Titre
Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Fait partie d'une livraison
Page de début
102
Page de début dans la numérisation
108
Page de fin
108
Page de fin dans la numérisation
114
Incipit
Je vous ai écrit, mon cher Monsieur, un peu à
Texte
Copie d'une autre lettre écrits
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
La lettre du 4 juin détaille la situation militaire devant Barcelone. Des troubles et des problèmes de communication sont signalés, aggravés par la prise de Villanueva par les ennemis. Les volontaires ont capturé trois compagnies de cavalerie à Mataro. Un incendie, provoqué par l'explosion de bombes et de barils de poudre, a causé la mort de huit soldats français et blessé des gardes espagnols. Les forces françaises renforcent leurs positions en construisant une parallèle et une batterie de mortiers près des Capucins, sous la supervision de M. de Grandpré, qui refuse toute aide extérieure. Un paquet de lettres destiné à influencer les habitants de Barcelone a été transmis par un tambour, mais les autorités locales refusent de se rendre sans ordre impérial. L'auteur envoie également un état des troupes en attendant l'arrivée du Duc de Bervick pour réorganiser l'armée.
Provient d'un lieu