→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Nom du fichier
1686, 08 (Gallica)
Taille
58.50 Mo
Format
Nombre de pages
356
Source
Année de téléchargement
Texte
Av PALAIS, 'W."--
A PARIS,
N donnera toujours unVolume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois, & on
le vendra, Trente sols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin,
A PARIS,
C hez G.DELUYNE,au Palais, dansla
Salledes Merciers, àlaJustice.
Chez la Veuve C.BLAGEART, Court-
Neuve du Palais, AU DAUPHIN.
Et T. GIRARD, au Palais, dans la Grande
Salle, à l'Envie.
M. DC. LXXXVI.
AVEC PRIVILEGE DV ROI.
TABLE DES MATIERES
contenuës dans ce Volume.
PRelude. r
Lettre d'unenouvelle Convertie. 7
SuiteduPrelude. 18
- Louis le Grand, Ouvrage de MrMagnin
%6t*
Edit partant Création, & Reglementd'une
Compagniegenerale des Assurances,
& crosses Avantures de France
, en la Ville de Paris.34.
Balade. 45.
Lettre de Venise touchantlesgrands Divertissemens
donnez, par Mr le Dttç.;
de Hanover. II
Galanterie. 73
AVllnmre. 7$.
Thesessoûtenuës. 82
Question galante avec la Réponre.8
Réceptionfaiteà MrdeGourgues,lnpndantdelaGeoeralité
deCaè'n^9$>
Galanterie. ioj
FondationfaiteparleRoy. 100
Ceremoniefaite à Rome. 115
Messionfaite à Chastillonsur Loin. 124.
Relation des Conquestes faites cette année
par les Venitiens. 129
Ceremonie faite en la Ville de Luxembourg.
îjtj.
Morts. 185
Ouverture du Laboratoire de Mr Lemery.
106
Lettre de Surate.215
Histoire. 230
Voyage de Mrle Duc de Mortemar le
longdesCostes de Barbarie, avec le
détail letout cequ'ily afait, 261
.Bufl, élevé à l'honneur du Roy. 282
Trage lie. 285
Morts 188
Feste de SaintLoùis (('ldr,'Ù au Louvre
par Mrs de l'AcademieFrançosfe.295
Mariages. 302
Nomsde ceux qui ont trouyé le sens des
deux dernieres Enigmes. 306
iEn!gmes, 30$'
Benefices donnez, parleRoy. 311 Zele de quelques nouueaux Convertis.
315
Audience donnéeaux Deputez. des Etats
de Languedoc. 317 Explication du Plan d Bude.310
Accouchement de Madame la Dauphine,
314
Nouvelles de Bude. jzj
Fin de la Table.
Avis pour placer les Figures.
L'Air squi commence par, Vne in-
• dfference cruelle, doit regarder la 1
page43.
L'Air qui commence par, Café delicieux
, dont la douce amertume, doit,
regarder lapage 101.
Le Plan de Bude doit regarder la
page.jzo.
Tagt 106. EEmmeerry, 'Uft*. Lemery.
e%twèALî~i-U(;:T
AOUST 1686.
E Royfait tant,&c
de sigrands!-choies
pour l'interestdec l'Eglise,
que depuisplusieurs
anné,es,je ne vousaypas écrit
uneseule fois,sansvousmander
quelquechose de nouveau
sur cette matiere, toiU
jours à la gloire de.cet Augufte
de Pieux Monarque.
Il n'agit pas seulement dans
son Royaume, mais son zele
s'étend partoutelaterre,
& ce n'est qu'enfaveur de
la Religion qu'ilemploye
son credit auprèsde ces
grands Souverains, qui charmez
de tour ce qu'il a fait -
de grand, ne luy refusent
rien de ce qu'il" demande.
Je parle mesme (le-céuX-'qtÙne
font que rarement des
grâces aux Rois,& jamais
auxChrestiens
, comme 18
Grand Seigneur, qui vient
d'accorder au Roy tout ce
qu'il luya demandé pour
des-Religieux de la Terre-
Sainte. Que n'a-t-il point
fait dans le Royaume de
Siam, pour y établir la Religion
Chrestienne, & pour
y faire connoistre le vray
Dieu, puis que c'est à cette
feule consideration qu'il a
fait ladépense d'envoyer un
Ambassadeur avec une nombreuse
fuite à six mille
lieues de son Royaume. Aussi
la Religion Chrestienne
eh a non feulement reçeu
des avantages tresconsiderables,
mais elle est sur le
point d'en tirer encore de
plus grands, & il y a sujet
d'esperer qu'elle fera un jour
un entier progrés dans toutes
les Indes. Pendant que
le Roy songe à rétabliren
Orient,ils'applique à l'affermir
dans Les Etats, avec
des dépenses qui répondent
à la grandeur de ses soins,&
c'est une chose incroyable,
que la quantité de Livres
qu'il a fait imprimer à ses
dépens, & qu'on adistribuez
par son ordre à tous les nonveaux
Convertis,dans routes
les Provinces de son
Royaume. Celajoint aux
Millions qu'il a fait faire
presque dans toutes les Villes
, où les Prétendus Reformez
ont esté en grand nombre,
a pour ainsi dire, converty
une secondée fois ceux
qui j n'eitoient pas encore
bien affermis dans la croyance
des Veritez Carholiquesy
& je puis vous asseurer que
rien n 'a mieux fait paroistre
le zele du Roy,ny produit
un plus grand fruit que ces
Missions, & cette distribution
de Livres, si propresà
éclairer lorsque l'on s'en sert
de bonne foy. En effet,pourveu
qu'on veuille examiner
serieusement dequoy il s'agit,
sans cette prévention
aveugle, qui perd tous les
obstinez, il estimpossible
qu'on ne se détrompe, ôc
que les Erreurs où Calvin a
nenegagé ceux de son Party , paroissentmanifestes.
C'est par là qu'une Dame
tres-spirituelle& d'un grand
mérite
, Femme de Mr le
Procureur du Roy de Bergerac
,a reconnu l'estatdéplorable,
où l'a retenue longtemps
le malheur de sa naissance.
Voicy ce qu'elle a
écrit sur son changement, à
une Dame de ses Parentes,
Femme d'un Conseiller au
Parlement de Guyenne.
J ~MMMM<lmtn
A MADAME
DERABAT. DAns le trouble où je me
suis trouvée je unus ay
cherchée par tout
J (:f dans le repos
que je commence à goûterje
vous cherche encore. Sotrffioe'{.J
Madame, que je vous trouve, @!
que ie justifie une conduite, qui
peut-estre vous a paru criminelle.
Ne croyez pas quel'interest ou
la crainte ayentpart à monchangement.
J\iy combatu
,
j'ay resisté,
& vostre exemple, Madame,
mesortisioitsifort, que je
m'en servois comme d'un Bouclier
à tous les assauts qu'on me
livroit ; maisenfin ne vous pouvant
imiter, (;J me voyant seule
dans un party que chacun abandonnoit
,
j'ay cru que je devois
serieusement l'examiner.
J'ay demandéà Dieu de me conduire
dans une voye asseurée
,&
je me suis heureusement trouvée
dans le chemin que je cherchois
en suyant,&queje cherchois
sans le trouver. Si-tost e j'eus
commencé à ouvrir les yeux,la
Grace commença de mesme à éclairermon
esprit. Je n'eus pas
besoin d'un miracle comme Saint
Paul ; mais imitant la Conversion
de S. Augustin, je pris comme
luy l'Ecriture Sainte, &
l'ayant leuëcomme luy avecsoûmission
,
les promessesque nostre
Sauveur a faites à son Eglire
me frapperent en la lisant. Je
connus clairementsoninfaillibilité,
&sa durée; Qu'elle efloit
la Colomnede la Verité, contre
laquelle les Portes d'Enfer ne
peuvent prévaloir; Qu'elle estoit
cette Ville sur une Montagne
cj'n ne peut estre cachée ; .f¿l/elle
estoit une lumiere sur un Chandelier
, & non 1'(,; sousunBoisseau;
Qu'elle est sans tâche&
sans ride
, & que 7 C. la doit
con duirejusqu'à la consommation
des Siecles. De tou:escesVertteA£
je tiraycettejuste consequence que
l'Eglise ne peut jamais tomber
en ruine ny en desolation
,
ÇjT*
qu'il n'estoit PIS vray que de nôtre
temps Dieu eustsuscité des
hommes d'une maniéré extraordinaire
pour la redresser. Aprés
un si solidepréjugé,jedevois
tout croire, & ne plus rien consulter.
Cependant estant encore
foible dans la Foy,monesprit se
trouva embarrassé de la presence
réelle de Jesus-Christ dans l'Eucharistie
du S. Sacrifice de la
MrjJè
, & du retranchement de
la Coupe; mais pour mettre ma
conscience enrepos sur des points
de cette importance où nostre salut
est attaché, j'ay consulté les
Lutheriens qui font nos Freres,
& nos anciens Ministres comme
nos Peres. Plust à Dieu,Madame,
que vous voulupiK entrer
dans cette discution ! Vous verriez
la realitéestablieparles uns,
CJT* jugéesans crime parles autres.
Vous verriez la Messe pratiquée
avec devotion par les Lutheriens
,&sonantiquitépubliée
par nos anciensRéformateurs. Il
nerejloit pins qu'à me persuader
surlerétranchement de la Coupe».
Àdon esprit avoit cherchélongtemps
à estre vaincu sur ce dernier
Dogme comme sur les autres,
(Sf 1-',iy appris que l'Institution de
la Coupe n'a pas esté changée ;
mais feulement la maniéré de
l'usage
,
&qu'il en a estéainsi
du Baptesme. On en a retenu tcf
sence; mais la maniere de l'usage
a estéchangée. Il sefaisoit autrefois
par une Immersion delaquelle
S. Paul parle ,comme d'un
grand Mystere qui signifie que
les Chrestiens sont morts & ensevelis
avec J. C. dans le Bap.
tesme, & présentement le Baptesm
ne se fait o^ue par une simple
effusion d'eau
, où il paroist
que l'Eglise a toujours cru avoir
drOll de changer la maniere quoy
que pratiquée par les Apostres,
retenant toutefois t'essence des
Sacremens Les premiers Chrêtiens
communioient
ment sous l'une & fous l'autre
espece, &souventfous les deux;
nosRéformateurs ont estéobligez
d'imiter cette anciennepratique,
çjT4 voussçavez
,
Madame,qu'on
peut dispenser de la Coupe ceux
qui ontaversion pour le Vin. L'Eglise
peut bien faire ce que nous
avonsfait,commeelle nous
A enfantez aJ. C. ilfaut luy
laisser le droit de nourrir& de
sevrer ses Enfans, & attendre
de nostre Mere qu'elle nous redonne
ce premier lait, lors que nos
estomachs seront plus propres à le
recevoir. Je vous avoue que j'ay
estésatisfaite de tous ceséclaircissemens
,& que je ne me fuis pas
amusée à critiquersurles Images,
sur lesIntercessions des Saints,
ny sur le Merue des bonnes oeuvres.
Je fta't'oi.c de bonne foy
que les Catholiques ne reconnoissent
aucune Divinitédans les
Images
, & qu'elles neservent
qu'a exciter les Idées des Saints
qu'elles representent. Je (çavoil
aussi que l'Eglise ne commandoit
pas d'invoquer les Saints ; mais
qu'elleenseignoit qu'on devoit les
imiter, &qu'ilestoitutile de s'adresser
à eux comme à des Intercesseurs
bienplusagreablés à Dieu
que lesPecheurs sur la terre, où
nous sommes les intenesseurs les
uns des autres, pourconserver l'amour
& l'uniondansl'Eglise.
lesçavoisquenosméritéssontattachez
aux seuls merites du Sauveur
du Monde, Aprés l'examen
de toutescesvéritéz
,
jen'ay plus
balancé à rentrer dans ce grand
Occean d'où nous estions sortis.
I'ay regardé toutes ces Sectes
comme des Ruisseaux qui enfont
dérivez ,où les uns comme des
torrens retournent en se precipitant,
* les autres, comme des
eaux paisiblesy coulent tout doucernent
par des canaux secrets de
la Grâce.Dieu permetsouvent
quenoussoyonsaveeuglez
pour
nous éclairercomme ilfit à l'égard
de S.Paul. Il nouslaissemourir
pournousressusciter comme il resuscita
le Lazare.Nous devons
adorersa conduite,& je ne doute
point
,
Madame, que vous ne
ressentiez bien-tost les effets de
son amour. Maissouffrez que ie
vous dise que pour trouver laverité,
il faut se souvenir que ms - Ministres
,
qui ne veulent ny ajouter
ny diminuer à l'Ecriture
Sainte, rejettent cependant tous
les endroits qui ensont les plus
clairs &les mieuxétablis, comme
l'Extreme. Onction aux Malades
, la Confession des pechez,
l'Absolution surles penitences,,
& la necessité du Bapteme.I'espere
,
Madame
, que mon cbangement
ne changera pas les dispositions
de vostre coeur, qu'ilsera
toujours le mesme pour ma) , &
que vous me ferez l'honneur de
me croire.. Vostre, &c.
Le desir ardent que le Roy j
a eu de mettre tous ses Sujets
dans la seure & feule
voye qui peut conduire au
salut, & les peines qu'il a
bien voulu se donner pour j
rendre la France toute Catholique,
ayant estésuivies
de l'heureux succés qu'on en
devoit esperer
,
Sa Majesté
n'a épargné aucuns soins
pour faire de vrais Catholiques
de ceux qui s'estoient
rendus, sans avoir assez approfondy
les incontestables
Veritez de la Religion qu'ils
embrassoient, & chacun s' estant
attaché,& ayant pris
plaisir à feconder un zele si
saint, suivant les talens que
le Ciel luy a donnez, les uns
ont employé les raisons de
vive voix, & les autres ont
écrit. Ainsi il s'est fait quantité
de Livres
,
qui ont achevé
de convaincre les Religionnaires
les plus obstinez.
MrBellenger des Fresneaux
Avocat à Falaise, en composa
un l'année derniere,
intitulé,Moyens faciles pour
connoistre la veritalle Religion.
Il eut un succés si avantageux
, qu'il fut cause de la
Conversion des principaux
Calvinistes de la Ville, &
entre autres, d'un Lecteur
âgé de soixante & cinq ans,
& reconnu pour tres- habile
parmy ceux de son Party.
Son changement en attira
plusieurs autres qui suivirent
son exemple. Ces Conversions,
qui font deuës pour
la pluspart aux raisons solides
dont tout ce Livre est
remply, ont engagé son
Auteurà nous en donner un
autre qu'il a mis au jour, &
dont le titre est, Abregé Historique
de L'Eucharistie, ou
Preuves tirées de l'Histoire pour la verite de l'Eucharistie. Il a
choisi cette matiere comme
renfermant le point dont
les nouveaux Catholiques
~ont le plus de peine à tomber
d'accord; & il les desabuse
par là de quantité de
faux préj ugez dont ils estoient
prévenus. Tant de
soins, qu'on prend pour les
tirer tout-à-fait d'erreur, &
l'application avec laquelle
ils tâchent des'éclaircir,sont
cause qu'on en trouve parmy
eux un fort grand nombre
quis'affermissent de jour
en jour dans nostreReligion
;
de sorte qu'en estant
instruisbeaucoup plus à fond
que plusieurs personnes
qui l'ont professée dés leur
naissance, ils instruisentà
pre sent, & ceux qui ne sont
pas encore bien delabusez
de la Religion Prorestante
qu'ilsontquittée, & les Catholiquesmesmes.
Voilace
qu'a produitlezele du Roy
pour la gloiredel'Eglise,&
pour le salut de ses Sujets.
Nous en voyons tous les
jours dessuites,qui le font de
plusen plus combler de benedictions;
& l'on peut dire
que bien que toutes ses actions
soient trèséclatantes,
rien ne marque mieux sa
grandeur, que ce qu'il a fait
pourabatre l'Heresie. C'est
ce qui a donné lieu à ce Sonnet
deMrMagnin.
L'HERESIE ABATUE. LEs Travaux immortels du Héros
de la France,
De son Nomglorieux ont remply
l'Univers;
On sçait,on sçait partout les mira- clesdiners,
J>)ui fo'-it, r:f,;'" reverer. & craindre
sa puissance.
&
Conduite par l'espritdesa sagesse
immense,
Elle applanit les Mants, &faitjoindre
les Mers,
Et de mille Captifselle brise les fers
,
Du Corsaire Africain punissant l'insolence.
VêcUî
i".- L'éclat deses Vertus, le bruit deses
Exploits,
Chez tous les Potentats font (fi/oier
sesLoix
Mais sur ce vif éclat puis-je fixer
mavcu'é?
•2c*
Non,sur vouloir*nombrer tant de
faits inouïs,
Quiconnoist l'Herersie,&la voit
abatüe?
Connoistparfaitement la Grandeur
de LOVIS.
Le mesme Mr Magnin,
toujourszélé pour le Roy,
est entré dans un détail plus
oarticulier de ce qui le rend
~se plus Grand de tous les
hommes. Je croy qu'aprés
avoir leu ce petit Ouvrage,
vous demeurerez d'accord
que c'est avec beaucoup de
raison qu'ill'intitule,
LOUIS LE GRAND. LA Grandeur de LOVISn'est
pas un de ces titres,
Dont les Flateurs des Rois se rendent
les Arbitres,
Lors quepour s* élever
,
le premier de
leurssoins
Est de dire toûjours ce qu'ils pensent
le moins.
Loin d'icy ,loin d'icy cet Encens mercenaire
,
Quisurfaux Autelnebrûleque
pour plaire.
LOVISa-t-il besoin de ces vaines
couleurs,
.f¿ui rechaussent l'éclat des Heros des
Flateurs?
Non,sans qu'on prenne soin d'embellirson
Histoire,
Tout estpur &réel dans le fonds de
sagloire.
On n'a qu'à remonter jusques à son
berceau,
On ne trouvera rien que degrand,
que de beau,
Tout est d'une grandeuréclatante &
solide,
Dans cette longuecousse on ne voit
point de vuide
Grand Air, grandes Vertus grandes
Perfections,
Grands desseinsappuyez, de grandes
actions, (grandeCage[fa
Grands Reglemens, le fruit d'une
Grande religion agarder aprcmeffè„
Grand secret pour agir avec ces
grands ressorts
£>iti meuvent l'univers par de si
grandi efforts,
Grands Magasins par tout, par tout
grandes Armées ;
Les gitandes Nationsmesme ensont
alarmées,
Grand Armement naval, beaucoup de
grands Vaisseaux,
Par de grands Aqueducs forcer le
cours des eaux, ,
Sefaire reverer par tous les Grands
du Monde,
Grand en tout, dr par tout, sur la
Terre, &sur l'onde,
Avec un air affable un grandfond
de bonté)
Maintenir hautement la grande au,
torité.
Cran:u Palai;,grandsTresors, grande
magnificence,
Grand ordre à bien conduire une
grande dépense:
Grande recannaissance envers legrand
Auteur,
Zui par de grands bienfaits affermitsa
grandeur;
Dans une grande Paix animé d'un
grand zele, (telle ,
Immolerl'Horesie àsagloire immor-
Mettre par un grand coup ce grand
Monstre aux abois,
Qui par de grands efforts brava
tant de grands Rois)
D'un grand étonnement remplir toute
la Terre,
Enfrapant ce grand Corps d'un,
grand coup de Tonnerre ;
Grand & vivant Portrait de la Divinnité,
Toujours dans un tUlld calme, &
voirtoutagité,
Faire ses petits fhns des plus grandesaffaires
,
Calmer de grands abus par des ordres
siverses,
Abolir des Duels Cimplacable sureur
Au grand eotrrapi mesme en donner
de l/>i)0/rim ;
Laisserdes mon-urnens d'une juste
vangrance
Aux yeux a),irJ Peuple vain dont
l*audacei'of*. 'iCe;
Rendre de toutes parts ses Etats af
si rmis,
Grand chez, sesAlliez,grand chez siJfnncmÚ,
joindre les Mers,) changerl'ordre de
la Nature,
Mais qui les dé./iroiti ces Grandeurs
sans mifurc l
Leur lion/Ln, ¿({If éclat, tout charme>
toutsurprend,
Et state-t on LOVISquand on le
nomme GRAND
Si dans les chosesoù la
Religion est interessee
,
le
Roy qu'on voit marcher avec
tant d'ardeur sur les traces
de Saint Louis
,
fait plus
que de rem plir les devoirs
d'un veritable Chrétien, il
remplit en mesme temps
tous ceux d'un grand Roy,
& les longsConseilsausquels.
il donne les jours presque
entiers, n'ont point empesché
que le mois passé ili
n'ait esté plusieurs fois au
Campd'Acheres faire la Reveuë
des plus belles&desplus
lestes Troupes qui soient sur
la terre. Elles sont en cet
estar.) parce que Sa Majesté
se donnant la peine de les
voir souvent) les Officiers
en ont plus de soin
,
& que
chacun en son particulier a
plus d'exactitude à sçavoir ÔC
àfaire tout cequi dépend de
sonemploy. Je vousaurois
parlé plûtost de ceCamp,
sila Relation du Voyage de
,
Mr le- Chevalier de Chaumont
à Siam , qui a remply
la moitié de la première
partie de ma Lettre de Juillet,
& la secondepartie toute
entiere
, ne mavoit pas oblicré
à remettre beaucou p
de Nouvelles à ce mois. cy.
Les Troupes dont le Roya
fait la Reveuë, estoient toutes
commandées par Mr le
[Duc de Noailles) premier
Capitaine des Gardes du
Corps, qui s'attira beaucoup
de louanges par
*
la
manière dont il fouftintce
commandement. Il fit fouvent
faire l'Exercice sans
oublier aucun des mouvemens
qui se pratiquent dans,
legrand Art de la Guerre, &
l'onva jusques à dire qu'il
sembloit-en avoir inventéde
nouveaux. Il futmagnifique
en tout pendant ce temps,&
tint toujours une Table qui
faisoit connoistre la grandeur
de son employ.
Tandis qu'un si beau Camp
occu poit lessoins de Sa Majestésansqu'Ellecessast
d'en
donner aux grandes Affaires
del'Estat,Elletrouvoit encore
le temps de descendre
dans les interests des Particuliers,
& examinoit toutce
qui regarde l'Edit portant
Création & Reglemenr d'une
Compagnie Generale
pour les Affeurances & gros
sesAvantures de France en
sa Ville de Paris. Cet Edit
contient vingt-neuf Articles
, & a esté donné sur ce
gué depuis le temps quele
oy s'est appliqué à rétaolir
le Commerce Maritime,
lusieurs Marchands ont
rouvé moyen d'éviter de
grandes perwtes, moyennant
>es sommes modiques qu'ils
int payées pour faire asseuer
leurs Vaisseaux & Marchandises.
Ainsiafin que les
Negociansqui voudront se
servir du mesme moyen
pour diminuer les risques
qu'ils courent d-ans leui
Commerce ordinaire,l'entreprennent
& le continuent
avec plus de facilité & de
seureté
,
Sa Majeste a trouvé
à propos d'ordonner l'Etablissement
d'une Chambre
Générale dAsseurance. en Corps de Compagnie-;
Fonds & Signatures communes
, en tel endroit d
Paris que les Interessez [ro
veront le plus convenable i
pour y faire les Assemblées
necessaires,&traiterdes Affaires
de leur Société
, avec
permission aux Marchands,
Negocians & autres Parti(-
ruliers des Villes de Roüen,
Nantes) Saint Malo, la Rochelle,
Bordeaux, Bayonne,
Marseille & autres lieux,qui
font le mesme Commerce
des Asseurances& grosses
Avantures, de le continuer
comme ils ont fait avant
cét Edit, qui porte que la
Compagnie dont le fond
capical doit estre de trois
cens mille livres, ne fera
composée que de trente Associez,
cinq desquels feront
éleus à la pluralité des voix
pour en estre les Directeurs
pendant le temps qu'elle fixera.
Deux de ces cinq Directeurs
sortiront six mois
après la premiere Election,
& les trois autres encore six
mois apres,&ainsisuccessivement
de six mois en six
mois, & en la place de ceux
quiferont sortis, on en élira
d'autres en pareil nombre,
en sorte que dans la Direction
il y aura toujours deux
ou trois anciens Directeurs
qui ne pourront estre continuez
de fuite plus de
deux fois, & entre lesquels
feront toûjours trois Negocians.
Le Contrat de
Société qui contient quarante-
trois Articles, à esté
presenté au Roy, par les
trente Associez
, qui sont
Mrs Delagny,Directeur generaldu
Commerce, Soullet,
Desvieux, le Févre,
Rousseau, Lejariel, Mathé
de Vitry la Ville, T. de
Lisle,Ch. le Brun, Chauvin,
Tardif, Pocquelin,Hebert,
P. Chauvin, Cl. le Brun,
Pasquier, Paignon, A. Peletier
,
Mollien, Baroy
,
Cousines,
N Soullet,Gaillard,
de Lubert
,
Franchepin
Heron, de la Rivoire ,
5
Demeuves,
& Cerberet ,ausquels
Sa Majesté avoir accordé
son agrément pour y
entrer. Il est fait pour six années
consecutives
5
fauf à le
continuer entre ceux de la
Compagnie qui voudront
le faire, & afin qu'il plaise
à Dieu de benir cette entreprise
,
le dernier Article de
ce Contratporte, qu'on tirera
tous les ans de la Caisse
lasomme de six cens livres,
pour estre employée en oeuvre
de Pieté
,
selon ce que
reglerala Compagnie
,
qui
avertitle Public que ceux
qui par défaut de correspondance
ou autrement, feront
en peine d'un domicile à
Paris, pour y faire leursremises
& provisions avec
seureté pour l'acquitement
desLettres & Billets qu'ils
auront accepcezoufournis,
pourront s'ils lejugent à propos,
faire leurs acceptations,
sélections de domiciles,&
Iindications à payer dans Icj
-
Bureau de la Compagnie,
qui les acquitera
, moyennant
les Provisions & la
Commission de demy pour- cent, & elle escomptera
leurs remises
,
s'ils les font
à terme, mesme fera recevoirleur
argent dans les
Provinces, suivant les conditions
dont on conviendra
avec eux par Lettres.
Je ne songe pas, Madame,
que je vous parle une
Langue qui vous est fort peu
connuë. Je la quitte pour
vous faire part d'une ChanpsonpquerleosCuonnvoisséeureson.
t


vAIR NOUVEAU. Ne indifférence cruelle
EloignemonBerger de ces heureux
climats,
Puis que l'ingrat ne revient pas,
Jiïnc neluypuis-je estreinfidelle?
Min helas!jesens que mon coeur
Sopire encor poursonVainqueur,
Et malgré moy laY jure une amour
éternelle.
Il est agreable de pouvoir
chanter sur toutes sortes de
tons. C'est ce que fait Mr
du Perier. S'il reüssit admirablement
dans le serieux,
vous allez connoistrequ'il

BALADE
A MADAME
DES HOULIERRES. Q"* elleMusette, ou quel tendre
-
Pipeau
FIUÎ égalerles accens d-e Cl-imene ?
Bien ellefait& Balade & Rondeau,
Chants qui soudain me feroient perdre
haleine,
Ce qui me met dans une étrangepeine,
Car elle veut qu'aujourd'hui je l'étreine
D'une Balade, Air plaisant, quoy que
vieux,
Mais peu sçavanten pareille harmonie,
v Je luy répons, noble Dame aux dovv
yeux,
Point on ne doit contraindre
son Génie.
v
itt
Tel que presséd'un peniblefardeau
Le grand Jupinfitpour la Gent Humaine
Par rudescoups sortir deson cerveau
DocteDésse, & des Arts Mere &
Reine;
Pourray je bien pour l'aimableSireine
£ff> m'a charmé
,
produire de ma
Veine
Chants aussi doux que ses Chants
gracieux?
Non
,
de l'oser seroit pure manie,
Le jeuneIcareainsitombades Cieux;
Point on ne doit contraindre
son Genie.
Sur Helicon, où maintsçavant
Troupeau
SousmvertseLnaureier,s à paslenssepro- a pu lenijeproEt
vientpuiser feu di'l.Úf¡ dans cette
eau
-tited>uncbival_lît ruade soudaine
Laillird'unroc, & nommer Hippocrene
pheh,;t: départ de son docte Domaine
Trompe tte s, LUss, Pipeaux delicieux,
Ildonne a l'un ce qu'à l'autre il dénie,
Et dit à tous ce Vers sententieux,
Point on ne doit contraindre
son Genie.
Bien qu'en fav+eur de mon doux
Chalumeau,
De beaux esprits fameuse Quarantaine
Ait décidéd'un prix rare &nouveau,
Quandde LOUIS,qu'Alger,Tunis&
Gene
Virent punirentreprisetropvaine, J
l'eta publiépuissancesouveraine,
Maintien,témoin qu'il est du Jaagdes
Dieux, ra/eur, clemence ,&sagesseinfinie,
Lyre & Clairon me duisent encor
mieux
Point on ne doit contraindre
son Génie.
EN V O Y.
Voila pourtant Balade ronde &
pleine,
ReFoy-labien, Dame, quisurlaSeine
PaislJüir chant enjoüé, serieux,
Tendre, heroïque,&digne d'Uranie;
Quant est de »m;oy ,jjee publie eenn ttoouusi
lieux
Point ony ne doit contraindre;
son Genie.
La I
La galanterie &lamagnificence
de Mr le Duc de Hanover
paroissent par tout
où il est,chez les Etrangers,
ou dans sesEstats, lors qu'il
y reçoit quelqu'un,ou qu'il
y fait quelque Feste. Celle
qu'il fit à Venise le 25. de
Juin dernier, a trop fait de
bruit pour medispenser de
vousen a pprendre les particularitez.
Quoy qu'elle ait
esté des plus superbes
, vous
n'en ferez point surprise,
puisque par plusieurs Relations
de cette nature que je
vousay déja envoyées,il y
along-temps que vous sçai
vez que ce Duc, Madame
la Duchesse sa Femme,Mrs 2
les Princes se Fils, tout est ;
digne de loüanges ,& que *
dans l'Illustre Maison de i
Brunsvvick, oh ne voit que
magnificence
7,
valeur, ge- nerosité,esprit, beauté 6c
grandeur. Vous n'apprendrez
rien de cette Feste,
dont vous ayez sujet de douter
,
puisque la description
en a ellé faite par un homme
qui a veu ce grand Spectacle,
&qui en a écrit en
ces termes àuneDame de
la Cour de Hanover.
-
A Venise ces r, deJuillet 1686. PUnisque je me fuis engagé
à vous faireuneRelation
de la magnifiqueRegatte de Venise,
il est juste que je vous tienne
parole, mais n'attendez rien
de moy qui réponde à lagrandeur
d'un Spectacle
,
qui pendant six
heures a charmé tous ceux qui s'y
qont trouvez. Nostre Langue
toute abondante qu'elle est, me
paroist sterile pour en exprimer
toute la pompe , tm je sens bien
qu'il mesera impossible de remplir
ajJez vostreimaginationsurtoutes
leschosesque j'ay à vous dire.
Il est bon d'abord de vous expliquer
ce que veut dire Regatte.
C'estune espece de divertissement
qui nese peut donner qu'à Venise,
quitoute singuliere dans sasituation
, danssapolitique, @J dans
son Gouvernement, se fait des
plaisirs de mesme nature. On
peut nommer celuy-cy un Carrousel
surle seaux , où l'on propose
des Prix pour ceux ou celles
(car les Femmes qui veulent
vaincre par tout, y font receuës)
qui par une adresse legitimearrivent
avant les autres au but proposé.
Ilyavoit deux mille Ducats
à distribuerpourles Prix, &
le nombre des Pretendans & des
Pretentintes montoit à près de
sixcenssen'entrerrypoint dans
le ¡{fr.nI" desI/ra.ncjitct4ts
>
dont
plusieurs qui se glorifient dbonneurs
semblables remporte^ par
leurs Ancefires
, en conservent
aussifidellement les marques dans
leurs Familles
, que ces Peuples
qui au rapport de divers Historiens,
conservoientsoigneusement
la Genéalogie de leurs Barbes. Il
me sussit de vous dire que l'on fit
onze Regattes, ou Courses differentes
, & que pour chacune il
y avoit quatre Prix.
La premiere qui parut fut de
Copani à six rames. C'est une
espece de Bateau, dont les Rameurs
voguentcomme les Galets
riens, en tournant le dos au lieu
où ilsveulent arriver.
La secondefut de Fizolieres à
une rame.
La troisiéme de Bateaux à
deux rames.
La quatriéme de Gondoles à
une rame.
La cinquiéme de Gondoles a
deux rames.
La sixiéme de Gondoles à quatre
rames.
Laseptiéme de Fizolieres à
quatre rames.
La huitiéme de Gondoles dt
,(Qu,te efjece
, mais à àaux rames)
conduites par des B'-jjus. Ili)Y.
en avoit de six contrefaits,que
leur differentes posturesne contri
buerent pas peu au divertissement
de ce jour.
La neuvième de Capparioles
àsix rames.
La dixième de Scozeres J';
six rames.
La onzième de Bateaux conduits
par des Filles.
Vous remarquerez que le lieu
où cette Coursese fit, est un Canal
d'une largeur considerable,,
££• dont la longueur est de plus
de deux milles d'étendue, Il traverse
en serpentant cette grande
Ville dont tous les Palais sont
entourez d'eau
,
paroissent
comme autant de Forteresses. Le
Magistrat toujours vigilant, aussi
bien pourles plaisirs les divertissemens
, que pour la gloire
la conservation de la liberté
du Peuple
y
avoit ordonné que
l'on débarassastce Canal de tous
les Bastimensdecharge qui apportent
incessamment les provisions
necessaires à cette innombrablemultituded'Habitansquifait
renommer Venise, cm qui ce jour
là estoit beaucoup augmentée par
le concours de plus de trente mille
Estrangersque la curiosité avoit
attirez des Villes voisines; mais
ce qui me parut le plus surprenant,
c'est que ce Canal, bordé
d'une infinitédemagnifiques Palais,
avoit toutes ses Fenestres
tous ses Balcons, qu'on dit
quise montent àsoixante quatre
mille
,
garnisdeTapisd'or
de soye
, & remplis de Dames
tant Ventiennes qu'Etrangères,
qui par leur beauté & leurs
galans ornemens donnoient un
grand éclat à la Feste. Tous les
toits efloient d'ailleurs si chargez
de Peuple, qu'on ne voyoitpar
outque destestes.
L'heure de dix-huit avoit eé,
assignée pour commencer rl. Regatte>
rj<r dans ce tempsla grande.
Machine qui avoit vogué.
deux heures le long du Canal,
surle bord de laquelle estoient
plantées les Banderoles que l'on
devoit donner aux Vainqueurs,
se rendit devant le Palais Foscari.
Ces Banderoles estoient de
differentes couleurs, (t) toutes
d'étoffes de Soye avec desflames
d'or. Il y en avoit de rouges,
une Figure au milieu qui representoitlaRenommée.
Onvoyoit,
l'Esperancerepresentée dans les
hicuè's, le Temps dans les vertes,
(£r la figure d'un Porc dans les
jaunes. Cetteimmense somptueuse
Machine que douze Syrenes
precedoient, estoit tirée par
un pareil nombre de Chevaux
Marins, qui portoient sur leur
dos de petits Garçons vestus de
Toile d'argent
,
qui nageant
sur les eaux sans que l'on pust
découvrircequi lesfaisoit mouvoir,
ne caufoientpasmoins d'admiration
que de surprise. Elle
faisoitvoir une maniere de Conque
Marine, dans laquelle efloit
un Dauphinportantsur son dos
un Neptune armédesonTrident.
Ce Dauphin jetta une fontaine
d'eau pendant la Course
,
aujjibien
que vingt quatre Syrenes
qui ornoient le toir de la ildachine.
Sur sa prouë s'élcvoït une'
Baleine d'unel grandeur furprenante
,
qui jettoit aussi des eaux
en si grande quantité, que les
Barques que la curiosité farfoit
approcher de trop prés
,
les Chevaux
*J?Aarim qui la tiroient.
avec des Cordons de (oye) £7*
les Syrenes qui l'ejcortottnt par
honneur, en estoient toutes cou*
vertes. D ans ses concavité% ëtoient
placez lesHautboIS, les
Flutes douces, les Trompettes
,
qui tour à tour poujjoient
dans les airs leur différente har-
~monie,(t) quipar cette diversité
de Concerts, ne ravissoient pas
moins les oreilles
, que la beauté
& la nouvelle invention de cette
Machine surprenoit les yeux.
Elle estoit accompagnée desix
Peotes que M. le Duc de Hanoveravoitfaitfaire,
& qui
estoient autant de petitsTriomphes,
Leur magnificence& leur
éclat répondaient parfaitement à lagrandeur deceluy qui les avoir
commandées, car vous [ça'Vez
que ce Prince
,
dont les veuës
sont si lon,'{.ueJ,& qui a le discernementsi
penetrant, n'est pas
moins inimitable à ordonner des
Plaisirsqu'à gouvernerunEstat,
@J à commander à des Peuples.
Aussi peut-on dire de luy sans
exa,gération, ce qu'on disoit au- trefois d'un d?es prjemiers hommes
de
l'antiquité
, que dans ses
moindres actions ilparoissoit toûjours
~luy-mesme,(gjf n'estoit
pas moinsadmirable enramassant
des Coquilles au bord de la Mer,
qu'enrangeant en bataille des
Arméesnombreuses.
La premiere de ces six Peotes
representoit le Triomphe de Mars.
La Figure de ce Dieu estoitsur la
Poupe. Ilyparoissoit l'epée à U
main, & sembloit animer par
son gesse àacquérir denouveaux
avantages, pour les ajouter à
ceux que ~'Ew~(~r la Republique
de Vense, ont remportez
dans les dernieresCampagnessur
l' Ennemy commun desChrestiens,
par lesecours des armes de Bruns-
,'Vie. On voyoit dans cette Peote
une infinité de trophées, & ces
ornemensguerriersestoient entre-
\lajp% de Pertuisanes
,
d'Epées,
deBombes,& ~deCarcasses. Les
Rameurs., aussi bien que les Trompettes
qui annonçaient sa venuë,
~setoient vestus en Guerriers, d'étoses
très-riches d'or ~& d'argent
*
@f de soye, & avaient le casque
en teste.
Sur la seconde paroissoit ~um
Marais environne de ~roseauxy
dorez ~& argentez, parmy lesquels
efloit un tres grand nombres
d"Oiseauxmaritimes, qui les aîles
ouvertes sembloientestre prest
d'aller annoncer à toute la ~Terres
les prérogatives de la République.,*
Les Rameurs les Trompettes
avoient leurs habits couverts de>}
plumes incarnates & blanches.
~& leur coêfure representoit um
bec d'Oiseau de proye,
La troiseme Peote estoit Ill'
Triomphe de Diane. Cette ~Délff
paroisoit sur la Poupe tafe à la
main,~sembloitpoursuivre un
Cerfqui ornoit la Proüe. C'estoit
l'heureux pronostic de cette Campagne,
les Galeres Venitiennes
ayant accoûtumé de donner la
chasse à celles des Ottomans. La
Peote estoit ornée de sestons de
fleurs de toutescouleurs
,
o9 leur
galantevariété irnitoit si bien la
Naure, qu'on croyoitvoirun
Pariterre flotant émaillé de fleurs.
Les Trompetes les Rameurs
a-voient des habitsde N"mf)her.,
tele que l'on en donne à celles
qui accompagnent Diane aufond
des Forests.
La quatriéme representoit le
Triomphe de Venus. Elle estoit
sur la Poupe, & l'on voyoit un
Amour qui sembloit promettre de
nouvellesconquestes à toutes les
Belles qui remplissoient les Balcons
les fenestres.Il avoitun
arc en main, ~&se tenant prest a
tiree sesfléches, il menaçoit tous
les coeurs rebelles.
La cinquième faisoitvoir une
Pallas surla Poupe,d'oùparson
geste ellesembloit animer un Lion
que l'on voyait sur la Proüe, ce
qui donnoit à entendre qu'ellefavoriferoit
toujours les justes dess
eins de cette fameuse Republique,
dont le Lion represente les
Armes
,
ainsi que le coeur.
La sixiéme estoit un Grotesque
, ayant un Triton sur la Poupe,~
ssir, la Proüe un Dragon
marin. L'un & l'autre sortant
des eaux,venoit rendre hommage
à cette Ville
,
Souverainedu
Golphe Adriatique. Ses Rameurs
@:' ses Trompettes estoient couverts
d'écailles, argent vert.
Pourempescher les desordres,qui
sont presque inseparables detoutes
les grandes Festes,Mr le Ducde
Hanoveravoitordonnéaux Gentilshommes
de sa Maison, de
monter deux sur chaque Peote,
t
afin d'en regler la marche, mais
cette précaution fut inutile, puis
qu'il n'y eut aucune confusion.
Comme ce Prince est tres estimé
de la Republique, sesprincipauxe
& plus dignes Suiets concoururent
à l'envy pour accompagner
ses magnificencessans
autre desfein
que de pouvoir l'imiter en
quelque chose. Ainsi beaucoup
d'entre eux firentpréparer de magnifiques
Peotes
,
qui se succedant
les unes aux aunes, donnerent
beaucoup d'éclat à cette galante
Feste. Mr le Comte de
Melgary dont tout le monde connoist
la haute naissance & les rares
qualitez, & qui passoit du
Gouvernement deMilanal'AmbassadedeRome
, ne voulut pas
laisser échapercetteoccasion de
donnerau publicdes marques de
/.t galanterie qui est naturelle à
ceux de sa Nation. Il fit faire
deux Peotesornéesdepeintures,
& garnies de riches étoses. Adr*
J?jfcari& Fuliani en firent faire
d'admirables. Celles de tyblzs
Pierre Delphin rtJ Alexandre
Molin estoient magnifiques. Lune
representoit un Dauphin jettant
de l'eau, & ectoit conduite
par la Fortune; l'autre efloit en
forme dunDragon qui jettoit
aufjidel'eau,£<r dont la tecte
formoit la prouë,& la queuë
entortillée la Poupe. Les habits
des Rameurs & des Trompettes
de toutes les deux, estoient faits
d étoffes argent @J vert,pourimiterlescouleurs
des Montres Marins.
M s les A/(~' Comte
de Savorgnian yfirent une dépense
considerable aussi-bien que
Mrs Loredan,Valiere, Canal,
Tiepolo
,
Correggion, le Comte
Manin, Pefaro
,
Moncenigo
y
Aluïsio Delpbin, Geronimo
Dodo
, ÇjT* Antonio Zenobrio.
Enfin ils soûtinrent tous avec
grand éclat les avantages de leur
naissance,&chacun d'euxaurait
volontiers répandu tous ses trésors
pourfaire honneur à la Feste, si
le Magistratparsa prudence ordinaire
,neust mis des bornes à
cette dépense.
Fe ne dois pas oublier à vous
dire que Madame la Princesse
de Hanover qui estoit placée sur
un Balcon du PalaisFoscari
)
au bas duquel la grande Machine
se vint rendre, brilloitetvec
tant d'éclat, qu'elle attiroit tous
les yeux. Elle estloit environnée
de ses Dames & de ses Filles
d'honneur, qui auroient extremement
paru ailleurs qu'auprés
d'elle. Elle se fit toûjours connoistre
elle mesme
,
c'est à dreavec
cétespnt vif
, ce tour enjoüé1
& ces manieres aisées qui
luy one fait gagner les coeur; dans
toutcePays,où
apprehendesondjeévpoayrqt.uQe ul'ooyn
qu'elleeustàménager des Princes
Etr::tn;erf) des Dames considerables
,
de g,raniJ" Seigneurs de toutes
Nations, des Cavaliers st)
des Nobles qu'on appelle icy de
la premiere Sphere
,
elle s'en
tira avec un applaudissement general
; & sans rien oster à la
grandeur de son rang, elle contenta
son humeur bonneste dm
civile,
civile,ensorte que tout le monde
charmé de la douceur de sa conversation,
& d'une aimablefierté
que luy donnoitsanaissance
,
admiroit
une Majestési bien soûtenuë.
La Feste, qui comme je
'vous l'ay déja marqué, durafort
long-temps
,
se termina par les
Banderoles que les Vainqueurs
vinrent recevoirsur le bord de la
Machine, &parladistribution
des Prix.
-
Ceux qui sont naturellementgalans,
ne perdent jamais
les occasions d'en donner
des marques. Un homme
de qualité qui fait icy
une assez belle figure, receut
il y a quelque temps
une visite de Dames qu'il avoit
engagées à venir passer
une aprésdinée chez luy.
Elles visiterent son Apartement,
dont elles eurent sujet
d'admirer la propreté. Il
y avoit dans un Cabinet un
fort joly Coffre remply de
quantité deBijoux, & dans
un Tiroir de ce mesme Cabinet
estoient des Billets de
Loterie. Il les presenta à
quatre belles Demoiselles,
qui tirerent toutes desBillets
noirs. Les Lots estoient un
Coffre d'Angleterre garny
d'or, un Flacon avec un
Gobelet d'or, un Benitier
aussi d'or, & plusieurs Eventails,
Gans, Rubans &Bas
deSoye. Cela fut suivy d'une
Collation aussi propre
que la Loterie estoit galante
,
& le tout finit par un
Concert. Je ne puis vous dire
sila Festese faisoit en particulier
pour quelqu'une de
ces aimables Personnes;
c'est ce qui n'est point de
- ma connoissance.
Vous me direz, s'il vous
plaist,vostre sentiment sur
la Question qui est agitée
dans les Vers que vous allez
lire. Ils sont de MrVignier.
AVANTURE
DES TUILLERIES. L'Autre jourdanslesTuilleries
-
Mepromenant jeni parhazard»,
l'apperceus deux Beautez, dffifès k
l'écart,
t9t4i toutes deux avoient des graces
infinies.
L'unesur tout avoit cet air charmant
Contre qui lepllusfiersedéfend vainement.
Pour dissiper mes resveries,
Etpour goûter à plus longs traits
Le plaisirdevoir leurs attraits
lem'assissur le bancoù causoient ces
deux Belles.
le ne lepuisdissimuler,
l'avoisjugéd'abordqu'elles parlioient
entre-elles
~D' Fontange, de Mode) ou d'autres
Bagatelles,
Ou qu'elles se donnoient le foin de
contrôler
Sur les Figures différentes
Desallans,desvenus, des Amans,
des Amantes.
Mais leur discoursingenieux
Estoit surunsujet beaucoupplus gracieux.
J^ttoy que leurs sentimens n'eussent
rien devulgaire, (mien)
le pris la liberté d'y joindreaussi le
Et nous eusmes un entretien
.tuipourranevouspas dhUire*.
Aprés avoir parlesur aiverje matiere,
Enfin la Convirfation
Tombasur une f!!!,cjii:JrJ
J9utparoiffeiî àjjlz problématique.
On demandas'ilesloit un Amour Sans , soins inttn(Jlz.-,sans but sans
politique.
On n'en a point encore trouvéjusqu'A
ce jour,
Rtpliqll"J-jf à laplusaimable,
Mais comme vous avez, un merite
adorable,
Vousponrriezbien nomfaire voir
Ce queje ne puis mesmeaisémentconcevoir.
le n'en veux point douter, me réponditlàBelle
Vou< agissez, en toutfort rrdammenty
Maü je vous croym ;tri..'tt Amant,
Puis qu'uneflâme pure, innocente &
fidelle,
Pourremplirvostrecoeurn'ariend'aslLZJcharmant.
Etquoy, repris- je promtement,
Avez,-voit delafoy pour ces Gens
dontla flâme
Estsans nulle prétention;
Etpeut-on bien aimerune agreable
Femme,
Et la voir sans émotion?
Vn Amant ne se peut détacherde luymesmes
L'Amourpropresoûtient une tendresse
extrême.
Quandyu~ne, Dame a ce je ne .fl.!!,i fit qu'a luy céder on se plaist
malgrésoy,
1e nesçay quoy de mesme en ce moment
anime,
Et Lecoeur nese peutarrêter à teslime.,
Il î.forme mille desirs,
Et que desire-t-on?Milletendres plai-
- sirs.
Ah!lors qu'on a de la délicatesse,
Reprit-elleaussi.tost,sçachez, qu'un
-
noble coeur
De sespropres desirs est toujours le
vainqueur.
Quandon estimeune Maitresse, onluy connoist de lapudeur,
On ne forme aucune pensée
Dont elle puisse estre blessée.
Et bien, dis-je, il c/î vray, mais
peut-on s'offenser
Lors qu'on brûle demesme flâme,
Des tendres monvemens que l'Amour
sçait tracer
En dépitdenousdans nostreame?
Vneheureuse union n'a t ellepaspour
vous
De secrets agrémens,aussi bien que
pour nous 5
Etsiunecesujetvostre coeur estsincere,
Comme l'Amour nousplaisst, ne peutilpas
vous plaire?
Non,dit-elle ~&jepuisl'asseurer hardiment,
le n'ay jamaissenty l'ombre d'une
foiblesse
y Etsipour moy l'on prend ds Ut
tendresse
, -
Ou l'on m'aimerasagement,
Ou ma juste délicatesse
Bannirabien-tost
un Amant,
Si l'espoir desfaveurs faitson attachement,
l'apprchenday de luy déplaire,
Etje ne voulu pas plus longtemps
soûtenir
Une opinion téméraire,
Dontelle auroitpu me punir.
Desesbeauxsentimensmon amefùe
éprise,
Mais Ai: cji-j^ûi,i,f.nic, illcata-rt
ecede in~'eustétune foibleentrep-'
îje
!2.!!.{ de regl r son coeurfélon sa vo..
lo,/!ss é. cependant suivre la belle*
¡:/eL'
y JOtStlle me donne de l'amour,
Trop heureuxsimaflàmeestunjou,.
/,:coúclcc
Par lasinceritéd'un innocent retour
Sous le nom del'amitié tendre
La Dame mapermis d'e xprimer cir
bLIU fui
Mais la Belle peut, estre, helas, s'en
fait unjtu, Pendant que iont de bon mon coeur
s' ejl laisse prendre.
Le quatrième de ce mois
Mr Barentin,Fils aisné deMr
Barentin, premier President
du Grand Conseil, soûtint
fous Mrde Chantelou, ProfesseurdePhilosophie
au
College d' Harcourt, une
These universelle de tout
on Cours, avec l'applaudissement
de tous ceux qui l'enendirent.
L'Assemblée fut
ne des plus nombreuses, &
res plus illustres qu'on ait
euës depuis long-temps.
Mr le Cardinal de Bonzi,
lusieurs Archevesques 6c
vesques,& beaucoupd'Abez
d'une qualité distinguée,
s y trouvèrent ,
aussi-bien
que le R. Pcre de la Chaise,
& quantité de personnes des
différentes Cours Souverain;
nés, ayant à leur teste Mr
les Presidens au Mortier. La,
Dispute fut ouverte par MJ
l'Abbé de Revol, dont la
Famille est assez connue par
les Prélats qu'elle a donnes
à l'Eglise depuis quatre.Sies
cles par les Ministres d'E
tat, & autres grands Persont
nages, qui ont eu,& ont enr
core l'honneurde servir ~n
Rois dans l'Epée & dans 11
Robe. Cette action receu
n fort grandéclat par le
ombre des Dames de quaté
qui voulurent bien y
ssister.
maniérés touteshonnelrei
toutes obligeantes, luy or
donné pour Amis tous ceu
que le vray mérité est capa
ble de toucher. Comme c
Duc est toujours galant,o
a voulu avoir (on avis tou
chant une Question qu'j
pouvoit mieux décider qu'
un autre. Ilréponditpar ui
In omptu, avec la viva
cité d'esprit qui brille et
tout ce qu'il fait de cecc<
nature) & il l'envoya fui
l'heure à Madame le Camus'
Femme de Mr le Camusj
Conieiller d'Etat,à laquelj
le il écrivit ce Billet.
E vous dois
,
Madame, un
hommage de tous mesInpromtu.
Voussavez que les seules
Chansons & les Madrigaux
sont
mon fait, &que les grands
I@' serieux Ouvrages ne me conviennentpas
On m'engagea hier
dans une Compagnie à dire mon
avis sur le champ touchant une
conception qui partageoit d'assez
beau monde, & l'on demandoit
ce que devoit faire un honneste
homme
,
quine pouvant s'empescher
d'aimer une Dame
,
se
voyoitprefererun Rivaldun merite
beaucoup inferieur au sien,
On voulut ma décision, & on la
voulut en Vers ; & pour vous
dire la vérité, Madame, comme ilarrive presque toujours
,
les
unssembloient desirerque j'y veuf,
fijpj & d'autres n'eussentpas esté
marris de m'y voiréchouer. Voicy
de quelle maniere je m'en tiray.
Lors que par un malheur terrible
L'Objet dont l'Amant est charmé,
1
Se trouve pour luy peu sensible,,
Etque son Rival est aimé,
Dans cette avanture cruelle 4
Je croy qu'il ne feroit pas mal,,
De mepriser un peu la Belle,
Et de bien froter le Rival.
Quand les soins, les voeux Se
les larmes,
Et tout ce qui touche le coelP.,-
Ont pour nous d'inutiles armes,,
Et qu'il faut ceder au Vain-
1
; queur,
Au lieu d'une douleur mortelle
On se fait un bien sans égal,
De mepriser un peu la Belle,
Et de bien frorer le Rival.
Je vaisfaire faire un Air, pour
babiller ce Madrigal en Chanfin
; mais ce ne sont pas Chansons
quandje vous asseure
,
Madame,
que je suis toujours Vostre.
(;te.
Madame le Camus, qui a
infiniment de l' esprit,&dont
je vous ay déja envoyé de
fort agreables Inpromptu,
répondit à celuy-cy par un
autre, mais en attribuant:
l'avanture à Mr le Duc de
Saint Aignan, quoy qu'il
n'y ait point d'autre part,que
d'avoir répondu sur l'heure
à la Question. Voicy son Bil-
- let.
E votes rends tres humble
graces,Monsieur,del'honneurdenostre
souvenir
, &des
galantes cboses que vous m'avez
envoyées. Jevous reconnois bien
aux petitsVersque tous avc
faits. L'envie de battre CtU.:" q %t
le mentent,nevous quitte point,
mais je m'étonnne quun homme
comme vous puisse comprendre
qu'un Rival luy puisse estre preferé,
&que vous ayez decidélà
dessus
, ce qui ne pourroit estre
qu'une simpathie de l'Ama?jtec--
de l' Amant, qui meriteroit plûrost
vostre compassion que vostre
emportementcontre le Rival. Pour
moyje prendrais toujours ce party.
Lors que l'on sçait saMaistesse
infidelle, [gerv.
Le vray moyen de s'en vanC'est
de ne parler jamais d'elle,
j
Et de voir sans chagrin qu'elle
ait voulu changer.
Elle vous fait du bien lors qu'el- !
le vous préféré.
Un Rival qui vaut moins que i
vous; N'en ayez aucune colere,
Et sans en paroistre jaloux,
Rendez grace à la destinée
De vous avoir delivré de ce
mal,
Que vmostre errieunr soitési-toest ter,- Et d'en avoir chargé vostre
Rival.
C'estlà, Monjteur,félonmoy,
le cas qu'on doitfaire d'une Maîtresse
de cette nature, &, ne taroistre
point faché d'uneavanture
si favorable, puisquel'amant
délaisséest leplus heureux. Voilà
ce que penje là dessus la personne
du monde qui connoist lemieux
vostremerite. C'estassez vous
dire combien je fuis Vostre
&c.
-
Je croy vous avoir appris
qu'un peu après la mort de
Mr deMorangis,MrdeGourgues
fut nommé Intendant
de la Generalité de Caën.
Si-tostqu'ily fut arrivé pour
prendre possession de cette
Intendance,tous les Corps
de la Ville allerent le sal üer,
l'Academie se disposoit à
s'acquiter du mesme devoir,
mais illa prevint obligeamment,
ense rendant le
lundy24. Juin chez Mr de
MONSIEVR,
Nousprismes part a
la loye: publique, lors quen perdant
un AdagiRratJ dont la memoire
nous sera toujours chere,
nous sceusmesque nous retrouverions
en vous dequoy nous
consoleravantageusementde cette
perte.Quand le nom de Gourgues
nous auroit esté inconnu;
quand nous durions ignore qu'il a
marché tant de fois à la teste d'un
des plus dugustes Senats du
Royaume; quand nous n'aurions
pas remarqué dans l'Histoire,*
* Dominique de Gourgues, fameux dans
l'Histoire,
qu'iltireautant d'éclat de la gloire
des Armes que de la Pourpre,&
que la valeur n'est pas moins naturelle
à ceux de ce nom que l'amour
de la Justice ; qu'enfin, pour
trouver des exemples d'une rare
fidélitéauservice du Prince,&
d'un zele ardent pour la Patrie epour le bien public, vous n'avez
point besoin de sortir de votre
Maison où ces vertusfont he"
reditaires; quand dis-je,l'éloignement
nous auroit dérobé ces connoissances
,
ilsuffit
,
Monsieur,
que vous nous soyez envoyé par
LOVIS LE GRAND,
le plus prudent, comme le plus
victorieux
victorieux de tous les Rois, pour
nous persuader que nous trouveronsen
vous l'intégrité les lumieres
qui forment un parfait
Magistrat.
Si le discernement qui brille
dans le choix que ce grandMonarque
fait desesMinistres,n'est
pas une des moindres parties de
son Eloge,nouspouvons dire que
cechoixfaitaussi le plus legitime
fondement des loüanges de ceux
qu'il honore deses Emplois. Vous
avez Monsieur, dignementrépondu
à ce choix ; vous l'a'Vc::(
glorieusement soutenu dans ces
Provincesque vous laissez siasfligées
de vous perdre, & dont
les regrets asseurent nostre bonheur.
Nous sçavons avec quel
succez vos foins ont seconde les.
pieuses intentions de nostrereligieux
Monarque, & quels avantages
l'Eglise a receus de
vos travaux.
Ce grand Roy quiconnoit si
bien en
quoy consiste le veritable
honneur, vient enfin de lever le
voile
,
qui avoitjusqu'icy caché
à toute l'Europe ses intentions
J
dignes d'un Roy tres Chrestien,
& du Fils aisnéde l'Eglise. Il
sembloit quemportéseulementpar
le desir desagloire propre,iln'avoit
entrepris tant de grandes
choses que pour s'affeurer cette
gloire, cependant il ne songeoit
qu'auxmoyens d'affermir la Religion.
Unesuitesiconstante de
Victoires,l'admiration de nostre
âge & l'étonnement des Siecles
à venir,n'estoit que pour preparer
des Triomphes à lEglise. Cette
Paixglorieuseparlaquelleilsembloit
s'estredesrobé à luy mesme
tant de Palmes, estoit le commencement
d'une Guerre sainte
@J non sanglante ,où les vaincus
trouvent leur salut, qui
prepare au Victorieux dansle
Ciel une Couronne qui ne flêtrira
jamais. Enfin il n'avoit depuis si
long-tempsjetté la terreur dans le
coeur de ses Ennemis,quepour
donner entrée à la Verité dans les
coeurs deses Sujets, qui l'avoient
malheureusement abandonnée.
L'Eglise en retentit d'actions de
gracesjusque dans le centre de la
pierre quienest lefondement; la
Foy triomphe de l'erreur dans
toutes lesparties de ce Royaume;
c'esttoute l'application de cegrand
Monarque
,
il inspire la mesme
ardeur a toussesMinistres.
Ce mesme zele, Monsieur,
^ous animoit dans ces Provinces
qui vous ont vû depuispeu menagerlesesprits
avec tant de prudence,
-r gagner les coeurs par
tant de douceur, que les plus obstinez
sont rentrez dans l'obeïssancequ'ilsdevoient
à Dieu
à cét Auguste Prince
, que ses
vertus rendent digne d'en estre
nomméla plusparfaite image.
Nous esperons, Monsieur,voir
icyles mesmes effets de ce grand
zele. Achevez ce que l'Illustre
Personne dont vous remplissez si
dignement laplace, avoitheureusement
commencé; maissouffrez
t. Monsieur
, que nous vous invitions
de faire l'honneur à cette
Compagnie ,)de venir comme luy
vousy délasser quelquefois de vos
occupations. Ill'honoroit deson
estime, il l'amille fois charmée
par cette curieuse recherche des
plus beaux traits de l'antiquité,
dont ilsçavoit si bien fairesentir
la finesse. Nous ozons nousflater,
Monsieur, que comme vous
avezrècüeilly ses derniers soûpirs,
ilvous aura inspiré unpeu
deson affection pour nous. Toute
la Compagnie vous le demande,
Monsieur, @f vous asseure que
nous sommes tous avec beaucoup
de respect, Vos très-humbles &
res-obeïssans Serviteurs.
Mr de Gourgues, qui ne
| s'attendait point à ce Com-
[ pliment, y répondit d'une
; maniéré fort libre, & qui
marquoit beaucoup desarcilité
& de delicatesse d'esi.
prit; & si la Compagnie eut
=
sujet de se loüer de ses honnestetez,
elle ne fut pas
f moins charmée de sa modestie
,
dans l'Eloge qu'il fit
en peu de mots, mais justes
& choisis
,
de feu Mr de
Morangis qui l'avoit prece.
dé dans l'Intendance de
Caën.
L'Opera qui fait icy un
de nos plus agréables divertissemens,
ne plaist pas xmoins
à Marseille
,
où vous scavez
qu'il est établydepuis peu
d'années. Plusieurs Personnés
estimées pour la Danse
&: pour le Chant, partirent
ces derniers jours dans le
dessein de s'y rendre, & on
ne doit pas douter que cette
augmentation n'y fasse goûter
de nouveaux plaisirs. Un
Gentilhomme de Provence
qui en peut trouver icy de
toutes fortes
, marque beaucou
p de chagrin de ne pouvoir
joüir de ceux de Mar- -
seille.Il est vrayqu'il se plaint
sur tout du malheur qu'il a
d'estre éloigné d'une Dame
d'un fort grand mérité, chez
qui il y a un concours continuel
de gens choisis, tant
de laVille, que personnes Etrangeres.
C'est Madame de
Gardane,Veuve d'unGentilhomme
de l'Illustre Maison
de Fourbin. Les Vers que
vous allez lire vous feront
connoistre ce que luy fais
souffrir son absence.On m'asfeure
que les louangesqu'il
donne à cette Dame
font
fort sinceres, & mesme au
dessous de son mérite.
A IRIS
DEs le premier moment quttt:.
j'apperceus vos charmes
, Iri6,Jjiis balancer,je vous rena~i
Etsousvosjustes loix mon coeurses
vit fourni*
Maisvoyantquel'espoir ne m'estoit
paspermis,
.!R.!!.'on ne vous gagnait point par la -Etque l'amour survous n'avoitnulles
puissance,
le crus trouver ailleurs d'aussichar—
mans appas,
Et la pitié qu'en vous on ne rencontre
pas.
Maismalgréla douceur quej'eprouvois
en d'autres,
Leurs attraits n'estoient pas si touchans
que les vostres ;
Ils n'avoient pas pour moy ces divins
agrémens
Quiportentdans les coeurs de tendres
sentimens,
Etje dis, pénétré d'une atteinte impréveuë,
Encor qu'un autre objet, promette un
fort plus doux,
>. Iris, après vous avoir veuë,
On nepeut s'empecher de revenir
à 'V01U. lb
Dans ce retour sans esperance,
Maltraité de l'amour j'écoutay 14
prudence,
Etje voulus enfin m'attacher seulement
lîe. Felev us t., net Jjr.lU-it £r (oW/V,
N'ayantque la raifoipurguide,
Remply d>. gc:itro(L é.
Et toujours agreable en son égalité.
Alors tout penetré d'une atteinte imprévxuë
;
Onse fait, disje, un sort bien
doux
Iris,aprésvous
.17Joir veue
De neplw s' éloi gner de vous*.
..rt Maisquand le coeur remplyd'une
plusnobleflâme
le voulus admirer la beauté de vostre1
ame,
J^ueje vis sous vospieds lesvices
abatus,
Jgjvtenje 'v«ous,visbriller de toutes les IL,r!"Il<,
Sansy mêler rien defarouche,
*Quesans elles rien ne vous touche,
le connus bien qu'en vous on ne peut
estimer
£6l)^ue ¡¡. si * ce qu'onest forcéd'aimer.
Ainsitout pénétré d'une atuinte impréveüe
, Jt dù1 il estsans doute aussi juste
que doux,
Iris, tlpris vous avoir veüe,
De ne penser jamais à s'éloignerde
vous. T
Sije pouvais encor jouir de vosre
veuë,
Incomparable Jrü, que mon sort
seroit doux!
Maismort abfnce, helas ! malgré
moy continue.
Ah!qu'on est malheureux d'estre
éloigné de vous.
Mrle Comte de Vermandois,
grand Amiral de France,
ayant esté enterre au
mois de Novembre 1683.
dans 15 Eglise Cathedrale
d'Arras, l'une des plus nobles
& des plus anciennes
de France, puis qu'elle a
commencé avec la Monarchie,
SaMajestéquiaresolu
de faire une Fondation pour
ce Prince,a donné au Chapitre
de cette Eglise dequoy
faire un fond pour en [up_
porter les charges.Elle vient
mesme de luyaccorder, la
permission de traiter d'une
Terre, & par le Brevet,Elle
luy reme es Droits de nouvel
acquest & d'amortissemens.
Vous sçavez sansdoute,
que le Conseil Provincial
d' Artoisa cela de commun
avec les autres Parlemens du
Royaume
,
qu'il est par son
institution souverainen maciere
criminelle. Il a d'ailleurs
un Privilege particulier
quil'exempte du droit
deCommittimus,c'est à dire
.1 que les Juges qui composent
ce Conseil, qui so t
tous d'une équité &: d'une
il
ca pacité connue, puis qu'ils
sontdu choix de Sa Majesté,
n'ont point d'égard à ce
droit, lors qu'on prétend
s'en servir pour se tirer des
leur Jurisdiction. Cependant
commeils n'ont pas laisse
d'estre attaquez depuis peur
par-ces deux endroirs, le Pro
cureur General du mesme
Conseil s'en estvenuplaindre
au Conseil duRoy,& liy
ont esté confirmez tout des
nouveau dans leurs Privile-
ges, conformémentàlaCa-
pitulation de la Ville d'Arras.
Rome que l'on appelle la>
Sainte, soûtient ce glorieux
titre dans toutes les O::c;;lfions
de pieté. Il n'yapoint delieuauMonde,ou 1 oit
voye plus d'Assemblées te
de Confrairies publiques,.
Chacune a son habitparticulier,
ses Exercices de dévotion
, & ses Festes solemnelles,
& quand il s'agit d'en
celebrer quelques-unes, elles
cherchent
à l'envy à se,
distinguer par quelque ac.
tion de magnificence. Telle r) , 1" 1 aesté cette année l'émulation
des Confreres du Scapulaire
de l'Ordre de nostre
Dame des Carmes. Cette
Confrairieétablie dans l'Eglise
de Saint Silvestre & de
S. Martin des Monts, est fort
ancienne, & l'une des plus
celebres de Rome, tant par
le grand nombre
, que par.
l'éminenie qualité desConfreres.
Ils ont pour leur Chef
MrleCardinal Altieri, qui
fait gloire d en porter l'habit
comme eux dans les Afsemblées
publiques. C'est
une longue Robe de couleur
minime rougeâtre; avec un
Capucependantpar derriere
jusqu'à la ceinture, uneespece
de Camail blanc sur les
épaules, & à la main un baston
ou bourdon argenté
*,. dont l'extremité estarmée
d'une croix, qui est la marque
de ceux qui font profession
de défendre l'Eglise 8c
laFoy. Ils laisserent a la devotion
des autres Confreres
établisen diferens Convens
du mesme Ordre, le seiziéme
de Juillet,jour de laFeste
du Scapulaire, avec le Dimanche
suivant,& choisirent
pourleur Solemnite le
Dimanche28. du mesme
mois. Elle fut annoncée des
le matin par le bruit desBoëtes,
& par le son des Trompettes
&des cloches.Il yeut
à la Grand'Messe & auxVespres
deux Choeurs de Musique
& d'Instrumens, & l'on
distribua des Médailles benites
du S. Pere à tous ceux
qui firent leurs Dévotions.
Toures choses ayant esté
disposées pour la Procession,
qu'on peut nommer generale
, puis qu'elle fut celle
des Cardinaux, qui yenvoyerent
exprés leurs Estafiers,
des Prelats, des principaux
Seigneurs, des Nobles,
des Bourgeois, & d'une
infinité de Peuple, tous en
rang & en habitde Confreres,
elle sortit sur les (îx
heures du soirde l'Eglise de
S. MartindesMontsdes Religieux
Carmes de la grande
Observance
,
celebre pour
sa beauté & pour son antiquite,
& se rendit à une heure
de nuit à l'Oratoire de la
Confrairie, bâty dans le
Quartier del'Eglise des douze
Apostres, c'est à dire,
qu'elle ni plus d'une demie
lieuë de tour, marchant toûjours
en bon ordre. On avoit
tapissé toutes les ruës
par où elle devoir passer.
De riches tapis ornoient les
Balcons & les fenestres, &
pour empescher la confu-
Gan, Sa Saintetéavoit envoyé
une Escoüade de cent
Suisses de sa Garde, qui faisoientranger
le monde. D'a..
bord parurent les Guidons
de la Confrairie; des Lanternes
vitrées,éclairées par des
flambeaux de cire; trois
Tambours & six Trompettes,
qui portoient les armes
&lalivrée de M.leCardinal
Altieri. Ensuite marchoient
deuxàdeux,chacunavec un.
flambeau de cire blanche,de
sept à huit livres àla main les
Estafiers des Prelats, & ceux
que les Cardinauxavoient
envoyez. Le nombre en eftoit
considerable,puis qu'on
en comptajusqu'àvingts
quatre de la Livrée de Mr
le Cardinal d'Estrées. Ceux
de Mr le Cardinal Altieri,
protecteur de la Confrairie,
estoientmeslez en divers endroits
, comme pour servir
de guides aux autres. Aprés
venoit la Banniere
,
portée
par six Serviteurs de Confrairie
, avec une grande
Croix de huità dix pieds de
haut
,
qui estoit fuivie de
cent Confreres Bourgeois i7 tenant chacun un Flambeau,
& vertus en Penitens. Ils
precedoient une autre grande
Croix de Bois doré, portée
par cinq Gentilhommes,
environnez de Tambours,
deFitres,& de Tromperes
>
aux Armes de Mr le Cardinal
Protecteur. Les Religieux
Carmes du Convent
de S. Martin, & des autres
Convens de la Ville sous leur
Croix
Croix & leursBannieres, suivoient
deux à deux un Cierge
à la main,avecleurs habits
bruns ,& leurs Manteaux
blancs. Le Crucifix
de la Confrairie marchoit
après eux au milieu d'un
Choeur de Musique, precedé
de vingt-quatre grands
Phanaux dorez. Ce sont des
Chandeliers à diverses branches
rangées par étages, sur
chacun desquelsestoientallumez
trente gros Cierges.
Trois Prelats portoient alternativement
le Crucifix,
& ils estoient escortez de
plus de deux cens Gentilshommes
de la premiere Noblesse
de la Ville, vertus en
Con freres
,
& tenant aussi
chacunun Flambeau de cire
blanche. Leur train qui les
suivoit ou les precedoit, augmentoit
l'éc lat&la majesté
de cette marche. Cinquante
nouveaux Confreres paroissoient
ensuite, portant
des Flambeaux dans des
chandeliers dorez de la hauteur
d'un premier étage.
Après eux venoit un autre
Choeur de Musique
,
qui
precedoit la grande Machine
sur laquelle estoit posée
l'Image de la Vierge. Elle
paroissoit dans une Gloire
fort brillante de lumieres.
La Machine estoitportée
par soixante hommes qui se
relevoient les uns lesautres,
& accompagnéedevant &
derricrre de deux Compagnies
des Gardes Suisses de Sa
Sainteté. M le Cardinal Alrieri
suivoit en rang de Premier
Confrere, n'ayant pour
toute marque de sa Dignité
que le seul Chapeau. Un si
grand exemple estoit soûtetenu
par la fuite de quatrevingt
dix Prelats, ausquels
ilavoit envoyé l'Habit & le
Bouldon de Confrere.Tout
ce que je vous dis de cette
Ceremonie
,
est tiré d'une
Lettre écrite de Rome par
M. Chassebras du Breau à
M. le Duc de Saint Aignan.
Madame la Duchesse de
Mekelbourgaprès avoir travaillé
avec un si grand succez
11'enriere réunion de ses
Habitans de la Ville de
Chastillon sur Loin, dont
les deux tiers estoient Proteftins,
a cru devoir mettre
la derniere main à cét Ouvrage
,&qu'il ne suffisoit
pas d'avoir Fait des Catholiques
si elle ne faisoit de
bonsCatholiques. Danscette
veuë
,
elle quitta les Divertissemens
de la Cour,
pour se rendre à Chastillon,
& prit avec elle les Missionnaires
qu'elle avoit déja
employez, c'est à dire les
Peres d'Urfé, Vignier, &:
Molard, Prestres de l'Oratoire,
considerables par leur
naissance dans le Monde, 6c
plus encore par leurs frequentes
Missions dans l'Eglise.
Un pareil secours appuyé
du zele de Madame
de Mekelbourg
, ne pouvoir
produire que de bons
effets. Ils furent tels qu'on
les avoit attendus. Cette
Duchessearrivée à Chastillonpeu
de jours avant la
Feste Dieu, fitl'ouverture
de la Mission par les ordres
qu'elle envoya aux Juges,
Magistrats,&principauxOfficiers
de la Ville nouvellement
convertis, de setrouver
à la Procession du Saint
Sacrement avec leurs habits
de Ceremonie. Ainsi elle
eut laconsolation de voir le
Dais porté par. quelques-uns
de ces Officiers convertis,
& les autres suivre en ordre
chacun un Cierge à la main,
comme pour faire une Prosession
publique de la Foy
de ce Mystere,qu'ils avoient
eu tant de peine à croire.
Cét heureux commencement
fut d'un bon augure
pour le fruit qu'on esperoit
des Missionnaires. La maniere
dont ils s'acquiterent
de leurs fonctions fut si vive
& si touchante, que plus
de cinquante de ceux qui avoient
paru les plus obstinez
&quenaissance & leur
employ distinguoient des autres
,se presenterent dabord
au Tribunal delaPenitence.
On faisoit tous les jours deux
fois le marin, & deux fois
le soir, des Exhortations,&
des Discours dans l'Eglise.
Les premiers estoient de
Morale,& îes autres de Controverse.
Ces Conferences
publiques estoient suivies
des Conferences particulieres
de Madame la Duchesse
de Mekelbourg
,
qui faisant
une seconde Eglise de
son Chasteau, en rendoit
accez libre à tout le monle
C'estoit là que faisant agir
ces manieres douces &
insinuantesqui luy sont si
narurelles, elle desarmoit
entierement ceux qu on
oupçonnoit de ne s' estre
as rendus de bonne foy;
n forceque faisant une Proession
libre & publique de
a Religion
,
ils travailloient
persuader les autres.
Il est temps de er vous par- des Affaires Etrangères.
Les Venitiensont continué
vec beaucoup d'avantagees.
Conquestesqu'ils commencerent
à faire ily a u
an d-ins la Morée, qui est ]
Pen-Insule que les Ancier
appelloient Peloponese. L
nombre de sesRépubliques
si fameuses dans l'Histoire
la rendoient
tres-considera
ble parmy les Grecs, On J
divisoit autrefois en
Acha
propre, en Arcadie , Pa
d'Argos,Corinthe, Elid
Sicionie , , Laconie, & M
senie. Elle est appellée pr
-&rn:ement; Morée,à cau
qu'elle ressemble à une feü
le de Meurier, & ellea njj
division le Duché de
nce qui comprend l'Ahaïe,
la Sicionie &Corinne
;
Belveder autrefois, Ede
& Messenie -
;
le, la Saccaanciennement
le Pays
Argos, &laTzaconie,ou
toient la Laconie & l'Aradie.
Elle est attachée à la
rre ferme du costé du Sepentrion
, par une langue
terre, nommée l'isthme
Corinthe. Elle a du costé
Couchant & du Midy la
ler Adriatique, int & au Lela
Mer de Candie. Sa
Rigueur depuis Corinthe
tques à Modon est de cent
soixante & dix mille d'ita
lie. Sa largeur est presque
demesme estendue,&elle
a six cens milles de tour. Le
Villes de Sparte ou Lacedo
mone
3
d'Argos & de Corin
the, qui estoient parmy la
Anciens les plus celebres de
Peloponese, sont presente
ment sous ladomination de
Turcs. On appelle Lacedo
moneMisitra,&Corinth
Coranto. Aujourd 'huy la
plus connues sont Coron
Modon, Clarence, Argo
Navarin
,
Patras, Lepant.
Napoli de Romanie, si
laina. Ce qu'on appelle
ljourd'huy Braccio di Maina
le Pays des Mainoes.
Ils habitentune pare
duPays des anciens Laedemoniens
le long de la
Mer sur lescostes du Golfe
e Coron, & ce sont les seuls
ntre les Grecs quise soient
onfervez en Corps de Republique
contre la puissance
es Ottomans. L'âpreté de
eurs Montagnes joinre au
oifinage de la Mer leur a
~Prroo-cctuirréecceettaavvaannt;t-a~tgoee.. Cerendant
la Ville de Candie
yrantesté prise
, ce qui arriva
en 1669, ils craignire
de voir opprimer leur liber
té,& cette crainte futcaut
qu'il y en eut beaucoup qui
chercherent de nouvel
habitations afin d'y - vivi
en repos. Les Genois en
ceurentcinq ou sixcensFr
milles dans l'Isle de Corsi
& le grand Duc de Florenc
donna des Terres dans si
Etats à mille autres, qui S'i
fontétablies depuis peu d'à
nées.L'IstmedeCorinthe q
attache la Morée à la Gre
entre le Golfe de Lepantj
& celu y d'Engia, a six lllili
l'étenduë. Plusieurs Princes
ont fait leurs efforts pour
faire creuser toute cette tere,
& la détacher du contilent.
L'Empereur Neron fit
un Voyage exprés en Achaïe
pour cela. Il harangua touces
Ces Troupes, ouvrit la
terre luy-mesme avec un
bateau, & en porta une
Corbeille sur ses épaules,
nais son dessein ne pût réüsfr.
La Moréeestant tombée
m partage aux Despotes que
es Empereurs Grecs y nom,
noient
,
sur en proye aux
neursions des Tures, qui
s'emparerent facilement de:
tout le Pays fous Mahomen
II. surnommé Bojuc, c'est M
dire, le grand. Il fut la terreur
de toute l'Europe
,
&
le plus heureux Prince Infidelle
, qui ait jamais monté
sur le Trône. Les seulsVes
nitiens quiestoient maistres
de Corinthe & d'Argos, luy
resisterent pendant quel
ques années, fous la conduit
te de leur General Bertold
d'Est,Prince tres-vaillant
& de l'Illustre Maison que
regne presentement à Moc
dene. Cet infatigable Genes
alentreprit avec trente-six
nille Ouvriers de faire élever
une muraille de six milles
de longdans toute l'étenduë.
le la langue de terre, qu'on
ippelle l'Isthme de Corinthe
, avec trente-six Tours
pourempescher les Courses.
des Infidelles ,mais ayant,
(fié malheureusement blesséà
la teste d'un coup de
pierreau Siege de Corinthe,
il mourut en défendant cette
Ville, dont les Turcs se
rendirent maistres ensuite
sans beaucoup de peine en
1463. ce. qui obligea les Venitiens
à se retirer dans les
Isles voisines.
Mr Morosini,Generalissime
des Armées de la Repu-1
blique de Venise, voulant
asseurer la conquestedeCoron,&
desautresPlaces prises
sur les Turcs l'année derniere,
resolut de faire le Siege
de Navarin, &arriva le 2. de
Juin devant cette Ville avec
les Vaisseaux, les Galeres,
les Galeasses, & plusieursau- «
tres Bastimens, qui faisoient -
le nombre de deux cens Voiles.
Navarin est une Ville
& Port de Mer de la Morée,
-dans le petit Païs deBelveder.
Elle est prés de Maina,
entre Modon qu'elle a au
Levant, & l'Arcadia. On la
croit estrece que les Anciens
appelloient PylusMesseniaca.
Bajazet II. l'ayant prise en
1 500. sur lesVenitiens, Dom
Jean d'Austriche, & les autres
Confederez, tâcherent
de s'en resaisir en 1572. Ils
sirent débarquer huit mille
hommes
, tant Espagnols
qu'Italiens, commandez par
Alexandre Farnese, Prince
de Parme,qui avec dix. Canons
la fit attaquer par terre
du costé du Midy au commencement
d'Octobre.On
barrit la Place pendant trois
jours,mais le terrein qui estoit
pierreux, ne permettants
pas aux Chrestiens de se retrancher
, & d'ailleurs les
Turcs ayant fait entrer dans
Navarin un secours confiderable
avec des munitions de;
guerre &debouche, on fut:
tcorntreaintpd'abrandiosnneer l'e.n-
Après que les Troupes
eurent esté mises à terre, &
que. le Comte de Konigsmarck,
General du Débarquement,
leur eut marqué
les Postes qu'elles devoient
occuper, MrMorosiniGeneralissime,
envoya au Commandant
du vieux Navarin,
qui est une Ville peu considerable,
malgré l'avantage
de sa situation, pour le sommer
de n'attendre pas à se
rendre qu'il eust esté attaqué
dans les formes, avec menaces
de ne faire quartier à
personne, si la Garnisonluy
resistoit. Ce Commandant
demanda le reste du jour
& le lendemain pour délibérer
sursaréponse; ôc
comme on fut averty que
General de l' Armée Otto
mane dans la Morée,ma
choitverslaPlace pour las
courir, le Comte de Konig
marck eut ordre de faire a
vancer des Troupes jusquu
sous le Canon de Navari
L'entrée du Port est couve
1 te par une langue de terre
sur laquelle un Regimentsu
posté, & en mesme temp
quelques pieces d'Artilleri
surent transportées sur
grossesBarques. Les Assi
gez , que ces préparatifs i
timiderent
,
firent arbo
Etendart blanc,& envoyetent
des Dépurez à la Galere
generale. On regla les Artiles
de la Capitulation
,
luiant
lesquelsils sortirent avec
armes & bagages au
nombre de quatre cens hommes.
Il n'y avoit que cent
soldats parmy eux, la Place
pouvant défendre par sa
situation avantageuse
,
sans
qu'elle eustbesoin d'une plus
tombreuqeGarnison. Ils denanderent
à estre portez à
Alexandrie
, ce qui leur fut
ccordé. On trouva dans
ette Place quarante-trois
pieces de Canon&quantité
d'armes, avec beaucoup de
munitions de guerre & de;
bouche. Après qu'on y eut
laisséunCommandant&une
Garnison de cent soixantes
hommes, le Generalissime 1 donna ordre aux Galeres
d' entrer dans le Port, afin
d'attaquer la nouvelle Villes
de Navarin. Elles n'y pûrent
entrer qu'en essuyant le seu
d'une Batterie à fleur d'eaux
qui estoit sur un Ravelin
mais elles n'en furent point
endommagées; seulement
une des Galeres desIsles,qu
MMr
Cornaro, General des
Isles,ly Si entrer la nuit du 6.
receutun coupdeCanon qui
mit lesrames en desordre.
Les Canons & les Mortiers
surentaussi-tost portez à terre
avec les munitions, & le
Comte de Konigsmarck fit
dresser deux Batteries, l'une
de vingt pieces de Canon
de cinquantelivres de bale,
& l'autre de dix-huit Mortiers
pour jetter des Bombes.
LesMilicesGrecques de Coron,
& quelques autres des
Places conquises
,
s'estant
tenduës. au Camp on travaillaà
faire prendre les poC
tes & à distribuer les Attaques.
LaGarnifon qui n'es-
-
toit que de mille hommes
estois commandée , par Zeser,
Aga,Officier d'une grande
experience. C'est ce quon
sceut par un Grec sorty de
la Place, & en mesme temps
on surprit un Renegat qui
portoit des Lettres du Seraskier
de la Morée à Zefer
Aga, par lesquelles ill'assuroit
qu'il venoit à son secours.
Sur ces nouvelles.on
détacha leComte deKonigf.
marck, pour aller au devant
deluy avec un Corps de
Troupes choisies. Les Coureurs
de l'Armée ayant découvert
les Ennemis après
quelques lieuës de marche,
ce Comte fit aire) & rangea
Ces Troupes en bataille. Il
n'y eut point alors de Combat
, parce que le Seraskier
fit une contre-marche, & se
retira. Le Comte de Konigfmarck
ne jugea pas à propos
de le poursuivre, & revint
au Camp en fort bon
ordre. Le Generalififme
ayant fait sommer inutilement
le Commandant, avant
que de faire commencer
les attaques, fit mettre
en estat la Batterie des Mortiers.
Ellefut sibien servie
fous lesordres du Comte San
Felice.Muttoni,queles Bom- -
bes
,
qui estoient de cinq
cens livres pesant, mirent le
feu en divers endroits, ce
qui épouvanta fortles Aifiegez.
La Batterie du Canon
le trouva en estat le 13. & ce
mesme jour on sceut que le
Seraskier s'avançoit en diligence
pour tascher de furprendre
les Assiegeans dans
leur Camp,&:qu'il n'en estoit
éloigné que desix milles. Le
Comte de Koniçrfmarck fut
détachéde O nouveau avec sept
mille hommes de pied. cinq'
cens Chcvaux&lesDragons
duMarquis deCourboIl)& du
Comte BernaboVisconti. Il
marcha en sors bon ordre à
J'entrée de la nuit, &: le lendemain
,il trouvales Iridellesau
nombre de huit mille:
-
hommes de pied, <~: de deux
millechevaux, retranc hez
dans un valloll, où ilestoitimpossîbled'arriver
que par
un défilé fore étroir. Les Dragons-
que le Marquis" de
Courbon commandeur ôc
ceux du comteBernabo Visconti,
qui s'avancerentd'abord,
s'estant poftez avec
avantage pour soûtenir le
premier choc des Ennemis,
donnerent aux Troupes qui
les suivoient le temps de
passer leDéfilé. Les Turcs
qui auroient pu profiter de
ce mouvement, ne firent
aucune attaque. Ainsi le
Comte de Konigsmarck
rangea (es Trou pes en bataille,
& sir placer quatre
Fauconneaux sur une hauteur,
d'oùl'on fit un feu conannuel
lur les Turcs, qui
voyantquelesDragonsmarchoient
a eux fiereinenr, crurent
les enveloper en détachant
plusieurs Escadrons.
Non feulement les Dragons
soûtinrent le choc avec
beaucoupde vigueur5maisils
mirent pied à terre, & faisant
plier les Infideles,ils les
poursuivirent si heureufement,
qu'ils les contraignis
rent à se disperser. Ensuite
ils enfoncerent leur Infanterie.
Elle se mit en desordre,
f
& ce desordre fut augmenté
par les autres Trou pes qui
marchèrent après les Dra.
gons. LeCombat dura deux
heures; & finit par la fuite
des Ottomans, qui perdirent
plus de cinq cens hommes
en cette occasion
,
& en eurent
un grand nombre de
blessez. Ily en eut plusieurs
qui seraliierenr, sur ce que
deux ou trois mille Turcs,
raflèmblcz de divers endroits
de la Morée pour renforcer
l'Armée du Seraskier, arrivèrent
prés du Champ de
bataille, mais cefut en vain
qu'ils revinrent à la charge,
ils furent encore.obliger
le fuir, & abandonnèrent
eur gros bagage & leurs
Fentes. Iln'yeue
DeudeSoldats tuezqouue btfieesf--,
Jeu de Soldats tuez ou btc(-
ez du collé des Chrestiens.
Le Prince Maximilien de
BrunfVick encourageases
froupes par son exemple,
k. fit paroistre à leur telle
:oute l'inrrepidité dont on
eut estre capable. Plusieurs
olontaires d'une grande
jualité se signalerent aussi
[ans la mesme occasion.
jette défaite,dont les Assiegez
ne purent douter, lors
tu'ils virenr les testes des
Turcs tuez dans la Bataille,
& les Etendarts que les Vénitiens
avoient remportez,
mit une consternation generale
dans la Ville, & comme
ils perdirent toute efperance
d'estre recourus) ils
capitulèrent après plusieurs
conreltarions.Il leur fut permisde
forcir de Navarin avec
armes & bagages pour
estre trasportez à Alexandrie.
Cefut leComte deKoni
gsmarck qui régla les Articles
de la Capitulation au ;
nom du Generalissime. Pendantqu'on
achevoirde régies
eux qui regardoientl'emarquement
des Troupes de
Garnison,il arriva un maleur
quipensa causer de
ands desordres. Le feu se
it à un Magasin de poues
qu'il fit fauter en un
ornent, & centcinquan-
Turcs furent brûlez ou
cablez fous les ruines avec
Chrestiens. Le Commanant
se trouva du nombre.
y en eut quinze autres envez
,
& jettez hors de la
ace. On ne manqua pas
edire aussî-tost, que les
ures avoient préparé exprés
unFourneau dans ledes
sein de faire périr tous les
Chrestiensqu'ilspourroie
attirer en cet endroit. ~C'ei
estoit assez pour faire faire
main-basse sur eux, si leGeneralissime
n'eust appasé le
Soldats,ilreceut les excuse
de deux des principaux de
la Place, qui en luy appor
tantles clefs de la Ville, â
leurs Etendards, vinrent lu,
demander permission de se
j u stifiersur cet accident.On
reconnut en effet que le ~fei
que les Bombes avaient~mi
-
dans quelques maisons,~s'a
tant confervé fous les ruines
, estoit arrivé à ce Ma-
~afin par la feule negligere
des Officiers, que le maleureux
estat de leurs affaies
avoit empeschezde pouroir
à tout. La Garnison es
oitde mille hommes, qui
embarquerent avec envion
deux milleautres Turcs - our passer à Alexandrie.
e 18. le Generalissime entra
ansla Place, ainsi que le
comte de Konigsmarck, Se
s princi paux Officiers de
Armée, & l'on choisit la
principaleMoquée pour'y
rendre des actions de grac
à Dieu de cette conquest
Elle fut suivie peu de jou
aprés de la prise de Modo
1
Ville située dansla Provins
de Bel veder, en l'une dl
extremitez de la Morée. C
l'appelloit autrefois Metho-
Les Venitiens ayant aidé
prendre Constantinople
1204. Baudoüin,Comte
Flandre, qui fut élû Ernfa
reur d'Orient
,
les récor
pensa de la part qu'uilsavoit
euë aux périls du Siege,
leur donnant l'Isle de
C:
die, les Villes de Modont
) le Coron dans la Morée, &
celle de Durazzo dans l'Albanie,
avec l'Isle de Corfou.
Cette derniereIsleestoit aorsoccupée
par les Genois,
qui avoient pour Capitaine
un Leon Vetrano, fameux
Corsaire. Les Venitiens sisent
voile vers Corfou l'année
suivante avec trente Gaeres,
& ay ant rencontré Vetrano
au sortir du Golfe,ils
l'attaquerent si heureusement,
que luyayant pris
sept de ses Galeres, ilsmirent
les autres dans une entiere
déroute, aprèsquoy
ils n'eurent aucune peine à
se rendre maistres de Corfou,
& ensuite de Modon &de
Coron.Modon demeura fous
leurdomination jusqu'à l'année
1500. que Ba jazet II. Eln..
• pereur des Turcs, l'attaquan
par Terre & par Mer, avec:
uneArmée de centquarantemille
hommes, & plus ~dd
deux cens vingt Voiles. Il yv
eut une vgoureuse resistance,
mais Contarin, Provedi--
teur de la République, craignantque
les Assiegez neJè1
rendissent, par la crainredo
n'estre pas secourus, choisit.
d~
cinqsesmeilleures Galeres,
& les ayant fait rem plir
de munitions de guerre &de
bouche,dont il sçavoitqu'ils
manquoient, il les envoya.
à Modon. Il y en eut quatre
qui entrerent heureusement
dans le Port; mais ce qui
devoitsauver la Ville, fut la,
cause de sa perte. Les Assiegez
eurent tant dejoye de
ce secours
, que pour le voir
arriver ilsquittèrentladésense
de leurs murailles.Les
Turcs profitèrent deleurimprudence.
Il y avoit déjà
quelques bréchesfaites, Ils
y monterent, & ny trouvant
qu'un fort petit nombre
de Soldatsà les garder,
ils les taillerent en pieces.
Les Troupes qui estoient arrivées
dans les Galeres, voulurent
leur résister, mais ils
enfoncerent tout ce qui se
presenta
,
& presque toute
la Ville fut mise à feu & à
sang, Ils n'épargnerent ny
le Commandant de la Garnison,
ny les autres Officiers,
& firent couper la teste à
André Falconi, Evesque de
Modon, quiestoit venu en
habits Pontificaux animer
les Habitans à se défendre.
MrMorosini, Generalissime,
s'estant rendu devant:
cette Place avec une partie
des Troupes le soir du 22. de
Juin dernier, visita le Porc
le lendemain, & reconnut
les endroits propres pour le
débarquement du reste de
rArmée. Ce débarquement
se fit en tres-bon ordre, &
sans que les Infidelles fissent
grand effort pour s' y opposer.
Les Lignes de circonvallation
furent commen- cées,& on s'empara du Fauxbourg
sans beaucoup de résistance.
Deux jours après
une Batrerie de dix Mortiers
s'estant trouvée en estat, le
Generalissime ne voulut
point les faire tirer,qu'il
n'eust écrit au Gouverneur
de la Place, pour luy faire
voir le peu d'esperance qu'il
devoir avoir d'estre secouru
par Ismaël Bacha, General
des Trou pes de la Morée,
qui venoit d'estredéfait prés
de Navarin, & dont l'Infanrerie
s'est oitdissipée a près la
Bataille. Il luy representoit
en mesme temps ce qu'il devoit
craindre de son impruente
opiniâtrete,s'il reruoit
de se rendre après tant
'heureux succés des armes
e la République. Le Gouerneur
réponditavec fieré,
& aussitost on fit jouer
es Mortiers, qui firent un
eucontinuel.Il y eut grand
nombre de maisons brûlées
y
& pour empescher que cet
ncendien'épouvantait trop
es Habitans,onfit mettre
es Femmes & les Enfans
dans desCaves duChasteau
qui est vers la Marine. Les
Soldats se retirerent fous les
voûtesdesTours pour estre
a couvert des Bombes & des
pierres;& outre plus de neuf
cens hommes
)
dont la Gar- , nison estoit composée, il y
avoit quantité de Canonniers.
C'est ce qu'on apprit
d'un Grec qui s'estoit rendu
au Camp. Les Assiegeans
continuerent à faire grand
feu de toutes les Batteries
qu'ils avoient fait élever en
divers endroits; & sur ce que
les Ingénieurs promirent
d'attacher dans peu de jours
le Mineur au corps de la Place
5
le Generalissime envoya
sommer de nouveau le Comi
nandant. Il demanda une
suspension d'armes pour toujela
nuitafin dedeliberer sur
sa
réponse qu'ilavoit à faire.
Elle fut encore pleine de fierté
, ce qui fut cause qu'on
poursuivit le travail. On avoit
déja commencé à ouvrir
deux Boyaux pour forener
deux attaques, & l'on
dressa une nouvelle Batterie
de trois Canons, qui tira
avec beaucoup de succés.
Mr leChevalier de Vernede
poussala Tranchée qu'il conduisoit,
jusqu'au pied de la
Contrescarpe. Il fut impost
sible d'avancerégalement le
travail de l'autre
,
à cause
qu'on trouvoit le roc ou du
sable mouvant en plusieurs
endroits. Toute l'Artilleries
desAssiegez ayant esté démontée
par Ics Bacreries~,,~
dont l'effet fut très heureux,
le Generalissime leur fit offrir
encore une foisune Ca-
- pitulation favorable, s'ils s
voulaient rendre la Place e
avant que le Mineur y fust
:
attach é.Ils dec l aréent que -
leur resolutionestoit de se
4
défendre jusqu'à la d('>!I' ere;
extrémoitéb,&cletitegrépeonase.
obligea de pouffer les deux
attaques jusqu'à la Contrescarpe.
On fit la descente du
fossé,où l'on semità couvert
du feu des Ennemis. Deux
pieces de Canon qu'on avoit
portées sur une hauteur,com- 1
mencerent à leur faire un
grand dommage
,
& alors
n'esperant plus de secours,
ny de pouvoir plus longtemps
défendre la Place, ils
firent paroistre l'Etendard
blanc. Deux des principaux
de la Garnison vinrent trouver
le Generalissime, qui remit
au lendemain à regler
o
le,s A-rticle-s- -de -la -C-a-pitulamtion.
Il ne leur envoya point:
d'Otages,mais les Turcs en
envoyerent six a bord de la
Galere Capitane, & ils YI
passerent la nuit. On apprit
d'eux que le Seraskier, qui:
avoit fait entrer cinq cens
Soldats, &cent Canonniers
dans la Place avant que l'on
en formast le Siege,avoi
mandé à Cidi Achmet Aga
qui en estoit Gouverneur
qu'il la défendist pendant
quinze jours, & qu'illa rendist
ensuite, s'il n'estoit pas
secouru.Il executa cet ordre,
& ne demanda à capituler
que le 7. de Juillet, la Place
ayant esté assiegée dés le 23.
du mois précedent. La Capitulation
fut reglée le 8. à
condition que les clefs des
Magasins de munitions seroient
remises le mesme jour
entre les mains de Mr Morosini
; que les Turcs porteroient
tous leurs Etendards
à bord de la Galere Capitane
;
qu'ils sortiroient tous
dans quatre jours, les Soldats
avec leurs armes, &autant
de bagage que chacun
deux en pourroit porter, &
les Habitans de la mesme
forte avec une partie - de
leurs meubles; qu'on leur
donneroit desVaisseaux pout
les transporter en quelque
Port de la Coste de Barbarie
qu'ils laisseroient tous le
EsclavesChrestiens, &qu
les Negres & Negresses qu
se trouveroientalors dan
Modon, demeureroient es
claves de la Republique. Ce
Articles ayant esté signe
on fit entrer cent homme
dans le Chasteau, où TEter
dard de Saint Marcfuta ré
,
& deux jours
-
aprés l
lTuurcssortirent de la Ville
nombre de mille hommes
capablesde porter les armes,
avec trois mille autres personnes.
Il y avoit dans la Placeenviron
cent pieces deCanon,
dont plusieurs estoient
le fonte,& quantité de munitions
dans les Magasins.
Le 4. de ce mois Me l'Ambassadeur
de Venise traita
quelques Ministres Etrangers
avec beaucoup de magnificence
,
& fit faire des
Feux de joye devant son
Hostel
, avec de grandes IL n luminations dedans & dehors
, pour le rejoüir de ces
bons succez. Les Services
du Repas representoient des
Forteresses
,
des Vaisseaux,
& d'autres choses
,
telles
qu'en font les Italiens dans
leurs Festins, & qu'ils appellent
Triomphes. Cet AmbaC.
fadeur soûtient icy dignement
l'honneur de sa Nation.
Il est magnifique, &
tient une Table aussi bonne
& propre qu'elle est delicate.
Quoy que la Province de
Luxembourg ait une union
naturelleavec la France,
tant pour son voisinage au
centre de ce Royaume
,
&
pour sa contiguitéànosFrontieres,
que pour lapossession
legitime qu'en ont eue nos
anciens Rois & Empereurs
François, toutefois en ayant
esté détachée par la revolution
des temps ,
elle sembloit
ignorer qu'il y avoit
eu en France un Bien-heureux
Pierre de Luxembourg,
qui estant originaire des
Ducs decenom
,
Seigneurs
de cette mesme Province,
desquels descend l'Auguste
Maiion des Bourbons du
costé maternel, s'estoit rendu
encore plus considerable
par la Sainteté de sa Vie,
que par la Noblesse de son
Sang. Ainsiilfalloit des François
dont les Ayeux lavoient
veu Chanoine de Nostre-
Dame de Paris à l'âge de
douze ans, Evesque de Mets
à quinze, &Cardinal à dix-
, sept, pour faire connoistre
à tout ce Peuple, heureufe- •
ment revenu fous la domination
de cette Couronne,
l'ob ligationqu'il a de le j
reverer. C'est ce qu'ont fait 1
les Peres Recolets de Paris
1
que Sa Majesté envoya il y
a deux ans dans la Ville de
Luxembourg pour y occuper
le Convent de leur Ordre.
Le Bien heureux Pierre
de Luxembourg estoit Fils
de Guy Comte de Saint Paul,
&deMatilde de Chastillon.
Il fut fait Cardinal par Clement
VII. Pape à Avignon
en 1386. & mourut l'année
suivante en odeur de sainteté
,
âgé seulement de dix-
[huit ansQuelques Autheurs
ont écrit qu'il a fait jusqu'à
trois millemiracles. Des
choses si extraordinairesque
publièrent les Peres Recolets,
ayant esté ecoûtées avec
respect
,
Mrs du Conseil
en conceurent une idée
si relevée, qu'ils demeurerent
d'accord avec ces mêmes
Religieux, qu'on feroit
une Solemnité particulière
de ce Bien-heureux le 5. de
Juillet, jour de son deceds.
Le Pere Olivier Juvernay,
Gardien de leur Convent,
fameux par ses Prédications,
jugea à propos de commencer
cette Feste par une Messe
tres-solemnelle, & ce fut
Mr l'Abbé de Munster qui
officia, ce qu'il fit avec tou
te la pompe ,
& toutes les
ceremonies ordinaires à un
Abbé crossé & mîtré. La
beautéde la Symphonierépondità
celle des Voix qui
estoient en fort grand nombre.
Mr de la Bruyere, Commandant
de la Place enl'abfence
de Mr le Marquis de
Lambert,assista à cette Feste,
avec Mrs du. Conseil en
Corps. A la fin de la Messe
le Pere Gardien fit le Panegyrique
du Bien-heureux,
& prit pour son Texte ce
Verset du quatrième Pseaume.
Scitorequomammirifiravit
DominusSanctum suum. Il fit
connoistre que son enfanceavoir
esté remplie de merveilles,
sa vieAngelique,&
sa mort glorieuse. De plusieursendroits
qui luy attirerent
un applaudissement
general
,
il n'yen eut point
qui satisfit davantage l'Assemblée
, que celuy où il
dévelopa l'étroite alliance
qui se trouve entre la Province
de Luxembourg
,
&
le Bien-heureux dont il avoit
entrepris l'Eloge. On
en avoir fait faire un Buste.
trèsbien travaillé
,
qui fut
ensuite porté en Procession.
Outre le grand nombre de
Religieux revestus, quarante
Enfans des premieres Familles
de la Ville richement
parez, environnerent le
Saint Sacrement. La Ceremonie
du matin fut terminée
par le Te Deum que l'on
chanta solemnellement, ôc
après lequel on donna la
Benediction.
Toute l'apresdinée de ce
mesme jour fut employée à
une These,au haut de laquelle
estoit le Portrait du
Bien- heureux, & au bas les
Armes du Conseil. LesPositions
estoient du Traite de
l'Eucharistie.Onavoit choify
cette matiere comme la
plus convenable pour seconder
les pieux desseins de
Sa Majesté
,
dans le foin
qu'Elle prend de la conversiondesCalvinistes,
qui ne
se forment point de plus,
grand obstacle que le Sa-.
crifice de la Messe. Afin de
rendre cetteaction plusutile,
on avoit invité les Lec- 1-
teurs en Theologie & les
Personnes sçavantes, tant
de la Ville que des lieux circonvoisins,
& l'endroit où
se fit cette action fut l'Eglise
des mesmes Religieux Recollets
, dont leLecteur étoit
dans la Chaire,où l'on
a accoûtumé de prescher.
Il y en avoit une autre plus
baffe pour le Religieuxrépondant.
Il harangua d'abord
le Conseil,quiestoit
environné de tout ce qu'il y
avoit de Gens considerables
par leur qualité & par leur
mérite. La Dispute fut bien
soûtenuë & bien reglée. On
finit par une Action de graces
que le Respondant rendit
à ces Meilleurs, & e
mesme temps il leur presen
ta la Thésè qui avoit est
exposée tout le jour dans l'E
glise devant la Chairedu
oPredicateur. Ils témoigne
rent la recevoir avec joye
& la placerent dans l'endroi
le plus apparent de la Cham
bre du Conseil Elle avoit
esté déja soûtenuë trois se
maines auparavant en prefence
de Mr le Marquis de
Lambert, Gouverneur de
Luxembourg, à qui elle
toit dediée. Je croy que c'e.
la derniere actionpublique
à laquelle il ait assisté
, ce
Marquis estant tombé peu
de temps après dans la maladie
dont il est mort. Il
estoit Lieutenant General
des Armées du Roy, & avoit
mérité ce Gouvernement
par ses services. Mr de
Lambert son Pere avoitesté
aussiOfficier General, &
s'estoit acquis beaucoup de
réputation dans les Armes.
Sa Majesté a donné le Gouvernement
de Luxembourg
à Mrle Marquis de Bouflers
Lieutenant General de se
Armées, & Colonel General
de ses Dragons. Ce choix
marque tellement la Justice
du Roy, qui ne répand ses
faveurs que sur le veritable
merite
, que dans le temps
que Sa Majesté le nommoit,
le Public qui ne sçavoit
point encore ses intentions,
le jugeoitdigne de cét important
Gouvernement. Le
Roya donné à Mr de S. Rut
les apointemens qu'avoit
MrdeBouslers Il sert depuis
fort long-temps avec beau- J'
coup de distinction,de valeur,
& de conduite.
1
Mademoiselle de S. Me
grin est morte icy le 16. du
moispassé,après avoir vescu
dans l'entier détachement
de toutes les choses du
monde. Aussi s'estoit elle
rendue tres-recommandable
pour sa piété& pour sa vertu
parmy les Filles de Sainte
Marie du Faux-bourg Saint
Germain
, avec lesquelles,
ellea passé presque toute sa
vie. Elle se nommoit Marie
deQuelen, & estoit Fille de
Barthélémy de Quelen,
Comte du Broutay,Mareschal
des Camps & Armées
du Roy, Colonel du Régimène
de Navarre, & Capitaine
des Chevaux Legers
de la Garde de la feuë Reyne
Mere
, mort de la blesseure
qu'il receut au Siege de
Tournay
,
après avoir lervy
vingt-quatreans avec beaucoup
de reputation. Ilestoit
Frere de François de Quelen,
Baron du Broutay ,
Lieutenant
aux Gardes, tué à age
devingt ans, en commandant
les Enfans Perdus au
Siege de la Bassée, & Fils de
Gregoire de Quelen
,
Seigneur
du Broutay
,
Chevaavantages
de la Maison de
Quelen
,
dont j'aurois trop
à vous dire si j'en faisois un
plus long détail, il ne luy
estoit pas moins glorieux
d'estre Fille de Marie de
Stuart Caussade
?
Comtesse
- de la Vauguion , Princesse
de Carency
,
Marquise de
S. Megrin
,
qui a esté Fille
d'Honneur de la feuë Reyne ,
Mere
,
& qui estoit Soeur de j
Jacques Marquis de S. Megrin
, Capitaine General ,
commandant en Chef les
Armées du Roy, Capitaine
des deux cens Chevaux Lesade,
Comte de S. Megrin,
Chevalierdel'Ordre, Gentilhomme
ordinaire de la
Chambre, Mareschal des
Camps & Armées, & Capitaine
de cinquante hommes
d'armes des Ordonnances
des Rois Henry IV.&Louis
XIII. & de Diane Descarts,
Princesse de Carency,Comtesse
de la Vauguion,Veuve
de Charles Comte de Maure,
Chevalier de l'Ordre du
Roy,Soeur de Claude Descarts
Prince de Carency marié
à Anne de Caumont,
Duchesse de Fronsac, remariée
à François d'Orléans,
Comte de S. Paul, Frere dur
Duc de Longueville, & Filles
de jeanDescarts, Prince de
Carency creé en 1586. Comte
de la Vauguion
,
Chevalier
du S. Esprit à la premiere
Promotion,Capitaine de
cent hommes d'armes, & de
cent Chevaux Legers des
Ordonnances de France,
Colonel d'un Regiment,
Lieutenant general des Ar- o mées des Rois Charles I X..
Henry III. & Henry IV..
Lieutenant General, Commandant
en Chef pour le
Roy Charles IX. en Guienne
,
Mareschal,Sénéchal
, &Gouverneur de Bourbonnois.
La Mere de cette Diane
Defcarts, estoit Anne de
Clermont, Soeur de Henry,
nommé Duc de Clermont
&de Tonnerre,&de Françoise
de Clermont, Femme
de Jacques de Crussol Duc
d'Usez
,
grande Tante de
Henry de Clermont Duc de
Luxembourg à cause de sa
Femme
,
& Fille d'Antoine,
Comte de Clermont & de
Tonnerre, Premier Baron,
Connestable, grand Maistre
& Gouverneur de Dauphi
né, & de Françoise de Poitiers
, Soeur de Diane de:
Poitiers, Duchesse de Valentinois.
Ce Jean Descarts étoit
Fils unique de Françoise
Descarts
,
Seigneur de la
Vauguion &; d'Isabeau de
Bourbon
,
heritiere des Princes
de Carency
,
puisnée des
Comtes de la Marche & de
Vandoime
,
sortie puisnée
des Ducs de Bourbon.
Messire Charles-Etienne
de Boutenaz
,
Comte de
Hombourg, Baron de Lenr>
7
ty ,
Gentilhomme ordinaire

estoit Fille de Charles de Coligny
,
Marquis d'Andelot.
Chevalier des Ordres du
Roy,& son Lieutenant General
en Champagne, ôc
d'Huberte de Chastenay
Dame d'Inteville, Baronnes
de Lenty, & avoir pouin
Ayeul& pour Ayeule, Gaspard
, Comte de Coligny
:tJ! Seigneur de Chastillon,Chevalier
de l'Ordre du Roy,
Amiral de France,&Charlote
de Laval, Fille de Guy-
XV. du nom ,
Comte de Laval,&
d'Antoinette de Daillon-
j" pour Bisayeul & pour
Bisayeule,Gaspardde Coligny,
aussi Chevalier de l'Ordre
,
& Maréchal de France,
& LoüisedeMontmorency,
Soeur d'Anne de Montmorency,
Pair & Connestable
de France; & pourTrisayeul
& pour Trifayeule
,
Jean de
Coligny
,
Seigneur de Coligny,
d'Andelot & de Chastillon,
& Eleonore de Courcelles,
Fille dePierredeCourcelles,
Seigneur de Liebault
& de Tanlay,&dePregente
de Melun. Je vous ay déja.
marqué bien des fois combienlaMaisondeColignyest
illustre, & que les Comtes,
de Colignysontdescendus,
des anciens Ducs &
Comtes
de Bourgogne. Elle porte de
gueules à l'Aigle d'or, becqué
membré, (gjf couronné d'azur"
ôc celle de Boutenaz porte
degueule, à la Banded'argent,
chargée detrois Etoiles de sable,,
accompagnée de trois Lys d'orau,
naturel.
Messire DenysDesita,
Docteur en Théologie de
la Faculté de Paris, & Curé
de S. Cosme & S. Damien,
mourut le mesme jour 15, Il
estoit Fils de feu Mr Defita,
illustre, & que les Comtes
deColigny sont descendus
des anciens Ducs & Comtes
deBourgogne. Elle porte de
gueules à l'Aigle d'or, becqué
membré,~d-r couronné d'azur,
& celle de Boutenaz porte
degueule,à la Bande d'argent,
chargée detrois Etoiles de sable,
accompagnée de trois Lys d'orau
naturel.
Messire Denvs Defita,
Docteur en Theologie de laFacultédeParis,&Cure
de S. Cosme & S. Damien,
mourut lemesmejour15. il
estoit Filsde feu Mr Defita


fameux Avocat au Parlement
deParis, & Frere de
MessireJacquesDefita,LieutenantCriminelau
Chaste- let de rocurePuarris? & auparavant queitcf General aux Re- de l'Hostel.
Peu de jours au paravant onavoit perdu un fortsça-
'tant homme, appellé Jean- Baptiste Cotelier. Il estoit
de Nismes
,
& est mort icy
Lang,ueProfesseur Royal en Grecque, le Lunys1o2.
ndecemois. MrCote- Pere, qui avoitune
ension du Clergéenquali-
-

ameux Avocat au Parlement
de Paris, & Frere de
MessireJacques DefitaLieutleetnant
Criminelau Chastede
Paris, & auparavant
Procureur General aux Requestesde
l'Hostel.
Peu de jours au paravant
on avoit perdu un fort sçavant
homme
,
appelle Jean-
Baptiste Cotelier. Il estoit
de Nismes, & est mort
cy
,
ProfesseurRoyal en.
Langue Grecque, le Lun- y 12. de ce mois. Mr Cotelier
son Pere,quiavoit une
Pension du Clergé en qualité
de Ministre converty
ayant pris un soin particulier
de l'élever dans l'Etude
des Langues & des Sciences,
afin de le rendre capable de
servir un jour l'Eglise, pria
Mr l'Evesque de Chartres
dans le temps que l'Assemblée
Generale du Clergé se
tenoit a Mante en 1641. de
témoigner à la Compagnie
qu'il auroitesté bien-aise de
luy faire voir àquoy il avoir
employél'argent de sa Pension.
Son Fils, qui n'avoit alors
que douze ans, fut introduit
dans la Salle, oùil
surprit toute l'Assemblée par
les marques qu'il donna d'une
capacitéextraordinaire, il
expliqua la Bible en Hebreu
à l'ouverture du Livre, rendit
raison des difficultez qui
luy furent faites, tant sur la
construction de la Langue,
que de ce qui dépendoit des,
Usages des Juifs;il fit la même
chose, & avecla mesme
facilité,àrl'étgard du Nou- veau Testament Grec, ôc
acheva par quelquesDémonstrations
de Mathématiques,
en expliquant lesDéfinitions
d'Euclides. Cela parut com*-
me un prodige en son aire,
& la Compagnie souhaitant
luy prêter quelque secours afin qu'ilcontinuast ses r Etudes
,
il fut resolu, que n'estant
pas de la qualitérequise
pour estre employé sur l'Etat,
& son Pere y estant déjà
ccoouucchhééppoouurr six cens lliivvrrese*r,
cette Pen sion luyseroit augmentéejusqu'àmillelivres,
pour luy donner moyen d'avancer
(onFils dans lesSciences.
On luyordonna en même
temps la somme de troiscens
livres, qui luy fut payée
pour l'aider à acheter lesLi-
-
vres qui luy estoient necessaires.
On peut- juger
de la grande érudition qu'avoit
Mr Cotelier quand il
-cft mort, par ce qu'il fçavoit
dés son bas âge. Voicy
les Livres qu'il a donnez au
Public.JoannisChrysostomi
Homiliæ quatuor, et Interpretio
Danielis. C'estun in quarto
imprimé en 1661, Opera Sanctorum
Patrum qui temporibus
Apostolicis ftoruerunt. Ce sont
deux volumes infolio, imprimez
en 1672. Ecclejiæqr:æcæ
Monumenta, imprimez en
trois volumes in quarto en
1677.1681.&1686.
La necessité de mourir est
indispensable pour tous les
hommes, & si la morten
emporte tous les jours un si
grand nombre sans distinctiond'âge,
de naissance, des
mérite & de sçavoir
, ces
n'est pas que l'on nous laisse
ignorer les choses qui peuvent
procurer une longues
vie. Mr Emery est un de
ceux qui enseignent de plus;
feurs moyens pour la prolonger
,& vous n'en doute1
rez pas, quand ce que j'ajf
à vous en dire, vous aur,
appris dans quelle estime ii
estlàdessus.MrEmery estoit
un des Apoticaires du Roy
établyàParis suivant laCour.
Il estoit de la Religion P. R.
& comme Sa Majesté commença
par ceux qui estoient
à son service
,
& à celuy de
la Cour, à faire connoistre
ses volontez, Mr Emery ne
fut pas des derniers à obéïr.
1 se défit de sa Charge, de
orte quonnepeut im&pu, te r
abjuration qu'il fit ensuite,
d'autres motifs qu'à celuy
l'avoir estée convaincu des
veritezEvangeliques, qu'il
i'eur'pas plûtost connuës)
qu'il renonça à l'Heresie d
Calvin. Il s'est fait Docteu
en Medecine depuis et
temps-là, & le Public [Olt
haitant quil reprist ses Lé)
boratoires
,
le Roy, à qui (J
capacité est connue, luy
donné un Brevet, afin qu'i
puisse faire son Cours d
Chimie comme à l'ordinarj
re. Il l'a recommencé dan
la ruë S. Jacques, proche Il
Fontaine S.Severin où il;.
établysonLaboratoire.Tou
le monde demeure d'accor
que l'on tient de luy les plu
belles lumieres de la Ch
mie, &les Ouvragesqu'il a
donnez
au Public,& les nouvelles
experiences qu'il a
Edites, en font foy.
Il y a quelque,temps que jevousenvoya y un Airà la
louange du Chocolat, composé
par MrdeBacilly. Ses
Amis luy en ont demandé
un en faveur du Café, qui ne
vous plaira pas moins,non
seulement pour le chant
mais aussi pour les paroles,
cet illustre Auteur réussissant:
également en l'un & en l'au
tre.
cAIR NOUVEAU. Afé delicieux
,
dont la douces
amertume,
M'Asceu garantir tant de fois
D'unimpitoyable Rhume)
J>)ui venoit desoler ma voix.
seserois un ingrat
Sije ne chantoisà ta gloire,
Nargue du Chocolat,
le nenveuxjamais boire,
Fy du Thé,
Et vive le Café. jj
If Cet Air est un recit de
Basse, qui ne cede à aucurm
de plus de cent que Mr de
Bacilly a composez depuis
vingt-cinq ans qu'il s'avisa
de Faite de ces fortes de reivceitnsieduerB.
asse,dont il estl'In-
On peut en voir la
!Lifte dans le second Recueil
de ses Airs Bachiques,
qu'on vend chez le Sr de
Luynes,& autres Libraires
i du Palais,avec tous les Lifvres
tant de sa Composition,
que de celle du fameux Mr
Lambert, auquel il a adressé
depuis peu une Lettre en
: Vers & en Prose, pour remerciment
de l'estime par-
*
ticuliere qu'iltémoigne faire
de luy en toutes fortes de.
rencontres. En effet la ma-
!• niere dont Mr Lambert en
parle, fait allez connoittre
qu'illuy trouve tout ce
qu'on peut desirer dans un
parfait Maistre de Chant en
toutes Tes circonstances. Je
ne vous répété point ce que
je vous ay déja dit de son
Livre de l'Art de Chanter,
si vanté non seulement des
Musiciens, mais encore de
ceux qui faisant profession
de parler en public,ont be.
foin de bien sçavoir la prononciation
& la quantité
qu'il a establie sur les Sillabes
des mots qui se rencontrent
dans lechantFrançois,
t dans la acclamation.Vous
ravez combienles deux Lires
de ses Airs Spirituels
t>nt estimez. Les Préfacés
u'il y a mises font voir la
ifference qu'ily a entreun
lir & un Chant Spirituel-,
ui d'ordinaire n'étoit qu'un
lantique ou Motet Franbis
, au lieu que ses Airs
utre la modulation, ont
n agrément que d'autres
ue luy auroient peineàleur
bnner.
Je ne cherche pas seulement
à vous faire part des
ouvelles de l'Europe,j'en
ramasse encore des autre
parties du Monde, & la Let
tre suivante en est une preu
ve. Elle est écrite de Surate:
qui est une Ville considera.
ble dans les Etats du Mogol
de laquelle je vous ay parL
fort amplement dans la se
conde Partie de ma Lettr
de Juillet, lors que je vou
ay fait la Description de li
pluspart des Pays où le Ro
de Siam trafique.
ASurate 1er.Janvier1686.
p~ Endant les mois de Septembre
& d'Octobre derniers,
arriva, cinq Navires Portugais
Goa,sur lesquels on avoitfait
~mbarquer à Lisbone deux mille
inq cens Soldats en vingt-deux
j ,,
Compagnies ; mais on dit qu'il en
~st mort six ousept cens pendant
~e Voyage, ~sept à huit cens
depuisleur arrivée,~qu'ainsi il
s'en reste pas le quart en estat de
potter les armes. C'est un malheur
ajJeZ ordinaire aux Portugais.
Le Raja Saumagi, contre
equel ilssont en guerre, les laisse
à present :-jJeZ en repos, & eu
de leurcosté ne font aucune entre
prise contre luy. C'est le Fils d'
fameuxRajaSivagi. Qjoy cjh
ce Prince ne ,ho/J'dc'> pas les grans
des qualitez de son Pere {0 qu
ps forces ne foivnt pas compara
!J'cs à celles du Grand Mozpl
il ne laijf-: pas de (ë maincuir
& de faire des courses continuel
les sur sesTerres. Le AIoo-ole
vÚi!,&il a plusieurs Enfans,qui
attendentqu'ilsoit mortpours'emparer
de l'Empire. Chacunsais
sa brigue la pluspuissante quu
peut, plusieurs Raias ou Prin
cesGentilsse sontsoulevez. Il
a quatreoucinq ans que le Mogol
a quittéAgra Xt) Deli, Villes où
ilfaitson ordinairesejour. Il est
campé depuis prés d'un ansur les
frontieres des Royaumes de Vifiapour
& de Golconde
,
dans la
croyance qu'il a que sapresence
fera agirses Généraux avec plus
devigueur qu'ils n'ont fait jusqu'àpresent.
Il envoyailya sept
ou huitmois Sultan Tarache, son
sécondFils,avec dix-huit ou vingt
mille hommespourassiegerla Ville
de Visiapour
,
mais aprèsy avoir
perdu la plus grandepartie de ses
Troupes, tant par les maladies
1
que parlafamine e- par le fer,
il a estéobligé de lever le Siege.
On dit que la disette a estésigrande
dans le Camp des Assiegeans
que la livre de bois à brûlerava~
lu jusqu'à un écu, les vivres
à proportion. Le Roy de Golconde
daignant que si le Mogol s'emparoitde
Visiapour ilne luypristenvie
d' enfaireautant de ses Etats,
luy déclara la guerre ilyaquatre
*
ou cinq mois. Son Armée rem- ,
porta d'abord quelque avantage 14
ce qui obligea leMogold'envoyer
contre lfiy Sultan Azem
,
l'aisnés
de ses Fils, avec de nouvelles
Troupes. On dit que quelques Officiers
généraux de ïArmée des
Golconde, & les Troupes qu'ils
commandaient,s'estans joints à
l'Armée d'Azem, il prit la Ville
de Bagnagar,Capitale du Royaume
de Golconde, que le Roy
avoitestéobligédese retirer dans
la Forteresse qui porte le mesme
nom, qui n'est qu'àune lieuë
de Bagnagar. C'est une chose
étonnante,que depuis deux mois
que cette Nouvelle court , on ne
peut sçavoirsielle est vraye en
toutesses circonstances, quoy que
Surateaitgrande communication
avec Bagnagar; mais les chemins
sontsi bien fermez, quel'on n'en
reçoit aucunes Lettres On tient
que le Mogol entretient toutes ces
Guerres par politique, @r pour
tenirtoûjoursses Enfans, (ëjf les
Grands de son Royaume en haleine,
& lesempescherde faire
quelques complots contre luy. Il a
d'autant plus sujet d'apprebender
que cela neluy arrive, qu'il leur
en a donne l'exemple, en s'emparant
de la Couronne au préjudice
de son Pere& de ses deux Freresaisnez.
Vous sçavez que dans le temps
quae le Tartarese renditmaistre de
Chine, il obligeases nouveaux
Sujets à se tenir toujours la teste
rasée. Comme c'est le plus grand
affront que lk'on puisse faire à un -< Chinois,de luycouperles cheveux,
quelques grands Seigneurs particuliersyfotts
pretexte de défendre
la liberté que l'onopprimoit, Je
cantonnèrent en divers endroits
decevaste Empire. Celuyquia
donnéle plus de peine au Tartare,
s'appelloitGofangoy. Celuy-cy
s'estiantforméunRoyaume particulier
dans trois Provincesméridionales
de la Chine, luy a résisté
pendantplus de trente ans. Coxinia,
ce fameux Pirate, qui prit
il y a quelques années lijle de
FormosasurlesHollandais,s'e
stoit aussiemparéde que lques lle.\
& de quelques Ports de Mer de
* la Chine. Les Chinois qui suivoient
le party de ces deux Seigneurs
,
portoient les cheveux
longs, mais Gofangoyefiant mort
depuis quatre ou cinq ans, ses
Enfansnesesnt pas trouvezen
pouvoir de se conserver
avec la
mesme vigueur que leurPere, &
le Tartares'est mis en possession
de ces trois Provinces meridionales
,co,i,;rî7- il avoitfaitaupara,
vant de tout ce que Coxiniapofsedoit.
On nom appritmesme il
il a déjà un an ,
que cet Empereuravon
conquis l'Isle de Formesi
par une puissante Armée
& -"
Litrira!ou des principaux
A4in:[très d'un des Filsde Coxinia,
qui estoit monte après la
mort de son Perefur le Trône que
ce grand Capitaine avoit eu tant
de ,IJ::ine à élerver. Ainsi on peut
due que les Chinoisfont à present
entierementsubjuguez
,& que le
Tartare estle plus grand Seigneur
qu'il y ait en Orient.
LA CompagnieAngloise eSo
icy neuf ou dix Navires à renvoyer
en Europe, mais illuy est
impossible d'en charger la moitié,
parce qu'il ne luy en est venu
que fr(j!c cette année, & fortpeu
de Carital.
-
T Iiij,
Le Negoce de la Compagnie
de Hollanderoule tonjours à l'ordin-
ûre. C'estun Corps si fort &
si bien composé que quelque maladie
qui l'attaque,on n'y remarque
jamaisd'altération. Aussi
faut-il demeurer d'accord que Li
maniéréaveclaquelle les Hollm
lois sçaventménager leurs
forces, rfl admirable.Ils s'emparevent
de Bintam il y a trois ou
quatre ans, & en
firent chasser
les Nationsd'Europe, ce qui a
fait perdre à la Compagnie Angloise
près de la moitié duprofit
qu'elle rétiroit des Indes. Je vous
mandaypar ma Lettre du mois
de y~i~rf~j*. qu'ayant trouve
la Forteresse de l'Isle deQuichemiche
y
qui est dans le sein
Persique) & peu éloignée d'Ormusyfort
mal pourveuè de Sollats
, & des choses necessaires
toursedeffendre, ilss'en estoient
endus maistres.LeJujet qu'ils
~rent pour faire cette expediion
, est qu'autrefois ils payoient
entrée des Marchandées qu'ils
apportoient en Perse
>
& de celes
qu'ils en tiroient. Ce droit
sloit de dix pour cent de l'entrér,
& de quinze pourcent de laforle.
Le Negoce qu'ils faisoient
lors en Perseeslans de plus de
cinquante nulle Tovuznscltq'i:
année,ce qui mcntoit à sept cni:
clienqTuoamnatenàrlcJiilnleqéucuasn,teaépcrreun,du i
'1
firent
ilyavingt-cinq
ou trenis
ans un Traite avec le Roy c\
Perse
, par lequel ce
Prince l\
1 °l' exemptâtdetouturo:tscientu
& de sortie
, à /t'< con~que ro ans:Ulaytyo~ù
cens charges de Soye
,
chaque
chargerpejanttrente six Mansi,
Perfi.' ,0:'(quatrecens trente- dePA
livres,poids de France
;,
quit
rante-huitTomam
s
ou septces
vingtéus la Charge, qui eso
Ó - 1", vérité un prix un peu 1?1,1
taut qu'elle ne valoit dans le
Pays mais l'exemption de droits
H'ils avoient,~ qui auroient
ronté à une sommeconsiderable
causedugrand Commerce qu'ils
sisoient, estoit cause qu'ils trouoient
encore mieux leur compte
prendre la Soye à ce prix là.,
là payer les droits d'entrée &
»
sortie. Leur commerce ayant
aucoup diminué depuis ce temps
dans toutes les Indes, &parulierement
dans la Perse
,

'n'en font plus que pour treize
quatorzemille Tomans au lieu
cinquante mille, l'obligation
prendre une si grande quantité
dgee,Soye leur ej}devenueà cha outrequelesOfficiersduRo
ge , outre que les Officiers du u
ne leurdonnent que celle qu'il
ne peuvent vendre aux autr
Marchands. Il faut encore r
marquer que depuis plusieurs an
nées la Soye est beaucoup dim
nuée de prix, de forte que si A
Hollandois pouvoient l' achets
à leur volonté, ilsl'auroientpo
jiïo. écus la charte, au lieu
<
420. qu'ils la payent, &ceiv
diffirence sur trois cens charon
monte à plus dt cent mille ~éci
chaque année.Aprés avoir jiï
plusieurs r,!-tinteS de l'injustis
que les Officiers du Roy de Per.
surfaisoient, ~& demandé inulement,
que puisque le Negoce
toitdiminué,ainsi que le prix
t la Soye
, on leur diminuast
}éjji quelque chose de la quantité
'/ils
en prenoient~er du prix
qu'ils en payoient ,ils s'estoient
parez de plusieursMarchanses
appartenantes aux Armeens
& à d'autre Sujets de ce rince,~ avoient actuellement
cit ou dix Navires moüillez
us la Forteresse de Quichemi-
,
mais ils ont estéobligez de
rendre) aussi-bien que les
larchandises dont ils s'estioient
isis sans qu'ilsayent eu aucunesatisfactionsur
leurs demart
des. On en impute la faute à il
mauvaise conduite du Commanti
dantde leur Escadre qui est
mou
encetemps,là.
Il est arrivé depuis que
que temps un differend d'u'
ne nature assez extraordinac
re. Quoy que l'interessé einj
bon droit, il a mieux ainJ
payer que d'intenter un
pn
ces, & vous en allez sçavo
les raisons. Un jeune Mac
quis, quin'aavoit pasencoc
eu le temps dese ruiner, par,
ce qu'il ne joüissoit que a
evenu de son bien, & qu'il
ne trouvoit pas toutle crédit
lontilauroit eu besoin pour
oûtenir les excessives dépenes
où il estoitnaturellement
porté
,
devint éperdument
moureux d'une jeune peronne,
qui n'estoit Demoielle
que par le privilege
qu'ont aujourd'huy toutes
es Filles de porter ce nom
Elle avoit fort peu de bien,
& n'ayant Pereny Mere,elle
lemeuroit chezune Tante,
sont la fortune estoit medio.
cre, ce qui pouvoitl'obliger
fermer les yeux sur beaucoup
dechoses, & an'estro
pas fâchée que les visites que
ik Niepce recevoitluy fuf
sentutiles. Le Marquis, dé
les premiers jours de sa pas
fion, souhaita d'en donnes
de solides marquespar quell
que present de prix, &: qui
ne luy coûtast guere.Cen'est
pas qu'ileust envie d'épart
gner, mais il n'avoit poinn
d'argent, lX: ne sçavoit OK
en prendre. Il consulta [01':(
Valet de chambre,qui estoii
le confident de toutes ses aft:
faires de coeur, & bien fouu
vent son Rival secret. C'est:
l'ordinaire,& lesMaistres qui
font magnifiques, sont su jetsà
faire des liberalitez,dont
les Valets de chambre qui les
procurent, sçavent quelquefois
partager le fruit.Geluycy
dit au Marquis qu'il sçavoit
des Colliers de Perles,saçon
de fines, ausquels les Orfévres
étoient trom pez tousles
jours, & que pour trois
Louïs tout au plus illuy en;
feroit avoir un, qui feroitestimé
deux mille francs de
tous ceux qui le verroient
qu'onavoit beau moüiller
ces Colliers,, & les grater
avec un couteau, qu'ilsde
meuroient toujours dans le
mesime estat; que l'eau en
estoit très- belle, semblableà
celle des Perles fines, changeante
, & faisant ia gorges
de Pigeon,Que la sueur n'actachoit
point ces Perles auj
cou; qu'elles n'y tenoient
point mesme en les mouillant,
& qu'il s'en falloir fort:
peu qu'elles ne pesassentau
tant que les fines; que s'il
vouloir en estre persuade, il
le meneroit à la ruë du petit.
Lyonproche celle de Saint:
Denis, chez un Marchand
appellé Breton, & jaquin
son Associé, & que cesMarchands
qui vendoient ces.
Perles en gros& en détail,
donnoient un Billet de garantie
, par lequel ils asseuroient
qu'on les portoitsans
qu'elles changeassent. Le
Marquisluyrépondit qu'il
avoir veu deces forces de
Colliers, mais que la vérité
se découvrantaisément,on
neles pouvoir donner que
pour tromperlepublic de
concert avec celles quiles
recevoient ,& qu'ainsice
n'estoitpas lemoyendega
gnerun coeur que le manque
de fortune pouvoit rendre
interessé. Le Valet de
chambre, qui ne manquoit
ny d'adresse, ny d'esprit, dit
à son Maiitre qu'il ne se misten
peinede rien, & qu'il
donnast le Collier; qu'avant
qu'ilfust reconnu pour faux,
il pourroit avoir le temps des
gagner le coeur de sa Maîtresse,
qui auroit ensuite de
la peine à lereprendre
,
&s
qu'en tout cas il se reposast
sur luy ; qu'il produiroitun
Vendeur qui le tireroi t d'affaire,
en avouant qu'au lieu
d'un Collier de Perles fines
qu'il auroit montré d'abord,
illuy enauroit livréunfaux,
dont manque d'argent il luy
feroit un Billet de deux cens
Loüis payable en deux ans,
& que ceBillet remis entre
les mains de la Demoiselle,
luy tiendroit lieu de Present,
en attendant qu'il fust en
estat de le retirer par un Present
effectifLeMarquis
consentit au stratageme. Aprés
tout, ce n'estoitqu'une
Bourgeoise qu'il vouloit
tromper, & quand la chose
auroit esté sceuë
,
elle ne
pouvoir luy faire grand tort
Il acheta le Collier.,l'ail~-
porter à la Belle,& en res
ceut desremerciemenst
gracieux. On luy marque
tant de joye de sa visi~
qu'on l'arresta jusqu'au soin
Aussi tost qu'il fut sorry
,
les
Demoisellemontra le Present.
LaTante aprés luya~
voir donné quelques leçonn
deSagesse, la felicita sur la~
liberalité du jeune Marquis
Elle trouva le Collier tresz
beau
,
& le jugea fin. Untf
de sesAmies quila ~vintvoi
le lendemain au matin
,
m
uquinineessy'ycoconnilnooi.iossiotpitapsas-,-
mieux que la Tante, fut du
mesmesentiment. Cependant
afin d'en sçavoir le prix
u juste,ellel'engagea à
l'accompagner chez un Orfévre
de sa connoissance,
qui luy en diroit la verité.
La Demoiselle le mità
son cou, & se rendit chez
l'Orfévre. C'estoit un homme
fort accommodé,&que
le grand étalage de richesses
qu'on voyoit dans (a
Boutique ,faisoit croire experimenté
dans son Meftier^
mais heureusementpour nôtre
Marquis c'estoit un dill
plus ignorans de certe Prcy
session.Lesgrands biens do C)ds dci
son Pere l'avoient empe(ch|
de travailler à se rendre haa
bile
,
& il s'estoit occupé i;
se divertir, comme sons
presque tous ceux qui folio
asseurez de se voir riches?
Le Pere estant mort, il avoli
pris possession ôc de ses éCLJ
& de son argenterie
,
& ]|
biend'unhomme, quel quoi
foit l'Art dont il se mesle :
le rendant toujours habile i
quand mesme il sçauroit fojj
peu de chose
, on venoï
ches
chez luy de toutes parts.
L'Amie de la Belle à qui il
vouloir assez de bien, s'en
estant d'abord attiré quelque
douceur,luy demanda
en riant s'il laimoit assez
pour luy vouloir donner un
Collier pareil à celu y de son
Amie.Ille regarda, & estant
prié de dire ce qu'il croy oit
qu'il valust
,
aprés l'avoir
regardé au cou de la Belle
avec plus d'attention, il dit
que si on l'avoit eu pour
deux mille frans, on n'avoit
pas fait un méchant marché.
Cela fut entendu d'un homme
qui entroit dans la Bat
tique de l'Orfévre, &qi
voyant quelquefois la ~<
moiselle fit le connoisseur si
le raport de l'Orfévre, & l'a
seura qu'elle avoit un bea
Collier. C'estoit un de ce
honnestes Usuriers ou Pr~
teurs sur gages, qui croyent
faire grace auxgens quand ilsveulent bien secontente
de prendre chaque mi]
deux sols par écu. Il venoit
sçavoir de quelle valeur
pouvoirestre un Diamant
sur lequel il avoit prest
cinquante Pistoles. Aprés
quel'Orfévre eut répondu l l'Orfévre répondll
à ce qu'il luydemandoit seon
l'érenduë de son ignorance
,
il sortit avec la Belle
qui ayant la demangeaion
des jeunes personnes,
lui veulent paroistre magnifiques
en habits, l'avoit
rié de luyprester de l'argent
,
mais les gages qu'elle
nyavoit offerts ne s'estant
pas trouvez suffisans pouraoir
la somme qu'elle vouloit
emprunter, l'affaire n'abit
pas esté concluë.Elle
luy en fit reproche,&l'U-
~rier luyrepartit franchement
qu'il ne prestoit
qU11
sur de la Vaisselle d'argent
ou sur des Bijoux, ôc que it
, elle vouloir luylaisser {ÕH
fil de Perles, il luy donne
roit jusqu'a mille francs
mais que si elle eftoir dans
ce dessein, il falloit qu'ell.
vinst chezluy sur l'heure
parce qu'il partoit cemesme
jour pour un Voyage d'un
mois. La Belle vit bien qui
dans la crainte qu'on
changeast le Collier, il rj
vouloir point le perdre c)
veuë. L'argent offert la ter
ta. Ce qui la fit balancer,
Fut la crainte de chagriner
te Marquis si elle estoit quelquetemps
sans se parer du
Present qu'illuy avoit fait
de si bonne grace. Comme
elle avoit de l'esprit elle eut
bien-tostimaginé une excuse,
& les habits à la mode
touchant plus son coeur que
toute autre chose,elle se rendit
avec son Amie chez l'Usurier,
qui luy fit cacheter
son Collier par Les deux
bouts. On lemit dans une
Boëte qu'elle cacheta encore
de ion cachet,& avant
receu les millefrances,elle
s en alla fort satisfaite, d'avoir
dequoy donner dans
l'étoffe. Son impatience
luy permit pas de different
plus long-temps. Elle en all
choisir des plus belles, Ô
suivant l'usage d'aujourd'huy,
elle parut quelques
jours aprés dans une magn
ficence qui passoit tout c:
que celles de. lacondition
se peuvent permettre. La
Marquis sur écouté asse
favorablement.J&laBell<>!
voulant s'excuser auprés dct1
luy ,le pria de ne la pas condamner,
si elle attendoit un
peu de temps à porter le sil
de Perles. Elle feignit qu'ele
n'avait osé parler de ce
present à sa Tante, parce
qu'estant trop considérable
elle n'auroit pas manqué à
a gronder de l'avoir receu ; qu'elle prendroit son tem ps
pour cela, & qu'il falloit la
trouver de bonne humeur
pour luy avoüer la chose.
Le Marquis qui ne souhaitoit
rien tant que de l'empescher
demontrer les Perles
la pria de y ne se point attirer
d'affaire
,
& vit sans aucun
chagrin qn'elle ne parlast
de ion Present à personne.
Il redou bla ses empressemens,
& le plaisir qu'elle se
fasoir de les recevoir, l'en
recompensoit d'une maniere
à luyfaire avoir quelque
remords de la tromperie
qu'il luy avoitfaite.Cependant
par le secours de l'argent
qu'elle avoit tiré de
l'Usurier
,
elle fr-llli[ dans
une grande parure,& comme
l'ajustement donne toujours
un nouvel éclat à la
plus belle personne,sescharmes
furent plus vifs, & en
peu de temps on vit augenter
le nombre de ses
conquestes. Le Marquisneut
souffrir de Rivaux sans
uy en montrer beaucoup
de chagrin. Sa jalousie ne
ervit qu'à reculer sesaffaies.
La Belle entestée de son
nerite, ne put se resoudre à
è priverdes douceurs qu'on
uy venoitdébiter detoutes
parts ,
& le Marquis à qui
llerefusa le sacrifice qu'il
uy demandoit, prit le paryde
se retirer. Elle fit vaoir
à ses Amans la perte qu'ilsluycausoient,&rien
le coustant quand on a le
coeur touché, chacun cherc
ha à l'env y à signaler sonn
- amour par ses liberalitezj
Ainsi les Presens luy vc--'
nant en abondance
,
elle
se vit bien-tost en estat de
retirer son collier.Celuy^
qui l'avoir en gage, & qu'elle
envoya querir pour luy
rendre son argent , voulu
bien aller chez elle, contre
l'ordinaire des Presteurs,
chez qui on va toujours terminer
ces fortes d'affaires.
Il la connoissoitdepuis l'ongtemps,
& il en avoit déja
usé de la mesme forte er*
l'autres occasions. Elle prit
a boëte où le collier estoit
enfermé, & en rompit le cachet,
qu'e lle reconnut pour
estre le même qu'elle y avoit
nis. Il demeuroit d'ailleurs
ort bien imprimé sur les
leux bouts du ruban. Ils aiefterent
ensemble le comte
de l'interestqu'il falloit
oindre à la somme principa-
,&laSelle ouvroit sa boure
pour payer le tout en
oüis d'or, lors qu'il entra
n Orfévre qui luy ra pporoit
une Baguequ'ilavoit
emise en oeuvre. Elle la fit
*
k
voir à l'Usurier, Sedemand
en mesme temps à l'Orfévr
s'il trouvoit soncollier beau Ilrépondit aprèsl'avoir re
gardé de prés, que les Ou
vriers de ces belles Perle
avoient un secret qui n'ac
commoderoit pas les Joüail
liers, 6c qu'il croyoit que c
collier, tout faux qu'il estoit
valoit du moins trois Loüis
LaDemoiselle surprise,soût
tint que le collier estoit fin
& en donna pour garant le
Presteur mesme, devant qu
l'Orfèvre, chez qui ill'avoi
trouvée, l'avoit estimé deux
cens Louis. Le Presteur ne
pût en disconvenir. Il avoüa
qu elle ne pouvoir avoir
changé le collier, puis qu'elle
l'avoit tiré de soncou pour
le luy remettre entreles
mains, sans qu'il l'eustquittée
un seul moment , mais
il dit en mesme temps qu'elle
ne pouvoit desavoüer que
celuy qu'il raportoir, ne fust
le collier qu'elle avoit mis
elle-mesme dans laboëte,
puis qu'elle avoit reconnu le
cachet en le rompant, &
que ce cachetestoit encore
tout entier sur le ruban. Elle
répondit qu'il estoitabsolu
ment impossible qu'un colier
fin fust devenu faux dans
la boëte,mais qu'on pouvoavoir
fait faire un cachet p
reil au fien, & rompu la ein
pour changer le collier. Il
contesterent long-temps, û
chacun soûtint sacause avec
beaucoup de chaleur. L'On
févrequiestoitpresent,n'eut
point de party à prendre. Il
dit ieulement qu'ilavoit efn-î
obligé de répondre sur la dÇ)
mande qu'on luy avoit faite
& qu'il n'avoir rien dit qu
de veritable. Aprésune granr
de & longuedispute, on
tomba d'accord que l'on
roit chez l'Orfèvre qui avoit
crû finle collier qu'on trouvoit
faux, & qu'on resoudroit
ce que l'on auroit à
faire, aprés qu'il auroit paré.
On ne perdit point de
temps. Le Presteur y accompagna
la Belle, mais on l'ala
chercher inutilement. Il
estoit de la Religion P. R.&
avoit trouvé moyen de s'échaper
du Royaume. Ainsi
on perdit touteesperance
d'avoir aucun éclaircissement
de cecosté-là. On porta
le collier chez d'autre
-or..févres., & il y en eut qu
ne voulurent point décide
s'il estoit faux qu' apré
qu'ils l'eurent pesé, mai
enfin ayant esté reconn
pour tel, cet article ne su
plus à contester. Le Presteur
dit alors à la Demoiselle
qu'il falloit qu'elle nOffirnan
celu y qui luy avoit vendu c
Collier,& que c'estoit Il
moyen de tirerquelques lu
mieres qui leur pourroient
estre utiles. Elle répondii
qu'un de ses Amis luy avoi
faitce Present, & le Pre
teur repliqua que la chose
n'en pouvoirallerque mieux
puis queceluy qui luyavoit
donné le Collier, n'ayant
point d'argentàrendre,quad;,
il seroit faux,.ne se feroit pas
de peine de dire lavérité,au
lieu qu'unOrfévrerefuseroit
toûjours de la dire, moins
encore parce qu'on l'obligeoità
restituer l'argent, que
par l'affront queluy feroit
ecevoir une tromperie si
criminelle. Le Marquis qu'-
elle nomma , n'estoit pas
moinsdifficile à trouverque
'Orfèvre Proteflant. On sçavoit
qu'il avoitquittéParis
& qu'il avoir pris emplo)
dans l'A rmée des Venitiens
Le bruit couroit mesme qu'i
avoit cité eue; & quand lai
Nouvelle auroit elle fausse
j
la Belle dit qu'elle n'estoit
pas d'humeur à attendre lu
payement de son Collier jusqu'a
son retour, & qu'on ne
se persaderoit pas dans la
monde qu'un habile Pres
leur sur gaes eus donno
unesoe considerable fum
un Collier faux; que ces
Messieurs-la demy
Joüailliers , à cause de Li
uantité de Pierreries qu'on
ur mettoit tous les J"JufS
ntre les mains, & qu'enfin
le vouloit le Collier fin
qu'elle luy avoir donné, ou
valeur du Collier. Ils s'éhauferent
beaucou p ,
& se
eparerent sans rien conclute.
La belle estoitasseuréede
e pas tourperdre, pn is qu'-
le devoir mille francs à
Usurier & les interests de
etce somme,qui montoient
D-et: haut. L' affaire ayant
ommencé à estre fceuë
tans le monde, le Presteur
craignitd'estre trop connu
pour ce qu'il eftoir. Un trop
grand éclat pouvoir- porter
préjudiceaux autresaffaires
qu'il avoit de cette mesme
nature,&voyant que laDemoiselle'
estoit resoluë à lepoursuivre,
il prit le party
de s'accommoder. Ce n'est
pas qu'il netrouvast l'affaire
allez bonne pour pouvoir
risquer à la défendre, mais
la qualité de Prelteur sur gagesestant
toujoursodieuse,;
il apprehenda de n'estre pas
traitéfavorablement s'il paroissoit
en Justice. Il fit parler
à la Demoiselle par des
?
personnesqu'elle voyoit fort
souvent. Ellesobstinalongtemps
à vouloir la somme
entiere à laquelle le Collier
voiteslé prisé devant luy
:> naisle Marquis l'ayant pû
rom per,. & luyen donner
~in hiujc, ce qui estoit vrayemblable
par la circonsance
de son cacher deneuré
entier,elle jugea en--
in à propos de iècontenrer f
l'uunnBBiijjoouuddee, cceennttééccuussqquuee.'
Presteurluy donnaoutre
somme qu'elle avoit deja eceuë. • Les Nouvelles que j'ay à

Négociation qu'il'avoir à
ire avec le Dey de Tripo-
Il luy écrivit, & luy fit
arler en des termes si presns,
que le Divans'estant
sèmblé des le jour mesme,
solut deluy accorder tout qu'ii luy demandoit, à
reserve de l'entier pay esent
des soixante mille éusqu'il
s doiventderelie,
ce qu'ils ont promis de
1 yer par le Traité de Paix
ui fut fait l'année deriere
, à quoyris ne sont
as encore en estat de satisfaire
, tant à cause de la
mauvaiserécolté,que pa
les Guerres qu'ils ont euë
entre eux, & qui n'avoien
esté rerminées que peu d
jours avant l'arrivée de M
de Morcemar
r,
parla mor
du Bey, que les Maures a
voient voulu rendre Souve:
rain de ce Pays-là.Cepen
dant ilsont fait cous leur
efforts- pour charger de ble~
unVaissèau du Roy quiefi
toit dans leur Port depuissi~
semaines, & la presenced~
l'Escadredes François, soû
tenuë des bons ordresde ce
luy qui en estleGeneral, leur
a fait faire en quatre jours,
ce qu'ils n'auroient pas fait
en deux mois. Ils ont promis
d'en charger deux l'année
prochaine, jusqu'à l'entier
payement de ce qu'ils
doivent
; & comme Mr 1,-
Duc de Mortemar leur d e.
mandoit vingt Esclaves Ecrangers,
à la place des sept
François, qu'ils ont vendus
aprés la Paix en divers enroits
du Levant, d'où illeur
lesté impossible de les retier,
ils ont envoy é dabord
es vingt Etrangers, avec
quatre jeunes Mousses de
Provence qu'ils avoient fai
renier par force. C'est ce qL
n'avoit jamais esté accord
par aucun Traité fait ave
ceux de leur Loy. Mais c
n'est pas seulement en cel
qu'ils ont marqué combie
ils veulent estre soûmis au
volontez du Roy,& jusqu'o
va la consideration qu'il
ont pour le General de se
Galeres-, ils ont encore dor
né dix Esclaves étrangers
outre lesvingtqu'il leur a
voit demandez,& l'ont fai
supplier de vouloir bien estr
leur Protecteur auprès de
Majesté, & de qesMinistres.
Mr le Duc de Mortemar
trouva à. son arrivée devant
Tripoli cinq Vaissèaux de
Guerre & trois Flûtes Venitiennes,
commandées par n Noble Venitien. Ces
Vaisseaux estoient venus délarquer
la Garnison, & les
Habitans de Navarin & de
Modon) ces deux Places s'etant
renduës à composition
u Generalissime Morosini.
.¡..e Noble avoit retenu quelues
Femmes,sous pretexte
u'
elles vouloient le faire
Chrestiennes, & le Dey de
,",ru oli quiavoit receu les
plaintes de leurs Maris&de
leurs Parens
,
avoir retenu
par represailles une Chalou
pe, avec tout l'Equipage du
Vaisseau du Commandant i
qui vint d'abord implorer Id
protection de Mr de Mortes
mar. Le Dey de son coste~
luy fitdemander la mesme
grâce, de force qu'il fut l'An~
bitre de ce differend. Il sir
rendre lesFemmesauxTurc
& les Matelots & la Chai~
loupe aux Venitiens, qui
partirent le lendemain,apré
luy avoir rendu de grand
honneurs. Le jourpréces
dent il avoit envoyé vers ce
Commandant, pour luyfaice
entendre avec beaucoup
l'honnesteté
, que laconsideration
qu'il avoit pour la
République,&pourluy en.
p,.articulier,&les raisons de -. * .a.J .L (,.L l( a conjoncture presente l'vemeschoient
de faire visiter
es Vaisseaux,pour prendre
es Matelots François qui s'y
rouveroient, mais qu'il le-
~doit d'en faire faire luymesme
uneexacte recherhe.
Elle fut faite ponctuelment,&
le lendemain le
Commandant des Vaisseaux;
k
Venitiens luyenvoya deuL
François, dont l'un estoK
employé à son Canot.
L'Elcadrecommandée péf;
Mrle Duc de Mortemar et;
tant partie pour Cadis, Io,
Vents de NordciiC!1 l'
oblil
gerent de courir bord IÙTJ
bord pendant trois jours sui
le Cap Bon; & elle fut joinn
te le 10. de ce mois devan
Porto-Farine par le Vaisseau
appelle le Cheval Marin, qui
ce Duc avoit envoyé pas
avance à Tunis, afin ~dit
n' y pas moüiller. Il en aF,
porta des Lettres, qui lui
apprirent que les siennesy
voient produit le mesme
effet,que sa presenceeust
û faire au prés des nouvels
Puissances de ce Royaune,
qui témoignent vouoir
faire toutes choses pour
l'avantage du commerce de
a Nation. Ceux de Tunis
voient envoyé le SrGarine
au Cap Negre pour -s'y
tablir, & ils ont remis sur
bn Vaisseau tout lereste des;
Esclaves qu'ils avoient àrenre,&
qui avoient esté pris
DUS le Pavillon de France.
Le Consul ajoûte qu'ils ont
donné des ordres pour charger
d'huile laFluste duRoy
qui est à Sources, & quils
luy ont fait des protestations
de vouloir toute leur vie,
aux dépens mesine de leurs
propres interests, entretenir
une bonne&constantePaix
avec l'Empereur de France..
Mr le Duc de Mortemar a
mis en route pour les Four--
mentieres & doit conduire
lesGalliotes jusque sur leCapc
Tollare, où il se deparera
pour repasser le Détroit, à
moins qu'il ne trouve des
contre - ordres en chemin.
Je vous envoye la copie des
Conventions qui ont esté
Faites avant son départ de
Tripoli.
CONVENTIONS PASSE'ES
entre Lüis de Rochechoürad, DUC
de Mortemar,Pair de France, Prince
- deTonnay-Charanre, General des.
Galere,& commandant les Vaisseaux
du Tres
- puissant
,
Tres - ex- cellent,&Tres-invincible Prince
LoüysXIV. par la grace de Dieu,
Empereur de France, &Royde
Navarre; &les tres-illustresBacha,
Dey ,Bey
,
Divan, & Milice de la
LVille& Royaume de Tripoli. E dernier Traité fait par
A41je Maréchald'Estrées,
fera observé de fart & d'autre
d.vnstoH:c : 'Yl CtC^.di'é
,
r'c)'" COVJ—
Ytî?MÏ'tL'd'il? [îi[\ i,?y,
E,o},J.) i[J'll,l'" 1.. '2 Ltli1,('y*A'Al lllC S C!tOie>llC.
e"l ,; f' ~,., 1) VI
;1,"
.,..)') '1.1; "\, À frayerenA'fii?chandu.
fc>3 dans st.c??>oisdujourde[ah c.' )Je aL r ', ., l '"1
! ..J - Jijjî-Mxre d'y<-;tT/a.î,ié les (1
~)
','" 1 -- ':' '1
,. :~! L "Ir x.ani,er-.i:;:?hydres rcjuntesdesv t,. , 1. \-; t. ¡ !.) ( J l. ¡ , -' l-; L. iïnaci-ï: .':Vhires
,
st) ayantx
paru au lJ::c de Aiortimar que;;
, 'v;' j,.,,' .)' )" '<n-'t" laïktJi.we)'icoite lie cetteAYl-~
;;), ",
, ; ri '7' ',' r née lesai'o:tc<,>Oef:'):% àyfd—
ti:fra.ire, (SI p ¡ O'IC ri,l:l!;'!t.J la ¡!}.tU--
nj/etê (f)) rm,f(treau.d,'it RRoyaume*,
",-", l;/' ') Ch'" ,/If l-
I l, , ., l f d 77 .n' i* lesauoitr„ishors àe (" ,." 'v L. Lu l ,IIv. ("
îai de tenir leur parole
,
et: N01"-, ;:of, ur).zi U ¡ e, 0, V~
avons bien -co,i leuraccorders
y/fi .,y J..;.1.., larecolle de
9/' l' f ,," f -1" , j l
'innee prochaine pour achever
"entierpayement
,
à condition
'ott"efois qu'ilfera vérifié par le
Oonful
,
qu'ilsseront dans l'imniffihilité
d'y fatisfiaireplûtojl
hten argent, soit en ÎÎlûrchan-
<5 ? hjes5 & quecependant le charr'-
sKr-nt de la F:dle commandée
>'¿lrd'A;rquin,-qu--)i(efaitprefenement
,f.eraachevédans dix
ours d'aujourd'hui, du meilleur
,led du Pays, & qu'ils charge-
'ont auffit de la mesme qualité de
ded un autre Navire qui pourra
venir de France avant la fin
le l'annee.
Ayant esté vérifié que leurs
VaisseauxCorsariesavaientvenddusfeptEEf'"
llaves FFrançois,nou-
J avons voulu nous contenter de
prendre en leur place vingt Esclaves
Chrestiens de toutes Nations,
à no!t..c choix;sçavoirun
Marlois,nommé Jacquesde Han,
(~~Ct "!JVtJ..,,>. ['J.rl•"Ûli';"" .C..r..,•!;r;t•-i ~-~«. sont à la Mer, & que ledit Bey,
& Divan remettront au Covjîilu
à /irrivéÏ. de leurs Vaisseaux,
& dix-sept que nous avons fait
emb avq 'icr.
Les troisFiançois qui restent
à Dernequ'on a envoyé cher-
, 1" cher,seront remis ince,tsrsamment
entre les mains dudit Consul,
Cinq françaisEJclaves sej1
'ant faits Mahometans, sans avoir
declaré devant le Consul
François qu'ils vouloient renier
eur Foy, comme ilse doit pratiquer
par l'Article XXIII du
lernier Traité, nous avons obligé
ledit Dey
,
Bey & Divan
l'en envoyer trois chez le Consul,
qui sefont trouvez en cette
Ville, pour declarer en toute libertéla
Religion dont ilsfaisoient
rofession;& ayant ditqu'ils vovoient
estre Cbrestiens, nous les
vons embarquez pour lespasser
n France; & à l'égard desdeux
autres ,lesdits Bey& Divan les
envoyerontchercherincessemment
pour estre aussi remis entre les
mains du Consul. Nous avons
pareillement pris un Esclave
François quis'est encore trouve
en cette Ville.
Fait & publié en la Maison
du Roy à Tripoly
,
le Divan assembléoù
estoient les tres- Iliaflre.:
&magnifiquesSeigneursKal.
Bacha, Az)a Abdalla Dey,
Morat Bey
,
le Musti,leCadi
lesgens de Loy Cjr dejn-hce,
de toutelavictoirieuseMilice
&enpresence desStsdeRaymond
Capitaine & Major de U-.
Ivlannf, le zJ^uure Consul, ty~
Beuf, Secretaire de M, le Duc
le Mortemar, le premier Aoust
686.
? Les Etrangers qu'on a retiez
au lieu des sept François
lui ont esté vendus au Levant
, publieront sans cesse
es bontez de nostre AujusteMonarque.
En voicy
es Noms.
; Jean Valelle
,
Michel de
floris, & Benedict Marque,
le Majorque.
Jean Plantin, Laurent
Bray
,
& Fran çois de Bourelaux,
de Venise.
Paul Moucalet,& Ar
toine Dandiot, de Messin
Pierre Aureque, de Pale
me.
Christophe Alaura Mior)
Nicolas Neque, Chriitophi
Courdis
,
& Nicolas Scrra
tis, de Zante.
Alexandre Ancipas, di
Cefa lonie.
(' Honoré Cournelle,& Jea.
Podestat, de Malte.
George Alexandre,d'Ar
tAionchgee. lo 1
Bran
do,&Ph:'
j <pli:
lippe Terronnaux,de la Baj
tide en Corse.
Philippe Janis, de Corse,
Loüis Poulesdemon, de
Angelo en Poüille.
Jean-François Antoine de
caillery.
Alphonse Aurivalle, de
Malgue en Espagne.
Constantin-André,Rousotte.
Pierre Chanfy ,de Liourne.
Nicolas Jannot Genois de:
Reme
Ces vingt sept Esclaes
que 1011 a rendus,
uns au Maltois ,&aux
eux Capucins de Païennequ'on
doit rendre, font,
nombre dont je vous ay pa
léau commencement de a
Article. Les quatre Mousse
que l'on a encore rendus
Ôc qu'on avoit fait renie
par force, sont Jean l'Etoit
de Lyon,Gafpard- Jacquie
de Marseille Fils de Jean
âgé de18. ans; Charles La
gieraussi de Marseille
,
- Fil deJacques,âgé de 14. ans
& Philippe Simon de Cassis;
Fils d'Antoine,âge de id
ans.
Le 22. du mois passé,M
le President de Chastillo
L*Mr de Clusel
,
Commis
saire General
,
Directeurs de
l'Holpital & Manufactures
le Perigueux,firent élever
un BusteduRoy, danscette
Manufacture avec beaucou
p de ceremonies. Ce
bustea esté fait par un Frera;
fui.re
,
& passé pour un
t-tacfd'oeuvre. Les Maire
Consuls avec leurs livrées,
ausssi bitn que les Administrateurs
del'Hospital&Manufactures
,
s'estant ren lus
l'EgliledesJesuites, on y
hanta une Messe solemnel
pour Sa Majeste. Toutes.
les Compagnies des Bourgeois
estoient fous les Armes
dans la Court, & au devant
du College jusque dans leurs
Jardins, au nombre de douze
cens hommes. On porta
le Buste à l'Hostel de Viti.
sur un Char de Triomphe.,
remply d'Ornemens, & atteléde
tres beaux Chevaux..:
On le laissa devant cet Hôtel
pendant quatre heures,
& l'on y fit une Garde réguliere.
Le Panegyrique du
Roy fut prononcée avec
beaucoup d'éloquence par
un Pere Jesuite&leCanom
annonça les Feux de Joyequi
terminerent la Feste.
,.
Ces jours passez on repreenta
dans la Court du Colege
delaMarche,une Tratédieintirulée,
Le Triomphe
e la Religion
,
qui preceda
a distribution des Prix. Le
accez en fut fort grand.
comine cette Piece estoit
moitié Latine) & moitié
rançoile
, tout le monde
ut dequoy se satisfaire.Il y
at pour Intermede un Balet
qui avoit rapport à la Traedie
,
& où le Comique &
Serieux estoient joints avec
grandart. Beaucoup <L<
Personnesdistinguées pa,
leur naissance & par leur
rang,jouirent de ce Specta
cle, & l'ordre que l'on vit
regner par tout,& qui |
trouve si rarement dans cm
Assemblées nombreuses
,
f}j
voir que le Chef de ce Col
lege est homme de reste à
d'experience C'est Mr 2
Fourt, auquel M.l'Archeve
que de Paris a donne depui
peu cette Principalité. S'il
fait paroistre sa ca pacité pu
bliquement en Sorbonnej
lors qu'il a esté auprés de
Enfans d'Honneur de Monseigneur
le Dauphin, il a
montréqu'il ne possedoit pas
moins la sçience du monde
que celle de l'Ecole. Les
seruices qu'il a rendus a Mr
l'Abbéde Lyonne
, au prés
duquelilestoit quand il quit.
a la France pour accompagner
Mr l'Evesque d'Heliobolis
dans les Millions,luy
ont déjàprocuré des Benefices
considerables
,
& il aua
toûjours cette gloire
lU)on ne fera jamais rien
jourluy qui soit au dessous
le ce qu'il merite.
k
J'ay encore à vous parler
de quelques Morts. Celle de
Dame Marie Su blet arriva
dés la fin de l'au tre mois Elle
estoit Femme de Messire Julien
le Bret, Seigneur de
Flacourt, & Mere de Mefsire
Pierre Cardin se Brel!,
receu Maistre des Réquelles.
en 1676. aprés avoiresté;
Conseiller au grand Gonfeil„
8c presentement Intendant
de Justice en Dauphiné..
Les Ouvrages que nous M
laissezMessire Cardin Bret Avocat General
le
Parle-ment,témoignent sahautes
haute capacité,& feront toûjours
conserver la mémoire
de son nom par les Gens de
Lettres.Quant à celuy de Sublct,
il n'y a personne à qui
le mérité de feu Mr Sublet
deNoyersBaron deDangu,
Secretaire d'Estat, & Surintendant
des Bastimensde Sa
Majesté
, ne l'ait fait conhoistre.
La parfaite intelligence
qu'il avoit des Sciences
& des Arts, l'at rendu
cres-renommé.
Dame Louise Targer mouut
dix ou douze jours après.
Elle estoit Veuve de Messire
Charlesie Noir , Prefiden
en ja.Cour des Aydes c;
- Paris
,
& Fille de feu h*
Targer Seretaire du.Roy
qui avoit deuxautreFille;,
dont l'unea estémariée à se
Mr Bazin de Bezons Con
seiller d'Estat
,
& l'autre.
Mr Doujat, Conseiller de 1
grand'Chambre. Le Fils ai:
ne de Madame la Presidentle
Noir,estMr le Noir Con
seillerauParlement deMet:
qui a épouse la Fille de h
Cherey, Maistre des CornIl
tes. Feu Mr le President,
Noiravoit deux Freres. L'u
st more Conseiller en la
:our des Aydes, & l'autre
si Mrle Noir de Verneüil,
îentilhomme ordinaire de
lonficur le Prince. Il estoit
une Famille qui depuis plus
e six-vingt ans a donné plueurs
Avocats auParle- eurs AvocatsauParle-
Ilent,recommandables par
ur vertu. L'Aisné decette
imille, estoit M. le Noir,
oyen des Avocats du Parment,
decedé l'année der- ère. Meuire Martin de Ber- x
ond
,
Conseiller en la
sand Chambre, mourut le
ti-6.--de cè mois. Ily a eu pli
rieurs Conseillers de so
noman Parlement de Parti
ôc dans les autres Comp;
gnies On sçaitl'Alliance
qu'il avoit avecla Famili
de Dreux,qui a aussi donr
plusieurs persones cons
derables, à l'Eglise, à l'Epé-
& à la Robe. Il avoit est
receuConseiller au Parle
ment le19. Novembre 164
Messire Jean-François
Coq, Seigneur de Gaupilid
res, receu le 19.May 1653
Conseiller en la premie
ChambredesEnquestes, e
nonté à la grand' Chambre
ar la mort de Mr de Bernond.
Mr Mainbourg,si fameux
ar les Histoires, mourut
lans le mesme temps à l'Abbaye
de S. Victor, où il s'éoit
retiré. Il fut surpris tour
coup d'une maniéré d'éourdissement
qui luyosta,
ufoçe de la parole. On le
orta sur un lit, & il expira
vant qu on eut achevé de
uy donner l'Extreme-Onction.
Ses Ouvrages sont
L'Arianisme. ).
Les Iconoclastes.
Les Croisades.
Le Schisme des Grecs..
Le grand Schisme d'Oc
cident.
La Décadence de l'Em
pire.
Traité de l'Etablissemens
de l'Eoglise de Rome.
Le Luceranifme.
Le Calvinisme.
L'Histoire de la Ligue.
L'Histoire du Pontifical
de SaintGregoire.
Le Sr Barbin quiaimprimécette
derniere Histoire,
débitera dans fort peu de
temps celle du Pontisicat
se Saint Léon
,
qu'on ached'imprimer.
Dimanche dernier 25. de
cemois,Mrs de l'Académie-
Françoise celebrerentà leur
ordinaire la Feste de S.Louis,.
dans la Chapelle du Louvre.
ls Ce trouvèrent en fort.
grand nombre àcette Ceremomie,
à laquelle Mrl'Arhevesque
de Paris, quiest
de leur Corps, assista avec
les marques de sa Dignité,
c'est à dire, en Camail & en
Rochet,&avec la Croix.Lei
reste de l'Assembléeestoit
composé de quantité depersonnes
considerablespar leur
merice & par leur naissance
Mrl'Abbéde la Vau,pr
tement Directeur de la Com
pagnie
,
celebra la Messe,
pendant laquelle il y eut une
excellente Musique, de la
composition de MrOudot.
Le Panegyrique du Saint fut
prononcé par Mr l'Abbé Ro.
bert, Grand, Penitencier de
l'Eglise de Paris. Il prit ces
paroles pour son texte , Per
mi Regesrégnant) ôc fit voir
que bien loinque les Vertus
Royales fussent incompatibles
avec celles d'un périrale
Chrestien, comme Ter-
:u ilien l'avoit creu, S Louis
l'avoir esté véritablement-
Chrestien, que parce qu'il
voit esté humble;qu'it n'avoit
porté la magnificence
lans un haut degré, que
parce qu'il l'avoit accompagnée
d'aéhons de penitence)
qu'iln'avoir possedé la
raye prudence de la politique,
que parce qu'il posseoit
la pureté de laFoy. Ce
ut le partage de son Dif- !
ours,dans lequel il fit pa- istreautantd'éloquence
ue de netteté. Il dit qu'il
ne faisoit point l'application
des vertus de S.Loiiis à celles
de Sa Majesté, parce qu'il
croyoit que ses Auditeurs l'avoient
prévenu,&ils'attacha
particulierementàlaconformité
qu on trouvoit entre
nostre grand Monarque &
ce Saint Roy touchant l'Heresse.
Il rapporta-ce qui estoit
arrivé à S.Loüis,qui assistant
un jour à une Ceremonie
de Baptesmequ'on faisoit
à Saint Denis, & un Ambassadeur
du Roy de Tunis
qui s'y trouva, luy ayant dit
qu'il croyoit qu'on feroit
bien-tostla mesmeCeremonie
en son Pays,avoir répondu
qu'il souhaiteroit de
tout son coeur passer dansles
fers tout le reste de sa vie, &
avoir la consolation devoir
le Roy son Maistre, & tout le
Peuple de Tunis Chrestien.
Mrl'Abbé Robert fit voir la
conformitéqu'avoit en cela
Loüis le Grandavec Saint
Loüys, puis qu'on luy avoit
enrendu dire qu'il donneoit
volontiers un bras pour
voir la joye de bannir enkrement
l'Heresie de son
Royaume. Il ajoûtaque
Dieu avoir beny ses desseins
par un succés qui paroissoit
incroyable,& que s'il yavoit
des Calvinistes qui ne
se fussent pas convertis d'abord
de bonne foy, la pluspart
estoient revenus à eux,
& avoient connu que Dieu,
leur avoit veritablemeut envoye
un Ange pourles delivrer.
Il tira ces paroles de ce --1 qu'avoir dit S. Pierrelors
qu'ilestoit sorty de prison,
sans pouvoir d'abord coniprendre
quelle estoit la main
qui avoit rompu ses sers-
Toute l'Assembléesut charmée
de ce Discours, & il seroit
difficile de donner plus
deloüanges que l'on en donna
de toutes parts àM l'Abbé
Robert. Il estFrere de Mr
Robert, Procureur du Roy
au Chastelet,& de Mr Robert
,
qui fait tous les jours
éclater son éloquence au
Barreau. Après la Ceremonie,
MrleMaréchal Duc de
Vivone, qui a un Appartement
au Louvre, traita Mrs
de l'Academie avec sa magnificence
ordinaire.
Mr le Marquis d'Antin,
Fils de Loüis Henry d'Espagne
dePardaillan & de Gon
drin, Marquis de Montespan
& d'Antin,& de Françoise
Athenaïs de Rochechouart
Mortemar, Surintendante
des la Maison
de la feuë Reyne ,
épousa
ces derniers jours Mlled'Usez
, Fille de Mr de Crussol
Duc d'Usez, Pair de France,
Gouverneur de Xaintonge,
&des Villes d'Angoulesme,
& de Xainte. Je vous ay
souvent parlé de ces deux
Illustres Personnes. Je vous
,, ay fait voir la fermeté de Mr
le Marquis d'Antin dans
l'accident qui luy arriva il y
a quelques mois,& vous avez
vu le Portrait de Mlle
J'Usez dans les Vers dudernierCarroufel
;
ainsi je n'ay
rienà vous en dire davantage;
sinon que c'est un beau
couple. Les Presens de Nopce
qui ont esté faits par Mr
leMarquis d'Antin, sont aussi
galans que magnifiques.
Iln'ya paslieu de s'en étonner.
Ceux qui s'en sont mélez
ont le bon goust, & l'ame
grande.
Charles-François-Frédéric
de Montmorency Luxembourg,
FilsdeFrançois Her
ry de Montmorency
,
Du
de Piné- Luxembourg, Comr
te de Bouteville, Prince dl
Tingry,& Comre de Lign
en Barrois, Pair & Mare~
chal de France, Capitaine
des Gardes du Corps du Ro
& de Madelaine- Charlore
Bonne-Thierese de Clem
mont Tonnerre
,
Duchess
de Luxembourg
,
épousa
28de ce mois Mademoiselle
deChevreuse
,
Fille de
d'Albert Duc de Chevreus
Capitaine Lieutenant do
Chevaux Legers de la Gard
du Roy
,
& d'Henriette
Colbert
,
Fillede M. Colbert
Secretaire & Ministre.
d'Etat, Controleur General
des Finances, & grand Tré-
[orier des Ordres du Roy.
Cette jeune Mariée n'estencore
âgée que de quatorze,
IIIS)&;- comme elle est formée
sur les vertus de Mr le
Duc & deMla Duchessede
Chevreuse
, on ne peutdouer
quellene se rende iTC$----
accomplie. Quant à Mrle
Prince de Tingry
y
iladans
à Maison de grandsaxemlesà
suivre.Jevousay cns^.
voyé son Portrait en Vers
dans la Relation du dernier
Caroufek
- Dix ou douze jours auparavant
,il s'estoit faità Pàris--
un autre Mariage. C'est celuyde
M. d'Aligre- petitFils
deseuMrd'Aligre,Chancelier
deFrance, quiaépousé Mademoiselle
de Turgot Saint
Clair. Elle est
FilledeMr
furgot Saint Clair,Maistre
desRequestes
,
& n'est enore
que dans sa quatorziéme
année.
Peu dePersonnesont trou-!
véle vray sens des deux Enigmes
proposées dans le
Mercure de Juin. La preniere
estoit l'Occasion.Ceux:
qui l'ont expliquées, sont
Mrs Dougan,Hibernois Je..
meurant à Caën;C. Hutuged'Orleans
;
l'Indifferentde
la ruë de l'Arbre-sec
,
associé
avec les Belles delaruë
Saint Honoré ; Mesdemoiselles
la Jeune des sept
Voyes Mignonne, ducoin
de la rue Etroite, & lestrois
Amies de la ruë deRuffyf
La seconde dont le mot
estoit le Respect,aestéexpliquée,
parl'Amant de la Belles
de la Ville de Paris; la plus
jeune des Graces de la rue
de la Cossonerie, & Valie
l'Hermite, qui ontaussi trouvé
le sens de la premiere.
Je vous en envoye deux
nouvelles qui m'ont esté adressées,
la premiere fous le
nom dela Fauvete de Morlaix
& la seconde fous celuy
du nouveau Lanois persecuté.
ENIGME vE z,, fameux Devins, en»
tendre une merveille
:
0*TTUE voit à Paru, à Toulon, àMarfiillJ,
Wifme en cc»tantres lieux,lors que
lejour beau
, ^uoj OjS'uïiicjUi & toujours produite
d'un flnitfre>
A quiitiepas de iou;, vcu. me voyez,
lAïùiflrc,
ii vou essis au bord, de dans, ou
dessusl'eau.
AUTRE ENIGME.
J E suis pour l'usagedel'homme,
# me voit à Paris, comme on me
voit à Rome,
taisonme voit par tout, e- toujours
malheureux ;
Voicy ce qui fait ma misere,
le nefuis faitquepour lesGueux,
Etpour ce qu'otn nomme Vulgaire*
Mes Freres plus boureux que.
moy,
Ont l'honneur d'avoir de Titpployi\
Dans les Palais des Testescouronnées.
le nesçaurois vous dire en quoyç
Ils on mieux mérité ces belles dcfli~>
nees. t
S'ilsvantent leurfidélité,
Comme euxjepuisfavanité}-
Dire que jesuis fort fidelle.
Je sers avec attachement,
Et ne quitte pas d'un moment
Celuy dont le b soin m'appelle.
Voit-on fidélisé plus grandenyplus
plus belle !
4L8
Bco'tez,cpendantla rigueur de moA
sort,
Apres tant de si bons offices,
Et tant de signalez, Jervices*
Voicy comme on me traite atorl *-
D'uneassezcrue lle manière f
D'abord je suis décapité,
e resse de mon corps en prifonarrefle
Nesçauroitplus voir la lumiere.
24aè tous ces maux meferaientdoux
helas. l
Si (OTt ne me contraignoit pas
D'estre cruel enve1rs ma lAtrei Le 'l'f. decemois,jour
£ l'Assomption
,
le Rçy
noisit pour Abbesse du Mo.
stere de Sainte Genevieft
: de Chaillot, de l'Ordre
S. Augustin, Madame de
Saint Louys,Prieure de
tte Maison, & Le Pere de
Chaiseluy ayant fait sçavoir
cette nouvelle le lendemain,
elle en- fit part à ses Filles,
qui en témoignerentbeaucoup
de joye
, ne pouvant
ad mirer assez les bontez du
Roy, qui avoit bien voulue
remplir leurs souhaits, - em
leur donnant pour Abbesse
h personne qu'elles avoient
demandée avec ardeur par
un Placer respectueux
, u
dont la conduite toujours
sage &reguliere,leur don
noit sujet d'espereràl'avenir
de grands,avantages, pour
-Maiforu --V-ou
Vous aurez sans doute
appris que les Religieuses
de l'Hospital de Vernon,
Ordre de Saint Augustin,
Diocese d'Evreux, ont perdu
Madame Testu, leur Abbesse.
Elle est morte au commencement
de ce mois, aprés
avoir passé dix ou douze
années dans decontinueles
souffrances avec une reignation
admirable. Son
nerite aéclaté par lesgrands
exemples de vertu qu'elle a
onnez en tout temps àtou
es ses Filles, & son nom vous it connoistre les avantages
qu'elleavoit du costé de:
l'esprit. Elle estoit Soeur dc)
Mrl'AbbéTestu,de rAcademie
Françoise, si estime,
pour la delicatesse de son
goust, & pour la justesse dij
son discernement sur toutes
fortes d'Ouvrages.Cette AU
bave a esté donnée à Mada
me de Berthenay
,
Religieci
se du mesme Ordre, & cels
de Gif, Ordre de S. Benoist
Diocese de Paris,à Madam
d'Orval, Religieuse aussi o
mesme Ordre.
Dans le mesime tem
le Roy donna l'Abbaye
Juncels, Ordre de S. Benoist,
Dioceze de Beziers
,
à Mr
l'Evesque de Bethléem, & la
Prevosté reguliere de Monsalvi,
Ordre de S. Augustin,
à Mr des Pluches, Chanoine
Regulier de S. Victor.
Il est arrivé une chose singuliere,
qui fait connoistre
avec combien de sincerité
la pluspart des Calviniiles
ont abjuré l'Heresie. Mr Guirard
,
Prieur de Bonneville,
preschans le jour del'Assomption,
dans sa Paroisse de Gunyen
Picardie, eut pour Auditeurs
plusieurs nouveaux
Convertis, qui eitoient venus
en ce lieu-là en pèlerinage.
Il leur fit voir les grâces
particulières que Dieu
donne aux vraisChrestiens,
& le secours qu'on doit attendre
du Ciel lors qu'on
possede la pureté de la Foy.
Il en apporta pour preuve,
la prise de Navarin sur les
Turcs par les Venitiens, qui
ont si bien combatu pour la
défense de la veritable Religion.
Ce qu'il dit fut si touchant,
qu'aussi-tostqu'il eut
finy, le Peuple ôc ces nouveaux
Convertis entonnerent
euxmesmesle 7> Doum,
pour rendre graces à Dieu
decequ'il luy avoir plû les
metrre dans la bonne voye.
Mademoiselle Tavernier de
Coucy estoit de ce nombre.
C'estune Veuve âgée d'environ
cinquante-sii'x ans,
nouvellement convertie. Sa
conduite fait voir tous les
jours combien elle est forremenpersuadée
des VeritezCatholiques.
Jeudy dernier29. de ce
mois, le Roy donna Audien
ce aux Députezdes Estats de
Languedoc. Mr le Marquis

role en qualité de Députédu
Clergé, parla fort éloquemment,&
les applaudissemens
qu'il recent, firent connoistre
combien on avoit esté
satisfait de son Discours. Les
Députez eurent ensuite Audience
de Monseigneur le
Dauphin, & furent traitez
par Mrle Duc du Maine avec
beaucoup de magnificence,
Vous me permettrez,Madame
,
de ne point parler de
Bude que l'affaire ne foit finie.
Je vous en envoye seulement
le Plan. Il occu pera
ceux de vos Amis qui fçavent
le mestier de la Guerre,
& ils pourront vous donner
quelques lumieres touchant
le Siege. Voicy l'explication
de cette Planche, suivant les
Lettres que vous y trouverez
marquées.
A Le Chasteau,
B. Bude.
CCC. LaBasse-Ville.
D Pest.
E. Endroit où il y a quatre
cens hommes de Garnison.
F. Attaque de M. le Prince
Charles de Lorraine.
G. Attache de M l'Ehfient
de Baviere.
vent lemestierdelaGuerre,
& ils pourront vous donner
quelqueslumieres touchant.
le Siege.Voicyl'explication
de cette Planche, suivant les
Lettresque vousytrouve- - -..- rez marquées.
A\LeCkafterfU*.
B. Bude.
CDCC.PLaBaesse-Vsille.t. £ Endroit où il yaqMtrc
censhommes de Garnison.
,-
.- F. AttachedeMlePrince
GC.AhatrlteaschdeedLeorraine. - Ml'Electeur
deBaviere.


H. Redoute.
t' 1. Montagne de Saint Gerard.
L. Attaque des Troupes de Rrandtbôuro-, l' M. Endroitpar où la Basseille
a esté prije.
j N. Nouvelle Batterie faite
elr les Turcs.
O. PetitRuisseau.-
P. Endroitoù estoit le Pont
ke les Turcs ont brûlé quand ils
abandonné Pest.
Q
Endroitmarécageux.
,Non seulement le Roy sans fiévre depuis quinze
urs, mais sa Santé est aussi

H. Redoute.
I. Montagne de Saint Ger- ed.
L. Attaque des Troupes de
andtbourg.
M. Endroit par où la Basseile
a esté prise.
TV. Nouvelle Batterie faite
les Turcs.
O. Petit Ruisseau.
ri
Ple. s* Endroitoù estoit le Pont
Turcs ont brûlé quand ils
abandonné Pest.
P, Endroit marécageux.
Non seulement le Roy
sans fiévre depuis quinze
TS,mais sa Santé est aussi
rétablie, & ce Monarque ;
autant de forces que s'iln
voit point esté malade. Il
seulsouffert de son xnall
sans que l'Estat-s'en soit re
senty
,
puis qu'il a toûjour
travaillé avec la mesme a plication
, & qu'il a
souvent
ostéà son divertissement n
temps que sa fiévre luy avoir
pris,afin de remplir toute
les heures de son travail qo
dinaire.
L'abondance de matien
m'oblige de remettre àu
autre fois la troisiéme 1l1i8;
de l'Histoire des Estampes
satisfaction que vous me
oignez avoir receuë de
que je vous ay parlé si
plement & avec tant
xactitude de l'Ambassade
Mr le Chevalier de
aumont au prés du Roy
Siam dans les deux Vones
de Juillet, fera que
Lettre de Septembre aLi.
aussi deux Parties. La feide
contiendra les Retions
faites aux Ambassars
Siamois dans toutes
Villesde France depuis
st jusqu'à Paris, tout ce
Ils y ont veu ,
les Complimens
qui leur ontesté
faits
,
leurs responses
leur
Entrée en cette Ville, eur
Audience à Versailles
, <
tout ce qui la regardera,
tÓ generalementtout ce qu'il
*?
- diront & feront jusques à
fin du mois prochain.
Aujourd'huy Samedy,des
nier jour d'Aoust,Madame
la Dauphine est accoucho
d'un troi siéme Prince,à qui
le Roy à donné le nom o
Duc de Berry. Je suis
,
M<-
dame,Vostre,&c.
AParis etJ/.Aoujï/6f6\.,
Depuis ma Lettre écrite,j'ay
pris troisgrandes nouvelles, qui
~irque sixmille Turcs ontesté
faits devant Bude ; que le
~xndVisir a ensuite trouvé
moyen de jetter des Troupes dans
Place,& que le Roy de Danmarck.
a assiegé Hambourg.
~y aussi appris que Mr l'Abbé
Harcourt efloit mort subitement
Ma premiere Lettre vous
~nera le détail de toutes ces
~celles, ainsi que de ce qui re-
-de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Berry.
Extrait du Privilege du Roy.
pAr Grace & Privilège du Roy, donn~
Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé, leRoyensonConseil, JuNouimES. Il
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Si
Devizé, de continuer de faire imprimer, v~.
dre & debiter leLivre intitulé,MERCUREGALANT,&
generalement tout ce qui
pend dudit Livre, par tel Imprimeur q~r
voudra choisir; Et defenses sont faites à ti~
Imprimeurs & Libraires, & tous autres,
faire imprimer,vendre & debiter ledit Li~
ny graver aucunes Planches servant à l'on~
ment d'iceluy, ny mesme de le donne~
lire, pendant le temps & espace de dix anti~
entieres, le tout à peine de six mille ~lri
d'amende contre les Contrevenans, ainsi
plus au long il est porté esdites Lettres.
Registré sur le Livre de la Communau~
aux charges & conditions portées, le
Septembre 1683. Signé, ANCOT, Syndic«.
s
Ledit Sieur DEVIZE a cédésondroit
présent Privilege à C. Blageart, Imprim~w;
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le