Titre
RÉPONSE à l'ANONYME.
Titre d'après la table
Réponse à l'Anonyme
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
209
Page de début dans la numérisation
214
Page de fin
212
Page de fin dans la numérisation
217
Incipit
Monsieur, Que la nouvelle d'un Etablissement fait à Moscou
Texte
REPONSE à l'ANONYME.
MONSIEUR ,
Que la nouvelle d'un Etabliffement
fait à Mofcou en faveur des Enfans
trouvés & des Orphelins de cet Empire
vous ait caufé un attendriffement fi
doux & fi agréable , je n'en fuis nullement
furpris ; un coeur fenfible & vertueux
voit- il rien de plus intéreffant
que ce qui eft utile à l'humanité ? Vous
le prouvez , Monfieur , d'une manière
bien honorable pour elle par votre conduite
généreufe. Les tranfports qu'elle a
fait naître dans mon âme n'ont été
modérés que par le regret de ne pas
en connoître l'Auteur. Je fuis forcé de
refpecter le motif qui vous porte à le
cacher ; mais fi par vorre vertu vous
210 MERCURE DE FRANCE.
facrifiez le tribut d'eftime & de reconnoiffance
qui vous eft dû , je ne crois
pas devoir enfevelir dans le filencer
l'exemple unique que vous donnez au
Genre humain .
En lifant les papiers publics , vous
jouirez donc , Monfieur , du plaifir d'a-'
voir fait du bien à vos femblables &
de les inftruire , & ce plaifir fera d'autant
plus vif , que les précautions de la
modeftie l'auront confervé dans toute
fa pureté ; il augmentera fans doute
lorfque vous verrez que notre augufte
Souveraine s'occupe fans ceffe de nouveaux
projets analogues au premier . Elle
vient de fonder une Communauté où
deux cent jeunes Demoifelles Nobles
recevront une éducation convenable à
leur naiffance & au rang qu'elles dorvent
occuper dans le monde . L'ouver
türe folemnelle s'en fera le 28 de Juin
de cette année . Depuis quelques femainês
fes ordres ont mis la dernière main
à l'Etabliffement d'une Académie de
jeunes Artiſtes. Dans les réglemens qui
feront imprimés vous admirerez les
précautions que Sa Majefté fçait prendre
pour conferver les moeurs de ces
jeunes gens , & rendre par ce moyen ,
JUILLET. 1764. 21r
leurs talens auffi utiles à la patrie qu'à
eux- mêmes. Bientôt des Ecoles publiques
feront établies , & des afyles pour
les infirmités humaines feront ouverts
dans toutes les Provinces & Gouvernemens
de l'Empire . En lifant ces nouvelles
, ne vous écrierez-vous pas , Monfieur
, avec un des grands Sçavans de
l'Antiquité , que la réunion du pouvoir
& de la volonté de faire le bien
eft le plus beau fpectacle que les Dieux
puiffent donner aux hommes ? Nous
chériffons la mémoire d'un Empereur
Romain , qui fe plaignoit d'avoir paffé
un jour fans faire un heureux ; quelle
ne doit pas être notre tendre admiration
pour une Souveraine qui dans un
moment affure le bonheur de plufieurs
générations !
Je fçai , Monfieur , que tous les com
mencemens font pénibles ; mais l'exemple
eft , fi je puis m'exprimer ainſi , à
notre tête. Son application , fon travail
, fes lumières conduiront toutes ces
entrepriſes à leur perfection . Pour moi,
Monfieur , je ne fçaurois y contribuer
que par mon zéle ; c'eſt par là feulement
que je puis mériter ce que vous
me dites d'obligeant , & plus encore
212 MERCURE DE FRANCE.
par mon eftime profonde pour des Perfonnes
de votre caractère , & mon défir
fincère de voir tous les hommes vous
reflembler. Je fuis pour la vie ,
MONSIEUR ,
Le zélé admirateur de vos rares vertus.
B ***
MONSIEUR ,
Que la nouvelle d'un Etabliffement
fait à Mofcou en faveur des Enfans
trouvés & des Orphelins de cet Empire
vous ait caufé un attendriffement fi
doux & fi agréable , je n'en fuis nullement
furpris ; un coeur fenfible & vertueux
voit- il rien de plus intéreffant
que ce qui eft utile à l'humanité ? Vous
le prouvez , Monfieur , d'une manière
bien honorable pour elle par votre conduite
généreufe. Les tranfports qu'elle a
fait naître dans mon âme n'ont été
modérés que par le regret de ne pas
en connoître l'Auteur. Je fuis forcé de
refpecter le motif qui vous porte à le
cacher ; mais fi par vorre vertu vous
210 MERCURE DE FRANCE.
facrifiez le tribut d'eftime & de reconnoiffance
qui vous eft dû , je ne crois
pas devoir enfevelir dans le filencer
l'exemple unique que vous donnez au
Genre humain .
En lifant les papiers publics , vous
jouirez donc , Monfieur , du plaifir d'a-'
voir fait du bien à vos femblables &
de les inftruire , & ce plaifir fera d'autant
plus vif , que les précautions de la
modeftie l'auront confervé dans toute
fa pureté ; il augmentera fans doute
lorfque vous verrez que notre augufte
Souveraine s'occupe fans ceffe de nouveaux
projets analogues au premier . Elle
vient de fonder une Communauté où
deux cent jeunes Demoifelles Nobles
recevront une éducation convenable à
leur naiffance & au rang qu'elles dorvent
occuper dans le monde . L'ouver
türe folemnelle s'en fera le 28 de Juin
de cette année . Depuis quelques femainês
fes ordres ont mis la dernière main
à l'Etabliffement d'une Académie de
jeunes Artiſtes. Dans les réglemens qui
feront imprimés vous admirerez les
précautions que Sa Majefté fçait prendre
pour conferver les moeurs de ces
jeunes gens , & rendre par ce moyen ,
JUILLET. 1764. 21r
leurs talens auffi utiles à la patrie qu'à
eux- mêmes. Bientôt des Ecoles publiques
feront établies , & des afyles pour
les infirmités humaines feront ouverts
dans toutes les Provinces & Gouvernemens
de l'Empire . En lifant ces nouvelles
, ne vous écrierez-vous pas , Monfieur
, avec un des grands Sçavans de
l'Antiquité , que la réunion du pouvoir
& de la volonté de faire le bien
eft le plus beau fpectacle que les Dieux
puiffent donner aux hommes ? Nous
chériffons la mémoire d'un Empereur
Romain , qui fe plaignoit d'avoir paffé
un jour fans faire un heureux ; quelle
ne doit pas être notre tendre admiration
pour une Souveraine qui dans un
moment affure le bonheur de plufieurs
générations !
Je fçai , Monfieur , que tous les com
mencemens font pénibles ; mais l'exemple
eft , fi je puis m'exprimer ainſi , à
notre tête. Son application , fon travail
, fes lumières conduiront toutes ces
entrepriſes à leur perfection . Pour moi,
Monfieur , je ne fçaurois y contribuer
que par mon zéle ; c'eſt par là feulement
que je puis mériter ce que vous
me dites d'obligeant , & plus encore
212 MERCURE DE FRANCE.
par mon eftime profonde pour des Perfonnes
de votre caractère , & mon défir
fincère de voir tous les hommes vous
reflembler. Je fuis pour la vie ,
MONSIEUR ,
Le zélé admirateur de vos rares vertus.
B ***
Signature
B***.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
L'auteur répond à un anonyme ayant informé de la création à Moscou d'un établissement pour les enfants trouvés et les orphelins. Il exprime son admiration pour cette initiative et regrette de ne pas connaître l'auteur de cette nouvelle. Il respecte le désir de l'anonyme de rester caché mais souligne l'importance de reconnaître les actions vertueuses. L'auteur mentionne plusieurs projets humanitaires et éducatifs initiés par la souveraine, tels que la fondation d'une communauté pour jeunes filles nobles, la création d'une académie pour jeunes artistes, et l'établissement d'écoles publiques et d'asiles pour les infirmes dans toutes les provinces de l'empire. Il conclut en exprimant son zèle et son admiration pour les vertus de l'anonyme et son désir de voir plus d'hommes suivre son exemple.
Constitue la suite d'un autre texte
Constitue la réponse à un autre texte