuil.
91 *** N ° 86. 1678. Thèse probable de Nicolas Trehu, dessinée et gravée par Madeleine
Masson.
92 N o 87. 1678.8.21. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de l’abbé François
du Montal de Montsaulnin, dessinée et gravée par Pierre Simon.
93 N o 88. 1678-1679. Rouen. Thèse de 50 étudiants du collège des Jésuites, dédiée au
parlement de Normandie et à travers lui au roi, éditée et probablement gravée par
Étienne Gantrel.
N o 89. 1679.?.6 ou 94 7. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Étienne et Gilles
d’Aligre, présidée par Gilles Roussel, gravée par Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après
Nanteuil ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 90. 1679. Paris 95 (?). Thèse de l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades, gravée par Antoine
Masson d’après Charles Le Brun.
96 N o 91. 1679.8.13. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Louis de La Tour
d’Auvergne, prince de Turenne, gravée par Louis Cossin et Nicolas Guérard d’après Pierre-
Paul Sevin ; gravure en lettres de René Michault (livret).
N o 92. 1680.9.13. Thèse de philosophie 97 (« Thèse de la Paix ») au collège d’Harcourt de
Jean-Baptiste Colbert de Croissy, présidée par Jean de Chantelou, gravée par Gérard
Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 93. 1680.9.13. Paris 98 (?). Thèse philosophie du marquis Charles-Joachim Colbert de
Croissy, gravée par Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean
Richer.
99 N o 94. 1681. Sienne. Thèse de philosophie dans l’église des Jésuites du collège Tolomei, de
Pompeo Amerighi, gravée par Teresa del Po.
*** N ° 95. 1680-1709. S. 100 l. Thèse supposée, éditée par Étienne Gantrel, d’après Charles Le
Brun.
101 N o 96. 1681.8.8. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Michel-François Le
Tellier, marquis de Louvois, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil ;
gravure en lettres de Jean Richer.
102 N o 97. 1682.3.5. Thèse de baccalauréat en médecine de Jean Poisson présidée par Nicolas
Lienard, dessinée, gravée et éditée par Louis Cossin.
103 N o 98. 1682.8.31. Tentative en Sorbonne de l’abbé Louis de Lorraine, présidée par François
de Harlay, gravée par Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?) ; gravure
en lettres de N. Bonnart.
*** N ° 99. 1683-1686. S. 104 l. Thèse soutenue sans doute en Allemagne ; anonyme allemand.
105 N o 100. 1683-1686. Sorbonique de l’abbé Melchior de Polignac (« Triomphe de la Religion »
ou « Triomphe de l’Église »), gravée par Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun.
106 N o 101. 1684. Thèse en Sorbonne de Claude-Louis Thiboust.
107 N o 102. 1684.7.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis-Nicolas et Louis-
François Le Tellier, présidée par Jean de Chantelou, gravée par François de Poilly d’après
Pierre Mignard ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 103. 1685-1695. 108 S. l. Thèse de l’abbé Van der Meulen, gravée par Claude Duflos et
Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin des Batailles.
109 N o 104. 1685. Vannes. Thèse du collège des Jésuites soutenue par 19 candidats et dédiée
au parlement de Bretagne, dessinée par Jean Cotelle et gravée par Étienne Gantrel.
110 N o 105. 1685. Thèse de pharmacie d’Henri Rouvière, gravée par Jean Lepautre d’après P.
Munier (Mosnier ?).
111 N o 106. 1685.6.?. Marseille. Thèse de théologie au couvent des Minimes de Philibert
Madon, présidée par Charles Guilhet, dessinée et gravée par Pierre Simon, texte imprimé
par François Le Cointe.
112 N o 107. 1685.7.?. Dijon. Thèse de philosophie au collège des Jésuites des Godrans, de Jean
de Massol de Montmoyen, dédiée à la chambre des comptes de Bourgogne et de Bresse,
gravure anonyme, d’après Pierre-Paul Sevin, éditée par Guillaume Vallet.
113 ** N o 108. 1685.7.21. Tentative en Sorbonne de l’abbé François-Armand de Lorraine-
Armagnac présidée par François de Harlay.
114 ** N o 109. 1685.9.5. Siam. Thèse de théologie au palais de l’ambassade d’Antonio Pinto (?).
N o 110. 1685.9.20. Mineure 115 à la Sorbonne de Pierre Berthe, présidée par François de
Harlay, dessinée et gravée par Pierre Beaufrère.
116 N o 111. 1686.23.5. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine,
gravée par Pierre Landry d’après le R.P. Franciscain Jean-François (livret).
117 N o 112. v. 1686-1687. Thèse de philosophie au collège Louis-le-Grand de Jean-Baptiste
Hue de Miromesnil, gravée et éditée par Étienne Gantrel d’après Pierre-Paul Sevin.
118 N o 113. 1686.10.5. Marseille. Thèse de mathématiques au collège des Jésuites de Jacques
Symon, gravée par Jacques Cundier.
119 N o 114. 1687. Turin. Thèse de philosophie au collège des Jésuites du comte Giacomo
Natta, gravée par Georges Tasnière d’après Domenico Piola.
120 ** N ° 115. 1687. Aulique à la Sorbonne d’Antonio Pinto et de l’abbé Roze.
121 N o 116. 1687.7.18. Rouen. Thèse de logique au collège des Jésuites de Charles-Albert
Dulion de Poinson (« Thèse de la Guérison du roi »), gravée par Étienne Gantrel d’après
Pierre Lepautre.
122 N o 117. 1687.7.18. Rouen. Thèse de logique au collège des Jésuites de 11 candidats,
gravée par Étienne Gantrel d’après Pierre Lepautre.
123 N o 118. 1687.8.10. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de Jean-Thomas
Hue de Miromesnil, présidée par Étienne Lallemant, gravée par Pieter Van Schuppen
d’après Jacob Ferdinand Voet ; gravure en lettres de Jean Liébaux.
124 N o 119. 1687.8.29. Poitiers. Thèse de philosophie soutenue au collège des Jésuites par
plusieurs étudiants, gravée par Étienne Gantrel ou par Pierre Simon.
125 N o 120. 1688.6.8. Rome. Thèse de théologie au couvent des Cordeliers de Séraphin
Crouzeil, présidée par le père Claude Frassen, gravée par Henri Bonnart d’après Pierre-
Paul Sevin (livret).
126 N o 121. 1688.8.10. Thèse de théologie au couvent des Cordeliers de Séraphin Crouzeil,
présidée par le père Claude Frassen, gravée par Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin
(livret).
127 N o 122. 1689.2.28. Thèse de pharmacie d’Henri Rouvière, présidée par Antoine d’Aquin,
gravée par Laurent Levesque.
128 N o 123. v. 1690-1695. Rouen. Thèse dédiée au parlement de Normandie gravée par
Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle.
N o 124. 1690. Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites 129 (« Thèse du roi devant
le parlement de Rennes »), présidée par le père Provost, gravée par Jean Langlois et Pierre
Lepautre d’après Antoine Dieu, éditée par Étienne Gantrel.
130 N o 125. 1690.1.10. Tentative en Sorbonne de Nicolas-Alexandre Le Cordier du Troncq,
présidée par Jean Gaudin, éditée par Guillaume Vallet.
** N o 126. 1690. Castelnaudary. Exercice sur 131 la géographie, l’histoire… au collège des
pères de la doctrine chrétienne de La Rivière de Laudun.
132 N o 127. 1691.7.25. Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’André Brunel,
gravée par Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, éditée par Étienne
Gantrel.
133 N o 128. 1692.8.24. Thèse de philosophie au collège Mazarin de Camille Le Tellier, abbé de
Louvois, présidée par Paul Le Cordelier de Chevrière, gravée par François de Poilly et Jean-
Louis Roullet d’après Pierre Mignard ; gravure en lettres de Gillet.
134 N o 129. 1695.12.26 (reportée au 29 janvier 1696). Thèse de mathématiques au collège
d’Harcourt de François Bourgarel, présidée par Étienne Lambert Fleury de Frémicourt,
gravée par Antoine Trouvain et Pierre Lepautre d’après Bon Boullogne.
135 N o 130. 1696.7.11. Rennes. Thèse de philosophie chez les Jésuites de Jean-Baptiste Le
Tavernier, gravée d’après Antoine Dieu et éditée par Étienne Gantrel.
136 N o 131. 1701. Thèse de droit français de Pierre Poulletier et Regnault, présidée par
François de Launay, gravée par Jean-François Cars (?).
** N o 132 137 . 1701. Rome. Thèse au couvent de Saint-François de Charles Bourget.
** N o 133 138 . 1701. Rome. Thèse au couvent de Saint-François.
139 N o 134. 1703. Marseille. Thèse de théologie chez les Minimes d’Ambroise Bruny, présidée
par le R. P. Jérôme d’Étienne (1637-1712).
140 N ° 135. 1703. Marseille. Thèse de théologie présentée au cours de l’assemblée générale
des Minimes, gravée par Pierre Drevet d’après Hyacinthe Rigaud.
141 ** N o 136. 1704.5.14. Rome. Thèse de théologie au couvent des Carmes.
Supplément au catalogue
142 Suppl. 1658-1660. S. l. Thèse supposée, gravée par Jean Boulanger d’après Nicolas Loir.
143 Suppl. 1666.6.14. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine de
Philippe de Saint Jacques soutenue lors du chapitre général des Carmes, gravée par Pierre
Landry d’après le père Jean François, texte imprimé chez Michaele Hercole.
144 Suppl. 1670.5.?. Rome. Thèse de théologie de Michel Coiffet, présidée par Jean-André
Faure, soutenue lors du chapitre général des Dominicains, dessinée et gravée par Robert
Nanteuil ; texte imprimé à Paris par François Le Cointe.
145 Suppl. v. 1695-1699. Rome. Thèse de théologie au couvent de Santa Maria Sopra Minerva
pour l’assemblée du clergé des Dominicains du père Alphonse Costadau.
146 Suppl. 1695.5.?. Lyon. Thèse de philosophie soutenue au collège des Jésuites par Bessié
Thèse rejetée
147 R. S. d. Thèse dédiée à un jeune prince, gravée par Pierre Galley d’après Antoine Dieu et
éditée par Étienne Gantrel.
Naviguer dans le livre
Précédent Table des thèses dédiées au roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Annexe
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Annexe Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Annexe
p. 309-313
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Annexe. Table des thèses dédiées à la famille royale,
livre aux fils légitimés de Louis XIV et aux favorites
1 L’inventaire des thèses dédiées à la famille royale, aux fils légitimés de Louis XIV et aux PDF
Table des matières favorites est consultable sur les sites du Centre de recherche de Versailles [http://
chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/collection-aulica/
coll-aulicano10-pour-la-plus-grande-gloire-du-roi-louis-xiv-en-theses.html] et sur celui des
Citer Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4364].
2 Thèses dont on ignore si elles sont illustrées (**). Partager PDF du
3 Gravures qui semblent avoir été utilisées pour les thèses (***). chapitre
Plan 4 Lorsque la thèse est soutenue à Paris, le lieu n’est pas précisé.
I. – Thèses dédiées à la famille royale Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
A. – Philippe d’Orléans, frère du roi (1640-1701) Texte intégral votre bibliothèque
Annexe. Table des thèses
5 1. v. 1660. S. l. Thèse de théologie ; portrait par François de Poilly d’après Jean Nocret.
Acheter
Aller en haut de page 6 2. 1662. Thèse de philosophie au collège de Presles-Beauvais des frères Auguste et
Aller en bas de page François Valois ; portrait par Pieter Van Schuppen d’après Jean Nocret. Édition
imprimée
7 3. 1667. S. l. Thèse de philosophie de Nicolas Vigneron ; portrait par Gérard Scotin d’après
Pierre Mignard. Presses
universitaires
8 4. 1668. S. l. Thèse de Guillaume-Henry Le Jay de Saint-Fargeau ; portrait gravé par Nicolas de Rennes
de Poilly.
amazon.fr
9 5. 1670. S. l. Thèse supposée de l’abbé Jean de Fagès ; portrait gravé par Pieter Van decitre.fr
Schuppen d’après Claude Lefebvre. mollat.com
leslibraires.fr
6. 1671. Thèse de théologie en Sorbonne de Guillaume-Henry Le Jay de Saint-Fargeau ; 10
placedeslibraires.fr
portrait dessiné et gravé par Robert Nanteuil.
lcdpu.fr
11 7. 1678.8.10. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Adrien-Alexandre de
Mannevillette ePub / PDF ; portrait équestre par Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après
Noël Coypel.
12 8. 1698.7 ou 8.? Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de l’abbé d’Estampes.
13 9. 1699. Tentative en Sorbonne de l’abbé Jean-Baptiste d’Estampes ; portrait gravé par
François Landry d’après Antoine Dieu ; positions gravées par Nicolas Berey.
B. – Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), épouse de Louis XIV
en 1660
14 *** 1. 1660. S.l. Thèse soutenue lors de son mariage en 1660, également dédiée Louis XIV
(cat. 28).
15 2. 1660-1661. S.l. Thèse de Jean-Baptiste Boucher. Portrait sans doute gravé d’après
Charles Beaubrun et édité par François Du Bois.
16 ** 3. 1672. Dunkerque. Thèse au couvent des Recollets.
17 4. 1681. Sienne. Thèse de Pompeo Amerighi ; allégorie par François Spierre d’après
Dionisio Montorselli.
C. – Le Dauphin, Louis de France (1661-1711)
18 1. 1662.7.2. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis-Hugues de Lionne,
dessinée par François Chauveau et gravée par Abraham Bosse.
19 2. 1663 ou 1664. Thèse supposée, dessinée par François Chauveau et gravée par Nicolas
de Poilly.
20 3. 1671.1.27. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne des enfants d’honneur
du Dauphin, Nicolas de Bellemare, Jean d’Estrées, Louis de Vitry, dessinée par Charles Le
Brun et gravée par Gilles Rousselet ; gravure en lettres de Jean Richer.
21 4. 1677.7.7. Thèse de philosophie au collège des Cordeliers de Bourgogne de Jules-Armand
Colbert d’Ormoy ; portrait gravé par Nanteuil ; gravure en lettres de Jean Richer.
22 5. 1677. Thèse de Jean Poisson ; portrait gravé par Guillaume Vallet d’après Jean Jouvenet.
23 6. 1680.7.4. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de l’abbé Claude de
Riantz ; portrait dessiné et gravé par Antoine Masson.
24 7. 1681. Sienne. Thèse de droit de Pompeo Amerighi ; allégorie dessinée par Dionisio
Montorselli, gravée par Benoît Farjat (livret).
D. – Louis, duc de Bourgogne, fils du Dauphin (1682-1712)
25 1. 1691. Thèse de mathématiques et d’optique au collège Mazarin de Jacques Cassini,
éditée par Claude-Louis Thiboust ; bandeaux et lettres ornées gravés par Jacques
Lepautre, Louis Boudan et Simon Thomassin (livret).
E. – Philippe V (1683-1746), fils du Dauphin, duc d’Anjou puis roi
d’Espagne en 1700
26 1. 1702. Reims. Thèse de philosophie chez les Jésuites de Delvaus de Frias. Peut-être
illustrée d’un portrait de Pierre Drevet d’après François de Troy.
II. – Thèses dédiées aux fils légitimés
A. – Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736)
27 1. 1677. S. l. Thèse supposée de Jean-Baptiste Viette de Vrainnes ; portrait dessiné et gravé
par Antoine Masson.
28 2. 1696. Tentative en Sorbonne de l’abbé de Malézieu probablement illustrée du portrait
gravé par Pierre Drevet d’après François de Troy.
29 3. 1696.11.?. Thoisy. Thèse de philosophie au collège des Dombes de Claude Cachet de
Garnerans ; monnaie frappée en 1576 ; portrait par Jean-François Cars d’après François
Verdier ; carte de la souveraineté des Dombes et bandeau aux armes du duc (livret).
30 4. 1706. Mineure au collège de Navarre de l’abbé Jacques du Champ-du-Mont ; portrait par
Pierre Drevet d’après François de Troy.
B. – Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (1678-1737)
31 1. 1694.7.? Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites de Rennes de Claude
Poullart des Places.
2. 1695.9.6. Bordeaux. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’Étienne Denis ; 32
portrait par Pierre Drevet d’après François de Troy.
33 3. 1698.11.14. Rennes. Thèse de théologie (?) au collège des Jésuites de Claude Poullart des
Places.
34 4. 1700.8.10. Thèse de philosophie au collège du Plessis Sorbonne de Charles-Élisabeth de
Coëtlogon ; portrait par Gérard Edelinck d’après Pierre Gobert.
35 5. 1714. S. l. Thèse de Jean-Baptiste Thibault ; portrait par Pierre Drevet d’après Hyacinthe
Rigaud.
36 6. 1714. S. l. Thèse de Marie-Claude-Augustin et Henri-François du Clos Bossart ; portrait
par Pierre Drevet d’après Rigaud.
37 7. 1719.2.27. Thèse de droit canon de Jean-Baptiste Thibault à Paris, présidée par Claude-
Joseph Ferrière ; réutilisation du portrait précédent avec modifications.
III. – Thèses dédiées aux favorites du roi
A. – Madame de Montespan (1640-1707)
1. 1691.8.23. Fontevrault. Thèse de philosophie à l’abbaye de F. René Buignet, F. Louis [ sic ] 38
La Porte, F. Joseph Bruneau ; allégorie aux armes de la marquise éditée à Saumur par
François Ernou.
B. – Madame de Maintenon (1635-1719), épouse putative de Louis XIV
39 1. 1687. Paris (?). Thèse de droit de Le Blanc de Neauville ; portrait par Pierre Giffart d’après
Pierre Mignard (?).
Naviguer dans le livre
Précédent Annexe Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Sources et bibliographie
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Sources et bibliographie Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Sources et bibliographie
p. 315-336
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le SOURCES
livre
Les ouvrages et articles concernant plus particulièrement les thèses gravées sont signalés
par un astérisque.
PDF
Table des matières Pour les périodiques comportant des sous-entrées, ces dernières sont classées par ordre
chronologique croissant et la date est donnée dans l’ordre suivant : année, mois, jour.
Citer Sources manuscrites
Les références des documents conservés aux Archives nationales et au Minutier central sont
Partager PDF du données en note.
chapitre
Archives nationales Plan
O 1 3304 fol. 126 o v , 15 octobre 1668 : Thèse de Colbert de Seignelay. Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral Bibliothèque Mazarine votre bibliothèque
SOURCES Ms. 3536 pièce.
BIBLIOGRAPHIE Mazarine, M 10096, o Acheter fol. 402 r .
Aller en haut de page Bibliothèque nationale de France Édition
imprimée
Aller en bas de page BNF, Mss, Mélanges Colbert 161, fol. 1.3 : invitations à la soutenance de l’abbé Colbert, août
1672. Presses
universitaires
BNF, Mss, Clairambault, o t. XXXVII, n 1147, pièce 3946. de Rennes
BNF, Mss : NAF 5764 : Livres mis dans la Bibliothèque le IX octobre MDCLIII. Livres in-folio amazon.fr
(inventaire de la bibliothèque Mazarin par Naudé). decitre.fr
mollat.com
BNF, Est. Ya2-4 : M ariette , Notes manuscrites , 10 vol. leslibraires.fr
BNF, Est : rés Ye 7 pt. Fol, Registre des estampes, cartes géographiques de privilège reçeues par la placedeslibraires.fr
Bibliothèque du roy depuis l’année 1684 lcdpu.fr .
BNF, Est. e : Ye1 rés. estampes archives xviii , boîte, L’état des estampes de France acquises par ePub / PDF
Ladvenant en consequence de l’ordre que luy en a donné Mr. l’abbé Bignon .
Bibliothèque nationale de France – Bibliothèque de l’Arsenal
Ms. 5098.81, fol. 37-48 o v : « Lud. XIIII Regnum Maximo. Ultimos licentiae Theologicae
labores aeternum Consecrat Ad omnia paratissimus obsequa dux d’Albret Caius Regnum,
Regnum ominum Saecularum. Psal 144 ».
Ms. 3185 : « Explication d’un Tableau Énigmatique que les Jeunes Écoliers Orientaux Élevez
dans le collège des Jésuites par la libéralité du Roy ont fait peindre pour donner une marque
publique de leurs très-humbles Reconnoissances Envers sa Majesté », s. d. [v. 1701-1711].
École nationale supérieure des beaux-arts
Ms. 34, p. 9 : « Catalogue des livres et estampes qui composent le Cabinet de l’Académie
royale de peinture et de sculpture ; II Estampes données à l’Académie à titre de présent ».
Ministère des Affaires étrangères (La Courneuve)
Correspondance politique, sous-série
France, t. CVII, le baron d’Auteuil à Chavigny, juillet 1644.
Rome, 401, cardinal de Bouillon à Louis XIV, Rome 19 mai, 1699, p. 120-121, 126-128.
Recueil des présents faits par le Roy en pierreries, meubles, argenterie et autres : 53 MD 2037,
Microfilm P. 6700, fol. 267 et 53 MD 2038 (autre copie du document), fol. 54.
Archives départementales de la Vienne
P. 19, décision concernant la thèse d’Antoine Jacquet, 1614.
Sources imprimées
*Odes et panégyriques voir : D u F our 1684, H ersan 1682, L e D uc 1679, L e F rançois 1680,
L englet s. d., M aury 1668, M orain 1692, R ollin 1692, V eugny 1678.
*A llegri Domenico, 1984, Music for an Academic Defense (Rome, 1617 ), éd. John Anthony,
Louise Rice et Clare Woods, Middleton (Wis.), A-R Editions.
A melot de la H oussaye Abraham-Nicolas, 1737 [1722], Mémoires historiques, politiques,
critiques et littéraires , Amsterdam, Zacharie Chatelain, 3 vol.
A nselme de S ainte- M arie Augustin, 1674, Histoire de la maison royale de France, et des grands
officiers de la Couronne e , voir 3 éd. (Paris, La Compagnie des Libraires, 1728), Paris, É.
Loyson 2 vol.
A rckenholtz Johann, 1751-1760, Mémoires concernant Christine, reine de Suède, pour servir
d’éclaircissement à l’histoire de son règne , Amsterdam-Leipzig, P. Mortier le jeune et Jean
Schreuder, 2 vol.
*B abuty François-Joachim, 1771, Catalogue des sujets de thèses formant le fonds général de feu
M. Cars, graveur du roi. Acquis par Babuty, libraire , Paris, Babuty.
B aldinucci Filippo, 2013 [1681], Cominciamento e progresso dell’arte dell’intagliare in rame colle
vite di molti de’ più eccellenti maestri della stessa professione , éd. Evelina Borea, Turin, G.
Einaudi.
B asan Pierre-François, 1762, Catalogue d’une belle collection de desseins & estampes d’un très
beau choix de tous les meilleurs maîtres étrangers & françois : [vente] le 4 février 1762 , Paris, De
Lormel.
B asnage Jacques, 1686, Considérations sur l’état de ceux qui sont tombez, ou Lettres à l’Église de
[Rouen] sur sa chute, avec des prières pour l’Église, & pour ceux qui sont tombez , Rotterdam, A.
Acher.
B aston Guillaume-André-René, 1977, Mémoires , publiés par Julien Loth et Charles Verger,
Paris-Genève, H. Champion-Slatkine-Mégariotis, 3 t. en 2 vol.
B ayle Pierre, 1737, OEuvres diverses , La Haye, La Compagnie des libraires, 4 vol.
*B elleville Jean, 1673, Illustrissimo Domino D. Leoni Potier de Gesvres, abbati, artium lauream
collegium Sorbonae-Plessaeum gratulatur , Paris, F. Le Cointe.
B énard Pierre-Maurice, 1810, Cabinet de M. Paignon Dijonval , Paris, impr. Huzard.
B erthod , 1859 [1652], La ville de Paris, en vers burlesques , dans L e P etit Claude, C olletet
François et B oileau Nicolas, Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle , Paris, A. Delahays.
B oileau Nicolas, 1868, OEuvres, avec notes et imitations des auteurs anciens , Paris, Furne.
B osquillon Noël, 1692, A Monsieur l’abbé de Louvois sur la thèse qu’il dédie au roy. Imitation des
vers latins de Monsieur Rollin, professeur royal en éloquence , Paris, s. n. (12 pages, titre original :
Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae praeposito, in tabulam ab eo
regi dedicatam, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo tueretur. Anno M.DC. XCII. IX. cal.
septemb ).
B osse Abraham, 1667, Le peintre converty aux précises et universelles règles de son art, avec un
raisonnement abrégé au sujet des tableaux, bas-reliefs & autres ornemens que l’on peut faire sur
les diverses superficies des bastimens, et quelques advertissemens contre les erreurs que des
nouveaux écrivains veulent introduire dans la pratique de ces arts , Paris, chez l’auteur.
B ossuet Bénigne-Jacques, 1836, OEuvres complètes de Bossuet. Tome quatrième , Besançon,
Outhenin-Chalandre fils.
B ossuet Bénigne-Jacques, 1966, Politique de Bossuet , éd. Jacques Truchet, Paris, A. Colin.
B oze Claude G ros de , G oujet Claude-Pierre, T allemant Paul, 1740, Histoire de l’Académie royale
des inscriptions et belles-lettres, depuis son établissement, avec les éloges des académiciens morts
depuis son renouvellement , Paris, H.-L. Guérin, 3 vol.
B rienne Henri-Auguste de L oménie , comte de, 1838, Mémoires contenant les événements les
plus remarquables du règne de Louis XIII et de celui de Louis XIV jusqu’à la mort du cardinal
Mazarin, composés pour l’instruction de ses enfants ie , Paris, Didier & C , coll. « Nouvelle
collection des Mémoires relatifs à l’histoire de France », 3 e série, t. II.
B rienne , Louis-Henri de L oménie , comte de, 1917, Mémoires de Louis-Henri de Loménie, Cte de
Brienne, dit le jeune Brienne. Tome deuxième , éd. Paul Bonnefon, Paris, H. Laurens.
B ussy- R abutin Roger de, 1857-1859, Correspondance de Roger de Rabutin comte de Bussy, avec
sa famille et ses amis (1666-1693) , Paris, éd. Ludovic Lalanne, Paris, Charpentier, 6 vol.
C allières François de, 1688, Panégyrique historique du roy à Messieurs de l’Académie françoise ,
Paris, P. Auboüin-P. Émery-C. Clousier.
*Catalogue des estampes qui se vendent chez Laurent Cars , s. d. [1760], s. l., s. n.
*Catalogue raisonné du cabinet de feu Mr. Charles Léoffroy [ sic ] de Saint-Yves , 1805, Paris, impr.
de Quillau.
*Catalogue raisonné du cabinet d’estampes de feu Monsieur Winckler [...], 4 : École françoise ,
1810, éd. Michel Huber et J. G. Stimmel, Leipzig, s. n.
C hapelain Jean, 1880-1883, Lettres de Jean Chapelain 1659-1672 , éd. Philippe Tamizey de
Larroque, Paris, Imprimerie nationale, 2 vol.
C hoisy François-Timoléon de, 1727 [1687], Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, par feu
M. l’abbé de Choisy , éd. Denis-François Camusat, Utrecht, Van de Water (rééd. présentée et
annotée par Georges Mongrédien, Paris, Mercure de France, 1966).
Collection des procès-verbaux des assemblées-générales du clergé de France depuis
l’année 1560 jusqu’à présent… , 1772, ouvrage composé sous la dir. de M. l’évêque de Mâcon, t.
V, Paris, impr. G. Desprez.
Comptes des Bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV , 1881-1901, éd. Jules Guiffrey, Paris,
Imprimerie nationale, 5 vol.
*Les continuateurs de Loret : lettres en vers de la Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou
de Subligny, Laurent et autres (1665-1689 ), 1881- 1899, recueillies et publiées par le baron
James de Rothschild, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 3 vol. Voir M ayolas et R obinet .
1666, 11 avril, t. I, p. 800. Thèse de l’abbé de Cruzy.
1666, 11 avril, t. I, p. 800. Thèse de l’abbé d’Hocquincourt.
1666, 29 août, t. II, p. 223. Thèse de François de Fourilles.
1667, 10 juil., p. 90 et 207. Thèse de François Giry.
1667, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, mai, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1668, er 1 janvier, t. III, p. 900. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
C ordier Simon, 1682, Ad serenissimum principem Franc. Armandum, abbatem a Lotharingia,
cum suas theses philosophicas propugnaret et artium laurea donaretur in Sorbonae-Plessaeo ,
Paris, F. Le Cointe.
*C ossart Gabriel, 1662, Ludovico XIV regi Christinissimo nuncupatoria theseon philosophicarum
ex persona Caroli d’Orléans, Comitis a Sancto Paulo, dans Orationes et Carmina , 1675, Paris, S.
Mabre-Cramoisy, p 139.
C ourtilz de S andras Gatien de, 1695, La vie de Jean-Baptiste Colbert, ministre d’État sous Louis
XIV , Cologne, s. n.
*C oypel Noël, 1678, Explication du dessin ve et des figures de la thèse , Paris, impr. V Colin.
D angeau Philippe de C ourcillon , marquis de, 1854-1860, Journal du marquis de Dangeau , éd.
Paul Mantz, Eudore Soulié et Louis Dussieux, Paris, Firmin Didot frères, 19 vol.
D ati Carlo, 1667, Postille alla vita di Zeusi , dans Vite de pittori antichi , Florence, Stamperia della
Stella, p. 18-42.
Description des tableaux et des autres ornements dont l’Académie royale de peinture et de
sculpture a décoré l’église des RR. PP. de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré, où elle fait rendre grâces
à Dieu pour la guérison du roi , 1687, Paris, impr. de N. Pepingué.
D ezallier D’A rgenville Antoine-Joseph, 1762, Abrégé de la vie des plus fameux peintres… , Paris,
De Bure.
Dictionnaire de l’Académie françoise, dédié au roi ve , 1694, Paris, V J.-B. Coignard et J.-B.
Coignard, 2 vol.
*D u B ois- H us , 1644, Le prince sçavant. A la reyne regente , P. Rocolet.
*D u B oulay Pierre-Égasse, 1662, Nobilissimo et illustrissimo abbati Antonio Benedicto de
Clermon-Tonnere de Crusy carmen panegyricum, cum, post propugnatas in Regia Navarra theses
philosophicas, artium laurea donaretur, die [sexta] mensis [augusti] an. 1662 , s. l, s. n.
D ubuisson- A ubenay François-Nicolas B audot , 1883-1885, Journal des guerres civiles de
Dubuisson-Aubenay , 1648-1652, éd. Gustave Saige, Paris, H. Champion, 2 vol.
*D u F our Georges, 1684, Ad illustrissimum virum Franc. Michaelem Le Tellier, marchionem de
Louvois Regi A secretioribus Consillis, cum ejus filii Ludovicus Nicolaus et Ludovicus Franciscus Le
Tellier Teses philosophicas propugnarent in collegio Harcuriano die Veneris XXVIII. julii, ann. 1684,
symbolum. Aquila fulminis vehendi artem pullos edocens Lemma , s. l., ex typ. F. Le Cointe.
D urand de M aillane Pierre-Toussaint, 1761, Dictionnaire de droit canonique , Paris, Desaint et
Saillant, 2 vol.
*Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne par les physiciens du
collège de Rennes de la compagnie de Jésus , 1690, Rennes, Denys.
*Explication de la thèse dédiée au roy par des écoliers du collège des Jésuites à Rouen , 1687,
Rouen, s. n.
F aucher Chrysostome, 1777, Histoire du cardinal de Polignac , Paris, d’Houry.
F aydit Pierre-Valentin, 1710, Nouvelles remarques sur le Virgile et sur Homère et sur le prétendu
style poétique de l’Écriture Sainte ..., s. l., s. n.
F élibien André, 1683, Le songe de Philomathe , Paris, S. Mabre-Cramoisy.
F élibien André, 1689 [1663], « Le portrait du Roy », dans Recueil de descriptions de peintures et
d’autres ouvrages faits pour ve le roi , Paris, V S. Mabre-Cramoisy, p. 68-98.
F oucault Nicolas-Joseph, 1687, Relation de ce qui s’est passé à l’érection de la statue du roi, dans
la ville de Poitiers, le 25 août 1687 , Poitiers, Jean Fleuriau et Jean-Baptiste Braud.
*F oucault Nicolas-Joseph, 1862, Mémoires de Nicolas-Joseph Foucault , éd. Frédéric Baudry,
Paris, Imprimerie impériale.
F réron Élie-Catherine, 1786, L’année littéraire .
F reschot Casimir, 1705, Remarques historiques et critiques, faites dans un voyage d’Italie en
Hollande dans l’année 1704 , Cologne, Jaques Le Sincère, 2 vol.
F uretière Antoine, 1981 [1666], Le roman bourgeois , Paris, Gallimard.
La galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier. Recueil des portraits et éloges en vers et
en prose des seigneurs et dames les plus illustres de France… , 1860 [1659], éd. Édouard de
Barthélemy, Paris, Didier.
G ayot de P itaval François, 1732 [1728], L’art d’orner l’esprit en l’amusant ou Nouveaux choix de
traits vifs, saillans et légers… , Paris, A.-C. Briasson, 4 t. en 2 vol.
*Gazette :
1644, 31 mai, n° 80, p. 538. Thèse du duc d’Aumale.
1644, juil., p. 604 et p. 651. Thèse du prince de Conti.
1645, p. 698. Thèse d’Henri II de Savoie-Nemours.
1661, juil., p. 680. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1661, 27 août p. 116. Thèse du comte de Montbrison.
1662, 8 juil., p. 659. Thèse dédiée au Dauphin.
1662, 12 août p. 790. Thèse d’Antoine-Benoît de Clermont-Tonnerre de Cruzy.
1663, févr., p. 143. Thèse de Charles-Maurice Le Tellier.
1663, mars, p. 245 et le 9 août, p. 761-762. Thèse de Charles-Paris d’Orléans.
1663, juin, p. 659. Thèse de Chrétien-François de Lamoignon.
1663, p. 867. Thèse de Charles Amelot.
1663, p. 867. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1663, 8 sept., p. 867. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1664, 8 mars, p. 227. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1664, 8 juin, p. 646-7. Thèse des pères Cüeillens et Balzac.
1664, 9 août, p. 787. Thèse de Charles d’Orléans-Longueville.
1664, 27 déc., p. 1277. Thèse de Roger de Courtenay.
1666, juin, p. 746. Thèse du père Philippe de Saint Jacques.
1668, 23 mars, p. 320. Thèse de Roger de Courtenay.
1668, 1 er sept., p. 914. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
1671, 23 déc., p. 23. Thèse de Louis-Antoine de Noailles.
1672, 24 mars, p. 191. Thèse soutenue à Ath.
1672, 27 mars, p. 334. Thèse soutenue à Lille.
1672, 28 avril, n o 56, p. 441. Thèse dédiée à Marie-Thérèse.
1672, juil., p. 143-6. Thèse de François d’Argouges.
1684, 29 juil., p. 480. Thèse des fils de Louvois.
1687, 15 févr., p. 11. Thèse du prince de Conti.
*Gazette de santé , jeudi 13 février 1777, n° 7, p. 27. Thèse dédiée à Marie-Antoinette.
G ori G andellini Giovanni, 1771, Notizie istoriche degli intagliatori, opera di Gio. Gori Gandellini,
[...] Tomo I-[III] , Sienne, Vincenzo Pazzini Carli e figli, 3 vol.
G uez de B alzac Jean-Louis, 1854, OEuvres de J. L. de Guez sieur de Balzac , éd. Louis Moreau,
Paris, J. Lecoffe.
*H azon Jacques-Albert, 1771, Éloge historique de l’université de Paris, latin, françois, et avec des
remarques …, prononcé aux écoles de médecine le 11 octobre 1770, s. l. [Paris], s. n.
H ecquet Robert, 1752, Catalogue de l’oeuvre de F. de Poilly, graveur ordinaire du roi avec un
extrait de sa vie , Paris, Duchesne.
H einecken Carl Heinrich von, 1771, Idée générale d’une collection complette d’estampes, avec une
dissertation sur l’origine de la gravure et sur les premiers livres d’images , Leipzig, J.-P. Kraus.
H einecken Carl Heinrich von, 1778-1790, Dictionnaire des artistes dont nous avons des estampes,
avec une notice détaillée de leurs ouvrages gravés , Leipzig, J.-G.-I. Breitkopf, 4 vol.
*H ersan Marc-Antoine, 1682, Serenissimo principi Francisco Armando abbati a Lotharingia
theses philosophicas in collegio Sorbonae-Plessaeo defendit. Carmen , Paris, ex typographia F. Le
Cointe.
H oubraken Arnold, 1718-1721, De groote schouburgh der Nederlantsche konstschilders en
schilderessen , Amsterdam, chez l’auteur, 3 vol.
*H oury Laurent d’, 1689, Explication de l’emblème énigmatique mise au haut de la thèse de M. de
Rouvière, apothicaire ordinaire des camps & armées du roy. Pour la dispensation & la confection
de la thériaque qu’il doit préparer le 28 février 1689 , Paris, Laurent d’Houry.
H uber Michael, 1787, Notices générales des graveurs, divisés par nations, et des peintres rangés
par écoles, précédées de l’histoire de la gravure et de la peinture depuis l’origine de ces arts jusqu’à
nos jours, et suivies d’un catalogue raisonné d’une collection choisie d’estampes , Dresde-Leipzig, J.
G. I. Breitkopf.
H uber Michael et R ost Carl Christian Heinrich, 1797-1808, Manuel du curieux et de l’amateur
d’art ie , Zurich, Orell-Gessner-Fuesslin et C , 9 t. en 8 vol.
H uyghens Christiaan, 1893, OEuvres complètes. Tome V : Correspondance , 1664-1665 , La Haye,
M. Nijhoff-Société hollandaise des sciences.
*Illustrissimo Dom. D. Augustino de Servient Abbati cum Philosophiae Teses, inscriptas dicatasque
Regi, publice propugnaret. Ode , 7 p. signée : Sie spes Nati, Patrisque canebat ALCINOVS tenui
grandia facta LYRA IN HARCURIANA . [BSG, 4° Y 422 (4) inv 552 (68)].
*Journal des sçavans (Le) , Paris, impr. J. Cusson.
1689, t. XVIII, 16 mai, p. 215-216. Thèse d’Henri Rouvière.
1691, p. 197. Thèse de François Giry (1667).
1692, t. XXXV, 8 sept., p. 419-420, 613-614. Thèse de Camille Le Tellier, abbé de Louvois.
1729, p. 226. Thèse de François Giry (1667).
J ouvancy Joseph de, 1892 [1692], De la manière d’apprendre et d’enseigner , Paris, trad. du latin
par Henti Ferté, Paris, Hachette.
J urieu Pierre, 1689, La religion des Jésuites ou Réflexions sur les inscriptions du père Menestrier et
sur les écrits du Père Letellier , La Haye, A. Troyel.
*L a B retonnière Antoine de, 1668, L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au roy
par M. le marquis de Seignelay , trad. du latin par Esprit Fléchier, Paris, S. Mabre-Cramoisy.
L a L oubère Simon de, 1691, Du royaume de Siam ..., Paris, J.-B. Coignard.
*L ambert , Claude-François, 1751, « Discours sur les progrès de la gravure sous le règne de
Louis XIV », dans id ., Histoire littéraire du règne de Louis XIV , Paris, Prault-Guillyn-Quillau, t. III.
*L assone François-Xavier de, 1777, Dissertatio medica, de recto usu purgantium et venaesectionis
in febribus acutis. Quam Deo duce, & auspice Deiparâ, in Augustissimo Ludoviceo medico
Monspeliensi, pro Baccalaureatûs gradu obtinendo, tueri conabitur Auctor, Franciscus-Xaverius de
Lassone… , Montpellier, s. n.
L a V ergne detressan Pierre de, 1670-1671, Examen général de tous les états et conditions, et des
pechez que l’on y peut commettre… , Paris, G. Desprez, 3 parties en 2 vol.
L a V ergne de T ressan Pierre de, 1724, Examen général de tous les états et conditions et des
pechez que l’on y peut commettre […] par le Sieur de Saint-Germain , Paris, G. Desprez-J.-B.
Desessartz, 2 vol.
L e C omte Florent, 1699-1700, Cabinet des singularitez d’architecture, peinture, sculpture, et
graveure. Ou Introduction à la connoissance des plus beaux-arts, figurés sous les tableaux, les
statuës, & les estampes , Paris, E. Picart-N. Le Clerc, 3 vol.
*L e C omte Jean, 1692, Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae
praeposito, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo tueretur. IX. cal. septemb. M.DC. XCII.
Ode , s. l., s. n.
*L e D uc Jessé, 1679, Ludovico Magno, [...] cum sub ejus auspiciis theses philosophicas
propugnarent in Harcurio [...] fratres Stephanus et Aegidius d’Aligre , Paris, F. Le Cointe.
L e F èvre Antoine-Martial, 1750, Les Muses en France, ou Histoire chronologique de l’origine, du
progrès et de l’établissement des belles-lettres, des sciences et des beaux-arts dans la France,
contenant la fondation des universités, des collèges, des académies royales, des écoles célèbres de
ce royaume, et les personnes illustres… , Paris, J.-F. Quillau fils.
L efèvre d ’O rmesson Olivier, 1861, Journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson et extraits des mémoires
d’André Lefèvre d’Ormesson. Tome deuxième, 1661-1672 , éd. Adolphe Chéruel, Paris, Imprimerie
impériale.
*L e F rançois Jean, 1680, In iconem Lud. Magni pacifici, cum sub ejus auspiciis theses
philosophicas propugnaret [...] Joannes Bapt. Colbert de Croissy, in Harcurio, id. sept. ann. 1680 ,
Paris, F. Le Cointe.
L e J ay Gabriel-François, 1687, Le triomphe de la Religion sous Louis le Grand, représenté par des
inscriptions et des devises, avec une explication en vers latins & françois , Paris, M. Langlois.
*L englet Pierre de, s. d. [1680], Illustrissimo viro Domino D. Joanni-Baptistae Colbert regi ab
intimis consiliis et secretioribus mandatis, generali aerarii moderatori, summo regiorum
aedificiorum praefecto. Schola Harcuriana supplex , s. l. [Paris], s. n.
L épicié François-Bernard, 1752, Vies des premiers peintres du roi, depuis M. Le Brun, jusqu’à
présent , Paris, Durand-Pissot fils, 2 vol.
L’E stoile Pierre de, 1825, Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France , t.
XLVXLVIII : Mémoires de Pierre de L’Estoile pour servir à l’histoire de France et Journal de Henri III
et de Henri IV , éd. Claude-Bernard et Alexandre Petitot, Paris, Foucault, 4 vol.
L even de T emplery Joseph, 1706, L’éloquence du temps, enseignée à une dame de qualité… ,
Bruxelles, J. Léonard.
*L oret Jean, 1652-1665, La muze historique, ou Recüeil des lettres en vers ecrites à son altesse
mademoiselle de Longueville , Paris, C. Chénault, 16 livres.
1658, 13 juillet, p. 500. Thèse de Le Tonnelier de Breteuil dédiée à Mazarin.
1661, juil., t. III, p. 374-375. Thèse de l’abbé d’Harcourt.
1661, août, livre XII, lettre XXXIV, p. 395. Thèse d’Emmanuel de Guénégaud de Montbrison,
abbé de Brienne.
1662, XIV, p. 133, col. 1278, n o 25. Thèse de Charles-Paris d’Orléans, comte de Saint-Pol.
1662, 16 déc., livre XIII, p. 193. Thèse de Charles-Paris d’Orléans, comte de Saint-Pol.
1663, livre XIV, p. 148. Thèse de Charles Amelot.
1664, er 1 mars, livre XV, p. 35. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1666, 10 juil., p. 207 et déc. 1667, p. 909. Thèse de François Giry.
1666, 29 août, t. II, p. 223. Thèse de François de Fourille.
L ouis XIV, 1860, Mémoires de Louis XIV pour l’instruction du Dauphin , éd. Charles-Louis Dreyss,
Paris, Didier, 2 vol.
L ouis XIV, 1992, Mémoires pour l’instruction du Dauphin , éd. Pierre Goubert, Paris, Imprimerie
nationale.
L ouis XIV, 2001, Mémoires. Suivi de Réflexions sur le métier de roi, Instructions au duc d’Anjou,
Projet de harangue , éd. Jean Longnon, Paris, Tallandier.
L ouvois , François-Michel L e T ellier , marquis de, 2007, Architecture et Beaux-Arts à l’apogée du
règne de Louis XIV. Édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des
Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691, conservée au Service historique de la
Défense, tome I (1683-1684) , éd. Raphaël Masson et Thierry Sarmant, Paris, Éd. du CTHS.
L ouvois , François-Michel L e T ellier , marquis de, 2009, Architecture et Beaux-Arts à l’apogée du
règne de Louis XIV. Édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des
Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691, conservée au Service historique de la
Défense, tome II (1685) , éd. Raphaël Masson et Thierry Sarmant, Paris, Éd. du CTHS.
L ugt Frits, 1938, Répertoire des catalogues de ventes publiques intéressant l’art ou la curiosité.
Première période : vers 1600-1825 , La Haye, M. Nijhoff.
L uynes Charles-Philippe d ’A lbert , duc de, 1649, Question S’il doit y avoir un premier ministre
dans le Conseil du roy , Paris, s. n.
L uynes Charles-Philippe d ’A lbert duc de, 1860, Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis
XV. 1738-1739 , éd. Louis Dussieux et Eudore Soulié, Paris, Firmin-Didot.
M abillon Jean, M ontfaucon Bernard de et Q uesnel Pasquier, 1846, Correspondance inédite de
Mabillon et de Montfaucon avec l’Italie , éd. A.-C. Valery, Paris, J. Labitte, 3 vol.
M aintenon Françoise d’A ubigné , marquise de , 1865-1866, Correspondance générale de
Madame de Maintenon , éd. Théophile Lavallée, Paris, Charpentier, 4 vol.
M ariette Pierre-Jean, 1851-1862, Abecedario de P.-J. Mariette et autres notes inédites de cet
amateur sur les arts et les artistes , éd. Charles-Philippe de Chennevières-Pointel et Anatole de
Montaiglon, Paris, J.-B. Dumoulin, 6 vol.
M arolles Michel de, 1666, Catalogue de livres d’estampes et de figures en taille douce… , Paris, F.
Léonard.
M arolles Michel de, 1755, Mémoires de Michel de Marolles , éd. Claude-Pierre Goujet,
Amsterdam-Paris, s. n., 3 vol.
M arolles Michel de, 1872, Livre des peintres et graveurs , éd. de G. Duplessis, Paris, P. Daffis.
M arteau Pierre, 1694, Politique nouvelle de la cour de France sous le regne de Louis XIV où l’on
void toutes ses intrigues, & sa manière présente d’agir, à l’égard de toutes les puissances de
l’Europe, uniquement pour satisfaire à l’ambition, & à la grandeur de son monarque , Cologne,
chez l’auteur.
M aupeou Pierre de, 1702, La vie du très-révérend père dom Armand Jean Le Bouthillier de Rancé ,
Paris, L. d’Houry.
*M aury Jean, 1668, Ad illustrissimum et spei maximae adolescentem D. Joannem Baptistam
Colbertum de Seignelay. Ob reportatam summa cum laude lauream philosophicam in Collegio
Claromontano. Gratulatio paranetica , s. n., s. l.
*M ayolas La G ravette de ( voir : Les continuateurs… 1881-1899 et L oret 1652-1665).
1666, 11 avril, t. I, p. 800-801. Thèse d’Antoine Benoît de Clermont-Tonnerre.
1666, juin, t. II, p. 93. Thèse du père Philippe de Saint Jacques.
1669, 8 sept., t. III, p. 899. Thèse de Fortin de la Hoguette.
Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de
sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’École impériale des beaux-arts , 1854, éd.
Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Louis Dussieux et Eudore Soulié, Paris, J. B.
Dumoulin, 2 vol.
M énestrier Claude-François, 1662, L’art des emblèmes , Lyon, B. Coral.
M énestrier Claude-François (attribué à), s. d. [1676], Ludovico Magno epinicion. Prolusio
academica ad theses philosophicas Claudij Pellot, Lugdunensis, Neustriae senatus principii filii, in
collegio Prellaco-Bellovaco humanae sapientiae propugnantis , s. l., s. n.
M énestrier Claude-François, 1679, La devise du roy justifiée […] avec un recueil de cinq cens
devises faites pour S. M. & toute la Maison royale , Paris, E. Michalet.
M énestrier Claude-François, 1682, La philosophie des images , Paris, R.-J.-B. de La Caille.
M énestrier Claude-François, 1686, La science et l’art des devises dressez sur des nouvelles règles
avec six cens devises sur les principaux événemens de la vie du roy et quatre cens devises sacrées
dont tous les mots sont tirés de l’écriture sainte , Paris, R.-J.-B. de La Caille.
M énestrier Claude-François, 1693, Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles,
emblèmes devises, jettons, inscriptions, armoiries, & autres monumens publics… , éd. nouv. corr.
et augm., Paris, R. Pépie-J.B. Nolin.
*Mercure galant (1672-1674) puis Nouveau Mercure galant (1677) puis Mercure galant (1678-
1714), Le Mercure (1721-1723) :
1672, mai, t. I, p. 37-38. Thèse de l’abbé Louis-Antoine de Noailles.
1672, juill., p. 143-6. Thèse de François d’Argouges.
1677, août, p. 75. Thèse de M. d’Ormoy dédiée au Dauphin.
1678, août, p. 200-208. Thèse d’Adrien-Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe
d’Orléans.
1678, août, p. 280 et sept. 1678, p. 178-192. Thèse de François du Montal de Montsaulnin.
1678, sept. et éd. de Lyon, sept. 1678, p. 111. Thèse de François du Montal de Montsaulnin.
1679, août, p. 202-211. Thèse d’Étienne et Gilles d’Aligre.
1679, août, p. 330-333. Thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, prince de Turenne.
1680, avril, t. II, p. 306. Thèse de l’abbé Claude de Riantz dédiée au Dauphin.
1680, sept., t. I, p. 279-290. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy.
1681, août, p. 114-120. Thèse de Michel-François Le Tellier.
1684, juil., p. 314-325. Thèse des fils de Louvois.
1685, mars, p. 25-33. Thèse de Philibert Madon.
1685, mars, p. 126-137. Thèse d’Henri Rouvière.
1685, mai, p. 257. Thèse d’Henri Rouvière.
1685, juil., p. 322-323. Thèse de François-Armans [Armand] de Lorraine-Armagnac.
1685, oct., p. 23-31. Thèse de Pierre Berthe.
1686, févr., p. 54-62. Thèse de du Tertre dédiée au duc de Bourbon.
1686, nov., t. I, p. 98-101. Thèse de Jacques-Nicolas Colbert.
1686, nov., t. I, p. 135. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy.
1687, janv., t. I, p. 8-98, « Histoire du Roy ».
1687, janv., t. II, p. 214- 220. Journal de Voyage de Siam de François-Timoléon de Choisy.
1688, sept. p. 247-258. Thèse de Charles-Albert Dulion de Poinson.
1689, janv., p. 162-164. Thèse d’Henri Rouvière.
1689, avril, p. 159-177. Thèse d’Henri Rouvière.
1689, mai 1689, p. 254-258. Thèse d’Henri Rouvière.
1690, mars, p. 200, thèse de Jacques Nicolas Colbert, abbé du Bec.
1690, oct., p. 84. Thèse de La Rivière de Laudun.
1692, déc., p. 180-181. Thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, prince de Turenne.
1692, août p. 183-194. Thèse de Camille Le Tellier de Louvois.
1695, sept., p. 193-194. Thèse d’Étienne Denis dédiée au comte de Toulouse.
1696, févr., p. 282. Thèse de l’abbé de Malézieu dédiée au duc du Maine.
1698, août, p. 193-205. Thèse de l’abbé d’Estampes dédiée à Philippe d’Orléans.
1698, nov., p. 184-188. Thèse de Claude Poullart des Places dédiée au comte de Toulouse.
1700, août, p. 143 à 150. Thèse de Charles-Élisabeth de Coëtlogon dédiée au comte de
Toulouse.
1701, févr., p. 187-188. Thèse de Poulletier et Regnault.
1702, août, p. 117-119. Thèse dédiée à Philippe V.
1703, juill., p. 59. Propos sur les thèses.
1706, févr., p. 260-264. Thèse dédiée au duc du Maine.
1723, août, p. 308-309. Thèse de Claude-Irenée d’Aumas dédiée au duc de Chartres.
*M ontignac , Jean-Baptiste de, 1774, Ludovico decimo sexto regi æquissimo. Teses mechanicas
dicat, vovet, consecrat subditus obsequentissimus Joannes Baptista de Montignac, Lemovix […]
Exercitationem aperiet Joannes Baptista Josephus Petiniaud de Juriol, Lemovix, Convictor. Die lunae
decimâ octavâ Julii, anno Domini 1774, à sesquisecunda ad vesperam. Arbiter erit Mathurinus
Georgius Girault de Keroudou …, Paris, Typis Francisci Ambrosii Didot.
M ontpensier Anne-Marie-Louise-Henriette d ’O rléans , duchesse de, 1746, Mémoires de
Mademoiselle de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, roi de France ,
Amsterdam, J. Wetstein-G. Smith.
M onville Simon-Philippe M azière , abbé de, 1730, La vie de Pierre Mignard, premier peintre du
roy , Paris, J. Boudot-J. Guérin.
*M orain N., 1692, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum Namurcum illustrissimus abbas
Camillus Le Tellier de Louvois theses philosophicas dedicaret, die XXIV. august. M. DC. XCII , s. l, s.
n.
M oreri Louis, 1732, Le grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l’histoire sacrée et
profane… , Paris, J. Vincent, 6 vol.
N audé Gabriel, 1650, Jugement de tout ce qui a esté imprimé contre le cardinal Mazarin, depuis le
sixième janvier, jusques à la déclaration du premier avril mil six cens quarante-neuf , Paris, S.
Cramoisy.
N ivelon Claude, 2004, Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages , éd.
Lorenzo Pericolo, Genève, Droz.
*Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague… , 1612, Paris, Jean Richer (mai 1611, p. 52-69,
thèses aux Jacobins de Paris dédiées à Louis XIII et Marie de Médicis).
Panégyrique du roy sur la destruction de l’hérésie, qui fut prononcé le 17 décembre par le P.
Quartier jésuite au Collège de Louis le Grand , 1687, s. l., s. n.
P apillon Philibert, 1742, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne , Dijon, P. Marteret, 2 t.
en 1 vol.
P atin Guy, 1692, Lettres choisies , Paris, J. Petit, 2 vol.
P ellisson- F ontanier Paul, 1671, Panégyrique du roy Louis quatorzième, prononcé dans
l’Académie françoise , Paris, P. Le Petit.
P errault Charles, 1696, Les hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leurs
portraits au naturel , Paris, A. Dezalier, 2 t. en 1 vol.
P iles Roger de, 1699, Abrégé de la vie des peintres , Paris, F. Muguet.
P iles Roger de, 1708, Cours de peinture par principes , Paris, J. Estienne.
*P ontevez de R ougnette , François M aurel de, De nobilissimo adolescente de Aegidio Le Maistre
de Ferriere Epigramma , s. l. n. d., in-fol., plano (BNF, Rés. G.YC-906).
Procès-verbaux de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1648-1793) , 1875-1892, éd. par
Anatole de Montaiglon, Paris, J. Baur, 10 vol.
Q uincy Charles S evin , marquis de, 1726, Histoire militaire du règne de Louis le Grand , Paris, D.
Mariette, 7 t. en 8 vol.
R acine Jean, 1828, OEuvres de Jean Racine , Paris, Dondey-Dupré, 6 vol.
R affron Claude, 1691, La vie du R.P. François Giry, ancien provincial des religieux Minimes de la
province de France , Paris, P. de Launay.
R anuzzi Angelo Maria, 1973, Correspondance du nonce en France Angelo Ranuzzi (1683-1689) ,
éd. Bruno Neveu, Rome, École française de Rome-université pontificale grégorienne, 2 vol.
R apin René, 1865, Mémoires du P. René Rapin, de la compagnie de Jésus sur l’Église et la société,
la cour, la ville et le jansénisme (1644-1669) , éd. Léon Aubineau, Paris, Gaume frères, 3 vol.
*Recueil des gazettes, nouvelles ordinaires et extraordinaires, relations et autres récits des choses
avenues…
1650, p. 521. Thèse de Claude Fyot.
1664, p. 227. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, p. 487-488. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1672, p. 72. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1678, 1 er janvier, p. 16. Thèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec.
*Recueil des nouvelles ordinaires et extraordinaires : Paris, 1701, p. 280.
1704, 20 mai, p. 283. Thèse soutenue à Rome.
Registres de l’Académie françoise , 1672-1793 (Les), 1895, Paris, Firmin-Didot, 3 vol.
*Relation des réjouissances que l’université d’Aix-en-Provence a faites, pour le rétablissement de la
santé du roy (Salvti Lvdovici Magni felicitatiqve pvblicae academia aqvensis mdclxxxvii) , 1687, Aixen-
Provence, G. Le Grand.
Retour et restablissement des arts et mestiers. Vers burlesques (Le) , 1649, Paris, s. n.
R ians Pierre de, s.d. [v. 1716], La vie du R. P. Jérôme d’Étienne, religieux de l’ordre des Minimes de
la province de Provence , Aix, J. Adibert.
R ipa Cesare, 1989 [1643], Iconologie où les principales choses qui peuvent tomber dans la pensée
touchant les vices sont représentées , trad. de l’italien par Jean Baudoin, fac-sim. de l’édition
de 1643, Paris, Aux amateurs de livres.
*R obinet de S aint- J ean Charles, La muse historique , t. II et III.
1666, 29 août, t. II, p. 22. Thèse de François de Fourille.
1667, 22 mai, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, er 1 août, t. II, p. 849. Majeure de l’abbé de Bouillon dédiée à Louis XIV.
1668, 1 er janvier, t. III, p. 900. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
*R ollin Charles, 1692, Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae
praeposito, in tabulam ab eo regi dedicatam, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo
tueretur. Anno M.DC. XCII. IX. cal. septemb , Paris, s. n.
R ollin Charles, 1736, De la maniere d’enseigner et d’etudier les belles lettres, par raport à l’esprit
ve
et au coeur , Paris, V Estienne, 4 vol.
ve
S ainct- C lément René de, 1649, Tèses d’estat tirées de la politique chrestienne , Paris, V T.
Pepingué et E. Maucroy.
*S aint- M aurice Thomas-François C habot , marquis de, 1910, Lettres sur la cour de Louis XIV,
1667-1670 , éd. Jean Lemoine, Paris, Calmann-Lévy.
S aint- S imon Louis de Rouvroy, duc de, 1982- 1988 [1856-1858], Mémoires , éd. Yves Coirault,
Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 8 vol.
S avary des B rûlons Jacques, 1750 [1723], Dictionnaire universel de commerce , éd. Philémon-
Louis Savary, Genève, frères Cramer-C. Philibert, 4 vol.
S enault Jean-François, 1664 [1661], Le monarque, ou Les devoirs du souverain , Paris, P. Le Petit.
me
S évigné Marie de R abutin C hantal , marquise de, 1862-1863, Lettres de M de Sévigné, de sa
famille et de ses amis , éd. Louis-Jean Monmerqué, Paris, L. Hachette, 8 vol.
S ourches Louis-François D u B ouchet , marquis de, 1882-1893, Mémoires du marquis de
Sourches sur le règne de Louis XIV (1687-1712) , éd. Gabriel-Jules de Cosnac et Édouard Pontal,
Paris, Hachette, 13 vol.
S panheim Ézéchiel, 1900 [1781], Relation de la cour de France en 1690 , Paris-Lyon, Librairie A.
Picard-A. Rey.
S ymon Jacques, 1686, Tèses de mathématiques tirées de quatorze traitez principaux dédiées au
roy , Marseille, H. Brebion.
Tèse des Jésuites de Poitiers en faveur de la probabilité, censurée par l’université de la mesme ville,
avec ce qui s’y est passé à ce sujet, extrait d’une lettre écrite de Poitiers le 23 juin 1665 , 1665,
[Poitiers], s. n.
T orcy Jean-Baptiste C olbert , marquis de, 1884, Journal inédit de Jean-Baptiste Colbert, marquis
de Torcy [...] pendant les années 1709, 1710 et 1711 , éd. Frédéric Masson, Paris, E. Plon-Nourrit.
*T wickel Joannes Wilhelmus de, 1701, Paraphrasis canonica libri IV. Decretalium, quam
Ludovico magno regi christianissimo dicatam, Deo duce & favente Virginie Deiparâ, publicè
propugnabit Johannes Wilhelmus De Twickel ex Havixbeck, monasterio-Westphalus, cathedralis
ecclesiae spirensis canonicus , Strasbourg, F. Schmuckius junior.
V achet Bénigne, [1865], Mémoires de Bénigne Vachet, missionnaire apostolique , Paris, impr. V.
Goupy.
*V eugny C., 1678, Ludovico Magno cum ejus auspiciis laurea artium donaretur nobilissimus
abbas Franc. de Montsaulnin du Montal, In Sorbonae-Plessaeo, die 21 Aug. 1678 , Paris, F. Le
Cointe.
V igier Géraud (P. Dominique de Jésus), 1677, La monarchie sainte, historique, chronologique et
généalogique de France , Clermont-Ferrand, N. Jacquard, t. II.
W ellwood James of, 1691-1693, L’histoire du temps, ou Relation de ce qui s’est passé de
mémorable en Europe, et principalement en Angleterre depuis les règnes de Charles II et de
Jacques II , Amsterdam, A Wolfgang, 5 vol.
*Y velin Jean, s. d. [1663], Ad illustrissimum Abbatem Carolum Amelot Hendeca, syllabon
(offerebat Joannes Yvelin) , s. l., s. n.
BIBLIOGRAPHIE
Études
A dam Véronique, 2003, Images fanées et matières vives. Cinq études sur la poésie Louis XIII ,
Grenoble, ELLUG.
A damczak Audrey, 2011, Robert Nanteuil (ca 1623-1678) , Paris, Arthena.
A dams Alison, R awles Stephen et S aunders Alison, 1999-2002, A bibliography of French Emblem
Books of the Sixteenth and Seventeenth Centuries , Genève, Droz, 2 vol [vol. 1 : A-K ; vol. 2 : L-Z].
A lbanès Joseph-Hyacinthe, 1880, Le couvent royal de Saint-Maximin en Provence de l’ordre des
Frères prêcheurs ..., Marseille, E. Camoin-V. Boy.
A ndrieux Jean-Yves et al. , 1994, Le parlement de Bretagne : histoire et symbole , Rennes, Presses
universitaires de Rennes.
*A ppunhn- R adtke Sibylle, 1988, Das Tesenblatt im Hochbarock. Studien zu einer graphischen
Grattung am Beispiel der Werke Bartholomäus Kilian , Weissenhorn, A. H. Konrad.
A postolidès Jean-Marie, 1981, Le Roi-Machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV ,
Paris, Éd. de Minuit.
A ssaf Francis B., 1999, La Mort du roi. Une thanatographie de Louis XIV , Tübinghen, Gunter
Narr Verlag.
A uber Charles-Auguste, 1884 [1870-1871], Histoire et théorie du symbolisme religieux avant et
depuis le Christianisme , Paris Féchoz et Letouzey, 4 t. en 2 vol.
*A ubert Gauthier, 2004, « Trois thèses illustrées sur le parlement de Bretagne », dans A llio
Christian (dir.), De Bretagne et d’ailleurs . Regards d’historiens , Morlaix, Skol Vreizh, p. 148-151.
B achelot Bernard, 2011 [2003], Louis XIV en Algérie : Gigeri 1664 , Paris, L’Harmattan.
B acker Augustin et Aloys, 1853-1861, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus ,
Liège, L. Grandmont-Donders, 7 vol.
B acker Augustin et Aloys, S ommervogel Carlos, 1869-1876, Bibliothèque des écrivains de la
Compagnie de Jésus , Liège-Paris, chez les auteurs, 3 vol.
B ajou Thierry, 1998, La peinture à Versailles, xvii e siècle , Paris, RMN-Buchet-Chastel.
B ardon Françoise, 1974, Le portrait mythologique à la cour de France sous Henri IV et Louis XIII ,
Paris, A. et J. Picard.
B eauvais Lydia, 2000, Inventaire général des dessins, école française. Charles Le Brun, 1619-1690 ,
Paris, RMN, 2 vol.
B éguin Katia, 1999, Les princes de Condé : rebelles, courtisans et mécènes dans la France du
Grand Siècle , Seyssel, Champ Vallon.
*B erger Susanna, 2013, « Martin Meurisse’s Garden of Logic », Journal of the Warburg and
Courtault Institutes , LXXVI, p. 203-249.
*B erger Susanna, 2017, Te Art of Philosophy : Visual Tinking in Europe from the Late Renaissance
to the Early Enlightenment , Princeton, Princeton University Press.
B erton Charles, 1857, Dictionnaire des cardinaux , éd. par l’abbé Jacques-Paul Migne, Paris, J.-P.
Migne.
B erty Adolphe et T isserand Lazard-Maurice, 1887 [1877], Histoire générale de Paris ,
topographie historique du vieux Paris , t. V : Région occidentale de l’Université , Paris, Imprimerie
nationale.
B ettag Alexandra, 1998, Die Kunstpolitik. Jean-Baptiste Colberts : unter besonderer
Berücksichtigung der Académie royale de peinture et de sculpture , Weimar, VDG.
B inet Léon et V allery- R adot Pierre, 1963, Les chirurgiens parisiens et la thèse. Prestige de la
chirurgie , Paris, Expansion scientifique française.
*B lažíček Oldřich Jan, 1967-1969, Teses in Universitate Carolina Pragensi disputatae, saec. xvii et
xviii , Prague, Pragopress, 7 vol.
B oitel Isaure, 2011, « Du barbare à l’oppresseur décrépi : l’image du Louis XIV guerrier dans
les satires anglaises et hollandaises », Cahiers de la Méditerranée , vol. 83 : Guerres et guerriers
dans l’iconographie et les arts plastiques xv e -XXe siècles , p. 125-134.
B oitel Isaure, 2016, L’image noire de Louis XIV , Ceyzérieu, Champ Vallon.
B ordeaux Jean-Luc, 1985, François Le Moyne and his generation (1688-1737) , Neuilly-sur-Seine,
Arthena.
B ouquet Henri-Louis, 2010 [1891], L’ancien collège d’Harcourt et le lycée Saint-Louis , Paris,
Delalain frères.
B ouquet- B oyer Marie-Thérèse (dir.), 2001, Les noces de Pélée et de Tétis, Venise, 1639 – Paris,
1654 , actes du colloque international (Chambéry et Turin, 3-7 nov. 1999), Berne-New York, P.
Lang.
B oureau Alain, 1987, « Les enseignements absolutistes de Saint Louis, 1610-1630 », dans
G rell Chantal et L aplanche François (dir.), La monarchie absolutiste et l’histoire de France.
Téories du pouvoir, propagandes monarchiques et mythologies nationales , actes du colloque
(Paris, Paris IV-Sorbonne, 26-27 mai 1986), Paris, PUPS, p. 79-97.
B oyer Jean, 1967 « Une dynastie de graveurs auxois : les Cundier », Provence historique , t.
XVIII, fasc. 69, juill.-sept., p. 221-238.
B oyer Jean-Claude, 1982, « L’Inventaire après décès de l’atelier de Pierre Mignard », Bulletin de
la Société de l’histoire de l’art français , année 1980, p. 137-165.
B oyer Jean-Claude, 1992, « Fas et nefas : Simon Vouet, sa gloire et les voies de celle-ci », dans
L oire Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre,
5-7 févr. 1991), Paris, La Documentation française, p. 583-593.
B oyer Jean-Claude (dir.), 1997, Pierre Mignard, le Romain , actes du colloque (Paris, musée du
Louvre, 29 sept. 1995), Paris, La Documentation française.
B oyer Jean-Claude, 2008, Pierre Mignard , Paris-Milan, musée du Louvre-5 Continents.
B ryan Michael, 1886-1889, Dictionary of Painters and Engravers, Biographical and Critical ,
Londres, G. Bell, 2 vol.
B urke Peter, 1992, Te Fabrication of Louis XIV , New Haven-Londres, Yale University Press.
C abanel Patrick et P oton de X aintrailles Didier, 1994, Les protestants français du xvi e au
xx e siècle , Paris, Nathan.
C anova- G reen Marie-Claude, 2014, « On ne naît pas Roi, on le devient : Louis XIV au miroir de
ses mémoires », dans D a V inha , M aral et M ilovanovic 2014, p. 33-43.
C arrier Hubert, 1989, La presse de la Fronde (1648- 1653) : les Mazarinades. 1 : La conquête de
l’opinion , Genève, Droz.
C assan Michel, 2009, « Les fêtes de la canonisation d’Ignace de Loyola et de François Xavier
dans la province d’Aquitaine (1622) », dans D ompnier Bernard (dir.), Les cérémonies
extraordinaires du catholicisme baroque , Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-
Pascal, p. 459-476.
C astelluccio Stéphane, 2004, Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants du xvi e au xviii e ,
Paris, Éd. du CTHS.
Catalogue des dessins anciens de l’école française des xvi e e e , xvii et xviii siècles, écoles provinciales,
dessins modernes, aquarelles le tout ayant appartenu à feu M. le marquis de Chennevières , 1900,
cat. vente (Paris, Drouot, 4-7 avril 1900), Paris, s. n.
C haline Olivier, 2005, Le règne de Louis XIV , Paris, Flammarion.
C hanterenne Damien, 2012, Pierre-Paul Sevin : illustrateur et créateur de décors de fêtes et de
cérémonies sous Louis XIV , thèse de doctorat sous la dir. de Jérôme de La Gorce à l’université
Paris IV-Sorbonne.
C hartier Roger, 1992, « L’Uomo di lettere », dans V ovelle Michel (dir.), L’Uomo dell’Illuminismo ,
Rome-Bari, éd. Laterza, p. 143-197.
C hartier Roger, 1996, « Le prince, la bibliothèque et la dédicace », dans B aratin Marc et J acob
Christian (dir.), Le pouvoir des bibliothèques. La mémoire des livres en Occident , Paris, Albin
Michel, p. 204-223.
C harvet Léon, 1894, « Les Sevin, peintres, dessinateurs et décorateurs », Réunion des Sociétés
des beaux-arts des départements o , n 18, mars, p. 135-203.
C hevalier Jean et G heerbrant Alain, 1982 [1969], Dictionnaire des symboles : mythes, rêves,
coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres , éd. rev. et augm., Paris, R. Laffont-Jupiter.
C oatalem Éric, 2005, OEuvres sur papier et esquisses , cat. vente (Paris, Galerie Coatalem, 2005),
Paris, Galerie Éric Coatalem.
C ompère Marie-Madeleine, 2002, Les collèges français, 16 e -18 e siècles. 3 : Répertoire Paris , Paris-
Lyon-Rouen, INRP.
C ompère Marie-Madeleine, J ulia Dominique et C hartier Roger, 1976, L’éducation en France du
xvi e au xviii e siècle , Paris, Société d’édition d’Enseignement supérieur.
C oquery Emmanuel, 1997, « Le portrait de Louis », dans N antes /T oulouse , 1997, p. 75-88.
C oquery Emmanuel, 2013, Charles Errard ca. 1601-1689 : la noblesse du décor , Paris, Arthena.
C ornette Joël, 2000 [1993], Le roi de guerre : essai sur la souveraineté dans la France du Grand
Siècle , Paris, éd. Payot & Rivages.
C ourboin François, 1923-1929, Histoire illustrée de la gravure en France , Paris, M. Le Garrec,
4 vol. et 3 vol. de planches.
C ousin Victor, 1864 [1853], La jeunesse de M me de Longueville : études sur les femmes illustres et
e la société du xvii siècle , Paris, Didier.
C outelle Antoine, 2014, Poitiers au xvii e siècle : les pratiques culturelles d’une élite urbaine ,
Rennes, Presses universitaires de Rennes.
C outon Georges, 1990, Écritures codées e : essais sur l’allégorie au xvii siècle , Paris, Aux
amateurs de livres.
C ugy Pascale, 2013, La dynastie Bonnart et les Bonnarts : étude d’une famille d’artistes et
producteurs de « modes » , thèse de doctorat, sous la dir. de Marianne Grivel, Paris IVSorbonne.
C ugy Pascale, 2017, La dynastie Bonnart. Peintres, graveurs et marchands de modes à Paris sous
l’Ancien Régime , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
D ainville François de, 1978, L’éducation des Jésuites, xvi e -XVIIIe siècle , textes réunis et
présentés par Marie-Madeleine Compère, Paris, Éd. de Minuit.
D a V inha Mathieu, M aral Alexandre et M ilovanovic Nicolas, 2014, Louis XIV : l’image et le
mythe , Rennes-Versailles, Presses universitaires de Rennes-Centre de recherche du château
de Versailles.
D ecauville L achênée Abel, 1889, Le graveur caennais Michel Lasne : notice sur sa vie et son
oeuvre, et catalogue des gravures… , extrait du Bulletin de la Société des beaux-arts de Caen , Caen,
H. Delesques.
*D elage Anna, 1913, Histoire de la thèse de doctorat en médecine , Paris, Ollier-Henry.
D elaplanche Jérôme, 2011, « Pour une approche typologique de la peinture de bataille du
xvii e siècle », Cahiers de la Méditerranée o , n 83 :
B arrachina Marie-Aline et P antalacci Jean-Pierre (dir.), Guerres et guerriers dans l’iconographie
et les arts plastiques , actes du colloque (Nice, Centre de la Méditerranée moderne et
contemporaine de l’université de Nice-Sophia Antipolis, 2009), n o 83, décembre, p. 111-118 ;
en ligne [https://cdlm.revues.org/6128].
D elaplanche Jérôme, 2013, « Louis XIV sur le champ de bataille : l’invention d’un héroïsme
royal entre textes et images o », Versalia , n 16, p. 71-90.
*D elfour Joseph, 1901, Les Jésuites à Poitiers (1604- 1762) , Paris, Hachette.
*D elmas Jean-François, 2005, « Estampes et textes imprimés sur tissus de soie : catalogue
raisonné de thèses et d’exercices publics xvii e e o - xviii siècle », Bulletin du bibliophile , n 1,
p. 85-142.
D émoris René, 1978, e « Le corps royal et l’imaginaire au xvii siècle : le “Portrait du Roy” par
Félibien », Revue des sciences humaines o , n 172, oct.- déc., p. 10-30.
D essert Daniel, 1989, Louis XIV prend le pouvoir : naissance d’un mythe ? , Bruxelles-Paris, Éd.
Complexe-Presses universitaires de France.
*D ulieu Louis, 1986, La médecine à Montpellier , t. III : L’époque classique , vol. 2 : Biographies ,
Avignon, Les Presses universelles.
D umolin Maurice, 1930, « La construction du Val-de-Grâce », Bulletin de la Société de l’histoire
de Paris et de e l’Île de France , 57 année, p. 92-146.
D uplessis Georges, 1861, Histoire de la gravure en France , Paris, Rapilly.
D uplessis Georges, 1869, « Le Cabinet du roi. Collection d’estampes commandée par Louis
XIV », Le bibliophile français , 3, juin, p. 87-105.
D upont- F errier Gustave, 1821-1825, La vie quotidienne d’un collège parisien pendant plus de
trois cent cinquante ans : du collège de Clermont au lycée Louis-le-Grand (1563-1920 ), Paris, E. de
Boccard, 3 vol.
E rben Dietrich, 2004, Paris und Rom : die staatlich gelenkte Kustbeziehungen unter Ludwig XIV ,
Berlin, Akademie Verlag.
F aille René, 1999, « Un recueil inédit des “Conquêtes de Louis XIV” pendant la guerre de
Hollande (1672-1678) o », Revue du Nord , vol. 91, n 331, p. 515-548.
F au Élizabeth, 1978, La gravure de musique à Paris, des origines à la Révolution (1660-1789) ,
thèse de l’École des chartes, 2 vol. et 2 vol. de planches.
F eller François-Xavier de, 1851, Dictionnaire de biographie chrétienne , éd. François Pérennes et
Jacques-Paul Migne, Petit-Montrouge, Nouvelle encyclopédie théologique, 3 vol.
F erret Pierre, 1904, La faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres : époque
moderne e , t. III : xvii siècle : phases historiques , Paris, A. Picard et fils.
F errier- C averivière Nicole, 1981, L’image de Louis XIV dans la littérature française
de 1660 à 1715 , Paris, Presses universitaires de France.
F euillet de C onches Félix-Sébastien, 1862-1869, Causeries d’un curieux, variétés d’histoire et
d’art tirées d’un cabinet d’autographes et de dessins , Paris, H. Plon, 4 vol.
F irmin- D idot Ambroise, 1875-1877, Les graveurs de portraits en France : catalogue raisonné de
la collection de portraits de l’École française appartenant à Ambroise Firmin-Didot , Paris, Firmin-
Didot, 2 vol.
F ontaine André, 1914, Les académiciens d’autrefois : Le Brun, Mignard, les Champaigne, Bosse,
Jaillot, Bourdon. Arcis, Paillet, etc , Paris, H. Laurens.
F oucart Jacques (dir.), 1991, Nouvelles acquisitions du département des peintures, musée du
Louvre (1987-1990) , Paris, RMN.
F ouqueray Henri, 1922, Histoire de la compagnie de Jésus en France des origines à la suppression
(1528- 1762) , t. III : Époque de progrès (1604-1623) , Paris, A. Picard et fils.
F raenkel Pierre, 1977, De l’écriture à la dispute : le cas de l’Académie de Genève sous Téodore de
Bèze , Lausanne, Revue de théologie et de philosophie, coll. « Cahiers de la Revue de théologie
et de philosophie », I, 42 p.
F ranklin Alfred, 1901, Histoire de la bibliothèque Mazarine et du palais de l’Institut , Paris, H.
Welter.
F rostin Charles, 2006, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV : alliances et réseau d’influence
sous l’Ancien Régime , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
F uhring Peter, 1989, Design into Art. Drawings for Architecture and Ornament : The Lodewijk
Houthakker Collection , The Hague, G. Schwartz-SDU, 2 vol.
G ady Bénédicte, 2009, « D’un ministre à l’autre, rencontre entre Poussin et Le Brun », dans
B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et G ady Bénédicte (dir.), Richelieu, patron des arts , Paris,
Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 337-367.
G ady Bénédicte, 2010, L’ascension de Charles Le Brun : liens sociaux et production artistique ,
Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme.
G arcia Joëlle, 2000, Les représentations gravées du cardinal Mazarin au xvii e siècle , Paris,
Klincksieck.
G arrisson Janine, 1985, L’édit de Nantes et sa révocation : histoire d’une intolérance . Paris, Éd. du
Seuil.
*G ieben Servus, 1990, « Il “Lauro della metafisica” di Martino Meurisse. Foglio di tesi, inciso da
Leonardo Gaultier nel 1616 », Collectanea Franciscana , vol. 60/3-4, p. 683-708.
G iometti Cristiano, 2010, Domenico Guidi 1625- 1701 : uno scultore barocco di fama europea ,
Rome, L’Erma di Bretschneider.
G orochov Nathalie, 1997, Le collège de Navarre de sa fondation (1305) au début du xv e siècle
(1418). Histoire de l’institution, de sa vie intellectuelle et de son recrutement , Paris, H. Champion.
G ouzi Christine, 2014, « Louis XIV en Saint Louis : une autre image de la figure royale ? »,
dans D a V inha , M aral et M ilovanovic 2014, p. 57-70.
G rell Chantal et M ichel Christian, 1988, L’école des princes ou Alexandre disgracié : essai sur la
mythologie monarchique de la France absolutiste , Paris, Les Belles Lettres.
G rès- G ayer Jacques, 2002, Le gallicanisme en Sorbonne : chroniques de la faculté de théologie de
Paris (1657-1688) , Paris, Champion.
G rivel Marianne, 1985, o « Le Cabinet du Roi », Revue de la Bibliothèque nationale , n 18,
p. 36-57.
G rivel Marianne, 1986, Le commerce de l’estampe à Paris au xvii e siècle , Genève, Droz.
G ros Pierre et R ousteau- C hambon Hélène, 2008 [1682], « Desgodets et les édifices antiques »,
dans D esgodets Antoine, Les édifices antiques de Rome dessinés et mesurés très exactement par
Antoine Desgodets, architecte , fac-sim. de l’éd. de 1682, Paris, Picard-INHA.
G rouchy Emmanuel-Henri de, 1892, « Nouveaux documents sur le peintre Pierre Mignard et
sur sa famille », Nouvelles archives de l’art français e , 3 série, t. VIII, p. 240-256.
G uiffrey Jules, 1875, « Nouveaux documents sur Pierre Mignard et sa famille (1660-1696) »,
Nouvelles archives de l’art français , années 1874-1875, p. 1-144, 500-515.
G uiffrey Jules, 1883, « Procès-verbal d’apposition des scellés et inventaire après décès de
Robert Nanteuil e », Nouvelles archives de l’art français , 2 série, t. IV : Scellés et inventaires
d’artistes , p. 26-45.
G uillet David et B rugerolles Emmanuelle, 1997, « Grégoire Huret, dessinateur et graveur »,
Revue de l’art , vol. 117, p. 9-35.
G uillo Laurent et M ichel Frédéric, 2011, « Nouveaux documents sur le maître de chant
Bertrand de Bacilly (1621-1690) o », Revue de musicologie , n 97-2, p. 269-327.
*H amy E.- T., 1895, « Note sur la thèse de Tournefort », Bulletin du Museum d’histoire naturelle ,
p. 76-78.
H anley Sarah, 1983, Te “Lit de Justice” of the Kings of France : Constitutional Ideology in Legend,
Ritual and Discourse , Princeton, Princeton University Press.
H aran Alexandre Y., 2000, Le lys et le globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France à
l’aube des temps modernes , Seyssel, Champ Vallon.
H askell Francis et P enny Nicholas 1988 [1981], Pour l’amour de l’antique : la statuaire grécoromaine
et le goût européen : 1500-1900 , Paris, Hachette.
H imelfarb Hélène, 1986, « Les arts à la rescousse de l’édit de Fontainebleau ? Les paradoxes
des Académies royales » dans Z uber Roger et T heis Laurent (dir.), La révocation de l’édit de
Nantes et le protestantisme français en 1685 , Paris, Société de l’histoire du protestantisme
français, p. 335-357.
H ollstein Friedrich Wilhelm Heinrich (dir.), 1949-2010, Hollstein’s Dutch and Flemish Etchings,
Engravings and Woodcuts, ca. 1450 to 1700 , Amsterdam, Menno Hertzberger- et al. , 72 vol.
H ollstein Friedrich Wilhelm Heinrich, 1993- 2015, Te New Hollstein Dutch & Flemish Etchings,
Engravings and Woodcuts (1450-1700) , Ouderkerk aan den Ijssel, Sound & Vision Publishers.
Inventaire du fonds français, graveurs du xvii e siècle (Alix-Lepautre) , 1939-2014, Paris,
Bibliothèque nationale de France, 13 tomes (par Roger-Armand W eigert : tomes 1 à 7 ;
Maxime P réaud : tome 8 à 13).
*Inventaire général du mobilier de la Couronne sous Louis XIV (1663-1715) , 1885-1886, éd. Jules
Guiffrey, Paris, J. Rouam, 2 vol.
*Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Gironde. Archives
ecclésiastiques, série G os , t. II : n 921-3156 , 1901, éd. Jean-Auguste Brutails, Bordeaux, impr. G.
Gounouilhou.
J acquiot Josèphe, 1968, Médailles et jetons de Louis XIV d’après le manuscrit de Londres Add.
31.908 , Paris, Imprimerie nationale-C. Klincksieck, 4 vol.
J anczukiewicz Jérôme, 2005, « La prise du pouvoir par Louis XIV : la construction du mythe »,
xvii e- siècle o o , n 2, n 227, p. 243-264.
J arnoux Philippe, 2010, « Un exil intérieur. Le parlement de Bretagne à Vannes (1675-1690) »,
dans A ubert Gauthier et C haline Olivier (dir.), Les parlements de Louis XIV. Opposition,
coopération, autonomisation ? , actes du colloque (Rennes, 13-15 nov. 2008), Rennes, Presses
universitaires de Rennes-Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 95-116.
J oubert François-Étienne, 1821, Manuel de l’amateur d’estampes… , Paris, chez l’auteur, 3 vol.
J ouhaud Christian, 1985, Mazarinades, la Fronde des mots , Paris, Aubier.
J ouin Henry, 1889, Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV , Paris, H. Laurens.
e e
J ourdain Charles, 1862-1866, Histoire de l’université de Paris, au xvii et au xviii siècle , Paris, L.
Hachette & C ie .
K irchner Thomas, 2008, Le héros épique : peinture d’histoire et politique artistique dans la France
du xvii e siècle , trad. de l’allemand par Aude Virey-Wallon et Jean-Léon Muller, Paris, Éd. de la
Maison des sciences de l’homme.
K irchner Thomas, 2013, “ Les reines de Perse aux pieds d’Alexandre” de Charles Le Brun. Tableaumanifeste
de l’art français du xvii e siècle , trad. de l’allemand par Aude Virey-Wallon, Paris, Éd. de
la Maison des sciences de l’homme.
L afage Gaëlle, 2015, Charles Le Brun décorateur de fêtes , Rennes, Presses universitaires de
Rennes.
L aforêt Auguste, 1861, Étude sur la marine des galères , Paris-Marseille, A. Aubry-Marius Olive.
L andry Jean-Pierre, 1982, « Saint Louis vu par les prédicateurs de l’époque classique », La
Licorne o e , n 6 : L’image du Moyen Âge dans la littérature française de la Renaissance au xx siècle ,
actes du colloque (Poitiers, université de Poitiers, 7-9 mai 1981), t. II p. 381-401.
L ang L. Maurice, 1996, La cote des tableaux ou annuaire des ventes de tableaux, dessins,
aquarelles, pastels, gouaches, miniatures , Paris, L. Maurice.
L aunay Adrien, 1920, Histoire de la mission de Siam 1662-1811 , Paris, éd. P. Téqui, 3 vol.
e L avagne Xavier, 1996, Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au xvii siècle , t.
XIX : Provence. I, Aix-en-Provence, Arles, Embrun, Marseille, Senez, Sisteron, Tarascon, Toulon ,
Baden-Baden-Bouxwiller, V. Koerner.
L avin Irving, 1987, « Le Bernin et son image du Roi-Soleil », dans Il se rendit en Italie : études
offertes à André Chastel , Paris-Rome, Flammarion-Edizioni dell’Elefante, p. 441-478.
*L az Lauren, 2008, « Étude comparée de cinq oeuvres gravés », dans R aux Sophie, S urlapierre
Nicolas et T onneau- R yckelynck Dominique (dir.), L’estampe, un art multiple à la portée de tous ? ,
Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, p. 157-170.
*L az Lauren, 2009, « Richelieu dédicataire ou comment être gracieux pour être gratifié : le
témoignage de Grégoire Huret (1606-1670) », dans B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et
G ady Bénédicte (dir.), Richelieu, patron des arts , actes du colloque (Paris, 2013), Paris, Éd. de la
Maison des sciences de l’homme, p. 417-433.
*L az Lauren, 2015, Grégoire Huret (1606-1670). Itinéraire d’un graveur en rhétorique , thèse
d’histoire de l’art, sous la dir. de Véronique Meyer, université de Poitiers.
*L e B lanc Charles, 1854-1890, Manuel de l’amateur d’estampes , Paris, É. Bouillon, 4 vol.
L ebeuf Jean, 1863-1870, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris , éd. H. Cocheris, Paris, A.
Durand, 3 vol.
L ebreton Élisabeth, 2012, « Le Dioscure du Quirinal dans la Glyptothèque du musée du
Louvre », Revue archéologique , n° 54, p. 275-295.
*L e G all Yvon, 2000, « Positions de thèse : l’encens frelaté des docteurs de Louis-le-Grand »,
dans H élin Jean-Claude, S upiot Alain et T anguyy ann (dir.), La norme, la ville, la mer. Écrits de
Nantes pour le doyen Yves Prats , Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 91-110.
*L egrand Anne-Sophie, 1995, Antoine Trouvain (1652-1708), graveur et éditeur d’estampes ,
maîtrise d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, Paris IV-Sorbonne.
*L egrand Noé, 1911, Les collections artistiques de la faculté de médecine de Paris, inventaire
raisonné , éd. Louis Landouzy, Paris, Masson.
L elong Jacques, 1768-1778, Appendice de la Bibliothèque historique de la France , Paris, impr. J.-
T. Hérissant.
L emonnier Henry, 1921, Le collège Mazarin et le palais de l’Institut , Paris, Hachette.
L e P etit Claude, 1859, Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle , nouv. éd. rev. et corr.
avec des notes par P. L. Jacob, Paris, A. Delahays.
L eplatre Olivier, 2002, « Spiritualité de l’anamorphose, le carême du Louvre, Bossuet »,
Information littéraire o , vol. 54, n 4, p. 38-46.
L evallois- C lavel Gilberte, 2005, Pierre Drevet (1663-1738), graveur du roi et ses élèves Pierre-
Imbert Drevet (1697-1739), Claude Drevet (1697- 1781) , thèse de doctorat sous la direction de
Marie-Félicie Perez, université Lumière Lyon 2 ; en ligne [http://theses.univ-lyon2.fr/
documents/lyon2/2005/clavel_g].
L hopiteau Simon, 2005, Pierre Daret, étude monographique et catalogue de son oeuvre , thèse
d’histoire de l’art, sous la dir. d’Alain Mérot, Paris-Sorbonne, 5 vol.
L ignereux Yann, 2016, Les rois imaginaires : une histoire visuelle de la monarchie de Charles VIII à
Louis XIV , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
L oach Judi D., 1995, « Jesuit Emblematics and the Opening of the School Year at the Collège
Louis-le-Grand o », Emblematica , vol. 9, n 1, p. 137-176.
L oach Judi D., 1999, « The Teaching of Emblematics and Other Symbolic Imagery by Jesuits
with Town Colleges in Seventeenth- and Eighteenth-Century France », dans M anning John et
V an V aeck Marc (dir.), Te Jesuits and the Emblem Tradition , actes de la conférence (Belgique,
Louvain, 18-23 août 1996), Turnhout, Brepols, p. 161-186.
L oire Stéphane, 1993, « Le salon de 1673 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français ,
année 1992, p. 31-68.
L ombard- J ourdan Anne, 1990, L’héritage de Charlemagne et la candidature de Louis XIV à
l’Empire (un tableau inédit du musée de Saint-Denis) e , Paris, Société d’étude du xvii siècle.
L oriquet Charles, 1886, Robert Nanteuil : sa vie, son oeuvre , Reims, F. Michaud.
L oskoutoff Yvan, 2000, L ’ armorial de Calliope. L’oeuvre du père Lemoine, S. J. (1602-1671) ,
Tübingen, Gunter Narr Verlag.
*L othe José, 1976, « Images et monarchie. Les thèses gravées par François de Poilly »,
Nouvelles de l’estampe o , n 29, septembre, p. 6-12.
*L othe José, 1994, L’oeuvre gravé de François et Nicolas de Poilly d’Abbeville, graveurs parisiens
du xvii e siècle , Paris, Paris Musées.
*L othe José, 2005, « Le fonds de planches de François-Gérard Jollain, marchand d’estampes
parisien o », Documents d’histoire parisienne , n 5, p. 37-44.
*L othe José, 2008, L’oeuvre gravé d’Abraham Bosse. Graveur parisien du xvii e siècle , Paris, Paris
Musées.
M acquer Philippe, 1768 [1751], Abrégé chronologique de l’histoire ecclésiastique… , t. III : Depuis
l’année 1401, jusqu’à l’année 1768… , Paris, Hérissant fils.
M ai Ekkerhard, 1975, “ Le portrait du roi”. Staatsporträt und Kunsttheorie in der Epoche Ludwigs
XIV. : zur Gestaltikonographie des spätbarocken Herrscher-porträts in Frankreich , thèse,
université de Bonn.
M ailhet E. André, 1976 [1880], Jacques Basnage, théologien, controversiste, diplomate et
historien . Sa vie et ses écrits , fac-sim. de l’éd. de 1880, Genève-Paris, Mégoriotis-Champion.
M aral Alexandre, 2011, La Chapelle royale de Versailles. Le dernier grand chantier de Louis XIV ,
Paris, Arthena.
M aral Alexandre, 2012, Le Roi-Soleil et Dieu. Essai sur la religion de Louis XIV , Paris, Perrin.
M aral Alexandre, 2013, Le roi, la cour et Versailles. Le coup d’éclat permanent , Paris, Perrin.
M aral Alexandre, 2015, « Le cheval sculpté à Versailles, une image du pouvoir », In Situ [En
ligne], 27 | 2015, mis en ligne le 02 novembre 2015 [http://insitu.revues.org/12009] ; [DOI :
10.4000/ insitu.12009].
*M arboutin J. Raoul, 1927, « Les thèses à images », Revue de l’Agenois , t. LIV, p. 169-178.
M arcel Antoine, 1931, « Mignard d’Avignon. Peintre et graveur (1606-1668) », Mémoires de
l’Académie de Vaucluse , t. XXXI, p. 1-109.
M archand Jean, 1933, me « Abrégé de la vie de M. le marquis de Torcy escrite par M la
marquise d’Ancezune, sa fille », Revue d’histoire diplomatique , juill.-mars 1932, p. 310-343, et
janvier-mars, avril-juin 1933, p. 51-76 et 188-214.
M arin Louis, 1981, Le portrait du roi , Paris, Éd. de Minuit.
M artin Eugène, 1891, Université de Pont-à-Mousson (1572-1768) , Paris, Berger-Levrault.
M artin Henri-Jean, 1999 [1969], Livre, pouvoirs et société à Paris au xvii e siècle (1598-1701) ,
Genève, Droz, 2 vol.
M aumené Charles et H arcourt Louis d’, 1932, Iconographie des rois de France , t. II : Seconde
partie. Louis XIV, Louis XV, Louis XVI , Paris, Armand Colin.
M ellot Jean-Dominique et Q ueval Élisabeth, 2004, Répertoire des imprimeurs-libraires
vers 1500- vers 1800 , Paris, BNF.
M eyer Véronique, 1985, « The inventory of Gilles Rousselet (1610-1686) », Print Quarterly , vol.
2, n° 4, p. 299-308.
M eyer Véronique, 1988, o « Pierre Simon (c. 1640- 1710) », Nouvelles de l’estampe , n 99, p. 4-28.
M eyer Véronique, 1989, o « L’oeuvre de Pierre Simon », Nouvelles de l’estampe , n 103-104,
p. 19-25.
*M eyer Véronique, 1990 a , « Copies et montages dans la gravure d’allégories », Nouvelles de
l’estampe o , n 112-113, p. 5-22.
*M eyer Véronique, 1990 b , « Les frontispices de thèses : un exemple de collaboration entre
peintres italiens et graveurs français », Seicento. La peinture italienne du xvii e siècle et la France ,
actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre, sept. 1990), Paris, La
Documentation française, p. 105-123.
*M eyer Véronique, 1991 a e , « Catalogue de thèses illustrées in-folio soutenues aux xvii et
e os xviii siècles par des Bordelais », Revue française d’histoire du livre , 1991 (n 72-73),
p. 201-265.
M eyer Véronique, 1991 b , « Pierre Simon, l’abbé Blache et le père de La Chaise », Revue de la
Bibliothèque nationale , vol. 42, hiver 1991, p. 48-60.
*M eyer Véronique, 1992, e « Catalogue de thèses illustrées in-folio soutenues aux xvii et
e os xviii siècles par des Bordelais », Revue française d’histoire du livre , n 74-75, p. 23-51.
*M eyer Véronique, 1993, « Les thèses, leur soutenance et leurs illustrations dans les
universités françaises sous l’Ancien Régime », Mélanges de la Bibliothèque de la Sorbonne.
Éléments pour une histoire de la thèse o , n 12, p. 43-111.
*M eyer Véronique, 1994, « Le commerce des illustrations de thèses dans la seconde moitié
du xviii e siècle. Quelques documents inédits o », Nouvelles de l’estampe , n 134, mai, p. 40-49.
M eyer Véronique, 1997, « Le portrait gravé sous le règne de Louis XIV », dans N antes /
T oulouse 1997, p. 161-179.
M eyer Véronique, 1998, « Le Brun éditeur. Étude d’après les inventaires du peintre et de sa
veuve », dans B onfait Olivier, G erard- P owellv éronique et S énéchal Philippe (dir.), Curiosité.
Études d’histoire de l’art en l’honneur d’Antoine Schnapper , Paris, Flammarion, p. 103-124.
*M eyer Véronique, 1999, « Le décor de la salle lors des soutenances de thèses sous l’Ancien
Régime », dans C aracciolo Maria Teresa et L e M en Ségolène (dir.), L’illustration. Essais
d’iconographie , actes du séminaire (Paris, CNRS-GDR 712, 1993- 1994), Paris, Klincksieck,
p. 193-213.
*M eyer Véronique, 2001 a , « Aperçu sur les frontispices de thèse. Définition et méthodologie à
partir de quelques exemplaires dédiés à Louis XIV », dans B arrucand Marianne (dir.), Arts et
culture, une vision méridionale , actes du colloque (Montpellier, APAHAU, 7-10 nov. 1996), Paris,
PUPS, p. 91-100.
M eyer Véronique, 2001 b , « Sébastien Pontault de Beaulieu et la levée du siège d’Arras »,
Nouvelles de l’estampe o , n 178, p. 7-23.
*M eyer Véronique, 2002, L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du xvii e siècle.
Peintres, graveurs, éditeurs , Paris, Paris Musées.
M eyer Véronique, 2004, L’oeuvre gravé de Gilles Rousselet, graveur parisien du xvii e siècle.
Catalogue général avec les reproductions de 405 estampes , Paris, Commission des travaux
historiques de la ville de Paris.
*M eyer Véronique, 2005, e « Les thèses des collèges et des universités à Poitiers aux xvii et
e xviii siècles. Soutenances, édition, illustration », Revue historique du Centre-Ouest , t. IV,
p. 7-160.
*M eyer Véronique, 2006, « Thèses illustrées dédiées à Mazarin », dans C onihout Isabelle de
et M ichel Patrick (dir.), Mazarin. Les lettres et les arts , actes du colloque (Paris, bibliothèque
Mazarine, 11- 14 déc. 2002), Paris-Saint-Rémy-en-l’Eau, bibliothèque Mazarine-M. Hayot,
p. 260-275.
*M eyer Véronique, 2007 a , « Les grandes thèses gravées », dans V ersailles 2007, p. 31-39.
*M eyer Véronique, 2007 b e e , « Les thèses de droit à Paris aux xvii et xviii siècles. Leurs
soutenances, leurs illustrations. Catalogue des thèses de droit, illustrées, soutenues à Paris
sous l’Ancien Régime », Revue d’histoire des facultés de droit et de la science juridique , n° 27,
p. 7-393.
*M eyer Véronique, 2010, « L’illustration des thèses de chirurgie, de médecine et de
pharmacie à Paris aux xvii e et xviii e siècle », L afont Anne (dir.), L’artiste savant à la conquête du
monde moderne , actes du colloque (université de Marne-la-Vallée, mars 2007), Strasbourg,
Presses universitaires de Strasbourg, p. 19-31.
*M eyer Véronique, 2011, « La représentation de la Philosophie dans les frontispices de thèses
en France au xvii e siècle », dans C ousinié Frédéric et N au Clélia (dir.), L’artiste et le philosophe.
L’histoire de l’art à l’épreuve de la philosophie au xvii e siècle , actes du colloque (Paris, INHA et
université Paris 7 Denis Diderot, 19-22 sept. 2007), Paris-Rennes, INHA-Presses universitaires
de Rennes, p. 229-249.
M eyer Véronique, 2013, « Quelques mots chers à Nanteuil : courage, effet, esprit, vivacité et
manufacture », dans V evey 2013, p. 23-28.
M ichel Christian, 1987, « Les enjeux historiographiques de la querelle des Anciens et des
Modernes », dans G rell Chantal et L aplanche François (dir.), La monarchie absolutiste et
l’histoire de France. Téories du pouvoir, propagandes monarchiques et mythologies nationales ,
actes du colloque (Paris, Paris IV-Sorbonne, 26-27 mai 1986), Paris, PUPS, p. 139-154.
M ichel Christian, 2007, « Les usages de la peinture de cours de Louis XIV », dans G rell
Chantal et P ellistrandi Benoît (dir.), Les cours d’Espagne et de France au xvii e siècle , Madrid,
Casa de Velázquez, p. 191- 204.
M ichel Christian et L ichtenstein Jacqueline (dir.), 2007, Conférences de l’Académie royale de
peinture et de sculpture , t. I : Les conférences au temps d’Henry Testelin, 1648-1681 , éd. Bénédicte
Gady et al. , Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.
*M ignot Claude, 2009, « Un marché inédit pour une thèse dédiée à Richelieu : Grégoire
Huret à Jean Chaillou, 1638 », dans B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et G ady Bénédicte
(dir.), Richelieu, patron des arts , actes du colloque (Paris, 2013), Paris, Éd. de la Maison des
sciences de l’homme, p. 435-442.
M ilovanovic Nicolas, 2005, Du Louvre à Versailles : lecture des grands décors monarchiques ,
Paris, Les Belles Lettres.
M ilovanovic Nicolas, 2007, « Le système iconographique : un édifice symbolique », dans La
galerie des Glaces : histoire et restauration , Dijon, Faton, p. 120-133.
M ilovanovic Nicolas, 2008, La galerie des Glaces : http://www.galeriedesglaces-versailles.fr,
mis en ligne le 16/06/2008.
M ontagu Jennifer, 1968, « The Painted Enigma and French Seventeenth-Century Art », Journal
of the Warburg and Courtauld Institute , vol. 31, p. 307-335.
M ontagu Jennifer, 1992 « Les oeuvres de jeunesse de Charles Le Brun : l’influence de Simon
Vouet et d’autres », dans L oire Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris,
Rencontres de l’École du Louvre, 5-7 fév. 1991), Paris, La Documentation française,
p. 531-543.
M oreau Célestin, 1850-1851, Bibliographie des mazarinades , Paris, J. Renouard, 3 vol.
M ousnier Roland, 1974, Les institutions de la France sous la monarchie absolue, 1598-1789 , t. II :
Les organes de l’État et la société , Paris, PUF.
*M ûelenaere Gwendoline de, 2017, Les thèses illustrées dans les Pays-Bas méridionaux au
e xvii siècle. Étude iconologique des rapports entre arts, sciences et pouvoirs , thèse d’histoire de
l’art, université catholique de Louvain.
N agler Georg Kaspar, 1835-1852, Neues allgemeines Künstler-Lexicon , Munich, E. A.
Fleishmann.
N éraudau Jean-Pierre, 1986, L’olympe du Roi-Soleil : mythologie et idéologie royale au Grand
Siècle , Paris, Les Belles Lettres.
*N ewcome Mary, 1982 « Prints after Domenico Piola », Te Burlington Magazine , vol. 124,
n o 955, oct., p. 608-618.
N oguès Boris, 2006, Une archéologie du corps enseignant. Les professeurs des collèges parisiens
aux xvii e et xviii e siècles (1598-1793) , Paris, Belin.
N oguès Boris, 2013, e « Thèses et doctorat dans le cursus universitaire en France aux xvii et
e xviii siècles », dans L’université et le monde professionnel : quels enjeux pour le doctorat ?, actes
du colloque des 24 et 25 janvier 2013, p. 12-19, en ligne [http://crf.cnam.fr/medias/fichier/lesactes-
rediges-doctorat_1382025523990-pdf].
*P alys Élie, comte de, 1890, e « Notes d’iconographie. Les thèses bretonnes illustrées aux xvii
e e re et xviii siècles », Revue historique de l’Ouest , t. VI, 6 année, 1 livraison, p. 37-49, 222-247.
P eacht revor, 2000, Catalogue descriptif des éditions françaises, néo-latines et autres (1501-1600)
de la bibliothèque municipale de Poitiers , Genève-Paris, Slatkine-Champion.
P élissier Léon-Gabriel, 1905, « Les correspondants du duc de Noailles », Revue d’histoire
littéraire o , t. XII, n 3, p. 469-495.
P erez Stanis, 2003, « Les rides d’Apollon, l’évolution du portrait de Louis XIV », Revue d’histoire
moderne et contemporaine o , vol. 50, n 3, p. 62-95.
P erez Stanis, 2009, « Quelques poils au bas de la bouche ou les enjeux du portrait du roi »,
dans S abatier Gérard et T orrione Margarita (dir.), Louis XIV espagnol ? Madrid et Versailles,
images et modèles , Paris-Versailles, Éd. de la Maison des sciences de l’homme-Centre de
recherche du château de Versailles, p. 57-75.
P etitfils Jean-Christian, 2002 [1995], Louis XIV , Paris, Perrin.
P etitjean Charles et W ickert Charles, 1925, Catalogue de l’oeuvre gravé de Robert Nanteuil ,
Paris, L. Delteil-M. Le Garrec, 2 vol.
P etitot Claude-Bernard, 1824, « Notice sur le comte de Brienne et sur ses mémoires », dans
Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France , t. XXXV, éd. C.-B. Petitot, Paris, Foucault,
p. 277-286.
*P ezzo Annalisa, 2011, Le tesi a stampa a Siena nei secoli XVI e XVII. Catalogo degli opuscoli della
Biblioteca comunale degli Intronati , Cinisello Balsamo-Milan, Silvana Editoriale.
*P igler André, 1955, e « Deux Apothéoses du xvii siècle », Bulletin du musée hongrois des
beaux-arts, n o 7, p. 49-53.
*P igler André, 1967, Museum der bildenden Künste. Katalog der Galerie Alter Meister , Budapest,
Akadémiai Kiado.
P olleross Friedrich, 2001, « De l’ exemplum virtutis à l’apothéose. Hercule comme figure
d’identification dans le portrait : un exemple d’adaptation des formes de représentation
classique », dans E llenius Allan (dir.) Iconographie, propagande et légitimation , trad. de
l’anglais par Laurent Bury, Paris, PUF, p. 49-76.
P orée Adolphe-André, 1890, Robert Nanteuil, sa vie et son oeuvre , Rouen, E. Cagniard.
*P ouy Ferdinand, 1867, « Thèses historiées », Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie ,
p. 364-366.
*P ouy Ferdinand, 1869, « L’iconographie des thèses, notice sur les thèses dites historiées
soutenues ou gravées notamment par des Picards », Bulletin de la Société des antiquaires de
Picardie , p. 37-49 et 222-247.
*P ouy Ferdinand, 1873, Parodies, railleries et caricatures des anciennes thèses historiées, pour
faire suite à l’iconographie des thèses , Paris, Baur et Détaille.
P réaud Maxime, 1985, « Les dédicataires d’estampes, amateurs d’art et collectionneurs »,
dans M ousnier Roland et M esnard Jean (dir.), L’âge d’or du mécénat (1598-1661 ) : le mécénat en
Europe et particulièrement en France avant Colbert , actes du colloque (Paris, CNRS, mars 1983),
Paris, Éd. du CNRS, p. 385-381.
P réaud Maxime, 2011-2012, « Chemins de croix : un marché de gravure entre Pierre-Simon
o Jaillot et Jean Hainzelman en 1681 », Nouvelles de l’estampe , n 237, p. 42-57.
P réaud Maxime, C asselle Pierre, G rivel Marianne, L e B itouzé Corinne, 1987, Dictionnaire des
éditeurs d’estampes à Paris sous l’Ancien Régime , Paris, Promodis-Éditions du Cercle de la
librairie.
*P routé Annie, 1982, Les thèses gravées au xvii e siècle. Catalogue , mémoire de maîtrise
d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, Paris IV-Sorbonne.
*P routé Paul, 1996, Dessins, estampes. Catalogue Véronèse , cat. de vente, Paris, P. Prouté.
*R ice Louise, 1998, « Pietro da Cortona and the Roman Baroque Thesis Print », dans F rommel
Christoph Luitpold et S chütze Sebastian (dir.), Pietro da Cortona , actes du colloque (Rome,
Max-Planck Institut, 12-15 nov. 1997), Milan, Electa, p. 189-200.
R ivet Jean, 1992, « Comment s’entendre ? Ou la succession de Simon Vouet », dans L oire
Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre,
5-7 févr. 1991), Paris, La Documentation française, p. 349-414.
R obert- D umesnil Alexandre-Pierre-François, 1835-1871, Le peintre-graveur français, ou
Catalogue raisonné des estampes gravées par les peintres et les dessinateurs de l’école française.
Ouvrage faisant suite au Peintre-graveur de M. Bartsch , Paris-Leipzig, A. Allouard- et al. , 11 vol
(dont vol. 11 de supplément par Georges Duplessis).
*R ott- F reund Suzanne, 1990, « Zur Ikonographie un Ikonologie barocker Thesenblätter des
Augs-burger Kupferstechers Melchior Küsel (1626- ca.1683) », Zeischrift des Historischen
Vereins für Schwaben o , n 83, p. 43-112.
*R ouault de L a V igne René, 1933, « Communication de M. Rouault de La Vigne », Bulletin de la
Commission des antiquités de la Seine-Maritime , t. XVIII, p. 146-149.
R ouillé France, 1979, Le graveur Pierre Van Schuppen. 1629-1702 , mémoire de maîtrise, sous la
dir. de Jacques Thuillier, Paris IV-Sorbonne.
S abatier Gérard, 1999, Versailles ou la figure du roi , Paris, Albin Michel.
S abatier Gérard, 2000, « La gloire du roi. Iconographie de Louis XIV de 1661 à 1672 », Histoire,
économie et société o , vol. 19, n 4, p. 527-560.
S abatier Gérard, 2006, « “Le portrait de César, c’est César”. Lieux et mise en scène du portrait
du roi dans la France de Louis XIV », dans G aehtgens Thomas W. et H ochner Nicole (dir.),
L’image du roi, de François er I à Louis XIV , actes du colloque (Paris, Centre allemand d’histoire
de l’art, juin 2002), Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 209-244.
S aint- B onnet François de, 2010, « Louis XIV, les parlements et la souveraineté », dans A ubert
Gauthier et C haline Olivier (dir.), Les parlements de Louis XIV. Opposition, coopération,
autonomisation ? , actes du colloque (Rennes, 13-15 nov. 2008), Rennes, Presses universitaires
de Rennes-Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 173-186.
S amoyault Jean-Pierre, 1979, André-Charles Boulle et sa famille. Nouvelles recherches, nouveaux
documents , Genève-Paris, Droz-Champion.
S armant Thierry, 2003, Les demeures du Roi-Soleil. Louis XIV, Louvois et la surintendance des
Bâtiments du roi , Seyssel, Champ Vallon.
S armant Thierry, 2014 [2012], Louis XIV. Homme et roi , Paris, Tallandier.
S armant Thierry et S toll Mathieu, 2010, Régner et gouverner. Louis XIV et ses ministres , Paris,
Perrin.
S arrazin Hélène, 1996, La Fronde en Gironde. L’Ormée, un mouvement révolutionnaire ,
Bordeaux, Les dossiers d’Aquitaine.
S aule Béatrix, 2007, « Insignes du pouvoir et usages de cour à Versailles sous Louis XIV »,
Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles ; en ligne [http://crcv.revues.org/132].
*S caffa Caterina, 2002, « Frontespizi incisi per le tesi di laurea durante il xvii secolo »,
Biblioteca e società : rivista del Consorzio per la gestione delle biblioteche comunale degli Ardenti
o
e provinciale Anselmo Anselmi di Viterbo , vol. 21, n 4, p. 10-16.
S chmutz Jacob, 2008, « Le petit scotisme du Grand Siècle. Étude doctrinale et documentaire
sur la philosophie au Grand Couvent des Cordeliers de Paris, 1517-1771 », Quaestio , vol. 8,
p. 365-472.
S chnapper Antoine, 1974, Jean Jouvenet (1644- 1717) et la peinture d’histoire à Paris , Paris, L.
Laget.
S chnapper Antoine, 1997, « Fonds d’atelier et collections de Mignard. Inventaires connus ou
disparus ? Annexe : état des tableaux de la communauté de feu Monsieur Mignard et de
Madame sa veuve », dans B oyer Jean-Claude (dir.), Pierre Mignard, le Romain , actes du
colloque (Paris, musée du Louvre, 29 sept. 1995), Paris, La Documentation française,
p. 225-232.
S chnapper Antoine, 2001, « Bordures, toiles et couleurs : une révolution dans le marché de la
peinture vers 1675 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français , année 2000, p. 85-104.
S chnapper Antoine, 2010 [1974], Jean Jouvenet (1644-1717) et la peinture d’histoire à Paris , nouv.
éd. complétée et préfacée par Christine Gouzi, Paris, Arthena.
*S eitz Wolfgang, 1984, « Die Graphischen Thesenblätter des 17. und 18. Jalrhunderts. Ein
Forschungsvorhaben über ein Spezialgebiet baroker Graphik », Wolfenbütteler BarockNachrichten
o , n 11, p. 105-114.
S elmeci C astioni Barbara, 2015, « L’actualité gravée au temple de mémoire : la mise en place
du programme d’illustration du Mercure galant au tournant de l’année 1678 », Nouvelles de
l’estampe o , n 252, p. 54-68.
S uzanne- F rouin Josée, 1983, Catalogue de l’oeuvre du graveur Nicolas Pitau le vieux , mémoire de
maîtrise d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, université Paris IV-Sorbonne.
T arantino Antoine, 2008, Rome 1660 : l’explosion du baroque : tableaux, dessins et sculptures du
xvi e au xviii e siècle , cat. de vente (Paris, Galerie Tarantino, exposition du 18 nov. au 20 déc.
2008 et du 5 au 31 janv. 2009), Paris, Galerie Tarantino.
T arge Maxime, 1902, Professeurs et régents de collège dans l’ancienne université de Paris (XVIIe
e et xviii siècles) , Paris, Hachette.
*T elesko Werner, 2002, « Barocke Thesenblätter in der Sammlung von Prof. Adolf Karl
Bodingbauer, Steyr, o II. Teil », Jahrbuch des Oberösterreichischen Musealvereines , n 147/I,
p. 205-221.
T elesko Werner, s. d. [v. 2010], Barocke Tesenblätter in der Sammlung von Prof. Adolf Karl
Bodingbauer , n° 4, p. 272-274 [http://www.zobodat.at/pdf/JOM_154_155_0267-0286.pdf].
T orrilhon Jean, 1980, Le maître de Craponne : chroniques d’une famille vellave, de la
Renaissance au Grand siècle, tirées de ses archives , Paris, Éditions Créer.
T ruchet Jacques, 1962, Bossuet panégyriste , Paris, Éd. du Cerf.
T sikounas Myriam, 2008, « De la gloire à l’émotion, Louis XIV en costume de sacre par
Hyacinthe Rigaud o », Sociétés & représentations , 2008-2, n 26 : Gloire et Pouvoir , p. 57-70.
e V iala Alain, 1985, Les institutions littéraires en France au xvii siècle , Lille, ART.
V rijdag Anneke, 2011, o « Vondsten uit ‘Het Prentenkabinet Online », De Boekenwereld , 28, n 2,
p. 121-123.
W eigert Roger-Armand, 1954, « L’inventaire après décès de Charles Le Brun, premier peintre
du roi Louis XIV, 1690 », Gazette des beaux-arts , juill.- déc., p. 339-354.
W estrich Sal Alexander, 1972, Te Ormée of Bordeaux : A Revolution During the Fronde ,
Baltimore, Johns Hopkins University Press.
*W ildenstein Daniel, 1965, « Les oeuvres de Charles Le Brun d’après les graveurs de son
temps », Gazette des beaux-arts , juill.-août, p. 1-58.
W ilhelm Jacques, 1994, « Quelques portraits peints par Claude Lefebvre (1632-1674) », Revue
du Louvre et des musées de France o , n 2, p. 18-36.
W urzbach Alfred von, 1910, Niederländisches Künstler-Lexikon , t. II : L-Z , Vienne-Leipzig, Halm
und Goldmann.
Z iegler Hendrik, 2009, « Le lion et le globe : la statue de Louis XIV par Domenico Guidi, ou
l’Espagne humiliée », dans S abatier Gérard et T orrione Margarita (dir.), Louis XIV espagnol ?
Madrid et Versailles, images et modèles , Paris-Versailles, Éd. de la Maison des sciences de
l’homme-Centre de recherche du château de Versailles, p. 75-93.
Z iegler Hendrik, 2013, Louis XIV et ses ennemis : image, propagande et contestation , trad. de
l’allemand par Aude Virey-Wallon, Paris-Versailles-Saint-Denis, Centre allemand d’histoire de
l’art-Centre de recherches du château de Versailles-Presses universitaires de Vincennes.
Z oberman Pierre, 1991, Les panégyriques du roi prononcés dans l’Académie française :
1671-1689 , éd. Pierre Zoberman, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne.
Z oberman Pierre, 1998, Les cérémonies de la parole : l’éloquence d’apparat en France dans le
dernier quart du xvii e siècle , Paris, H. Champion.
Catalogues d’exposition
A vignon , 1979 : S chnapper Antoine (dir.), Nicolas Mignard d’Avignon, 1606-1668 , cat. exp.
(Avignon, palais des Papes), Avignon, palais des Papes.
B erlin , 1997 : C illessen Wolfgang (dir.), Krieg der Bilder : Druckgraphik als Medium politischer
Auseinandersetzung im Europa des Absolutismus , cat. exp. (Berlin, Deutsches Historisches
Museum, 18 déc. 1997-3 mars 1998), Berlin, Deutsches Historisches Museum-G+H Verlag.
B oston /O ttawa /P aris , 1998 : R eed Su Wels (dir.), French Prints from the Age of the Musketeers ,
cat. exp. (Boston, Museum of Fine Arts, 21 oct. 1998- 10 janv. 1999 ; Ottawa, National Gallery
er of Canada, 5 févr.-2 mai 1999 ; Paris, The Mona Bismarck Foundation, 1 juin-15 juill. 1999),
Boston, Museum of Fine Arts.
C ompiègne , 2007 : S tarcky Laure (dir.), Nicolas II Esterhazy, (1765-1833). Un prince hongrois
collectionneur e , une histoire du goût en Europe aux xviii -XIXe siècles , cat. exp. (musée national du
château de Compiègne, 21 sept. 2007-7 janv. 2008), Paris-Compiègne, RMN-château de
Compiègne.
*G öttweig , 1985 : L echner Gregor Martin (dir.), Das Barocke Tesenblatt : Entstehung,
Verbreitung, Wirkung , cat. exp. (Göttweig, Graphischen Kabinetts des Stiftes Göttweig,
30 juin-29 oct. 1985), Göttweig, Stift Göttweig.
L ens , 2016 : G ady Bénédicte et M ilovanovic Nicolas (dir.), Charles Le Brun (1619-1690) , cat. exp.
(Lens, musée du Louvre-Lens, 18 mai-29 août 2016), Lens-Paris, musée du Louvre-Lens-
Lienart éditions.
L ille , 1968 : S chnapper Antoine (dir.), Au temps du Roi-Soleil, Les peintres de Louis XIV , cat. exp.
(Lille, palais des beaux-arts, 24 févr.-30 avril 1968), Lille, palais des beaux-arts.
*L inz , 1994 : T elesko Werner (dir.), Barocke Tesenblätter , cat. exp. (Linz, Graphische Sammlung
Stadtmuseum, 4 nov.-27 nov. 1994), Linz, Stadtmuseum Linz-Nordico.
L os A ngeles 2010 : M archesano Louis et M ichel Christian (dir.), Printing the Grand Manner :
Charles Le Brun and Monumental Prints in the Age of Louis XIV , cat. exp. (Los Angeles, Getty
Research Institute, 18 mai-17 oct. 2010), Los Angeles, the Getty Research Institute.
L os A ngeles /P aris , 2015 : M athis Rémi, S elbach Vanessa, M archesano Louis, F uhring Peter
(dir.), Images du Grand Siècle. L’estampe française au temps de Louis XIV (1660-1715) , cat. exp.
(Los Angeles, Getty Research Institute, 16 juin-6 sept. 2015 ; Paris, Bibliothèque nationale de
France, 3 nov. 2015-31 janv. 2016), Paris-Los Angeles, Bibliothèque nationale de France-The
Getty Research Institute.
M ilan , 1993 : L’Europa della pittura nel XVII secolo : 80 capolavori dai musei ungheresi , cat. exp.
(Milan, Palazzo della Permanente, 6 avr.-30 mai 1993). Rome, Leonardo Arte.
M ontpellier /S trasbourg , 2000 : T huillier Jacques, Sébastien Bourdon (1616-1671) : catalogue
critique et chronologique de l’oeuvre complet , cat. exp. (Montpellier, musée Fabre, 7 juill.- 15 oct.
2000 ; Strasbourg, galerie de l’Ancienne Douane, 25 nov. 2000-4 fév. 2001), Paris, Réunion des
musées nationaux.
M ontréal /C ologne , 2003 : G oldfarb Hilliard Todd (dir.), Richelieu (1585-1642). Art and Power ,
cat. exp. (Montréal, Montreal Museum of Fine Arts, 18 sept. 2002-5 janv. 2003 ; Cologne,
Wallraf-Richardz-Museum, 31 janv.-avr. 2003), Montréal-Cologne-Gand, Montreal Museum of
Fine Arts-Wallraff-Richartz Museum-Snoeck-Ducaju & Zoon.
N antes /T oulouse , 1997 : B onfait Olivier et al. , Visages du Grand Siècle : le portrait français sous
le règne de Louis XIV, 1660-1715 , cat. exp. (Nantes, musée des Beaux-Arts, 20 juin-15 sept.
1997 ; Toulouse, musée des Augustins, 8 oct.1997- 5 janv. 1998), Paris, Somogy.
P aris , 1985 : Les Huguenots : exposition nationale organisée à l’occasion du tricentenaire de la
révocation de l’édit de Nantes, 1685-1985 , cat. exp. (Paris, hôtel de Rohan, oct. 1985-janv. 1986),
Paris, Archives nationales.
P aris , 1987 : G aborit- C hopin Danielle, Regalia : les instruments du sacre des rois de France, les
honneurs de Charlemagne , cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 14 oct. 1987-11 janv. 1988),
Paris, RMN.
P aris , 1988 : P réaud Maxime et B rejon de L avergnée Barbara (dir.), L’oeil d’or. Claude Mellan :
1598-1688 , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de France, 26 mai-21 août 1988), Paris,
Bibliothèque nationale de France.
P aris , 1990 : J. T huillier (dir.), Simon Vouet , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 6 nov. 1990-11 févr.
1991), Paris, RMN.
P aris , 1995 : P réaud Maxime (dir.), Les effets du Soleil : almanachs du règne de Louis XIV , cat.
exp. (Paris, musée du Louvre, 19 janv.-17 avr. 1995), Paris, RMN.
P aris , 2007 : P rat Louis-Antoine (dir.) avec la collaboration de L hinarès Laurence, La collection
Chennevières. Quatre siècles de dessins français , cat. exp. (Paris, musée du Louvre,
8 mars-7 juin 2007), Paris, musée du Louvre éditions-École nationale supérieure des beauxarts.
P aris /M unich /B onn , 2005 : R osenberg Pierre et M andrella David (dir.), Poussin, Watteau,
Chardin, David… e : peintures françaises dans les collections allemandes, xvii -XVIIIe siècles , cat.
exp. (Paris, Grand Palais, 18 avr.-31 juill. 2005 ; Munich, Haus der Kunst, 5 oct. 2005-8 janv.
2006 ; Bonn, Kunstund Austellungshalle der Bundesrepublick Deutschland, 3 févr.-30 avr.
2006), Paris-Munich, RMN-Bayerische Staatsgemäldesammlungen-Stiftung Haus der Kunst.
P aris /N ew Y ork , 1995 : B rejon de L avergnée Arnaud (dir.), Lille, chefs-d’oeuvre d’un grand musée
européen , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 28 mars- 3 juill. 1995 ; New York, Metropolitan
Museum of Art, 27 oct. 1992-17 janv. 1993), Paris, RMN.
P aris /N ew Y ork /C hicago , 1982 : R osenberg Pierre, P ope- H ennessy John (dir.), La peinture
française au xvii e siècle dans les collections américaines , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 29 janv.-
26 avril 1982 ; New York, Metropolitan Museum of Art, 26 mai-22 août 1982 ; Chicago, The Art
Institute, 18 sept.-28 nov. 1982), Paris, RMN.
P aris /T ours , 2004 : P réaud Maxime et J oin- L ambert Sophie (dir.), 2004. Abraham Bosse, savant
graveur, Tours vers 1604-1676 , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de France, 20 avr.-
11 juill. 2004 ; Tours, musée des beaux-arts, 17 avr.-18 juill. 2004), Paris-Tours, Bibliothèque
nationale de France-musée des beaux-arts.
*P rague , 2011 : Z elenkovà Petra (dir.), A Hidden Face of the Baroque : 17th-Century Prints in the
Czech Lands , cat. exp. (Prague, National Gallery’s Kinský Palace, juill.-oct. 2011), Prague,
Národní galerie.
P rague e , 2014 : B rejon de L a V ergnée Barbara (dir.), Dessins français du xvii siècle. Collections du
département des Estampes de la Photographie , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de
France, 18 mars-15 juin 2014), Paris, Bibliothèque nationale de France.
R eims , 1978 : L aslier R. (dir.), Robert Nanteuil, 1623-1678 , cat. exp. (Reims, bibliothèque
municipale, déc. 1978), Reims, bibliothèque municipale.
R ennes , 2014 : K azerouni Guillaume et O llier Benoît (dir.), Dessiner pour créer : feuilles
françaises des xvi e et xvii e siècles du musée des beaux-arts de Rennes , cat. exp. (Rennes, musée
des beaux-arts, 18 avr.-17 août 2014), Gand, Snoeck.
R ome , 1988 : La colonna Traiana e gli artisti francesi da Luigi XIV a Napoleone I , cat. exp. (Rome,
villa Médicis, 12 avr.-12 juin 1988), Rome, Carte Segrete.
R ouen /L e M ans , 2001 : S almon Xavier (dir.), Trésors cachés : chefs-d’oeuvres du Cabinet d’arts
graphiques du château de Versailles , cat. exp. (Rouen, musée des beaux-arts,
9 mars-15 mai 2001 ; Le Mans, musées de la ville du Mans, 22 juin- 2 sept. 2001), Paris,
Somogy.
S aint- G ermain-en- L aye , 1988 : S aule Béatrix (dir.), De la naissance à la gloire. Louis XIV à Saint-
Germain, 1638-1682 , cat. exp. (Saint-Germain-en-Laye, musée des Antiquités nationales,
24 sept.- 27 nov. 1688), Saint-Germain-en-Laye, ville de Saint-Germain-en-Laye.
e T oulouse , 1996 : L’âge d’or de la sculpture. Artistes toulousains du xvi siècle , cat. exp. (Toulouse,
musée des Augustins, 14 déc. 1996-31 mars 1997), Paris, Somogy.
T ours /T oulouse , 2000 : Les peintres du roi, 1648- 1793 , cat. exp. (Tours, musée des beaux-arts,
18 mars-18 juin 2000 ; Toulouse, musée des Augustins, 30 juin-2 oct. 2000), Paris, RMN.
V ersailles , 1963 : T huillier Jacques et M ontagu Jennifer (dir.), Charles Le Brun, 1619-1690.
Peintre et dessinateur , cat. exp. (Versailles, château de Versailles, juil.-oct. 1963), Paris,
ministère d’État chargé des Affaires culturelles.
V ersailles , 2007 : M ilovanovic Nicolas et M aral Alexandre (dir.), La galerie des Glaces. Charles
Le Brun maître d’oeuvre , cat. exp. (Versailles, château de Versailles, 24 sept.-16 déc. 2007),
Paris, RMN.
V ersailles , 2009 : M ilovanovic Nicolas et M aral Alexandre (dir.), Louis XIV : l’homme et le roi ,
cat. exp. (Versailles, château de Versailles, 19 oct. 2009-7 févr. 2010), Paris-Versailles, Skira-
Flammarion-château de Versailles.
V evey , 2013 : L az Lauren (dir.), Robert Nanteuil graveur du roi : la collection Rossier-Koechlin , cat.
exp. (Suisse, Vevey, Musée Jenish, er 1 mars-26 mai 2013), Milan, 5 Continents Éditions.
Naviguer dans le livre
Précédent Sources et bibliographie Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table de concordance
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table de concordance Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table de concordance
p. 337-338
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Afin de retrouver facilement les illustrations par numéro de catalogue cité dans le texte, on
livre se reportera à la table de concordance ci-dessous.
Numéro de catalogue Numéro de figure in-texte Page PDF
Table des matières
Cat. 3 Fig. 56 170
Citer Cat. 10 Fig. 59, 60 178, 179
Cat. 13 Fig. 57 172 PDF du Partager
chapitre
Cat. 16 Fig. 61 185
Plan
Cat. 17 Fig. 64, 65 190, 191
Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à Cat. 20 Fig. 62 187
Texte intégral votre bibliothèque
Cat. 21 Fig. 9 57
Aller en haut de page Acheter
Aller en bas de page Cat. 22 Fig. 89 243
Édition
Cat. 24 Fig. 68 196 imprimée
Cat. 25 Fig. 66 193 Presses
universitaires
de Rennes Cat. 26 Fig. 67 195
amazon.fr
Cat. 29 Fig. 91 254
decitre.fr
mollat.com
Cat. 31 Fig. 90 253
leslibraires.fr
placedeslibraires.fr Cat. 32 Fig. 40 129
lcdpu.fr
Cat. 33 Fig. 69 198
ePub / PDF
Cat. 34 Fig. 38 126
Cat. 38 Fig. 42 134
Cat. 39 Fig. 29 107
Cat. 41 Fig. 21 94
Cat. 42 Fig. 12 66
Cat. 43 Fig. 98 287
Cat. 46 Fig. 4 43
Cat. 49 Fig. 23, 53, 78 97, 162, 215
Cat. 50 Fig. 51 158
Cat. 51 Fig. 50, 71 155, 204
Cat. 54 Fig. 99 291
Cat. 56 Fig. 13 67
Cat. 60 Fig. 92 255
Cat. 61 Fig. 1 22
Cat. 62 Fig. 52 159
Cat. 63 Fig. 24, 73 98, 208
Cat. 66 Fig. 48 148
Cat. 67 Fig. 33 117
Cat. 70 Fig. 31, 84 111, 228
Cat. 75 Fig. 35 122
Cat. 76 Fig. 74 210
Cat. 77 Fig. 34 120
Cat. 80 Fig. 41 131
Cat. 84 Fig. 77 214
Cat. 87 Fig. 17 79
Cat. 88 Fig. 86 239
Cat. 89 Fig. 49 150
Cat. 90 Fig. 2 28
Cat. 91 Fig. 6, 18, 30, 47, 79 53, 80, 108, 144, 217
Cat. 92 Fig. 83 225
Cat. 94 Fig. 80 219
Cat. 95 Fig. 45 140
Cat. 96 Fig. 46 142
Cat. 97 Fig. 36 123
Cat. 98 Fig. 93 257
Cat. 100 Fig. 22, 25, 44, 94 95, 99, 138, 258
Cat. 102 Fig. 19 82
Cat. 103 Fig. 81 220
Cat. 104 Fig. 87 240
Cat. 106 Fig. 11, 85 64, 233
Cat. 110 Fig. 37 125
Cat. 114 Fig. 14 70
Cat. 118 Fig. 95 259
Cat. 120 Fig. 10 63
Cat. 127 Fig. 88 241
Cat. 128 Fig. 28, 43 105, 136
Ann. I.A-7 Fig. 27 102
Ann. I.C-1 Fig. 70 200
Ann. I.C-3 Fig. 26 100
Naviguer dans le livre
Précédent Table de concordance Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table des illustrations
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table des illustrations Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table des illustrations
p. 339-344
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Les techniques et dimensions figurent dans les notices du catalogue. Les illustrations qui
livre ne figurent pas dans le catalogue sont précédées d’une étoile ; les dimensions sont alors
indiquées (en millimètres).
Première partie PDF
Table des matières
2 F igure 1 Robert Nanteuil, Tèse de Philippe-César de Guénégaud de Sémoine , 1667. Paris,
BSG, W fol. 241 (4) inv. 353 (30).
Citer
F igure 2 Antoine Masson d’après Charles Le Brun, Tèse de l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades , 3
Partager 1679. Paris, ENSBA, Est. 8701. PDF du
4 *F igure 3 Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, Vue du couvent des Carmes de chapitre
Plan Paris dans lequel le carme Eugène Mecenati soutient sa thèse dédiée à Benoît XIII , 1726. Paris,
BNF, Est., Hennin, 7994.
Suggérer
Plan détaillé 5 F igure 4 Nicolas de Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau, Tèse d’Emmanuel- l’acquisition à
Téodose de La Tour d’Auvergne votre bibliothèque Texte intégral , 1664. Paris, BNF, Est., rés. AA3 Poilly.
Première partie *F igure 5 Anonyme, Ode de N. Morain, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum 6
Deuxième partie Namurcum illustrissimis Acheter , page de dédicace, 1692. Paris, BSG, 4°Y422 inv 555 (P. 33).
Troisième partie
7 F igure 6 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de philosophie de Louis de La Tour Édition
d’Auvergne , page de titre, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol. imprimée
Aller en haut de page
Aller en bas de page 8 *F igure 7 Francesco Villamena, Tèse de Robert Fidèle d’Arimini dédiée à Henri IV , 1606, Presses
575 × 580. Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I. universitaires
de Rennes
9 *F igure 8 Karl Audran, Tèse de Pierre Sève dédiée à Louis XIII , 1622, 944 × 580. Paris, BNF,
Est., AA6 thèses, t. I.
amazon.fr
decitre.fr
10 F igure 9 Abraham Bosse, Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat , 1654. Paris, BNF, Est., mollat.com
AA6 thèses. leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
F igure 10 Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de théologie de Séraphin Crouzeil , 11
lcdpu.fr
1688. Paris, BSG, E4° 2214, 1394 rés.
ePub / PDF
12 F igure 11 Pierre Simon, Partie supérieure de la thèse de Philibert Madon , 1685. Paris, BNF,
Est., SNR form 4 Simon.
13 F igure 12 Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse de Charles
Amelot , 1663. Paris, BNF, Est., AA6 rés Nanteuil.
14 F igure 13 Robert Nanteuil, Tèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin Servien , 1666.
Paris, BSG, W fol. 241 inv. 349 (68).
15 F igure 14 Georges Tasnière d’après Domenico Piola, Tèse du comte Giacomo Natta , 1687.
Turin, Bibliothèque royale, U II 86.
*F igure 15 Anonyme, Réception des étudiants orientaux du collège Louis-le-Grand à Versailles , 16
1701, graphite. Paris, Arsenal, Ms. 3185.
17 *F igure 16 École de Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV , cadre de Pierre Lepautre,
vers 1700. Château de Chenonceau.
18 F igure 17 Anonyme, Devises à la gloire de Louis XIV reprises du bas de la thèse de l’abbé
François du Montal de Montsaulnin , tirées du Mercure galant , septembre 1678.
19 F igure 18 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Prise de Valenciennes e o , 6 bordure, fol. 5 v
de la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
20 F igure 19 François de Poilly d’après Pierre Mignard, Tèse de Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier , 1684. Paris, BNF, Est., AA6 Poilly.
21 *F igure 20 Page de dédicace de L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au roy
par M. le marquis de Seignelay , 1668, in-4°. Paris, BSG, 4 Y 417 INV 544 RES (P. 31).
Deuxième partie
22 F igure 21 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun et Pierre Mignard, Tèse de Jules-
Paul de Lionne , 1668. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
23 F igure 22 Atelier de Charles le Brun, Le triomphe de la Religion , 1683-1686, huile sur toile.
Paris, musée du Louvre, RF 1990-10.
24 F igure 23 Charles Le Brun, Étude pour la thèse du comte de Saint-Pol , 1664, sanguine, pierre
noire, lavis gris. Lille, musée des Beaux-arts, inv. Pluchart 1505.
25 F igure 24 Charles Le Brun, Étude préparatoire à la thèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668, dessin à la pierre noire et lavis gris sur papier beige, graphite et rehauts
de blanc. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 29423, recto.
26 F igure 25 Charles Le Brun, Étude de la Rébellion pour la thèse de l’abbé de Polignac,
1683-1686. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 29264, recto.
27 F igure 26 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au Dauphin , 1671. Paris,
BNF, Est., AA suppl. Rousselet.
28 F igure 27 Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après Noël Coypel, Tèse d’Adrien-
Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe d’Orléans , 1678. Paris, BNF, Est., N5 Orléans.
29 F igure 28 Pierre Mignard, Étude préparatoire pour la thèse de Camille Le Tellier . Paris, musée
du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 31053.
30 F igure 29 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Chrétien-François de
Lamoignon , 1663. Londres, British Museum, 1917,1208.3722.
31 F igure 30 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Louis XIV fait fermer les portes du temple de
Janus e , 12 page du livret de la thèse du prince de Turenne, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol,
12 e bordure, fol. 8 o v .
32 *F igure 31 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Jules-Louis Bolé de Champlay
dédiée à Louvois , 1664, 947 × 651. Paris, BNF, Est., AA6 Paillet.
33 *F igure 32 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Henri de Maupas du Tour intercédant
auprès d’Alexandre VII pour la canonisation de saint François de Sales , 1664, 786 × 525. Paris,
BNF, Est., N5 Maupas du Tour.
34 F igure 33 Robert Nanteuil, Tèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine, abbé
d’Harcourt , 1670. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
35 F igure 34 Robert Nanteuil, Étude pour une thèse de théologie , 1676-1678. Reims,
bibliothèque Carnegie, BMR 33446.
36 F igure 35 Robert Nanteuil, Tèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec , 1672. Amsterdam,
Rijksmuseum, RP-P-OB-63.377.
37 F igure 36 Louis Cossin, Tèse de Jean Poisson , 1682. Paris, faculté de médecine, Ms. 79, fol.
1347.
38 F igure 37 Pierre Beaufrère, Mineure de Pierre Berthe (détail), 1685. Paris, bibliothèque de
l’Arsenal, EST-Ft 4-H5.
39 F igure 38 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Antoine-Benoît de Clermont-
Tonnerre de Cruzy , 1662. Paris, BNF, Est., N2 Louis XIV.
40 *F igure 39 Nicolas de Poilly, Portrait de Louis XIV , s. d., 403 × 490, Paris, BNF, Est., N3.
41 F igure 40 Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard, Tèse de Raymond-Bérenger de
Lorraine , 1661. Paris, BNF, Est., EC 76 fol. 57.
42 F igure 41 Pierre Simon d’après Charles Le Brun, Tèse supposée de Jacques de Simiane de
Gordes , 1676. Paris, BNF, Est., N5 Louis XIV.
F igure 42 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tentative de Charles-Maurice Le Tellier , 43
1663. Paris, BNF, Est., RESERVE FT6-QB-201 (172).
44 F igure 43 François de Poilly et Louis Roullet d’après Pierre Mignard, Tèse de Camille Le
Tellier, abbé de Louvois , 1692. Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I.
F igure 44 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Sorbonique de l’abbé de Polignac , 45
1683-1686. Amsterdam, Rijksmuseum, P-P-OB-67.644A et B.
46 F igure 45 Anonyme d’après Charles Le Brun, Tèse supposée, Louis XIV assis sur un nuage
donne la main à la Paix , 1681-1709, édité chez Gantrel. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
F igure 46 Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil, Tèse de Michel-François Le Tellier , 47
texte gravé par Jean Richer, 1681. Paris, BNF, Est., N5 Louis XIV (haut de la thèse) ;
SNR 3 Richer (bas de la thèse).
48 F igure 47 René Michault, Page de dédicace de la thèse de philosophie de Louis de La Tour
d’Auvergne o , 1679, in-fol., fol. 1 v . Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
49 F igure 48 Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre, Tèse de l’abbé Louis-
Marcel de Coëtlogon , 1670. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, INV. GRAV.
LP 30-19.1.
50 F igure 49 Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après Nanteuil, Tèse d’Étienne et Gilles
d’Aligre , 1679. Paris, BNF, Est., AA4 rés Nanteuil.
51 F igure 50 Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières , 1665,
épreuve sur soie. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, inv. 80-005975.
52 F igure 51 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay , 1664.
Paris, BSG, fol. W 241 inv 349 (29).
53 F igure 52 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay , 1668.
Paris, BNF, Est., N2 Louis XIV.
b
54 F igure 53 Jean Lenfant, Louis XIV à cheval , 1664. Paris, BNF, Est., rés. Hennin, Q 201, 7584.
55 *F igure 54 Antoine Dieu, Grisaille préparatoire à la thèse de l’abbé de Saint-Albin dédiée au
Régent , 1718, huile sur toile, grisaille, 1006 × 770. Versailles, châteaux de Versailles et de
Trianon, MV 5968 ; RF 2420.
56 *F igure 55 Philipp Andreas Kilian d’après Martin van Meytens, Tèse dédiée à l’empereur
François er I de Lorraine , 1753, épreuve sur soie, 1210 × 740. Versailles, châteaux de
Versailles et de Trianon, inv. V. 2014.59.
Troisième partie
57 F igure 56 Pierre Daret d’après Simon Vouet, Tèse d’Alexandre Courtois , 1639. Paris, BNF,
Est., Da 7 fol. 115.
58 F igure 57 Michel Lasne, Tèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune , vers 1643.
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, LP30-2 (1).
59 *F igure 58 Anonyme, Almanach de 1644 (?), chez Jean Ganière. Paris, BNF, Est., Hennin,
1643 n o 3423.
60 F igure 59 Grégoire Huret, Tèse de Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean , 1644.
Paris, BNF, Est., Ed 35 (89-91).
61 F igure 60 Grégoire Huret, Tèse dédiée à Richelieu , 1642. Paris, musée du Louvre, collection
Rothschild, 27452 LR.
62 F igure 61 Michel Lasne, Tèse de Michel Jourdain , 1650-1652. Paris, BNF, Est., Ed 27 c (3).
63 F igure 62 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Louis XIV enfant, debout sur un char
conduit par la Sagesse et la Prudence , 1653-1654. Paris, BNF, Est., AA6 Rousselet.
64 *F igure 63 Lucas Vorsterman, Tèse d’Henri de Bourbon dédiée à Louis XIII , 1626, 1037 × 720.
Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I.
65 F igure 64 Pierre Daret, Louis XIV tenant les divinités enchaînées , 1651-1652. Paris, BNF, Est.,
Pc 3, fol. 80 a.
F igure 65 Johann Friedrich Greuter d’après Giovanni Lanfranco, Tèse dédiée à Urbain VIII , 66
avant 1644. Londres, British Museum, 1874,0808.1618.
67 F igure 66 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée à Louis XIV , 1659, chez
Gérard o I Jollain. Paris, BNF, Est., Rés. QB 201 Hennin, t. 43, n 3920.
68 F igure 67 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun (?), Tèse de Pierre-Jean-François
Percin de Montgaillard dédiée à Mazarin , 1659. BNF, Est., Ec 76 fol. (53).
F igure 68 François de Poilly, Tèse supposée, Louis XIV tenant un bouclier à l’effigie de Mazarin , 69
1659. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
70 F igure 69 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-Téodose de La Tour
d’Auvergne , 1661. Paris, BNF, Est., AA6 thèses t. I.
71 F igure 70 Abraham Bosse, Tèse de Louis-Hugues de Lionne dédiée au Dauphin , 1677. Paris,
BNF, Est., Ed 30 fol. rés.
72 F igure 71 Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières , 1665.
Paris, BNF, Est., AA5 Lepautre.
73 *F igure 72 Grégoire Huret, Saint Louis apparaît à Louis XIII , vers 1639, 356 × 530. Paris,
BNF, Est., Ed 35 fol. p. 68.
74 F igure 73 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668. Paris, BNF, Est., AA6 Poilly.
75 F igure 74 Jean Lenfant, Tèse dédiée à Louis XIV , 1675-1684. Paris, bibliothèque de la
Sorbonne, RBA 2 = 4-2, fol. 637.
76 *F igure 75 Joseph Werner, Louis XIV conduisant un quadrige , vers 1662-1667, gouache sur
parchemin, 344 × 220. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6927/1.
77 *F igure 76 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, frontispice pour l’Hortus Regius , 1665,
288 × 187. Paris, BNF, Est., Hennin, 4313.
78 F igure 77 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de la Guerre de Jacques-Nicolas
Colbert , 1677. Paris, BNF, Est., AA6 rés. Edelinck.
79 F igure 78 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse du comte de Saint-Pol , 1664. Paris,
BNF, Est., AA6 Le Brun.
80 F igure 79 Nicolas Guérard d’après Pierre-Paul Sevin, La prise de Maastricht, page de la thèse
de Louis de La Tour d’Auvergne e , 1679, 3 bordure, fol. 4 recto. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
81 F igure 80 Teresa del Po, Tèse de Pompeo Amerighi , 1681. Milan, Civica raccolta delle Stampe
Achille Bertarelli, Tesi-Discussioni pubbliche.
82 F igure 81 Claude Duflos et Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin dit des Batailles, Tèse
de l’abbé Van der Meulen , 1685-1695. Paris, BNF, Est., Hennin, 7598 (t. 86, 1715, n° 7598).
83 *F igure 82 Pierre Mignard, Portrait équestre de Louis XIV couronné par la Victoire devant le
siège de Namur , 1692, huile sur toile, 3590 × 2600. Versailles, châteaux de Versailles et de
Trianon, MV 2032.
F igure 83 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy , 84
1680. Amsterdam, Rikjsmuseum, RP-P-OB-67.653.
85 F igure 84 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Louis-Adrien de Noailles , 1671.
Paris, BNF, AA6 thèses, t. 1.
86 F igure 85 Positions de la thèse de Philibert Madon , 1685. Paris, BNF Tolbiac, fol-LB37-3868.
87 F igure 86 Étienne Gantrel, Tèse dédiée au parlement de Normandie , 1678-1679. Paris, BNF,
Est., AA6 Gantrel.
88 F igure 87 Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle, Allégorie au parlement de Normandie ,
vers 1690-1695. Paris, ENSBA, C1661bis.
89 F igure 88 Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, Tèse d’André Brunel , 1691.
Paris, BNF, Est., AA5 Gantrel.
F igure 89 Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au parlement de Bretagne , 90
1654. Paris, BSG, W fol. 241 (4 bis) inv 353 (93).
91 F igure 90 Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Emmanuel de Guénégaud de
Montbrison, abbé de Brienne (détail), 1661. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
92 F igure 91 Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau, Tèse de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt (détail), 1660. Londres, British Museum, R, 6.156.
93 F igure 92 Gilles Rousselet et Robert Nanteuil d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-
Téodose de La Tour d’Auvergne (détail), 1667. Paris, BNF, Est., AA5.
94 F igure 93 Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?), Tèse de Louis de
Lorraine , 1682. Rouen, Institut national de recherche pédagogique, 1980.14.3.
95 F igure 94 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Triomphe de la Religion, thèse de l’abbé
de Polignac (détail), 1683-1686. Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, Est.8709.
96 F igure 95 Pieter Van Schuppen d’après Jacob Ferdinand Voet, Tèse de Jean-Tomas Hue de
Miromesnil (détail), 1687. Paris, BNF, AA6 Thèses, t. I.
97 *F igure 96 Anonyme d’après Charles Errard, Hercule et le jeune Louis XIV , gravure tirée de
Les triomphes de Louis le Juste XIII du nom , Paris, Imprimerie royale, 1649.
98 *F igure 97 Anonyme, Portrait du jeune Louis XIV , s. d., édité par Nicolas Berey. Vienne,
Österreichische Nationalbibliothek, Bildarchiv und Grafiksammlung, Inv.-Nr.
PORT_00038802_01.
99 F igure 98 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun, Tèse avec le portrait de Louis XIV en
médaillon , 1664. Paris, BNF, Est., N3.
100 F igure 99 Jacques Grignon d’après Nicolas Mignard, Tèse de Mathieu Yzoré d’Hervault , 1666.
Paris, BSG, fol. W 241 inv. 349 (66).
Naviguer dans le livre
Précédent Table des illustrations Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Crédits photographiques
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Crédits photographiques Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Crédits photographiques
p. 345
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 © Barbara Selmeci Castioni : fig. 17
livre
2 © Bibliothèque nationale de France : fig. 3, 9, 11, 12, 26, 27, 31, 43, 49, 59, 62, 69, 70, 78,
84, 86, 95
PDF
3 © BNF – Gallica : fig. 42, 66, 73, 81, 96
Table des matières
4 © Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris : fig. 10
Citer 5 © Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, cliché J.-L. Charmet : fig. 89
6 © Château de Chenonceaux/Guillaume Souvant : fig. 16
Partager PDF du
7 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Christophe Fouin : fig. 55 chapitre
Plan 8 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/EPV : fig. 13, 48, 57
9 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Jean-Marc Manaï : fig. 50 Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
10 © ENSBA : fig. 87 votre bibliothèque Texte intégral
11 © Milano, Civica raccolta Bertarelli : fig. 80
Aller en haut de page 12 © Österreichische Nationalbibliothek Acheter : fig. 97
Aller en bas de page
13 © Paris, Faculté de Médecine : fig. 36
Édition
imprimée
14 © Philippe Cornouaille : fig. 15.
© Rémi Mathis Presses 15 : fig. 71
universitaires
© RMN-Grand Palais/Jacques Quecq d’Henripret de Rennes 16 : fig. 23
17 © RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/Droits réservés : fig. 82 amazon.fr
decitre.fr
18 © RMN- Grand Palais (Château de Versailles)/Gérard Blot : fig. 54, 75
mollat.com
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Michèle Bellot leslibraires.fr 19 : fig. 24
placedeslibraires.fr
20 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/René-Gabriel Ojéda : fig. 22 lcdpu.fr
21 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Thierry Le Mage : fig. 60
ePub / PDF
22 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Michel Urtado : fig. 25, 28
23 © Rouen, INRP : fig. 93
24 © The Trustees of the British Museum : fig. 29, 65, 91
25 © Turin, Bibliothèque royale : fig. 14
26 © Véronique Meyer : fig. 1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 13, 18, 19, 20, 21, 30, 32, 33, 34, 37, 38, 39,
40, 41, 45, 46, 47, 51, 52, 53, 56, 58, 61, 63, 64, 67, 68, 72, 74, 76, 79, 85, 88, 90, 92, 94, 98,
99, 102
Naviguer dans le livre
Précédent Crédits photographiques Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Index des noms de personnes
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Index des noms de personnes Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Index des noms de personnes
p. 347-365
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le L’entrée Louis XIV, présentant un trop grand nombre d’occurrences, ne figure pas dans cet
livre index. Les chiffres en caractères gras sont ceux des pages où les noms sont cités dans les
légendes des illustrations.
A PDF
Table des matières
A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d’A uvergne , duc d’ (1643-1715), cardinal de Bouillon
(1669) : 19, 21, 24, 29, 40, 42, 43 , 61, 65, 69, 93, 99, 101, 109, 118, 121, 133, 137, 139, 149, 194,
Citer
197, 198 , 202, 235, 253, 255 , 260, 261, 263, 267, 270, 303, 304
Partager A lexandre VII (Fabio Chigi) (1599-1667), pape (1655-1667) : 103, 110, 116, 186, 302 PDF du
A lgardi chapitre , Alexandro, dit l’Algarde (1598-1654), sculpteur, dessinateur et architecte : 133
Plan A ligre , Étienne d’ (1660-1725), fils de Michel d’Aligre : 20, 30, 33, 46, 48, 73, 74, 76, 78, 121,
135, 137, 150 , 153, 257, 260, 268, 303 Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
A ligre , Étienne II (1592-1677), garde des sceaux en 1672 puis chancelier en 1674 : 35, 39, Texte intégral votre bibliothèque
116, 118
A
B A ligre , Gilles d’ (1661-1711), fils de Michel d’Aligre : 20, 33, 46, 48, 73, 74, 76, 78, 121, 135, Acheter
137, 150 , 153, 257, 260, 268, 305 C
A ligre Édition D , Michel II d’ (1617-1661), maître des requêtes, intendant de la généralité de Rouen :
imprimée
149 E
F A mboise Presses , Jacques d’ (1559-1606), chirurgien, recteur de l’université de Paris, professeur au
universitaires
G Collège royal : 169 de Rennes
H
A melot , Charles (1644-1726), conseiller au parlement de Paris en 1673 et premier président
amazon.fr
I de chambre en 1687 : 30, 44, 58, 59, 61, 64, 66 , 78, 99, 116, 132, 139, 201, 209, 227, 232, 235, decitre.fr
J 253, 261, 267, 270, 272, 273, 274, 276, 281, 303 mollat.com
K leslibraires.fr A melot de L a H oussaie ou H oussaye , Abraham-Nicolas (1634-1706), historien : 44, 61, 64
L placedeslibraires.fr
M A merighi , Pompeo (1656-1720), confesseur siennois de la reine Marie-Thérèse : 29, 218 , 219, lcdpu.fr
N 281, 306, 313, 312
ePub / PDF
O A ncelin , Humbert (1648 ?-1720), évêque de Tulle (1681-1702), « frère de lait » du roi : 29, 30,
P 289, 303
Q
A nglure de B ourlemont , François d’ (1653- 1711), abbé de la Crest (1673-1711), fils de Nicolas
R d’Anglure de Bourlemont (1620-1706), lieutenant général depuis 1655 : 29, 116, 261, 305
S
A njou , Philippe d’, voir : O rléans , Philippe
T
U A njou , Philippe d’, voir : P hilippe V
V A nne d ’A utriche (1601-1666), reine de France (1615-1666), régente (1643-1661) : 39, 169, 171,
W 173, 174, 175, 177, 181, 182, 183, 186, 192, 194, 288
Y
A ntonin (86-161), empereur romain (138-161) : 201
Z
A quin (ou D aquin ), Antoine d ’ (1620-1696), premier médecin du roi en 1672 : 21, 30, 118, 255,
Aller en haut de page 257, 261, 286, 288, 305, 307
Aller en bas de page A quin de C hâteaurenard , Antoine d’ (1657- 1735), président au parlement de Paris, président
au Grand Conseil, secrétaire du Cabinet du roi (1684), intendant général du Bourbonnais
(1688) : 288, 305
ARBAUDGeorges, soutient une thèse de médecine à Paris peu avant 1604 : 51
A rgenson , Antoine-René de V oyer , marquis de Paulmy et d’ (1722-1787), ministre d’État et
diplomate : 72
A rgouges , François d’ (1654-1716), premier président au parlement de Bretagne (1661-1677),
conseiller au Conseil royal des finances (1685- 1695), évêque de Vannes (1687-1716) : 30, 32,
60, 77, 103, 305
A rnauld , Antoine (1612-1695), dit le Grand Arnauld, théologien, philosophe, mathématicien :
14
A rnauld , Henri (1597-1692), évêque d’Angers (1649) : 227
A rtagnan , Charles de B atz de C astelmore D’ (1611/1615-1673), mousquetaire : 29, 30
A rtagnan , Louis de B atz de C astelmore , comte d’ (1660-1709), filleul du roi, fils de Charles de
Batz de Castelmore d’Artagnan : 29, 30, 68, 124, 156, 267, 289, 305
A ubusson de L a F euillade , Georges d’ (1612- 1697), archevêque d’Embrun (1645-1668) puis
évêque de Metz, ambassadeur à Venise et en Espagne : 21, 304
A udran , Claude II (1639-1684), graveur : 161
A udran , Gérard (1640-1703), graveur, académicien : 152
A udran , Karl (1594-1674), dessinateur et graveur : 52, 55 , 169, 186, 205
A umas de B eauséjour de R oquemartine , Claude-Irénée d’, carme de Blois, dédie une thèse au
duc de Chartres en 1723 : 103
A uteuil , Charles de C ombault , comte d’ (1588- 1670), historien, gouverneur du duc d’Enghien :
173
B
B aldinucci , Filippo (1624-1697), historien de l’art italien : 118, 260
B alzac , père, thèse de théologie soutenue dans l’église Aracoeli : 303
B alzac d ’E ntragues , Catherine-Henriette de (1579-1633), favorite d’Henri IV : 188
B arberini , Francesco (1662-1738), neveu d’Urbain VIII, légat apostolique à Avignon (1623-
1633), puis en Espagne, cardinal-évêque d’Albano e Santa Rufina, Porto et Ostia e Velletri :
101
B asan , Pierre-François (1723-1797), graveur, éditeur, marchand d’estampes : 15
B asnage de B eauval , Jacques (1653-1723), ministre réformé, auteur, théologien, historien et
diplomate : 233
B audet , Étienne (1638-1711), graveur et dessinateur, académicien : 152
B audoin , Jean (1590-1650), écrivain, traducteur de Cesare Ripa : 276, 278
B augin , Lubin (1610 ?-1663), peintre, académicien : 133
B eaubrun , Charles (1604-1692), peintre, académicien : 313
B eaufort , François DE BOURBON-VEND ôme , duc de (1616-1669), grand maître, chef et
surintendant général de la navigation : 181, 203
BEAUFR ère , Pierre (actif de 1662 à 1685), peintre : 60, 91, 121, 122, 124, 125 , 149, 253, 257,
307
B eaulieu , Reine-Michèle de (16 ?-1695), publie les travaux inachevés de son oncle Sébastien
Pontault de Beaulieu : 141
B eaulieu , Sébastien P ontault de (1612 ?-1674), dessinateur et graveur militaire, maréchal de
camp : 141
B eauséjour de R oquemartine , Claude-Irénée d’ A umasde , carme de Blois, soutient une thèse
en 1723 : 103
B edacier , Pierre (?-1660), conseiller du roi, évêque d’Auguste, suffragant de Metz en 1649 :
302
B ellemare , Nicolas de D uranville , marquis de (?-1675), garçon d’honneur du Dauphin
en 1672 : 77, 312
B enoît XIII (1649-1730), pape (1724-1730) : 36, 37
B enserade , Isaac (1613-1691), poète de cour, auteur de ballets, académicien : 190
B erey , Claude-Auguste (1651-1732), graveur et éditeur : 143
B erey , Nicolas (1640-1667), graveur, enlumineur et marchand d’estampes : 143, 264, 266 , 313
B éringhen , Jacques-Louis, marquis de (1651- 1723), premier écuyer de Louis XIV et
collectionneur : 15, 32
B ernard , Samuel ? (1616-1687), peintre en miniature à Paris 1677 : 74
B ernard , Jean, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
B ernin , Giovanni Lorenzo B ernini , dit L e (1598- 1680), architecte, sculpteur et peintre italien :
69, 101, 201, 207
B erthe , Pierre (?-1719), recteur de l’université de Paris (1684-1685), prédicateur de l’Église de
France, bibliothécaire et professeur de Sorbonne : 23, 30, 52, 56, 60, 124, 125 , 235, 236, 257,
307
B érulle , Pierre (?-1730), premier président au parlement de Grenoble en 1694 : 13
B etham , Jean ou John (v. 1642-1709), docteur de Sorbonne, fondateur du séminaire de Saint-
Grégoire pour les étudiants anglais (1684) : 76
B eys , Charles de (1610-1659), dramaturge et poète : 264
B ichi , Antonio (1614-1691), neveu d’Alexandre VII, évêque de Montalcino (1652) puis d’Osimo
(1656), cardinal (1657), légat à Urbin (1662-1667) : 177
B illet , Pierre (1656-1719), professeur d’éloquence, recteur de l’université de Paris : 296
B leesen , Guillaume-Antoine, étudiant allemand qui soutient une thèse en 1678 : 161
B loemaert , Cornelis (1602 ?-1692), graveur hollandais : 101
B londel , François (1618-1686), ingénieur de la Marine et architecte : 209
B oileau , Nicolas (1636-1711), écrivain, poète, critique littéraire, académicien : 20, 217, 246,
247, 250, 262, 279, 280, 296
B oizars ou B oisard , Lucien, tapissier en 1640- 1646 : 33
B olé de C hamplay , Jules-Louis (1650-1719), maréchal général des logis aux camps et armées
du roi et diplomate : 111 , 143
B onnart , Henri (1642 ?-1711), graveur et éditeur : 63, 289, 307
B onnart , N., graveur : 141, 306
B onshoms de C ouronne , Auguste-Tanneguy (1635- ?), fils du suivant : 237, 302
B onshoms de C ouronne , Robert, seigneur de Hautonne (?-1661), président au parlement de
Normandie en 1651 : 237
B osquillon , Noël, abbé, poète, reçu membre de l’Académie de Soissons en 1689 : 83, 135,
223, 225
BOSSARTDE VERRI ère , Jean-François, fils de Jacques Bossart, maire de Rennes : 141
B osse , Abraham (1602-1676), graveur, dessinateur, écrivain, académicien : 57 , 91, 96, 115,
191, 197, 199, 200 , 302, 312
B ossuet , Jacques-Bénigne (1627-1704), homme d’Église, théologien, orateur et historien :
203, 235, 236, 275
B oucher , François (1703-1770), peintre et graveur, académicien : 15
B oucher , Jean-Baptiste, soutient sa thèse en 1660- 1661 : 313
B oudan , Alexandre (1600-1671), graveur, enlumineur, imprimeur, éditeur et imprimeur du roi,
marchand d’estampes : 139, 151, 152, 171, 301
B oudan , Louis (1670-1717), graveur : 312
B oude , Jean (1591-1689), éditeur à Toulouse en 1667 : 304
B ouhours , Dominique (1628-1702), jésuite, grammairien et historien : 87
B ouillon , abbé de, voir : A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d ’A uvergne , duc d’
B oulle , André-Charles (1642-1732), ébéniste, graveur, dessinateur, doreur et ciseleur : 160
B oullogne , Bon (1649-1717), peintre et graveur, académicien : 91, 245, 257, 308
B oullogne , Louis de (1654-1733), peinture, directeur de l’Académie royale de peinture et de
sculpture en 1725 : 91, 92, 297
B ourbon , Henri de, voir : V erneuil
B ourbon , Louis-Alexandre de, voir : T oulouse
B ourbon , Louis-Auguste de, voir : M aine
B ourbon- C ondé , Anne-Geneviève de (1619- 1679), duchesse de Longueville, fille d’Henri II
prince de Condé, soeur du Grand Condé, épouse d’Henri II d’Orléans-Longueville : 29
B ourbon- C ondé , Louis III, voir : C ondé , Louis III
B ourdon , Sébastien (1616-1671), peintre, graveur et dessinateur : 96, 130, 133, 139, 203, 297
B ourgarel , François, candidat, fils de Joseph Bourgarel, de Pignerol, qui participa aux
fortifications d’Antibes en 1699-1700 : 30, 245, 257, 308
B ourgogne , Louis de France, duc de (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, Dauphin de France
(1711- 1712) : 15, 21, 35, 41, 56, 65, 69, 71, 72, 74, 77, 87, 92, 99, 100, 109, 110, 125, 126, 130,
133, 137, 140, 161, 169, 171, 173, 199, 201, 202, 203, 205, 219, 226, 232, 242, 245, 271, 275,
283, 294, 295, 301, 312
B outhillier , Claude (1581-1652), secrétaire d’État à la Marine (1628-1629), aux Affaires
étrangères (1629-1632) et contrôleur général des finances (1632-1643) : 12, 92
B outhillier , Léon (1608-1652), fils du précédent, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères :
173
B rillon de J ouy , Albin (?-1739), curé de Saint-Roch : 296
B risacier , Jacques-Charles de (1641-1736), docteur de Sorbonne, directeur du séminaire des
missions étrangères : 41, 71
BR ûlartde SILLERY, Fabio (1655-1714), évêque de Soissons : 29, 30, 116, 257, 305
B runel , André, candidat en 1691 : 20, 241 , 307
B runy , Ambroise, reçu chez les Minimes en 1688 : 308
B uignet , René, candidat en 1691 : 313
B ullet , Pierre (1639-1716), architecte et ingénieur du roi et de la ville de Paris en 1660 : 209
B ures , Raphaël de, représentant de Gabriel de Monchy d’Hocquincourt, peut-être, écuyer,
sieur de la Morandière : 147
B ussy- R abutin , Roger de (1618-1693), lieutenant général des armées du roi, membre de
l’Académie française, écrivain et pamphlétaire : 42
B utay Suzanne (1626-1699), femme de Charles Le Brun : 160
C
C achet de G arnerans , Claude (16 ?-17 ?), intendant à la souveraineté de Dombes en 1696 :
312
CALLI ères , François de (1645-1717), diplomate, homme de lettres, académicien : 246, 247
C alvin , Jean (1509-1564), théologien, juriste et réformateur protestant : 227, 278
C alvo , Giovanni, dédie en 1653 une thèse au cardinal Frédéric Sforza : 133
C arrache , Annibale C arracci dit Annibal (1560- 1609), peintre et graveur italien : 113, 130
C ars , Jean-François (1661-1730), graveur et éditeur d’estampes : 60, 143, 297, 298, 308, 312
C ars , Laurent (1699-1771), peintre, graveur académicien et éditeur d’estampes, fils du
précédent : 153, 161, 298
C assini , Jacques (1677-1756), astronome, membre de l’Académie des sciences : 110, 312
C atinat , Nicolas (1637-1712), maréchal de France : 232, 245
C habannes , Joseph-Gaspard de (1702-1767), évêque et comte d’Agen : 161
C hambon du C hatelet , Daniel H ay , abbé de (1596-1671), homme d’Église, mathématicien :
182, 183
C hamillart , Michel II (1688-1716), candidat, fils de Michel I Chamillart, grand maréchal des
logis de la Maison du roi : 41
C hampaigne , Philippe (1602-1674), peintre et dessinateur : 126, 130, 135
C hamp-du- M ont , l’abbé Jacques du, soutient une thèse en 1706 : 312
C hantelou , Jean de, préside une thèse au collège d’Harcourt : 306
C hantelou , Paul F réart de (1609-1694), ingénieur militaire, collectionneur d’art : 207
C hapelain , Jean (1595-1674), poète, critique, académicien : 14
C harlemagne (742-814), roi des Francs (768- 814), empereur d’Occident (800-814) : 279, 287
C harles VIII (1470-1498), roi de France (1483- 1498) : 181
C harles- E mmanuel II, voir : S avoie
C harmot , Nicolas (1655-1714), procureur général à Rome des nations étrangères et vicaire
apostolique en France de l’Asie orientale : 41
C harles Q uint (1500-1558), empereur du Saint Empire romain germanique (1519-1556), roi
d’Espagne (1516-1556), roi de Sicile (1516- 1554) : 199
C hartier , Jean (1610-1662), chassé de la faculté de médecine pour avoir prôné l’antimoine et
attaqué ses détracteurs : 180
C hartres , duc de, voir : O rléans , Philippe
C hasteau , Guillaume (1635-1683), graveur, éditeur d’estampes, académicien : 52, 102, 141,
313
C hastillon , Claude (1559 ?-1616 ?), architecte et ingénieur militaire, dessinateur et
topographe : 217
C hatel , Jean (1575-1595), meurtrier d’Henri IV : 20
C haulnes , Charles d ’A lbert d ’A illy , duc de (1625-1698), lieutenant général des armées
en 1655, chevalier des ordres du roi en 1661 : 141
C hauveau , François (1613-1676), peintre, dessinateur et graveur, académicien : 43 , 93, 101,
126, 133, 139, 143, 149, 161, 169, 173, 203, 205, 288, 297, 301, 303, 312
C hevreuse , Marie-Aimée de R ohan- M ontbazon , duchesse de (1600-1679) : 32
C hoisy , François-Timoléon de (1644-1724), homme d’Église, membre de l’Académie française
(1687) : 23, 29, 44, 69, 116, 254, 288, 303
C holot , François-Joachim, dessinateur en 1726 : 36, 37
CHRISTINE DE SU ède (1626-1689), reine de Suède (1632-1654) : 116, 186
C ibo , Alderano (1613-1700), cardinal (1641), secrétaire de la congrégation de l’Inquisition : 36
C lément , Nicolas (1647-1712), commis à la garde des planches et estampes de la Bibliothèque
royale (1670) : 152, 153, 227
C lémentx (1590-1676), pape (1670-1676) : 227, 229
C lermont- T onnerre de C ruzy , Antoine-Benoît de (1644-1678), évêque de Fréjus en 1676 : 21,
29, 34, 126 , 127, 260, 303, 304
C los B ossart , Henri-François du (1702-1785), colonel des dragons, chevalier de Saint-Louis,
frère Marie-Claude-Augustin, soutient une thèse en 1714 : 313
C los B ossart , Marie-Claude-Augustin du (17 ?-1773), doyen du chapitre de Vanne, fils de
Jean-François Bossart de Verrière d’une famille de robe bretonne, frère d’Henri-François du
Clos Bossart : 313
C lovis (465-511), roi des Francs (481-511) : 20, 227, 279
C ochin , Charles-Nicolas (1715-1790), graveur et dessinateur, secrétaire, historiographe de
l’Académie (1752) : 36
CO ëtlogon , Charles-Élisabeth, marquis de (1684- 1744), chevalier, seigneur de Romilly : 313
CO ëtlogon , Louis-Marcel (1648-1707), évêque de Saint-Brieuc en 1680, de Tournai en 1705 :
35, 130, 135, 148 , 149, 251, 254, 304
C oignard , Jean-Baptiste (1667 ?-1735), imprimeur du roi : 143, 203
C olbert , Jacques-Nicolas (1655-1707), abbé du Bec, fils du Grand Colbert, archevêque de
Rouen (1691), membre de l’Académie française (1678) : 20, 24, 71, 77, 78, 86, 118, 121, 122 ,
154, 161, 213, 214 , 255, 268, 280, 282, 284, 305
C olbert , Jean-Baptiste (1619-1683), contrôleur général des finances (1665-1683), secrétaire
d’État de la Maison du roi, secrétaire d’État à la Marine (1669-1683), surintendant des
Bâtiments, arts et manufactures de France (1661-1683), père de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay, Jacques-Nicolas Colbert et Jules-Armand Colbert : 30, 31, 41, 45, 60, 78, 92, 93, 103,
104, 106, 128, 133, 141, 143, 160, 206, 207, 217, 250, 262, 272, 295, 296
C olbert , Charles-Joachim (1667-1738), fils de Colbert de Croissy, évêque de Montpellier
(1698) : 306
C olbert de C roissy , Jean-Baptiste, marquis de Torcy (1665-1746), secrétaire d’État aux Affaires
étrangères en 1696, neveu du Grand Colbert, frère de Charles-Joachim Colbert : 20, 46, 52,
65, 69, 71, 77, 81, 86, 135, 137, 139, 140, 206, 224 , 225, 271, 274, 278, 281, 294, 304, 306
C olbert d ’O rmoy , Jules-Armand (1663-1704), fils cadet de Jean-Baptiste Colbert, surintendant
des Bâtiments de France, grand maître des cérémonies, lieutenant général des armées du
roi : 140, 312
C ondé , Louis II de B ourbon , prince de, dit le Grand Condé (1621-1686), pair de France,
premier prince de sang, Grand maître de France (1647-1654) : 29, 38, 40, 68, 92, 130, 133, 175
C ondé , Louis III de B ourbon- C ondé , duc de B ourbon et prince de (1668-1710), « Monsieur le
Duc », maréchal de camps, grand maître de France, petit-fils du Grand Condé : 35, 38, 68, 92,
175
C onti , Armand de B ourbon , prince de (1629- 1666), frère du Grand Condé, gouverneur de
Guyenne et Languedoc, protecteur de Molière : 20, 29, 38, 44, 68, 173, 174, 175, 177, 182,
192, 280, 301, 302
C orneille , Jean-Baptiste (1649-1695), peintre, graveur, académicien : 143
C orneille , Michel le Jeune (1642-1708), peintre et graveur, académicien : 231
C orneille , Pierre (1606-1684), dramaturge et poète, académicien : 60
C ortone , Pierre de (1596-1669), peintre et architecte italien : 104, 130, 184, 293, 302
C ossin , Louis (1627-1704), dessinateur, graveur : 53 , 60, 78, 80, 91, 108, 109, 122, 123 , 124,
130, 149, 154, 163, 257, 260, 261, 306
C otelle , Jean II (1642-1708), peintre, ornemaniste, graveur, académicien : 91, 238, 240, 242,
306, 307
C ourtenay , Roger, prince de (1646-1733), abbé de Saint-Pierre à Auxerre en 1659, et des
Eschalis en 1666, prieur de Choisy-en-Brie en 1669 : 19, 21, 29, 65, 68, 107, 127, 156, 157 , 158 ,
159 , 303, 304
C ourtois , Alexandre (?-1652), candidat, valet de chambre de la reine : 23, 30, 170 , 171, 301
C ourtois , Alexandre, père du précédent : 30
C ousin , Pierre (15 ?-15 ?), imprimeur, actif au moins entre 1534 et 1537 : 154
C oypel , Antoine (1661-1722), directeur de l’Académie de France à Rome (1673-1675), et de
l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1714, premier peintre du roi en 1716 : 297
C oypel , Noël (1628-1707), peintre académicien : 101, 102 , 103, 141, 297, 313
C oysevox , Antoine (1640-1720), sculpteur et dessinateur, académicien : 143, 201, 297
C rayer , Gaspard de (1584-1669), peintre flamand : 128
CR èvecoeur , Adrien de H anyvel de M anevillette (?-1668), secrétaire des commandements de
Monsieur, frère du roi, gouverneur de Pacy, écuyer des Écuries du roi : 101
C romwell , Olivier (1599-1698), homme d’État anglais : 194
C rouzeil , Séraphin (1661-1710), candidat, membre de l’observance de Saint-François,
provincial des Cordeliers : 42, 62, 63 , 110, 141, 236, 257, 284, 289, 290, 307
C üeillens , Félix (1617-1689), prédicateur d’Anne d’Autriche, soutient une thèse en 1664 : 303
C undier , Balthasar, graveur : 34
C undier , Jacques (1645-17 ?), graveur à Aix-en-Provence : 115, 245, 246, 307
D
D abes , Gabriel (1599-1656), professeur réputé, docteur en Sorbonne et professeur en
théologie : 301
D agobert (604 ?-639), roi d’Austrasie (623), roi des Francs (629-639) : 279
D angeau , Philippe de C ourcillon , marquis de (1638-1720), mémorialiste : 31, 236
D aret , Pierre (1604 ?-1678), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 115, 132, 133, 170 ,
171, 188, 190 , 192, 226, 264, 278, 297, 301, 302
D ati , Carlo Roberto (1619-1676), professeur de langues classiques : 121
D aullé , Jean (1703-1763), graveur, académicien : 298
D auphin , voir : B ourgogne , Louis de France
D auphine , voir : MARIE-ADELA ïde DE SAVOIE ; MARIE-ANNE-CHRISTINE DE BAVI ère
D el P o , Teresa (1649-1716), peintre et graveur italien : 115, 218 , 219, 281, 306
D elvaus de F rias ou D el V aus y F rias , fils de Gaspard Del Vaus y Frias, conseiller au conseil de
Guerre de Philippe V, contador général de ses armées en Flandres : 312
D enis , Étienne, fils d’un procureur général du parlement de Guyenne ; il soutient une thèse à
Bordeaux en 1695 et devint lui aussi conseiller au parlement : 35, 312
D es A uberis , Guillaume (16 ?-1668), professeur de philosophie au Collège royal (1665-1668) :
20, 303
D esgodets , Antoine (1653-1728), architecte, académicien (1694) : 143
D espérier , Jacques (?-1684), professeur et principal au collège de Lisieux dès 1648 : 23
D ieu , Antoine (1662 ?-1727), peintre, graveur, marchand de tableaux : 91, 92, 141 , 143, 163,
164 , 241 , 307, 308, 313
D omitien (51-96), empereur romain (81-96) : 289
D onneau de V izé , Jean (1638-1710), homme de lettres, journaliste, auteur dramatique,
historiographe du roi : 247
D oublet Philippe, correspondant de Christiaan Huyghens, époux de sa soeur Susanna (1660) :
119
D oujat , Jean (1609-1688), avocat, jurisconsulte, professeur de droit canon au Collège royal,
historiographe du roi : 282
D ouville , Pierre, licencié en théologie en 1486 : 181
D revet , Pierre (1663-1738), graveur, académicien : 13, 35, 308, 312, 313
D ubois B audry de L angan ou du B oisbaudry , Pierre, de noblesse bretonne, soutient une thèse
en 1669 : 149
D u B ois , François (1623-apr. 1662), imprimeur, éditeur et marchand d’estampes : 313
D ubois- H us , Gabriel (1599-1655), aumônier de Gaston d’Orléans : 173, 174, 175, 184
D ubuisson- A ubenay , François-Nicolas (v. 1590- 1652), érudit, diplomate, historien : 180
D uflos , Claude (1665-1727), graveur : 115, 143, 219, 220 , 306
D u F our , Georges (16 ?-17 ?), professeur de mathématiques au collège d’Harcourt (1680-
1692 ?) : 274
D u F resne , Charles, sieur D u C ange (1610- 1688), historien, linguiste : 205
D ulionde P oinson , Charles-Albert, dit abbé du Lion de Poinson, fils du gouverneur de la
Guadeloupe, Claude-François Dulion, seigneur de Poinson-Poinsenot : 30, 84, 248, 257, 261,
273, 307
D upuis , Claude, marchand de papier : 154
D urand de M aillane , Pierre-Toussaint (1729- 1814), canoniste, magistrat, homme politique :
24, 25, 27
D u T ertre , père, dédie une thèse au duc de Bourbon en 1686 : 35, 92
E
E delinck , Gérard (1640-1707), graveur académicien d’origine flamande, éditeur et marchand
d’estampes : 11, 14, 15, 35, 60, 69, 85, 86, 94, 96, 99, 101, 103, 106, 115, 116, 122, 128, 130,
135, 150 , 151, 152, 156, 160, 161, 163, 213, 214 , 224 , 226, 257, 258 , 279, 284, 304, 305, 306,
313
E nghien , voir : C ondé , L ouis II de B ourbon- C ondé
É pernon , Bernard de N ogaret de L a V alette , duc d’ (1592-16661), colonel général de France,
gouverneur de la Guyenne : 103
É pinay de S aint- L uc , Arthur d’ (1588-1621), évêque de Marseille de 1619 à sa mort : 169
E rnou , François (1636 ?-170 ?), imprimeur-libraire ordinaire du roi : 313
E rrard , Charles (1603 ?-1689), peintre académicien, graveur, dessinateur et architecte : 196,
264, 265
E spinay de S ainct- L uc , Louis d’ (1650-1689), aumônier du roi, abbé de Saint-Georges de
Boscherville (1677-1689) : 29, 65, 304
E stampes , Jean-Baptiste d’ (1638-1684), docteur à la Sorbonne, évêque de Perpignan et
Marseille : 313
E strades , Gabriel-Joseph d’ (mort en 1692), prieur de Saint-Magloire de Lehon
de 1673 à 1682 puis colonel : 28 , 29, 124, 257, 305
E strades , Godefroi d’ (1607-1686), maréchal de France en 1675, vice-roi de la Nouvelle-
France : 29
E strées , Jean III d’ (1666-1718), fils du maréchal Jean d’Estrées (1624-1707), neveu du cardinal
César d’Estrées, frère du maréchal Victor-Marie d’Estrées, enfant d’honneur du Dauphin,
abbé commendataire de Conches, évêque de Laon (1681-1694) puis archevêque de Cambrai
(1716- 1718) : 312
E strées , Victor-Marie, duc d’ (1660-1737), maréchal de France (1703) : 15
É tienne , père Jérôme d’ (1637-1712), minime de Marseille : 308
F
FAG ès , Jean de, conseiller et aumônier du duc d’Orléans : 313
F agon , Guy-Crescent (1638-1718), surintendant des eaux minérales du royaume et du jardin
du Roi, médecin de Louis XIV, membre de l’Académie des sciences : 33, 76, 137, 272
F alconet , André (1612-1691), médecin, conseiller et médecin du roi (1656), correspondant de
Guy Patin : 147
F alconet , Noël (1644-1734), médecin du roi, fils d’André Falconet : 147
F arjat , Benoît (1646-172.), graveur : 312
F aure , François (1612-1687), évêque d’Amiens : 303
F auvel , bachelier en Sorbonne dont la dédicace fit scandale (av. 1652) : 60, 61
F aydit , Pierre-Valentin (1644-1709), oratorien, écrivain : 234
F élibien , André (1619-1695), garde du cabinet des Antiques, membre de l’Académie des
inscriptions et belles-lettres, secrétaire de l’Académie royale d’architecture : 213, 259, 260,
277, 281, 282, 283
F er , Nicolas de (1647 ?-1720), éditeur, marchand de cartes et d’estampes : 141
F erdinandii de M édicis (1610-1670), grand-duc de Toscane (1621-1670) : 174
F erdinandiii de H absbourg (1608-1657), roi de Bohème (1627), de Hongrie (1625), empereur
du Saint-Empire (1637-1657) : 116, 133, 184, 186
F erdinandiv (1633-1654), roi de Bohême (1646- 1654) et roi de Hongrie (1647-1654), roi des
Romains (1653-1654) : 267
F evretde F ontette , Charles-Marie (1710-1772), historien, bibliophile, collectionneur
d’estampes : 12
F ichon , sculpteur à Paris en 1695 : 76
FID èle d’A rimini , Robert, étudiant, soutient une thèse en 1607 : 54 , 169
F illeau de L a C haise , Nicolas dit Jean (1631- 1688), historien : 203
F irens , Pierre (1580 ?-1638), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 169
F lamen , Albert (v. 1620-16 ?), peintre, graveur flamand actif à Paris : 91, 171, 226, 301
F léchier , Esprit (1632-1710), évêque de Lavaur (1685-1687) et Nîmes, membre de l’Académie
française (1673) : 46, 87, 206, 268
F leuriau d ’A rmenonville , Thomas-Charles (1651-1735), procureur des missions au Levant : 72
F orot , Jean-François, représentant de l’abbé de Bouillon en 1664 : 93, 149
F ortindela H oguette , Hardouin (1643-1715), évêque de Saint-Brieuc (1675-1680), Poitiers
(1680-1685), archevêque de Sens (1685-1692) : 29, 60, 77, 118 , 288, 304
F ouquet , Nicolas (1615-1680), marquis de Belle-Isle, homme d’État, procureur du parlement
de Paris, surintendant des finances : 92, 101, 132, 199
F ourcy , Jean de, peut-être le seigneur de Chessy (1623-1655), conseiller au grand conseil, fils
d’Henri de Fourcy, surintendant des Bâtiments (1625-1638) : 92
F ourilles , François de C haumejan de (v. 1646- 1669), abbé de Hautvilliers puis militaire : 304
FRAN çois , Régis (1597-1640), jésuite canonisé en 1737 : 109
FRAN çois er I DE LORRAINE (1708-1765), duc de Lorraine, puis empereur du Saint Empire
(1745- 1765) : 163, 165
FRAN çois DE SALES (1567-1622), évêque de Genève, canonisé en 1665 : 110, 112
FRAN çois- XAVIER (1507-1552), jésuite canonisé en 1622 : 109
F rassen , Claude, père (1620-1711), théologien et prédicateur franciscain : 307
F reschot , Casimir (1640 ?-1720), historien : 25
F resnoy , Hélias du, dédie une thèse à Mazarin en 1636 : 92
F urck , Sébastien (av.1600-1655), graveur allemand : 251, 302
FURETI ère , Antoine (1619-1688), poète, fabuliste, romancier, lexicographe : 59, 68, 69, 264
F yotdela M arche , Claude (1630-1721), docteur en théologie, aumônier du roi, abbé de SaintÉtienne
de Dijon, fils de Philippe Fyot : 30, 68, 180, 181, 199, 288, 302
F yot de la M arche , Philippe (?-1699), second président au parlement de Bourgogne : 180
G
G alle , Cornelis le Jeune (1615-1678), graveur flamand : 130, 135
G angnot de M aincourt , Michel, secrétaire du roi en 1710, capitaine de cavalerie en 1699 : 101
GANI ère , Jean (v. 1615-1666), graveur, éditeur d’estampes : 175
G antrel , Étienne (1646-1706), graveur, éditeur d’estampes : 21, 83, 86, 92, 106, 109, 110, 115,
137, 140 , 141, 143, 151, 152, 154, 158, 161, 209, 232, 238, 239 , 240 , 242, 244, 257, 305, 306,
307, 308
G arnier , G., peintre en 1683 : 143
G aulli , Giovanni Battista dit il B accicio (1639- 1709), peintre italien : 130
G aultier , Léonard (1561 ?-1635 ?), dessinateur et graveur : 169, 181, 183
G entilotti , Cornelius (1618-1681), jésuite, professeur de philosophie et de théologie à
l’université de Vienne : 302
G eoffroy , Claude-Joseph (1685-1752), apothicaire, chimiste, membre de l’Académie royale
des sciences (1707), échevin de Paris (1731) : 143, 145
G ermain , Michel (1645-1694), moine bénédictin réformé de Saint-Maur, historien, érudit : 48,
83
G ermain , Pierre (1645-1684), orfèvre du roi : 74
G iffart , Pierre (1643-1723), libraire, graveur du roi, éditeur et marchand d’estampes : 220,
306, 313
G illet , graveur en lettres en 1692 : 143, 308
G iry , François (1635-1688), minime, provincial de France : 304
G obert , Pierre (1662-1744), peintre académicien : 35, 137, 313
G odart , Jean (15 ?-16 ?), imprimeur : 154
G ondi , Jean-François-Paul de, voir : R etz
G onzague , Louis de (1568-1561), jésuite, béatifié en 1604 et canonisé en 1726 : 109
G oulas , Léonard (1594-1661), secrétaire des commandements de Gaston d’Orléans : 177
G oyton , Jean (1629-1714), imprimeur en taille-douce du roi : 152, 154
G randjean , Esprit dit « Monsù Spirito », peintre de la cour de Savoie en 1642-1655, valet de
chambre du duc Charles-Emmanuel : 186
G renier , Pierre, étudiant en théologie en 1744 : 161
G reuter , Johann Friedrich (1590 ?-1662), fils de Matthaüs Greuter, graveur : 190, 191
G rignon , Jacques (1640-1698), dessinateur, graveur : 107, 115, 289, 291 , 304
G ros de B oze , Claude (1680-1753), érudit, numismate : 45
G uénégaud , Emmanuel de B rienne , voir : M ontbrison
G uénégaud , Philippe-César de S émoine de (v. 1644-1668), fils d’Henry de Guénégaud de
Cazillac (1610-1676), chancelier et garde des sceaux de l’ordre du Saint-Esprit : 21, 22 , 23, 30,
116, 253 , 302, 304
G uénon , Guillaume, professeur de philosophie au collège de Presle-Beauvais : 21, 305
G uérard , Nicolas (1648 ?-1719), graveur : 216, 306
G uerchin , Giovanni-Francesco Barbieri, dit le (1591-1666), peintre italien : 130
G uez de B alzac , Jean-Louis (1597-1654), écrivain : 14
G uidi , Domenico (1625-1701), sculpteur, peintre italien : 270
G uigou , V. (?-16 ?), graveur, actif à Aix-en-Provence vers 1676 : 161
G uilhet , Charles, provincial des Minimes de Provence en 1685 : 232, 306
G uillet de S aint- G eorges , Georges (1624- 1705), historiographe de l’Académie royale de
peinture et de sculpture : 72, 104, 169, 229, 295
G uiou , auteur d’un panégyrique en 1682-1683 : 124, 283, 284
G uise- L orraine , Charles III, duc d’Elbeuf (1620- 1692), gouverneur général de Picardie et
d’Artois : 29
G uyon , Joseph de C rochans (1674-1756), évêque de Cavaillon (1709-1742), archevêque
d’Avignon (1742), doyen de la Rote : 36
H
H arcourt er , Raymond-Bérenger de L orraine- A rmagnac , abbé d’ (1647-1686), fils d’Henri I de
Lorraine-Armagnac, dit le « Cadet à la Perle » : 29, 44, 117 , 128, 137, 139, 261, 288, 303, 304
H arlayde C hampvallon , François (II) de (1625- 1695), archevêque de Rouen (1651-1671),
archevêque de Paris (1671-1695) : 23, 44, 52, 227, 236, 237, 302, 305, 306, 307
H aynin , Robert de (1613-1668), évêque de Bruges en 1662 : 143
H ecquet , Robert (1693-1775), éditeur et marchand d’estampes : 15, 161, 298, 304
H einecken , Carl Heinrich von (1706-1791), collectionneur et mécène allemand, conseiller
intime du roi de Pologne et de Saxe, directeur du Kupferstich-Kabinett à Dresde : 12, 106, 229
H enequin , Jacques, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
H enri IV (1553-1604), roi de Navarre (1572- 1610), roi de France (1589-1610) : 52, 54 , 169, 177,
181, 184, 263, 279
H érisset , Antoine (1685-1769), graveur, éditeur : 36, 37
H ermant , Godefroy (1617-1690), chanoine de Beauvais, théologien janséniste, recteur de
l’université de Paris : 51
H ersan , Marc-Antoine (1649-1724), prêtre, professeur de rhétorique au Collège royal
de 1685 à 1694 : 48
H erssant , tapissier à Paris en 1695 : 33
H ocquincourt , Armand de M onchy D’ (1638- 1679), évêque de Verdun (1668) : 29, 147, 199,
251, 254 , 288, 302, 303, 304, 305
H ocquincourt , Charles de M onchy D’ (1599- 1658), maréchal de France (1651) : 194
H ocquincourt , Gabriel de M onchy , comte d’ (1643- 1675), commandant des dragons de la
reine, fils de Charles de Monchy d’Hocquincourt : 29, 254
H ouasse , René-Antoine (1645 ?-1710), peintre, cartonnier : 219
H oury , Laurent d’ (1644-1725), imprimeur-libraire, imprimeur de l’ordre de Malte : 83, 286
H ue de M iromesnil , Jean-Baptiste (1666-1719), maréchal de camp : 30, 109, 158, 242, 259 , 261,
268, 273
H ue de M iromesnil , Jean-Thomas (1669-1732), chanoine de Notre-Dame de Paris, frère du
précédent : 21, 257, 289, 307
H uret , Grégoire (1606-1670), dessinateur, graveur, académicien : 91, 115, 133, 175, 177, 178 ,
179 , 184, 188, 199, 205, 206 , 263, 270, 281, 297, 301
H uyghens , Christiaan (1629-1695), savant hollandais : 119
H uyghens , Constantijn (1596-1687), poète et érudit hollandais, secrétaire des stathouders,
père du précédent : 119
I
I gnace de L oyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, canonisé en 1622 : 109
I nnocentxi (Benedetto Odescalchi) (1611-1689), pape (1676-1689) : 42, 101, 236, 293
I nnocent XII (Antonio Pignatelli) (1615-1700), évêque de Faenza, archevêque de Naples,
cardinal, pape (1691-1700) : 101, 293
I sabelle- C laire- E ugénie d’ A utriche (1566- 1633), infante d’Espagne, souveraine des Pays-Bas
(1598-1621), gouvernante des Pays-Bas (1621- 1633) : 231
J
J acquet , Anthoine, docteur de Montpellier en 1614 : 32
J oinville , Jean de (1224 ?-1317), chroniqueur, sénéchal de Joinville et de Champagne : 205
J ollain , François-Gérard (1660-1735 ?), graveur et marchand d’estampes : 41, 110
J ollain , Gérard I (16 ?-1683), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 151, 302
J oseph de S aint J ean , étudiant qui soutient une thèse en 1645 : 175, 178 , 301
er
J oseph I de H absbourg (1678-1711), roi de Hongrie (1687-1711), roi des Romains (1690-
1711), empereur germanique et roi de Bohême, de Croatie, archiduc d’Autriche (1705-1711) :
293
J ourdain , Michel (?-1683), dominicain, prieur du couvent de Saint-Maximin en Provence : 77,
185 , 302
J ouvancy , Joseph de (1643-1719), jésuite, poète, historien et pédagogue : 286
J ouvenet , Jean (1644-1717), peintre académicien : 137, 312
J urieu , Pierre (1637-1713), pasteur et théologien protestant : 233, 234
K
K ilian , Bartholomaüs (1630-1696), dessinateur et graveur originaire d’Augsbourg : 293, 302
K ilian , Philipp Andreas (1714-1759), dessinateur, graveur originaire d’Augsbourg : 163, 165
K löcker , Herman Werner, soutient une thèse à Aix-la-Chapelle en juillet 1656 : 116, 186, 302
K ruger , Georges (1608-1671), professeur au collège des Jésuites de Mayence : 302
K üsel , Matthäus (1629-1681), graveur d’Augsbourg : 293
L
L aborde , Charles de, peintre à Paris en 1688 : 141
LABRETONNI ère , Antoine de (1637-1684), jésuite, professeur de rhétorique : 46, 87, 206, 268,
271
L achaise , François de (1624-1709), jésuite (1639), confesseur de Louis XIV (1675), membre de
l’Académie des inscriptions et belles-lettres : 72, 77, 132, 203, 229, 236
L advocat , Jacques (1632-1700), aumônier du roi : 29, 30, 56, 57 , 58, 61, 62, 191, 192, 302
L a H yre , Laurent (1606-1656), peintre académicien, graveur : 133, 294
L ainé , R. (?- ?), peintre à Aix-en-Provence en 1687 : 34
L allemant , Étienne (?- ?), professeur de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne en 1687 :
307
L allemant , le père (1622-1673), prieur de Sainte-Geneviève, professeur de rhétorique au
collège du cardinal Lemoine, recteur de 1653 à 1655 et chancelier de l’université en 1662 : 13
L ambert , Claude-François (1705-1765), abbé, romancier, compilateur et historien : 137
L amoignon , Chrétien-François de (1644-1709), conseiller du parlement de Paris (1666), maître
des requêtes (1671), avocat général (1674), président à mortier (1698-1707) : 30, 107 , 110,
127, 303
L amoignon , Guillaume de (1617-1677), premier président au parlement de Paris (1656) : 103,
135, 143
L andry , François (1668-1720), graveur, éditeur d’estampes : 92, 143, 313
L andry , Pierre (1630-1701), graveur, éditeur d’estampes : 115, 143, 163, 227, 236, 289, 307
L anfranco , Giovanni (1582-1647), peintre et graveur italien : 190, 191 , 302
L anglois , Jean (1649-1712), graveur, éditeur d’estampes : 92, 143, 241 , 307
er
L anglois , Nicolas I (1640-1703), libraire, graveur, marchand d’estampes et de cartes : 202
L a P ointe ou L apointe , F., graveur en lettres actif en 1664-1670 : 143
L a P orte , Armand-Charles (1632-1713), duc de La Meilleraye, de Mayenne et de Rethelois-
Mazarin, grand maître de l’artillerie de France : 101
L aporte , Louis, soutient une thèse de théologie en 1691 : 313
LA RIVI ère DE LAUDUN, étudiant qui soutient une thèse en 1690 à Castelnaudary : 19, 307
L a R ochefoucauld , François, duc de (1613- 1680), écrivain, moraliste, mémorialiste : 41
L a R ue , Charles de (1643-1725), jésuite, prédicateur et écrivain, confesseur du duc et de la
duchesse de Berry (1705) : 60, 78, 86
L asne , Jean-Étienne (1596-1645), graveur à Bordeaux : 169
L asne , Michel (1595-1667), graveur du roi : 20, 92, 115, 139, 145, 152, 169, 172 , 173, 184, 185 ,
197, 251, 294, 297, 301, 302
L assone , François-Xavier de, médecin ordinaire, fils de Joseph-Marie-François de Lassone :
297
L assonne , Joseph-Marie-François de (1717-1788 ?), premier médecin de Louis XVI, président
de la Société royale de médecine : 297
L a T our d ’A uvergne , voir : A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d’ A uvergne
L a T our d’ A uvergne , Élisabeth de (1635-1680), fille de Frédéric-Maurice de La Tour
d’Auvergne, épouse de Charles III de Lorraine, duc d’Elbeuf, nièce de Turenne : 29
L a T our d ’A uvergne , Godefroy-Maurice de (1641-1721), grand chambellan de France (1658-
1715) : 29
L atourd’ A uvergne , Louis-Charles (1665-1692), prince de Turenne, fils du duc Godefroy-
Maurice de Bouillon (1640-1721) et de Marie Mancini, abbé de Cluny et grand chambellan de
France : 29, 52, 53 , 80 , 86, 108 , 144 , 216 , 306
L atréaumont , Gilles D uhamel ou du H amel de (1627-1674), gentilhomme normand auteur
d’un complot avec le chevalier de Rohan : 213
L a T rémoille , Henri-Charles de (1620-1672), prince de Tarente, duc de Thouars : 41
L aunay , François de (1612-1696), avocat au parlement de Paris (1638-1680), professeur de
droit français au Collège de France : 308
L auwers , Nicolaas (1600-1652), graveur et éditeur d’estampes flamand : 231
L a V alette , voir : É pernon
L a V ergne de T ressan , Pierre de, sieur de Saint-Germain (1618-1684), missionnaire, écrivain :
23, 24, 27
L eberthon , André (1683-1762), premier président au parlement de Bordeaux : 161
L e B lanc de N eauville , étudiant en 1687, dédie sa thèse à Madame de Maintenon : 313
L ebrun , Charles (1619-1690), premier peintre du roi : 12, 28 , 43 , 66 , 91, 92, 93, 94 , 95 , 96, 97 ,
98 , 99 , 100 , 103, 128, 131 , 134 , 135, 138 , 140 , 169, 171, 186, 187 , 192, 193 , 195 , 198 , 208 , 212 ,
214 , 215 , 224 , 242, 243 , 255 , 256 , 258 , 287 , 294, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 312, 320, 322,
325, 326, 332, 334, 337, 342
L e B run , Gabriel (1625-1660), peintre et graveur : 101, 115, 116, 122, 237, 238, 243 , 302
L eclerc , Sébastien (1637-1714), dessinateur et graveur, académicien : 143, 145, 209, 217
L ecointe (ou L e C ointre ) François (162 ?-1692), imprimeur-libraire de 1650 à 1692 : 154
L e C ointe , François, graveur en lettres en 1685 : 154, 306, 308
L e C oite (?- ?), professeur d’humanités au collège Mazarin en 1692 : 46
L e C omte , Florent (?-1712), sculpteur et historien d’art : 12, 14
L ecoq , Pascal (1567-1632), soutient une thèse de médecine à Poitiers en 1597, doyen de la
faculté de médecine de Poitiers (1616-1632) : 52
LECORDELIERDE CHEVRI ère , Paul (?- ?), professeur de philosophie à la Sorbonne en 1692 :
308
L e C ordier du T roncq , Nicolas-Alexandre (1672-1742), lieutenant général des armées du roi
en 1734 : 29, 30, 307
L e D uc , Jessé, docteur en droit civil et canon, professeur d’humanités au collège d’Harcourt
de 1682 à 1679 au moins : 46, 74
L efebvre , Claude (1632-1675), peintre, académicien et graveur : 91, 128, 130, 132, 135, 148 ,
149, 251, 257, 261, 304, 313
L efebvre , Dominique (?-apr. 1719), sculpteur : 74
LEF èvre d’O rmesson , Claude (1647-1717), grand vicaire de Beauvais, fils du suivant : 31
LEF èvred ’ORMESSON, Olivier (1616-1686), maître des requêtes, intendant d’Amiens puis de
Soissons, premier rapporteur au procès de Fouquet (1664), mémorialiste : 31, 41, 42
LE FRAN çois , Jean (?-1701), proviseur du collège d’Harcourt (1682-1701) : 46
L éger , Étienne, professeur de philosophie au collège de Navarre de 1661 à 1667 : 21, 303, 304
L e G oux , Pierre, marchand papetier parisien en 1678 : 154
L egros , Pierre le Jeune (1666-1719), sculpteur : 270
L e H ongre , Étienne (1628-1690), sculpteur académicien : 267
L e H oux , Jean (?-1659), abbé, principal du collège des Grassins, auteur de nombreux sonnets
et épigrammes adressés à Louis XIV, recteur de l’université de Paris en 1659 : 74
L e J ay de S aint- F argeau , Guillaume-Henri (v. 1646-1693), aumônier du duc d’Orléans, évêque
de Cahors en 1680 : 61, 231, 313
L e L ong , Jacques (1665-1721), oratorien, bibliophile, historien : 12, 203
L e M aire , Guillaume (?- ?), bachelier en théologie en 1662 : 149
LE MAISTRE DE FERRI ères , Gilles (1648-1716), fils de Jean Le Maistre de Ferrières, conseiller au
parlement de Paris : 30, 65, 139, 155 , 203, 204 , 205, 209, 267, 272, 279, 281, 304
L e M eneust , Charles-Marie (1648-1721), président à mortier : 238
L emercier , Jacques (1585 ?-1654), architecte du roi (1615), urbaniste, dessinateur de jardins :
21
L e M oyne , Antoine, soutient une tentative en 1683 : 143
L emoyne , François (1688-1737), peintre, académicien (1718), premier peintre du roi (1738) :
14, 153, 297
L enfant , Jean (1615 ?-1674), peintre, graveur, éditeur et marchand d’estampes : 115, 161, 162 ,
209, 210 , 263, 305
er
L éopoldi de H absbourg (1640-1705), archiduc d’Autriche, roi de Hongrie (1655) et de
Bohême (1656), empereur germanique (1658) : 161, 293
L epautre , Jacques (apr. 1653-1684), graveur : 312
L epautre , Jean (1618-1682), dessinateur et graveur : 91, 115, 130, 141, 155, 203, 204 , 205, 304,
306
L epautre , Pierre (1660-1744), sculpteur et graveur académicien : 74, 75 , 143, 201, 241, 245,
307, 308
L epeletier , Michel (1961- 1706), évêque d’Angers (1692-1706) : 143
L e P elletier , Claude (1631-1711), conseiller au parlement de Paris (1652), prévôt des
marchands de Paris (1668-1676), contrôleur général des finances (1683-1689) : 45, 279
L épicié , François-Bernard (1698-1755), graveur et historien de l’art, secrétaire historiographe
de l’Académie de Paris (1740) : 92
L esseville , Nicolas de (1614-1665), conseiller et aumônier ordinaire du roi, évêque de
Coutances en 1658 : 124, 149
L’E stoile , Pierre de (1546-1611), audiencier à la chancellerie de Paris, chroniqueur : 169
L esueur , Eustache (1616-1655), peintre, académicien : 297
L e T avernier , Jean-Baptiste, étudiant à Rennes en 1696 : 20, 308
L e T ellier , Camille, voir : L ouvois
L e T ellier , Charles-Maurice (1642-1710), archevêque de Reims (1671) : 23, 34, 40, 44, 61, 101,
133, 134 , 143, 161, 194, 199, 209, 267, 268, 271, 273, 274, 280, 303
L e T ellier , François-Michel, marquis de Louvois (1641-1691), fils de Michel Le Tellier, secrétaire
d’État à la guerre (1662-1691), surintendant des Bâtiments, arts et manufactures de France
(1683- 1691) : 30, 35, 45, 46, 60, 65, 78, 81, 83, 92, 93, 103, 104, 106, 110, 113, 137, 151, 153,
154, 199, 221, 222, 225, 257, 272, 274, 282, 294, 296
L e T ellier , Louis-Nicolas, marquis de Souvré (1667-1725), fils de Louvois, maître de la Garde-
Robe du roi et capitaine de cavalerie : 20, 82 , 152, 306
L e T ellier , Michel (1603-1685), homme d’État, secrétaire d’État à la guerre (1643-1677),
chancelier de France (1677-1685), ministre d’État (1643) : 121, 143
L e T ellier , Michel-François, marquis de Courtanvaux (1663-1721), fils aîné de Louvois,
secrétaire d’État, capitaine-colonel des Cent-Suisses de la garde du roi : 20, 44, 45, 61, 65,
116, 142 , 143, 257, 275, 306
L etonnelier de B reteuil , Louis-Nicolas (1648- 1728), conseiller du roi et introducteur des
ambassadeurs (1699-1715), responsable des relations officielles entre Louis XIV, la haute
noblesse et les représentants des puissances étrangères (1699- 1715) : 39
L even de T emplery , Joseph (16 ?-1706), écrivain, académicien : 71
L evesque , Antoine, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
L evesque , Laurent, graveur et peintre (?) actif entre 1653 et 1697 : 91, 115, 307
L evesque de G ravelle , Michel-Philippe (1699- 1752), conseiller au parlement de Paris,
collectionneur d’estampes, auteur dramatique, graveur amateur : 15
L e V ignon , François (?-1676), doyen de la faculté de médecine en 1654 : 180
L heureux , Georges, sculpteur reçu dans l’Académie de Saint-Luc en 1679 : 76
L huilier , Jean (16 ?-16 ?), graveur en lettres en 1659 : 143
L iébaux , Jean-Baptiste (16 ?-17 ?), graveur en lettres actif de 1684 à 1694 : 141, 307
L ienard , Nicolas, médecin ordinaire du roi, doyen de la faculté (1680-1682) : 306
L ionne , Hugues de (1611-1671), ministre d’État depuis 1658 et secrétaire d’État aux Affaires
étrangères : 199, 312
L ionne , Jules-Paul de (1644 ou 1647-1721), abbé, fils du ministre Hugues de Lionne, aumônier
du roi, et prieur de Saint-Martin des Champs : 20, 23, 30, 40, 60, 71, 93, 103, 116, 121, 149,
156, 199, 200 , 201, 288, 303, 304, 305
L ionne , Louis-Hugues de (1646-1708), fils aîné d’Hugues de Lionne : 199
L oir , Alexis (1640-1713), graveur et orfèvre, académicien : 152
L oménie de B rienne , Charles-François de (1637- 1720), évêque de Coutances (1668) : 303
L oménie de B rienne , Henri-Auguste de (1594- 1666), seigneur de La Ville-aux-Clercs, secrétaire
d’État aux Affaires étrangères (1638-1663) : 186
L oménie de B rienne , Louis-Henri de (1635- 1698), secrétaire d’État aux Affaires étrangères
avec Henri-Auguste de Loménie de Brienne jusque 1663, voyageur et collectionneur de
tableaux : 302
L ongueville , Charles-Paris d’O rléans , duc de (1649-1672), prince souverain de Neufchâtel et
de Valangin : 29, 303
L ongueville , Henri II, duc d’O rléans (1595- 1663), pair de France : 29
L oret , Jean (1600-1665), écrivain, poète : 11, 36, 39, 77, 288
L orraine , Charles de (1561-1587), comte de Vaudémont, évêque de Toul et de Verdun : 51
L orraine , Louis de (1662-1693), fils de Charles III de Guise-Lorraine (1620-1692), duc
d’Elbeuf : 29, 141, 158, 256 , 257, 274, 306
L orraine , Raymond-Bérenger de (1647-1686), abbé d’Harcourt, fils d’Henri de Lorraine-
Harcourt : 29, 117 , 118, 129 , 303, 304
L orraine- A rmagnac , François-Armand (1665- 1728), évêque de Bayeux en 1719 : 29, 31, 44,
48, 113, 306
L ouis de F rance , dit « Monseigneur » ou « le Grand Dauphin » (1661-1711), Dauphin de France
(1661-1711) : 41, 56, 65, 69, 71, 72, 77, 87, 92, 99, 100 , 109, 110, 125, 126, 130, 133, 137, 140,
161, 169, 199, 200 , 201, 202, 203, 205, 219, 232, 242, 295, 288, 312
L ouis d ’O rléans , voir : O rléans , Louis d’
L ouis IX (1214-1270), roi de France : 20, 65, 130, 171, 173, 174, 203, 205, 206 , 209, 279, 280,
281, 294, 301
L ouis XIII (1601-1643), roi de France (1610- 1643) : 20, 39, 52, 55 , 99, 132, 169, 171, 173, 177,
180, 181, 186, 188, 189 , 194, 205, 206 , 263, 264, 271, 272, 273, 279, 280, 281, 294, 301
L ouisxv (1638-1715), roi de France (1715-1774) : 36, 68, 153, 161, 297, 298
L ouis XVI (1754-1793), roi de France (1715- 1774) : 297, 298
L ouvois , voir : L e T ellier , François-Michel
L ouvois , Camille L e T ellier de (1675-1718), homme d’Église, garde de la Bibliothèque du roi :
21, 30, 35, 45, 46, 48, 56, 60, 65, 78, 81, 83, 92, 101, 103, 104, 105 , 106, 110, 113, 136 , 137,
151, 152, 153, 154, 199, 221, 222, 225, 257, 272, 274, 277, 281, 282, 294, 296, 306, 308
L uther , Martin (1483-1546), théologien réformateur allemand, poète, auteur : 227, 278
L uxembourg , Pierre de (1369-1387), cardinal, bienheureux en 1527 : 141
L uynes , Charles-Philippe d ’A lbert , duc de (1695- 1758), mémorialiste : 153
M
M abillon , Jean (1632-1707), historien et érudit bénédictin, paléographe : 48, 83
M acé , François (1640 ?-1721), secrétaire du Conseil de la reine, curé de Sainte-Opportune
(1685) : 81, 222, 225
M adon , Philibert (?- ?), minime en la province de Marseille, dédie une thèse à Louis XIV
en 1685 : 64 , 232, 233 , 306
M agliabechi , Antonio (1633-1714), bibliothécaire : 48, 83
M aillé , Jean-Armand, marquis de Brézé (1619- 1646), militaire et marin : 177
M aine , Louis-Auguste de B ourbon , duc du (1670- 1736), fils légitimé de Louis XIV et de
Madame de Montespan, prince souverain de Dombes (1681), gouverneur du Languedoc
(1682) : 312
M aintenon , Françoise d ’A ubigné , marquise de (1635-1719), gouvernantes des bâtards royaux,
épouse secrète de Louis XIV (1683) : 296, 297, 313
M airet , Robert (?- ?), maître tapissier à Paris en 1640 : 33
M albouré , Antoine (apr. 1679-1761), graveur, marchand d’estampes : 106
M alézieu , Nicolas (1674-1748), abbé commendataire de l’abbaye de Moreilles, diocèse de La
Rochelle, évêque de Lavaur de 1713 à 1748, fils de Nicolas de Malézieu (1650-1729),
précepteur du duc du Maine et professeur de mathématiques du duc de Bourgogne,
membre de l’Académie des sciences : 312
M ancini , Marie (1639-1715), nièce de Mazarin, épouse de Lorenzo Colonna : 29
M annevillette , Adrien de H anyvel de , marquis de Crèvecoeur (?-1684), receveur général du
Clergé, secrétaire des commandements de Monsieur, gouverneur de Pacy, écuyer des Écuries
du roi : 101, 141
M annevillette , Adrien-Alexandre de H anyvel , marquis de Crèvecoeur, comte de (?-1701), fils
d’Adrien de Crèvecoeur, secrétaire des commandements de Monsieur, président à mortier au
parlement de Paris, conseiller au Grand Conseil, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du
roi (1686) : 101, 102 , 313
M aratti , Carlo (1625-1713), peintre, graveur italien : 101, 124, 130, 293
M arguerite de V alois (1553-1615), reine de Navarre (1572), reine de France (1589), épouse
d’Henri IV jusqu’en 1599 : 39, 181
MARIE-ADELA ïde DE SAVOIE (1685-1712), Dauphine de France (1711-1712), épouse du duc de
Bourgogne : 245
MARIE-ANNE-CHRISTINE DE BAVI ère (1660-1690), Dauphine de France (1680-1690), épouse
du Dauphin Louis de France : 56, 69, 130, 232
M arie- A ntoinette (1755-1793), reine de France (1774-1793) : 297
M arie de M édicis (1573-1642), reine de France (1600-1610) : 181
MARIE LESZCZY ńska (1703-1768), reine de France (1725) : 48, 297
MARIE-THÉR èsed ’AUTRICHE (1638-1683), reine de France (1660) : 196, 313
M ariette , Jean (1660-1742), libraire, graveur, marchand d’estampes et de cartes : 135
M ariette er , Pierre I (1603-1657), marchand d’estampes : 133
M ariette , Pierre-Jean (1694-1774), imprimeur-libraire, graveur et collectionneur : 96, 101, 128,
130, 135, 171, 194
M arolles , Michel de, abbé (1600-1681), prêtre, collectionneur d’estampes, traducteur : 181
M artindes B atailles , Jean-Baptiste (1659-1735), peintre, dessinateur, directeur de la
manufacture des Gobelins (1690) : 91, 219, 220 , 257, 306
M artinet , Louis (mort avant 1694), maître des cérémonies, poète : 192, 197, 199, 251, 252
M artinitz , Georg Adam von (1645-1714), diplomate au service des Habsbourg d’Autriche :
270
M assol , Jean de M ontmoyen (1666-1729), avocat général en la chambre des comptes de Paris,
premier président du bureau des finances : 110, 306
M asson , Antoine (1636-1700), peintre et graveur : 28 , 60, 115, 122, 124, 125, 130, 132, 151,
156, 252, 257, 261, 267, 289, 303, 305, 312
M asson , Madeleine (1647-1713), graveur : 122, 305
M aupas du T our , Henri de (1604-1680), évêque du Puy (1641-1643) et d’Évreux (1661) : 101,
110, 112, 122, 141
M azarin , Jules (1602-1661), cardinal et homme d’État naturalisé français en 1639 : 21, 29, 39,
46, 92, 96, 101, 103, 107, 116, 135, 139, 143, 145, 163, 173, 174, 177, 180, 181, 182, 183, 186,
188, 192, 194, 195 , 196 , 197, 199, 202, 237, 267, 288, 289, 293, 302, 312
M ecenati , Eugenio (?-1747), carme italien qui soutient en 1726 sa Sorbonique et sa Mineure ,
aventurier connu aussi sous le nom de comte Ughi : 36, 37
M élanchthon , Philippe (1497-1560), surnom de Philipp Schwartzerd, théologien et
réformateur allemand : 227, 278
M ellan , Claude (1598-1688), peintre et graveur : 14, 15, 152, 160, 297
M énestrier , Claude-François (1631-1705), jésuite, érudit, héraldiste : 46, 60, 78, 86, 109, 200,
201, 217, 233, 268, 289
M esme , Henri de, seigneur de Roissy (1585-1650), président à mortier au parlement de Paris
(1627- 1650) : 288, 294
M eurisse , Martin (1584-1644), franciscain, professeur de théologie au grand couvent des
Cordeliers de Paris, évêque de Madaure, suffragant de Metz : 183
M eytens , Martin van (1695-1770), peintre et dessinateur suédois : 163, 165
M ichault , René (16 ?-16 ?), graveur en lettres en 1679-1691 : 143, 144 , 306
M ignard , Nicolas (1602-1668), peintre, académicien, frère de Pierre Mignard : 91, 107 , 115,
116, 118, 121, 126 , 127, 128, 129 , 156, 157 , 158 , 159 , 252, 253 , 254 , 260, 261, 277, 286, 287,
289, 291 , 302, 303, 304
M ignard , Pierre (1612-1695), peintre, académicien, premier peintre du roi (1690), directeur de
la manufacture des Gobelins et de l’Académie (1690) : 11, 14, 15, 56, 65, 77, 81, 82 , 83, 91, 93,
94 , 101, 103, 104, 105 , 106, 110, 116, 124, 127, 128, 132, 133, 135, 136 , 137, 143, 145, 151,
152, 153, 160, 161, 209, 219, 221 , 222, 225, 253, 257, 260, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 279,
280, 281, 282, 287, 288, 293, 294, 296, 297, 303, 305, 306, 308, 313, 313
M iret , Anne (?- ?), épouse de François-Gérard Jollain, prend sa suite comme éditeur
d’estampes de 1735 à 1747 : 41
MODESTE DE SAINT FRAN çois , étudiant qui soutient une thèse en 1645 : 175, 178, 301
M oncornet , Balthazar (159 ?-1668), graveur et marchand d’estampes : 188
M ongin , Edme (1668-1746), évêque de Bazas, membre de l’Académie française (1707) : 250
M onnerot , Pierre (?- ?), probablement fils du célèbre financier Pierre Monnerot, trésorier des
parties casuelles : 139
M ontalde M ontsaulnin , François du (?-1691), abbé puis capitaine de cavalerie : 21, 48, 60, 68,
76, 78, 79 , 130, 305
M ontbrison , Emmanuel de G uénégaud de (?-1706), fils aîné de Henry de Guénégaud,
capitaine lieutenant des gendarmes de Bourgogne, maréchal de camp par brevet en 1704 :
23, 40, 253 , 302
M ontespan , Françoise-Athénaïs de R ochechouart de M ortemart , marquise de (1641- 1707),
favorite de Louis XIV, surintendante de la Maison de la reine : 30, 313
M ontgaillard , Charles P ercin de , marquis de (1634-1675), lieutenant des mousquetaires du
roi : 194, 195 , 263
M ontgaillard , Pierre-Jean-François P ercin de (1633-1713), évêque de Saint-Pons en 1664 :
194, 195 , 263, 302
M ontignac , Jean-Baptiste (?- ?), dédie en 1774 une thèse à Louis XV : 297
M ontigny , François de (?- ?), président à mortier au parlement de Rennes en 1685 : 238
M ontorselli , Dionisio (1653-1709/1712), peintre : 313, 312
M ontpensier , Anne-Marie-Louise-Henriette d ’O rléans (1627-1693), duchesse de (1627), d’Eu
(1660-1681), princesse de Joinville (1688), dite la Grande Mademoiselle : 192, 197, 251
M onville , Simon-Philippe MAZI ère DE (17 ?-1777 ?), chanoine de la cathédrale de Bordeaux :
106
M orain , N[icolas ?] (?-1724), professeur de rhétorique à Paris en 1692, auteur d’un traité : 46,
47
M orel , Claude Nicolas (apr. 1660- ?), mousquetaire, puis conseiller au Grand Conseil : 106
M oret , Antoine de B ourbon- B ueil , comte de (1607-1632), fils illégitime d’Henri IV et de
Jacqueline de Bueil, légitimé en 1608 : 20, 181
M oricet , Michel (?-1727), secrétaire de l’abbé d’Harcourt : 149
M ortemart , Louis II de R ochechouart , duc de (1681-1746), lieutenant général des armées du
roi : 15
M osin e , Michel (v.1630-.), graveur parisien actif dans la seconde moitié du xvii s. : 143
M osnier ou M unier , Pierre (1641-1703), peintre académicien : 91, 161, 306
M oullin , Angel Bonaventure (?- ?), soutient une thèse en 1674 : 183
N
N anteuil , Robert (1623-1678), dessinateur et graveur : 11, 22 , 31, 33, 35, 60, 61, 66 , 67 , 77, 78,
91, 93, 103, 107, 115, 116, 117 , 118, 119, 120 , 121, 122 , 124, 125, 127, 128, 130, 132, 135, 137,
140, 142 , 143, 149, 150 , 151, 152, 153, 156, 201, 207, 252, 253, 254, 255 , 257, 260, 261, 268,
277, 286, 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 308, 313, 312
N atta , Giacomo (?- ?), marquis d’Elfiano, fils de Giacomo Natta, colonel du régiment royal de
Monferrat au service de la France, soutient une thèse en 1687 : 69, 70 , 116, 232, 307
N audé , Gabriel (1600-1653), bibliophile et écrivain : 173, 181, 182
N au , François (?- ?), parent de François Nau, maire de Tours (1655-1656), trésorier général de
France à Tours et conseiller au parlement de Paris : 109
N epveu , père François (1639-1708), jésuite, écrivain, recteur du collège de Rennes : 60
N ivelon , Claude (1648 ?-172 ?), disciple de Charles Le Brun et dessinateur ordinaire du roi :
106, 188, 199, 201, 202, 209, 213, 229, 262, 267, 274, 275, 277, 278
N oailles , Louis-Antoine (1651-1729), archevêque de Paris en 1695 et cardinal en 1700 : 23,
29, 32, 78, 91, 113, 137, 143, 227, 228 , 231, 236, 277, 278, 284, 296, 305
N ocret , Jean (1615-1672), peintre académicien, dessinateur, graveur : 313
NO ël , Louis (?-1690), professeur au collège d’Harcourt et professeur en philosophie au
Collège royal de 1663 à 1693 : 20, 302, 303, 304, 305
N ointel , Louis de B échameil de (1630-1703), financier : 139
O
O’M oloy , Roger (1590-1670), professeur de philosophie au collège de Beauvais : 44
O rléans , voir : S aint- P ol
O rléans , Gaston d’ (1608-1660), frère de Louis XIII, fils d’Henry IV et Marie Médicis : 139, 145,
174, 175
O rléans , Louis, duc d’ (1703-1752), fils du Régent, gouverneur du Dauphiné (1719-1742) : 103
O rléans , Philippe d’ (1640-1701), duc d’, frère de Louis XIV, dit Monsieur : 56, 74, 92, 101, 130,
141, 143, 173, 180, 181, 242, 313
O rléans , Philippe d’ (1674-1723), fils du précédent, Régent (1715-1723), dessinateur et
graveur amateur : 143, 297
O rléans- L ongueville , Charles-Paris, voir : S aint- P aul
O rléans , Gaston d’ (1608-1660), frère de Louis XIII, fils d’Henri IV et Marie de Médicis : 139,
145, 174, 175
O rsbeck , Johan Hugo von (1634-1711), archevêque de Trèves et prince-évêque de Spire : 161
P
P aillet , Antoine (1626-1701), peintre, académicien : 91, 92, 110, 111 , 112 , 113, 137, 141, 143,
158, 202, 227, 228 , 256 , 257, 261, 278, 281, 294, 305, 306
P ardaillantde G ondrin , Henri de (1620-1674), archevêque de Sens (1646-1674) : 38
P atin , Guy (1601-1672), médecin, épistolier : 147
P ellisson- F ontanier , Paul (1624-1693), homme de lettres, historiographe du roi,
académicien : 15, 234, 250, 283, 294
P ellot , Claude-François (1658-1732), conseiller au parlement de Paris, fils de Claude Pellot :
21, 60, 103, 161, 209, 255, 273, 305
P ercin voir : M ontgaillard
P éréfixe , Hardouin de (1606-1671), évêque de Rodez (1649-1652), archevêque de Paris,
précepteur de Louis XIV, membre de l’Académie française (1654) : 30, 106, 152, 257, 260, 271,
274, 279, 302, 303
P erou (1626-1701), concierge et huissier de l’Académie royale de peinture et de sculpture
avant 1686 à sa mort : 86
P errault , Charles (1628-1703), homme de lettres, conteur, membre de l’Académie française
(1671), contrôleur général de la surintendance des Bâtiments du roi : 20, 92, 119, 151, 153,
262
P errault , Claude (1613-1688), médecin et architecte : 209
P erroteau , Georges, fr. Georgius (?- ?), cordelier, peintre actif en 1660 : 91, 118, 121, 127, 251,
252, 254 , 288, 302
P etitpied , Nicolas (1665-1747), théologien janséniste : 177
P hilippede S aint- J acques , père, prieur puis général des Carmes déchaussés, soutient une
thèse de théologie à Rome en 1666 : 304
P hilippe d ’O rléans , Régent ; frère de Louis XIV, voir : O rléans
P hilippe II d’ E spagne (1527-1598), roi de Castille et d’Aragon (1556-1598), roi de Portugal
(1581- 1598) : 199
P hilippeiv d’ E spagne (1605-1665), roi du Portugal (1621-1640), roi d’Espagne (1621-1665) : 116,
186
P hilippev (1683-1746), roi d’Espagne (1700-1724 et 1725-1746), roi de Sicile (1700-1713), de
Naples (1700-1707), de Sardaigne (1700-1708) : 72, 295, 312
P icart , Charles-Adrien (?-1779), antiquaire, bibliophile : 72
P icart , Étienne (1623-1721), graveur, éditeur d’estampes, académicien : 106, 110, 113, 115,
137, 143, 151, 152, 158, 252, 256 , 257, 261, 296, 306
P iles , Roger de (1635-1709), peintre et graveur, académicien, écrivain d’art, diplomate : 259,
260
P indare (518 av. J.C.-v. 438 av. J.C.), poète lyrique : 272
P into , Antonio, étudiant siamois, soutient ses thèses en 1687 : 24, 35, 41, 42, 52, 71, 72, 74,
76, 307
P iola , Domenico (1628-1703), peintre et dessinateur italien : 70, 116, 232, 293, 307
P itau , Nicolas (1670-1724), graveur originaire d’Anvers, établi à Paris : 15, 103, 115, 130, 132,
135, 139, 148 , 149, 152, 155 , 203, 204 , 251 , 254, 257, 261, 304
P itton de T ournefort , Joseph (1656-1708), botaniste : 76
P laton (427 av. J.-C.-348 av. J.-C.), philosophe : 272
P oilly , François de (1622/1623-1693), graveur, académicien, éditeur d’estampes : 11, 14, 15,
65, 78, 82 , 85, 94, 96, 99, 101, 103, 106, 115, 124, 133, 134 , 135, 136 , 143, 145, 147, 151, 152,
153, 154, 156, 160, 161, 184, 192, 194, 196 , 197, 198 , 199, 201, 208, 209, 225, 252, 253, 255,
257, 260, 271, 274, 280, 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 308, 313
P oilly , Nicolas de (1627-1696), graveur et éditeur d’estampes : 43 , 101, 107 , 115, 125, 126 ,
127 , 135, 147, 149, 152, 156 , 158 , 159 , 161, 203, 251, 252, 253, 254 , 257, 260, 261, 288, 302,
303, 304, 313
P oisson , Jean (1661-1708), apothicaire et médecin ordinaire du roi, premier médecin des ducs
de Bourgogne et de Berry : 25, 30, 60, 76, 111, 123 , 137, 149, 257, 261, 306, 312
P olignac , Melchior de (1661-1741), ambassadeur en Pologne en 1693, cardinal en 1713,
académicien : 20, 24, 29, 72, 99 , 137, 138 , 156, 163, 227, 229, 230, 258 , 275, 276, 281, 306
P omarancio , Niccolo C ircignani dit le (1530/1535-1590), peintre italien : 293
P onchartrain , Jérôme P hélypeaux , comte de (1674-1747), secrétaire d’État à la Marine et à la
Maison du roi (1694-1715) : 72
P onchartrain , Louis II de P hélypeaux de (1643-1727), premier président au parlement de
Bretagne en 1677, contrôleur des finances (1689- 1699), secrétaire d’État de la Marine et
secrétaire d’État de la Maison du roi en 1699, puis chancelier de France (1699-1714) : 238
P otierde G esvres , Léon (1656-1744), archevêque de Bourges en 1694, cardinal en 1719 : 109
P oullart des P laces , Claude (1679-1709), fondateur de la congrégation du Saint-Esprit : 312
P oulletier er , Pierre (1680-1765), intendant de Lyon en 1717, conseiller d’État en 1738, 1
président du Grand Conseil de 1734 à 1749 : 30, 39, 60, 308
P oussin , Nicolas (1594-1665), premier peintre de Louis XIII en 1640 : 99, 126, 130, 133, 152,
188, 263, 297
P reti , Mattia (1613-1699), peintre italien : 133, 184
P rovost , François (1651-1695), jésuite, professeur de logique et de philosophie en 1690 à
Rennes : 84, 307
Q
Q uartier , Philibert (1644-1694), professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand (1680-
1686) : 231
Q uentin , Jean, baron de Champlost (1637-1717), barbier, perruquier du roi : 254
Q uillau , Louis-Antoine (actif de 1762 à 1773), éditeur d’estampes : 298
Q uinault , Philippe (1635-1688), poète, auteur dramatique, librettiste : 230, 231
Q uincé , Joachim comte de, baron de Montaigu (?-1659), maréchal des camps et armées du
roi : 181
Q uincé , Louis de, fils du précédent, maître de camp, général des carabiniers de France : 181
R
R abaud , François, graveur de Toulouse en 1667 : 116, 304
R acine , Jean (1639-1699), tragédien et poète : 20, 247, 280
R ancé , Armand-Jean L e B outhillier de (1629- 1700), docteur en théologie, religieux cistercien
fondateur de la Trappe : 183
R anuzzi , Angelo (1626-1689), archevêque de Damiata et de Bologne (1688), évêque de Fano
(1678), cardinal (1686), nonce du pape en Pologne (1671-1675) à Paris : 236
RAPHA ël , Raffaello Sanzio (1483-1520), peintre italien : 99, 101, 104, 130, 133, 135, 147, 297
R apin , René (1621-1687), poète théologien : 38
R egnault , étudiant en droit en 1701 : 30, 39, 308
R egnesson , Madeleine (1653-1686), épouse de Gérard Edelinck, fille du suivant : 135
R egnesson , Nicolas (1624-1670), dessinateur et graveur : 135, 194
R enard de S aint- A ndré , Simon (1613-1677), peintre, graveur, académicien : 188
R enaudot , Théophraste (1586-1652), médecin, journaliste : 11, 40, 78
R enoust ou R enoud , Adrien, imprimeur en taille-douce : 154
R etz , Jean-François Paul de G ondi (1613-1679), cardinal archevêque de Paris, homme d’État et
mémorialiste : 41, 61, 177, 302
R iantz , Claude de (1662- ?), abbé qui soutient sa thèse de philosophie en 1662 : 312
R ichelieu , Armand-Jean D uplessis de (1585- 1642), cardinal, ministre : 32, 60, 62, 86, 92, 169,
175, 177, 179 , 188, 194, 263, 264, 272, 275, 293
R icher , Jean, graveur en lettres actif de 1661 à 1684 : 139, 141, 142 , 145, 149, 303, 304, 305,
306, 312
R igaud , Hyacinthe (1659-1743), peintre, académicien : 13, 74, 75 , 137, 161, 219, 308, 313
R ipa , Cesare (1555-1622), amateur d’art italien, auteur de l’ Iconologie : 263, 272, 274, 279
R obinet , Charles de S aint- J ean (1608-1698), auteur de gazettes rimées : 40, 61, 235
R och , Thomas, soutient une thèse de médecine à Montpellier en 1501 : 51
R ohan , Armand-Gaston, prince de (1674-1749), ecclésiastique et homme politique, évêque de
Strasbourg en 1704, cardinal en 1712, grand aumônier de France : 36, 44, 153, 297
R ohan , Louis de R ohan- G uéméné , chevalier de (1635-1674), grand veneur de France,
comploteur : 213
R ohan- S oubise , Armand de (1717-1756), cardinal, prince-évêque de Strasbourg, grand
aumônier du roi, recteur de l’université de Paris : 44, 153, 297
R ollin , Charles (1661-1741), historien et professeur d’éloquence au Collège royal : 48, 83,
135, 223
R omanelli , Giovanni Francesco (1610-1662), peintre italien : 101, 135, 293
R oullet , Jean-Louis (1645-1699), graveur, académicien : 14, 15, 135, 136 , 154, 308
R ousselet , Gilles (1602-1686), graveur, académicien : 12, 31, 66 , 77, 85, 86, 92, 94, 96, 99, 100 ,
101, 115, 116, 132, 133, 135, 140, 151, 152, 153, 160, 161, 187 , 188, 192, 193 , 197, 201, 209,
212 , 215 , 255 , 257, 263, 284, 294, 302, 303, 304, 312
ROUVI ère , Henri (?-1721), apothicaire ordinaire du roi : 30, 83, 115, 161, 285, 286, 290, 306,
307
R overe , Victoria della (1622-1670), épouse de Ferdinand II de Médicis, grande-duchesse de
Toscane : 174
R oze , Toussain, abbé soutient une aulique en 1687 : 24, 71, 307
R ubens , Pierre-Paul (1577-1640), peintre flamand : 94, 96, 99, 135, 231
S
S ainct- C lément , René de, écrivain, auteur de lettres adressées à d’Hozier en 1642-1649 : 182
S aint- A ignan , François-Honorat de B eauvilliers , duc de (1607-1687), pair de France, premier
gentilhomme de la chambre, conseiller du roi, gouverneur de plusieurs provinces : 42
S aint- A lbin , Charles (1698-1764), fils illégitime du Régent, archevêque de Cambrai : 143, 163,
164
S aint- A mour , Louis de, probablement Louis G orin de S aint- A mour (1619-1687), théologien
janséniste : 173, 301
S aint- B elin , Geoffroi de, évêque de Poitiers en 1577 : 52
S aint- G eorges de V érac , Olivier (-1704), lieutenant général du roi : 92
S aint- J ean , Jean Dieu de (1655 ?-1695), peintre et graveur en mode : 124
S aintlouis , voir : Louis IX
S aint- M aurice , Thomas-François C habod , marquis de (?-1682), ambassadeur du duc de Savoie
à la cour de Versailles (1667-1673) : 31, 41
S aint- P ol , Charles-Paris d’ O rléans- L ongueville , comte de (1649-1672), gouverneur de
Picardie puis de Normandie : 19, 20, 29, 65, 86, 96, 97 , 99, 161, 202, 203, 213, 215 , 261, 273,
274, 275, 278, 280, 281, 284, 303
S aint- S imon , Louis de R ouvroy , duc de (1675- 1755), pair de France, mémorialiste : 13, 32, 41,
229
S aint- Y ves , Charles L éoffroy de (1717-1804), critique d’art et collectionneur : 15
S anguin de L ivry , Denis (1621-1702), évêque de Senlis en 1651 : 149
S aulmon , bachelier en théologie de la faculté de Paris, peut-être Louis, prieur
commendataire de Saint-Pierre-de-Gouy en 1688 : 48
S avoie , Charles-Emmanuel II, duc de (1634-1675), prince de Piémont : 143, 186
S avoie- N emours , Henri II de (1625-1659), archevêque de Reims : 177, 302
S chaffgotsch , Gotthard Franz (1629-1668), jésuite, famille noble de Bohême : 133, 184
S charner , Thomas Mathias, peintre actif en 1680- 1690 : 161
S chlöder , Johann Baptist (1730- ?), étudiant en 1753 : 163
S chor , Egidius (1627-1701), peintre autrichien : 293
S cotin , Gérard-Jean-Baptiste (1671-1716), graveur : 313
S cudéry , Madeleine de (1607-1701), femme de lettres : 121
S egrais , Jean R egnault de (1624-1701), gentilhomme ordinaire, homme de lettres : 251
S éguier , Pierre (1588-1672), garde des sceaux (1633), chancelier de France (1635) : 12, 92,
130, 139, 169, 188, 194, 203, 264
SEIGLI èrede BOISFRANC, Joachim (mort en 1695), surintendant général de sa maison puis
chancelier de Monsieur, frère du roi : 151
S eignelay , Jean-Baptiste C olbert , marquis de (1651-1707), fils du Grand Colbert, trésorier de
l’ordre du Saint-Esprit, contrôleur général des finances (1665-1683), secrétaire d’État à la
Marine et à la Maison du roi (1683-1690) : 20, 45, 59, 65, 87, 88 , 96, 98 , 206, 208 , 261, 270,
283, 304
S énault , Jean-François (1604 ou 1599-1672), prédicateur, supérieur de l’oratoire de Jésus : 282,
283
S ervien , Augustin (?-1716), abbé de Saint-Jouin-de-Marnes en Poitou : 48, 65, 67 , 118, 288,
304
S ève , étudiant qui soutient une thèse en 1656 : 55 , 288
S évigné , Marie de R abutin- C hantal (1626- 1696), épistolière : 62, 232
S evin , Pierre-Paul (v. 1650-v. 1710), peintre et dessinateur, académicien : 53 , 63 , 78, 80 , 86, 91,
108 , 109, 110, 137, 158, 216 , 217, 236, 242, 257, 268, 271, 274, 276, 289, 306, 307
S forza , Federico (1603-1676), cardinal en 1645, évêque de Rimini (1646) puis de Tivoli (1675) :
133
S imianede G ordes , Jacques, étudiant qui soutient deux thèses en 1676 et 1677 : 131 , 261, 289,
305
S imonneau , Charles (1645-1728), graveur académicien : 102 , 141, 313
S imon , Pierre (v. 1640-1710), graveur ordinaire du roi, chevalier romain (1691) : 13, 60, 64 , 91,
115, 122, 130, 131 , 132, 154, 235, 237, 255, 260, 289, 305, 306, 307
Š kréta , Karel (1610-1674), peintre tchèque : 293
S ourches , Louis-François D u B ouchet , marquis de (1645-1714), grand prévôt de France (1664-
1714), mémorialiste : 41
S ourdis , Henri de (1593-1645), évêque de Maillezais, archevêque de Bordeaux, lieutenant
général de la marine royale : 294
S oyer , Antoine, sculpteur à Paris en 1677 : 76
S panheim , Ézéchiel (1629-1710), diplomate et savant allemand, numismate, ambassadeur du
grand électeur de Brandebourg à Versailles et Paris : 280
S pierre , François (1639-1681), graveur académicien : 14, 313
S tainville de C ouvonges , Antoine (1575- apr. 1661), capitaine de la compagnie des
chevaulégers de la garde du duc de Lorraine, gouverneur de Bar-le-Duc : 133
S uarez , François (1594-1664), principal du collège de Guyenne à Bordeaux : 145, 175, 177,
184, 188, 192, 199, 270, 276, 280, 301
S ublet de N oyers , François (1589-1645), surintendant des Bâtiments du roi (1638-1645) : 92,
132, 194
S ymon , Jacques, officier de marine (?), soutient une thèse en 1686 : 59, 60, 245, 288, 307
T
T allemant , Paul (1642-1712), théologien, homme de lettres, secrétaire perpétuel de
l’Académie des médailles et des inscriptions : 39, 45, 213, 217, 219, 226, 245, 276, 280
TASNI ère , Georges (1632-1704), graveur français actif à Turin : 70 , 115, 116, 232, 307
T avernier , Nicolas (1620-1698), professeur d’éloquence au collège de Navarre, recteur de
l’université de Paris en 1662-1663, 1674-1675 et 1681- 1684, chanoine de l’église de
Beauvais : 296
T empesti , Domenico (1652-ap. 1718), graveur italien, élève de Robert Nanteuil : 119, 151, 260
T estelin , Henri (1616-1695), peintre académicien : 184
T estelin , Louis (1615-1655), peintre, secrétaire de l’Académie : 133
T hibault , Jean-Baptiste de C hampvallon (1695- 1724), conseiller au Conseil supérieur de la
Martinique : 313
T hiboust , Claude-Louis (1667-1737), imprimeur-libraire : 30, 74, 306, 312
T houars , voir : L a T rémoille
T orrez , Gregorio de, soutient une thèse en 1612 : 181
T oulouse , Louis-Alexandre de B ourbon , comte de (1678-1737), fils légitimé de Louis XIV et de
Madame de Montespan, amiral de France (1683), gouverneur de Guyenne (1689), de
Bretagne (1695), grand veneur de France (1714) : 35, 48, 137, 312
T ouraine , Charles (?-1695), professeur au collège de Navarre en 1642 : 21, 29, 303, 304
T rajan (53-117), empereur romain : 200, 201
T rehu , Nicolas, étudiant qui soutient une thèse en 1678 : 305
T ronson , Louis (1622-1700), supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice : 171, 205,
294, 301
T rouvain , Antoine (v. 1652-1708), peintre, graveur, éditeur d’estampes : 106, 115, 245, 308
T roy , François de (1645-1730), peintre académicien : 35, 312
T urenne , Henri de L a T our d’A uvergne (1611- 1675), maréchal de France (1643), maréchal
général des camps et armées du roi (1660) : 29, 41, 44
T urenne , prince de, voir : L a T our d ’A uvergne , Louis-Charles de
U
U rbainviii (Maffeo Barberini) (1568-1644), pape (1623-1644) : 175, 190, 191
V
V achet , Bénigne (1641-1720), missionnaire chrétien en Asie du Sud, au royaume de Siam et
en Cochinchine, auteur de mémoires : 42
V addre , Madeleine de, d’origine flamande, épouse du graveur Nicolas Pitau, avant 1669 : 130
V aldor , Jean (1616-1670), peintre et graveur flamand installé en France, graveur du roi Louis
XIII : 264
V alentini , Michael Bernhard (1657-1729), médecin, collectionneur, écrivain allemand : 163
V allet , Guillaume (1632-1704), graveur, académicien : 106, 110, 111 , 112 , 113, 115, 128 , 137,
141, 143, 152, 154, 260, 303, 305, 306, 307
V alois , Auguste et François, soutiennent une thèse dédiée à Monsieur en 1662 : 313
V an A udenaerde , Robert (1663-1743), peintre, graveur flamand : 101
V an der M eulen , Adam-François (1632-1690), peintre de bataille d’origine flamande,
académicien : 30, 217, 219, 296
V an der M eulen , Jean-Baptiste (?-apr. 1724), abbé, fils du précédent : 91, 115, 219, 220 , 222,
257, 306
V an H oy , Nikolas (1631-1679), peintre, dessinateur et graveur anversois, actif à Vienne : 293
V an L oo , Louis-Michel (1707-1771), peintre académicien : 298
V an S chuppen , Pieter (1627-1702), dessinateur et graveur académicien d’origine flamande :
60, 93, 94 , 103, 115, 116, 122, 128, 129 , 130, 139, 142 , 143, 149, 151, 152, 163, 194, 195 , 252,
257, 259 , 260, 287 , 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 313
V an W esterhout , Arnold (1651-1725), peintre, dessinateur, graveur, éditeur d’estampes
flamand : 293
V autier , Louis, dédie une thèse à Henri de Maupas du Tour en 1688 : 141
VEND ôme , Louis II de B ourbon , duc de (1612- 1669), cardinal en 1667 : 177, 295
V erdier , François (1651-1730), peintre académicien : 101, 278, 312
V erneuil , Henri de B ourbon , duc de (1601- 1682), fils naturel d’Henri IV et de Catherine-
Henriette de Balzac d’Entragues, évêque de Metz, gouverneur du Languedoc : 32, 63, 181,
188, 189 , 263, 340
V eugny , C., professeur au collège du Plessis-Sorbonne, auteur de plusieurs odes et
panégyriques de 1676 à 1678 : 48
V ialart de H erse , Félix (1613-1680), évêque de Châlons (1642) : 304
V iette de V rainnes , Jean-Baptiste, étudiant qui soutient une thèse en 1677 : 312
V igneron , Nicolas, étudiant qui soutient une thèse en 1667 : 313
V ignon , Claude (1593-1670), peintre et graveur : 133, 263, 297
V illamena , Francesco (1566-1625), graveur italien : 52, 54 , 169
V irgile (70 av. J.-C.-19 apr. J.-C.), poète : 84, 234, 268
V itry , Louis de, comte de Chateauvillain, fils aîné de François-Marie de L’Hospital, duc de
Vitry, enfant d’honneur du Dauphin : 77, 312
V oet , Jacob Ferdinand (v. 1639-v.1689/1700), peintre de portraits anversois, actif en Italie
de 1679 à 1684, présent à Paris de 1686 à sa mort : 91, 128, 257, 259 , 289, 307
V orsterman , Lucas Emil (1595 ?-1675 ?), graveur flamand : 169, 188, 189 , 263
V ouet , Simon (1590-1649), premier peintre du roi : 91, 170 , 171, 301
W
W arsberg , Charles-Henri de (1691-1760), grand baillif de Sarrebourg, Merzig et Saargau,
conseiller de l’évêque de Trèves : 163
W ellwood , Jacques (1652-1727), médecin anglais : 234
W erner , Joseph (1637-1710), peintre miniaturiste suisse : 209, 211 , 272
W eyen , Herman (?-1672), graveur, éditeur et marchand d’estampes d’origine flamande : 133
W eyen , Marguerite (1640-1720), fille de l’éditeur et marchand d’estampes Herman Weyen,
épouse de François de Poilly : 133
W ussin , Johann Franz (1663-1700), graveur allemand : 161
Y
Y zoréd ’H ervault , Mathieu (1647-1716), évêque de Condom puis archevêque de Tours
en 1693 : 19, 29, 65, 261, 289, 291 , 304
Z
Z wingli , Ulrich (1484-1531), réformateur protestant suisse
Informations sur la couverture
étaient issus de l’entourage royal, ...
Rechercher dans le
livre Lire plus
Note de l’éditeur
ePub
Le Catalogue raisonné des thèses dédiées à Louis XIV est disponible sur Nakala, https://
Table des matières
nakala.fr/10.34847/nkl.3bddkj47
Citer
Éditeur : Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles
Lieu d’édition : Rennes PDF Partager
Publication sur OpenEdition Books : 2 février 2022
ISBN numérique : 978-2-7535-8529-4
Cité par
Suggérer DOI : 10.4000/books.pur.155065
l’acquisition à
Recensé par Collection : Histoire votre bibliothèque
Année d’édition : 2017
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-5464-1 Acheter
Nombre de pages : 372
Édition
imprimée
Sommaire Résumé Auteur
Presses
universitaires
C’est au xvii e siècle en France que la thèse illustrée connaît son apogée. À l’exemple de de Rennes
Richelieu et de Mazarin, Louis XIV accorda aux thèses une place de choix dans la diffusion de
son image. De 1638 amazon.fr à 1704, plus de 130 thèses de philosophie, théologie, droit et médecine
decitre.fr
lui furent dédiées. Même si certaines sont destinées à son père, à sa mère ou aux parlements
mollat.com de province, il apparaît en haut de l’affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants
leslibraires.fr
étaient issus de l’entourage royal, fils de ministres ou de parlementaires, membres de
placedeslibraires.fr
congrégations religieuses, et quelquefois même étrangers. Courtisans, parlementaires et
lcdpu.fr
ecclésiastiques de haut rang participaient à la soutenance publique où le candidat et sa
famille adressaient des éloges au roi. On y distribuait des affiches ornées de son portrait ou ePub / PDF
d’une allégorie à sa gloire exécutées par les meilleurs artistes du temps, aussi les dépenses
engagées étaient-elles considérables. Soutenues à Paris, mais également en province et à Mots-clés :
l’étranger, les thèses, et avec elles l’image du roi, pénétraient les demeures des Français et se , France
, diffusaient à l’extérieur du royaume. Cet ouvrage décrit successivement la place des thèses histoire moderne
, dans cour thèse le cursus universitaire, leur soutenance, leur dédicace et leur diffusion ainsi que
l’élaboration de leurs illustrations, en insistant sur le rôle des peintres, graveurs et éditeurs. Il Thèmes :
, montre comment elles rendent compte de l’histoire du roi et de l’évolution de son portrait Histoire France
physique et moral. Ce volume est accompagné d’un catalogue raisonné, abondamment
illustré, des thèses dédiées au roi, consultable sur les sites du Centre de recherche du
château de Versailles et des Presses universitaires de Rennes.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Dans la même collection De la même personne
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi
Presses universitaires de Rennes
Pour la plus grande gloire du roi
Louis XIV en thèses Accès ouvert
Véronique Meyer freemium
C’est au xvii e siècle en France que la thèse illustrée connaît son apogée. À l’exemple de
Richelieu et de Mazarin, Louis XIV accorda aux thèses une place de choix dans la diffusion de
son image. De 1638 à 1704, plus de 130 thèses de philosophie, théologie, droit et médecine
lui furent dédiées. Même si certaines sont destinées à son père, à sa mère ou aux parlements
de province, il apparaît en haut de l’affiche en personne ou par ses armoiries. Les étudiants Lire en ligne
Informations sur la couverture
étaient issus de l’entourage royal, ...
Rechercher dans le
livre Lire plus
Note de l’éditeur
ePub
Le Catalogue raisonné des thèses dédiées à Louis XIV est disponible sur Nakala, https://
Table des matières
nakala.fr/10.34847/nkl.3bddkj47
Citer
Éditeur : Presses universitaires de Rennes, Centre de recherche du Château de Versailles
Lieu d’édition : Rennes PDF Partager
Publication sur OpenEdition Books : 2 février 2022
ISBN numérique : 978-2-7535-8529-4
Cité par
Suggérer DOI : 10.4000/books.pur.155065
l’acquisition à
Recensé par Collection : Histoire votre bibliothèque
Année d’édition : 2017
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-5464-1 Acheter
Nombre de pages : 372
Édition
imprimée
Sommaire Résumé Auteur
Presses
Véronique Meyer universitaires
de Rennes
Professeur d’histoire de l’art à l’université de Poitiers, est spécialiste de l’estampe à l’époque
moderne. Elle a publié notamment avec la Commission des travaux historiques de la Ville de amazon.fr
Paris L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du xvii e siècle. Peintres, graveurs, decitre.fr
éditeurs (2002) et L’oeuvre gravé de Gilles Rousselet (2004), et participé à l’exposition Images du mollat.com
Grand Siècle. L’estampe française au temps de Louis XIV (1660- 1715) , (Bnf-Getty Research leslibraires.fr
Institute, 2015-2016). placedeslibraires.fr
lcdpu.fr
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments ePub / PDF
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Mots-clés :
, Dans la même collection De la même personne France
, histoire moderne
, cour thèse
Voir plus de livres
Thèmes :
, Histoire France
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Remerciements
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Remerciements Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Remerciements
p. 7
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Que soient remerciés ici Vincent Bastien (château de Versailles), Michèle Bimbenet-Privat
livre (musée du Louvre), Christiane Boulan (Lisieux, médiathèque André-Malraux), Jean-Claude
Boyer (CNRS), Barbara Brejon de Lavergnée (Bibliothèque nationale de France,
département des Estampes), Emmanuelle Brugerolles (École nationale supérieure des
beaux-arts de Paris), Charlotte Chastel-Rousseau (musée du Louvre), Philippe Cornouaille
Table des matières
(université Paris-Sorbonne), Claire Dalzin (Toulouse, musée Paul-Dupuy), Anne d’Hauwer
(Bruxelles, bibliothèque Royale, Cabinet des estampes), Marlies Dornig (Vienne,
Citer Bibliothèque nationale), Alexandra Flore (Lyon, bibliothèque municipale), Isabelle Fortuné
(Poitiers, université), Peter Fuhring (Paris, Fondation Custodia), Bénédicte Gady (musée du
Partager Louvre), Benoit Gromellon, Pierre Guinard (Lyon, bibliothèque municipale), Caroline Jame PDF du
(Abbeville, musée Boucher-de-Perthes), Colin Holden (Melbourne, université), Lauren Laz chapitre
(Avignon, musée Angladon), Séverine Lemaître (Poitiers, université), Séverine Lepape Plan
(musée du Louvre, Cabinet Rothschild), Rodolphe Leroy (Dijon, bibliothèque de la Maison
des sciences de l’homme), Brian Mac Cuarta Suggérer SJ (Rome, ARSI), Élisabeth Maisonnier (château
Plan détaillé l’acquisition à de Versailles), Philippe Martin (Lyon, bibliothèque municipale), Blandine Maufrais (Dinan, Texte intégral votre bibliothèque
bibliothèque municipale), Rémi Mathis (Bibliothèque nationale de France, département des
Estampes), Nicolas Milovanovic (musée du Louvre), Anne Nadeau (Toulouse, musée Paul-
Aller en haut de page Dupuy), Sophie Nawrocki (bibliothèque de l’Arsenal), Véronique Perret-Moussart (Presses Acheter
Aller en bas de page universitaires de Rennes), Annalisa Pezzo (Sienne, bibliothèque communale), Caroline
Poulain (Dijon, bibliothèque municipale), Michèle Poulizac (bibliothèque de Rennes Édition
imprimée
Métropole), Maxime Préaud (conservateur général honoraire des bibliothèques), Louise
Rice (New York University), Gérard Rico (Dijon, bibliothèque municipale), Philippe Rouillard Presses
(Bibliothèque nationale de France, département des Estampes), Béatrice Sarrazin (château universitaires
de Rennes de Versailles), Vanessa Selbach (Bibliothèque nationale de France, département des
Estampes), Barbara Selmeci Castioni (Fonds international suisse de la recherche amazon.fr
scientifique), Yann Sordet (Paris, bibliothèque Mazarine), Antoine Tarantino (Paris, galerie), decitre.fr
Anders Toftgaard (Copenhague, Bibliothèque royale), Hiltje de Vries (Leyde, bibliothèque mollat.com
universitaire), Eike Zimmer (Vienne, Bibliothèque nationale). leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
2 Je ne saurais oublier le Centre de recherche du château de Versailles : Alexandra Pioch, aux
lcdpu.fr
Éditions, à qui cette publication doit énormément, Marie Carlin pour le soin porté à
l’iconographie, ainsi qu’Alexandre Maral, Mathieu da Vinha, Gérard Sabatier et Hendrik ePub / PDF
Ziegler.
Naviguer dans le livre
Précédent Remerciements Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Avertissement
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Avertissement Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Avertissement
p. 9
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 À la fin du texte et avant l’index des noms de personnes cités dans le livre, on trouvera une
livre table chronologique sommaire des thèses dédiées au roi, suivie d’une table des thèses
dédiées aux membres de la famille royale, aux fils légitimés de Louis XIV et aux favorites.
2 Ce livre est complété par un Catalogue des thèses dédiées au roi (les notices sont signalées PDF
Table des matières dans le présent texte par la mention « cat. ») suivi en annexe d’un Inventaire des thèses
dédiées aux membres de la famille royale (notices signalées par la mention « ann. »), qui sont
Citer consultables en version numérique (PDF) sur le site du Centre de recherche du château de
Versailles [http://chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/
collection-aulica/coll-aulica-no10-pour-la-plusgrande-gloire-du-roi-louis-xiv-en-theses.html] PDF du Partager
et sur celui des Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/detail.php?
chapitre
idOuv=4364]. Ce catalogue contient des illustrations de toutes les thèses retrouvées, la
Plan description et la localisation des estampes, les renseignements biographiques concernant
les étudiants et la soutenance, les sources bibliographiques. Lorsqu’une notice de thèse est Suggérer
Plan détaillé accompagnée de plusieurs illustrations (différents états d’une gravure, documents ou l’acquisition à
Texte intégral dessins préparatoires…), chaque illustration est identifiée par le numéro de la notice suivi votre bibliothèque
d’une lettre. En fin de catalogue on trouvera une table des artistes, des étudiants,
Aller en haut de page présidents, lieux de soutenance et des gravures par genre. Le texte du présent ouvrage Acheter
comprend une sélection des illustrations du catalogue et en propose d’autres, Aller en bas de page
complémentaires, ne figurant pas dans ce dernier. Les illustrations du texte sont signalées Édition
par la mention « fig. » . Texte et catalogue sont donc complémentaires. imprimée
Naviguer dans le livre Presses
universitaires
Précédent Avertissement Valider Suivant de Rennes
amazon.fr
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments decitre.fr
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention mollat.com
contraire. leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
lcdpu.fr
Dans la même collection
ePub / PDF
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Introduction
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Introduction Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Introduction
p. 11-15
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Sous l’Ancien Régime, les étudiants de Paris et des principales villes du royaume, issus tant
livre des collèges de philosophie que des facultés de théologie, de médecine et de droit,
avaient coutume de dédier les thèses qu’ils soutenaient à des mécènes plus ou moins
prestigieux. Les plus fortunés – ou les plus ambitieux – faisaient à l’occasion imprimer une
estampe qui surmontait la dédicace et les positions. Cette pratique se développa en France
Table des matières
au début du xvii e siècle et y atteignit son apogée. Gravées pour la plupart au burin, les
thèses qui furent dédiées à Louis XIV comptent parmi les plus prestigieuses.
Citer
2 Alors que l’exposition Les effets du Soleil : almanachs du règne de Louis XIV 1 a attiré
l’attention d’un vaste public, les illustrations de thèses dédiées au roi n’ont pas encore PDF du Partager
bénéficié d’une telle manifestation ni d’une étude d’envergure. Pourtant leur intérêt n’est
chapitre
pas moindre. Allant de la composition allégorique la plus complexe, conçue par les
Plan peintres les plus célèbres comme Le Brun et Mignard, passant exceptionnellement par
l’énigme pour s’arrêter sur le portrait en buste, gravées par les artistes les plus recherchés Suggérer
Plan détaillé comme Nanteuil, Poilly ou Edelinck, ces estampes faisaient la fierté des impétrants, de leur l’acquisition à
Texte intégral famille, des collèges et des universités, mais aussi du dédicataire. votre bibliothèque
Notes de bas de page 3 Pour comprendre la raison d’être de ces illustrations, il faut d’abord s’interroger sur la
place de la soutenance dans la vie de la cité, sur ses enjeux sociaux, politiques et religieux, Acheter
Aller en haut de page et préciser l’importance de la thèse dans le cursus universitaire et le rôle du dédicataire.
Nous évoquerons tour Édition Aller en bas de page à tour les différents moments qui précédaient la soutenance, la
imprimée
préparation de la salle et la place faite au portrait du roi, puis la présence du public et son
influence sur le déroulement de la thèse. Que ce soit pendant ou après l’acte, des Presses
panégyriques, harangues et odes étaient adressés au candidat et au dédicataire. Les universitaires
de Rennes comptes rendus insérés dans la Gazette de Renaudot, celle de Loret et le Mercure galant ,
les récits des contemporains – mémoires ou correspondance – permettent de se faire une amazon.fr
idée de ces événements. Quelle image du souverain la thèse véhicule-t-elle ? À quelle decitre.fr
iconographie recourt-on pour célébrer sa grandeur dans les compositions allégoriques, les mollat.com
énigmes ou les portraits ? Comment cette image était-elle reçue tant en France qu’à leslibraires.fr
l’étranger ? Quel fut le rôle des peintres, des dessinateurs et des graveurs ? Il convient placedeslibraires.fr
1 ausPsairi sd, e muss’iénet érdeus sLeoru vre, 19 janv.-17 avr. 1995 à la thèse proprement dite, à son aspect matériel sous forme d’affiche lcdpu.fr
2 Ainsi ne mentionnent-ils que rarement comme tels les vingt-deux portraits de Nanteuil ou de livret, à la place qu’y occupe la dédicace, imprimée ou gravée, à ses rapports avec
signalés par Petitjean et Wickert six ans plus tôt. ePub / PDF l’illustration, aux retombées qu’en attendent le candidat et sa famille et à l’accueil que leur
3 S abatier 1999 et 2000.
faisait le roi.
4 K irchner 2008.
45 ParP merie z le2s0 0c3e nett 2v0i0n9g.t portraits de Louis XIV mentionnés en 1768 par Fevret de Fontette dans
6 sonC hâétdeitaiuo nd e deV ersailles et de Trianon, 19 octobre 2009-7 février 2010. la Bibliothèque historique du père Lelong, onze seulement auraient servi os
7 Dans le catalogue de l’exposition Charles Le Brun (L ens 2016, n 42-43) ont été sélectionnées pour des thèses. Élaborée en 1932 par Maumené et d’Harcourt, L’iconographie des rois de deux thèses gravées par Rousselet mais dédiées l’une à Pierre Séguier et l’autre à Claude
France ne fait qu’exceptionnellement allusion à cet usage, même lorsqu’il leur est connu 2
;
ils ne signalent aucune des grandes thèses allégoriques dans leurs chapitres « Le roi dans
les scènes historiques » et « Histoire du roi par l’allégorie. Glorification », alors qu’ils font la
part belle aux almanachs. Nous verrons que l’insertion ultérieure des portraits conçus et
gravés pour des thèses comble des manques importants dans la chronologie des effigies
royales. C’est la vision fragmentaire léguée par Maumené et d’Harcourt et l’absence d’un
catalogue des thèses et d’un corpus d’illustrations en rapport qui expliquent que les
historiens qui ont tracé le portrait physique, moral et politique de Louis XIV, comme Louis
Marin, Jean-Pierre Néraudau, Peter Burke, Ekkerhard Mai et plus récemment Gérard
Sabatier 3
, Thomas Kirchner 4 et Stanis Perez 5
, n’ont que rarement pris en compte ce genre
d’illustration pourtant mis en évidence par l’érudit picard Ferdinand Pouy dans des articles
parus entre 1867 et 1874.
5 En 2009, l’exposition Louis XIV : l’homme et le roi 6 évoque rapidement les thèses à travers
l’esquisse de Le Brun pour celle de la Guerre en 1677 7
. Le recours à de tels documents est
exceptionnel, même si deux ans plus tôt les thèses avaient été à l’honneur dans une autre
exposition sur la Galerie des Glaces : Charles Le Brun, maître d’oeuvre 8
, où en étaient
présentées cinq avec quelques études préparatoires. D’un catalogue à l’autre, seules sont
étudiées les thèses dont on conserve quelque modèle peint ou dessiné, comme dans les
Visages du Grand Siècle : le portrait français sous le règne de Louis XIV (1660-1715) 9
. Mais
dès 1700 10
, Florent Le Comte, et Carl Heinrich von Heinecken en 1778 11
, ont fait une
recension partielle des thèses dédiées au roi ; le second leur a même consacré une
rubrique à part dans son catalogue. Par la suite, Henry Jouin, Jacques Thuillier et Jennifer
Montagu 12 s’attachent avant tout à trois ou quatre des quelque vingt thèses dessinées par
Le Brun. Mais le premier peintre du roi ne fut pas le seul à être sollicité par les étudiants,
et bien d’autres artistes jouèrent un rôle important en ce domaine 13
.
6 Le chiffre donné par Lelong est-il proche de la réalité ? Si l’on se fie à son catalogue, la
première thèse daterait de 1660 et aucun portrait du roi n’aurait été gravé en 1671,
1673 et 1675. Qu’en est-il réellement ?
7 Pour répondre à cette question, il convient de recenser toutes les thèses où Louis XIV est
représenté, qu’elles lui soient ou non directement dédiées, d’en dresser le corpus et d’en
faire l’analyse, puis de mettre en évidence leur importance tout au long de sa vie. Quels
furent les peintres, dessinateurs et graveurs sollicités et les différents modes utilisés pour
célébrer Louis XIV ? Quand le roi apparaît-il pour la première fois sur un frontispice de
thèse ? Quelle est la fréquence des illustrations selon les périodes du règne ? Comment
évolue leur iconographie ? La thèse reflète-t-elle l’histoire du royaume ? Que révèle-t-elle
du roi et du comportement de ses sujets à son égard ? Quelle fut l’importance de ces
illustrations ?
8 Notre inventaire, qui s’élève à cent trente-six numéros, témoigne de l’importance
numérique des thèses, mais elles durent être bien plus nombreuses, car toutes n’étaient
pas ornées de nouvelles gravures et bien souvent, les étudiants usaient de portraits et
d’allégories commandés pour d’autres soutenances 14
, sans faire ajouter sur le cuivre leur
nom avec la mention Offerebat . Comme les positions et les dédicaces étaient en général
découpées par les collectionneurs, nulle trace ne subsiste de leurs thèses.
9 Cent trente et une thèses, auxquelles il faut en ajouter cinq dédiées aux parlements de
province et chambres des comptes, où l’allusion au roi est manifeste. Ce nombre est sans
précédent : personne avant Louis XIV, rois ou ministres, ne fut aussi souvent sollicité par
les étudiants. Ce chiffre exceptionnel est à mettre en rapport avec celui des portraits
peints, sculptés, gravés du monarque dont Maumené et d’Harcourt 15
, Peter Burke 16
,
Emmanuel Coquery 17 et Gérard Sabatier 18 ont également souligné la quantité
inhabituelle. Ce phénomène n’échappa pas aux contemporains qui, avec Bérulle et Saint-
Simon, s’en étonnèrent 19
.
10 Sur les cent trente-six thèses recensées, nous n’en avons retrouvé que trente-huit
conservées en entier. Sept thèses ont gardé une partie des positions, le nom du candidat,
la date et le lieu de la soutenance. Vingt autres ne sont connues que par des contrats, des
témoignages ou des dédicaces. Huit ou neuf restent à retrouver et ne sont plus identifiées
que par le bas de thèse, des mentions dans des comptes rendus et des descriptions du
temps. La tâche est difficile, car on ignore les sujets représentés et leurs créateurs. L’état
de deux des principales collections de thèses conservées à Paris permet de juger des
pratiques de certains collectionneurs. À la bibliothèque Sainte-Geneviève, collées dans des
recueils in-folio 20
, les thèses ont été découpées, et seules ont été préservées les estampes
avec la dédicace et les informations concernant la soutenance, alors que rien ne reste des
positions. À la bibliothèque de la Sorbonne, seules demeurent les positions et les
informations concernant la soutenance ; dédicaces et gravures ont été retirées, et
probablement intégrées dans d’autres recueils 21
.
11 Une lettre de Chapelain adressée à Guez de Balzac le 30 octobre 1638 22 prouve que les
contemporains ne gardaient parfois que l’image et que l’affiche les embarrassait :
« Il y a dix ou douze jours, Mr. Arnaud le bachelier 23 me doit bailler une thèse de son
acte de Sorbonique pour vous l’envoyer. C’est un hommage dont vous luy
témoignerés quelque gré dans les lettres que vous m’escrirés. Mais j’ay la mine de ne
vous en envoyer que la taille-douce qui est de Melan 24
[ sic ] et fort bele et d’attendre à
vous faire voire son texte disputable quand vous me le demanderés, car c’est une
horrible charge pour vostre courrier. Et luy et toute sa Maison vous sont fort acquis et
me prient souvent de vous asseurer de leur service. »
12 En majorité, les thèses dédiées au roi ont été soutenues à Paris ; dix-sept l’ont été en
province : une à Ath, Castelnaudary, Dijon, Lille et Poitiers, trois à Rennes, quatre à Rouen
et cinq à Marseille 25
. Pour treize autres, les soutenances se déroulèrent hors des
frontières : une à Mayence, au Siam, à Sienne, Turin et Vienne et neuf à Rome. Le lieu de
soutenance de vingt-deux thèses reste à découvrir, mais il est probable que ce fut Paris
pour la plupart.
13 La première thèse date de 1638 et la dernière de 1704. Vingt-six sont antérieures à 1661.
Quarante-huit sont ornées de compositions historiées 26
, dont vingt gravées
entre 1638 et 1660 et vingt-sept entre 1661 et 1703. Les soixante autres sont surmontées
de portraits. Le premier portrait date de 1643 mais jusqu’en 1660 on n’en compte que
trois. Certains sont présentés simplement dans un ovale, d’autres sont accompagnés
d’attributs allégoriques.
14 Le roi a reçu l’hommage de thèses durant la majeure partie de sa vie. Jusqu’aux
années 1660, elles sont peu nombreuses, et peuvent être abordées selon l’ordre
chronologique. Mais la production connaît un essor considérable au début du règne
personnel 27
. Pour tenir compte des spécificités de la production, il est donc préférable de
retenir un ordre différent. Nous aborderons d’abord les allégories historiées et ensuite les
portraits. La chronologie de ces rubriques permettra de juger de la fréquence de
l’hommage rendu au roi, de l’évolution de la présentation et de l’iconographie des thèses,
et de cerner la volonté politique qui présida aux choix des représentations.
15 Les grandes thèses allégoriques gravées par Poilly et Edelinck sont les plus célèbres. On
les trouve dans un grand nombre de catalogues de vente sous le nom de Tèse de la Paix
(cat. 92), Tèse de la Guerre ou Tèse de la Providence (cat. 84) et Triomphe de la Religion (cat.
100) 28
. Mais ce sont toujours les mêmes pièces, dessinées par Mignard, Le Brun, Ferri,
Lemoyne, gravées par Callot, Poilly, Edelinck, Spierre et Roullet. On retrouve ces thèses
prestigieuses dans les grandes collections d’estampes de la fin du xvii e et du xviii e siècle,
dans celle du marquis de Béringhen 29 qui possède plusieurs paquets de thèses 30
, dans
celle du duc de Mortemart 31
, du duc d’Estrées en 1741 32
, et dans le catalogue de la vente
de l’éditeur Robert Hecquet, le 28 février 1752 33
. Citons encore la vente du cabinet de M.
Gravelle, le 17 avril 1752, où l’on trouve les thèses gravées par Poilly, Pitau, Edelinck, Callot,
Mellan, Roullet ; le Catalogue de desseins des trois écoles […] dont plusieurs gravées à l’eauforte
par les Carraches, Barroche et autres maîtres , le 13 décembre 1762 par les sieurs Helle
o o et Remy 34
, où au n 388 figurent la Tèse de la Paix (cat. 92) et au n 389 soixante-trois
thèses différentes ; le Catalogue d’une belle collection de desseins & d’estampes d’un très beau
choix de tous les meilleurs maîtres étrangers & françois 35 o
, avec au n 157 deux grandes
thèses, Louis XIV et la Religion par Edelinck (cat. 100) et « la thèse du Dauphin, régnant
d’après Boucher » ; et enfin le 12 floréal an XIII (2-15 mai 1805), le catalogue de la vente
Saint-Yves 36 avec au n o 255 la Tèse de la Providence (cat. 84)…
16 Avant d’aller plus loin une précision s’impose : la dédicace tient une place considérable que
ce soit sur la thèse elle-même ou lors de la soutenance, qui est publique et ouverte à tous.
Pour cette raison, l’État n’y fut pas indifférent, et après avoir été dédiées soit au roi soit aux
ministres, à partir de 1663-1665 les thèses les plus prestigieuses le furent presque
exclusivement à Louis XIV. Une thèse dédiée au roi quittait le cadre étroit du collège, du
couvent ou de l’université et gagnait toute la France et l’étranger. La présence de la gravure
explique aussi que Louis XIV et ses conseillers encouragèrent ce genre d’hommage : plus
qu’un long discours, elle proclamait sa puissance. L’affiche était un objet de collection, une
oeuvre d’art qui contribuerait à rappeler sa grandeur aux générations futures 37
. Le souci
de la postérité est une constante au xvii e siècle. En 1670, dans son discours sur l’histoire
du roi à l’Académie, Paul Pellisson précise qu’il faut travailler à l’image du roi pour « la
mémoire future du lecteur » et à tout moment rendre « le spectateur admiratif 38 ». De
même, le Mercure galant de janvier 1687 décrit une thèse imaginaire qui doit représenter
toute l’histoire du roi, dûment illustrée d’un portrait de « Louis Le Grand », de médailles et
de devises célébrant ses actions et ses vertus, avec pour dédicace : « À LA POSTÉRITÉ 39 ».
Notes de bas de page
1 Paris, musée du Louvre, 19 janv.-17 avr. 1995
2 Ainsi ne mentionnent-ils que rarement comme tels les vingt-deux portraits de Nanteuil
signalés par Petitjean et Wickert six ans plus tôt.
3 S abatier 1999 et 2000.
4 K irchner 2008.
5 P erez 2003 et 2009.
6 Château de Versailles et de Trianon, 19 octobre 2009-7 février 2010.
os
7 Dans le catalogue de l’exposition Charles Le Brun (L ens 2016, n 42-43) ont été
sélectionnées deux thèses gravées par Rousselet mais dédiées l’une à Pierre Séguier et
l’autre à Claude Bouthillier, qui datent des années 1641 et 1642.
os
8 M eyer 2007 a ; V ersailles 2007, n 45-52.
9 C oquery 1997.
10 L e C omte 1699-1700, t. II, p. 424-428.
11 H einecken 1778-1790, t. III, p. 412-415.
12 Leur intérêt les portait vers le dessin et la peinture et non vers la gravure.
13 M eyer 1997.
14 Ainsi les Minimes de Marseille utilisèrent en 1685 un portrait gravé deux ans plus tôt
par Pierre Simon (cat. 106) et en 1703 celui que Drevet avait exécuté en 1696-1697 d’après
Rigaud (cat. 135).
15 M aumené et d’H arcourt 1932.
16 B urke (1992) évalue à 300 le nombre de portraits du roi exécutés de son vivant, toutes
techniques confondues, et le rythme de la production à une quarantaine par décennie,
avec une hausse dans les années 1680, due en particulier aux statues équestres érigées en
province.
17 Ainsi C oquery (1997) a recensé 200 portraits peints et 700 gravures.
18 S abatier 2006.
19 C oquery 1997.
20 Les thèses ont été réunies par le père Lallemant (1622-1673), prieur de Sainte-
Geneviève, professeur de rhétorique au collège du cardinal Lemoine, recteur
de 1653 à 1655 et chancelier de l’université en 1662.
21 La collection de portraits conservée à la bibliothèque de la Sorbonne pourrait avoir
été formée à partir de ces suppressions. Lorsqu’elles ne sont pas illustrées, les thèses ne
sont pas aisées à trouver. Le 13 mai 1679, dans une lettre à son frère qui lui demandait
plusieurs thèses, Pierre Bayle répondait qu’il les lui enverrait « pourvu que je les puisse
trouver, ce qui n’est pas si facile que vous croïez […], on ne garde pas de ces sortes de
feuilles-là » (B ayle 1737, t. I, p. 117, lettre LXXIII).
22 C hapelain 1880-1883, t. I, p. 312, lettre XCCVI.
23 Il s’agit d’Antoine Arnauld, dit le grand Arnauld, bachelier depuis 1635, qui soutint sa
sorbonique le 12 novembre 1638.
24 La gravure due à Mellan n’a pu être identifiée.
25 Voir la table des lieux de soutenance à la fin du catalogue.
26 Voir la table des gravures par genre à la fin du catalogue.
27 Sur cette terminologie, voir D essert 1989.
28 L e C omte (1699-1700, t. III, p. 131) l’appelle le Triomphe de l’Église . Citons ainsi le
Catalogue raisonné … 1805 (n o 255) où sont rassemblées plusieurs estampes d’Edelinck,
dont celles des trois thèses en question.
29 Cabinet d’estampes de feu M. le Premier [Marquis de Béringhen] , s. d. [v. 1723].
30 Au n o 132 un paquet de thèses o o ; n 159, un livre de thèses orné de vignettes ; n 453,
un paquet de grandes thèses diverses.
31 1739 (L ugt 1938, n o 510), n o 426 de différents maîtres, n o 427 Poilly, n o 428 Edelinck,
La Paix o , Le triomphe de la Religion , Le roi à cheval et autres, n 596 Mellan et Mignard,
n o 836 Jacques Stella.
32 L ugt 1938, n o 531 o ; cinq thèses d’après Le Brun (n 64) et un paquet de thèses de
différents maîtres français (n o 95).
33 L ugt 1938, n o 775.
34 Chez Didot (L ugt 1938, n o 1256).
35 Par o F. Basan, chez de Lormel, jeudi 4 février 1762 (L ugt 1938, n 1190).
36 L ugt 1938, n o 6939.
37 Voir A postolidès 1981, p. 61 et A ssaf 1999.
38 P elisson 1671.
39 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98, ici p. 25. Voir l’étude qui en est faite dans la
troisième partie de notre ouvrage, au chapitre vii , « Une thèse “idéale” ».
Naviguer dans le livre
Précédent Introduction Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre I. Les thèses dans le cursus un...
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre I. Les thèses dans le cursus Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre I. Les thèses dans le cursus
universitaire
p. 19-26
Plan détaillé ePub
Informations sur la couverture
Rechercher dans le Texte intégral
livre
Le mot thèse désigne à la fois la soutenance et le travail écrit 1
1 . Ainsi, en 1694, le
Dictionnaire de l’Académie françoise en donne la définition suivante :
« Thèse, Proposition, question sur laquelle on discourt […] vous sortez de la thèse […]
Table des matières
On appelle thèse une Feuille imprimée qui contient plusieurs propositions tant
générales que particulières de Philosophie, Théologie, Droit, Médecine & c. Belle
Citer thèse, thèse de satin, thèse magnifique, il faut que j’aille à son acte, il m’a envoyé une
thèse 2
. »
Partager PDF du
2 Les thèses se soutenaient dans les quatre facultés – arts, théologie, médecine et droit –, chapitre
dont le cursus, qui comprenait trois grades (baccalauréat, licence et doctorat), imposait
Plan aux étudiants la soutenance d’une ou plusieurs thèses qu’ils dédiaient parfois à un même
personnage. Ainsi Roger de Courtenay, Saint-Pol, Yzoré d’Hervault en offrirent deux au roi Suggérer
Plan détaillé et le duc d’Albret trois 3
.
l’acquisition à
Texte intégral votre bibliothèque
La faculté des arts La faculté des arts
La faculté de théologie 3 De la septième à la rhétorique, le collégien était exercé aux joutes oratoires. Le professeur Acheter
La faculté de médecine et de choisissait chaque année ses meilleurs élèves pour défendre devant une nombreuse
La faculté de droit assemblée des exercices sur l’histoire, la littérature ou la géographie, bien souvent lors de Édition
imprimée
Notes de bas de page la distribution des prix. Ces soutenances prenaient parfois le nom de thèses. Retenons
celle que des élèves du collège de Castelnaudary dédièrent au roi en 1690, décrite par le Presses
Mercure galant : universitaires
Aller en haut de page
de Rennes
Aller en bas de page « Ce qui vient de se passer à Castelnaudary, Capitale de Lauragais en Languedoc, en
est une preuve, M. la Rivière de Laudun, jeune gentilhomme âgé seulement de onze amazon.fr
ans, & [qui] decitre.fr a étudié dans cette ville là au collège des Pères de la Doctrine Chrétienne,
mollat.com
y a répondu publiquement durant trois jours sur la géographie universelle, sur
leslibraires.fr l’histoire sainte, sur celle de la France, de Rome & de Grèce, sur le blason, sur la
placedeslibraires.fr
sphère, sur les Fables de Phedre & sur les plus belles odes d’Horace. Sa thèse étoit 1 M eyer 1993, N oguès 2006 et 2013. lcdpu.fr
dédiée au Roy 4
2 Dictionnaire de l’Acad.é »m ie françoise 1694, p. 560.
3 Voir la table des étudiants à la fin du catalogue. ePub / PDF 4 Ce genre d’exercice se poursuivait jusqu’aux classes de philosophie qui marquaient l’entrée
4 Mercure galant , octobre 1690, p. 84.
des étudiants dans la faculté des arts. L’enseignement était dispensé dans les collèges,
5 Cat. 124, 127, 130.
qu’ils soient partie de l’université ou agréés, comme ceux des Jésuites. Mais la collation des 6 Ce collège était situé à l’emplacement de l’actuel lycée Saint-Louis. Voir B ouquet 2010. L’auteur
neg rmaednetsi oéntnaeit qlu’ea plaan athgèes e ded esl ’ufnrèirveesr sidt’éA.l igLre’ e(ncsate. i8g9n).e ment de la philosophie se déroulait sur
7 deuVoxi r alna s taabvlee c dedse upxr oftehsèsseeusr s à à dléa ffeinn ddrue ca: tlaa lopgrueem.i èPrrei,e urs uert lraé gpehnit lodseo pphhiiel,o solpa hipeh ysaui qucoel,l èglea
d’Harcourt, en 1693, professeur de philosophie au Collège royal de 1663 à 1693, Louis Noël perçut
métaphysique, la morale, la logique et les mathématiques, donnait le grade de bachelier
ès arts ; la seconde, sur la philosophie, celui de licencié. Le doctorat n’était qu’une
cérémonie coûteuse à l’issue de laquelle l’étudiant recevait le bonnet. Les plus nombreuses
et les plus luxueusement illustrées sont les thèses de théologie et de philosophie et ce
sont celles qui donnent lieu à l’apparat le plus imposant.
5 Il arrivait que la soutenance fût collective, ce qui n’empêchait pas certains candidats de se
présenter seuls une seconde fois. Parfois, la même illustration et les mêmes propositions,
car elles étaient souvent écrites par le professeur lui-même, servaient pour différentes
thèses. Il en fut ainsi à Rennes le 11 juillet 1696, quand Jean-Baptiste Le Tavernier réutilisa
la planche montrant Louis XIV devant le parlement de Rennes, qui avait orné la thèse
d’André Brunel, soutenue le 25 juillet 1691, gravée en 1690 pour un autre candidat
inconnu 5
. Au sortir de la faculté des arts, les étudiants étaient âgés de 18 ans environ,
mais parfois beaucoup plus jeunes : Jean-Baptiste Colbert de Croissy n’en avait que 14 (cat.
92), le prince de Conti, Jules-Paul de Lionne et le comte de Saint-Pol (cat. 9, 41, 36)
seulement 15 et Colbert de Seignelay 16 (cat. 63).
6 À Paris, les collèges de plein exercice se trouvaient sur la rive gauche. Les trente-six thèses
de philosophie offertes au roi entre 1639 et 1704 ont été soutenues dans les huit collèges
les plus importants. D’abord au collège d’Harcourt 6
, où entre 1660 et 1684 quatorze thèses
dédiées au roi furent présidées par Louis Noël et Guillaume des Auberis 7
: Racine, Boileau,
Perrault, Melchior de Polignac et Hercule de Fleury y firent leurs humanités. Jules-Paul de
Lionne, l’abbé Jacques-Nicolas Colbert et Colbert de Croissy, Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier, les frères d’Aligre y dédièrent des thèses au roi en présence d’un public
prestigieux.
7 Tenu par les Jésuites – bannis de France après l’attentat de Jean Chatel et rappelés
en 1603 –, le collège de Clermont 8 était son rival. Louis XIII y avait envoyé ses deux frères
adultérins et y assista à leurs thèses le 25 janvier 1625 9
. Dans sa jeunesse, Louis XIV s’y
rendit à plusieurs reprises, s’en déclara le fondateur en lui témoignant de son appui par
des dons et des exemptions fiscales et en lui accordant en 1682 le nom de Louis-le-Grand.
C’était l’institution la plus recherchée et la plus aristocratique de Paris. Ainsi les princes de
Conti et de Turenne, le comte de Saint-Pol, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay et Michel-
François Le Tellier y dédièrent leurs thèses au roi. Comme le souligne Marie-Madeleine
Compère 10
, les Jésuites contribuèrent à l’élaboration du culte institué autour de la
personne du roi par la multitude des pièces de circonstances écrites par les régents. Le
collège de Clermont participa à la célébration des événements du règne par des fêtes
publiques éblouissantes, dont le Mercure et la Gazette se firent l’écho et que les pères euxmêmes
éternisèrent par la gravure : en 1682, Étienne Gantrel grava le feu d’artifice
organisé dans la cour du collège pour célébrer la naissance du duc de Bourgogne.
8 Le collège de Navarre 11
, où sept thèses dédiées au roi furent soutenues entre 1661
et 1667, présidées pour la plupart par Étienne Léger et par Charles Touraine, entretenait
lui aussi des relations privilégiées avec la monarchie. Roger de Courtenay y dédia deux
thèses à Louis XIV, l’une de philosophie en 1664, l’autre de théologie en 1668 (cat. 50, 62),
sous la présidence de Georges d’Aubusson de La Feuillade, évêque d’Embrun. Ce collège
pratiquait une stricte sélection 12
. En 1663, Montpla, noble du Gévaudan, en atteste :
« Nous avons commencé le cours de philosophie à la compagnie de la plus belle jeunesse
de France, entre lesquels il y a trois ou quatre fils de princes ou ducs et pairs de France et
quantité d’autres des plus grands de la Cour 13 ». Si le collège accueillait aussi des élèves
d’origine plus humble, les cinq étudiants qui dédièrent leur thèse au roi appartenaient à
l’élite : Clermont-Tonnerre de Cruzy (cat. 34), La Tour d’Auvergne (cat. 33), Hervault (cat. 54),
Guénégaud de Sémoine (cat. 61 ; fig. 1 ) et Courtenay (cat. 50, 62).
9 Le collège du Plessis fut réuni en 1646 à la Sorbonne sous le nom de Plessis-Sorbonne : les
professeurs de philosophie étaient choisis parmi les bacheliers hôtes de la Sorbonne et,
entre 1657 et 1674, les frais de la remise à neuf de bâtiments sur les plans de Lemercier
furent partagés entre le collège et la faculté 14
. Devenu très recherché de la noblesse, il fut
le cadre de trois thèses de philosophie dédiées au roi entre 1676 et 1687 par Antoine
d’Aquin (cat. 78), l’abbé François du Montal de Montsaulnin (cat. 87), et Jean-Thomas Hue
de Miromesnil (cat. 112).
10 Le collège Mazarin eut également un rôle important. Créé par le cardinal à qui Le
Vau 15 avait présenté un premier projet dès 1657, il se trouvait, contrairement aux autres,
en bord de Seine face au Louvre. Les travaux commencèrent en 1663 sur de nouveaux
plans réalisés par François d’Orbay et il n’ouvrit qu’en octobre 1688. Garnie de tribunes, la
salle des actes était située dans la seconde cour au rez-de-chaussée, près de la salle à
manger et des deux salles de cours 16
. Comme les collèges de Navarre et du Plessis, le
collège Mazarin fut agrégé à la Sorbonne qui était chargée de son entretien. En 1692,
Camille Le Tellier de Louvois (cat. 128) y dédia sa thèse au roi. Il n’y en eut également
qu’une au collège de Presles-Beauvais, situé dans le faubourg Saint-Jacques dans l’actuelle
rue des Carmes 17
, celle de Claude-François Pellot (cat. 81) que présida en 1676 Guillaume
Guénon, professeur de philosophie. Une thèse dédiée au roi encore Dauphin fut
également soutenue au collège de la Marche, situé rue de la Montagne-Sainte-
Geneviève 18
, celle d’Alexandre Courtois (cat. 3) en 1639. Mais le collège Mazarin brillait de
ses derniers feux. De 1642 à 1682, après une longue période de troubles, le collège de
Lisieux 19 connut un moment de tranquillité sous le principat de Jacques Despérier. C’est
alors que le comte de Montbrison, fils aîné de Guénégaud, secrétaire d’État, y dédia sa
thèse au roi le 27 août 1661 (cat. 31).
F igure 1. – Robert Nanteuil, Tèse de Philippe-César de Guénégaud de Sémoine , 1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 121.56 KB )
11 Ce bref panorama montre les liens des collèges parisiens avec le pouvoir royal, dont la
volonté était d’assurer la prééminence scolaire parisienne et d’imposer une politique
d’excellence, dont le collège de Clermont apparaît comme la clé de voûte 20
. D’autres
thèses de philosophie furent dédiées au roi en province : quatre à Rouen, deux à Rennes,
une à Poitiers, toutes dans des collèges de Jésuites, et postérieures aux
années 1685-1686 ; après 1696 on n’en trouve plus. Contrairement à ce qui se passe à
Paris, l’initiative de la dédicace vient en général des collèges et non des étudiants.
Signalons également trois thèses de philosophie dédiées à Louis XIV à l’étranger : à
Mayence en 1652 (cat. 18), à Sienne en 1681 (cat. 94) et à Turin en 1687 (cat. 114).
La faculté de théologie
12 Près de quarante thèses de théologie, la plupart soutenues à Paris, à la Sorbonne, et plus
rarement au couvent des Cordeliers, furent dédiées à Louis XIV entre 1644 et 1704. Huit
autres furent soutenues en province – une à Dijon, une à Lille et une à Ath, cinq à Marseille
chez les Minimes – et huit aussi à Rome.
13 Pour être reçu bachelier en théologie, il fallait être âgé de 23 ans révolus et né de
« légitime mariage », fournir des certificats de bonnes moeurs 21
, avoir reçu la tonsure
ecclésiastique, suivi trois années de théologie et réussi deux examens longs de quatre
heures. Le candidat suppliait alors l’assemblée ordinaire pour le baccalauréat. Il soutenait
d’abord une tentative , premier essai de théologie, où il était interrogé pendant trois heures
sur la philosophie et une heure sur la théologie. À la fin de l’acte, dix-sept censeurs
déposaient leurs suffrages dans une boîte nommée la capse . Un bulletin défavorable
l’obligeait à subir un examen particulier portant sur sa thèse, deux à un examen public et
trois l’excluaient pour deux ans. Onze au moins sur les quarante-deux thèses dédiées au
roi sont des tentatives 22
.
14 Devenu bachelier de licence, l’étudiant avait deux ans pour soutenir trois autres thèses,
d’abord la majeure ou sorbonique , sous peine d’une amende de 50 livres, puis la mineure ,
ainsi appelée car c’était la plus courte et elle ne durait que cinq heures, de sept heures à
midi ou de une heure à six heures du soir. De mineures dédiées au roi, on ne connaît que
celle de Pierre Berthe, présidée en 1685 par l’archevêque François de Harlay (cat. 110).
15 La majeure commençait à huit heures du matin et se terminait à huit heures du soir. On y
analysait l’Écriture, les conciles, l’histoire ecclésiastique, la chronologie sacrée, la Religion
et l’Église. Le président ouvrait l’acte en proposant trois arguments, puis les licenciés
argumentaient. Au moins trois majeures ont été dédiées à Louis XIV : celle de Charles-
François de Loménie de Brienne en 1664 (cat. 45), d’Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne, duc d’Albret, plus connu sous le nom d’abbé de Bouillon avant de devenir
cardinal, en 1667 (cat. 60), et de Jacques-Nicolas Colbert en 1677 (cat. 84).
16 La sorbonique se déroulait à la Sorbonne entre juillet et décembre, de six heures du matin
à six heures du soir. Contrairement à la mineure et à la majeure , elle n’avait pas de
président. Portant sur la théologie scholastique, sur la Grâce, l’Incarnation, les vertus des
actes humains et les péchés, elle était ouverte par le prieur de Sorbonne qui argumentait
pendant deux heures 23
. Comme pour la majeure , à l’heure du repas, le président, le
candidat et ses amis allaient festoyer pendant une heure dans une pièce voisine 24
. On ne
connaît qu’une sorbonique dédiée entre 1683 et 1686 à Louis XIV, celle de l’abbé de
Polignac qui fut illustrée, mais pour une raison inconnue ne fut pas soutenue (cat. 100).
Après ces trois thèses, l’étudiant était licencié en théologie.
17 Après la soutenance d’une vespérie , qui se déroulait l’après-midi, le plus souvent entre trois
et six heures, le candidat recevait le bonnet de docteur et devait présider l’ expectative , sa
première soutenance, sur une thèse dite aulique . C’est une aulique qu’Antonio Pinto et
l’abbé Roze (cat. 115) soutinrent à la Sorbonne en 1687. Ensuite, devant le chancelier, le
nouveau docteur jurait sur l’autel de défendre l’Église 25
.
18 Docteurs et étudiants en théologie avaient obligation d’assister aux thèses et d’y disputer.
Selon La Vergne de Tressan 26
, ils étaient en infraction :
« S’ils se sont absentés pendant un temps considérable, en sorte qu’ils n’aient point
assisté à beaucoup d’Actes de leur licence. Les statuts de la faculté 27 portent que ceux
qui s’absentent deux mois pendant le cours d’une licence, sans en avoir obtenu
permission, soient chassés de la licence [… de même si] ils ont manqué à disputer
lorsqu’ils ont été nommés pour le faire selon leur rang de principe. »
19 Si on l’en croit, les risques de tricherie de la part de l’impétrant ou de ses camarades
n’étaient pas négligeables. L’une des pratiques consistait à se communiquer les arguments
lors de la soutenance :
« Il est visible qu’on ne peut faire cela sans commettre un très grand crime. Aussi
dans la Faculté de Théologie l’on a obligé tous les Bacheliers de jurer qu’ils se
communiqueroient les uns aux autres ; & on a de plus ordonné que ceux qui seroient
trouvés en avoir communiqué, ou s’en être fait communiquer, seroient les uns et les
autres chassés du corps de la Faculté sans espérance de retour 28
. »
20 Durand de Maillane renvoie aux statuts du er 1 novembre 1675 et précise que la mise en
garde vaut pour les thèses de tentative et de licence. Par ailleurs, l’étudiant doit être prêt à
argumenter à toutes, sauf à l’ aulique et à la resumpte 29
, où seuls les docteurs
interviennent. « Même la maladie la plus dangereuse, connue et avérée, n’exempte point
de l’amende » : il encourt une exclusion de deux mois 30
.
21 Les thèses de licence en théologie étaient sanctionnées par un certain nombre de billets
blancs ou noirs, que bacheliers et professeurs déposaient dans la capse , pour témoigner
de la « suffisance ou de l’insuffisance du répondant 31 ».
22 On a vu que les étudiants des couvents pouvaient eux aussi soutenir des thèses. Ceux des
ordres mendiants, « qui sont du corps de la Faculté, étaient contraints à un nombre limité
de thèses par les statuts de la faculté et les arrêts du parlement 32 ». Durand de Maillane
indique qu’ils ne peuvent recevoir que cinq prédicateurs, quatre mineurs, trois augustins,
trois carmes 33
. Les Carmes dédièrent au moins trois thèses à Louis XIV, à Rome
en 1644 et 1704 et à Paris en 1666, les Cordeliers une en 1688 34
. Plusieurs thèses ont aussi
été dédiées au roi à l’occasion de chapitres généraux des ordres, comme à leurs saints
fondateurs, aux papes et aux souverains protecteurs. Une relation de Casimir Freschot
permettra d’en saisir l’esprit :
« Comme dans ce retour de l’Année Sainte, les religieux de tous les ordres cherchent
à faire bien & à se distinguer de la foule, par quelques fonctions d’éclat, les Moines de
Saint François qu’on nomme Observantins, tenoient leur chapitre général, & y avoient
fait par conséquent des Religieux de toutes les Nations, desposez à qui mieux mieux
à remporter le prix, au moins du bel esprit de la science dans des thèses publiques.
Les Allemands avaient dédiés les leurs à l’Empereur & avoient fait graver en une
grande planche à Augsbourg divers groupes de figures, qui représentoient & le
triomphe de la Vierge, & les conquêtes de S.M. Impériale 35
. »
23 Lors de leur chapitre général à Rome en 1650, les Dominicains dédièrent une thèse à Louis
XIV de même qu’en 1685 les Minimes de France à leur assemblée générale de Marseille. La
question « Quis est iste Rex gloriae, fortis & potens in praelio ? Psalm. 23 » (« Qui est ce roi de
gloire ? [L’Éternel] fort et puissant, [l’Éternel puissant] dans les combats ») et la façon dont
elle fut traitée firent alors grand bruit. À Rome, en 1688, lors de l’assemblée des Cordeliers,
la maison de France offrit au roi des thèses, ce qui fut renouvelé la même année à Paris
(cat. 120, 121).
La faculté de médecine et de pharmacie
24 Ne connaissant qu’une thèse de médecine dédiée au roi, celle de Jean Poisson (cat. 97)
en 1682, nous passerons rapidement sur l’organisation des études, qui duraient quatre
ans, avec d’abord une thèse dite quodlibétaire pour le baccalauréat, une thèse dite
cardinale la deuxième année, une deuxième quodlibétaire puis une thèse médicochirurgicale
qui donnait la licence. Le candidat présidait ensuite à des thèses pastillaires ,
puis, en l’espace de six semaines, soutenait sa vespérie et sa doctorie ; le doctorat venait
enfin, qui n’était qu’une cérémonie où on lui rappelait ses devoirs et on lui remettait le
bonnet 36
.
25 Il n’y avait pas de baccalauréat, de licence ni de doctorat pour les étudiants en pharmacie
qui, après un apprentissage d’environ trois ans et un examen devant la faculté de
médecine, notamment devant le démonstrateur royal, recevaient les lettres dites
testimoniales qui leur permettaient de travailler. Mais à Paris et dans les villes à jurande, il
fallait accéder à la maîtrise pour exercer : après quatre stages chez différents apothicaires,
l’aspirant devait exécuter un chef-d’oeuvre dont il faisait imprimer le programme. Ce
spécimen, appelé aussi carte, synthèse ou thèse, était remis aux médecins, gardes et
maîtres. Trois thèses de pharmacie furent dédiées au roi 37
.
La faculté de droit
26 Inutile d’être bachelier ès art pour entrer dans la faculté de droit. Âgés d’au moins seize
ans, les étudiants devaient soutenir une thèse de baccalauréat, une thèse de droit
canonique puis une thèse de droit français pour la licence, et un an plus tard la thèse de
doctorat. Les soutenances se faisaient dans la grande salle des anciennes écoles de droit,
rue Saint-Jean-de-Beauvais. Malgré les décrets royaux pour le réformer, au xvii e siècle le
droit n’était guère florissant 38
. Par un édit d’avril 1679, l’enseignement du droit civil fut
rétabli à Paris où il était interdit depuis 1215, et en 1680 celui du droit français devint
obligatoire. Une déclaration du 26 février 1680 précise que tous ceux qui veulent être
reçus au serment d’avocat sont tenus de prendre la leçon de droit français pendant l’une
des trois années d’études. L’obtention de la licence devint indispensable pour entrer dans
la magistrature ou au barreau, ou siéger dans les cours de justice souveraines ou du
ressort du parlement 39
.
Notes de bas de page
1 M eyer 1993, N oguès 2006 et 2013.
2 Dictionnaire de l’Académie françoise 1694, p. 560.
3 Voir la table des étudiants à la fin du catalogue.
4 Mercure galant , octobre 1690, p. 84.
5 Cat. 124, 127, 130.
6 Ce collège était situé à l’emplacement de l’actuel lycée Saint-Louis. Voir B ouquet 2010.
L’auteur ne mentionne que la thèse des frères d’Aligre (cat. 89).
7 Voir la table des professeurs à la fin du catalogue. Prieur et régent de philosophie au
collège d’Harcourt, en 1693, professeur de philosophie au Collège royal de 1663 à 1693,
Louis Noël perçut à ce titre 600 livres annuelles des comptes des Bâtiments du roi,
plus 440 livres supplémentaires ( Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. I, col. 878 et 879).
Guillaume Des Auberis, professeur au collège d’Harcourt, occupa la chaire de philosophie
grecque et latine au Collège royal de 1665 à sa mort en 1668.
8 Voir D upont- F errier 1821-1825.
9 Gravée par Michel Lasne, la thèse d’Antoine de Bourbon, comte de Moret, le montre
sur un trône dans le temple de la Justice orné des statues de Clovis, Saint Louis… (IFF 741).
10 C ompère 2002, p. 381.
11 Situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, près de Saint-Étienne-du-Mont, il fut
démoli en 1790. Voir G orochov 1997.
12 C ompère 2002, p. 284.
13 Ibid. , p. 284 ; Mende, archives départementales de Lozère, F. 497.
14 C ompère 2002, p. 303.
15 L emonnier 1921.
16 F ranklin 1901, p. 64.
17 C ompère 2002, p. 316.
18 Les bâtiments furent détruits en 1855 lors du percement de la rue des Écoles.
19 Il se trouvait sur la Montagne Sainte-Geneviève, rue Saint-Étienne-des-Grès.
20 Voir C ompère 2002.
21 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 175. Selon les statuts de février 1672,
refondus en 1673 et 1675 (G rès- G ayer 2002, p. 230), l’âge requis était de 22 ans.
22 Elles ont été soutenues par les abbés de Lorraine (cat. 67), de Noailles (cat. 70), de
Choisy (cat. 44), par Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) et Jules-Paul de Lionne (cat. 64).
23 D urand de M aillane 1761, t. II, p. 240, précise que « les thèses sont soutenues sans
interruption. La faculté en a fait une loi formelle par sa conclusion du 4 septembre 1688 ».
24 Ibid . L’abbé Baston indique que pendant la soutenance le candidat avait à sa
disposition limonade et café pour « se maintenir en activité » (B aston 1977, t. II, p. 100).
25 Voir le Mercure galant de septembre 1709 sur « L’Histoire du doctorat » (p. 22-77,
p. 53-88, et plus particulièrement p. 31-72) et celui d’avril 1679 (p. 328) à propos de la thèse
de l’abbé Colbert. Pour plus de détails, M eyer 2002, p. 58-59. Les thèses qui viennent après
la sorbonique sont rarement illustrées. Nous n’en avons trouvé aucune dédiée à Louis XIV.
26 L a V ergne de T ressan 1724, art. 8, 10 et 12 des statuts, p. 182-183.
27 Il renvoie à l’article 7.
28 D urand de M aillane (1761, t. I, p. 458) donne aussi ce nouveau règlement, qui a peutêtre
été réaffirmé, avec la date de 1681, et indique que depuis, cette conclusion s’observe
avec beaucoup d’exactitude (p. 242).
29 Thèse de cinq heures qui permet d’assister aux assemblées de la faculté.
30 D urand de M aillane 1761, t. I, p. 239.
31 Ibid ., p. 242.
32 Ibid ., p. 184.
33 Ibid ., t. II, p. 239.
34 Cat. 10, 136, 53 et 120.
35 F reschot 1705, t. I, p. 29.
36 Pour plus de détails, M eyer 2002, p. 59-62.
37 Cat. 28, 105, 122.
38 M eyer 2002, p. 65.
39 On ne connaît qu’une thèse de droit dédiée au roi (cat. 131).
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre I. Les thèses dans le cursus Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre II. La soutenance
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre II. La soutenance Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre II. La soutenance
p. 27-49
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Quelle que soit la faculté concernée, la soutenance était ouverte à tous et se faisait
livre ordinairement en latin, sauf pour les thèses de pharmacie, de droit français et de
mathématiques, et celles qui étaient dédiées à une femme, qui se déroulaient en français.
2 Les frais étaient considérables. En 1771 Durand de Maillane 1 précise qu’ils dépassaient PDF
Table des matières ordinairement 600 livres. En 1670, dans son Examen général de tous les états et conditions,
des pechez que l’on y peut commettre , au chapitre « L’Examen des obligations des
Citer docteurs 2 », il note parmi les débordements répréhensibles les « dépenses excessives en
festins lorsqu’ils ont pris le Bonnet, & n’ont pas gardé les bornes prescrites par les statuts
qu’ils ont juré de garder 3 ». D’autres abus, qui tiennent pareillement du « peché », PDF du Partager
concernent le luxe des soutenances et des affiches : chapitre
« Si les bacheliers ont fait pour leurs Actes des dépenses excessives en festins, en Plan
banquets, en planches de thèses, en tentures de tapisseries de la salle dans laquelle
Suggérer
ils répondent de leurs Actes, en lustres ; & si sous main ils ont excédé celles qui sont
Plan détaillé l’acquisition à
prescrites par les reglements faits sur ce sujet dans les maisons particulieres de la votre bibliothèque Texte intégral
Faculté 4
. »
Les candidats
L’invitation à la soutenance 3 Ces excès sont d’autant plus condamnables que les sommes dépensées sont tirées du Acheter
Le décor de revenu des bénéfices ecclésiastiques, « qui est le bien des pauvres ». Cette mise en garde la salle : tapisseries
Le dais n’est pas isolée. L ’Almanach de poche ou abrégé curieux de tout ce qui concerne le commerce Édition et le portrait du roi
du monde se termine par les instructions suivantes :
imprimée
Le public
Protocole et préséance « Les jeunes gens font quelque fois monter les dépenses à des sommes excessives, Presses
universitaires Panégyriques, harangues et aussi bien que les menus frais, consistant en papier, image et impression des thèses, de Rennes
Notes de bas de page tentures, & quelques austres semblables frais, sur lesquels il serait bon que les
parens consultassent ceux qui enseignent le droit en particulier à leurs enfants 5
. » amazon.fr
decitre.fr Aller en haut de page 4 Cette mise en garde était-elle justifiée ? Pourquoi de telles dépenses ?
mollat.com
Aller en bas de page
leslibraires.fr
F igure 2. – Antoine Masson d’après Charles Le Brun, Tèse de l’abbé Gabriel-Joseph
placedeslibraires.fr
1 d’ED sutrraandde sd e, 1M6 7a9i.l lane 1761, t. II, p. 241. lcdpu.fr
2 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 4.
3 Ibid ., t. II, p. 203. ePub / PDF
4 Ibid. , t. I, p. 179.
5 Paris, [Warin], 1700.
6 Voir les notices biographiques du catalogue et la table des candidats.
e e 7 Pour comparaison sur les origines sociales des étudiants entre xvi et xviii siècle, voir le
tableau proposé par D. Julia dans C ompère , J ulia et C hartier 1976, p. 338 et 339.
8 D ainville 1978 ; C ompère , J ulia et C hartier 1976.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 101.49 KB )
Les candidats
5 Seuls quelques privilégiés obtenaient l’autorisation d’une dédicace au roi. En général, les
étudiants adressaient leurs travaux aux ecclésiastiques de haut rang, aux gouverneurs des
provinces et aux membres des cours constituées.
6 Qui sont les étudiants à qui Louis XIV accorda cette faveur ? Leur biographie 6 les montre
plutôt issus de la haute noblesse ; plusieurs sont fils de ministres, de parlementaires et
d’administrateurs royaux, ou liés à la Maison du roi ou de la reine. Ce sont des
personnages en vue dont certains reviennent de façon récurrente. La plupart sont proches
du roi. On trouve un de ses filleuls, le fils de d’Artagnan (cat. 79), un de ses fils naturels, Le
Cordier du Troncq (cat. 125), ses enfants d’honneur d’Estrades (cat. 90, fig. 2 ) et Brûlart
(cat. 83), Ladvocat (cat. 21), un de ses aumôniers, un aumônier et un confesseur de la
reine, Ancelin (cat. 48), et l’Italien Pompeo Amerighi (cat. 94).
7 Une quinzaine de candidats au moins appartiennent à la haute noblesse. Il s’agit d’Armand
de Bourbon-Conti (cat. 9, 12), frère du Grand Condé, de François d’Anglure de Bourlemont
(cat. 85), neveu des archevêques de Toulouse et de Bordeaux, de Roger de Courtenay (cat.
50, 62), er fils du prince Louis I de Courtenay, de Louis d’Espinay de Sainct-Luc (cat. 57), dont
le père était lieutenant général et gouverneur du Périgord, d’Armand et de Gabriel de
Monchy d’Hocquincourt (cat. 29, 37), fils du maréchal du même nom, de Louis de La Tour
d’Auvergne (cat. 91), du comte de Saint-Pol (cat. 36), Charles-Paris d’Orléans-Longueville,
fils d’Henri II d’Orléans-Longueville et d’Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, soeur du
Grand Condé, de François et Raymond-Bérenger de Lorraine (cat. 32), de Louis-Antoine de
Noailles (cat. 70), fils d’Anne de Noailles, duc et pair de France, de Melchior de Polignac
(cat. 100), d’Antoine Benoît de Clermont-Tonnerre (cat. 52), ou encore de Mathieu Yzoré
d’Hervault (cat. 54), fils de Georges Yzoré, marquis d’Hervault, lieutenant-général pour le
roi en Touraine.
8 Parmi ces candidats, plusieurs membres d’une même famille – frères, oncles et neveux –
dédièrent leurs thèses à Louis XIV. Ce fut le cas notamment des Lorraine et des La Tour
d’Auvergne. Ainsi, l’abbé Raymond-Bérenger de Lorraine, fils du comte d’Harcourt, le
célèbre « cadet à la perle », dédia au roi en 1661 sa thèse de philosophie (cat. 32), et
en 1670 sa thèse de théologie (cat. 67). Puis en 1682 ce fut son neveu, Louis de Lorraine
(cat. 98), fils de Charles III de Guise-Lorraine et d’Élisabeth de La Tour d’Auvergne, nièce de
Turenne, qui offrit sa tentative au monarque ; il fut suivi trois ans plus tard par l’abbé
François-Armand de Lorraine-Armagnac, fils de Louis de Lorraine, comte d’Armagnac,
grand écuyer de France. Dès le début du règne personnel, en 1661 (cat. 33), puis 1664 (cat.
46) et 1667 (cat. 60), Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne, duc d’Albret, neveu lui
aussi de Turenne, se saisit de cette opportunité pour présenter ses hommages à Louis XIV.
Il en fut de même en 1679 de son neveu, le prince de Turenne, Louis de La Tour
d’Auvergne (cat. 91), fils de Godefroy-Maurice de Bouillon, grand chambellan de France, et
de Marie Mancini, nièce de Mazarin.
9 Seuls quelques candidats appartiennent à la moyenne noblesse comme François-Timoléon
de Choisy (cat. 44) et l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades (cat. 90), qui était fils de Godefroi
d’Estrades, maréchal en 1675, premier ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire aux
conférences de Nimègue, et gouverneur du duc de Chartres, futur régent, ou encore
Hardouin Fortin de La Hoguette (cat. 65), neveu de l’archevêque de Paris Hardouin de
Péréfixe, ancien précepteur de Louis XIV. D’autres encore étaient issus de la petite
noblesse comme Louis d’Artagnan (cat. 79), fils du célèbre mousquetaire.
10 Une douzaine sont fils de parlementaires, pour certains de haut rang : Amelot (cat. 42),
premier président à la Cour des aides, Argouges (cat. 74), premier président au parlement
de Bretagne, Le Maistre (cat. 51), conseiller au parlement de Paris, Le Cordier du Troncq
(cat. 125), président de la Chambre des comptes de Normandie, Regnault (cat. 131),
conseiller et ancien substitut du procureur du roi, Fyot (cat. 15), magistrat au parlement de
Dijon, les frères Jean-Thomas (cat. 118) et Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat. 112), fils
de l’intendant de police, justice et finances de Champagne, Ladvocat (cat. 21), maître des
comptes, et Chrétien-François de Lamoignon (cat. 39), premier président au parlement de
Paris.
11 On compte aussi douze fils, neveux ou petits-fils de ministres : Aligre (cat. 89), maître des
requêtes et intendant de la généralité de Rouen, Brienne (cat. 45), secrétaire d’État aux
Affaires étrangères, Brûlart de Sillery (cat. 83), secrétaire d’État et ambassadeur en
Espagne, Guénégaud de Montbrison (cat. 31), secrétaire d’État à la Marine et aux Affaires
étrangères, chancelier et garde des sceaux de l’ordre du Saint-Esprit, le chancelier Le
Tellier (cat. 38), Lionne (cat. 41), secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Quatre thèses
sont soutenues par les fils et neveux de Colbert (cat. 63, 75, 84, 92) et trois par les fils de
Louvois (cat. 96, 102, 128).
12 Sept candidats sont liés à la Maison du roi ou à celle de la reine : Ancelin (cat. 48), dont la
mère fut nourrice de Louis XIV ; Courtois (cat. 3), dont le père, valet de chambre et garde
des cabinets du Roi et de la Reine, logeait aux galeries du Louvre ; ou encore Bourgarel
(cat. 129) dont le père appartenait à la compagnie des gendarmes de la reine. Deux d’entre
eux sont fils des médecins du roi : Jean Poisson, qui fut également son apothicaire, et
Antoine d’Aquin, célèbre pour son ambition et son avidité et qui perdit la faveur de Louis
XIV en même temps que Madame de Montespan à laquelle il était lié (cat. 78, 97). Qu’en
était-il du candidat apothicaire Henri Rouvière (cat. 105, 122) ? On trouve aussi les fils et
petit-fils de trois agents du roi : Dulion de Poinson (cat. 116), gouverneur de la
Guadeloupe, Guénégaud de Sémoine (cat. 61), trésorier de l’épargne, et Poulletier (cat.
131), receveur général des tailles de Rouen et fermier général. Deux cas isolés figurent
parmi les candidats : le fils du libraire de l’université, Thiboust (cat. 101) et un
ecclésiastique, fils du peintre Van der Meulen (cat. 103) 7
. On ne trouve donc pas cette
mixité sociale soulignée par François de Dainville et Dominique Julia dans leurs travaux sur
les populations étudiantes, mais une surreprésentation des nobles et des parlementaires 8
.
13 À ces différents candidats, il convient d’ajouter les ecclésiastiques qui à l’occasion des
chapitres extraordinaires de leurs ordres avaient pour habitude en France et à l’étranger
de dédier une thèse au roi, ainsi que certains étudiants, le plus souvent fils des édiles
locaux ou des personnalités les plus éminentes de la ville, que les jésuites à l’occasion d’un
événement important concernant la vie du monarque chargeaient en leur nom de lui
dédier une thèse. De même si Pierre Berthe (cat. 110), alors recteur de l’université de Paris,
dédia une thèse à Louis XIV, c’est pour témoigner de l’obéissance de la faculté de théologie
envers le roi.
L’invitation à la soutenance
14 Que la thèse soit dédiée au roi ou à un personnage influent, les candidats invitaient
parents, amis et connaissances à leur soutenance et conviaient parfois eux-mêmes les
personnalités dont ils espéraient la présence. Le 24 août 1668, Saint-Maurice,
ambassadeur de Savoie à Paris, raconte que Colbert vint lui présenter son fils qui lui
apporta des thèses de philosophie qu’il devait soutenir au collège de Clermont, ajoutant
que « les autres ministres n’avaient pas encore observé cette cérémonie 9 ».
15 Olivier Lefèvre d’Ormesson suivit la même démarche. Le jeudi 30 janvier 1670, quand son
fils Claude défendit sa tentative en Sorbonne, il le mena
« chez tous ceux que je priai [ sic ], pour présenter des thèses. Je fus en présenter à M.
le nonce, qui me reçut avec beaucoup de civilité […]. Il me vint reconduire jusqu’en
haut de son escalier ; il se trouva à l’acte. Tous MM. les évesques et archevesques qui
estoient à Paris, M. le premier président avec les autres présidents, y vinrent, à la
réserve de MM. de Longueil, Novion, et le Coigneux. La compagnie y fut fort belle et
fort nombreuse, et chacun y témoisgna joye et satisfaction. Tous les docteurs
parurent très contents de mon fils et de voir un acte aussi célèbre 10 ».
16 Selon le Mercure galant de juillet 1685 (p. 321-322), l’abbé de Lorraine-Armagnac, qui
soutint sa tentative en Sorbonne le 21 juillet 1685 (cat. 108), présenta ses thèses aux
prélats et députés de l’assemblée générale du clergé de France, où il fit l’éloge du roi
« victorieux des étrangers et de l’hérésie » et fit de même à l’Académie française, ce qui
« ne s’était point encore fait par personne » ; l’abbé de Dangeau, son directeur, « fit
réponse à sa harangue 11 ». On sait également que les étudiants invitaient les corps
constitués et les instances religieuses. Les procès-verbaux des assemblées générales du
Clergé font état de telles démarches.
« Le 14 Juillet [1685], Mgr le Président a dit que M. l’Abbé de Lorraine étoit dans la
Salle, qui attendoit pour présenter ses Thèses à l’Assemblée. Mrs. Les Promoteurs
& Mrs les Agents sont allés le recevoir, & lui ont donné la main & passé après lui ;
& étant entré, il s’est assis sur une chaise à bras devant le Bureau ; & après avoir fait
un discours Latin très éloquent, auquel Mgr. le Président a répondu dans la même
langue avec beaucoup d’érudition, il a présenté ses Theses à la Compagnie, après
quoi il s’est retiré, étant conduit par les mêmes personnes qui l’étoient allé
recevoir 12
. »
17 L’assemblée vérifiait à cette occasion que la thèse ne présentait pas de propositions
contraires à la doctrine de l’Église. La distribution des affiches se faisait parfois très
largement. En atteste la correspondance de Colbert 13
, où se trouve la « liste de ceux à qui
l’on a donné des Thèses de Monsieur l’abbé Colbert aoust 1672 », dont l’illustration, gravée
par Rousselet et Nanteuil d’après Le Brun, montre Louis XIV sur un médaillon orné de la
dépouille du lion de Némée (cat. 75).
« La liste donnée par Monseigneur a esté exécutée. On en a donné à toutte la famille
- à Monsieur le garde des Sceaux et Mrs les conseillers d’Estat et soubdoyen des
Maîtres des Requestes, et secretaires et greffiers du conseil. A tous les presidens,
gens du Roy, et doyens des conseils du parlement, chambre des comptes, grand
conseil, cour des aydes. A Mrs. Les lieutenants civil, de police, criminel et Procureurs
du Roy du Chatelet, A Mrs les ambassadeurs presidens des cours estrangères. »
On en distribua également : 18
« À Nos seigneurs les Prelats, à Monsieur le Nonce et aux abbés de qualité
À Mrs. Les chevaliers des ordres qui estoit à Paris
À nos seigneurs les secretaires de tous les ministres.
À Mrs les ducs de Charost, de Noailles, de Bournonville, de la Force, de Saint-Simon,
de Duras, de Richelieu, de Mortemar, de Villars, de Luynes, Dorval, de Liancourt, de la
Rochefoucault, de Villeroy, Comte de Soissons, de la Vieuville
À Mrs. Les Mareschaux de Grancey, du Plessis,
À Mr. L’Archevesque de Rheims, donné aus. Monsieurs Pussort
À Mr. Le duc de Saint Aynan
Aux R.P. Jésuites, et on en a laissé pour le R.P. Foie, à l’oratoire, l’académie Royalle.
Et à M. de Boutiller, de Beringhen, Penaultier, Marquis de Bezons, d’Argouges prem.
Pres. de Leigue, d’Ambreval
À Madame la princesse de Chevreuse
On a esté chez plusieurs ducs que l’on a point trouvé qui sont Mrs les ducs de
Verneuil, de Sully, de Rohan, de Bethune, de Grammont, de Roquelaure, d’Aumont
[…]. N’y a point laissé de theses estans a la campagne il a Esté dit quils ne
reviendroient pas sy tost Monsieur le duc de Bouillon, Monsieur le duc de Crequy, M.
le duc de La Feuillade, M. Le chevalier de Lorraine, M. Le duc de Soubize, M. le duc de
Rohan, M le duc de Verneuil, M. le duc de Sully, M. le duc de Bethune, M. le duc
Daumont, M. le duc de Roquelaure en a esté laissé à son fils, M. le comte de Guiche,
M. le marquis de Lavardin, M. le comte Dallegue. On va porter des thèzes à tous ses
Messieurs. »
Le décor de la salle : tapisseries et tentures
19 L’usage d’orner les salles de thèses semble courant dès le début du siècle. Ainsi à Poitiers
en 1614,
e
« la Faculté [de médecine] décide que la dispute diurnale de M Anthoine Jacquet
docteur de Montpellier aura lieu le mardi 13 mars [et que] pour cette cérémonie
serait fait un banc nouveau avec dossier et poulpitre pour ledit doyen et aucuns des
anciens docteurs. Et sur la chaire des dits Escholes serait mis un dais de serge de
Beauvays vert brun, avec le dossier sur le serge serait mis et attaché un soleil d’or ou
broderie sur satin blanc pour symbole de la médecine avec une inscription [en grec]
au dessus […] et autour d’en bas [une autre] et ce pour l’honneur de ladite faculté et
décoration desdites Escholes. Le tout aux depens de la bourse commune qui est
entre les mains dudit sieur doyen 14 ».
20 Bien qu’ils ne concernent pas des thèses dédiées au roi, quelques actes notariés
permettent de se faire une idée des dépenses et démarches entreprises par les collèges et
les universités pour le décor de la salle. Ainsi, le 17 janvier 1640, Robert Mairet, maître
tapissier à Paris, signe un devis et marché de tapisserie pour l’église du collège de Navarre
avec les docteurs du collège de Sorbonne et Lucien Boizars, marchand tapissier bourgeois
de Paris, pour toutes les tentures nécessaires 15
. Le 12 janvier 1646, le même Lucien
Boizars, nommé pour neuf ans tapissier ordinaire par les docteurs du collège de
Sorbonne, doit fournir tous les sièges, tentures, dais, y compris la tapisserie des écoutes et
des bancs :
« Pour tapisser la petite salle dudit collège aussi souvent qu’il en sera requit et
adverty, moienant quoi lesdits députez esdits nomé ont arresté qu’il sera donné audit
Boizars pour chacun acte pour le louage de ses tapisseries le prix cy dessous
mentionné selon la qualité de tapisserie des chaises et dais qu’il livrera savoir pour la
tenture commune d’Auvergne avec un dais de damas rouge la somme de 4 livres
pour la tapisserie de flandre à personnages ou à verdure avec un dais de velours y
compris la tapisserie des écoutes ; la somme de 10 livres pour le louage de chacune
des douze chaises communes lui sera payé 40 sols pour chacune douzaine de chaises
[…] de velours ; la chaise luy sera payée 40 sols ; pour les chaises de velours rouge
cramoisy ou autres a frange d’argent luy sera payé pour chacune d’icelle 20 sols. Pour
les chaises de velours rouge ou autres couleurs avec franges de soye luy sera
paié 15 sols ; tous lesquels prix luy seront paiez par eux par ceux pour lesquels il aura
fourny lesdites tentures, dais, chaises incesamment après les actes finis, si toutefois
ledit Boizars estoit requis de tendre des tapisseries de flandres ou haultelisse de plus
grand prix que icelles mentionnez cy dessus, il sera libre aux particuliers de convenir
avec luy du prix […] sans que durant ledit temps ledit Boizars puisse estre depossédé
n’y qu’aucun autre tapissier puisse tendre, tapisserie ny fournir aucune tapisserie dais
ni chaises en ladite maison et dépendance dudit collège 16
. »
21 Pour la thèse dédiée à Guy-Crescent Fagon par la faculté de médecine le
22 novembre 1695, le tapissier Herssant demanda 100 livres pour tendre la salle de
« belles tapisseries » et on donna 30 livres au menuisier pour la disposition des bancs 17
.
22 Les descriptions sont rares ; citons celle du Mercure pour la soutenance des frères d’Aligre
(cat. 89) au collège d’Harcourt en 1679, qui montre le luxe déployé pour honorer le roi et
célébrer leur famille :
« La salle où ils répondirent estoit magnifiquement parée. Il y avait un très riche dais
sous lequel estoit un portrait du Roy en pastel. Il fut admiré de tout le monde. C’est le
dernier du mesme Mr. de Nanteuil, et l’un des plus ressemblans, et des plus beaux
qui ait encore esté fait. La bordure de ce pastel estoit toute de grace enrichie de
couronnes, de plaques et de festons de vermeil doré, le tout d’un très beau travail.
Les tapisseries estoient parsemées de Fleurs de lys, avec les Armes de France au
milieu de chaque pièce. On avait mis celles de la maison d’Aligre aux quatre coins 18
. »
23 Le caractère inhabituel de la thèse que les Jésuites de Rennes offrirent en 1690 au
parlement de Bretagne (cat. 124) et à travers lui au roi justifie le faste qui y fut déployé. Un
livret 19 publié à l’occasion permet de connaître le détail de la décoration de la grande salle
du palais de Justice longue de « cent pieds », qu’on considérait alors comme une des plus
belles du royaume et qui était tendue de tapisseries. Au fond était représentée
« la grande façade du Palais telle qu’on la voit gravée dans la thèse, flanquée de ses
deux pavillons […]. La corniche était surmontée d’un attique avec, sous un dais royal,
le portrait de Louis le Grand ; d’un côté, la Justice, de l’autre, la Force. Au-dessous, les
armes du premier Président et des Présidents. Tout autour, celles de MM. du
Parlement. […]. Le tout accompagné d’une foule d’inscriptions élogieuses, et de
devises ingénieuses exprimant la joie du retour du Parlement, entr’autres celles-ci
[…]. Je rétablirai tes juges comme ils étaient auparavant et tes conseillers comme ils
ont été autrefois, et tu seras désormais nommée la ville fidèle […]. L’ouvrage de la
justice sera une paix et une assurance éternelles, pendant laquelle mon peuple, sans
crainte, jouira dans ses maisons de l’heureuse abondance du repos ».
24 Sans doute y eut-il d’autres décors de ce genre, mais on ne peut guère mentionner que
celui que les Jésuites de Caen composèrent en juillet 1689 pour célébrer le nouvel
intendant Foucault et à travers lui le roi. Devant le dais, le décor montrait le temple de
Salomon pour célébrer à la fois la construction de la nouvelle église du collège et « LOUIS
LE GRAND, qui est er le 1 des conquérans par son grand courage, et un Salomon par sa
haute Sagesse, sçait former dans son roiaume des guerriers pour ses armées, et des
Salomon pour gouverner ses Provinces ». La salle était ornée de devises, d’emblèmes, de
citations grecques et latines, et tendue d’une tapisserie de verdure ; sous le dais, placé
dans une alcôve, on avait disposé un portrait de l’intendant et derrière lui on voyait la
Justice et la Science. L’auteur du livret souligne que l’ensemble de la décoration était en lien
direct avec la composition gravée sur la thèse qui montrait « La science et la Justice, avec la
Religion qui foudroient l’Hérésie 20 ».
25 De même, pour des harangues célébrant le rétablissement de la santé du roi en 1687 dans
leur collège d’Aix, les Jésuites imaginèrent un décor somptueux, connu par une gravure de
Balthasar Cundier d’après R. Lainé 21
: la porte d’entrée est cantonnée par deux pyramides
et ornée de devises où le Soleil personnifié tient une place essentielle ; le portrait équestre
du roi est posé sur un socle entre deux angelots désignant la Félicité publique et la
Tranquillité. Allégories et ornements sont ceux des soutenances de thèses.
Le dais et le portrait du roi
Le dédicataire de la thèse, en personne ou en effigie, siégeait en général sous un dais 22
, 26
que le Mercure et la Gazette mentionnent parfois. En janvier et février 1663 pour la tentative
en Sorbonne de l’abbé Le Tellier (cat. 38) et pour l’exercice de philosophie d’Antoine-Benoît
de Clermont-Tonnerre (cat. 34) soutenu au collège de Navarre, la Gazette
d’août 1662 (p. 143) indique qu’il était de velours rouge. Sous ce dais on plaçait le portrait
du roi, en général celui qui ornait la thèse ou parfois un portrait peint. Les petits-fils du
chancelier d’Aligre (cat. 89) y mirent le pastel de Nanteuil qui servit de modèle pour
illustrer leur thèse. De même, au collège de Clermont en 1681, pour la « thèse soutenue
par M. le marquis de Louvois […] fils ainé de Monsieur de Louvois, ministre d’État […], au
bout de la salle étoit élevé un dais, sous lequel on avoit mis le Portrait de ce grand
Prince 23 ».
27 Symbolisant la présence du monarque, cette effigie contribue à la solennité de la
soutenance, et on ne manque pas de s’incliner devant elle : en 1687, lorsqu’ils entrèrent
dans la salle où Pinto devait soutenir sa thèse (cat. 115), les ambassadeurs « saluerent le
Portrait du Roy qui estoit posé sous un dais 24 » et ensuite le président.
28 En général, le fauteuil destiné au dédicataire était placé sur un tapis luxueux. Les
descriptions manquent pour les thèses qui nous occupent, mais on en peut imaginer le
décor par la relation du Mercure de février 1686, pour celle de M. du Tertre, dédiée au duc
de Bourbon :
« L’acte se fit dans les Écoles de S. Thomas, les plus spacieuses de l’Université, et qui
avaient été choisies exprès à cause du grand nombre de personnes qu’on y avait
invitées. […] On avait élevé sur la droite un dais magnifique, sous lequel était la thèse,
dans un cadre d’un goût fort particulier. Il y avait aussi une estrade couverte d’un très
beau tapis de Perse, et sur lequel était un fauteuil préparé pour Monsieur le duc de
Bourbon 25
. »
29 La présence du portrait du roi sous un dais apparaît dans bien d’autres cérémonies. Citons
la Relation d’une fête solemnelle, que les Augustins Déchausséz de Marseille ont celebrée à
l’honneur du roy pour le retablissement de la santé de sa Majesté 26
: dans l’église richement
décorée comme pour une soutenance de thèse, un trône fermé par une balustrade était
placé au milieu de la nef, vis-à-vis de la chaire du prédicateur, élevé sur six marches
couvertes d’un damas rouge parsemé de fleurs de lys brodées d’or, surmonté d’un dais
avec au-dessous un portrait du roi en ovale dans un cadre doré, « des plus beaux et des
plus recens », accompagné des portraits de Monseigneur et de Monsieur 27
.
30 Lorsqu’une thèse était dédiée à la reine, au Dauphin ou à un fils légitimé de Louis XIV, le
dais était également de mise. Au collège des Jésuites de Bordeaux, la thèse d’Étienne Denis
(ann. II. B-1), dédiée au comte de Toulouse en août 1695 28 et gravée par Drevet d’après
François de Troy, « fut placée sous un riche dais, dressé au-dessus d’un fauteuil à deux
carreaux de velours sur une grande estrade ». En août 1700, au collège du Plessis-
Sorbonne, pour la thèse de l’abbé de Coëtlogon dédiée au même (ann. II. B-4), le portrait
gravé par Edelinck d’après Gobert était « sous un fort beau dais […]. Le prince y vint, ne s’y
plaça pas, mais dans un autre fauteuil au milieu du quarré, ce qui fit admirer sa
modestie 29 ».
31 Pour les thèses dédiées au pape, aux cardinaux et aux plus importants prélats, il semble
que les fauteuils aient été également surmontés d’un dais. Retenons celle que M. Guyon,
doyen de la Rote, dédia au cardinal Cibo en 1681 à Avignon : son portrait brodé à l’aiguille
se trouvait sous un « dais de velours cramoisy » dressé dans l’église du collège des
Jésuites 30
. En mars 1671, pour la « Grande Ordinaire » du père Charles-Augustin, le dais
était « chamarré, en satin plus blanc que la neige », avec au-dessous le « portrait fort bien
figuré » de l’électeur de Cologne qui en était le « patron 31 ». Destiné à mettre en valeur le
dédicataire, ce dais pouvait aussi être placé au-dessus du banc des écoliers, de la chaire du
professeur ou de celle de l’impétrant. On connaît deux représentations de soutenances :
l’une, gravée en 1726 par Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, montre
l’exercice d’Eugenio Mecenati dédié à Benoît XIII au couvent des Carmes à Paris ( fig. 3 ) ;
l’autre, dessinée par Charles-Nicolas Cochin, représente l’acte de l’abbé de Ventadour,
dédié en 1738 à Louis XV 32
. On y voit deux dais, au-dessus de la chaire du président ou du
candidat et au-dessus du fauteuil du dédicataire.
Le public
32 En France comme à Rome ou dans les principales villes d’Europe, les thèses étaient
affichées dans la rue 33
. On les trouvait « la veille au soir sur les portes des écoles, afin que
ceux qui le voudront puissent y venir pour argumenter ou pour entendre 34 ». En 1697,
dans ses Nouvelles réflexions sur les défauts d’autruy, et les fruits que chacun en peut retirer ,
après avoir fustigé l’habitude d’orner les thèses de portraits, l’abbé Pierre de Villiers note
avec quelque ironie : « Quand on arrive dans une Ville de la Province, il est aisé de sçavoir
qui en est Évêque ou Gouverneur, il ne faut que regarder le portail des Églises ; il est rare
qu’on n’y trouve pas quelques Thèses qui nous l’apprennent 35
. »
33 Pour son côté satirique, citons encore ce passage de L’année burlesque ou Recueil des pièces
que le Mercure a faites pendant l’année 1682 36
:
« Le jour qui preceda Dimanche,
Au grand couvent des Augustins
Dont les moines sçavans & fins,
Ne se mouchent pas sur la manche,
Plusieurs Theses l’on presenta,
Sur lesquelles on disputa
Touchant l’authorité Papale,
Ou l’on reconnut le Clergé,
Legitimement degagé
De la chaire Pontificale,
Et qu’il devoit estre exalté
F igure 3. – Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, Vue du couvent des
Carmes de Paris dans lequel le carme Eugène Mecenati soutient sa thèse dédiée à Benoît
XIII , 1726.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.96 KB )
Au dessus de la Papauté,
Comme étant le Chef & l’Organe
De nôtre Église Galicane,
Et pour le faire savoir mieux,
Ils ont fait mettre en divers lieux
Et fait afficher dans les rues,
Les Theses qu’ils ont soûtenues
Ou dans la taille douce étoit,
Un Evesque qui Presidoit 37
. »
34 Le père Rapin rapporte une anecdote cocasse sur l’affichage des thèses. Pour mettre au
jour les méfaits d’Henri de Pardaillan de Gondrin (1620-1674), archevêque de Sens, qu’ils
accusaient d’avoir dilapidé les biens du chapitre, deux jeunes chanoines prirent un livre
dont ils coupèrent les lettres, et de ces lettres réunies composèrent une espèce de thèse
qu’ils dédièrent à l’archevêque de Sens, en ces termes :
35 « Au souverain pontife de Sens, savoir :
S’il est permis au pape de Sens de ne pas reconnoître le pape de Rome ;
S’il est permis de couper les forêts du chapitre, le vendre et tourner à son profit
l’argent qu’on en a retiré ;
S’il est permis de donner le bas et la comédie aux dames dans une maison consacrée à
l’habitation de l’archevêque ;
S’il est permis de vendre des bénéfices pour payer des rôtisseurs, et pour payer ses
dettes ou les gages de ses officiers ;
S’il est permis de faire des galanteries publiques avec les dames, qui aillent au
scandale de tout un diocèse. […] La thèse fut affichée la nuit à la porte de l’archevêque,
où elle resta tout le matin et fut lue de tous les passans 38
. »
36 À la fois auditrice et actrice, puisque certains prononçaient des panégyriques et des odes,
une assemblée choisie rehaussait la soutenance. Pour la tentative en Sorbonne du prince
de Conti en 1646, la dispute fut, selon la Gazette , ouverte par le coadjuteur et continuée
par
« l’archevêque de Bourges, les évêques d’Utique & de Chartres, le sieur de Chanvalon
& autres, au grand contentement de l’assistance, composée, outre les susdits, des
chefs du conseil & de plusieurs cours souveraines, de plus de 40 évêques & de grand
nombre d’autres prélats, docteurs en théologie et personnes de mérite, qui tous
prenaient part à la grande satisfaction que reçoit le prince de Condé de ses deux fils,
l’un desquels se fait admirer dans les armes pour la défense de l’Etat, & l’autre dans
les lettres pour le maintien de l’église 39 ».
37 On ignore si ces panégyriques étaient souvent applaudis au point d’interrompre l’orateur
ou de le rendre peu audible, comme cela arrivait parfois à l’Académie française 40
. Mais
en 1611, le jeune Louis XIII, assistant à une thèse dédiée au recteur et à toute l’université,
marqua son contentement en frappant des mains :
« On les voyoit dans la première galerie qu’ils appellent escoutes, celle de dessus
estant encore toute remplie de personnes de marque ; ils y furent la Royne Regente,
la Royne Marguerite & les principaux Seigneurs de la Cour, […] l’espace de deux
heures ou enuiron ; Le peuple se plaisoit à voir le Roy frapper quelquesfois des
mains, comme il auoit veu faire apres une resolution aux difficulez
proposées, & soudain le peuple l’imitant monstroit le contentement qu’il en receuoit.
Plusieurs Prelats y arriuerent, entre lesquels disputerent deuant le Roy, Monsieur de
Montpellier, & Monsieur d’Orléans auec beaucoup de suffisance 41
. »
38 Selon Loret, lors de la soutenance de sa thèse dédiée à Mazarin en 1658, Le Tonnelier de
Breteuil « fit voir/Tant d’esprit et tant d’assûrance, /Que la célèbre Assistance, /Les plus
judicieux Humains, /Batirent, pluzieurs fois, des mains 42 ». En 1687, aux ambassadeurs du
roi de Siam surpris des applaudissements qu’ils entendirent et craignant qu’ils ne fussent
un témoignage de mécontentement (cat. 115), on expliqua ce que « c’étoient que les
battemens de mains qu’ils entendoient, & ils furent ravis de voir qu’un homme de leur
Nation eust paru dans une si belle assemblée 43 ». Il en avait été de même en 1684 pour le
fils du procureur général à l’ouverture lors des thèses de philosophie des frères Le Tellier
(cat. 102), « dont le compliment fut fort applaudy. Toute l’Assemblée admira le soûtenant. Il
fit voir tant de présence d’esprit, et tant de capacité que l’on dit tout d’une voix, que ce qu’il
en faisoit paroître, estoit au dessus de son âge. Ce n’est pas une chose extraordinaire dans
sa famille 44 ». Il semble que le public de la faculté de droit ne montrait pas moins
d’entrain : selon le Mercure de février 1701, lors de la soutenance de leur thèse de droit
français, Poulletier et Regnault (cat. 131) « firent le Panégyrique de sa Majesté avec un
applaudissement général 45 ».
39 Le Mercure, La muze historique , la Gazette vantent la qualité des discours des impétrants et
la clarté de leur élocution, qui en font les dignes successeurs de leurs ancêtres 46
. En 1679,
pour les petits-fils du chancelier d’Aligre (cat. 89), selon le Mercure :
« Il serait difficile de voir une plus belle assemblée […]. Mrs. les Cardinaux,
Archevesques, Evesques, généraux d’ordres, abbez, Princes, commandeurs et
chevaliers, présidens à mortier, conseillers d’état, Maistres des requestes, et
généralement tous ceux qui assistèrent à cette action, en firent paroistre une
satisfaction extraordinaire. Chacun s’empressa à féliciter les deux jeunes soûtenans
de leur succès. Leurs réponses furent toutes pleines d’esprit, et eurent je ne sçay
quoy d’aisé qui fit dire tout d’une voix qu’ils marchoient sur les pas de leurs Ancestres,
et qu’ils soutiendroient avantageusement l’honneur et l’éclat de leur Maison 47
. »
40 Lors des thèses de philosophie de Jules-Paul de Lionne au collège d’Harcourt (cat. 41),
en 1663, la Gazette indique que « la compagnie, [était] composée des Ambassadeurs de
Venise, de Savoye, et de Mantoue, de tous les Prélats […] et de grand nombre d’autres
personnes de haute condition 48 ». Sur un ton bien différent, pour la majeure de l’abbé de
Bouillon (cat. 60) en 1667, Robinet décrit dans La muse historique :
« La noble et célèbre ASSEMBLÉE
Dont, entr’autres Gens bien titrés
Étoyent quantité de MITREZ,
Le grand CONDÉ, dont les lumières
Égalent ses vertus guerrieres,
MONSIEUR LE DUC, son sage fils,
Aussi du Rang des beaux ESPRITS
De SAINT PAUL, jeune & digne COMTE
Que dans ce même nombre je compte
Force autres grands & ducs & pairs
À nôtre MONARQUE très chers [ sic ]
Maints Messieurs à Robe & Rapière,
que j’obmette de cotez
Deux seigneurs des plus à notez
Le Fameux PRINCE de TURENNE,
Si rare & si preux Capitaine
Et le vaillant Duc de BOUILLON
Qui faisoient les Honneurs, dit-on,
En qualité d’Oncle et de FRÊRE,
Ayant alors une joye entière
De voir les Applaudissemens
Que l’on donnait à tous momens
Ce soutenant d’importance 49
. »
41 Ajoutons d’autres exemples. Dans la Gazette , Renaudot indique que le 27 août 1661, la
thèse du comte de Montbrison (cat. 31), fils aîné du sieur de Plessis, secrétaire d’État, eut
lieu au collège de Lisieux « en présence de plusieurs archevêques, évêques, princes, ducs,
maréchaux de France et autres personnes de haute qualité 50 ». À la tentative de Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38), au collège d’Harcourt en 1663, on vit le duc de Bourbon, le
chancelier, les cardinaux de Bouillon et de Bonzy, le nonce, « et plusieurs ducs et pairs, et
enfin tout ce qui se trouva de personnes distinguées en France 51 ». La thèse du duc
d’Albret soutenue à la Sorbonne le 29 février 1664 se fit en présence « du Prince de Condé,
du duc d’Enghien, du prince de Conti, du cardinal Antoine, du cardinal Moldachini, des
ambassadeurs d’Espagne, de Venise, de Mantoue et autres ministres étrangers 52 » (cat.
46).
42 Chiffrer l’assistance est difficile. Dans une lettre du 31 août 1668, l’ambassadeur Saint-
Maurice raconte au duc de Savoie :
« Revenant aux thèses du fils de M. de Colbert […] il y eut encore plus de confusion
qu’à Versailles. Jamais il n’y avait eu un si grand concours de personnes de qualité en
pareille occasion ; il ne resta personne à Saint-Germain ce jour là : tous les princes,
ducs et pairs, maréchaux de France, gens d’épée, cardinaux, prélats, magistrats, le
chancelier même, et généralement tout ce qu’il y a d’honnêtes gens à Paris et à la
cour, jeunes et vieux et même les Dames. M. de Colbert doit en avoir une grande
satisfaction, car l’on ne saurait pas témoigner des plus grands empressemens si M. le
Dauphin soutenait un pareil acte 53
. »
La Gazette du 1 er septembre 1668 54 en nomme certains 43 : le duc d’Enghien, les cardinaux de
Retz et de Vendôme, le nonce, l’archevêque de Paris, et quantité d’autres prélats, le
premier président du parlement, le chancelier de France, des secrétaires d’État, et tous les
seigneurs de la cour. Selon Olivier Lefèvre d’Ormesson, le roi en fut dépité :
« M. de Turenne me confia les nouvelles qui avaient couru à Paris que le Roy, voyant
sa cour déserte et que tout estoit à l’acte de M. Colbert, dit : Ceux qui sont demeurés
auprès de moy seront aussi bien payés de leurs appointements que ceux qui sont à
Paris, et enfin il en témoigna une très grande jalousie 55
. »
44 Est-ce pour faire oublier cet incident que lors de la sabatine de Jacques-Nicolas, second fils
du ministre, soutenue en décembre 1671 au collège d’Harcourt, on s’abstint de distribuer
des thèses, et « il n’y eut pour cette raison que peu de personnes 56 » ? Mais, selon le
marquis de Sourches, lors de la soutenance de Michel II Chamillart, fils du ministre, le roi
se trouva aussi seul du lever au souper avec les ducs de La Trémoille, d’Harcourt et de La
Rochefoucauld, car ce dernier « n’allait jamais à aucune thèse 57 ».
45 Ministres, ambassadeurs, nonce, princes du sang et membres de la haute noblesse,
évêques, archevêques et cardinaux, parlementaires, académiciens…, rares sont ceux qui
manquaient d’assister à ces thèses, dédiées ou non au roi. Cependant, quand l’impétrant
était inconnu, le public n’était pas toujours au rendez-vous. Pour la soutenance de Pinto
(cat. 109), qui se déroula sur deux jours et dans deux lieux différents, le candidat
n’appartenant pas à leur monde, nobles, évêques, parlementaires négligèrent d’honorer la
dispute de leur présence alors que tout avait été fait pour les y inviter. Dans une lettre à M.
Charmot du 30 décembre 1686, Brisacier, directeur du séminaire des missions étrangères,
rapporte que le candidat a ensuite présenté ses thèses au roi et ajoute :
« Depuis ce temps-là, nous avons couru pour porter des thèses partout, et quoique
notre soin ait été comme inutile, n’ayant vu presque personne de tous ceux que nous
avions invités, surtout aucun évêque, ni aucun homme de la Cour, l’acte dans le fond
s’est heureusement fait. MM. Les ambassadeurs y ont été invités ; M. Antonio Pinto y
a fort bien répondu ; et M. de l’Estocq, grand-maître et président, a fini par un
discours latin plein de piété et d’éloges pour cet étranger et pour tous nos
missionnaires 58
. »
En définitive, si l’on en croit un Mémoire de Bénigne Vachet 59
46 , le succès de la thèse fut tel
qu’il fut décidé que Pinto irait à Rome en dédier une autre à Innocent XI. Cela se fit, dit-il,
au collège de la Propagande de la foi en présence du Saint-Père qui, contrairement à Louis
XIV, se déplaça pour l’événement 60
, ce qui reste à vérifier, car pas plus que le roi, les papes
n’assistaient ordinairement aux thèses.
47 Pour témoigner sa satisfaction à l’impétrant, le souverain se faisait représenter. En 1688,
pour Séraphin Crouzeil (cat. 120), il eut « la bonté de luy marquer son agrément, et de
l’asseurer de sa protection royale. Sa Majesté ayant donné ordre à Monsieur l’Archevesque
de Paris de tenir sa place durant la These. Ce Prelat y assista avec quantité de Personnes
d’un rang distingué 61 ». On sait que le duc de Saint-Aignan, capitaine des gardes, assistait
aux thèses au nom du roi : dans une lettre à Bussy-Rabutin, il indique qu’il se trouvera à
Paris où « des thèses dédiées au roi m’obligeront de me rendre 62 ».
Protocole et préséance
48 La présence de tant de personnalités issues de tant de corps différents obligeait au
respect d’un protocole plus ou moins bien réglé. Chacun était placé dans la salle selon son
rang, ce qui n’était pas chose aisée comme en attestent des incidents qui interrompirent
passagèrement ou même définitivement certaines soutenances 63
.
49 Les hôtes de marque étaient accueillis par les membres de l’université ou du collège : pour
la thèse de Pinto (cat. 109) en septembre 1685, les anciens docteurs allèrent chercher les
ambassadeurs du Siam à leur descente de carrosse et les introduisirent dans une salle
contiguë à celle de la soutenance. « Le plus ancien leur adressa un compliment pour le roi
de Siam qu’il remerciait pour la bonté qu’il témoignait aux docteurs missionnaires ; celui-ci
lui assura que le Roy leur Maître continuëroit de permettre à chacun le libre Exercice de la
Religion qu’ils professoient et principalement de la Religion Chrétienne 64
. » On les
emmena ensuite visiter l’église et la bibliothèque, puis ils entrèrent dans la salle de l’acte.
Le président fit leur louange dans son discours, et à la fin de la soutenance les docteurs les
reconduisirent à leur voiture.
50 Le protocole concernait aussi le candidat et ses condisciples. Le 29 février 1664, pour la
thèse de l’abbé de Bouillon dédiée à Louis XIV (cat. 46, fig. 4 ), Lefèvre d’Ormesson 65 note
que le répondant se couvrait parfois, ce qui avait été décidé en Sorbonne mais n’était pas
du goût des bacheliers de condition, dont Charles-Maurice
F igure 4. – Nicolas de Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau, Tèse
d’Emmanuel-Téodose de La Tour d’Auvergne , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 138.36 KB )
51 Le Tellier, qui pour cette raison décidèrent de ne pas disputer au grand mécontentement
de Turenne. L’affaire fit grand bruit. Amelot de La Houssaye en fait état dans ses Mémoires
historiques, politiques, critiques et littéraires :
« En 1664. L’Abbé de Bouillon, aujourd’hui Doyen du Sacré Collège, soutint sa
première thèse en Sorbonne, couvert : ce qui n’avoit jamais été permis qu’une fois
auparavant, sçavoir, à Monseigneur Armand de Bourbon, Prince de Conti. Toute la
différence […] est au premier argument, il répondit découvert, après quoi le Président
lui fit signe de se couvrir. En 1696, le 2 de Mars, Armand Gaston de Rohan, alors Abbé
de Soubise, aujourd’hui Evêque de Strasbourg, reçut le même honneur en Sorbonne,
en qualité de Prince, & comme tel fut apostrophé de Serenissime Princeps , par tous
ceux qui disputèrent contre lui. Honneur, dont il usa avec tant de modestie, de
douceur & de civilité, qu’il demeura presque toujours découvert durant son Acte. Je
parle de ce que j’ai vu, & dont chacun fut charmé 66
. »
52 Amelot de La Houssaye rapporte aussi le comportement belliqueux des abbés de Bouillon
et de Lorraine qui perturba le déroulement de la thèse de Charles Bouchard, présidée par
Roger O’Moloy :
« Bouillon qui étoit le premier, se mit à la première place, comme étant le plus qualifié
de la Compagnie, & n’attendant personne, qui pût s’asseoir au-dessus de lui ; mais
une demi-heure après, entre l’Abbé d’Harcourt, qui allant droit à lui avec ferme
résolution de le déplacer, lui dit ces mots, que j’entendis très-bien : Monsieur, j’ai bien
de la joie de vous rencontrer ici, & de vous voir en bonne santé [p. 118]. L’autre lui
répondit : & moi pareillement, Monsieur . Mais Harcourt, voyant qu’il ne quittoit point sa
place, le poussa tant soit peu du coude, & lui dit ces propres paroles ; Monsieur,
apprenez ce que vous devez à la Maison de Lorraine : À quoi Bouillon repartit d’un ton
plus élevé : La mienne ne lui doit rien, & ne lui cédera jamais. Là-dessus, un
Ecclésiastique qui accompagnoit Harcourt, fit poser un fauteuil de velours cramoisi si
près des genous de Bouillon, que celui-ci ne pouvant plus se remuer dans le sien, ni
souffrir d’être assis au dos de son concurrent, fut contraint de se lever, & de s’aller
asseoir au banc de celui qui présentoit les Thèses, c’est-à-dire, au bas de la chaire du
Professeur, où il resta un quart d’heure, puis se retira. Cela se passa, si je ne me
trompe, au mois d’Août de 1662. Je laisse à décider lequel des deux eut l’avantage.
J’oubliois de dire, que le bon-homme Omoloy les querella tous deux, trouvant très
mauvais que son Acte fût interrompu par une dispute de préséance 67
. »
53 Les relations entre candidats n’étaient pas toujours amicales. Ainsi, l’abbé de Choisy
rapporte que François de Harlay, archevêque de Paris, qui devait présider sa tentative
en 1664 (cat. 44), l’avertit que l’abbé Charles-Maurice Le Tellier, alors en licence, cherchait à
« démonter tous ses répondants » et que les docteurs lui préparaient « des bons
arguments ». Il lui conseilla de se battre vaillamment, ce qu’il fit si bien que « l’abbé Le
Tellier eut beau crier et demander justice au président, je criais aussi haut que lui, et soit
que j’eusse raison, les docteurs frappèrent sur les écoutes [les tribunes] et lui imposèrent
silence 68 ».
Panégyriques, harangues et odes
54 Avant que la soutenance proprement dite ne commence, on adressait souvent des odes et
des panégyriques, d’abord au dédicataire, puis au candidat et à sa famille. Selon le Mercure
galant 69
, lors de la thèse de philosophie de Michel-François Le Tellier (cat. 96) en
août 1681, « Monsieur de Louvois, père de ce jeune répondant, et Monsieur l’archevêque
de Rheims son oncle, faisoient les honneurs de l’Assemblée […]. Avant l’ouverture de la
dispute, le soûtenant fit une belle harangue en l’honneur du Roy, et la prononça avec une
grâce qui ne se peut exprimer ». Le panégyrique est ainsi résumé :
« Après avoir fait connaître qu’il pouvoit combattre avec confiance sous les auspices
d’un prince, à qui la Victoire avoit toujours obéi, il s’étendit fort sur sa modération. Il
dit, que cet Auguste Monarque avoit mieux aimé se montrer digne de commander à
toute la terre, que d’en acquérir l’Empire, et que préférant la gloire de rendre joyeux
tous les peuples à celle d’en triompher, il avoit sans peine interrompu des conquestes,
dont la suite auroit pû mettre en quelque péril la Justice, l’Innocence, la Religion et les
Beaux-Arts, qu’il avoit toujours cherché à faire fleurir. »
Ces préliminaires pouvaient être assez longs. Ainsi er 55 le 1 septembre 1668, la Gazette
indique que dans sa thèse au collège des Jésuites, le fils de Colbert (cat. 63) « commença
cette glorieuse action par un discours d’une demi-heure, qu’il fit à la louange de sa majesté
dans un latin également fort éloquent 70 ». Ces louanges étaient d’autant plus longues
qu’elles étaient en général composées de plusieurs discours. En 1692, pour les thèses de
l’abbé Louvois (cat. 128), Gros de Boze rapporte que les éloges « épuisèrent les
applaudissements de la cour et de la ville c’est-à-dire des gens de goût et des maîtres de
l’art et furent chantées dans plusieurs pièces de Poësies Grecques, Latines et
Françoises 71 ».
56 Le plus souvent, un étudiant prononçait d’abord un discours en l’honneur de l’impétrant.
Ainsi, lors de celle de Michel-François Le Tellier (cat. 96), le fils du conseiller Le Pelletier
ouvrit la dispute, après avoir fait « compliment au soutenant sur les avantages de son
illustre famille, qui a l’honneur de servir le Roy dans les charges et dans les affaires les plus
importantes de l’État avec la fidélité et le succès qui est sceu de tout le monde 72 ».
57 Dès le collège, les écoliers les plus brillants étaient entraînés à ces exercices. Ainsi, pour
celui d’un élève des pères de la doctrine chrétienne de Castelnaudary (cat. 126) qui dura
trois jours, le Mercure d’octobre 1690 indique : « Sa thèse étoit dédiée au Roy et à
l’ouverture & à l’issue de chaque séance, il a récité des vers à la gloire de cet illustre
monarque. Toute l’assemblée est toujours sortie avec une extrême satisfaction de ses
réponses 73
. »
58 Souvent des professeurs adressaient une ode, un compliment ou un panégyrique à
l’impétrant et à sa famille, qui étaient édités, et même réédités après la soutenance.
En 1864, dans son édition de l’ Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris de l’abbé
Lebeuf 74
, Hippolyte Cocheris a réuni celles qui concernent le collège de Navarre, qui n’ont
encore fait l’objet d’aucune étude spécifique. Pourtant ces « occasionnels », qui permettent
de comprendre les usages du temps, ont été parfois retenus par les biographes du roi.
Ainsi dans l’ Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles, emblèmes, devises, jettons,
inscriptions, armoiries… , Ménestrier relève par ordre chronologique les harangues et
discours prononcés au collège des Jésuites de Paris depuis 1638, qui servaient à « célébrer
tous les ans dans les Actions les plus solennelles, les grands évenemens de son Règne 75 ».
Pour l’année 1668, R il indique : « M . LE MARQUIS DE SEIGNELAY (cat. 63) dédia au ROY, en
laquelle Hercule remettoit sa Massuë à sa MAJESTÉ, […] Le P. De La Bretonnière sur un
Poëme latin sur cette thèse dont le titre étoit Hercules Gallicus 76
. »
59 Le Mercure mentionne parfois ces pièces de circonstance. Ainsi en 1679, lors de la
soutenance des frères d’Aligre (cat. 89), Jessé Le Duc, professeur d’humanités au collège
d’Harcourt, adressa au roi une ode latine sur la guerre de Hollande et la paix de Nimègue
qui la « terminait heureusement 77 ». Il arrivait que plusieurs odes fussent prononcées
pour une même soutenance. En 1680, Jean Le François, proviseur du collège d’Harcourt, en
dédia une à Jean-Baptiste Colbert de Croissy (cat. 92) : In iconem Lud. Magni pacifici, cum
sub ejus auspiciis theses philosophicas propugnaret … Joannes Bapt. Colbert de Croissy, in
Harcurio, id. sept. ann. 1680 . De même en 1668, Esprit Fléchier traduisit les vers latins
d’Antoine de La Bretonnière pour L’Hercule françois, ou L’explication de la thèse dediée au roy,
par le marquis de Seignelay et de Lenglet adressa une ode au candidat, Illustrissimo Viro
Domino D. Joanni-Baptistae Colbert . En 1684, après la soutenance des fils de Louvois (cat.
102), parut un opuscule de quatre pages in-folio offert au ministre : Ad illustrissimum virum
Franc. Michaelem Le Tellier, marchionem de Louvois… cum ejus filii Ludovicus Nicolaus et
Ludovicus Franciscus… Teses philosophicae propugnarent in collegio Harcuriano .
60 Autant que le Mercure , Le Journal des sçavans s’intéresse à ces publications. La livraison
du 8 septembre 1692 indique que lors de la thèse de philosophie de Camille Le Tellier
soutenue au collège Mazarin, « M. le Coite professeur en humanitéz au collège Mazarin a
adressé à M. de Louvois une ode 78 » de quatre pages in-octavo, publiée sous le titre
Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae praeposito, cùm theses
philosophicas in collegio Mazarinaeo … Elle est ornée d’un bandeau gravé sur cuivre pour
l’occasion, montrant les muses au pied du Parnasse, avec parmi elles une femme
couronnée tenant un flambeau et le génie de la philosophie posant une couronne d’étoiles
au-dessus des armes des Le Tellier placées sur un autel au chiffre de Camille.
61 De telles odes étaient également adressées au roi. L’auteur du Mercure ajoute, à propos de
la thèse de Camille Le Tellier, que « M. Morain Professeur de Rhétorique du mesme collège
en a adressé une autre au roi sur le même sujet ». Cette ode, de cinq pages in-quarto 79
,
est ornée d’un bandeau anonyme représentant deux femmes incarnant les arts et les
sciences, assises dans la cour d’un palais, tenant les armes de France dans un cartouche
entouré des colliers royaux et surmontées d’une couronne royale ( fig. 5 )
80
. Selon le
Mercure , « M. Saulmon, bachelier en théologie, a aussi publié un petit poème en vers
hexametres ». Est-ce celui-ci ou celui de Rollin que Michel Germain et Mabillon envoyèrent
er
le 1 septembre 1692 à Antonio Magliabechi, bibliothécaire de la bibliothèque palatine de
Florence en lui annonçant « une poésie choisie entre plusieurs qui ont été faites à
l’honneur de M. l’abbé de Louvois, lorsqu’il soutenait des thèses de philosophie avec une
merveilleuse capacité 81 » ?
F igure 5. – Anonyme, Ode de N. Morain, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum
Namurcum illustrissimis , page de dédicace, 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 143.52 KB )
62 Lors de la soutenance de sa thèse de philosophie au collège d’Harcourt en 1666, on
adressa à Augustin Servien (cat. 56) une ode intitulée : Illustrissimo Dom. D. Augustino de
Servient Abbati cum Philosophiae Teses, inscriptas dicatasque Regi, publicé propugnaret .
En 1678, pour la thèse de philosophie de François du Montal de Montsaulnin au collège du
Plessis-Sorbonne (cat. 87), C. Veugny écrivit une ode au roi sous le titre Ludovico Magno
cum ejus auspiciis laurea artium donaretur nobilissimus abbas Franc. de Montsaulnin du
Montal, In Sorbonae-Plessaeo, die 21 Aug. 1678. Signalons également les morceaux récités
au collège d’Harcourt en 1679 à l’occasion de la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), et
notamment l’ode de Le Duc déjà citée.
En 1682, pour la thèse de l’abbé de Lorraine au collège du Plessis-Sorbonne 82
63 , parurent au
moins deux pièces de vers, l’une de Marc-Antoine Hersan, professeur de rhétorique,
intitulée Serenissimo principi Francisco Armando abbati a Lotharingia theses philosophicas in
collegio Sorbonae-Plessaeo defendit. Carmen , l’autre de Simon Cordier, Ad serenissimum
principem Franc. Armandum, abbatem a Lotharingia, cum suas theses philosophicas
propugnaret et artium laurea donaretur in Sorbonae-Plessaeo .
64 Bien qu’on n’en ait que de rares témoignages, il est possible que, comme c’était le cas à
Rome, les soutenances furent agrémentées de musique 83
. Dans une lettre écrite en 1665 à
propos d’une thèse poitevine censurée, un auteur anonyme indique que « les Jésuites font
tous les ans fanfare avec les tambours, trompettes, & autres instrumens, pour faire
soutenir des thèses, & prendre des degrez à leurs philosophes 84 ». Ainsi à Poitiers
toujours, en 1687, après la soutenance, les écoliers précédés des trompettes et des
hautbois allèrent chez l’intendant « lui porter en pompe la thèse de satin, où était le
portrait du Roy 85 ». En 1695, au collège des Jésuites de Bordeaux, pour une thèse dédiée
au comte de Toulouse, fils légitimé du roi, « il y eut des violons qui jouèrent avant qu’on
commençât la dispute, et qui jouèrent aussi après le troisième argument 86 ».
65 Lorsqu’il s’agissait de célébrer un moment important de la vie de la nation, de la cité, du
collège ou de la congrégation, parmi d’autres cérémonies, la thèse était un moyen de
s’assurer la protection royale. Célébration publique, la soutenance obéissait à un rituel
invariable qui concourait à l’éclat des réjouissances. La solennité du lieu, la somptuosité du
décor, la présence du portrait du roi et du dais, les costumes des professeurs, des
étudiants et du candidat, en faisaient un moment inoubliable, que la présence d’un public
titré – princes, nonces, ministres, évêques et cardinaux, cours constituées – enrichissait
encore. Ce rituel s’apparente à ceux que décrit Pierre Zoberman à propos des discours
prononcés à l’Académie française, dans les académies de province, dans les parlements, à
Paris comme en province. Assister aux harangues prononcées par le parlement ou par
l’Académie est un devoir, comme assister aux thèses. Le nombre important des harangues
et des odes conservées en atteste, qui associaient le public aux louanges adressées au roi
et permettaient à chacun de marquer son « zèle monarchique 87 ».
Notes de bas de page
1 D urand de M aillane 1761, t. II, p. 241.
2 L a V ergne de T ressan 1670-1671, t. II, p. 4.
3 Ibid ., t. II, p. 203.
4 Ibid. , t. I, p. 179.
5 Paris, [Warin], 1700.
6 Voir les notices biographiques du catalogue et la table des candidats.
e e 7 Pour comparaison sur les origines sociales des étudiants entre xvi et xviii siècle, voir
le tableau proposé par D. Julia dans C ompère , J ulia et C hartier 1976, p. 338 et 339.
8 D ainville 1978 ; C ompère , J ulia et C hartier 1976.
9 S aint- M aurice 1910, lettre LXVI, p. 218.
10 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 580. La thèse n’a pas été retrouvée ; nous ignorons qui en
était le dédicataire.
11 D angeau 1854-1860, t. I (1684-1686), p. 201.
12 Collection des procès-verbaux des assemblées-générales du clergé … 1772, p. 625 (cat.
108).
13 BNF, Mss, Mélanges de Colbert 161, fol. 1-3. La transcription est donnée ici sans les
abréviations.
14 M eyer 2005, p. 19 ; archives départementales de la Vienne, EE.
15 AN, MC, ET/LXXIII, 356, fol. xxix .
16 AN, MC, ET/LXXIII, 382, fol. xix , « en présence de Mes Jacques Henequin, Jean Bernard
et Antoine Levesque, docteurs en théologie de la maison et collège de Sorbonne ».
17 D elage 1913, p. 108-109.
18 Mercure galant , août 1679, p. 210.
19 Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne … 1690. Non
retrouvé, mais retranscrit pour l’essentiel dans P alys 1890, p. 220-221 (Dinan, bibliothèque
municipale, G 102).
20 M eyer 1999, p. 193-213.
21 Relation des réjouissances… 1687. IFF Cundier 3 et Z oberman 1998, pl. 1, p. 321.
22 Pour plus de détails, M eyer 1993 et 1999.
23 Mercure galant , août 1681, p. 114-120.
24 Ibid. e , janvier 1687, 2 partie, p. 214-224.
25 Ibid. , février 1686, p. 52-54. Il s’agit de Louis III de Bourbon-Condé (1668-1709).
26 Voir bibliothèque Mazarine, 4°A 11192-17 o : 2 feuillets au format in-8 , pièce 28,
« RELATION/D’une Fête solemnelle, que les Augustins Déchausséz de Marseille/ont
celebrée à l’honneur du Roy pour le rétablissement/ de la Santé de Sa Majesté ».
27 On ajouta un second portrait du roi posé sur un tapis de Perse dans le fond de
l’église ; un autre, du roi à cheval « de la façon de Mr. Le Brun » était placé sur la façade
couverte de trois grands tapis de damas cerise rehaussés de fleurs de lys et du double L.
28 Mercure galant , septembre 1695, p. 139.
29 Mercure galant , août 1700, p. 143-150. Pour le portrait : IFF 388.
30 Ibid. , novembre 1681, p. 320-323.
31 Les continuateurs de Loret 1881-1899, lettre du 3 mars 1671, par Mayolas, non paginé :
« La Salle estoit à double rang/ (Afin d’en cacher tout le blanc)/Parfaitement bien tapissée, /
Et fort pompeusement parée. » Le dédicataire est Maximilien-Henri de Bavière
(1621-1688).
32 M eyer 1999, fig. 1 et 5, p. 193-213.
33 Signalons le titre évocateur de la Réfutation des thèses erronées d’Anthoine Villon, dit le
soldat philosophe, & Estienne de Caves médecin chymiste, par eux affichées publiquement à
Paris, contre la doctrine d’Aristote le 23 aoust 1624, à l’encontre desquelles y a eu censure de la
Sorbonne, & arrest de la cour de parlement… par Jean-Baptiste Morin , Paris, chez l’auteur,
1624. Voir par exemple F raenkel 1977.
34 M arboutin 1927.
35 Paris, J. Collombat, 1697, p. 57.
36 Par le S r. J. C. Amsterdam, 1683, p. 99 (Paris, le 5 juin).
37 La dédicace était ainsi rédigée : « Aux Peres & vrais Protecteurs/Seuls legitimes
Directeurs, /De nôtre Galicane Église. » Ni la gravure ni la thèse n’ont été retrouvées.
38 R apin 1865, t. I, p. 528-529. La scène se passe vers 1653.
39 Gazette , 10 juillet 1646, p. 603.
40 À propos du panégyrique au roi de l’abbé Tallemant le 25 août 1673, voir
Z oberman 1998, p. 44 et le Mercure galant , 1674, t. VI, p. 63.
41 Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague … 1612, p. 52.
42 L oret 1652-1665, 13 juillet 1658, p. 500.
43 Mercure galant , juillet 1687, p. 214-220.
44 Ibid. , juillet 1684, 314-325.
45 Ibid. , février 1701, p. 188.
46 Ces propos sont proches de ceux qu’analyse Z oberman (1998, p. 44 notamment).
47 Mercure galant , août 1679, p. 202-211.
48 Gazette , 8 septembre 1663, p. 867.
49 er R obinet de S aint- J ean , 1 août 1667, t. II, p. 849.
50 Gazette , 27 août 1661, p. 116.
51 Gazette , 10 février 1663, p. 143.
52 Gazette , 8 mars 1664, p. 227.
53 S aint- M aurice 1910, lettre LXVII, p. 219.
54 Gazette er , 1 septembre 1668, p. 914.
55 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 555.
56 Ibid. , p. 622. Les sabatines , ainsi nommées parce qu’elles étaient soutenues le samedi,
sont rarement illustrées. Nous ignorons si celle-ci le fut. Cependant, l’inventaire, dressé
le 31 août 1687 à l’occasion du mariage de François-Gérard Jollain avec Anne Miret,
mentionne à l’item 69 : « Plus deux cents planches propres pour faire des sabbathines à
juste prix » (L othe 2005).
57 S aint- S imon 1982-1988, t. VIII (1721-1723), p. 28. La thèse était dédiée à Chamillart luimême.
58 L aunay 1920, t. I, p. 185.
59 Ibid .
60 Communication orale de Louise Rice (2013).
61 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-58.
62 B ussy- R abutin 1857-1859, t. V, p. 189.
63 M eyer 1993, p. 83-86.
64 L aunay 1920, t. I, p. 186.
65 L efèvre d ’O rmesson 1861, p. 104.
66 A melot de L a H oussaye 1737, t. II, p. 116-117.
67 Ibid. , p. 117-118. La thèse en question n’a pas été retrouvée. On ignore à qui elle était
dédiée.
68 C hoisy 1727, p. 452.
69 Mercure galant , août 1681, p. 114-120
70 Gazette er , 1 septembre 1668, p. 914.
71 B oze , G oujet et T allemant 1740, t. II, p. 140, « Éloge de M. l’Abbé de Louvois ».
72 Mercure galant , août 1681, p. 114-120.
73 Ibid. , octobre 1690, p. 84.
74 L ebeuf 1863-1870, t. II (1864), p. 34-38.
75 M énestrier 1693, p. 77-78.
76 L a B retonnière 1668.
77 L e D uc 1679 ; B ouquet 2010, p. 311. Par la suite, Jessé Le Duc fut docteur en droit civil
et canon.
78 Journal des sçavans , septembre 1692, p. 419-420.
79 M orain 1692.
80 Le livret est encore enrichi d’une lettre grise, un F se détachant sur les instruments
des sciences.
81 M abillon , M ontfaucon et Q uesnel 1846, t. II, p. 340. On ignore le nom du poète et le
titre du poème.
82 La thèse n’est pas dédiée au roi, voir cat. 108.
83 A llegri 1984, p. vii-xxii . Nous n’en connaissons qu’un exemple, une thèse soutenue à
Arles, dédiée à Marie Leszczyńska, pour laquelle l’Académie de musique de la ville
composa un air à jouer en ouverture de la dispute (voir M eyer 1993, p. 82).
84 Tèse des Jésuites de Poitiers… 1665.
85 F oucault 1862, p. 190.
86 Inventaire sommaire… 1901 (de Saint-Seurin, 22 août, p. 17). Voir ici l’ann. II. B-1.
87 Z oberman (1991, p. 646) souligne également que les panégyriques consacrés à Louis
XIV « se multiplient dans tous les contextes, mais encore son éloge apparaît dans les
discours les plus variés, dans toutes les institutions et dans toutes les occasions ».
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre II. La soutenance Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Première partie. La thèse : l’université... Chapitre III. L’illustration des thèses...
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre III. L’illustration des thèses Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre III. L’illustration des thèses
p. 51-88
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Les premières thèses françaises illustrées datent du début du xvi e siècle 1
1 , mais sont
livre exceptionnelles. Si elles sont plus nombreuses après 1580 2
, il faut attendre les
années 1625-1630 pour que le recours à l’illustration s’impose en France. Pourtant, on sait
qu’en juin 1599 il fut permis aux étudiants du grand couvent des Franciscains de Paris
d’orner leurs thèses et de les distribuer au public 3
. Preuve de l’importance de l’illustration,
Table des matières
en 1612, lors du chapitre général de Rome, les Statuta generalia pro utraque Familia
mettent en garde contre le luxe de l’ornementation 4
. Cette pratique, qui s’était rapidement
Citer répandue en Italie puis dans les pays germaniques, ne semble être parvenue en France
que plus tardivement 5
. Cependant, l’habitude prise, l’utilisation de la gravure devint si
Partager répandue que le 1 er octobre 1648, un mandement de discipline scholastique de Godefroy PDF du
Hermant, recteur de l’université de Paris, rendu public le 6 octobre à tous les collèges par chapitre
assemblée aux Mathurins, stipule que l’ornementation doit retrouver son ancienne Plan
simplicité et que les positions devraient être dépourvues d’encadrement, faute de voir la
thèse rejetée 6 Suggérer
. En 1665, le chapitre provincial de l’ordre des Franciscains ordonna que les
Plan détaillé l’acquisition à thèses soient rédigées « sur une simple feuille de papier sans aucun ornement ». votre bibliothèque Texte intégral
Le placard et le livret Le placard et le livret
La dédicace et ses raisons d’être Auparavant manuscrites, les thèses furent imprimées dès e Acheter 2 la seconde moitié du xvi siècle,
Les cadres qu’elles soient illustrées ou non. Selon les facultés, elles sont imprimées sous forme
La réception Édition d’affiche (ou placard) ou de livret, avec un texte de même étendue. Sur les cent trente-six imprimée
Notes de bas de page thèses recensées, seules cinq sont en livret in-octavo 7 et une en livret in-folio, pour le
prince de Turenne en 1679 (cat. 91, fig. 6 ), dont exceptionnellement toutes les pages sont Presses
universitaires Aller en haut de page illustrées.
de Rennes
Aller en bas de page 3 La première grande thèse allégorique en placard en rapport avec la France fut soutenue
amazon.fr au Collège romain en 1606. Gravée par Villamena en hommage à Henri IV ( fig. 7 ), elle
decitre.fr
montre le roi en armure, à cheval dans un temple, brandissant le foudre pour terrasser le
mollat.com
Vice, l’Hérésie et la Discorde, et délivrer la Vérité assaillie par le Mal. Le graveur Karl leslibraires.fr
Audran s’en inspira pour une thèse dédiée à Louis XIII 8 à Lyon en 1622 ( fig. 8 ). placedeslibraires.fr
1 La thèse de médecine de Thomas Roch soutenue à Montpellier date de 1501. La vignette sur lcdpu.fr Avant même qu’elles ne soient illustrées, les thèses firent l’objet de dédicaces 9
4 , dont
bois anonyme qui agrémente le livret montre un pèlerin assis qui observe les étoiles
(Dl u’luiseaug e1 9s8e6 , répandit en France à partir de 1610. Le choix de l’illustration dépendit bientôt du p. 65 ; in-quarto, BNF, Tolbiac, FC012). On ne connaît aucune thèse illustrée à Paris ePub / PDF
avdaéndti c1a6t0a4i re(.th èse de médecine de Georges Arbaud o : BIUM, Ms. 74, n 358).
2 Vient ensuite la thèse de théologie en livret de Charles de Lorraine-Vaudémont chez les La dédicace et ses raisons d’être Jésuites de Pont-à-Mousson en 1580, ornée d’une devise à l’eau-forte. Mais nous sommes en
Lorraine. Suivent en 1589, 1590 et 1591 trois thèses de théologie en placard soutenues à Orthez, 5 La place de la dédicace est donc essentielle. Ne dédie pas qui veut sa thèse au roi. Il faut
ornées d’armoiries gravées sur bois. Celle de 1591 réutilise la planche de 1590 (L avagne 1996, p. en1 97f,a irOer thlae z,d enm oa n10d)e. .N ouAisn sri emeenr c1i6o8n7s, Ml.’ adre chVeriveêsq, uceo ndsee rvPaartiesu,r Fàr alnaç obiibsl idoet hèHqaurel ayu,n ivaevrasiitt aire
demandé au roi de la part des messieurs des Missions étrangères la permission de lui
dédier la thèse que le jeune Siamois Antonio Pinto devait soutenir à la Sorbonne 10
. Rien
n’était laissé au hasard car la dédicace mais aussi l’image sortaient de la salle des thèses,
pour perpétuer l’hommage rendu. Le contrôle de l’iconographie par le pouvoir ne fait pas
de doute, même dans le cas des portraits ; il semble que le choix du graveur ne soit pas
indifférent car on ne trouve dans ce corpus aucune estampe médiocre.
6 Preuve de leur importance, pour obtenir le pardon du roi pour des offenses passées, les
parlements lui dédièrent plusieurs thèses par l’intermédiaire des collèges de Jésuites 11
. De
même, la faculté de théologie de Paris, par l’intermédiaire de son recteur Pierre Berthe,
trouva ce moyen le 20 septembre 1685 pour l’assurer de sa fidélité et de son respect des
doctrines gallicanes. Selon le Mercure du mois d’octobre 1685 :
« Le 2 septembre M. Berthe, Recteur de l’Université, alla à Versailles, accompagné des
procureurs des quatre nations, des Doyens des Facultez, et de tous les autres officiers
qui représentent ce corps. Ils se revetirent de leurs habits de cérémonie dans l’un des
Appartemens du Chasteau, où M. Colbert de Croissy vint les prendre pour les mener
à l’audience du Roy. M. Berthe présenta à sa Majesté une thèse en manière de
Tableau avec une bordure 12 … »
F igure 6. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de philosophie de Louis de La
Tour d’Auvergne , page de titre, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 156.44 KB )
F igure 7. – Francesco Villamena, Tèse de Robert Fidèle d’Arimini dédiée à Henri IV , 1606.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 218.88 KB )
F igure 8. – Karl Audran, Tèse de Pierre Sève dédiée à Louis XIII , 1622.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 214.12 KB )
7 Dans sa harangue retranscrite par l’auteur du Mercure , il souligne que « l’Université vient
de la maniere la plus solennelle rendre à Vostre Majesté les soûmissions qui luy sont
deuës ». Puis il célèbre la piété royale : « jamais aussi l’Église n’eut un si Zélé & si puissant
Protecteur ». N’est-ce pas lui qui « met enfin au tombeau cette indomptable Heresie, qui
estoit née sous le Regne des Rois vos Prédecesseurs » ; il proclame également sa grandeur
et sa toute-puissance : « où trouvera-t-on un Regne semblable au vostre ? Vostre Majesté
nous montre en son auguste Personne le Prince & le Héros parfait, que l’idée n’avoit
encore sceu peindre ». Il lui témoigne l’amour et la profonde dévotion de l’université :
« Nous cherchons à signaler nostre zele pour la gloire de Vostre Maiesté. LOUIS LE
GRAND est à la teste de tous nos discours ; il consacre sans cesse & nos bouches &
nos plumes, il occupe continuellement nos reflexions & nos études. La première leçon
que nous donnons dans nos Ecoles à la Jeunesse de son empire, c’est de lui
apprendre la fidélité inviolable qu’elle doit au meilleur & au plus grand Prince qui fut
iamais. »
8 Il conclut : « semblable encore en cela au Soleil, qui par un de ses rayons rendoit à cette
fameuse Image de l’antiquité le mouvement & la vie, vous nous ferez revivre par un seul
de vos regards ». L’auteur du Mercure fait ainsi connaître la soumission de la faculté de
théologie, la puissance et la bonté du roi, et remarque : « Sa Majesté parut estre fort
contente du discours de Mr. Berthe, & luy fit l’honneur de luy donner des Marques de son
estime & de son affection, tant pour le Corps que pour sa personne particulière. » Ensuite,
accompagné de l’archevêque de Paris, et de ses collègues, Berthe alla chez le Dauphin, la
Dauphine, le duc de Bourgogne, le duc d’Anjou, Monsieur et Madame et « les harangua
d’une manière qui luy attira l’applaudissement de toute la Cour » (cat. 110).
9 De toute évidence, Louis XIV appréciait ce genre d’hommages. À propos de la thèse de
l’abbé de Louvois (cat. 128), le Mercure d’août 1692 indique :
« Le Roy qui se connoist parfaitement en beaux ouvrages, receut cette Thèse comme
elle le mérite, et la fit attacher dans sa chambre avant qu’elle fut publique, afin que
ceux qui temoignèrent de l’empressement pour le plaisir de la voir pussent satisfaire
leur curiosité. Toute la cour en a félicité M. Mignard [qui en avait donné le dessin] 13
. »
La dédicace imprimée ou gravée
10 De la première thèse dédiée à Louis XIV à la dernière, tous les candidats en appellent à sa
protection et lui présentent leurs travaux comme un modeste hommage.
Le 29 janvier 1654, Jacques Ladvocat (cat. 21, fig. 9 ) lui dédie sa tentative et alors que les
positions sont en latin, il s’adresse à lui en français :
« AV ROY/SIRE/Si la Théologie n’estoit jamais sortie du sein de Dieu, elle n’aurait pas
besoin d’autres protec=/ tion que de son merite, l’éclat de sa gloire suffiroit pour
accabler to[us] ceux qui l’aprocheroient avec trop peu de respect, ou /trop de
curiosité, mais come le Fils de Dieu s’estant chargé de nos infirmitéz en sa chaire
immortelle esleve d’autres ho[m]me à la participation de sa puissance… »
F igure 9. – Abraham Bosse, Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat , 1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 161.98 KB )
Plus loin, il rappelle l’alliance privilégiée des rois avec Dieu : 11
« qualifiez, très chrétiens et fils aynés de l’Église, qu’ils ont du ciel une alliance
éternelle et que par l’onction d’un baume de miracle ils recouvrent la pleinitude de
l’esprit de Dieu po[ur] leur conduite... »
Puis il évoque les difficultés intérieures du royaume : 12
« V[o]t[r]e naissance malgré les bornes de son infirmité naturelle a rendu V[o]t[r]e
nom admirable et a peine pourriez vo[us] prononcez celui de cette incomparable
reine qui vo[us]’ a doné la vie que vos enemis ont été dépouillez de leurs conquestes
et de leurs trophées. Est-ce pas à l’exemple du fils de Dieu que vous n’avez point de
plus douce complaisance qu’en l’admiration d’une Justice toute royalle qui vous fait
agir incesament a l’advantage des foibles et des infortunez, et qui seule obtient du
ciel la confusion de tous ceux a qui la témérité met les armes à la main contre votre
couronne. »
13 Est-ce en raison du jeune âge du roi que la dédicace est en français ? Le fait est inhabituel
surtout pour une thèse de théologie, lorsque la dédicace n’est pas adressée à une femme.
Ou est-ce pour être compris de toute l’assistance ? C’est probable, puisque l’auteur y
évoque la toute-puissance du roi et, par allusion aux troubles de la Fronde, l’obéissance qui
lui est due. Comme tous les candidats, Ladvocat en appelle à la protection royale :
« Tous mes deffauts se trouvent abysmez dans l’immensité de ses splendeurs et
l’éclat de vostre royale Person[n]e, et [qu’ils] ne me facent point juger indigne d’en
deffendre publiquement les veritez n’y d’estre recognu de V[o]tre Maj[es] .te pour son
très humble. »
14 Par exceptionnel, la thèse de Charles Amelot (cat. 42) a été gravée en 1663 avec deux
dédicaces, l’une en français, l’autre en latin selon les tirages. De nouveau, la dédicace est
un panégyrique :
« SIRE, J’apporte aux pieds de Vostre Maiesté les premiers fruits de mes estudes ; ce
n’est pas un présent que ie luy fait ; car quel présent serait-ce pour le plus grand et le
plus sage de tous les Roys, qu’une philosophie naissante, et qui ne s’explique encore
qu’avec peine. C’est un hommage que ie luy rends ; et l’hommage SIRE, consiste
ordinairement en des choses très petites en elles mesmes, qui sont toutefois des
marques solennelles d’une parfaite soumission et d’un profond respect. »
15 Plein d’adoration, Amelot compare alors le roi à Dieu et sa thèse aux offrandes qui lui sont
faites. Il souligne sa bonté à l’égard de ses sujets :
« C’est ainsy que nous faisons des offrandes à Dieu, qui n’a pas besoin de nos
richesses. Quoy que sa gloire soit infinie, il ne refuse pas néanmoins la louange des
Enfans, & encore que sa Toute puissance soit la source et la plenitude de toute sorte
de biens, il ne méprise pas toutefois les fleurs dont on parfume ses autels. Dieu
voulait de l’ancienne loy des victimes de sang dans les sacrifices, il ne nous demande
aujourd’huy que l’Esprit et le coeur. Ainsy on se faisait autrefois connoistre de votre
Maiesté dans quelque assaut ou dans une bataille ; et nos suiets ne se trouvaient
iamais plus heureux ; que lorsqu’ils s’immoloient à vostre gloire comme des victimes
sanglantes. »
16 La comparaison avec les offrandes de l’ancienne loi permet à Amelot de souligner les
actions bienfaisantes du roi dont les vertus assurent la paix et le bien-être de ses sujets :
« Mais maintenant que la Paix (que la terreur de vos armées a donnée a vos suiets),
fait refleurir les lettres et tous les beaux-arts ; les combats des Philosophes peuvent
ne pas déplaire à Vostre Maiesté. Nos écoles en sont le champ, nos raisonnemens
sont nos armes, & la verité qui est nostre conqueste, est la victoire pacifique dont
nous pouvons honorer votre gloire. C’est à votre maiesté que nous devons un repos si
assûré, que sa prudence rendra sans doute éternel. Mais nous devons à sa bonté, la
respectueuse liberté que nous prenons de luy parler des Ecrits de nostre jeunesse. Ils
pourront Sire, estre suivis un jour d’un travail plus solide, qui témoignera a Vostre
Maiesté avec combien de Zele et de veneration ie suis de Vostre Maiesté le tres
humble et très obeissant, et très fidèle suiet & serviteur. C. Amelot. »
17 De tels panégyriques ne sont pas réservés au roi. En 1666, dans la table de la Somme
dédicatoire qu’il dresse à la fin du Roman bourgeois 14
, se moquant des pauvres espérances
perdues de bon nombre d’auteurs, Furetière note ironiquement : « Que les Eloges
immodérés sont de l’essence des épitres dédicatoires. Avec la preuve expérimentale que
l’encens qui entête le plus est celui qui est trouvé le meilleur, contre l’opinion des médecins
droguistes » (tome IV, chapitre 2), ou encore : « Si un auteur qui aura donné à son mécénas
la divinité ou l’immortalité doit être deux fois mieux payé que celui qui l’aura seulement
appelé demi-dieu, ange ou héros » (chapitre 7). Parmi les dédicataires, Furetière ne
manque pas de signaler ceux des thèses (chapitre 20).
18 Cette adulation pour le roi répond à la littérature encomiastique du temps, qui connaît un
grand développement durant les années 1663-1678 15
. En 1668, la dédicace de Colbert de
Seignelay contient un compliment hyperbolique sur le thème de sa sagesse et de sa
supériorité : « REGI. Descendis e triumphali curru, Rex inuictissime » (cat. 63). Ces propos se
retrouvent dans la longue dédicace en français qui accompagne les thèses de
mathématiques défendues par Jacques Symon chez les Jésuites de Marseille en octobre
1686 (cat. 113) : « tout le monde admire cette Religion, cette Sagesse, cette Valeur, ce
Génie vaste & sublime, & toutes ces rares qualitez qui rendent V. M. le Monarque le plus
accomply qui fut jamais ». De même que Charles Amelot en 1663, Symon espère que « sa
foible voix ira jusqu’à ses oreilles » et ajoute : « Le plus grand des Rois à qui tant de vertus
diverses asseurent l’immortalité, doit s’attendre à voir tous les âges empressez à luy
rendre leurs hommages. » On retrouve aussi des propos souvent entendus dès les
premières thèses : « C’est Sire, cette partie de vôtre Eloge que j’ay crû d’être capable de
soûtenir. » C’est là un des fondements des dédicaces : le mécène doit protection au
dédicataire 16
. Symon célèbre les écoles « ouvertes aux officiers de ses Armées Navales,
pour les disposer à vaincre autant par la raison & le sçavoir, que par l’expérience & la
valeur. Un des Maistres Hydrographes qu’Elle entretient dans ces Ports a étendu jusqu’à
moy le zèle qu’il a pour former dans son employ de dignes sujets du plus admirable, & tout
ensemble du plus aimable des souverains », et de conclure en ajoutant :
« Je dois à V[otre]. M[ajesté]. tout ce que j’ay appris de Mathématiques. La
reconnaissance m’a engagé à offrir à Elle-même le détail de ce que je luy dois ; & dans
l’épreuve que je vais faire de mon travail, ma foiblesse avoit besoin de sa Roïale
Protection : ie succomberois sans doute si je ne voyois à la teste de mes Propositions
ce Nom Auguste, qui a commencé, qui a remporté tant de victoires [...] & déjà les
Figures, les Nombres, les Proportions dont je me suis remply l’esprit, m’ont convaincu
qu’il n’y a sur Terre que les Vertus & la Gloire de V.M. qui soient sans formes, & que
tous le mérite des autres Princes est infiniment éloigné du sien 17
. »
19 Ainsi, comme le recteur Berthe le proclamait dans sa harangue au roi à Versailles (cat.
110), Louis XIV a inspiré la thèse. Sans lui elle n’existerait pas. Il est donc naturel qu’il la lui
offre et c’est là un poncif dans la littérature depuis le xvi e siècle : citant l’exemple de la
dédicace d’Horace par Corneille à Richelieu 18 en 1640, Roger Chartier rappelle qu’elle était
une figure classique de la rhétorique. Certaines étaient directement tirées des textes
anciens. Ainsi, comme le précise Claude-François Pellot (cat. 81), son « LVDOVICO MAGNO
Quo nihil majus, meliusque terris Fata donauere, unique diui Nec dabunt » vient des Odes
d’Horace : « En comparaison de quoi les Dieux propices n’ont rien donné à la terre de plus
grand ou de meilleur et ne donneront rien quand même les temps reviendraient à l’âge
d’or antique 19
. » La démarche de l’étudiant n’est pas différente de celle de l’écrivain
présentant son livre au dédicataire et espérant en retour attirer sa bienveillance. Certains
venaient tout exprès à Versailles pour donner au roi l’explication de leur thèse 20
.
20 Rien n’était laissé au hasard. Pour celle du prince de Turenne (cat. 91) adressée au roi
en 1679, les devises furent inventées par les pères Ménestrier et de La Rue et l’épître
dédicatoire rédigée par le père Nepveu. Une dédicace mûrement réfléchie pouvait occuper
plusieurs savants.
La dédicace gravée sur l’encadrement
21 À partir des années 1660, les étudiants qui s’adressent à Nanteuil pour un portrait font
inscrire leur nom sur le cuivre suivi de la mention offerebat . Il semble que le graveur soit à
l’origine de cette pratique que l’on trouve plus rarement sur les portraits gravés par
d’autres artistes 21
. Cette mention a d’abord été utilisée pour célébrer les plus hauts
personnages de l’État 22
, et à partir de 1669 23 sur les portraits du roi. Dans de rares cas, les
étudiants précisent le motif de la dédicace. Par exemple, au bas du portrait utilisé par
Jules-Paul de Lionne (cat. 41) apparaît : « Se, vltimas licentiae theologicae theses/vouet, et
consecrat./Humillimus Subditus Julius Paulus de Lionne. » La mention offerebat s’ajoute à la
dédicace qui apparaît au haut des positions, mais lorsque la gravure sera imprimée sans
les positions, elle renouvellera et pérennisera l’hommage en assurant la célébrité au
dédicataire 24
.
22 La dédicace placée au haut des positions était en général assez étendue, surtout pour les
thèses de philosophie. Un bachelier nommé Fauvel ayant mis un compliment ridicule à la
tête d’une thèse dédiée au futur cardinal de Retz, la faculté de théologie fit un décret qui
défendit dorénavant d’adresser aucun compliment aux dédicataires des exercices de
théologie. Selon Amelot de la Houssaye, « ce règlement s’est toujours observé depuis avec
tant d’exactitude, qu’on ne l’a pas même négligé dans les thèses dédiées au Roi. Ce qui fait
beaucoup d’honneur à la Sorbonne 25 ». L’incident se passa pendant la Fronde, alors que
Jean-François-Paul de Gondi n’était encore que coadjuteur, donc avant 1652. Cependant
cette règle ne fut pas appliquée immédiatement. La tentative en Sorbonne que Jacques
Ladvocat dédia au roi en 1654 portait une longue dédicace en français de dix-huit lignes
très serrées, où le candidat l’appelle à défendre la théologie, car Dieu s’appuie sur les
trônes légitimes qui « reçoivent de lui tout ce qui les fait regner » (cat. 21, voir fig. 9 ).
23 À partir de 1663 et jusqu’à la fin du règne, les dédicaces des thèses de théologie adressées
au roi se limitent à son nom. Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) 26 se contenta du mot
REGI 27
. Mais le titre de la thèse permettait souvent de proclamer les vertus du roi. Celle de
Le Tellier pose ainsi la question : « Quis est magnus consilio et Incomprehensibilis Cogitatu ?
Jerem. 32 » (« Qui est grand en conseil et impénétrable en pensée ? »).
24 Pour une thèse de théologie, montrer le roi sous la protection de la Divine providence est
bienvenu. Dans La muse historique , Robinet remarque :
« Ayant leu la THEZE ma foy
Très-belle & Dédiée au Roy
Duquel, comme un Astre PROPICE
Le Portrait est au frontispice
Et qui sur le sujet vient bien
Etant d’un PRINCE TRES CHRESTIEN 28 … »
25 Après approbation du roi, et sans doute aussi du Conseil d’en haut ou de la Petite
Académie, le candidat ajoute parfois quelques qualificatifs au nom REGI. Là aussi
l’adéquation avec la composition renforce la célébration. Ainsi, en 1667, l’abbé de Bouillon
retient cette dédicace pour sa majeure : « Ludovico XIIII Regnum Maximo », alors que Le
Brun montre Louis XIV sur un bouclier tenu par un aigle devant un palmier et deux
enseignes. L’emploi de « Maximo » , comme le reste de la représentation, justifie le parallèle
implicite avec les Césars (cat. 60). Comme l’abbé Le Tellier, l’abbé de Bouillon renforce son
hommage par l’exergue : « Cujus Regnum Regnum omnium saeculorum. Psal 144 » (« Ton
règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges ») ; il affirme ainsi que le règne de Louis
surpasse tous les autres et invite à le comparer avec celui de Dieu à qui David adressa sa
prière 29
. Renforcée par le titre de la thèse, la brève dédicace signée par le candidat,
« Vtrimos Licentiae Teologicae Labores Aeternum Consecrat [...] Obsequis Dux d’Albret »,
apporte plus qu’un long palabre.
26 Soutenue en 1688 à Paris au couvent des Cordeliers, la thèse de Crouzeil est publiée en
livret (cat. 120, fig. 10 ). Face au portrait, dont l’ovale porte la mention « LUDOVICUS
MAGNUS REX CHRISTIANISSIMUS », une courte dédicace reprend les mots gravés sur le
cuivre. L’illustration est en rapport avec les événements les plus récents, ce que la légende
au bas de la gravure met en évidence : « Haeresis extremum, toties rediviva, venenum Fundit,
et est Genio Galliae tuta suo ». Le Mercure de septembre explique la composition et montre
le rapport étroit entre le texte et l’illustration :
« Comme la thèse a pour titre ces paroles du Cantique, “ Quis pascitur inter lilia ” ? on y
voit d’abord l’éloge des Lys de la France et le bonheur qu’lls ont de naistre sous les
auspices et sous la protection de LOUIS LE GRAND, qui les a heureusement dégagez
des épines de l’Herésie, qui ternissoit en partie l’éclat de leur blancheur, et diminuoit
de beaucoup l’odeur qu’ils répandent dans toute la terre. Cela est expliqué dans la
vignette gravée délicatement qui représente le Sauveur du monde au milieu d’un
champ semé de lys, disant à ses Apostres ces paroles de l’Evangéliste, “ Considerate lili
quomodo crescunt ”. On y voit aussi Saint Michel protecteur de la France, qui tient
l’Hydre de l’Hérésie abatüe sous ses pieds 30
. »
27 L’association du monarque avec Dieu traverse tout le règne. En 1654 Ladvocat (cat. 21)
déclare au jeune roi :
te t « Combien Sire/V. Maj[es]. s’y trouve t’elle plus merveilleusem[en] obligée, car
puisque l’engagem[en] t des S[ain] ts a servir Dieu depend de la conformité qu’ils ont
avec son fils, que doit on penser de V[otre]. M[ajesté] qu’il n’a pas seulement rendu
son Image visible, par les divins caractères qu’il vous en a communiquez ; Mais sur
qui par des graces toutes singulières il a voulu repandre des benedictions renfermées
dans les sacrez textes… »« V[ot]re naissance malgré les bornes de son infirmité
naturelle a rendu v[ô]tre Nom Admirable & a peine pouviez vo[us] prononcer celuy de
cette incomparable Reyne qui vo[us] a doné la vie, que vos Enemis ont esté
depouillez, de leurs conquestes et de leurs trophées 31
. »
28 Cependant cette identification avec l’image de Dieu est parfois poussée trop loin (cat. 106,
fig. 11 ). Le 13 juin 1685, Madame de Sévigné écrit à sa fille :
« On nous mande (ceci est fuor di proposito [hors de propos], mais ma plume le veut)
que les Minimes de votre Provence ont dédié une thèse au Roi, où ils le comparent à
Dieu, mais d’une manière où l’on voit clairement que Dieu n’est que la copie. On l’a
montrée à Monsieur de Meaux, qui l’a montrée au Roi, disant que Sa Majesté ne doit
pas la souffrir. Il a été de cet avis : on l’a renvoyée en Sorbonne pour juger, elle a dit
qu’il la falloit supprimer. Trop est trop : je n’eusse jamais soupçonné des Minimes d’en
venir à cette extrémité 32
. »
29 La dédicace et chaque proposition commencent par ces mots : « LUDOVICUS MAGNUS » et
de proposition en proposition, le texte déclinait les qualités exceptionnelles du roi, ses
vertus, sa sagesse. L’éloge est poussé à son paroxysme. Les Minimes avaient-ils en
mémoire la thèse de théologie dédiée au frère de Richelieu qui avait pour titre « Quis ut
Deus 33
? » (cat. 106), dont les propositions commençaient par les lettres « RICHELIUS » ? La
gravure des Minimes, nous y reviendrons, montrait le roi en buste et auréolé ; le parallèle
avec Dieu s’imposait donc de facto .
F igure 10. – Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de théologie de Séraphin
Crouzeil , 1688.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 217.6 KB )
F igure 11. – Pierre Simon, Partie supérieure de la thèse de Philibert Madon , 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 94.77 KB )
30 La dédicace fait rarement l’analyse de l’image, cependant texte et image concourent à
célébrer la grandeur du roi défenseur de la Paix et la Religion. Dans la thèse de Charles
Amelot (cat. 42, fig. 12 ) en 1663, Louis XIV conduit le navire de l’État secondé par les
vertus, alors que dans le ciel, la Charité lui présente un médaillon où la Religion apparaît
écrasée par l’Hérésie, tandis que la Gloire l’invite à délivrer Dunkerque. Dans la dédicace,
Amelot compare le roi à Dieu, ce que l’illustration n’ose pas ouvertement. Après avoir
évoqué le début du règne, il s’attache au temps présent, et ses propos s’apparentent au
contenu de la gravure sans que rien n’y renvoie directement. On retrouve ainsi la
référence à la paix donnée au royaume grâce à la puissance des armes du roi et la sagesse
de son gouvernement.
31 En 1665, la dédicace de Gilles Le Maistre de Ferrières, qui accompagne un Saint Louis
descendu de son char cédant sa place à Louis XIV (cat. 51), est directement en rapport
avec la composition. Le roi invincible, très chrétien, arbitre de l’Europe, fait triompher la
Religion et entreprend une guerre sainte contre les barbares, évoquée par l’expédition de
Djidjelli (qui ne fut pas pourtant un succès) et la bataille de Saint-Gothard. Hercule au
service du roi est figuré tuant l’hydre sur le bouclier que les angelots présentent au
monarque et la dédicace proclame : « Hercule fortior Ludovice vince coelo, vince Religioni,
vince aeternitati ». Apparaissant à droite dans la gravure, le Dauphin est cité dans la
dédicace qui annonce ses triomphes à venir. De même, dans la thèse de Colbert de
Seignelay (cat. 63) qui montre Louis XIV descendu du char conduit par Hercule, au retour
de la campagne de Flandres, la dédicace contient un compliment hyperbolique sur le
thème de sa sagesse et sa supériorité. Gravé sur le guidon de la Renommée, le titre
proclame : « REGI / Descendis e triumphali curru, Rex inuictissime ».
32 Comme seule une part restreinte du public devait lire les longues dédicaces placées sous
les portraits ou dans le haut des compositions, pour attirer l’attention et faire participer à
l’hommage rendu au souverain, quelques mots consacrés à sa gloire étaient écrits en
grandes capitales dans l’éloge. L’adresse REGI attirait déjà l’attention, suivie parfois de la
répétition du mot REX et de qualificatifs célébrant la puissance et la gloire du monarque.
En 1666, Augustin Servien (cat. 56, fig. 13 ) ponctua sa dédicace des apostrophes « REX
CHRISTIANISSIME [...] REX SAPIENTISSIME [...] REX INVINCTISSIME [...] PRINCEPS OPTIME
[...] REX AVGVSTISSIME » ; dans les mêmes termes, à quelques jours d’intervalle, Yzoré
d’Hervault (cat. 54) ajoutait « REX POTENTISSIMO », et Louis d’Espinay de Sainct-Luc (cat.
57) renchérissait avec « REX MAXIME ». Les impétrants avaient choisi un simple portrait
pour accompagner leurs travaux, mais le roi en armure était entouré de laurier, des
instruments du pouvoir ou de devises qui en renforçaient l’adéquation avec la dédicace.
33 Ces qualificatifs étaient apparus dès avant 1661 dans la dédicace de l’abbé de Bouillon
montrant le roi, non pas en buste mais sur un char, devant le palais des Tuileries 34
. Les
majuscules se voient dès avant 1664 dans la thèse de Courtenay, ornée d’un simple
portrait (cat. 50), qui employa les mots « REX POTENTISSIME » et « REX OPTIME ». En 1664,
le comte de Saint-Pol utilisa « Rex Christianissime […], Rex Sapientissime […], Rex maxime »
(cat. 49), et en 1665, Le Maistre de Ferrières (cat. 51) fit de même avec des caractères
italiques un peu plus grands que le reste du texte. Servien, Hervault et Espinay de Sainct-
Luc s’approprièrent à leur tour ces tournures, qui réapparurent en 1680 dans la Tèse de la
Paix gravée pour Colbert de Croissy (cat. 92). Mais elles deviennent plus rares : en 1681,
Michel-François Le Tellier (cat. 96) se contente d’un « Ludovico Magno » ou du simple
« Regi » 35
.
F igure 12. – Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse de
Charles Amelot , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 175.85 KB )
F igure 13. – Robert Nanteuil, Tèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin
Servien , 1666.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 104.27 KB )
34 La présence de ces diverses tournures indique que les étudiants reprenaient un schéma
préétabli. Le ton et le contenu très proches des éloges, dont il faudrait analyser le détail,
laissent supposer qu’ils étaient rédigés par quelque membre de la Petite Académie, sous le
contrôle du ministre.
Retombées de la dédicace
35 Dédier ses thèses au roi, au lieu de les offrir à son saint patron ou au Christ comme cela se
pratiquait également, n’était pas anodin. C’était un moyen de témoigner sa fidélité. Bien
que les preuves des retombées soient rares, il est évident que le candidat et sa famille en
espéraient en retour une protection… L’effet semble s’en être fait sentir dans l’évolution
des carrières et l’obtention de bénéfices. Ainsi, la concomitance entre la soutenance de la
thèse de philosophie du jeune Louis d’Artagnan (cat. 79) et sa nomination à la charge de
page de la Grande Écurie ne peut être fortuite. De même, peu après sa soutenance, Roger
de Courtenay obtint le prieuré de Choisy-en-Brie (cat. 62). Si en avril 1643 Armand de
Bourbon dédie à Louis XIV sa thèse de philosophie, c’est probablement en vue du titre de
cardinal que souhaitait pour lui son père le prince de Condé (cat. 9).
36 Sans doute est-ce en signe de reconnaissance de la thèse qu’il lui avait dédiée à Dijon
en 1650, au moment de la Fronde, que Louis XIV fit de Claude Fyot (cat. 15) son aumônier,
et lui donna le prieuré de Notre-Dame de Pontarlier. Cette gratitude ne se démentit pas, et
le 4 mai 1662, le roi lui donna l’abbaye de Saint-Étienne de Dijon. Est-ce un hasard si en
juin 1679, moins d’un an après la soutenance de l’abbé du Montal (cat. 87), son père fut
nommé gouverneur de Maubeuge 36
, et si le candidat lui-même reçut en août l’abbaye de
Châtrices en Champagne 37
?
37 Pour comprendre la raison de sa dédicace, il est utile de noter que le 23 mars 1666, le
prince de Courtenay avait adressé une requête au roi pour être reconnu prince du sang,
comme descendant d’un fils de Louis VI 38
. Cinq ans plus tôt, il avait fait imprimer les
preuves « invincibles de leur extraction royale [des Courtenay] », mais le roi lui fit dire qu’il
ne voyait là que démarche chimérique et mensongère. Est-ce pour l’amadouer que son fils
Roger lui dédia ses thèses en mars 1668 (cat. 62) ?
38 Dédicace et gravure font un tout et l’illustration est partie intégrante de l’hommage. Elle
peut séduire le mécène et l’amener à plus de générosité, notamment si la présentation en
était luxueuse. Cette pratique s’apparente de nouveau à la présentation du livre par
l’auteur qui resta en vigueur durant tout l’Ancien Régime. Ainsi, sur me le conseil de M de
Pompadour, Marmontel, qui espérait entrer à l’Académie, ne trouva pas de meilleur moyen
que d’offrir à Louis XV sa Poétique dans une reliure somptueuse et d’en faire également
présent à la famille royale et aux ministres 39
. Cette pratique amena Furetière à se
demander, dans son Roman bourgeois , « si en telle occasion on doit avoir égard à la qualité
de celui qui dédie ; par exemple, si on doit donner un plus beau présent à un auteur riche
qu’à un pauvre/Avec plusieurs raisons alléguées de part et d’autre 40 ».
39 Qu’elle était l’attitude du roi ? Le cas du comte Natta (cat. 114, fig. 14 ) qui lui dédia ses
thèses en 1687 semble indiquer qu’il savait se montrer généreux. Dans le Recueil des
présents faits par le Roy en pierreries, meubles, argenterie et autres , sous la rubrique
Montferrat, on lit : « Année 1687, Le 26 juin, donné au Marquis Natta qui a dédié une theze
au Roy, une chaîne et médaille d’or [d’une valeur de] 1 500 [livres] 41
. » Cette somme
conséquente est comparable à celle des cadeaux faits par le roi pour les dédicaces de
livres et poèmes. De même, le 20 avril 1686, le « Comte de S. Martin Piedmontois de la
Maison de St. Germain d’Alliet, [reçut] en considération du poème qu’il a fait à l’honneur de
sa Majesté sur la destruction de l’hérésie une boîte à portrait de diamant [de]
1 500 [livres] 42 ». La chaîne d’or qui fut offerte le 20 novembre 1678 au sieur Gabriel Baba
pour « le poème qu’il a fait sur la statue du cavalier Bernin » valait 1200 livres 43
. Suivant la
qualité de l’oeuvre, mais sans doute aussi celle du dédicant, le présent varie
de 574 livres 44 à 2 616 livres, valeur exceptionnelle atteinte par la boîte à portrait de
diamants donnée le 25 juillet 1681 au « Comte de Malvasia de Bologne » pour la dédicace
de sa Felsina pittrice 45
. Une autre indication sur les retombées de la dédicace est donnée
par l’abbé de Choisy dans ses Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV , où il précise que
le duc d’Albret était bien connu du souverain, et qu’« il luy avait dédié le Recueil de ses
Thèses de Théologie ce qui luy avoit valu, sans que le Roy s’en mêlat, le Gratis de ses
Abbayes de Tournus & de Saint Oüen 46 » (cat. 46, 60).
La présentation de la thèse au roi et à la cour
40 Avant la soutenance, le candidat allait en personne porter ses thèses au dédicataire.
Lorsque le 13 septembre 1680, le fils de Colbert présenta les siennes, il semble que le
monarque et la cour y prirent plaisir (cat. 92) :
« Comme elles sont dédiées au Roy, il les présenta à leurs Majestez, à Monseigneur le
Dauphin, à Madame la Dauphine, et à Monseigneur dans des cadres magnifiques, et
leur expliqua en mesme temps, d’une manière aussi aisée qu’agréable ce que toutes
les figures signifoient. Toute la cour en fut fort contente ; et parmy les louanges qu’on
luy donna, on fit paraître beaucoup de surprise de l’ouir parler avec tant de présence
d’esprit et de le voir avancé dans ses Etudes, quoiqu’il n’ait encor guère plus
de 14 ans 47
. »
41 Preuve de l’importance de l’événement, dans le catalogue de l’oeuvre gravé de Le Brun, le
Mercure du mois novembre 1686 48 précise que les thèses gravées par Edelinck « ont esté
toutes deux présentées au Roy ; la première par Monsieur le Coadjuteur de Roüen,
Jacques-Nicolas Colbert, il s’agit de la Tèse de la Guerre soutenue en décembre 1677 (cat.
84), et le second par Monsieur le Marquis de Croissy, soutenue en septembre 1680 connue
sous le titre de Tèse de la Paix » (cat. 92).
F igure 14. – Georges Tasnière d’après Domenico Piola, Tèse du comte Giacomo Natta ,
1687.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 160.22 KB )
42 On conserve un exemplaire de la thèse en livret du prince de Turenne (août 1679), imprimé
sur parchemin et rehaussé d’or, protégé par des pages de garde de papier marbré et
inséré dans une reliure de maroquin rouge aux armes du Dauphin (cat. 91), qui est à n’en
pas douter un exemplaire de présentation.
43 La relation du Mercure du mois de janvier 1687 49 permet d’imaginer ces présentations au
roi. Quelques jours après la soutenance d’Antonio Pinto (cat. 115), le 27 décembre 1686,
l’archevêque de Paris donna rendez-vous au candidat ainsi qu’à l’abbé de Lionne, à l’abbé
Roze et à Brisacier « pour présenter la Thèse à sa Majesté » ; le moment avait été fixé
après le dîner :
« Dès qu’elle sortit de table, M. de Brisacier luy dit en montrant le S. Pinto qui tenoit à
la main une Thèse de satin, avec une dentelle d’or & d’argent autour, SIRE, c’est un
Ecclesiastique Siamois, qui élevé & instruit depuis l’âge de neuf ans par vos Sujets
dans votre College de Mapran, par reconnaissance pour sa Nation, que vous comblez
icy de graces & d’honneurs & pour nos Missions que vous continüez de soûtenir par
votre protection & par vos bienfaits, [qui] ose vous presentez sa These avec la
permission que Votre Majesté a bien voulu nous en donner. »
44 Il ajoute :
« Le Roy interrompit en cet endroit, & dit, Je la reçois très-volontiers. M. de Brisacier
reprit Il n’est rien, SIRE, que nous n’eussions voulu faire en cette occasion, pour marquer
mieux à Vostre Majesté nos profonds respects : mais nous avons sçû que V.M. jugeroit à
propos que des Missionnaires se distinguassent plustost par l’humilité & par la modestie,
que par la dépense & par l’éclat . Le Roy prit encore icy la parole pour dire fort
obligeamment, Je serois faché que vous eussiez fait davantage . »
45 Ensuite, on fit des souhaits pour le rétablissement du roi en lui réitérant les prières que
« depuis plus d’un mois nous demandons à Dieu avec insistance, par des Sacrifices & des
Prières particulières la prompte guerison de V. M. […] Ce à quoi sa majesté repliqua d’un
air plein de douceur & de bonté, Vous me ferez plaisir de prier pour moy ». Puis, « après
qu’Elle eut regardé son Portrait, qu’elle trouva bien, on luy fit une profonde
reverence, & on se retira ». La mention vaut d’être signalée, car c’est une des rares qui
fasse état des réactions du monarque face à un de ses portraits illustrant une thèse. La
réponse de Brisacier est-elle une simple figure de rhétorique ? L’affiche n’ayant pas été
retrouvée, il est difficile d’en décider.
46 Retenons aussi le témoignage de Joseph Leven de Templery qui, dans L’éloquence du temps,
enseignée à une dame de qualité , rapporte les paroles que Louis XIV adressa en
juillet 1678 à l’abbé du Montal (cat. 87) : « Si vous savez soutenir luy dit le Roy, comme
votre père sait attaquer, vous ne manquerez pas de bien faire 50
. »
47 De même, bien qu’il ne s’agisse pas de la présentation d’une thèse mais d’une énigme, le
livret manuscrit de l’ Explication d’un tableau énigmatique que les jeunes écoliers orientaux
élevéz dans le collége des Jésuites par la libéralité du roy ont fait peindre pour donner une
marque publique de leurs très-humbles reconnoissances envers Sa Majesté 51 témoigne des
relations directes du monarque avec les étudiants français et étrangers et du souci qu’il
prenait de leur éducation.
48 Comme Pinto, les étudiants orientaux furent invités à se présenter devant lui. Le jésuite
Thomas-Charles Fleuriau parle en leur nom et précise : ce sont de « jeunes Etrangers qu’on
élève icy sous les auspices de Louis [qui] font espérer l’heureuse réunion des Orientaux à
la foy 52 ». Turcs, Arabes, Arméniens, ils sont arrivés en France les uns le 16 juin, les autres
le 20 décembre 1700, et c’est sans doute en 1701 53 qu’ils furent introduits devant le roi 54
.
Le beau dessin qui orne le livret permet d’imaginer l’entrevue : coiffés de turbans et
enveloppés de grands manteaux, les étudiants s’inclinent devant le monarque debout
dans le jardin de Versailles ( fig. 15 ), entouré du Grand Dauphin et de ses petits-enfants,
auxquels il est souvent fait allusion dans le livret, et de quelques courtisans 55
. Cette fois ce
n’est pas le roi qu’on entend mais leur introducteur et les étudiants eux-mêmes, qui
expliquent l’énigme du tableau faisant le panégyrique du roi. D’abord trois « jeunes
Orientaux se répandirent en action de grâce envers leur Auguste bienfaiteur et firent à
l’envie mille voeux pour sa prospérité » ; puis « sur la fin ils invitèrent leurs compatriotes à
se joindre à eux pour donner en leur langue naturelle des marques publiques de leur
reconnaissance envers sa Majesté 56 ». Cet événement, qui fut semble-t-il l’objet d’un grand
tableau 57
, évoque le caractère pittoresque des nombreuses ambassades qui rythmèrent le
règne.
49 Dès avant la présentation de leur thèse à la cour, le roi en avait souvent connaissance, par
des dessins préparatoires. Selon Guillet de Saint-Georges, lorsque
« le 16 juin 1686, M. Le Brun eut achevé le dessin en camayeu qui représente
l’extinction de l’hérésie après la suppression de l’édit de Nantes, qu’il avoit fait pour
servir en thèse pour M. l’abbé Polignac. Ce dessin fut porté le même jour au Père de
La Chaise et trois jours après à Mgr l’archevêque de Paris, qui en parla au Roi le
lendemain. Mgr. l’archevêque, aussi bien que le Père de la Chaise, furent
extrêmement contents de ce sujet, de la manière dont il étoit traité et entrèrent tous
deux si bien dans le sentiment de M. Le Brun, qu’ils en étoient tout remplis 58 » (cat.
100).
F igure 15. – Anonyme, Réception des étudiants orientaux du collège Louis-le-Grand à
Versailles , 1701.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 78.81 KB )
Les cadres
Selon la relation du Mercure 59 d’août 1679 sur la thèse des frères d’Aligre (cat. 89) : 50
« Ceux à qui on les dédiaient autrefois, les recevoient imprimées sur du satin, et
ornées seulement d’une dentelle d’or ou d’argent, et aujourd’huy on employe les
peintres les plus fameux pour faire des desseins de bordures, d’après lesquels les
plus habiles sculpteurs travaillant, et se servant de tout ce qu’il y a de plus beau et de
plus délicat dans leur art quoique ces thèses soient souvent d’une hauteur et d’une
largeur qui surpassent celle des plus grands miroirs, on trouve des glaces de Venise
pour les couvrir. »
L’auteur ajoute : 51
« Ce fut dans cette magnificence que Mrs. d’Aligre petits fils et arrières fils de deux
chanceliers de France, présentèrent à toute la maison royale, celles qu’ils soutinrent
ensemble au collège d’Harcourt sur toute la philosophie. »
Plus loin, il souligne la richesse de l’ornementation : 52
« Il estoit dans un cadre magnifique, avec une très belle glace de Venise qui le
couvrait. L’ornement du chapiteau consistoit aux Armes de sa Majesté, supportées
par deux figures, dont l’une représentoit la Renommée, et l’autre la Paix. Plusieurs
génies tenoient des chiffres et laissoient voir ces Paroles qui servoient de titre à la
thèse : Ludovico Magno, Belli ac Pacis Arbitro 60
. Il n’y avait aucun de ces ornemens qui
ne fust accompagné de fleurs, de festons, et d’armes, simboles de la Paix et de la
Guerre. L’or qui relevoit toutes ces choses leur donnoit un éclat que j’aurois peine à
vous expliquer. »
53 Comme pour la thèse de Pinto, l’auteur rapporte la réaction du roi : « Le roy fut très
satisfait de ce présent, et le témoigna à Mrs. d’Aligre avec cet air de bonté qui luy est
ordinaire, quand il veut marquer qu’il est content. »
54 Là ne s’arrêtait pas la dépense. Les frères d’Aligre présentèrent également une thèse à la
reine dans un cadre pas moins riche : « Ses armes portées par deux génies étaient dans
des chapiteaux, avec quantité d’ornemens dans la bordure qui convenait à la grandeur de
cette Princesse. » Le Dauphin eut également la sienne, dont le cadre « faisait voir Minerve
tenant son bouclier, sur lequel on avait présenté les armes de ce jeune prince, cette
princesse était environnée des symboles des arts libéraux ». D’autres furent encore offerts
à Monsieur et à Madame et ils étaient également « magnifiques ». « Tous avaient été
sculptés par le sieur Le Febure 61
, un des plus habiles sculpteurs que nous ayons. »
55 Aujourd’hui conservé au château de Chenonceau ( fig. 16 ), le cadre de bois doré, sculpté
par Pierre Lepautre, du Portrait de Louis XIV , peint vers 1700 par Rigaud et son atelier, avec
ses palmiers, ses draperies soutenues par un aigle, ses casques, son globe fleurdelisé
entouré de deux Victoires, atteste de la magnificence de certains de ces ornements 62
. Les
descriptions du Mercure permettent de penser que les cadres des thèses n’étaient pas
différents. Ainsi en novembre 1677, l’abbé Le Houx présenta au roi un portrait en
miniature peint par Bernard. Sculpté par Pierre Germain (1645-1684), « orfèvre qui travaille
ordinairement pour le Roi », le cadre occupe plus de la moitié de la description. Par le
nombre des figures allégoriques, la richesse de l’ornement, et la présence d’un titre latin, il
rappelle celui des thèses des frères d’Aligre :
« Dans le haut est la Renommée toute de relief. Elle montre le Roy d’une main et tient
une trompette de l’autre. Un flambeau d’argent y est attaché, avec des mots latins qui
font connoistre que si cet Auguste Monarque est grand par la gloire que ses belles
qualitez luy ont acquise, il l’est encore davantage par sa valeur et par ses conquêtes.
Aux costez de la bordure sont deux enfans qui tiennent des fleurs et des fruits. Il n’y a
rien de mieux dessiné. On voit au bas la triple Alliance. Elle paroist soumise à la
France, qui est représentée par un coq. D’un costé, il tient l’aigle de l’Empire enchaîné,
et de l’autre, deux lions fuyant le coq. L’Espagne est marquée par l’un et la Hollande
par l’autre ; sous la forme d’un lyon marin 63
. »
56 L’encadrement choisi par Seignelay (cat. 63) était-il aussi remarquable ? Le registre du
Garde-Meuble ne permet pas de le savoir 64
, puisqu’on y lit seulement que le 15 octobre
1668 fut « Aporté céans une thèse présentée au Roy par Monsieur de Seignelay, son bord
de broderie d’or et son cadre de bois doré sculpté ». Qu’est-il advenu de la thèse de
Thiboust (cat. 101), fils de l’imprimeur et libraire de l’université, « ornée d’un cadre
magnifiquement sculpté et doré » qu’il offrit en personne au roi et au Dauphin 65
?
Nombreux sont les autres étudiants qui firent de tels présents au roi et à sa famille. Tous
n’étaient sans doute pas aussi extraordinaires que ceux des frères d’Aligre, mais leur
somptuosité explique que l’ Inventaire général du mobilier de la Couronne sous Louis
XIV 66 recense quelques quatre-vingts « glaces [qui] proviennent des Thèses qui sont dans
le Garde-Meuble de Versailles 67 ». Les cadres furent déposés à la Monnaie en 1697, sans
doute pour la fonte de leurs bordures d’argent. Mais la plupart des cadres étaient bordés
de glace et de bobèches ornées de même, certaines avec des chapiteaux également en
glace. Plusieurs étaient à huit pans à coins de cuivre doré. Au n o 253, « Douze vieux miroirs
à bordures de bois, sculptez et dorez, de différentes grandeurs, dont les bordures
proviennent des Thèses qui estoient dans le gardemeuble de Versailles, et les glaces
proviennent des miroirs à bordures d’argent, inventoriées cy-devant, dont les bordures ont
esté portées à la Monnoye. Fait et arresté à Paris, le 22 e avril 1697 o » ; au n 263 « Un miroir
de 45 pouces de glace sur 29 pouces de large, dont la bordure de bois sculpté et doré, de
4 pieds de hault sur 2 pieds 7 pouces de large, provient des thèses du gardemeuble de
Versailles o », et encore au n 264 « Un autre miroir, de 41 pouces de glace sur 28 pouces de
large, dont la bordure de bois sculpté et doré à jour, de 4 pieds 1 pouce de hault sur
2 pieds 10 pouces de large, provient des thèses du gardemeuble de Versailles 68 ».
F igure 16. – École de Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV , cadre de Pierre Lepautre,
vers 1700, château de Chenonceau.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.98 KB )
57 Quelques contrats permettent de juger des dépenses engagées par les étudiants, dont
deux passés avec le sculpteur Antoine Soyer. Le 23 juin 1677, il s’engage à livrer à Jean
Betham 69
, bachelier en théologie, avant le 27 juillet, « un cadre ou bordure en bois de
noyer de trois pieds un pouce de hault sur deux pieds de large, bien et duement doré
moyennant 150 livres 70 ». Un an plus tard, il promet de faire un cadre dans lequel il
emploiera « les matières d’or, argent et autres que besoin sera » et selon le dessin qui lui
avait présenté ». D’une valeur de 300 livres, ce cadre est destiné à la thèse que François du
Montal doit présenter au roi et soutenir le 21 août 1678 au collège du Plessis-Sorbonne
(cat. 87) 71
.
58 Antoine Schnapper 72 signale également le contrat du 8 août 1681 entre Jean Poisson (cat.
97) et le maître sculpteur Georges Lheureux moyennant 330 livres, pour la bordure de sa
thèse. La gravure ne dépassant pas 80 centimètres de haut sur 50 de large, la place
occupée par le cadre est considérable. Avec 1 000 épreuves, l’estampe coûta 800 livres, et
la dépense pour la présentation de la thèse s’accrut encore du coût assez élevé de la glace.
En 1695 par exemple, pour celle de Tournefort dédiée à Guy Crescent Fagon, premier
médecin du roi, la faculté de médecine dépensa 106 livres pour les cadres dorés, sculptés
par Fichon, dont le nombre n’est pas précisé, et 58 livres pour les verres de cristal 73
.
59 Pinto offrit au roi une épreuve sur soie entourée d’une dentelle d’or et d’argent (cat. 115).
La présentation était souvent plus riche encore, comme le révèlent les descriptions de
l’ Inventaire général du mobilier de la Couronne 74 où sont recensées vingt-neuf thèses. Au
n o 42, « dix neuf thèses de plusieurs grandeurs, partie doublées de brocart et partie de
tabis 75 ou autre estoffe, garnies de dentelle or et argent o ». Au n 43, six autres thèses
o
« garnies autour de dentelle en broderie sans doublure ». Puis au n 44 une autre thèse
doublée de brocart d’or, garnie tout autour d’une dentelle d’or et d’un bord de broderie, et
au n o 45 une autre, mais cette fois dans une bordure de bois doré. Les deux dernières sont
o
« dans une bordure de bois peint couleur de lapis, enrichy de filigrane d’argent (n 46) et
dans une bordure de bois doré o » (n 47). Cinq y sont encore inventoriées, donc quatre
dédiées à Louis XIV, celles du marquis de Seignelay 76
, de La Hoguette 77
, de l’abbé
d’Argouges 78
, de l’abbé Colbert 79 et une au Dauphin 80
.
60 Du fait de leur présentation, le roi avait une parfaite connaissance des thèses qui lui
étaient dédiées. Quelques témoignages du Mercure montrent qu’il exprimait parfois sa
satisfaction face à l’illustration ; à Croissy qui lui présentait la sienne (cat. 92), il dit : « La
figure m’en plaît 81
. » Parfois, des étudiants lui en commentaient publiquement l’image ou
le remerciaient d’en avoir accepté la dédicace. Certaines thèses ornèrent ses demeures,
mais il semble qu’elles se succédèrent assez rapidement. Il gardait cependant une bonne
mémoire de ces hommages : des lettres patentes données à Michel Jourdain (cat. 16)
rappellent que ce dominicain avait soutenu « avec esclat » à Rome des thèses qu’il avait
dédiées à Louis XIV en 1650-1654 82
.
61 Il est probable qu’on lui envoyait également des harangues et les extraits des journaux. On
sait que le 19 décembre 1687, Nicolas-Joseph Foucault (cat. 119) reçut une lettre du père
La Chaise pour le remercier de l’envoi du livret 83 publié à l’occasion des festivités de
Poitiers, avec une affiche de la thèse en l’honneur du roi. L’intendant du Poitou précise que
M. de La Feuillade lut cette relation au roi « qui a paru très content de cette fête 84 ».
La réception
Les journaux
62 Les relations des journaux assurent une large diffusion de l’hommage rendu au roi dans
les thèses qui lui sont dédiées. Mais les gravures sont rarement décrites et ne sont citées
que les plus extraordinaires. Dans La muze historique , Loret n’évoque généralement pas les
illustrations alors qu’il se plaît à relater les soutenances sur un ton assez caustique.
Le 8 septembre 1663 85
il fait exception pour celle d’Amelot (cat. 42), « une des plus belles
ma foy/Et de raretez mieux pourvües ». Elle est due à Nanteuil, avec qui il rappelle qu’il est
lié, mais il se borne à préciser qu’elle est dessinée par Le Brun et qu’elle montre le roi.
63 De façon générale, avant 1671, les illustrations des thèses ont peu retenu l’attention des
journalistes. En 1671, pour la soutenance de l’abbé de Noailles (cat. 70), parut une
première description dans la Gazette , mais Renaudot et ses successeurs ne s’y intéressent
qu’exceptionnellement. De façon laconique, à propos de la majeure de Jacques-Nicolas
Colbert (cat. 84) soutenue le 30 décembre 1677, le Recüeil de gazettes nouvelles ordinaires et
extraordinaires indique en janvier 1678 que « la thèse dédiée au Roy estoit d’un dessein
magnifique ». Au contraire, dès 1678, le Mercure 86 ne manque pas de signaler les plus
importantes illustrations gravées, notamment celles des fils de Colbert et de Louvois,
dessinées par Le Brun et par Pierre et Nicolas Mignard et gravées par François de Poilly
en 1668, 1684 et 1692 (cat. 62, 102, 128). Chaque année, il présente au moins une thèse
dédiée au roi et fait le plus souvent état de la gravure. Le commentaire de celle de l’abbé
du Montal en 1678 (cat. 87, fig. 17 ) est renforcé par une estampe. Il ne s’agit pas de
reproduire l’ensemble de l’illustration, dont l’auteur précise qu’elle représente les places
fortes prises par le roi, mais les quatre devises qui accompagnent le portrait du roi et sa
bordure, cantonnée de bastions ornés d’une fleur de lys et reliés par d’autres devises
montrant un soleil (« Non quem regit orbe minor »), un arc-en-ciel dissipant des nuées
(« Vincendo facit omnia pacis »), un lion fuyant (« Gloria ejus terror ») et le foudre frappant
une tour (« Hiriendo a uno, amenaça a muchos ») 87
.
64 En août 1679, deux thèses retiennent l’attention du Mercure : celles des frères d’Aligre (cat.
89), dont on signale la fidélité du portrait gravé par Nanteuil et la richesse de la bordure
dans laquelle elles furent présentées au roi, et le livret in-folio du prince de Turenne,
dessiné par Sevin et gravé par Cossin (cat. 91, fig. 18 ), dont chaque page est ornée d’un
encadrement allégorique. Le rédacteur en donne une description précise qui l’amène à
faire l’apologie du roi à travers ses victoires et à la présenter comme un résumé de son
histoire récente :
« La Thèse que soûtint ce Prince, estoit d’une invention extraordinaire. C’estoit un
Livre dédié au Roy renfermant les Actions les plus éclatantes que sa Majesté a faites
par Elle-mesme dans tout le cours de cette Guerre ; le Passage du Rhin, la Conqueste
des Villes de Hollande, celle de Mastric, & de la Franche-Comté, la Bataille présentées
aux Ennemis durant le Siege de Bouchain, la Prise de Valenciennes, de Cambray, de
Gand, d’Ypres, la Desunion des Conféderez, la Protection de la Suede, & enfin la Paix.
Chacune de ces Actions occupoit le haut de chaque page. Quatre Devises en
remplissoient les costez, & le bas estoit orné de Figures symboliques, & d’une
inscription exacte & simple, qui comprenoit ce qu’il y a de singulier dans l’Action […].
Tout cela avait un air de nouveauté, et une variété fort agréable. Ce dessein est du
père de La Rue, Jésuite, aussi bien que les inscriptions latines, et une partie des
devises. Les autres devises sont de plusieurs personnes sçavantes particulièrement
du Père Menestrier, si célèbre en ces sortes d’ouvrage d’esprit 88
. »
F igure 17. – Anonyme, Devises à la gloire de Louis XIV reprises du bas de la thèse de
l’abbé François du Montal de Montsaulnin , 1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 231.7 KB )
e F igure 18. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Prise de Valenciennes , 6 bordure,
fol. o 5 v de la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 147.23 KB )
65 Dédiée par Colbert de Croissy en septembre 1680, la Tèse de la Paix (cat. 92) retint aussi
l’attention. La place accordée à la gravure est sans précédent. Après avoir décrit la
présentation à Versailles, l’auteur donne littéralement à voir la composition ; il commence
ainsi : « Le Roy en fournissait la matière et cette grande matière estoit traitée par un des
plus beaux génies du siècle. Vous le croirez, quand j’auray nommé Mr. Le Brun. Il faut vous
en donner l’explication 89
. » Et il termine en faisant la louange de la composition.
66 En 1684, ce fut la thèse « grande et magnifique » des fils de Louvois (cat. 102, fig. 19 ) qui
fut l’objet des regards :
« Quoy que je ne vous parle pas ordinairement des thèses que l’on soutient, il y a
quelquefois d’éclatantes circonstances qui me font passer par dessus les règles que je
me suis imposées, comme lorsque les thèses sont dédiées au Roy, qu’elles sont
soûtenues par une personne d’une grande distinction, et que le dessein est de ces
illustres qui peuvent estre appelez grands hommes dans la profession dont ils se
mêlent 90
. »
67 Suit un éloge du peintre et du graveur et une description précise de la composition,
comme pour les fils de Colbert :
« Notre invincible Monarque y est dépeint en pied, de hauteur ; vestu à la romaine,
s’appuyant sur l’épaule d’Hercule qui est assis à ses pieds, écoutant Pallas qui est
proche de luy, et couronné par l’Honneur et par la Victoire, qui paroissent chargez de
Palmes et de Lauriers. Dans le ciel de ce tableau, au costé opposé est un groupe de
dix figures, qui se contrastant avec beaucoup d’art dans la variété de leurs attitudes,
et dans les diverses positions de leurs membres, représentent les efforts des diverses
nations, qui ont voulu s’opposer aux justes desseins du Roy. L’Allemand en marque
son chagrin ; le Suédois, sa surprise ; le Saxon, ses alarmes, la Flandre son effroy ; et
cette dernière s’oppose par ses sages conseils aux efforts que l’Espagne voudroit
inutilement tenter. Le lointain le plus reculé de ce tableau fait paroistre un profil de la
ville de Strasbourg ; et l’on voit dans l’enfoncement une danse de bergers, et des
troupeaux de moutons. Ces bergers marquent par leurs chants et par leurs
réjouissances, les douceurs et l’abondance de la Paix. Sur la terrasse la plus avancée,
est l’Europe qui se repose sur des monceaux d’Armes, des cornes d’abondance et des
Richesses ; et tout cela est soutenu par deux consoles, que des petits amours ornent
de festons de fleurs et de fruits, entre lesquels sont les positions de la thèse. Ces
deux consoles ont pour base des marches de marbre, où se reposent les Sciences et
les Arts. »
L’auteur ajoute un poème de l’abbé Macé qui décrit l’action du roi à partir de la gravure : 68
« LE ROY DANS LE REPOS DE SA GLOIRE
Quel est ce demy-Dieu, dont la noble fierté
Calmant par sa seule présence
Des plus audacieux le courage indompté
A tant de Nations impose le silence ? »
69 Huit ans plus tard, pour la thèse de Camille Le Tellier (cat. 128), frère cadet des deux
candidats précédents, le procédé est poussé plus loin. Le Mercure décrit de nouveau
l’estampe : « C’est sur cela que M. Mignard a travaillé, et voicy ce qu’il a imaginé pour le
tableau de la thèse », et ajoute : « Feu M. de Louvois avait donné le sujet qu’il voulait qui
fut représenté sçavoir : Tous contre un, et un seul contre tous 91
. » Le poème de Rollin qui
lui aussi s’attachait à la composition fut publié indépendamment, en livret et traduit en
français, ce qui lui assurait une plus grande diffusion. L’abbé Bosquillon, auteur de la
traduction, commence ainsi cette longue ekphrasis :
F igure 19. – François de Poilly d’après Pierre Mignard, Tèse de Louis-Nicolas et Louis-
François Le Tellier , 1684.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 160.36 KB )
« Quoy ! Pour montrer Louis à nos derniers Neveux,
Par-tout les Arts muets s’animeroient entre eux,
Feroient parler la pierre, et le marbre, et le cuivre
Et le bel Art des vers craindroit seul de les suivre ?
Seul il demeureroit dans un lâche repos 92
? »
70 Affirmant que « l’adresse du graveur et ses heureuses veilles/Du peinceau de Mignard
secondant les merveilles, /N’ont pù placer icy tant d’exploits glorieux », il célèbre à son tour
le roi victorieux qui ramène la paix dans son royaume et fait refleurir les arts.
La gravure impressionna. Le 1 er septembre 1692, dans une lettre déjà citée 71 à Magliabechi,
Michel Germain et Mabillon joignent une des poésies écrite pour l’occasion et décrivent la
composition : « Sa thèse représentait au naturel l’état présent de la guerre, que Bellone
enflammait aussi bien que l’hérésie. On y voyait toutes les nations conjurées contre la
France, animées à sa ruine, et le roi qui la défendait en ordonnant une brave résistance au
génie de la France que la religion, descendue du ciel protégeait du secours divin. » Ils
ajoutent : « Cette thèse est un chef-d’oeuvre », mais ne nomment ni le peintre ni le
graveur 93
.
72 Est-ce l’exemple de Louvois qui, en mars 1685, incita Rouvière (cat. 105) à faire connaître
les illustrations énigmatiques commandées pour ses deux thèses ? On a vu qu’il donna
dans le Mercure l’explication de la première et que pour appuyer son hommage au roi, il y
fit insérer une épreuve de la gravure. Exceptionnelle pour une thèse, cette insertion était
fréquente pour les modes et les fêtes. Rouvière ne s’arrête pas là ; en 1689 (cat. 122), il
publie également une explication de sa thèse dans le Journal des sçavans et diffuse sa
description dans une plaquette parue chez d’Houry : Explication de l’emblème énigmatique
mise en haut de la thèse de Mr. Rouvière, apothicaire ordinaire des camps et armées du roi,
pour la dispensation et confection de la thériaque 94
.
73 En septembre 1687, le Mercure galant commente aussi la thèse où Gantrel célèbre la
guérison du roi (cat. 116) : « Tous les ornemens qui l’embellissent sont destinez à faire
savoir que le Roy, ayant donné ses soins au parfait rétablissement de la Religion dans son
royaume, le ciel l’a conservé, en le délivrant d’une maladie dont les suites estoient à
craindre 95
. »
Les livrets explicatifs
74 Rarement consacrés exclusivement à la gravure, les livrets racontant la soutenance et
décrivant le décor de la salle lui accordaient néanmoins une place importante. Deux furent
publiés par les Jésuites : en 1687, l’ Explication de la thèse dédiée au roy par des écoliers du
collège des Jésuites à Rouen (Rouen, Lallement) ; en 1690, l’ Explication de l’appareil pour la
thèse dédiée au parlement de Bretagne par les physiciens du collège de Rennes de la
compagnie de Jésus (Rennes, Denys). Le livret de Rouen (cat. 116) mentionne d’emblée
l’illustration : « Quoy que le Portrait du Roy, & les Inscriptions qui en accompagnent les
Ornemens, découvrent assez le dessein de cette Thèse : il ne sera pas inutile d’en donner
la description, pour en rendre l’intelligence plus facile 96
. » Cette transcription reprend
presque mot pour mot le texte du Mercure. L’auteur donne la traduction du titre : « À LOUIS
LE GRAND. Défenseur de la Religion, rétabli en parfaite santé, par une protection
particulière de Dieu. » Seule différence avec le Mercure , le livret se termine par la liste des
onze collégiens qui soutinrent leur thèse. Cette plaquette permet d’en comprendre les
subtilités à tous ceux qui avaient chez eux un exemplaire. Ainsi, le portrait du roi et son
histoire la plus récente retranscrite dans l’encadrement des positions entraient dans les
demeures.
75 Trois ans plus tard les Jésuites de Rennes éditèrent donc un livret 97 plus fourni (cat. 124)
que celui de leurs confrères de Rouen, où sont détaillés les circonstances de l’acte et le
décor de la salle. La thèse célébrait le rétablissement à Rennes du parlement de Bretagne,
exilé à Vannes en 1675 après l’affaire du papier timbré et « les Jésuites voulurent montrer
par plusieurs belles cérémonies la joie qu’ils éprouvaient de cet heureux retour ». L’auteur
décrit brièvement la gravure : la thèse fut dédiée par le père Provost, professeur de
philosophie, il s’agit « d’une action de graces au Roy pour le retour du parlement dans la
Ville de Rennes » ; le dessin de la thèse fut « suivi pour tous les ornemens de la Salle où
cette action s’est passée ». Il résume à grands traits l’histoire du parlement et revient de
façon sibylline sur les causes de son exil et de son retour :
« le 6 Octobre 1675, un malheur ayant excité des troubles dans la Ville de Rennes, le
Roy songea aussitôt à son Parlement, & le transporta à la Ville de Vannes. Et enfin
cette année 1690, la ville de Vannes pouvant être exposée aux vaines insultes des
ennemis, le Roy a fait revenir le Parlement à Rennes, Ville Capitale de toute la
Bretagne ».
76 C’est également l’occasion de le présenter, avec ses huit présidents à mortier et ses cent
douze officiers principaux. L’auteur évoque ensuite la salle tendue de tapisseries ; sur le
théâtre, sous le dais royal, le « Portrait de LOUIS LE GRAND, avec cette Inscription sur la
plinthe LUDOVICO MAGNO AUGUSTISSIMI AREMORICAE SENATUM RHEDONAS
REVOCANTI, qui signifioit que la These étoit une action de grace A LOUIS LE GRAND QUI
REND L’AUGUSTE SENAT DE LA BRETAGNE A LA VILLE DE RENNES ». Il s’agit mot pour mot
de la dédicace de la thèse, dont plus que le parlement, le roi est le véritable héros.
77 D’ailleurs la relation commence par sa célébration. Autour du dais, la Justice et la Force
tiennent un écriteau avec des vers de Virgile « JUSTITIAENE PRIUS MIRER BELLINE
LABORUM ? », dont la traduction donnée renforce encore l’apologie : « Dois-je admirer sa
Justice ou sa Force ? » Sous le portrait du roi, les armes du premier président, des
présidents à mortier et des gens du roi reprennent la disposition du bas de thèse. On
ajouta cette inscription : « REGIITRIUMVIRI ». Exposée dans une riche bordure, la gravure
était associée à cet hommage 98
, avec des « écussons de Messieurs du Parlement [furent]
placez par ordre sur la grande Frise tout au tour de la Salle 99 », des devises et des
inscriptions. La gloire du parlement est également au coeur de la cérémonie, car entre les
pilastres sont des passages tirés de l’Écriture et de divers auteurs « tous à la loûange du
Parlement en général, & en particulier sur son retour en cette Ville qui toutes sont
consignées dans le livret ». Au fond, face à la thèse et au dais, des inscriptions peintes
tirées des Écritures et des textes antiques semblent sorties de la bouche du roi et
adressées directement au parlement. On retiendra ceux qui sont tirés d’Isaïe,
chapitres 10 et 32 : « Je rétabliray tes Juges comme ils étoient auparavant, & tes conseillers
comme ils ont été autre-fois, & tu seras desormais nommé la VILLE FIDELE », et :
« L’ouvrage de la Justice sera une paix, une assürance éternelle pendant laquelle mon
peuple, sans crainte, joûira dans ses maisons de l’heureuse abondance du repos 100 »,
paroles qui font écho à la gravure montrant le roi recevant avec bienveillance le parlement.
78 Les devises sont aussi en adéquation avec le placard ; pour illustrer la fidélité du
parlement, « un grand Arbre battu des vents dont plusieurs autres sont abbatus » avec
pour motto : « en vain vous menacez », signifiant que « les autres Parlemens, qui s’étoient
declarez contre le Roy, tâcherent en vain d’ébranler le Parlement de Bretagne. Il fut
toûjours fidéle & méprisa leurs ménaces ». D’autres devises vantent le travail des juges,
que la gravure évoque également par la présence à l’arrière-plan d’un parlementaire
recevant des justiciables. D’autres inscriptions sont « à la louânge de ce superbe
Bâtiment ». On s’interroge : « Y-a-t-il au monde un plus beau Palais ? » (p. 24). C’est
l’occasion d’en rappeler l’histoire : « La première pierre de ce superbe Palais fut posée le 5.
Septembre 1618. En présence de 4 Presidens, de 5. Conseillers, & de l’Avocat Général. Le
Parlement y entra pour la première fois le 9. Janvier 1655. Le Plafond de la Grand’Chambre
passe pour un des plus beau qui soit en France. » Comme la gravure, le livret propose une
histoire du parlement et de son siège et s’achève par l’énumération de ses membres. Il en
explique toutes les allégories et en décuple l’effet.
79 Les explications des journaux font savoir l’existence des gravures. Si le catalogue de
l’oeuvre de Le Brun qui parut en novembre 1686 dans le Mercure galant 101 eut la même
fonction, il touchait aussi un public différent, celui des amateurs d’art. Il indique :
« Les desseins de Thèses que M. Le Brun a faits pour plusieurs personnes de
considération ont esté gravéz par differens graveurs. M. Rousselet a gravé les
premiers ; M. Poilly en a gravé une autre partie, et M. Edelinck a gravé les derniers qui
ont paru. Il y en a un grand nombre, et si j’en avais la liste, je vous l’enveroy. »
Les deux seules décrites ont été dédiées au roi en 1677 et 1680 : 80
« Je me contenteray de vous parler icy de deux derniers qui ont esté gravés au burin
par M. Edelinck. Elles ont esté toutes deux présentées au Roy ; la première par M. le
Coadjuteur de Rouen [J.-N. Colbert, il s’agit de la Tèse de la Guerre (cat. 84)], et la
seconde par Mr. Le Marquis de Croissy [J.-B. Colbert, La Tèse de la Paix (cat. 92)] 102
. »
81 Cet inventaire du Mercure se poursuit en mars 1690 103 après la mort de Le Brun ; il y est de
nouveau question de la « Thèse du Roy à cheval », probablement la Tèse de la Guerre (cat.
84) et pas de celle du comte de Saint-Pol (cat. 49), gravée par Rousselet en 1664.
82 Outre les livrets et des comptes rendus dans les journaux, les ouvrages consacrés à
l’histoire du roi évoquent parfois telle ou telle composition. Impliqué dans le choix des
devises, Ménestrier signale plusieurs des thèses dédiées à Louis XIV. Dans La philosophie
des images , il ne manque pas de préciser son rôle dans l’élaboration de celle du prince de
Turenne : « Je donnay la pensée de ce dessein et j’en fis 23 devises. Le P. de La Rue en fit
l’épître dédicatoire, les emblèmes et les inscriptions et 6 ou 7 devises, deux ou 3 autres
personnes firent les autres 104
. » Dans La s cience et l’art des devises , il rappelle son
implication, précise que « Quelques unes de ces devises [portent] sur les principales
actions des deux dernières campagnes du Roi 105 … » et en cite plusieurs. Il mentionne
également cette thèse dans son Histoire du règne de Louis le Grand… :
« Louis de La Tour d’Auvergne, Prince de Turenne, après avoir achevé ses études de
philosophie dans le collège de Louis le Grand, pour consacrer à la gloire du prince le
fruit de ses Etudes, avant que de sacrifier sa vie à des entreprises militaires dignes de
la noblesse de son rang, et de la réputation de ses ancêtres, luy présenta des thèses
d’une forme nouvelle dont chaque page était un trophée enrichi de Devises,
d’inscriptions, d’Emblèmes et d’Eloges sous ses titres magnifiques 106
. »
83 En 1693, dans l’avertissement du même ouvrage, à propos de la Tèse de la Guérison du roi
en 1687 (cat. 116), il nomme le graveur Gantrel : « il y a de ce dernier une Thèse sur la
maladie du Roy, & sur le rétablissement de sa santé, soutenüe à Roüen, qui a des beautez
singulières pour la richesse de l’invention, aussi bien que plusieurs Affiches où Monsieur
Sevin a fait voir le talent qu’il a pour ces sortes de compositions ». Ménestrier cite plus loin
le Retour de la campagne de Flandres (cat. 63) : « M. le Marquis de Seignelay dédia au ROY
une thèse en laquelle Hercule remettoit sa Massue à sa MAJESTÉ, et luy laissoit le globe du
monde à porter. » Sa description est cependant inexacte puisque le globe n’est pas figuré
sur la planche.
84 Il est difficile de juger de la diffusion et de la réception des thèses, mais il semble que
certaines connurent un réel succès. À propos de la Tèse de la Guérison du roi en 1687, le
Mercure indique : « Comme elle a esté répandue en beaucoup de mains, et qu’elle est fort
recherchée pour les inscriptions qui en accompagnent les ornemens, je ne doute point
qu’elle ne soit parvenuë dans vostre province 107
. »
Les poèmes
85 La Gazette ne dit rien de la gravure exécutée en 1668 pour Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay mais, après la soutenance, le père jésuite Antoine de La Bretonnière fit paraître
un poème latin sur cette thèse, dont le titre était Hercules Gallicus . L’orateur Esprit
Fléchier 108
, futur évêque de Nîmes, qui cette année-là fut nommé lecteur du Dauphin, en
donna une traduction probablement commandée par Colbert. Commentant la gravure
surmontant la thèse de son fils aîné, cette publication, dont le titre, L’Hercule françois ou
L’explication de la thèse dédiée au roy par M. le marquis de Seignelay 109
( fig. 20 ), précise sans
détour l’objet, répond à sa politique de prestige au service du souverain.
Aucun détail de l’estampe n’est oublié 110
86 ; La Bretonnière, et Fléchier à travers lui,
comparent en huit pages les exploits du roi à ceux d’Hercule :
« Pour te representer, après tes grands exploits,
Ce n’étoit pas assez d’un Hercule Gaulois,
INVINCIBLE LOVIS, sous qui le Monde tremble,
Il falloit avoir peint tous les Heros ensemble. »
87 Réédité à plusieurs reprises, ce poème fait connaître la thèse tout en renouvelant
l’hommage au roi. En 1693, le révérend père Bouhours l’inséra dans son Recueil de vers
choisis sous le titre : L’Hercule françois ou L’explication d’un dessein de M. Le Brun, pour M. de
Seignelay .
F igure 20. – Page de dédicace de L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au
roy par M. le marquis de Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.76 KB )
Notes de bas de page
1 La thèse de médecine de Thomas Roch soutenue à Montpellier date de 1501. La
vignette sur bois anonyme qui agrémente le livret montre un pèlerin assis qui observe les
étoiles (D ulieu 1986, p. 65 ; in-quarto, BNF, Tolbiac, FC012). On ne connaît aucune thèse
illustrée à Paris avant 1604 (thèse de médecine de Georges Arbaud o : BIUM, Ms. 74, n 358).
2 Vient ensuite la thèse de théologie en livret de Charles de Lorraine-Vaudémont chez les
Jésuites de Pont-à-Mousson en 1580, ornée d’une devise à l’eau-forte. Mais nous sommes
en Lorraine. Suivent en 1589, 1590 et 1591 trois thèses de théologie en placard soutenues
à Orthez, ornées d’armoiries gravées sur bois. Celle de 1591 réutilise la planche
de 1590 (L avagne 1996, p. 197, Orthez, n o 10). Nous remercions M. de Vries, conservateur à
la bibliothèque universitaire de Leyde, de nous avoir signalé cette illustration.
3 Voir Archivium franciscanum historicum (1959) p. 392 mentionné dans G ieben 1990,
p. 685.
4 Voir aussi G rès- G ayet 2002 ; S chmutz (2008, p. 451, note 252) précise que ces
« dispositions contre le luxe ont régulièrement été rappelées notamment lors du chapitre
général de Tolède de 1658 ». Il renvoie à l’ Orbis Seraphicus vol. 4, Rome, 1685, p. 153 b et
p. 686-687, à D. De Gubernatis ( Orbis Seraphicus , t. III, Rome, 1684, p. 606 a ) qui en évoque
les attendus.
5 Environ 130 thèses illustrées, soutenues avant 1629, ont été retrouvées pour la France,
dont 45 pour Paris ; parmi elles les armoiries sont très majoritaires.
6 J ourdain 1862-1866, p. 168.
7 Il s’agit des thèses soutenues à Dijon en 1650 (cat. 15), à Marseille en 1686 (cat. 113),
Rome puis à Paris en 1688 (cat. 120-121). Et de nouveau à Dijon en 1685 (cat. 107).
8 IFF Audran, 272.
9 Signalons ainsi la thèse de médecine de Pascal Le Coq dédiée à Geoffroi de Saint-Belin,
évêque de Poitiers : Quaestio Teorica. An calor febrilis differat ab innato ?
28 janvier 1597 (Poitiers, archives départementales de la Vienne, EE).
10 Mercure galant e , janvier 1687, 2 partie, p. 215 (cat. 115).
11 Cat. 124, 127, 130.
12 Mercure galant , octobre 1685, p. 22, 28, 29, 32 (cat. 110).
13 Mercure galant , août 1692, p. 193.
14 F uretière 1981, p. 234-245.
15 Voir F errier- C averivière 1981, p. 109.
16 Voir V iala 1985.
17 S ymon 1686 (cat. 113).
18 Citée par C hartier 1996, p. 214-215.
19 Odes , livre IV, 2, poème adressé à Antoine, appelé don des dieux.
20 Voir C hartier 1996. p. 204-223.
21 On la retrouve cependant dans quelques portraits du roi gravés par Van Schuppen
(1672, abbé d’Argouges), Masson (1676, d’Artagnan ; 1679, abbé d’Estrades), Simon (1678,
abbé du Montal ; 1685, Minimes de Marseille), Cossin (1682, Poisson), Beaufrère (1685,
Berthe), Cars (1701, Poulletier).
22 Elle apparaît en 1666 sur ceux de Colbert et de Louvois, gravés respectivement par
Nanteuil et par Edelinck (IFF 156).
23 Elle figure sur la thèse de Fortin de La Hoguette (cat. 65).
24 La mention offerebat est souvent le seul témoignage que l’on ait de l’existence d’une
thèse. Encore ne l’implique-t-elle pas à coup sûr, car elle peut s’appliquer à d’autres formes
d’hommages.
25 A melot de L a H oussaye 1737, t. I, p. 36. Cette thèse est mentionnée par G ayot de
P itaval (1732, vol. 2, p. 145) qui donne le détail de cette dédicace : Fauvel avait prétendu
que « Comme Coadjuteur de Paris [… .] toutes ces Sciences ne peuvent rien sans
vous, & tous ceux qui y sont versez sont vos vasseaux ».
26 Il semble que ce soit au tout début des années 1660 que cette règle ait été imposée,
ce qui n’empêcha pas de mettre les titres du dédicataire.
27 Signalons la formule utilisée en 1664 et 1667 par Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne : « Ludocivo XIIII Regnum Maximo Vltimos licentiae Teologicae labores aeternum
Consecrat ». (cat. 46, 60).
28 R obinet de S aint- J ean , 22 mai 1667, t. II, p. 849.
29 En 1671, Le Jay utilisa le même psaume pour une thèse de licence en théologie à la
Sorbonne dédiée au frère du roi (ann. I.A-6). Le portrait était gravé par Nanteuil (PW 188).
30 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-58.
31 La dédicace est gravée sur le cuivre.
32 S évigné 1862-1863, t. V, p. 413.
33 Cette thèse est mentionnée par G ayot de P itaval 1732, vol. 2, p. 127 et A melot de L a
H oussaye 1737, t. I, p. 36.
34 Dans re e e la 1 ligne « Rex Christianissime », dans la 4 « Rex Inuictissime » , dans la 7
e
« apud Maiestatem tuam » et dans la 9 « Rex Augustissime » (cat. 33).
35 Il en va de même en 1684 et 1692 dans les grandes thèses allégoriques des fils de
Louvois dessinées par Pierre Mignard et gravées par François de Poilly.
36 Mercure galant , juin 1679, p. 278.
37 Ibid ., p. 194.
38 Requête au roi, BSG, Fol L. 335 inv 552 (P. 2).
39 C hartier 1996, p. 212 et 1992, p. 143-197.
40 F uretière 1981, t. III, chap. ii .
41 AAE, 53 MD 2037, MF P. 6700, fol. 267 ; voir aussi 53 MD 2038 (autre copie du
document) fol. 54.
42 Ibid. , 53 MD 2037, fol. 234.
43 Ibid ., fol. 362.
44 Ibid. , fol. 198, 24 septembre 1700, « À un jésuite italien une médaille d’or, de la famille
royale de ce qu’il a présenté au Roy un poème latin ». Les auteurs français reçurent peutêtre
de semblables gratifications pour les harangues adressées au roi lors des
soutenances de thèses.
45 Ibid. , fol. 193. La boîte est aujourd’hui conservée à Bologne, le portrait montre le roi
en buste dans un ovale surmonté d’une couronne royale de diamants.
46 C hoisy 1727, p. 477 ; les mémoires parurent après la mort de Choisy.
47 Mercure galant , septembre 1680, p. 279.
48 Ibid. , novembre 1686, p. 99.
49 Janvier 1687, 2 e part., p. 216-219. Les propos du roi sont imprimés en italiques dans le
Mercure galant .
50 L even de T emplery 1706, p. 227-228.
51 BNF, Arsenal, Ms. 3185. Ce manuscrit relié maroquin rouge, aux armes de France
surmontées d’une couronne royale, appartint à Jérôme Phélypeaux de Ponchartrain
(1674-1747), o fils du ministre ; lors de la vente de sa bibliothèque (Paris, 1747, n 682,
p. 143) il fut acquis par Charles-Adrien Picart, et en 1780, à la vente de ce dernier (Paris,
o n 1005), par le marquis d’Argenson. Il s’agit sans doute d’un exemplaire de présentation.
52 Ibid. , fol. 3. Le texte est écrit par Thomas-Charles Fleuriau (1651-1735), procureur des
missions au Levant. Il signe en effet la première explication : « Les Perles, Première
Explication du Tableau par Monsieur Fleuriau de Rambouillet ». Il avait milité pour que de
jeunes orientaux fussent éduqués dans des collèges français.
53 L’entrevue peut être datée de 1701, peu après la 2 e arrivée des étudiants orientaux et
l’avènement de Philippe V sur le trône d’Espagne, événement rappelé à plusieurs reprises
dans le livret.
54 Selon le père René-Guillaume Forest, le roi lui-même « voulut voir ces jeunes gens, on
les conduisit à Versailles o » (AAE, Levant, Jeunes de Langues, carton 45, n 19, Forest, 1750),
mentionné par D upont- F errier (1821-1825, t. III, p. 354), qui par ailleurs ignore ce livret,
tout comme Sommervogel.
55 On retiendra ce passage (AAE, ibid. , fol. 16v) : « Rien de plus superbe que Versailles,
bien plus estimable est le Maître qui l’habite. Point de terres plus opulentes. […] Que Louis
Heureux Père, heureux Ayeul, commence à voir croistre autour de luy ses enfans et ses
Petits-fils. »
56 AAE, ibid. o , fol. 21 et 43 v .
57 AAE, ibid. , cité par D upont- F errier 1821-1825, t. III, p. 354-356.
58 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 66.
59 Mercure galant , août 1679, p. 202-211. La référence est la même pour les citations qui
suivent.
60 On remarquera que l’ode adressée au roi par Jessé Le Duc reprenait également ce
titre.
61 Il s’agit sans doute de Dominique Lefebvre, mort en 1719 ; auteur notamment du
Mercure et de la Psyché , aujourd’hui au musée du Louvre.
62 N antes /T oulouse 1997, p. 88.
63 Mercure galant , novembre 1677, p. 122-124.
64 AN, O 1 3304, fol. 126 o v . Ce document m’a été signalé par Michèle Bimbenet-Privat.
65 La thèse est mentionnée par H azon 1771, non paginé.
66 Inventaire général… 1885-1886, vol. 2, 2 e part., thèses, p. 282, 289. C astelluccio (2004,
p. 49) précise que seuls étaient inventoriés les meubles précieux et durables.
67 Inventaire général… 1885-1886, vol. re os os 1, 1 part., p. 282, n 165-180, et n 253, 263,
264.
68 Ibid ., p. 289.
69 Marché communiqué par Bénédicte Gady. Jean (ou John) Betham (v. 1642-1709), issu
du comté de Warwick en Angleterre, ancien élève du collège de Douai, où il reçut la
prêtrise, venu à Paris en 1667, y devint docteur de Sorbonne et fonda en 1684 le séminaire
de Saint-Grégoire pour les étudiants anglais. Chapelain de Jacques II, il fut précepteur du
prince de Galles, son fils.
70 Nous ignorons tout de cette thèse.
71 AN, MC/ET/LXV, 97, 7 mars 1678 ; marché publié par S chnapper 2001, p. 22.
72 Ibid. p. 22. Antoine Schnapper ne donne pas la cote.
73 D elage 1913, p. 108-109 ; H amy 1895.
74 Inventaire général… 1885-1886, vol. 2, 2 e partie, p. 106 pour les citations qui suivent.
75 Étoffe de soie unie et ondée au cylindre. Cinq de ces thèses furent « employées à des
ornemens de chapelle pour Versailles, Marly et Trianon ». Les quatorze restantes furent
« deschargé[es] le 23 décembre 1710 ».
76 « 395, une thèze présentée à Sa Majesté par Monsieur le marquis de Seignelay, avec
un tour de broderie d’or trait, ayant 5 pieds de hault et 4 pieds de large, avec sa bordure
de sculpture dorée ; par le même » (cat. 63).
77 « 397, une thèze du portrait du Roy présentée par M. l’abbé de La Hoguette, avec une
large bordure de bois doré sculpté à jour, haulte de 5 pieds, large de 3 pieds 2 pouces ; par
Nanteuil » (cat. 65).
78 « 406, Une thèze du portrait du Roy dédiée à Sa Majesté par M d’Argouges, haulte
de 5 pieds 1/2, large de 3 pieds 2 pouces, compris la bordure dorée ; par Mignard » (cat.
74).
79 « 412, Une thèze du portrait du Roy, dédiée à Sa Majesté par M. l’abbé Colbert, haulte
de 5 pieds 10 pouces, large de 3 pieds 4 pouces, compris sa bordure dorée ; par
Nanteuil. » Pour tous ces candidats, voir le catalogue et l’index des étudiants (cat. 75).
80 « 405, Une thèze dédiée à Monseigneur le Dauphin par M. d’Estrée, de Vitry et
Bellemare, haulte de 5 pieds, large de 3 pieds, compris sa bordure de sculpture doré ; par
Rousselet » (ann. I.C-3).
81 M archand 1933, p. 310-343, selon un témoignage écrit dix ans après la mort du
ministre.
82 A lbanès 1880, p. 317.
83 F oucault 1687, p. 181, 206.
84 Ibid. , p. 207.
85 L oret 1652-1665, 8 septembre 1663, p. 867.
86 Il fut créé en janvier 1672. Trois numéros parurent jusqu’en 1673, puis la publication
s’interrompit alors et ne reprit qu’en avril 1677.
87 Mercure galant , septembre 1678, p. 178-192.
88 Mercure galant , août 1679, p. 331-333. Toutes les citations qui suivent en proviennent.
89 Mercure galant , septembre 1680, p. 278-290.
90 Ibid. , juillet 1684, p. 314-325.
91 Mercure galant , août 1692, p. 183-194.
92 Pour d’autres passages voir le catalogue.
93 M abillon , M ontfaucon et Q uesnel 1846, t. II, p. 340 ; lettre CCLXXII. La lettre est
conservée à Florence, bibliothèque Magliabechiana.
94 M eyer 2010.
95 Mercure galant , septembre 1687, p. 81 et suiv.
96 Les cinq premières pages concernant le candidat, Dulion de Poinson, et la thèse
individuelle qu’il soutint parallèlement à ses camarades ont été supprimées dans cette
relation.
97 P alys (1890, p. 219) ne connaissait la gravure que par le livret qui en fait une rapide
description. Retrouvé grâce à Yann Sordet, ce dernier est conservé à la bibliothèque
municipale de Dinan (G 102).
98 P alys 1890, p. 15.
99 Ibid ., p. 25 sont énumérés les noms et qualités des parlementaires avec la date de
leur entrée en fonction et leur parenté, accompagnés d’une description de leurs armoiries.
100 Ibid. , p. 18-19.
101 Mercure galant , novembre 1686, p. 135.
102 Le rédacteur indique que toutes les gravures se vendent chez M. Perou, concierge
de l’Académie, rue de Richelieu.
103 Mercure galant , mars 1690, p. 200, « Suite de l’Article qui regarde feu M. le Brun, avec
la liste de ses ouvrages ».
104 M énestrier 1682, p. 138-141 (cat. 91).
105 M énestrier 1686, p. 138.
106 M énestrier 1693, p. 65.
107 Mercure galant , septembre 1687, p. 81 et suiv.
108 Il sera élu membre de l’Académie française en 1672.
109 L a B retonnière 1668.
110 Il décrit par exemple en détail la pyramide et ses prisonniers, qui bien que
secondaire, donna parfois son nom à la thèse.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre III. L’illustration des thèses Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre IV. Les peintres
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre IV. Les peintres Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre IV. Les peintres
p. 91-113
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Plus de soixante illustrations de thèses dédiées au roi sont signées par un peintre ou un
livre dessinateur 1
. La plupart de ces artistes n’en ont créé qu’une, dont des peintres connus ou
célèbres comme Louis de Boullogne, Antoine Dieu, Albert Flamen, Claude Lefebvre, Martin
des Batailles, Simon Vouet ou des graveurs d’invention recherchés comme Louis Cossin et
Grégoire Huret 2
, et aussi des artistes plus obscurs comme Beaufrère, Levesque, Munier et Table des matières
Perroteau. Abraham Bosse, Jean Lepautre, Pierre Simon et Jacob Ferdinand Voet ont été
sollicités par deux fois. De loin, ceux qui l’ont été le plus souvent sont Nicolas Mignard
Citer pour sept portraits, Pierre Mignard pour cinq compositions dont deux allégories et surtout
Charles Le Brun et Nanteuil, avec pour l’un vingt-deux oeuvres et l’autre vingt et une.
Partager PDF du
2 À cette liste, il convient d’ajouter Pierre-Paul Sevin qui donna des dessins pour trois thèses, chapitre
et notamment quinze compositions d’une richesse iconographique exceptionnelle où
Plan apparaissent de nombreuses figures allégoriques, devises et sujets de batailles destinés
pour la plupart à servir d’encadrement au livret du prince de Turenne. Antoine Paillet n’a Suggérer
Plan détaillé reçu commande que de deux illustrations, entre 1671 et 1682, mais mérite d’être distingué l’acquisition à
Texte intégral pour celle qu’il conçut pour Louis-Antoine de Noailles (cat. 70), une des rares compositions votre bibliothèque
Charles Le Brun allégoriques qui ne soit pas de Le Brun ou de Mignard.
Pierre Mignard 3 Après le discrédit et la mort de Le Brun, les artistes auxquels les étudiants firent appel sont Acheter
Nicolas Mignard plus variés. En 1685, Jean II Cotelle conçoit une allégorie en l’honneur du parlement de
Bretagne (cat. 104) et Édition Pierre-Paul Sevin à travers lui en hommage au roi, Martin des Batailles peint un
imprimée
Antoine Paillet portrait équestre pour la thèse de l’abbé Van der Meulen (cat. 103), Munier crée une
Notes de bas de page énigme sur l’État monarchique (cat. 105) et Levesque une énigme montrant Esculape (cat. Presses
122). En 1691, Antoine Dieu (1662-1727) dessine le roi devant le parlement de Rennes (cat. universitaires
de Rennes 127) et en 1695 Bon Boullogne (1649-1717) un buste du roi couronné par le génie des Aller en haut de page
mathématiques (cat. 129). Aller en bas de page amazon.fr
Contrairement decitre.fr 4 à Le Brun, la plupart de ces peintres ne sont pas très habitués à ce genre
de travaux. Ainsi on ne connaît que trois compositions allégoriques de Vouet pour des mollat.com
leslibraires.fr thèses 3 et une seule de Louis de Boullogne 4
. Ne font exception que Paillet qui intervint
placedeslibraires.fr
vingt et une fois et Antoine Dieu dix-neuf, encore qu’indirectement, car la plupart des 1 On se reportera à la table des peintres placée en fin de catalogue. lcdpu.fr
2 esItl an’mepste sp ass onnté ceesxséaicruet éedes rdev’eanpirrè ss urd esl’ acpteiviintét udr’eHsu rerte,l iqguii eua segsr avoéu dduerasn tp orttoruatiet ss,a ccaorrmimèree ulna
grtahnèds e nodmeb rJee and-eB atphtèissetse d’da’pErèsst asmeps espr osproeust ecnoumep oseint i1o6n9s9., Vooirrn éIeFF 2d6’9u-n2e9 0e,f fLi gaiz e 20d0e9 Pehti lippe ePub / PDF
M di’gOnrolt éa2n0s09 .g ravée par François Landry (ann. I.A-9).
3 Toutes trois gravées par Lasne, l’une est aux armes de Pierre Séguier (IFF 58), mais on ignore
le Cnhoma rdul ecosm manLdeit aiBrer u(1n63 4-1636), les deux autres sont respectivement dédiées à Mazarin
par Hélias du Fresnoy en 1636 (IFF 571) et à Claude de Bouthillier par J. de Fourcy
Le nom de Le Brun apparaît sur cinquante-neuf thèses soutenues de son vivant 5
5 , dont
en 1641 (IFF 455).
vingt-six gravées avant 1659, année où paraît l’allégorie montrant le jeune Louis XIV sur le 4 Il s’agit d’une allégorie au prince de Condé gravée par Gantrel et Jean Langlois pour la thèse
char de triomphe gravée par Rousselet (cat. 20). Les compositions qu’il dessine
dès 1640 célèbrent ministres et hauts personnages de l’État : Sublet de Noyers, Séguier,
Richelieu, Le Bouthillier, Mazarin, Fouquet…, mais aussi les parlements de Rennes et de
Rouen. Gilles Rousselet, son propre frère Gabriel et Michel Lasne sont à cette époque ses
graveurs attitrés 6
. Le Brun obtient alors un succès considérable, et c’est à lui que
s’adressent les étudiants pour des thèses dédiées entre 1659 à 1663 à Fouquet, Mazarin et
Loménie de Brienne. Ensuite, à l’exception de quatre thèses – deux dédiées à Colbert, une
au Dauphin (ann. I.C-3) et une à Louvois –, il se consacre au roi.
6 Plus que toutes autres, les compositions de Le Brun sont complexes et savantes et
recourent à l’allégorie, que son érudition et son commerce avec les lettrés 7 lui permettent
de manier avec aisance. Comme le remarque Lépicié, « il recherchait avec empressement
l’entretien des savants pour en tirer les connaissances relatives à son art : il y joignait
l’inspection des médailles et des livres d’Antiquité 8 ». Apparu dès 1640-1641 avec les
premiers frontispices de thèse dédiés à Séguier et gravés par Rousselet 9
, le maniement
des symboles et des allégories se fit plus subtil au fil des ans. Leur emploi systématique
s’impose en 1642 dans les thèses de Ruzé d’Effiat et de Girard dédiées à Richelieu 10
,
Claude Le Bouthillier et Séguier, gravées par Lasne et Rousselet 11
. Encore relativement
simples en 1653-1654, les compositions s’enrichissent bientôt de figures aux attitudes
mouvementées et au ton dramatique, comme celle qui met en scène le jeune Louis XIV sur
son char de triomphe conduit par la Sagesse et la Tranquillité (cat. 20). À partir de 1660, la
mise en page devient plus complexe lorsqu’il s’agit de célébrer le roi, alors qu’elle garde
quelque simplicité pour ses ministres. De 1661 à 1668, Le Brun dessine douze thèses, dont
trois en 1663 et quatre en 1664. La production s’interrompt de 1668 (cat. 63) à 1676 (cat.
80). Le Brun est alors occupé à des travaux de grande ampleur. Outre la direction des
décors des demeures royales – Louvre, Tuileries et Saint-Germain –, il achève la suite de
l’ Histoire d’Alexandre , peint la Résurrection du Christ , grand tableau d’autel commandé
en 1674 pour l’église du Saint-Sépulcre à Paris et, depuis 1672, esquisse La chute des anges
rebelles pour le plafond de la première chapelle de Versailles, dont le projet ne fut pas
exécuté 12
. Parallèlement, il conçoit pour Colbert les décors des plafonds du pavillon de
l’Aurore et de la chapelle à Sceaux et fait de nombreux dessins pour la manufacture des
Gobelins, les statues du parc de Versailles, ses conférences à l’Académie et son traité sur
l’expression des passions 13
. Sa production pour les thèses reprend en 1676, mais à un
rythme moins soutenu, et s’achève vers 1683, date supposée du Triomphe de L’Église (cat.
100). Durant cette période, il n’en exécuta que sept : trois portraits (cat. 80, 82, 90) et
quatre compositions allégoriques (cat. 92, 93, 98, 100). C’est aussi qu’il était pris par les
décors du château de Versailles – l’escalier des Ambassadeurs, les Grands Appartements et
la galerie des Glaces – et que le 6 septembre 1683, il perdit en Colbert un de ses plus forts
soutiens. Son successeur Louvois lui préféra Pierre Mignard, et bien que le roi lui ait
conservé son affection, il tomba dans une semi-disgrâce 14
. Preuve que les thèses
historiées étaient exécutées sous le regard et avec l’approbation du surintendant des
Bâtiments et de la Petite Académie, après cette date plus aucun étudiant ne s’adressa à lui,
qui pourtant continua à peindre et à dessiner presque jusqu’à sa mort le 12 février 1690.
7 On peut classer les thèses conçues par Le Brun à partir de 1661 en trois catégories : les
simples portraits, les portraits entourés d’attributs et les portraits allégoriques historiés,
en général réservés au roi. Les simples portraits sont rares. On n’en compte guère que
quatre gravés entre 1666 et 1679 (cat. 57, 80, 82, 90). Les portraits en buste entourés
d’attributs sont plus fréquents. On en trouve sur six thèses soutenues entre 1663 et 1679 :
soit des portraits peints servent de modèle aux graveurs et il en conçoit l’encadrement,
soit il dessine une composition autour d’un portrait dont il n’est pas l’auteur. En 1667, pour
celui du roi que le duc d’Albret commanda à Nanteuil (cat. 60), il montra l’aigle de Jupiter
maintenant l’effigie du monarque dans un ovale recouvert d’un manteau fleurdelisé,
devant des trophées militaires... Il arrive aussi que l’inverse se produise : en 1663 la
gravure de Van Schuppen pour la thèse de Jules-Paul de Lionne (cat. 41, fig. 21 ) donne lieu
à une collaboration avec Pierre Mignard qui fournit le dessin de l’encadrement du portrait
peint par Le Brun. Bien que la lettre des estampes n’en dise rien, un des membres de
l’atelier peut mettre au net une première pensée. Ainsi dans le contrat signé en 1664 avec
Forot pour la thèse du prince de Turenne (cat. 46), il est précisé que la thèse sera « avec le
portrait du roi, d’après Charles Le Brun, crayonné par Chauveau ». Ces compositions,
simple portrait ou portrait avec attributs, font une part importante à la partie supérieure,
alors que le bas destiné aux positions est dépourvu d’encadrement ou orné seulement
d’un manteau doublé d’hermine ou d’un tapis fleurdelisé.
F igure 21. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun et Pierre Mignard, Tèse de
Jules-Paul de Lionne , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 116.91 KB )
8 Gravées par Rousselet, Poilly et Edelinck, les grandes allégories en deux ou trois planches,
où haut et bas forment un tout, comptent parmi les oeuvres les plus remarquables de Le
Brun et ont fait sa renommée. Si on omet la réédition en 1659 du Roi sur son bige gravé par
Rousselet en 1652 et retravaillé pour l’occasion (cat. 25), et l’allégorie au parlement de
Rouen (cat. 19) où l’hommage rendu au roi est indirect, Le Brun en composa treize.
Dès 1659, éprouvant sans doute une réelle admiration pour Louis XIV, il met son
imagination au service de sa grandeur. S’inspirant de l’exemple de Rubens, il invente un
ton épique au dynamisme contrôlé, qui annonce le plafond de la galerie des Glaces.
F igure 22. – Atelier de Charles le Brun, Le triomphe de la Religion , 1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 102.63 KB )
9 Par chance, plusieurs des grisailles confiées par Le Brun aux graveurs permettent de juger
de la fidélité de ses interprètes 15
. On remarque d’abord qu’il trouve sa voie très tôt en leur
donnant pour modèles non pas de simples dessins à la pierre noire, mais des oeuvres
peintes très précises, en camaïeu de tons variés, de même dimension que le cuivre 16
.
Comme Rubens, c’est peut-être pour préparer au mieux le travail des graveurs que Le
Brun préfère l’esquisse peinte, qui mieux qu’un dessin permet des dégradés et étend la
gamme des tons 17
. Si la composition est en général inversée par rapport à la gravure, c’est
que cela importait peu. Poilly a conservé le sens de l’original pour la thèse de Colbert de
Seignelay, mais Rousselet et Edelinck l’ont inversé dans la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20)
et la Tèse de la Guerre (cat. 84). Dans la première, quelques détails du visage différent : la
lèvre est surmontée d’une fine moustache relevée de chaque côté et la chevelure tombe
en un long rouleau jusqu’au bas de la poitrine, alors que dans le tableau les cheveux sont
rejetés dans le dos et la tête laurée. Le Brun fit souvent peindre dans son atelier des
répliques de ses modèles. Pour Le triomphe de la Religion vers 1683 (cat. 100), la Discorde
est reprise d’une étude conservée au Louvre ( fig. 22 ), déjà utilisée avec quelques variantes
en 1653-1654 dans la Tèse du roi en sa jeunesse 18
. Pour la Tèse de la Guerre , selon Mariette, il
dessina lui-même les monstres dans un antre qui remplace les positions.
10 Le Brun donnait-il toujours des grisailles au graveur ? Y en eut-il une pour la thèse du
comte de Saint-Pol gravée par Rousselet en 1664 (cat. 49), ou le graveur a-t-il travaillé
directement à partir du dessin à la plume et à la sanguine du palais des beaux-arts de Lille
( fig. 23 ) ? La gravure n’en diffère que par quelques détails, les uns omis pour plus de
lisibilité comme l’enfant à gauche qui soutient le globe, les autres ajoutés pour renforcer le
caractère symbolique du sujet. La présence dans l’inventaire après décès de Rousselet de
sept dessins de thèses préparatoires, « des premières manières » de Le Brun 19
, donne à
penser qu’il utilisait l’un et l’autre procédé 20
. Gravé par Poilly pour la thèse de Seignelay
(cat. 63), un dessin au tracé léger et impeccable, montrant Louis XIV descendu du char
conduit par Hercule, le confirme ( fig. 24) .
11 Le Brun préparait ses compositions figure par figure, à l’aide d’un très grand nombre
d’études, dont le Louvre conserve plusieurs (cat. 100, fig. 25 ), toutes inversées dans la
gravure, ainsi qu’un dessin d’ensemble préparatoire à la réplique peinte de la Tèse de la
Religion , dont une collection privée 21 conserve une grisaille pour la partie droite, vestige
sans doute de la première esquisse. Dans son inventaire après décès figurait d’ailleurs un
dessin « coloré » de la Religion triomphant de l’Hérésie . Cela n’empêcha pas Abraham Bosse
dans la querelle qui l’opposa à Le Brun, en mai 1666, dans Le peintre converty aux précises et
universelles règles de son art 22
, de citer les thèses pour montrer sa mauvaise pratique de la
perspective :
F igure 23. – Charles Le Brun, Étude pour la thèse du comte de Saint-Pol , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 142.21 KB )
F igure 24. – Charles Le Brun, Étude préparatoire à la thèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 118.46 KB )
F igure 25. – Charles Le Brun, Étude de la Rébellion pour la thèse de l’abbé de Polignac ,
1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 54.11 KB )
« Mais Sachant bien & universellement les pratiques Géométrales & Perspectives, on
évitera tous ces deffauts, & plusieurs autres amplement déduits en mes Traitez, aussi
ceux que j’ay remarquez en des thèses exécutées par d’Excellens Graveurs 23
, sur les
Desseins de Monsieur Le B. qui est d’y mettre nombre de points de veuës en lieu d’un
seul, puis des corps Geometraux pour des Perspectifs, & en suitte des Figures tant
debout que couchées, ou de necessité, il faut supposer qu’il y eust des trous ou
fosses faites exprès sur le Plan d’assiette, & autres solides, pour y faire entrer & loger
une partie de leurs corps, Jambes & pieds. »
12 Si Le Brun préparait longuement ses compositions, il empruntait aussi à ses
prédécesseurs, tant italiens que flamands, ou à ses propres tableaux. Comme l’a remarqué
Nicolas Milovanovic, il reprend de Rubens des figures allégoriques et aussi quelques
détails comme la nef du gouvernement de la Majorité de Louis XIII pour la thèse du Grand
Dauphin sur son navire 24 (ann. I.C-3, fig. 26 ) et sans les copier, s’inspire aussi des vertus
maniant les avirons. Quant aux amours montés sur les tritons, Le Brun les a sans doute
trouvés dans le Triomphe de Galatée de Raphaël et dans celui d’ Amphitrite de Poussin. On
peut citer d’autres emprunts plus ou moins directs, comme le triton qui souffle dans sa
conque de la thèse d’Amelot, à comparer à celui du Débarquement de la reine à Marseille,
le 3 novembre 1600 de Rubens. De même la Fureur de La conclusion de la paix, à Angers,
le 10 août 1620 de Rubens, qui serre en son poing un serpent, se retrouve en 1677 dans la
Tèse de la Guerre (cat. 84). Le Brun emprunte aussi à L’incendie du bourg de Raphaël
l’attitude de la femme qu’Hercule tient par les cheveux dans la Tèse du roi en sa
jeunesse 25 (cat. 20).
F igure 26. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au Dauphin , 1671.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 192.75 KB )
13 Outre les tableaux de ses prédécesseurs, des gravures de thèse lui servaient aussi de
modèle. Ainsi les personnages nus, en général masculins, assis au bas des positions et
appuyés sur des médailles et qui apparaissent notamment en 1663 sur la tentative de
Charles-Maurice Le Tellier, dérivent probablement d’une thèse dessinée en 1637 par
Romanelli et gravée par Bloemaert en l’honneur du cardinal Barberini 26
.
14 Les « deux desseins de thèze d’après les esquisses de Mr. Le Brun » trouvés dans
l’inventaire après décès de Rousselet prouvent que les graveurs ne travaillaient pas
toujours directement d’après les grisailles ou les dessins préparatoires du peintre, mais
qu’un intermédiaire, François Verdier ou François Chauveau, intervenait parfois 27
. La lettre
de la Dispute de Minerve et de Mercure , gravée pour la thèse de l’abbé de Louvois, dédiée à
Mazarin 28 précise : « C. Le Brun in [venit]. F. Chauveau delin [eavit] et F. de Poilly sculp [sit]. »
Mais le plus souvent seul le peintre ou le dessinateur signe. Sans Mariette, on ignorerait la
collaboration des deux artistes à la thèse de philosophie de Maupas du Tour gravée par
Gabriel Le Brun et dédiée en 1657 à Armand de La Porte, grand maître de l’artillerie 29
, sans
nom d’inventeur, et à celle de Gangnot de Maincourt, dédiée à Fouquet en 1660 et gravée
par Rousselet 30
, où seul apparaît celui de Chauveau. Voilà qui autorise à leur attribuer à
tous deux le portrait gravé par Nicolas de Poilly, ainsi que le marché passé en 1663 pour la
thèse du duc d’Albret (cat. 46) l’indique.
15 Aidé du burin de ses interprètes, Le Brun met ainsi en place un art fait pour éblouir. Mais
en 1683, il est contraint de s’effacer devant Mignard. Dès avant, sans doute surchargé de
travail et parce qu’à cette époque il ne dessine plus de thèses que dédiées au roi, c’est Noël
Coypel (1628-1707) qui fut chargé d’imaginer celle qu’Alexandre de Crèvecoeur dédia
en 1678 à Monsieur, dont son père, Adrien de Mannevillette, était secrétaire (ann. I.A-7a,
fig. 27 ). Coypel s’inspira des thèses de la Guerre gravées par Rousselet et Edelinck (cat. 49,
84) pour montrer le dédicataire à cheval précédé de la Gloire et accompagné de la Valeur,
tandis que la Crainte et le monstre qui la suit s’enfuient devant lui. Le dynamisme des
nombreuses figures allégoriques dans le ciel, le prisonnier de dos, la disposition où haut et
bas forment un tout, évoquent Le Brun, même si Coypel renouvelle la composition 31
.
Comme le précise le peintre dans le livret explicatif qu’il fit paraître :
« La peinture n’est pas seulement pour les yeux, comme les ignorans se l’imaginent,
elle est encore pour l’esprit. Surtout dans les grands sujets, il faut mesler le
mystérieux avec le naturel, et joindre l’allégorie à la lettre. [et plus loin] Cette
imagination n’est pas une imagination neuve ; elle est fondée sur la raison et sur la
vérité. De quelque éclat que soient les grandes actions, en quelque lieu qu’elles se
passent, tout le monde n’en peut estre témoin. Il faut donc que le public les
apprenne, ou par les Relations, ou par les Représentations 32
. »
F igure 27. – Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après Noël Coypel, Tèse
d’Adrien-Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe d’Orléans , 1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 170.09 KB )
16 Comme chez Le Brun pour Louis XIV, le frère du roi porte un costume intemporel : mais
remarque Coypel, « on ne doit pas s’étonner de le voir armé ou vestu moitié à l’antique et
moitié à la moderne. C’est pour dire qu’il a paru avec toutes les qualités, qui ont fait les
héros du temps passé et ceux du nostre ».
17 Si l’allégorie tient encore une place importante, contrairement à Le Brun, Coypel figure au
naturel les événements les plus récents ; ainsi, selon le Mercure , « la bataille de Cassel et le
Siège de Saint-Omer se voient en l’éloignement dans un tableau qui est au haut ». Il
annonce la démarche de Pierre Mignard en 1684 dans la thèse des frères Le Tellier (cat.
102). Sa gravure fut réutilisée avec changement de portrait, pour la mineure que Claude-
Irénée d’Aumas de Beauséjour de Roquemartine dédia au duc de Chartres, fils du régent,
le 15 juillet 1723 33
.
Pierre Mignard
18 Pierre Mignard succède donc à Le Brun. Du fait de son long séjour à Rome de 1635 à 1657,
il commença plus tard à dessiner des thèses et ses débuts remontent à 1660. Mais il ne
s’agit pas alors pour lui de concevoir des compositions spécifiques, mais de donner
l’autorisation de graver ses portraits de Mazarin 34
, du duc de La Valette 35 et d’Alexandre
VII 36
, peints depuis peu, à Nanteuil, Pitau et Larmessin. Ce n’est qu’à partir de 1663 que
quelques étudiants qui dédient leurs thèses au roi s’adressent à lui pour des compositions.
Le premier fut Jules-Paul de Lionne (cat. 41), qui le chargea de concevoir un encadrement
pour le portrait que Van Schuppen devait graver d’après Charles Le Brun, qui montre des
amours assis sur des trophées portant sur leurs épaules le médaillon à l’effigie royale
surmonté des instruments du pouvoir. Il donna aussi le dessin de six compositions
allégoriques pour la plupart gravées par François de Poilly, en l’honneur de Guillaume de
Lamoignon en 1665 et 1670 37 et de Colbert en 1680 et 1682 38
. En 1672, l’abbé d’Argouges
fit décorer son exercice de théologie d’un de ses portraits du roi, mais sans ornement (cat.
74). La thèse de Claude-François Pellot en 1676 est la première composition ambitieuse de
Mignard (cat. 81) ; multipliant les figures allégoriques autour du portrait en buste du
monarque, il développe entre haut et bas de thèse une scénographie pleine de verve et de
dynamisme.
19 Ayant refusé de faire partie de l’Académie, Mignard a été écarté de ce genre de commande
jusqu’à la mort de Colbert. Viennent alors en 1684 et 1692 les deux allégories célébrant
Louis XIV commandées par Louvois, qui marquent sa dernière participation aux thèses
(cat. 102, 128). Dans ces deux compositions, le roi apparaît en pied et non plus en buste. Il
est vu au naturel, dans des scènes animées, selon la formule de Le Brun. Ce sont les
dernières grandes thèses historiées du règne. Bien que Mignard ait condamné ce recours
à l’allégorie que pratiquait Le Brun 39
, elle tient ici une place non négligeable. Guillet de
Saint-Georges le remarque :
« Après la mort de M. Colbert, les envieux de M. Le Brun ont tâché de donner du
dégoût pour ses ouvrages à cause de l’allégorie dont il se sert pendant que l’on leur a
vu faire de merveilleux efforts pour l’imiter dans cette partie qu’ils condamnaient ;
l’on en peut citer plusieurs exemples, entre autres cette thèse de M. Mignard où il a
tâché de traiter son sujet allégoriquement ; mais l’allégorie en est si grossière qu’il
paraît bien qu’il en a ignoré l’art 40
. »
20 Non sans sévérité, Guillet fait ici allusion à la thèse de 1684, où l’on ne retrouve certes ni
l’équilibre, ni l’unité, ni le souffle héroïque de Le Brun. Dans la seconde, gravée en 1692,
l’allégorie est d’un effet plus subtil. Au lieu de montrer une abondance de détails, la joie
des paysans, la forteresse…, le peintre se concentre sur l’essentiel et donne plus de force à
sa composition. Mais il lui manque le souffle épique de Pierre de Cortone ou de Raphaël,
avec lesquels il cherche en vain à rivaliser ; si certains personnages – comme la Fureur ou
le soldat derrière elle – sont intéressants, d’autres sont peu convaincants. Préparatoire à la
composition principale de la thèse, un dessin à la pierre noire (cat. 128, fig. 28 ) avec
rehauts de blanc sur papier gris, révèle les hésitations de Mignard et les profondes
modifications qu’il apporta à sa composition d’origine. Celles qui concernent la figure du
roi sont considérables : comme Minerve, il est nu-tête au lieu d’être casqué. Dans la
gravure, son attitude a gagné de l’assurance, et il tend vers ses ennemis le bâton de
commandement d’un geste plus décidé ; son regard irrésolu, voire inquiet, a disparu. Bien
que tourné vers la déesse, il ne lui demande pas conseil mais regarde vers l’infini. Sa
cuirasse à l’antique est remplacée par une armure moderne. Pas moins considérables, les
changements qui affectent Minerve modifient ses relations avec le roi, puisqu’au lieu de se
précipiter prête à la lutte, elle apparaît pleine de dignité et de retenue. Le lion, symbole de
clémence, qui marchait derrière elle a cédé la place aux deux enfants ; dans le dessin, celui
qui tient les attributs royaux se trouvait entre le monarque et Minerve et l’autre derrière le
lion. La Religion, qui avait les jambes croisées et tenait d’une main le livre et de l’autre la
croix, est également changée ; elle désigne le Monarque. Si cette partie est devenue plus
convaincante, ailleurs la composition perd de sa fougue. La distance entre le roi et ses
ennemis a été accentuée. À l’arrière-plan vers le centre, nul cavalier, mais une troupe unie.
On remarquera aussi que la Discorde qui brandissait un serpent a cédé la place dans la
gravure à la Fureur qui lève sa torche. Si la gravure transmet bien l’image d’un roi
invincible, si elle compte parmi les plus remarquables illustrations de thèses dédiées à
Louis XIV, sa composition n’est pas aussi réussie que celles de Le Brun. Est-ce la volonté
d’inscrire l’histoire du monarque dans la narration qui gênait ainsi Mignard ? Il est
probable que les modifications lui furent imposées par la Petite Académie ou par Louvois
peu avant sa mort, le 16 juillet 1691.
F igure 28. – Pierre Mignard, Étude préparatoire pour la thèse de Camille Le Tellier .
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.6 KB )
21 Journaux et gazettes ont aussi commenté les oeuvres du peintre. Selon le Mercure de
juillet 1684 41
,
« [la thèse est] dédiée à sa Majesté par Mr. le Commandeur le Tellier, fils de Monsieur
de Louvoys ; et Mr. Mignard de Troyes en Champagne, dit le Romain, à cause qu’il a
demeuré 23 ans en Italie, en a fait le Dessein. Chacun sçait que sur les belles Antiques
que l’on y admire, et sur les ouvrages des plus grands hommes qui y ont excellé, il
s’est fait un bon goût, et cette grande manière qu’on remarque dans l’invention, le
dessein, et le coloris de ses tableaux. Aussi cette thèse est-elle grande et magnifique.
La composition en est riche et noble, le sujet touche, et plaist à tous ceux qui
connoissent le Dessein dans sa correction ».
22 Suit la louange du graveur : « Elle a esté gravée par François Poilly. Le burin en est beau,
hardy, et a beaucoup de grâce » et la justification de l’allégorie : « Comme il est impossible
de traiter les grands sujets sans allégorie, pour des raisons qui seraient trop longues à
rapporter, cette thèse en expose une sur l’état présent des affaires de l’Europe. » Il décrit
ensuite en détail la composition. De même le Mercure commenta la thèse de 1692 et
précisa que Louvois en avait donné le sujet.
23 Contrairement à Le Brun, Mignard préfère la partition entre haut et bas de thèse. Chez lui
pas de composition en un seul tenant. Participant directement au message délivré, la
partie inférieure n’en est pas moins essentielle, car elle apporte une conclusion aux
événements figurés dans la partie supérieure. Ainsi en 1676, les amours de la thèse de
Pellot (cat. 81) ouvrent les rideaux du théâtre pour montrer la dédicace et mettre en
évidence le tapis fleurdelisé, le carreau et les instruments du pouvoir royal. En 1684, dans
celle des frères Le Tellier (cat. 102), sainte Cécile et les anges signifient le triomphe du roi
et l’harmonie revenue ; en 1692, dans la thèse de leur cadet (cat. 128), l’amour qui oblige
Bellone à rentrer dans son temple témoigne de l’action du monarque en faveur de la paix.
Le soin et l’importance accordés aux encadrements de thèse, leur caractère noble et
imposant, les rangent parmi les plus réussis du genre. Contrairement à beaucoup de
graveurs et d’éditeurs de son temps comme Vallet, Picart, Gantrel, Malbouré ou
Trouvain 42
, Mignard ne conçoit pas le bas comme un simple ornement, mais lui donne un
rôle essentiel.
24 À la différence de Le Brun, ni le Mercure , ni Florent le Comte, ni Heinecken n’ont dressé de
catalogue des estampes d’après Mignard ; en revanche sa biographie parut peu après sa
mort alors que celle de Le Brun par Nivelon resta inédite. L’abbé de Monville, qui en est
l’auteur, réserva un chapitre 43 entier aux thèses qu’il décrit brièvement, indiquant pour la
plupart le nom du candidat et la date de la soutenance. Il en mentionne cinq, oubliant
celle que Morel avait dédiée en 1682 à Colbert 44 qui fut gravée par Edelinck. Ainsi, bien
que moins recherchées et moins citées que celles de leur rival, les thèses de Pierre
Mignard restèrent dans les mémoires.
Nicolas Mignard
25 Son frère Nicolas ne fut pas sollicité pour d’autres thèses que celles dédiées à Louis XIV. On
en compte huit de 1661 à sa mort en 1668. Cinq ont été gravées par Nicolas de Poilly, une
par le peintre lui-même, une par Nanteuil et une par Grignon. Deux furent soutenues par
Roger de Courtenay à quatre ans d’intervalle (cat. 50, 62) : supprimant les devises dans les
écoinçons, le candidat fit modifier à peu de frais la première composition.
26 Les portraits du roi comptent parmi les plus remarquables qui aient été gravés.
Probablement conçus par le peintre lui-même, les encadrements sont en général
agrémentés de devises, trophées ou instruments du pouvoir. Seul le plus complexe qu’il ait
imaginé, celui de la thèse de Chrétien-François de Lamoignon (cat. 39, fig. 29 ), où des
amours disposent des devises autour du roi, est signé « N. Mignard, Auennis jnu [enit] et
Delin [eavit] », mais cette fois le portrait a été peint par son frère Pierre. Les autres ne
portent que la mention « pinxit ». Selon Dezallier d’Argenville, c’est sur la recommandation
de Mazarin, satisfait de sa propre effigie, que Nicolas Mignard devint portraitiste du roi
en 1661. Il travaillait alors au décor des appartements bas des Tuileries où il peignit
l’histoire d’Apollon 45
.
F igure 29. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Chrétien-François de
Lamoignon , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 95.08 KB )
F igure 30. – Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Louis XIV fait fermer les portes du
temple de Janus e , 12 page du livret de la thèse du prince de Turenne, 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 163.82 KB )
Pierre-Paul Sevin
27 Les trois thèses dédiées à Louis XIV et dessinées par Pierre-Paul Sevin se distinguent par la
diversité et l’originalité de leur composition. Au service du cardinal de Bouillon, oncle de
l’impétrant, il fut chargé en 1678 de celle du prince de Turenne (cat. 91, fig. 30 ). C’était la
première fois qu’on lui confiait ce genre de travaux. Son succès lui valut, jusqu’en 1704,
douze autres commandes de la part des étudiants, des collèges et des universités.
28 Ancien élève des Jésuites à Tournon, Sevin s’était familiarisé avec leur conception du décor.
Très tôt, il enseigna aux élèves le dessin du blason. En 1661, il fut chargé d’orner la cour du
collège de Lyon pour célébrer la naissance du Dauphin, sur le thème de l’arc-en-ciel, fils du
Soleil 46
. Sous la direction du père Ménestrier, qui y occupait la chaire des humanités et de
rhétorique, il décora de nouveau la façade du collège des Jésuites, sur le thème du Temple
de la Sagesse 47
. Une solide amitié naquit entre les deux hommes qui prirent l’habitude de
travailler ensemble et créèrent des décors pour des feux d’artifice, ballets, entrées de villes
et carrousels…
29 Après un voyage à Rome de 1666 à 1671, Sevin s’établit à Paris en 1673 dans l’hôtel du
cardinal de Bouillon 48 et y travailla de nouveau avec Ménestrier, qui précise dans la
Philosophie des images , à propos de la thèse du prince de Turenne : « Je donnay la pensée
de ce dessein et j’en fis vingt-trois devises, et le sieur Sevin […] en inventa les ornements et
la disposition 49
. » Cette thèse fit sensation par sa présentation inhabituelle. De page en
page, Sevin montre une verve et une imagination hors du commun. Avec humour, il manie
la satire contre les ennemis du roi en fuite devant ses armes. Usant de puissants
raccourcis, de figures râblées parfois grotesques, il suscite la curiosité et amène le lecteur
à partager son admiration pour le monarque. Traités avec vigueur, ses dessins à la plume,
à l’encre noire et au lavis gris 50 trouvent un interprète de choix en Louis Cossin. Selon le
même agencement dans chaque page, Sevin donne vie aux devises de Ménestrier par la
force synthétique des scènes et figures accompagnant le motto, qui en reprennent l’esprit
et en renforcent l’effet.
30 C’est également pour un autre élève des Jésuites, Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat.
112), que Sevin conçut un second frontispice en 1686-1687, pour une thèse probablement
en livret, qui présente Louis XIV en buste dans une alcôve avec sur les montants les
grandes réalisations du règne. L’illustration est éditée par Gantrel qui avait déjà gravé ou
publié plusieurs oeuvres du peintre commandées par les Jésuites, comme
en 1683 et 1686 des allégories en l’honneur d’Ignace de Loyola et François-Xavier, de Louis
de Gonzague et François Régis 51
, destinées toutes quatre à des thèses de grand format
qui furent diffusées dans toute la France.
31 Cette affiche et les pages du livret du prince de Turenne évoquent par leur sujet et leur
spécificité l’item 18 de l’inventaire de François-Gérard Jollain dressé en 1687 qui montre
que les actions du roi étaient à l’origine de bien des illustrations qui servaient aux
étudiants tant français qu’étrangers : « Plus cent planches, sortes différentes d’affiches
propres pour les collèges et pour tous les païs, enrichies et ornées de batailles, histoire et
conquestes de Louis le Grand, les estampes desquelles se vendent aux marchands sur le
pied de huict livres le cent 52
. » Elles sont une nouvelle preuve de l’importance de la
présence royale dans les collèges que la rareté des documents graphiques rend difficile à
saisir 53
.
32 En juillet 1685, Sevin donna également le frontispice de la thèse de philosophie que Jean
de Massol de Montmoyen, au collège des Godrans à Dijon, dédia à la Chambre des
comptes de Bourgogne et de Bresse, dont son père était président (cat. 107) et dont les
gravures montrent la façade sur une tapisserie. Le projet n’est pas aussi original que celui
de l’illustration de la thèse de Turenne, puisque de page en page la même planche se
répète. Sevin ne travaillait pas seulement pour les Jésuites. Il reçut également des
commandes d’autres ordres, comme en attestent en 1688 le portrait du roi entouré de
trophées et le bandeau allégorique célébrant les lys de France gravés pour la thèse de
Séraphin Crouzeil (cat. 120), soutenue dans les couvents des Cordeliers de Paris et de
Rome. À partir de 1686, il adopta cette présentation in-quarto, plus modeste, pour toutes
les thèses, quel qu’en soit le dédicataire 54
.
Antoine Paillet
33 Parmi les peintres qui donnèrent des dessins pour les thèses, Paillet tient comme Sevin
une place à part. Dans son oeuvre, deux célèbrent Louis XIV, mais il n’en illustra pas moins
de vingt et une de 1663 à 1692, pour l’essentiel de simples portraits en buste dans un
médaillon, gravés par Vallet ou par Picart 55
. Il créa cependant quelques compositions plus
complexes. Influencé par les allégories composées par Pierre Mignard et par Le Brun,
en 1664, pour célébrer Chrétien-François de Lamoignon, il montre l’avocat général dans un
médaillon tenu par le génie des arts tandis que la Vertu peint son portrait avec les
couleurs de l’arc-en-ciel 56
. La même année, il dessine une belle allégorie en l’honneur de
Louvois ( fig. 31 ), où dans une composition comparable aux meilleures réalisations de Le
Brun et de Mignard, le portrait est placé sur un autel entre deux colonnes autour
desquelles s’enroulent les positions de la thèse, tandis que Mars tient la tablette sur
laquelle l’Histoire écrit les hauts faits du ministre 57
. Toujours en 1664, il donna un dessin
plein de verve montrant Henri de Maupas du Tour demandant à Alexandre VII la
canonisation de François de Sales 58
( fig. 32 ).
F igure 31. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Jules-Louis Bolé de
Champlay dédiée à Louvois , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 169.09 KB )
F igure 32. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Henri de Maupas du Tour
intercédant auprès d’Alexandre VII pour la canonisation de saint François de Sales , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 165.77 KB )
34 Vallet grava ces compositions, et encore quelques autres frontispices de thèse moins
complexes sur le dessin de Paillet. Avec la Défaite de l’Hérésie (cat. 70), ils reviennent tous
deux à l’actualité pour célébrer la politique religieuse de Louis XIV. Nul doute que l’abbé de
Noailles avait à l’esprit ces compositions originales lorsqu’en 1671 il s’adressa à eux pour
sa tentative . Bien que le portrait du roi ne soit pas très réussi, c’est une de leurs plus belles
oeuvres, sur laquelle ils ne manquèrent pas de mentionner leurs titres et qualités. Paillet a
dessiné le roi sur le vif : Paillet Pictor, ac professor Regius hoc opus Inuenit, et delineauit,
effigiemq., pinxit ad vivum . Guilel. Vallet ex Academiâ Regiâ sculpsit. Cum Pri. Regis. On
retrouve dans cette planche l’ingéniosité de la thèse dédiée à Louvois pour introduire les
positions avec naturel en les inscrivant sur des tablettes maintenues par les pères de
l’Église et par un ange porteur d’un phylactère avec la dédicace « REGI
CHRISTIANISSIMO ». Divisée en trois registres, la composition forme un tout, dont
exceptionnellement les positions occupent le haut. Au premier registre, la Trinité éclaire de
ses rayons le roi et l’Église et les assure de sa protection, au second les pères de l’Église
assistent à l’entrevue royale et à la chute de l’Hérésie, qui forment le troisième registre. Le
dessin élégant évoque l’école des Carrache, alors tant prisée.
35 Il faut attendre 1682 pour que Paillet reçoive une nouvelle commande pour une thèse
dédiée au roi : c’est celle de l’abbé de Lorraine gravée par Étienne Picart, où il revient à la
présentation traditionnelle, haut de thèse avec portrait du roi en buste dans un médaillon,
bas de thèse réservé aux positions, avec au premier plan la Victoire assise sur des
trophées d’armes désignant le monarque.
Notes de bas de page
1 On se reportera à la table des peintres placée en fin de catalogue.
2 Il n’est pas nécessaire de revenir sur l’activité d’Huret, qui a gravé durant toute sa
carrière un grand nombre de thèses d’après ses propres compositions. Voir IFF 269-290,
L az 2009 et M ignot 2009.
3 Toutes trois gravées par Lasne, l’une est aux armes de Pierre Séguier (IFF 58), mais on
ignore le nom du commanditaire (1634-1636), les deux autres sont respectivement
dédiées à Mazarin par Hélias du Fresnoy en 1636 (IFF 571) et à Claude de Bouthillier par J.
de Fourcy en 1641 (IFF 455).
4 Il s’agit d’une allégorie au prince de Condé gravée par Gantrel et Jean Langlois pour la
thèse du père du Tertre soutenue en 1686 (M eyer 2002, p. 180, fig. 87) ; la Décollation de
saint Paul , utilisée en 1695 par les Jésuites de Poitiers pour une thèse offerte à Olivier de
Vérac, lieutenant général du roi, reprend sans doute un de ses tableaux (M eyer 2005, n o 5).
5 Après sa mort, et pendant tout le xviii e siècle, plusieurs de ses tableaux servirent de
modèles aux éditeurs de thèses.
6 Pour plus de détails, G ady 2010, M eyer 2004 et W ildenstein 1965.
7 Cette attitude restera une constante. La protection de Séguier favorisa ce
rapprochement avec les savants ; on sait également qu’il était proche de Perrault et des
membres de la Petite Académie (G ady 2010, p. 87-91).
8 L épicié 1752, t. I, p. 7.
9 VM 265.
10 IFF 748.
11 Lasne : IFF 204 et 757 ; VM 270.
12 Voir notamment V ersailles 1963, p. 77-105, et L ens 2016, p. 320-325.
13 Voir L ens 2016, notamment p. 246-278 et 346-349.
14 Ibid. , p. 385-386.
15 Voir les reproductions données dans V ersailles 2007 : n° 46, Tèse du roi en sa jeunesse
(cat. 20) ; le dessin à la plume et lavis de la thèse de Charles d’Orléans-Longueville (cat. 49).
La Tèse de la Religion (cat. 100) en 1683-1686.
16 Rousselet possédait un tableau en camaïeu de Le Brun, peint vers 1648, préparatoire
à l’ Allégorie à Mazarin , conservé aujourd’hui au musée du Louvre (VM 278).
17 À l’instar de Le Brun, Bourdon donnait aussi des modèles peints à l’huile pour des
thèses.
18 B eauvais 2000, vol. 2, n o 2304, p. 658.
19 M eyer 2004, p. 57.
20 L othe 1976.
21 V ersailles 2007, n o 50, fig. 25.
22 A. Bosse, « au lecteur sur les causes qu’il croit avoir eu de discontinuer le cours de ses
leçons géométrales et perspectives, dedans l’académie Royalle de la Peinture et de la
Sculpture, et mesme de s’en retirer », placé à la fin de B osse 1667, p. 4.
23 Ces thèses ont été gravées par Gilles Rousselet, Poilly et Edelinck pour Charles Amelot
en 1663, le comte de Saint-Pol en 1662 (cat. 36) et Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne en 1664 (cat. 46).
24 M ilovanovic 2007.
25 G ady 2009.
26 BNF, Est., Bb 3, fol. 95. Reprise également en 1698 par Maratti pour une thèse gravée
par Robert Van Audenaerde en hommage à Innocent XII (BNF, Est., AA6, E023402).
27 M eyer 2004, p. 57.
28 L. 362.
29 IFF 47.
30 VM 282.
31 Pierre Rosenberg (dans P aris /M unich /B onn 2005, n o 28) remarque que Dietmar
Lüdke ( Neuerwerbungen für die Gemäldegalerie, 1984-1994 , Karlsruhe, Die Kunsthalle, 1995,
p. 18-20 [ill.]) rapproche à juste titre la statue équestre du duc d’Orléans et celle de Louis
XIV du Bernin. Installé à Rome en 1673-1675 comme directeur de l’Académie de France,
Noël Coypel en avait à coup sûr vu une esquisse, sinon la réalisation définitive, qui ne fut
acheminée à Versailles qu’en 1684, et visiblement s’en inspira.
32 C oypel 1678, p. 3. Le Mercure d’août 1678 décrit l’événement et la gravure (p. 200-208).
33 La soutenance est mentionnée dans le Mercure d’août 1723, p. 308-309.
34 M eyer 2006, n o 42 (1660), n os 45-46 (1661).
35 H ollstein 1949-2010, vol. 26, p. 113.
36 Sorbonne, Rba 2 fol., t. I, p. 14.
37 L. 366, 370.
38 La seconde est gravée par Edelinck (IFF 99).
39 Voir notamment S abatier 1999, p. 583, annexe 1 : « La querelle Mignard-Le Brun
en 1682-1686 » (ENSBA, Ms. 555/1). Mignard adresse ces reproches à Le Brun : « vos
ouvrages sont des enfilades de galimatias que vous seuls entendez… o » (n 5) et « si ces
tableaux ont fait quelque bruit, vous en avez obligation au graveur : le blanc et le noir en
cachent les plus grands défauts o » (n 9).
40 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 53.
41 Mercure galant , juillet 1684, p. 314-325.
42 M eyer 2002.
43 M onville 1730, p. lix- lxi .
44 IFF 99.
45 D ezallier d ’A rgenville 1762, t. IV, p. 69-70.
46 C hanterenne 2012, p. 19. Quatorze affiches furent aussi exécutées sous la direction de
Sevin avec des louanges écrites par les Jésuites ; l’une montrait « le roi pacifique, son
sceptre pointé vers une allégorie de la Justice », une autre « un manteau d’hermine
enveloppait le portrait du Dauphin ». La source n’est pas précisée, sans doute s’agit-il de la
Vie manuscrite de Sevin (coll. part.).
47 Ibid. , p. 29-33.
48 Le cardinal de Bouillon fut témoin au mariage de Sevin en 1681. Jusqu’en 1682, le
peintre habita son hôtel ( ibid . p. 11-112), et en 1673, il orna la grande galerie de son palais
abbatial à Pontoise.
49 M énestrier 1682, p. 138-141.
50 Pour plus de détails voir la notice du catalogue.
51 M eyer 2002, p. 185-209, fig. 90 à 99. La collaboration de Sevin et Gantrel pour les
thèses remonte à l’année 1680 au plus tard, avec le portrait allégorique de Léon Potier de
Gesvres pour la thèse de philosophie de François Nau au collège de Presles-Beauvais ( ibid. ,
o p. 303, n 28).
52 L othe 2005, p. 40. L’IFF ne recense pas ces affiches. François-Gérard Jollain s’était
spécialisé dans la publication des almanachs.
53 Elles évoquent également ces étranges pages de titre laissées vides, publiées par
Étienne Gantrel, qui ont pour sujet le Dauphin ou le roi et dont on ne connaît aucune
utilisation (IFF 246-247, 252, 254 et 255 ; M eyer 2002, p. 256, fig. 130).
54 Il en fut ainsi de la thèse de mathématiques de Jacques Cassini, soutenue en 1691 au
collège Mazarin et dédiée au duc de Bourgogne (ann. I.D).
55 M eyer 2002, re 1 partie, p. 65-152.
56 Ibid ., fig. 18.
57 Ibid. , fig. 20.
58 Ibid. , fig. 24 et 25.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre IV. Les peintres Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre V. Les graveurs
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre V. Les graveurs Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre V. Les graveurs
p. 115-145
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Sur les cent trente-six thèses dédiées à Louis XIV, onze ne sont connues que par des
livre mentions dans les journaux ou les mémoires, où rien n’est dit du nom des auteurs de
l’illustration, du graveur ou de l’éditeur. Les autres planches ont été exécutées par trente et
un graveurs, dont quatorze n’en ont exécuté qu’une 1 et neuf seulement deux 2
. Ils se
répartissent en trois groupes : portraitistes originaux, portraitistes d’interprétation et Table des matières
graveurs d’allégorie. Du fait de la qualité et de l’importance de leur production, nous nous
occuperons plus longuement de Nanteuil, qui en donna vingt et une, François de Poilly
Citer sept, Nicolas de Poilly et Van Schuppen six, Edelinck et Rousselet quatre.
2 Pendant la période glorieuse du règne, les graveurs les plus éminents furent mis à Partager PDF du
contribution, mais à partir des années 1689-1690 apparaissent quelques oeuvres de
chapitre
moindre qualité, exécutées par des artistes au talent inégal comme Claude Duflos
Plan (1665-1727), interprète de Le Brun et graveur de portraits, qui vers 1685-1690 signe un
Louis XIV à cheval pour l’abbé Van der Meulen (cat. 103) ou Levesque, qui pourrait être Suggérer
Plan détaillé Laurent Levesque, actif à Paris de 1653 à 1696 environ, choisi en 1689 pour graver une l’acquisition à
Texte intégral composition énigmatique sur la thériaque destinée à la thèse de pharmacie de Rouvière votre bibliothèque
Les portraitistes (cat. 122).
Les graveurs d’histoire 3 Pour les thèses qu’ils dédièrent en 1653 et 1654 au parlement de Bretagne et de Acheter
Les graveurs en lettres Normandie, et à travers eux au roi, les Jésuites s’adressèrent à Gabriel Le Brun (1625-
1660), artiste talentueux, frère du peintre, mort dans Édition Notes de bas de page la fleur de l’âge (cat. 19), puis
imprimée
de 1678 à 1689 à Étienne Gantrel (1646-1706), un des graveurs et marchands parisiens les
Aller en haut de page plus recherchés pour les thèses. De même, en 1685, les Minimes de Marseille choisirent un Presses
portrait gravé à Paris par Pierre Simon (v. 1640-1710) 3 qui s’était spécialisé dans l’exécution universitaires
Aller en bas de page
de Rennes des portraits du roi plus grands que nature. Mais fait exceptionnel, l’année suivante, pour
illustrer un livret, les Jésuites de la même ville passèrent commande d’une composition amazon.fr
allégorique de petit format à un graveur local, Jacques Cundier (1645-apr. 1724), actif à Aix, decitre.fr
recherché avant tout pour ses portraits, et alors le seul graveur sollicité par les étudiants mollat.com
distingués de la région (cat. 113). En 1667, pour célébrer le parlement du Languedoc ceux leslibraires.fr
de Toulouse avaient chargé François Rabaud, graveur de la ville, de copier une gravure de placedeslibraires.fr
1 GabIlr is’ealg it Led e BCruunnd ie(rc,at .d e5l 8)P.o , Ertinger, Grignon, Huret, Landry, Lasne, Lenfant, Lepautre, lcdpu.fr
Levesque, Nicolas Mignard, N. Picart, Tasnière, Trouvain.
42 TouIlt se’sag itc esd e iBlolsusset,r atDiaornest , deM astshoèns,e s É. onPitc arétt,é Ngircaolvaése sP iteanu , FPriaenrcree , Sià moln’,e xcGeupitliloanu mdee Vcaelllleets quqiu i ePub / PDF
inftuerrevnietn te xcéocmumteée sg raenv eu1r6 5e6t cà omVimeen neéd itpeouurr. NHoeursm aanjo utWoenrsn eGran trKellö ckbeiern (qcuate. t2r3o)i s ett hèesne s1 6s8o7ie nàt
édTiutréiens ppaoru rs esle scoionmst, e carN adtetuax (cda’te.n tr1e1 4)e.ll esL a prporceèmdieènrte , dud émdêiémee àc uAilvreex aqnudi rne’ a VeInI rmiaeins étmé etmotdainfti é.e n
3 scèMn eey erL o1u9i8s8 , XI1V9,8 9F,e r1d9i9n1 anetd 1992. III, Philippe IV et Christine de Suède, est gravée par
4 BaAr tppoulnohmnä- uRs a dKtiklei a1n9 8(81. 630-1696), souvent sollicité par les étudiants pour ses thèses dédiées
5 Cat. 61, 44, 64. aux plus hautes personnalités du monde germanique 4
; la seconde, dédiée à Louis XIV 6 PW 155-167 et M eyer 2006.
évoqué sous la figure de Judas Maccabée, a été gravée d’après le Génois Domenico Piola
(1624-1703) par Georges Tasnière (1632-1704), buriniste originaire de Besançon, entré au
service de la cour de Savoie.
Les portraitistes
Robert Nanteuil
5 Nanteuil (1623-1678) tient une place à part, car il a lui-même dessiné les portraits du roi
qu’il a gravés, comme il le précise toujours sur la planche : « Nanteuil ad viuum Faciebat ad
vivum pingebat et sculpebat ». Une fois seulement, pour son premier portrait du roi
en 1661, il a travaillé d’après une peinture par un autre, Nicolas Mignard (cat. 31). Par
ailleurs, pour les thèses d’Amelot en 1663 (cat. 42) et du prince de Turenne en 1667 (cat.
60), il dessina et grava le visage du roi alors que Rousselet était chargé du reste de la
composition d’après Le Brun. Il mourut avant d’avoir achevé la thèse commandée pour les
deux petits-fils du chancelier d’Aligre, dont Gérard Edelinck termina la planche (cat. 89).
Encore en 1681, trois ans après sa mort, Van Schuppen grava d’après lui un portrait du roi
pour la thèse de Michel-François Le Tellier (cat. 96).
6 Comme le précisent Petitjean et Wickert, tous les portraits qu’il a gravés de Louis XIV l’ont
été pour des thèses, entre 1661 et 1680, sur douze cuivres différents, dont le dernier, qui
avait servi en 1677 et 1678-1680 pour celles de Fabio Brûlart de Sillery (cat. 83) et de
François d’Anglure de Bourlemont (cat. 85), fut réutilisé en 1686 par un étudiant inconnu ;
fatigué par les tirages, le cuivre fut retravaillé : la cravate du roi est nouée sous le menton
et couverte de dentelle, la chevelure est reprise et dans les ombres des tailles sont
renforcées. Il fit de même en 1661, 1664 et 1667 pour les abbés de Guénégaud, de Choisy
et de Lionne 5
.
7 Nanteuil était recherché à la fois pour sa qualité de portraitiste et pour sa capacité à saisir
la vérité de ses modèles. Il est probable que les quelque treize portraits qu’il grava de
Mazarin entre 1652 et 1661 6
, en général pour des thèses, ont attiré sur lui l’attention du
roi, des étudiants et de leur famille. Toujours est-il que Louis XIV le nomma son
dessinateur et graveur ordinaire et il lui témoigna sa satisfaction dans son brevet
de 1658 7
:
« Son génie pour la portraiture, sa capacité pour la connaissance des belles lettres
aussi bien que des règles de son art & son secret pour rendre infaillible par le
crayon & le burin la ressemblance des sujets dont l’air est le plus difficile à prendre,
sont avec les marques de la perfection où il porte ses ouvrages et que tout le monde
voit dans les portraits qu’il a fait de nous 8 … »
F igure 33. – Robert Nanteuil, Tèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine,
abbé d’Harcourt , 1670.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 106.2 KB )
8 Il fut l’un des rares graveurs à obtenir que le roi pose pour lui. La première séance, en
octobre 1661, est à l’origine des quatre portraits gravés de 1662 à 1664 (cat. 35, 37, 44, 45).
Vers 1666, Nanteuil exécuta deux autres pastels : l’un se trouvait en 1687 dans la salle à
manger du palais Pitti et l’année suivante dans la chambre du grand-duc 9
(il est
aujourd’hui conservé au musée des Offices à Florence 10
), l’autre a été acquis en 2009 par la
Bibliothèque nationale de France. Le premier servit successivement aux thèses d’Ysoré
d’Hervault (cat. 68), de Fortin de La Hoguette (cat. 65), de Jules-Paul de Lionne (cat. 72) et
de Béranger de Lorraine (cat. 67, fig. 33 ), le second à celles de Servien (cat. 56) et de La
Tour d’Auvergne (cat. 60). Pour suivre au plus près l’évolution de l’apparence du souverain,
Nanteuil apporta aux interprétations gravées de légères modifications dans la coiffure, les
moustaches ou la cravate de dentelle. Obtenue le 5 février 1672, la seconde séance de
pose du roi fut consacrée au portrait dit « aux pattes de lion » qui illustre la thèse de
Jacques-Nicolas Colbert (cat. 75). La troisième, en 1676, est célèbre par les propos du roi
rapportés par Baldinucci : « Allez-vous-en content Monsieur de Nanteuil, car je suis très
content de vous 11
. » Destinée au portrait de la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), cette
séance donna au graveur une fièvre violente qui altéra irrémédiablement sa santé. La
quatrième, pour la thèse des petits-fils du chancelier d’Aligre (cat. 89), lui fut fatale : l’artiste
prit froid et mourut peu après. On trouva dans son atelier un grand nombre de copies
sans doute préparatoires aux divers états des gravures, où le visage du roi devait être
retravaillé en fonction de rides nouvelles, de changements dans la coiffure ou les
moustaches, qui au fil des ans connurent de nombreuses variations.
9 À une interruption près, entre 1672 et 1676, les portraits de Louis XIV se succèdent à un
rythme régulier. Cependant, alors que Nanteuil avait obtenu le 15 avril 1658 le brevet de
dessinateur et graveur ordinaire du roi et qu’il prêta serment le 6 mai 1659, il est curieux
qu’on ne conserve aucun portrait du roi d’après ses dessins antérieur à 1662 12
.
10 Comme ceux de Georges Perroteau et de Nicolas Mignard, ses premiers portraits du roi
sont un peu maigres ; le visage est allongé, presque maussade. Puis, sans doute sous
l’influence de Le Brun avec qui il travaille, et des grandes allégories qu’il grave alors pour
les thèses, ils s’étoffent à partir de 1666 (cat. 55 et 56), gagnent en majesté, en aisance et
en spontanéité. Quand il devient le graveur attitré de Louis XIV, Nanteuil a atteint la pleine
maîtrise de son art ; le pastel lui permet de saisir les expressions des modèles sur le vif,
d’en traduire la mobilité et de faire naître un léger sourire sur leurs lèvres. Il y met alors
tout son « courage », son « esprit », recherchant « l’effet », et la « vivacité », toujours
conscient des limites de la « manufacture 13 ». Autant de recherches qu’il mit à profit dans
ses portraits d’un roi qui semble être de plus en plus attentif à son image, à sa coiffure, au
dessin de sa moustache…
11 Nanteuil est un maître au pastel comme en gravure. Dans le privilège de vingt ans obtenu
le 26 octobre 1661 pour graver et faire graver, imprimer, vendre et débiter son oeuvre 14
,
Louis XIV précise qu’il a une « parfaite connaissance de la capacité de l’exposant par
plusieurs ouvrages qui sont partis de sa main, et encore tout nouvellement par le dernier
qu’il a entrepris par notre ordre et fait d’après notre personne, auquel il a réussi à notre
satisfaction et contentement ».
12 Outre son burin rangé au tracé impeccable, ponctué d’entretailles qui permettent de
traduire avec d’infinies subtilités, volume, modelé et jeux d’ombre et de lumière, il
inaugura le grand format avec le portrait fort comme nature, démarche que suivirent bien
des graveurs de son temps. Le procédé était délicat et selon Charles Perrault en 1696 :
« Jusques-là il avoit esté presque impossible aux Graveurs de représenter, avec le seul
blanc du papier et le seul noir de l’encre, toutes les autres couleurs que demandent
un portrait lorsqu’il est en grand, car lorsqu’il est en petit l’imagination de celuy qui le
regarde les supplée aisément ; cependant on croit voir dans celuy dont je parle la
couleur naturelle du teint, le vermeil des jouës, & le rouge des lèvres, au lieu que
dans les portraits de cette mesme grandeur que la pluspart des autres ont fait, le
teint paroist plombé, les jouës livides, les lèvres violettes ; de sorte qu’on croit voir
plutost des hommes noyez, que des hommes vivants 15
. »
13 Cette manière de donner le plus de place possible au visage au détriment du buste n’était
pas du goût de tous. Ainsi Philippe Doublet écrit de La Haye à Christiaan Huyghens
le 17 janvier 1664 16
: « N’y aurait-il pas moyen d’avoir un de ces portraits de Nanteuil du
Roy ; Je me l’imagine fort beau pourveu qu’on ne voije pas trop peu du corps, car c’est
l’ordinaire defaut quand ils font les visages si grands de prendre les planches trop
petites 17
. »
14 Nanteuil ne grava que des portraits en buste du roi, la plupart simplement insérés dans
des ovales, parfois agrémentés d’attributs allégoriques. À la fin de sa vie, son attention
s’est portée sur les bas de thèse, comme en atteste un fragment manuscrit autographe au
verso d’un projet pour un frontispice (cat. 77, fig. 34 ) qui donne l’explication du sujet 18
.
Selon Audrey Adamczak, qui ne commente pas ce texte, le dessin daterait des
années 1676-1678. Seule la figure serait de Nanteuil alors que le reste de la composition
reviendrait à quelques membres de son atelier, peut-être à Domenico Tempesti. Bien que
les phrases soient coupées à gauche, qu’en manquent le début et la fin, on comprend que
Nanteuil projette quelques autres figures allégoriques avec en bas les instruments de
guerre et de paix, et les génies du roi, dont les vêtements seront semés des fleurs de lys.
« Nous avons eu deux fois la Paix depuis le règne de sa Majesté », d’où les génies de
chaque côté du portrait, attachés à des médailles dans « lesquelles on pourra mettre les
deux histoires les plus considérables de la [Paix et de] 19 la Guerre ». Au bas de la thèse,
« entre les deux génies, il y aura [la place ?] raisonnable pour graver au burin les positions
[de th]éologie ». Suit un passage barré où Nanteuil précise que « cette thèse sera de la
même grandeur […] qui a surpassé toutes [les illustrations] des thèses à deux planches »
et que celle-ci « sera magnifique d’une manière nouvelle nullement embrouillée par ce que
d’abord tout le [monde] comprendra l’invention ». Ce passage permet de lui attribuer
l’encadrement de la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), pour lequel un doute subsistait. On
peut supposer qu’il en donna une première pensée, qui fut mise au net dans son atelier.
Cet intérêt pour la mise en page apparaît déjà en 1672 dans le portrait du roi aux pattes de
lion (cat. 75, fig. 35 ) gravé pour l’abbé Colbert, où apparaissent des devises et dont haut et
bas sont conçus comme un tout. L’artiste poursuivit cette recherche dans d’autres portraits
également gravés pour des thèses, comme celui de Michel Le Tellier en 1678 20
. Partout la
même sobriété ; chaque élément a un sens propre qui enrichit le discours de l’oeuvre : sur
un fond semé de fleurs de lys, le portrait est en sautoir sur les deux masses de chancelier,
les positions sont gravées sur un manteau d’hermine tenu en haut par trois étoiles,
meubles des armes du ministre, avec d’un côté les instruments de la Justice et de l’autre la
cassette fleurdelisée renfermant les sceaux. Sans doute l’idée de cette mise en scène lui
avait été inspirée par la thèse de l’abbé de Bouillon, conçue par Le Brun en 1667 (cat. 60),
dont il avait gravé le portrait du roi dans un bouclier tenu par un aigle, devant un palmier
posé sur un manteau doublé d’hermine, car l’année suivante il plaça une tablette sous le
portrait du roi pour le texte de la thèse de Jules-Paul de Lionne (cat. 64), alors qu’en
général ses portraits pour les thèses n’étaient pas encadrés.
F igure 34. – Robert Nanteuil, Étude pour une thèse de théologie , 1676-1678.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 149.08 KB )
Tous ces portraits justifient pleinement l’éloge de Carlo Dati en 1667 21
: 15
« Ces paroles d’Appollonius, dit ce sçavant Florentin dans sa Vie de Zeuxis,
m’appellent à contempler avec étonnement l’artifice des estampes de nos Graveurs
modernes, où toutes choses sont si naïvement représentées, la qualité des étoffes, la
couleur de la carnation, la barbe, les cheveux, & cette poudre légère, qui se met
dessus, & ce qui est de plus important, l’âge, l’air & la vive ressemblance de la
personne, bien qu’on y employe autre chose que le noir de l’encre & le blanc du
papier, qui ne font pas seulement le clair & l’obscur, mais l’office de toutes les
couleurs. Tout cela se voit, & s’admire plus qu’en quelqu’autre ouvrage, dans les
excellens portraits de l’illustre Nanteuil 22
. »
16 Les portraits qu’il a gravés du roi sont sans doute les plus élégants, les plus raffinés de
tous ; on y trouve cet « art de flatter sans nuire à la ressemblance », qu’évoquait
Mademoiselle de Scudéry :
« Nanteuil, en faisant mon image,
A de son art divin signalé le pouvoir ;
Je hais mes yeux dans mon miroir,
Je les aime dans son ouvrage 23
. »
17 Comme Le Brun avait été séduit par la personnalité de roi, Nanteuil le fut par son visage,
dont il eut l’art de gommer la moindre imperfection, beaucoup plus que Perroteau, Nicolas
Mignard et surtout Beaufrère.
F igure 35. – Robert Nanteuil, Tèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec , 1672.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 118.76 KB )
Louis Cossin, Pierre Beaufrère et Antoine et Madeleine Masson
18 Parmi les autres graveurs qui méritent de retenir l’attention, on ne peut oublier Louis
Cossin (1627-1704) qui en 1679 a gravé à l’eau-forte et au burin les pages de titre, le
frontispice et les six encadrements de la thèse du prince de Turenne. Tout est ici
exceptionnel, et notamment l’utilisation conjointe de l’eau-forte et du burin. Comme Van
Schuppen, Edelinck et Pierre Simon, Cossin travailla d’abord dans l’atelier de Nanteuil. Il
avait épousé la veuve du graveur Gabriel Le Brun (1625-1660) qui, entre 1653 et 1657,
avait gravé deux frontispices de thèse dédiés aux parlements de Normandie et de
Bretagne (cat. 19, 22) d’après des dessins de son frère Charles. La seconde thèse illustrée
par Cossin et dédiée en 1682 à Louis XIV est également intéressante car le dessin est de sa
main (cat. 97, fig. 36 ). Comme Pierre Simon, Cossin est de ces graveurs talentueux,
recherchés pour leurs portraits au pastel, célèbres en leur temps et maintenant oubliés.
Lui aussi reprend le métier tout en nuances de son maître, mais cherche moins à séduire,
comme en atteste son portrait du roi, à l’expression plus sobre et moins spirituelle.
F igure 36. – Louis Cossin, Tèse de Jean Poisson , 1682.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.15 KB )
19 Pierre Beaufrère (actif à Paris de 1661 à 1685), dont on ne connaît que quatorze pièces
d’une facture un peu rude et d’un dessin schématique, surtout des portraits, dont certains
ad vivum , est plus oublié encore que Cossin. Sur celui de François Pallu, il signe cependant
P. Beaufrere graveur du Roy 24
. On le retiendra ici pour deux portraits en grand format de
Louis XIV, exécutés en 1685 d’après ses propres dessins qui méritent de retenir l’attention
pour l’expression triste et désabusée du souverain, alors qu’il s’inspire du portrait gravé
trois ans plus tôt par Cossin, auquel il ajoute une fossette au menton ( fig. 36 ). Si le premier
a servi pour la thèse de Pierre Berthe (cat. 110, fig. 37 ), on ignore la destination du second,
de meilleure qualité, en contrepartie du précédent 25
. En 1667, pour Nicolas de Lesseville,
aumônier ordinaire du roi 26
, Beaufrère avait déjà gravé un portrait du monarque, non
retrouvé, qui servit probablement pour une thèse. Très vite, il se fit une spécialité des
portraits de Louis XIV, en grand comme en petit, reprenant dans la plupart le portrait
dessiné et gravé pour la thèse de Berthe 27
.
20 Antoine Masson (1636-1700) n’est ni élève ni disciple de Nanteuil, mais a été formé dans
l’atelier de François de Poilly, comme en témoigne un contrat d’allouage du 8 février
1662 28
. Contrairement à beaucoup de graveurs de son temps, ses premiers travaux n’ont
pas été guidés par Le Brun mais par Pierre Mignard, qui l’engagea à pratiquer également
la peinture et le dessin. Portraitiste avant tout, il travailla souvent d’après ses propres
dessins au pastel ou d’après Le Brun, les frères Mignard et Nanteuil. Bon nombre de ses
portraits servirent pour des thèses de philosophie ou de théologie soutenues entre 1665
et 1686. Il a également gravé quelques interprétations de sujets d’histoire de Maratti et de
Titien. C’est d’après un dessin de son invention, sans doute un pastel, qu’il a gravé
en 1676 pour l’abbé d’Artagnan (cat. 79) un portrait du roi accompagné de devises, signé
non sans humour « Ant. Masson raptim ad. uiuum. faciebat felici’ ex. Pressur’ Si comin’ Intueri
licuisset », signifiant que n’ayant pas obtenu de séance de pose du roi, il l’a croqué à la
dérobée. En 1679, il a également gravé d’après Le Brun un portrait de Louis XIV, sans
ornement, pour la thèse de l’abbé d’Estrades (cat. 90).
21 Il en grava trois pour d’autres usages : l’un dans une couronne de laurier ornée de deux
branches de lys, aussi d’après Le Brun ; les deux autres, de présentation très différente, en
buste sur un piédouche, pour les Modes de Jean de Saint-Jean, « dessiné [s] et Graué [s] Par
Ante Masson-Avec Priuilege du Roy. [en] 1697 ». De sa formation première de damasquineur,
il garda une franchise de burin sans pareille qui l’amène parfois à des exercices d’extrême
virtuosité, notamment dans le travail des vêtements et des cheveux dont il se plaît à
rendre les guipures, les broderies et la moindre mèche. Il fut nommé graveur ordinaire du
roi et reçu à l’Académie en 1679. Bien que son oeuvre, qui totalise soixante-huit planches,
soit de qualité variable, Masson compte parmi les graveurs les plus singuliers de son
temps. Qu’il s’agisse du roi (cat. 90) ou du Dauphin à la limite de la caricature (ann. I.C-6), il
ne cherche pas à flatter ses modèles, mais leur donne une présence exceptionnelle.
F igure 37. – Pierre Beaufrère, Mineure de Pierre Berthe (détail), 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 91.99 KB )
Nicolas de Poilly
22 La renommée de Nicolas de Poilly (1627-1696) a été injustement éclipsée par celle de son
frère François, qui fut son maître avec Nanteuil. Contrairement à son aîné, il n’a jamais
quitté la France et fut avant tout portraitiste, et le surpasse même en ce domaine ; comme
lui, il n’entra pas à l’Académie. S’il a interprété peu de tableaux, certaines de ses oeuvres
comptent parmi les plus belles de son temps comme le Christ crucifié , en trois planches
d’après Champaigne, la Sainte famille au Lys de Stella, Le sommeil de Jésus d’après Le Brun et
la Madone à l’escalier de Poussin 29
. Son intervention pour les thèses se réduit aux portraits
en buste, hormis une allégorie en l’honneur du Dauphin (ann. I.C-2) d’après François
Chauveau.
F igure 38. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Antoine-Benoît de
Clermont-Tonnerre de Cruzy , 1662.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 123.11 KB )
23 Poilly a gravé douze portraits de Louis XIV, dont cinq au moins ont servi pour des thèses.
Ses modèles sont plus variés que ceux de son frère. En 1660, le premier qu’il grave est
peint par Perroteau (cat. 29) : le roi apparaît avec les cheveux bouffants et courts. En 1662,
Nicolas Mignard, qui fut témoin de son mariage en 1667 30
, lui fournit celui de la thèse de
Clermont-Tonnerre de Cruzy (cat. 34, fig. 38 ) et en 1663 lui donne le dessin de la
composition qui entoure l’effigie peinte par son frère Nicolas Mignard pour celle de
Chrétien-François Lamoignon (cat. 39), où des amours portent des devises ; avec les thèses
gravées par Nanteuil, il s’agit ici d’une des plus belles compositions pour un portrait en
buste. L’année suivante et en 1668, il grave de nouveau un portrait peint par Nicolas
Mignard, cette fois pour Roger de Courtenay (cat. 62). Selon José Lothe, c’est
probablement d’après Nicolas Mignard 31 que fut gravé le roi en médaillon, sur un décor de
lettres et de guirlandes qui forment le chiffre du roi avec en haut et en bas des couronnes
royales et la légende « QVOT PONDERE CONTERET VNA » signifiant que la couronne du roi
écrase toutes les autres de son poids ( fig. 39 ) Avec son frère, il contribua aussi à la
diffusion des faits et gestes du monarque par l’almanach.
F igure 39. – Nicolas de Poilly, Portrait de Louis XIV , s. d.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.17 KB )
Pieter Van Schuppen
24 Comme Edelinck, Van Schuppen (1627-1702) 32 est originaire d’Anvers où il était membre
de la guilde de Saint-Luc avant d’arriver à Paris en 1655. Il travaille lui aussi dans l’atelier de
Nanteuil et est admis à l’Académie en 1663. Parmi les 160 planches qui composent son
oeuvre, on dénombre 128 portraits, souvent pour orner des thèses, dont plusieurs d’après
ses propres dessins, mais aussi d’après Claude Lefebvre dont il est un des interprètes
favoris. L’un des frontispices les plus remarquables en ce genre est celui qu’il grava
en 1664 d’après Le Brun en l’honneur de Jean-Baptiste Colbert, où Minerve brode une
tapisserie sur laquelle se détache le visage du ministre. À son propos Mariette s’exprime
ainsi :
« Il entreprit aussy de dessiner des portraits d’après nature, et le fit avec d’autant plus
de succès qu’ayant été destiné à la peinture dans sa jeunesse, il avait acquis la
pratique de dessiner avec une grande précision. Personne n’était plus soigneux que
luy de son ouvrage ; il l’était même à l’exces ; chaque planche l’occupait un temps
considérable, et il aimait mieux en graver peu, que de rien laisser sortir de ses mains
où il parut quelque chose de négligé, et où il n’eût pas cru avoir donné l’entière
perfection. Ainsy ses ouvrages semblent peu nombreux par rapport aux années qu’il
a vécu et cependant il aurait été difficile de trouver un artiste plus assidu. On ne
pouvait le distraire de son travail et il avouait luy-même qu’il ne trouvait point de
plaisir qui approchât de celuy qu’il goûtait renfermé dans son cabinet 33
. »
25 Cette application serait cause d’une certaine monotonie qui règne dans son travail, car
selon Mariette ses tailles étaient toujours guidées dans la même direction. Le portrait du
roi qu’il grave en 1661 d’après Nicolas Mignard pour l’abbé d’Harcourt (cat. 32, fig. 40 )
montre tout ce qu’il doit à Nanteuil. Comme lui, il use dans les parties claires d’un pointillé
rigoureusement disposé respectant le dessin du moindre volume, tout en traduisant avec
subtilité les modelés et en ajoutant des tailles simples, doubles ou triples et des
entretailles pour traduire l’intensité des ombres. Cette habileté le met au rang des
meilleurs représentants du burin rangé, qui fait la renommée de l’école française de cette
époque. On lui doit quelques belles interprétations de peintres célèbres comme Crayer
dont il grave une Vierge à l’enfant et Jean-Baptiste , ainsi que neuf portraits de Louis XIV
destinés à des thèses soutenues entre 1659 et 1687 ; le premier d’après Charles Le Brun (?)
en 1659 (cat. 26), le second d’après Nicolas Mignard en 1661 (cat. 32), le troisième
en 1663 d’après Pierre Mignard pour l’effigie et Le Brun pour l’encadrement (cat. 41).
Accompagnés pour certains de la couronne, du sceptre et de la main de justice et placés
devant une tenture fleurdelisée, les trois suivants parurent entre 1664 et 1666 (cat. 43, 48,
57). En 1672, ce fut un nouveau portrait d’après Pierre Mignard, dans un ovale orné au bas
de fleurs de lys (cat. 74). Suivent encore deux autres, l’un en 1681 d’après son défunt
maître Nanteuil (cat. 96) et l’autre en 1687 d’après Jacob Ferdinand Voet (1639-1700 ?),
peintre anversois installé à Paris après avoir travaillé à Rome et Turin (cat. 118), de
conception très proche, qui se détachent sur des trophées militaires, drapeaux, épieux,
masses d’armes avec au premier plan le sceptre et la main de justice, tandis que les
positions sont inscrites sur un bouclier.
F igure 40. – Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard, Tèse de Raymond-Bérenger
de Lorraine , 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 113.59 KB )
Nicolas Pitau
26 Comme Edelinck et Van Schuppen, Nicolas Pitau (v. 1633-1671) est originaire d’Anvers.
Formé par Cornelis Galle le Jeune, il arrive à Paris en 1655 où il est accueilli par ses
compatriotes le peintre Philippe de Champaigne et le graveur Edelinck, et entre lui aussi
dans l’atelier de Nanteuil. Dès lors, les étudiants s’adressent à lui pour illustrer leurs
travaux. Il se spécialise dans le portrait, mais traduit aussi avec bonheur des oeuvres de
Bourdon, Carrache, Guerchin, Le Brun, Poussin, Raphaël… En août 1663, selon Mariette,
« il fit un voyage à Anvers et s’accorda avec une fille de cette ville Madeleine Vaddre. Mais
comme il avait entrepris deux sujets de thèses dédiés l’un au chancelier Séguier, l’autre au
roi, il retourna à Paris pour achever son travail. L’ouvrage terminé en 1664, il se maria à
Anvers et revint à Paris avec son épouse 34 ». Ce sont les deux seules allégories pour des
thèses qu’il exécuta. Sur les onze thèses dont il reçut commande entre 1655 et 1670, il n’en
a gravé que deux dédiées au roi. L’une en 1665 est ornée d’une composition historiée de
Jean Lepautre montrant le roi descendu de son char accueilli par Saint Louis (cat. 51).
Gravé en 1670 d’après Claude Lefebvre pour l’abbé de Coëtlogon, l’autre est un des
portraits les plus remarquables de Louis XIV, le seul pour une thèse qui soit à mi-corps et
en pleine page (cat. 66). Souffrant d’une maladie de foie, Pitau fut aidé par Edelinck et
mourut peu après. Ce portrait plein d’élégance se suffisait à lui seul et les positions de la
thèse parurent sans aucun ornement.
Pierre Simon
Pierre Simon (v. 1640-1710) 35
27 , fils d’un marchand orfèvre, apprit le portrait au pastel et la
gravure au burin dans l’atelier de Nanteuil. De 1668 à 1674, il séjourne à Rome où il grave
des portraits peints par Maratti et Gaulli et quelques interprétations après Pierre de
Cortone et Salvador Rosa. De retour à Paris, il n’exécute plus que des portraits, la plupart
d’après ses propres dessins. En 1676 il grave ceux du Grand Condé et de Louis XIV.
Dès 1683, il porte le titre de graveur du roi et avant 1691 celui de « graveur ordinaire de sa
Majesté ». Si en 1676 et 1677 ses portraits de Louis XIV étaient d’après Le Brun (cat. 80, fig.
41 ; cat. 81), en 1678 il grave d’après ses propres dessins (cat. 87). En 1685, il obtient la
faveur de faire poser le roi (cat. 106), renouvelée en 1687, 1691 et 1692. Avant lui, seul
Nanteuil avait eu cet honneur, trois ou quatre fois également. Cossin une fois et Masson
jamais. Ainsi, sept ans après la mort de Nanteuil, Simon prend sa succession et se
consacre surtout à la personne royale : de 1685 à 1697, sur dix-huit portraits de sa main,
neuf représentent Louis XIV et trois le Dauphin et la Dauphine. Il est fait chevalier romain
par le pape en 1691 et sa production se raréfie alors. Parmi les 62 planches qui composent
son oeuvre, un bon nombre dut servir pour des thèses, mais cette utilisation ne peut être
confirmée que pour trois des portraits du roi, car Simon reprend rarement la formule
offerebat utilisée par Nanteuil. Le premier, gravé en 1678 pour l’abbé du Montal (cat. 87),
qui selon le Mercure de septembre 1678 fut « très favorablement receu en cour, ainsi que le
portrait de sa Majesté fait par le Sieur Simon Graveur. Il avait déjà fait celuy de Monsieur le
Prince, et celui de Monsieur l’Archevêque de Paris. Ces trois portraits l’ont rendu fort
recommandable 36 ». Un nouveau portrait du roi, au visage auréolé, tel Apollon ou un
nouveau Dieu, dessiné et gravé par Simon, fut utilisé en 1685 pour la thèse censurée des
Minimes (cat. 106), puis de nouveau, sans doute en 1687, pour une autre thèse soutenue
au collège des Jésuites de Poitiers, où le roi apparaît cette fois sans rayons mais avec le
mufle du lion de Némée sur l’espalière de sa cuirasse (cat. 119).
F igure 41. – Pierre Simon d’après Charles Le Brun, Tèse supposée de Jacques Simiane de
Gordes , 1676.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 100.92 KB )
28 Comme Nanteuil, Simon excella dans le portrait plus fort que nature et il agrandit encore
le format utilisé par son maître ; comme lui, il multiplia les états ; les changements qu’il
apporte au costume d’une version à l’autre sont plus importants encore, ce qui donne à
chaque fois l’impression d’un nouveau portrait. Celui de la thèse des Minimes est une
quatrième utilisation avec changements d’une planche gravée deux ans plus tôt. Simon
sait avec une rare habileté modifier l’apparence du roi en lui donnant une présence, une
vivacité toujours plus grande. Sous son burin, plus que sous celui de Nanteuil ou de
Masson, on le voit vieillir peu à peu de 1685 37 à 1694 38
: le bas de son visage perd de sa
fermeté, des rides se creusent à la naissance du nez, les poches sous les yeux sont plus
marquées. Comme Lefebvre gravé par Pitau (cat. 66), Simon recourt à deux reprises au
moins au portrait en pleine page, mais bien qu’il se contente d’une présentation en buste,
leur format exceptionnel, rivalisant avec la peinture, rendait impropres aux thèses ces
imposantes effigies du roi vieillissant 39
. Sa production s’interrompit entre 1698 et 1707 :
accusé d’avoir triché 40 sur la date d’un bénéfice ecclésiastique, il fut emprisonné au Forl’Évêque
et seule l’intervention du père La Chaise lui aurait évité les galères. Il avait perdu
la confiance du roi, dont il ne fit plus de portrait.
Les graveurs d’histoire
29 À la différence des graveurs de portrait, la plupart des graveurs d’histoire étaient déjà
célèbres lorsque les étudiants s’adressèrent à eux pour leurs thèses dédiées au roi.
Gilles Rousselet
30 Sur les dix-sept thèses que grava Gilles Rousselet (1610-1686) entre 1630 et 1653, Louis
XIV n’apparaît que vers 1648, en buste sur le fronton d’une architecture palatiale, dans une
allégorie dessinée par Jacques Stella, dédiée en 1643 à Sublet de Noyers 41
, où figurait à
l’origine le portrait de Louis XIII (cat. 14). Ce passage du père au fils a été aussi pratiqué
par Daret en 1651 ou 1652, pour une thèse dédiée auparavant à Louis XIII (cat. 17).
31 Rousselet ne grava sa première thèse dédiée au roi qu’en 1653 (cat. 20) : le monarque
apparaît debout sur un char de triomphe, dans une composition de Le Brun qui servit de
nouveau en 1659. En 1660, il reçut commande d’une allégorie en hommage à Fouquet,
également d’après Le Brun 42
, puis en 1663 il fut chargé par Charles Amelot de célébrer le
roi, là encore d’après un dessin de Le Brun, qui montre Louis XIV au gouvernail de son
navire (cat. 42). Alors qu’auparavant elles étaient dédiées à des ministres, des évêques, des
princes ou des corps constitués 43
, sur des dessins de Bourdon, Huret, La Hyre, Stella, Louis
Testelin, Vignon et Le Brun lui-même, désormais toutes les thèses gravées par Rousselet
concernent le roi. Entre 1661 et 1671 il en grave cinq, dont trois mettent en scène le roi,
une le Dauphin (ann. I.C-3) et une Colbert, mais l’évocation de Louis XIV est implicite : la
scène de cette dernière thèse se déroule dans la cour du Louvre ; le portrait du ministre se
détache sur une pyramide autour de laquelle s’affairent la Fidélité et la Vigilance 44
.
32 Rousselet était l’ami et l’interprète attitré de Le Brun ; les thèses qu’il a gravées d’après lui
comptent parmi ses chefs-d’oeuvre. Reçu à l’Académie en 1663, il est avec Chauveau le
premier graveur à y entrer à ce titre. Entre 1667 et 1668, il est nommé graveur ordinaire
du roi, et à partir de 1671, il loge à la manufacture des Gobelins. En 1668 il est l’un des
premiers à travailler au Cabinet du roi jusqu’en 1678. Il grave notamment le frontispice du
Carrousel organisé aux Tuileries en 1662 pour célébrer la naissance du Dauphin 45
. Son
burin plein de souplesse et de délicatesse lui permet de traduire avec sensibilité les
tableaux des collections royales, ceux de Poussin, Titien, Raphaël et Guido Reni. Ayant
cessé de graver vers 1680, il meurt aveugle en 1686.
François de Poilly
33 Né à Abbeville, François de Poilly (1623-1693) arrive à Paris en 1638 et entre dans l’atelier
de Pierre Daret. En 1641, er il travaille pour le célèbre éditeur Pierre I Mariette, puis
séjourne sept ans à Rome jusqu’en 1655, où il rencontre Pierre Mignard dont il deviendra
le principal interprète. En 1683, il reçoit le titre de graveur ordinaire du roi. En raison sans
doute de ses liens avec Pierre Mignard et de son activité de marchand d’estampes, il ne
travaille pas pour le Cabinet du roi et n’entre pas à l’Académie. Il épousa
en 1658 Marguerite Weyen, fille d’Herman Weyen, un des principaux éditeurs du moment,
dont il racheta la boutique et le fonds. Il grava sept thèses dédiées au roi
entre 1659 et 1692. Il dessina la première, dont la composition, bien qu’assez laborieuse,
mérite l’attention par le groupe du roi et de la Victoire (cat. 24). Les trois suivantes ont été
exécutées d’après Le Brun, de 1661 à 1668, pour l’abbé de Bouillon (cat. 33), Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38, fig. 42 ) et Jean-Baptiste Colbert (cat. 63) et les trois dernières,
de 1676 à 1692, d’après Pierre Mignard (cat. 81, 102, 128).
34 Comme Rousselet, Poilly a très tôt reçu commande des étudiants. En 1647, Stainville de
Couvonges le chargea de graver d’après Lubin Baugin l’ Apothéose de Louis de Bourbon-
Condé 46
. À Rome, il reçut deux commandes, en 1651 la thèse du jésuite Gotthard Franz
Schaffgotsch (1629-1668) dédiée à Ferdinand III d’après Mattia Preti 47
, en 1653 pour celle
de Giovanni Calvo en l’honneur du cardinal Sforza probablement d’après l’Algarde 48
.
Rentré en France, il s’imposa immédiatement. Toujours sensible aux nouveaux talents, Le
Brun le recommanda sans doute aux étudiants qui lui commandaient des dessins et il lui
confia des allégories en hommage à Charles-Maurice Le Tellier 49
. Il grava également une
thèse d’après Sébastien Bourdon, dédiée à la Chambre des comptes de Dijon en 1656 50 et
une allégorie célébrant Mazarin 51 d’après Romanelli, ainsi que deux thèses allégoriques
d’après Pierre Mignard, représentant le président Lamoignon 52 en 1671 et Jean-Baptiste
Colbert 53 en 1680.
F igure 42. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tentative de Charles-Maurice Le
Tellier , 1663.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.8 KB )
35 Lorsqu’ils décrivent les thèses, le Mercure et les auteurs d’odes et de panégyriques ne
mentionnent que rarement les noms des graveurs. Ainsi Poilly n’est pas cité, mais son
talent est célébré par Rollin à propos de la thèse de Camille Le Tellier en 1692 (cat. 128, fig.
43 ). La traduction de Bosquillon souligne « l’adresse du graveur et ses heureuses veilles ».
Seul le nom de Mignard est indiqué, ce qui montre la différence faite alors entre le peintre
et son interprète. Mais sa renommée attire dans son atelier un grand nombre de graveurs
tant français qu’étrangers, dont Jean-Louis Roullet (1645-1699) qui grava avec lui d’après
Mignard cette thèse de Camille Le Tellier.
Gérard Edelinck
36 Né à Anvers, Edelinck (1640-1703) fut formé par Cornelis Galle le Jeune, interprète de
Rubens, célèbre pour la liberté de son burin et son aptitude à traduire la variété des tons.
Il jouissait déjà d’une certaine réputation lorsqu’il gagna Paris en 1666 avec son frère Jean.
Il entra alors dans l’atelier de son compatriote Nicolas Pitau et, selon Pierre-Jean Mariette,
aida son maître à terminer le portrait du roi qu’il gravait d’après Claude Lefebvre pour
l’abbé de Coëtlogon (cat. 66). Il travailla également chez François et Nicolas de Poilly, et
enfin chez Nanteuil, dont en 1672 il épousa la nièce Madeleine Regnesson, fille du graveur
et éditeur Nicolas Regnesson (v. 1620-1671), en présence de Le Brun et Philippe de
Champaigne. Naturalisé en 1675, il obtint un logement aux Gobelins grâce à la protection
de Le Brun. Travaillant pour le Cabinet du roi avec le titre de premier dessinateur, il fut
chargé d’interpréter la Sainte famille de Raphaël qui remporta un vif succès. En 1677, pour
son morceau de réception à l’Académie, il grava le Portrait de Charles Le Brun d’après
Largillière, et comme Rousselet, il en fut nommé par la suite conseiller, grade le plus élevé
auquel les graveurs pouvaient prétendre, mais fait exceptionnel, il fut reçu dans ce grade
le jour même de sa réception. Distinction encore plus rare, il fut fait chevalier de l’ordre de
Saint-Michel par le roi, puis en 1695 chevalier romain par le pape. Les Procès-verbaux de
l’Académie du 28 septembre 1680 mentionnent que « Monsieur Edelinque a fait présent à
l’Académie d’une grande thèse qu’il a gravée nouvellement d’après le desseing de
Monsieur Le Brun représentant le Roy donnant la Payx à l’Europe, enchâssée dans une
bordure dorée d’or brunis 54 ». Il s’agit de la thèse de philosophie de Colbert de Croissy,
soutenue le 13 septembre au collège d’Harcourt (cat. 92). On sait qu’entre 1684 et 1692, il
déposa également à la Bibliothèque du roi une épreuve des thèses des frères d’Aligre
soutenue en 1679, dont il avait achevé la gravure commencée par Nanteuil (cat. 89).
37 Le Mercure de septembre 1680 évoque la thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy (cat.
92) : « Quant à la thèse dont je vous parle elle a été gravée par le fameux Edelinck 55
. » Avec
celle-ci, ce sont quatre thèses dédiées au roi qu’il grave de 1679 à 1683, toutes d’après Le
Brun, sauf celle des frères d’Aligre, qui comptent parmi les plus célèbres et les plus
recherchées du xvii e siècle. Dans son « Discours sur les progrès de la gravure sous le règne
de Louis XIV » publié dans l’ Histoire littéraire du règne de Louis XIV 56
, l’abbé Lambert fait
l’éloge des graveurs de l’époque et s’arrête sur Edelinck dans une notice fort détaillée :
« On a encore de la main de cet illustre Artiste plusieurs grandes thèses, dont les plus
estimées, & qui méritent d’être considérées comme des chefs-d’oeuvre, sont celles de
M. Colbert, de M. Louvois, du Roi à cheval, de la paix, celle du Triomphe de l’Église
sous la protection du Roi […] dans laquelle on ne sçait ce qui doit l’emporter ou la
bonté de la gravure, ou de la noblesse de l’invention, & la finesse de l’expression 57
. »
F igure 43. – François de Poilly et Louis Roullet d’après Pierre Mignard, Tèse de Camille
Le Tellier, abbé de Louvois , 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 153.13 KB )
38 Outre la thèse de Colbert de Croissy où le roi donne la paix à l’Europe (cat. 92), il s’agit
en 1683 de celle de l’abbé de Polignac, où il apparaît sur un bouclier tenu par le Religion
assise sur son char (cat. 100, fig. 44 ). De 1677 à 1710, au moins vingt-quatre de ses
gravures ont été commandées pour orner les travaux des étudiants. Ce sont pour
l’essentiel de simples portraits, comme celui de l’abbé de Bouillon, gravé avec Nanteuil, de
Jean-Baptiste Colbert d’après Pierre Mignard et Le Brun, de Fagon d’après Rigaud, ou
encore du comte de Toulouse d’après Gobert.
Guillaume Vallet, Étienne Picart et Étienne Gantrel
39 Seule une des douze thèses gravées par Guillaume Vallet (1634-1704) entre 1663
et 1700 fut dédiée au roi. Commandée en 1671 par l’abbé de Noailles, elle montre Louis
XIV protégeant la Religion (cat. 70) d’après un dessin de Paillet, dont Vallet et son ami
Étienne Picart étaient les interprètes favoris, exécutant d’après lui respectivement neuf et
huit thèses 58
. Cependant Vallet, établi rue Saint-Jacques en 1674 Au Buste de Louis 14 , y
éditait de nombreuses illustrations de thèses, dont deux furent dédiées au roi. La première
en 1685 d’après Sevin (cat. 107), pour un étudiant du collège des Godrans à Dijon, la
seconde en 1690 pour une thèse soutenue en Sorbonne dont on ne connaît que
l’encadrement des positions (cat. 125). En 1677, Jean Poisson avait chargé Vallet de graver
d’après Jean Jouvenet un portrait du Dauphin (ann. I.C-5) pour sa thèse, qui fut exposé en
septembre 1699 au salon de l’Académie à laquelle il appartenait depuis 1664 59
.
40 Bien que souvent sollicité lui aussi par les étudiants, Étienne Picart (1632-1721) 60 ne grava
en 1682 qu’une seule thèse célébrant Louis XIV, d’après Paillet également, pour l’abbé
d’Harcourt : c’est un simple portrait en buste, accompagné d’un bas de thèse où la Victoire
assise sur des trophées militaires désigne le monarque (cat. 98). Académicien lui aussi,
Picart fut reçu en même temps que Vallet avec qui il avait séjourné à Rome de 1655 à 1661.
Parmi ses nombreux travaux, signalons ses interprétations de tableaux et de sculptures
des collections royales pour le Cabinet du roi.
41 Comme Vallet, Étienne Gantrel (v. 1645-1706) accorda une place importante à l’illustration
des thèses, mais son rôle dans celles qui furent dédiées à Louis XIV est plus difficile à
cerner. Bien que seul son excudit apparaisse au bas des thèses qui célèbrent la guérison de
Louis XIV (cat. 88) et le retour du parlement à Rennes (cat. 124), il est probable qu’il en est
le graveur, comme ce fut le cas pour le placard qui montre les grandes réalisations du
règne (cat. 112). En 1674, il avait épousé la fille de l’éditeur Alexandre Boudan dont il reprit
l’enseigne À l’Image Saint-Maur et dès lors se spécialisa dans le commerce des thèses 61
. En
cela son activité annonce la place prépondérante que les éditeurs occuperont au
xviii e siècle en ce domaine aux dépens des peintres et des graveurs. Il fournissait les
collèges de Jésuites tant à Paris qu’en province 62 et comme c’est le cas pour les thèses
dédiées à Louis XIV, la plupart de celles qui furent publiées hors de la capitale sont ornées
de gravures exécutées pour l’occasion ou provenant de son fonds. Les thèmes des
quelque 118 thèses qu’il a éditées sont variés : portraits, sujets religieux tirés de l’Ancien et
du Nouveau Testament, allégories en l’honneur d’un haut personnage, compositions
allégoriques en passe-partout. Il fit également copier dans son atelier plusieurs thèses
dédiées au roi, comme celle de Jean-Baptiste Colbert de Croissy (voir cat. 95, fig. 45 ) et
réutilisa certains cuivres (cat. 39) : à la mort de Van Schuppen en 1702, il acheta le portrait
de Louis XIV avec son bas, gravés en 1687 pour la thèse de Miromesnil (cat. 118), mais ne
garda que l’encadrement et remplaça le visage royal par celui du maréchal de Duras.
F igure 44. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Sorbonique de l’abbé de Polignac ,
1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 136.08 KB )
Les graveurs en lettres
42 Pour leur donner plus de luxe, quelques étudiants faisaient graver, et non pas imprimer,
les positions de leur thèse par des graveurs en lettres, qui, pour manifester l’importance
de leurs travaux, ont souvent signé sur la planche, ce dont ils s’abstenaient en d’autres
occasions. Dans une certaine mesure, les illustrations de thèses offrent l’occasion de
remettre à l’honneur leur profession et de fixer quelques jalons dans la carrière de ces
artisans. De 1661 à 1692, les positions et les dédicaces de vingt-deux d’entre elles, en
général allégoriques, ont été gravées au burin sur cuivre par des graveurs spécialisés.
Jean Richer
43 Jean Richer est le plus important d’entre eux, qui entre 1661 et 1684 n’en grava pas moins
de seize dédiées au roi, celles des Colbert, des Le Tellier, de l’abbé de Bouillon, et
d’Amelot… Parmi les thèses connues, au moins vingt-huit portent son nom. La première,
qui date de 1659, est la thèse de philosophie de Pierre Monnerot dédiée à Gaston
d’Orléans, gravée par Lasne d’après Chauveau 63
. Viennent ensuite en 1660 celle de l’abbé
d’Harcourt dédiée à Mazarin et gravée par Van Schuppen 64 également d’après Chauveau,
en 1661 celle de l’abbé de Bouillon dédiée au roi, en 1663 celle de Gilles Le Maistre de
Ferrières, la thèse gravée par Pitau d’après Sébastien Bourdon dédiée à Séguier 65
, puis
en 1664 celle qu’André Hameau dédie à Jean-Baptiste Colbert 66
. Signalons encore
en 1668 la thèse de Louis Béchameil en hommage à Jean-Baptiste Colbert, gravée par
Rousselet d’après Le Brun, où le ministre apparaît en buste devant une pyramide dans la
cour des Tuileries (VM 286) et celles qui sont consacrées au Dauphin, dont l’une est une
allégorie gravée par Rousselet (ann. I.C-3) d’après Le Brun en 1671 pour ses enfants
d’honneur, l’autre un portrait par Nanteuil en 1677, pour Colbert d’Ormoy (ann. I.C-4).
F igure 45. – Anonyme d’après Charles Le Brun, Tèse supposée, Louis XIV assis sur un
nuage donne la main à la Paix , 1681-1709, édité chez Gantrel.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 136.24 KB )
44 Pour les thèses offertes au roi (cat. 96, fig. 46 ), à Colbert ou Le Tellier, les portraits étaient
donc présentés aussi luxueusement que les allégories. Graveur ordinaire du roi pour
l’écriture, Richer apparaît dans les comptes des Bâtiments : le 8 janvier 1679, il
reçut 81 livres « pour ce qu’il a gravé sur onze planches », puis de nouveau 314 livres 67
, et
le 12 novembre 1679, 105 livres pour « l’inscription de quatorze planches de beaux
morceaux d’architectures antique de Rome 68 » et encore 126 livres le 14 avril 1680 « pour
les inscriptions qu’il a gravées en plusieurs planches 69 ». Ces quelques prix permettent de
se faire une idée de ce qu’il en coûtait aux étudiants pour faire graver leurs positions.
Jean Liébaux
45 Jean Liébaux succéda probablement à Richer. En 1687, il grava le texte d’au moins une
thèse dédiée à Louis XIV (cat. 118), mais il dut en graver bien d’autres. En 1684, il avait été
chargé des positions de la thèse en l’honneur du bienheureux Pierre de Luxembourg 70 et
en 1688 de celles de la thèse de Jean-François Bossart de Verrière dédiée au duc de
Chaulnes 71
, qui est la dernière où son nom apparaît. À une date indéterminée, il grava
aussi le texte d’une image de confrérie de Jean Lepautre 72
. Aucun contrat n’est connu pour
la lettre gravée des thèses, mais à titre de comparaison on sait que l’éditeur de cartes
géographiques Nicolas de Fer s’entendit avec Jean Liébaux pour lui payer quatre livres le
cent de mots en lettres capitales, et trois livres un discours continu 73
. Parmi les autres
travaux gravés par Liébaux, signalons la dédicace que Reine de Beaulieu adressa à Louis
XIV en 1694 pour lui présenter les Grandes conquêtes royales par l’image , recueil de
gravures entrepris par son oncle Pontault de Beaulieu 74
.
46 Au bas des positions, on trouve également les noms de quelques autres graveurs. Parmi
eux, citons N. Bonnart pour la thèse de l’abbé de Lorraine soutenue en 1682 (cat. 98) et
celle de Séraphin Crouzeil en 1688 (cat. 120). Ce n’était pas ses premiers essais car
en 1664 il avait gravé le texte de Louis Vautier dédié à Henri de Maupas du Tour 75 et
en 1678, celui d’une thèse dédié à Philippe d’Orléans (ann. I.A-7) 76
. Comme Richer, il
travaillait pour le Cabinet du roi et est mentionné dans les comptes de Bâtiments en
janvier 1679 pour « avoir escript plusieurs inscriptions sur vingt-quatre planches
d’architecture antique de Rome 77 ». Il s’agit des textes gravés pour Les édifices antiques de
Rome dessinés et mesurés très exactement par Antoine Desgodets 78
, livre commandé par
Colbert et publié en 1682 par Jean-Baptiste Coignard, auquel avait également participé
Richer 79
. Les inscriptions se limitent à quelques lignes pour les titres, les légendes et les
mesures 80
. Ainsi la gravure de la lettre des thèses devait être extrêmement onéreuse : il
devait en coûter plus de 100 livres 81 pour faire graver à la fois les positions et la dédicace.
F igure 46. – Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil, Tèse de Michel-François Le
Tellier , 1681, texte gravé par Jean Richer.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 132.32 KB )
47 René Michault ne serait intervenu qu’une seule fois, en 1679, pour la thèse de philosophie
du prince de Turenne, mais le travail qu’il fournit est considérable puisque le texte s’étend
sur seize pages in-folio (cat. 91, fig. 47 ). Il intervint également sur la thèse dédiée à Michel
Le Tellier par Antoine Le Moyne le 9 juin 1683 82
. En 1682, il avait gravé les Anagrammes et
devises sur le roy Louis XIV d’Antonius Berger 83
. En 1691, on lui doit aussi les textes d’une
grande gravure d’Ertinger montrant le Système royal 84 … Ensuite on perd sa trace. Gillet lui
succéda et grava en 1692 la lettre de la grande allégorie de Camille Le Tellier (cat. 128).
En 1686, Michel Le Peletier s’était déjà adressé à lui pour sa mineure dont on ignore le
dédicataire 85
.
48 Ces graveurs en lettres, qui étaient les plus habiles du temps, semblent tous avoir travaillé
pour les Bâtiments du roi ou les éditions de prestige. On en rencontre quelques autres qui,
bien que n’ayant pas travaillé à ce qu’on sait sur les thèses dédiées au roi, semblent avoir
eu une certaine réputation. Citons F. La Pointe ou Lapointe qui intervint en 1664 pour la
thèse dédiée à Robert de Haynin illustrée par Chauveau 86
, en 1668 pour celle de Jules-
Louis Bolé de Champlay dédiée à Michel-François Le Tellier 87 et en 1670 en hommage à
Guillaume de Lamoignon 88
. Jean Lhuilier grava en 1659 la thèse de Charles-Maurice Le
Tellier dédiée à Mazarin représenté dans sa galerie 89
; les Berey, notamment Claude-
Auguste Berey (actif 1675-1730), ont signé la lettre de six thèses entre 1685 et 1718 90 et
Roussel en 1690 les positions de la tentative de Jean-Baptiste de Noailles 91
.
F igure 47. – René Michault, Page de dédicace de la thèse de philosophie de Louis de La
Tour d’Auvergne , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 143.06 KB )
49 Les thèses dont les positions ont été gravées sont toutes dédiées à de très hauts
personnages, avant tout au roi, à sa famille et aux ministres. Parmi celles qui sont
recensées pour le xvii e siècle, seules 45 sont signées par un graveur en lettres. C’est dire
leur caractère exceptionnel. La gravure en lettres signée apparaît en 1659 dans des thèses
dédiées à Gaston d’Orléans et à Mazarin 92
, mais elle est avant tout réservée au roi. Moins
fréquente après 1692 93
, elle est très rare après 1703 94
.
Notes de bas de page
1 Il s’agit de Cundier, del Po, Ertinger, Grignon, Huret, Landry, Lasne, Lenfant, Lepautre,
Levesque, Nicolas Mignard, N. Picart, Tasnière, Trouvain.
2 Il s’agit de Bosse, Daret, Masson, É. Picart, Nicolas Pitau, Pierre Simon, Guillaume Vallet
qui intervient comme graveur et comme éditeur. Nous ajoutons Gantrel bien que trois
thèses soient éditées par ses soins, car deux d’entre elles procèdent du même cuivre qui
n’a en rien été modifié.
3 M eyer 1988, 1989, 1991 et 1992.
4 A ppunhn- R adtke 1988.
5 Cat. 61, 44, 64.
6 PW 155-167 et M eyer 2006.
7 AN, E.29289, fol. 216.
8 Cité par F. Courboin dans l’introduction à P etitjean et W ickert 1925, vol. 1, p. 25.
9 A damczak 2011, n° 207.
10 Ces pastels sont conservés au musée des Offices à Florence (cat. 68, ill. 2) et à Paris,
au département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France (cat. 56, ill. 2). Les
autres restent à découvrir. Je pense, comme Audrey Adamczak, qu’aucun des dessins au
pastel ou à la pierre noire qui ont été signalés à diverses occasions ne peuvent être
attribués à Nanteuil en toute certitude.
11 B aldinucci 2013, p. 219.
12 L oriquet (1886, p. 42) et P orée (1890, p. 34) pensent que le portrait d’après Mignard a
été gravé avant le 6 mai 1659, bien que le premier état porte le millésime 1661 (cat. 31).
13 M eyer 2013.
14 BNF, Mss, Fr. 22119.
15 P errault 1696, p. 98.
16 H uyghens 1893, p. 14, lettre n° 1205.
17 Le 11 janvier, Huyghens écrit de Paris à son frère Constantijn ( ibid. , p. 10) : « L’Abbé de
Brienne me fit hier présent d’un nouveau portrait du roy en taile [ sic ] douce, qui sert à sa
thèse, fait par Nanteuil ad vivum et gravé par le même, il est un peu plus petit que le
naturel, Keijnleeven chez nous, et ressemble tres bien. »
18 A damczak 2011, n o 212, p. 212.
19 Les mots entre crochets manquent dans le texte ; il s’agit de suppositions.
20 PW 118.
21 La vie de Zeuxis ( Postille alla vita di Zeusi ) de Carlo Dati, dédiée à Louis XIV, fut
imprimée en 1667 à Florence (voir D ati 1667, p. 37) et rééditée à Milan en 1806 (p. 72).
22 Traduction de L ambert 1751, p. 248.
23 Cité par F réron 1786, lle t. I, p. 57. Correspondance de M de Scudéry
du 11 septembre 1676 : vers qu’elle adressa à Nanteuil pour le remercier.
24 IFF 11.
25 Ce portrait manque dans l’IFF (BNF, Est., QB-201 (t. CLXX)-FT 4 [Hennin, 7612]. Il est
signé, à droite sur le listel intérieur, « Beaufrere sc.1685 » ; autour de l’ovale : « LVDOVICVS
MAGNVS- FRANCIAE ET NAVARRAE REX – CHRISTIANISSIMVS ». La perruque est moins
fournie que dans la gravure utilisée par Pierre Berthe, et la cravate est répartie en deux
longs pans sur la cuirasse. Le cuivre est de dimension légèrement plus réduite :
593 × 510 mm.
26 Contrat du 14 mars 1667 moyennant 300 lt. (MC/ET/XLIII/123) pour Nicolas de
Lesseville, conseiller et aumônier ordinaire du roi (mentionné par M artin 1999, t. II,
p. 704 et G rivel 1986, p. 218).
27 Entre 1683 et 1685, pour son « Panégyrique du Roy Très-chrétien », un nommé Guiou
choisit un petit portrait du monarque gravé par Beaufrère, en claire-voie, de trois quarts à
gauche, en armure, une moustache en deux parties retroussées, une longue chevelure
tombant sous l’épaule ; en bas à gauche « P. Beaufrere fe. » 7,5 cm × 6 cm (BNF, Mss, Fr.
6151, fol. 2 v°), non mentionné dans l’IFF. Le British Museum conserve un petit portrait, lui
aussi à claire-voie de trois quarts à droite, qui manque aussi dans l’IFF. La signature « P.
Beaufrer F. » suit la forme de l’ovale.
28 AN, MC/ET/XLIX/352 (L othe 1994, p. 10).
29 Respectivement : L. 36, L. 58, L. 79 et L. 80.
30 L othe 1994, p. 22.
31 L. 126. Le format en largeur et les dimensions (403 × 490 mm) laissent supposer que
ce portrait pourrait avoir été gravé pour une thèse, mais faute de preuve, il n’a pas été
retenu dans le catalogue.
32 H ollstein 1949-2010, vol. 26, p. 67-110.
33 M ariette , 1851-1862, t. VII, p. 2.
34 M ariette 1851-1862, t. IV, p. 179.
35 M eyer 1988 et 1989.
36 Mercure galant , septembre 1678, p. 178.
37 M eyer 1988, n o 36. Ce portrait aux dimensions exceptionnelles (622 × 779 mm) a-t-il
servi pour une thèse ?
38 Ibid os ., n 37-39. Ces trois portraits ad vivum ont été retravaillés à plusieurs reprises. Le
o n 39, sans doute d’après Pierre Mignard, représente Louis XIV en pied sur le champ de
bataille devant sa tente, près d’un écuyer, donnant des ordres pour fortifier les places.
39 623 × 692 mm pour le premier paru en 1685 et retravaillé en 1687 o ( ibid ., n 36),
puis 630 × 880 mm pour le second gravé en 1691 et modifié en 1697 o ( ibid ., n 37).
40 M eyer 1991 b .
41 VM 272, 3 e état.
42 VM 283.
43 Pour les thèses de Rousselet, VM 262 à 287 et M eyer 2004, p. 53-56.
44 VM 284.
45 VM 363.
46 L. 354.
47 L. 355.
48 L. 356.
49 L. 362.
50 L. 359.
51 L. 361.
52 L. 367.
53 L. 370.
54 Procès-verbaux de l’Académie royale… 1875-1892, t. II, p. 71.
55 Mercure galant , septembre 1680, p. 279-290.
56 L ambert 1751, p. i-viii.
57 Ibid. , p. 267-268.
58 M eyer 2002, re 1 part. : Paillet, Vallet et Picart, p. 65-151 et annexes I et II.
59 L e C omte 1699-1700, t. III, p. 241.
60 M eyer 2002, 1 re part. et annexe I, p. 285.
61 Ibid e ., 2 part., p. 153-257 et annexes III et IV.
62 Il a exécuté des portraits des membres fondateurs de la compagnie qu’on retrouve
sur des affiches de thèses à Lyon, Caen, Dijon, Poitiers, Besançon… (M eyer 2002,
p. 186-211).
63 IFF 754, bas de la thèse, BNF, Est., SNR 3 Richer.
64 M eyer 2006, n o 43.
65 BNF, Est., AA 6 Pitau (seul le bas de thèse a été retrouvé).
66 BNF, Est., SNR 3 Richer.
67 Le 28 avril de la même année, ce furent encore 94 livres « pour avoir écrit douze
planches et inscriptions de plusieurs autres » (D uplessis 1869, p. 88).
68 Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. IV, col. 1207-1208.
69 Ibid. , col. 1346.
70 Gravée par Vallet d’après Antoine Paillet (M eyer 2002, p. 76, fig. 14).
71 Ibid. o , p. 302 n 4. Le portrait est gravé par Gantrel d’après Charles de La Borde.
72 IFF 116, Notre-Dame du Rosaire.
73 AN, MC/ET/CVIII/213, 11 décembre 1689. Celui-ci travaillera quatre jours par semaine
pour Nicolas de Fer. Voir P réaud 2011-2012, n o 237.
74 Voir M eyer 2001 a et 2001 b .
75 La gravure de la planche était due à Guillaume Vallet (M eyer 2002, p. 92).
76 Il s’agit de la thèse de Crèvecoeur gravée par Chasteau d’après Noël Coypel et
terminée par Simonneau (IFF 82).
77 Il reçut 184 lt. pour ce travail et le 8 janvier encore 184 lt. 10 s. pour trois planches,
le 23 avril 1678 lt. « pour avoir escrit plusieures inscriptions sur 24 planches d’architecture
antiques de Rome » et le 14 avril 1680, de nouveau 108 lt. 10 s. « pour les inscriptions qu’il
a gravées en plusieurs planches d’architecture » ( Comptes des Bâtiments du roi 1881, t. I,
col. 1089, 1208, 1346).
78 C ugy 2013, t. I, p. 199.
79 G ros et R ousteau- C hambon 2008, p. 11 et 13-33.
80 Le texte lui-même et la dédicace étaient imprimés.
81 Les positions sur un placard correspondaient à plus d’une dizaine de pages d’un livret.
82 Elle est illustrée d’un portrait gravé par Picart d’après G. Garnier (M eyer 2002, p. 269,
fig. 136).
83 Planche extraite du Mercure galant , avril 1682, p. 3.
84 Signée R. Michault Scripsit & Fe et parue dans L a L oubère 1691 ; IFF 278-294.
85 Bien que l’illustration manque, il est probable qu’il s’agissait d’une composition
religieuse, comme l’indique la dédicace : « Panem de Coelo danto » (BSG, W fol. 241 (5)
inv 354 [24]).
86 IFF 326.
87 Le portrait est gravé par Vallet d’après Paillet (M eyer 2002, p. 26 et 285).
88 Le portrait allégorique est gravé par F. de Poilly d’après P. Mignard (L. 366).
89 Composition gravée par Nanteuil et Van Schuppen d’après Chauveau (PW 165).
90 Il s’agit de la thèse des Jésuites d’Aix-la-Chapelle éditée par Gantrel (vers 1685,
IFF 289), de celle de Jean-Baptiste d’Estampes dédiée à Philippe d’Orléans gravée par
Landry d’après Antoine Dieu en 1699 (IFF 9 ; Annexe A), de celle de Claude-Joseph Geoffroy
en 1703 montrant la Guérison d’Hippolyte , gravée par Claude Duflos et Sébastien Leclerc
(IFF 445), et en 1718, de celles de Giovanni Francesco Galeani, soutenue à Turin en 1718,
gravée par Jean-François Cars (IFF 35) et dédiée à Charles-Emmanuel de Savoie, de Jean-
Louis Gontaut de Biron dédiée à Jean-Baptiste Gaston de Noailles, montrant Jésus entouré
d’enfants , éditée et gravée elle par Louis Barbery (IFF 1) et enfin de l’abbé de Saint-Albin
dédiée au régent figuré à cheval, couronné par la Renommée et accompagné du bon
gouvernement, gravée par François Landry d’après Antoine Dieu (IFF 10). Ajoutons que
Claude-Auguste Berey signe la lettre de la statue de Louis XIV gravée par Pierre Lepautre
d’après Coysevox (IFF 225), vers 1680, celle de la Vanité au squelette de Michel Mosin
d’après Jean-Baptiste Corneille (L os A ngeles /P aris 2015, n o 80) et en 1715 celle du Tableau
de la salle de la grande chambre du parlement de Paris et de l’ordre de la séance tenue le
12 septembre .
91 Qui accompagnent une Assomption gravée par Jean Langlois d’après Antoine Dieu
(IFF 111).
92 L’une est signée par Lhuilier (Lasne, IFF 754), l’autre par Richer (Nanteuil, PW 165).
En 1644, le graveur en lettres de la thèse de Suarez n’a pas signé (cat. 10).
93 Thèse de Camille Le Tellier dédiée au roi, gravée par Poilly d’après P. Mignard (cat.
128).
94 Thèse de pharmacie de Claude Joseph Geoffroy, illustrée de La guérison d’Hippolyte
gravée par Sébastien Leclerc (IFF 445).
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre V. Les graveurs Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Deuxième partie. Élaboration, diffusion,... Chapitre VI. Contrats et dépenses
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VI. Contrats et dépenses Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VI. Contrats et dépenses
p. 147-165
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Le prix des gravures
livre
1 Les dépenses occasionnées par l’affiche sont multiples. Une lettre du 17 août 1670 écrite
par Guy Patin à André Falconet à propos de la thèse du fils de ce dernier 1 permet de s’en
faire une idée PDF : « On nous a rendu la planche de la thèse pour le tireur en taille-douce,
Table des matières pour le doreur, pour l’afficheur, pour les droits du portier, pour le tapissier et j’ay délivré à
l’imprimeur nommé Julien, en présence, & consentement de Monsieur le Sanier 2
, la
Citer somme de six vingts quinze livres deux sols… », soit 135 livres 2 sols.
D’une thèse à l’autre, les prix varient beaucoup selon la dimension des cuivres 3
2 , la nature
Partager du sujet, simple portrait ou composition allégorique, gravure commandée spécialement PDF du
pour l’occasion ou remploi, selon que chapitre le texte est gravé ou imprimé, l’importance du tirage,
Plan le nombre d’épreuves sur satin, les frais de dorure sur tranche et de montage.
Le portrait Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral 3 Le 18 juin 1660, Nicolas de Poilly et Raphaël de Bures au nom de Gabriel de Monchy votre bibliothèque
Le prix des gravures d’Hocquincourt signent un contrat moyennant 120 livres pour graver le portrait du roi (cat.
29). L’artiste accepte
Diffusion et réutilisation Acheter
Notes de bas de page « de graver bien et duement une planche qui represente le portrait du ROY d’un pied
ou environ, que Édition le seigneur d’Hoquincourt suivant les exemplaires qui ont esté
imprimée
Aller en haut de page fournis aud Poilly […] fera tout pour s’obliger deux mil taises en papier ou sera
Aller en bas de page representé led portrait du roy […] le papier necessaire sera fourny aud Poilly aux frais Presses
dud seigneur et la planche gravée dans le 24 juillet prochain […] moyennant pour universitaires
de Rennes chacun des chaques cent desd. taizes dans lequel prix est compris ce que pourroit
pretendre led Poilly pour ses peines de gravure laquelle planche demeurera sa amazon.fr
propriété aprés laq impression des 2 milles taises auq Poilly qui confesse avoir reçu la decitre.fr
somme de six vingt livres [120 livres] dont il se dit contant 4 ». mollat.com
leslibraires.fr
F igure 48. – Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre, Tèse de l’abbé placedeslibraires.fr
1 LouP iatsi-nM a1r6c9e2,l t.d eI, lCeottërte loCXgCoVn, , p.1 647607.. lcdpu.fr
2 Ibid. , p. 305 : Patin précise qu’il « exerce ses écoliers tant qu’il peut en leçons,
disputes, & répétition… ». ePub / PDF
3 Pour une étude plus développée voir M eyer 2002, p 41-63.
4 AN, MC/ET/CIX/208. Contrat cité par L othe (1994, p. 10) qui ne précise pas qu’il est passé au
nom de Monchy d’Hocquincourt et pour une thèse.
5 AN, MC/ET/LIII/99.
6 AN, MC/ET/XLIX/353.
7 AN, MC/ET/XLIII/132. Cité par M artin 1999, t. II, p. 703.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 139.84 KB )
Le 10 mars 1661 5
4 , le contrat entre Van Schuppen et Michel Moricet stipule que le portrait
du roi devra ressembler à celui qui sera fourni et que la planche devra être terminée à la
fin de mai (cat. 32). Van Schuppen a donc deux mois pour exécuter sa gravure et
recevra 1330 livres. Le 12 décembre 1663 6
, Nicolas de Poilly signe un contrat de 500 livres
avec Jean-François Forot pour la thèse du duc d’Albret (cat. 46) : il doit graver en deux mois
le portrait du roi « selon le desseing qu’en a faict Monsieur Le Brun crayonné par Monsieur
Chauveau ». L’impression est prise en charge par le commanditaire sous la surveillance du
graveur qui rendra le dessin une fois la gravure achevée. Le contrat
du 25 septembre 1669 entre Nicolas Pitau et Louis-Marcel de Coëtlogon s’élève
à 2000 livres (cat. 66, fig. 48 ), car il comprend l’impression de 1500 épreuves 7 et le portrait
est de dimensions exceptionnelles, ce qui explique le délai de quatre mois. La gravure doit
être de même hauteur que le tableau de Lefebvre qui sert de modèle.
5 En 1681, Cossin reçoit 800 livres de Jean Poisson (cat. 97) pour graver un portrait du roi
qu’il a lui-même dessiné. Comme Pitau, il a quatre mois devant lui et doit choisir « un bon
papier 8 », faire graver toutes les écritures et imprimer la thèse qui sera tirée
à 1000 exemplaires. Au cas où Poisson en souhaiterait plus, ce serait à ses frais
pour 48 livres le cent. Rien ne prouve que le bas de thèse qui est très simple, un
entablement tendu d’un manteau brodé de fleurs de lys et doublé d’hermine maintenu en
haut par trois fleurs de lys, a été fait pour l’occasion. À titre de comparaison, indiquons que
Beaufrère perçut 300 livres le 14 mars 1662 de Nicolas de Lesseville, conseiller et aumônier
ordinaire du roi, pour un portrait du duc d’Anjou, dont on ignore s’il a été gravé pour une
thèse 9
.
6 Les portraits du roi servaient de référence : en 1662, dans un contrat entre Nicolas Pitau et
Guillaume Le Maire pour un portrait de Denis Sanguin, évêque de Senlis 10
, les dimensions
de la planche à graver en deux mois sont celles du portrait de Louis XIV qui vient de
paraître 11
. Il en est de même le 9 août 1669 pour Nicolas de Poilly lorsque Pierre Dubois
Baudry de Langan lui commande le portrait de Jules-Paul de Lionne, à graver en deux
mois, « de la grandeur de celui du Roy 12 ».
7 Ainsi, le graveur dispose en général de deux à quatre mois pour exécuter un portrait,
suivant le format et l’importance des ornements et il en coûte de 300 à 800 livres selon
que le tirage est ou non à la charge du graveur. Cependant, lorsque le bas de thèse est très
travaillé, le prix peut augmenter considérablement. Ainsi, le 30 avril 1678, le contrat entre
la veuve de Michel d’Aligre et Nanteuil est de 10800 livres (cat. 89, fig. 49 ). Le format est
très grand : 1080 × 710 mm, des trophées militaires servent de base au portrait et les
positions sont gravées au burin par Richer ; à cela s’ajoutent 2500 exemplaires composés
de deux grandes feuilles de papier, collées, rognées et dorées sur tranche. L’importance
des travaux justifie que Nanteuil dispose d’un an pour exécuter la gravure. Comme on le
verra, le prix d’un simple portrait peut être comparable à celui des sujets allégoriques. À
cela s’ajoute celui des dessins, dont on ignore tout, car aucun contrat n’en fait mention
autrement que pour préciser parfois qu’il doit être rendu. Bien que les prix ne soient
jamais indiqués, précisons cependant par comparaison qu’un pastel du roi par Nanteuil
de 50 cm sur 50, réclamé par le chevalier de Seiglière à sa mort, était estimé 330 livres
en 1673 et que dans son inventaire après décès les pastels sont évalués
entre 200 et 300 livres. Selon Perrault, Louis XIV lui donna 100 louis d’or (soit 500 livres)
pour son portrait au pastel, sans doute le premier 13
.
F igure 49. – Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après Nanteuil, Tèse d’Étienne et
Gilles d’Aligre , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.01 KB )
8 Lorsqu’il s’agit seulement d’obtenir des épreuves d’un portrait déjà gravé, ou si le graveur
garde le cuivre, comme Nanteuil le fit souvent, la dépense est bien moindre. En effet, les
portraits gravés pour les thèses restent souvent la propriété des graveurs : vingt-huit de
ceux qui furent dédiés à Louis XIV portent un excudit 14
.
Les allégories
9 Du fait de la complexité des travaux et de la dimension des cuivres, les prix atteints par les
grandes allégories sont souvent considérables. Deux contrats, publiés par José Lothe 15
,
signés entre François de Poilly et Louvois, permettent de s’en faire une idée.
Le 4 mars 1683, 7500 livres sont promises par Louvois à Poilly pour graver l’allégorie
commandée à Pierre Mignard montrant Louis XIV sur un champ de bataille (cat. 102) ; avec
cette somme, il devait probablement fournir le cuivre et payer le graveur en lettres. S’y
ajoutent 1381 livres pour l’impression de 2500 épreuves. On ignore le bénéfice de Poilly,
mais si son travail n’était pas achevé à temps, il aurait à payer 1000 livres de
dédommagement. Le total de la dépense s’élève à 9881 livres. Le 14 septembre 1691 pour
la thèse de Camille Le Tellier, troisième fils de Louvois, Poilly fit un contrat pour 7000 livres,
avec une prime de 500 livres s’il terminait à temps et une pénalité de 1000 livres en cas de
retard (cat. 128). La composition était de nouveau dessinée à l’huile sur papier par Mignard
et les cuivres de dimensions voisines. Le prix de l’impression, qui avait beaucoup
augmenté, s’éleva à 2977 livres à la charge de l’impétrant. La dépense atteignit
donc 10477 livres tournois. Dans les deux cas les cuivres restèrent la propriété du
commanditaire.
10 Les contrats signés par Edelinck et Rousselet pour graver les compositions de Le Brun
atteignaient probablement des chiffres voisins. De telles sommes, qui permettaient de
vivre fastueusement pendant un an, n’étaient donc à la portée que des plus fortunés. À
titre de comparaison, vers 1675, une maison de cinq étages rez-de-chaussée compris, à
raison d’une pièce par étage, dans le bas de la rue Saint-Jacques, se louait entre deux et
cinq cents livres par an, selon son état et sa superficie 16
. Précisons encore que
le 15 avril 1658, Nanteuil reçut le brevet de dessinateur et graveur ordinaire du roi, aux
gages de 400 livres par an, que le 15 juin 1659, une ordonnance lui accorda une pension
annuelle de 1000 livres 17
, et qu’en 1676, son élève Tempesti lui versait une pension
annuelle de 1000 livres 18
. Pour rester dans le milieu de la gravure, le salaire annuel de
Clément, imprimeur du Cabinet du roi, passe de 1200 livres à partir
de 1670 à 1500 en 1671, alors que Goyton, imprimeur du Cabinet du roi, ne reçoit que
100 livres par an, auxquelles s’ajoutent 500 livres pour les bons services
entre 1670 à 1673 19
.
11 Quelle somme touchaient généralement les graveurs pour leurs travaux ? Il est difficile
d’en juger tant les paramètres sont divers. Le parallèle entre le prix de quelques grandes
planches d’après Le Brun et les thèses elles-mêmes permet de s’en faire une idée
approximative. En 1685-1686, Le Brun donna 15000 livres et 50 épreuves à Alexis Loir pour
les deux planches (970 × 700 mm) de format comparable à celui des thèses de La chute des
anges rebelles , dédiée à Louvois 20
. En revanche, vers 1696, il ne donne plus à Edelinck
que 1000 livres sur les 2000 initialement prévues, comme moitié de l’usufruit pour le
Crucifix aux anges (965 × 658 mm) qu’il avait prévu de dédier au roi, et dont en définitive le
graveur fit la dédicace et garda le cuivre estimé 4000 livres.
12 Ajoutons encore quelques comparaisons avec les sommes versées aux graveurs dans les
comptes des Bâtiments du roi 21 et d’abord pour des oeuvres que leurs dimensions et la
complexité des sujets rapprochent des grandes thèses allégoriques : en 1675, Edelinck
reçut 5500 livres pour la Famille de Darius en deux planches d’après Le Brun
(702 × 910 mm), entre 1674 et 1678, Gérard Audran 10795 livres pour l ’Histoire
d’Alexandre 22 et Étienne Picart 1500 livres pour la Peste d’Asdod d’après Poussin 23
. Mellan
et Baudet n’en perçurent que 500 pour chaque statue antique des collections royales, mais
elles sont gravées à la simple taille et sont plus petites (390 × 283 mm).
13 Si les cuivres des grandes allégories restaient en général la propriété des candidats,
Gantrel finança deux d’entre elles pour les Jésuites de Rouen en 1687 (cat. 117) et de
Rennes en 1696 (cat. 130). Soucieux de protéger leurs oeuvres, portraits ou allégories,
nombreux sont les graveurs et éditeurs qui prirent un privilège. C’est ce que fit Boudan
en 1638 pour la thèse célébrant la naissance de Louis XIV (cat. 2), Lasne pour deux thèses,
l’une représentant le jeune roi coiffé d’une plume dans une architecture (cat. 8), l’autre le
montrant en costume de sacre vers 1650-1652 (cat. 16) et Edelinck pour les thèses de La
Guerre (cat. 84), de La Paix (cat. 92) et du Triomphe de la Religion (cat. 100). Nanteuil
recourait au privilège de façon systématique. Pitau, Nicolas de Poilly, Vallet, Van Schuppen
à l’occasion. En revanche, pas de privilège sur les gravures de François de Poilly, de
Rousselet ou de Simon, qu’il s’agisse d’allégories ou de portraits.
Les prix des modèles
14 Aux 9881 livres reçues par Poilly en 1684 pour la thèse de Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier (cat. 102) et aux 10477 livres pour celle de leur frère Camille en 1692 (cat. 128) 24
,
il faut ajouter le prix des compositions peintes à l’huile sur papier gris par Pierre Mignard.
Si on ignore combien reçut le peintre, on peut formuler quelques hypothèses. On sait
qu’en 1677 il avait reçu 550 livres pour celle de Pellot (cat. 81). Comme la composition était
assez simple, il est probable que pour ces deux grandes allégories, il reçut une somme
proche des 2000 livres reçues par Le Brun en 1686 pour la thèse du Triomphe de l’Église
(cat. 100). Les frais de Louvois seraient donc d’environ 12000 livres pour la première thèse
et de 12500 pour la seconde. Les sources dont sont tirées ces quelques informations ne
donnent malheureusement aucune précision sur les dessins, et dans les contrats passés
avec les graveurs, il n’est jamais question du prix des modèles qui leur sont fournis.
15 Les prix de ces grandes allégories étaient donc considérables mais il est possible qu’on soit
encore loin du compte, car en 1738 il en aurait coûté 40000 livres à l’abbé de Rohan pour la
thèse montrant Louis XV donnant la paix à l’Europe gravée par Laurent Cars d’après
Lemoyne 25
, chiffre exorbitant si on considère que le peintre n’aurait touché
que 30000 livres pour le plafond d’Hercule 26
. Les thèses dédiées à Louis XIV atteignirentelles
de tels sommets ?
16 En général, le modello revenait au commanditaire, mais il arrivait qu’il reste en possession
du peintre ou du graveur. Le Brun avait conservé plusieurs études préparatoires aux
thèses : quatre toiles sur lesquelles sont peints des bas de thèses 27 et « un petit tableau
d’environ un pied et demi de haut de Le Brun, dessin coloré d’une thèse montrant la
Religion triomphant de l’Hérésie » (cat. 100). Rousselet possédait un camaïeu de Le Brun
représentant Le roi sur son char accompagné de plusieurs vertus (cat. 20), qui fut
estimé 100 livres dans son inventaire après décès 28
. Mais le portrait au pastel du roi pour
la thèse des frères d’Aligre (cat. 89, voir fig. 49 ) fut récupéré par ses commanditaires dans
l’atelier du graveur.
L’impression
17 L’impression des thèses de Louvois gravées par Poilly d’après Mignard en 1684 (cat. 102)
coûta 1350 livres les 2500 exemplaires à raison de 50 livres le cent 29
. Comme il le précise
dans une lettre à Perrault, Clément en 1670 achetait pour les planches du Cabinet du roi
du papier au grand raisin double « qui s’est trouvé le plus beau et le plus propre pour les
planches de la grandeur ordinaire, il couste icy 24 lt la rame. Pour les autres planches plus
grandes, ou pourra se servir du Grand Aigle fin 30 qui couste 86 lt. la rame 31 ».
18 Quelques mentions tirées de l’inventaire après décès de Nanteuil du 9 décembre
1678 permettent de savoir quel papier il employait pour les thèses et à peu près à quel
prix. On en trouve chez lui de divers formats : au colombier, au nom de Jésus, au grand
aigle. À savoir, « deux rames et quatorze mains de grand papier à theze, au colombier,
prisées à raison 35 lt. la rame, revenant audit prix de 94 lt. 10 s. ; six mains de grand papier
à theze, au nom de Jesus, prisées à raison de quinze sols la main, revenans audit prix
de 4 lt. 10 s. ». Comme en attestent ses dettes envers plusieurs marchands qui s’élevaient à
plus de 6000 livres, le papier représentait une dépense considérable. Outre cette somme, il
devait 4100 livres à Le Goux, 305 livres 10 sols aux Sr. Godart et Cousin, et 1620 livres au Sr.
Claude Dupuis (ou Dupuy) qui lui avait livré « deux rames de grand papier a theze au nom
de Jesus et au colombier [...] pendant son dernier voiage de Versailles », qu’il vient
reprendre. Le même Dupuis avait également livré « une rame et demye de grand papier à
theze au grand aigle ». La rame est évaluée à 40 livres pour le grand aigle et 30 pour le
Jésus et le colombier. Ces mentions prouvent à nouveau que la plupart des portraits
commandés à Nanteuil étaient destinés aux thèses.
19 Pendant un temps il dut faire tirer les estampes chez lui, mais l’état des deux presses
trouvées dans le grenier à sa mort, estimées ensemble à 20 livres, laisse supposer qu’il
avait cessé depuis longtemps ; il s’adressait à deux imprimeurs, Adrien Renoust ou
Renoud, présent à l’inventaire, et Le Cointe 32
. Ces noms valent d’être signalés tant on est
mal renseigné sur le monde des imprimeurs, que la lettre des gravures ne mentionne
pas 33
. Pourtant leur intervention était essentielle, car en dépendent la qualité du tirage et
la mise en valeur du travail du graveur, qui en général ne leur confiait les planches qu’avec
circonspection. Un mauvais tirage pouvait rendre l’épreuve peu plaisante et endommager
le cuivre. Poilly 34
, Gantrel et Vallet, qui étaient également éditeurs d’estampes, devaient
faire imprimer les thèses dans leur atelier. Les autres graveurs – Simon, Cossin, Roullet… –
s’adressaient à des imprimeurs indépendants comme le règlement le leur imposait, sous
peine d’une importante amende. Cependant, les graveurs logés au Louvre et aux Gobelins,
ou membres de l’Académie, restaient libres d’imprimer chez eux 35
.
Le satin
20 Souvent l’impétrant faisait tirer quelques épreuves sur soie ou satin réservées à son
mécène 36
. D’une grande fragilité, elles sont devenues rares. Seules deux thèses sur satin
dédiées au roi sont aujourd’hui répertoriées (cat. 51, fig. 50 )
37
. Les mentions du Mercure
galant et de l’inventaire du Garde-Meuble royal indiquent clairement que les épreuves
données au roi étaient imprimées sur satin. Le contrat signé entre Poilly et Louvois
en 1683 précise qu’il en coûtait 31 livres 10 sols pour trois aunes et demie de satin
(soit 3,56 mètres), ce qui équivaut approximativement à trois thèses. À la fin du siècle, les
statuts de la faculté de théologie de Paris en interdirent l’usage sous peine de trente livres
d’amendes, ainsi que l’utilisation d’images ou de planches d’une taille excédant la
dimension montrée par l’appariteur, sans quoi leur acte serait tenu pour nul 38
.
21 Rappelons qu’aux dépenses occasionnées par l’illustration, il fallait ajouter encore de
menus frais pour le montage des feuilles, la dorure sur tranche et le prix de l’impres sion
du texte lorsqu’il n’était pas gravé ; la livraison et l’affichage s’ajoutaient aux prix des
cadres et des glaces, aux décors de la salle de thèse, aux frais d’inscription et aux cadeaux
à donner au président, aux professeurs et aux bedeaux lors du repas de cérémonie. On
comprend aisément qu’offrir une thèse au roi n’était pas à la portée de tous ; l’abbé de
Polignac, ayant déjà « saigné » sa mère, dut s’adresser à un parent pour réunir l’avance
faite au graveur (cat. 100) 39
. À leur mort, certains artistes n’avaient pas encore été
totalement défrayés.
F igure 50. – Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières ,
1665, épreuve sur soie.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 178.35 KB )
Diffusion et réutilisation
Les portraits
22 Comme les contrats le précisent parfois, les cuivres pouvaient rester la propriété du
graveur. Rien d’étonnant alors que certains portraits soient réutilisés par d’autres
étudiants. La présence de l’ excudit au bas de plusieurs d’entre eux en apporte la preuve.
23 Bien souvent, un portrait commandé par un étudiant pour une première de ses thèses
était légèrement modifié pour la suivante. Ainsi en 1672, pour la thèse de théologie de
l’abbé Jules-Paul de Lionne (cat. 72), Nanteuil retoucha un cuivre gravé quatre ans plus tôt
(cat. 64) et allongea la perruque tout autour de la tête, comme la portait alors le roi.
Souvent il fallait aussi changer les ornements ou le vêtement. Ainsi, pour son exercice de
philosophie, Roger de Courtenay, qui avait fait graver en 1664 par Nicolas de Poilly un
portrait de Louis XIV peint par Nicolas Mignard 40 (cat. 50, fig. 51 ), le fit retravailler quatre
ans plus tard pour sa thèse de théologie ; on supprima le cadre de palmes et de rameaux
d’olivier et la couronne de laurier au-dessus du roi et les devises furent remplacées par des
fleurs de lys (cat. 62, fig. 52 ). De même en 1662, pour la thèse de l’abbé de Clermont (cat.
34), Nicolas de Poilly utilisa le cuivre d’un portrait du roi d’après Nicolas Mignard, gravé
semble-t-il peu de temps auparavant, remplaça l’armure du monarque par un camail
d’hermine et sa croix du Saint-Esprit par des pompons, fit disparaître les fleurs de lys des
écoinçons et ajouta une légende latine sur l’applique. Le portrait dessiné par Masson
en 1676 pour Louis d’Artagnan (cat. 79) servit de nouveau l’année suivante, probablement
pour une thèse.
24 Du fait de l’importante demande des étudiants, la plupart des graveurs prirent un privilège
pour leurs portraits. En date du 26 octobre 1661, celui de Nanteuil pour l’ensemble de son
oeuvre condamne à 3000 livres d’amende tout contrefacteur, graveur, marchand, éditeur
ou autre et interdit de « graver, copier ou contrefaire, au tout ou en partie, sous quelque
prétexte de déguisement que ce puisse être », avec saisie des exemplaires « en quelque
main qu’ils se trouvent 41 ».
25 De même, Gérard Edelinck fit protéger ses deux thèses d’après Le Brun, le Triomphe de la
Religion en 1683-1686 (cat. 100) 42 et la Tèse de la Guerre , en 1677 qu’il signa « G. Edelinck
sculpsit C[um]. P[rivilegio]. R[egis] 43 » (cat. 84). Quelques graveurs- éditeurs et éditeurs
d’estampes prirent aussi cette précaution, comme Étienne Picart en 1682 pour la thèse de
l’abbé de Lorraine d’après Paillet montrant le roi dans un ovale avec au bas la Renommée
qui désigne le portrait signé « E. Picart le Romain fecit et excudit C.P.R. 1682 » (cat. 98), et
Étienne Gantrel en 1686 ou 1687 pour celle de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil d’après
Sevin, célébrant le rétablissement de la santé du roi avec la mention « Ste Gantrel ex.
C.P.R. » (cat. 112).
F igure 51a. – Positions de la thèse de Roger de Courtenay , 1664 (bas).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.34 KB )
F igure 51b . – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay ,
1664 (haut).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 107.83 KB )
26 Cette protection de la gravure semble avoir été fréquente, surtout pour les thèses dédiées
au roi, qu’expliquent leur qualité, le temps passé à les graver et leur sujet propice à la
contrefaçon. Trente d’entre elles, pour la plupart des portraits, portent la mention « cum
privilegio Regis ». Rappelons qu’obtenir un privilège était onéreux et impliquait le dépôt de
huit épreuves à la Bibliothèque du roi depuis le 17 octobre 1704, comme l’indique le Code
de la Chambre syndicale de la communauté des libraires & imprimeurs en date
du 23 octobre 1713, alors qu’auparavant un arrêt du Conseil du roi du 19 mars
1642 stipulait seulement le dépôt de deux épreuves dans les quinze jours sous peine de
confiscation, de déchéance du privilège et de 1000 livres d’amende 44
.
F igure 52. – Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay ,
1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 127.58 KB )
Les thèses historiées
27 Les thèses n’étaient pas vendues mais données. Lorsque l’étudiant ne gardait pas le cuivre,
après quelque temps le graveur en commençait l’exploitation pour son compte. Si on se fie
aux inventaires après décès de Le Brun et de Rousselet, les peintres et les graveurs à
l’origine de l’illustration semblent aussi avoir eu en main un certain nombre d’épreuves,
qu’ils vendaient aux amateurs. Le Brun 45 possédait plusieurs tirages des thèses d’Edelinck,
comme Le roi donne la paix à l’Europe (cat. 92) 46 et Le roi à cheval (cat. 49), la seule dont il
gardait également les cuivres. En 1699, Suzanne Butay 47
, veuve de Le Brun, en conservait
encore onze épreuves collées avec onze de la Paix, plus sept non collées sans positions, et
dix-neuf du portrait de Colbert de 1682, également d’Edelinck. Le Brun possédait aussi
seize grandes thèses différentes en deux pièces collées 48 et quatre thèses de l’histoire du
roi collées sur toiles, correspondant aux estampes de Rousselet, d’Edelinck et de Poilly 49
.
Quant à Rousselet, il gardait seize feuilles du Roi conduisant son navire (cat. 42) et neuf du
Roi à cheval (cat. 49) 50
. Par les inventaires de sa collection dressés après l’incendie qui
dévasta son logement du Louvre le 30 août 1720, on sait également que l’ébéniste André-
Charles Boulle (1642-1732) possédait les cuivres des thèses de Mellan et un grand nombre
d’autres thèses 51
, en tout 361. Les doubles, les triples y sont si nombreux qu’on peut
penser qu’il en faisait commerce. En 1732 lors de sa vente après décès, parmi les thèses
gravées par Rousselet et Poilly d’après Le Brun et Mignard, figure notamment celle de
Jean-Baptiste Colbert dédiée à Louis XIV en 1668 (cat. 63) 52
.
La réception des illustrations de thèse : remplois et copies
28 Les copies et remplois de quelques-uns de ces frontispices prouvent leur succès. Plusieurs,
comme le Louis XIV sur un char de triomphe gravé par Rousselet d’après Le Brun (cat. 20),
furent réutilisés pendant de nombreuses années et modifiés pour convenir à la réalité du
moment. Ainsi, le jeune roi gravé en 1652 laisse place au jeune homme en 1659 (cat. 25),
puis à l’homme d’âge mûr en 1687 pour un almanach. Lorsqu’elles appartiennent au
graveur ou à un éditeur, ces compositions très coûteuses reparaissent modifiées. Sans
doute peu après la soutenance, la dédicace et les positions de la gravure d’Edelinck
montrant le Roi à cheval (cat. 84) furent remplacées par la légende : « Ludovico Magno.
Europa Terrâ Marique composita », mettant en évidence la lutte du monarque pour le salut
de l’Europe. Le Brun qui en possédait le cuivre ajouta en bas la Fureur hurlant sous les
sabots du cheval, renversée sur le dos, le flambeau à la main, tenant par un aileron un
dragon apeuré, crachant du feu, avec sous ses serres un enfant mort et derrière lui deux
femmes apeurées incarnant le Zèle religieux et la Paix qui s’enfuient en implorant l’aide du
roi.
29 D’autres thèses prestigieuses connurent un sort semblable. Les cuivres de la thèse de
Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38), gravée en 1663 par François de Poilly d’après Le Brun
montrant le portrait de Louis XIV tenu par le Temps, furent réemployés en 1693. Le cuivre
est coupé en passe-partout et Johann Hugo von Orsbeck, archevêque de Trèves, remplace
le roi ; les scènes historiées sur les colonnes de chaque côté sont effacées, ainsi que la
dédicace et les positions. De même, la thèse gravée en 1676 pour Claude-François Pellot
par François de Poilly d’après Pierre Mignard (cat. 81) devint douze ans après la
soutenance celle de Guillaume-Antoine Bleesen, originaire de Cologne ; le portrait de Louis
XIV étant remplacé par la Sagesse divine. La Tèse du roi devant le parlement de Rennes (cat.
124) fut remployée au moins deux fois et celle de la Religion (cat. 100), gravée par Edelinck
en 1683-1686, servit jusqu’en 1790.
30 Plusieurs thèses furent également l’objet de copies totales ou partielles. En 1666, Jean
Lenfant reprit dans le même sens la figure du roi à cheval ( fig. 53 ) gravée en 1664 par
Rousselet d’après Le Brun pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49) 53
. Gantrel fit copier
en petit en l’inversant la Tèse de la Paix gravée en 1680 par Edelinck d’après Le Brun (cat.
92). Il fit aussi découper le cuivre du portrait du roi gravé en 1663 par Nicolas de Poilly (cat.
39) pour intégrer d’autres effigies ; la planche passa ensuite chez Hecquet, qui pour la
tentative de Joseph-Gaspard de Chabannes en 1722 y inséra un portrait du jeune Louis XV
d’après Rigaud dans un encadrement agrémenté d’un baldaquin. Au xvii e siècle à Aix, V.
Guigou s’en inspira librement pour célébrer un parlementaire de la famille de Séguiran, en
inversant la composition dont il ne retint que les quatre angelots 54
. La thèse dédiée au
Dauphin, gravée par Nicolas de Poilly d’après Chauveau vers 1663 (ann. I.C-2), fut copiée
en sens inverse par Claude Audran pour une allégorie aux armes des Forbin 55
; les amours
de la partie inférieure sont remplacés par la Clémence terrassant l’Hérésie 56
.
31 Des copies attestent de l’importante diffusion et du succès des thèses dédiées au roi. La
Tèse de la Guerre gravée par Edelinck en 1677 pour Jacques-Nicolas Colbert (cat. 84) fut
reprise vers 1683 par le peintre Thomas Mathias Scharner pour honorer l’empereur
Léopold er I (1640-1705) dans une gravure de Johann Franz Wussin (1663- 1700) 57
. Donnant
à l’empereur l’attitude et le costume de Louis XIV, Wussin conserve dans la partie centrale
la Divine Providence et l’archange qui au lieu de menacer l’aigle de l’Empire en fait un
compagnon de sa lutte ; les monstres, la Fureur et le Mensonge ont disparu, de même que
les figures allégoriques dans le ciel. L’allégorie est détournée à la gloire d’un des
principaux adversaires du roi 58
.
32 D’un genre bien différent, l’énigme dessinée par Munier et gravée en 1685 par Le Pautre
pour la thèse de Rouvière (cat. 105) connut elle aussi un succès international et fut
détournée de son sens dans une très libre interprétation parue à Francfort-sur- le-Main
en 1704 dans Le Museum Museorum de Michael Bernhard Valentini (1657- 1729) 59
. Il ne
s’agit plus de montrer la nature de l’état monarchique ni d’illustrer la thériaque, mais
d’évoquer la croyance selon laquelle les abeilles peuvent naître par génération spontanée
dans le cadavre des animaux. Le graveur reprend le Soleil sans la devise ; l’arbre est
inversé, le boeuf et le lion sont sur le même plan, un personnage avec des ruches est
ajouté. Toute référence à Louis XIV a disparu.
F igure 53. – Jean Lenfant, Louis XIV à cheval , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 148.14 KB )
33 Que le visage du roi soit conservé ou non, nombreuses furent les compositions mettant en
scène Louis XIV qui furent copiées tant en France qu’à l’étranger. Il en est ainsi d’une
estampe gravée en 1659 par Van Schuppen en l’honneur de Mazarin, où Louis XIV apparaît
sous les traits de Mars (cat. 26), dont parut trente ans plus tard une imitation satirique en
petit à Amsterdam 60
. Parfois les copies servent pour des almanachs. La Sagesse de
l’ Almanach de l’an de grâce 1696 , édité par Pierre Landry (IFF 406), montrant « Le Roy au
comble de ses Victoires », inverse la Providence de la Tèse de la Guerre , gravée en 1677 par
Edelinck (cat. 84) ; son geste est devenu maladroit, car elle ne tient plus en main qu’un
sceptre ; à gauche, dans le même sens cette fois, la Victoire a la même origine, mais sans
sa couronne de laurier et le sein pudiquement couvert. En 1698, le Mars qui accompagne
Louis XIV dans l’almanach des Dernières conquêtes de Louis le Grand également édité par
Landry (IFF 398) vient du frontispice de la thèse en livret du prince de Turenne gravé
en 1679 par Cossin, où le dieu aidait la Paix à poser le portrait du roi sur un piédestal (cat.
91). Signalons enfin la tentative de l’abbé de Saint-Albin, soutenue à la Sorbonne en 1718,
commandée à Antoine Dieu ( fig. 54 ), qui s’inspire de la gravure d’Edelinck pour l’abbé de
Polignac (cat. 100), et la thèse de philosophie à l’université de Trèves dédiée par Johann
Baptist Schlöder le 17 septembre 1753 à Charles-Henri de Warsberg (1691- 1760), illustrée
du portrait de l’empereur François er I de Lorraine et gravée par Philipp Andreas Kilian
d’après Martin van Meytens le Jeune 61
( fig. 55 ) ; d’un style rocaille affirmé, le portrait à micorps
est placé dans un cartouche aux formes chantournées surmonté de la Providence et
s’inspire de la figure inventée en 1677 par Le Brun dans la Tèse de la Guerre .
F igure 54. – Antoine Dieu, Grisaille préparatoire à la tentative de l’abbé de Saint-Albin
dédiée au Régent , 1718.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 130.39 KB )
F igure 55. – Philipp Andreas Kilian d’après Martin van Meytens, Tèse dédiée à
l’empereur François er I de Lorraine , 1753.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.34 KB )
Notes de bas de page
1 P atin 1692, t. I, lettre CXCV, p. 467.
2 Ibid. , p. 305 : Patin précise qu’il « exerce ses écoliers tant qu’il peut en leçons,
disputes, & répétition… ».
3 Pour une étude plus développée voir M eyer 2002, p 41-63.
4 AN, MC/ET/CIX/208. Contrat cité par L othe (1994, p. 10) qui ne précise pas qu’il est
passé au nom de Monchy d’Hocquincourt et pour une thèse.
5 AN, MC/ET/LIII/99.
6 AN, MC/ET/XLIX/353.
7 AN, MC/ET/XLIII/132. Cité par M artin 1999, t. II, p. 703.
8 Pour celui de l’abbé de Coëtlogon, un exemplaire avait été choisi et on y mit un
paraphe.
9 AN, MC/ET/XLIII/123, 14 mars.
10 AN, MC/ET/XLIII/106. Le portrait est gravé d’après C. Le Febvre (pinx) et daté de 1663 ;
le nom du candidat ne figure pas sur le cuivre. F irmin- D idot 1875-1877, t. II, n° 1941.
11 Il n’est pas possible de déterminer de quel portrait il s’agit : pour les thèses, deux ont
paru en 1662 (cat. 34, 35) le troisième (cat. 40) est trop tardif, on ne peut pas exclure les
quatre (cat. 30-33) de 1661.
12 L119. AN, MC/ET/XLIII/132. Le portrait de l’abbé de Lionne fait 532 × 455 mm au coup
de planche.
13 P errault 1696, p. 324.
14 Neuf de Nanteuil, quatre de Van Schuppen, deux de Gantrel ; et un de Boudan, Jollain,
Masson, Picart…
15 L othe 1976.
16 Exemple tiré de P réaud 2011-2012.
17 P etitjean et W ickert 1925, vol. 1, p. 25.
18 A damczak 2011.
19 G rivel 1986, p. 184.
20 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, o t. I, p. 50 et L os A ngeles 2010, n 9.
21 G rivel 1986, p. 185.
22 Le passage du Granique (4 planches, 717 × 1394 mm ; IFF 65), La bataille d’Arbelles
(1674, 4 planches identiques ; IFF 66), Porus blessé (1678, id . ; IFF 67), Entrée à Babylone
(1675, 2 planches, 715 × 930 mm ; IFF 68).
23 G rivel 1986, p. 185.
24 L othe 1976.
25 L uynes 1860, p. 78.
26 B ordeaux 1985.
27 Ibid o ., n 35 estimé 150 livres.
28 M eyer 1985, p. 298.
29 L othe 1976.
30 Le Grand aigle mesure 1040 × 709 mm, et permet d’imprimer texte et image sur une
seule feuille. Voir S avary des B rûlons 1750, t. III, p. 29.
31 Ibid. , p. 1, et p. 85 note 53 ; BNF, Est., Ye 160 pet. fol. Une rame contenait 20 mains
de 25 feuilles.
32 A damczak 2011, p. 7-10. Le Cointe était sans doute apparenté à François Le Cointe (ou
Le Cointre) imprimeur-libraire à Paris qui, reçu maître en 1650, mourut en 1692 (voir
M ellot et Q ueval 2004).
33 Parmi les exceptions signalons Jean Goyton, imprimeur en taille-douce du roi, chargé
de l’impression des planches du Cabinet du roi.
34 François de Poilly possédait sept presses à taille-douce (L othe 1994, p. 25).
35 G rivel 1986, p. 117-119.
36 D elmas 2005.
37 La thèse de Gilles Le Maistre en 1665 (cat. 51) et celle de Jacques-Nicolas Colbert
en 1672 (cat. 75).
38 F erret 1904, p. 23.
39 T orrilhon 1980, p. 261.
40 Utilisations inconnues de L othe 1994.
41 A damczak 2011, p. 304.
42 La thèse est mentionnée dans le Registre des estampes, cartes géographiques de
privilège reçeues par la Bibliothèque du roy depuis 1684 (BNF, Est., Rés., Ye 7 pt. fol. 12).
43 Avec privilège du roi.
44 G rivel 1986, p. 112-114.
45 M eyer 1998 ; AN, MC/ET/LXV/126, 7 février 1690.
46 M eyer 1985, p. 105 et 107, Est. 3.
47 AN, MC/ET/LXV/145, 17 juillet 1699.
48 M eyer 1998, Est. 6, estimées 3 livres.
49 Ibid. , Est. 7.
50 M eyer 1985, p. 304.
51 S amoyault 1979, n o 110.
52 Ibid ., p. 134.
53 IFF121. Lenfant ajoute une vue de Paris avec le cortège royal. Les figures allégoriques
et les ennemis vaincus ont disparu. Le nom de Le Brun n’est pas mentionné.
54 BNF, Est., N3 (D 292217).
55 BNF, Est., Ed 67, fol. E037228. La gravure est antérieure à 1677, date de la mort
d’Audran.
56 Pour d’autres exemples, voir l’allégorie en l’honneur d’André Leberthon gravée par
Laurent Cars en 1744 pour la thèse de Pierre Grenier qui ne reprend pas moins de sept
figures tirées de sept thèses différentes gravées par Poilly, Rousselet et Edelinck d’après
Mignard et Le Brun (M eyer 1990 a , ill. 16, p. 12).
57 P igler 1955. La gravure évoque à l’arrière-plan la levée du siège de Vienne en 1683.
58 Le modello de Le Brun, conservé au musée des beaux-arts de Budapest, pourrait
avoir servi à Wussin, car son estampe est dans le même sens que celle d’Edelinck.
59 Vol. 1, p. 509.
60 Pour le De Lydsaamheid en het Gelove der Heiligen, vit het Fransch vertaalt door (Berlin,
1997, p. 222, C. II 5).
61 Thèse sur soie (1210 × 740 mm), château de Versailles, inv. V. 2014.59. Nous
remercions Madame Élisabeth Maisonnier pour les informations qu’elle nous a fournies
sur ce document.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VI. Contrats et dépenses Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Troisième partie. Le roi, son histoire e... Chapitre VII. L’histoire du roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VII. L’histoire du roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VII. L’histoire du roi
p. 169-250
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Depuis la fin du xvi e siècle, bien des thèses ont été dédiées aux rois de France. Six au
livre moins le furent à Henri IV entre 1593 et 1611, la dernière étant posthume 1
, une quinzaine
à Louis XIII, la plupart entre 1620 et 1642 2
. Mais il faut attendre le règne de Louis XIV pour
que cette pratique prenne toute son importance, puisqu’il apparaît plus de cent trente-six
fois au frontispice de leurs travaux.
Table des matières
De la naissance au règne personnel (1638-1660)
Citer
2 Les thèses concernant le roi entre 1638 et 1660 se répartissent en deux périodes. La
première (1638-1645) est celle de sa prime jeunesse et de son avènement au trône : Partager quatre compositions, dont Louis PDF du XIII ou Anne d’Autriche étaient les dédicataires, montrent
chapitre
le Dauphin nouveau-né dans ses langes entre 1638 et 1643, et six sont dédiées au jeune
Plan roi entre 1643 et 1645. Les troubles des années 1645-1650 interrompent les dédicaces ; la
deuxième période (1650-1660) voit la soutenance de dix-sept thèses, dont six après 1659,
Suggérer
Plan détaillé une fois la paix intérieure revenue. En tout, pas moins de vingt-sept thèses de sa l’acquisition à
Texte intégral naissance au début de son règne personnel. votre bibliothèque
De la naissance au règne personnel Les premières années (1638-1645)
Célébration du roi en province Acheter
La naissance Vers l’affirmation du pouvoir
La première apparition de Louis XIV sur une thèse date de sa naissance, Édition Le pouvoir personnel : le roi 3 le
imprimée
Notes de bas de page 5 septembre 1638. Exécutée sur un dessin de Charles Le Brun, peut-être à l’instigation du
chancelier Séguier son protecteur, la gravure n’est plus connue que par une description de Presses
Guillet de Saint-Georges, qui indique qu’en 1638, pour célébrer la naissance du roi, Le universitaires
Aller en haut de page
de Rennes Brun fit un grand dessin montrant « la Providence qui rapporte du ciel un enfant nouveau- Aller en bas de page
né, et venait [le] présenter au Roi Louis XIII » qui précise-t-il, « fut regardé d’un bon oeil à amazon.fr
la cour, et la ville n’en fut pas moins satisfaite ». Preuve du succès de sa composition, decitre.fr
Charles Le Brun (1619-1690), dont c’était la première illustration de thèse, fut chargé d’un mollat.com
autre dessin destiné à orner un exercice académique, probablement en livret, édité par leslibraires.fr
Alexandre Boudan où Louis XIII en Mars, assis sur des nuages, tient sur ses genoux le placedeslibraires.fr
1 DaEun p1h5i9n3 , rlea vtêhtèus e dud u cachmiariulr gide’nh eJramciqnuees edt ’Admesb oiosred remse ntriooyanunxé,e par Pierre de L’Estoile à qui Vénus rend hommage lcdpu.fr
(L’E stoile 1825, XLVI, p. 528), en 1603, une thèse soutenue chez les Jésuites de Bordeaux tandis que les sept planètes et les quatre éléments se rangent sous sa loi : « Nous avons
(F ouqueray 1922, p. 43), en 1605 une planche de thèse de Léonard Gaultier (IFF 134), en 1606, la ePub / PDF forgé pour toi », s’écrie Vulcain tenant son marteau, « et pour toi milite l’air », proclame
thèse de Robert Fidèle d’Arimini gravée par Villamena, en 1607 celle d’Arthur d’Épinay de Saint-
Isis (cat. 2) 3
Luc, gravée de . nouveau par Léonard Gaultier (IFF 82) et en 1611, une thèse de philosophie au
collège de La Flèche pour commémorer la mort du roi (F ouqueray 1922, p. 233).
F igure 56. – Pierre Daret d’après Simon Vouet, Tèse d’Alexandre Courtois , 1639.
2 Elles sont gravées par K. Audran, qui s’inspire de la gravure de Villamena offerte à Henri IV
(IFF 372), Chauveau (IFF 1511), Firens (IFF 43), Lasne (IFF 404, 741, 747), Léonard Gaultier (IFF 114)
et Vorsterman (Hollstein 115). La thèse des Jésuites de Bordeaux célébrant la prise de La Rochelle
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 116.67 KB )
4 L’atelier de Simon Vouet (1590-1649), dont Le Brun faisait partie, fut sollicité à plusieurs
reprises pour représenter cet événement tant attendu. Alexandre Courtois, valet de
chambre et garde des cabinets du roi et de la reine, qui demeurait aux galeries du Louvre,
demanda à Vouet, sans doute en sa qualité de premier peintre du roi, de dessiner un
frontispice pour la thèse de philosophie que son fils devait soutenir le 31 juillet 1639 (cat.
3). Secondé par Le Brun, Vouet 4 composa une allégorie, gravée par Daret, montrant Anne
d’Autriche assise sur les nuées, au-dessus du château de Saint-Germain, lieu de naissance
du Dauphin. Entourée de Minerve et des Grâces, la reine remet le nouveau-né à la France
en présence de la Paix et de l’Abondance « fruits de cette heureuse naissance 5 » ( fig. 56 ).
5 En 1640, l’image anonyme (cat. 5) de la thèse de philosophie de Louis Tronson, dédiée à
Saint Louis, montre de part et d’autre de l’impétrant, à gauche le roi Louis XIII à cheval et à
droite le Dauphin vêtu d’une dalmatique fleurdelisée et d’un camail d’hermine, croix du
Saint-Esprit autour du cou, dans les bras de sa mère, entouré de la Foi, la Justice et la
Prudence. Dans une autre thèse, connue seulement par un dessin attribué à Albert
Flamen (1620-1674), porteur des instruments royaux, âgé de deux ou trois ans, il est assis
sur un pavois, tenu par le roi et la reine, au-dessus d’un autel couvert d’un drap orné de
lys, devant la Justice, la Vérité et la Religion. Deux angelots déposent sur sa tête une
couronne (cat. 4).
6 Toutes ces images participent à la glorification du pouvoir, mais contrairement à ce
qu’indique Peter Burke 6
, Louis XIV n’y est pas montré comme les autres enfants, avec les
langes d’un bébé ou la robe alors portée pour les garçons de moins de sept ans. Dès sa
naissance, il porte le manteau royal, orné de fleurs de lys d’or, il a au cou le collier du
Saint-Esprit et tient le sceptre et la main de justice. Lorsqu’il apparaît sans les insignes du
pouvoir, il est nu comme l’Enfant Jésus dans la crèche ou les dieux et héros de l’Antiquité,
ce qui souligne ainsi le caractère miraculeux de sa naissance. La présence de la
Providence, de la France, de la Paix et de l’Abondance montre que Dieu veille sur lui. La
longue attente de sa naissance justifie cette présentation, qui n’a pas d’équivalent pour
Louis XIII 7 et cette iconographie apparaît aussi dans les almanachs, dont les illustrations
en bandeaux 8 se distinguent alors de celles des thèses par leurs proportions plus
réduites.
F igure 57. – Michel Lasne, Tèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune , v. 1643.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.43 KB )
Le nouveau roi (1643-1645)
7 Si dans les illustrations précédentes Louis apparaissait comme incarnation de l’État,
couronné et porteur des ordres royaux, une composition inventée et gravée par Michel
Lasne (1595-1667) le montre ensuite en simple costume civil, sans insigne du pouvoir ;
c’est un enfant joufflu d’environ cinq ans, coiffé d’un bonnet orné d’une longue plume
tombant sur le côté, en buste dans une couronne de laurier au centre d’un entablement ;
ses armoiries, écartelé au 1 et 4 de France, au 2 et 3, d’or au dauphin d’azur, et la présence
de dauphins datent la soutenance d’avant la mort de Louis XIII, survenue
le 14 mai 1643 (cat. 8, fig. 57 ).
8 Le futur Louis XIV apparaît également dans deux thèses dédiées à son père. Gravée aussi
par Lasne et soutenue le 11 février 1641, la tentative en Sorbonne de Louis de Saint-
Amour (cat. 6), fils d’un ancien cocher et valet de chambre de Louis XIII, montre le roi en
Mars entre la Fortune et la Justice ; dans l’un des cartouches qui orne l’architecture
triomphale sous laquelle se déroule la scène, le Dauphin arrose un lys, seule plante fleurie
du parterre ; d’autres cartouches montrent le roi attendant avec ferveur la naissance d’un
fils et placent l’événement sous la protection divine. Les armes de France et de Navarre
surmontent l’arc, et la dédicace, entourée de deux dauphins, associe le roi à son jeune
héritier.
9 Dans l’autre thèse, gravée par Chauveau et soutenue en 1642 au collège des Jésuites de
Rouen, victorieux de ses ennemis et de ceux de l’Église, Saint Louis prend pllace sur un
char conduit au ciel par quatre femmes représentant les quatre parties de la philosophie
et se retourne vers les portraits de Louis XIII, de Louis XIV et de son frère Philippe
qu’amènent des angelots, pour montrer la continuité dynastique de la France (cat. 7).
10 Ce n’est qu’après la mort de Louis XIII le 14 mai 1643 que les étudiants dédièrent vraiment
leurs thèses à son fils aîné. Le prince de Conti avait montré la voie en lui présentant son
premier exercice de philosophie en avril 1643, mais le livret mentionné par Naudé dans la
bibliothèque de Mazarin n’a pas été retrouvé et l’identification de la gravure est incertaine
(cat. 9). Un an plus tard, le 28 juillet 1644, il renouvela cet hommage par une autre thèse
de philosophie défendue comme la précédente au collège de Clermont (cat. 12). La
Gazette donne le détail de la soutenance, à laquelle Mazarin assista au nom du roi en
présence du prince et de la princesse de Condé, et de « plusieurs Princes, Evesques,
Chevaliers de l’Ordre, & autres personnes de condition 9 ». À ce propos, Charles de
Combault Auteuil (1588-1670), qui fut gouverneur du duc d’Enghien, écrit à Léon
Bouthillier de Chavigny (1608-1652) 10
, secrétaire d’État aux Affaires étrangères :
« Je me suis rendu à cinq heures auprès de M. le cardinal. Il a été l’après dîné aux
Jésuites pour la thèse de M. le Prince de Conty qui véritablement a fort bien
répondu, & il y avait grande assemblée de personnes de qualité 11
. »
11 Un livret de trente-six pages, le premier du genre pour une thèse dédiée à Louis XIV, parut
à l’occasion sous le titre Le prince sçavant. À la reyne régente 12
. Gabriel Du Bois-Hus
(1599-1655), aumônier de Gaston d’Orléans 13
, s’y adresse à Anne d’Autriche et célèbre
l’éducation et les qualités incomparables du jeune roi, tout en soulignant ses liens de
parenté avec le prince de Conti et sa famille, dont il dresse le panégyrique. Suivent des
poèmes en l’honneur de plusieurs personnages éminents de la cour 14
, sans doute
inspirés d’ Il Principe studioso, nato ai servigi del serenissimo Cosmo gran principe du Toscan ,
dédié en 1643 par Tomaso Tomasi au cardinal Mazarin, où apparaissent de nombreux
hommages à Ferdinand II de Médicis et son épouse Vittoria della Rovere.
Célébrant à la fois le prince et le jeune roi, Du Bois-Hus déclare à la reine : 12
« Ce Prince [Conti] qui a rendu la Science Princesse de la Sagesse Royale en sa
personne & qui donne aujourd’huy à la France un spectacle incognu aux douze
siècles de cette Monarchie ; n’offre rien au Roy vostre Fils, en luy consacrant le fruict
de ses Estudes que VOSTRE MAIESTÉ ne luy ayt desia donné auec la vie, ce jeune
Monarque ayant recue d’elle avec son sang & ses vertus cette mesme sagesse. […]
Âme venue au monde toute accomplie, apporte avecque elle une politique
naturelle & une morale foncière qu’elle a tiré de son genie […] devant qu’elle luy fut
offerte par les mains de son illustre cousin. »
Il dresse ensuite le portrait du roi : 13
« Il est né tout instruit, l’Art ne treuue rien à faire en sa personne, il a de sa naissance
ce que tous les hommes n’ont que de leur Estude, & possède desia toutes ces rares
qualitez que les Souuerains n’apprennent que par pieces & auecque le secours de
l’âge & des sçauans […] Cette maturité a six ans qui estonne tous les Agents des
Nations & des Ambassadeurs diuers qui viennent à la cour ; cette Sérieuse grauité
qui feroit croire que la Magesté est sa Gouvernante, & le mène toûjours par la main ;
ces demarches augustes qu’on prendroit pour celes de la Sagesse mesme hostesse
d’un Corps Royal, font aduoüer à l’Europe que les Roys de France peuvent estre
jeunes, mais qu’ils ne sont jamais enfans ; qu’ils ont des Ames d’homme en de petits
corps, & qu’ils sont du nombre de ses jeunes Dieux qui possedent des oracles en
naissant… »
14 Soulignant les qualités morales du jeune Louis XIV, prudence, douceur, et modération, Du
Bois-Hus affine encore son portrait : « Il sait ce qu’on ne luy a pas encore enseigné […] il
puise de luy-mesme sa prudence, sa douceur, & sa moderation, il ne doit rien encore à
l’imitation ny aux preceptes, son naturel est son Precepteur domestique. » Et poursuit : « Il
est luy seul, son Escolier, & son Maistre, son Original & sa Copie, sa Toile d’attente & son
Peintre, son Artisan & son Ouurage, son Moule & son Pourtraict, son Architecte & son
Idée, son Modele & son Chef-d’oeuvre. »
15 L’auteur rappelle que Louis est roi de droit divin, qu’il est fils de Louis le Juste et petit-fils
de Saint Louis. Il introduit auprès de la reine le duc d’Enghien (1621-1686), frère du
candidat, vainqueur de Rocroi, « le premier en Armes contre les Ennemis de vostre
Regence ; Rocroy & Thionville tesmoigneront à jamais qu’il ne s’est point épargné pour
l’establir solidement 15 ». Il rappelle la fidélité de la maison de Condé :
« Ce Grand Génie […] n’a rien souffert d’oisif dans sa maison […] agissantes pour le
bien d’un Estat dont il est le premier Prince […] il a voulu que tous les membres de sa
famille fussent selon leurs forces employez de mesme que le Chef a donner au Roy
des preuves de leur fidélité & des tesmoignages de leur merite 16
. »
Le prince a donc destiné ses fils à l’armée et à l’Église pour le service du roi : 16
« C’est une assez vieille verité que iamais les Empires ne sont heureux qu’alors que la
Sagesse est couronnée, que la Prudence est la Conseillère des Roys & l’Intendante de
leurs affaires, que l’Esprit est leur premier Ministre d’Estat, que les Philosophes sont
Roys ou princes, ou que les Roys a les Princes sont Philosophes 17
. »
17 Il attend en retour que la régente appuie sa demande d’un titre de cardinal et la promesse
d’aider le jeune prince, instruit de façon exemplaire, à monter un jour sur le trône de saint
Pierre :
« LE DESTIN DE MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI […]. Rome dans luy fera
nommer un noble cardinal, digne successeur d’Urbain VIII. Ton pontif et duc digne
de moderer toute la terre. Cet acte public […] a fait voir a la Chrestienté, qu’il avoit
autant de capacité & d’esprit que de Noblesse & de credit, pour donner un jour à
Rome un souverain. »
Gabriel Du Bois-Hus s’adresse au pape lui-même : 18
« AU PAPE. SONNET. […]
Regent de l’Univers, couronne ta Vieillesse,
BOURBON ce cher trésor d’esprit & de Noblesse,
Est maintenant le Chef plus digne du Chapeau.
Raisonnables Destins, à quoy songent vos veilles ?
Il n’est point aujourd’huy de Miracle plus beau,
Nos Lys doivent-ils pas succeder aux Abeilles ? »
19 Ainsi, le prince se met au service du roi et rappelle son dévouement. Leur éducation a
préparé ses fils à l’imiter. En retour, il espère pour eux protection et soutien. En appuyant
la demande du prince de Conti, la France se trouvera affermie et grandie, le prince de
Condé étant le plus proche parent du roi après Gaston d’Orléans, les lys de France
succéderont aux abeilles d’Urbain VIII (1568-1644), qui mourut le lendemain de la
soutenance.
20 Ici encore, la thèse fait défaut ; on ignore s’il s’agissait d’un livret ou d’une affiche et on ne
sait rien de l’illustration. On y voyait peut-être, comme sur un almanach paru la même
année chez Ganière ( fig. 58 ), la régente en grand deuil et son fils en costume de sacre
entourés de la Prudence et de la Justice 18 et une vue de la bataille de Rocroi évoquant le
frère aîné du candidat.
21 Les chapitres de congrégations tenus à Rome furent aussi l’occasion pour quelques
couvents parisiens de rendre un hommage public au nouveau souverain. Les Franciscains
de Paris demandèrent à Grégoire Huret (1606-1670) de graver un frontispice mettant en
scène le jeune roi pour la thèse que les frères Modeste de Saint François et Joseph de
Saint Jean devaient soutenir à Rome en mai 1644 sous la direction de François Suarez, lors
de la réunion du chapitre général des Carmes (cat. 10, fig. 59 ). Destinée d’abord à célébrer
Richelieu ( fig. 60 ), la gravure avait été commencée en 1642. Le cardinal mort, Suarez fit
remplacer le portrait du ministre par celui de Louis XIV et le 18 janvier 1644,
moyennant 200 livres, il signa un nouveau contrat avec Huret stipulant que cette thèse
était désormais dédiée à la régente 19
. En définitive, elle le fut au roi, sans doute sur
recommandation de sa mère. En haut de la composition, au lieu de portraits
d’ecclésiastiques, les angelots tiennent une guirlande de laurier, de roses et de lys avec au
centre le visage de Louis XIII 20 proposé en modèle à son fils 21
. Couronné et en grand
costume, le camail d’hermine couvert d’un col de guipure, les colliers royaux autour du
cou, le sceptre et le bâton de commandement à la main, assis sur un trône et secondé par
le Zèle religieux et la Prudence, Louis XIV reçoit des jeunes femmes portant les armoiries
des princes alliés, alors que sous l’oeil vigilant de la Victoire qui lui tend une couronne de
laurier, en présence de l’Éternité et de la Magnificence, Hercule, Apollon, Mars, la Justice et
l’Ange divin terrassent l’Espagne, l’Empire et les ennemis de la France. Entouré de naïades
et de tritons soufflant dans leurs conques, maintenant des ancres, Neptune désigne les
positions de thèse gravées sur une tapisserie ornée de couronnes royales et du
monogramme de Louis, qui est tendue sur la proue de deux navires au chiffre de la reine,
pour célébrer la victoire navale du duc de Brézé sur les Espagnols devant Carthagène
le 3 septembre 1643. Une longue dédicace, la première qui apparaisse sur une affiche à
lui dédiée, chante les victoires du jeune roi. À l’intérieur de la composition, des devises
proclament son avènement et la continuité dynastique : « Il revit dans son fils », s’écrie le
Zèle religieux. Sur la lyre d’Apollon : « il ordonne que le fils de sa vertueuse épouse porte à
la fois son nom et le fardeau du gouvernement ». Sur la banderole près du portrait de
Louis XIII : « il règne sur le monde pacifié par les vertus paternelles 22 ». Cette
remarquable thèse historiée est la seule qu’Huret 23
, un des graveurs les plus recherchés
du moment, ait gravée en hommage à Louis XIV, alors qu’il reçut par ailleurs commande
d’illustrations célébrant notamment Mazarin en 1647 et Jean-François-Paul de Gondi
en 1649 24
.
F igure 58. – Anonyme, Almanach de 1644 (?).
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.51 KB )
22 Deux autres thèses furent également dédiées au jeune roi en 1644 et 1645, avant que
n’éclate la Fronde (cat. 11 et 13). Elles furent soutenues par l’abbé Henri II de Savoie-
Nemours (1625-1659), de nouveau un proche parent, car un an plus tôt avait été célébré
au Louvre le mariage du frère aîné de l’impétrant avec la fille du duc de Vendôme, fils
naturel d’Henri IV. Comme celles du prince de Conti (cat. 9 et cat. 12), la première fut
signalée par la Gazette du 9 juillet 1644 25
, où on apprend que la reine envoya le comte
d’Harcourt au collège des Jésuites pour y tenir sa place et qu’y assistèrent quelques
princes, « plusieurs Prélats et Seigneurs de marque ». Soutenue également au collège des
Jésuites le 28 juillet 1645, la seconde thèse ne fut pas moins prestigieuse (cat. 13) ; la
Gazette 26 mentionne la présence « des Cardinaux de Lyon, Bichi & Mazarin, d’un trèsgrand
nombre d’autres prélats & de plusieurs princes, Seigneurs et grands de cette cour ».
Malheureusement ces thèses n’ont pas été retrouvées et on ignore si elles étaient
illustrées.
F igure 59. – Grégoire Huret, Tèse de Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean ,
1644.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 182.83 KB )
F igure 60. – Grégoire Huret, Tèse dédiée à Richelieu , 1642.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 198.7 KB )
De l’avènement au sacre (1645-1654)
23 Durant cette époque troublée les exercices scolaires continuèrent ; si l’université avait prit
parti pour le parlement, elle fut réservée face à la « fronde des princes ». Aucune thèse ne
fut dédiée au roi durant cette période, qui vit pourtant le collège de Clermont, où avaient
été soutenues les plus prestigieuses, organiser des cérémonies en son honneur. Selon le
Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, en août 1651,
« L’après-dîner, le Roi, la Reine furent au collège des Jésuites, rue S. Jacques, à une
tragédie dédiée au Roi, et intitulée Saül et dans les affiches qui ont été faites et
données par la ville, il y avait dans un ovale en taille douce l’image du Roi, qui a
semblé à beaucoup de gens une grande faute de jugement aux Jésuites d’avoir mis
l’image du Roi avec le nom de Saul, le Roi réprouvé de Dieu et qui a péri
malheureusement, et à sa Majesté dédié cette pièce funeste et de mauvais odeur et
présage 27
. »
Célébration du roi en province et à l’étranger
(1649-1653)
Thèses hors de Paris
24 Ayant quitté Paris en février, la famille royale et Mazarin arrivent à Dijon le 6 mars 1650 ; le
cardinal dirige le siège de Saint-Jean-de-Losne et soumet les rebelles bourguignons à
Dijon et Bellegarde ; en avril, la Bourgogne fait allégeance. Louis XIV en préside les États
et assiste au collège des Jésuites 28 à la thèse de théologie (cat. 15) que lui dédie Claude
Fyot de la Marche (1630-1720), fils de Philippe Fyot, second président au parlement, garde
des sceaux en la chancellerie de cette province. Le jeune roi était « accompagné de
Monsieur, son frère unique, & du Cardinal Mazarin 29 ». Le livret, un in-folio de neuf pages,
est illustré en regard de la dédicace des armoiries de France et de Navarre, entourées des
colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit et surmontées de la couronne royale
fermée, scandée des lys armoriaux ; au-dessous des armoiries, le L couronné de Louis
précise encore son identité. La planche anonyme et d’assez belle qualité a peut-être été
gravée à Dijon, ce travail rapide et peu onéreux ne nécessitait pas de grandes
compétences.
25 De toutes les thèses dédiées à Louis XIV qui nous sont parvenues, c’est la seule qui n’est
ornée que de ses armes, mais il est probable qu’il y en eut d’autres car en 1633, et
en 1634, pour leurs quodlibétaires dédiées à Louis XIII, Jean Chartier 30 et François Le
Vignon 31 avaient choisi chacun une gravure différente, qui montrait, comme pour Fyot,
les armes de France et de Navarre entourées des colliers des ordres royaux de Saint-
Michel et du Saint-Esprit. Si sur la gravure offerte à Louis XIV figurait de plus un L
couronné, ce n’était pas une nouveauté majeure, puisqu’un H couronné apparaît
dès 1605 au-dessous des armoiries d’Henri IV dans une thèse gravée par Léonard
Gaultier, où la couronne et les armes royales sont au centre d’une architecture triomphale.
Mais les couronnes des gravures dédiées à Louis XIII et son fils sont identiques, et
semblent reproduire avec fidélité l’original d’or et de pierreries, alors que celle d’Henri IV
paraît de fantaisie.
26 Deux jours plus tard, à Dijon, le roi assista à une autre thèse, cette fois de philosophie,
dédiée à son frère par le fils du comte de Quincé 32
. Cette présence royale aux
soutenances ne semble pas s’être renouvelée. Mais elle n’était pas sans précédent : en
mai 1611 à l’assemblée générale des Jacobins, « le roi, la régente, la reine Marguerite et
leur suite » furent présents à celle du P. Gregorio de Torrez 33
; en 1626, Louis XIII assista à
celle de ses demi-frères 34 le duc de Verneuil et le comte de Moret 35
. La présence de Louis
XIV, de Monsieur et de Mazarin à la thèse de Fyot avait une valeur politique dans cette
ville frondeuse.
27 Preuve de l’importance de la thèse dans la vie intellectuelle des Français, pour défendre
leurs idées, les frondeurs publièrent en 1649 huit mazarinades commençant par le mot
Questions , qu’on retrouve fréquemment dans les exercices de médecine et de théologie :
Quaestio Medica , Quaestio Teologica 36 …. Ils les éditèrent en livret et deux d’entre elles sont
agrémentées d’un portrait. Cette présence de la gravure vaut d’être soulignée, car les
mazarinades ne sont que rarement illustrées ; sans doute était-ce là aussi une façon
d’imiter les exercices académiques. Un premier livret anonyme, orné d’un portrait de
Philippe d’Anjou, frère du roi, a pour titre : Questions royales ou demandes et réponces entre
le roy et mons. son frère, pour bien et heureusement régir et gouverner le royaume en paix et
concorde 37
: une des réponses est qu’il faut « couper les ailes aux roitelets et farder les lois
fondamentales de l’État ». Une autre mazarinade montre le visage de Mazarin et pose la
Question s’il doit y avoir un premier ministre 38
. Le duc de Beaufort répond à la Question si la
voix du peuple est la voix de Dieu 39
? Citons enfin les Tèses d’estat, tirées de la politique
chrestienne, présentées à Monseigneur le prince de Conty 40 dont le titre montre bien
l’intention d’assimiler ces publications à de véritables thèses. Dans la dédicace, René de
Sainct-Clément précise :
« Les vérités qu’elle enseigne [la politique] s’apprenent mieux dans les cours que
dans les Ecoles. Ses meilleures leçons se font dans un camp, et non dans une chaire :
et c’est avec l’épée que se décident ses plus hautes et importantes matières. Les
Thèses que je presente à vostre Altesse, quelque clarté quelles puissent avoir, et
quelques fortes que soit la vérité qu’elles contiennent, elles ont neantmoins besoin
des lumières de vostre Esprit, et de la force de vostre Bras pour estre estalées et
soutenues en public […] Ces maximes politiques […] sont aujourd’huy debattues par
plusieurs, et mesmes ont été iusques icy renversées par les mauvais conseils et
funestes deportements de celui qui tient, ou qui a usurpé le souverain ministere de
cet estat […]. La France […] se sauvera du naufrage dont elle est menacée […] qui
sera le commencement d’un nouveau règne, dont la gloire et la félicité ne seront
iamais interrompues 41
. »
28 Dédier une thèse au prince de Conti, un des chefs de la Fronde, qui lui-même en avait
soutenu plusieurs offertes au roi et à la régente, n’était évidemment pas anodin. Après la
dédicace suivent comme pour une thèse ordinaire treize propositions, écrites en français
et non en latin, qui rappellent ce qui fonde l’autorité du souverain et son exercice et
dénoncent les « deux pestes du royaume », favoris et partisans. On sait que les débats
d’idées amenèrent souvent quelques pamphlétaires frondeurs à exposer clairement les
thèses de l’adversaire pour mieux les réfuter et mettre en lumière les leurs. La netteté des
articulations logiques étant ressentie alors comme un « élément fondamental de l’art de
persuader » ; il fallait pouvoir suivre sans difficulté les arguments pour y adhérer 42
. Ces
fausses thèses participent de ce mouvement. Preuve de l’importance des thèses et des
dédicaces, en 1651 Naudé prévoit de publier en réponse aux pamphlets contre Mazarin
« un recueil de tous les eloges, des épistres et autres semblables pieces faictes en diuers
temps et par diuerses personnes » en incluant les dédicaces de thèses 43
.
29 Offrir une thèse à la régente est un des procédés pour faire sa cour que dénonça l’abbé
de Chambon du Chatelet dans une autre mazarinade : L’advis à la reyne sur la conférence de
Rueil le 4 mars 1649 44
.
« Encor qu’en bonne récompense,
Estant certain que la pluspart
ont mis maints deniers au hazard,
Soit en livre, ou Thèse, ou Peinture,
Afin d’estre en bonne posture
Et d’obtenir asseurément
Quelque notable appointement,
Avoir Bénéfices ou Charges ;
Mais vous n’êtes pas des plus larges ;
Et ie croy bien que ces Messieurs
Peuvent chercher fortune ailleurs
S’ils ne l’ont déia toute faite ;
Car ie voy que vostre retraite
Va vous oster tout le moyen
De iamais leur faire du bien,
Que par vostre retraite mesme,
Qui leur feroit un bien extresme ;
Car vous les pouvez obliger
Allant au pays Estranger. »
Il conclut : 30
« Ne fondez point vostre espérance
Sur leffet de la Conférence [de Rueil]
Ou bien sur la facilité
De quelqu’honeste Député. »
31 Ainsi les thèses dédiées à la reine-mère sont probablement plus nombreuses que ne le
laissent supposer les rares exemples retrouvés, puisque trois seulement sont antérieures
à ce pamphlet, et datent de 1618 45
, 1639 et 1643 46
. Une seule est postérieure et date
de 1674 : il s’agit de célébrer sa mémoire (elle est morte depuis huit ans), à travers une de
ses plus illustres fondations, le Val-de-Grâce 47
, et de rendre hommage au roi :
« AETERNAE MEMORIAE ANNAE AUSTRIACAE/REGINAE ABBATIAE VALLIS-GRATIAE
MVNIFICIENTISSIMAE FVNDATRICI, CVIVS PIA SOLLICITVDINE : VOLENTE FILIO
LVDOVICO XIV/FRANCIAE, ET NAVARRAE INVICTISSIMO REGE… »
32 Si l’on en croit l’abbé de Chambon, Anne d’Autriche ne se montrait pas aussi généreuse
que les candidats l’espéraient, ce qui aurait ralenti leur ardeur.
33 En faveur de Mazarin, Le retour et restablissement des arts et mestiers en vers burlesques en
appelle à la paix et montre à quel point la Fronde est nuisible aux graveurs et raréfie les
thèses. La paix de Rueil proclamée, l’espoir revient :
« Les Graveurs pendant que les troubles,
Employoient tout le cuivre en doubles,
Estoient des plus humiliez,
Au rang des pechez oubliez ;
Taille-douce estoit abolie,
Et Madame melancholie,
Portoit les suppots de cet art,
A dire le diable y ait part,
Le pain estoit la seule Image,
Pour qui l’on mettoit tout en gage,
Bagues, ioyaux & demi-ceint ;
Sans reverer sainte ny saint,
Sinon Madame saincte frippe,
Favorable au mal de la tripe,
Maintenant petit à petit,
Ils se remettent en credit,
Affiche, Confrairie, ou Thèse,
S’en vont les remettre à leur aise,
Et l’eau-forte auec les burins,
Leur feront venir des quatrins 48
. »
Thèses hors de France
34 Il était d’usage que les ordres religieux dédient une thèse au souverain lors des chapitres
provinciaux ou généraux. Comme on l’a vu, François Suarez, carme de Paris, avait fait
soutenir à Rome en 1644 des thèses qu’il avait écrites, et fait graver pour l’occasion par
Grégoire Huret une allégorie à la gloire du jeune roi. À Rome toujours, avant 1649, ce
furent les Dominicains français de Toulouse qui lui adressèrent une thèse 49
. L’importance
de l’événement justifiait le choix de l’image, un portrait d’apparat de Louis XIV en grand
costume, assis sur son trône placé sous un dais (cat. 16, fig. 61 ), pour lequel Michel Lasne,
son graveur ordinaire, logé aux galeries du Louvre depuis 1633, prit pour modèle l’effigie
peinte un an plus tôt par Henri Testelin 50
. Sous son burin, le visage du roi s’étoffe, ses
cheveux sont plus souples et plus volumineux, son geste plus ample et plus dynamique.
Désormais couronné de laurier, il s’appuie sur un bâton de commandement et, en signe
d’autorité, posés sur un carreau, le sceptre d’Henri IV et la couronne remplacent les
attributs des arts. Dans le panégyrique adressé à la reine en 1644, Du Bois-Hus indique
qu’avec son air majestueux le roi a le comportement et la prestance d’un adulte. Cette
gravure convenait parfaitement pour célébrer sa puissance, réaffirmée par la paix de
Rueil, signée le 11 mars, qui mit fin à la fronde parlementaire.
35 Est-ce pour une soutenance romaine ou parisienne que vers 1659 ou 1660 fut dessinée
l’ Allégorie de Louis XIV entouré de Minerve, de la Victoire et de Saturne foulant l’Ignorance ?
Sans doute conçue pour une thèse, cette belle feuille exécutée dans l’entourage de Pierre
de Cortone montre le roi assis en armure, âgé d’une vingtaine d’années, entouré des
dieux. C’est une des premières manifestations de ce recours à la mythologie qui allait
bientôt s’imposer pour célébrer le monarque (cat. 27).
36 Rome ne fut pas la seule ville hors de France où l’on dédia des thèses au roi. Louis-Henri
de Loménie de Brienne rapporte dans ses Mémoires 51 ses désillusions concernant une
gravure commandée en 1652 pour l’exercice de philosophie qu’il défendit au collège des
Jésuites de Mayence : le graveur « ne fit rien que des Gotthlifichets sans nombre, qui
oppressoient une tête encore plus mal faite et qui ressemblait aussi peu à Louis XIV qu’au
grand turc » (cat. 18). Les dédicaces au roi n’étaient donc pas alors le seul fait des
ecclésiastiques. La Fronde se déchaînant à Paris, cet hommage rendu par le fils du
secrétaire d’État aux Affaires étrangères Henri-Auguste de Loménie de Brienne
(1594-1666) 52
, dont la fidélité à Louis XIV et à Anne d’Autriche fut indéfectible, est donc un
témoignage important.
F igure 61. – Michel Lasne, Tèse de Michel Jourdain , 1650-1652.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.66 KB )
37 Bien qu’il ne soit pas le dédicataire de la thèse d’Herman Klöcker soutenue au collège des
Jésuites d’Aix-la-Chapelle en juillet 1656 53
, Louis XIV apparaît au bas de l’affiche gravée par
Bartolomäus Kilian, avec Ferdinand III, Christine de Suède et Philippe IV (cat. 23). La
couronne sur la tête, en camail d’hermine, colliers des ordres royaux au cou, vêtu à la
dernière mode, il tient avec les autres monarques une chaîne que leur tend le pape
Alexandre VII, assis dans le ciel et dont se servent des putti pour relier les quatre parties
du monde. C’est la seule où Louis XIV apparaît avec d’autres souverains. Son père avait été
figuré aussi avec ceux de l’Europe dans une pièce allégorique gravée vers 1638-1640 par
Karl Audran 54 d’après Esprit Grandjean, peintre de la cour de Savoie, sans doute pour une
thèse dédiée au nouveau duc Charles-Emmanuel II (1634-1675). Portant également la
couronne, vêtu d’un costume moderne avec les ordres sur son camail d’hermine, Louis
XIII désigne de son sceptre le portrait de son neveu dans un globe porté par des amours.
Vers l’affirmation du pouvoir royal (1653-1660)
Les années 1653-1659
38 Entre 1653 et 1659, on ne connaît que deux thèses dédiées à Louis XIV alors que dans la
même période Mazarin n’accepta pas moins de vingt-quatre dédicaces 55
. Vers 1653, pour
célébrer « la fin des troubles civils », on utilisa une composition peinte à Rome par Charles
Le Brun dix ans plus tôt à l’occasion de l’avènement du roi, qui, pour une raison inconnue,
n’avait pas alors été gravée (cat. 20, fig. 62 ). Les changements apportés à la composition
initiale sont minimes, car le sujet s’appliquait aux événements récents. On y voit le roi sur
un bige, dont la Sagesse et la Tranquillité tiennent les chevaux par la bride, tout en lui
désignant ses ancêtres qui assistent à son triomphe assis sous un portique. En costume
de sacre, la main appuyée sur un bâton de commandement fleurdelisé, Louis est précédé
de Mars et d’Hercule qui terrassent les derniers ennemis de la France ; un arc de triomphe
ferme l’espace, derrière lequel on aperçoit une pyramide, symbole de l’immortalité et de
la gloire des princes. Dans les airs, deux amours brandissant les armes de France et de
Navarre et la couronne royale rappellent l’autorité dont le jeune monarque est investi. La
seule présence de ses armes suffit à calmer le cheval effrayé que leur ombre apaise. On
pense au jeune Alexandre domptant Bucéphale, mais alors qu’il opérait seul cet exploit,
Louis se repose en apparence sur Minerve. Ce parallèle entre les deux héros est proposé
sans détour : sur l’arc triomphal, devant la pyramide, se dresse l’un des Dioscures du
Quirinal 56
, que l’on croyait alors représenter Alexandre. Ainsi, pour la première fois et bien
plus tôt qu’on ne le pense, cette iconographie, déjà adaptée pour son père et le prince de
Condé, célèbre Louis XIV 57
.
F igure 62. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Louis XIV enfant, debout sur un
char conduit par la Sagesse et la Prudence , 1653-1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 132.46 KB )
39 Cette illustration est la première composition ambitieuse et de grand format spécialement
conçue pour le roi. Haut et bas forment un tout. Si Le Brun avait déjà fait deux essais en
ce sens en 1638, il n’était pas encore allé aussi loin (cat. 1 et 2). La thèse gravée
en 1644 par Huret pour Suarez est un autre précédent, mais à l’origine la gravure devait
célébrer Richelieu. Ici la célébration du roi prend un ton nouveau. Par sa somptuosité,
cette thèse ne le cède en rien à celles qui furent dédiées à Richelieu, Mazarin ou Séguier.
40 Cette illustration s’apparente à celle que Lucas Vorsterman grava en 1626 58 pour la thèse
de théologie d’Henri de Bourbon (1601-1682), futur duc de Verneuil, alors évêque de Metz.
Ce fils naturel d’Henry IV et de Catherine-Henriette de Balzac d’Entragues avait choisi de
célébrer les victoires du roi son demi-frère, assista à la soutenance. Au frontispice de cette
grande thèse ( fig. 63 ), une des plus magnifiques qui lui ait été offerte, Louis XIII
représenté en empereur romain, debout sur un quadrige, terrassant ses ennemis, passe
sous un arc de triomphe ; la Victoire le couronne de laurier en présence des Vertus, de la
Piété et de la Religion. Cette gravure connut un succès durable, dont atteste une médiocre
copie, qui servit avant 1646 à célébrer la prise de Béthune 59
, puis après 1658 celles de La
Capelle (1656) et de Dunkerque (1658) 60
. La composition initialement gravée par
Vorsterman était donc présente dans les mémoires et il est possible que le commanditaire
de 1643 y ait renvoyé Le Brun.
41 Gravée par Rousselet, la composition de Le Brun fut réactualisée à plusieurs reprises et
cet usage répété répondait sans doute au désir d’imposer une nouvelle image du roi par
une oeuvre d’une qualité exemplaire. Cette représentation triomphale apparaît aussi
en 1654, peu après le sacre, au plafond du petit cabinet de l’appartement du roi au
Louvre, où Le Brun y montre Louis XIV sur un char de triomphe accompagné de figures
allégoriques. Mais la scène qui se déroule dans les cieux est devenue sereine : Minerve
couronne le roi portant une armure fleurdelisée et un cimier orné du coq gaulois, ayant
d’une main la statuette de la Victoire et de l’autre un faisceau de licteur renversé, symbole
d’unité. Il est précédé de la Victoire, de l’Abondance et de la Renommée 61
. Comme dans la
gravure de Rousselet, il s’agit de célébrer la fin de la Fronde 62
.
42 De cette époque de stabilisation date une autre thèse dédiée à Louis XIV, soutenue
probablement en France vers 1653 63
, qui fait également allusion à la fin des troubles.
Probablement proche de la cour, le candidat s’adressa à Pierre Daret (1604-1678) et pour
la première fois, une thèse montre le roi revêtu d’une armure à l’antique sous l’apparence
d’une divinité, en l’occurrence Apollon (cat. 17, fig. 64 ). On sait que le 23 février 1653, le roi
était déjà apparu en Apollon en interprétant le Soleil du Ballet royal de la nuit dans la salle
du Petit-Bourbon et également le 14 avril 1654, dans Les nopces de Pélée et de Tétis de
Benserade, où il terrassait le serpent Python pour célébrer sa victoire sur la rébellion 64
.
F igure 63. – Lucas Vorsterman, Tèse d’Henri de Bourbon dédiée à Louis XIII , 1626.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 183.78 KB )
F igure 64. – Pierre Daret, Louis XIV tenant les divinités enchaînées , 1651-1652.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 109.78 KB )
43 La composition maladroite de Daret est inspirée d’un frontispice de thèse gravé avant
1647 par Johann Friedrich Greuter (1590 ?-1662) d’après Giovanni Lanfranco (1582- 1647)
et dédié à Urbain VIII (cat. 17, fig. 65 ). Assis sur un trône, la tête auréolée, Louis vide d’un
geste auguste une corne d’abondance chargée d’aimants 65 que récoltent des amours
couronnés vêtus d’écharpes fleurdelisées ; près de lui d’autres amours rapprochent les
nuages où sont enchaînés d’un côté la Papauté et la Religion, de l’autre Mars et Minerve ;
prisonnier d’Hercule, Mars regarde Minerve tandis que Mercure écarte avec impatience
un enfant qui cherche à l’enchaîner ; un autre retient deux femmes incarnant les vices. Au
loin une vue maritime, par allusion peut-être aux batailles qui se déroulèrent autour de
Bordeaux en 1653 et mirent fin à la révolte de l’Ormée 66
. Par une force invisible, toute
divine, dont il répand les bienfaits, le jeune roi protège la Religion et l’Église et défend la
Paix tout en tenant les vices enchaînés. Ainsi, de cette pierre d’aimant qui attire tout à elle
par une force mystérieuse, Louis XIV est le dispensateur, si bien que tel un Dieu, il régit la
marche du monde. Son apparition rappelle le pouvoir de droit divin confirmé par le lit de
justice de 1650 et la déclaration de sa majorité le 7 septembre 1651.
F igure 65. – Johann Friedrich Greuter d’après Giovanni Lanfranco, Tèse dédiée à
Urbain VIII , avant 1644.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 112.04 KB )
44 Dans le frontispice de la tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat le 29 janvier 1654,
c’est sur un autre mode qu’Abraham Bosse célèbre le pouvoir spirituel du roi. Pas de
représentation physique de Louis XIV, mais la dédicace « AV ROY » ne laisse pas de doute
sur son destinataire (cat. 21). Au fronton d’une porte triomphale, des anges tiennent des
tableaux renfermant des scènes tirées de la vie du Christ. Sur la base des colonnes, d’un
côté la colombe du Saint-Esprit porte la Sainte Ampoule, de l’autre un ange tient un lys,
par allusion au sacre qui doit avoir lieu le 7 juin 1654, à la mission divine du roi et aussi à
son rôle sacré, comme le souligne l’impétrant dans la dédicace en français, qui rappelle
que le roi de France porte le titre de « très Chrétien », qu’il est fils aîné de l’Église, que
l’onction qu’il reçoit lors du sacre est « la marque d’une alliance éternelle » avec le Ciel et
qu’à l’égal du Christ, sa plus grande « complaisance » réside dans l’administration de la
Justice en faveur des pauvres et des infortunés. C’est l’occasion pour Jacques Ladvocat de
souligner que le Ciel condamne ceux qui ont pris les armes contre la couronne, en
d’autres termes, les frondeurs et tous ceux qui agissaient contre la sécurité du royaume.
Le roi n’est-il pas « donné de Dieu pour la consolation de ses sujets » ?
45 Ainsi, comme avant lui le prince de Conti, Ladvocat célèbre les vertus du roi et sa « justice
toute royalle » et, comme bien d’autres candidats, fait assez rapidement allusion à Anne
d’Autriche, « cette incomparable reine », ce que ne laisse pas deviner l’illustration. Si la
situation politique du royaume est évoquée, la gravure n’en laisse rien paraître. Ladvocat
affirme pourtant :
« vos Ennemis ont esté depouillez, de leurs conquestes et de leurs trophées […] Ouy,
Sire, tous les princes et toutes les na[ti]ons refractaires à vos loix periront, vous serez
un Roy fort dont toutes les entreprises auront vn heureux succez, & dont le Throsne
s’elevera sur to’[us]. Les Peuples du Couchant ».
Les années 1659-1660
46 Le cuivre gravé en 1653 par Rousselet d’après Le Brun (cat. 20a) qui montrait Louis XIV sur
son bige fut réutilisé en 1659, avec quelques changements ; retravaillé, le visage du roi est
maintenant coiffé d’une longue perruque, car ses « cheveux furent sacrifiés 67 » lors de la
fièvre maligne qu’il contracta après la bataille des Dunes (cat. 25, fig. 66 ). Sur la porte
triomphale, on a ajouté une statue de l’Abondance et près des Vertus, leurs noms en
français. Pour suivre de près l’actualité et célébrer le roi victorieux, on a gravé sur la porte
triomphale, « LVDOVICO XIV ADEO DATO, SEMPER AVGVSTO, PIO, FORTI, PACIFICO,
TRIVMPHANTI » et sur le palais à gauche, l’année 1659 en chiffres romains. Fait nouveau,
la statue de la royauté surmonte maintenant la colonne près de la pyramide, dans l’axe de
la porte triomphale fermée, derrière laquelle dans la grisaille apparaissaient des armées.
Le tympan a été surmonté d’un buste de Janus transformant cet enclos triomphal en
enclos de la paix, avec sur l’architrave : « IANO CLAVSO ». L’iconographie précédente est
toujours d’actualité, car les mêmes allégories peuvent célébrer tour à tour l’avènement du
nouveau roi, la fin de la Fronde et le traité des Pyrénées. Le procédé n’est pas nouveau et
a déjà été mis en oeuvre en 1644 dans la thèse de Suarez (cat. 10) et en 1654 par Daret
(cat. 17). Ces trois exemples montrent que l’iconographie est interchangeable et qu’elle
confère à la représentation un caractère universel ; la vraisemblance est assurée par le
visage du roi et les inscriptions. Par ailleurs, ces réutilisations étaient un gain de temps et
d’argent considérable pour les artistes et le candidat.
47 En 1659, les thèses dédiées au roi sont plus nombreuses. La paix des Pyrénées pour
laquelle le cuivre de Rousselet a été retravaillé est à l’origine d’une autre composition
probablement destinée à une thèse. Sobre et imposante, cette gravure de François de
Poilly montre Louis XIV couronné par la Victoire, assis sur un trône devant le temple de la
Paix, tenant un médaillon à l’effigie de Mazarin tandis que la France dresse un trophée
d’armes et que la Belgique espagnole se lamente (cat. 24).
F igure 66. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée à Louis XIV , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 141.36 KB )
48 Entre le roi et son ministre, certains impétrants hésitaient encore. Ainsi, en 1656 le second
fils du maréchal d’Hocquincourt dédia sa thèse de philosophie à Mazarin 68 et non à Louis
XIV. Mais cette hésitation n’est pas le seul fait des étudiants. Comme le montre Nicole
Ferrier-Caverivière, les orateurs de l’Académie française « ne se sentent d’ailleurs pas du
tout obligés de lui ménager une place dans chacune de leurs interventions, et, lorsqu’il
leur arrive de saluer les qualités de leur jeune souverain, quelques paroles suffisent.
Comme dans les années précédant 1660, Richelieu et Séguier mobilisent les plus vifs
éloges 69 ». Ainsi, en 1659, l’abbé de Montgaillard préfère dédier sa thèse de théologie au
cardinal (cat. 26, fig. 67 ) ; cependant, signe d’un changement politique, sur le conseil de
Mazarin peut-être, elle est ornée d’un portrait du roi en Jupiter. Selon Mariette qui décrit la
composition de Le Brun, gravée par Pieter Van Schuppen, Mars incarne l’empereur et
Neptune le roi d’Angleterre, ils portent chacun un faisceau d’armes, par allusion aux
armoiries du cardinal, et s’en servent pour chasser le lion, qui incarne l’Espagne, et le
contraindre à la Paix. C’est proclamer le rôle déterminant du cardinal, qui, selon la
dédicace de l’abbé de Montgaillard, a apporté « la paix au monde chrétien, la félicité au
royaume et la sécurité à la Religion par l’union de la France et de l’Angleterre ».
49 La présence de Neptune évoque l’alliance avec Cromwell scellée par le traité de Paris
le 23 mars 1657, qui permit à Turenne de remporter l’année suivante la bataille des Dunes
et de prendre Bergues, Furnes, Dixmude, Gravelines, Audenarde et Ypres, ainsi que
Dunkerque et Mardyck, cédées aux Anglais. Ainsi tout annonçait la victoire prochaine sur
l’Espagne 70
. Le choix du sujet se comprend d’autant mieux que le frère du candidat était
Charles Percin de Montgaillard, lieutenant des mousquetaires du roi, qui avait eu un
comportement héroïque à la bataille des Dunes et à la prise de Dunkerque.
Si 50 Montgaillard a ajouté le portrait du roi à la thèse qu’il lui dédiait, il n’en fut pas de même
de Charles-Maurice Le Tellier 71
. La composition de Le Brun, gravée par François de Poilly
pour célébrer la paix des Pyrénées, montre le combat de Mars et de Minerve pour
nommer la ville d’Athènes. Près de la déesse, des amours autour d’un olivier signalent
l’avènement de la paix. La présence de Jupiter et de Junon évoque sans doute les noces
royales qui doivent l’assurer ; elle est cependant bien discrète par rapport à celle de
Neptune et de Minerve. Comme Montgaillard et Charles-Maurice Le Tellier, l’abbé de
Bouillon préféra lui aussi s’adresser à Mazarin 72 alors que de 1661 à 1667, il dédiera au
moins trois thèses à Louis XIV.
51 Dans le décor des appartements du Louvre entrepris entre 1653 et 1655, la régente et
Mazarin eux-mêmes n’avaient réservé qu’une place modeste au roi, et on glorifia avant
tout leur gouvernement. Ainsi, au plafond de la grande chambre du conseil, Le Brun avait
le projet de représenter Anne d’Autriche en allégorie de la Justice accompagnée des vertus
des ministres, recevant des mains de Jupiter un bouclier à l’effigie de son fils, mais l’oeuvre
ne vit pas le jour. Le parallèle avec la gravure de Poilly, exécutée en 1659, où Louis XIV
porte un bouclier avec le portrait de Mazarin, montre l’évolution par l’iconographie royale
(cat. 24, fig. 68 ). Ce ne fut qu’après le sacre, en juin 1654, que les décorations de la
chambre et du petit cabinet du Roi furent entreprises, et on ne célébra alors que son seul
pouvoir. Pour le plafond du petit cabinet, Le Brun proposa un Louis XIV dirigeant le char de
l’État . Le roi aurait du réapparaître aussi en 1659 au plafond de son salon ovale, où pour
commémorer son mariage et la paix des Pyrénées, le peintre prévoyait de le montrer en
compagnie de la Monarchie recevant des mains de Vénus un bouclier à l’effigie de Marie-
Thérèse 73
. Mais Charles Errard remporta la commande et l’oeuvre ne fut pas exécutée.
C’est donc dans la gravure que l’allégorie louis-quatorzienne trouva pour la première fois
à développer les thèmes qui seront repris dans le décor des Tuileries.
F igure 67. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun (?), Tèse de Pierre-Jean-
François Percin de Montgaillard dédiée à Mazarin , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 99.66 KB )
F igure 68. – François de Poilly, Tèse supposée, Louis XIV tenant un bouclier à l’effigie de
Mazarin , 1659.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 96.41 KB )
52 La Tèse du roi en sa jeunesse , gravée par Rousselet d’après Le Brun en 1653-1654 (cat. 20)
et la Tèse de la paix des Pyrénées , gravée par Poilly en 1659 (cat. 24), annoncent une
nouvelle période. En 1659, Louis Martinet 74 souligne que pour « connaître la grâce et la
majesté de ce corps tout royal et tout auguste, il la faudrait voir dans les actions, dans
tous les exercices ou les avantages de la nature et de l’habitude sont si sensibles… » Il
propose donc de montrer tour à tour le roi en costume de sacre sur son trône, sur son lit
de justice, tel Salomon, à cheval avec un bâton de commandement, dans un ballet,
représentant un héros de l’Antiquité, et au milieu des Muses. Il en dresse le portrait moral,
et mettant en évidence ses vertus, conclut :
« Et pour ne point passer d’un portrait à une histoire tout entière, il suffit de dire qu’il
n’y a jamais eu dans un même sujet tant de courage sans vanité, tant de justice sans
sévérité, tant de prudence sans art, tant de retenue sans austérité ; et c’est dans
cette âme tout accomplie que l’on reconnoit que la magnanimité comprend
ensemble toutes les élévations d’une grandeur héroïque et toute la modération
d’une puissance qui se tempère elle-même pour agir plus doucement sur toutes les
choses qui lui sont soumises ; que comme tous les troubles n’ont point ébranlé ce
prince, que la présence de la mort ne l’a point étonné, il a encore plus de fermeté
dans la prospérité, et cet éclat qui a été capable d’éblouir la sagesse la plus
consommée, n’a servi qu’à augmenter le respect et l’amour envers Dieu, qui est la
principale bénédiction des bons princes et la source inépuisable de toutes les
autres. »
53 Ce panégyrique, qu’illustrent les gravures de Rousselet (cat. 20, 25), de Bosse (cat. 28) et
de Poilly (cat. 24), se termine par l’espoir de l’auteur de voir ce portrait complété par
« deux choses considérables, l’une de donner la paix à la chrétienté, et l’autre de donner
des successeurs à la couronne ».
Le pouvoir personnel : le roi triomphant (1661-1715)
54 À partir de 1661, les thèses dédiées au roi se multiplient et revêtent deux formes : les
compositions historiées, qui sont les plus prestigieuses, et les simples portraits.
Compositions historiées
55 Alors qu’en 1660 l’abbé de Bouillon avait dédié sa première thèse de philosophie à
Mazarin 75
, il choisit le roi pour mécène de la seconde, qui fut soutenue le 10 juillet
1661 au collège de Navarre. Sous le crayon de Le Brun et le burin de François de Poilly,
Louis XIV apparaît en majesté (cat. 33, fig. 69 ), assis sur un pavois placé sur un char, sous
un arc de triomphe fait de deux palmiers dont les rameaux se rejoignent, maintenus par
la couronne royale ; il occupe le centre de la composition tandis qu’au fond des ouvriers
travaillent à la construction des Tuileries. L’ordre du Saint-Esprit autour du cou, vêtu à la
romaine, en manteau fleurdelisé, et cape d’hermine, les pieds chaussés de sandales, le
casque posé près de lui, il s’appuie sur son bâton de commandement et regarde avec
distance. Cette présentation sans précédent s’éloigne de l’image traditionnelle du roi sur
son trône par Michel Lasne (cat. 16).
F igure 69. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-Téodose de La
Tour d’Auvergne , 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 169.09 KB )
56 Comme dans la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20), haut et bas forment un tout et comme
dans celle de Monchy d’Hocquincourt (cat. 29) en août 1660, des légendes précisent le
sens de la composition. Ainsi, devant les roues, les génies des arts et des sciences
tiennent deux écus, dont l’un porte un soleil au-dessus des flots (il regarde avec affection
ceux qu’il a soumis), l’autre une effigie de Minerve appuyée contre un globe que peint un
des génies (il se réjouit dans sa propre ombre). Selon la formule habituelle aux grandes
thèses historiées et analogue à celle du père Suarez en 1644 (cat. 10), aux pieds du roi un
cartouche renferme la dédicace qui célèbre sa toute-puissance, son hégémonie après la
paix des Pyrénées, son mariage le 9 juin 1660, son entrée triomphale à Paris le 26 août et
son pouvoir renforcé par la mort de Mazarin le 9 mars 1661 76
. Cette toute-puissance est
matérialisée par la place extraordinaire accordée à la couronne 77
. L’activité des ouvriers
autour des Tuileries s’explique par l’ordonnance royale du 31 octobre 1660 pour la reprise
des travaux du palais. Comme pour la Tèse de la paix des Pyrénées (cat. 24), le rapport avec
l’actualité est plus étroit qu’il ne semble, mais tout se fait par allusions. Il s’agit de célébrer
le pouvoir personnel du roi, qui gouverne par lui-même, en l’absence de tout autre
personnage et de toute figure allégorique ; seuls des putti dévoués à sa gloire s’activent à
ses côtés.
57 Une seconde grande thèse marque le début du règne personnel. Datée du 2 juillet 1662,
elle n’est pas dédiée au roi mais au Dauphin par Louis-Hugues de Lionne, fils aîné
d’Hugues de Lionne, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, qui avait négocié la paix des
Pyrénées (ann. I.C-1, fig. 70 ). Avec Le Tellier et Fouquet, Hugues de Lionne était un des
trois ministres que Mazarin avait recommandés au roi. Dans cette composition d’Abraham
Bosse 78
, l’impétrant et son père célèbrent sa puissance et la protection de Dieu dont il
bénéficie avec la France. Ainsi, ce vers des Bucoliques , « PACATVMQVE REGET PATRIIS
VIRTVTIBVS ORBEM 79 » (« Et il règne sur le monde pacifié par les vertus paternelles ») est
inscrit sur le tapis du trône de la Religion qui porte l’enfant roi, illuminé par des rayons
divins ; il est coiffé de la couronne et vêtu d’un camail d’hermine, la croix du Saint-Esprit
autour du cou ; la Force d’âme et la Justice lui tendent le sceptre et la main de justice. Ainsi
se trouvaient réalisées « les deux choses considérables » souhaitées par Martinet pour
l’accomplissement du portrait du roi : « la paix donnée à la chrétienté » et la succession à
la couronne assurée, événements dont les illustrations de thèses se firent l’écho.
58 La composition gravée par François de Poilly d’après Le Brun pour la tentative de Charles-
Maurice Le Tellier, frère de Louvois, plus ambitieuse encore, retrace l’histoire du roi.
Soutenue en février 1663 à la Sorbonne, elle montre, sur deux colonnes historiées, les
sièges et victoires de Louis et divers épisodes de sa vie. Au centre, le Temps dévoile et
pose sur un globe son portrait et le présente à l’Histoire ; la Providence le prend sous sa
protection et, entourée d’enfants 80
, la Monarchie lit son histoire. Mars combat les vices et
dans la partie inférieure, Apollon et Hercule se reposent chacun sur des médaillons
présentant respectivement la Religion triomphant de l’Hérésie et la puissance invincible et
magnanime de la royauté. Il était difficile pour le public de décrypter les scènes gravées
sur les colonnes, mais on comptait avant tout sur la puissance triomphale qui s’en
dégage. Il s’agit ici moins d’informer que de proclamer. Si la présence des colonnes
romaines de Trajan et d’Antonin indique que le roi surpasse les empereurs romains, c’est
aussi une allusion aux colonnes d’Hercule : au bas des positions, le héros se repose après
avoir porté les colonnes ; les scènes figurées sur celle de gauche célèbrent le traité des
Pyrénées et le mariage du roi.
F igure 70. – Abraham Bosse, Tèse de Louis-Hugues de Lionne dédiée au Dauphin , 1677.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 131.45 KB )
59 Ordinairement, les colonnes d’Hercule sont un emblème des Habsbourg d’Espagne, qui
marquaient ainsi les limites de leur Empire Ces nouvelles colonnes surmontées chacune
d’une fleur de lys symbolisent donc à leur tour l’étendue du royaume de France, ce dont
attestent sur celle de droite les batailles entourées des palmes de la Victoire. On sait que
lors de l’entrée du roi à Lyon 81 en 1660, une figure allégorique de la Guerre se tenait
debout sur un char entre deux colonnes historiées dont l’une représentait la France,
l’autre la Castille et le Léon. En 1662, Ménestrier en donne une image dans L’art des
emblèmes et explique la présence du char :
« Il serait à souhaiter pour la gloire des Heros qu’ils missent eux mesmes des bornes
volontaires à leurs desseins avant que le Temps ou la Mort leur en fissent de
necessaires […] la modération de nostre Monarque qui ayant plus d’ardeur & de
courage que n’en eurent tous les Heros de la vieille Grece & de Rome, a sceu retenir
ces mouvemens genereux au milieu du succès de ses victoires, & donner
volontairement des bornes à sa fortune. Ce sera aussi ce Trophée que rendra
glorieux dans l’histoire de tous les siècles, quand on sçaura que ce ieune
conquereant a préféré le repos de ses Peuples aux avantages de sa gloire & sacrifié
ses interests à la tranquilité de ses Sujets 82
. »
60 La présence d’Apollon s’appuyant sur sa lyre renforce l’idée que les arts peuvent renaître.
Lors de son voyage à Paris en 1665, Le Bernin revint sur ce motif, et pour agrémenter
l’espace entre le Louvre et les Tuileries, proposa d’élever deux colonnes historiées sur le
modèle de celles de Trajan et d’Antonin, qui, comme la gravure de Poilly, devaient aussi
rappeler les colonnes d’Hercule et cantonner la statue équestre du roi 83
.
61 C’est également en 1663 que Charles Amelot s’adressa lui aussi à Le Brun pour illustrer sa
thèse de philosophie, soutenue le 2 septembre au collège d’Harcourt. Robert Nanteuil
dessina et grava le visage du roi, Gilles Rousselet le reste de la composition, chaque détail
contribuant à la richesse du discours. Louis XIV conduit le navire de l’État, dont la proue,
sculptée aux armes royales cantonnées de deux dauphins par allusion à la naissance de
Louis er le 1 novembre 1661, est surmontée de la couronne et ornée de guirlandes (cat.
42). Secondé par la Sagesse, la Prudence, la Valeur et la Tempérance qui rament sous les
ordres de l’Autorité tenant un sceptre et des clefs, le roi se retourne impassible, tandis que
dans le ciel la Gloire et la Charité chrétienne l’invitent à délivrer Dunkerque. Cette
supplique est signifiée par le médaillon que lui présente la Charité, appuyée contre une
corne d’abondance chargée de pièces d’or et de fruits, dans lequel l’Hérésie piétine la croix
et le calice avec sous son joug la ville reconnaissable à ses armoiries. La corne
d’abondance et le coeur brûlant témoignent de l’amour et de la générosité du roi qui
racheta Dunkerque le 27 octobre 1662 moyennant 5 millions de livres : conquise par
Turenne le 23 juin 1658, la ville avait été cédée à l’Angleterre la même année. En signe de
reconnaissance, la Justice tient au-dessus du roi une couronne d’étoiles, symbole de
l’Éternité ; la Renommée et la Victoire devancent le vaisseau royal, qui est escorté par un
triton qui souffle dans une conque. Comme sur les thèses dédiées au Dauphin par Lionne
en 1662 (ann. I.C-1), les positions sont inscrites sur la peau du lion de Némée 84
, car Louis
est l’Hercule français, qui d’une main tient le timon de son navire et de l’autre la
redoutable massue. Vêtu à l’antique, il porte une cape brodée de lys. Nivelon 85 indique
que les Zéphirs de la thèse sont là pour « exprimer la douceur et la tranquillité de ce
temps, semblant rafraîchir de leurs douces haleines, après les longs malheurs de la
guerre, les Arts qui sont au-dessous ».
62 La prise de Dunkerque, le mariage du roi et son arrivée au pouvoir passent pour les
événements importants de ce début de règne. En 1659, Antoine Paillet y fait aussi allusion
dans son morceau de réception à l’Académie en représentant Le triomphe d’Auguste après
la bataille d’Actium 86 et en 1682 on les retrouve en grisaille à Versailles au plafond de la
galerie des Glaces. Pour er la thèse de philosophie du comte de Saint-Pol soutenue le 1
août 1664 (cat. 49, voir fig. 78 ), Le Brun les évoque dans un langage purement
allégorique. Le roi apparaît à cheval, terrassant sans effort et sans haine la Fureur, la
Rébellion, l’Ignorance et la Crainte, sous l’oeil de la Providence, appuyée sur un globe
fleurdelisé qu’un amour lui présente, montrant sa domination sur le monde. La
Renommée souffle dans sa trompette. Pour Nivelon, il s’agit de « représenter ce que Sa
Majesté a exécuté par sa prévoyance et sa valeur pour le bien de son royaume 87 ». Sept
médaillons tenus par des amours décrivent les épisodes récents du règne, comme Rocroi
et le mariage royal, et rappellent les fondements de la royauté de droit divin.
63 Dans ces compositions, aucune inscription ne mentionne de façon directe la prise de
Dunkerque, ni ne précise le sujet, aucune n’évoque le mariage du roi ou la naissance du
Dauphin ni ne nomme les batailles. Il en fut toujours ainsi dans les thèses, où
contrairement aux almanachs, on préfère les devises aux légendes. Les thèses s’adressent
à un public instruit. Tout y est allusion et garde ainsi un caractère universel. Au contraire,
les almanachs font directement référence aux événements qui ont rythmé l’année
précédente et recourent rarement à l’allégorie. Dès le début du xvii e siècle, parallèlement
aux thèses, ils servent la propagande royale, et sous leur influence se transforment à
partir des années 1660. D’abord réduite à un large bandeau avec parfois deux montants,
l’image s’étend désormais sur toute la feuille dont la hauteur dépasse 80 centimètres.
Dans une annonce au Mercure galant dédié au Dauphin en décembre 1692 88
, l’éditeur
Nicolas er I Langlois fait savoir qu’il poursuit l’histoire du roi en almanachs ; cherchant à
combattre le discrédit dont ils souffrent alors, il remarque : « Cependant il s’est fait
plusieurs belles Theses qui n’ont pas eu pour le Dessein & pour l’exactitude, plus d’étude,
ny plus de perfection, rien n’estant obmis dans ces Almanachs. » Il souligne ainsi la
parenté entre les deux genres. Mais contrairement aux thèses :
« Les Plans des Villes, les Camps, les attaques, tout est recueilly des Ingénieurs, ou
des Peintres qui ont esté sur les lieux. Les habillemens des Personnages s’y trouvent
souvent les modes des temps, & sont ordinairement dessinez par le Sr. Saint Jean,
Peintre, qui réussit le mieux en ce genre, & dont on voit un nombre de belles Figures
qu’il donne au Public de temps en temps. [...] Ce qu’il y a encore de considérable
dans ces mêmes Almanachs, c’est qu’ils comprennent tous les sujets remarquables
de chaque année & qu’ils servent à rafraîchir la mémoire par les dattes qui y sont
marquées fort. »
64 Le parallèle opéré par Langlois montre que l’almanach, genre moins noble que la thèse,
retraçait plus précisément les hauts faits du monarque.
65 On s’adresse désormais à Louis XIV plutôt qu’aux ministres. Après avoir dédié sa première
thèse à Mazarin en 1660, l’abbé de Bouillon dédia la seconde au roi (cat. 33) en 1661. De
même, Gilles Le Maistre de Ferrières dédia sa première thèse en 1663 à Séguier et la
seconde en mars 1665 à Louis XIV (cat. 51). Si pour le garde des sceaux, Sébastien
Bourdon avait montré la Justice prosternée devant le chancelier entouré de la Renommée
et de la Sagesse terrassant l’hydre 89
, dans la suivante, Jean Lepautre figura Louis XIV (cat.
51, fig. 71 ) entouré d’amours qui le préparent au combat, posant un casque sur sa tête et
lui apportant un bouclier où Hercule lutte aussi contre l’hydre de Lerne ; la Renommée lui
remet l’olivier de la victoire et Saint Louis l’invite à anéantir ses ennemis que déjà Mars
jette à terre. Le combat sera victorieux comme en attestent Mars et Neptune, assis au bas
des positions. La composition célèbre les victoires de la « première guerre austroturque
er », la bataille de Saint-Gothard (1 août 1664) remportée par l’empereur aidé d’un
fort contingent français et l’expédition du duc de Beaufort à Djidjelli (juillet-octobre 1664),
qui se conclut par un traité signé avec la régence de Tunis le 25 novembre 1665 90
.
66 La présence de Saint Louis était d’actualité : le 25 août 1663, Bossuet avait prononcé son
panégyrique en l’église Saint-Louis-en-l’Île 91 et le saint roi fut souvent associé à l’éducation
du Dauphin. La composition de Lepautre montre le roi l’accueillant à la descente de son
char, avec au fond un amour invitant le Dauphin 92 et ses précepteurs à contempler la
scène. Elle rappelle que tout est mis en oeuvre pour faire de lui le digne successeur de son
père et assurer la grandeur et le bonheur de la France sous la protection de l’ancêtre des
Bourbons.
67 Les Mémoires du roi témoignent de l’intérêt qu’il prenait à l’éducation de son fils. Comme
Filleau de La Chaise le précise en 1678 dans sa dédicace au Dauphin, il est aussi à l’origine
de son Histoire de Saint Louis 93
: le « dessein en avait été formé par ceux qui estoient
chargez du soin de vôtre [son] éducation ». Il insiste également sur le fait que Louis XIV
« étoit plus occupé [de son éducation] que de tant de merveilles qu’il faisoit dans le même
tems ». Semblant ainsi commenter la composition de Lepautre pour la thèse de Le
Maistre de Ferrières, il remarque que pour la gloire humaine, le Dauphin a « sans cesse
devant les yeux au delà de ce qu’on peut désirer. […] Les qualitez militaires [qui] ont
beaucoup acquis de cette sorte de gloire à Saint Louis », précisant « mais, MONSEIGNEUR,
à quel point le Roy n’a-t’il pas porté ces mêmes qualitez, & ne les voyez vous pas en luy
rehaussées au moins de l’éclat du bonheur qui l’a suivi dans toutes ses entreprises ? Si
Saint Louis a été l’arbitre de tous ses voisins, s’il a fait regner la paix chez eux comme chez
luy ; n’a-t’on pas vû Louis le Grand être l’unique arbitre entre luy & les voisins de ce
puissant état ; sa seule volonté faire la regle de leurs droits & de leurs
demandes ; & l’explication de ses pretentions, moderées par luy-même, devenir un traitté
de paix ? »
F igure 71. – Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières ,
1665.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 164.18 KB )
68 Pour conclure, le Dauphin tient « la seconde place dans tous les coeurs […]. En un mot c’est
ce qui acheve le bonheur du Roy qui n’a plus rien à souhaitter que de voir que vous luy
ressembliez, ou, s’il est permis d’y ajouter quelque chose, que vous ressemblez au grand
Saint dont je vous presente l’Histoire… », « celuy par qui vous en descendez
immediatement ».
69 Ce parallèle entre Louis XIV et Saint Louis 94 se retrouve trois ans plus tard, en 1668, dans
l’épître au roi adressée par Charles du Fresne dans son édition de l’ Histoire de Saint Louis
de Joinville 95
. Selon lui, les réformes du royaume entreprises par Louis XIV
« ne nous permettent pas de douter que nous ne voyions revivre dans la suite des
années cette félicité parfaite, que la haute vertu de ce monarque auoit établie dans
ses États. Ce qui me fait advancer, sans flaterie, que le meme Génie qui inspira S.
Louis de si judicieux conseils dans toutes les actions de sa vie, Vous conduit par les
memes routes, & veut que Vous soyez pas moins l’héritier de ses autres vertus
Royales que de son Sceptre & de sa Couronne 96 ».
70 Il souligne ensuite les similitudes entre les vies de Louis XIV et de Saint Louis : tous deux
ont « paru très jeunes sur le trône », secondés par leurs mères qui toutes deux également
pieuses ont dû dissiper les « factions domestiques ». Comme lui, le roi combat les duels et
les guerres privées et témoigne de son zèle pour la religion catholique ; il compare leur
amour de la justice, cette commune « recherche de justes & de glorieuses occasions de
faire éclater sa générosité dans les armes, & de montrer à toute la terre que la piété
n’étoit pas incompatible avec la valeur ». Déjà dans la gravure apparaît ce qu’on retrouvera
dans les panégyriques des académiciens des années 1680, qui « subordonnent la
grandeur de Saint Louis à celle de Louis XIV. Si Saint Louis est le modèle des rois, Louis XIV
est un exemplaire qui a parfait son modèle 97 ».
71 La comparaison entre la composition de Lepautre en 1665 pour Le Maistre de Ferrières
(cat. 51, voir fig. 71 ) et celle de Grégoire Huret vers 1639 98
( fig. 72 ), peut-être pour une
thèse dédiée à Louis XIII, permet de juger de cette évolution. Alors que Saint Louis assis
sur un nuage, en costume de sacre, la couronne royale sur la tête, s’adressait avec
fermeté à Louis XIII et lui indiquait de son sceptre Jérusalem surmontée du croissant turc,
il s’incline maintenant devant Louis XIV, qui, au lieu de se tenir sur le champ de bataille,
accompagné de son armée et vêtu d’une armure moderne, est habillé à l’antique et servi
par des figures allégoriques. Ainsi alors que Saint Louis faisait remarquer à Louis XIII :
« EVROPA TE NON CAPIT 99 », ici il se tient coi. Tout concourt à forger une image
impassible et solennelle, hors des contingences temporelles, qui fait de Louis XIV le héros
de la scène et célèbre sa clairvoyance plus qu’humaine.
F igure 72. – Grégoire Huret, Saint Louis apparaît à Louis XIII , v. 1639.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.05 KB )
72 Après une interruption de trois ans entre 1665 et 1667, qui donne au roi le temps
d’accomplir de nouveaux exploits, la thèse historiée de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay,
fils aîné de Colbert, soutenue au collège de Clermont le 19 août 1668, célèbre son retour
de Flandres à l’automne 1667, sur un dessin de Le Brun (cat. 63, fig. 73 ). Accompagné par
Minerve, cédant à la Victoire la massue, la peau du lion de Némée et le casque surmonté
d’une sphinge, symbole de sa clairvoyance, Louis XIV a le pied sur un bouclier en signe de
paix. Dans le char que le roi vient de quitter, Hercule se repose de ses travaux mais reste
vigilant, prêt à repartir pour de nouvelles conquêtes, comme le montrent les rênes
tendues ; il regarde les ouvriers qui disposent sur la façade des Tuileries les armoiries des
villes conquises 100
. Au centre une fontaine évoque les victoires maritimes 101 et au premier
plan, les génies des arts discutent près d’une aiguière et d’une tapisserie bordée de
dauphins et de couronnes royales ; des portraits en médaillon du roi témoignent du
progrès des arts grâce au retour de la paix et à la création de la manufacture royale des
Gobelins.
73 Dans cette composition d’une richesse exceptionnelle, chaque détail a son importance.
Quelques passages de l’analyse d’Antoine de La Bretonnière, traduite dans les beaux vers
de Fléchier, permettent d’en juger. Ce livre, paru sous le titre L’Hercule françois, ou
L’explication de la thèse dediée au roy par M. le marquis de Seignelay 102
, fait le panégyrique
de la magnificence du règne.
« L’art a fait revivre en ce marbre imposteur
La crainte des vaincus, le courroux des vainqueurs,
Les quatre Fleuves assis sur leur moite rivage, […]
Et recueillant leurs eaux dans un même canal,
T’ouvrent tous les chemins de l’Empire de l’Onde […]
Et ces Dieux de métal semblent vouloir parler
Aux travaux de Memphis, ta pyramide égale,
Surpassera les murs de Ta Ville Royale.
Ce miracle de l’Art élevé jusqu’aux cieux […]
Aux siècles à venir fera voir les Conquestes
Et pourra conserver jusqu’à l’Eternité
Tes exemples fameux à la postérité… »
74 Louis ne s’arrête ni ne s’endort ; invincible il fait de grands projets pour la France :
« Au comble de l’honneur le Ciel veut t’élever,
Jusqu’à ce que vainqueur sur la Terre & sur l’Onde,
Tu deviennes l’Arbitre & le Maistre du Monde. »
75 On rejoint la dédicace de la thèse qui célèbre la Sagesse et la supériorité de Louis, que
l’image proclame par la présence de Minerve et de la Philosophie présentant les thèses au
roi 103
. La Gloire, la Magnificence, la Renommée tiennent une place essentielle. Afin de
préserver la Paix, contraint par ses ennemis, Louis déclare la Guerre, mais il se montre
clément et magnanime envers ses adversaires. Ces qualités font de lui un nouvel Hercule,
un nouvel Alexandre, un nouveau César.
76 Un tel discours n’est pas spécifique aux thèses, mais est récurrent alors dans beaucoup
d’écrits 104
. Le madrigal adressé au roi le 5 février 1672 par le graveur Nanteuil 105 alors
qu’il commence son portrait en pastel participe de la même veine :
« Je voulois faire deux portraits
Dont les airs différents pris sur les mêmes traits
Auroient diversement en tous lieux fait paroistre
Ce héros si fameux que nous avons pour maistre,
L’un monstrant sa grandeur, et l’autre sa bonté ;
Mais je me détermine à cette seule image
Où par un noble effort d’adresse et de courage
Je prétends exprimer toute sa majeste ;
Car si je divisois l’éclat qui l’environne
Je verrois que dans sa personne
Le ciel a mis tout à la fois
De quoy faire plus de cent roys. »
77 Le programme iconographique de la thèse de Seignelay annonce celui de la galerie des
Glaces mis en oeuvre par Le Brun en 1679 sous l’égide de Colbert et de la Petite Académie.
Selon Le Bernin, les liens entre Colbert et Le Brun étaient très étroits et si l’on en croit
Chantelou, le peintre imposait souvent son avis. Le culte de Louis XIV, dont Peter Burke
situe l’apogée en 1677, commence dans les années 1660, et dès alors il y tient un rôle
essentiel. Les prémices ont été jetées en 1653 avec la Tèse du roi en sa jeunesse (cat. 20) ;
l’image se met en place peu à peu, s’affirme avec les thèses de Charles Amelot (cat. 42) et
de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) et se confirme en 1668 dans celle de Seignelay (cat.
63). Gestes, expressions et costume se retrouvent au plafond de Versailles. Si Le Brun
excelle dans cette représentation royale et impose une nouvelle vision du monarque, la
thèse de Gilles Le Maistre de Ferrières en 1664 où Saint Louis descend de son char pour
faire place à Louis XIV montre que d’autres s’y essaient, mais avec moins de succès. Il y a
une volonté politique manifeste derrière cette entreprise qui vise à définir une image
idéale du roi.
F igure 73. – François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 174.39 KB )
78 Cette mise en scène héroïque du monarque représenté en lui-même en appelle à la
mythologie où il est incarné par Apollon ou Jupiter. Reprise en 1684 par Gantrel, une
gravure éditée par Lenfant (cat. 76, fig. 74 ) dans les années 1675-1684 le montre au
sommet d’un arc de triomphe, en armure à la romaine, manteau au vent, auréolé de
rayons solaires ; d’une main il brandit le foudre, de l’autre il tient une corne d’abondance.
Sur son quadrige étincellent le Soleil et la devise : « NEC PLURIBUS IMPAR ». Son
expression magnanime montre sa compassion pour les ennemis de France terrassés par
sa monture. L’iconographie solaire et l’aspect du visage royal évoquent 106 la miniature de
Joseph Werner (1637-1710), peinte vers 1665, où Louis XIV en Apollon est précédé par
l’Aurore et accompagné par les Heures 107
( fig. 75 ). Le dynamisme exacerbé que donne
Werner au visage du roi contraste avec l’attitude sereine et pleine de retenue proposée à
la même époque par Le Brun dans les frontispices de thèses comme dans les livres, par
exemple l ’Hortus Regius gravé en 1664 par Rousselet 108
( fig. 76 ). Les colonnes des
chapiteaux sont de l’ordre français, que selon Nivelon Le Brun inventa en 1671 et qu’il mit
en oeuvre quelques années plus tard à Versailles. À l’architrave, deux renommées
soufflent dans des trompettes et couronnent de laurier les armes royales sur un globe
entouré du collier des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Ce riche appareil
iconographique est complété par une série de cartouches qui rappellent le projet de
Claude Perrault et Le Brun 109
, pour l’arc de triomphe de la place du Trône, destiné à
commémorer l’entrée triomphale du roi à Paris après son mariage, qui ne fut pas exécuté.
Lenfant se contente d’une seule arche au lieu de trois et la surmonte non plus d’une
pyramide tronquée mais d’un socle où le roi conduit un quadrige. Cette image paraît alors
que sont construits des arcs de triomphe aux entrées de la capitale : celui de la porte
Saint-Denis en 1672 par François Blondel, celui de la porte Saint-Martin en 1674 par Pierre
Bullet en l’honneur des victoires sur le Rhin et en Franche-Comté. Ce sont ces mêmes
victoires que célèbre la gravure, dont les petites scènes et devises résument les
événements importants du règne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du royaume : canal des
Deux Mers, promulgation du code civil et criminel…
79 Omniprésente dans les illustrations de thèse, la guerre réapparaît en septembre
1676 dans celle de Claude-François Pellot, dessinée par Pierre Mignard et gravée par
François de Poilly (cat. 81). Cette fois le roi est en buste dans un ovale tenu par la Victoire
en présence de la Renommée, de Minerve qui lui désigne un trophée d’armes et de
l’Histoire qui, terrassant le Temps, écrit ses hauts faits. Mais ici, contrairement aux autres
compositions, pas d’allusion précise à une bataille.
F igure 74. – Jean Lenfant, Tèse dédiée à Louis XIV , 1675-1684.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.39 KB )
F igure 75. – Joseph Werner, Louis XIV conduisant un quadrige , vers 1662-1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.56 KB )
F igure 76. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, frontispice pour l’ Hortus Regius ,
1665.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 209.53 KB )
Le roi à cheval : de la guerre à la paix
80 Comme l’indique le titre de la Tèse de la Guerre (cat. 84, fig. 77 ), sous laquelle les amateurs
d’estampes la connaissent, c’est de nouveau ce thème et celui de la toute puissance du roi
que Jacques-Nicolas Colbert, second fils du ministre, aborde pour illustrer sa majeure
soutenue en Sorbonne le 30 décembre 1677. Suivant un modello donné par Le Brun,
Edelinck montre Louis XIV à cheval terrassant les puissances coalisées. L’allégorie est
immédiatement compréhensible : précédé par le génie de la France et suivi d’un amour
brandissant un étendard où sont inscrits les noms des villes conquises en 1677 (Saint-
Omer, Fribourg, Valenciennes, Cambrai), le roi écrase les ennemis vaincus et les animaux
symboliques de la Hollande, de l’Espagne et de l’Allemagne, sous la protection de la
Providence, en présence de l’Éternité et de la Paix. De part et d’autre d’un rocher, un soldat
tombe à la renverse, celui de gauche, à queue de serpent, tient un masque et un filet ;
près de lui se tapit un léopard. Selon Nivelon, il s’agit d’un conspirateur, sans doute le
chevalier de Rohan qui avec son complice Latréaumont tenta de soulever la Bretagne
pour la livrer aux Hollandais et fut exécuté le 27 novembre 1674.
81 L’idée de cette planche n’est pas nouvelle. En 1664, Le Brun avait déjà représenté Louis XIV
à cheval terrassant ses ennemis sur la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49, fig. 78 ) pour
laquelle il reprit en partie, semble-t-il, le portrait équestre aujourd’hui perdu, décrit
longuement par Félibien 110
, qu’il avait peint pour célébrer l’acquisition de Dunkerque. En
treize ans, le roi a beaucoup changé. Ses traits sont devenus plus austères et sa longue
perruque touffue est remplacée par deux grandes boucles. Au lieu de porter une cuirasse
moderne, il est vêtu en empereur romain et son attitude est plus imposante : son regard
direct, la toge qui lui barre l’épaule, son bras tendu à l’horizontale, appuyé sur le bâton de
commandement, lui donnent une allure plus déterminée.
82 Plus ambitieuse, cette seconde représentation équestre est aussi plus harmonieuse. Haut
et bas sont conçus comme un tout. En 1664, le piédestal, où étaient gravés les thèses et le
groupe du roi et de ses ennemis, évoquait les supports d’un monument équestre. Il cède
la place à un gouffre dans lequel sont appelés à disparaître ses ennemis. Par le schéma
pyramidal dans lequel elle est inscrite, la présentation est plus grandiose et plus
nettement hiérarchisée : Louis apparaît sur le champ de bataille, environné d’éclairs et
précédé par l’archange saint Michel qui lui ouvre le chemin de son épée et de son bouclier
fleurdelisé ; la Providence le protège de son ample manteau qui lui fait un dais triomphal
dont un pan abrite le génie de la France menaçant de son étendard la Fureur et le lion de
La Hollande.
83 La thèse de 1677 illustre le thème de la « guerre juste » que développent alors les
panégyristes officiels, comme l’abbé Paul Tallemant, à l’Académie française 111
. La
présence de la Providence divine, du génie de la France et de la Paix indique que le roi ne
cherche pas une vaine gloire, mais seulement à châtier méfaits et complots de ses
ennemis. En lui nulle passion, nulle vaine violence. Il est l’antithèse d’Alexandre avec qui il
a pris ses distances, et dont les hommes d’Église et quelques lettrés comme Boileau
condamnent alors le comportement tyrannique 112
. Louis est désormais un héros
moderne auréolé de gloire et de courage, conscient de sa propre valeur. Tout ici évoque ce
que proclament les panégyriques. Dans les Grandes et Petites Conquêtes 113
, gravées par
Sébastien Leclerc et Claude Chastillon quelques années plus tard, François Charpentier,
membre de la Petite Académie 114
, affirme que le roi n’a qu’à paraître, et son nom n’a qu’à
être prononcé, pour que les villes se rendent. Ce portrait équestre correspond à la
réflexion sur la véritable gloire qui agite alors les esprits et à la redéfinition du fondement
de la monarchie absolue, telle que la conçoit Louis XIV lui-même à partir des
années 1670 115
.
F igure 77. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de la Guerre de Jacques-
Nicolas Colbert , 1677.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 140.24 KB )
F igure 78. – Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse du comte de Saint-Pol , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 166.82 KB )
F igure 79. – Nicolas Guérard d’après Pierre-Paul Sevin, La prise de Maastricht, page de
la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne , 1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 174.81 KB )
84 Le Brun et l’abbé Tallemant s’estimaient. On sait que lorsque le peintre fut chargé du
plafond de la Grande Galerie, il demanda à Colbert que ses dessins fussent jugés par
« quelque homme de lettres » et que l’abbé Tallemant fut désigné : « il a beaucoup
travaillé dans tout le cours de cet ouvrage, a fourny à Mons r . Le Brun tout ce qui luy a esté
necessaire, les mémoires de la vie du Roy, avec une exactitude telle qu’il exigeoit, les
armoiries des villes et des Princes. Etc. Il a fait les descriptions des tableaux, les
inscriptions 116 ».
85 Les deux dernières campagnes du roi, la prise de Maastricht, le passage du Rhin, la prise
de Gand et de Valenciennes, « les villes Bataves conquises », « la Franche Comté ajoutée
au Royaume » et la paix de Saint-Germain sont également célébrées par Sevin en 1679,
dans la thèse de philosophie en livret du prince de Turenne, dont chacune des 16 pages
est ornée d’une gravure différente. Enrichies d’un grand nombre de devises, ces
compositions dynamiques, parfois élégantes, parfois brutales ou étranges, témoignent
d’une imagination constamment renouvelée, qui étonna l’auteur du Mercure en août
1679 117
. Le livret renfermait « les Actions les plus éclatantes que sa majesté a faites par
Elles-mesme dans tout le cours de cette Guerre ». Pour raviver la mémoire du public, les
batailles sont énumérées. Auteur d’une partie des devises, Ménestrier en donne
l’explication dans son Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles . Ces « mises en
scène » rappellent celles qu’on retrouve chez Van der Meulen et chez les graveurs
d’almanachs, sur un mode plus naturaliste que celui du plafond de Versailles, car
l’allégorie est rejetée hors des compositions principales qui occupent le haut de chaque
page. La geste militaire du roi, sa grandeur, sa modération et sa valeur sont ainsi décrites
sur le mode épique. Sur le mode narratif, exceptionnel dans l’illustration des thèses, on
voit le stratège à la tête de ses troupes ou recevant les vaincus. Pour la prise de
Maastricht, Louis XIV en personne assiste de nuit au siège de la citadelle prise sous le feu
des canons (cat. 91 ; fig. 79 ). Dans Gand occupé, suivi d’officiers, il domine les armées sur
son cheval en levade 118
; le bras tendu, tenant le bâton de commandement, il donne
l’ordre de la bataille et assiste à la prise de la ville. Celle de Valenciennes montre le corpsà-
corps des deux armées et un massacre sur le pont menant à la citadelle. Mais d’autres
scènes sont traitées à l’antique : pour évoquer la prise d’Ypres, Sevin montre les édiles
apportant les clefs de la cité au roi à cheval en Alexandre, entouré de ses généraux.
F igure 80. – Teresa del Po, Tèse de Pompeo Amerighi , 1681.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 159.47 KB )
86 À l’exemple de Paul Tallemant dans ses panégyriques de 1687 et 1689, tout est fait pour
célébrer le grand capitaine 119
. Les personnages allégoriques au bas des pages traduisent
l’effroi des assiégés et l’appel à la clémence royale. Les boulets de canon évoquent la
guerre de siège, préférée par Louis XIV aux chocs directs, qui fait de lui le seul héros de la
bataille et rend impossible tout acte individuel de courage chevaleresque de la part de la
noblesse 120
. Aussi, pour évoquer le passage du Rhin, le voit-on galoper au premier plan
vers le spectateur auquel il semble s’adresser, tandis que des soldats franchissent le
fleuve ; au bas de la page des positions, les dieux s’effrayent de tant d’héroïsme. Devant
les murailles éventrées de la citadelle avec en première ligne une batterie de canons, la
représentation du siège de Cambrai montre les assiégés rendant les armes aux pieds du
monarque à cheval. La composition célébrant l’alliance de la France et de la Suède met en
évidence les canons et les boulets aux pieds de la figure du Danemark, appuyée contre un
navire. Boulets et canons sont partout : au bas de la reddition des nations Bataves, sous le
corps d’un prisonnier enchaîné, au bas du passage du Rhin, ils éclatent entre les mains
des forgerons ennemis.
La représentation réaliste du roi sur le champ de bataille est assez rare dans les thèses ; 87
aussi celle de Pompeo Amerighi, qui fut soutenue à Sienne en 1681 et gravée par Teresa
del Po, revêt-elle un intérêt particulier (cat. 94, fig. 80 ). Comme le précise la dédicace, on y
voit le roi « très Chrétien » en costume moderne, tel qu’il apparaît dans les tableaux de
Van der Meulen, entouré de trois cavaliers, peut-être le Dauphin, probablement Condé, et
un officier non identifiable au visage à demi caché. La France et des amours sollicitent le
roi pour de nouvelles conquêtes en Asie et en Afrique, rappelant ses ambitions politiques
et économiques sur ces deux continents 121
, où il entendait rivaliser avec la Hollande, tout
en faisant des terres catholiques.
88 Le motif du roi à cheval se retrouve encore quelques années plus tard sous le burin de
Claude Duflos qui interprète un tableau de Martin des Batailles dans une des dernières
thèses dédiées au monarque, celle de l’abbé Van der Meulen soutenue entre 1685 et
1695 (cat. 103, fig. 81 ). Toute allégorie a disparu. Tenant le bâton de commandement, le
roi est seul, au naturel, tête nue, dans un costume moderne, cuirasse et cape au vent. Plus
de vertus ni d’ennemis et de monstres. Bien qu’au loin des troupes s’avancent au galop
vers un village, la composition n’a rien d’héroïque. L’attitude du roi est figée et son visage
sévère n’a plus la sérénité d’antan. Bien que de médiocre qualité, la représentation est en
adéquation avec le portrait peint par Houasse vers 1680, qui connut un succès
considérable 122 jusqu’à son remplacement en 1701 par celui du roi en costume de
sacre 123 de Rigaud, qui ne fut repris dans aucune thèse. Entre 1685 et 1695, Martin des
Batailles supprime la Victoire qui couronnait le roi de laurier dans le tableau de Pierre
Mignard ( fig. 82 ). Hormis son visage, rien dans le costume et l’allégorie ne permet de le
reconnaître ; s’il tient un bâton de commandement comme dans la composition
d’Houasse, il ne s’en sert pas. Va-t-il à la Guerre ? En revient-il ?
F igure 81. – Claude Duflos et Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin dit des
Batailles, Tèse de l’abbé Van der Meulen , 1685-1695.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 190.95 KB )
F igure 82. – Pierre Mignard, Portrait équestre de Louis XIV couronné par la Victoire
devant le siège de Namur , 1692.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.97 KB )
89 Le chemin parcouru depuis les grandes compositions pour les thèses inventées par Le
Brun est considérable et témoigne de la volonté de donner du roi une image moins
orgueilleuse et moins humiliante pour ses ennemis, qui apparaît à la fin des années 1680.
Cette volonté est annoncée dans les deux illustrations de thèses conçues par Pierre
Mignard, où l’allégorie n’a pas entièrement disparu. En 1684, les fils de Louvois lui font
appel pour célébrer le roi (cat. 102, voir fig. 19 ). Alors que le peintre critiquait l’emploi de
l’allégorie par Le Brun au plafond de la galerie des Glaces, dont il jugeait le propos obscur,
il n’hésita pas à y recourir, bien que plus modérément. Avec une vue de Strasbourg,
devant laquelle des bergers et bergères dansent au son du pipeau tandis que paissent
leurs troupeaux, la scène gagne en naturalisme. Le peintre rappelle que la ville a été
annexée le 30 septembre 1681 et que le roi y a fait son entrée le 23 octobre. Appuyé sur
l’épaule d’Hercule assis à ses côtés, Louis XIV regarde ses ennemis en déroute sous les
yeux de Minerve étonnée.
90 Il s’agit de célébrer « LE ROY DANS LE REPOS DE SA GLOIRE », ainsi que le proclame l’abbé
François Macé dans un poème paru à l’occasion de la soutenance. On y voit, comme il
l’écrit, ce « demy-dieu » à la « noble fiereté », ce « prince amoureux de sa gloire », « qui a
fixé pour jamais l’inconstante Victoire », imposer sa loi à ses ennemis subjugués ou
terrifiés. Grâce à lui, l’Europe qui désigne aux ennemis leur vainqueur va enfin « gouster
les douceurs de la Paix ». Désormais :
« Strasbourg ne s’élèvera plus
Que pour servir de digue à l’orgueil de l’Empire. […]
[Et] l’Echo sensible à leurs ardents désirs [les bergers],
Répète, en s’accordant au son de leurs musettes,
Louis, le plus grand des Héros. »
91 Les commentaires de l’abbé Macé rejoignent ceux du Mercure 124 de juillet 1684, qui
soulignent également la présence de l’Honneur et de la Victoire, chargées de palmes et de
lauriers et le groupe de dix guerriers représentant les efforts des diverses nations, qui
tentèrent de « s’opposer aux justes desseins du Roy ». Nouveauté par rapport aux
illustrations précédentes, Louis XIV apparaît debout, sans cheval, face à ses ennemis que
sa seule présence suffit à anéantir. Les symboles humiliants de l’Espagne, de l’Empire et
des Provinces-Unies ont disparu. Pour marquer l’harmonie revenue, sainte Cécile joue de
la harpe, accompagnée à la flûte par un angelot et entourée d’instruments musicaux.
92 Cette idée fut reprise en 1692 pour célébrer les victoires de la guerre de succession
d’Espagne, les prises de Mons et de Namur en mars 1691 et mai 1692, dans la thèse
commandée de nouveau à Pierre Mignard, par Louvois pour son fils Camille (cat. 128, voir
fig. 43 ). Le roi apparaît victorieux sur le champ de bataille. Son costume est en partie
modernisé ; alors qu’il était vêtu à la romaine, il ne garde de romain que la culotte et les
sandales. Là aussi, aucun contact direct avec l’ennemi. La présence du roi à Namur
correspond à la réalité 125
: ce siège fut le dernier auquel il prit part, et l’on notera que
cette illustration de thèse est avec celle de l’abbé Van der Meulen (1685-1695) la dernière
qui évoque des combats. Donnant des ordres à la France, le monarque debout tend son
bâton de commandement vers les ennemis sans même les regarder. Sa seule présence
suffit à les anéantir. Le Mercure d’août 126 indique qu’il commande à la France de marcher
sur les ennemis dont elle est environnée, que la Religion prie pour lui le Père éternel ; à
terre, l’Envie tient un flambeau, « faisant connoistre par là le dessein qu’elle a de se
revolter ». Puis il dresse la liste des membres de la ligue d’Augsbourg : l’Angleterre, la
Bavière, la Savoie, le Brandebourg, l’Espagne, l’empereur et les princes de l’Empire « et
une quantité de gens de pied, Allemands et Hollandais ». Ici les animaux symboliques des
thèses de Le Brun et des plafonds de la galerie des Glaces cèdent la place à des soldats
vêtus à l’antique dont les armoiries gravées sur les boucliers ou inscrites sur les étendards
indiquent la nationalité. Au bas des positions, célébrant de nouveau la paix dont le roi est
le défenseur contre l’obstination de ses ennemis, le génie des arts cherche à retenir
Bellone, sortant en furie d’un arsenal, et un enfant en pleurs regarde avec mélancolie les
instruments des sciences.
93 L’auteur du Mercure invite le lecteur curieux à lire le poème latin de Rollin et sa traduction
en français par l’abbé Bosquillon, où il trouvera « une description étendue de la gravure ».
De cette traduction, retenons ce qui concerne le roi. Bosquillon souligne d’abord la
présence de « La Religion seule et LOUIS triomphant », puis après avoir décrit tous les
ennemis réunis contre le roi, il s’attache à la « perfide Héresie » que Louis a chassée de
son royaume, évoquant la révocation de l’édit de Nantes qui attira sur le monarque la
fureur ses adversaires :
« Par d’équitables loix elle se voit bannie
Du sein tranquille et doux de l’Empire François,
Où brisant les Autels, s’armant contre les Rois,
Jadis l’introduisit sa fureur inhumaine. […]
Sous les coups de LOUIS, sous sa main triomphante,
On la voit accablée, on la voit gémissante ; […]
Secouänt son flambeau d’une main menaçante,
Embrasant ses Amis d’une infernale ardeur,
Leur fournit seul à tous audace, armes, fureur. »
94 Impassible face à l’Hérésie et aux coalisés, la France « rit de tant d’efforts qu’ils font si
vainement » ; seule l’inquiète la sécurité du roi : « Son CHER PRINCE est le seul qui la fasse
trembler. » Continuant à décrire l’estampe, Rollin brosse un portrait physique et moral du
roi. Plus calme que la France, son amour pour elle l’amène à affronter tous les dangers :
« Pour elle s’exposer au douteux sort des armes
Braver tranquillement d’effroyables hazards […]
Ne confier qu’à soy le soin de la défendre,
è t s’en acquiter moins en Roy qu’en Père tendre.
Cet Auguste Héros joint à tant de Bonté
Une majesté douce, une noble Fierté ;
Il en a sur le front un mêlange admirable ;
Il est tout-à-la fois charmant & redoutable,
Et du mesme regard rassûre nos esprits,
Et répand la terreur chez tous nos Ennemis. »
95 Ce calme s’explique par le secours de la Religion qui forme des voeux pour lui. Assise sur
un nuage, les yeux tournés vers l’au-delà, elle le désigne avec tendresse : Louis a pris les
armes pour la défense de ses autels : « La Foy n’est plus qu’un nom ; la force est
impuissante / Pour défendre tes droits LOUIS seul se présente ». Elle en appelle à Dieu
« Prends donc ta foudre… » et sa présence conforte le roi :
F igure 83. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Croissy , 1680.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 163.67 KB )
« Cherchez-vous d’où Luy vient cette ferme assûrance ?
En l’appuy du Très-Haut il met sa confiance,
ET la RELIGION, dans l’horreur des combats,
De mesme qu’à la Cour, accompagnant ses pas,
Fait que pour Le garder le Ciel veille sans cesse,
Et qu’à ses grands desseins Dieu même s’intéresse. […]
De l’autre tendrement Elle offre au Roi des Rois,
Et LOUIS son vray Fils & l’Empire François ;
Et les yeux élevez cette pieuse Mère
Semble adresser à Dieu cette ardente prière.
Arbitre tout puissant de ce vaste univers […]
Daigne prester l’oreille à ma voix qui T’appelle ;
Descens icy, descens, viens venger ta querelle ;
Ce n’est que contre Toy que s’arment les Mortels ;
Leur coupable fureur n’en veut qu’à tes Autels… »
96 Bosquillon évoque Mons et Namur, célèbre Louvois « en guerre et en paix son ministre
fidèle » et conclut comme Mignard, en montrant Bellone et en invitant Camille Le Tellier à
toujours chérir les arts :
« Regarde cependant les Arts des mêmes yeux,
CAMILLE que toujours ils Te soient précieux.
Ils te doivent beaucoup ; tu leur dois davantage. […]
Je borne là mes voeux 127
. »
97 Ainsi la responsabilité de la guerre incombe aux peuples rivaux et lorsque les
négociations échouent, le roi tente de maintenir la paix ; aussi célèbre-t-on sa prudence et
sa volonté inébranlables face à ses adversaires. En 1684, le poème de l’abbé Macé et la
gravure de Poilly montrent que le roi fait la guerre pour permettre à l’Europe de « gouter
les douceurs de la Paix ». Pour mieux célébrer la paix et l’action bienfaisante du roi, la
plupart des thèses ne montrent de la guerre que les derniers soubresauts.
98 Cette représentation très sobre est beaucoup moins triomphaliste que celle de la thèse de
Colbert de Croissy, où en 1680 Le Brun célébrait le traité de Nimègue (cat. 92, fig. 83). Le
roi apparaissait alors en vainqueur implacable au milieu des cieux. La soutenance de
Croissy avait fait aussi l’objet d’un long commentaire du Mercure de septembre 128
:
« Le Roy paroist dans ces thèses donnant d’une main la Paix à l’Europe. Elle est
armée pour désigner sa puissance, et la thiare, et les clefs qui sont auprès d’elle,
marquent que c’est l’Europe Chrétienne. Comme le Roy donne cette Paix après avoir
terrassé la discorde et la fureur de la Guerre il les tient l’une et l’autre sous ses pieds,
pendant que de l’autre main il arrête la Victoire qui luy montre de nouveaux
trophées, et de nouvelles palmes à acquérir. Le foudre de ce grand monarque est
entre les mains de l’Amour de la Paix. »
99 Assis sur un nuage, Louis XIV terrasse sans colère la Fureur de la guerre et la Discorde. La
Paix, à qui il donne la main avec humilité, l’introduit près de l’Europe qui lui tend les bras
avec ferveur. La Philosophie 129 et la Nature le contemplent, afin que la paix revenue, « le
retour de toutes choses » s’accomplisse. Dans le panégyrique qu’il avait adressé au
monarque le 25 août 1679 pour la distribution des prix à l’Académie française, l’abbé
Tallemant célébrait aussi la grandeur du roi, artisan de la paix. Il rendait hommage au
« Père commun de toute l’Europe » à qui revient la gloire de la paix qu’il offre au milieu de
ses triomphes pour le bien de tous. Chaque mot du début de son discours convient pour
décrire la composition de Le Brun :
« J’ai crû ne pouvoir me dispenser, de vous parler de cette heureuse Paix, qui
couronne si glorieusement toutes ses Victoires. Depuis quelques années je ne vous
l’ay fait voir que le foudre à la main. Aujourd’huy qu’il s’est desarmé luy-mesme, il est
juste de celebrer cette bonté paternelle, cette clemence magnanime, cette
moderation incroyable qui pacifie toute l’Europe en un moment 130
. »
100 Dans la gravure d’Edelinck comme dans ce texte, par ses vertus, sa valeur, sa modération,
sa générosité, le roi « croit devoir préférer le repos du monde, au sensible plaisir de
vaincre, & de conquerir ». Il est le seul médiateur de la paix, le seul souverain, le seul
acteur, la seule personne réelle. « Louis au milieu d’une sanglante guerre, ayant toute
l’Europe liguée & armée contre luy, propose la Pays, en dresse seul tous les artifices dans
son cabinet, en envoye le projet 131 … » Pour l’abbé Tallemant, c’est « Louis XIV lui-même
qui est intervenu pour imposer la paix, comme s’il n’était pas intéressé directement dans
le conflit ; c’est lui qui a seul, parmi les belligérants, les pleins pouvoirs 132 ». Pour Pierre
Zoberman, « le texte souligne ainsi par omission la hiérarchie naturelle entre les
souverains européens et renvoie implicitement à la comparaison entre le Tout-Puissant et
son image. Faut-il voir là également l’aspiration à la monarchie universelle ? » La place du
roi dans les cieux le laisse penser, car il apparaît plus que jamais au-dessus des hommes.
Comme il l’écrit lui-même :
« encore que […] les rois soient hommes, je ne crains pas de vous dire qu’ils le sont
un peu moins quand ils sont véritablement rois, parce qu’une passion maîtresse et
dominante, qui est celle de leur intérêt, de leur grandeur & de leur gloire, étouffe
toutes les autres en eux, mais jamais ils ne sont plus grands aux yeux des peuples
que lorsque ceux-ci dans le malheur et l’adversité ont besoin d’eux 133 ».
101 Avec la thèse de Camille Le Tellier, le ton a bien évolué. Redescendu sur terre, le roi est
devenu plus humain d’autant qu’il est désormais figuré en fantassin 134
. Comme le montre
Hendrik Ziegler 135
, il est probable que dans les illustrations de thèse comme dans les
médailles et statues, face aux pamphlets et satires qui paraissent en nombre à l’étranger,
Louis XIV ait souhaité être représenté de manière moins blessante pour ses adversaires
pour éviter leurs sarcasmes.
Le Roi Très Chrétien, l’Église catholique et Dieu
102 La Religion apparaît très tôt dans les frontispices ; même si elle n’en constitue pas d’abord
le sujet principal, elle est immédiatement associée au jeune roi. On la voit dès 1640 dans
un dessin de Flamen (cat. 4), sur un socle, portant la croix près du Dauphin maintenu sur
un pavois par ses parents ; vers 1651 dans une gravure de Daret (cat. 17), auprès de
l’Église catholique et romaine, elle est assise sur une croix et tient le calice et les Vices
enchaînés ; un amour la rapproche du souverain. Elle réapparaît en 1663 dans la thèse
d’Amelot (cat. 42), où cédant en importance à d’autres vertus, elle figure dans un
médaillon tenu par le Zèle religieux qui tend au roi un coeur enflammé, mais elle est le
moteur principal de l’action : le joug sous lequel la tient l’Hérésie amène Louis XIV à
racheter Dunkerque.
103 En 1671 dans la thèse de l’abbé de Noailles (cat. 70, fig. 84 ) puis vers 1683-1686 dans celle
de l’abbé de Polignac (cat. 100), la Religion est l’objet même de l’illustration ; la célébration
de l’Église catholique est le sujet principal de la composition. Cette importance nouvelle
correspond au changement d’attitude du roi qui naguère, pour ne pas s’aliéner les princes
protestants dans ses prétentions à l’Empire, cherchait à traiter sur le mode mineur la lutte
antiprotestante à l’intérieur du royaume 136
. C’est alors que Louis-Antoine de Noailles
chargea Antoine Paillet de représenter la Défaite de l’Hérésie et demanda à François de
Harlay, l’archevêque de Paris à qui il devait succéder en 1695, de la présider. Éclairé par le
soleil de la Vérité brandi par l’archange saint Michel au-dessus de sa tête, Louis XIV est
représenté assis, et fait exceptionnel, en costume de sacre, le collier de l’ordre du Saint-
Esprit autour du cou, tenant le sceptre. Obéissant aux instructions de l’Église romaine, il
donne l’ordre au génie religieux de la France d’exterminer l’Hérésie qui gît à terre, la main
fermée sur les écrits de Calvin, laissant échapper ceux de Luther, Mélanchthon et Zwingli.
Comme l’Église, le roi est frappé par les rayons du Saint-Esprit, rappelant le droit divin qu’il
doit à son sacre et qu’évoque également son costume 137
. Brandissant le sceptre, il
témoigne que c’est par son intermédiaire que les grâces du ciel descendent et qu’il est le
médiateur entre les hommes et Dieu. Son geste en direction du génie de la France
rappelle également qu’il est le lieutenant de Dieu sur terre et que si l’Église le regarde
avec insistance, c’est que la France est sa fille aînée. Tout imprégné de son rôle, Louis n’a
d’yeux que pour son peuple qu’il considère avec gravité, lui indiquant la voie à suivre.
L’Espérance, la Foi, la Charité et la Paix entourent le roi et l’Église catholique ; derrière elles
des ouvriers abattent un temple.
104 Le Conseil du roi faisait alors vérifier les titres des lieux de culte protestants et ceux qui ne
pouvaient prouver leur ancienneté furent détruits. Commencées dès 1661, ces
destructions se poursuivront jusqu’en 1685, si bien que plus de 700 disparurent 138
; à
droite au fond de la composition, une vue du temple de Charenton qu’on démantelait
rappelle cette actualité. Toute conversion était punie de bannissement et il était
formellement défendu aux « prétendus réformés » de tenir des écoles. La déclaration
de 1669 préluda à une courte accalmie. Cette gravure fait peut-être référence au projet de
« réunion négociée » envisagée par le roi et Clément X entre ecclésiastiques et ministres
convertis. À Paris et à Rome, quelques-uns croyaient encore à la conversion pacifique.
Ainsi l’almanach de Pierre Landry paru cette année-là montre « Le triomphe de l’Église sur
l’hérésie dans la conversion de l’illustre famille de la Tremouille, M. le Prince de Tarente, M.
le duc de Thouars, son fils entre les mains de M. Arnauld, évêque d’Angers, et celle de
plusieurs autres personnalités de considération sous le pontificat de Clement X 139 ».
Preuve de son importance et de son caractère encore actuel, la gravure fut exposée au
salon de 1673 140
, deux ans après la soutenance.
F igure 84. – Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Louis-Antoine de Noailles ,
1671.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 187.54 KB )
105 Il faut attendre une dizaine d’années pour que l’Église catholique devienne l’objet d’une
nouvelle affiche (1683-1686), celle de la thèse de l’abbé de Polignac, où pour représenter
le Triomphe de la Religion (cat. 100) sous l’égide du roi, Le Brun la montre entourée de
l’Espérance, de la Charité et du Zèle divin, assise sur un char tiré par le Tétramorphe,
tenant d’une main le calice posé sur le livre des sept sceaux, au-dessus duquel plane la
colombe du Saint-Esprit, de l’autre un bouclier à l’effigie du roi, que maintient la Justice
divine exterminant l’Hérésie ; l’Opiniâtreté et l’Ignorance entraînent dans leur chute la
Rébellion accablée par la destruction des temples, figurée selon Nivelon par une colonne
brisée. Face à eux, la Vérité brandit un flambeau qui éclaire le globe, destiné à l’origine
aux positions, que dévoile l’Amour de la Grâce.
106 Il y a plusieurs conjectures sur la date de la soutenance. Selon la Bibliothèque raisonnée des
ouvrages des savans de l’Europe 141
, elle aurait eu lieu vers 1683, deux ans avant la
révocation de l’édit de Nantes.
« Les Thèses de Théologie que Mr. l’Abbé de Polignac soutint quelques années après
en Sorbonne, ne lui firent pas moins d’honneur : il y avoit mis en tête ces mots, qui
se trouvent si souvent dans l’Ecriture en parlant des Rois de Juda, Excelsa abstulit [Il
abattit les hauts lieux] ; par où il faisoit allusion à tout ce que venoit d’ordonner, ou
que préparoit alors Louïs XIV pour l’établissement de l’unité de Religion dans son
Royaume. »
107 Mais Guillet de Saint-Georges indique que le 16 juin 1686 le dessin auquel travaillait Le
Brun fut « porté au père de La Chaise et trois jours plus tard à l’archevêque de Paris 142 ».
La gravure servit-elle pour la thèse ? Il ne semble pas. Selon Heinecken 143
, elle n’a pas
paru et on en a même tiré que fort peu d’épreuves. Un propos de Saint-Simon va dans le
même sens : « Deux fois, il [l’abbé de Polignac] avait entrepris une licence, deux fois il
l’avait abandonnée ; les bancs, le séminaire, l’apprentissage de l’épiscopat, toutes ces
choses lui puaient : il n’avait pu s’y captiver 144
. » Dans son étude sur Le maître de Craponne ,
Jean Torrilhon 145 date cette thèse de 1683 environ, et mentionne une lettre dans laquelle
l’abbé demande une aide financière de 30 pistoles, soit près de 300 livres, à son ancêtre
Torrilhon de Vacherolles pour faire graver l’affiche de sa thèse. La lettre n’est pas datée
mais l’abbé est alors âgé de 22 ans, ce qui situe sa requête en 1683 :
« J’ai cru, Monsieur, qu’étant aussi de mes amis que vous l’êtes, je pouvais compter
sur votre bon coeur en une occasion où je suis, prêt à partir pour Paris, afin d’y
soutenir une thèse destinée au Roy, qui me coûtera beaucoup. J’ai amassé de
l’argent, le plus qu’il m’a été possible, mais en vérité j’ai un extrême besoin de trente
pistoles, que je vous demande instamment, que je vous rendrai le plus exactement
possible. Vous savez qu’il n’y a rien à perdre avec moi ; et surtout, ayant avec ma
Maison autant de relations que vous avez, il y a mille occasions où je puis vous
revaloir. Au nom de Dieu, n’en faites rien savoir à Madame, car je l’ai épuisée – l’Abbé
de Polignac. »
108 Quelle que soit la date, 1683 ou 1687, le contexte est celui de la révocation de l’édit de
Nantes signée à Fontainebleau le 18 octobre 1685, de sa préparation, des ordonnances
qui le suivent. L’intention est de souligner l’appui indéfectible de Louis au combat de
l’Église et le bien-fondé de cette lutte : le portrait du roi en armure est figuré sur son
bouclier maintenu par la Justice divine, et entouré de deux amours dont l’un porte un
rameau d’olivier et l’autre une balance.
109 Le Brun lui-même s’est probablement rappelé cette composition lorsque le 8 février 1687,
l’Académie de peinture et de sculpture 146 « fit rendre grâces à Dieu du rétablissement de
la santé du Roy, dans l’Église des Prestres de l’Oratoire de la rüe S. Honoré 147 ». Outre un
grand nombre de devises, on y voyait, sur de riches tapisseries, neuf grands tableaux qui
montraient le roi, dont un représentait « l’Église victorieuse de l’Hérésie ». Concernant les
actions du roi en faveur de la Religion, les académiciens avaient également figuré « La
démolition du Temple de Charenton, l’Église cathédrale de Strasbourg, où la Religion
Catholique a esté rétablie par le Roy : les Missions dans les Pays plus éloignez ».
110 Vers 1687, Philippe Quinault (1635-1688) fut chargé par Le Brun, comme membre de la
Petite Académie, d’écrire les textes accompagnant chaque composition de la Description
des tableaux et des autres ornements dont l’Académie royale de peinture et de sculpture a
décoré l’église des RR. PP. de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré, où elle fait rendre grâce à Dieu
pour la guérison du roi , et composa peu après un poème plein de lyrisme pour célébrer le
peintre et « Le tableau sur la chute de l’Hérésie ». Quelques passages de sa description
permettent de juger de sa similitude avec la gravure.
« Un monstre longtemps redouté
Tombe enfin, sans espoir que l’Enfer le relève.
L’invincible Louis achève
Ce que tant d’autres Rois ont vainement tenté.
De l’heresie affreuse, inflexible, cruelle
L’église triomphe par luy […]
L’église est sur son char avec tranquillité,
Elle Brille d’une Beauté
Qui jamais par le temps ne peut estre ternie,
Jamais avec la Majesté
La Douceur ne fut mieux unie. […]
Desjà pour figurer cette grande aventure
Le Brun trace un dessin nouveau
Il faut joindre ma plume à son noble pinceau
Et faire parler sa peinture.
Heureux si nous laissons à la race future
Un fidèle portrait d’un triomphe si beau !
Heureux s’il nous estoit possible
De former d’assez nobles traits
Pour marquer la vertu du héros invincible
Par qui l’Église dompte un monstre si terrible
Et goûte une si douce paix !
Mais quelles mains assez sçavantes,
Quelles couleurs assez brillantes
Peindront ce Roy victorieux,
Tel qu’il se fait voir à nos yeux ?
Le charme secret qui luy donne
Plus d’empire que sa Couronne
Peut-il estre représenté ?
Ce Héros est trop grand,
Sa gloire est trop brillante,
On ne pourra jamais quelque effort que l’on tente
Le montrer tout entier à la postérité 148
! »
Le poème n’est pas daté et George Buford Norman 149 111 y voit un commentaire du tableau
du Louvre, mais deux dessins préparatoires 150 montrent que Le Brun a modifié ses
projets. Si en effet, rien ne manque dans la description, si on retrouve ce caractère
« inexprimable » du monarque, si la Vérité qui « a levé le voile sombre/Dont cent peuples
séduits laissaient couvrir leurs yeux 151 », au lieu de montrer la Religion sur un char tiré
par le Tétramorphe, Le Brun l’a figurée assise au milieu des nuages, ce que confirme le
livret de Quinault ; de plus le médaillon où figure le roi est désormais posé sur un socle et
non plus sur le char.
112 Le 17 décembre 1686, le triomphe de l’Église fit également l’objet d’une manifestation
publique au collège de Louis-le-Grand ; le père Quartier, professeur de rhétorique, y
prononça une harangue, où il montra que la Piété avait inspiré au « roy le dessein d’une si
glorieuse entreprise, que la sagesse luy avoit fourny les moyens de l’exécuter, & que le
bonheur en avoit rendu le succès tel qu’on eust pû le souhaiter 152 ». La salle avait été
décorée pour l’occasion de nombreuses devises « qui renfermoient tous les moyens dont
le Roy s’est servy pour détruire l’Heresie en France ». La porte d’entrée était entourée d’un
arc de triomphe, sur lequel on voyait la Religion tenant un calice surmonté d’une hostie
avec au-dessus de sa tête la colombe du Saint-Esprit. Michel Corneille le Jeune
(1642-1708), qui a conduit l’ouvrage, avait probablement présente à l’esprit la composition
de Rubens peinte en 1626 pour la suite des tapisseries du couvent des Déchaussées
royales de Madrid, commandées par Isabelle-Claire-Eugénie, bien connues par les
gravures de Nicolaas Lauwers. À la représentation assez rare du char conduit par le
Tétramorphe, il substitua un quadrige attelé de chevaux blancs ; comme à l’Oratoire, le roi
paraît sur un piédestal à côté de la Religion, et comme dans la thèse de l’abbé de Noailles,
il tient un sceptre, « pour faire voir que sa justice & l’authorité de ses Edits sont les seules
armes dont il s’est servy pour detruire l’Heresie qu’on avoit représentée à ses pieds sous la
figure de l’Hidre ».
113 Ainsi, alors qu’aucun décor des maisons royales n’évoque l’extirpation de l’hérésie, sinon
sur le mode allusif dans le salon de la Paix 153
, et que le sujet reste exceptionnel à
l’Académie, qui dans les morceaux de réception préférait l’aborder à travers le rachat de
Dunkerque 154
, on le retrouve à plusieurs reprises dans les thèses et les décors
éphémères, qu’il s’agisse d’évoquer le soutien au pape par Louis XIV ou la révocation de
l’édit de Nantes. En 1687, lorsque les Jésuites célébrèrent la guérison du roi, ils firent
représenter par Gantrel, dans la partie supérieure de l’encadrement des thèses, sous le
portrait en buste du monarque, le roi introduisant la Religion dans une église qui venait
de lui être consacrée, avec sur les côtés la démolition des temples et les protestants
chassés par des anges exterminateurs, pour signifier que la piété du monarque et de son
royaume a amené Dieu à le sauver de la maladie. On constate de nouveau que la thèse et
son illustration étaient pour les Jésuites l’occasion de faire leur cour au roi, de lui
témoigner leur fidélité et leur respect, et de s’assurer de son soutien.
114 Une autre thèse, soutenue en 1687 au collège des Jésuites de Turin par le comte Natta,
célèbre le roi défenseur de l’Église catholique et romaine sur un ton et un mode bien
différents (cat. 114, voir fig. 14 ). Dessinée par Domenico Piola et gravée par Georges
Tasnière, elle montre Judas Maccabée recevant des mains de Jérémie une épée
flamboyante pour défendre Jérusalem. Fait exceptionnel pour une thèse à lui dédiée, le roi
n’en est pas le héros direct, mais nul doute qu’on le reconnut dans la figure de ce
purificateur de l’autel du Temple profané par Antiochus, qui chassa les imposteurs de la
cité de Dieu, et qu’on y vit une allégorie de l’action menée l’année précédente contre les
Vaudois, qui s’était achevée le 3 mai 1686 par une répression sanglante conduite par
Catinat. Mais une autre analyse est possible : Louis XIV serait-il Jérémie, qui prête son
épée à Judas Maccabée (le duc de Savoie) pour combattre les hérétiques ?
115 Là ne s’arrête pas cette évocation du Roi Très Chrétien. En juin 1685, durant le Concile
général de l’ordre, où Italiens et Espagnols devaient également argumenter, les Minimes
de Marseille lui dédient un panégyrique en forme de thèse (cat. 106, fig. 85 ). En tête de
l’affiche, il est figuré en buste ; le nom de « Louis le Grand » commence chaque
proposition. Cette thèse, où me le roi était comparé à Dieu, fit grand bruit. On a vu que M
de Sévigné s’en fit l’écho 155
. À la demande royale, la Sorbonne jugea qu’il fallait la
supprimer. Pourtant, le Mercure galant de mars 156 raconte que trois mois avant la
soutenance, devant toute la cour, le président de la thèse Charles Guilhet et le candidat
Philibert Madon l’ont présentée au roi qui « écouta avec une bonté inconcevable le
Compliment de ces Pères », puis que les deux Minimes en offrirent une épreuve au
Dauphin et à la Dauphine qui « la reçurent avec beaucoup de bonté ».
F igure 85. – Positions de la thèse de Philibert Madon , 1685.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 93.6 KB )
116 La thèse se répandit. Dès 1686 à Rotterdam, le théologien protestant Jacques Basnage
(1653-1723) la publie en français et en latin à la fin de ses Considérations sur l’état de ceux
qui sont tombez, ou Lettres à l’Église de*** sur sa chute, avec des prières pour l’Église, & pour
ceux qui sont tombez . Dans l’ Avis après la table, il indique :
« Comme on n’a pas voulu remplir cet ouvrage de beaucoup de citations, on s’étoit
contenté d’indiquer la thèse des minimes à la page 411. Mais on a trouvé à propos
de l’insérer toute entière parce qu’elle est curieuse, & qu’on en trouve presque plus
aucun exemplaire. On l’a traduite en François, afin qu’elle puisse être entenduë de
tout le monde, & on la mise en Latin, afin qu’on ne s’imagine pas que c’est une pièce
supposée. »
117 À La Haye en 1689, dans La religion des Jésuites ou Réflexions sur les inscriptions du père
Menestrier et sur les écrits du Père Letellier 157 …, le pamphlétaire calviniste Pierre Jurieu
(1637-1713) 158 en fait une analyse impitoyable.
Sans faire état de la gravure, il écrit : 118
« Toute la terre a frémi à la lecture des Thèses des Minimes de Marseille, où douze
grands articles, qui reprennent les principales parties de la Théologie commencent
par douze blasphèmes & par autant de Ludovicus Magnus : où Louis le Grand paroit
comme l’unique preuve qu’il y a un Dieu ; que ce Dieu est autheur de la grâce
efficace par elle-même ; qu’il est bon et juste, qu’il y a trois personnes en une seule,
qu’il a créé les Anges, et qu’il les employe au gouvernement du monde ; qu’il y a des
démons […] Où le Roy est magnifiquement loué, pendant que les louanges de Dieu y
sont oubliées ; où Louis le grand est l’original de toutes les verités célestes ; où il est
mis au-dessus des hommes et des anges ; où on luy fait une application profane de
ces mots que le St. Esprit avoit prononcé pour le Roy des Anges “Mes ouvrages sont
pour le Roy. Qui est-ce Roy ? C’est Louis le Grand, le Roy de gloire fort et puissant en
guerre”. Ce sont là des impiétés raffinées & d’un ordre inconnu à tous les siècles.
Mais le Roy les pardonne à cause des bonnes intentions. »
119 Jurieu 159 s’en prend non seulement aux Minimes, mais aussi à tous les flatteurs du roi,
qu’il énumère par le menu : prédicateurs, peintres, orateurs, poètes, juges, magistrats,
avocats et académiciens, « car la devise des Minimes de Marseille est devenue celle de
tout le royaume, Dico ego opera mea Regi , je déclare que tous mes ouvrages sont pour le
Roy ». Il conclut en remarquant : « artisans & hommes de lettres, n’ont plus ni de langues
ni de mains que pour un seul homme. Toute la nation est devenüe folle ou plutôt
lâche & esclave ».
120 En 1691, la thèse des Minimes est encore dans les mémoires. Dans L’histoire du temps, ou
Relation de ce qui s’est passé de mémorable… publiée à Amsterdam, et traduite de son
Mercurius reformatus , le médecin anglais Jacques Wellwood (1652-1727) en souligne les
aspects scandaleux qu’il met en évidence dans le sommaire : « 1. Titres blasphématoires
donnez au roi de France par ses flatteurs. 2. L’Impiété des Theses des Minimes de
Marseille. 3. La Dedicace de ces Theses. 4. Elles commencent toutes par des impietez à la
Loüange du Roi de France 5. Particulierement la seconde, la troisième, la quatrième, & la
derniere. 6. La Souscription de ces Theses… » Analysant en détail les positions, il dénonce
à la fois les thèses gallicanes et catholiques, tout en renvoyant le lecteur aux exemplaires
en vente chez les libraires 160
; il prend également pour cible d’autres panégyriques
« blasphématoires » adressés au roi par Pellisson 161
.
121 La polémique est également reprise par l’oratorien français Pierre-Valentin Faydit
(1640-1709), bien connu pour ses critiques acerbes qui lui valurent un séjour à la Bastille,
qui en 1710 dans ses Nouvelles remarques sur le Virgile et sur Homere et sur le pretendu style
poetique de l’écriture sainte 162 …, dénonce encore les excès de la thèse dont certains
passages impies, précise-t-il, « firent horreur au Roi quand il le sçût ; sa pieté en fut
choquée 163 ». Il décrit la gravure : « Ils dédièrent une thèse au Roi, où ils representoient
son visage tout brillant de la gloire de Dieu, & environné de rayons de lumière, comme on
a accoûtumé de représenter les Saints Canonisez. » C’est que tout auréolé de rayons, à
l’égal de ceux du Christ et des saints, le portrait gravé par Pierre Simon était en parfaite
adéquation avec les propos des Minimes et en renforçait l’effet. Plus grand que nature, il
dut impressionner l’assistance et tous ceux qui reçurent la thèse. Le roi était représenté
vêtu d’une toge brodée de fleurs de lys et doublée d’hermine ; sur l’ovale étaient les mots
mêmes qui ouvraient chacune des positions : « LVDOVICUVS MAGNVS » et l’inscription
« HERORVM MAXIMVS » ajoutait encore à l’éloge. Cependant, ce portrait n’avait pas été
gravé pour l’occasion, mais trois ans plus tôt.
122 Si portraits, dédicaces et thèses concouraient à la glorification du roi, leur caractère trop
ostentatoire pouvait produire un effet inverse de celui qu’escomptaient les dédicataires.
Lorsque la thèse fut soutenue, les tendances gallicanes dont elle était une des
manifestations battaient leur plein. Dans sa Politique tirée des propres paroles de l’Écriture
sainte , parue en 1709 mais rédigée trente ans plus tôt, Bossuet souligne le rapport étroit
entre Dieu et le roi : « La majesté est l’image de la grandeur de Dieu dans le prince. […] La
puissance de Dieu se fait sentir en un instant de l’extrémité du monde à l’autre : la
puissance royale agit en même temps dans tout le royaume… » ou encore « Considérez le
prince dans son cabinet. De là partent les ordres […]. C’est l’image de Dieu qui, assis dans
son trône au plus haut des cieux, fait aller la nature 164 ». Poussés à l’extrême, ces propos
rappellent ceux des Minimes comme ils évoquent le portrait gravé par Pierre Simon. Les
rois sont les représentants de Dieu sur terre : Bossuet et les prédicateurs, les Jésuites
notamment, le rappellent souvent dans les panégyriques, et on assiste alors à
l’assimilation entre le roi et Dieu 165
. Les propos d’Amelot dans sa dédicace en 1663 (cat.
42) et de l’abbé de Bouillon en 1667 (cat. 60) le montrent pleinement. La gravure de sa
thèse présente le roi en buste dans un ovale tel un nouveau César et semble à priori
éloignée de toute référence divine, mais l’exergue de la thèse y invite : « Cuius Regnum,
Regnum omnium Saeculorum ? Psal 145 » (« Celui dont le règne est le règne de tous les
siècles »). Associer Louis XIV à une thèse de théologie rappelle qu’il était Roi Très Chrétien,
ce que les vers de Robinet dans La muse historique confirment 166
:
« Ayant leu la Theze ma foi
Très-belle & Dédiée au Roy
Duquel comme un Astre Propice
Le portrait est au frontispice
Et qui sur le sujet vient bien
Etant d’un Prince Très Chrestien. »
123 Le 20 septembre 1685, la faculté de théologie de Paris voulut témoigner son zèle au roi et
son attachement aux principes de l’Église gallicane, alors que l’opposition entre le
monarque et la cour de Rome atteignait son paroxysme. Aussi après avoir longtemps
attendu, l’université décida de parler d’une seule voix « par la bouche de son recteur 167 »
Pierre Berthe (cat. 110). Le Mercure 168 précise que l’acte « se fit avec très grand éclat & il s’y
trouva un très grand nombre de personnes illustres de tous les ordres, pour y rendre en
quelque manière toute la France présente. »
124 Prélevée sur la caisse de l’université, une somme de 4000 livres fut affectée aux dépenses.
Pierre Berthe choisit pour sujet les quatre articles de la déclaration du Clergé rédigée trois
ans plus tôt par Bossuet, qui définissaient les libertés de l’Église gallicane, et avaient été
signés par l’assemblée des évêques. Alors qu’on avait espéré rétablir ainsi l’harmonie
entre la France et la papauté, le différent s’envenima. Le 11 avril 1682, Innocent XI
condamna les conclusions de l’assemblée et refusa de nommer des évêques parmi les
ecclésiastiques qui y avaient participé. Par ailleurs, au lieu d’entrer dans la coalition
organisée par le pape contre les Turcs, la France s’allia à eux. Lors de la révocation de l’édit
de Nantes (18 octobre 1685), quelques mois avant la soutenance de cette thèse, le pape
condamna la position du roi, qui pour montrer malgré tout son soutien à l’Église durcit
irrémédiablement la répression contre les Protestants.
125 Comme celle de l’abbé de Noailles (cat. 70, voir fig. 84 ), d’abord présentée au roi, la thèse
de Berthe fut présidée de l’archevêque de Paris, François de Harlay. Comme après celle
des Minimes, l’émotion qui suivit la soutenance fut vive mais pour une tout autre raison.
L’affiche, qu’on avait placardée sur la porte de la résidence du nonce Angelo Ranuzzi
(1626-1689), l’irrita. Elle était ornée d’un portrait du roi et les positions étaient inscrites sur
un manteau fleurdelisé, avec en haut la dédicace REGI et en bas un cartouche aux armes
de l’université, autant d’éléments qui marquaient l’autorité du roi sur l’église que
proclamaient les Quatre Articles. Le 17 octobre, trois semaines après la soutenance,
Ranuzzi demanda au père La Chaise d’intervenir 169
. Selon Dangeau 170
, lors de l’audience
qu’il eut du roi le 21, il se plaignit de cette thèse qui bafouait l’autorité du pape.
126 Une thèse en livret soutenue en 1686 à Rome, au couvent de Sainte-Marie Transpontine
(cat. 111), développe elle aussi un éloge du roi ; sa puissance sur terre y est mise en
parallèle avec celle de Dieu, sans que soient franchies cependant les limites acceptables.
Face à la dédicace « REGI CHRISTIANISSIMO », un portrait en buste du monarque
gravé 22 ans plus tôt par Pierre Landry, dont les angles sont ornés du Soleil personnifié,
des instruments des arts et du globe fleurdelisé entouré de trophées militaires qui font
écho à la légende « SUFFICIT HICTERRIS » (« Il suffit à la terre ») et semblent illustrer
l’exergue de la thèse : « Quod nomen est eius ; & quod nomen Filij eius ? Proverb. 30 » (« Quel
est son nom, et quel est le nom de son fils ? »).
127 Sans doute inspirée de la précédente, une autre thèse fut défendue à Rome deux ans plus
tard en 1688 par Séraphin Crouzeil (cat. 120) au couvent des Cordeliers, puis la même
année à Paris (cat. 121). Son livret célèbre de nouveau le Roi Très Chrétien et s’ouvre sur la
dédicace « LUDOVICO MAGNO. REGI CHRISTIANISSIMO » et un portrait en buste du
monarque. Il est orné aussi d’un bandeau énigmatique dessiné par Sevin, qui répond à la
question, « Quis pascitur inter lilia ? Cantic. 2 », à la gloire des lys de France et de l’action du
roi en faveur de l’Église. Preuve de son importance, le Mercure de septembre la décrit et
l’explique :
« Comme la thèse a pour titre ces paroles du Cantique, Quis pascitur inter lilia ? On y
voit d’abord l’éloge des lys de la France et le bonheur qu’ils ont de naistre sous les
auspices et sous la protection de LOUIS LE GRAND, qui les a heureusement dégagez
des épines de l’Héresie, qui ternissoit en partie l’éclat de leur blancheur, et diminuoit
beaucoup l’odeur qu’ils répandent dans toute la terre. Cela est expliqué dans la
vignette gravée délicatement qui représente le Sauveur du monde au milieu d’un
champ semé de Lys, disant à ses Apostres, ces paroles de l’Évangile, Considerate lilia
agri quomodo crescunt . On y voit aussi Saint-Michel protecteur de la France, qui tient
l’Hydre abatüe sous ses pieds 171
. »
128 Sur une tablette placée sous l’hydre, on lit : « Haeresis extremum, toties rediviva, venenum
Fundit et est Genio Gallia tuta suo », ce qui explicite le sens de la gravure. La colombe du
Saint-Esprit illumine le champ de lys d’un jardin à la française. Cultivés avec soin, ils
bénéficient de la protection du Christ et de l’Esprit Saint. Le Christ désigne les fleurs aux
apôtres. L’un d’eux lit ses paroles : « Considerate lilia agri quomodo crescunt » (« Considérez
les lys du champ, comme ils croissent », Évangile saint Mathieu VI, verset 28). Les
premières positions de la thèse décrivent la beauté des lys de France et le soin que leur
porte le roi. Il n’est pas figuré dans le bandeau, mais tout évoque son action. La suite du
verset est implicite : sans soin, les lys ne peuvent survivre « non laborant, neque nent »
(« Ils ne peinent ni ne tissent »). La révocation de l’édit de Nantes et l’action du roi contre
les protestants se trouvent ainsi de nouveau célébrées. Cet exergue avait été utilisé pour
plusieurs médailles frappées en hommage à Louis XIV 172
, et notamment sur un portrait
gravé par Pierre Simon 173 en 1684, où le monarque apparaissait auréolé et que l’on a vu
réutilisé sans la médaille en question dans la thèse des Minimes.
Faits et gestes de Louis XIV : la justice et la santé du roi
129 Quand les thèses ne célèbrent pas le roi guerrier et victorieux défendant l’Église et l’État,
elles font allusion plus directement à la politique intérieure du royaume et sont alors
commandées par les collèges des Jésuites de province pour répandre ainsi l’hommage
rendu au monarque. Elles participent souvent d’une tradition inaugurée au début du
siècle, par laquelle les bons pères s’assurent chaque année de la bienveillance des
magistrats, dans la famille desquels ils recrutent leurs élèves, en leur dédiant les travaux
de ces derniers.
130 Dès 1653, plusieurs thèses soutenues dans les collèges des Jésuites furent dédiées aux
parlements de province et à travers eux au roi. Gravée par Gabriel Le Brun d’après son
frère Charles (cat. 19), la première fut soutenue à Rouen. Auguste-Tanneguy Bonshoms de
Couronne, fils d’un président au parlement 174
, y célèbre implicitement le roi, dont les
armes apparaissent sous un baldaquin gigantesque au haut du temple de la justice, et
l’archevêque François de Harlay dont les armoiries figurent sur l’architrave à gauche avec
celles du cardinal de Bourbon, fondateur du collège en 1593 ; au même titre que le roi et
le parlement, François de Harlay était le protecteur de la maison. Cet hommage au roi
après la Fronde vaut d’être souligné. Alors que le parlement avait été hostile à Mazarin et
au pouvoir, qu’il avait pris parti pour le duc de Longueville, la soumission de celui de Paris
l’amena à réaffirmer sa fidélité à la Couronne, ce que la place donnée aux armes royales
met ici en évidence. En 1667 les Jésuites de Toulouse (cat. 58) firent copier cette gravure
pour illustrer la thèse de leurs logiciens.
131 En 1654 à Rennes, ceux du collège des Jésuites s’adressèrent à Charles et à Gabriel Le
Brun pour illustrer leurs travaux (cat. 22). La composition est plus complexe, mais de
nouveau les armes du roi sont placées en haut et directement associées à la dédicace, car
les deux amours qui portent le linge où elle est inscrite tiennent une couronne de laurier
qui relie les médaillons contenant les armoiries des parlementaires. Les armes du roi sont
au-dessus de la Justice et c’est donc en son nom qu’elle agit : assise sur un nuage, elle
reçoit des parlementaires qui sont représentés debout, au bas de l’escalier monumental à
l’intérieur du nouveau parlement dont ils viennent de prendre possession.
132 Entre 1678 et 1690, les parlements renouvelèrent leur fidélité au monarque par d’autres
thèses, toutes commandées par les Jésuites et éditées à Paris par Gantrel (cat. 88, 104,
123, 127). D’abord en 1678, ceux de Rouen firent dédier une thèse au parlement de
Normandie par cinquante de leurs étudiants (cat. 88, fig. 86 ). C’est aussi un hommage au
roi, dont divers attributs attestent de la présence. Entourées des colliers de Saint-Michel
et de Saint-Esprit, d’une paire d’ailes et de deux trompettes et surmontées de la couronne
royale, devant des palmes et des guirlandes de laurier, ses armoiries occupent là encore le
haut de la composition. Elles surmontent la porte monumentale du temple de la Justice,
orné d’un ordre français inventé pour l’occasion : le Soleil personnifié surmontant le globe
fleurdelisé remplace la fleur centrale de l’acanthe. Au tympan, la Justice sous un dais,
surmonté aussi de la couronne royale, est entourée de médailles aux effigies des rois de
France avec la légende « LUDOVICUS MAGNUS perfecit » ; au centre de l’architrave
entourée des armoiries des parlementaires étincelle le Soleil personnifié. Son nom
n’apparaît pas dans la dédicace, mais il est clair qu’il s’agit de montrer que la Justice est
rendue au nom du monarque. Autour des positions, entre les pilastres soutenant l’édifice,
huit médaillons racontent l’histoire du parlement : le dernier montre des élèves recevant
leurs récompenses des mains de la France.
133 En 1685 (cat. 104) et 1690 (cat. 124), deux thèses gravées en l’honneur du parlement de
Bretagne pour les collèges des Jésuites de Vannes et de Rennes évoquent ses relations
tendues avec le pouvoir. On sait qu’à la suite de la révolte du papier timbré, il fut transféré
à Vannes en 1675 175
. Ce fut une catastrophe pour Rennes, dont la population décrut
presque de moitié.
134 La première planche, dessinée par Jean II Cotelle (1642-1708) 176 pour une thèse de
logique soutenue par dix-neuf élèves du collège des Jésuites de Vannes en 1685 (cat. 104,
fig. 87 ), puis réutilisée en 1690-1695 (cat. 123, fig. 87 ), montre dans la grand’chambre aux
piliers ornés des armoiries des parlementaires le premier président, Louis Phélypeaux de
Ponchartrain, futur contrôleur général des finances, accompagné des trois présidents à
mortier Le Meneust, Fouquet et Montigny, rendant hommage à la Justice auréolée de
lumière. Le soleil de la Vérité brille sur sa poitrine, elle tend son sceptre vers le magistrat
et offre sa main à la Bretagne qui lui remet les clefs et lui présente ses armoiries,
proclamant ainsi l’obéissance au roi sous l’égide de son président. La figure et les attributs
de la Justice affirment que le roi est l’auteur de la loi et que les magistrats n’en sont que
les représentants. Aussi la voit-on assise sur un trône orné de lions, évoquant celui de
Salomon, sous un dais surmonté des armes de France, placées dans un globe sommé de
la couronne royale, tenue par deux amours portant l’épée et la balance, les pieds posés
sur un tapis fleurdelisé. Autant d’éléments qui rappellent l’ordonnance de 1667 réformant
la justice civile et criminelle, et la déclaration du 24 février 1673 qui retira aux parlements
le droit de remontrance et leur interdit d’interpréter les lois 177
. Preuve de cette allégeance
au roi, la gravure qui avait servi pour célébrer le parlement de Normandie fut utilisée
quelques années plus tard (cat. 123, fig. 87 )
178
, pour témoigner de la soumission de celui
de Rouen avec seulement quelques modifications : les armoiries des parlementaires
gravées sur les pilastres sont remplacées par celles de leurs confrères normands, les
armes de Rouen remplacèrent celles de Vannes.
F igure 86. – Étienne Gantrel, Tèse dédiée au parlement de Normandie , 1678-1679.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 189.85 KB )
F igure 87. – Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle, Allégorie au parlement de
Normandie , v. 1690-1695.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 102.97 KB )
135 À la suite des lettres royales du 21 novembre 1689, le parlement de Bretagne quitta
Vannes pour regagner Rennes (cat. 127, fig. 88 ). Ce retour tant souhaité par la ville lui
avait coûté fort cher. En effet, l’État ayant besoin d’argent pour financer les nouvelles
guerres, la ville saisit l’occasion pour rentrer en grâce auprès de Louis XIV et offrit
500000 livres ; le parlement en offrit 200000 supplémentaires et accepta la création de six
nouveaux offices. Pour célébrer l’événement, les Jésuites s’adressèrent de nouveau à
Gantrel pour graver une composition imaginée cette fois par Jean Cotelle (cat. 104). Cette
planche 179 servit en 1690 et en 1691 pour les thèses que leurs élèves dédièrent au
parlement. Au frontispice, le roi est représenté en personne (cat. 124, 127). Une cape
d’hermine sur les épaules, accompagné de Philippe d’Orléans, du Dauphin et de deux
magistrats, il élève son sceptre devant le parlement 180
. Les Vertus et la Justice, que le
génie de la ville lui supplie de ramener dans son palais, présentent au souverain les
instruments du pouvoir et les armes de la Bretagne. Contrairement à ce que laisse
supposer la gravure, Louis XIV n’était pas venu à Rennes pour sceller cette réconciliation.
Cette représentation est donc toute symbolique.
F igure 88. – Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, Tèse d’André
Brunel , 1691.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 152.32 KB )
136 Pour commémorer cet événement important, les Jésuites firent paraître une
plaquette 181 relatant la soutenance, qui contient la harangue adressée au parlement à
l’ouverture des classes et la tragédie jouée à cette occasion par les élèves 182
. Un dais a été
dressé pour surmonter le portrait de Louis XIV. En l’hommage du roi, l’entablement sur
lequel repose la partie supérieure des thèses est scandé de son chiffre couronné et le
haut des positions est sommé par la dédicace « LUDOVICO MAGNO » avec en petits
caractères « AUGUSTISSIMO AREMORICAE SENATUM RHEDONAS REVOCANTI ». Juste audessus,
signe du retour en grâce, les armes de France et de Bretagne réunies sont
entourées du collier de l’ordre du Saint-Esprit et surmontées de la couronne royale, le tout
posé en sautoir sur des palmes, des rameaux d’olivier et des trompettes.
137 Le ton qui prédomine ici est bien différent de celui de la thèse dédiée près de quarante
ans plus tôt au parlement de Bretagne, dont le dessin avait été donné en 1654 par
Charles Le Brun (cat. 22, fig. 89 ). La Justice descendait alors d’un nuage au-devant des
magistrats, accompagnée de l’Abondance et la Paix, et la Bretagne la recevait avec
déférence. Leurs armoiries s’y trouvaient aussi sur toute la hauteur de la thèse avec celles
de la France surmontées de la couronne royale, mais sans trône ni tapis fleurdelisé. La
présence du roi était donc beaucoup moins affirmée.
138 La soutenance de thèses était un moyen de faire connaître sa soumission au roi dans les
villes conquises, comme en attestent celles qui lui furent dédiées à Lille (cat. 71) et à Ath
(cat. 73) en 1672, dont on ignore si elles étaient illustrées. Alors que la guerre reprenait,
de tels témoignages de fidélité n’étaient pas anodins. À ces illustrations évoquant l’histoire
intérieure du royaume, il faut ajouter une pièce tout à fait exceptionnelle par son
iconographie, qui fut gravée semble-t-il en 1686 pour Jean-Baptiste Hue de Miromesnil. La
composition que dessina Sevin pour l’occasion montre le buste du roi dans une alcôve,
entouré des instruments des arts et des sciences. Il est posé sur un piédouche au-dessus
d’un arc de triomphe aux montants sommés d’une fleur de lys, sur lesquels sont
représentées les grandes réalisations du règne : l’invention de la devise royale Nec
pluribus impar 183
, la construction de Versailles, de l’Observatoire, des Invalides, la frappe
de la Monnaie, la création de l’Académie des sciences, le dévelop pement de la Marine et
de l’Imprimerie. Si elles avaient fait l’objet de nombreuses gravures, ces réalisations
n’avaient pas été évoquées jusqu’alors dans les thèses.
F igure 89. – Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au parlement de
Bretagne , 1654.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 193.65 KB )
Comme l’affaire du papier timbré, la guérison miraculeuse du roi 184
139 , opéré d’une fistule,
fit l’objet d’une illustration de thèse commandée de nouveau par les Jésuites. Les villes de
France et ses ambassades en Europe organisèrent des actions de grâces et des
réjouissances, feux d’artifice, libations, pièces de théâtre, concerts, pour fêter son
rétablissement. Le roi vint à Paris, où on ne l’avait plus vu depuis 1682, pour assister au Te
Deum à Notre-Dame et au banquet organisé en son honneur à l’hôtel de ville. Gazettes et
almanachs rappellent ces moments de crainte et la joie qui suivit. En 1687, pour fêter le
rétablissement de la santé royale, le collège des Jésuites de Rouen chargea un de ses
étudiants de soutenir une thèse à laquelle l’élite de la ville fut conviée. L’exercice fut répété
par onze étudiants avec la même illustration, un portrait de Louis XIV en costume civil :
veste à ramages et cravate de dentelle, croix de l’ordre du Saint-Esprit brodée sur la
poitrine. Cela n’est pas anodin puisque son corps, qui disparaissait ordinairement sous
une armure ou un manteau fleurdelisé, trouve une importance nouvelle qui rappelle sa
réalité humaine menacée. Dans cet imposant portrait gravé par Gantrel, grandeur nature,
le roi regarde ses sujets de tout son haut, droit dans les yeux comme pour leur témoigner
sa reconnaissance. Mais là ne s’arrête pas l’hommage : dans le cadre des positions sont
exposés les événements liés à la guérison. Vingt petites scènes accompagnées d’une
légende latine résument l’histoire du royaume de 1685 à 1687 : la révocation de l’édit de
Nantes, les prières, les actions de grâces et les fêtes, la procession solennelle de
l’université de Paris, les aumônes, les prisonniers délivrés, les harangues à la gloire du roi
dans les académies et les collèges, les honneurs rendus aux statues du roi... Le cartouche
principal montre Louis XIV introduisant la Religion dans un temple qui vient de lui être
rendu ; inscrits dans les volutes latérales les autres représentent la démolition du temple
de Charenton, la carte de France éclairée par le Soleil, signifiant que grâce au roi le
royaume est entièrement catholique…
Cette maladie occasionna la publication de centaines de pages du Mercure 185
140 , qui donne
ici une vision politique de la piété de Louis XIV et de l’amour que son peuple lui voue :
« On y voit d’un seul coup d’oeil tout ce que sa Majesté a fait en faveur de la Religion
Catholique, et toutes les actions de grâces renduës à Dieu par le peuple pour le
rétablissement de sa santé, avec les réjouissances qui les ont accompagnées… »
141 Plus loin sont décrits les cartouches de l’encadrement, dont le choix des sujets rappelle le
décor de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré déjà mentionné. Si les tableaux peints à
l’occasion sont plus nombreux et d’une disposition plus complexe, là aussi apparaissent
des devises et des scènes au naturel. On y retrouve le portrait du roi, mais sur son trône
et en manteau royal, les actions de grâces de la France, l’Église victorieuse de l’Hérésie, les
temples démolis, la religion catholique rétablie à Strasbourg, les missions dans les pays
éloignés, l’éducation de la noblesse, le percement du canal du midi, la révocation de l’édit
de Nantes. Mais alors que les peintres et les sculpteurs de l’Académie avaient choisi
d’évoquer également les victoires du roi, les Jésuites se plaisent à énumérer les
hommages rendus au monarque, notamment ses portraits sculptés :
« On a rendu de grands honneurs aux statues publiques du Roy, comme dans la
place des Victoires à Paris où Monsieur le Mareschal Duc de la Feuillade a élevé un
monument digne de son zèle, et de la grandeur de celuy à qui il l’a consacré. D’autres
ont entrepris d’en ériger de nouveaux. On en fait dresser un au lieu où estoit l’Hôstel
de Vendöme, qui sera un glorieux témoignage à toute l’artillerie ; les viandes, les
rafraîchissements, l’argent, les médailles jetées aux Peuples, et enfin les
réjouissances, faites mesme dans les cours étrangères par le roi et le zèle des
Ambassadeurs du Roy. »
142 On pense au panégyrique prononcé par Paul Tallemant à l’Académie le 27 janvier
1687 186 auquel la gravure fait allusion parmi les éloges adressés au roi. Il célébra lui aussi
ses vertus et sa grandeur, sa politique extérieure soucieuse du respect des traités et de la
fortification du nord-est de la France pour assurer la sûreté de ses sujets, la révocation de
l’édit de Nantes, l’unité de l’État, la douleur puis la joie de ses sujets lors du rétablissement
de sa santé. Comme le graveur, Tallemant proclame : « C’est maintenant que sans
trouble & sans agitation il nous est permis de considérer LOUIS plus grand encore au
milieu de tous ses maux qu’à la teste de ses armées. » Il conclut : « Veüille le Ciel nous
faire gouster long-temps les douceurs d’un si beau Regne, & les continuer long-temps
après nous […] il n’y a point de miracles que l’on ne puisse espérer pour le Prince le plus
sage et le plus parfait qui soit jamais monté sur le Throne des Rois 187
. »
143 Si dans la thèse de Rouen, le monarque est en civil, il apparaît en cuirasse dans celle de
François Bourgarel au collège d’Harcourt le 26 décembre 1695. Il s’agit maintenant de
montrer son soutien aux études scientifiques, si utiles à la guerre. À l’intérieur d’un palais,
le génie des mathématiques et ceux des arts tiennent le portrait du roi que la Renommée
couronne de laurier. À cette composition allégorique, gravée par Trouvain d’après Bon
Boullogne et Pierre Lepautre, répond l’encadrement des positions en adéquation avec le
sujet des thèses portant sur les fortifications : les six médaillons montrent les villes prises
en 1690 et 1691 par Catinat : Pignerol, Montmélian dont le candidat est originaire, Suse,
Nice, Casal 188 … Le Piémont fut occupé jusqu’au traité de Turin, signé quelques mois avant
la soutenance, ce qui fit rentrer la Savoie parmi les alliés de la France et par lequel Marie-
Adélaïde épousa le duc de Bourgogne. Montmélian fut évacué en 1697 en échange de la
destruction du fort de Pignerol. À nouveau, le bas de thèse s’avère essentiel pour saisir la
portée de l’illustration et la richesse du propos.
144 Mais le portrait n’est pas toujours nécessaire, et les étudiants en font parfois l’économie.
En 1686, pour une thèse de mathématiques soutenue au collège Saint-Jaume de
Marseille, tenu par les Jésuites, le candidat Jacques Symon (cat. 113) s’adresse au graveur
Jacques Cundier pour mettre en scène la pratique de la géométrie à travers des
expériences d’optique et l’étude du Soleil, métaphore du roi. Sur la page de titre sont
gravées sur bois les armoiries, surmontées de la couronne, sur des trophées d’armes et
deux fûts de canons en sautoir. Dans la longue dédicace en français, Symon indique que
« Tandis que le Ciel & la Terre applaudissent aux actions héroïques » du roi, il souhaite lui
offrir ces premiers travaux, dont il lui est redevable, car il a profité de l’enseignement
dispensé dans les écoles « ouvertes aux officiers de ces Armées Navales ». Il conclut en
affirmant que « ses études l’ont convaincu qu’il n’y a sur la Terre que les Vertus & la Gloire
de V[ôtre] M[ajesté] qui soient sans bornes, & que tout le mérite des autres Princes est
infiniment éloigné du sien ». La gravure de Cundier démontre cette grandeur que des
amours tentent en vain de mesurer.
145 Pour former un corps d’officiers des galères pourvus de connaissances techniques et
scientifiques, Louis XIV et ses ministres ouvrirent des écoles adaptées de marine. C’est
ainsi que l’École de construction navale de Marseille fut créée en janvier 1682, et pour
s’assurer que lieutenants et enseignes suivraient les cours, il fut décidé par une
ordonnance du 10 juin 1682 qu’ils recevraient 110 livres par mois pour les lieutenants
et 50 pour les enseignes 189
. Aussi la gravure montre-t-elle des enfants s’activant dans un
arsenal et sur des galères.
Une thèse « idéale »
146 Ainsi, les illustrateurs de thèse et leurs commanditaires font un choix parmi les
événements de la vie du roi, de la politique intérieure et extérieure du pays, des arts et
des sciences. Le Mercure galant les y aida en publiant une thèse fictive, idéale, retraçant
l’histoire du roi. Cette thèse, qui ne fut ni écrite, ni soutenue, ni illustrée, montre
l’importance du choix des sujets. C’est à l’occasion de la convalescence du roi que le
Mercure de janvier 1687 publia en près de cent pages 190 cette Histoire de Louis XIV en forme
de thèse. Un an plus tard, dans son Panégyrique historique du roi à Messieurs de l’Académie
françoise , le futur académicien François de Callières (1645- 1717) proclamait :
« Les héros ont besoin de semblables secours [celui de la plume]
Le bruit de leurs grands noms ne dure pas toujours.
Le temps qui détruit tout en efface la gloire.
S’ils ne sont bien gravés au temple de mémoire 191
. »
147 Dès le 3 juillet 1684, s’opposant aux thuriféraires excessifs, Boileau 192 avait réclamé dans
son discours de réception à l’Académie que cette histoire soit écrite avec « la naïveté du
style le plus simple » et le respect des faits :
« Lorsque des écrivains sans artifice, se contentant de rapporter fidèlement les
choses, et avec toute la simplicité de témoins qui déposent, plutôt même que
d’historiens qui racontent, exposeront bien tout ce qui s’est passé en France depuis
la fameuse paix des Pyrénées, […] quand dis-je, des plumes sincères, et plus
soigneuses de dire vrai que de se faire admirer, articuleront bien tous ces faits
disposés dans l’ordre des temps, et accompagnés de leurs véritables circonstances ;
qui est-ce qui en pourra disconvenir, je ne dis pas de nos voisins, je ne dis pas de nos
alliés, je dis de nos ennemis même ? »
148 Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour défendre une histoire sans fard, où
l’emporteraient simplicité et concision. Boileau lui-même et Racine écrivent alors dans le
Précis historique des campagnes de Louis XIV depuis 1672 jusqu’en 1678 193
, suivi vers 1691 de
la Relation de ce qui s’est passé au siège de Namur ; ils entendent respecter la chronologie et
rendre les faits avec le plus d’exactitude possible sans tomber dans le dithyrambe. Mais ils
n’y parviennent pas, puisque Louis XIV est leur seul point de mire, le seul qui agit, le seul
dont ils parlent vraiment ; aussi, comme les panégyristes qu’ils dénoncent, est-ce avant
tout le portrait du roi qu’ils brossent, et ce qu’il présente à leurs yeux d’exceptionnel, de
prodigieux et d’héroïque 194
.
149 Comme Callières et Boileau, l’auteur anonyme de la « thèse idéale », qui pourrait être
Donneau de Vizé lui-même 195
, entend retracer l’histoire du roi :
« Il ne s’agit que de marquer ce qu’a fait le Roy, sans détail, sans
raisonnement, & sans éloge, & cependant cette Thèse peut passer pour une chose
presque impossible, à cause du grand nombre d’Actions qu’elle contient. »
150 La concision est nécessaire : « si l’on y veut renfermer tout ce qu’il a fait de grand ? Pour
moy, je suis persuadé qu’il faudroit un Siècle entier, si l’on vouloit mettre dans leur jour
toutes les actions de ce monarque, & que cette Histoire pourroit [p. 12] remplir seule des
Bibliothèques ». Et de préciser que la thèse et tout ce qui y entre est écrit en français,
« parce qu’on a eu pour objet la satisfaction des Personnes qui préfèrent cette langue, que
nos Victoires ont rendue si florissante dans toutes les parties du Monde ».
L’auteur commence par une description du frontispice : 151
« Le Portrait du Roy est placé au milieu d’une Couronne de laurier, relevée de
quatorze Médailles, le tout posé sur une dépouille de Lion. Quatre grands Octogones
avec de riches bordures accompagnent le Portrait, & font voir par quatre grandes
Inscriptions la gloire du Roy dans les quatre Parties du Monde. »
Suivent quatre inscriptions qui célèbrent l’allégeance au roi des quatre continents : 152
l’Europe contrainte d’accepter la paix que lui accorde « LOUIS LE GRAND » ; l’Asie étonnée
de sa grandeur lui députe trois ambassadeurs du royaume de Siam ; l’Afrique humiliée par
la défaite de ses corsaires vient demander la paix ; l’Amérique est le théâtre des victoires
et des conquêtes du roi. Viennent ensuite
« Quartorze Médailles [qui] sont autant de Vertus ou Attributs du Roy, représentéez
par des Devises ou Emblèmes, & expliquez dans l’Exergue de chaque Médaille.
Comme les Armoiries fournissent le corps le plus naturel & la plus ordinaire des
Devises, on s’est fait icy une obligation d’en tirer quatre des Lys qui composent les
Armes de nos Rois, quatre du Soleil, qui est le symbole du Roy, & une du Coq, qui
représente la France » [p. 19].
153 Chaque exergue est précisément retranscrit. Les médailles et les devises célèbrent les
vertus du roi – sagesse, clémence, justice, libéralité, bonté, puissance, vigilance, fermeté,
force, gloire, modération, piété, bonheur et vaillance –, et permettent de tracer son
portrait. Cette importance accordée aux médailles et aux devises n’est pas propre à
l’auteur. Sous l’égide de la Petite Académie, Le Brun leur donna une place importante au
plafond de la galerie des Glaces et bientôt on les préféra aux thèses historiées pour écrire
l’histoire du roi 196
. Puis l’auteur décrit la composition de la thèse, la dédicace et son
emplacement :
« Dans le milieu de la bordure, au bas du Portrait, sont les Armes de sa Majesté
entourées [p. 24] des deux Colliers des Ordres de Saint Michel & du Saint
Esprit, & ornées de Guidons, d’Etendards, & de Trophées, qui jettent des branches
d’Olive, pour marquer la Clémence de ce Prince, qui a bien voulu donner la Paix au
milieu de ses Victoires. Il y a deux grandes Trompettes qui accompagnent la
Couronne, avec deux aisles qui s’étendent de chaque costé, pour porter les Armes de
LOÜIS LE GRAND jusques aux estrémitez du monde. Tous ces ornemens qui [p. 25]
sont le haut de la thèse, sont soûtenus d’une table d’attente, ou parement irregulier
d’Architecture d’un ordre Composite, avec sa Corniche, sa frise, son Architrave,
colomnes, Pilastres, Chapiteaux, Piedestaux & Bases. Un grand Cartouche posé sur
le milieu de la Frise, contient ces mots, A LA POSTERITÉ. Le grand Quadre destiné
pour les Theses, est échancré par le bas, & posé entre les Pilastres. Il contient
quatorze Theses ou Conclusions qui répondent. »
154 La présentation est celle des grandes thèses en deux parties, dont haut et bas sont
nettement différenciés. La comparaison avec celle de Dulion de Poinson sur la guérison
du roi (cat. 116) s’impose par la diversité des sujets représentés autour des positions. La
dédicace est identique. L’auteur passe ensuite au bas de la thèse, à l’ornement de
l’encadrement des positions :
« Dans le grand Quadre du Roy [p. 74] du costez des Theses ou Conclusions
historiques & politiques, sont marquées les principales Conquestes du Roy selon
l’ordre des années ; afin qu’on puisse les trouver tout d’un coup, & d’une seule veüe ;
en lisant les autres Actions de ce Prince Chaque conqueste a sa marque pour en
connaistre la situation selon la Geographie ; cela se trouve expliqué dans un
Cartouche posé sous le Quadre. »
155 C’est l’occasion de dresser la liste chronologique des conquêtes du roi à partir de 1658 en
précisant dans chaque pays la citadelle ou la ville conquise. Les ornements sont plus
nombreux encore :
« Les Colomnes, les Pilastres & les Festons sont enrichis de cinquante-huit revers de
Médailles qui sont autant d’Inscriptions qui marquent selon l’ordre des années, les
principales Actions du Roy, qui n’ont pas esté comprises en particulier dans les
Theses. On va les rapporter suivant qu’elles sont disposées » [p. 86].
Par exemple les édits, alliances, protections, établissement du commerce : 156
« Grands Jours d’Auvergne en 1665, le Roi qui visite ses Conquêtes en 1670 et 1683,
Alger foudroyée en juin 1683 ; de la Ville de Trèves démantelée & punie, en Juin 1684.
[…] La Révocation de l’édit de Nantes. […] Sur les festons on a encore ajouté tout ce
qui touche aux naissances et mariages de la famille royale, d’abord celle de Louis XIV,
son sacre, son mariage, la naissance de Monsieur [… jusqu’au mariage des enfants
légitimés] La Princesse de Conty, le 16 Janvier 1680 [et] le Mariage de Madame la
Duchesse de Bourbon, le 24 Juillet 1686 [ sic ]
197
. »
157 Cette description est accompagnée de la dédicace et des positions qui ont pour titre
« CONCLVSIONS. HISTORIQUES & POLITIQUES. QUESTION. Qui devez-vous estimer le plus
Grand de tous les Monarques de la Terre ? » Puis commence l’histoire du roi dont
quelques passages des quatorze propositions permettent de juger du ton général.
Chaque conclusion commence par « les paroles de la Devise » correspondante. Par
exemple, « Louis XIV. Donné de Dieu d’une maniere miraculeuse, éclaire l’Univers par les
rayons éclatans de sa Sagesse ; II. Clemence, Justice, la force »…
158 Comme dans la thèse des Minimes de Marseille en 1685 (cat. 106, voir fig. 85 ), les vertus
du monarque sont de nouveau décrites, et chaque conclusion commence par le nom de
« LOUIS LE GRAND » inscrit dans la même graphie en majuscules romaines et se termine
par « LOUIS XIV, le plus grand de tous les Monarques », « de la terre », ou « du Monde »
avec des variantes : « Le plus Sage » ; « le plus Pacifique » ; « Louis XIV est le plus Juste, le
plus Magnifique & le plus liberal » ; « LOUIS XIV vray Pere de la Patrie, est le plus
Aimable & le Meilleur » ; « le plus puissant » ; « Le plus Vigilant » ; « Le plus ferme de tous
les Monarques à maintenir les droits de sa Couronne – le plus fort » ; « la Gloire de Louis
XIV ne peut avoir de bornes, & que c’est avec justice qu’il est le plus estimé de tous les
Monarques de la Terre ? » ; « Ennemy des loüanges & de la flatterie, toûjours affable,
toûjours patient, & le plus moderé » ; « plus Pieux de tous les Monarques […] – le plus
Heureux » et enfin « celuy que vous devez estimer le plus grand de tous les Monarques de
la Terre ».
159 L’auteur expose à chaque fois ses motifs. Par exemple, il énumère pour la quatrième les
victoires, les lois, ses actions en faveur des beaux-arts, comme la création de
l’Observatoire, la protection au Journal des sçavans et au Mercure galant et aux Académies
à Paris et en province, la multiplication des écoles de droit, l’embellissement de Paris, les
arcs de triomphe, l’élargissement des rues, l’entrée à Paris en 1660, les carrousels
de 1662, 1685 et 1686, les fêtes de l’Île enchantée, les ballets, machines et la magnificence
de sa cour. La vie personnelle et familiale du monarque n’est pas oubliée : on évoque « Le
Bonheur du Roy » qui tient à sa postérité mais aussi à « son frère “selon son coeur” », la
présence de « ministres éclairés & fidèles 198 ». Preuve de la vertu morale et politique de
Louis XIV :
« Sa Vaillance ne nous fit-elle pas une frayeur sans pareille, lors qu’après s’estre
exposé à mille dangers, & à des fatigues inconcevables au Siège de Dunquerque il
demeura luy seul intrepide pendant une dangereuse maladie qui desesperoit tout
son Royaume ? Pouvez-vous sans admiration, & sans larmes penser avec quelle
grandeur d’âme Louis a souffert sa blessure du 2. Septembre 1683. & une Operation
accompagnée de douleurs aiguës 199
? »
160 Quant à sa vigilance, elle l’amène à veiller au bien-être de ses soldats, à s’intéresser à
l’éclairage de Paris, à créer les Compagnies des Indes orientales et occidentales, à
développer la puissance maritime de la France et ériger des citadelles. Justifiant sa
démarche, l’auteur remarque :
« Dans les Panegyriques de LOUIS LE GRAND, je prefere toûjours la verité toute
simple, à la figure & aux Allegories. Je suis donc entièrement persuadé qu’il suffit icy
d’establir sa gloire sur ses propres actions & sur des faits connus de toute l’Europe. »
161 Devant une telle démonstration, on pense aux mots de Pellisson dans une lettre à Colbert
en 1670 : « Il faut louer le roy partout, mais pour ainsi dire sans louange, par un récit de
tout ce qu’on lui a vu faire dire et penser 200
. » Pas plus que Boileau et Pellisson, malgré
son désir de faire oeuvre d’historiographe rigoureux, l’auteur de la « thèse idéale » ne
parvient à se détacher de l’encomiastique courtisane, mais il propose bien des sujets qui
n’ont jamais été abordés dans les thèses illustrées dédiées à Louis XIV, où on ne trouve
aucune évocation des ballets, des fêtes, des ambassades et des arrêts royaux, et pas plus,
contrairement aux almanachs, de la vie de la cour et du décor des demeures royales. Pour
représenter même en petit tout ce qu’évoque l’auteur de la thèse idéale, il aurait fallu
beaucoup plus de place que celle dont disposent les graveurs de thèse, dont l’ambition ne
fut jamais de résumer en une planche toute l’histoire du roi, mais seulement d’évoquer un
moment du règne, en général le plus récent. C’est de certaines oraisons funèbres que se
rapproche le plus cette thèse idéale et notamment celle de Louis XIV que prononça Edme
Mongin le 19 décembre 1715 à la chapelle du Louvre, en présence de ses collègues de
l’Académie française 201
. Il évoque la vie du monarque, sa naissance, ses exploits guerriers
et va des victoires de Maastricht et de Mons à la construction de l’Observatoire et des
Invalides, en passant par les édits contre les duels et la révocation de l’édit de Nantes.
Notes de bas de page
1 En 1593, la thèse du chirurgien Jacques d’Amboise mentionnée par Pierre de L’Estoile
(L’E stoile 1825, XLVI, p. 528), en 1603, une thèse soutenue chez les Jésuites de Bordeaux
(F ouqueray 1922, p. 43), en 1605 une planche de thèse de Léonard Gaultier (IFF 134),
en 1606, la thèse de Robert Fidèle d’Arimini gravée par Villamena, en 1607 celle d’Arthur
d’Épinay de Saint-Luc, gravée de nouveau par Léonard Gaultier (IFF 82) et en 1611, une
thèse de philosophie au collège de La Flèche pour commémorer la mort du roi
(F ouqueray 1922, p. 233).
2 Elles sont gravées par K. Audran, qui s’inspire de la gravure de Villamena offerte à
Henri IV (IFF 372), Chauveau (IFF 1511), Firens (IFF 43), Lasne (IFF 404, 741, 747), Léonard
Gaultier (IFF 114) et Vorsterman (Hollstein 115). La thèse des Jésuites de Bordeaux
célébrant la prise de La Rochelle est dédiée à Richelieu, avec Louis XIII à son côté (JeanÉtienne
Lasne : IFF 24 ; M eyer 1992, 1994.
3 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 5.
4 Il semble en réalité que l’essentiel de la composition revienne là encore à Le Brun (cat.
3).
o 5 M ariette , Notes manuscrites III, fol. 9 v .
6 B urke 1992, p. 49.
7 Cependant, la page de titre anonyme gravée sur bois d’une thèse de philosophie, qui
lui est dédiée au collège des Jésuites de Toulouse en 1604, montre les armoiries de France
et de Navarre au fronton d’une architecture aux colonnes torses ornées de dauphins et de
lys (Toulouse, bibliothèque municipale, fonds Périgord, Rés D XVII 218).
8 Voir Véronique M eyer , « Du bandeau au placard », dans P aris /T ours 2004, p. 36-40.
9 Gazette , 19 décembre 1645, p. 1206.
10 BNF, Mss, Clairambault, o t. XXXVII, n 1147, pièce 3946, fol. 218.
11 Voir AAE, t. CVII, le baron d’Auteuil à Chavigny, juillet 1644.
12 D u B ois- H us 1644 (BNF, Tolbiac, Ln27-4822).
13 Il écrivit plusieurs poèmes célébrant la naissance de Louis XIV : La nuict des nuicts. Le
jour des jours. Le miroir du destin. Ou La nativité du daufin du ciel. La naissance du daufin de
la terre. Et le tableau de ses avantures fortunées , Paris, J. Paslé, 1641. Voir A dam 2003,
p. 211-248. Son identité est obscure ; certains (B éguin 1999, p. 62 et H aran 2000)
attribuent tous ces ouvrages à Michel Yvon, sieur de Bois-Hus.
14 La bibliothèque Mazarine conserve l’exemplaire de dédicace (Rés. Maz 12 8 o 28288).
15 D u B ois- H us 1644, p. 15.
16 Ibid. , p. 14.
17 Ibid ., p. 12.
18 BNF, Est., Hennin, 1643 n o 3423.
19 AN, MC/ET/XXXIII, 282.
20 Le premier état montre le portrait de Richelieu : musée du Louvre, collection
Rothschild, Pf. 588 (7920).
21 Ils portent également une banderole avec ces mots : « PACATAMQVE REGET PATRIIS
VIRTVTIBVS ORBEM. »
22 Ces sentences sont en latin.
23 Sur Grégoire Huret, voir L az 2008 et G uillet et B rugerolles 1997.
24 Il s’agit des thèses de Léonard Goulas (IFF 290) et de Nicolas Petitpied (manque dans
l’IFF : bibliothèque Mazarine, Ms. 3536 pièce).
25 Gazette , 9 juillet 1644, p. 538 (cat. 11).
26 Ibid ., 1645, p. 698 (cat. 13).
27 D ubuisson- A ubenay 1883-1885, t. II, p. 98. La taille-douce n’est pas mentionnée par
M aumené et H arcourt 1932.
28 En présence de Philippe d’Anjou et de Mazarin, comme en atteste l’inscription de la
plaque funéraire des Fyot, dans le choeur de l’église Saint-Étienne, où est le cénotaphe
orné d’un médaillon montrant Louis XIV terrassant l’Hérésie. Retranscrit dans le Mercure
de décembre 1721 (p. 198-203), l’Éloge funèbre de Fyot rappelle que le roi avait assisté
aux thèses du défunt.
29 P apillon 1742, t. I, p. 233.
30 Gravure anonyme : BNF, Arsenal, fol. S. 940, t. II, fol. 45-90 ; BIUM, Ms. 76, fol. 792.
31 BIUM, Ms. 76, fol. 798 ; gravure signée du monogramme FMRS.
32 Joachim de Quincé, comte du Saint Empire, baron de Montaigu, maréchal des camps
et armées du roi participa aux sièges de Royan, La Rochelle, Casal, Pignerol. Il négocia à
Madrid le mariage de Louis XIV et y mourut en 1659. Son fils Louis, maître de camp,
général des carabiniers de France, fut aussi gouverneur de Domfront et l’un des
fondateurs du collège de la ville. La thèse est aussi mentionnée dans la Gazette (p. 521).
33 Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague … 1612, p. 69.
34 Marolles rapporte dans ses Mémoires (M arolles 1755, t. I, p. 114) : « je vis les célèbres
disputes qui se firent en divers jours au collège des Jésuites, en présence du Roi, pour les
thèses de Messieurs de Verneuil et de Moret, ses frères naturels ».
35 Notons qu’en 1486 « les docteurs de Paris, ces Maîtres en divinité, comme on parloit
alors, attiroient à leurs exercices les premières personnes de l’Etat, & le roi même. Au
commencement de 1486, un licencié, nommé Pierre Douville, faisant la Thèse appelée
Aulique, le roi Charles VIII vint honorer l’assemblée de sa présence, & c. Quand le
Roi, & tout son cortège eurent pris place dans la Salle, la Faculté fit distribuer à chacun
des assistants un bonnet de Docteur, afin qu’il y eût plus d’uniformité entre toutes les
personnes de cette assemblée » (M acquer 1768, p. 118).
36 N audé (1650, p. 11) les range parmi les pièces soutenues et raisonnées, qui
reprenaient les procédés oratoires des collèges.
37 BSG, L 4° 606 (12) inv 507 rés, p. 84 o ; M oreau 1850-1851, vol. 2, n 2953.
38 Paris, Veuve Musnier, 16 p. BSG, L. 4° 606 (14) inv. 509 ; M oreau 1850-1851, vol. 2,
o n 2950.
39 BSG, L 4° 606 (11) inv. 509 (p. 43) rés. et BHVP, 102212 ; M oreau 1850-1851, vol. 2,
n o 2951.
40 M oreau 1850-1851, vol. 2, n o 3774 ; BNF, Arsenal, 8-H-7672 (20), 12 p. Voir aussi
C arrier 1989 et J ouhaud 1985.
41 S ainct- C lément 1649, p. 1.
42 C arrier 1989, p. 381-387.
43 Ibid. , p. 393. Carrier renvoie à la lettre du 9 septembre : Mazarine, M 10096, fol.
402 o r .
44 M oreau 1850-1851, vol. 2, n o 472 ; Sorbonne, HJR 4= 95. Pièce 32.
45 Dédiée par Martin Meurisse, la thèse soutenue au couvent des Franciscains est
illustrée d’une gravure de Léonard Gaultier intitulée Tableau industrieux de toute la
philosophie morale (IFF 115). B erger 2013 et 2017, p. 1-14.
46 Il s’agit de la thèse de philosophie de l’abbé de Rancé, qui quatre ans plus tard, selon
M aupeou (1702, p. 34), lui dédia aussi sa tentative . Rien n’indique que ces thèses étaient
illustrées.
47 La thèse a été soutenue par Angel Bonaventure Moullin à Compiègne,
le 16 septembre 1674, lors de l’assemblée générale des frères mineurs. La gravure montre
l’élévation de l’Église (AN, L 1037, n o 4). Voir D umolin 1930, ill. p. 132.
48 Le retour et restablissement… 1649, p. 7.
49 Louis XIV ne fut pas le seul prince étranger à qui les étudiants à Rome dédièrent leurs
travaux. En 1651, Gotthard Franz Schaffgotsch offrit les siens à l’empereur Ferdinand III
(composition gravée par François de Poilly d’après Preti, L 355).
50 Le tableau est conservé à Versailles et reproduit par B ajou (1998, p. 110-111).
51 B rienne 1917, t. II, p. 139.
52 P etitot 1824, p. 283-285.
53 A ppuhn- R adtke 1988, p. 190-193, ill. 40.
54 IFF 158.
55 M eyer 2002, M eyer 2006, p. 260-275 et G arcia 2000.
56 H askell et P eny 1988, p. 163. Cette identification apparaît également en 1680-1685 au
fronton des écuries de Versailles sculpté par Girardon (M aral 2015, fig. 21).
57 Sur Alexandre : G rell et M ichel 1988. Ce groupe très renommé apparaissait déjà
en 1643 dans le modello de Le Brun utilisé pour la thèse. Avec L ebreton (2012, p. 277, fig.
3-4), rappelons qu’en 1640, dans le projet de jonction du Louvre aux Tuileries, Poussin,
maître de Le Brun à Rome, avait pensé intégrer des répliques en bronze des Dioscures.
Cette idée fut reprise par Le Brun en 1667 dans deux dessins pour la façade orientale du
Louvre.
58 La gravure est anonyme, sans nom du peintre ni de graveur, mais l’attribution ne fait
aucun doute.
59 « LOVYS XIV PAR LA GRACE DE DIEV ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE. » Entre autres
batailles, la gravure parut chez Balthazar Moncornet (BNF, Est., Pc 3 fol. 115, P. 11151).
60 BNF, Est., Qb 1 1656 (G 154550). « La France Triomphante soubs le Regne heureux de
Louys XIV. »
61 Décor aujourd’hui perdu, mais gravé par Simon Renard de Saint-André (N ivelon 2004,
p. 300-302, fig. 50 ; G ady 2010, p. 195-214 ; B eauvais 2009, vol. 1, p. 45).
62 Sur la cheminée, Le Brun représenta La France triomphante sur laquelle l’Abondance
versait ses fruits (G ady 2010, p. 202).
63 La date est déduite de l’âge du roi.
64 Voir B ouquet- B oyer 2001.
65 L’allégorie de l’aimant était alors en faveur chez les érudits du Collegio Romano.
C’était l’emblème de l’ Academia Parthenia à laquelle appartenait l’élite des étudiants.
Peintres et graveurs l’ont souvent illustrée. Voir R ice 1998 p. 193.
66 Voir W estrich 1972 et S arrazin 1996.
67 M. Martinet, auteur d’un portrait du roi inséré dans La galerie de portraits de
Mademoiselle de Montpensier 1860 (p. 4), était maître des cérémonies sous M. de Sainctot.
68 Portrait du cardinal par Regnesson o ; M eyer 2006, n 27.
69 F errier- C averivière 1981, p. 33-35.
70 Ce n’était pas la première fois que le portrait du roi appuyait la gloire d’un ministre.
Dans la tentative de Michel Le Vayer dédiée en 1643 à Sublet de Noyers, le secrétaire d’État
n’est évoqué que par ses armoiries et des sceaux, alors que Louis XIII apparaît en buste à
la porte du palais (VM 272).
71 Selon Mariette ( Notes manuscrite s, vol. 6, fol. 265), la mort de Mazarin fit ajourner la
soutenance.
72 M eyer 2006, n o 41. De la thèse on ne connaît que les positions.
73 Voir G ady 2010, p. 206-207, ill. 125 et 404.
74 La galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier 1860, p. 7-10.
75 M eyer 2006, n o 41.
76 Sur ce sujet, voir J anczukiewicz 2005.
77 Elle est identique à celle de la thèse de Fyot (cat. 15) soutenue à Dijon en 1650, ce qui
conforte l’idée d’un respect imposé de l’original.
78 P aris /T ours 2004, n o 292.
79 Ce vers fut aussi utilisé pour Louis XIV encore Dauphin dans la thèse des Carmes
dessinée et gravée par Grégoire Huret en 1644 (cat. 10), et bien avant à la gloire de
Charles Quint et de Philippe II.
80 Selon Nivelon, ils symbolisent « le doux repos et la tranquillité que le mariage de sa
Majesté a donnés au peuple et aux arts, qui ont repris une nouvelle naissance par la
Paix ».
81 M énestrier 1662, p. 129, ill. ; L avin 1987, p. 449 et ill. 31, p. 476.
82 M énestrier 1662, p. 129.
83 Ibid . et R ome 1988, p. 126-127, fig. 2. L’idée des colonnes historiées fut reprise
en 1689 dans une gravure de Pierre Lepautre montrant la statue du roi sculptée par
Coysevox dans la cour de l’hôtel de ville de Paris (IFF 225).
84 Le même parti sera choisi pour un portrait gravé en Allemagne
entre 1683 et 1686 (cat. 99) ; la peau du lion qui surmonte les positions est posée sur deux
cornes d’abondance, à gauche chargée de fruits, à droite de joyaux et de couronnes, pour
prouver encore que Louis XIV ramène la prospérité.
85 N ivelon 2004, p. 456.
86 T ours /T oulouse 2000, R.9, localisation inconnue.
87 N ivelon 2004, p. 458-459. Rappelons que Nivelon écrit après la mort de Le Brun pour
défendre sa mémoire.
88 Mercure galant , décembre 1692, p. 277-278.
89 M ontpellier /S trasbourg 2000, n o 268, II, p. 382. La composition est gravée par
Nicolas Pitau (1632-1671).
90 Cette expédition ne fut pas un succès. Trois mois après la prise de Djidjelli,
actuellement Jijel en Algérie, la peste et les attaques des Turcs forcèrent les Français à
rembarquer. Voir B achelot 2011.
91 Selon le père Lelong, en 1662 ou 1663, le comte de Saint-Pol aurait lui aussi dédié
une thèse où l’on voyait Louis XIV avec Saint Louis et des anges. Dans le doute, cette thèse
n’a pas été intégrée au catalogue, d’autant que les erreurs de Lelong sont nombreuses.
Voir T ruchet 1962, p. 35.
92 Une autre thèse dessinée par Chauveau et gravée par Nicolas de Poilly (ann. I. C-2) lui
fut sans doute dédiée ; elle le montre mi-corps, la couronne royale sur la tête, en camail
d’hermine, le collier de l’ordre du Saint-Esprit autour du cou, tenant un rameau d’olivier en
guise de sceptre, dans un médaillon maintenu par Apollon qui le remet à la France ; le
génie de la peinture le désigne, des putti incarnant les arts libéraux travaillent à sa gloire,
des hommes et des femmes dansent devant le temple où Vulcain lui forge des armes.
93 F illeau de L a C haise Nicolas, 1688, Histoire de S. Louis divisée en XV. Livres , Paris, J.-B.
Coignard (citations tirées de l’« Epistre »). Ce livre connut un grand succès. Il était prêt
depuis longtemps et l’auteur regrette qu’il n’ait pas « paru aussitôt que je l’aurois
désiré, & cela devoit peut-estre m’ôter la pensée de vous l’offrir ». Ces propos laissent
supposer que la conception du projet est contemporaine de cette thèse.
94 Le culte de Saint Louis connut une grande ferveur dans la seconde moitié du
xvii e siècle. Voir L andry 1982.
95 J oinville Jean de, 1668, Histoire de S. Louis IX , Paris, S. Mabre-Cramoisy. Au-dessus de
l’épître, un bandeau gravé par Karl Audran (IFF 328) d’après Chauveau montre Louis XIV
en Apollon sur son char face à la Justice, avec au bas la devise Nec pluribus impar .
96 Une édition de l’ Histoire de Joinville avait été dédiée à Louis XIII en 1617.
97 Z oberman 1991, p. 49-55.
98 IFF 192.
99 IFF 192. Voir aussi la thèse de Louis Tronson soutenue en 1640 (cat. 5), où Louis XIII
et le futur Louis XIV montrent une même vénération pour leur ancêtre.
100 Lille le 27 août 1667, Douai le 26 juillet, Tournay le 21 juin, Oudenaarde le 30 juillet,
Courtrai 19 juillet…
101 Le premier relief montre le roi vêtu à la romaine à cheval sur un champ de bataille,
le second sur son trône recevant allégeance des vaincus.
102 Paris, S. Mabre-Cramoisy, 1668.
103 M eyer 2011, p. 229-249.
104 Voir F errier- C averivière 1981, p. 57.
105 M eyer 2013.
106 On retrouve le même visage juvénile allongé, à la lèvre finement soulignée par une
moustache.
107 Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. 18826,
recto. Voir R ouen /L o e M ans 2001, n 68, p. 132.
108 VM 318.
109 Qui fut gravé par Sébastien Leclerc en 1669 (IFF 884).
110 F élibien 1689, p. 75 et suiv. Voir notamment D émoris 1978 et S abatier 2000.
111 Voir Z oberman 1991.
112 Sur ce sujet, voir G rell et M ichel 1988, notamment p. 76-77.
113 IFF 630-644 ; les paiements sont attestés par les comptes des Bâtiments du roi
de 1685 à 1698 mais Leclerc commence ses dessins dès 1683.
114 Voir F aille 1999.
115 B oureau 1987.
116 J acquiot 1968, t. II, p. xci .
117 Mercure galant , août 1679, p. 330-333.
118 Sur les deux attitudes du roi à cheval, voir D elaplanche 2013, p. 80. Cette allure où le
cheval soulève ses antérieurs symbolise la charge qui a disparu dans les faits mais reste
l’un des symboles de l’héroïsme royal.
119 Voir Z oberman 1991, p. 116 et suiv.
120 Voir notamment, C ornette 2000 et D elaplanche 2013.
121 La situation allait devenir catastrophique. La Compagnie des Indes orientales créée
en 1664 dut céder en 1682 une partie de ses privilèges et la compagnie du Sénégal créée
en 1673 réussit tant bien que mal à survivre. P etitfils 2002, p. 404.
122 Musée des beaux-arts d’Arras. Voir C oquery 1997, ill. 23.
123 Voir T sikounas 2008, n o 26.
124 Voir le texte en partie retranscrit dans le catalogue (disponible en ligne sur [http://
chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/collection-aulica/
coll-aulica-no10-pour-la-plus-grande-gloire-du-roi-louis-xiven-theses.html] et [http://
www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4364]).
125 D elaplanche 2013 et 2011.
126 Mercure , août 1692, p. 183-194.
127 La gravure est également commentée dans Le Journal des sçavans ,
8 septembre 1692, p. 419-420, 613-614.
128 Mercure galant , septembre 1680, p. 279-290.
129 Voir M eyer 2011.
130 Z oberman 1991 (p. 171) retranscrivent le texte en entier.
131 Ibid ., p. 173-174.
132 Ibid ., p. 166.
133 L ouis XIV 1992, p. 66, cité par C anova- G reen 2014, p. 40.
134 L ignereux 2016, p. 255-268
135 Z iegler 2013.
136 S abatier 1999, p. 402-403. Sur les prétentions des rois de France à l’Empire, voir
H aran 2000.
137 Lors du baptême de Clovis, la colombe aurait apporté la Sainte Ampoule qui servit
depuis au sacre des rois de France.
138 Voir C abanel et P oton de X aintrailles 1994 ; G arrisson 1985.
139 BNF, Est., Hennin, 4572. La gravure a pour titre Le bouclier de la Foi , inscrit sur un
phylactère au-dessus des armes royales placées dans un globe entouré de rameaux
d’olivier. P aris 1985.
140 L oire 1993, p. 51, n o 51.
141 Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savans de l’Europe , vol. 29, juillet-aoûtseptembre
1742, p. 207. Propos repris dans B erton 1857, p. 1407 et dans F eller 1851, t.
III, p. 490. Voir aussi F aucher 1777.
142 Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages… 1854, t. I, p. 66.
143 H einecken 1778-1790, t. III, p. 413.
144 S aint- S imon 1982-1988, t. II (1701-1707), p. 664.
145 T orrilhon 1980, p. 261.
146 Gazette , 15 février 1687, p. 11.
147 Voir S abatier 1999 p. 497-502 et L afage 2015.
148 Description des tableaux … 1687, s. p.
149 Voir [http://www.quinault.info/Home/l-oeuvre/poesies-diverses/poeme-sur-lheresie].
Pour le livret il reprit les vers (26 à 35) de son poème. Recueil de pièces choisies ,
manuscrit, BNF, NAF 18.220, fol. 82 v°-87 o r .
150 Musée du Louvre, département des Arts graphiques, inv. 26032 et ENSBA, Ms. 30.
Le dessin de l’ENSBA montre La Vérité et la Foi triomphant de l’Hérésie et de l’Impiété . Voir
L afage 2015.
151 Dans la gravure, ils sont remplacés par un globe terrestre.
152 Voir la description du Mercure de janvier 1687 (p. 197-199) et le Panégyrique du roy
sur la destruction de l’Hérésie , prononcé le 17 décembre par le père Quartier, jésuite au
collège Louis-le-Grand. Voir aussi Le J ay 1687. Sur ces décors, A dams , R awles et
S aunders 1999-2002, t. II, p. 193 et L oach 1995.
153 M ichel et L ichtenstein 2007. S abatier (1999, p. 400-401) remarque que les allusions
aux protestants sont rares dans le salon de la Paix et se rattachent au rachat de
Dunkerque, dont le sujet est aussi retenu dans la thèse d’Amelot en septembre 1663 (cat.
42).
154 Pour ces oeuvres voir T ours /T oulouse 2000 : 28 décembre 1682, Claude-Guy Hallé,
Rétablissement de l’Église catholique à Strasbourg sous Louis XIV (R. 127, localisation
inconnue) ; 27 septembre 1687, Guy-Louis Vernansal, Allégorie de la révocation de l’édit de
Nantes avec le portrait de Louis XIV (R. 135, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6892),
et 29 novembre 1687, Simon Guillebault, Triomphe de l’Église catholique (R 136, dessin
préparatoire, musée des beaux-arts de Rennes, exp. n o 71).
155 Voir plus haut re 1 partie, chap. III.2 du présent ouvrage.
156 1685, p. 25-33.
157 J urieu 1689, p. 7-8.
158 Il était exilé en Hollande depuis 1685 pour son libelle de La politique du clergé de
France .
159 J urieu 1689, p. 13.
160 W ellwood 1691-1693, vol. 1, p. 193.
161 P ellisson- F ontanier 1671, p. 200.
162 F aydit 1710, p. 200-201.
163 Il se trompe sur la date de la soutenance qu’il fixe en 1687.
164 B ossuet 1836, article IV « Ce que c’est que la Majesté », p. 208. Voir T ruchet 1962,
p. 296-297.
165 Sur cette question, voir Z oberman 1991, p. 54-57.
166 R obinet de S aint- J ean , 22 mai 1667, t. II, p. 849.
167 Le recteur, chef de l’université, a le pouvoir de faire arrêter les thèses et les leçons. Il
préside le tribunal de l’université composé de trois doyens des facultés de théologie,
médecine et droit, de quatre procureurs des nations et a rang après les princes du sang
dans les cérémonies (voir notamment L e F èvre 1750, p. 11-13, et M ousnier 1974,
p. 350-355).
168 Mercure galant , octobre 1685, p. 32 et suiv.
169 R anuzzi 1973, p. 588-589, cité par G rès- G ayet 2002, p. 311.
170 D angeau 1854-1860, t. I (1684-1686), p. 236.
171 Mercure galant , septembre 1688, p. 247-258.
172 Selon A uber 1884, vol. 1, p. 205.
173 M eyer 1988, n o 35, 3 e état.
174 R ouault de L a V igne 1933.
175 J arnoux 2010.
176 M eyer 2002, p. 216-222.
177 S aint- B onnet 2010.
178 M eyer 2002, p. 219, ill. 103.
179 Ibid ., p. 222-225.
180 La construction en avait été achevée en 1655. On remarquera la fidélité de la
gravure : l’escalier qui apparaît au centre de la façade a été supprimé en 1724, lors de
l’aménagement de la place par Jacques Gabriel (A ndrieux et al. 1994, p. 3-52).
181 Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne … 1690.
182 Cette explication est signalée par P alys 1890, p. 219-220.
183 L’auteur en est le numismate Louis Douvrier.
184 P erez 2003.
185 Mercure galant , février 1687, p. 99-101. L’auteur détaille chaque élément de la
composition et retranscrit les inscriptions.
186 Z oberman 1991, p. 201-215.
187 Ibid ., p. 213, 215.
188 Le 13 novembre 1690, Catinat avait pris Suse, le 21 décembre 1691 Montmélian,
le 2 avril Nice, qui fut aussi rendue à la Savoie par le traité de Turin.
189 L aforêt 1861, p. 152.
190 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98.
191 C allières 1688, Epistre au roy , p. 8.
192 Il était historiographe du roi depuis 1677. B oileau 1868, p. 409.
193 Il ne fut publié qu’en 1730 à Paris chez Mesnier.
194 Voir F errier- C averivière 1981, p. 206-212.
195 Jean Donné de Vizé (1638-1710), fondateur du Mercure galant en 1672, y publiait
l’histoire du roi en annexe depuis 1684. Il est l’auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de
Louis le Grand (1697-1703, 10 volumes), qui lui valurent le titre d’historiographe du roi et
un logement au Louvre. Les citations proviennent de : Mercure , janvier 1687, t. I, p. 8-98,
« Histoire du Roy ».
196 Voir J acquiot 1968.
197 Contrairement à ce que suggère cette « thèse idéale », la famille royale n’apparaît
pas dans les thèses dédiées à Louis XIV.
198 Mercure galant , 18 novembre 1686, p. 67.
199 Ibid ., janvier 1687, p. 69.
200 Cité dans M arin 1981, p. 49-107.
201 A ssaf 1999, p. 111.
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VII. L’histoire du roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Troisième partie. Le roi, son histoire e... Chapitre VIII. Le portrait du roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VIII. Le portrait du roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Chapitre VIII. Le portrait du roi
p. 251-291
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Le portrait physique : du visage au costume
livre
1 L’illustration de la « thèse idéale » propose un portrait en buste du roi accompagné
d’attributs allégoriques : peau du Lion de Némée, globe, trompettes… Un simple regard
jeté PDF à ses portraits gravés permet de constater que les artistes se sont conformés à cette
Table des matières conception. Hormis celui de Claude Lefebvre gravé en 1670 par Pitau et Edelinck pour la
thèse de Coëtlogon (cat. 66), tous les portraits du roi qui figurent dans les thèses le
Citer montrent en buste, dans un ovale. Trois présentations ont été utilisées : soit l’ovale se
détache sur un fond neutre, soit le fond est orné de devises ou d’objets symboliques, soit
Partager l’ovale est accompagné de figures allégoriques. Le plus souvent les positions sont PDF du
dépourvues d’ornement. chapitre
Plan Le visage
2 Avant Suggérer le règne personnel, au moins trois portraits furent utilisés pour des thèses. Le
Plan détaillé l’acquisition à premier, gravé vers 1650 par Michel Lasne, montre le jeune roi assis sur son trône (cat.
Texte intégral votre bibliothèque 16). Le second est celui que Loménie de Brienne (cat. 18) commanda à Sébastien Furck
Le portrait physique : du visage pour sa thèse soutenue à Mayence en 1652 ; le jeune roi est représenté en buste et en
Le portrait moral dans les sujets armure dans un ovale placé devant des trophées militaires. Le troisième, gravé Acheter
Les vertus en 1660 par Nicolas de Poilly d’après Perroteau pour la thèse de philosophie de Monchy
d’Hocquincourt (cat. 29, fig. 91 Édition Le portrait en buste : attributs ), figure le roi dans une couronne tressée de lys, avec une
imprimée
Notes de bas de page préciosité qu’on ne retrouvera plus. Les rubans sur les épaules, la dentelle des manches
bouffantes, la petite bouche aux lèvres en coeur qui marque un léger prognathisme, la Presses
perruque en boule, tout concourt à cet effet. Il évoque celui que brosse Martinet dans La universitaires
Aller en haut de page
de Rennes galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier […] dédiée à son altesse royale Aller en bas de page
Mademoiselle 1
: amazon.fr
decitre.fr
« Ses yeux sont aussi brillants que ceux d’Auguste, et aussi perçants, mais ils ne sont
mollat.com pas si rudes, et ses paupières qui les couvrent, la clémence qui les tempère, les
leslibraires.fr
rendent semblables à la clarté du soleil, qui dissipant une petite nuée, fait paroître
placedeslibraires.fr
1 Commseesn caégsr éaebn le1s65 7r, aycoens s,po rqtruaei tsl a fvuureen ta urtéurneims enent 1n6e5 9 popuarr roJeiatn sSuepgrpaoirst,e rg.e n»t ilhomme lcdpu.fr
ordinaire« Sdoe n Mavdiesmagoei,s elsulre ldeeq uMeoln tlpa enpsetiietre. vIélsr oolnet éa tél aipsusbél iéqsu eeln qu1e73s5 làé glaè rseusit e madersq uMeémso idree s la de
Mademoispeulilses adne cMeo nqtupee nslieesr ma(Ml aodnitepsen seixere rc1e74n6t, scaitnast iodniss tpi.n c6t ieot n1 0)s.u r toute sorte de sujets, n’a ePub / PDF
2 L. 122r,i en1 23e,m p1o24r.t é de la vivacité de son teint et de cette couleur de la vertu que la pudeur
3 Un portrait peint par Pierre Mignard et gravé cette même année par François de Poilly (L. 396)
a conservée tout entière, et n’a servi qu’à fortifier ses traits qui eussent peut-être été
montre tler orpo i daévleicc atusn e pocuourr teu n pecroruurqaugee en boule atteignant à peine la naissance des épaules. si mâle ; et donner une beauté de héros à un Roi qui
4 Peint pour célébrer la prise de Namur, le tableau est conservé au château de Versailles,
commande des peuples ou la mort d’Adonis ne sera jamais pleurée. »
MV 2032.
5 Il en est ainsi en 1676 dans la thèse de Pellot (cat. 81), en 1668 dans celle de Seignelay (cat.
3 Ce portrait jette les bases d’un nouveau type de présentation. Cantonnant l’ovale, quatre
devises soulignent la grandeur, les vertus et la puissance quasi divines du roi. Complétant
le portrait physique par un portrait moral, les médaillons présentent un guerrier à la
romaine accompagné d’un génie témoignant de sa valeur ; rappelant le traité des
Pyrénées, un miroir incendiaire reflète la lumière du soleil, qui souligne que le roi est la
main de dieu. Deux grenades sont enlacées par allusion à son mariage et enfin un phénix
renaissant de ses cendres marque sa nature héroïque. L’expression de Louis XIV et les
devises rappellent aussi les propos de Martinet :
« Il n’y a jamais eu dans un même sujet tant de courage sans vanité, tant de justice
sans sévérité, tant de prudence sans art, tant de retenue sans austérité ; et c’est dans
cette âme tout accomplie que l’on recognoit que la magnanimité comprend
ensemble toutes les élévations d’une grandeur héroïque et toute la modération
d’une puissance qui se tempère elle-même pour agir plus doucement sur toutes les
choses qui lui sont soumises. »
4 Pour les thèses, on recense soixante-deux portraits de 1660 à 1695, dont trente-deux
dépourvus d’ornement, vingt-deux entourés d’attributs ou d’enfants et huit intégrés dans
des compositions allégoriques. Les modèles sont peu nombreux. Ainsi, le portrait peint
par Le Brun avant 1663 sert à Van Schuppen de 1663 à 1668, puis à Masson en 1679 et à
Picart en 1682, et celui que peignit Nicolas Mignard vers 1662 fut utilisé par Nicolas de
Poilly pour trois gravures 2
. Ces deux portraits, joints aux pastels de Nanteuil, sont très
proches et restent une référence pour l’image officielle du roi jusqu’en 1680. On
remarquera cependant que l’expression un peu sévère du début, telle qu’elle apparaît
sous le pinceau de Nicolas Mignard (cat. 31, fig. 90 ), devient ensuite plus avenante.
5 Dans le portrait du roi de 1660 peint donc par Perroteau après la maladie qui faillit
l’emporter (cat. 29, fig. 91 ), les cheveux sont remplacés par une perruque dont la forme
évolue avec le temps. C’est ici la seule qui soit en boule, courte dans le dos et plus longue
devant 3
. Mais comme l’indique Martinet, dès 1661 elle va s’allonger :
« Ses cheveux ont été nouvellement sacrifiés à sa santé, dans une maladie presque
désespérée. Et quoique la nouvelle invention de se servir de cheveux vifs ait fait
quitter à plusieurs personnes leurs propres cheveux, qui paroissaient assez
raisonnables, pour en prendre d’emprunt, et qu’on ait employé tous les soins
possibles pour lui en choisir des plus beaux, on reconnoit clairement que ce n’est pas
l’ornement naturel de cette tête sacrée… »
F igure 90. – Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Emmanuel de Guénégaud
de Montbrison, abbé de Brienne (détail), 1661.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 124.94 KB )
6 Comme Beaufrère et Nicolas de Poilly, Nanteuil modifie ses portraits d’année en année.
Les cheveux sont quelquefois un peu ébouriffés, comme dans la thèse de 1659, où le roi
est sur son char de triomphe (cat. 25), et celle d’Amelot en 1663 où il conduit le vaisseau
de l’État (cat. 42). En 1667 dans celle de l’abbé de Bouillon, où Louis XIV est figuré sur un
bouclier tenu par l’aigle de Jupiter (cat. 60, fig. 92 ), et dans les portraits gravés
de 1660 à 1664 par Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau (cat. 29) et Nicolas
Mignard (cat. 34, 39, 50), sa longue perruque lui tombe sous les épaules et se termine par
des boucles en rouleaux plus ou moins longues et individualisées, comme chez Nanteuil
en 1664 pour la thèse de l’abbé de Choisy (cat. 44). Ces boucles tendent à disparaître à
partir de 1668, comme dans le portrait gravé par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard
(cat. 62). Il n’en reste plus en 1670 dans celui gravé par Pitau pour l’abbé de Coëtlogon
(cat. 66). De toute évidence, François et Jean Quentin, perruquiers de Louis XIV, aiment ces
variations, qui nous permettent de dater approximativement ses portraits.
F igure 91. – Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau, Tèse de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt (détail), 1660.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 154.25 KB )
F igure 92. – Gilles Rousselet et Robert Nanteuil d’après Charles Le Brun, Tèse
d’Emmanuel-Téodose de La Tour d’Auvergne (détail), 1667.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 111.17 KB )
7 Les boucles en rouleaux réapparaissent discrètement en 1676 sur le portrait gravé par
Nanteuil pour la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), et se multiplient cette même année,
composant entièrement la coiffure du roi dans le portrait allégorique gravé par François
de Poilly pour Claude-François Pellot (cat. 81). L’année suivante, il ne lui reste qu’une seule
boucle très longue qui lui descend sur la poitrine dans la Tèse de la Guerre gravée pour
Jacques-Nicolas Colbert (cat. 84). Cette même année dans le portrait peint par Le Brun et
gravé par Simon, deux longues mèches de chaque côté sont nouées sans ruban et
tombent sur la poitrine (cat. 82) ; cette coiffure se retrouve en 1679 (cat. 90) et 1682 (cat.
98, fig. 93 ) dans l’interprétation que Masson et Picart donnent, eux aussi, de ce portrait.
Dans la thèse des frères d’Aligre (cat. 89), gravée par Nanteuil et terminée par Edelinck
en 1679, les lourdes boucles sont de retour. Elles sont encore de mise dans le portrait
dessiné et gravé par Cossin (cat. 91), et en 1686 dans celui qui apparaît sur le bouclier de
l’Église catholique dans la thèse de la Religion gravée par Edelinck (cat. 100, fig. 94 ). La
grande mèche en rouleau ne disparaît pas, et se voit en 1682 dans le portrait peint par
Paillet et gravé par Picart, et en 1687 sur la réédition de l’estampe de Rousselet d’après Le
Brun montrant le roi sur un bige tiré par la Sagesse et la Prudence (cat. 20).
F igure 93. – Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?), Tèse de Louis
de Lorraine , 1682.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 162.6 KB )
8 À partir de 1686, la perruque s’élève et est nettement partagée en deux par une raie
centrale. Les lourdes boucles, plus ou moins roulées, et nombreuses au bas de la
chevelure ondulée, sont toujours à la mode, et apparaissent dans le portrait de Le Brun
gravé par Edelinck pour le Triomphe de la Religion (cat. 100), sur la thèse de Jean-Thomas
Hue de Miromesnil (cat. 118), d’après Jacob Ferdinand Voet en 1687, et sur celle de Dulion
de Poinson (cat. 116) la même année par Gantrel pour célébrer la guérison royale. Elles se
voient encore en 1688 sur la thèse de Séraphin Crouzeil (cat. 120) dessinée par Sevin, et
en 1695 sur celle de François Bourgarel, d’après Bon Boullogne (cat. 129), ce qui
correspond à l’image officielle du roi telle que la définit le portrait équestre peint par
Pierre Mignard en 1692 4 et celui de Martin des Batailles pour la thèse de l’abbé Van der
Meulen (cat. 103).
9 De 1663 à 1680, une frange plus ou moins dense couvre le front royal. Légère, laissant
deviner la peau dans les années 1668-1670, elle est répartie en une succession de
mèches. Ensuite, elle est parfois plus fournie et plus bouclée. La décennie
1680-1690 laisse au roi le front libre et sa frange tombe souvent en longs rouleaux 5
.
10 Nues jusqu’en 1663, les lèvres du roi sont ensuite soulignées d’une fine moustache, très
courte en deux parties distinctes, qui n’est plus bipartite dans le portrait de 1668 gravé
par Nicolas de Poilly d’après Mignard (L. 122). En 1667, dans ceux de Nanteuil, les pointes
sont presque à l’horizontale ; en 1669 et 1670, dans les portraits gravés par Nanteuil et
Pitau d’après Lefebvre, elles sont relevées et cirées ; elles redeviennent presque
horizontales en 1676 dans la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78) et en 1677 dans celle de
Brûlart de Sillery gravées par Nanteuil (cat. 83), pour le rester dans la plupart des portraits
jusqu’à 1692 6
. Mais en 1684 (cat. 102) et en 1692 (cat. 128) dans les thèses de la famille
Louvois dessinées par Mignard et gravées par François de Poilly, Louis est complètement
glabre. S’il en est de même en 1687 dans le portrait gravé par Van Schuppen d’après Voet
(cat. 118, fig. 95 ), on ne peut en dire autant pour celui de Gantrel pour Dulion de Poinson,
paru la même année (cat. 116). Ainsi le poil du roi paraît varier, selon son goût ou celui de
son barbier et de son perruquier. En 1682, dans la thèse de Louis de Lorraine gravée par
Picart d’après Paillet (cat. 98), ses moustaches sont courtes, nettement séparées et
retroussées vers le haut, son front est dégagé en pointe jusqu’au sommet et la perruque
retombe du côté droit en de très lourds rouleaux sur les épaules et dans le dos, comme
c’était le cas pour la Tèse de la Guerre en 1677 (cat. 84) et celle de Gabriel-Joseph d’Estrades
en 1679 (cat. 90).
F igure 94. – Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Triomphe de la Religion, thèse de
l’abbé de Polignac (détail), 1683-1686.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 157.07 KB )
F igure 95. – Pieter Van Schuppen d’après Jacob Ferdinand Voet, Tèse de Jean-Tomas
Hue de Miromesnil (détail), 1687.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 84.64 KB )
11 Malgré ces différences, les peintres et graveurs sollicités pour les thèses proposent une
image où « réalisme et sublimation bien tempérée 7 » se mêlent pour donner l’image du
prince parfait où, comme le recommande Roger de Piles, le naturel vient corriger avec
« beaucoup de discretion » les défauts tout en respectant le plus possible l’exactitude dans
l’imitation du visage, en veillant à ne jamais oublier « le bon air, ni la bonne grace », et à
rechercher le « moment avantageux 8 ». Pour Roger de Piles, le portrait doit montrer le
« Roi invincible environné de Majesté 9 ». Pour Félibien, il doit avoir « belle mine » car la
beauté « attribut du pouvoir » en impose à ses sujets autant qu’à ses ennemis : le prince
se doit d’être beau et l’exacte ressemblance est secondaire 10
. Comme le remarque Stanis
Perez, l’image du souverain devait contenir un peu de la majesté du roi vivant : regard
sévère et port majestueux, à la française, imprégné du modèle des héros antiques ; rien
ne paraît jamais de la petite vérole dont Louis a été marqué dans sa jeunesse. Si le roi
vieillit beaucoup plus vite que ses portraits, où l’empreinte du temps est atténuée, les
thèses ne permettent pas vraiment d’en juger, car après 1696 les portraits du monarque y
sont beaucoup plus rares.
12 Avare de son temps, Louis XIV n’accordait à ses portraitistes que de rares séances de pose
et ils devaient le plus souvent se contenter d’actualiser à la dérobée un ancien portrait
pour en composer un nouveau. Le roi cautionnait cette pratique. Selon Tempesti 11
, à
Nanteuil qui lui demandait de poser pour un nouveau portrait destiné à la thèse des
frères d’Aligre (cat. 89), Louis XIV aurait répondu : « Hé ! Ne pouvez-vous donc vous servir
de ceux que vous avez déjà peints ? Votre Majesté, répliqua Nanteuil, a changé quelque
peu et comme j’ai le plus grand désir de faire un portrait tout à fait ressemblant, je ne puis
faire autrement que de la prier de me faire cette nouvelle faveur. » N’étant pas parvenu à
obtenir des séances assez rapprochées, Nanteuil dut retoucher un pastel de 1676.
Cependant, le roi était soucieux de son image, comme en attestent les modifications
incessantes de sa coiffure et de la coupe de ses moustaches, et aussi le choix d’un nombre
réduit de peintres, avant tout Le Brun puis Nicolas et Pierre Mignard, et de graveurs,
comme Nanteuil, Cossin et Simon, pour qui il accepta de poser. La qualité remarquable
des effigies du roi gravées pour les thèses est une autre preuve de son attachement à son
image ; exécutées par les artistes les plus célèbres, elles sont à l’origine de la diffusion de
ce portrait idéal souhaité par Félibien et Roger de Piles et servirent de référence à tous
ceux qui ne purent l’approcher 12
.
Le costume
13 Qu’il s’agisse de simples portraits ou de compositions historiées, le roi est fréquemment
représenté de trois quarts à gauche, sauf dans la thèse italienne de 1681 qui le montre de
profil (cat. 94). Dans les simples portraits, il regarde directement le spectateur, sans
sourire mais avec douceur, bonhomie et sans arrogance comme par exemple dans la
thèse de Pellot (cat. 81) gravée en 1676 par François de Poilly d’après Pierre Mignard. Il est
parfois plus sévère, comme dans les portraits gravés d’après Nicolas Mignard en 1661 par
Van Schuppen (cat. 32) et en 1663 par Nicolas de Poilly (cat. 39).
14 Alors qu’en général il est en armure avec un col de dentelle et une écharpe en sautoir,
en 1662 il porte un camail d’hermine dans les portraits peints par Nicolas Mignard et
Nanteuil, pour les thèses de Clermont-Tonnerre (cat. 34) et de Vallet (cat. 35). La dédicace
gravée dans celui de Mignard, de part et d’autre des armoiries royales, ne laisse aucun
doute sur le sens de la représentation : « Ense prius Martis, Temidis nunc ense » (« D’abord
avec l’épée de Mars, maintenant avec l’épée de la Justice »). En 1653-1654, dans la Tèse du
roi en sa jeunesse (cat. 20), célébrant le pouvoir royal rétabli, Le Brun représenta l’enfant roi
ainsi vêtu sur un bige. En 1661, dans la grande allégorie qu’il composa pour l’abbé de
Bouillon (cat. 33), il figura le roi sur un char, vêtu à la romaine sous son costume de sacre,
pour proclamer sa puissance absolue. Après 1663, son pouvoir n’étant plus à démontrer à
l’intérieur du royaume, le camail tend à disparaître. On le trouve une dernière fois dans un
portrait gravé (cat. 39) par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, où il est encore
associé au manteau fleurdelisé et au collier de l’ordre du Saint-Esprit, dont le roi porte
l’habit ; sur le piédestal au bas de l’estampe, on voit aussi le roi en camail présider le lit de
justice du 27 février qui enregistra le traité par lequel le duc de Lorraine lui cédait ses
états 13
. Il faudra le retour en grâce du parlement de Bretagne (cat. 127) pour que le
camail et le manteau de sacre réapparaissent pour confirmer l’autorité royale.
15 Dans la plupart des portraits et des grandes allégories, Louis XIV apparaît donc avant tout
en armure. Alors qu’en général, elle couvre la totalité du bras, dans le portrait peint
en 1660 par Georges Perroteau (cat. 29, voir fig. 91 ), elle s’arrête à l’avant-bras, laissant
voir une chemise blanche. Par exception, dans le portrait gravé avant 1677 pour Simiane
de Gordes (cat. 82), une veste à ramages apparaît sous la cuirasse. La thèse de Dulion de
Poinson, qui célèbre en 1687 le rétablissement de sa santé (cat. 116), fait aussi exception,
car Louis XIV y porte une veste à ramages fermée par une cravate de dentelle.
16 La cuirasse est en général égayée par un col de guipure empesé avec des pompons à
glands, qu’on trouve dans la plupart des portraits entre 1660 et 1668 14
. Ce col cède la
place à une cravate de dentelle entourée de rubans en 1670 dans la thèse d’Yzoré
d’Hervault (cat. 68) sous le burin de Nanteuil. Le motif de la dentelle est large mais fondu,
essentiellement fait de feuillage, dont les jours renforcent l’effet illusionniste ; les
feuillages sont variés et mêlés à des fleurs 15 comme dans le très élégant portrait de
Lefebvre gravé par Pitau (cat. 66), où le roi est représenté la même année à mi-corps,
ganté et appuyé sur une canne. Plus de rubans, mais une cravate de fine dentelle, nouée
délicatement et tombant en éventail au-dessus de la poitrine, comme dans la thèse de
l’abbé d’Harcourt (cat. 67), dessinée et gravée en 1670 par Nanteuil. La cravate s’agrandit
et occupe toute la largeur du buste. Les pompons et les noeuds disparaissent, notamment
en 1676 dans la thèse d’Antoine d’Aquin (cat. 78), en 1678 dans celle d’Anglure de
Bourlemont par Nanteuil (cat. 85), et en 1682 dans celle de Jean Poisson par Cossin (cat.
97). Au double ruban aux noeuds à deux boucles de la thèse de l’abbé de Lorraine, gravée
en 1682 par Picart d’après Paillet (cat. 98), succèdent des rubans à plusieurs boucles,
comme dans celle de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil en 1686 (cat. 112), avec à chaque
fois une longue cravate de dentelle tombant sous la poitrine.
17 Dans les grandes thèses allégoriques, où il apparaît en pied ou à cheval, Louis XIV est en
général vêtu à l’antique. Il en est ainsi en 1661, 1663, 1668 et 1677 dans celles de l’abbé de
Bouillon, d’Amelot, de Colbert de Seignelay et dans la thèse éditée par Lenfant 16
. Mais
en 1664 et en 1692, pour celles du comte de Saint-Pol (cat. 49) et de Camille Le Tellier (cat.
128) par Le Brun et Mignard, il porte une cuirasse moderne. Le costume du roi est donc
peu varié. Seuls quelques détails en rompent la monotonie. Le plus souvent, ses habits
d’apparat mettent en évidence sa toute-puissance, et si exceptionnellement Le Brun et
Masson le montrent couvert d’un chapeau, c’est sans doute pour évoquer l’étiquette qui
voulait qu’on se découvrît en sa présence 17
. Le roi n’est pas vu dans son quotidien ; rien
dans ses portraits gravés n’indique la richesse de sa garde-robe, si ce n’est ceux des
almanachs, qui offrent une plus grande variété de costume.
Le portrait moral dans les sujets d’histoire :
l’allégorie et l’emblème
18 Dans L’olympe du Roi-Soleil , Jean-Pierre Néraudau montre qu’à la fin des années 1680, la
mythologie et l’allégorie furent écartées du discours sur le roi et de sa représentation ;
elles ne subsistent qu’en deux domaines, l’opéra et les demeures royales, sans que la
figuration du monarque y trouve sa place. Louis XIV aurait alors préféré une
représentation réaliste, et la mythologie fut reléguée dans le domaine du divertissement.
Paraissant « refuser les figures rhétoriques qui le transformaient en héros mythologique,
[…] il s’imposa, à leur place, tel qu’en lui-même 18 ». Cependant, la position du roi sur la
mythologie était ambiguë, « et cette ambiguïté était en fait le reflet de sa dualité, de la
coexistence en lui d’un principe abstrait dont il voulait instaurer l’éternité, et d’un homme
éphémère dont la vie propre était soumise à la fonction royale 19 ». Depuis les études de
Louis Marin, Peter Burke, Gérard Sabatier et Thomas Kirchner notamment, on sait
comment la question de la représentation du souverain, de son action et de son
inscription dans l’histoire occupa très tôt les historiens, les poètes, les historiographes du
roi. Elle fut au coeur des préoccupations de Colbert et de la Petite Académie et même à
l’origine de la querelle des anciens et des modernes : le 27 janvier 1687, lisant à
l’Académie Le siècle de Louis XIV , Perrault proclama la supériorité de son règne sur toute
autre et notamment sur ceux de l’Antiquité, à l’indignation de Boileau qui jugeait
inadmissible de rabaisser ainsi le s anciens. Cette première analyse fut développée dans le
Parallèle des anciens et des modernes , publié en quatre volumes de 1688 à 1697. Pour
représenter le roi, il ne faut donc plus faire appel à d’autres figures qu’à celle du roi luimême.
C’est ainsi que fut abandonnée l’ Histoire d’Alexandre de Le Brun, commencée avec
tant de succès en 1661.
19 Pour dresser le portrait du monarque, le programme iconographique des grands
appartements de Versailles faisait appel à tous les hommes illustres de l’Antiquité, car un
seul ne suffisait pas à résumer sa grandeur. Mais, alors que pour le décor du plafond de la
Grande Galerie, Le Brun devait à l’origine montrer « tous les travaux d’Hercule, tous
allégorisés sur les actions du roi et au sujet de la guerre qui se faisait alors contre
l’Allemagne, l’Espagne et la Hollande 20 », le Conseil secret décida que l’histoire du roi
serait représentée directement et que Louis XIV apparaîtrait en personne dans chaque
composition.
20 Si la mythologie était condamnée, que resterait-il de l’allégorie ? Comment soumettre la
représentation de l’histoire du roi au principe de vérité ? Quelles figures allégoriques et
mythologiques lui furent-elles associées ? Dans les simples portraits et les thèses
historiées, il est souvent entouré de héros, de divinités et d’attributs symboliques. Sans
chercher à les passer tous en revue, ni à en faire une étude approfondie, il est utile d’en
établir une typologie allant du profane, avec les dieux des anciens, au sacré, avec les
vertus et les figures chrétiennes, pour conclure par les attributs inanimés, insignes et
devises.
L’aigle et le foudre de Jupiter
21 En 1655, Charles Poerson montre le jeune roi vainqueur de la Fronde, assis sur un trône,
brandissant le foudre, l’aigle à son côté 21
. En 1661, dans le Ballet de l’Impatience dansé au
Louvre et en 1666 dans celui des Muses , Louis XIV apparaît aussi en maître de l’Olympe.
Par suite, dans la composition centrale de la galerie des Glaces figurant Le roi gouvernant
par lui-même , on retrouve Jupiter au-dessus du roi, mais il n’y a pas identification du dieu
au monarque, et la représentation de Louis XIV en Jupiter, peu fréquente alors, est plus
rare encore dans les illustrations de thèses. De même, bien qu’elle ne soit pas directement
dédiée au roi, il faut signaler la thèse de l’abbé de Montgaillard (cat. 26) soutenue en 1659,
où Louis XIV est nettement reconnaissable avec sa longue chevelure, en Jupiter
brandissant le foudre qui secondé par l’aigle, Mars et Neptune, combat le lion symbole de
l’Espagne. Le roi en Apollon brandit également le foudre en menant au galop son
quadrige en haut d’un arc de triomphe dans une thèse (cat. 76) éditée par Jean Lenfant
vers 1675. Comme dans la peinture, c’est la dernière apparition royale sous l’apparence
olympienne.
22 Si on retrouve le foudre et l’aigle dans d’autres portraits, dorénavant le roi ne les utilise
plus directement. En 1667, dans la thèse de l’abbé de Bouillon (cat. 60), entre son bec et
ses serres l’aigle présente à tous le portrait imposant du monarque, reléguant à l’arrièreplan
une colonne surmontée de la louve allaitant Romulus et Remus et des trophées aux
effigies impériales. En 1680, dans la Tèse de la Paix (cat. 92), c’est l’Amour lauré qui tient le
foudre tandis que le roi donne la main au génie de la paix. Ainsi il n’est pas Jupiter, et le
dieu lui est subordonné puisqu’il le présente à l’univers. Il ne fait que lui emprunter
certains de ses attributs, qui ont valeur de symboles et plus qu’un long discours
témoignent de sa puissance et de la crainte qu’il fait naître chez ses ennemis.
Hercule, le lion de Némée et la massue : l’Hercule français et
l’Hercule chrétien
Incarnation de la Vertu héroïque 22
23 , Hercule symbolise à la fois la puissance militaire du
prince, sa modération, sa tempérance, sa générosité et son mépris des voluptés et délices
du Monde 23
. Toussaint Dubreuil s’en était servi pour honorer Henri IV. On le retrouve pour
célébrer Louis XIII dans la galerie du château de Richelieu, et il apparaît également dans
la thèse gravée par Vorsterman à lui dédiée en 1626 par son demi-frère Henri de Verneuil,
dont un des médaillons tenu par la Religion le montre terrassant l’hydre. Hercule apparaît
dans le décor du plafond de la Grande Galerie du Louvre, commencé par Poussin en 1640.
En 1678, Le Brun soumit au roi un dessin d’ensemble montrant les travaux d’Hercule pour
le plafond de la galerie des Glaces.
24 Parmi les précédents les plus célèbres, rappelons les plafonds Le Brun pour l’hôtel
Lambert et les thèses dédiées à Alphonse et à Armand de Richelieu en 1638 et 1640,
gravées par Rousselet d’après Huret et Vignon 24
. Dans l’une, le héros converse avec Mars,
dans l’autre il aide Neptune à soutenir le globe terrestre. Vers 1652, Rousselet et Le Brun
convoquèrent aussi Hercule terrassant l’Envie 25 devant Minerve en hommage à Pierre
Séguier. Cependant c’est à célébrer Louis XIV qu’Hercule est le plus souvent invité. Mais les
premières thèses où il apparaît ne lui étaient pas dédiées à l’origine. Celle de 1644 avait
été commandée pour honorer Richelieu, mais à sa mort son portrait fut remplacé par
celui du jeune monarque, défendu par Hercule qui, avec Apollon, Mars et Minerve, fait fuir
le lion de l’Espagne et les aigles de l’Empire. De même en 1652, Daret remplaça Louis XIII
par son fils en Apollon ; de nouveau associé à Mars et Minerve, Hercule symbolise les
vertus royales.
25 Dès 1649, dans Les triomphes de Louis le Juste XIII du nom de Jean Valdor, dédié au jeune
roi, Charles Beys compare Louis XIV à Hercule dans une ode illustrée d’une
gravure 26 montrant Hercule tenant sa massue, assis sur la peau du lion de Némée, les
instruments des arts à ses pieds, avec près de lui sur un muret le portrait du jeune
monarque lauré ( fig. 96 ) :
« Ce conquerant dès sa Naissance
Comme luy, donna des combats ;
Et des Dragons qu’il mit à bas,
Firent les jeux de son enfance… »
Dans la quatrième strophe, le poète conclut : « Grand Roy, tes premières conquestes, / 26
Finirent nos tragiques maux. » Dans des stances jointes à l’ouvrage, Furetière revient sur
la comparaison :
« Prince qui comme Hercule as veu dès ta naissance.
De monstres etouffez triompher ton enfance
Et qui prens le dessein de marcher sur ses pas
Quand l’Espagne te cede en tes jeunes années
L’Espagne où le Dieu vit ces conquestes bornées,
Peux-tu douter encore de ne l’égaler… »
Puis il insiste sur l’espérance que les arts ont mise en son action bienfaisante : 27
« Assez par ses combats la France est renommée,
Contre elle seulement l’ignorance est armée :
Prend soin pour l’anoblir de cultiver les arts ;
De la guerre & des arts vient une gloire égale. »
28 Cette association entre Louis XIV et Hercule se retrouve à la même époque dans un beau
portrait édité par Nicolas Berey ( fig. 97 ), où devant des trophées militaires, le roi en
armure est vu en buste dans un ovale surmonté de la peau du lion de Némée, posée sur
des trompettes au fanion fleurdelisé 27
. Les grands traits du programme des illustrations
de thèse sont ainsi mis en place.
F igure 96. – Anonyme d’après Charles Errard, Hercule et le jeune Louis XIV , 1649.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 187.22 KB )
F igure 97. – Anonyme, Portrait du jeune Louis XIV , s. d., édité par Nicolas Berey.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 202.54 KB )
29 OEuvre de Le Brun, la première thèse conçue pour Louis XIV où apparaît Hercule (cat. 20)
célèbre la fin de la Fronde en 1653-1654. Arrachant la Vérité des mains de l’Ignorance, il
chasse avec Mars les ennemis de la France et dégage la voie au bige royal 28
. Il faut
ensuite la thèse Le Maistre de Ferrières en 1665 (cat. 51) pour le voir de nouveau, non
plus au naturel mais sur le bouclier qu’un amour apporte au roi, où il terrasse l’hydre avec
cette devise : « Regio proebet Aggredere monstrum istud Hercule fortior, Ludovice Rex
christianissime » (« Ce monstre très fort se présente pour être attaqué par l’Hercule royal,
Louis Roi Très Chrétien »). Mais Hercule ne lutte pas toujours contre les ennemis du roi.
En 1663, Le Brun le présente au repos face à Apollon, au bas de la thèse de Charles-
Maurice Le Tellier (cat. 38) ; il est assis vigilant sur la peau du lion de Némée, appuyé sur
sa massue, le bras posé sur une médaille représentant « la puissance invincible » du
royaume. Pour Nivelon, les défaites de l’hydre de Lerne et du lion de Némée font allusion
aux guerres civiles et étrangères qui secouèrent le royaume 29
. En 1676, dans le portrait
gravé par Masson pour d’Artagnan (cat. 79), il apparaît dans deux médailles : d’un côté il
se repose après ses travaux, de l’autre il tient un rameau d’olivier qui se transforme en
massue. Associées à celles qui célèbrent la puissance invincible du Soleil, les devises
complètent le portrait moral du roi et font allusion à ses actions pour soutenir la France
menacée de l’intérieur comme de l’extérieur. Tout en gardant à la représentation un
caractère universel, elles évoquent les événements actuels, comme la révolte du papier
timbré ou les nations coalisées.
30 Ensuite, de 1659 à 1672, Hercule n’est plus représenté que par ses attributs, comme la
peau du lion de Némée et la massue que l’on retrouve très souvent. Sa disparition
physique se fait au profit du roi, seul héros de la composition. Jusqu’en 1664, toutes ces
thèses ont été imaginées par Le Brun. En 1659, pour célébrer la paix des Pyrénées, il
montre la France, une massue à ses pieds, suspendant à une branche la dépouille du lion
de Némée dont elle fait un trophée à la gloire du jeune roi, assis devant le temple de
Janus, tandis que l’Espagne se désespère (cat. 24). Ce désespoir est d’autant plus grand
qu’Hercule, qui apparaît donc comme le principal soutien de la France, était aussi le héros
fondateur de la dynastie des Habsbourg 30
. Cette allusion à leur défaite en est donc
particulièrement humiliante pour les Espagnols, d’autant que le roi apparaît en imperator
peut-être pour invoquer l’idée que Mazarin entretint de faire du roi un compétiteur de
Ferdinand IV. En 1661, pour la thèse de l’abbé de Bouillon, Le Brun tend la peau du lion
sur le char de triomphe du roi qui apparaît donc comme un nouvel Hercule (cat. 33).
En 1663, pour celle d’Amelot (cat. 42), la peau apparaît deux fois ; d’abord sur le vaisseau
que conduit le roi appuyé sur une massue, où comme dans la thèse précédente, elle sert
de support à la dédicace et aux positions, puis sur la tête de la Valeur, commandant aux
Vertus qui font avancer la nef. On la trouve encore en 1664 dans deux portraits en buste ;
l’un montre le roi dans un ovale sommé d’une couronne royale en sautoir sur les ailes et
les trompettes de la Renommée (cat. 46), posé sur la peau du lion qui tient dans sa gueule
le sceptre et la main de justice ; l’autre (cat. 43) présente le roi dans un ovale entouré d’un
phylactère avec ces mots, « HERCVLES PIETATE INSIGNIS ET ARMIS CHRISTIANVS »
(Hercule chrétien insigne par sa piété et ses armes), au bas des trophées d’armes parmi
lesquels la peau et la massue. L’inscription brodée au haut du phylactère tirée comme la
première de l’Énéide 31 souligne l’apparence héroïque du roi : « QVEM SESE ORE FERENS
QVAM FORTI PECTORE ET ARMIS SVPRA NVLLVS CREDO EQVIDE (NEC VANA FIDES) GENVS
ESSE DEORVM » (« Quelle noblesse sur son visage, quel courage dans son coeur et quelle
force dans ses armes ! Je crois assurément, et ce n’est pas croyance vaine, qu’il est de la
race des dieux »). Au bas un poème en latin, dû probablement à Le Brun, adressé à Louis
XIV et gravé sur la tablette, insiste sur le fait qu’il ne lui a pas donné les traits d’Hercule
mais que le roi aurait souhaité avoir les siens et conclut que : « si l’art ne parvient pas bien
à te façonner sur l’airain, l’amour te sculpte bien dans nos coeurs ».
31 En 1672, Nanteuil reprend aussi ce motif pour la thèse de Jacques-Nicolas Colbert, où le
lion mort aux pattes ornées d’une fleur de lys héraldique tient dans sa gueule un
médaillon à l’effigie royale, auquel est attachée une médaille montrant Hercule se
reposant après ses travaux avec la devise « SOMNVM ABRVPISSE DOLEBIT » (« Vous vous
repentirez de l’avoir éveillé 32 »), sujet déjà utilisé en 1663 pour la thèse de Charles-Maurice
Le Tellier (cat. 38). En 1678, dans la thèse des frères d’Aligre, Nanteuil pose la peau du lion
en trophée sur l’armure qui soutient le portrait par allusion à l’Espagne vaincue et aux
Pays-Bas du Sud dont il est l’emblème : leo belgicus . Son air anéanti, sa fatigue, sa mort
même, sont autant de signes qui proclament la défaite des ennemis. Vers 1686, Sevin la
reprend à son tour pour y graver les positions de la thèse de Jean-Baptiste Hue de
Miromesnil (cat. 112), maintenue par deux lys armoriaux en signe de la domination du roi.
Dans le contexte de l’annexion de villes flamandes, la représentation des attributs
d’Hercule prend tout son sens.
32 De même, dans la thèse de Seignelay gravée en 1668 (cat. 63), la Victoire couronne de
laurier le roi et reçoit de lui la massue et la peau du lion de Némée ; derrière, Hercule
conduit le char d’où il est descendu et se tient prêt à de nouvelles conquêtes. Après la
soutenance, le jésuite Antoine de La Bretonnière (1637-1684) publia en latin son Hercules
gallicus déjà mentionné, qui fut bientôt traduit par Esprit Fléchier en Hercule françois 33
.
S’adressant au roi, il s’inspire de l’estampe :
« Invincible Louis sous qui le monde tremble […]
Souffre qu’Hercule seul se consacre a ta gloire,
Qu’il compare sa fable avecque ton histoire
Et que voyant son Nom par le tien effacé,
Il confesse aujourd’huy que Tu l’as surpassé. »
33 La référence au lion de Némée, si souvent évoquée dans les portraits et les allégories,
trouve pleinement son explication dans les événements extérieurs au royaume.
L’expression est plus violente que dans la peinture et le ton plus agressif contre les
ennemis :
« Il [Hercule] dompta du Lyon la rage envenimée
Dans les sombres détours des forets de Némée,
Et tu viens de dompter le Belgique Lyon
Qui respirait le meurtre et la Rebellion,
Nourry depuis long-temps de sang et de carnage,
Auprez de ses marais redoutoit ton courage,
Et sembloit exciter par ses rugissemans. »
34 L’auteur évoque « Hercule triomphant du Géryon d’Espagne » pour mieux affirmer la
supériorité de Louis :
« C’est un travail pour luy, ce n’est qu’un jeu pour Toy.
Tu cours, sans t’emouvoir, au milieu des allarmes ;
Rien, ne peut s’opposer au bonheur de tes Armes. »
35 C’est qu’il défait ses ennemis avec facilité :
« Tournay, sans t’Arrester, reconnut ton pouvoir ;
Tu n’eus qu’à l’investir, et qu’à Te faire voir.
Doüay se vit soûmis, malgré sa resistance,
Et craignant ta iustice, implora ta Clemence. »
36 Les villes évoquées dans le livret sont représentées par leurs armoiries que des ouvriers
suspendent aux colonnes de la façade des Tuileries où se déroule la scène :
« Oudemarde receüt, pour T’avoir irrité
Le iuste châtiment de sa temerité. »
37 L’auteur suit de près la gravure, la commente, extrapole et explique chaque détail, et sur
un ton narratif, lui ajoute des scènes annexes. Sans jamais s’écarter du parallèle avec
Hercule, il se plaît à brosser le portrait moral de Louis ; et après avoir vanté sa clémence, il
célèbre sa modestie et sa bonté :
« L’Isle Te vit monté sur le char de la Gloire,
User modestement des droits de ta Victoire,
Marcher sur ses rempars à demy foudroyez,
Rasseurer en passant ses Peuples effrayez… »
38 Le roi fait l’admiration de tous les peuples qu’il soumet et celle d’Hercule qui reconnaît en
lui son maître :
« Hercule tout confus admire ta vaillance.
Ce Héros aujourd’huy n’est plus ce qu’il estoit,
Et pressé sous le faix du Monde qu’il portoit,
Il perd également la force et le courage,
Et cherche sur la terre un roy qui le soulage ;
Qui vienne l’assister comme un Atlas nouveau.
Il t’a trouvé, LOVIS, jeune, ardent, redoutable
Dans les nobles travaux toûiours infatigable,
Et tout pres à ranger le Monde sous ta loy. »
39 Hercule a donc trouvé son maître, et pour longtemps comme le montre Pierre Mignard
en 1684 dans la thèse des frères Le Tellier (cat. 102), où il se repose appuyé sur sa massue,
la fourrure du lion sur la tête. Se tenant sur ses gardes, il cherche réconfort auprès du roi
qui debout, impassible, s’appuie sur son épaule. Il fait face aux puissances coalisées –
l’Allemand, le Suédois, le Saxon, le Flamand ; une femme effrayée retient l’Espagnol, prêt
encore à se défendre, et près d’elle le lion de Flandres apeuré tient entre ses pattes le
faisceau d’armes des Provinces-Unies. C’est la dernière apparition d’Hercule et de ses
attributs dans une thèse. On ignore comment cette subordination d’Hercule au roi fut
perçue par les contemporains. Mais les réactions qui suivirent l’apparition de la statue du
roi sculptée à Rome par Domenico Guidi 34 en 1697-1699, pour le marquis de Vaini,
permettent dans une certaine mesure de s’en faire une idée. Certes, la représentation de
la domination du roi sur l’Espagne y était poussée à l’extrême et la volonté d’humilier était
sans ambiguïté : plus grand que nature, Louis XIV porte une armure à la romaine avec un
manteau fleurdelisé ; couronné de laurier, il tient le bâton de commandement, un pied sur
le globe, l’autre sur la peau du lion de Némée 35
. Jugée insultante pour la maison de
Habsbourg, car ces attributs lui sont réservés, l’oeuvre causa la colère de Georg Adam de
Martinitz, émissaire impérial ; il menaça de mort l’artiste, qui, effrayé, refusa de l’achever,
ce qui fut fait par Pierre Legros le Jeune. Précisons que l’abbé de Bouillon (cat. 33, 46, 60)
alors mal en cour, qui avait dédié plusieurs thèses au roi, lui rapporta l’affaire et
accompagna sa lettre de plusieurs épreuves de l’estampe qu’il venait de faire graver,
espérant sans doute retrouver les faveurs du monarque 36
. L’importance que le cardinal
accorde à l’estampe et la conscience qu’il a de ses retombées politiques pour asseoir
l’image du roi méritent une nouvelle fois d’être signalées.
Minerve : de la sagesse à la paix
40 Incarnation de la sagesse, Minerve est souvent proche du roi et apparaît dans la plupart
des grandes thèses allégoriques dessinées par Le Brun et Mignard. Mais le sens de sa
présence varie.
41 En 1644, dans une gravure d’Huret exécutée pour le père Suarez (cat. 10), elle conseille le
jeune roi et le couronne de laurier. En 1663, dans les thèses de Charles Amelot (cat. 42) et
de Le Tellier (cat. 38) dessinées par Le Brun, coiffée d’un casque orné d’un sphinx, elle
symbolise la gloire et indique au roi la présence du Zèle religieux qui lui apporte le
portrait de Dunkerque opprimé, puis revêtue d’une armure, d’un casque et d’une
couronne royale, assise sur des trophées d’armes, elle incarne la paix. En 1668, dans
l’exercice de philosophie de Seignelay (cat. 63), Le Brun la présente dans une situation
nouvelle : donnant la main au roi descendu du char d’Hercule, elle le détourne des
avances de la Victoire et lui indique la voie de la Philosophie qui pour lui dresse cent
nourrissons dont le fils de Colbert comme l’indique L’Hercule françois :
« La Sagesse, LOVIS, qui Te conduit, qui t’aime,
Qui soûtient avec Toy le poids du Diadême,
Pour le conseil des Roys dresse cent nourrissons,
Et leur fait pour la Cour de secretes leçons :
Voy celuy qu’elle T’offre, & qu’elle Te destine,
Instruit de ses vertus, comme de sa doctrine,
Elle éloigne de luy la foiblesse & l’erreur,
Luy forme adroitement & l’esprit & le coeur,
Luy propose en secret ses maximes severes,
Eclaire sa raison, règle ses desirs.
Luy montre à mespriser le luxe et les plaisirs,
Au Temple de l’honneur elle-même le guide,
Et luy trace le plan d’une gloire solide 37
. »
42 En 1676, dans la thèse de Pellot (cat. 81) dessinée par Mignard, Minerve incarne
également la paix ; assise sur des trophées d’armes, elle se tourne vers l’Histoire et lui
ordonne d’écrire les hauts faits du roi. Parfois plus belliqueuse, elle représente la guerre,
comme en 1679 dans le cinquième encadrement des positions du prince de Turenne (cat.
91), où debout devant des canons fleurdelisés elle sonne de la trompette pour appeler au
combat ; dans le dixième, appuyée sur un bouclier fleurdelisé, elle brandit la tête de la
Gorgone devant un soldat épouvanté. Signalons encore que la thèse de Colbert de Croissy
(cat. 92), Le Brun lui assigne le rôle de la Philosophie : tout auréolée de lumière, un voile
blanc sur la tête, elle regarde Louis XIV avec adoration et tient la thèse que son génie
éclaire d’un flambeau « faisant connaître au Roy les beautez de la Philosophie, [… qui] sont
comme autant de degrés qu’il faut monter pour parvenir au comble de la Sagesse 38 ». On
la trouve encore en 1692 dans la thèse de Camille Le Tellier (cat. 128) gravée par Poilly
d’après Mignard, où avec son bouclier fleurdelisé, elle incarne la France et invite le roi à
marcher contre les puissances de la ligue d’Augsbourg.
Mars
43 Très tôt convaincu que les conquêtes sont nécessaires à sa gloire, le roi l’affirme dès
1667 dans ses Mémoires : la guerre donne de l’éclat, entretient la renommée, en impose à
tous et soumet les sujets. Il faut surprendre par la rapidité et l’aisance des victoires ; plus
les ennemis sont puissants, plus le triomphe est grand. À cela rien d’immoral, la guerre
est juste et légitime 39
. Mais force est de constater que la place faite à Mars dans les
illustrations de thèses est assez réduite.
44 Certes la guerre est le sujet de presque toutes les illustrations, mais au fil des ans Mars y
tient un rôle de plus en plus mince. De 1638 à 1664, il apparaît régulièrement, mais par la
suite, on ne le retrouve que sur le frontispice dessiné par Sevin en 1679 pour le prince de
Turenne (cat. 91), où, aidé par la Paix, il place le portrait du roi sur un autel.
45 Si Le Brun avait représenté Louis XIII en Mars, tenant entre ses mains le Dauphin
nouveau-né, jamais Louis XIV ne prêta ses traits au dieu de la guerre. Dans la thèse que Le
Brun dessina vers 1653 pour célébrer la fin de la Fronde (cat. 20), il a pourtant une place
prépondérante, et l’épée à la main renverse l’Envie, l’Orgueil et la Discorde pour faire place
au char du roi 40
. En 1663, dans celle de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38), il combat aussi
les Vices, la Fureur et la Jalousie, mais l’année suivante, dans celle de Le Maistre de
Ferrières (cat. 51), après avoir prêté son bras à Louis XIV pour anéantir les forces
ennemies, il se repose au bas des positions.
46 Après 1664, Mars disparaît des thèses. En 1668, alors qu’il avait d’abord pensé le montrer
conduisant le char du roi, Le Brun le remplaça par Hercule dans la thèse de Seignelay (cat.
63). Alors que dans les premières thèses Mars et Hercule étaient souvent associés, le
demi-dieu supplanta bientôt le dieu. Plutôt que la guerre, le roi, Colbert et Louvois
préférèrent voir évoquer la paix, la victoire et le calme revenu après la tourmente. Plus
que Mars qui incarne la colère et la guerre sauvage, Hercule, qui représente le combat
juste et réfléchi 41
, convient mieux à la grandeur du roi.
Apollon
47 Il est inutile de rappeler l’importance d’Apollon dans le panthéon royal. Il suffit de
mentionner quelques exemples bien connus dans le parc de Versailles, où il eut une place
de choix dès 1671 sur le Grand Canal avec le char d’Apollon de Tuby ou la grotte de Thétys
où il se repose en 1672, servi par les nymphes dans les marbres de Girardon, Regnaudin
et des frères Marsy. Joseph Werner (1637-1710 ?) 42 a montré entre 1662 et 1667 Louis en
Apollon tuant le serpent Python et conduisant le char du Soleil précédé par l’Aurore.
En 1665, Le Brun l’a figuré sur le char d’Apollon tenant la lyre pour le frontispice de l’ Hortus
Regius de Fagon 43
. On sait que l’iconographie apollinienne a occupé une place importante
aux Tuileries puis à Versailles, mais qu’à partir de 1674, notamment lors de l’extension du
château par les ailes du Midi et du Nord, l’espace à proximité du palais se trouvant saturé,
ce programme fut abandonné. Aussi ne sera-t-on pas étonné de constater qu’Apollon fut
peu sollicité dans les frontispices de thèses dédiées au roi.
48 Entre 1644 et 1651, on ne le trouve que sur deux frontispices commandés à l’origine pour
célébrer Richelieu et Louis XIII 44
. D’abord tel que le décrit Pindare, il fait entrer dans les
coeurs l’amour de la concorde et l’horreur de la guerre civile (cat. 10), puis en 1663,
comme le conçoit Platon, il est le guide du genre humain (cat. 38) 45
. Face à Hercule, il est
assis sur des livres au bas du cadre des positions, appuyé d’un bras à sa lyre et de l’autre à
une médaille montrant la Vigilance. Ayant abandonné l’arc redoutable qui apparaissait
dans la thèse de 1644, il veille à la sécurité de l’État.
49 Pour évoquer les arts, Le Brun et Mignard préfèrent montrer des putti porteurs de
pinceaux, appuyés sur des bustes ou entourés d’aiguières et de tapis célébrant la
production des manufactures royales ou jouant de la musique en compagnie de sainte
Cécile 46
. Et pour les portraits en buste, Apollon est remplacé par le Soleil personnifié,
symbole du roi.
L’Histoire et le Temps
50 Figures importantes de l’iconographie royale, le Temps et l’Histoire viennent souvent
ensemble. La première occurrence de l’Histoire remonte sans doute à l’année 1653 (cat.
20) ; dans une tribune, appuyée sur un médaillon à l’effigie de Louis XIII, elle regarde
passer Louis XIV sur son char de triomphe, écoutant le Temps qui lui conseille d’écrire les
moments glorieux de sa vie. En 1663, dans la thèse de Charles-Maurice Le Tellier, le Temps
enjoint aussi à l’Histoire d’écrire les hauts faits du roi (cat. 38) et lui présente son portrait,
alors que ses actions se déploient sur deux colonnes monumentales commémorant ses
batailles et les événements marquants du règne ; près d’elle de lourds in-folio déjà
remplis, mais la paix que le roi a ramenée l’oblige à entamer un nouveau livre, dont elle
commence la première page sous le regard attentif de Minerve. En représentant l’Histoire
tenant son stylet, Le Brun évoque celle du roi en train de se faire. En 1676, dans la thèse
de Claude-François Pellot (cat. 81), loin de se plier aux injonctions du Temps, l’Histoire le
terrasse et abolit sa loi, pour montrer que la gloire de Louis XIV est immortelle, comme le
précise l’exergue latin tiré des Odes d’Horace : « En comparaison de quoi les Dieux
propices n’ont rien donné à la terre de plus grand ou de meilleur et ne donneront rien,
quand même les temps reviendraient à l’âge d’or antique. » Au lieu de regarder le roi, elle
se tourne vers la Paix et lui désigne un trophée d’armes érigé à la gloire du monarque
dont la Renommée proclame « QVANTVM INSTAR. IPSO EST » (« Comme il lui ressemble,
Énéide , livre VI »).
51 Cependant, plutôt que l’Histoire, il arrive que les événements eux-mêmes soient
représentés. En 1663, pour la thèse de Charles Amelot (cat. 42) évoquant la libération de
Dunkerque et en 1664 pour celle du comte de Saint-Pol (cat. 49) illustrant la fin des
désordres, des médaillons montrent la ville sous le joug de l’Hérésie, la prise de Rocroi, le
mariage et le sacre du roi. Mais la narration tient peu de place dans ces évocations
allégoriques. Elle est également absente de la célébration des actions du roi dans le
domaine des arts ; en 1686, pour la thèse de Jean-Baptiste Hue de Miromesnil (cat. 112),
on se contente de montrer quelques grandes réalisations du règne. L’évocation de
l’actualité prend plus d’importance en 1687 dans celle de Dulion de Poinson (cat. 116)
pour célébrer la révocation de l’édit de Nantes et commémorer les fêtes célébrant la
guérison du roi.
La Victoire, la Paix, la Renommée et la Gloire
52 Le Brun mit plusieurs fois en scène la Victoire. En 1659, aptère et auréolée, elle s’apprête à
poser la couronne de laurier sur la tête royale (cat. 24). Ayant retrouvé ses ailes en 1663,
suivie de la Renommée, elle brandit la couronne pour Amelot (cat. 42). À partir de 1668,
elle-même ou son génie sont souvent associés à la Paix, à qui elle cède parfois la place.
Ainsi en 1668 dans la thèse de Seignelay (cat. 63, voir fig. 73 ), ailée et plantureuse, c’est la
Paix, couronnée de laurier, qui tend au roi un casque lauré et l’invite à de nouvelles
conquêtes. La Renommée réapparaît en 1676 pour Claude-François Pellot (cat. 81) où le
génie adolescent de la Victoire couronne de laurier le portrait du roi et lui désigne un
trophée d’armes. En 1680, elle porte l’étendard, et bien que suivie par la Renommée, c’est
en vain qu’elle tente d’attirer l’attention du roi qui ne pense qu’à la paix (cat. 92).
En 1684 pour les frères Le Tellier (cat. 102), Mignard lui donne l’apparence d’une douce
jeune femme ; accompagnée d’un amour porteur d’une palme, elle pose comme
d’habitude une couronne de laurier sur la tête du roi qu’elle regarde attendrie et en tient
prête une seconde pour d’autres conquêtes.
53 La Renommée occupe une place moins importante. Elle apparaît pour la première fois
en 1663 sur la thèse de Charles-Maurice Le Tellier (cat. 38) qui montre le Temps posant le
portrait du roi sur le globe de l’univers, et la même année sur celle d’Amelot le figurant au
gouvernail de son navire (cat. 42). Dans l’une, debout derrière le monarque, elle sonne de
la trompette tandis que Minerve chasse les derniers assaillants ; dans l’autre, volant à tire
d’ailes, elle suit la Victoire. En 1664, pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49), elle
précède le roi à cheval. En 1668 dans celle de Seignelay (cat. 63), célébrant le retour de
Flandre, elle souffle avec force dans sa trompette qui porte la dédicace. Puis elle se fait
plus rare ; on la voit face au génie de la paix en 1676 dans la thèse de Pellot, tenant le
portrait du roi (cat. 81). Ensuite elle n’est plus évoquée que par des trompettes en sautoir
sous les armes royales. En août 1679, Sevin la place sur la page de titre du livret du prince
de Turenne et la remplace par Minerve qui embouche une trompette pour soutenir la
vaillance des troupes sur l’encadrement des positions (cat. 91). Elle revient triomphante
en 1680 dans la thèse de Colbert de Croissy (cat. 92), où penchée vers la terre, elle
proclame la gloire de Louis et aide le génie de la paix à étendre le drapeau fleurdelisé.
Une de ses dernières apparitions date de 1682, assise au bas de la thèse de l’abbé de
Lorraine (cat. 98), où elle est prête à répondre à la question « Qui donne la victoire à ceux
qui en sont dignes ? » Enfin, ses ailes ou ses trompettes sont associées à la main de
justice, au sceptre et à la couronne dans plusieurs portraits du roi.
54 Si la Gloire est très présente au plafond de la galerie des Glaces, elle intervient plus
rarement dans les thèses. Elle figure pour la première fois en 1663 sur celle de Charles
Amelot, où elle invite le roi à délivrer Dunkerque (cat. 42) : coiffée d’un casque orné d’une
couronne et penchée au-dessus du roi, elle s’appuie sur une sphère armillaire et tient une
palme 47
, car selon Ripa, « la sphere qu’elle porte [signifie que] que les considérations d’icy
bas ne l’obligent pas tant à des exploits heroïques, que celles du Ciel, où elle se promet la
récompense de ses travaux 48 ». La palme est celle de la Victoire, car Gloire et Victoire
« sont toutes deux inséparables, puisque l’une assurément est la créature de l’autre 49 ».
Ainsi, le roi atteint la Gloire par la Victoire contre les Espagnols, obéissant à Dieu qui lui a
intimé l’ordre de mener cette bataille. On la retrouve ensuite sur les thèses des fils de
Colbert (cat. 84, 92). En 1677, entre la Victoire et la Providence qui accompagnent le roi à
cheval, elle porte la pyramide, symbole de la gloire du prince, et en 1680, tenant le
sceptre, elle couronne le monarque qui donne la main à la Paix. Bien qu’elle n’apparaisse
pas en personne dans la composition gravée en 1684 par Poilly d’après Pierre Mignard
pour les fils de Louvois (cat. 102), sous le titre « Le Roy dans le repos de sa gloire », le
commentaire de l’estampe par Georges Du Four célèbre « ce Prince, amoureux de la
Gloire/[qui] A fixé pour jamais l’inconstante Victoire 50 ».
Le Zèle religieux et la Providence
55 Dans une thèse dédiée à Louis XIV et à l’iconographie conçue pour Richelieu, le Zèle
religieux apparaît dès 1644 près du trône, tenant d’une main un phénix, de l’autre un vase
enflammé, symboles de la résurrection et de la renaissance de la dévotion (cat.10). On le
trouve aussi en 1663 présentant au roi le médaillon montrant Dunkerque sous le joug de
l’Hérésie (cat. 42). Il faut attendre les années 1683-1686 pour le voir de nouveau, sans
attributs, près du char de la Religion qui tient le portrait de Louis XIV sur un bouclier, à
côté de l’Espérance et de la Charité dans la sorbonique de l’abbé de Polignac (cat. 100) ; le
Zèle accompagne le roi, mais sans rôle décisif, car il en est naturellement imprégné.
56 Contrairement aux autres figures allégoriques, la Providence, que le Dictionnaire de
l’Académie définit en 1694 comme « la suprême intelligence par laquelle Dieu conduit
toutes choses 51 », n’apparaît pas au plafond de la galerie des Glaces, mais se voit dès
1638 dans la première thèse dédiée au roi (cat. 1). Contrairement au Zèle religieux, elle
montre son ascendant sur le roi jusqu’à sa dernière apparition. En 1638, elle tient dans ses
bras le Dauphin nouveau-né. Elle a un rôle plus décisif en 1663 dans la thèse de l’abbé Le
Tellier (cat. 38), où elle incarne la prévoyance de Dieu qui éclaire le roi, l’inspire et le
protège : assise sur un nuage, elle tient d’une main son sceptre surmonté d’un oeil ouvert
et de l’autre la couronne royale. On la retrouve en 1664 dans celle du comte de Saint-Pol
(cat. 49) : reconnaissable à l’oeil auréolé au-dessus de son front, elle tient une couronne et
une chaîne métallique où sont attachés les médaillons figurant des scènes de l’histoire du
roi. En 1677, dans la Tèse de la Guerre (cat. 84), précédée par le génie de la France qui
chasse les ennemis, illuminée par l’oeil de la Trinité, tenant la couronne et le sceptre, elle
accompagne Louis XIV dans sa chevauchée, avec près d’elle la Gloire du prince et la
Victoire. En 1680 dans la Tèse de la Paix (cat. 92), elle est remplacée par la Gloire à demi
nue qui couronne le roi « pour cette heureuse action de la paix donnée au peuple
chrétien », tandis que selon Nivelon, l’Amour de l’Immortalité tient « une couronne
brillante, qui éternisera la mémoire de ce prince ».
57 Ces diverses représentations, et surtout celle de la thèse de Saint-Pol, évoquent le Sermon
sur la providence prononcé au Louvre en 1662, où Bossuet se réfère aux tableaux, et
notamment aux anamorphoses, pour montrer que la Providence révèle le sens des
choses caché sous un désordre apparent :
« Quand je considère en moi-même la disposition des choses humaines, confuse,
inégale, irrégulière, je la compare souvent à certains tableaux, que l’on montre assez
ordinairement dans les bibliothèques des curieux comme un jeu de la perspective.
La première vue ne vous montre que des traits informes et un mélange confus de
couleurs, qui semble être ou l’essai de quelque apprenti, ou le jeu de quelque enfant,
plutôt que l’ouvrage d’une main savante. Mais aussitôt que celui qui sait le secret
vous les fait regarder par un certain endroit, aussitôt, toutes les lignes inégales
venant à se ramasser d’une certaine façon dans votre vue, toute la confusion se
démêle, et vous voyez paraître un visage avec ses linéaments et ses proportions, où
il n’y avait auparavant aucune apparence de forme humaine. C’est, ce me semble,
messieurs, une image assez naturelle du monde, de sa confusion apparente et de sa
justesse cachée, que nous ne pouvons jamais remarquer qu’en le regardant par un
certain point que la foi en Jésus-Christ nous découvre 52
. »
58 Si le chaos et la confusion règnent autour du roi, la Clairvoyance divine qui le guide lui
permet de débrouiller sans peine la vérité. La Providence le conduit de l’avant et l’amène
vers la Victoire. Ainsi, le roi protège le monde et accomplit la mission dont Dieu l’a investi.
Les vertus
59 Tous les panégyristes de l’Académie célèbrent les vertus héroïques et chrétiennes du roi,
sa Prudence, sa Justice, sa Tempérance, sa Libéralité, sa Magnificence, sa Magnanimité,
qui en font un héros parfait. Leur présence conjuguée dans quelques thèses dessinées
par Le Brun évoque ces propos de l’abbé Tallemant en 1679 dans son Panégyrique sur la
paix 53
:
« [C’est] De ce mélange admirable de vertus, & de cette mutuelle déférence qu’elles
ont entre elles, que se forme le Héros parfait, tel que celuy, sous le règne duquel le
Ciel nous a fait naître […]. Les grandes qualitez d’une ame si peu commune, se
soûtiennent & se moderent les unes par les autres ; sa valeur soustient sa bonté, sa
bonté modere sa valeur ; sa force & son pouvoir mainstiennent sa douceur, & sa
douceur tempere son pouvoir & sa force ; parce qu’il est le Maistre, il est raisonnable,
il est bon, il est juste, & parce qu’il est raisonnable et qu’il est juste, il oublie de
quelque maniere qu’il est le maistre : & c’est de ce mélange admirable de
vertus, & de cette mutuelle déférence qu’elles ont entre elles, que se forme le Heros
parfait, tel que celuy, sous le regne duquel le ciel favorable nous a fait naistre. »
60 Rarement isolées, les vertus sont à la vérité peu présentes dans les thèses dédiées au roi
et apparaissent surtout au temps de sa jeunesse. Prudence et Justice sont le plus souvent
sollicitées. En 1644 dans la thèse de Suarez, la Prudence se tient près du trône royal avec
le Zèle religieux, et en face la Justice, associée à Mars et Minerve, terrasse les ennemis
(cat. 10). La Prudence, ou la Tranquillité, selon Jennifer Montagu 54
, réapparaît
en 1653 dans la thèse dessinée par Le Brun montrant le Roi en sa jeunesse (cat. 20), et
en 1663 dans celle d’Amelot (cat. 42), où elle guide le vaisseau de l’État avec d’autres
vertus. En 1679, Sevin la convoque au bas de la dixième bordure des positions du prince
de Turenne ; un doigt sur les lèvres, vêtue d’une robe fleurdelisée, elle tient un miroir
autour duquel s’enroule un serpent (cat. 91).
61 Comme la Prudence, la Justice apparaît dans la thèse d’Amelot en 1663, mais peut se
confondre avec l’Éternité, car pour ne pas surcharger ses compositions, Le Brun recourt
souvent à l’enrichissement des figures ; d’une main elle porte une couronne d’étoiles et de
l’autre une balance. De même en 1683-1686, dans la thèse de l’abbé de Polignac, elle
représente la Justice divine et aide la Religion à tenir le portrait du roi (cat. 100). Sur son
diadème brille une étoile, sans doute le Soleil qu’évoque Baudoin, et assise sur des
nuages, elle brandit le foudre pour exterminer l’Hérésie ; près d’elle, deux angelots
portent qui une hache et une balance, qui une ruche d’où sortent des abeilles 55
. Puis elle
ne se manifeste plus que par ses attributs, comme en août 1661 dans le portrait gravé par
Nanteuil d’après Nicolas Mignard (cat. 31), où ne figurent sur un carreau que l’épée et la
balance, ses instruments.
62 Les vertus apparaissent encore dans deux thèses plus tardives, mais ce sont celles de
l’Église catholique qui sont célébrées et non celles du roi. Cependant, comme il en est le
défenseur, elles lui sont directement liées ; ainsi dans la thèse de l’abbé de Noailles
en 1671 (cat. 70), la Charité chrétienne, la Foi et l’Espérance commentent les décisions
royales tandis que la Justice se tourne vers le monarque.
63 En 1683-1686 dans le Triomphe de la Religion (cat. 100), l’Espérance, la Charité et le Zèle
divin accompagnent le char portant le portrait de Louis XIV, tandis qu’un angelot tient la
balance et une ruche, symbole de douceur selon Nivelon. Comme le remarque Nicolas
Milovanovic, ce portrait du roi sur un bouclier « constitue une sacralisation de la figure du
souverain 56 ». Il s’imposait dans le contexte de cette thèse. L’idée n’en était pas nouvelle,
et Le Brun s’en était servi à Versailles dans le salon de la Guerre, où le bouclier à l’effigie
royale était tenu par la France.
64 Comme les panégyriques, les images témoignent de la valeur et de la modération du roi,
dans le choix des vertus, dans le maintien et l’expression. La Clémence, qu’il juge « la plus
royale de toutes les vertus puisqu’elle ne peut jamais appartenir qu’à des rois, la seule par
qui on peut nous devoir plus qu’on ne nous saurait jamais rendre, j’entends la vie et
l’honneur, la plus grande enfin de toutes les choses qu’on peut révérer en nous puisqu’elle
est comme d’un degré au-dessus de notre puissance et de notre justice 57 », ne se trouve
explicitement sur aucune illustration de thèse, mais un lion symbolique l’évoque dans un
dessin préparatoire de Mignard pour la thèse de l’abbé de Louvois en 1692 (cat. 128).
65 Le portrait du roi suffit, et pour savoir les vertus sublimes qui l’animent, il n’est que de le
regarder. C’est sur son visage et dans son attitude qu’elles se lisent. En 1683, dans le Songe
de Philomathe de Félibien 58
, la Peinture dit à la Poésie « Ne pouviez vous pas employer vos
talens d’une autre manière sans vouloir m’oster la gloire que j’acquiers par l’excellence de
mes Tableaux, & particulièrement dans ceux, où sont des figures toutes mystérieuses, je
tasche à donner quelque idée de l’âme de ce grand monarque », et affirme : « Et moy je
représenteray ses vertus & ses actions en tant de nobles manieres, par des traits si
grands & des couleurs si vives, que j’obligeray le Temps à respecter mes ouvrages. »
Tentant de les réconcilier, l’Amour conclut : 66
« Si l’une raconte les grandes vertus de ce Prince incomparable, & fait une image des
beautez de son ame, c’est à l’autre à bien exprimer les actions heroïques, & tant de
choses morales qui font l’admiration de toute la terre. Songez seulement à
représenter fidelement ce que vous voyez, afin que les siècles à venir puissent
encore le voir dans l’estat où il paroist aujourd’huy à tout l’Univers. »
Les vices, l’Hérésie et les ennemis de la France
67 Les guerres de Louis XIV sont justes et ses ennemis, ceux de la France et de la Religion,
sont représentés sous l’apparence des vices ou de personnages monstrueux. Cette
évocation apparaît dès les années 1653-1654 59
, quand pour célébrer la fin de la Fronde,
Le Brun représente Mars attrapant aux cheveux la Discorde (cat. 20), tandis que dans sa
chute, la Fureur se brûle la tête avec son flambeau, et qu’Hercule arrache la Vérité des
mains de l’Ignorance que l’Hérésie tient par la cheville. Les thèmes de la guerre et de la
paix sont récurrents, aussi Le Brun revient-il souvent sur les vices. Dans la thèse de Saint-
Pol en 1664 (cat. 49), Louis XIV à cheval, impassible, terrasse l’Ignorance, la Fureur et la
Rébellion, laissant derrière lui la Crainte. En 1677, dans la Tèse de la Guerre (cat. 84), le roi
aussi à cheval, bâton de commandement à la main, passe imperturbable entre la Jalousie,
l’Hérésie, la Fureur, la Fourberie et la Trahison, qu’accompagnent les animaux héraldiques
de l’Espagne et de l’Empire. Au milieu du champ de bataille, précédé par l’archange Saint-
Michel et protégé par la Providence, il franchit les obstacles. En 1680, pour Colbert de
Croissy, donnant la main à la Paix, il descend d’un nuage pour anéantir la Discorde et la
fureur de la Guerre (cat. 92). Mais son intervention n’est pas toujours aussi directe :
en 1679, dans la huitième bordure de la thèse du prince de Turenne, Mars et Mercure
poursuivent à sa place chimères et monstres, symboles des désordres de l’Europe (cat.
91).
68 Si l’apparition de l’Hérésie n’est pas nouvelle, sa fréquence s’accroît à partir de 1680,
quand Le Brun fut chargé d’évoquer la lutte que le roi entreprend contre elle. Déjà
en 1671, dans la thèse de l’abbé de Noailles (cat. 70) dessinée par Paillet, elle était figurée
par un diable chevelu, aux oreilles d’âne, crachant du feu et tenant des serpents avec les
écrits de Calvin, Mélanchthon, Zwingli et Luther, tandis qu’engagé dans une guerre sainte,
Louis ordonne au génie de la France de l’exterminer. En 1683-1686, pour le Triomphe de la
Religion , imaginée de nouveau par Le Brun, les vices tombent en cascade devant Louis XIV
impassible (cat. 100) 60
: au premier plan, l’Hérésie 61 et la Discorde tiennent les quatre
livres condamnés ; le dragon renversé avec la couleuvre sortant de sa bouche « signifie le
venin dont toutes ces sectes en général ont été remplies en combattant le dogme de
l’Église catholique ». En dessous apparaît la Rébellion accablée par la chute des temples 62
.
Le Brun choisit l’instant du triomphe auquel participe la Vérité, assise au bas de la thèse,
tenant son livre grand ouvert. Une étoile brille sur son front et éclairant la Religion, elle se
tourne vers le roi et regarde les vices qu’elle contribue ainsi à anéantir. Comme le précise
Baudoin, elle est « cette Sapience immortelle à qui rien ne peut résister, elle est plus forte
par conséquent que toutes les choses du monde ; aussi est-ce pour la mesme raison
qu’elle foule un Globe de l’un de ses pieds 63 ». Ici elle ne le foule pas mais le tient sous sa
loi et celle de Louis, comme le proclame son génie qui soulève le voile aux armes royales
qui le couvre.
69 Le Brun était passé maître dans cette figuration des vices sous forme de monstres
agressifs. En 1684, dans la thèse des frères Le Tellier (cat. 102), Mignard n’adoptera pas ce
motif, mais y viendra à son tour en 1692 pour celle de Camille (cat. 128) : le vice, en
l’occurrence la Discorde, prend l’apparence plus humaine d’une femme à terre ;
brandissant une torche enflammée en direction du roi, elle s’appuie sur un livre dont
s’échappe un serpent, portant ainsi la lutte sur le terrain de la guerre sainte, comme
l’affirme la Religion dans le ciel.
Le roi en lui-même
70 Si l’histoire des grands hommes est utilisée pour élaborer son portrait, Louis XIV les
dépasse tous 64
, et l’on se contente bientôt de le représenter seul. Évoqués dans sa
jeunesse, ses ancêtres disparaissent.
71 En 1653-1654, pour célébrer la fin de la Fronde, Le Brun le montre sur un bige conduit par
la Sagesse et la Prudence passant devant un temple où sont assis Clovis, Dagobert,
Charlemagne et Saint Louis (cat. 20). Cette gravure fut réutilisée en 1659 avec quelques
modifications lors du traité des Pyrénées, puis de nouveau en 1687. La présence de ces
dynastes pacificateurs n’est pas anodine : il s’agit d’affirmer le pouvoir du roi et l’unité de
l’État, de fortifier l’édifice absolutiste et en 1687 de souligner l’universalité de la religion
catholique, dont, comme Saint Louis, le roi est garant. Mais leur présence à cette date est
une exception, que peut expliquer la récente révocation de l’édit de Nantes.
72 Contrairement à Clovis, Dagobert et Charlemagne, seuls Saint Louis et Louis XIII
apparaissent sur d’autres thèses dédiées à Louis XIV. Remis à l’honneur par Louis XIII 65
, le
culte de Saint Louis est encore en faveur. Cependant, rares sont avant 1680 les peintures
liées à la couronne qui en attestent 66
: par la place qui lui est accordée, la thèse des
Jésuites de Rouen dédiée en 1642 à Louis XIII (cat. 7) et celle de Le Maistre de Ferrières
dédiée en 1665 à Louis XIV (cat. 51) montrent son importance. Dans cette dernière, il
apparaît comme protecteur et comme modèle. Alors que son culte connaît une
importance croissante dont atteste la commande de tableaux 67 pour les Invalides et
Saint-Cyr, il déserte les thèses 68
.
73 Henri IV, qui lui fut présenté par son précepteur Hardouin de Péréfixe, est le second
modèle de Louis XIV. Lui-même y faisait souvent référence et de nombreux écrits
témoignent alors de son aura 69
. En 1663, dans la dédicace au roi de sa traduction des Vies
de Plutarque , l’abbé Tallemant remarque « Henry dont elle [sa majesté] tire son
origine, & qu’elle avoit eu dessein d’imiter, cessant de luy servir d’exemple, sera désormais
fort satisfait d’entrer en parallèle avec vous 70 », mais curieusement on ne trouve aucune
référence à son aïeul dans les illustrations de thèse adressées à Louis XIV. Quant à Louis
XIII, on ne le trouve qu’en buste en 1644 dans la thèse de théologie présidée par François
Suarez à Rome (cat. 10), et cette même année à Paris dans celle du prince de Conti (cat.
12). Enfin, il apparaît pour la dernière fois en 1663 dans celle de Charles-Maurice Le Tellier,
où Le Brun montre l’Histoire écrivant les hauts faits du roi et le portrait de son père dans
un médaillon, dont le format permet difficilement de le reconnaître (cat. 38).
74 La dernière apparition de Saint Louis remonte à 1665, celle de Louis XIII à 1663, et avec la
thèse de 1659 montrant le roi sur son bige (cat. 25), c’est la dernière fois que sont évoqués
les ancêtres de Louis XIV. Quel que soit le sujet, il est désormais le seul humain, et n’est
plus accompagné que des vertus et des dieux de l’Olympe, qui au fil des ans se retirent.
Comme le remarque alors Ézéchiel Spanheim en 1690 : « On s’attache à le faire seul
l’auteur et le mobile de tous les heureux succès de son règne, à les attribuer uniquement
à ses conseils, à sa Prudence, à sa valeur, à sa conduite 71
. » Jaloux de sa gloire, le roi
n’aime guère à la partager. Le 9 juin 1693, préparant son ode sur la prise de Namur,
Boileau écrit à Racine afin de connaître son avis sur la nécessité de « parler de M. de
Luxembourg. Vous n’ignorez pas combien nôtre Maître est chatouilleux sur les gens qu’on
associe à ses Louanges 72 ».
Louis XIV veut être le seul héros de la Guerre 73
75 . Il gouverne seul et seul commande aux
armées. Prenant ombrage du succès de son frère à la bataille de Cassel, il ne lui donna
plus de commandement. Au plafond de la galerie des Glaces, on ne le voit qu’une fois
tenant conseil avec Monsieur et Condé 74
. Il apparaît donc seul à cheval terrassant ses
ennemis dans la thèse de Saint-Pol (cat. 49) en 1664 et dans celle de Colbert en 1677 (cat.
84). Peint cette fois par Mignard, il apparaît également seul, mais à pied, au milieu des
batailles dans les deux thèses gravées par François de Poilly (cat. 102, 128). Cette
représentation héroïque se retrouve dans quelques dessins et tableaux de Le Brun et de
Parrocel, où on le voit dans la mêlée au siège de Besançon en 1674 et d’Ypres en 1678 75
.
76 Et le roi n’entend pas non plus partager sa gloire avec les vertus, les dieux et les héros.
Certes il lui arrive de s’appuyer sur eux, comme dans la thèse des frères Le Tellier, mais
même alors il semble les ignorer (cat. 102). Il réserve ses regards à ses sujets ou fixe
l’horizon. Il est porté vers son destin ; la présence divine et protectrice qui l’entoure est
partie intégrante de sa personne, et la relation qu’il entretient avec elle est si naturelle
qu’elle n’a pas à être exprimée. Lorsque l’Église catholique (cat. 70) lui signale la présence
de la Trinité et des pères de l’Église, il ne la regarde pas, car il sait qu’ils veillent sur lui : ce
qui importe est qu’il considère son peuple afin de lui transmettre sa force. Lorsque les
vertus qui accompagnent le parlement de Rennes lui rendent hommage (cat. 127), Louis
tourne son visage vers le spectateur. Ce sens du devoir à accomplir apparaît nettement
en 1681, lorsque sous le burin de Teresa del Po, porte-parole de Pompeo Amerighi (cat.
94), la France désigne au roi l’Asie et l’Afrique, et qu’il s’élance, sans lui adresser un regard,
vers ces nouvelles conquêtes, ordonnant à ses généraux de le suivre.
77 Qu’il s’agisse d’évoquer la guerre (cat. 84) ou la paix (cat. 92), qu’il soit entouré de la
Discorde, de l’Erreur, des ennemis de la France ou des vertus, Louis XIV, inébranlable, les
ignore tous 76
. Seule son action importe et tout atteste de sa « vocation à rétablir l’empire
universel 77 ». Aussi le voit-on donner des ordres à Minerve dans la thèse de l’abbé de
Louvois en 1692 (cat. 128). Cette vocation est manifeste dans la thèse de l’abbé de
Polignac (cat. 100), où la Religion le porte en triomphe sur son char comme bouclier de
l’Église ; cette apparition suffit à terrasser l’Hérésie, tandis que les peuples reconnaissants
prient pour lui. Bien souvent, comme dans la thèse du prince de Turenne en 1679 (cat.
91), les dieux, ici Mars et la Paix, le présentent à l’adoration de ses sujets sur un piédestal
dans le temple de la Gloire. Cette conscience de soi se retrouve partout. En 1665, dans la
thèse de Gilles Le Maistre (cat. 51), c’est Saint Louis qui le prie de prendre sa place sur le
char. S’il semble avoir quelque considération pour l’Europe catholique dans la thèse de
Colbert de Croissy (cat. 92), c’est qu’elle implore son secours. La sérénité et la domination
sur toute chose, dont le roi fait preuve en toute occasion, doivent donner force et
confiance à ceux qui l’observent et rallier ceux qui doutent. Comment ne pas être sensible
à son regard dans les thèses de La Religion , de La Paix et de La Guerre ? Dès 1659, il
apparaît fièrement campé sur son bâton de commandement, conduit par la Sagesse et la
Prudence (cat. 25) ; en 1663 dans la thèse d’Amelot (cat. 42), il tient le timon de son navire
face au Zèle religieux ; en 1668 dans la thèse de Seignelay (cat. 63), alors qu’héros et
vertus travaillent pour lui, il impose sa loi à la Victoire qui souhaite l’entraîner vers d’autres
conquêtes, refuse le casque qu’elle lui tend et préfère la paix. Déjà en 1644, pour une
thèse initialement prévue pour célébrer Louis XIII, Huret montre Mars, Minerve et Hercule
chassant les ennemis de la France, tandis que Louis XIV nous invite à admirer le spectacle
qui se joue sous ses yeux (cat. 10).
78 Le Brun, Mignard et Paillet inventent pour le roi de nouvelles attitudes et de nouvelles
expressions. En 1664, pour la thèse du comte de Saint-Pol (cat. 49), il est à cheval en roi de
guerre stoïque, tel qu’on le trouve ensuite dans la plupart de ses portraits. Dorénavant il
n’a plus besoin de l’intervention des dieux ni des héros ; sa présence suffit pour terrasser
ses ennemis. Se tournant vers le génie de la providence qui lui présente un globe
fleurdelisé, la tête dans les nuées, il ne pense qu’à la grandeur de la France. Comme le
remarque Félibien à propos du tableau de Le Brun dont cette gravure procède, « ce cheval
si fier & si superbe représente cette noble ardeur des Français qui porte aux actions les
plus relevées. Mais l’on voit comment par une modération sans exemple V. M. retient cette
généreuse passion, dans le moment qu’elle est dans sa force, & que rien n’est capable de
luy résister 78 ».
Le Brun représente plutôt son résultat que le combat lui-même. Comme le dit Félibien, il 79
peint le roi dans cet « état glorieux & triomphant où vous paroissez aujourd’huy aux yeux
de tout l’Univers, après avoir donné la paix à toute l’Europe ». Le Brun a « travaillé à faire
voir ce qu’il y a de grand & de majestueux » dans la personne royale : « ce port & cette
taille si grande, si noble, si aisée, & dont les Anciens formoient leurs demi-Dieux […] tel
que vous apparaissez quand à la teste de vos Armées vous inspirez une nouvelle ardeur
dans l’âme de tous ceux qui ont l’honneur de vous suivre ». La beauté du corps de Louis
apparaît « comme une marque de celle de son âme et la lumière qui en provient se
répand au dehors ». L’historiographe du roi traduit à merveille l’effet recherché par l’artiste
qui a « parfaitement peint […] cette bonté, cette valeur, & cette majesté, qui s’y font voir au
milieu de tant de force & de douceur », toutes qualités qui vous font « aimer de tous vos
Sujets et craindre de vos ennemis et admirer de tout le monde 79 ».
80 Ces vertus héroïques que Félibien se plaît à lire en la personne du roi réapparaissent dans
ses autres portraits. Dans la thèse de l’abbé Colbert en 1677, où le roi toujours aussi
impassible est de nouveau à cheval (cat. 84), le génie de la France lui fraye un passage en
brandissant son glaive contre l’aigle de l’Empire. Rien dans son attitude ne laisse deviner
le mouvement, pourtant il va si vite que la Divine Providence qui l’enveloppe de son
manteau et le génie porte-étendard ont peine à le suivre. De la tranquillité du roi résulte
celle de la France. C’est le sujet du discours prononcé pour la Saint-Louis de 1681 à
l’Académie française par son directeur Jean Doujat qui souligne cette
« vertu si rare, plustost vantée que possédée par les anciens philosophes, mais
inconnuë de nostre siècle hors l’âme de LOUIS LE GRAND est sans doute ce qui fait le
véritable Héros, et le rend Maistre de tout ce qui est hors de luy en le rendant
Maistre de soy-mesme. Cette Tranquillité que S. LOUIS conserva admirablement
dans tout le cours de sa vie, ne règne pas moins dans celle de LOUIS LE GRAND. Elle
est la compagne inséparable, & l’ornement de ses vertus, & fait le plus haut point de
sa véritable Grandeur 80 ».
81 Comme dans la thèse des fils de Louvois dessinée par Mignard en 1684 et 1692 (cat. 102,
128), cette attitude calme et posée confère au roi la qualité de philosophe. Ainsi que le
rappellent bon nombre de panégyristes, « Roi-philosophe, Roi-sage », au-dessus des
hommes, il donne le repos à ses sujets, à l’Europe et même à toute la Chrétienté 81
. Cette
maîtrise de soi contraste avec la vaine agitation de ses ennemis et se retrouve comme
expression du pouvoir absolu dans le décor de la galerie des Glaces 82
: inaccessible dans
son calme souverain, le roi occupe seul le centre de chaque composition. Cette analogie
ne s’explique pas seulement par les choix de Le Brun et de Mignard, mais aussi par la
volonté du monarque et de ses ministres de diffuser à grande échelle l’image d’une
majesté tranquille et omnipotente.
82 Cette maîtrise de soi, ce contrôle des affects qui se lisent dans l’attitude et le visage du roi
dès son plus jeune âge, font partie des qualités indispensables d’un souverain, ainsi que
Jean-François Senault, général de la congrégation de l’Oratoire, le rappelle au roi en lui
dédiant Le monarque, ou Les devoirs du souverain 83 en 1661. Il propose son ouvrage
comme un « Miroir fidèle dans lequel Elle [sa Majesté] pourra voir non pas les traits de
son visage, qui donne du respect & de l’amour à tous ceux qui le regardent, mais les
vertus de son ame, & ces rares qualitez qui la font si glorieusement regner dans la
France 84 ». Et en effet, le portrait qui se dessine ressemble à ceux des frontispices des
thèses. Selon Senault, les qualités essentielles du prince doivent être la bonté et la
grandeur, qui ne vont pas l’une sans l’autre, la grandeur étant effroyable sans bonté et la
bonté inutile sans grandeur, car la bonté sans la grandeur fait naître le mépris chez les
méchants et la grandeur sans la bonté engendre la terreur chez les bons. Par la bonté, le
prince réfrène ses passions et veille au bien de ses sujets 85
. Ainsi « les Rois doivent
commander à leurs passions plus que les autres hommes 86 », mais la plupart étant
animés par des passions aveugles, rares sont ceux qui y sont parvenus, car « un Prince
qui n’écoute pas la Raison est incapable de gouverner […] Mais pour écouter ses avis, il
faut qu’il règle les passions de son Ame, & qu’il appaise les orages qu’elles y ont
excitées 87 ». Comme Senault le rappelle, les passions ont perdu Alexandre et les Césars.
Dans ces grandes allégories, seul importe le roi en lui-même. En 1668, l’explication de la
thèse de Colbert de Seignelay est sans ambiguïté :
« Et tu vivras par Toy plus que par tes Portraits.
Ta vertu brillera plus que ton Diadème
Ta valeur durera plus que le marbre même […]
D’un plus brillant métal ton image formée,
Sera, comme tu fus, dans la Flandre allarmée ;
Elle aura ta vigueur &, ton air noble, grand :
Tous les traits y seront des traits de conquerant
Sur ton front glorieux des palmes entassées
Y representeront tes Victoires passées. »
83 Si de thèse en thèse le pouvoir absolu du monarque est célébré, jamais on ne justifie ses
actions, car selon Pellisson « la justice et le droit seront dits, sa cause entendue, à la fin,
avec la victoire et la gloire du roi, le jugement rendu, en toute justice, par l’histoire ellemême
88 ». Décrivant le portrait équestre peint par Le Brun, Félibien présente le roi
comme « chef-d’oeuvre » et modèle de tous les rois par ses vertus 89
.
84 Écrit entre 1682 et 1685, dates de la naissance du duc de Bourgogne et de la révocation
de l’édit de Nantes 90
, à l’occasion probablement de la soutenance d’une thèse par un
certain Guiou, le « Panégyrique du Roy Très-chrétien 91 » en est un exemple :
« En effet quand je pense que le premier Monarque du Monde n’a pas dédaigné de
jeter les yeux sur moy, que ce Conquerant a bien voulu, au milieu de ses victoires, et
de ses triomphes descendre jusqu’au soin de mon Education, je ne puis moins faire
en reconnaissance d’une faueur si haute que de benir la main liberalle, quj m’en a si
genereusement gratifié 92
. »
85 Cet éloge est une occasion de revenir sur « des vertus admirables, des actions divines, des
exploits glorieux, et où je voy réunies, dans un seul Monarque, toutes les belles qualitez ».
« Qui pourroit representer, au naturel, toutes les vertus ensemble, nous donneroit
une idée bien juste de ce Prince intrépide dans les dangers, moderé dans les succès,
fidèle dans ses Traités, ferme dans ses résolutions, infaillible dans ses Desseins,
Grand dans la guerre par son courage, dans la paix par sa Modération, dans l’Etat
par sa Prudence, dans la Religion par sa piété. […] Mais cet air si charmant, et si
redoutable tout ensemble, qui éclate dans sa personne auguste qui échappe à
l’habileté du pinceau, et qui s’imprime si vivement dans les coeurs, ne nous découvret-
il pas tous les trésors de sa grande âme de cette âme privilégiée, que le Ciel a tout
visiblement créée pour Commander à tout l’Univers 93
. »
86 Revenant sur « les rois placés par la Providence sur le trône », sur la Bonté, la
Magnanimité, la Charité du roi, qu’on retrouve sous le crayon de Le Brun, Guiou célèbre
« cette activité continuelle jointe a une tranquillité profonde, qui fait que ses occupations
sont sans embarras, son travail sans empressement, ses soins sans inquiétude 94 ». Il
insiste encore sur
« cette rare Modération victorieuse de la victoire même, qui a si souvent, au grand
étonnement, de ses ennemis, triomphé de leurs coeurs superbes, nous fait assez voir,
qu’il n’est pas moins maitre de ses passions, que de ses sujets ; qu’il sçait vaincre
sans orgueil, comme il sçait combattre sans emportement ; qu’il n’a pour ennemis
que l’Impiété, l’usurpation & la violence, qu’il ne porte l’épée que pour protéger ses
peuples, et non pas pour les perdre, & pour défendre, & pour venger les interests de
l’Église ».
87 Devant un tel portrait, on pense aux illustrations des thèses du comte de Saint-Pol (cat.
49) et de l’abbé Colbert (cat. 84) gravées d’après Le Brun par Rousselet en 1664 et par
Edelinck en 1677, où le roi à cheval passe impassible au-dessus de ses ennemis.
De 1663 à 1688, le roi reste le même : Guiou revient sur « cette égalité magnanime qui le
rend toujours également admirable » et qui dans la guerre comme dans la paix fait fleurir
les arts. Mais c’est surtout du « Roy très chrétien, et protecteur invincible de la Religion 95 »
qu’il chante la louange. Comme l’abbé Crouzeil (cat. 120) célébrant les lys de France, Guiou
décrit « l’Église Gallicane uniquement occupée à recevoir les caresses de cet Epoux sacré
qui se plait spécialement parmi les lys ne pensait qu’à chanter à son bien aimé des
cantiques de réjouissance et de Paix quant tout a coup parût ce Monstre infernal
[l’Hérésie] 96 ». Comme l’abbé de Noailles (cat. 70) montrant le roi défenseur de l’Église
catholique et romaine, il compare l’état glorieux du royaume de France avec l’état
pitoyable de l’Empire « qui eut le malheur de voir succéder au premier empereur Chrétien,
un empereur hérétique et dans la gloire d’avoir embrassé le premier l’évangile a été
souvent ternie par de semblables désordres 97 », alors que « heureuse [est la] France
d’estre encore aujourd’huy, et même plus que jamais le rempart et la forteresse de la
Religion », car « depuis plus de douze cens ans qu’ils portent le joug de l’Église, les lys
descendus du Ciel ne furent-ils pas, de tous les temps le symbole de la pureté de sa
croyance. Et si quelques françois, plus éloisgnez du trône, se laissent entrainer au torrent
impétueux de l’hérésie dernière ne sçait-on pas qu’un plus grand nombre est demeuré
dans la barque de saint Pierre 98 ».
L’emblème royal et la monarchie
88 Quoique la thériaque soit le sujet majeur de la thèse de Rouvière (cat. 105) en 1685,
l’image renvoie à la personne du roi, symbolisée par le Soleil et la devise « NEC PLURIBUS
IMPAR ». Le centre de la composition est occupé par un autel aux armes de France où
brûlent des parfums pour encenser la devise royale vers laquelle s’envolent des mouches
à miel, sorties des entrailles d’un boeuf mort. Comme le précise l’analyse publiée avec la
gravure dans le Mercure de mars 1685 99
, cette composition énigmatique fait l’apologie de
l’état monarchique. Selon les naturalistes anciens, les mouches étaient engendrées d’un
boeuf, animal lunaire, placé dans la fange en bas de la composition pour marquer la
bassesse de leur origine, alors qu’à l’arrière des abeilles, qui constituent un état
monarchique, sortent des flancs d’un lion mort, animal solaire. Le Mercure ajoute :
« comme le soleil surpasse infiniment la lune, et toutes les planètes, en force, en
vertu et en lumière, ainsi le lyon doit l’emporter sur les autres animaux, comme
Animal solaire, dont les productions sont plus nobles. […] Il est l’Ame de l’Emblème,
et à cette inscription pour marquer la noblesse des Abeilles qui en sortent, “ Phoebui
ab origine proestant” . L’autre inscription fait voir le bonheur des abeilles, qui sont
gouvernées et conduites par un roy. En effet, l’état monarchique étant le meilleur de
tous les états, ceux qui sont les plus soûmis à leur roy, doivent s’estimer les plus
heureux, et se vanter que Uno sub rege beantur ».
89 La composition est donc un hommage au roi qui est symbolisé à la fois par le lion, par le
Soleil et par ses armoiries gravées sur l’autel où brûlent des parfums à sa gloire. Le
candidat analyse la nature toute divine tout en faisant l’apologie de la monarchie 100
,
suggérant l’idée d’une domination universelle 101
, qui dès les années 1670 fit l’objet de
réinterprétations satiriques. Il est aisé, ajoute le compte rendu, « de connaître que le
principal dessein de cet emblème énigmatique est de faire entendre que tous les peuples
de la terre seraient heureux, s’ils étaient sous la domination de notre auguste
monarque ».
90 Quatre ans après, en 1689, le même Rouvière dédia à Louis XIV une seconde thèse, dont
l’illustration, surmontée du Soleil personnifié, montre Chiron recevant Esculape nouveauné
des mains d’une des Heures en présence d’Apollon (cat. 122). La simple présence de
son emblème montre le rayonnement du roi sur le monde, son influence sur les sciences
et les arts et son souci du bien-être de ses sujets :
« A l’égard de la Devise du Roy […], on a eu sujet de peindre icy le Soleil, dont le mot
est, Nec pluribus impar , afin de marquer que le Roy est un Soleil qui a assez de
lumière pour éclairer non seulement plusieurs Parties du Monde, mais aussi toutes
les Sciences & tous les Art. Si Apollon, selon les Poëtes, est Dieu de la Médecine & de
la pharmacie, LOUIS LE GRAND est véritablement le Protecteur & le Restaurateur de
ces sciences, par le soin qu’il veut bien prendre de faire distribuer à ses sujets & aux
Etrangers les plus excellens & les plus rares Remèdes, & specialement la THERIAQUE,
dont la dispensation & la composition se font en présence des Magistrats à qui sa
Majesté a donné l’autorité de regler ce qui regarde la seureté & l’avantage du
public, & sous les auspices de Monsieur Daquin, premier Médecin du Roy, illustre par
la prudence & par son zèle, & très-digne non seulement de l’estime d’un si grand
Monarque, mais aussi de l’amour de tous les peuples 102
. »
91 Ainsi, dans ces deux compositions, se retrouvent ce « principe de l’influence céleste du
Roi-Soleil 103 » et cette fonction active de l’astre, qui régit nombre de grands décors royaux
entre 1655 et 1670 et qui, par son influence supérieure, garantit l’harmonie de son
royaume et le bonheur des Français. Ce recours à l’emblème du Soleil devient ensuite plus
rare et selon Hendrik Ziegler 104
, il tend à disparaître des médailles vers 1685, ce qui
s’explique par les difficultés militaires et l’utilisation satirique qu’en font les Hollandais en
en détournant l’emploi, s’emparant d’épisodes bibliques, mythologiques ou de
phénomènes astronomiques, comme le Soleil arrêté par Josué, la chute de Phaéton ou
l’éclipse solaire de 1706.
92 Si les compositions énigmatiques peuvent paraître aujourd’hui abstruses, et même
absconses, le public un tant soit peu cultivé prenait plaisir à en découvrir le sens. On sait,
par les études de Jennifer Montagu 105
, Georges Couton 106 et Judi Loach 107
, l’importance
des énigmes dans les collèges des Jésuites. Comme une thèse ou une représentation
théâtrale, l’exposition d’un tableau énigmatique est un événement scolaire et mondain qui
couronne leur enseignement, repose sur la poétique, l’histoire, la géographie, la
rhétorique et les sciences et s’appuie sur l’étude du blason, des monnaies, des devises et
emblèmes. C’est de l’un et l’autre de ces deux derniers modes que relèvent les thèses de
Rouvière. Celle de 1685 tient plus de l’emblème, celle de 1689 de l’énigme puisque selon le
père de Jouvancy, « une énigme dont on fait le sujet d’un tableau n’admet que des figures
humaines, tandis que l’emblème admet n’importe quelle figure 108 ».
Le portrait en buste : attributs et symboles
Les instruments du pouvoir : couronne, sceptre et main de
justice
93 En 1661, l’abbé de Brienne commanda à Nicolas Mignard et Nanteuil un portrait du roi en
buste et en armure (cat. 31) devant un rideau brodé de lys armoriaux, avec de part et
d’autre sur des carreaux une couronne de laurier et un rameau d’olivier entourant les
instruments du pouvoir : à gauche, la balance, le glaive et le sceptre de Charlemagne 109
, à
droite la main de justice ; au-dessus du médaillon, la couronne royale avec sur un large
phylactère ces mots tirés du psaume 84, verset 11 : « IVSTITIA ET PAX OSCVLATAE SVNT »
(« La Justice et la Paix se sont embrassées »). Cette composition est la première d’une série
de portraits créée par les frères Mignard et Le Brun, où s’enrichit peu à peu l’appareil des
attributs allégoriques destinés à mettre en valeur les instruments du pouvoir royal.
F igure 98. – Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun, Tèse avec le portrait de
Louis XIV en médaillon , 1664.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 124.78 KB )
94 Van Schuppen en grava deux ( fig. 98 , cat. 43 ; cat. 48) : dans l’un, la couronne, le sceptre,
la main de justice et le drap fleurdelisé sont les principaux ornements ; dans l’autre, plus
somptueux, le portrait dessiné par Le Brun, porté par deux amours appuyés contre les
armes royales et entouré de trophées militaires et d’une trompette, est orné d’une
couronne de laurier ; l’ovale est placé devant des feuilles de chêne et surmonté d’une
couronne royale accompagnée de palmes devant laquelle le sceptre et la main de justice
sont posés en sautoir. Une autre composition, d’après Chauveau (cat. 46), fait reposer le
médaillon sur la tête du lion de Némée, l’entoure des casques de Minerve et de Jupiter et
s’enrichit de palmes, d’une paire d’ailes semées d’yeux, de bouches et d’oreilles ; deux
trompettes passées dans la couronne royale proclament la force du roi. Les armoiries ne
sont pas employées seules, sauf dans la thèse en livret de Claude Fyot (cat. 15) en 1650,
où elles font face à la dédicace, et dans celle de Jacques Symon (cat. 113) en 1686, où elles
figurent dans un bandeau. Le plus souvent, elles sont associées aux lys, au soleil et au
globe.
Lys au naturel et lys héraldiques. Le soleil personnifié
95 Les lys, symbole de la France, sont partout présents, que ce soit dans le décor de la salle
des thèses, sur le dais, les tentures et les tapis, ou dans les compositions des grandes
thèses historiées, sur la cuirasse et le manteau du roi et les trophées. On les trouve
également dans de nombreux portraits en buste. Les continuateurs de Loret indiquent
que la thèse d’Hocquincourt (cat. 37), gravée par Nanteuil,
« Estoit dédiée à Louis
Sous qui nos Lys épanouis
Brillent d’une si haute gloire
Que de pareille il n’est mémoire. »
96 En 1669, Nanteuil insère aussi des lys au naturel dans la couronne qui entoure le portrait
du roi dans la thèse de Fortin de La Hoguette (cat. 65). Assez rare, la formule était déjà
apparue en 1660 chez Nicolas de Poilly pour une autre thèse de Monchy d’Hocquincourt
(cat. 29) d’après Perroteau. Les lys au naturel étaient chers aux frères Poilly : en 1660,
François en glissa une branche au milieu de rameaux d’olivier sous ses armes au bas d’un
portrait du roi peint par Nicolas Mignard 110
.
97 En 1670, Nanteuil réutilisa le cuivre de la thèse de Fortin de La Hoguette pour l’abbé
d’Harcourt (cat. 67), et faisant disparaître la couronne, il ajouta dans chaque angle une
fleur de lys héraldique, motif qu’il avait déjà utilisé en 1664 pour l’abbé de Choisy (cat. 44)
et en 1666 pour Servien (cat. 56), et qu’il reprit pour d’autres membres de la famille
royale 111
. Il s’était approché de cette formule en 1656 pour la thèse d’un certain Sève,
surmontée d’un portrait de Mazarin 112
: dans les écoinçons il avait mis en haut deux fleurs
de lys pour montrer que le ministre était serviteur de la France, et en bas deux étoiles,
meubles des armoiries du cardinal.
98 Nanteuil varie les présentations. Dès 1650, il imagine un semis de lys pour un portrait
d’Henri de Mesme 113 et s’en servit en 1668 et 1676 pour les portraits du roi commandés
par Jules-Paul de Lionne (cat. 64) et l’abbé d’Aquin (cat. 78). Van Schuppen utilise ce semis
en 1664 pour le fond et le tapis qui recouvre le piédestal du portrait utilisé par Hubert
Ancelin (cat. 48). La fleur de lys apparaît aussi sur la cuirasse du roi. Chez Nanteuil il arrive
qu’il y en ait trois (cat. 67) dès 1670 ; puis cette représentation s’impose ensuite chez les
autres graveurs 114
.
99 À ces symboles royaux s’ajoute le soleil personnifié qui servait déjà à célébrer les
Habsbourg ; on en fit le plus grand usage pour Louis XIV 115
. On le trouve dans les
écoinçons de quelques portraits en buste gravés par Nanteuil et il est également l’âme
des devises qui entourent celui que Grignon a exécuté d’après Nicolas Mignard
en 1666 pour la thèse d’Yzoré d’Hervault (cat. 54, fig. 99 ) ; les deux premières devises sont
mentionnées par Ménestrier dans la Philosophie des images : « OCCVLTVM NIHIL ESSE
SINIT 116 » (« Il ne laisse rien de caché »), signifiant que « L’oeil de Dieu penetre tout, & rien
ne luy peut être caché » et « MEDIVM NON DESERIT VNQVAM » (« Il ne sort jamais du
milieu, pour un homme juste & vertueux, qui ne quitte jamais le milieu de la Vertu ») 117
.
Texte et image se complètent. L’apologie devient plus précise et renforce la dédicace où
Yzoré d’Hervault célèbre le roi « REX INVICTISSIME », « REX POTENTISSIME », « REX
AVGVSTISSIME ». En 1676, pour Louis d’Artagnan, Masson place des devises dans les
écoinçons de chaque côté du portrait du roi (cat. 79). L’une fait allusion aux tensions qui
secouent la France, et pour mieux mettre en évidence l’invincibilité du monarque, trois
hommes tentent d’atteindre le Soleil avec des lances : « Nec radium eripient » (« Et qu’ils
n’arrachent pas le rayon »), et l’autre surenchérit sur sa toute-puissance et son caractère
unique, en figurant le Soleil brillant au-dessus d’un paysage avec l’exergue « Quando ullum
inuenient parem » (Horace, Livre I, Ode 24 : « Quand trouvera-t-on quelqu’un de semblable
à lui »).
100 Symbole du roi et évocation d’Apollon protecteur des arts, le soleil rayonnant apparaît
dès 1666 au-dessus du portrait du roi accompagné des instruments des sciences et des
arts dans la gravure de Landry, qui fut utilisée pour une thèse soutenue à Rome
en 1686 (cat. 111). On le retrouve dans la thèse en livret de Séraphin Crouzeil (cat. 120),
soutenue à Rome puis à Paris, dessinée par Sevin et gravée par Bonnart en 1688, cette
fois brodé sur un étendard avec la devise : « Sufficit omnibus unus » (« Un seul suffit à
tous »), qui proclame que le pouvoir ne vient que du monarque. Il est placé au bas du
portrait avec d’autres attributs : des drapeaux avec le monogramme de Louis, les
instruments des arts, un coq symbole de la France et de la vigilance, une épée et des
tambours, qui célèbrent le roi guerrier et pacificateur. Personnifié, il paraît parfois au bas
des positions, comme sur la thèse de Jean-Thomas Hue de Miromesnil (cat. 118) gravée
en 1687 par Van Schuppen d’après Voet, sur un des écus, alors que l’autre porte le foudre.
101 Les inscriptions latines expliquent souvent l’image. Ainsi en 1659, une gravure dessinée
par Poilly montre Louis XIV (cat. 24) assis sur un trône, tenant le portrait de Mazarin
devant un temple, image réduite du Panthéon, dont le fronton porte ces mots sculptés,
« QVAE TIBI TEMPLA DICAMVS IPSE COLAS », derniers vers du livre I des Silves de Stace,
consacrés à la statue colossale de Domitien sur le Forum latin, où le poète célébrait le
héros las de la guerre et des combats, placé au rang des dieux, accordant à ses ennemis
un pardon généreux, écartant d’une main la guerre et soutenant sans peine une statuette
de Minerve. Certes, il s’agissait d’une statue équestre d’empereur, mais le parallèle avec le
roi ne pouvait échapper aux contemporains instruits. Ainsi, l’image se trouvait enrichie
par ces références : ces vers exhortent le héros à se laisser aimer de la Terre et à habiter
le temple que l’amour de son peuple lui dédie.
102 Comme exemple de l’importance des lys dans les panégyriques et les exercices dans les
collèges, on retiendra l’ Explication d’un tableau énigmatique 118 …, dont il convient de
souligner la parenté avec la thèse de Rouvière. L’énigme porte à la fois sur les perles, les
lys et les bienfaits du Soleil. « Où peut-on vivre heureux si sous les bons auspices du
monarque des Lis nous ne le sommes pas ? » s’interrogent les jeunes élèves 119
. Comme
dans la thèse de Crouzeil (cat. 120), le motif du jardin trouve sa place :
« Ils expliquèrent ensuite le tableau. L’un d’entre-eux dit qu’il représentoit un beau
Parterre dont le Lis figuré par sa Majesté faisoit l’ornement et la gloire. Un autre,
cherchant [un] plus noble symbole du Roy, dit que c’étoit un Soleil qui faisoit éclore
dans les jardins de la France des fleurs transportées d’Orient. […] On s’étendit sur les
louanges du Lis qu’on appella le Roy des Fleurs, et l’on fit voir les convenances de
cette illustre fleur avec Louis le Grand 120
. »
103 Parmi les similitudes entre le lys et le roi, on souligna que le lys porte plusieurs fleurs
comme lui et que tous deux ont une riche descendance ; par ailleurs, dit un des élèves,
« en nous montrant Louis, il [le Ciel] vouloit nous surprendre et nous montrer en luy vingt
héros rassemblez ». Si le lys fleurit lentement, il n’en devient que plus précieux, tout le
monde attend son apparition avec ferveur : « un si riche trésor devoit se faire attendre 121
.
[…] Si les Rois ici bas avoient un Souverain, Louis pour les régir tiendroit le sceptre en
main ». Et de souligner plus loin : « Le lis vit plus longtemps, que ne vit-il toujours ? […]
Ah ! vivez-en autant qu’on voit luire d’étoiles 122
. »
104 Ainsi ces lys, naturels ou héraldiques, qui apparaissent dans les portraits gravés du roi,
délivrent de riches messages que chacun peut décrypter à sa guise.
F igure 99. – Jacques Grignon d’après Nicolas Mignard, Tèse de Mathieu Yzoré
d’Hervault , 1666.
Agrandir Télécharger l’image (.jpg , 140.92 KB )
Notes de bas de page
1 Commencés en 1657, ces portraits furent réunis en 1659 par Jean Segrais,
gentilhomme ordinaire de Mademoiselle de Montpensier. Ils ont été publiés en 1735 à la
suite des Mémoires de Mademoiselle de Montpensier (M ontpensier 1746, citations p. 6 et 10).
2 L. 122, 123, 124.
3 Un portrait peint par Pierre Mignard et gravé cette même année par François de Poilly
(L. 396) montre le roi avec une courte perruque en boule atteignant à peine la naissance
des épaules.
4 Peint pour célébrer la prise de Namur, le tableau est conservé au château de
Versailles, MV 2032.
5 Il en est ainsi en 1676 dans la thèse de Pellot (cat. 81), en 1668 dans celle de Seignelay
(cat. 63), en 1684 dans celle des Le Tellier (cat. 102) et en 1692 dans la thèse de l’abbé de
Louvois (cat. 128).
6 Par exemple en 1681 dans celui de Van Schuppen pour Michel-François Le Tellier (cat.
96), en 1682 dans ceux d’Étienne Picart d’après Paillet (cat. 98), de Cossin pour Jean
Poisson (cat. 97), et 1685 de Beaufrère pour la thèse de l’abbé Berthe (cat. 110).
7 P erez 2009.
8 P iles 1708, successivement p. 261, 271, 261.
9 P iles 1699, p. 136, cité dans P erez 2009, p. 58.
10 F élibien 1689, p. 70.
11 Ces propos sont rapportés par B aldinucci 2013, p. 242.
12 Mais tous les graveurs français ne furent pas aussi habiles et sous le burin des
artistes étrangers, Louis XIV prend parfois un aspect peu plaisant. Pour s’en convaincre, il
n’est que de consulter les recueils d’estampes N2, N3 et N4 de la BNF. Voir cat. 99.
13 Ce traité ne fut pas appliqué. Le 15 décembre suivant, le roi tint un autre lit de justice,
où il nomma quinze ducs et pairs. Cet événement plus connu est postérieur à cette thèse.
Sur les lits de justice, voir H anley 1983.
14 Voir cat. 44, 46, 50.
15 Voir le portrait gravé par Cossin en 1679 (cat. 91).
16 Voir cat. 33, 42, 63, 76.
17 S aule 2007.
18 N éraudau 1986, p. 258.
19 Ibid. , p. 257.
20 N ivelon 2004, p. 484.
21 Charles Poerson le père, Louis XIV en Jupiter vainqueur de la Fronde , vers 1664, huile
sur toile, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 8073.
22 R ipa 1989, t. I, p. 197 et t. II p. 83-84.
23 Voir B ardon 1974, p. 49 et suiv. ; N éraudau 1986, p. 67, 69 et suiv. ; S abatier 1999,
p. 215-240.
24 VM 266 et 267.
25 VM 279.
26 Anonyme d’après Errard. Voir C oquery 2013, G. 476.
27 On ignore l’auteur de la gravure. Nicolas Berey, mort en 1667, était spécialisé dans
l’édition des cartes de géographie et ne semble pas avoir gravé. Absente de l’IFF, la
gravure est ignorée de Maumené et d’Harcourt. Voir Vienne, Osterreichische
Nationalbibliothek, Bildarchiv und Grafiksammlung, PORT_00038802_01 ; Pg 60 55/1 in
Ptf 61.
28 La gravure fut réutilisée en 1659 puis en 1687.
29 Cette représentation de Louis XIV en Hercule français réapparaît en 1675 sur l’un des
reliefs de la porte Saint-Martin sculpté par Étienne Le Hongre, qui célèbre la Victoire du roi
sur l’Espagne, les Pays-Bas et l’Empire durant la guerre de Hollande, mais là le monarque
est nu, et la peau du lion autour des hanches, il terrasse Géryon.
30 Voir P olleross 2001.
31 Tiré de Virgile, Énéide , livre VI, vers 403, et livre IV vers 11-12.
32 Traduction par M énestrier 1679, p. 100.
33 L a B retonnière 1668.
34 G iometti 2010, p. 101.
35 Rome, villa Médicis. Sur cette statue et la commande, Z iegler 2009.
36 Ibid. , p. 87-88 (AAE, correspondance politique, sous-série : Rome, 401, cardinal de
Bouillon à Louis XIV, Rome, 19 mai, 1699, fol. 120-121, 126-128) et E rben 2004, p. 250.
Cette estampe n’a pas été retrouvée.
37 L a B retonnière 1668, p. 6.
38 Mercure , septembre 1680, p. 290.
39 Voir F errier- C averivière 1981, p. 87.
40 La gravure fut réutilisée en 1659 (cat. 25).
41 P olleross 2001.
42 Il quitta la France en 1667.
43 VM 318.
44 Cat. 10, 17.
45 Voir R ipa 1989 (Vigilance, CLXXI) ; C hevalier et G heerbrant 1982, p. 57.
46 Voir Amelot (cat. 42), Seignelay (cat. 63), les frères Le Tellier (cat. 102), Camille Le
Tellier (cat. 128).
47 Selon N ivelon 2004, cette figure incarnerait la monarchie française (p. 455).
48 Traduit par Baudouin : R ipa 1989, p. 82, LXIX.
49 Ibid. , p. 82, LXIX.
50 D u F our 1684.
51 Dictionnaire de l’Académie françoise 1694, p. 655.
52 L eplatre 2002.
53 Z oberman 1991, p. 173.
54 Jennifer Montagu, notices 45 et 46 dans V ersailles 2007.
55 Le père Dominique de Jésus (V igier 1677, t. II, p. 52) rapporte que saint Ferréol,
évêque d’Uzès, a écrit en préface de sa Concorde des règles : « J’ay assemblé, cette troupe
de Religieux comme un essaim d’abeilles divines dans une ruche céleste, afin qu’ils
presentent incessament le miel de leurs oraisons à Dieu, pour apaiser sa divine justice
que j’ay irritée par mes pechez. » Dans la thèse, les abeilles représentent sans doute les
croyants.
56 M ilovanovic 2005, p. 228.
57 L ouis XIV 1860, vol. 2, p. 517.
58 F élibien 1683, citations p. 9, 29, 30. Voir K irchner 2008, p. 308.
59 Dans la thèse dessinée par Daret en 1651-1652 (cat. 17), par l’entremise de la Religion
et de l’Église catholique, aidé par les génies de la France, Louis XIV tient les vices
enchaînés.
60 Mais dans l’interprétation peinte attribuée à François Verdier (musée du Louvre,
RF 1990-10), le roi fait face aux vices (V ersailles 2007, n o 50).
61 Son apparence rappelle celle que Le Brun lui a donnée sur la voûte de la galerie des
Glaces pour l’acquisition de Dunkerque ; à la renverse, un grand voile sur la tête, les yeux
en partie cachés, elle tient un livre qui devient l’attribut de l’Église réformée.
L’iconographie en est nouvelle dans la gravure. Voir M ilovanovic 2007, 2008 ;
o V ersailles 2007, n 50.
62 Pour plus de détails, voir N ivelon 2004, p. 264-265. Plutôt qu’à la gravure, il se réfère
au tableau qui montre à la place du globe les peuples indiens à genoux éclairés par la
Vérité de l’Évangile grâce au soin de Louis le Grand, dont la réputation leur a fait
entreprendre de longs voyages pour être le témoin de son « zèle pour ces divines vérités
qu’il professe et qui font en sa personne les fondements solides de ses hautes vertus ».
63 R ipa 1989, CLXVI.
64 Voir par exemple M ichel 1987.
65 V ersailles 2009, p. 39 et M aral 2011.
66 Signalons cependant La Résurrection du Christ , grand tableau d’autel commandé
en 1674 à Le Brun par la corporation des merciers : au premier plan, introduit par Saint
Louis, le roi offre au Sauveur son casque et son sceptre, pour lui avoir accordé la Victoire
en Franche-Comté (Lyon, musée des beaux-arts, Inv. A 203). Le Saint Louis en prière , peint
par Le Brun pour la chapelle du château de Claude Le Pelletier à Villeneuve-le-Roi, n’est
plus connu que par une gravure d’Edelinck (IFF 352).
67 Ces tableaux ont disparu pour la plupart ; voir G ouzi 2014.
68 La thèse de Le Maistre de Ferrières est la dernière à mettre en scène Saint Louis, car
la gravure de 1687 montrant Louis sur son char n’est qu’une réédition de celle de 1652.
69 En 1661, l’abbé Jacques Cassagne, une des victimes de Boileau, publia un Henry le
Grand au Roy , poème sous forme de lettre d’Henri IV à Louis XIV, qui lui ouvrit les portes
de la Petite Académie.
70 Cité par M ichel 1987, p. 142.
71 S panheim 1900, p. 70.
72 R acine 1828, t. V, p. 216.
73 Voir D elaplanche 2013, p. 74 ; S abatier 1999.
74 Le roi donne des ordres pour attaquer en même temps quatre des plus fortes places
de Hollande.
75 Dessins de Le Brun conservés à Versailles et tableaux de Parrocel en main privée
reproduits par D elaplanche 2013, p. 83.
76 Voir C ornette 2000.
77 N éraudau 1986, p. 112.
78 F élibien 1689, p. 79. Il y revient p. 90-91.
79 F élibien 1689, successivement p. 78, 85-87.
80 Z oberman 1991, p. 214 et S abatier 1999, p. 418-420.
81 Z oberman 1991, p. 181.
82 Ibid ., p. 409-429.
83 Cet ouvrage connut un vif succès ; en 1664 en parut une troisième édition.
84 S enault 1664, « Epistre ».
85 Ibid ., p. 165-166. Senault divise son ouvrage en huit traités subdivisés en discours. Le
second est consacré à la « Prudence pour conduire ses sujets » et le quatrième aux
er
« Devoirs du Roy envers soy mesme », où le 1 discours est intitulé : « Que la bonté du
Prince doit égaler sa grandeur. »
86 Ibid e e ., 4 traité, discours 2 , p. 169. Voir sur ces questions K irchner 2013, p. 74-85.
87 Ibid ., p. 172.
88 Mercure galant , janvier 1687, p. 8-98.
89 Ce portrait aujourd’hui perdu a été rapproché de celui de la Tèse de la Guerre
en 1677 (cat. 84).
90 L’auteur s’étend sur la révocation de l’édit de Nantes et les actions du roi contre les
hérétiques.
91 Panégyrique (36 pages recto-verso), dont on conserve deux exemplaires manuscrits,
l’un avec le portrait et l’épître à la reine, dans une magnifique reliure de présentation (BNF,
Mss, Fr. 6151), l’autre sans ornement (BNF, Mss, Fr. 2357).
92 BNF, Mss, o Fr. 6151, fol. 7 v .
93 Ibid. , fol. 9.
94 Ibid o ., fol. 14 v .
95 Ibid o ., fol. 9 v .
96 Ibid ., fol. 20.
97 Ibid ., fol. 17.
98 Ibid o ., fol. 18-19 v .
99 Mercure galant , mars 1685, p. 126-129.
100 Le commentaire analyse ensuite la partie droite plus directement liée à la thériaque.
101 Z iegler 2013, B oitel 2011 et 2016.
102 H oury 1689.
103 M ilovanovic 2005, p. 190-198.
104 Z iegler 2013, p. 67.
105 M ontagu 1968, p. 307-335.
106 C outon 1990, p. 147-168.
107 L oach 1999.
108 J ouvancy 1892, p. 67.
109 P aris 1987, p. 80-83.
110 L. 396.
111 En 1666 pour Anne d’Autriche (PW 5) ; en 1671 pour le portrait du duc d’Orléans
(ann. I.A-6), en 1677 pour celui du Grand Dauphin (ann. I.C-4).
112 G arcia 2000, n o 31 o ; M eyer 2006, p. 274, n 27 ; PW 159.
113 PW 171.
114 Il en est ainsi du portrait gravé par Pierre Simon en 1676 pour la thèse de Simiane
de Gordes (cat. 80).
115 Voir L oskoutoff 2000 et L ombard- o J ourdan 1990, n 169, p. 469-472.
116 M énestrier 1682, CXCIII, le Soleil, p. 63.
117 Ibid. , CCCIX, le Soleil dans le Zodiaque, p. 99. L’exergue « MVNDVM TEMPERAT
HORIS » (« Qui tempère le monde des saisons ») est en partie tiré des Odes d’Horace (livre
I, 12, vers 16).
118 BNF, Arsenal, Ms. 3185. Voir p. 72, note 51.
119 Ibid. o , fol. 21 v .
120 Ibid o ., fol. 27 v .
121 Ibid. o , fol. 30 v .
o
122 Ibid. , fol. 32 v .
Naviguer dans le livre
Précédent --- Chapitre VIII. Le portrait du roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Conclusion
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Conclusion Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Conclusion
p. 293-298
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Le recours à l’allégorie pour célébrer un souverain fut pratiqué dans toute l’Europe,
livre surtout dans les pays catholiques et bien souvent sous l’influence des Jésuites. On a vu
l’importance considérable des thèses soutenues dans leurs collèges tant en France 1 qu’à
l’étranger 2
; elles comptent parmi les plus remarquables de ce corpus 3
. Si Louis XIV est le PDF
premier monarque français à qui ce genre d’hommage est rendu de façon intensive, la Table des matières
voie lui avait été tracée en France par Richelieu et Mazarin, en Italie par les papes et les
cardinaux, dans l’Empire par les électeurs et les princes.
Citer
2 En Italie, dès le début du siècle, les peintres les plus célèbres, Pierre de Cortone, Domenico
Piola, Pomarancio, Maratti et Romanelli…, furent sollicités pour dessiner de grandes PDF du Partager
compositions allégoriques à la gloire des papes et des grandes familles, les Sforza,
chapitre
Médicis, Farnèse, Barberini, Doria…, où se mêlaient souvent la fable et l’histoire. Mais
Plan après 1670, les étudiants demandèrent avant tout des frontispices pour des thèses en
livrets, ornés des armoiries du dédicataire accompagnées parfois de figures allégoriques, Suggérer
Plan détaillé mode d’illustration qui dès l’origine avait connu un grand succès. Le recours aux placards l’acquisition à
Texte intégral illustrés ne disparut pas, comme en attestent ceux qui furent gravés par Van Westerhout votre bibliothèque
Notes de bas de page (1663-1743) 4 pour être offerts en 1685 et 1698 à Innocent XII, mais après 1670, ils sont
plus rares. Dans le Saint Empire au contraire, ils connurent un succès plus durable. Dès
Acheter
avant 1650, étudiants en philosophie et parfois en théologie de Vienne, Prague, Salzbourg, Aller en haut de page
Olmütz… s’adressaient déjà er à Léopold I
5
. Il semble qu’on assiste à une surenchère entre Aller en bas de page Édition
la France et le Saint Empire, mais si le nombre de thèses dédiées à l’empereur est imprimée
important 6
, il est moins considérable que pour Louis XIV. Le ton et l’esthétique des
Presses illustrations varient selon les provinces de l’Empire. L’allégorie et la mythologie tiennent
universitaires
une place plus considérable qu’en France, et y sont utilisées de manière très différente 7
. de Rennes
On n’y trouve pas cette retenue du classicisme français, et les compositions beaucoup plus
chargées sont saturées de personnages et de symboles. Quelle n’aurait pas été amazon.fr la réaction
de Pierre Mignard decitre.fr si les graveurs qui célébraient Louis XIV s’étaient inspirés des dessins de
mollat.com Karel Škréta (1610-1674), Egidius Schor (1627-1701) ou Nikolaus Van Hoy (1631-1679) 8 en
leslibraires.fr
l’honneur des empereurs Léopold et Joseph, qui sont bien plus hermétiques que ceux de
placedeslibraires.fr
1 Le À BPraurnis , ? eIlll essu fffiutr endte scoountseinduéerse r aul ecs olqluègeel qduee sC letrhmèosnets, gdreavveéneus cpoalrl ègBe aLrotuhios-lloem-aGrüasn d,K illiesa n lcdpu.fr
entre 1655 et 1689 pour juger de leur complexité 9
autres en province l’ont été à Bordeaux, Dijon, Marseille, . PoLiat ireresp,r éRseennnetsa,t ioRnou edne,s Taonuclêotursees ,e t des
Vaanllnieéss. et de la famille du souverain y est fréquente et les événements contemporains sont ePub / PDF
2 souCev efnutt ler eclaast éesn dAel lfeamçaognn e diàr eMcatey.e nScie le etd éàd iAicxa-tlaei-rCeha peesltl e,a vaennt Ittaoliuet à eTnutroinu réet àd eSsi endniee.u xV oiert ldae s
tahbélre osd,e s scuorl ltèegrerse eto ud edsa nvsil lelse sd acnise uxle, coant alvoogitu e auesns il iagnpep aert aîcetlrlee des thèses dans notre ouvrage. le candidat qui lui présente son
3 affOinc hee,n mcootmipft er aruen e ent reFnrtaanicnee,, sooiùt uunn e tiseresu lpea rtmhiè scee llles’ évdooqntu e ons urc onnaît le lieu de soutenance. le mode allégorique, celle de
4 BNF, Est., AA6, E023402 Colbert de Croissy (cat. 92) où le génie de la philosophie éclaire de son flambeau l’affiche os
5 Voir A ppuhn- R adtke 1988, n 1-13, et B lažíček 1967-1969.
déployée devant le roi 10
.
6 Il dépasse probablement vingt. En 1988, A ppuhn- R adtke en inventorie treize de Bartholomäus
3 La thèse participe à la mise en scène de la monarchie. Même si peu de documents en
témoignent, il ne fait aucun doute que le roi est soucieux de son image et que ses
ministres la contrôlent. Colbert, puis dans une moindre mesure Louvois, inspirèrent celle
qu’ils voulaient voir diffuser, ce qui en explique la cohérence mais aussi le peu de variété,
d’autant que par rapport aux portraits, les compositions historiées furent assez peu
nombreuses et pour la plupart commandées par les membres des familles Colbert et
Louvois ou par des proches de la cour. Comme les dédicataires de ces grandes thèses sont
peu variés, peu de peintres furent sollicités. Hormis Le Brun et Pierre Mignard qui en sont
les principaux dessinateurs, on ne peut citer que quelques autres artistes liés à Versailles
comme Dieu et Paillet. Ces compositions offrent une image glorieuse et héroïque où les
vertus païennes s’effacent bientôt devant les vertus chrétiennes, car le roi surpasse les
illustres de l’Antiquité et des Temps modernes. Comme dans les panégyriques, il en est le
seul héros, le seul acteur identifiable. Ayant perdu toute identité, ses adversaires sont
relégués au rang de bêtes fauves. Tout est ainsi mis en oeuvre pour célébrer sa grandeur.
Dieu seul le surpasse et parfois se confond avec lui.
4 L’importance des portraits s’explique certainement par des raisons économiques, puisqu’ils
sont moins coûteux que les sujets d’histoire. Mais il est probable qu’il y a aussi dans ce
choix une façon de contrôler l’image royale. Par la place accordée aux attributs, un simple
portrait pouvait porter un discours apologétique, et ce fut souvent le cas pour Louis XIV,
grâce aux lys, aux régalia, aux attributs d’Hercule, aux trompettes de la Renommée ou aux
devises. Comme les panégyriques, portraits et thèses historiées célébrèrent la gloire du
roi, ses actions singulières et ses vertus, et s’efforcèrent de rendre compte, à l’égal de
Pellisson, de « cet air, ce port, cette majesté si douce & si redoutable, ce mélange
d’Humanité & de grandeur qui éclate dans ses yeux, qui échappe à tous les efforts de la
peinture et de la sculpture, & qui s’exprime si vivement dans les coeurs 11 ». Il convient de
souligner que cette utilisation intensive du portrait dans les thèses dédiées à Louis XIV
semble être une spécificité française, du moins c’est ce qu’invitent à supposer les études
menées jusqu’ici sur les thèses soutenues au xvii e siècle en Europe.
5 En s’entourant d’un cérémonial adapté à la politique de magnificence royale, les collèges
participèrent eux aussi à la célébration du monarque. Répondant à l’attente du roi et de
Colbert, les principaux corps de l’État vinrent applaudir aux harangues à l’ouverture des
soutenances. Le Mercure s’en fit l’écho et privilégia les thèses qui furent dédiées au roi.
Alors que les tableaux peints pour le grand prix de l’Académie et les décors monumentaux
n’étaient connus que d’un petit nombre, les thèses dessinées par le premier peintre
diffusèrent à l’envi le portrait du monarque invincible. Cependant, contrairement aux
panégyriques des académiciens, les dédicaces qu’on adressait au roi, celles du moins qui
furent imprimées, étaient en latin. Peu furent traduites et elles touchaient avant tout l’élite.
Mais grâce au pouvoir de l’image, le panégyrique trouvait à s’incarner. Plus forte que le
texte, ne connaissant de frontière ni spatiale ni temporelle, elle participa de façon durable
à l’éloge royal. Pour cette raison la longue dédicace disparaît bientôt au seul profit du nom
du roi. Ainsi seule l’image finit par compter.
6 L’effet suscité par les allégories créées par Le Brun correspond à celui que décrit Nicole
Ferrier-Caverivière : « Fruit d’un élan sincère ou d’un hommage obligé, le panégyrique fut
donc investi d’emblée de la difficile et grandiose mission de créer un “univers magique”, le
seul qui répondit à l’exceptionnelle envergure de Louis XIV 12
. » Comme les panégyristes,
historiographes et peintres, dessinateurs et graveurs, au lieu de proposer une histoire du
règne, recomposèrent la réalité en cherchant à glorifier avant tout le héros protégé par la
Providence, ayant pour seuls conseillers ses Vertus. Aussi, lorsqu’à la fin du règne les
victoires se firent rares, cette glorification devint difficile.
7 La dernière thèse dédiée au roi date de 1703-1704. On pourrait penser que cette
désaffection correspond à une distance prise par rapport au monarque, « telle la carrière
de l’astre du jour, celle de l’astre royal aurait son levant, puis son zénith et enfin son
couchant 13 ». Or après 1702, alors que les défaites se multiplient, les éloges continuent
« comme si rien n’avait changé depuis plus de quarante ans 14 ». Mais en réalité le
monarque conquérant n’occupe plus une place prépondérante, et dans les almanachs, il
cède souvent la place au Dauphin, au duc de Bourgogne, à Philippe V et au duc de
Vendôme… À partir de 1704, lorsque paraissent les dernières thèses dédiées au roi,
commence le temps des revers et des calamités naturelles. « Face aux misères de la guerre
et de la famine, Louis XIV hésita entre magnificence et restriction. En novembre 1706, il fit
annoncer de grands retranchements dans ses écuries, dans ses tables, dans ses bâtiments
et sur les pensions 15
. »
8 Ainsi, après 1690, la propagande royale prend d’autres voies et cherche d’autres médias
que la thèse. La désaffection pour l’allégorie peut en être une explication, d’autant
qu’aucun artiste ne parvient à remplacer Le Brun. Mais surtout la difficulté de
compréhension des sujets rebute le public. Le 2 janvier 1682, les académiciens décident
que les candidats au grand prix doivent accompagner leur composition d’un texte
explicatif 16
; pour celles qui mettent en scène le roi, Guillet de Saint-Georges invite les
artistes à préciser le sens de leurs tableaux traitant son histoire 17
. Cette nécessité
d’accompagner la peinture allégorique d’un texte explicatif se retrouve également pour
quelques thèses : le livret a une double fonction, faire durer l’hommage et aussi l’expliquer.
L’Académie éprouve une certaine réticence face à l’allégorie, à laquelle elle préfère la
peinture narrative : le 31 mars 1674, elle décide de ne proposer que des sujets tirés de
l’Ancien et du Nouveau Testament, plus conformes à ses préoccupations artistiques 18
. Il ne
restait donc plus à la gravure de thèse que le portrait ou l’Histoire sainte. Les décrets de
l’université et les éditeurs de thèses l’inclinèrent en ce sens.
9 Il semble que cette désaffection soit aussi causée par le désintérêt marqué du roi pour ce
type d’hommage, auquel il préférait alors les médailles et les statues des places publiques.
La transformation de la Petite Académie en Académie des inscriptions et médailles est
significative de ce revirement ; une autre marque du désintérêt pour la gravure apparaît
dans l’absence de nouvelles commandes pour le Cabinet du roi après la mort de Louvois ;
on se contente désormais d’acheter des cuivres déjà gravés : les batailles de Louis XIV
d’après Van der Meulen et les cuivres du Petit et du Grand Beaulieu 19
. Dès 1689 20
, la
situation financière n’est pas non plus propice à ce genre de commande.
10 Les morts de Colbert et de Louvois sonnèrent donc le glas des grandes illustrations de
thèses allégoriques au service de la gloire du roi 21
. Celle que Louvois commanda à
Mignard pour son jeune fils Camille (cat. 128) est la dernière 22
. Une nouvelle sensibilité
s’impose ; en août 1684, Nicolas Tavernier, recteur de l’université de Paris, stipula qu’il
fallait revenir à plus de simplicité dans l’ornement des thèses et « bannir, sous peine
d’exclusion des candidats, les ornements, desseins et gravures dont elles étaient souvent
surchargées 23 ». L’effet de ce règlement ne fut pas immédiat et le 9 mai 1707, le recteur
Pierre Billet fit adopter de nouvelles mesures pour réprimer le luxe déployé dans
l’illustration et la décoration des salles. Il est recommandé d’user de préférence de livrets
plutôt que d’affiches ; seules seraient ornées de portraits les thèses dédiées à de hauts
personnages 24
. C’est ainsi que le 25 juillet 1707, au collège de la Marche, Albin Brillon de
Jouy orna sa thèse en livret d’une vignette, La vérité recherchée par les philosophes , gravée
par Bernard Picart 25
. La mode était donc lancée : selon Le Verrier, l’ami de Boileau, « on
n’imprime plus les thèses sur une grande feuille de papier, comme cela se pratiquait
autrefois, monseigneur, et on les imprime à présent in-quarto. La mode est de mettre une
belle vignette à la teste 26 ».
11 Le luxe ostentatoire naguère déployé pour célébrer le roi n’était plus de mode ; sa dévotion
s’y opposait, comme celle de M me de Maintenon, qui avait refusé qu’on lui dédiât des
thèses 27
. En cette fin de règne il ne voulait plus attirer les regards, et souhaitait éviter que
ses adversaires ne tournent en dérision le ton apologétique trop souvent utilisé
jusqu’alors. Cette retenue a certainement nui aux illustrations de thèses, aussi Louis de
Boullogne ou les Coypel, successeurs de Le Brun et de Mignard, ne furent-ils pas sollicités
par les étudiants.
12 L’illustration des thèses ne disparaît pas, mais elle revêt une nouvelle forme ; aux
compositions inventées pour l’occasion, on préfère l’interprétation de tableaux célèbres du
xvii e et xviii e siècle dont les sujets sont tirés de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Si les
portraits restent importants, il s’agit le plus souvent de simples effigies, parfois entourées
de figures allégoriques dans des passe-partout interchangeables. Cette évolution vers un
ton plus sobre rappelle celle des représentations théâtrales dans les collèges qui
connurent de telles mutations.
13 Après le règne de Louis XIV, la grande époque des thèses illustrées est révolue. La belle
thèse passe avant tout par le simple portrait. Alors qu’à l’époque précédente Bourdon,
Vignon, Le Sueur, Mellan, Huret, Daret, Chauveau, Lasne avaient été chargés de concevoir
un nombre considérable d’allégories, les peintres furent plus rarement sollicités. Peu de
thèses célébreront le régent et seules cinq ou six seront dédiées à Louis XV. La plus
considérable, inventée par Lemoyne, pour la tentative d’Armand de Rohan-Ventadour,
gravée en 1738 par Jean-François Cars, témoigne de la différence entre la conception du
pouvoir de Louis le Grand et celle de Louis « le Bien-aimé ». Alors que le premier apparaît
en majesté, imposant dans sa gloire, le second est plus humain, tel qu’il figure, peint
également par Lemoyne, au salon de la Paix. Tout l’oppose à l’image guerrière de son
bisaïeul, immortalisée par Coysevox sur la cheminée du salon de la Guerre, de l’autre côté
de la galerie des Glaces.
14 Mais on continue à dédier quelques thèses au roi et l’apparat qui entoure la soutenance se
prolonge. Ainsi, la Gazette de santé du jeudi 13 février 1777 28 indique que le 21 janvier
l’acte de bachelier de Lassone, fils du premier médecin 29 de la reine et du roi à qui il était
dédié, « a été honoré de la présence de M. le comte de Périgord, Commandant de la
Province de Languedoc, de M. l’Eveque de Montpellier, de MM. les Intendans, de M. le
premier Président, de M. le Procureur-général, & c 30 ». On ignore si la thèse était illustrée.
Depuis le début du règne de Louis XV, on avait de plus en plus souvent recours au livret inquarto
ou même in-octavo. Il en fut ainsi en 1774 de la thèse de Jean-Baptiste
Montignac 31
, dédiée au roi, simplement ornée d’un bandeau gravé sur bois, à ses armes,
signé d’un dénommé Vache… Preuve d’un luxe moins ostentatoire, depuis les années 1680,
la mode s’était imposée des thèses en livret simplement illustrées d’un bandeau, mais la
thèse en affiche restait appréciée.
Cependant au xviii e 15 , en dehors des portraits et de quelques allégories conçues en passepartout
destinées à recevoir l’effigie du dédicataire, les thèses sont avant tout ornées de
sujets religieux gravés d’après les grands maîtres du passé (Raphaël, Poussin, Le Brun…).
S’étant spécialisé dans ce commerce, l’éditeur Robert Hecquet fit paraître des annonces
dans le Mercure en mai 1726 32
: « ayant appris par plusieurs lettres de provinces que divers
professeurs et supérieurs de collèges, ainsi que les marchands d’estampes de différents
endroits ne savent à qui s’adresser pour leurs thèses [il] a crû devoir leur donner avis qu’il
est très bien assorti en thèses, de toutes sortes de sujets et de grandeurs différentes, dont
il s’offre d’envoyer les épreuves et d’en marquer au juste prix, afin que les écoliers puissent
choisir commodément les sujets qui leur conviennent ». Il annonça la parution de deux
nouvelles compositions allégoriques en l’honneur du roi et de la reine et il précise qu’il
tient à leur disposition « plus de cent sujets tant du Nouveau que de l’Ancien Testament ».
16 Désormais les compositions allégoriques ne sont plus spécialement commandées au
dessinateur et au graveur. Achetées chez Robert Hecquet (1695-1773), Jean-François Cars
(1661-vers 1738) et son fils Laurent (1699-1771), Louis-Antoine Quillau (actif
de 1762 à 1773) 33
, elles se retrouvent d’exercice en exercice. Elles n’en sont pas moins
devenues rares aujourd’hui. Une seule thèse de grand format semble avoir été dédiée à
Louis XVI, mais nous n’en connaissons pas d’épreuve. Peut-être s’agissait-il d’une
réutilisation vers 1774 de la gravure de Daullé d’après Van Loo parue en 1734 pour
célébrer Louis XV. On y voit le roi en buste dans un ovale tenu par l’Éternité couronnée par
la Renommée, accompagnée de deux génies dont l’un porte un coeur enflammé ; la
Prospérité le regarde avec adoration, en présence dans le ciel de la Charité, la Foi et la
Religion, et sur terre de la Tempérance, la Paix, la Vérité de l’Éternité et la Science
accompagnée du génie des arts 34
. Ce serait la dernière grande thèse dédiée au roi sous
l’Ancien Régime.
Notes de bas de page
1 À Paris, elles furent soutenues au collège de Clermont, devenu collège Louis-le-Grand,
les autres en province l’ont été à Bordeaux, Dijon, Marseille, Poitiers, Rennes, Rouen,
Toulouse et Vannes.
2 Ce fut le cas en Allemagne à Mayence et à Aix-le-Chapelle, en Italie à Turin et à Sienne.
Voir la table des collèges et des villes dans le catalogue en ligne et celle des thèses dans
notre ouvrage.
3 On en compte une trentaine, soit un tiers parmi celles dont on connaît le lieu de
soutenance.
4 BNF, Est., AA6, E023402
5 Voir A ppuhn- R adtke 1988, n os 1-13, et B lažíček 1967-1969.
6 Il dépasse probablement vingt. En 1988, A ppuhn- R adtke en inventorie treize de
Bartholomäus Kilian. D’autres sont gravées par Matthäus Küsel (1629-1681). Voir
G öttweig 1985, n o 27.
7 R ice 1998, S caffa 2002, M eyer 1990 b.
8 Voir notamment A ppuhn- R adtke 1988, G öttweig 1985, S eitz 1984, T elesko 2002 et
T elesko s. d. [v. 2010].
os
9 A ppuhn- R adtke 1988, n 1-13.
10 On retiendra cependant la thèse de Louis Tronson offerte à Saint Louis et à travers lui
à Louis XIII et au Dauphin, où exceptionnellement le candidat apparaît tenant son affiche
(cat. 5). En France, le motif est suffisamment rare pour qu’on le signale. On ne peut guère
mentionner pour le xvii e siècle que deux ou trois autres exceptions, comme le frontispice
dessiné par Laurent de La Hyre et gravé par Rousselet entre 1630-1635 en hommage à
Henri de Sourdis (VM 262) et en 1646, celui dessiné par Charles Le Brun et gravé par
Michel Lasne pour Charles Foucault représenté offrant sa thèse à Henri de Mesme
(IFF 752).
11 Z oberman 1991, p. 99.
12 F errier- C averivière 1981, p. 383.
13 Ibid. , p. 380.
14 Ibid. , p. 229.
15 Ibid. , p. 495.
16 Voir K irchner 2008, p. 378.
17 Ibid. ; Mercure galant , septembre 1684, p. 273.
18 Voir K irchner 2008 p. 384.
19 G rivel 1985, p. 53.
20 Rappelons que Louis XIV fit fondre l’argenterie royale en 1689 et que commença alors
la guerre de la ligue d’Augsbourg (1688-1697) ; comme le souligne S armant (2014, p. 394),
« au physique comme au moral, Louis XIV ne sortit pas indemne de ces neuf années de
guerre ».
21 L’un avait fait dédier cinq thèses au roi par les membres de sa famille
entre 1668 et 1680 (cat. 63, 75, 84, 92, 93) et l’autre trois entre 1681 et 1692 (cat. 96, 102,
128).
22 Sur la politique artistique de Louvois, voir notamment S armant 2003, L e
T ellier 2007 et 2009, S armant et S toll 2010.
23 J ourdain 1862-1866, partie 1, p. 262.
24 Ibid. , p. 291-292.
25 M eyer 2011, p. 244-249, fig. 12.
26 P élissier 1905, p. 4-5. Dans une lettre au duc de Noailles du 3 septembre 1707, Le
Verrier décrit la gravure, qui fut censurée : « M. le Cardinal a jugé à propos de faire
supprimer cette planche qui paraît trop injurieuse à la mémoire d’Aristote et trop contraire
aux statuts de l’Université, qui ne devrait enseigner que l’ancienne philosophie et qui
cependant n’enseigne aujourd’hui que la nouvelle. »
27 M aintenon 1865-1866, t. IV, p. 281, lettre L1, 2 mai 1699 à M. Bernard, intendant des
dames de Saint-Louis : « Je vous prie de ne dédier votre thèse, ni aux dames de Saint-Louis,
ni à moi ; on ne saurait trop peu parler de nous. Je vous en ai la même obligation que si
vous l’aviez fait. »
28 Gazette de santé o , 13 février 1777, n 7, p. 27, rubrique « Nouvelles en médecine ».
29 Joseph-Marie-François de Lassone (1717-1788 ?) fut docteur régent de la faculté de
médecine de Paris (1743), médecin de Marie Leszczyńska en 1751 et de Marie-Antoinette,
premier médecin de Louis XVI et président de la Société royale de médecine.
30 L assone 1777.
31 M ontignac 1774 [BSG, 4 V 612 (2) inv 1392 FA (P. 7)].
32 Mercure de France , mai 1726, p. 122.
33 M eyer 1994. Le catalogue publié en 1771 par François Babuty, héritier du fonds des
Cars, atteste de l’importance de la production.
34 BNF, Est., N5 Louis XV.
Naviguer dans le livre
Précédent Conclusion Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Abréviations
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Abréviations Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Abréviations
p. 299
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 AAE Archives du ministère des Affaires étrangères (La Courneuve)
livre
2 AN Archives nationales
3 Ann. Annexe
Table des matières 4 Arsenal Bibliothèque de l’Arsenal (BNF)
5 BIUM Bibliothèque interuniversitaire de Médecine (Paris)
Citer
6 BNF Bibliothèque nationale de France
Partager 7 BNF, Est. Bibliothèque nationale de France, département des Estampes PDF du
chapitre 8 BNF, Mss Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits
Plan 9 BSG Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris)
Suggérer 10 Cat. Catalogue
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral 11 C.P.R. cum priuilegio Regis votre bibliothèque
12 ENSBA École nationale supérieure des beaux-arts
Aller en haut de page Acheter
13 ET Étude Aller en bas de page
14 IFF Voir Inventaire du fonds français, graveurs du xvii e siècle 1939-2014, en bibliographie Édition
imprimée
15 L. Voir L othe 1994 en bibliographie. Pour les renvois aux notices de catalogue, on utilise
l’abréviation Presses L. suivie du numéro de notice ; pour les renvois au livre en général, on utilise
universitaires
la mention L othe 1994. de Rennes
16 lt. Livre tournois
amazon.fr
17 MC Minutier central des notaires parisiens decitre.fr
mollat.com
18 PW Voir P etitjean et W ickert 1925 en bibliographie
leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
19 R. Refusé
lcdpu.fr
20 Sorbonne Bibliothèque de la Sorbonne
ePub / PDF
21 Suppl. Supplément
22 VM Voir M eyer 2004 en bibliographie. Pour les renvois aux notices de catalogue, on utilise
l’abréviation VM suivie du numéro de notice ; pour les renvois au livre en général, on utilise
la mention M eyer 2004.
Naviguer dans le livre
Précédent Abréviations Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table des thèses dédiées au roi
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table des thèses dédiées au roi Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table des thèses dédiées au roi
p. 301-308
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Le catalogue des thèses dédiées au roi est consultable sur le site du Centre de recherche
livre de Versailles [http://chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publicationspapier/
collection-aulica/coll-aulica-no10-pour-la-plus-grande-gloire-duroi-louis-xiv-entheses.
html] et sur celui des Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/
detail.php?idOuv=4364]. Le classement est chronologique et les dates sont données dans
Table des matières
l’ordre suivant : année, mois, jour. Lorsque le jour ou le mois sont inconnus ou incertains,
on utilise le point d’interrogation.
Citer
2 Thèses connues par un dessin (*).
Partager 3 Thèses dont on ignore si elles sont illustrées (**). PDF du
chapitre
4 Gravures qui semblent avoir été utilisées pour les thèses (***).
Plan
5 Lorsque la thèse est soutenue à Paris, le lieu n’est pas précisé.
Suggérer
o
Plan détaillé 6 * N 1. 1638. S. l. Dessin de Charles Le Brun. l’acquisition à
Texte intégral o votre bibliothèque 7 N 2 . 1638-1639. S. l. Éditée par Alexandre Boudan d’après Charles Le Brun.
Supplément au catalogue N o 8 3 . 1639.7.31. Thèse de philosophie au collège de la Marche d’Alexandre Courtois, sous
Thèse rejetée Acheter la direction de Gabriel Dabes, gravée par Pierre Daret d’après Simon Vouet.
° Aller en haut de page 9 * N 4. 1640-1642. S. l. Dessin d’Albert Flamen. Édition
imprimée
Aller en bas de page 10 N ° 5. 1640.7.8. Thèse de philosophie au collège des Grassins de Louis Tronson, présidée
par Jean Guillebert, sans nom de peintre, gravée par Guillaume de Gheyn. Presses
universitaires
11 N ° 6. 1641.11.2. Tentative en Sorbonne de Louis de Saint-Amour présidée par Félix Vialar, de Rennes
dédiée à Louis XIII, mettant en scène le Dauphin, dessinée et gravée par Michel Lasne.
amazon.fr
12 N ° 7. 1642.7.?. Rouen. Thèse de philosophie au collège des Jésuites, dédiée à Saint Louis et decitre.fr
à Louis XIII, inventée et gravée par François Chauveau. mollat.com
leslibraires.fr
13 *** N ° 8. v. 1643. S. l. Thèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune, dessinée et
placedeslibraires.fr
gravée par Michel Lasne.
lcdpu.fr
14 ** N ° 9. 1643.4.?. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Armand de Bourbon,
ePub / PDF prince de Conti.
15 N ° 10. 1644.5.?. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine des
frères Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean du couvent des Carmes de Paris,
présidée par François Suarez, dessinée et gravée par Grégoire Huret.
16 ** N ° 11. 1644.7.9. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Henri II de Savoie-
Nemours, duc d’Aumale.
17 *** N ° 12. 1644.7.28. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Armand de Bourbon,
prince de Conti, présidée par Jean-François-Paul de Gondi, anonyme d’après Charles Le
Brun (?).
18 *** N ° 13. 1645.7.28. Thèse de philosophie au collège de Clermont d’Henri II de Savoie-
Nemours, gravée peut-être par Michel Lasne ou Claude Mellan.
19 *** N ° 14. 1648-1649. Thèse supposée, gravée par Gilles Rousselet d’après Jacques Stella.
20 N o 15. 1650. Dijon. Thèse de théologie au collège des Jésuites des Godrans de Claude
Fyot, anonyme (livret).
21 N o 16. 1650-1652. Rome. Thèse de théologie soutenue lors du chapitre général des
Dominicains par Michel Jourdain, gravée par Michel Lasne.
*** N ° 17. 1651-1652. S. 22 l. Thèse gravée par Pierre Daret, inspirée de Giovanni Lanfranco.
23 N ° 18. 1652. Mayence. Thèse de philosophie au collège des Jésuites de Louis-Henri de
Loménie de Brienne, sous la direction de Georges Kruger, gravée par Sébastien Furck.
24 N o 19. 1653. Rouen. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’Auguste-Tanneguy
Bonshoms de Couronne, dédiée au parlement de Normandie et à travers lui au roi et à
François de Harlay, gravée par Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun.
25 *** N ° 20. 1653-1654. S. l. Thèse gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun
(« Thèse du roi en sa jeunesse »).
26 N o 21. 1654.29.1. Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat, présidée par Pierre Bedacier,
gravée par Abraham Bosse.
27 N o 22. 1654.7. Rennes. Thèse de logique soutenue au collège des Jésuites par
39 candidats, dédiée au parlement de Bretagne et à travers lui au roi, gravée par Gabriel
Le Brun d’après Charles Le Brun.
N o 23. 1656.7.?. Vienne (Autriche). Thèse de philosophie soutenue 28 à l’université par
Herman Werner Klöcker d’Aix-la-Chapelle, présidée par Cornelius Gentilotti, dédiée à
Alexandre VII, gravée par Bartolomäus Kilian.
29 *** N ° 24. 1659. S. l. Thèse dédiée à Louis XIV et à Mazarin (?), inventée et gravée par
François de Poilly (« Thèse de la paix des Pyrénées »).
*** N ° 25 30 . 1659. S. l. Thèse gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, éditée par
Gérard I Jollain.
N o 26. 1659.2.17. Thèse de théologie en Sorbonne 31 (?) de l’abbé Pierre-Jean-François Percin
de Montgaillard, dédiée à Mazarin, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par Pieter
Van Schuppen, probablement d’après Charles Le Brun.
° 32 * N 27. 1659-1660. Thèse soutenue à Rome ou à Paris (?), dessin de l’entourage de Pierre
de Cortone.
33 *** N ° 28. v. 1660. Paris (?). Thèse de pharmacie, gravée par Abraham Bosse.
34 N o 29. 1660.8.22. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt (?) de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt, présidée par Louis Noël, gravée par Nicolas de Poilly d’après Grégoire
Perroteau.
N o 30. 1661. Paris 35 (?). Thèse dessinée ou peinte et gravée par Nicolas Mignard.
36 N o 31. 1661.8. Thèse au collège de Lisieux d’Emmanuel de Guénégaud de Montbrison,
abbé de Brienne, gravée par Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard.
37 N o 32. 1661.3.8. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Raymond-Bérenger de
Lorraine, abbé d’Harcourt, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard.
38 N o 33. 1661.7.10. Thèse de philosophie au collège de Navarre d’Emmanuel-Théodose de
La Tour d’Auvergne, abbé de Bouillon, présidée par Charles Touraine, gravée par François
de Poilly d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
39 N o 34. 1662. Thèse de philosophie au collège de Navarre d’Antoine-Benoît de Clermont-
Tonnerre de Cruzy, présidée par Étienne Léger, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas
Mignard.
N o 35. 1662. 40 S. l. Thèse de Vallet, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
41 ** N ° 36. 1662.12.?. Thèse de métaphysique au collège de Clermont de Charles-Paris
d’Orléans-Longueville, comte de Saint-Pol, gravée par N. d’après Charles Le Brun.
42 *** N ° 37. 1663.?.?. Thèse de théologie de l’abbé d’Hocquincourt, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
43 N o 38. 1663.2.?. Tentative de Charles-Maurice Le Tellier soutenue aux écoles extérieures de
Sorbonne, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par François de Poilly d’après
Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
44 N o 39. 1663.6.14. Thèse de philosophie au collège Louis-le-Grand de Chrétien-François de
Lamoignon, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard.
45 N o 40. 1663.6.15. Thèse de mathématiques au collège de Clermont de Chrétien-François
de Lamoignon, gravée probablement par Antoine Masson d’après Charles Le Brun.
46 N o 41. 1663.8.31. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Jules-Paul de Lionne,
présidée par Guillaume Des Auberis, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le
Brun et Pierre Mignard.
47 N o 42. 1663.9.2. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Charles Amelot, présidée
par Guillaume Des Auberis, gravée par Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles
Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
*** N ° 43. 1664. S. 48 l. Thèse gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
N o 44. 1664. 49 S. l. Tentative en Sorbonne (?) de François-Timoléon de Choisy présidée par
Hardouin de Péréfixe, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
50 N o 45. 1664.1.14. Majeure en Sorbonne de Charles-François de Loménie de Brienne,
présidée par François Faure, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
51 ** N ° 46. 1664.2.29. Thèse de théologie en Sorbonne d’Emmanuel-Théodose de La Tour
d’Auvergne, abbé de Bouillon, présidée par Hardouin de Péréfixe, gravée par Nicolas de
Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau.
52 ** N ° 47. 1664.5.?. Rome. Thèse de théologie soutenue dans l’église Aracoeli par les pères
Cüeillens et Balzac.
53 N o 48. 1664.7.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Humbert Ancelin, présidée
par Louis Noël, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
54 N o 49. 1664.8.1. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Charles-Paris d’Orléans-
Longueville, comte de Saint-Pol, gravée par Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun ;
gravure en lettres de Jean Richer.
55 N ° 50. 1664.12.20. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Roger de Courtenay,
présidée par Étienne Léger, gravée par Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard.
56 N o 51. 1665.3.13. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Gilles Le Maistre de
Ferrières, présidée par Louis Noël (la date 1664 rectifiée en 1665), gravée par Nicolas Pitau
d’après Jean Lepautre ; gravure en lettres de Jean Richer.
57 ** N ° 52. 1666.4.26. Thèse de baccalauréat en théologie, au collège de Navarre, d’Antoine-
Benoît de Clermont-Tonnerre de Cruzy, présidée par l’abbé d’Hocquincourt.
58 ** N ° 53. 1666.6.?. Rome. Thèse de théologie au couvent des Carmes du père Philippe de
Saint-Jacques.
59 N o 54. 1666.8.24. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Mathieu Yzoré
d’Hervault, présidée par Étienne Léger, gravée par Jacques Grignon d’après Nicolas
Mignard.
60 N o 55. 1666.8.25. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de François de Fourilles,
présidée par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
61 N o 56. 1666.8.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin Servien, présidée
par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
62 N o 57. 1666.8.29. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis d’Espinay de Sainct-
Luc, présidée par Louis Noël, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun.
63 N o 58. 1667. Toulouse. Thèse de logique de 11 étudiants du collège des Jésuites, dédiée
au parlement de Toulouse et indirectement à Louis XIV ; gravée par François Rabaud et
éditée par Jean Boude.
° 64 * N 59 . 1667. Marseille. Thèse de François Giry lors du chapitre des Minimes.
65 N o 60. 1667.5.14. Majeure en Sorbonne d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne,
abbé de Bouillon, présidée par Félix Vialart, gravée par Gilles Rousselet et Robert Nanteuil
d’après Charles Le Brun.
66 N o 61. 1667.7.10. Thèse de philosophie au collège de Navarre de Philippe-César de
Guénégaud de Sémoine, présidée par Charles Touraine, dessinée et gravée par Robert
Nanteuil.
67 N o 62. 1668.3.23. Thèse de théologie au collège de Navarre de Roger de Courtenay,
présidée par Georges Aubusson de La Feuillade, gravée par Nicolas de Poilly d’après
Nicolas Mignard.
68 N o 63. 1668.8.29 (ou 19 selon Hecquet). Thèse de philosophie au collège de Clermont de
Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, gravée par François de Poilly d’après Charles Le Brun ;
gravure en lettres de Jean Richer.
N o 64. 1668.10 ?.24 69 ?. Tentative en Sorbonne de Jules-Paul de Lionne, présidée par
Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne, dessinée et gravée par Robert Nanteuil ;
gravure en lettres de Jean Richer.
N o 65. 1669.8.9. 70 S. l. Tentative en Sorbonne (?) d’Hardouin Fortin de La Hoguette, dessinée
et gravée par Robert Nanteuil.
N o 66. 1670. 71 S. l. Thèse de théologie en Sorbonne (?) de l’abbé Louis-Marcel Coëtlogon,
gravée par Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre.
N o 67. 1670. Paris 72 (?). Thèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine, abbé
d’Harcourt, dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
73 N o 68. 1670. Paris (?). Thèse de théologie (?) de Mathieu Yzoré d’Hervault, dessinée et
gravée par Robert Nanteuil.
*** N o 69. 1671. 74 S. l. Thèse supposée, inventée et gravée par Robert Nanteuil.
75 N o 70. 1671.23.12. Tentative en Sorbonne de Louis-Antoine de Noailles, présidée par
François de Harlay, gravée par Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet ; gravure en lettres
de Jean Richer.
76 ** N ° 71. 1672. Lille. Thèse de théologie (?) soutenue au chapitre général des Récollets.
77 N o 72. 1672.1.14. Majeure en Sorbonne de Jules-Paul de Lionne, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
78 ** N ° 73. 1672.2.20. Ath. Thèse au couvent des Récollets lors du chapitre de Flandres de
l’ordre des Franciscains.
79 N o 74. 1672.7.2. Mineure en Sorbonne de l’abbé François d’Argouges, gravée par Pieter
Van Schuppen d’après Pierre Mignard.
80 N o 75. 1672.8.4. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Jacques-Nicolas Colbert,
abbé du Bec, présidée par Louis Noël, dessinée et gravée par Robert Nanteuil ; gravure en
lettres de Jean Richer.
*** N ° 76. 1675-1684. S. 81 l. Thèse supposée, dessinée et éditée par Jean Lenfant.
° 82 * N 77. 1676-1678. S. l. Thèse de théologie dessinée par Robert Nanteuil.
83 N o 78. 1676.?.7. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne d’Antoine d’Aquin,
dessinée et gravée par Robert Nanteuil.
84 N o 79. 1676. Paris (?). Thèse de philosophie de Louis d’Artagnan, dessinée et gravée par
Masson.
*** N ° 80. 1676. S. 85 l. Thèse supposée de Jacques de Simiane de Gordes, gravée par Pierre
Simon d’après Charles Le Brun.
86 N o 81. 1676.9.6. Thèse de philosophie au collège de Presles-Beauvais de Claude-François
Pellot, présidée par Guillaume Guénon, gravée par François de Poilly d’après Pierre
Mignard ; gravure en lettres de Jean Richer.
*** N ° 82. 1677. S. 87 l. Thèse supposée de Jacques de Simiane de Gordes, gravée par Pierre
Simon d’après Charles Le Brun.
88 N o 83. 1677. Tentative en Sorbonne de Fabio Brûlart de Sillery, dessinée et gravée par
Robert Nanteuil.
N o 84. 1677.12.30. Majeure en Sorbonne 89 (« Thèse de la Guerre ») de Jacques-Nicolas
Colbert, abbé du Bec, présidée par Armand de Monchy d’Hocquincourt, gravée par Gérard
Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 85. 1678-1680. 90 S. l. Thèse de théologie (?) de l’abbé François d’Anglure de Bourlemont,
dessinée, gravée et éditée par Robert Nanteuil.
91 *** N ° 86. 1678. Thèse probable de Nicolas Trehu, dessinée et gravée par Madeleine
Masson.
92 N o 87. 1678.8.21. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de l’abbé François
du Montal de Montsaulnin, dessinée et gravée par Pierre Simon.
93 N o 88. 1678-1679. Rouen. Thèse de 50 étudiants du collège des Jésuites, dédiée au
parlement de Normandie et à travers lui au roi, éditée et probablement gravée par
Étienne Gantrel.
N o 89. 1679.?.6 ou 94 7. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Étienne et Gilles
d’Aligre, présidée par Gilles Roussel, gravée par Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après
Nanteuil ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 90. 1679. Paris 95 (?). Thèse de l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades, gravée par Antoine
Masson d’après Charles Le Brun.
96 N o 91. 1679.8.13. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Louis de La Tour
d’Auvergne, prince de Turenne, gravée par Louis Cossin et Nicolas Guérard d’après Pierre-
Paul Sevin ; gravure en lettres de René Michault (livret).
N o 92. 1680.9.13. Thèse de philosophie 97 (« Thèse de la Paix ») au collège d’Harcourt de
Jean-Baptiste Colbert de Croissy, présidée par Jean de Chantelou, gravée par Gérard
Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 93. 1680.9.13. Paris 98 (?). Thèse philosophie du marquis Charles-Joachim Colbert de
Croissy, gravée par Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun ; gravure en lettres de Jean
Richer.
99 N o 94. 1681. Sienne. Thèse de philosophie dans l’église des Jésuites du collège Tolomei, de
Pompeo Amerighi, gravée par Teresa del Po.
*** N ° 95. 1680-1709. S. 100 l. Thèse supposée, éditée par Étienne Gantrel, d’après Charles Le
Brun.
101 N o 96. 1681.8.8. Thèse de philosophie au collège de Clermont de Michel-François Le
Tellier, marquis de Louvois, gravée par Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil ;
gravure en lettres de Jean Richer.
102 N o 97. 1682.3.5. Thèse de baccalauréat en médecine de Jean Poisson présidée par Nicolas
Lienard, dessinée, gravée et éditée par Louis Cossin.
103 N o 98. 1682.8.31. Tentative en Sorbonne de l’abbé Louis de Lorraine, présidée par François
de Harlay, gravée par Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?) ; gravure
en lettres de N. Bonnart.
*** N ° 99. 1683-1686. S. 104 l. Thèse soutenue sans doute en Allemagne ; anonyme allemand.
105 N o 100. 1683-1686. Sorbonique de l’abbé Melchior de Polignac (« Triomphe de la Religion »
ou « Triomphe de l’Église »), gravée par Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun.
106 N o 101. 1684. Thèse en Sorbonne de Claude-Louis Thiboust.
107 N o 102. 1684.7.28. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis-Nicolas et Louis-
François Le Tellier, présidée par Jean de Chantelou, gravée par François de Poilly d’après
Pierre Mignard ; gravure en lettres de Jean Richer.
N o 103. 1685-1695. 108 S. l. Thèse de l’abbé Van der Meulen, gravée par Claude Duflos et
Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin des Batailles.
109 N o 104. 1685. Vannes. Thèse du collège des Jésuites soutenue par 19 candidats et dédiée
au parlement de Bretagne, dessinée par Jean Cotelle et gravée par Étienne Gantrel.
110 N o 105. 1685. Thèse de pharmacie d’Henri Rouvière, gravée par Jean Lepautre d’après P.
Munier (Mosnier ?).
111 N o 106. 1685.6.?. Marseille. Thèse de théologie au couvent des Minimes de Philibert
Madon, présidée par Charles Guilhet, dessinée et gravée par Pierre Simon, texte imprimé
par François Le Cointe.
112 N o 107. 1685.7.?. Dijon. Thèse de philosophie au collège des Jésuites des Godrans, de Jean
de Massol de Montmoyen, dédiée à la chambre des comptes de Bourgogne et de Bresse,
gravure anonyme, d’après Pierre-Paul Sevin, éditée par Guillaume Vallet.
113 ** N o 108. 1685.7.21. Tentative en Sorbonne de l’abbé François-Armand de Lorraine-
Armagnac présidée par François de Harlay.
114 ** N o 109. 1685.9.5. Siam. Thèse de théologie au palais de l’ambassade d’Antonio Pinto (?).
N o 110. 1685.9.20. Mineure 115 à la Sorbonne de Pierre Berthe, présidée par François de
Harlay, dessinée et gravée par Pierre Beaufrère.
116 N o 111. 1686.23.5. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine,
gravée par Pierre Landry d’après le R.P. Franciscain Jean-François (livret).
117 N o 112. v. 1686-1687. Thèse de philosophie au collège Louis-le-Grand de Jean-Baptiste
Hue de Miromesnil, gravée et éditée par Étienne Gantrel d’après Pierre-Paul Sevin.
118 N o 113. 1686.10.5. Marseille. Thèse de mathématiques au collège des Jésuites de Jacques
Symon, gravée par Jacques Cundier.
119 N o 114. 1687. Turin. Thèse de philosophie au collège des Jésuites du comte Giacomo
Natta, gravée par Georges Tasnière d’après Domenico Piola.
120 ** N ° 115. 1687. Aulique à la Sorbonne d’Antonio Pinto et de l’abbé Roze.
121 N o 116. 1687.7.18. Rouen. Thèse de logique au collège des Jésuites de Charles-Albert
Dulion de Poinson (« Thèse de la Guérison du roi »), gravée par Étienne Gantrel d’après
Pierre Lepautre.
122 N o 117. 1687.7.18. Rouen. Thèse de logique au collège des Jésuites de 11 candidats,
gravée par Étienne Gantrel d’après Pierre Lepautre.
123 N o 118. 1687.8.10. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de Jean-Thomas
Hue de Miromesnil, présidée par Étienne Lallemant, gravée par Pieter Van Schuppen
d’après Jacob Ferdinand Voet ; gravure en lettres de Jean Liébaux.
124 N o 119. 1687.8.29. Poitiers. Thèse de philosophie soutenue au collège des Jésuites par
plusieurs étudiants, gravée par Étienne Gantrel ou par Pierre Simon.
125 N o 120. 1688.6.8. Rome. Thèse de théologie au couvent des Cordeliers de Séraphin
Crouzeil, présidée par le père Claude Frassen, gravée par Henri Bonnart d’après Pierre-
Paul Sevin (livret).
126 N o 121. 1688.8.10. Thèse de théologie au couvent des Cordeliers de Séraphin Crouzeil,
présidée par le père Claude Frassen, gravée par Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin
(livret).
127 N o 122. 1689.2.28. Thèse de pharmacie d’Henri Rouvière, présidée par Antoine d’Aquin,
gravée par Laurent Levesque.
128 N o 123. v. 1690-1695. Rouen. Thèse dédiée au parlement de Normandie gravée par
Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle.
N o 124. 1690. Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites 129 (« Thèse du roi devant
le parlement de Rennes »), présidée par le père Provost, gravée par Jean Langlois et Pierre
Lepautre d’après Antoine Dieu, éditée par Étienne Gantrel.
130 N o 125. 1690.1.10. Tentative en Sorbonne de Nicolas-Alexandre Le Cordier du Troncq,
présidée par Jean Gaudin, éditée par Guillaume Vallet.
** N o 126. 1690. Castelnaudary. Exercice sur 131 la géographie, l’histoire… au collège des
pères de la doctrine chrétienne de La Rivière de Laudun.
132 N o 127. 1691.7.25. Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’André Brunel,
gravée par Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, éditée par Étienne
Gantrel.
133 N o 128. 1692.8.24. Thèse de philosophie au collège Mazarin de Camille Le Tellier, abbé de
Louvois, présidée par Paul Le Cordelier de Chevrière, gravée par François de Poilly et Jean-
Louis Roullet d’après Pierre Mignard ; gravure en lettres de Gillet.
134 N o 129. 1695.12.26 (reportée au 29 janvier 1696). Thèse de mathématiques au collège
d’Harcourt de François Bourgarel, présidée par Étienne Lambert Fleury de Frémicourt,
gravée par Antoine Trouvain et Pierre Lepautre d’après Bon Boullogne.
135 N o 130. 1696.7.11. Rennes. Thèse de philosophie chez les Jésuites de Jean-Baptiste Le
Tavernier, gravée d’après Antoine Dieu et éditée par Étienne Gantrel.
136 N o 131. 1701. Thèse de droit français de Pierre Poulletier et Regnault, présidée par
François de Launay, gravée par Jean-François Cars (?).
** N o 132 137 . 1701. Rome. Thèse au couvent de Saint-François de Charles Bourget.
** N o 133 138 . 1701. Rome. Thèse au couvent de Saint-François.
139 N o 134. 1703. Marseille. Thèse de théologie chez les Minimes d’Ambroise Bruny, présidée
par le R. P. Jérôme d’Étienne (1637-1712).
140 N ° 135. 1703. Marseille. Thèse de théologie présentée au cours de l’assemblée générale
des Minimes, gravée par Pierre Drevet d’après Hyacinthe Rigaud.
141 ** N o 136. 1704.5.14. Rome. Thèse de théologie au couvent des Carmes.
Supplément au catalogue
142 Suppl. 1658-1660. S. l. Thèse supposée, gravée par Jean Boulanger d’après Nicolas Loir.
143 Suppl. 1666.6.14. Rome. Thèse de théologie au couvent de Sainte-Marie Transpontine de
Philippe de Saint Jacques soutenue lors du chapitre général des Carmes, gravée par Pierre
Landry d’après le père Jean François, texte imprimé chez Michaele Hercole.
144 Suppl. 1670.5.?. Rome. Thèse de théologie de Michel Coiffet, présidée par Jean-André
Faure, soutenue lors du chapitre général des Dominicains, dessinée et gravée par Robert
Nanteuil ; texte imprimé à Paris par François Le Cointe.
145 Suppl. v. 1695-1699. Rome. Thèse de théologie au couvent de Santa Maria Sopra Minerva
pour l’assemblée du clergé des Dominicains du père Alphonse Costadau.
146 Suppl. 1695.5.?. Lyon. Thèse de philosophie soutenue au collège des Jésuites par Bessié
Thèse rejetée
147 R. S. d. Thèse dédiée à un jeune prince, gravée par Pierre Galley d’après Antoine Dieu et
éditée par Étienne Gantrel.
Naviguer dans le livre
Précédent Table des thèses dédiées au roi Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Commander des livres
Email : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Annexe
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Annexe Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Annexe
p. 309-313
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le Annexe. Table des thèses dédiées à la famille royale,
livre aux fils légitimés de Louis XIV et aux favorites
1 L’inventaire des thèses dédiées à la famille royale, aux fils légitimés de Louis XIV et aux PDF
Table des matières favorites est consultable sur les sites du Centre de recherche de Versailles [http://
chateauversailles-recherche.fr/francais/publications/publications-papier/collection-aulica/
coll-aulicano10-pour-la-plus-grande-gloire-du-roi-louis-xiv-en-theses.html] et sur celui des
Citer Presses universitaires de Rennes [http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4364].
2 Thèses dont on ignore si elles sont illustrées (**). Partager PDF du
3 Gravures qui semblent avoir été utilisées pour les thèses (***). chapitre
Plan 4 Lorsque la thèse est soutenue à Paris, le lieu n’est pas précisé.
I. – Thèses dédiées à la famille royale Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
A. – Philippe d’Orléans, frère du roi (1640-1701) Texte intégral votre bibliothèque
Annexe. Table des thèses
5 1. v. 1660. S. l. Thèse de théologie ; portrait par François de Poilly d’après Jean Nocret.
Acheter
Aller en haut de page 6 2. 1662. Thèse de philosophie au collège de Presles-Beauvais des frères Auguste et
Aller en bas de page François Valois ; portrait par Pieter Van Schuppen d’après Jean Nocret. Édition
imprimée
7 3. 1667. S. l. Thèse de philosophie de Nicolas Vigneron ; portrait par Gérard Scotin d’après
Pierre Mignard. Presses
universitaires
8 4. 1668. S. l. Thèse de Guillaume-Henry Le Jay de Saint-Fargeau ; portrait gravé par Nicolas de Rennes
de Poilly.
amazon.fr
9 5. 1670. S. l. Thèse supposée de l’abbé Jean de Fagès ; portrait gravé par Pieter Van decitre.fr
Schuppen d’après Claude Lefebvre. mollat.com
leslibraires.fr
6. 1671. Thèse de théologie en Sorbonne de Guillaume-Henry Le Jay de Saint-Fargeau ; 10
placedeslibraires.fr
portrait dessiné et gravé par Robert Nanteuil.
lcdpu.fr
11 7. 1678.8.10. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Adrien-Alexandre de
Mannevillette ePub / PDF ; portrait équestre par Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après
Noël Coypel.
12 8. 1698.7 ou 8.? Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de l’abbé d’Estampes.
13 9. 1699. Tentative en Sorbonne de l’abbé Jean-Baptiste d’Estampes ; portrait gravé par
François Landry d’après Antoine Dieu ; positions gravées par Nicolas Berey.
B. – Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), épouse de Louis XIV
en 1660
14 *** 1. 1660. S.l. Thèse soutenue lors de son mariage en 1660, également dédiée Louis XIV
(cat. 28).
15 2. 1660-1661. S.l. Thèse de Jean-Baptiste Boucher. Portrait sans doute gravé d’après
Charles Beaubrun et édité par François Du Bois.
16 ** 3. 1672. Dunkerque. Thèse au couvent des Recollets.
17 4. 1681. Sienne. Thèse de Pompeo Amerighi ; allégorie par François Spierre d’après
Dionisio Montorselli.
C. – Le Dauphin, Louis de France (1661-1711)
18 1. 1662.7.2. Thèse de philosophie au collège d’Harcourt de Louis-Hugues de Lionne,
dessinée par François Chauveau et gravée par Abraham Bosse.
19 2. 1663 ou 1664. Thèse supposée, dessinée par François Chauveau et gravée par Nicolas
de Poilly.
20 3. 1671.1.27. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne des enfants d’honneur
du Dauphin, Nicolas de Bellemare, Jean d’Estrées, Louis de Vitry, dessinée par Charles Le
Brun et gravée par Gilles Rousselet ; gravure en lettres de Jean Richer.
21 4. 1677.7.7. Thèse de philosophie au collège des Cordeliers de Bourgogne de Jules-Armand
Colbert d’Ormoy ; portrait gravé par Nanteuil ; gravure en lettres de Jean Richer.
22 5. 1677. Thèse de Jean Poisson ; portrait gravé par Guillaume Vallet d’après Jean Jouvenet.
23 6. 1680.7.4. Thèse de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne de l’abbé Claude de
Riantz ; portrait dessiné et gravé par Antoine Masson.
24 7. 1681. Sienne. Thèse de droit de Pompeo Amerighi ; allégorie dessinée par Dionisio
Montorselli, gravée par Benoît Farjat (livret).
D. – Louis, duc de Bourgogne, fils du Dauphin (1682-1712)
25 1. 1691. Thèse de mathématiques et d’optique au collège Mazarin de Jacques Cassini,
éditée par Claude-Louis Thiboust ; bandeaux et lettres ornées gravés par Jacques
Lepautre, Louis Boudan et Simon Thomassin (livret).
E. – Philippe V (1683-1746), fils du Dauphin, duc d’Anjou puis roi
d’Espagne en 1700
26 1. 1702. Reims. Thèse de philosophie chez les Jésuites de Delvaus de Frias. Peut-être
illustrée d’un portrait de Pierre Drevet d’après François de Troy.
II. – Thèses dédiées aux fils légitimés
A. – Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736)
27 1. 1677. S. l. Thèse supposée de Jean-Baptiste Viette de Vrainnes ; portrait dessiné et gravé
par Antoine Masson.
28 2. 1696. Tentative en Sorbonne de l’abbé de Malézieu probablement illustrée du portrait
gravé par Pierre Drevet d’après François de Troy.
29 3. 1696.11.?. Thoisy. Thèse de philosophie au collège des Dombes de Claude Cachet de
Garnerans ; monnaie frappée en 1576 ; portrait par Jean-François Cars d’après François
Verdier ; carte de la souveraineté des Dombes et bandeau aux armes du duc (livret).
30 4. 1706. Mineure au collège de Navarre de l’abbé Jacques du Champ-du-Mont ; portrait par
Pierre Drevet d’après François de Troy.
B. – Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (1678-1737)
31 1. 1694.7.? Rennes. Thèse de philosophie au collège des Jésuites de Rennes de Claude
Poullart des Places.
2. 1695.9.6. Bordeaux. Thèse de philosophie au collège des Jésuites d’Étienne Denis ; 32
portrait par Pierre Drevet d’après François de Troy.
33 3. 1698.11.14. Rennes. Thèse de théologie (?) au collège des Jésuites de Claude Poullart des
Places.
34 4. 1700.8.10. Thèse de philosophie au collège du Plessis Sorbonne de Charles-Élisabeth de
Coëtlogon ; portrait par Gérard Edelinck d’après Pierre Gobert.
35 5. 1714. S. l. Thèse de Jean-Baptiste Thibault ; portrait par Pierre Drevet d’après Hyacinthe
Rigaud.
36 6. 1714. S. l. Thèse de Marie-Claude-Augustin et Henri-François du Clos Bossart ; portrait
par Pierre Drevet d’après Rigaud.
37 7. 1719.2.27. Thèse de droit canon de Jean-Baptiste Thibault à Paris, présidée par Claude-
Joseph Ferrière ; réutilisation du portrait précédent avec modifications.
III. – Thèses dédiées aux favorites du roi
A. – Madame de Montespan (1640-1707)
1. 1691.8.23. Fontevrault. Thèse de philosophie à l’abbaye de F. René Buignet, F. Louis [ sic ] 38
La Porte, F. Joseph Bruneau ; allégorie aux armes de la marquise éditée à Saumur par
François Ernou.
B. – Madame de Maintenon (1635-1719), épouse putative de Louis XIV
39 1. 1687. Paris (?). Thèse de droit de Le Blanc de Neauville ; portrait par Pierre Giffart d’après
Pierre Mignard (?).
Naviguer dans le livre
Précédent Annexe Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Sources et bibliographie
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Sources et bibliographie Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Sources et bibliographie
p. 315-336
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le SOURCES
livre
Les ouvrages et articles concernant plus particulièrement les thèses gravées sont signalés
par un astérisque.
Table des matières Pour les périodiques comportant des sous-entrées, ces dernières sont classées par ordre
chronologique croissant et la date est donnée dans l’ordre suivant : année, mois, jour.
Citer Sources manuscrites
Les références des documents conservés aux Archives nationales et au Minutier central sont
Partager PDF du données en note.
chapitre
Archives nationales Plan
O 1 3304 fol. 126 o v , 15 octobre 1668 : Thèse de Colbert de Seignelay. Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
Texte intégral Bibliothèque Mazarine votre bibliothèque
SOURCES Ms. 3536 pièce.
BIBLIOGRAPHIE Mazarine, M 10096, o Acheter fol. 402 r .
Aller en haut de page Bibliothèque nationale de France Édition
imprimée
Aller en bas de page BNF, Mss, Mélanges Colbert 161, fol. 1.3 : invitations à la soutenance de l’abbé Colbert, août
1672. Presses
universitaires
BNF, Mss, Clairambault, o t. XXXVII, n 1147, pièce 3946. de Rennes
BNF, Mss : NAF 5764 : Livres mis dans la Bibliothèque le IX octobre MDCLIII. Livres in-folio amazon.fr
(inventaire de la bibliothèque Mazarin par Naudé). decitre.fr
mollat.com
BNF, Est. Ya2-4 : M ariette , Notes manuscrites , 10 vol. leslibraires.fr
BNF, Est : rés Ye 7 pt. Fol, Registre des estampes, cartes géographiques de privilège reçeues par la placedeslibraires.fr
Bibliothèque du roy depuis l’année 1684 lcdpu.fr .
BNF, Est. e : Ye1 rés. estampes archives xviii , boîte, L’état des estampes de France acquises par ePub / PDF
Ladvenant en consequence de l’ordre que luy en a donné Mr. l’abbé Bignon .
Bibliothèque nationale de France – Bibliothèque de l’Arsenal
Ms. 5098.81, fol. 37-48 o v : « Lud. XIIII Regnum Maximo. Ultimos licentiae Theologicae
labores aeternum Consecrat Ad omnia paratissimus obsequa dux d’Albret Caius Regnum,
Regnum ominum Saecularum. Psal 144 ».
Ms. 3185 : « Explication d’un Tableau Énigmatique que les Jeunes Écoliers Orientaux Élevez
dans le collège des Jésuites par la libéralité du Roy ont fait peindre pour donner une marque
publique de leurs très-humbles Reconnoissances Envers sa Majesté », s. d. [v. 1701-1711].
École nationale supérieure des beaux-arts
Ms. 34, p. 9 : « Catalogue des livres et estampes qui composent le Cabinet de l’Académie
royale de peinture et de sculpture ; II Estampes données à l’Académie à titre de présent ».
Ministère des Affaires étrangères (La Courneuve)
Correspondance politique, sous-série
France, t. CVII, le baron d’Auteuil à Chavigny, juillet 1644.
Rome, 401, cardinal de Bouillon à Louis XIV, Rome 19 mai, 1699, p. 120-121, 126-128.
Recueil des présents faits par le Roy en pierreries, meubles, argenterie et autres : 53 MD 2037,
Microfilm P. 6700, fol. 267 et 53 MD 2038 (autre copie du document), fol. 54.
Archives départementales de la Vienne
P. 19, décision concernant la thèse d’Antoine Jacquet, 1614.
Sources imprimées
*Odes et panégyriques voir : D u F our 1684, H ersan 1682, L e D uc 1679, L e F rançois 1680,
L englet s. d., M aury 1668, M orain 1692, R ollin 1692, V eugny 1678.
*A llegri Domenico, 1984, Music for an Academic Defense (Rome, 1617 ), éd. John Anthony,
Louise Rice et Clare Woods, Middleton (Wis.), A-R Editions.
A melot de la H oussaye Abraham-Nicolas, 1737 [1722], Mémoires historiques, politiques,
critiques et littéraires , Amsterdam, Zacharie Chatelain, 3 vol.
A nselme de S ainte- M arie Augustin, 1674, Histoire de la maison royale de France, et des grands
officiers de la Couronne e , voir 3 éd. (Paris, La Compagnie des Libraires, 1728), Paris, É.
Loyson 2 vol.
A rckenholtz Johann, 1751-1760, Mémoires concernant Christine, reine de Suède, pour servir
d’éclaircissement à l’histoire de son règne , Amsterdam-Leipzig, P. Mortier le jeune et Jean
Schreuder, 2 vol.
*B abuty François-Joachim, 1771, Catalogue des sujets de thèses formant le fonds général de feu
M. Cars, graveur du roi. Acquis par Babuty, libraire , Paris, Babuty.
B aldinucci Filippo, 2013 [1681], Cominciamento e progresso dell’arte dell’intagliare in rame colle
vite di molti de’ più eccellenti maestri della stessa professione , éd. Evelina Borea, Turin, G.
Einaudi.
B asan Pierre-François, 1762, Catalogue d’une belle collection de desseins & estampes d’un très
beau choix de tous les meilleurs maîtres étrangers & françois : [vente] le 4 février 1762 , Paris, De
Lormel.
B asnage Jacques, 1686, Considérations sur l’état de ceux qui sont tombez, ou Lettres à l’Église de
[Rouen] sur sa chute, avec des prières pour l’Église, & pour ceux qui sont tombez , Rotterdam, A.
Acher.
B aston Guillaume-André-René, 1977, Mémoires , publiés par Julien Loth et Charles Verger,
Paris-Genève, H. Champion-Slatkine-Mégariotis, 3 t. en 2 vol.
B ayle Pierre, 1737, OEuvres diverses , La Haye, La Compagnie des libraires, 4 vol.
*B elleville Jean, 1673, Illustrissimo Domino D. Leoni Potier de Gesvres, abbati, artium lauream
collegium Sorbonae-Plessaeum gratulatur , Paris, F. Le Cointe.
B énard Pierre-Maurice, 1810, Cabinet de M. Paignon Dijonval , Paris, impr. Huzard.
B erthod , 1859 [1652], La ville de Paris, en vers burlesques , dans L e P etit Claude, C olletet
François et B oileau Nicolas, Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle , Paris, A. Delahays.
B oileau Nicolas, 1868, OEuvres, avec notes et imitations des auteurs anciens , Paris, Furne.
B osquillon Noël, 1692, A Monsieur l’abbé de Louvois sur la thèse qu’il dédie au roy. Imitation des
vers latins de Monsieur Rollin, professeur royal en éloquence , Paris, s. n. (12 pages, titre original :
Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae praeposito, in tabulam ab eo
regi dedicatam, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo tueretur. Anno M.DC. XCII. IX. cal.
septemb ).
B osse Abraham, 1667, Le peintre converty aux précises et universelles règles de son art, avec un
raisonnement abrégé au sujet des tableaux, bas-reliefs & autres ornemens que l’on peut faire sur
les diverses superficies des bastimens, et quelques advertissemens contre les erreurs que des
nouveaux écrivains veulent introduire dans la pratique de ces arts , Paris, chez l’auteur.
B ossuet Bénigne-Jacques, 1836, OEuvres complètes de Bossuet. Tome quatrième , Besançon,
Outhenin-Chalandre fils.
B ossuet Bénigne-Jacques, 1966, Politique de Bossuet , éd. Jacques Truchet, Paris, A. Colin.
B oze Claude G ros de , G oujet Claude-Pierre, T allemant Paul, 1740, Histoire de l’Académie royale
des inscriptions et belles-lettres, depuis son établissement, avec les éloges des académiciens morts
depuis son renouvellement , Paris, H.-L. Guérin, 3 vol.
B rienne Henri-Auguste de L oménie , comte de, 1838, Mémoires contenant les événements les
plus remarquables du règne de Louis XIII et de celui de Louis XIV jusqu’à la mort du cardinal
Mazarin, composés pour l’instruction de ses enfants ie , Paris, Didier & C , coll. « Nouvelle
collection des Mémoires relatifs à l’histoire de France », 3 e série, t. II.
B rienne , Louis-Henri de L oménie , comte de, 1917, Mémoires de Louis-Henri de Loménie, Cte de
Brienne, dit le jeune Brienne. Tome deuxième , éd. Paul Bonnefon, Paris, H. Laurens.
B ussy- R abutin Roger de, 1857-1859, Correspondance de Roger de Rabutin comte de Bussy, avec
sa famille et ses amis (1666-1693) , Paris, éd. Ludovic Lalanne, Paris, Charpentier, 6 vol.
C allières François de, 1688, Panégyrique historique du roy à Messieurs de l’Académie françoise ,
Paris, P. Auboüin-P. Émery-C. Clousier.
*Catalogue des estampes qui se vendent chez Laurent Cars , s. d. [1760], s. l., s. n.
*Catalogue raisonné du cabinet de feu Mr. Charles Léoffroy [ sic ] de Saint-Yves , 1805, Paris, impr.
de Quillau.
*Catalogue raisonné du cabinet d’estampes de feu Monsieur Winckler [...], 4 : École françoise ,
1810, éd. Michel Huber et J. G. Stimmel, Leipzig, s. n.
C hapelain Jean, 1880-1883, Lettres de Jean Chapelain 1659-1672 , éd. Philippe Tamizey de
Larroque, Paris, Imprimerie nationale, 2 vol.
C hoisy François-Timoléon de, 1727 [1687], Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, par feu
M. l’abbé de Choisy , éd. Denis-François Camusat, Utrecht, Van de Water (rééd. présentée et
annotée par Georges Mongrédien, Paris, Mercure de France, 1966).
Collection des procès-verbaux des assemblées-générales du clergé de France depuis
l’année 1560 jusqu’à présent… , 1772, ouvrage composé sous la dir. de M. l’évêque de Mâcon, t.
V, Paris, impr. G. Desprez.
Comptes des Bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV , 1881-1901, éd. Jules Guiffrey, Paris,
Imprimerie nationale, 5 vol.
*Les continuateurs de Loret : lettres en vers de la Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou
de Subligny, Laurent et autres (1665-1689 ), 1881- 1899, recueillies et publiées par le baron
James de Rothschild, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 3 vol. Voir M ayolas et R obinet .
1666, 11 avril, t. I, p. 800. Thèse de l’abbé de Cruzy.
1666, 11 avril, t. I, p. 800. Thèse de l’abbé d’Hocquincourt.
1666, 29 août, t. II, p. 223. Thèse de François de Fourilles.
1667, 10 juil., p. 90 et 207. Thèse de François Giry.
1667, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, mai, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1668, er 1 janvier, t. III, p. 900. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
C ordier Simon, 1682, Ad serenissimum principem Franc. Armandum, abbatem a Lotharingia,
cum suas theses philosophicas propugnaret et artium laurea donaretur in Sorbonae-Plessaeo ,
Paris, F. Le Cointe.
*C ossart Gabriel, 1662, Ludovico XIV regi Christinissimo nuncupatoria theseon philosophicarum
ex persona Caroli d’Orléans, Comitis a Sancto Paulo, dans Orationes et Carmina , 1675, Paris, S.
Mabre-Cramoisy, p 139.
C ourtilz de S andras Gatien de, 1695, La vie de Jean-Baptiste Colbert, ministre d’État sous Louis
XIV , Cologne, s. n.
*C oypel Noël, 1678, Explication du dessin ve et des figures de la thèse , Paris, impr. V Colin.
D angeau Philippe de C ourcillon , marquis de, 1854-1860, Journal du marquis de Dangeau , éd.
Paul Mantz, Eudore Soulié et Louis Dussieux, Paris, Firmin Didot frères, 19 vol.
D ati Carlo, 1667, Postille alla vita di Zeusi , dans Vite de pittori antichi , Florence, Stamperia della
Stella, p. 18-42.
Description des tableaux et des autres ornements dont l’Académie royale de peinture et de
sculpture a décoré l’église des RR. PP. de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré, où elle fait rendre grâces
à Dieu pour la guérison du roi , 1687, Paris, impr. de N. Pepingué.
D ezallier D’A rgenville Antoine-Joseph, 1762, Abrégé de la vie des plus fameux peintres… , Paris,
De Bure.
Dictionnaire de l’Académie françoise, dédié au roi ve , 1694, Paris, V J.-B. Coignard et J.-B.
Coignard, 2 vol.
*D u B ois- H us , 1644, Le prince sçavant. A la reyne regente , P. Rocolet.
*D u B oulay Pierre-Égasse, 1662, Nobilissimo et illustrissimo abbati Antonio Benedicto de
Clermon-Tonnere de Crusy carmen panegyricum, cum, post propugnatas in Regia Navarra theses
philosophicas, artium laurea donaretur, die [sexta] mensis [augusti] an. 1662 , s. l, s. n.
D ubuisson- A ubenay François-Nicolas B audot , 1883-1885, Journal des guerres civiles de
Dubuisson-Aubenay , 1648-1652, éd. Gustave Saige, Paris, H. Champion, 2 vol.
*D u F our Georges, 1684, Ad illustrissimum virum Franc. Michaelem Le Tellier, marchionem de
Louvois Regi A secretioribus Consillis, cum ejus filii Ludovicus Nicolaus et Ludovicus Franciscus Le
Tellier Teses philosophicas propugnarent in collegio Harcuriano die Veneris XXVIII. julii, ann. 1684,
symbolum. Aquila fulminis vehendi artem pullos edocens Lemma , s. l., ex typ. F. Le Cointe.
D urand de M aillane Pierre-Toussaint, 1761, Dictionnaire de droit canonique , Paris, Desaint et
Saillant, 2 vol.
*Explication de l’appareil pour la thèse dédiée au parlement de Bretagne par les physiciens du
collège de Rennes de la compagnie de Jésus , 1690, Rennes, Denys.
*Explication de la thèse dédiée au roy par des écoliers du collège des Jésuites à Rouen , 1687,
Rouen, s. n.
F aucher Chrysostome, 1777, Histoire du cardinal de Polignac , Paris, d’Houry.
F aydit Pierre-Valentin, 1710, Nouvelles remarques sur le Virgile et sur Homère et sur le prétendu
style poétique de l’Écriture Sainte ..., s. l., s. n.
F élibien André, 1683, Le songe de Philomathe , Paris, S. Mabre-Cramoisy.
F élibien André, 1689 [1663], « Le portrait du Roy », dans Recueil de descriptions de peintures et
d’autres ouvrages faits pour ve le roi , Paris, V S. Mabre-Cramoisy, p. 68-98.
F oucault Nicolas-Joseph, 1687, Relation de ce qui s’est passé à l’érection de la statue du roi, dans
la ville de Poitiers, le 25 août 1687 , Poitiers, Jean Fleuriau et Jean-Baptiste Braud.
*F oucault Nicolas-Joseph, 1862, Mémoires de Nicolas-Joseph Foucault , éd. Frédéric Baudry,
Paris, Imprimerie impériale.
F réron Élie-Catherine, 1786, L’année littéraire .
F reschot Casimir, 1705, Remarques historiques et critiques, faites dans un voyage d’Italie en
Hollande dans l’année 1704 , Cologne, Jaques Le Sincère, 2 vol.
F uretière Antoine, 1981 [1666], Le roman bourgeois , Paris, Gallimard.
La galerie de portraits de Mademoiselle de Montpensier. Recueil des portraits et éloges en vers et
en prose des seigneurs et dames les plus illustres de France… , 1860 [1659], éd. Édouard de
Barthélemy, Paris, Didier.
G ayot de P itaval François, 1732 [1728], L’art d’orner l’esprit en l’amusant ou Nouveaux choix de
traits vifs, saillans et légers… , Paris, A.-C. Briasson, 4 t. en 2 vol.
*Gazette :
1644, 31 mai, n° 80, p. 538. Thèse du duc d’Aumale.
1644, juil., p. 604 et p. 651. Thèse du prince de Conti.
1645, p. 698. Thèse d’Henri II de Savoie-Nemours.
1661, juil., p. 680. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1661, 27 août p. 116. Thèse du comte de Montbrison.
1662, 8 juil., p. 659. Thèse dédiée au Dauphin.
1662, 12 août p. 790. Thèse d’Antoine-Benoît de Clermont-Tonnerre de Cruzy.
1663, févr., p. 143. Thèse de Charles-Maurice Le Tellier.
1663, mars, p. 245 et le 9 août, p. 761-762. Thèse de Charles-Paris d’Orléans.
1663, juin, p. 659. Thèse de Chrétien-François de Lamoignon.
1663, p. 867. Thèse de Charles Amelot.
1663, p. 867. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1663, 8 sept., p. 867. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1664, 8 mars, p. 227. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1664, 8 juin, p. 646-7. Thèse des pères Cüeillens et Balzac.
1664, 9 août, p. 787. Thèse de Charles d’Orléans-Longueville.
1664, 27 déc., p. 1277. Thèse de Roger de Courtenay.
1666, juin, p. 746. Thèse du père Philippe de Saint Jacques.
1668, 23 mars, p. 320. Thèse de Roger de Courtenay.
1668, 1 er sept., p. 914. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
1671, 23 déc., p. 23. Thèse de Louis-Antoine de Noailles.
1672, 24 mars, p. 191. Thèse soutenue à Ath.
1672, 27 mars, p. 334. Thèse soutenue à Lille.
1672, 28 avril, n o 56, p. 441. Thèse dédiée à Marie-Thérèse.
1672, juil., p. 143-6. Thèse de François d’Argouges.
1684, 29 juil., p. 480. Thèse des fils de Louvois.
1687, 15 févr., p. 11. Thèse du prince de Conti.
*Gazette de santé , jeudi 13 février 1777, n° 7, p. 27. Thèse dédiée à Marie-Antoinette.
G ori G andellini Giovanni, 1771, Notizie istoriche degli intagliatori, opera di Gio. Gori Gandellini,
[...] Tomo I-[III] , Sienne, Vincenzo Pazzini Carli e figli, 3 vol.
G uez de B alzac Jean-Louis, 1854, OEuvres de J. L. de Guez sieur de Balzac , éd. Louis Moreau,
Paris, J. Lecoffe.
*H azon Jacques-Albert, 1771, Éloge historique de l’université de Paris, latin, françois, et avec des
remarques …, prononcé aux écoles de médecine le 11 octobre 1770, s. l. [Paris], s. n.
H ecquet Robert, 1752, Catalogue de l’oeuvre de F. de Poilly, graveur ordinaire du roi avec un
extrait de sa vie , Paris, Duchesne.
H einecken Carl Heinrich von, 1771, Idée générale d’une collection complette d’estampes, avec une
dissertation sur l’origine de la gravure et sur les premiers livres d’images , Leipzig, J.-P. Kraus.
H einecken Carl Heinrich von, 1778-1790, Dictionnaire des artistes dont nous avons des estampes,
avec une notice détaillée de leurs ouvrages gravés , Leipzig, J.-G.-I. Breitkopf, 4 vol.
*H ersan Marc-Antoine, 1682, Serenissimo principi Francisco Armando abbati a Lotharingia
theses philosophicas in collegio Sorbonae-Plessaeo defendit. Carmen , Paris, ex typographia F. Le
Cointe.
H oubraken Arnold, 1718-1721, De groote schouburgh der Nederlantsche konstschilders en
schilderessen , Amsterdam, chez l’auteur, 3 vol.
*H oury Laurent d’, 1689, Explication de l’emblème énigmatique mise au haut de la thèse de M. de
Rouvière, apothicaire ordinaire des camps & armées du roy. Pour la dispensation & la confection
de la thériaque qu’il doit préparer le 28 février 1689 , Paris, Laurent d’Houry.
H uber Michael, 1787, Notices générales des graveurs, divisés par nations, et des peintres rangés
par écoles, précédées de l’histoire de la gravure et de la peinture depuis l’origine de ces arts jusqu’à
nos jours, et suivies d’un catalogue raisonné d’une collection choisie d’estampes , Dresde-Leipzig, J.
G. I. Breitkopf.
H uber Michael et R ost Carl Christian Heinrich, 1797-1808, Manuel du curieux et de l’amateur
d’art ie , Zurich, Orell-Gessner-Fuesslin et C , 9 t. en 8 vol.
H uyghens Christiaan, 1893, OEuvres complètes. Tome V : Correspondance , 1664-1665 , La Haye,
M. Nijhoff-Société hollandaise des sciences.
*Illustrissimo Dom. D. Augustino de Servient Abbati cum Philosophiae Teses, inscriptas dicatasque
Regi, publice propugnaret. Ode , 7 p. signée : Sie spes Nati, Patrisque canebat ALCINOVS tenui
grandia facta LYRA IN HARCURIANA . [BSG, 4° Y 422 (4) inv 552 (68)].
*Journal des sçavans (Le) , Paris, impr. J. Cusson.
1689, t. XVIII, 16 mai, p. 215-216. Thèse d’Henri Rouvière.
1691, p. 197. Thèse de François Giry (1667).
1692, t. XXXV, 8 sept., p. 419-420, 613-614. Thèse de Camille Le Tellier, abbé de Louvois.
1729, p. 226. Thèse de François Giry (1667).
J ouvancy Joseph de, 1892 [1692], De la manière d’apprendre et d’enseigner , Paris, trad. du latin
par Henti Ferté, Paris, Hachette.
J urieu Pierre, 1689, La religion des Jésuites ou Réflexions sur les inscriptions du père Menestrier et
sur les écrits du Père Letellier , La Haye, A. Troyel.
*L a B retonnière Antoine de, 1668, L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au roy
par M. le marquis de Seignelay , trad. du latin par Esprit Fléchier, Paris, S. Mabre-Cramoisy.
L a L oubère Simon de, 1691, Du royaume de Siam ..., Paris, J.-B. Coignard.
*L ambert , Claude-François, 1751, « Discours sur les progrès de la gravure sous le règne de
Louis XIV », dans id ., Histoire littéraire du règne de Louis XIV , Paris, Prault-Guillyn-Quillau, t. III.
*L assone François-Xavier de, 1777, Dissertatio medica, de recto usu purgantium et venaesectionis
in febribus acutis. Quam Deo duce, & auspice Deiparâ, in Augustissimo Ludoviceo medico
Monspeliensi, pro Baccalaureatûs gradu obtinendo, tueri conabitur Auctor, Franciscus-Xaverius de
Lassone… , Montpellier, s. n.
L a V ergne detressan Pierre de, 1670-1671, Examen général de tous les états et conditions, et des
pechez que l’on y peut commettre… , Paris, G. Desprez, 3 parties en 2 vol.
L a V ergne de T ressan Pierre de, 1724, Examen général de tous les états et conditions et des
pechez que l’on y peut commettre […] par le Sieur de Saint-Germain , Paris, G. Desprez-J.-B.
Desessartz, 2 vol.
L e C omte Florent, 1699-1700, Cabinet des singularitez d’architecture, peinture, sculpture, et
graveure. Ou Introduction à la connoissance des plus beaux-arts, figurés sous les tableaux, les
statuës, & les estampes , Paris, E. Picart-N. Le Clerc, 3 vol.
*L e C omte Jean, 1692, Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae
praeposito, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo tueretur. IX. cal. septemb. M.DC. XCII.
Ode , s. l., s. n.
*L e D uc Jessé, 1679, Ludovico Magno, [...] cum sub ejus auspiciis theses philosophicas
propugnarent in Harcurio [...] fratres Stephanus et Aegidius d’Aligre , Paris, F. Le Cointe.
L e F èvre Antoine-Martial, 1750, Les Muses en France, ou Histoire chronologique de l’origine, du
progrès et de l’établissement des belles-lettres, des sciences et des beaux-arts dans la France,
contenant la fondation des universités, des collèges, des académies royales, des écoles célèbres de
ce royaume, et les personnes illustres… , Paris, J.-F. Quillau fils.
L efèvre d ’O rmesson Olivier, 1861, Journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson et extraits des mémoires
d’André Lefèvre d’Ormesson. Tome deuxième, 1661-1672 , éd. Adolphe Chéruel, Paris, Imprimerie
impériale.
*L e F rançois Jean, 1680, In iconem Lud. Magni pacifici, cum sub ejus auspiciis theses
philosophicas propugnaret [...] Joannes Bapt. Colbert de Croissy, in Harcurio, id. sept. ann. 1680 ,
Paris, F. Le Cointe.
L e J ay Gabriel-François, 1687, Le triomphe de la Religion sous Louis le Grand, représenté par des
inscriptions et des devises, avec une explication en vers latins & françois , Paris, M. Langlois.
*L englet Pierre de, s. d. [1680], Illustrissimo viro Domino D. Joanni-Baptistae Colbert regi ab
intimis consiliis et secretioribus mandatis, generali aerarii moderatori, summo regiorum
aedificiorum praefecto. Schola Harcuriana supplex , s. l. [Paris], s. n.
L épicié François-Bernard, 1752, Vies des premiers peintres du roi, depuis M. Le Brun, jusqu’à
présent , Paris, Durand-Pissot fils, 2 vol.
L’E stoile Pierre de, 1825, Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France , t.
XLVXLVIII : Mémoires de Pierre de L’Estoile pour servir à l’histoire de France et Journal de Henri III
et de Henri IV , éd. Claude-Bernard et Alexandre Petitot, Paris, Foucault, 4 vol.
L even de T emplery Joseph, 1706, L’éloquence du temps, enseignée à une dame de qualité… ,
Bruxelles, J. Léonard.
*L oret Jean, 1652-1665, La muze historique, ou Recüeil des lettres en vers ecrites à son altesse
mademoiselle de Longueville , Paris, C. Chénault, 16 livres.
1658, 13 juillet, p. 500. Thèse de Le Tonnelier de Breteuil dédiée à Mazarin.
1661, juil., t. III, p. 374-375. Thèse de l’abbé d’Harcourt.
1661, août, livre XII, lettre XXXIV, p. 395. Thèse d’Emmanuel de Guénégaud de Montbrison,
abbé de Brienne.
1662, XIV, p. 133, col. 1278, n o 25. Thèse de Charles-Paris d’Orléans, comte de Saint-Pol.
1662, 16 déc., livre XIII, p. 193. Thèse de Charles-Paris d’Orléans, comte de Saint-Pol.
1663, livre XIV, p. 148. Thèse de Charles Amelot.
1664, er 1 mars, livre XV, p. 35. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1666, 10 juil., p. 207 et déc. 1667, p. 909. Thèse de François Giry.
1666, 29 août, t. II, p. 223. Thèse de François de Fourille.
L ouis XIV, 1860, Mémoires de Louis XIV pour l’instruction du Dauphin , éd. Charles-Louis Dreyss,
Paris, Didier, 2 vol.
L ouis XIV, 1992, Mémoires pour l’instruction du Dauphin , éd. Pierre Goubert, Paris, Imprimerie
nationale.
L ouis XIV, 2001, Mémoires. Suivi de Réflexions sur le métier de roi, Instructions au duc d’Anjou,
Projet de harangue , éd. Jean Longnon, Paris, Tallandier.
L ouvois , François-Michel L e T ellier , marquis de, 2007, Architecture et Beaux-Arts à l’apogée du
règne de Louis XIV. Édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des
Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691, conservée au Service historique de la
Défense, tome I (1683-1684) , éd. Raphaël Masson et Thierry Sarmant, Paris, Éd. du CTHS.
L ouvois , François-Michel L e T ellier , marquis de, 2009, Architecture et Beaux-Arts à l’apogée du
règne de Louis XIV. Édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des
Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691, conservée au Service historique de la
Défense, tome II (1685) , éd. Raphaël Masson et Thierry Sarmant, Paris, Éd. du CTHS.
L ugt Frits, 1938, Répertoire des catalogues de ventes publiques intéressant l’art ou la curiosité.
Première période : vers 1600-1825 , La Haye, M. Nijhoff.
L uynes Charles-Philippe d ’A lbert , duc de, 1649, Question S’il doit y avoir un premier ministre
dans le Conseil du roy , Paris, s. n.
L uynes Charles-Philippe d ’A lbert duc de, 1860, Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis
XV. 1738-1739 , éd. Louis Dussieux et Eudore Soulié, Paris, Firmin-Didot.
M abillon Jean, M ontfaucon Bernard de et Q uesnel Pasquier, 1846, Correspondance inédite de
Mabillon et de Montfaucon avec l’Italie , éd. A.-C. Valery, Paris, J. Labitte, 3 vol.
M aintenon Françoise d’A ubigné , marquise de , 1865-1866, Correspondance générale de
Madame de Maintenon , éd. Théophile Lavallée, Paris, Charpentier, 4 vol.
M ariette Pierre-Jean, 1851-1862, Abecedario de P.-J. Mariette et autres notes inédites de cet
amateur sur les arts et les artistes , éd. Charles-Philippe de Chennevières-Pointel et Anatole de
Montaiglon, Paris, J.-B. Dumoulin, 6 vol.
M arolles Michel de, 1666, Catalogue de livres d’estampes et de figures en taille douce… , Paris, F.
Léonard.
M arolles Michel de, 1755, Mémoires de Michel de Marolles , éd. Claude-Pierre Goujet,
Amsterdam-Paris, s. n., 3 vol.
M arolles Michel de, 1872, Livre des peintres et graveurs , éd. de G. Duplessis, Paris, P. Daffis.
M arteau Pierre, 1694, Politique nouvelle de la cour de France sous le regne de Louis XIV où l’on
void toutes ses intrigues, & sa manière présente d’agir, à l’égard de toutes les puissances de
l’Europe, uniquement pour satisfaire à l’ambition, & à la grandeur de son monarque , Cologne,
chez l’auteur.
M aupeou Pierre de, 1702, La vie du très-révérend père dom Armand Jean Le Bouthillier de Rancé ,
Paris, L. d’Houry.
*M aury Jean, 1668, Ad illustrissimum et spei maximae adolescentem D. Joannem Baptistam
Colbertum de Seignelay. Ob reportatam summa cum laude lauream philosophicam in Collegio
Claromontano. Gratulatio paranetica , s. n., s. l.
*M ayolas La G ravette de ( voir : Les continuateurs… 1881-1899 et L oret 1652-1665).
1666, 11 avril, t. I, p. 800-801. Thèse d’Antoine Benoît de Clermont-Tonnerre.
1666, juin, t. II, p. 93. Thèse du père Philippe de Saint Jacques.
1669, 8 sept., t. III, p. 899. Thèse de Fortin de la Hoguette.
Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de
sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’École impériale des beaux-arts , 1854, éd.
Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Louis Dussieux et Eudore Soulié, Paris, J. B.
Dumoulin, 2 vol.
M énestrier Claude-François, 1662, L’art des emblèmes , Lyon, B. Coral.
M énestrier Claude-François (attribué à), s. d. [1676], Ludovico Magno epinicion. Prolusio
academica ad theses philosophicas Claudij Pellot, Lugdunensis, Neustriae senatus principii filii, in
collegio Prellaco-Bellovaco humanae sapientiae propugnantis , s. l., s. n.
M énestrier Claude-François, 1679, La devise du roy justifiée […] avec un recueil de cinq cens
devises faites pour S. M. & toute la Maison royale , Paris, E. Michalet.
M énestrier Claude-François, 1682, La philosophie des images , Paris, R.-J.-B. de La Caille.
M énestrier Claude-François, 1686, La science et l’art des devises dressez sur des nouvelles règles
avec six cens devises sur les principaux événemens de la vie du roy et quatre cens devises sacrées
dont tous les mots sont tirés de l’écriture sainte , Paris, R.-J.-B. de La Caille.
M énestrier Claude-François, 1693, Histoire du règne de Louis le Grand par les médailles,
emblèmes devises, jettons, inscriptions, armoiries, & autres monumens publics… , éd. nouv. corr.
et augm., Paris, R. Pépie-J.B. Nolin.
*Mercure galant (1672-1674) puis Nouveau Mercure galant (1677) puis Mercure galant (1678-
1714), Le Mercure (1721-1723) :
1672, mai, t. I, p. 37-38. Thèse de l’abbé Louis-Antoine de Noailles.
1672, juill., p. 143-6. Thèse de François d’Argouges.
1677, août, p. 75. Thèse de M. d’Ormoy dédiée au Dauphin.
1678, août, p. 200-208. Thèse d’Adrien-Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe
d’Orléans.
1678, août, p. 280 et sept. 1678, p. 178-192. Thèse de François du Montal de Montsaulnin.
1678, sept. et éd. de Lyon, sept. 1678, p. 111. Thèse de François du Montal de Montsaulnin.
1679, août, p. 202-211. Thèse d’Étienne et Gilles d’Aligre.
1679, août, p. 330-333. Thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, prince de Turenne.
1680, avril, t. II, p. 306. Thèse de l’abbé Claude de Riantz dédiée au Dauphin.
1680, sept., t. I, p. 279-290. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy.
1681, août, p. 114-120. Thèse de Michel-François Le Tellier.
1684, juil., p. 314-325. Thèse des fils de Louvois.
1685, mars, p. 25-33. Thèse de Philibert Madon.
1685, mars, p. 126-137. Thèse d’Henri Rouvière.
1685, mai, p. 257. Thèse d’Henri Rouvière.
1685, juil., p. 322-323. Thèse de François-Armans [Armand] de Lorraine-Armagnac.
1685, oct., p. 23-31. Thèse de Pierre Berthe.
1686, févr., p. 54-62. Thèse de du Tertre dédiée au duc de Bourbon.
1686, nov., t. I, p. 98-101. Thèse de Jacques-Nicolas Colbert.
1686, nov., t. I, p. 135. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy.
1687, janv., t. I, p. 8-98, « Histoire du Roy ».
1687, janv., t. II, p. 214- 220. Journal de Voyage de Siam de François-Timoléon de Choisy.
1688, sept. p. 247-258. Thèse de Charles-Albert Dulion de Poinson.
1689, janv., p. 162-164. Thèse d’Henri Rouvière.
1689, avril, p. 159-177. Thèse d’Henri Rouvière.
1689, mai 1689, p. 254-258. Thèse d’Henri Rouvière.
1690, mars, p. 200, thèse de Jacques Nicolas Colbert, abbé du Bec.
1690, oct., p. 84. Thèse de La Rivière de Laudun.
1692, déc., p. 180-181. Thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, prince de Turenne.
1692, août p. 183-194. Thèse de Camille Le Tellier de Louvois.
1695, sept., p. 193-194. Thèse d’Étienne Denis dédiée au comte de Toulouse.
1696, févr., p. 282. Thèse de l’abbé de Malézieu dédiée au duc du Maine.
1698, août, p. 193-205. Thèse de l’abbé d’Estampes dédiée à Philippe d’Orléans.
1698, nov., p. 184-188. Thèse de Claude Poullart des Places dédiée au comte de Toulouse.
1700, août, p. 143 à 150. Thèse de Charles-Élisabeth de Coëtlogon dédiée au comte de
Toulouse.
1701, févr., p. 187-188. Thèse de Poulletier et Regnault.
1702, août, p. 117-119. Thèse dédiée à Philippe V.
1703, juill., p. 59. Propos sur les thèses.
1706, févr., p. 260-264. Thèse dédiée au duc du Maine.
1723, août, p. 308-309. Thèse de Claude-Irenée d’Aumas dédiée au duc de Chartres.
*M ontignac , Jean-Baptiste de, 1774, Ludovico decimo sexto regi æquissimo. Teses mechanicas
dicat, vovet, consecrat subditus obsequentissimus Joannes Baptista de Montignac, Lemovix […]
Exercitationem aperiet Joannes Baptista Josephus Petiniaud de Juriol, Lemovix, Convictor. Die lunae
decimâ octavâ Julii, anno Domini 1774, à sesquisecunda ad vesperam. Arbiter erit Mathurinus
Georgius Girault de Keroudou …, Paris, Typis Francisci Ambrosii Didot.
M ontpensier Anne-Marie-Louise-Henriette d ’O rléans , duchesse de, 1746, Mémoires de
Mademoiselle de Montpensier, fille de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, roi de France ,
Amsterdam, J. Wetstein-G. Smith.
M onville Simon-Philippe M azière , abbé de, 1730, La vie de Pierre Mignard, premier peintre du
roy , Paris, J. Boudot-J. Guérin.
*M orain N., 1692, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum Namurcum illustrissimus abbas
Camillus Le Tellier de Louvois theses philosophicas dedicaret, die XXIV. august. M. DC. XCII , s. l, s.
n.
M oreri Louis, 1732, Le grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l’histoire sacrée et
profane… , Paris, J. Vincent, 6 vol.
N audé Gabriel, 1650, Jugement de tout ce qui a esté imprimé contre le cardinal Mazarin, depuis le
sixième janvier, jusques à la déclaration du premier avril mil six cens quarante-neuf , Paris, S.
Cramoisy.
N ivelon Claude, 2004, Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages , éd.
Lorenzo Pericolo, Genève, Droz.
*Nouvelles d’Allemagne, ou La surprise de Prague… , 1612, Paris, Jean Richer (mai 1611, p. 52-69,
thèses aux Jacobins de Paris dédiées à Louis XIII et Marie de Médicis).
Panégyrique du roy sur la destruction de l’hérésie, qui fut prononcé le 17 décembre par le P.
Quartier jésuite au Collège de Louis le Grand , 1687, s. l., s. n.
P apillon Philibert, 1742, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne , Dijon, P. Marteret, 2 t.
en 1 vol.
P atin Guy, 1692, Lettres choisies , Paris, J. Petit, 2 vol.
P ellisson- F ontanier Paul, 1671, Panégyrique du roy Louis quatorzième, prononcé dans
l’Académie françoise , Paris, P. Le Petit.
P errault Charles, 1696, Les hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leurs
portraits au naturel , Paris, A. Dezalier, 2 t. en 1 vol.
P iles Roger de, 1699, Abrégé de la vie des peintres , Paris, F. Muguet.
P iles Roger de, 1708, Cours de peinture par principes , Paris, J. Estienne.
*P ontevez de R ougnette , François M aurel de, De nobilissimo adolescente de Aegidio Le Maistre
de Ferriere Epigramma , s. l. n. d., in-fol., plano (BNF, Rés. G.YC-906).
Procès-verbaux de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1648-1793) , 1875-1892, éd. par
Anatole de Montaiglon, Paris, J. Baur, 10 vol.
Q uincy Charles S evin , marquis de, 1726, Histoire militaire du règne de Louis le Grand , Paris, D.
Mariette, 7 t. en 8 vol.
R acine Jean, 1828, OEuvres de Jean Racine , Paris, Dondey-Dupré, 6 vol.
R affron Claude, 1691, La vie du R.P. François Giry, ancien provincial des religieux Minimes de la
province de France , Paris, P. de Launay.
R anuzzi Angelo Maria, 1973, Correspondance du nonce en France Angelo Ranuzzi (1683-1689) ,
éd. Bruno Neveu, Rome, École française de Rome-université pontificale grégorienne, 2 vol.
R apin René, 1865, Mémoires du P. René Rapin, de la compagnie de Jésus sur l’Église et la société,
la cour, la ville et le jansénisme (1644-1669) , éd. Léon Aubineau, Paris, Gaume frères, 3 vol.
*Recueil des gazettes, nouvelles ordinaires et extraordinaires, relations et autres récits des choses
avenues…
1650, p. 521. Thèse de Claude Fyot.
1664, p. 227. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, p. 487-488. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1672, p. 72. Thèse de Jules-Paul de Lionne.
1678, 1 er janvier, p. 16. Thèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec.
*Recueil des nouvelles ordinaires et extraordinaires : Paris, 1701, p. 280.
1704, 20 mai, p. 283. Thèse soutenue à Rome.
Registres de l’Académie françoise , 1672-1793 (Les), 1895, Paris, Firmin-Didot, 3 vol.
*Relation des réjouissances que l’université d’Aix-en-Provence a faites, pour le rétablissement de la
santé du roy (Salvti Lvdovici Magni felicitatiqve pvblicae academia aqvensis mdclxxxvii) , 1687, Aixen-
Provence, G. Le Grand.
Retour et restablissement des arts et mestiers. Vers burlesques (Le) , 1649, Paris, s. n.
R ians Pierre de, s.d. [v. 1716], La vie du R. P. Jérôme d’Étienne, religieux de l’ordre des Minimes de
la province de Provence , Aix, J. Adibert.
R ipa Cesare, 1989 [1643], Iconologie où les principales choses qui peuvent tomber dans la pensée
touchant les vices sont représentées , trad. de l’italien par Jean Baudoin, fac-sim. de l’édition
de 1643, Paris, Aux amateurs de livres.
*R obinet de S aint- J ean Charles, La muse historique , t. II et III.
1666, 29 août, t. II, p. 22. Thèse de François de Fourille.
1667, 22 mai, t. II, p. 849. Thèse d’Emmanuel-Théodose de La Tour d’Auvergne.
1667, er 1 août, t. II, p. 849. Majeure de l’abbé de Bouillon dédiée à Louis XIV.
1668, 1 er janvier, t. III, p. 900. Thèse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.
*R ollin Charles, 1692, Illustrissimo abbati Camillo Le Tellier de Louvois, Regiae bibliothecae
praeposito, in tabulam ab eo regi dedicatam, cùm theses philosophicas in collegio Mazarinaeo
tueretur. Anno M.DC. XCII. IX. cal. septemb , Paris, s. n.
R ollin Charles, 1736, De la maniere d’enseigner et d’etudier les belles lettres, par raport à l’esprit
ve
et au coeur , Paris, V Estienne, 4 vol.
ve
S ainct- C lément René de, 1649, Tèses d’estat tirées de la politique chrestienne , Paris, V T.
Pepingué et E. Maucroy.
*S aint- M aurice Thomas-François C habot , marquis de, 1910, Lettres sur la cour de Louis XIV,
1667-1670 , éd. Jean Lemoine, Paris, Calmann-Lévy.
S aint- S imon Louis de Rouvroy, duc de, 1982- 1988 [1856-1858], Mémoires , éd. Yves Coirault,
Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 8 vol.
S avary des B rûlons Jacques, 1750 [1723], Dictionnaire universel de commerce , éd. Philémon-
Louis Savary, Genève, frères Cramer-C. Philibert, 4 vol.
S enault Jean-François, 1664 [1661], Le monarque, ou Les devoirs du souverain , Paris, P. Le Petit.
me
S évigné Marie de R abutin C hantal , marquise de, 1862-1863, Lettres de M de Sévigné, de sa
famille et de ses amis , éd. Louis-Jean Monmerqué, Paris, L. Hachette, 8 vol.
S ourches Louis-François D u B ouchet , marquis de, 1882-1893, Mémoires du marquis de
Sourches sur le règne de Louis XIV (1687-1712) , éd. Gabriel-Jules de Cosnac et Édouard Pontal,
Paris, Hachette, 13 vol.
S panheim Ézéchiel, 1900 [1781], Relation de la cour de France en 1690 , Paris-Lyon, Librairie A.
Picard-A. Rey.
S ymon Jacques, 1686, Tèses de mathématiques tirées de quatorze traitez principaux dédiées au
roy , Marseille, H. Brebion.
Tèse des Jésuites de Poitiers en faveur de la probabilité, censurée par l’université de la mesme ville,
avec ce qui s’y est passé à ce sujet, extrait d’une lettre écrite de Poitiers le 23 juin 1665 , 1665,
[Poitiers], s. n.
T orcy Jean-Baptiste C olbert , marquis de, 1884, Journal inédit de Jean-Baptiste Colbert, marquis
de Torcy [...] pendant les années 1709, 1710 et 1711 , éd. Frédéric Masson, Paris, E. Plon-Nourrit.
*T wickel Joannes Wilhelmus de, 1701, Paraphrasis canonica libri IV. Decretalium, quam
Ludovico magno regi christianissimo dicatam, Deo duce & favente Virginie Deiparâ, publicè
propugnabit Johannes Wilhelmus De Twickel ex Havixbeck, monasterio-Westphalus, cathedralis
ecclesiae spirensis canonicus , Strasbourg, F. Schmuckius junior.
V achet Bénigne, [1865], Mémoires de Bénigne Vachet, missionnaire apostolique , Paris, impr. V.
Goupy.
*V eugny C., 1678, Ludovico Magno cum ejus auspiciis laurea artium donaretur nobilissimus
abbas Franc. de Montsaulnin du Montal, In Sorbonae-Plessaeo, die 21 Aug. 1678 , Paris, F. Le
Cointe.
V igier Géraud (P. Dominique de Jésus), 1677, La monarchie sainte, historique, chronologique et
généalogique de France , Clermont-Ferrand, N. Jacquard, t. II.
W ellwood James of, 1691-1693, L’histoire du temps, ou Relation de ce qui s’est passé de
mémorable en Europe, et principalement en Angleterre depuis les règnes de Charles II et de
Jacques II , Amsterdam, A Wolfgang, 5 vol.
*Y velin Jean, s. d. [1663], Ad illustrissimum Abbatem Carolum Amelot Hendeca, syllabon
(offerebat Joannes Yvelin) , s. l., s. n.
BIBLIOGRAPHIE
Études
A dam Véronique, 2003, Images fanées et matières vives. Cinq études sur la poésie Louis XIII ,
Grenoble, ELLUG.
A damczak Audrey, 2011, Robert Nanteuil (ca 1623-1678) , Paris, Arthena.
A dams Alison, R awles Stephen et S aunders Alison, 1999-2002, A bibliography of French Emblem
Books of the Sixteenth and Seventeenth Centuries , Genève, Droz, 2 vol [vol. 1 : A-K ; vol. 2 : L-Z].
A lbanès Joseph-Hyacinthe, 1880, Le couvent royal de Saint-Maximin en Provence de l’ordre des
Frères prêcheurs ..., Marseille, E. Camoin-V. Boy.
A ndrieux Jean-Yves et al. , 1994, Le parlement de Bretagne : histoire et symbole , Rennes, Presses
universitaires de Rennes.
*A ppunhn- R adtke Sibylle, 1988, Das Tesenblatt im Hochbarock. Studien zu einer graphischen
Grattung am Beispiel der Werke Bartholomäus Kilian , Weissenhorn, A. H. Konrad.
A postolidès Jean-Marie, 1981, Le Roi-Machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV ,
Paris, Éd. de Minuit.
A ssaf Francis B., 1999, La Mort du roi. Une thanatographie de Louis XIV , Tübinghen, Gunter
Narr Verlag.
A uber Charles-Auguste, 1884 [1870-1871], Histoire et théorie du symbolisme religieux avant et
depuis le Christianisme , Paris Féchoz et Letouzey, 4 t. en 2 vol.
*A ubert Gauthier, 2004, « Trois thèses illustrées sur le parlement de Bretagne », dans A llio
Christian (dir.), De Bretagne et d’ailleurs . Regards d’historiens , Morlaix, Skol Vreizh, p. 148-151.
B achelot Bernard, 2011 [2003], Louis XIV en Algérie : Gigeri 1664 , Paris, L’Harmattan.
B acker Augustin et Aloys, 1853-1861, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus ,
Liège, L. Grandmont-Donders, 7 vol.
B acker Augustin et Aloys, S ommervogel Carlos, 1869-1876, Bibliothèque des écrivains de la
Compagnie de Jésus , Liège-Paris, chez les auteurs, 3 vol.
B ajou Thierry, 1998, La peinture à Versailles, xvii e siècle , Paris, RMN-Buchet-Chastel.
B ardon Françoise, 1974, Le portrait mythologique à la cour de France sous Henri IV et Louis XIII ,
Paris, A. et J. Picard.
B eauvais Lydia, 2000, Inventaire général des dessins, école française. Charles Le Brun, 1619-1690 ,
Paris, RMN, 2 vol.
B éguin Katia, 1999, Les princes de Condé : rebelles, courtisans et mécènes dans la France du
Grand Siècle , Seyssel, Champ Vallon.
*B erger Susanna, 2013, « Martin Meurisse’s Garden of Logic », Journal of the Warburg and
Courtault Institutes , LXXVI, p. 203-249.
*B erger Susanna, 2017, Te Art of Philosophy : Visual Tinking in Europe from the Late Renaissance
to the Early Enlightenment , Princeton, Princeton University Press.
B erton Charles, 1857, Dictionnaire des cardinaux , éd. par l’abbé Jacques-Paul Migne, Paris, J.-P.
Migne.
B erty Adolphe et T isserand Lazard-Maurice, 1887 [1877], Histoire générale de Paris ,
topographie historique du vieux Paris , t. V : Région occidentale de l’Université , Paris, Imprimerie
nationale.
B ettag Alexandra, 1998, Die Kunstpolitik. Jean-Baptiste Colberts : unter besonderer
Berücksichtigung der Académie royale de peinture et de sculpture , Weimar, VDG.
B inet Léon et V allery- R adot Pierre, 1963, Les chirurgiens parisiens et la thèse. Prestige de la
chirurgie , Paris, Expansion scientifique française.
*B lažíček Oldřich Jan, 1967-1969, Teses in Universitate Carolina Pragensi disputatae, saec. xvii et
xviii , Prague, Pragopress, 7 vol.
B oitel Isaure, 2011, « Du barbare à l’oppresseur décrépi : l’image du Louis XIV guerrier dans
les satires anglaises et hollandaises », Cahiers de la Méditerranée , vol. 83 : Guerres et guerriers
dans l’iconographie et les arts plastiques xv e -XXe siècles , p. 125-134.
B oitel Isaure, 2016, L’image noire de Louis XIV , Ceyzérieu, Champ Vallon.
B ordeaux Jean-Luc, 1985, François Le Moyne and his generation (1688-1737) , Neuilly-sur-Seine,
Arthena.
B ouquet Henri-Louis, 2010 [1891], L’ancien collège d’Harcourt et le lycée Saint-Louis , Paris,
Delalain frères.
B ouquet- B oyer Marie-Thérèse (dir.), 2001, Les noces de Pélée et de Tétis, Venise, 1639 – Paris,
1654 , actes du colloque international (Chambéry et Turin, 3-7 nov. 1999), Berne-New York, P.
Lang.
B oureau Alain, 1987, « Les enseignements absolutistes de Saint Louis, 1610-1630 », dans
G rell Chantal et L aplanche François (dir.), La monarchie absolutiste et l’histoire de France.
Téories du pouvoir, propagandes monarchiques et mythologies nationales , actes du colloque
(Paris, Paris IV-Sorbonne, 26-27 mai 1986), Paris, PUPS, p. 79-97.
B oyer Jean, 1967 « Une dynastie de graveurs auxois : les Cundier », Provence historique , t.
XVIII, fasc. 69, juill.-sept., p. 221-238.
B oyer Jean-Claude, 1982, « L’Inventaire après décès de l’atelier de Pierre Mignard », Bulletin de
la Société de l’histoire de l’art français , année 1980, p. 137-165.
B oyer Jean-Claude, 1992, « Fas et nefas : Simon Vouet, sa gloire et les voies de celle-ci », dans
L oire Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre,
5-7 févr. 1991), Paris, La Documentation française, p. 583-593.
B oyer Jean-Claude (dir.), 1997, Pierre Mignard, le Romain , actes du colloque (Paris, musée du
Louvre, 29 sept. 1995), Paris, La Documentation française.
B oyer Jean-Claude, 2008, Pierre Mignard , Paris-Milan, musée du Louvre-5 Continents.
B ryan Michael, 1886-1889, Dictionary of Painters and Engravers, Biographical and Critical ,
Londres, G. Bell, 2 vol.
B urke Peter, 1992, Te Fabrication of Louis XIV , New Haven-Londres, Yale University Press.
C abanel Patrick et P oton de X aintrailles Didier, 1994, Les protestants français du xvi e au
xx e siècle , Paris, Nathan.
C anova- G reen Marie-Claude, 2014, « On ne naît pas Roi, on le devient : Louis XIV au miroir de
ses mémoires », dans D a V inha , M aral et M ilovanovic 2014, p. 33-43.
C arrier Hubert, 1989, La presse de la Fronde (1648- 1653) : les Mazarinades. 1 : La conquête de
l’opinion , Genève, Droz.
C assan Michel, 2009, « Les fêtes de la canonisation d’Ignace de Loyola et de François Xavier
dans la province d’Aquitaine (1622) », dans D ompnier Bernard (dir.), Les cérémonies
extraordinaires du catholicisme baroque , Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-
Pascal, p. 459-476.
C astelluccio Stéphane, 2004, Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants du xvi e au xviii e ,
Paris, Éd. du CTHS.
Catalogue des dessins anciens de l’école française des xvi e e e , xvii et xviii siècles, écoles provinciales,
dessins modernes, aquarelles le tout ayant appartenu à feu M. le marquis de Chennevières , 1900,
cat. vente (Paris, Drouot, 4-7 avril 1900), Paris, s. n.
C haline Olivier, 2005, Le règne de Louis XIV , Paris, Flammarion.
C hanterenne Damien, 2012, Pierre-Paul Sevin : illustrateur et créateur de décors de fêtes et de
cérémonies sous Louis XIV , thèse de doctorat sous la dir. de Jérôme de La Gorce à l’université
Paris IV-Sorbonne.
C hartier Roger, 1992, « L’Uomo di lettere », dans V ovelle Michel (dir.), L’Uomo dell’Illuminismo ,
Rome-Bari, éd. Laterza, p. 143-197.
C hartier Roger, 1996, « Le prince, la bibliothèque et la dédicace », dans B aratin Marc et J acob
Christian (dir.), Le pouvoir des bibliothèques. La mémoire des livres en Occident , Paris, Albin
Michel, p. 204-223.
C harvet Léon, 1894, « Les Sevin, peintres, dessinateurs et décorateurs », Réunion des Sociétés
des beaux-arts des départements o , n 18, mars, p. 135-203.
C hevalier Jean et G heerbrant Alain, 1982 [1969], Dictionnaire des symboles : mythes, rêves,
coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres , éd. rev. et augm., Paris, R. Laffont-Jupiter.
C oatalem Éric, 2005, OEuvres sur papier et esquisses , cat. vente (Paris, Galerie Coatalem, 2005),
Paris, Galerie Éric Coatalem.
C ompère Marie-Madeleine, 2002, Les collèges français, 16 e -18 e siècles. 3 : Répertoire Paris , Paris-
Lyon-Rouen, INRP.
C ompère Marie-Madeleine, J ulia Dominique et C hartier Roger, 1976, L’éducation en France du
xvi e au xviii e siècle , Paris, Société d’édition d’Enseignement supérieur.
C oquery Emmanuel, 1997, « Le portrait de Louis », dans N antes /T oulouse , 1997, p. 75-88.
C oquery Emmanuel, 2013, Charles Errard ca. 1601-1689 : la noblesse du décor , Paris, Arthena.
C ornette Joël, 2000 [1993], Le roi de guerre : essai sur la souveraineté dans la France du Grand
Siècle , Paris, éd. Payot & Rivages.
C ourboin François, 1923-1929, Histoire illustrée de la gravure en France , Paris, M. Le Garrec,
4 vol. et 3 vol. de planches.
C ousin Victor, 1864 [1853], La jeunesse de M me de Longueville : études sur les femmes illustres et
e la société du xvii siècle , Paris, Didier.
C outelle Antoine, 2014, Poitiers au xvii e siècle : les pratiques culturelles d’une élite urbaine ,
Rennes, Presses universitaires de Rennes.
C outon Georges, 1990, Écritures codées e : essais sur l’allégorie au xvii siècle , Paris, Aux
amateurs de livres.
C ugy Pascale, 2013, La dynastie Bonnart et les Bonnarts : étude d’une famille d’artistes et
producteurs de « modes » , thèse de doctorat, sous la dir. de Marianne Grivel, Paris IVSorbonne.
C ugy Pascale, 2017, La dynastie Bonnart. Peintres, graveurs et marchands de modes à Paris sous
l’Ancien Régime , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
D ainville François de, 1978, L’éducation des Jésuites, xvi e -XVIIIe siècle , textes réunis et
présentés par Marie-Madeleine Compère, Paris, Éd. de Minuit.
D a V inha Mathieu, M aral Alexandre et M ilovanovic Nicolas, 2014, Louis XIV : l’image et le
mythe , Rennes-Versailles, Presses universitaires de Rennes-Centre de recherche du château
de Versailles.
D ecauville L achênée Abel, 1889, Le graveur caennais Michel Lasne : notice sur sa vie et son
oeuvre, et catalogue des gravures… , extrait du Bulletin de la Société des beaux-arts de Caen , Caen,
H. Delesques.
*D elage Anna, 1913, Histoire de la thèse de doctorat en médecine , Paris, Ollier-Henry.
D elaplanche Jérôme, 2011, « Pour une approche typologique de la peinture de bataille du
xvii e siècle », Cahiers de la Méditerranée o , n 83 :
B arrachina Marie-Aline et P antalacci Jean-Pierre (dir.), Guerres et guerriers dans l’iconographie
et les arts plastiques , actes du colloque (Nice, Centre de la Méditerranée moderne et
contemporaine de l’université de Nice-Sophia Antipolis, 2009), n o 83, décembre, p. 111-118 ;
en ligne [https://cdlm.revues.org/6128].
D elaplanche Jérôme, 2013, « Louis XIV sur le champ de bataille : l’invention d’un héroïsme
royal entre textes et images o », Versalia , n 16, p. 71-90.
*D elfour Joseph, 1901, Les Jésuites à Poitiers (1604- 1762) , Paris, Hachette.
*D elmas Jean-François, 2005, « Estampes et textes imprimés sur tissus de soie : catalogue
raisonné de thèses et d’exercices publics xvii e e o - xviii siècle », Bulletin du bibliophile , n 1,
p. 85-142.
D émoris René, 1978, e « Le corps royal et l’imaginaire au xvii siècle : le “Portrait du Roy” par
Félibien », Revue des sciences humaines o , n 172, oct.- déc., p. 10-30.
D essert Daniel, 1989, Louis XIV prend le pouvoir : naissance d’un mythe ? , Bruxelles-Paris, Éd.
Complexe-Presses universitaires de France.
*D ulieu Louis, 1986, La médecine à Montpellier , t. III : L’époque classique , vol. 2 : Biographies ,
Avignon, Les Presses universelles.
D umolin Maurice, 1930, « La construction du Val-de-Grâce », Bulletin de la Société de l’histoire
de Paris et de e l’Île de France , 57 année, p. 92-146.
D uplessis Georges, 1861, Histoire de la gravure en France , Paris, Rapilly.
D uplessis Georges, 1869, « Le Cabinet du roi. Collection d’estampes commandée par Louis
XIV », Le bibliophile français , 3, juin, p. 87-105.
D upont- F errier Gustave, 1821-1825, La vie quotidienne d’un collège parisien pendant plus de
trois cent cinquante ans : du collège de Clermont au lycée Louis-le-Grand (1563-1920 ), Paris, E. de
Boccard, 3 vol.
E rben Dietrich, 2004, Paris und Rom : die staatlich gelenkte Kustbeziehungen unter Ludwig XIV ,
Berlin, Akademie Verlag.
F aille René, 1999, « Un recueil inédit des “Conquêtes de Louis XIV” pendant la guerre de
Hollande (1672-1678) o », Revue du Nord , vol. 91, n 331, p. 515-548.
F au Élizabeth, 1978, La gravure de musique à Paris, des origines à la Révolution (1660-1789) ,
thèse de l’École des chartes, 2 vol. et 2 vol. de planches.
F eller François-Xavier de, 1851, Dictionnaire de biographie chrétienne , éd. François Pérennes et
Jacques-Paul Migne, Petit-Montrouge, Nouvelle encyclopédie théologique, 3 vol.
F erret Pierre, 1904, La faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres : époque
moderne e , t. III : xvii siècle : phases historiques , Paris, A. Picard et fils.
F errier- C averivière Nicole, 1981, L’image de Louis XIV dans la littérature française
de 1660 à 1715 , Paris, Presses universitaires de France.
F euillet de C onches Félix-Sébastien, 1862-1869, Causeries d’un curieux, variétés d’histoire et
d’art tirées d’un cabinet d’autographes et de dessins , Paris, H. Plon, 4 vol.
F irmin- D idot Ambroise, 1875-1877, Les graveurs de portraits en France : catalogue raisonné de
la collection de portraits de l’École française appartenant à Ambroise Firmin-Didot , Paris, Firmin-
Didot, 2 vol.
F ontaine André, 1914, Les académiciens d’autrefois : Le Brun, Mignard, les Champaigne, Bosse,
Jaillot, Bourdon. Arcis, Paillet, etc , Paris, H. Laurens.
F oucart Jacques (dir.), 1991, Nouvelles acquisitions du département des peintures, musée du
Louvre (1987-1990) , Paris, RMN.
F ouqueray Henri, 1922, Histoire de la compagnie de Jésus en France des origines à la suppression
(1528- 1762) , t. III : Époque de progrès (1604-1623) , Paris, A. Picard et fils.
F raenkel Pierre, 1977, De l’écriture à la dispute : le cas de l’Académie de Genève sous Téodore de
Bèze , Lausanne, Revue de théologie et de philosophie, coll. « Cahiers de la Revue de théologie
et de philosophie », I, 42 p.
F ranklin Alfred, 1901, Histoire de la bibliothèque Mazarine et du palais de l’Institut , Paris, H.
Welter.
F rostin Charles, 2006, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV : alliances et réseau d’influence
sous l’Ancien Régime , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
F uhring Peter, 1989, Design into Art. Drawings for Architecture and Ornament : The Lodewijk
Houthakker Collection , The Hague, G. Schwartz-SDU, 2 vol.
G ady Bénédicte, 2009, « D’un ministre à l’autre, rencontre entre Poussin et Le Brun », dans
B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et G ady Bénédicte (dir.), Richelieu, patron des arts , Paris,
Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 337-367.
G ady Bénédicte, 2010, L’ascension de Charles Le Brun : liens sociaux et production artistique ,
Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme.
G arcia Joëlle, 2000, Les représentations gravées du cardinal Mazarin au xvii e siècle , Paris,
Klincksieck.
G arrisson Janine, 1985, L’édit de Nantes et sa révocation : histoire d’une intolérance . Paris, Éd. du
Seuil.
*G ieben Servus, 1990, « Il “Lauro della metafisica” di Martino Meurisse. Foglio di tesi, inciso da
Leonardo Gaultier nel 1616 », Collectanea Franciscana , vol. 60/3-4, p. 683-708.
G iometti Cristiano, 2010, Domenico Guidi 1625- 1701 : uno scultore barocco di fama europea ,
Rome, L’Erma di Bretschneider.
G orochov Nathalie, 1997, Le collège de Navarre de sa fondation (1305) au début du xv e siècle
(1418). Histoire de l’institution, de sa vie intellectuelle et de son recrutement , Paris, H. Champion.
G ouzi Christine, 2014, « Louis XIV en Saint Louis : une autre image de la figure royale ? »,
dans D a V inha , M aral et M ilovanovic 2014, p. 57-70.
G rell Chantal et M ichel Christian, 1988, L’école des princes ou Alexandre disgracié : essai sur la
mythologie monarchique de la France absolutiste , Paris, Les Belles Lettres.
G rès- G ayer Jacques, 2002, Le gallicanisme en Sorbonne : chroniques de la faculté de théologie de
Paris (1657-1688) , Paris, Champion.
G rivel Marianne, 1985, o « Le Cabinet du Roi », Revue de la Bibliothèque nationale , n 18,
p. 36-57.
G rivel Marianne, 1986, Le commerce de l’estampe à Paris au xvii e siècle , Genève, Droz.
G ros Pierre et R ousteau- C hambon Hélène, 2008 [1682], « Desgodets et les édifices antiques »,
dans D esgodets Antoine, Les édifices antiques de Rome dessinés et mesurés très exactement par
Antoine Desgodets, architecte , fac-sim. de l’éd. de 1682, Paris, Picard-INHA.
G rouchy Emmanuel-Henri de, 1892, « Nouveaux documents sur le peintre Pierre Mignard et
sur sa famille », Nouvelles archives de l’art français e , 3 série, t. VIII, p. 240-256.
G uiffrey Jules, 1875, « Nouveaux documents sur Pierre Mignard et sa famille (1660-1696) »,
Nouvelles archives de l’art français , années 1874-1875, p. 1-144, 500-515.
G uiffrey Jules, 1883, « Procès-verbal d’apposition des scellés et inventaire après décès de
Robert Nanteuil e », Nouvelles archives de l’art français , 2 série, t. IV : Scellés et inventaires
d’artistes , p. 26-45.
G uillet David et B rugerolles Emmanuelle, 1997, « Grégoire Huret, dessinateur et graveur »,
Revue de l’art , vol. 117, p. 9-35.
G uillo Laurent et M ichel Frédéric, 2011, « Nouveaux documents sur le maître de chant
Bertrand de Bacilly (1621-1690) o », Revue de musicologie , n 97-2, p. 269-327.
*H amy E.- T., 1895, « Note sur la thèse de Tournefort », Bulletin du Museum d’histoire naturelle ,
p. 76-78.
H anley Sarah, 1983, Te “Lit de Justice” of the Kings of France : Constitutional Ideology in Legend,
Ritual and Discourse , Princeton, Princeton University Press.
H aran Alexandre Y., 2000, Le lys et le globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France à
l’aube des temps modernes , Seyssel, Champ Vallon.
H askell Francis et P enny Nicholas 1988 [1981], Pour l’amour de l’antique : la statuaire grécoromaine
et le goût européen : 1500-1900 , Paris, Hachette.
H imelfarb Hélène, 1986, « Les arts à la rescousse de l’édit de Fontainebleau ? Les paradoxes
des Académies royales » dans Z uber Roger et T heis Laurent (dir.), La révocation de l’édit de
Nantes et le protestantisme français en 1685 , Paris, Société de l’histoire du protestantisme
français, p. 335-357.
H ollstein Friedrich Wilhelm Heinrich (dir.), 1949-2010, Hollstein’s Dutch and Flemish Etchings,
Engravings and Woodcuts, ca. 1450 to 1700 , Amsterdam, Menno Hertzberger- et al. , 72 vol.
H ollstein Friedrich Wilhelm Heinrich, 1993- 2015, Te New Hollstein Dutch & Flemish Etchings,
Engravings and Woodcuts (1450-1700) , Ouderkerk aan den Ijssel, Sound & Vision Publishers.
Inventaire du fonds français, graveurs du xvii e siècle (Alix-Lepautre) , 1939-2014, Paris,
Bibliothèque nationale de France, 13 tomes (par Roger-Armand W eigert : tomes 1 à 7 ;
Maxime P réaud : tome 8 à 13).
*Inventaire général du mobilier de la Couronne sous Louis XIV (1663-1715) , 1885-1886, éd. Jules
Guiffrey, Paris, J. Rouam, 2 vol.
*Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Gironde. Archives
ecclésiastiques, série G os , t. II : n 921-3156 , 1901, éd. Jean-Auguste Brutails, Bordeaux, impr. G.
Gounouilhou.
J acquiot Josèphe, 1968, Médailles et jetons de Louis XIV d’après le manuscrit de Londres Add.
31.908 , Paris, Imprimerie nationale-C. Klincksieck, 4 vol.
J anczukiewicz Jérôme, 2005, « La prise du pouvoir par Louis XIV : la construction du mythe »,
xvii e- siècle o o , n 2, n 227, p. 243-264.
J arnoux Philippe, 2010, « Un exil intérieur. Le parlement de Bretagne à Vannes (1675-1690) »,
dans A ubert Gauthier et C haline Olivier (dir.), Les parlements de Louis XIV. Opposition,
coopération, autonomisation ? , actes du colloque (Rennes, 13-15 nov. 2008), Rennes, Presses
universitaires de Rennes-Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 95-116.
J oubert François-Étienne, 1821, Manuel de l’amateur d’estampes… , Paris, chez l’auteur, 3 vol.
J ouhaud Christian, 1985, Mazarinades, la Fronde des mots , Paris, Aubier.
J ouin Henry, 1889, Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV , Paris, H. Laurens.
e e
J ourdain Charles, 1862-1866, Histoire de l’université de Paris, au xvii et au xviii siècle , Paris, L.
Hachette & C ie .
K irchner Thomas, 2008, Le héros épique : peinture d’histoire et politique artistique dans la France
du xvii e siècle , trad. de l’allemand par Aude Virey-Wallon et Jean-Léon Muller, Paris, Éd. de la
Maison des sciences de l’homme.
K irchner Thomas, 2013, “ Les reines de Perse aux pieds d’Alexandre” de Charles Le Brun. Tableaumanifeste
de l’art français du xvii e siècle , trad. de l’allemand par Aude Virey-Wallon, Paris, Éd. de
la Maison des sciences de l’homme.
L afage Gaëlle, 2015, Charles Le Brun décorateur de fêtes , Rennes, Presses universitaires de
Rennes.
L aforêt Auguste, 1861, Étude sur la marine des galères , Paris-Marseille, A. Aubry-Marius Olive.
L andry Jean-Pierre, 1982, « Saint Louis vu par les prédicateurs de l’époque classique », La
Licorne o e , n 6 : L’image du Moyen Âge dans la littérature française de la Renaissance au xx siècle ,
actes du colloque (Poitiers, université de Poitiers, 7-9 mai 1981), t. II p. 381-401.
L ang L. Maurice, 1996, La cote des tableaux ou annuaire des ventes de tableaux, dessins,
aquarelles, pastels, gouaches, miniatures , Paris, L. Maurice.
L aunay Adrien, 1920, Histoire de la mission de Siam 1662-1811 , Paris, éd. P. Téqui, 3 vol.
e L avagne Xavier, 1996, Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au xvii siècle , t.
XIX : Provence. I, Aix-en-Provence, Arles, Embrun, Marseille, Senez, Sisteron, Tarascon, Toulon ,
Baden-Baden-Bouxwiller, V. Koerner.
L avin Irving, 1987, « Le Bernin et son image du Roi-Soleil », dans Il se rendit en Italie : études
offertes à André Chastel , Paris-Rome, Flammarion-Edizioni dell’Elefante, p. 441-478.
*L az Lauren, 2008, « Étude comparée de cinq oeuvres gravés », dans R aux Sophie, S urlapierre
Nicolas et T onneau- R yckelynck Dominique (dir.), L’estampe, un art multiple à la portée de tous ? ,
Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, p. 157-170.
*L az Lauren, 2009, « Richelieu dédicataire ou comment être gracieux pour être gratifié : le
témoignage de Grégoire Huret (1606-1670) », dans B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et
G ady Bénédicte (dir.), Richelieu, patron des arts , actes du colloque (Paris, 2013), Paris, Éd. de la
Maison des sciences de l’homme, p. 417-433.
*L az Lauren, 2015, Grégoire Huret (1606-1670). Itinéraire d’un graveur en rhétorique , thèse
d’histoire de l’art, sous la dir. de Véronique Meyer, université de Poitiers.
*L e B lanc Charles, 1854-1890, Manuel de l’amateur d’estampes , Paris, É. Bouillon, 4 vol.
L ebeuf Jean, 1863-1870, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris , éd. H. Cocheris, Paris, A.
Durand, 3 vol.
L ebreton Élisabeth, 2012, « Le Dioscure du Quirinal dans la Glyptothèque du musée du
Louvre », Revue archéologique , n° 54, p. 275-295.
*L e G all Yvon, 2000, « Positions de thèse : l’encens frelaté des docteurs de Louis-le-Grand »,
dans H élin Jean-Claude, S upiot Alain et T anguyy ann (dir.), La norme, la ville, la mer. Écrits de
Nantes pour le doyen Yves Prats , Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 91-110.
*L egrand Anne-Sophie, 1995, Antoine Trouvain (1652-1708), graveur et éditeur d’estampes ,
maîtrise d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, Paris IV-Sorbonne.
*L egrand Noé, 1911, Les collections artistiques de la faculté de médecine de Paris, inventaire
raisonné , éd. Louis Landouzy, Paris, Masson.
L elong Jacques, 1768-1778, Appendice de la Bibliothèque historique de la France , Paris, impr. J.-
T. Hérissant.
L emonnier Henry, 1921, Le collège Mazarin et le palais de l’Institut , Paris, Hachette.
L e P etit Claude, 1859, Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle , nouv. éd. rev. et corr.
avec des notes par P. L. Jacob, Paris, A. Delahays.
L eplatre Olivier, 2002, « Spiritualité de l’anamorphose, le carême du Louvre, Bossuet »,
Information littéraire o , vol. 54, n 4, p. 38-46.
L evallois- C lavel Gilberte, 2005, Pierre Drevet (1663-1738), graveur du roi et ses élèves Pierre-
Imbert Drevet (1697-1739), Claude Drevet (1697- 1781) , thèse de doctorat sous la direction de
Marie-Félicie Perez, université Lumière Lyon 2 ; en ligne [http://theses.univ-lyon2.fr/
documents/lyon2/2005/clavel_g].
L hopiteau Simon, 2005, Pierre Daret, étude monographique et catalogue de son oeuvre , thèse
d’histoire de l’art, sous la dir. d’Alain Mérot, Paris-Sorbonne, 5 vol.
L ignereux Yann, 2016, Les rois imaginaires : une histoire visuelle de la monarchie de Charles VIII à
Louis XIV , Rennes, Presses universitaires de Rennes.
L oach Judi D., 1995, « Jesuit Emblematics and the Opening of the School Year at the Collège
Louis-le-Grand o », Emblematica , vol. 9, n 1, p. 137-176.
L oach Judi D., 1999, « The Teaching of Emblematics and Other Symbolic Imagery by Jesuits
with Town Colleges in Seventeenth- and Eighteenth-Century France », dans M anning John et
V an V aeck Marc (dir.), Te Jesuits and the Emblem Tradition , actes de la conférence (Belgique,
Louvain, 18-23 août 1996), Turnhout, Brepols, p. 161-186.
L oire Stéphane, 1993, « Le salon de 1673 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français ,
année 1992, p. 31-68.
L ombard- J ourdan Anne, 1990, L’héritage de Charlemagne et la candidature de Louis XIV à
l’Empire (un tableau inédit du musée de Saint-Denis) e , Paris, Société d’étude du xvii siècle.
L oriquet Charles, 1886, Robert Nanteuil : sa vie, son oeuvre , Reims, F. Michaud.
L oskoutoff Yvan, 2000, L ’ armorial de Calliope. L’oeuvre du père Lemoine, S. J. (1602-1671) ,
Tübingen, Gunter Narr Verlag.
*L othe José, 1976, « Images et monarchie. Les thèses gravées par François de Poilly »,
Nouvelles de l’estampe o , n 29, septembre, p. 6-12.
*L othe José, 1994, L’oeuvre gravé de François et Nicolas de Poilly d’Abbeville, graveurs parisiens
du xvii e siècle , Paris, Paris Musées.
*L othe José, 2005, « Le fonds de planches de François-Gérard Jollain, marchand d’estampes
parisien o », Documents d’histoire parisienne , n 5, p. 37-44.
*L othe José, 2008, L’oeuvre gravé d’Abraham Bosse. Graveur parisien du xvii e siècle , Paris, Paris
Musées.
M acquer Philippe, 1768 [1751], Abrégé chronologique de l’histoire ecclésiastique… , t. III : Depuis
l’année 1401, jusqu’à l’année 1768… , Paris, Hérissant fils.
M ai Ekkerhard, 1975, “ Le portrait du roi”. Staatsporträt und Kunsttheorie in der Epoche Ludwigs
XIV. : zur Gestaltikonographie des spätbarocken Herrscher-porträts in Frankreich , thèse,
université de Bonn.
M ailhet E. André, 1976 [1880], Jacques Basnage, théologien, controversiste, diplomate et
historien . Sa vie et ses écrits , fac-sim. de l’éd. de 1880, Genève-Paris, Mégoriotis-Champion.
M aral Alexandre, 2011, La Chapelle royale de Versailles. Le dernier grand chantier de Louis XIV ,
Paris, Arthena.
M aral Alexandre, 2012, Le Roi-Soleil et Dieu. Essai sur la religion de Louis XIV , Paris, Perrin.
M aral Alexandre, 2013, Le roi, la cour et Versailles. Le coup d’éclat permanent , Paris, Perrin.
M aral Alexandre, 2015, « Le cheval sculpté à Versailles, une image du pouvoir », In Situ [En
ligne], 27 | 2015, mis en ligne le 02 novembre 2015 [http://insitu.revues.org/12009] ; [DOI :
10.4000/ insitu.12009].
*M arboutin J. Raoul, 1927, « Les thèses à images », Revue de l’Agenois , t. LIV, p. 169-178.
M arcel Antoine, 1931, « Mignard d’Avignon. Peintre et graveur (1606-1668) », Mémoires de
l’Académie de Vaucluse , t. XXXI, p. 1-109.
M archand Jean, 1933, me « Abrégé de la vie de M. le marquis de Torcy escrite par M la
marquise d’Ancezune, sa fille », Revue d’histoire diplomatique , juill.-mars 1932, p. 310-343, et
janvier-mars, avril-juin 1933, p. 51-76 et 188-214.
M arin Louis, 1981, Le portrait du roi , Paris, Éd. de Minuit.
M artin Eugène, 1891, Université de Pont-à-Mousson (1572-1768) , Paris, Berger-Levrault.
M artin Henri-Jean, 1999 [1969], Livre, pouvoirs et société à Paris au xvii e siècle (1598-1701) ,
Genève, Droz, 2 vol.
M aumené Charles et H arcourt Louis d’, 1932, Iconographie des rois de France , t. II : Seconde
partie. Louis XIV, Louis XV, Louis XVI , Paris, Armand Colin.
M ellot Jean-Dominique et Q ueval Élisabeth, 2004, Répertoire des imprimeurs-libraires
vers 1500- vers 1800 , Paris, BNF.
M eyer Véronique, 1985, « The inventory of Gilles Rousselet (1610-1686) », Print Quarterly , vol.
2, n° 4, p. 299-308.
M eyer Véronique, 1988, o « Pierre Simon (c. 1640- 1710) », Nouvelles de l’estampe , n 99, p. 4-28.
M eyer Véronique, 1989, o « L’oeuvre de Pierre Simon », Nouvelles de l’estampe , n 103-104,
p. 19-25.
*M eyer Véronique, 1990 a , « Copies et montages dans la gravure d’allégories », Nouvelles de
l’estampe o , n 112-113, p. 5-22.
*M eyer Véronique, 1990 b , « Les frontispices de thèses : un exemple de collaboration entre
peintres italiens et graveurs français », Seicento. La peinture italienne du xvii e siècle et la France ,
actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre, sept. 1990), Paris, La
Documentation française, p. 105-123.
*M eyer Véronique, 1991 a e , « Catalogue de thèses illustrées in-folio soutenues aux xvii et
e os xviii siècles par des Bordelais », Revue française d’histoire du livre , 1991 (n 72-73),
p. 201-265.
M eyer Véronique, 1991 b , « Pierre Simon, l’abbé Blache et le père de La Chaise », Revue de la
Bibliothèque nationale , vol. 42, hiver 1991, p. 48-60.
*M eyer Véronique, 1992, e « Catalogue de thèses illustrées in-folio soutenues aux xvii et
e os xviii siècles par des Bordelais », Revue française d’histoire du livre , n 74-75, p. 23-51.
*M eyer Véronique, 1993, « Les thèses, leur soutenance et leurs illustrations dans les
universités françaises sous l’Ancien Régime », Mélanges de la Bibliothèque de la Sorbonne.
Éléments pour une histoire de la thèse o , n 12, p. 43-111.
*M eyer Véronique, 1994, « Le commerce des illustrations de thèses dans la seconde moitié
du xviii e siècle. Quelques documents inédits o », Nouvelles de l’estampe , n 134, mai, p. 40-49.
M eyer Véronique, 1997, « Le portrait gravé sous le règne de Louis XIV », dans N antes /
T oulouse 1997, p. 161-179.
M eyer Véronique, 1998, « Le Brun éditeur. Étude d’après les inventaires du peintre et de sa
veuve », dans B onfait Olivier, G erard- P owellv éronique et S énéchal Philippe (dir.), Curiosité.
Études d’histoire de l’art en l’honneur d’Antoine Schnapper , Paris, Flammarion, p. 103-124.
*M eyer Véronique, 1999, « Le décor de la salle lors des soutenances de thèses sous l’Ancien
Régime », dans C aracciolo Maria Teresa et L e M en Ségolène (dir.), L’illustration. Essais
d’iconographie , actes du séminaire (Paris, CNRS-GDR 712, 1993- 1994), Paris, Klincksieck,
p. 193-213.
*M eyer Véronique, 2001 a , « Aperçu sur les frontispices de thèse. Définition et méthodologie à
partir de quelques exemplaires dédiés à Louis XIV », dans B arrucand Marianne (dir.), Arts et
culture, une vision méridionale , actes du colloque (Montpellier, APAHAU, 7-10 nov. 1996), Paris,
PUPS, p. 91-100.
M eyer Véronique, 2001 b , « Sébastien Pontault de Beaulieu et la levée du siège d’Arras »,
Nouvelles de l’estampe o , n 178, p. 7-23.
*M eyer Véronique, 2002, L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du xvii e siècle.
Peintres, graveurs, éditeurs , Paris, Paris Musées.
M eyer Véronique, 2004, L’oeuvre gravé de Gilles Rousselet, graveur parisien du xvii e siècle.
Catalogue général avec les reproductions de 405 estampes , Paris, Commission des travaux
historiques de la ville de Paris.
*M eyer Véronique, 2005, e « Les thèses des collèges et des universités à Poitiers aux xvii et
e xviii siècles. Soutenances, édition, illustration », Revue historique du Centre-Ouest , t. IV,
p. 7-160.
*M eyer Véronique, 2006, « Thèses illustrées dédiées à Mazarin », dans C onihout Isabelle de
et M ichel Patrick (dir.), Mazarin. Les lettres et les arts , actes du colloque (Paris, bibliothèque
Mazarine, 11- 14 déc. 2002), Paris-Saint-Rémy-en-l’Eau, bibliothèque Mazarine-M. Hayot,
p. 260-275.
*M eyer Véronique, 2007 a , « Les grandes thèses gravées », dans V ersailles 2007, p. 31-39.
*M eyer Véronique, 2007 b e e , « Les thèses de droit à Paris aux xvii et xviii siècles. Leurs
soutenances, leurs illustrations. Catalogue des thèses de droit, illustrées, soutenues à Paris
sous l’Ancien Régime », Revue d’histoire des facultés de droit et de la science juridique , n° 27,
p. 7-393.
*M eyer Véronique, 2010, « L’illustration des thèses de chirurgie, de médecine et de
pharmacie à Paris aux xvii e et xviii e siècle », L afont Anne (dir.), L’artiste savant à la conquête du
monde moderne , actes du colloque (université de Marne-la-Vallée, mars 2007), Strasbourg,
Presses universitaires de Strasbourg, p. 19-31.
*M eyer Véronique, 2011, « La représentation de la Philosophie dans les frontispices de thèses
en France au xvii e siècle », dans C ousinié Frédéric et N au Clélia (dir.), L’artiste et le philosophe.
L’histoire de l’art à l’épreuve de la philosophie au xvii e siècle , actes du colloque (Paris, INHA et
université Paris 7 Denis Diderot, 19-22 sept. 2007), Paris-Rennes, INHA-Presses universitaires
de Rennes, p. 229-249.
M eyer Véronique, 2013, « Quelques mots chers à Nanteuil : courage, effet, esprit, vivacité et
manufacture », dans V evey 2013, p. 23-28.
M ichel Christian, 1987, « Les enjeux historiographiques de la querelle des Anciens et des
Modernes », dans G rell Chantal et L aplanche François (dir.), La monarchie absolutiste et
l’histoire de France. Téories du pouvoir, propagandes monarchiques et mythologies nationales ,
actes du colloque (Paris, Paris IV-Sorbonne, 26-27 mai 1986), Paris, PUPS, p. 139-154.
M ichel Christian, 2007, « Les usages de la peinture de cours de Louis XIV », dans G rell
Chantal et P ellistrandi Benoît (dir.), Les cours d’Espagne et de France au xvii e siècle , Madrid,
Casa de Velázquez, p. 191- 204.
M ichel Christian et L ichtenstein Jacqueline (dir.), 2007, Conférences de l’Académie royale de
peinture et de sculpture , t. I : Les conférences au temps d’Henry Testelin, 1648-1681 , éd. Bénédicte
Gady et al. , Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.
*M ignot Claude, 2009, « Un marché inédit pour une thèse dédiée à Richelieu : Grégoire
Huret à Jean Chaillou, 1638 », dans B oyer Jean-Claude, G aehtgens Barbara et G ady Bénédicte
(dir.), Richelieu, patron des arts , actes du colloque (Paris, 2013), Paris, Éd. de la Maison des
sciences de l’homme, p. 435-442.
M ilovanovic Nicolas, 2005, Du Louvre à Versailles : lecture des grands décors monarchiques ,
Paris, Les Belles Lettres.
M ilovanovic Nicolas, 2007, « Le système iconographique : un édifice symbolique », dans La
galerie des Glaces : histoire et restauration , Dijon, Faton, p. 120-133.
M ilovanovic Nicolas, 2008, La galerie des Glaces : http://www.galeriedesglaces-versailles.fr,
mis en ligne le 16/06/2008.
M ontagu Jennifer, 1968, « The Painted Enigma and French Seventeenth-Century Art », Journal
of the Warburg and Courtauld Institute , vol. 31, p. 307-335.
M ontagu Jennifer, 1992 « Les oeuvres de jeunesse de Charles Le Brun : l’influence de Simon
Vouet et d’autres », dans L oire Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris,
Rencontres de l’École du Louvre, 5-7 fév. 1991), Paris, La Documentation française,
p. 531-543.
M oreau Célestin, 1850-1851, Bibliographie des mazarinades , Paris, J. Renouard, 3 vol.
M ousnier Roland, 1974, Les institutions de la France sous la monarchie absolue, 1598-1789 , t. II :
Les organes de l’État et la société , Paris, PUF.
*M ûelenaere Gwendoline de, 2017, Les thèses illustrées dans les Pays-Bas méridionaux au
e xvii siècle. Étude iconologique des rapports entre arts, sciences et pouvoirs , thèse d’histoire de
l’art, université catholique de Louvain.
N agler Georg Kaspar, 1835-1852, Neues allgemeines Künstler-Lexicon , Munich, E. A.
Fleishmann.
N éraudau Jean-Pierre, 1986, L’olympe du Roi-Soleil : mythologie et idéologie royale au Grand
Siècle , Paris, Les Belles Lettres.
*N ewcome Mary, 1982 « Prints after Domenico Piola », Te Burlington Magazine , vol. 124,
n o 955, oct., p. 608-618.
N oguès Boris, 2006, Une archéologie du corps enseignant. Les professeurs des collèges parisiens
aux xvii e et xviii e siècles (1598-1793) , Paris, Belin.
N oguès Boris, 2013, e « Thèses et doctorat dans le cursus universitaire en France aux xvii et
e xviii siècles », dans L’université et le monde professionnel : quels enjeux pour le doctorat ?, actes
du colloque des 24 et 25 janvier 2013, p. 12-19, en ligne [http://crf.cnam.fr/medias/fichier/lesactes-
rediges-doctorat_1382025523990-pdf].
*P alys Élie, comte de, 1890, e « Notes d’iconographie. Les thèses bretonnes illustrées aux xvii
e e re et xviii siècles », Revue historique de l’Ouest , t. VI, 6 année, 1 livraison, p. 37-49, 222-247.
P eacht revor, 2000, Catalogue descriptif des éditions françaises, néo-latines et autres (1501-1600)
de la bibliothèque municipale de Poitiers , Genève-Paris, Slatkine-Champion.
P élissier Léon-Gabriel, 1905, « Les correspondants du duc de Noailles », Revue d’histoire
littéraire o , t. XII, n 3, p. 469-495.
P erez Stanis, 2003, « Les rides d’Apollon, l’évolution du portrait de Louis XIV », Revue d’histoire
moderne et contemporaine o , vol. 50, n 3, p. 62-95.
P erez Stanis, 2009, « Quelques poils au bas de la bouche ou les enjeux du portrait du roi »,
dans S abatier Gérard et T orrione Margarita (dir.), Louis XIV espagnol ? Madrid et Versailles,
images et modèles , Paris-Versailles, Éd. de la Maison des sciences de l’homme-Centre de
recherche du château de Versailles, p. 57-75.
P etitfils Jean-Christian, 2002 [1995], Louis XIV , Paris, Perrin.
P etitjean Charles et W ickert Charles, 1925, Catalogue de l’oeuvre gravé de Robert Nanteuil ,
Paris, L. Delteil-M. Le Garrec, 2 vol.
P etitot Claude-Bernard, 1824, « Notice sur le comte de Brienne et sur ses mémoires », dans
Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France , t. XXXV, éd. C.-B. Petitot, Paris, Foucault,
p. 277-286.
*P ezzo Annalisa, 2011, Le tesi a stampa a Siena nei secoli XVI e XVII. Catalogo degli opuscoli della
Biblioteca comunale degli Intronati , Cinisello Balsamo-Milan, Silvana Editoriale.
*P igler André, 1955, e « Deux Apothéoses du xvii siècle », Bulletin du musée hongrois des
beaux-arts, n o 7, p. 49-53.
*P igler André, 1967, Museum der bildenden Künste. Katalog der Galerie Alter Meister , Budapest,
Akadémiai Kiado.
P olleross Friedrich, 2001, « De l’ exemplum virtutis à l’apothéose. Hercule comme figure
d’identification dans le portrait : un exemple d’adaptation des formes de représentation
classique », dans E llenius Allan (dir.) Iconographie, propagande et légitimation , trad. de
l’anglais par Laurent Bury, Paris, PUF, p. 49-76.
P orée Adolphe-André, 1890, Robert Nanteuil, sa vie et son oeuvre , Rouen, E. Cagniard.
*P ouy Ferdinand, 1867, « Thèses historiées », Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie ,
p. 364-366.
*P ouy Ferdinand, 1869, « L’iconographie des thèses, notice sur les thèses dites historiées
soutenues ou gravées notamment par des Picards », Bulletin de la Société des antiquaires de
Picardie , p. 37-49 et 222-247.
*P ouy Ferdinand, 1873, Parodies, railleries et caricatures des anciennes thèses historiées, pour
faire suite à l’iconographie des thèses , Paris, Baur et Détaille.
P réaud Maxime, 1985, « Les dédicataires d’estampes, amateurs d’art et collectionneurs »,
dans M ousnier Roland et M esnard Jean (dir.), L’âge d’or du mécénat (1598-1661 ) : le mécénat en
Europe et particulièrement en France avant Colbert , actes du colloque (Paris, CNRS, mars 1983),
Paris, Éd. du CNRS, p. 385-381.
P réaud Maxime, 2011-2012, « Chemins de croix : un marché de gravure entre Pierre-Simon
o Jaillot et Jean Hainzelman en 1681 », Nouvelles de l’estampe , n 237, p. 42-57.
P réaud Maxime, C asselle Pierre, G rivel Marianne, L e B itouzé Corinne, 1987, Dictionnaire des
éditeurs d’estampes à Paris sous l’Ancien Régime , Paris, Promodis-Éditions du Cercle de la
librairie.
*P routé Annie, 1982, Les thèses gravées au xvii e siècle. Catalogue , mémoire de maîtrise
d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, Paris IV-Sorbonne.
*P routé Paul, 1996, Dessins, estampes. Catalogue Véronèse , cat. de vente, Paris, P. Prouté.
*R ice Louise, 1998, « Pietro da Cortona and the Roman Baroque Thesis Print », dans F rommel
Christoph Luitpold et S chütze Sebastian (dir.), Pietro da Cortona , actes du colloque (Rome,
Max-Planck Institut, 12-15 nov. 1997), Milan, Electa, p. 189-200.
R ivet Jean, 1992, « Comment s’entendre ? Ou la succession de Simon Vouet », dans L oire
Stéphane (dir.), Simon Vouet , actes du colloque (Paris, Rencontres de l’École du Louvre,
5-7 févr. 1991), Paris, La Documentation française, p. 349-414.
R obert- D umesnil Alexandre-Pierre-François, 1835-1871, Le peintre-graveur français, ou
Catalogue raisonné des estampes gravées par les peintres et les dessinateurs de l’école française.
Ouvrage faisant suite au Peintre-graveur de M. Bartsch , Paris-Leipzig, A. Allouard- et al. , 11 vol
(dont vol. 11 de supplément par Georges Duplessis).
*R ott- F reund Suzanne, 1990, « Zur Ikonographie un Ikonologie barocker Thesenblätter des
Augs-burger Kupferstechers Melchior Küsel (1626- ca.1683) », Zeischrift des Historischen
Vereins für Schwaben o , n 83, p. 43-112.
*R ouault de L a V igne René, 1933, « Communication de M. Rouault de La Vigne », Bulletin de la
Commission des antiquités de la Seine-Maritime , t. XVIII, p. 146-149.
R ouillé France, 1979, Le graveur Pierre Van Schuppen. 1629-1702 , mémoire de maîtrise, sous la
dir. de Jacques Thuillier, Paris IV-Sorbonne.
S abatier Gérard, 1999, Versailles ou la figure du roi , Paris, Albin Michel.
S abatier Gérard, 2000, « La gloire du roi. Iconographie de Louis XIV de 1661 à 1672 », Histoire,
économie et société o , vol. 19, n 4, p. 527-560.
S abatier Gérard, 2006, « “Le portrait de César, c’est César”. Lieux et mise en scène du portrait
du roi dans la France de Louis XIV », dans G aehtgens Thomas W. et H ochner Nicole (dir.),
L’image du roi, de François er I à Louis XIV , actes du colloque (Paris, Centre allemand d’histoire
de l’art, juin 2002), Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, p. 209-244.
S aint- B onnet François de, 2010, « Louis XIV, les parlements et la souveraineté », dans A ubert
Gauthier et C haline Olivier (dir.), Les parlements de Louis XIV. Opposition, coopération,
autonomisation ? , actes du colloque (Rennes, 13-15 nov. 2008), Rennes, Presses universitaires
de Rennes-Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 173-186.
S amoyault Jean-Pierre, 1979, André-Charles Boulle et sa famille. Nouvelles recherches, nouveaux
documents , Genève-Paris, Droz-Champion.
S armant Thierry, 2003, Les demeures du Roi-Soleil. Louis XIV, Louvois et la surintendance des
Bâtiments du roi , Seyssel, Champ Vallon.
S armant Thierry, 2014 [2012], Louis XIV. Homme et roi , Paris, Tallandier.
S armant Thierry et S toll Mathieu, 2010, Régner et gouverner. Louis XIV et ses ministres , Paris,
Perrin.
S arrazin Hélène, 1996, La Fronde en Gironde. L’Ormée, un mouvement révolutionnaire ,
Bordeaux, Les dossiers d’Aquitaine.
S aule Béatrix, 2007, « Insignes du pouvoir et usages de cour à Versailles sous Louis XIV »,
Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles ; en ligne [http://crcv.revues.org/132].
*S caffa Caterina, 2002, « Frontespizi incisi per le tesi di laurea durante il xvii secolo »,
Biblioteca e società : rivista del Consorzio per la gestione delle biblioteche comunale degli Ardenti
o
e provinciale Anselmo Anselmi di Viterbo , vol. 21, n 4, p. 10-16.
S chmutz Jacob, 2008, « Le petit scotisme du Grand Siècle. Étude doctrinale et documentaire
sur la philosophie au Grand Couvent des Cordeliers de Paris, 1517-1771 », Quaestio , vol. 8,
p. 365-472.
S chnapper Antoine, 1974, Jean Jouvenet (1644- 1717) et la peinture d’histoire à Paris , Paris, L.
Laget.
S chnapper Antoine, 1997, « Fonds d’atelier et collections de Mignard. Inventaires connus ou
disparus ? Annexe : état des tableaux de la communauté de feu Monsieur Mignard et de
Madame sa veuve », dans B oyer Jean-Claude (dir.), Pierre Mignard, le Romain , actes du
colloque (Paris, musée du Louvre, 29 sept. 1995), Paris, La Documentation française,
p. 225-232.
S chnapper Antoine, 2001, « Bordures, toiles et couleurs : une révolution dans le marché de la
peinture vers 1675 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français , année 2000, p. 85-104.
S chnapper Antoine, 2010 [1974], Jean Jouvenet (1644-1717) et la peinture d’histoire à Paris , nouv.
éd. complétée et préfacée par Christine Gouzi, Paris, Arthena.
*S eitz Wolfgang, 1984, « Die Graphischen Thesenblätter des 17. und 18. Jalrhunderts. Ein
Forschungsvorhaben über ein Spezialgebiet baroker Graphik », Wolfenbütteler BarockNachrichten
o , n 11, p. 105-114.
S elmeci C astioni Barbara, 2015, « L’actualité gravée au temple de mémoire : la mise en place
du programme d’illustration du Mercure galant au tournant de l’année 1678 », Nouvelles de
l’estampe o , n 252, p. 54-68.
S uzanne- F rouin Josée, 1983, Catalogue de l’oeuvre du graveur Nicolas Pitau le vieux , mémoire de
maîtrise d’histoire de l’art, sous la dir. d’Antoine Schnapper, université Paris IV-Sorbonne.
T arantino Antoine, 2008, Rome 1660 : l’explosion du baroque : tableaux, dessins et sculptures du
xvi e au xviii e siècle , cat. de vente (Paris, Galerie Tarantino, exposition du 18 nov. au 20 déc.
2008 et du 5 au 31 janv. 2009), Paris, Galerie Tarantino.
T arge Maxime, 1902, Professeurs et régents de collège dans l’ancienne université de Paris (XVIIe
e et xviii siècles) , Paris, Hachette.
*T elesko Werner, 2002, « Barocke Thesenblätter in der Sammlung von Prof. Adolf Karl
Bodingbauer, Steyr, o II. Teil », Jahrbuch des Oberösterreichischen Musealvereines , n 147/I,
p. 205-221.
T elesko Werner, s. d. [v. 2010], Barocke Tesenblätter in der Sammlung von Prof. Adolf Karl
Bodingbauer , n° 4, p. 272-274 [http://www.zobodat.at/pdf/JOM_154_155_0267-0286.pdf].
T orrilhon Jean, 1980, Le maître de Craponne : chroniques d’une famille vellave, de la
Renaissance au Grand siècle, tirées de ses archives , Paris, Éditions Créer.
T ruchet Jacques, 1962, Bossuet panégyriste , Paris, Éd. du Cerf.
T sikounas Myriam, 2008, « De la gloire à l’émotion, Louis XIV en costume de sacre par
Hyacinthe Rigaud o », Sociétés & représentations , 2008-2, n 26 : Gloire et Pouvoir , p. 57-70.
e V iala Alain, 1985, Les institutions littéraires en France au xvii siècle , Lille, ART.
V rijdag Anneke, 2011, o « Vondsten uit ‘Het Prentenkabinet Online », De Boekenwereld , 28, n 2,
p. 121-123.
W eigert Roger-Armand, 1954, « L’inventaire après décès de Charles Le Brun, premier peintre
du roi Louis XIV, 1690 », Gazette des beaux-arts , juill.- déc., p. 339-354.
W estrich Sal Alexander, 1972, Te Ormée of Bordeaux : A Revolution During the Fronde ,
Baltimore, Johns Hopkins University Press.
*W ildenstein Daniel, 1965, « Les oeuvres de Charles Le Brun d’après les graveurs de son
temps », Gazette des beaux-arts , juill.-août, p. 1-58.
W ilhelm Jacques, 1994, « Quelques portraits peints par Claude Lefebvre (1632-1674) », Revue
du Louvre et des musées de France o , n 2, p. 18-36.
W urzbach Alfred von, 1910, Niederländisches Künstler-Lexikon , t. II : L-Z , Vienne-Leipzig, Halm
und Goldmann.
Z iegler Hendrik, 2009, « Le lion et le globe : la statue de Louis XIV par Domenico Guidi, ou
l’Espagne humiliée », dans S abatier Gérard et T orrione Margarita (dir.), Louis XIV espagnol ?
Madrid et Versailles, images et modèles , Paris-Versailles, Éd. de la Maison des sciences de
l’homme-Centre de recherche du château de Versailles, p. 75-93.
Z iegler Hendrik, 2013, Louis XIV et ses ennemis : image, propagande et contestation , trad. de
l’allemand par Aude Virey-Wallon, Paris-Versailles-Saint-Denis, Centre allemand d’histoire de
l’art-Centre de recherches du château de Versailles-Presses universitaires de Vincennes.
Z oberman Pierre, 1991, Les panégyriques du roi prononcés dans l’Académie française :
1671-1689 , éd. Pierre Zoberman, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne.
Z oberman Pierre, 1998, Les cérémonies de la parole : l’éloquence d’apparat en France dans le
dernier quart du xvii e siècle , Paris, H. Champion.
Catalogues d’exposition
A vignon , 1979 : S chnapper Antoine (dir.), Nicolas Mignard d’Avignon, 1606-1668 , cat. exp.
(Avignon, palais des Papes), Avignon, palais des Papes.
B erlin , 1997 : C illessen Wolfgang (dir.), Krieg der Bilder : Druckgraphik als Medium politischer
Auseinandersetzung im Europa des Absolutismus , cat. exp. (Berlin, Deutsches Historisches
Museum, 18 déc. 1997-3 mars 1998), Berlin, Deutsches Historisches Museum-G+H Verlag.
B oston /O ttawa /P aris , 1998 : R eed Su Wels (dir.), French Prints from the Age of the Musketeers ,
cat. exp. (Boston, Museum of Fine Arts, 21 oct. 1998- 10 janv. 1999 ; Ottawa, National Gallery
er of Canada, 5 févr.-2 mai 1999 ; Paris, The Mona Bismarck Foundation, 1 juin-15 juill. 1999),
Boston, Museum of Fine Arts.
C ompiègne , 2007 : S tarcky Laure (dir.), Nicolas II Esterhazy, (1765-1833). Un prince hongrois
collectionneur e , une histoire du goût en Europe aux xviii -XIXe siècles , cat. exp. (musée national du
château de Compiègne, 21 sept. 2007-7 janv. 2008), Paris-Compiègne, RMN-château de
Compiègne.
*G öttweig , 1985 : L echner Gregor Martin (dir.), Das Barocke Tesenblatt : Entstehung,
Verbreitung, Wirkung , cat. exp. (Göttweig, Graphischen Kabinetts des Stiftes Göttweig,
30 juin-29 oct. 1985), Göttweig, Stift Göttweig.
L ens , 2016 : G ady Bénédicte et M ilovanovic Nicolas (dir.), Charles Le Brun (1619-1690) , cat. exp.
(Lens, musée du Louvre-Lens, 18 mai-29 août 2016), Lens-Paris, musée du Louvre-Lens-
Lienart éditions.
L ille , 1968 : S chnapper Antoine (dir.), Au temps du Roi-Soleil, Les peintres de Louis XIV , cat. exp.
(Lille, palais des beaux-arts, 24 févr.-30 avril 1968), Lille, palais des beaux-arts.
*L inz , 1994 : T elesko Werner (dir.), Barocke Tesenblätter , cat. exp. (Linz, Graphische Sammlung
Stadtmuseum, 4 nov.-27 nov. 1994), Linz, Stadtmuseum Linz-Nordico.
L os A ngeles 2010 : M archesano Louis et M ichel Christian (dir.), Printing the Grand Manner :
Charles Le Brun and Monumental Prints in the Age of Louis XIV , cat. exp. (Los Angeles, Getty
Research Institute, 18 mai-17 oct. 2010), Los Angeles, the Getty Research Institute.
L os A ngeles /P aris , 2015 : M athis Rémi, S elbach Vanessa, M archesano Louis, F uhring Peter
(dir.), Images du Grand Siècle. L’estampe française au temps de Louis XIV (1660-1715) , cat. exp.
(Los Angeles, Getty Research Institute, 16 juin-6 sept. 2015 ; Paris, Bibliothèque nationale de
France, 3 nov. 2015-31 janv. 2016), Paris-Los Angeles, Bibliothèque nationale de France-The
Getty Research Institute.
M ilan , 1993 : L’Europa della pittura nel XVII secolo : 80 capolavori dai musei ungheresi , cat. exp.
(Milan, Palazzo della Permanente, 6 avr.-30 mai 1993). Rome, Leonardo Arte.
M ontpellier /S trasbourg , 2000 : T huillier Jacques, Sébastien Bourdon (1616-1671) : catalogue
critique et chronologique de l’oeuvre complet , cat. exp. (Montpellier, musée Fabre, 7 juill.- 15 oct.
2000 ; Strasbourg, galerie de l’Ancienne Douane, 25 nov. 2000-4 fév. 2001), Paris, Réunion des
musées nationaux.
M ontréal /C ologne , 2003 : G oldfarb Hilliard Todd (dir.), Richelieu (1585-1642). Art and Power ,
cat. exp. (Montréal, Montreal Museum of Fine Arts, 18 sept. 2002-5 janv. 2003 ; Cologne,
Wallraf-Richardz-Museum, 31 janv.-avr. 2003), Montréal-Cologne-Gand, Montreal Museum of
Fine Arts-Wallraff-Richartz Museum-Snoeck-Ducaju & Zoon.
N antes /T oulouse , 1997 : B onfait Olivier et al. , Visages du Grand Siècle : le portrait français sous
le règne de Louis XIV, 1660-1715 , cat. exp. (Nantes, musée des Beaux-Arts, 20 juin-15 sept.
1997 ; Toulouse, musée des Augustins, 8 oct.1997- 5 janv. 1998), Paris, Somogy.
P aris , 1985 : Les Huguenots : exposition nationale organisée à l’occasion du tricentenaire de la
révocation de l’édit de Nantes, 1685-1985 , cat. exp. (Paris, hôtel de Rohan, oct. 1985-janv. 1986),
Paris, Archives nationales.
P aris , 1987 : G aborit- C hopin Danielle, Regalia : les instruments du sacre des rois de France, les
honneurs de Charlemagne , cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 14 oct. 1987-11 janv. 1988),
Paris, RMN.
P aris , 1988 : P réaud Maxime et B rejon de L avergnée Barbara (dir.), L’oeil d’or. Claude Mellan :
1598-1688 , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de France, 26 mai-21 août 1988), Paris,
Bibliothèque nationale de France.
P aris , 1990 : J. T huillier (dir.), Simon Vouet , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 6 nov. 1990-11 févr.
1991), Paris, RMN.
P aris , 1995 : P réaud Maxime (dir.), Les effets du Soleil : almanachs du règne de Louis XIV , cat.
exp. (Paris, musée du Louvre, 19 janv.-17 avr. 1995), Paris, RMN.
P aris , 2007 : P rat Louis-Antoine (dir.) avec la collaboration de L hinarès Laurence, La collection
Chennevières. Quatre siècles de dessins français , cat. exp. (Paris, musée du Louvre,
8 mars-7 juin 2007), Paris, musée du Louvre éditions-École nationale supérieure des beauxarts.
P aris /M unich /B onn , 2005 : R osenberg Pierre et M andrella David (dir.), Poussin, Watteau,
Chardin, David… e : peintures françaises dans les collections allemandes, xvii -XVIIIe siècles , cat.
exp. (Paris, Grand Palais, 18 avr.-31 juill. 2005 ; Munich, Haus der Kunst, 5 oct. 2005-8 janv.
2006 ; Bonn, Kunstund Austellungshalle der Bundesrepublick Deutschland, 3 févr.-30 avr.
2006), Paris-Munich, RMN-Bayerische Staatsgemäldesammlungen-Stiftung Haus der Kunst.
P aris /N ew Y ork , 1995 : B rejon de L avergnée Arnaud (dir.), Lille, chefs-d’oeuvre d’un grand musée
européen , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 28 mars- 3 juill. 1995 ; New York, Metropolitan
Museum of Art, 27 oct. 1992-17 janv. 1993), Paris, RMN.
P aris /N ew Y ork /C hicago , 1982 : R osenberg Pierre, P ope- H ennessy John (dir.), La peinture
française au xvii e siècle dans les collections américaines , cat. exp. (Paris, Grand Palais, 29 janv.-
26 avril 1982 ; New York, Metropolitan Museum of Art, 26 mai-22 août 1982 ; Chicago, The Art
Institute, 18 sept.-28 nov. 1982), Paris, RMN.
P aris /T ours , 2004 : P réaud Maxime et J oin- L ambert Sophie (dir.), 2004. Abraham Bosse, savant
graveur, Tours vers 1604-1676 , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de France, 20 avr.-
11 juill. 2004 ; Tours, musée des beaux-arts, 17 avr.-18 juill. 2004), Paris-Tours, Bibliothèque
nationale de France-musée des beaux-arts.
*P rague , 2011 : Z elenkovà Petra (dir.), A Hidden Face of the Baroque : 17th-Century Prints in the
Czech Lands , cat. exp. (Prague, National Gallery’s Kinský Palace, juill.-oct. 2011), Prague,
Národní galerie.
P rague e , 2014 : B rejon de L a V ergnée Barbara (dir.), Dessins français du xvii siècle. Collections du
département des Estampes de la Photographie , cat. exp. (Paris, Bibliothèque nationale de
France, 18 mars-15 juin 2014), Paris, Bibliothèque nationale de France.
R eims , 1978 : L aslier R. (dir.), Robert Nanteuil, 1623-1678 , cat. exp. (Reims, bibliothèque
municipale, déc. 1978), Reims, bibliothèque municipale.
R ennes , 2014 : K azerouni Guillaume et O llier Benoît (dir.), Dessiner pour créer : feuilles
françaises des xvi e et xvii e siècles du musée des beaux-arts de Rennes , cat. exp. (Rennes, musée
des beaux-arts, 18 avr.-17 août 2014), Gand, Snoeck.
R ome , 1988 : La colonna Traiana e gli artisti francesi da Luigi XIV a Napoleone I , cat. exp. (Rome,
villa Médicis, 12 avr.-12 juin 1988), Rome, Carte Segrete.
R ouen /L e M ans , 2001 : S almon Xavier (dir.), Trésors cachés : chefs-d’oeuvres du Cabinet d’arts
graphiques du château de Versailles , cat. exp. (Rouen, musée des beaux-arts,
9 mars-15 mai 2001 ; Le Mans, musées de la ville du Mans, 22 juin- 2 sept. 2001), Paris,
Somogy.
S aint- G ermain-en- L aye , 1988 : S aule Béatrix (dir.), De la naissance à la gloire. Louis XIV à Saint-
Germain, 1638-1682 , cat. exp. (Saint-Germain-en-Laye, musée des Antiquités nationales,
24 sept.- 27 nov. 1688), Saint-Germain-en-Laye, ville de Saint-Germain-en-Laye.
e T oulouse , 1996 : L’âge d’or de la sculpture. Artistes toulousains du xvi siècle , cat. exp. (Toulouse,
musée des Augustins, 14 déc. 1996-31 mars 1997), Paris, Somogy.
T ours /T oulouse , 2000 : Les peintres du roi, 1648- 1793 , cat. exp. (Tours, musée des beaux-arts,
18 mars-18 juin 2000 ; Toulouse, musée des Augustins, 30 juin-2 oct. 2000), Paris, RMN.
V ersailles , 1963 : T huillier Jacques et M ontagu Jennifer (dir.), Charles Le Brun, 1619-1690.
Peintre et dessinateur , cat. exp. (Versailles, château de Versailles, juil.-oct. 1963), Paris,
ministère d’État chargé des Affaires culturelles.
V ersailles , 2007 : M ilovanovic Nicolas et M aral Alexandre (dir.), La galerie des Glaces. Charles
Le Brun maître d’oeuvre , cat. exp. (Versailles, château de Versailles, 24 sept.-16 déc. 2007),
Paris, RMN.
V ersailles , 2009 : M ilovanovic Nicolas et M aral Alexandre (dir.), Louis XIV : l’homme et le roi ,
cat. exp. (Versailles, château de Versailles, 19 oct. 2009-7 févr. 2010), Paris-Versailles, Skira-
Flammarion-château de Versailles.
V evey , 2013 : L az Lauren (dir.), Robert Nanteuil graveur du roi : la collection Rossier-Koechlin , cat.
exp. (Suisse, Vevey, Musée Jenish, er 1 mars-26 mai 2013), Milan, 5 Continents Éditions.
Naviguer dans le livre
Précédent Sources et bibliographie Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur dominicain
montagnardes au à l'apogée de la chrétienté Samuel Gicquel
Moyen Âge médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table de concordance
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table de concordance Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table de concordance
p. 337-338
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Afin de retrouver facilement les illustrations par numéro de catalogue cité dans le texte, on
livre se reportera à la table de concordance ci-dessous.
Numéro de catalogue Numéro de figure in-texte Page PDF
Table des matières
Cat. 3 Fig. 56 170
Citer Cat. 10 Fig. 59, 60 178, 179
Cat. 13 Fig. 57 172 PDF du Partager
chapitre
Cat. 16 Fig. 61 185
Plan
Cat. 17 Fig. 64, 65 190, 191
Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à Cat. 20 Fig. 62 187
Texte intégral votre bibliothèque
Cat. 21 Fig. 9 57
Aller en haut de page Acheter
Aller en bas de page Cat. 22 Fig. 89 243
Édition
Cat. 24 Fig. 68 196 imprimée
Cat. 25 Fig. 66 193 Presses
universitaires
de Rennes Cat. 26 Fig. 67 195
amazon.fr
Cat. 29 Fig. 91 254
decitre.fr
mollat.com
Cat. 31 Fig. 90 253
leslibraires.fr
placedeslibraires.fr Cat. 32 Fig. 40 129
lcdpu.fr
Cat. 33 Fig. 69 198
ePub / PDF
Cat. 34 Fig. 38 126
Cat. 38 Fig. 42 134
Cat. 39 Fig. 29 107
Cat. 41 Fig. 21 94
Cat. 42 Fig. 12 66
Cat. 43 Fig. 98 287
Cat. 46 Fig. 4 43
Cat. 49 Fig. 23, 53, 78 97, 162, 215
Cat. 50 Fig. 51 158
Cat. 51 Fig. 50, 71 155, 204
Cat. 54 Fig. 99 291
Cat. 56 Fig. 13 67
Cat. 60 Fig. 92 255
Cat. 61 Fig. 1 22
Cat. 62 Fig. 52 159
Cat. 63 Fig. 24, 73 98, 208
Cat. 66 Fig. 48 148
Cat. 67 Fig. 33 117
Cat. 70 Fig. 31, 84 111, 228
Cat. 75 Fig. 35 122
Cat. 76 Fig. 74 210
Cat. 77 Fig. 34 120
Cat. 80 Fig. 41 131
Cat. 84 Fig. 77 214
Cat. 87 Fig. 17 79
Cat. 88 Fig. 86 239
Cat. 89 Fig. 49 150
Cat. 90 Fig. 2 28
Cat. 91 Fig. 6, 18, 30, 47, 79 53, 80, 108, 144, 217
Cat. 92 Fig. 83 225
Cat. 94 Fig. 80 219
Cat. 95 Fig. 45 140
Cat. 96 Fig. 46 142
Cat. 97 Fig. 36 123
Cat. 98 Fig. 93 257
Cat. 100 Fig. 22, 25, 44, 94 95, 99, 138, 258
Cat. 102 Fig. 19 82
Cat. 103 Fig. 81 220
Cat. 104 Fig. 87 240
Cat. 106 Fig. 11, 85 64, 233
Cat. 110 Fig. 37 125
Cat. 114 Fig. 14 70
Cat. 118 Fig. 95 259
Cat. 120 Fig. 10 63
Cat. 127 Fig. 88 241
Cat. 128 Fig. 28, 43 105, 136
Ann. I.A-7 Fig. 27 102
Ann. I.C-1 Fig. 70 200
Ann. I.C-3 Fig. 26 100
Naviguer dans le livre
Précédent Table de concordance Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Table des illustrations
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Table des illustrations Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Table des illustrations
p. 339-344
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 Les techniques et dimensions figurent dans les notices du catalogue. Les illustrations qui
livre ne figurent pas dans le catalogue sont précédées d’une étoile ; les dimensions sont alors
indiquées (en millimètres).
Première partie PDF
Table des matières
2 F igure 1 Robert Nanteuil, Tèse de Philippe-César de Guénégaud de Sémoine , 1667. Paris,
BSG, W fol. 241 (4) inv. 353 (30).
Citer
F igure 2 Antoine Masson d’après Charles Le Brun, Tèse de l’abbé Gabriel-Joseph d’Estrades , 3
Partager 1679. Paris, ENSBA, Est. 8701. PDF du
4 *F igure 3 Antoine Hérisset d’après François-Joachim Cholot, Vue du couvent des Carmes de chapitre
Plan Paris dans lequel le carme Eugène Mecenati soutient sa thèse dédiée à Benoît XIII , 1726. Paris,
BNF, Est., Hennin, 7994.
Suggérer
Plan détaillé 5 F igure 4 Nicolas de Poilly d’après Charles Le Brun et François Chauveau, Tèse d’Emmanuel- l’acquisition à
Téodose de La Tour d’Auvergne votre bibliothèque Texte intégral , 1664. Paris, BNF, Est., rés. AA3 Poilly.
Première partie *F igure 5 Anonyme, Ode de N. Morain, Ludovico Magno, cum ei post expugnatum 6
Deuxième partie Namurcum illustrissimis Acheter , page de dédicace, 1692. Paris, BSG, 4°Y422 inv 555 (P. 33).
Troisième partie
7 F igure 6 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de philosophie de Louis de La Tour Édition
d’Auvergne , page de titre, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol. imprimée
Aller en haut de page
Aller en bas de page 8 *F igure 7 Francesco Villamena, Tèse de Robert Fidèle d’Arimini dédiée à Henri IV , 1606, Presses
575 × 580. Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I. universitaires
de Rennes
9 *F igure 8 Karl Audran, Tèse de Pierre Sève dédiée à Louis XIII , 1622, 944 × 580. Paris, BNF,
Est., AA6 thèses, t. I.
amazon.fr
decitre.fr
10 F igure 9 Abraham Bosse, Tentative en Sorbonne de Jacques Ladvocat , 1654. Paris, BNF, Est., mollat.com
AA6 thèses. leslibraires.fr
placedeslibraires.fr
F igure 10 Henri Bonnart d’après Pierre-Paul Sevin, Tèse de théologie de Séraphin Crouzeil , 11
lcdpu.fr
1688. Paris, BSG, E4° 2214, 1394 rés.
ePub / PDF
12 F igure 11 Pierre Simon, Partie supérieure de la thèse de Philibert Madon , 1685. Paris, BNF,
Est., SNR form 4 Simon.
13 F igure 12 Robert Nanteuil et Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse de Charles
Amelot , 1663. Paris, BNF, Est., AA6 rés Nanteuil.
14 F igure 13 Robert Nanteuil, Tèse de philosophie au collège d’Harcourt d’Augustin Servien , 1666.
Paris, BSG, W fol. 241 inv. 349 (68).
15 F igure 14 Georges Tasnière d’après Domenico Piola, Tèse du comte Giacomo Natta , 1687.
Turin, Bibliothèque royale, U II 86.
*F igure 15 Anonyme, Réception des étudiants orientaux du collège Louis-le-Grand à Versailles , 16
1701, graphite. Paris, Arsenal, Ms. 3185.
17 *F igure 16 École de Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XIV , cadre de Pierre Lepautre,
vers 1700. Château de Chenonceau.
18 F igure 17 Anonyme, Devises à la gloire de Louis XIV reprises du bas de la thèse de l’abbé
François du Montal de Montsaulnin , tirées du Mercure galant , septembre 1678.
19 F igure 18 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Prise de Valenciennes e o , 6 bordure, fol. 5 v
de la thèse de Louis de La Tour d’Auvergne, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
20 F igure 19 François de Poilly d’après Pierre Mignard, Tèse de Louis-Nicolas et Louis-François
Le Tellier , 1684. Paris, BNF, Est., AA6 Poilly.
21 *F igure 20 Page de dédicace de L’Hercule françois ou L’explication de la thèse dédiée au roy
par M. le marquis de Seignelay , 1668, in-4°. Paris, BSG, 4 Y 417 INV 544 RES (P. 31).
Deuxième partie
22 F igure 21 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun et Pierre Mignard, Tèse de Jules-
Paul de Lionne , 1668. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
23 F igure 22 Atelier de Charles le Brun, Le triomphe de la Religion , 1683-1686, huile sur toile.
Paris, musée du Louvre, RF 1990-10.
24 F igure 23 Charles Le Brun, Étude pour la thèse du comte de Saint-Pol , 1664, sanguine, pierre
noire, lavis gris. Lille, musée des Beaux-arts, inv. Pluchart 1505.
25 F igure 24 Charles Le Brun, Étude préparatoire à la thèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668, dessin à la pierre noire et lavis gris sur papier beige, graphite et rehauts
de blanc. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 29423, recto.
26 F igure 25 Charles Le Brun, Étude de la Rébellion pour la thèse de l’abbé de Polignac,
1683-1686. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 29264, recto.
27 F igure 26 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au Dauphin , 1671. Paris,
BNF, Est., AA suppl. Rousselet.
28 F igure 27 Guillaume Chasteau et Charles Simonneau d’après Noël Coypel, Tèse d’Adrien-
Alexandre de Mannevillette dédiée à Philippe d’Orléans , 1678. Paris, BNF, Est., N5 Orléans.
29 F igure 28 Pierre Mignard, Étude préparatoire pour la thèse de Camille Le Tellier . Paris, musée
du Louvre, département des Arts graphiques, INV. 31053.
30 F igure 29 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Chrétien-François de
Lamoignon , 1663. Londres, British Museum, 1917,1208.3722.
31 F igure 30 Louis Cossin d’après Pierre-Paul Sevin, Louis XIV fait fermer les portes du temple de
Janus e , 12 page du livret de la thèse du prince de Turenne, 1679. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol,
12 e bordure, fol. 8 o v .
32 *F igure 31 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Jules-Louis Bolé de Champlay
dédiée à Louvois , 1664, 947 × 651. Paris, BNF, Est., AA6 Paillet.
33 *F igure 32 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Henri de Maupas du Tour intercédant
auprès d’Alexandre VII pour la canonisation de saint François de Sales , 1664, 786 × 525. Paris,
BNF, Est., N5 Maupas du Tour.
34 F igure 33 Robert Nanteuil, Tèse de théologie (?) de Raymond-Bérenger de Lorraine, abbé
d’Harcourt , 1670. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
35 F igure 34 Robert Nanteuil, Étude pour une thèse de théologie , 1676-1678. Reims,
bibliothèque Carnegie, BMR 33446.
36 F igure 35 Robert Nanteuil, Tèse de Jacques-Nicolas Colbert, abbé du Bec , 1672. Amsterdam,
Rijksmuseum, RP-P-OB-63.377.
37 F igure 36 Louis Cossin, Tèse de Jean Poisson , 1682. Paris, faculté de médecine, Ms. 79, fol.
1347.
38 F igure 37 Pierre Beaufrère, Mineure de Pierre Berthe (détail), 1685. Paris, bibliothèque de
l’Arsenal, EST-Ft 4-H5.
39 F igure 38 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Antoine-Benoît de Clermont-
Tonnerre de Cruzy , 1662. Paris, BNF, Est., N2 Louis XIV.
40 *F igure 39 Nicolas de Poilly, Portrait de Louis XIV , s. d., 403 × 490, Paris, BNF, Est., N3.
41 F igure 40 Pieter Van Schuppen d’après Nicolas Mignard, Tèse de Raymond-Bérenger de
Lorraine , 1661. Paris, BNF, Est., EC 76 fol. 57.
42 F igure 41 Pierre Simon d’après Charles Le Brun, Tèse supposée de Jacques de Simiane de
Gordes , 1676. Paris, BNF, Est., N5 Louis XIV.
F igure 42 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tentative de Charles-Maurice Le Tellier , 43
1663. Paris, BNF, Est., RESERVE FT6-QB-201 (172).
44 F igure 43 François de Poilly et Louis Roullet d’après Pierre Mignard, Tèse de Camille Le
Tellier, abbé de Louvois , 1692. Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I.
F igure 44 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Sorbonique de l’abbé de Polignac , 45
1683-1686. Amsterdam, Rijksmuseum, P-P-OB-67.644A et B.
46 F igure 45 Anonyme d’après Charles Le Brun, Tèse supposée, Louis XIV assis sur un nuage
donne la main à la Paix , 1681-1709, édité chez Gantrel. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
F igure 46 Pieter Van Schuppen d’après Robert Nanteuil, Tèse de Michel-François Le Tellier , 47
texte gravé par Jean Richer, 1681. Paris, BNF, Est., N5 Louis XIV (haut de la thèse) ;
SNR 3 Richer (bas de la thèse).
48 F igure 47 René Michault, Page de dédicace de la thèse de philosophie de Louis de La Tour
d’Auvergne o , 1679, in-fol., fol. 1 v . Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
49 F igure 48 Nicolas Pitau et Gérard Edelinck d’après Claude Lefebvre, Tèse de l’abbé Louis-
Marcel de Coëtlogon , 1670. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, INV. GRAV.
LP 30-19.1.
50 F igure 49 Gérard Edelinck et Robert Nanteuil d’après Nanteuil, Tèse d’Étienne et Gilles
d’Aligre , 1679. Paris, BNF, Est., AA4 rés Nanteuil.
51 F igure 50 Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières , 1665,
épreuve sur soie. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, inv. 80-005975.
52 F igure 51 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay , 1664.
Paris, BSG, fol. W 241 inv 349 (29).
53 F igure 52 Nicolas de Poilly d’après Nicolas Mignard, Tèse de Roger de Courtenay , 1668.
Paris, BNF, Est., N2 Louis XIV.
b
54 F igure 53 Jean Lenfant, Louis XIV à cheval , 1664. Paris, BNF, Est., rés. Hennin, Q 201, 7584.
55 *F igure 54 Antoine Dieu, Grisaille préparatoire à la thèse de l’abbé de Saint-Albin dédiée au
Régent , 1718, huile sur toile, grisaille, 1006 × 770. Versailles, châteaux de Versailles et de
Trianon, MV 5968 ; RF 2420.
56 *F igure 55 Philipp Andreas Kilian d’après Martin van Meytens, Tèse dédiée à l’empereur
François er I de Lorraine , 1753, épreuve sur soie, 1210 × 740. Versailles, châteaux de
Versailles et de Trianon, inv. V. 2014.59.
Troisième partie
57 F igure 56 Pierre Daret d’après Simon Vouet, Tèse d’Alexandre Courtois , 1639. Paris, BNF,
Est., Da 7 fol. 115.
58 F igure 57 Michel Lasne, Tèse supposée de Maximilien-Léonor de Béthune , vers 1643.
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, LP30-2 (1).
59 *F igure 58 Anonyme, Almanach de 1644 (?), chez Jean Ganière. Paris, BNF, Est., Hennin,
1643 n o 3423.
60 F igure 59 Grégoire Huret, Tèse de Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean , 1644.
Paris, BNF, Est., Ed 35 (89-91).
61 F igure 60 Grégoire Huret, Tèse dédiée à Richelieu , 1642. Paris, musée du Louvre, collection
Rothschild, 27452 LR.
62 F igure 61 Michel Lasne, Tèse de Michel Jourdain , 1650-1652. Paris, BNF, Est., Ed 27 c (3).
63 F igure 62 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Louis XIV enfant, debout sur un char
conduit par la Sagesse et la Prudence , 1653-1654. Paris, BNF, Est., AA6 Rousselet.
64 *F igure 63 Lucas Vorsterman, Tèse d’Henri de Bourbon dédiée à Louis XIII , 1626, 1037 × 720.
Paris, BNF, Est., AA6 thèses, t. I.
65 F igure 64 Pierre Daret, Louis XIV tenant les divinités enchaînées , 1651-1652. Paris, BNF, Est.,
Pc 3, fol. 80 a.
F igure 65 Johann Friedrich Greuter d’après Giovanni Lanfranco, Tèse dédiée à Urbain VIII , 66
avant 1644. Londres, British Museum, 1874,0808.1618.
67 F igure 66 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée à Louis XIV , 1659, chez
Gérard o I Jollain. Paris, BNF, Est., Rés. QB 201 Hennin, t. 43, n 3920.
68 F igure 67 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun (?), Tèse de Pierre-Jean-François
Percin de Montgaillard dédiée à Mazarin , 1659. BNF, Est., Ec 76 fol. (53).
F igure 68 François de Poilly, Tèse supposée, Louis XIV tenant un bouclier à l’effigie de Mazarin , 69
1659. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
70 F igure 69 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-Téodose de La Tour
d’Auvergne , 1661. Paris, BNF, Est., AA6 thèses t. I.
71 F igure 70 Abraham Bosse, Tèse de Louis-Hugues de Lionne dédiée au Dauphin , 1677. Paris,
BNF, Est., Ed 30 fol. rés.
72 F igure 71 Nicolas Pitau d’après Jean Lepautre, Tèse de Gilles Le Maistre de Ferrières , 1665.
Paris, BNF, Est., AA5 Lepautre.
73 *F igure 72 Grégoire Huret, Saint Louis apparaît à Louis XIII , vers 1639, 356 × 530. Paris,
BNF, Est., Ed 35 fol. p. 68.
74 F igure 73 François de Poilly d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay , 1668. Paris, BNF, Est., AA6 Poilly.
75 F igure 74 Jean Lenfant, Tèse dédiée à Louis XIV , 1675-1684. Paris, bibliothèque de la
Sorbonne, RBA 2 = 4-2, fol. 637.
76 *F igure 75 Joseph Werner, Louis XIV conduisant un quadrige , vers 1662-1667, gouache sur
parchemin, 344 × 220. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6927/1.
77 *F igure 76 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, frontispice pour l’Hortus Regius , 1665,
288 × 187. Paris, BNF, Est., Hennin, 4313.
78 F igure 77 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de la Guerre de Jacques-Nicolas
Colbert , 1677. Paris, BNF, Est., AA6 rés. Edelinck.
79 F igure 78 Gilles Rousselet d’après Charles Le Brun, Tèse du comte de Saint-Pol , 1664. Paris,
BNF, Est., AA6 Le Brun.
80 F igure 79 Nicolas Guérard d’après Pierre-Paul Sevin, La prise de Maastricht, page de la thèse
de Louis de La Tour d’Auvergne e , 1679, 3 bordure, fol. 4 recto. Paris, BNF, Est., Ka 12 fol.
81 F igure 80 Teresa del Po, Tèse de Pompeo Amerighi , 1681. Milan, Civica raccolta delle Stampe
Achille Bertarelli, Tesi-Discussioni pubbliche.
82 F igure 81 Claude Duflos et Pierre Giffart d’après Jean-Baptiste Martin dit des Batailles, Tèse
de l’abbé Van der Meulen , 1685-1695. Paris, BNF, Est., Hennin, 7598 (t. 86, 1715, n° 7598).
83 *F igure 82 Pierre Mignard, Portrait équestre de Louis XIV couronné par la Victoire devant le
siège de Namur , 1692, huile sur toile, 3590 × 2600. Versailles, châteaux de Versailles et de
Trianon, MV 2032.
F igure 83 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Tèse de Jean-Baptiste Colbert de Croissy , 84
1680. Amsterdam, Rikjsmuseum, RP-P-OB-67.653.
85 F igure 84 Guillaume Vallet d’après Antoine Paillet, Tèse de Louis-Adrien de Noailles , 1671.
Paris, BNF, AA6 thèses, t. 1.
86 F igure 85 Positions de la thèse de Philibert Madon , 1685. Paris, BNF Tolbiac, fol-LB37-3868.
87 F igure 86 Étienne Gantrel, Tèse dédiée au parlement de Normandie , 1678-1679. Paris, BNF,
Est., AA6 Gantrel.
88 F igure 87 Étienne Gantrel d’après Jean Cotelle, Allégorie au parlement de Normandie ,
vers 1690-1695. Paris, ENSBA, C1661bis.
89 F igure 88 Jean Langlois et Pierre Lepautre d’après Antoine Dieu, Tèse d’André Brunel , 1691.
Paris, BNF, Est., AA5 Gantrel.
F igure 89 Gabriel Le Brun d’après Charles Le Brun, Tèse dédiée au parlement de Bretagne , 90
1654. Paris, BSG, W fol. 241 (4 bis) inv 353 (93).
91 F igure 90 Robert Nanteuil d’après Nicolas Mignard, Tèse d’Emmanuel de Guénégaud de
Montbrison, abbé de Brienne (détail), 1661. Paris, BNF, Est., N3 Louis XIV.
92 F igure 91 Nicolas de Poilly d’après Georges Perroteau, Tèse de Gabriel de Monchy
d’Hocquincourt (détail), 1660. Londres, British Museum, R, 6.156.
93 F igure 92 Gilles Rousselet et Robert Nanteuil d’après Charles Le Brun, Tèse d’Emmanuel-
Téodose de La Tour d’Auvergne (détail), 1667. Paris, BNF, Est., AA5.
94 F igure 93 Étienne Picart d’après Antoine Paillet et Charles Le Brun (?), Tèse de Louis de
Lorraine , 1682. Rouen, Institut national de recherche pédagogique, 1980.14.3.
95 F igure 94 Gérard Edelinck d’après Charles Le Brun, Triomphe de la Religion, thèse de l’abbé
de Polignac (détail), 1683-1686. Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, Est.8709.
96 F igure 95 Pieter Van Schuppen d’après Jacob Ferdinand Voet, Tèse de Jean-Tomas Hue de
Miromesnil (détail), 1687. Paris, BNF, AA6 Thèses, t. I.
97 *F igure 96 Anonyme d’après Charles Errard, Hercule et le jeune Louis XIV , gravure tirée de
Les triomphes de Louis le Juste XIII du nom , Paris, Imprimerie royale, 1649.
98 *F igure 97 Anonyme, Portrait du jeune Louis XIV , s. d., édité par Nicolas Berey. Vienne,
Österreichische Nationalbibliothek, Bildarchiv und Grafiksammlung, Inv.-Nr.
PORT_00038802_01.
99 F igure 98 Pieter Van Schuppen d’après Charles Le Brun, Tèse avec le portrait de Louis XIV en
médaillon , 1664. Paris, BNF, Est., N3.
100 F igure 99 Jacques Grignon d’après Nicolas Mignard, Tèse de Mathieu Yzoré d’Hervault , 1666.
Paris, BSG, fol. W 241 inv. 349 (66).
Naviguer dans le livre
Précédent Table des illustrations Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Crédits photographiques
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Crédits photographiques Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Crédits photographiques
p. 345
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le 1 © Barbara Selmeci Castioni : fig. 17
livre
2 © Bibliothèque nationale de France : fig. 3, 9, 11, 12, 26, 27, 31, 43, 49, 59, 62, 69, 70, 78,
84, 86, 95
3 © BNF – Gallica : fig. 42, 66, 73, 81, 96
Table des matières
4 © Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris : fig. 10
Citer 5 © Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, cliché J.-L. Charmet : fig. 89
6 © Château de Chenonceaux/Guillaume Souvant : fig. 16
Partager PDF du
7 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Christophe Fouin : fig. 55 chapitre
Plan 8 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/EPV : fig. 13, 48, 57
9 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais/Jean-Marc Manaï : fig. 50 Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
10 © ENSBA : fig. 87 votre bibliothèque Texte intégral
11 © Milano, Civica raccolta Bertarelli : fig. 80
Aller en haut de page 12 © Österreichische Nationalbibliothek Acheter : fig. 97
Aller en bas de page
13 © Paris, Faculté de Médecine : fig. 36
Édition
imprimée
14 © Philippe Cornouaille : fig. 15.
© Rémi Mathis Presses 15 : fig. 71
universitaires
© RMN-Grand Palais/Jacques Quecq d’Henripret de Rennes 16 : fig. 23
17 © RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/Droits réservés : fig. 82 amazon.fr
decitre.fr
18 © RMN- Grand Palais (Château de Versailles)/Gérard Blot : fig. 54, 75
mollat.com
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Michèle Bellot leslibraires.fr 19 : fig. 24
placedeslibraires.fr
20 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/René-Gabriel Ojéda : fig. 22 lcdpu.fr
21 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Thierry Le Mage : fig. 60
ePub / PDF
22 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Michel Urtado : fig. 25, 28
23 © Rouen, INRP : fig. 93
24 © The Trustees of the British Museum : fig. 29, 65, 91
25 © Turin, Bibliothèque royale : fig. 14
26 © Véronique Meyer : fig. 1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 13, 18, 19, 20, 21, 30, 32, 33, 34, 37, 38, 39,
40, 41, 45, 46, 47, 51, 52, 53, 56, 58, 61, 63, 64, 67, 68, 72, 74, 76, 79, 85, 88, 90, 92, 94, 98,
99, 102
Naviguer dans le livre
Précédent Crédits photographiques Valider Suivant
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books . Les autres éléments
(illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention
contraire.
Dans la même collection
Voir plus de livres
Paysans des Alpes Pérégrin d’Opole Prêtres de Bretagne au
xix e siècle Les communautés Un prédicateur
montagnardes au dominicain à l'apogée de Samuel Gicquel
Moyen Âge la chrétienté médiévale
2008
Nicolas Carrier et Fabrice Hervé Martin
Mouthon
2008
2010
Suivez-nous
URL Candidater à OpenEdition Books : http://www.pur-
editions.fr Connaître le programme OpenEdition Freemium
Email Commander des livres : pur@univ-rennes2.fr
S’abonner à la lettre d’OpenEdition
Presses universitaires de Adresse : CGU d’OpenEdition Books
Rennes 2, avenue Gaston Berger
CS 24307
Mentions légales
F-35044
Plan du site
Rennes
Français Partager
OpenEdition Search Tout OpenEdition
› › › Presses universitaires de Rennes Histoire Pour la plus grande gloire du roi Index des noms de personnes
Presses universitaires de Rennes
Naviguer dans le livre
Précédent Index des noms de personnes Valider Suivant
Accès ouvert
freemium
Index des noms de personnes
p. 347-365
Plan détaillé
ePub
Informations sur la couverture Texte intégral
Rechercher dans le L’entrée Louis XIV, présentant un trop grand nombre d’occurrences, ne figure pas dans cet
livre index. Les chiffres en caractères gras sont ceux des pages où les noms sont cités dans les
légendes des illustrations.
A PDF
Table des matières
A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d’A uvergne , duc d’ (1643-1715), cardinal de Bouillon
(1669) : 19, 21, 24, 29, 40, 42, 43 , 61, 65, 69, 93, 99, 101, 109, 118, 121, 133, 137, 139, 149, 194,
Citer
197, 198 , 202, 235, 253, 255 , 260, 261, 263, 267, 270, 303, 304
Partager A lexandre VII (Fabio Chigi) (1599-1667), pape (1655-1667) : 103, 110, 116, 186, 302 PDF du
A lgardi chapitre , Alexandro, dit l’Algarde (1598-1654), sculpteur, dessinateur et architecte : 133
Plan A ligre , Étienne d’ (1660-1725), fils de Michel d’Aligre : 20, 30, 33, 46, 48, 73, 74, 76, 78, 121,
135, 137, 150 , 153, 257, 260, 268, 303 Suggérer
Plan détaillé l’acquisition à
A ligre , Étienne II (1592-1677), garde des sceaux en 1672 puis chancelier en 1674 : 35, 39, Texte intégral votre bibliothèque
116, 118
A
B A ligre , Gilles d’ (1661-1711), fils de Michel d’Aligre : 20, 33, 46, 48, 73, 74, 76, 78, 121, 135, Acheter
137, 150 , 153, 257, 260, 268, 305 C
A ligre Édition D , Michel II d’ (1617-1661), maître des requêtes, intendant de la généralité de Rouen :
imprimée
149 E
F A mboise Presses , Jacques d’ (1559-1606), chirurgien, recteur de l’université de Paris, professeur au
universitaires
G Collège royal : 169 de Rennes
H
A melot , Charles (1644-1726), conseiller au parlement de Paris en 1673 et premier président
amazon.fr
I de chambre en 1687 : 30, 44, 58, 59, 61, 64, 66 , 78, 99, 116, 132, 139, 201, 209, 227, 232, 235, decitre.fr
J 253, 261, 267, 270, 272, 273, 274, 276, 281, 303 mollat.com
K leslibraires.fr A melot de L a H oussaie ou H oussaye , Abraham-Nicolas (1634-1706), historien : 44, 61, 64
L placedeslibraires.fr
M A merighi , Pompeo (1656-1720), confesseur siennois de la reine Marie-Thérèse : 29, 218 , 219, lcdpu.fr
N 281, 306, 313, 312
ePub / PDF
O A ncelin , Humbert (1648 ?-1720), évêque de Tulle (1681-1702), « frère de lait » du roi : 29, 30,
P 289, 303
Q
A nglure de B ourlemont , François d’ (1653- 1711), abbé de la Crest (1673-1711), fils de Nicolas
R d’Anglure de Bourlemont (1620-1706), lieutenant général depuis 1655 : 29, 116, 261, 305
S
A njou , Philippe d’, voir : O rléans , Philippe
T
U A njou , Philippe d’, voir : P hilippe V
V A nne d ’A utriche (1601-1666), reine de France (1615-1666), régente (1643-1661) : 39, 169, 171,
W 173, 174, 175, 177, 181, 182, 183, 186, 192, 194, 288
Y
A ntonin (86-161), empereur romain (138-161) : 201
Z
A quin (ou D aquin ), Antoine d ’ (1620-1696), premier médecin du roi en 1672 : 21, 30, 118, 255,
Aller en haut de page 257, 261, 286, 288, 305, 307
Aller en bas de page A quin de C hâteaurenard , Antoine d’ (1657- 1735), président au parlement de Paris, président
au Grand Conseil, secrétaire du Cabinet du roi (1684), intendant général du Bourbonnais
(1688) : 288, 305
ARBAUDGeorges, soutient une thèse de médecine à Paris peu avant 1604 : 51
A rgenson , Antoine-René de V oyer , marquis de Paulmy et d’ (1722-1787), ministre d’État et
diplomate : 72
A rgouges , François d’ (1654-1716), premier président au parlement de Bretagne (1661-1677),
conseiller au Conseil royal des finances (1685- 1695), évêque de Vannes (1687-1716) : 30, 32,
60, 77, 103, 305
A rnauld , Antoine (1612-1695), dit le Grand Arnauld, théologien, philosophe, mathématicien :
14
A rnauld , Henri (1597-1692), évêque d’Angers (1649) : 227
A rtagnan , Charles de B atz de C astelmore D’ (1611/1615-1673), mousquetaire : 29, 30
A rtagnan , Louis de B atz de C astelmore , comte d’ (1660-1709), filleul du roi, fils de Charles de
Batz de Castelmore d’Artagnan : 29, 30, 68, 124, 156, 267, 289, 305
A ubusson de L a F euillade , Georges d’ (1612- 1697), archevêque d’Embrun (1645-1668) puis
évêque de Metz, ambassadeur à Venise et en Espagne : 21, 304
A udran , Claude II (1639-1684), graveur : 161
A udran , Gérard (1640-1703), graveur, académicien : 152
A udran , Karl (1594-1674), dessinateur et graveur : 52, 55 , 169, 186, 205
A umas de B eauséjour de R oquemartine , Claude-Irénée d’, carme de Blois, dédie une thèse au
duc de Chartres en 1723 : 103
A uteuil , Charles de C ombault , comte d’ (1588- 1670), historien, gouverneur du duc d’Enghien :
173
B
B aldinucci , Filippo (1624-1697), historien de l’art italien : 118, 260
B alzac , père, thèse de théologie soutenue dans l’église Aracoeli : 303
B alzac d ’E ntragues , Catherine-Henriette de (1579-1633), favorite d’Henri IV : 188
B arberini , Francesco (1662-1738), neveu d’Urbain VIII, légat apostolique à Avignon (1623-
1633), puis en Espagne, cardinal-évêque d’Albano e Santa Rufina, Porto et Ostia e Velletri :
101
B asan , Pierre-François (1723-1797), graveur, éditeur, marchand d’estampes : 15
B asnage de B eauval , Jacques (1653-1723), ministre réformé, auteur, théologien, historien et
diplomate : 233
B audet , Étienne (1638-1711), graveur et dessinateur, académicien : 152
B audoin , Jean (1590-1650), écrivain, traducteur de Cesare Ripa : 276, 278
B augin , Lubin (1610 ?-1663), peintre, académicien : 133
B eaubrun , Charles (1604-1692), peintre, académicien : 313
B eaufort , François DE BOURBON-VEND ôme , duc de (1616-1669), grand maître, chef et
surintendant général de la navigation : 181, 203
BEAUFR ère , Pierre (actif de 1662 à 1685), peintre : 60, 91, 121, 122, 124, 125 , 149, 253, 257,
307
B eaulieu , Reine-Michèle de (16 ?-1695), publie les travaux inachevés de son oncle Sébastien
Pontault de Beaulieu : 141
B eaulieu , Sébastien P ontault de (1612 ?-1674), dessinateur et graveur militaire, maréchal de
camp : 141
B eauséjour de R oquemartine , Claude-Irénée d’ A umasde , carme de Blois, soutient une thèse
en 1723 : 103
B edacier , Pierre (?-1660), conseiller du roi, évêque d’Auguste, suffragant de Metz en 1649 :
302
B ellemare , Nicolas de D uranville , marquis de (?-1675), garçon d’honneur du Dauphin
en 1672 : 77, 312
B enoît XIII (1649-1730), pape (1724-1730) : 36, 37
B enserade , Isaac (1613-1691), poète de cour, auteur de ballets, académicien : 190
B erey , Claude-Auguste (1651-1732), graveur et éditeur : 143
B erey , Nicolas (1640-1667), graveur, enlumineur et marchand d’estampes : 143, 264, 266 , 313
B éringhen , Jacques-Louis, marquis de (1651- 1723), premier écuyer de Louis XIV et
collectionneur : 15, 32
B ernard , Samuel ? (1616-1687), peintre en miniature à Paris 1677 : 74
B ernard , Jean, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
B ernin , Giovanni Lorenzo B ernini , dit L e (1598- 1680), architecte, sculpteur et peintre italien :
69, 101, 201, 207
B erthe , Pierre (?-1719), recteur de l’université de Paris (1684-1685), prédicateur de l’Église de
France, bibliothécaire et professeur de Sorbonne : 23, 30, 52, 56, 60, 124, 125 , 235, 236, 257,
307
B érulle , Pierre (?-1730), premier président au parlement de Grenoble en 1694 : 13
B etham , Jean ou John (v. 1642-1709), docteur de Sorbonne, fondateur du séminaire de Saint-
Grégoire pour les étudiants anglais (1684) : 76
B eys , Charles de (1610-1659), dramaturge et poète : 264
B ichi , Antonio (1614-1691), neveu d’Alexandre VII, évêque de Montalcino (1652) puis d’Osimo
(1656), cardinal (1657), légat à Urbin (1662-1667) : 177
B illet , Pierre (1656-1719), professeur d’éloquence, recteur de l’université de Paris : 296
B leesen , Guillaume-Antoine, étudiant allemand qui soutient une thèse en 1678 : 161
B loemaert , Cornelis (1602 ?-1692), graveur hollandais : 101
B londel , François (1618-1686), ingénieur de la Marine et architecte : 209
B oileau , Nicolas (1636-1711), écrivain, poète, critique littéraire, académicien : 20, 217, 246,
247, 250, 262, 279, 280, 296
B oizars ou B oisard , Lucien, tapissier en 1640- 1646 : 33
B olé de C hamplay , Jules-Louis (1650-1719), maréchal général des logis aux camps et armées
du roi et diplomate : 111 , 143
B onnart , Henri (1642 ?-1711), graveur et éditeur : 63, 289, 307
B onnart , N., graveur : 141, 306
B onshoms de C ouronne , Auguste-Tanneguy (1635- ?), fils du suivant : 237, 302
B onshoms de C ouronne , Robert, seigneur de Hautonne (?-1661), président au parlement de
Normandie en 1651 : 237
B osquillon , Noël, abbé, poète, reçu membre de l’Académie de Soissons en 1689 : 83, 135,
223, 225
BOSSARTDE VERRI ère , Jean-François, fils de Jacques Bossart, maire de Rennes : 141
B osse , Abraham (1602-1676), graveur, dessinateur, écrivain, académicien : 57 , 91, 96, 115,
191, 197, 199, 200 , 302, 312
B ossuet , Jacques-Bénigne (1627-1704), homme d’Église, théologien, orateur et historien :
203, 235, 236, 275
B oucher , François (1703-1770), peintre et graveur, académicien : 15
B oucher , Jean-Baptiste, soutient sa thèse en 1660- 1661 : 313
B oudan , Alexandre (1600-1671), graveur, enlumineur, imprimeur, éditeur et imprimeur du roi,
marchand d’estampes : 139, 151, 152, 171, 301
B oudan , Louis (1670-1717), graveur : 312
B oude , Jean (1591-1689), éditeur à Toulouse en 1667 : 304
B ouhours , Dominique (1628-1702), jésuite, grammairien et historien : 87
B ouillon , abbé de, voir : A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d ’A uvergne , duc d’
B oulle , André-Charles (1642-1732), ébéniste, graveur, dessinateur, doreur et ciseleur : 160
B oullogne , Bon (1649-1717), peintre et graveur, académicien : 91, 245, 257, 308
B oullogne , Louis de (1654-1733), peinture, directeur de l’Académie royale de peinture et de
sculpture en 1725 : 91, 92, 297
B ourbon , Henri de, voir : V erneuil
B ourbon , Louis-Alexandre de, voir : T oulouse
B ourbon , Louis-Auguste de, voir : M aine
B ourbon- C ondé , Anne-Geneviève de (1619- 1679), duchesse de Longueville, fille d’Henri II
prince de Condé, soeur du Grand Condé, épouse d’Henri II d’Orléans-Longueville : 29
B ourbon- C ondé , Louis III, voir : C ondé , Louis III
B ourdon , Sébastien (1616-1671), peintre, graveur et dessinateur : 96, 130, 133, 139, 203, 297
B ourgarel , François, candidat, fils de Joseph Bourgarel, de Pignerol, qui participa aux
fortifications d’Antibes en 1699-1700 : 30, 245, 257, 308
B ourgogne , Louis de France, duc de (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, Dauphin de France
(1711- 1712) : 15, 21, 35, 41, 56, 65, 69, 71, 72, 74, 77, 87, 92, 99, 100, 109, 110, 125, 126, 130,
133, 137, 140, 161, 169, 171, 173, 199, 201, 202, 203, 205, 219, 226, 232, 242, 245, 271, 275,
283, 294, 295, 301, 312
B outhillier , Claude (1581-1652), secrétaire d’État à la Marine (1628-1629), aux Affaires
étrangères (1629-1632) et contrôleur général des finances (1632-1643) : 12, 92
B outhillier , Léon (1608-1652), fils du précédent, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères :
173
B rillon de J ouy , Albin (?-1739), curé de Saint-Roch : 296
B risacier , Jacques-Charles de (1641-1736), docteur de Sorbonne, directeur du séminaire des
missions étrangères : 41, 71
BR ûlartde SILLERY, Fabio (1655-1714), évêque de Soissons : 29, 30, 116, 257, 305
B runel , André, candidat en 1691 : 20, 241 , 307
B runy , Ambroise, reçu chez les Minimes en 1688 : 308
B uignet , René, candidat en 1691 : 313
B ullet , Pierre (1639-1716), architecte et ingénieur du roi et de la ville de Paris en 1660 : 209
B ures , Raphaël de, représentant de Gabriel de Monchy d’Hocquincourt, peut-être, écuyer,
sieur de la Morandière : 147
B ussy- R abutin , Roger de (1618-1693), lieutenant général des armées du roi, membre de
l’Académie française, écrivain et pamphlétaire : 42
B utay Suzanne (1626-1699), femme de Charles Le Brun : 160
C
C achet de G arnerans , Claude (16 ?-17 ?), intendant à la souveraineté de Dombes en 1696 :
312
CALLI ères , François de (1645-1717), diplomate, homme de lettres, académicien : 246, 247
C alvin , Jean (1509-1564), théologien, juriste et réformateur protestant : 227, 278
C alvo , Giovanni, dédie en 1653 une thèse au cardinal Frédéric Sforza : 133
C arrache , Annibale C arracci dit Annibal (1560- 1609), peintre et graveur italien : 113, 130
C ars , Jean-François (1661-1730), graveur et éditeur d’estampes : 60, 143, 297, 298, 308, 312
C ars , Laurent (1699-1771), peintre, graveur académicien et éditeur d’estampes, fils du
précédent : 153, 161, 298
C assini , Jacques (1677-1756), astronome, membre de l’Académie des sciences : 110, 312
C atinat , Nicolas (1637-1712), maréchal de France : 232, 245
C habannes , Joseph-Gaspard de (1702-1767), évêque et comte d’Agen : 161
C hambon du C hatelet , Daniel H ay , abbé de (1596-1671), homme d’Église, mathématicien :
182, 183
C hamillart , Michel II (1688-1716), candidat, fils de Michel I Chamillart, grand maréchal des
logis de la Maison du roi : 41
C hampaigne , Philippe (1602-1674), peintre et dessinateur : 126, 130, 135
C hamp-du- M ont , l’abbé Jacques du, soutient une thèse en 1706 : 312
C hantelou , Jean de, préside une thèse au collège d’Harcourt : 306
C hantelou , Paul F réart de (1609-1694), ingénieur militaire, collectionneur d’art : 207
C hapelain , Jean (1595-1674), poète, critique, académicien : 14
C harlemagne (742-814), roi des Francs (768- 814), empereur d’Occident (800-814) : 279, 287
C harles VIII (1470-1498), roi de France (1483- 1498) : 181
C harles- E mmanuel II, voir : S avoie
C harmot , Nicolas (1655-1714), procureur général à Rome des nations étrangères et vicaire
apostolique en France de l’Asie orientale : 41
C harles Q uint (1500-1558), empereur du Saint Empire romain germanique (1519-1556), roi
d’Espagne (1516-1556), roi de Sicile (1516- 1554) : 199
C hartier , Jean (1610-1662), chassé de la faculté de médecine pour avoir prôné l’antimoine et
attaqué ses détracteurs : 180
C hartres , duc de, voir : O rléans , Philippe
C hasteau , Guillaume (1635-1683), graveur, éditeur d’estampes, académicien : 52, 102, 141,
313
C hastillon , Claude (1559 ?-1616 ?), architecte et ingénieur militaire, dessinateur et
topographe : 217
C hatel , Jean (1575-1595), meurtrier d’Henri IV : 20
C haulnes , Charles d ’A lbert d ’A illy , duc de (1625-1698), lieutenant général des armées
en 1655, chevalier des ordres du roi en 1661 : 141
C hauveau , François (1613-1676), peintre, dessinateur et graveur, académicien : 43 , 93, 101,
126, 133, 139, 143, 149, 161, 169, 173, 203, 205, 288, 297, 301, 303, 312
C hevreuse , Marie-Aimée de R ohan- M ontbazon , duchesse de (1600-1679) : 32
C hoisy , François-Timoléon de (1644-1724), homme d’Église, membre de l’Académie française
(1687) : 23, 29, 44, 69, 116, 254, 288, 303
C holot , François-Joachim, dessinateur en 1726 : 36, 37
CHRISTINE DE SU ède (1626-1689), reine de Suède (1632-1654) : 116, 186
C ibo , Alderano (1613-1700), cardinal (1641), secrétaire de la congrégation de l’Inquisition : 36
C lément , Nicolas (1647-1712), commis à la garde des planches et estampes de la Bibliothèque
royale (1670) : 152, 153, 227
C lémentx (1590-1676), pape (1670-1676) : 227, 229
C lermont- T onnerre de C ruzy , Antoine-Benoît de (1644-1678), évêque de Fréjus en 1676 : 21,
29, 34, 126 , 127, 260, 303, 304
C los B ossart , Henri-François du (1702-1785), colonel des dragons, chevalier de Saint-Louis,
frère Marie-Claude-Augustin, soutient une thèse en 1714 : 313
C los B ossart , Marie-Claude-Augustin du (17 ?-1773), doyen du chapitre de Vanne, fils de
Jean-François Bossart de Verrière d’une famille de robe bretonne, frère d’Henri-François du
Clos Bossart : 313
C lovis (465-511), roi des Francs (481-511) : 20, 227, 279
C ochin , Charles-Nicolas (1715-1790), graveur et dessinateur, secrétaire, historiographe de
l’Académie (1752) : 36
CO ëtlogon , Charles-Élisabeth, marquis de (1684- 1744), chevalier, seigneur de Romilly : 313
CO ëtlogon , Louis-Marcel (1648-1707), évêque de Saint-Brieuc en 1680, de Tournai en 1705 :
35, 130, 135, 148 , 149, 251, 254, 304
C oignard , Jean-Baptiste (1667 ?-1735), imprimeur du roi : 143, 203
C olbert , Jacques-Nicolas (1655-1707), abbé du Bec, fils du Grand Colbert, archevêque de
Rouen (1691), membre de l’Académie française (1678) : 20, 24, 71, 77, 78, 86, 118, 121, 122 ,
154, 161, 213, 214 , 255, 268, 280, 282, 284, 305
C olbert , Jean-Baptiste (1619-1683), contrôleur général des finances (1665-1683), secrétaire
d’État de la Maison du roi, secrétaire d’État à la Marine (1669-1683), surintendant des
Bâtiments, arts et manufactures de France (1661-1683), père de Jean-Baptiste Colbert de
Seignelay, Jacques-Nicolas Colbert et Jules-Armand Colbert : 30, 31, 41, 45, 60, 78, 92, 93, 103,
104, 106, 128, 133, 141, 143, 160, 206, 207, 217, 250, 262, 272, 295, 296
C olbert , Charles-Joachim (1667-1738), fils de Colbert de Croissy, évêque de Montpellier
(1698) : 306
C olbert de C roissy , Jean-Baptiste, marquis de Torcy (1665-1746), secrétaire d’État aux Affaires
étrangères en 1696, neveu du Grand Colbert, frère de Charles-Joachim Colbert : 20, 46, 52,
65, 69, 71, 77, 81, 86, 135, 137, 139, 140, 206, 224 , 225, 271, 274, 278, 281, 294, 304, 306
C olbert d ’O rmoy , Jules-Armand (1663-1704), fils cadet de Jean-Baptiste Colbert, surintendant
des Bâtiments de France, grand maître des cérémonies, lieutenant général des armées du
roi : 140, 312
C ondé , Louis II de B ourbon , prince de, dit le Grand Condé (1621-1686), pair de France,
premier prince de sang, Grand maître de France (1647-1654) : 29, 38, 40, 68, 92, 130, 133, 175
C ondé , Louis III de B ourbon- C ondé , duc de B ourbon et prince de (1668-1710), « Monsieur le
Duc », maréchal de camps, grand maître de France, petit-fils du Grand Condé : 35, 38, 68, 92,
175
C onti , Armand de B ourbon , prince de (1629- 1666), frère du Grand Condé, gouverneur de
Guyenne et Languedoc, protecteur de Molière : 20, 29, 38, 44, 68, 173, 174, 175, 177, 182,
192, 280, 301, 302
C orneille , Jean-Baptiste (1649-1695), peintre, graveur, académicien : 143
C orneille , Michel le Jeune (1642-1708), peintre et graveur, académicien : 231
C orneille , Pierre (1606-1684), dramaturge et poète, académicien : 60
C ortone , Pierre de (1596-1669), peintre et architecte italien : 104, 130, 184, 293, 302
C ossin , Louis (1627-1704), dessinateur, graveur : 53 , 60, 78, 80, 91, 108, 109, 122, 123 , 124,
130, 149, 154, 163, 257, 260, 261, 306
C otelle , Jean II (1642-1708), peintre, ornemaniste, graveur, académicien : 91, 238, 240, 242,
306, 307
C ourtenay , Roger, prince de (1646-1733), abbé de Saint-Pierre à Auxerre en 1659, et des
Eschalis en 1666, prieur de Choisy-en-Brie en 1669 : 19, 21, 29, 65, 68, 107, 127, 156, 157 , 158 ,
159 , 303, 304
C ourtois , Alexandre (?-1652), candidat, valet de chambre de la reine : 23, 30, 170 , 171, 301
C ourtois , Alexandre, père du précédent : 30
C ousin , Pierre (15 ?-15 ?), imprimeur, actif au moins entre 1534 et 1537 : 154
C oypel , Antoine (1661-1722), directeur de l’Académie de France à Rome (1673-1675), et de
l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1714, premier peintre du roi en 1716 : 297
C oypel , Noël (1628-1707), peintre académicien : 101, 102 , 103, 141, 297, 313
C oysevox , Antoine (1640-1720), sculpteur et dessinateur, académicien : 143, 201, 297
C rayer , Gaspard de (1584-1669), peintre flamand : 128
CR èvecoeur , Adrien de H anyvel de M anevillette (?-1668), secrétaire des commandements de
Monsieur, frère du roi, gouverneur de Pacy, écuyer des Écuries du roi : 101
C romwell , Olivier (1599-1698), homme d’État anglais : 194
C rouzeil , Séraphin (1661-1710), candidat, membre de l’observance de Saint-François,
provincial des Cordeliers : 42, 62, 63 , 110, 141, 236, 257, 284, 289, 290, 307
C üeillens , Félix (1617-1689), prédicateur d’Anne d’Autriche, soutient une thèse en 1664 : 303
C undier , Balthasar, graveur : 34
C undier , Jacques (1645-17 ?), graveur à Aix-en-Provence : 115, 245, 246, 307
D
D abes , Gabriel (1599-1656), professeur réputé, docteur en Sorbonne et professeur en
théologie : 301
D agobert (604 ?-639), roi d’Austrasie (623), roi des Francs (629-639) : 279
D angeau , Philippe de C ourcillon , marquis de (1638-1720), mémorialiste : 31, 236
D aret , Pierre (1604 ?-1678), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 115, 132, 133, 170 ,
171, 188, 190 , 192, 226, 264, 278, 297, 301, 302
D ati , Carlo Roberto (1619-1676), professeur de langues classiques : 121
D aullé , Jean (1703-1763), graveur, académicien : 298
D auphin , voir : B ourgogne , Louis de France
D auphine , voir : MARIE-ADELA ïde DE SAVOIE ; MARIE-ANNE-CHRISTINE DE BAVI ère
D el P o , Teresa (1649-1716), peintre et graveur italien : 115, 218 , 219, 281, 306
D elvaus de F rias ou D el V aus y F rias , fils de Gaspard Del Vaus y Frias, conseiller au conseil de
Guerre de Philippe V, contador général de ses armées en Flandres : 312
D enis , Étienne, fils d’un procureur général du parlement de Guyenne ; il soutient une thèse à
Bordeaux en 1695 et devint lui aussi conseiller au parlement : 35, 312
D es A uberis , Guillaume (16 ?-1668), professeur de philosophie au Collège royal (1665-1668) :
20, 303
D esgodets , Antoine (1653-1728), architecte, académicien (1694) : 143
D espérier , Jacques (?-1684), professeur et principal au collège de Lisieux dès 1648 : 23
D ieu , Antoine (1662 ?-1727), peintre, graveur, marchand de tableaux : 91, 92, 141 , 143, 163,
164 , 241 , 307, 308, 313
D omitien (51-96), empereur romain (81-96) : 289
D onneau de V izé , Jean (1638-1710), homme de lettres, journaliste, auteur dramatique,
historiographe du roi : 247
D oublet Philippe, correspondant de Christiaan Huyghens, époux de sa soeur Susanna (1660) :
119
D oujat , Jean (1609-1688), avocat, jurisconsulte, professeur de droit canon au Collège royal,
historiographe du roi : 282
D ouville , Pierre, licencié en théologie en 1486 : 181
D revet , Pierre (1663-1738), graveur, académicien : 13, 35, 308, 312, 313
D ubois B audry de L angan ou du B oisbaudry , Pierre, de noblesse bretonne, soutient une thèse
en 1669 : 149
D u B ois , François (1623-apr. 1662), imprimeur, éditeur et marchand d’estampes : 313
D ubois- H us , Gabriel (1599-1655), aumônier de Gaston d’Orléans : 173, 174, 175, 184
D ubuisson- A ubenay , François-Nicolas (v. 1590- 1652), érudit, diplomate, historien : 180
D uflos , Claude (1665-1727), graveur : 115, 143, 219, 220 , 306
D u F our , Georges (16 ?-17 ?), professeur de mathématiques au collège d’Harcourt (1680-
1692 ?) : 274
D u F resne , Charles, sieur D u C ange (1610- 1688), historien, linguiste : 205
D ulionde P oinson , Charles-Albert, dit abbé du Lion de Poinson, fils du gouverneur de la
Guadeloupe, Claude-François Dulion, seigneur de Poinson-Poinsenot : 30, 84, 248, 257, 261,
273, 307
D upuis , Claude, marchand de papier : 154
D urand de M aillane , Pierre-Toussaint (1729- 1814), canoniste, magistrat, homme politique :
24, 25, 27
D u T ertre , père, dédie une thèse au duc de Bourbon en 1686 : 35, 92
E
E delinck , Gérard (1640-1707), graveur académicien d’origine flamande, éditeur et marchand
d’estampes : 11, 14, 15, 35, 60, 69, 85, 86, 94, 96, 99, 101, 103, 106, 115, 116, 122, 128, 130,
135, 150 , 151, 152, 156, 160, 161, 163, 213, 214 , 224 , 226, 257, 258 , 279, 284, 304, 305, 306,
313
E nghien , voir : C ondé , L ouis II de B ourbon- C ondé
É pernon , Bernard de N ogaret de L a V alette , duc d’ (1592-16661), colonel général de France,
gouverneur de la Guyenne : 103
É pinay de S aint- L uc , Arthur d’ (1588-1621), évêque de Marseille de 1619 à sa mort : 169
E rnou , François (1636 ?-170 ?), imprimeur-libraire ordinaire du roi : 313
E rrard , Charles (1603 ?-1689), peintre académicien, graveur, dessinateur et architecte : 196,
264, 265
E spinay de S ainct- L uc , Louis d’ (1650-1689), aumônier du roi, abbé de Saint-Georges de
Boscherville (1677-1689) : 29, 65, 304
E stampes , Jean-Baptiste d’ (1638-1684), docteur à la Sorbonne, évêque de Perpignan et
Marseille : 313
E strades , Gabriel-Joseph d’ (mort en 1692), prieur de Saint-Magloire de Lehon
de 1673 à 1682 puis colonel : 28 , 29, 124, 257, 305
E strades , Godefroi d’ (1607-1686), maréchal de France en 1675, vice-roi de la Nouvelle-
France : 29
E strées , Jean III d’ (1666-1718), fils du maréchal Jean d’Estrées (1624-1707), neveu du cardinal
César d’Estrées, frère du maréchal Victor-Marie d’Estrées, enfant d’honneur du Dauphin,
abbé commendataire de Conches, évêque de Laon (1681-1694) puis archevêque de Cambrai
(1716- 1718) : 312
E strées , Victor-Marie, duc d’ (1660-1737), maréchal de France (1703) : 15
É tienne , père Jérôme d’ (1637-1712), minime de Marseille : 308
F
FAG ès , Jean de, conseiller et aumônier du duc d’Orléans : 313
F agon , Guy-Crescent (1638-1718), surintendant des eaux minérales du royaume et du jardin
du Roi, médecin de Louis XIV, membre de l’Académie des sciences : 33, 76, 137, 272
F alconet , André (1612-1691), médecin, conseiller et médecin du roi (1656), correspondant de
Guy Patin : 147
F alconet , Noël (1644-1734), médecin du roi, fils d’André Falconet : 147
F arjat , Benoît (1646-172.), graveur : 312
F aure , François (1612-1687), évêque d’Amiens : 303
F auvel , bachelier en Sorbonne dont la dédicace fit scandale (av. 1652) : 60, 61
F aydit , Pierre-Valentin (1644-1709), oratorien, écrivain : 234
F élibien , André (1619-1695), garde du cabinet des Antiques, membre de l’Académie des
inscriptions et belles-lettres, secrétaire de l’Académie royale d’architecture : 213, 259, 260,
277, 281, 282, 283
F er , Nicolas de (1647 ?-1720), éditeur, marchand de cartes et d’estampes : 141
F erdinandii de M édicis (1610-1670), grand-duc de Toscane (1621-1670) : 174
F erdinandiii de H absbourg (1608-1657), roi de Bohème (1627), de Hongrie (1625), empereur
du Saint-Empire (1637-1657) : 116, 133, 184, 186
F erdinandiv (1633-1654), roi de Bohême (1646- 1654) et roi de Hongrie (1647-1654), roi des
Romains (1653-1654) : 267
F evretde F ontette , Charles-Marie (1710-1772), historien, bibliophile, collectionneur
d’estampes : 12
F ichon , sculpteur à Paris en 1695 : 76
FID èle d’A rimini , Robert, étudiant, soutient une thèse en 1607 : 54 , 169
F illeau de L a C haise , Nicolas dit Jean (1631- 1688), historien : 203
F irens , Pierre (1580 ?-1638), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 169
F lamen , Albert (v. 1620-16 ?), peintre, graveur flamand actif à Paris : 91, 171, 226, 301
F léchier , Esprit (1632-1710), évêque de Lavaur (1685-1687) et Nîmes, membre de l’Académie
française (1673) : 46, 87, 206, 268
F leuriau d ’A rmenonville , Thomas-Charles (1651-1735), procureur des missions au Levant : 72
F orot , Jean-François, représentant de l’abbé de Bouillon en 1664 : 93, 149
F ortindela H oguette , Hardouin (1643-1715), évêque de Saint-Brieuc (1675-1680), Poitiers
(1680-1685), archevêque de Sens (1685-1692) : 29, 60, 77, 118 , 288, 304
F ouquet , Nicolas (1615-1680), marquis de Belle-Isle, homme d’État, procureur du parlement
de Paris, surintendant des finances : 92, 101, 132, 199
F ourcy , Jean de, peut-être le seigneur de Chessy (1623-1655), conseiller au grand conseil, fils
d’Henri de Fourcy, surintendant des Bâtiments (1625-1638) : 92
F ourilles , François de C haumejan de (v. 1646- 1669), abbé de Hautvilliers puis militaire : 304
FRAN çois , Régis (1597-1640), jésuite canonisé en 1737 : 109
FRAN çois er I DE LORRAINE (1708-1765), duc de Lorraine, puis empereur du Saint Empire
(1745- 1765) : 163, 165
FRAN çois DE SALES (1567-1622), évêque de Genève, canonisé en 1665 : 110, 112
FRAN çois- XAVIER (1507-1552), jésuite canonisé en 1622 : 109
F rassen , Claude, père (1620-1711), théologien et prédicateur franciscain : 307
F reschot , Casimir (1640 ?-1720), historien : 25
F resnoy , Hélias du, dédie une thèse à Mazarin en 1636 : 92
F urck , Sébastien (av.1600-1655), graveur allemand : 251, 302
FURETI ère , Antoine (1619-1688), poète, fabuliste, romancier, lexicographe : 59, 68, 69, 264
F yotdela M arche , Claude (1630-1721), docteur en théologie, aumônier du roi, abbé de SaintÉtienne
de Dijon, fils de Philippe Fyot : 30, 68, 180, 181, 199, 288, 302
F yot de la M arche , Philippe (?-1699), second président au parlement de Bourgogne : 180
G
G alle , Cornelis le Jeune (1615-1678), graveur flamand : 130, 135
G angnot de M aincourt , Michel, secrétaire du roi en 1710, capitaine de cavalerie en 1699 : 101
GANI ère , Jean (v. 1615-1666), graveur, éditeur d’estampes : 175
G antrel , Étienne (1646-1706), graveur, éditeur d’estampes : 21, 83, 86, 92, 106, 109, 110, 115,
137, 140 , 141, 143, 151, 152, 154, 158, 161, 209, 232, 238, 239 , 240 , 242, 244, 257, 305, 306,
307, 308
G arnier , G., peintre en 1683 : 143
G aulli , Giovanni Battista dit il B accicio (1639- 1709), peintre italien : 130
G aultier , Léonard (1561 ?-1635 ?), dessinateur et graveur : 169, 181, 183
G entilotti , Cornelius (1618-1681), jésuite, professeur de philosophie et de théologie à
l’université de Vienne : 302
G eoffroy , Claude-Joseph (1685-1752), apothicaire, chimiste, membre de l’Académie royale
des sciences (1707), échevin de Paris (1731) : 143, 145
G ermain , Michel (1645-1694), moine bénédictin réformé de Saint-Maur, historien, érudit : 48,
83
G ermain , Pierre (1645-1684), orfèvre du roi : 74
G iffart , Pierre (1643-1723), libraire, graveur du roi, éditeur et marchand d’estampes : 220,
306, 313
G illet , graveur en lettres en 1692 : 143, 308
G iry , François (1635-1688), minime, provincial de France : 304
G obert , Pierre (1662-1744), peintre académicien : 35, 137, 313
G odart , Jean (15 ?-16 ?), imprimeur : 154
G ondi , Jean-François-Paul de, voir : R etz
G onzague , Louis de (1568-1561), jésuite, béatifié en 1604 et canonisé en 1726 : 109
G oulas , Léonard (1594-1661), secrétaire des commandements de Gaston d’Orléans : 177
G oyton , Jean (1629-1714), imprimeur en taille-douce du roi : 152, 154
G randjean , Esprit dit « Monsù Spirito », peintre de la cour de Savoie en 1642-1655, valet de
chambre du duc Charles-Emmanuel : 186
G renier , Pierre, étudiant en théologie en 1744 : 161
G reuter , Johann Friedrich (1590 ?-1662), fils de Matthaüs Greuter, graveur : 190, 191
G rignon , Jacques (1640-1698), dessinateur, graveur : 107, 115, 289, 291 , 304
G ros de B oze , Claude (1680-1753), érudit, numismate : 45
G uénégaud , Emmanuel de B rienne , voir : M ontbrison
G uénégaud , Philippe-César de S émoine de (v. 1644-1668), fils d’Henry de Guénégaud de
Cazillac (1610-1676), chancelier et garde des sceaux de l’ordre du Saint-Esprit : 21, 22 , 23, 30,
116, 253 , 302, 304
G uénon , Guillaume, professeur de philosophie au collège de Presle-Beauvais : 21, 305
G uérard , Nicolas (1648 ?-1719), graveur : 216, 306
G uerchin , Giovanni-Francesco Barbieri, dit le (1591-1666), peintre italien : 130
G uez de B alzac , Jean-Louis (1597-1654), écrivain : 14
G uidi , Domenico (1625-1701), sculpteur, peintre italien : 270
G uigou , V. (?-16 ?), graveur, actif à Aix-en-Provence vers 1676 : 161
G uilhet , Charles, provincial des Minimes de Provence en 1685 : 232, 306
G uillet de S aint- G eorges , Georges (1624- 1705), historiographe de l’Académie royale de
peinture et de sculpture : 72, 104, 169, 229, 295
G uiou , auteur d’un panégyrique en 1682-1683 : 124, 283, 284
G uise- L orraine , Charles III, duc d’Elbeuf (1620- 1692), gouverneur général de Picardie et
d’Artois : 29
G uyon , Joseph de C rochans (1674-1756), évêque de Cavaillon (1709-1742), archevêque
d’Avignon (1742), doyen de la Rote : 36
H
H arcourt er , Raymond-Bérenger de L orraine- A rmagnac , abbé d’ (1647-1686), fils d’Henri I de
Lorraine-Armagnac, dit le « Cadet à la Perle » : 29, 44, 117 , 128, 137, 139, 261, 288, 303, 304
H arlayde C hampvallon , François (II) de (1625- 1695), archevêque de Rouen (1651-1671),
archevêque de Paris (1671-1695) : 23, 44, 52, 227, 236, 237, 302, 305, 306, 307
H aynin , Robert de (1613-1668), évêque de Bruges en 1662 : 143
H ecquet , Robert (1693-1775), éditeur et marchand d’estampes : 15, 161, 298, 304
H einecken , Carl Heinrich von (1706-1791), collectionneur et mécène allemand, conseiller
intime du roi de Pologne et de Saxe, directeur du Kupferstich-Kabinett à Dresde : 12, 106, 229
H enequin , Jacques, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
H enri IV (1553-1604), roi de Navarre (1572- 1610), roi de France (1589-1610) : 52, 54 , 169, 177,
181, 184, 263, 279
H érisset , Antoine (1685-1769), graveur, éditeur : 36, 37
H ermant , Godefroy (1617-1690), chanoine de Beauvais, théologien janséniste, recteur de
l’université de Paris : 51
H ersan , Marc-Antoine (1649-1724), prêtre, professeur de rhétorique au Collège royal
de 1685 à 1694 : 48
H erssant , tapissier à Paris en 1695 : 33
H ocquincourt , Armand de M onchy D’ (1638- 1679), évêque de Verdun (1668) : 29, 147, 199,
251, 254 , 288, 302, 303, 304, 305
H ocquincourt , Charles de M onchy D’ (1599- 1658), maréchal de France (1651) : 194
H ocquincourt , Gabriel de M onchy , comte d’ (1643- 1675), commandant des dragons de la
reine, fils de Charles de Monchy d’Hocquincourt : 29, 254
H ouasse , René-Antoine (1645 ?-1710), peintre, cartonnier : 219
H oury , Laurent d’ (1644-1725), imprimeur-libraire, imprimeur de l’ordre de Malte : 83, 286
H ue de M iromesnil , Jean-Baptiste (1666-1719), maréchal de camp : 30, 109, 158, 242, 259 , 261,
268, 273
H ue de M iromesnil , Jean-Thomas (1669-1732), chanoine de Notre-Dame de Paris, frère du
précédent : 21, 257, 289, 307
H uret , Grégoire (1606-1670), dessinateur, graveur, académicien : 91, 115, 133, 175, 177, 178 ,
179 , 184, 188, 199, 205, 206 , 263, 270, 281, 297, 301
H uyghens , Christiaan (1629-1695), savant hollandais : 119
H uyghens , Constantijn (1596-1687), poète et érudit hollandais, secrétaire des stathouders,
père du précédent : 119
I
I gnace de L oyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, canonisé en 1622 : 109
I nnocentxi (Benedetto Odescalchi) (1611-1689), pape (1676-1689) : 42, 101, 236, 293
I nnocent XII (Antonio Pignatelli) (1615-1700), évêque de Faenza, archevêque de Naples,
cardinal, pape (1691-1700) : 101, 293
I sabelle- C laire- E ugénie d’ A utriche (1566- 1633), infante d’Espagne, souveraine des Pays-Bas
(1598-1621), gouvernante des Pays-Bas (1621- 1633) : 231
J
J acquet , Anthoine, docteur de Montpellier en 1614 : 32
J oinville , Jean de (1224 ?-1317), chroniqueur, sénéchal de Joinville et de Champagne : 205
J ollain , François-Gérard (1660-1735 ?), graveur et marchand d’estampes : 41, 110
J ollain , Gérard I (16 ?-1683), graveur, éditeur et marchand d’estampes : 151, 302
J oseph de S aint J ean , étudiant qui soutient une thèse en 1645 : 175, 178 , 301
er
J oseph I de H absbourg (1678-1711), roi de Hongrie (1687-1711), roi des Romains (1690-
1711), empereur germanique et roi de Bohême, de Croatie, archiduc d’Autriche (1705-1711) :
293
J ourdain , Michel (?-1683), dominicain, prieur du couvent de Saint-Maximin en Provence : 77,
185 , 302
J ouvancy , Joseph de (1643-1719), jésuite, poète, historien et pédagogue : 286
J ouvenet , Jean (1644-1717), peintre académicien : 137, 312
J urieu , Pierre (1637-1713), pasteur et théologien protestant : 233, 234
K
K ilian , Bartholomaüs (1630-1696), dessinateur et graveur originaire d’Augsbourg : 293, 302
K ilian , Philipp Andreas (1714-1759), dessinateur, graveur originaire d’Augsbourg : 163, 165
K löcker , Herman Werner, soutient une thèse à Aix-la-Chapelle en juillet 1656 : 116, 186, 302
K ruger , Georges (1608-1671), professeur au collège des Jésuites de Mayence : 302
K üsel , Matthäus (1629-1681), graveur d’Augsbourg : 293
L
L aborde , Charles de, peintre à Paris en 1688 : 141
LABRETONNI ère , Antoine de (1637-1684), jésuite, professeur de rhétorique : 46, 87, 206, 268,
271
L achaise , François de (1624-1709), jésuite (1639), confesseur de Louis XIV (1675), membre de
l’Académie des inscriptions et belles-lettres : 72, 77, 132, 203, 229, 236
L advocat , Jacques (1632-1700), aumônier du roi : 29, 30, 56, 57 , 58, 61, 62, 191, 192, 302
L a H yre , Laurent (1606-1656), peintre académicien, graveur : 133, 294
L ainé , R. (?- ?), peintre à Aix-en-Provence en 1687 : 34
L allemant , Étienne (?- ?), professeur de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne en 1687 :
307
L allemant , le père (1622-1673), prieur de Sainte-Geneviève, professeur de rhétorique au
collège du cardinal Lemoine, recteur de 1653 à 1655 et chancelier de l’université en 1662 : 13
L ambert , Claude-François (1705-1765), abbé, romancier, compilateur et historien : 137
L amoignon , Chrétien-François de (1644-1709), conseiller du parlement de Paris (1666), maître
des requêtes (1671), avocat général (1674), président à mortier (1698-1707) : 30, 107 , 110,
127, 303
L amoignon , Guillaume de (1617-1677), premier président au parlement de Paris (1656) : 103,
135, 143
L andry , François (1668-1720), graveur, éditeur d’estampes : 92, 143, 313
L andry , Pierre (1630-1701), graveur, éditeur d’estampes : 115, 143, 163, 227, 236, 289, 307
L anfranco , Giovanni (1582-1647), peintre et graveur italien : 190, 191 , 302
L anglois , Jean (1649-1712), graveur, éditeur d’estampes : 92, 143, 241 , 307
er
L anglois , Nicolas I (1640-1703), libraire, graveur, marchand d’estampes et de cartes : 202
L a P ointe ou L apointe , F., graveur en lettres actif en 1664-1670 : 143
L a P orte , Armand-Charles (1632-1713), duc de La Meilleraye, de Mayenne et de Rethelois-
Mazarin, grand maître de l’artillerie de France : 101
L aporte , Louis, soutient une thèse de théologie en 1691 : 313
LA RIVI ère DE LAUDUN, étudiant qui soutient une thèse en 1690 à Castelnaudary : 19, 307
L a R ochefoucauld , François, duc de (1613- 1680), écrivain, moraliste, mémorialiste : 41
L a R ue , Charles de (1643-1725), jésuite, prédicateur et écrivain, confesseur du duc et de la
duchesse de Berry (1705) : 60, 78, 86
L asne , Jean-Étienne (1596-1645), graveur à Bordeaux : 169
L asne , Michel (1595-1667), graveur du roi : 20, 92, 115, 139, 145, 152, 169, 172 , 173, 184, 185 ,
197, 251, 294, 297, 301, 302
L assone , François-Xavier de, médecin ordinaire, fils de Joseph-Marie-François de Lassone :
297
L assonne , Joseph-Marie-François de (1717-1788 ?), premier médecin de Louis XVI, président
de la Société royale de médecine : 297
L a T our d ’A uvergne , voir : A lbret , Emmanuel-Théodose de L a T our d’ A uvergne
L a T our d’ A uvergne , Élisabeth de (1635-1680), fille de Frédéric-Maurice de La Tour
d’Auvergne, épouse de Charles III de Lorraine, duc d’Elbeuf, nièce de Turenne : 29
L a T our d ’A uvergne , Godefroy-Maurice de (1641-1721), grand chambellan de France (1658-
1715) : 29
L atourd’ A uvergne , Louis-Charles (1665-1692), prince de Turenne, fils du duc Godefroy-
Maurice de Bouillon (1640-1721) et de Marie Mancini, abbé de Cluny et grand chambellan de
France : 29, 52, 53 , 80 , 86, 108 , 144 , 216 , 306
L atréaumont , Gilles D uhamel ou du H amel de (1627-1674), gentilhomme normand auteur
d’un complot avec le chevalier de Rohan : 213
L a T rémoille , Henri-Charles de (1620-1672), prince de Tarente, duc de Thouars : 41
L aunay , François de (1612-1696), avocat au parlement de Paris (1638-1680), professeur de
droit français au Collège de France : 308
L auwers , Nicolaas (1600-1652), graveur et éditeur d’estampes flamand : 231
L a V alette , voir : É pernon
L a V ergne de T ressan , Pierre de, sieur de Saint-Germain (1618-1684), missionnaire, écrivain :
23, 24, 27
L eberthon , André (1683-1762), premier président au parlement de Bordeaux : 161
L e B lanc de N eauville , étudiant en 1687, dédie sa thèse à Madame de Maintenon : 313
L ebrun , Charles (1619-1690), premier peintre du roi : 12, 28 , 43 , 66 , 91, 92, 93, 94 , 95 , 96, 97 ,
98 , 99 , 100 , 103, 128, 131 , 134 , 135, 138 , 140 , 169, 171, 186, 187 , 192, 193 , 195 , 198 , 208 , 212 ,
214 , 215 , 224 , 242, 243 , 255 , 256 , 258 , 287 , 294, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 312, 320, 322,
325, 326, 332, 334, 337, 342
L e B run , Gabriel (1625-1660), peintre et graveur : 101, 115, 116, 122, 237, 238, 243 , 302
L eclerc , Sébastien (1637-1714), dessinateur et graveur, académicien : 143, 145, 209, 217
L ecointe (ou L e C ointre ) François (162 ?-1692), imprimeur-libraire de 1650 à 1692 : 154
L e C ointe , François, graveur en lettres en 1685 : 154, 306, 308
L e C oite (?- ?), professeur d’humanités au collège Mazarin en 1692 : 46
L e C omte , Florent (?-1712), sculpteur et historien d’art : 12, 14
L ecoq , Pascal (1567-1632), soutient une thèse de médecine à Poitiers en 1597, doyen de la
faculté de médecine de Poitiers (1616-1632) : 52
LECORDELIERDE CHEVRI ère , Paul (?- ?), professeur de philosophie à la Sorbonne en 1692 :
308
L e C ordier du T roncq , Nicolas-Alexandre (1672-1742), lieutenant général des armées du roi
en 1734 : 29, 30, 307
L e D uc , Jessé, docteur en droit civil et canon, professeur d’humanités au collège d’Harcourt
de 1682 à 1679 au moins : 46, 74
L efebvre , Claude (1632-1675), peintre, académicien et graveur : 91, 128, 130, 132, 135, 148 ,
149, 251, 257, 261, 304, 313
L efebvre , Dominique (?-apr. 1719), sculpteur : 74
LEF èvre d’O rmesson , Claude (1647-1717), grand vicaire de Beauvais, fils du suivant : 31
LEF èvred ’ORMESSON, Olivier (1616-1686), maître des requêtes, intendant d’Amiens puis de
Soissons, premier rapporteur au procès de Fouquet (1664), mémorialiste : 31, 41, 42
LE FRAN çois , Jean (?-1701), proviseur du collège d’Harcourt (1682-1701) : 46
L éger , Étienne, professeur de philosophie au collège de Navarre de 1661 à 1667 : 21, 303, 304
L e G oux , Pierre, marchand papetier parisien en 1678 : 154
L egros , Pierre le Jeune (1666-1719), sculpteur : 270
L e H ongre , Étienne (1628-1690), sculpteur académicien : 267
L e H oux , Jean (?-1659), abbé, principal du collège des Grassins, auteur de nombreux sonnets
et épigrammes adressés à Louis XIV, recteur de l’université de Paris en 1659 : 74
L e J ay de S aint- F argeau , Guillaume-Henri (v. 1646-1693), aumônier du duc d’Orléans, évêque
de Cahors en 1680 : 61, 231, 313
L e L ong , Jacques (1665-1721), oratorien, bibliophile, historien : 12, 203
L e M aire , Guillaume (?- ?), bachelier en théologie en 1662 : 149
LE MAISTRE DE FERRI ères , Gilles (1648-1716), fils de Jean Le Maistre de Ferrières, conseiller au
parlement de Paris : 30, 65, 139, 155 , 203, 204 , 205, 209, 267, 272, 279, 281, 304
L e M eneust , Charles-Marie (1648-1721), président à mortier : 238
L emercier , Jacques (1585 ?-1654), architecte du roi (1615), urbaniste, dessinateur de jardins :
21
L e M oyne , Antoine, soutient une tentative en 1683 : 143
L emoyne , François (1688-1737), peintre, académicien (1718), premier peintre du roi (1738) :
14, 153, 297
L enfant , Jean (1615 ?-1674), peintre, graveur, éditeur et marchand d’estampes : 115, 161, 162 ,
209, 210 , 263, 305
er
L éopoldi de H absbourg (1640-1705), archiduc d’Autriche, roi de Hongrie (1655) et de
Bohême (1656), empereur germanique (1658) : 161, 293
L epautre , Jacques (apr. 1653-1684), graveur : 312
L epautre , Jean (1618-1682), dessinateur et graveur : 91, 115, 130, 141, 155, 203, 204 , 205, 304,
306
L epautre , Pierre (1660-1744), sculpteur et graveur académicien : 74, 75 , 143, 201, 241, 245,
307, 308
L epeletier , Michel (1961- 1706), évêque d’Angers (1692-1706) : 143
L e P elletier , Claude (1631-1711), conseiller au parlement de Paris (1652), prévôt des
marchands de Paris (1668-1676), contrôleur général des finances (1683-1689) : 45, 279
L épicié , François-Bernard (1698-1755), graveur et historien de l’art, secrétaire historiographe
de l’Académie de Paris (1740) : 92
L esseville , Nicolas de (1614-1665), conseiller et aumônier ordinaire du roi, évêque de
Coutances en 1658 : 124, 149
L’E stoile , Pierre de (1546-1611), audiencier à la chancellerie de Paris, chroniqueur : 169
L esueur , Eustache (1616-1655), peintre, académicien : 297
L e T avernier , Jean-Baptiste, étudiant à Rennes en 1696 : 20, 308
L e T ellier , Camille, voir : L ouvois
L e T ellier , Charles-Maurice (1642-1710), archevêque de Reims (1671) : 23, 34, 40, 44, 61, 101,
133, 134 , 143, 161, 194, 199, 209, 267, 268, 271, 273, 274, 280, 303
L e T ellier , François-Michel, marquis de Louvois (1641-1691), fils de Michel Le Tellier, secrétaire
d’État à la guerre (1662-1691), surintendant des Bâtiments, arts et manufactures de France
(1683- 1691) : 30, 35, 45, 46, 60, 65, 78, 81, 83, 92, 93, 103, 104, 106, 110, 113, 137, 151, 153,
154, 199, 221, 222, 225, 257, 272, 274, 282, 294, 296
L e T ellier , Louis-Nicolas, marquis de Souvré (1667-1725), fils de Louvois, maître de la Garde-
Robe du roi et capitaine de cavalerie : 20, 82 , 152, 306
L e T ellier , Michel (1603-1685), homme d’État, secrétaire d’État à la guerre (1643-1677),
chancelier de France (1677-1685), ministre d’État (1643) : 121, 143
L e T ellier , Michel-François, marquis de Courtanvaux (1663-1721), fils aîné de Louvois,
secrétaire d’État, capitaine-colonel des Cent-Suisses de la garde du roi : 20, 44, 45, 61, 65,
116, 142 , 143, 257, 275, 306
L etonnelier de B reteuil , Louis-Nicolas (1648- 1728), conseiller du roi et introducteur des
ambassadeurs (1699-1715), responsable des relations officielles entre Louis XIV, la haute
noblesse et les représentants des puissances étrangères (1699- 1715) : 39
L even de T emplery , Joseph (16 ?-1706), écrivain, académicien : 71
L evesque , Antoine, docteur en théologie de la maison et collège de Sorbonne en 1646 : 33
L evesque , Laurent, graveur et peintre (?) actif entre 1653 et 1697 : 91, 115, 307
L evesque de G ravelle , Michel-Philippe (1699- 1752), conseiller au parlement de Paris,
collectionneur d’estampes, auteur dramatique, graveur amateur : 15
L e V ignon , François (?-1676), doyen de la faculté de médecine en 1654 : 180
L heureux , Georges, sculpteur reçu dans l’Académie de Saint-Luc en 1679 : 76
L huilier , Jean (16 ?-16 ?), graveur en lettres en 1659 : 143
L iébaux , Jean-Baptiste (16 ?-17 ?), graveur en lettres actif de 1684 à 1694 : 141, 307
L ienard , Nicolas, médecin ordinaire du roi, doyen de la faculté (1680-1682) : 306
L ionne , Hugues de (1611-1671), ministre d’État depuis 1658 et secrétaire d’État aux Affaires
étrangères : 199, 312
L ionne , Jules-Paul de (1644 ou 1647-1721), abbé, fils du ministre Hugues de Lionne, aumônier
du roi, et prieur de Saint-Martin des Champs : 20, 23, 30, 40, 60, 71, 93, 103, 116, 121, 149,
156, 199, 200 , 201, 288, 303, 304, 305
L ionne , Louis-Hugues de (1646-1708), fils aîné d’Hugues de Lionne : 199
L oir , Alexis (1640-1713), graveur et orfèvre, académicien : 152
L oménie de B rienne , Charles-François de (1637- 1720), évêque de Coutances (1668) : 303
L oménie de B rienne , Henri-Auguste de (1594- 1666), seigneur de La Ville-aux-Clercs, secrétaire
d’État aux Affaires étrangères (1638-1663) : 186
L oménie de B rienne , Louis-Henri de (1635- 1698), secrétaire d’État aux Affaires étrangères
avec Henri-Auguste de Loménie de Brienne jusque 1663, voyageur et collectionneur de
tableaux : 302
L ongueville , Charles-Paris d’O rléans , duc de (1649-1672), prince souverain de Neufchâtel et
de Valangin : 29, 303
L ongueville , Henri II, duc d’O rléans (1595- 1663), pair de France : 29
L oret , Jean (1600-1665), écrivain, poète : 11, 36, 39, 77, 288
L orraine , Charles de (1561-1587), comte de Vaudémont, évêque de Toul et de Verdun : 51
L orraine , Louis de (1662-1693), fils de Charles III de Guise-Lorraine (1620-1692), duc
d’Elbeuf : 29, 141, 158, 256 , 257, 274, 306
L orraine , Raymond-Bérenger de (1647-1686), abbé d’Harcourt, fils d’Henri de Lorraine-
Harcourt : 29, 117 , 118, 129 , 303, 304
L orraine- A rmagnac , François-Armand (1665- 1728), évêque de Bayeux en 1719 : 29, 31, 44,
48, 113, 306
L ouis de F rance , dit « Monseigneur » ou « le Grand Dauphin » (1661-1711), Dauphin de France
(1661-1711) : 41, 56, 65, 69, 71, 72, 77, 87, 92, 99, 100 , 109, 110, 125, 126, 130, 133, 137, 140,
161, 169, 199, 200 , 201, 202, 203, 205, 219, 232, 242, 295, 288, 312
L ouis d ’O rléans , voir : O rléans , Louis d’
L ouis IX (1214-1270), roi de France : 20, 65, 130, 171, 173, 174, 203, 205, 206 , 209, 279, 280,
281, 294, 301
L ouis XIII (1601-1643), roi de France (1610- 1643) : 20, 39, 52, 55 , 99, 132, 169, 171, 173, 177,
180, 181, 186, 188, 189 , 194, 205, 206 , 263, 264, 271, 272, 273, 279, 280, 281, 294, 301
L ouisxv (1638-1715), roi de France (1715-1774) : 36, 68, 153, 161, 297, 298
L ouis XVI (1754-1793), roi de France (1715- 1774) : 297, 298
L ouvois , voir : L e T ellier , François-Michel
L ouvois , Camille L e T ellier de (1675-1718), homme d’Église, garde de la Bibliothèque du roi :
21, 30, 35, 45, 46, 48, 56, 60, 65, 78, 81, 83, 92, 101, 103, 104, 105 , 106, 110, 113, 136 , 137,
151, 152, 153, 154, 199, 221, 222, 225, 257, 272, 274, 277, 281, 282, 294, 296, 306, 308
L uther , Martin (1483-1546), théologien réformateur allemand, poète, auteur : 227, 278
L uxembourg , Pierre de (1369-1387), cardinal, bienheureux en 1527 : 141
L uynes , Charles-Philippe d ’A lbert , duc de (1695- 1758), mémorialiste : 153
M
M abillon , Jean (1632-1707), historien et érudit bénédictin, paléographe : 48, 83
M acé , François (1640 ?-1721), secrétaire du Conseil de la reine, curé de Sainte-Opportune
(1685) : 81, 222, 225
M adon , Philibert (?- ?), minime en la province de Marseille, dédie une thèse à Louis XIV
en 1685 : 64 , 232, 233 , 306
M agliabechi , Antonio (1633-1714), bibliothécaire : 48, 83
M aillé , Jean-Armand, marquis de Brézé (1619- 1646), militaire et marin : 177
M aine , Louis-Auguste de B ourbon , duc du (1670- 1736), fils légitimé de Louis XIV et de
Madame de Montespan, prince souverain de Dombes (1681), gouverneur du Languedoc
(1682) : 312
M aintenon , Françoise d ’A ubigné , marquise de (1635-1719), gouvernantes des bâtards royaux,
épouse secrète de Louis XIV (1683) : 296, 297, 313
M airet , Robert (?- ?), maître tapissier à Paris en 1640 : 33
M albouré , Antoine (apr. 1679-1761), graveur, marchand d’estampes : 106
M alézieu , Nicolas (1674-1748), abbé commendataire de l’abbaye de Moreilles, diocèse de La
Rochelle, évêque de Lavaur de 1713 à 1748, fils de Nicolas de Malézieu (1650-1729),
précepteur du duc du Maine et professeur de mathématiques du duc de Bourgogne,
membre de l’Académie des sciences : 312
M ancini , Marie (1639-1715), nièce de Mazarin, épouse de Lorenzo Colonna : 29
M annevillette , Adrien de H anyvel de , marquis de Crèvecoeur (?-1684), receveur général du
Clergé, secrétaire des commandements de Monsieur, gouverneur de Pacy, écuyer des Écuries
du roi : 101, 141
M annevillette , Adrien-Alexandre de H anyvel , marquis de Crèvecoeur, comte de (?-1701), fils
d’Adrien de Crèvecoeur, secrétaire des commandements de Monsieur, président à mortier au
parlement de Paris, conseiller au Grand Conseil, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel du
roi (1686) : 101, 102 , 313
M aratti , Carlo (1625-1713), peintre, graveur italien : 101, 124, 130, 293
M arguerite de V alois (1553-1615), reine de Navarre (1572), reine de France (1589), épouse
d’Henri IV jusqu’en 1599 : 39, 181
MARIE-ADELA ïde DE SAVOIE (1685-1712), Dauphine de France (1711-1712), épouse du duc de
Bourgogne : 245
MARIE-ANNE-CHRISTINE DE BAVI ère (1660-1690), Dauphine de France (1680-1690), épouse
du Dauphin Louis de France : 56, 69, 130, 232
M arie- A ntoinette (1755-1793), reine de France (1774-1793) : 297
M arie de M édicis (1573-1642), reine de France (1600-1610) : 181
MARIE LESZCZY ńska (1703-1768), reine de France (1725) : 48, 297
MARIE-THÉR èsed ’AUTRICHE (1638-1683), reine de France (1660) : 196, 313
M ariette , Jean (1660-1742), libraire, graveur, marchand d’estampes et de cartes : 135
M ariette er , Pierre I (1603-1657), marchand d’estampes : 133
M ariette , Pierre-Jean (1694-1774), imprimeur-libraire, graveur et collectionneur : 96, 101, 128,
130, 135, 171, 194
M arolles , Michel de, abbé (1600-1681), prêtre, collectionneur d’estampes, traducteur : 181
M artindes B atailles , Jean-Baptiste (1659-1735), peintre, dessinateur, directeur de la
manufacture des Gobelins (1690) : 91, 219, 220 , 257, 306
M artinet , Louis (mort avant 1694), maître des cérémonies, poète : 192, 197, 199, 251, 252
M artinitz , Georg Adam von (1645-1714), diplomate au service des Habsbourg d’Autriche :
270
M assol , Jean de M ontmoyen (1666-1729), avocat général en la chambre des comptes de Paris,
premier président du bureau des finances : 110, 306
M asson , Antoine (1636-1700), peintre et graveur : 28 , 60, 115, 122, 124, 125, 130, 132, 151,
156, 252, 257, 261, 267, 289, 303, 305, 312
M asson , Madeleine (1647-1713), graveur : 122, 305
M aupas du T our , Henri de (1604-1680), évêque du Puy (1641-1643) et d’Évreux (1661) : 101,
110, 112, 122, 141
M azarin , Jules (1602-1661), cardinal et homme d’État naturalisé français en 1639 : 21, 29, 39,
46, 92, 96, 101, 103, 107, 116, 135, 139, 143, 145, 163, 173, 174, 177, 180, 181, 182, 183, 186,
188, 192, 194, 195 , 196 , 197, 199, 202, 237, 267, 288, 289, 293, 302, 312
M ecenati , Eugenio (?-1747), carme italien qui soutient en 1726 sa Sorbonique et sa Mineure ,
aventurier connu aussi sous le nom de comte Ughi : 36, 37
M élanchthon , Philippe (1497-1560), surnom de Philipp Schwartzerd, théologien et
réformateur allemand : 227, 278
M ellan , Claude (1598-1688), peintre et graveur : 14, 15, 152, 160, 297
M énestrier , Claude-François (1631-1705), jésuite, érudit, héraldiste : 46, 60, 78, 86, 109, 200,
201, 217, 233, 268, 289
M esme , Henri de, seigneur de Roissy (1585-1650), président à mortier au parlement de Paris
(1627- 1650) : 288, 294
M eurisse , Martin (1584-1644), franciscain, professeur de théologie au grand couvent des
Cordeliers de Paris, évêque de Madaure, suffragant de Metz : 183
M eytens , Martin van (1695-1770), peintre et dessinateur suédois : 163, 165
M ichault , René (16 ?-16 ?), graveur en lettres en 1679-1691 : 143, 144 , 306
M ignard , Nicolas (1602-1668), peintre, académicien, frère de Pierre Mignard : 91, 107 , 115,
116, 118, 121, 126 , 127, 128, 129 , 156, 157 , 158 , 159 , 252, 253 , 254 , 260, 261, 277, 286, 287,
289, 291 , 302, 303, 304
M ignard , Pierre (1612-1695), peintre, académicien, premier peintre du roi (1690), directeur de
la manufacture des Gobelins et de l’Académie (1690) : 11, 14, 15, 56, 65, 77, 81, 82 , 83, 91, 93,
94 , 101, 103, 104, 105 , 106, 110, 116, 124, 127, 128, 132, 133, 135, 136 , 137, 143, 145, 151,
152, 153, 160, 161, 209, 219, 221 , 222, 225, 253, 257, 260, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 279,
280, 281, 282, 287, 288, 293, 294, 296, 297, 303, 305, 306, 308, 313, 313
M iret , Anne (?- ?), épouse de François-Gérard Jollain, prend sa suite comme éditeur
d’estampes de 1735 à 1747 : 41
MODESTE DE SAINT FRAN çois , étudiant qui soutient une thèse en 1645 : 175, 178, 301
M oncornet , Balthazar (159 ?-1668), graveur et marchand d’estampes : 188
M ongin , Edme (1668-1746), évêque de Bazas, membre de l’Académie française (1707) : 250
M onnerot , Pierre (?- ?), probablement fils du célèbre financier Pierre Monnerot, trésorier des
parties casuelles : 139
M ontalde M ontsaulnin , François du (?-1691), abbé puis capitaine de cavalerie : 21, 48, 60, 68,
76, 78, 79 , 130, 305
M ontbrison , Emmanuel de G uénégaud de (?-1706), fils aîné de Henry de Guénégaud,
capitaine lieutenant des gendarmes de Bourgogne, maréchal de camp par brevet en 1704 :
23, 40, 253 , 302
M ontespan , Françoise-Athénaïs de R ochechouart de M ortemart , marquise de (1641- 1707),
favorite de Louis XIV, surintendante de la Maison de la reine : 30, 313
M ontgaillard , Charles P ercin de , marquis de (1634-1675), lieutenant des mousquetaires du
roi : 194, 195 , 263
M ontgaillard , Pierre-Jean-François P ercin de (1633-1713), évêque de Saint-Pons en 1664 :
194, 195 , 263, 302
M ontignac , Jean-Baptiste (?- ?), dédie en 1774 une thèse à Louis XV : 297
M ontigny , François de (?- ?), président à mortier au parlement de Rennes en 1685 : 238
M ontorselli , Dionisio (1653-1709/1712), peintre : 313, 312
M ontpensier , Anne-Marie-Louise-Henriette d ’O rléans (1627-1693), duchesse de (1627), d’Eu
(1660-1681), princesse de Joinville (1688), dite la Grande Mademoiselle : 192, 197, 251
M onville , Simon-Philippe MAZI ère DE (17 ?-1777 ?), chanoine de la cathédrale de Bordeaux :
106
M orain , N[icolas ?] (?-1724), professeur de rhétorique à Paris en 1692, auteur d’un traité : 46,
47
M orel , Claude Nicolas (apr. 1660- ?), mousquetaire, puis conseiller au Grand Conseil : 106
M oret , Antoine de B ourbon- B ueil , comte de (1607-1632), fils illégitime d’Henri IV et de
Jacqueline de Bueil, légitimé en 1608 : 20, 181
M oricet , Michel (?-1727), secrétaire de l’abbé d’Harcourt : 149
M ortemart , Louis II de R ochechouart , duc de (1681-1746), lieutenant général des armées du
roi : 15
M osin e , Michel (v.1630-.), graveur parisien actif dans la seconde moitié du xvii s. : 143
M osnier ou M unier , Pierre (1641-1703), peintre académicien : 91, 161, 306
M oullin , Angel Bonaventure (?- ?), soutient une thèse en 1674 : 183
N
N anteuil , Robert (1623-1678), dessinateur et graveur : 11, 22 , 31, 33, 35, 60, 61, 66 , 67 , 77, 78,
91, 93, 103, 107, 115, 116, 117 , 118, 119, 120 , 121, 122 , 124, 125, 127, 128, 130, 132, 135, 137,
140, 142 , 143, 149, 150 , 151, 152, 153, 156, 201, 207, 252, 253, 254, 255 , 257, 260, 261, 268,
277, 286, 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 308, 313, 312
N atta , Giacomo (?- ?), marquis d’Elfiano, fils de Giacomo Natta, colonel du régiment royal de
Monferrat au service de la France, soutient une thèse en 1687 : 69, 70 , 116, 232, 307
N audé , Gabriel (1600-1653), bibliophile et écrivain : 173, 181, 182
N au , François (?- ?), parent de François Nau, maire de Tours (1655-1656), trésorier général de
France à Tours et conseiller au parlement de Paris : 109
N epveu , père François (1639-1708), jésuite, écrivain, recteur du collège de Rennes : 60
N ivelon , Claude (1648 ?-172 ?), disciple de Charles Le Brun et dessinateur ordinaire du roi :
106, 188, 199, 201, 202, 209, 213, 229, 262, 267, 274, 275, 277, 278
N oailles , Louis-Antoine (1651-1729), archevêque de Paris en 1695 et cardinal en 1700 : 23,
29, 32, 78, 91, 113, 137, 143, 227, 228 , 231, 236, 277, 278, 284, 296, 305
N ocret , Jean (1615-1672), peintre académicien, dessinateur, graveur : 313
NO ël , Louis (?-1690), professeur au collège d’Harcourt et professeur en philosophie au
Collège royal de 1663 à 1693 : 20, 302, 303, 304, 305
N ointel , Louis de B échameil de (1630-1703), financier : 139
O
O’M oloy , Roger (1590-1670), professeur de philosophie au collège de Beauvais : 44
O rléans , voir : S aint- P ol
O rléans , Gaston d’ (1608-1660), frère de Louis XIII, fils d’Henry IV et Marie Médicis : 139, 145,
174, 175
O rléans , Louis, duc d’ (1703-1752), fils du Régent, gouverneur du Dauphiné (1719-1742) : 103
O rléans , Philippe d’ (1640-1701), duc d’, frère de Louis XIV, dit Monsieur : 56, 74, 92, 101, 130,
141, 143, 173, 180, 181, 242, 313
O rléans , Philippe d’ (1674-1723), fils du précédent, Régent (1715-1723), dessinateur et
graveur amateur : 143, 297
O rléans- L ongueville , Charles-Paris, voir : S aint- P aul
O rléans , Gaston d’ (1608-1660), frère de Louis XIII, fils d’Henri IV et Marie de Médicis : 139,
145, 174, 175
O rsbeck , Johan Hugo von (1634-1711), archevêque de Trèves et prince-évêque de Spire : 161
P
P aillet , Antoine (1626-1701), peintre, académicien : 91, 92, 110, 111 , 112 , 113, 137, 141, 143,
158, 202, 227, 228 , 256 , 257, 261, 278, 281, 294, 305, 306
P ardaillantde G ondrin , Henri de (1620-1674), archevêque de Sens (1646-1674) : 38
P atin , Guy (1601-1672), médecin, épistolier : 147
P ellisson- F ontanier , Paul (1624-1693), homme de lettres, historiographe du roi,
académicien : 15, 234, 250, 283, 294
P ellot , Claude-François (1658-1732), conseiller au parlement de Paris, fils de Claude Pellot :
21, 60, 103, 161, 209, 255, 273, 305
P ercin voir : M ontgaillard
P éréfixe , Hardouin de (1606-1671), évêque de Rodez (1649-1652), archevêque de Paris,
précepteur de Louis XIV, membre de l’Académie française (1654) : 30, 106, 152, 257, 260, 271,
274, 279, 302, 303
P erou (1626-1701), concierge et huissier de l’Académie royale de peinture et de sculpture
avant 1686 à sa mort : 86
P errault , Charles (1628-1703), homme de lettres, conteur, membre de l’Académie française
(1671), contrôleur général de la surintendance des Bâtiments du roi : 20, 92, 119, 151, 153,
262
P errault , Claude (1613-1688), médecin et architecte : 209
P erroteau , Georges, fr. Georgius (?- ?), cordelier, peintre actif en 1660 : 91, 118, 121, 127, 251,
252, 254 , 288, 302
P etitpied , Nicolas (1665-1747), théologien janséniste : 177
P hilippede S aint- J acques , père, prieur puis général des Carmes déchaussés, soutient une
thèse de théologie à Rome en 1666 : 304
P hilippe d ’O rléans , Régent ; frère de Louis XIV, voir : O rléans
P hilippe II d’ E spagne (1527-1598), roi de Castille et d’Aragon (1556-1598), roi de Portugal
(1581- 1598) : 199
P hilippeiv d’ E spagne (1605-1665), roi du Portugal (1621-1640), roi d’Espagne (1621-1665) : 116,
186
P hilippev (1683-1746), roi d’Espagne (1700-1724 et 1725-1746), roi de Sicile (1700-1713), de
Naples (1700-1707), de Sardaigne (1700-1708) : 72, 295, 312
P icart , Charles-Adrien (?-1779), antiquaire, bibliophile : 72
P icart , Étienne (1623-1721), graveur, éditeur d’estampes, académicien : 106, 110, 113, 115,
137, 143, 151, 152, 158, 252, 256 , 257, 261, 296, 306
P iles , Roger de (1635-1709), peintre et graveur, académicien, écrivain d’art, diplomate : 259,
260
P indare (518 av. J.C.-v. 438 av. J.C.), poète lyrique : 272
P into , Antonio, étudiant siamois, soutient ses thèses en 1687 : 24, 35, 41, 42, 52, 71, 72, 74,
76, 307
P iola , Domenico (1628-1703), peintre et dessinateur italien : 70, 116, 232, 293, 307
P itau , Nicolas (1670-1724), graveur originaire d’Anvers, établi à Paris : 15, 103, 115, 130, 132,
135, 139, 148 , 149, 152, 155 , 203, 204 , 251 , 254, 257, 261, 304
P itton de T ournefort , Joseph (1656-1708), botaniste : 76
P laton (427 av. J.-C.-348 av. J.-C.), philosophe : 272
P oilly , François de (1622/1623-1693), graveur, académicien, éditeur d’estampes : 11, 14, 15,
65, 78, 82 , 85, 94, 96, 99, 101, 103, 106, 115, 124, 133, 134 , 135, 136 , 143, 145, 147, 151, 152,
153, 154, 156, 160, 161, 184, 192, 194, 196 , 197, 198 , 199, 201, 208, 209, 225, 252, 253, 255,
257, 260, 271, 274, 280, 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 308, 313
P oilly , Nicolas de (1627-1696), graveur et éditeur d’estampes : 43 , 101, 107 , 115, 125, 126 ,
127 , 135, 147, 149, 152, 156 , 158 , 159 , 161, 203, 251, 252, 253, 254 , 257, 260, 261, 288, 302,
303, 304, 313
P oisson , Jean (1661-1708), apothicaire et médecin ordinaire du roi, premier médecin des ducs
de Bourgogne et de Berry : 25, 30, 60, 76, 111, 123 , 137, 149, 257, 261, 306, 312
P olignac , Melchior de (1661-1741), ambassadeur en Pologne en 1693, cardinal en 1713,
académicien : 20, 24, 29, 72, 99 , 137, 138 , 156, 163, 227, 229, 230, 258 , 275, 276, 281, 306
P omarancio , Niccolo C ircignani dit le (1530/1535-1590), peintre italien : 293
P onchartrain , Jérôme P hélypeaux , comte de (1674-1747), secrétaire d’État à la Marine et à la
Maison du roi (1694-1715) : 72
P onchartrain , Louis II de P hélypeaux de (1643-1727), premier président au parlement de
Bretagne en 1677, contrôleur des finances (1689- 1699), secrétaire d’État de la Marine et
secrétaire d’État de la Maison du roi en 1699, puis chancelier de France (1699-1714) : 238
P otierde G esvres , Léon (1656-1744), archevêque de Bourges en 1694, cardinal en 1719 : 109
P oullart des P laces , Claude (1679-1709), fondateur de la congrégation du Saint-Esprit : 312
P oulletier er , Pierre (1680-1765), intendant de Lyon en 1717, conseiller d’État en 1738, 1
président du Grand Conseil de 1734 à 1749 : 30, 39, 60, 308
P oussin , Nicolas (1594-1665), premier peintre de Louis XIII en 1640 : 99, 126, 130, 133, 152,
188, 263, 297
P reti , Mattia (1613-1699), peintre italien : 133, 184
P rovost , François (1651-1695), jésuite, professeur de logique et de philosophie en 1690 à
Rennes : 84, 307
Q
Q uartier , Philibert (1644-1694), professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand (1680-
1686) : 231
Q uentin , Jean, baron de Champlost (1637-1717), barbier, perruquier du roi : 254
Q uillau , Louis-Antoine (actif de 1762 à 1773), éditeur d’estampes : 298
Q uinault , Philippe (1635-1688), poète, auteur dramatique, librettiste : 230, 231
Q uincé , Joachim comte de, baron de Montaigu (?-1659), maréchal des camps et armées du
roi : 181
Q uincé , Louis de, fils du précédent, maître de camp, général des carabiniers de France : 181
R
R abaud , François, graveur de Toulouse en 1667 : 116, 304
R acine , Jean (1639-1699), tragédien et poète : 20, 247, 280
R ancé , Armand-Jean L e B outhillier de (1629- 1700), docteur en théologie, religieux cistercien
fondateur de la Trappe : 183
R anuzzi , Angelo (1626-1689), archevêque de Damiata et de Bologne (1688), évêque de Fano
(1678), cardinal (1686), nonce du pape en Pologne (1671-1675) à Paris : 236
RAPHA ël , Raffaello Sanzio (1483-1520), peintre italien : 99, 101, 104, 130, 133, 135, 147, 297
R apin , René (1621-1687), poète théologien : 38
R egnault , étudiant en droit en 1701 : 30, 39, 308
R egnesson , Madeleine (1653-1686), épouse de Gérard Edelinck, fille du suivant : 135
R egnesson , Nicolas (1624-1670), dessinateur et graveur : 135, 194
R enard de S aint- A ndré , Simon (1613-1677), peintre, graveur, académicien : 188
R enaudot , Théophraste (1586-1652), médecin, journaliste : 11, 40, 78
R enoust ou R enoud , Adrien, imprimeur en taille-douce : 154
R etz , Jean-François Paul de G ondi (1613-1679), cardinal archevêque de Paris, homme d’État et
mémorialiste : 41, 61, 177, 302
R iantz , Claude de (1662- ?), abbé qui soutient sa thèse de philosophie en 1662 : 312
R ichelieu , Armand-Jean D uplessis de (1585- 1642), cardinal, ministre : 32, 60, 62, 86, 92, 169,
175, 177, 179 , 188, 194, 263, 264, 272, 275, 293
R icher , Jean, graveur en lettres actif de 1661 à 1684 : 139, 141, 142 , 145, 149, 303, 304, 305,
306, 312
R igaud , Hyacinthe (1659-1743), peintre, académicien : 13, 74, 75 , 137, 161, 219, 308, 313
R ipa , Cesare (1555-1622), amateur d’art italien, auteur de l’ Iconologie : 263, 272, 274, 279
R obinet , Charles de S aint- J ean (1608-1698), auteur de gazettes rimées : 40, 61, 235
R och , Thomas, soutient une thèse de médecine à Montpellier en 1501 : 51
R ohan , Armand-Gaston, prince de (1674-1749), ecclésiastique et homme politique, évêque de
Strasbourg en 1704, cardinal en 1712, grand aumônier de France : 36, 44, 153, 297
R ohan , Louis de R ohan- G uéméné , chevalier de (1635-1674), grand veneur de France,
comploteur : 213
R ohan- S oubise , Armand de (1717-1756), cardinal, prince-évêque de Strasbourg, grand
aumônier du roi, recteur de l’université de Paris : 44, 153, 297
R ollin , Charles (1661-1741), historien et professeur d’éloquence au Collège royal : 48, 83,
135, 223
R omanelli , Giovanni Francesco (1610-1662), peintre italien : 101, 135, 293
R oullet , Jean-Louis (1645-1699), graveur, académicien : 14, 15, 135, 136 , 154, 308
R ousselet , Gilles (1602-1686), graveur, académicien : 12, 31, 66 , 77, 85, 86, 92, 94, 96, 99, 100 ,
101, 115, 116, 132, 133, 135, 140, 151, 152, 153, 160, 161, 187 , 188, 192, 193 , 197, 201, 209,
212 , 215 , 255 , 257, 263, 284, 294, 302, 303, 304, 312
ROUVI ère , Henri (?-1721), apothicaire ordinaire du roi : 30, 83, 115, 161, 285, 286, 290, 306,
307
R overe , Victoria della (1622-1670), épouse de Ferdinand II de Médicis, grande-duchesse de
Toscane : 174
R oze , Toussain, abbé soutient une aulique en 1687 : 24, 71, 307
R ubens , Pierre-Paul (1577-1640), peintre flamand : 94, 96, 99, 135, 231
S
S ainct- C lément , René de, écrivain, auteur de lettres adressées à d’Hozier en 1642-1649 : 182
S aint- A ignan , François-Honorat de B eauvilliers , duc de (1607-1687), pair de France, premier
gentilhomme de la chambre, conseiller du roi, gouverneur de plusieurs provinces : 42
S aint- A lbin , Charles (1698-1764), fils illégitime du Régent, archevêque de Cambrai : 143, 163,
164
S aint- A mour , Louis de, probablement Louis G orin de S aint- A mour (1619-1687), théologien
janséniste : 173, 301
S aint- B elin , Geoffroi de, évêque de Poitiers en 1577 : 52
S aint- G eorges de V érac , Olivier (-1704), lieutenant général du roi : 92
S aint- J ean , Jean Dieu de (1655 ?-1695), peintre et graveur en mode : 124
S aintlouis , voir : Louis IX
S aint- M aurice , Thomas-François C habod , marquis de (?-1682), ambassadeur du duc de Savoie
à la cour de Versailles (1667-1673) : 31, 41
S aint- P ol , Charles-Paris d’ O rléans- L ongueville , comte de (1649-1672), gouverneur de
Picardie puis de Normandie : 19, 20, 29, 65, 86, 96, 97 , 99, 161, 202, 203, 213, 215 , 261, 273,
274, 275, 278, 280, 281, 284, 303
S aint- S imon , Louis de R ouvroy , duc de (1675- 1755), pair de France, mémorialiste : 13, 32, 41,
229
S aint- Y ves , Charles L éoffroy de (1717-1804), critique d’art et collectionneur : 15
S anguin de L ivry , Denis (1621-1702), évêque de Senlis en 1651 : 149
S aulmon , bachelier en théologie de la faculté de Paris, peut-être Louis, prieur
commendataire de Saint-Pierre-de-Gouy en 1688 : 48
S avoie , Charles-Emmanuel II, duc de (1634-1675), prince de Piémont : 143, 186
S avoie- N emours , Henri II de (1625-1659), archevêque de Reims : 177, 302
S chaffgotsch , Gotthard Franz (1629-1668), jésuite, famille noble de Bohême : 133, 184
S charner , Thomas Mathias, peintre actif en 1680- 1690 : 161
S chlöder , Johann Baptist (1730- ?), étudiant en 1753 : 163
S chor , Egidius (1627-1701), peintre autrichien : 293
S cotin , Gérard-Jean-Baptiste (1671-1716), graveur : 313
S cudéry , Madeleine de (1607-1701), femme de lettres : 121
S egrais , Jean R egnault de (1624-1701), gentilhomme ordinaire, homme de lettres : 251
S éguier , Pierre (1588-1672), garde des sceaux (1633), chancelier de France (1635) : 12, 92,
130, 139, 169, 188, 194, 203, 264
SEIGLI èrede BOISFRANC, Joachim (mort en 1695), surintendant général de sa maison puis
chancelier de Monsieur, frère du roi : 151
S eignelay , Jean-Baptiste C olbert , marquis de (1651-1707), fils du Grand Colbert, trésorier de
l’ordre du Saint-Esprit, contrôleur général des finances (1665-1683), secrétaire d’État à la
Marine et à la Maison du roi (1683-1690) : 20, 45, 59, 65, 87, 88 , 96, 98 , 206, 208 , 261, 270,
283, 304
S énault , Jean-François (1604 ou 1599-1672), prédicateur, supérieur de l’oratoire de Jésus : 282,
283
S ervien , Augustin (?-1716), abbé de Saint-Jouin-de-Marnes en Poitou : 48, 65, 67 , 118, 288,
304
S ève , étudiant qui soutient une thèse en 1656 : 55 , 288
S évigné , Marie de R abutin- C hantal (1626- 1696), épistolière : 62, 232
S evin , Pierre-Paul (v. 1650-v. 1710), peintre et dessinateur, académicien : 53 , 63 , 78, 80 , 86, 91,
108 , 109, 110, 137, 158, 216 , 217, 236, 242, 257, 268, 271, 274, 276, 289, 306, 307
S forza , Federico (1603-1676), cardinal en 1645, évêque de Rimini (1646) puis de Tivoli (1675) :
133
S imianede G ordes , Jacques, étudiant qui soutient deux thèses en 1676 et 1677 : 131 , 261, 289,
305
S imonneau , Charles (1645-1728), graveur académicien : 102 , 141, 313
S imon , Pierre (v. 1640-1710), graveur ordinaire du roi, chevalier romain (1691) : 13, 60, 64 , 91,
115, 122, 130, 131 , 132, 154, 235, 237, 255, 260, 289, 305, 306, 307
Š kréta , Karel (1610-1674), peintre tchèque : 293
S ourches , Louis-François D u B ouchet , marquis de (1645-1714), grand prévôt de France (1664-
1714), mémorialiste : 41
S ourdis , Henri de (1593-1645), évêque de Maillezais, archevêque de Bordeaux, lieutenant
général de la marine royale : 294
S oyer , Antoine, sculpteur à Paris en 1677 : 76
S panheim , Ézéchiel (1629-1710), diplomate et savant allemand, numismate, ambassadeur du
grand électeur de Brandebourg à Versailles et Paris : 280
S pierre , François (1639-1681), graveur académicien : 14, 313
S tainville de C ouvonges , Antoine (1575- apr. 1661), capitaine de la compagnie des
chevaulégers de la garde du duc de Lorraine, gouverneur de Bar-le-Duc : 133
S uarez , François (1594-1664), principal du collège de Guyenne à Bordeaux : 145, 175, 177,
184, 188, 192, 199, 270, 276, 280, 301
S ublet de N oyers , François (1589-1645), surintendant des Bâtiments du roi (1638-1645) : 92,
132, 194
S ymon , Jacques, officier de marine (?), soutient une thèse en 1686 : 59, 60, 245, 288, 307
T
T allemant , Paul (1642-1712), théologien, homme de lettres, secrétaire perpétuel de
l’Académie des médailles et des inscriptions : 39, 45, 213, 217, 219, 226, 245, 276, 280
TASNI ère , Georges (1632-1704), graveur français actif à Turin : 70 , 115, 116, 232, 307
T avernier , Nicolas (1620-1698), professeur d’éloquence au collège de Navarre, recteur de
l’université de Paris en 1662-1663, 1674-1675 et 1681- 1684, chanoine de l’église de
Beauvais : 296
T empesti , Domenico (1652-ap. 1718), graveur italien, élève de Robert Nanteuil : 119, 151, 260
T estelin , Henri (1616-1695), peintre académicien : 184
T estelin , Louis (1615-1655), peintre, secrétaire de l’Académie : 133
T hibault , Jean-Baptiste de C hampvallon (1695- 1724), conseiller au Conseil supérieur de la
Martinique : 313
T hiboust , Claude-Louis (1667-1737), imprimeur-libraire : 30, 74, 306, 312
T houars , voir : L a T rémoille
T orrez , Gregorio de, soutient une thèse en 1612 : 181
T oulouse , Louis-Alexandre de B ourbon , comte de (1678-1737), fils légitimé de Louis XIV et de
Madame de Montespan, amiral de France (1683), gouverneur de Guyenne (1689), de
Bretagne (1695), grand veneur de France (1714) : 35, 48, 137, 312
T ouraine , Charles (?-1695), professeur au collège de Navarre en 1642 : 21, 29, 303, 304
T rajan (53-117), empereur romain : 200, 201
T rehu , Nicolas, étudiant qui soutient une thèse en 1678 : 305
T ronson , Louis (1622-1700), supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice : 171, 205,
294, 301
T rouvain , Antoine (v. 1652-1708), peintre, graveur, éditeur d’estampes : 106, 115, 245, 308
T roy , François de (1645-1730), peintre académicien : 35, 312
T urenne , Henri de L a T our d’A uvergne (1611- 1675), maréchal de France (1643), maréchal
général des camps et armées du roi (1660) : 29, 41, 44
T urenne , prince de, voir : L a T our d ’A uvergne , Louis-Charles de
U
U rbainviii (Maffeo Barberini) (1568-1644), pape (1623-1644) : 175, 190, 191
V
V achet , Bénigne (1641-1720), missionnaire chrétien en Asie du Sud, au royaume de Siam et
en Cochinchine, auteur de mémoires : 42
V addre , Madeleine de, d’origine flamande, épouse du graveur Nicolas Pitau, avant 1669 : 130
V aldor , Jean (1616-1670), peintre et graveur flamand installé en France, graveur du roi Louis
XIII : 264
V alentini , Michael Bernhard (1657-1729), médecin, collectionneur, écrivain allemand : 163
V allet , Guillaume (1632-1704), graveur, académicien : 106, 110, 111 , 112 , 113, 115, 128 , 137,
141, 143, 152, 154, 260, 303, 305, 306, 307
V alois , Auguste et François, soutiennent une thèse dédiée à Monsieur en 1662 : 313
V an A udenaerde , Robert (1663-1743), peintre, graveur flamand : 101
V an der M eulen , Adam-François (1632-1690), peintre de bataille d’origine flamande,
académicien : 30, 217, 219, 296
V an der M eulen , Jean-Baptiste (?-apr. 1724), abbé, fils du précédent : 91, 115, 219, 220 , 222,
257, 306
V an H oy , Nikolas (1631-1679), peintre, dessinateur et graveur anversois, actif à Vienne : 293
V an L oo , Louis-Michel (1707-1771), peintre académicien : 298
V an S chuppen , Pieter (1627-1702), dessinateur et graveur académicien d’origine flamande :
60, 93, 94 , 103, 115, 116, 122, 128, 129 , 130, 139, 142 , 143, 149, 151, 152, 163, 194, 195 , 252,
257, 259 , 260, 287 , 288, 289, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 313
V an W esterhout , Arnold (1651-1725), peintre, dessinateur, graveur, éditeur d’estampes
flamand : 293
V autier , Louis, dédie une thèse à Henri de Maupas du Tour en 1688 : 141
VEND ôme , Louis II de B ourbon , duc de (1612- 1669), cardinal en 1667 : 177, 295
V erdier , François (1651-1730), peintre académicien : 101, 278, 312
V erneuil , Henri de B ourbon , duc de (1601- 1682), fils naturel d’Henri IV et de Catherine-
Henriette de Balzac d’Entragues, évêque de Metz, gouverneur du Languedoc : 32, 63, 181,
188, 189 , 263, 340
V eugny , C., professeur au collège du Plessis-Sorbonne, auteur de plusieurs odes et
panégyriques de 1676 à 1678 : 48
V ialart de H erse , Félix (1613-1680), évêque de Châlons (1642) : 304
V iette de V rainnes , Jean-Baptiste, étudiant qui soutient une thèse en 1677 : 312
V igneron , Nicolas, étudiant qui soutient une thèse en 1667 : 313
V ignon , Claude (1593-1670), peintre et graveur : 133, 263, 297
V illamena , Francesco (1566-1625), graveur italien : 52, 54 , 169
V irgile (70 av. J.-C.-19 apr. J.-C.), poète : 84, 234, 268
V itry , Louis de, comte de Chateauvillain, fils aîné de François-Marie de L’Hospital, duc de
Vitry, enfant d’honneur du Dauphin : 77, 312
V oet , Jacob Ferdinand (v. 1639-v.1689/1700), peintre de portraits anversois, actif en Italie
de 1679 à 1684, présent à Paris de 1686 à sa mort : 91, 128, 257, 259 , 289, 307
V orsterman , Lucas Emil (1595 ?-1675 ?), graveur flamand : 169, 188, 189 , 263
V ouet , Simon (1590-1649), premier peintre du roi : 91, 170 , 171, 301
W
W arsberg , Charles-Henri de (1691-1760), grand baillif de Sarrebourg, Merzig et Saargau,
conseiller de l’évêque de Trèves : 163
W ellwood , Jacques (1652-1727), médecin anglais : 234
W erner , Joseph (1637-1710), peintre miniaturiste suisse : 209, 211 , 272
W eyen , Herman (?-1672), graveur, éditeur et marchand d’estampes d’origine flamande : 133
W eyen , Marguerite (1640-1720), fille de l’éditeur et marchand d’estampes Herman Weyen,
épouse de François de Poilly : 133
W ussin , Johann Franz (1663-1700), graveur allemand : 161
Y
Y zoréd ’H ervault , Mathieu (1647-1716), évêque de Condom puis archevêque de Tours
en 1693 : 19, 29, 65, 261, 289, 291 , 304
Z
Z wingli , Ulrich (1484-1531), réformateur protestant suisse
Concerne un périodique
Concerne une personne