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1685, 04 (Lyon)
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Bayer. Staatsbibliothek


:
MERCURE
६ GALANT.
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN .
AVRIL 1685 .
A LYON ,
Chez THOMAS AMAULRY ,
ruë Merciere , au Mercure Galant .
M. DC. LXXXV.
AVEC PRIVILEGE DU ROY
Bayerische
Staatsbibliothek
Munchen
あれれれれれれれれ
TABLE DES MATIERES
contenuës dans ce Volume.
Prélude , contenant plusieurs
Actions de grandeur , de
bonté & de libéralité du Roy ,
& pluſieurs Piéces à la gloire
de ce Monarque , I
Lettre en Profe & en Vers , meſlée
16 deplusieurs Ouvrages ,
Second Dialogue ſur les choses dif
ficilesà croire , 38
Les Arbres choisis par les Dieux.
Fable ,
51
Mort de Monsieur le Comte d' Ayen
, 56
Mort de M. de S. Geniez ,
57
Extrait d'une Lettre de Rochefort ,
58
Mori de Madame la Marquise de
Robias
64
as
TABLE.
Galanterie ,
Sonnet ,
70
77
de chastillon ,
Mariage de Monsieur le Marquis
Mariage de Monsieur le Marquis
78
de Meaux , 81
De la Genération , 84
Plaintes d''uunn Amant , 100
Retour de Monsieurle Marquis de
Torcy , 103
Mort de Madame la Duchesse
Doüairiere de Mantouë , 104.
Mort de Monfieur le Duc Sforce ,
Mart de Monsieur le Marquis de
Béthune ,
109
Mort de Monfieur de Nointel, ibid.
Le Triomphe de la Vénus d'Arles ,
Suite de ce qai s'est fait à Paris touchant
la Theriaque ; avec les
Discours qui ont esté prononcez
fur cesujet 122
Fable
136
TABLE.
Suite des Actions du Roy , qui n'ont
pû avoir place dans dans le Prélude
,
141
Affaires d'Angleterre , 157
Mariage de Monsieur l'Electeur de
Baviere ,
170
Départ de l'Envoyé d'Alger , 171
Mariage de Monsieur de Miroménil
, 173
Madame de Villers - Canivet eft
benite Abbeffe de ce Monastere ,
175
Mort de Mademoiselle de Goth
d'Epernon , 176
Autres Morts ,
179
Noms de ceux qui doivent estre dis
CarouseldeMonseigneurleDauphin
, 180
Histoire , 188
Devotions du Roy , & de toute la
Maison Royale pendant la Semaine
Sainte ,
199
TABLE.
Prédicateurs qui sesont faits diftinguer
à Paris , 202
Benéfices donnez par le Roy , 203
Noms de ceux qui ont deviné les
Enigmes,
206
Enigmes , 207
Changement arrivé dans la Troupe
209 des Comédiens François ,
Nouveaux Acteurs dans la Troupe
des Comediens. 214
Placet de trois Demoiselles à Mon-
Sieur M.... Conseiller au Parlement,
216
Réponse de Monsieur M.... au Pla
cet des trois Demoiselles. 218
Intendance de Soiffons donnée par
le Roy àM.Boffuet, Maistres des
Requestes. 219
Diſpenſe d'âge donnée par le Roy
au Fils ainé de Monsieur Bof-
Suet , pour estre recen Conseiller
au Parlement de Metz
ibid.
TABLE.
Monsieur de Chasteaugonthier receu
en ſurvivance à la Charge
de Président au Mortier du
Parlement de Paris , que pof-
Sede Monsieurle Président de
BailleurSon Pere, 220
Mort de Madame la Premiere
Préſidente de Novion . 221
Arrivée du Doge de Génes à Paris,
225
Antiquitez de la Ville de Génes,
& les divers changemens arrivez
dans fon Gouvernement,
312
Synode assemblé à Strasbourg, par
l'ordre de Monfieur l'Abbé de
Ratabon , Grand - Vicaire du
Diocêse, 229
Abjuration faite par Meſſieurs
Pistorius & Stachs,sçavans Miniſtres
Luthériens entre les mains
de Monsieur l'Abbé de RataTABLE.
bon , en l'Eglise Cathédrale de
• Noſtre- Dame de Strasbourg, 231
Livre nouveau ,
235
Capitaine & maistre des Ports ,
Ponts , & Paſſage de Lyonnois
Forest , Baujolois , 236
T
Fin de la Table.
Extrait du Privilege du Roy.
4
ArGrace &
PChaville le 18. Juillet 1683. Signé, Par
le Roy en fon Conſeil , UNQUIERES. Il eſt ,
permis à I. D. Ecuyer , Sieur de Vizé , de
faire imprimer tous les Mois un Livre intitulé
MERCURE GALANT , contenant
pluſieurs Pieces , Relations, Hiſtoires,Avantures
, & autres Ouvrages hiſtoriques , curieux
& galans , pour la fatisfaction de
nôtre cher& tres-amé Fils LE DAUPHIN ;
pendant le temps & eſpace de dix années ,
à compter du jour que chacun deſdits
Volumes fera achevé d'imprimer pour la
premiere fois : Comme aufli défenſes ſont
faites à tous Libraires , Imprimeurs Graveurs&
aures , d'imprimer , graver & debiter
ledit Livre ſans le conſentement de
l'Expoſant, ny d'en extraire aucune Piece,ny
Planehes ſervant à l'ornement dudit Livre,
meſme d'en vendre ſeparément,& de donner
à lire ledit Livre ; le tout à peine de fix
mille livres d'amende contre chacun des
contrevenans , & confiſcation des Exemplaires
contrefaits ; ainſi que plus au long
il eſt porté audit Privilege.
Privilege du Roy , donné à
Registré fur le Livre de la Communauté
le 14. Septembre 1683 .
Signé ANGOT , Syndic,
Et ledit Sieur I. D. Ecuyer , Sicur de
Vizé , a cedé & tranſporté ſon droit de
Privilege à Thomas Amaulry , Libraire à
Lyon , pour en joüir ſuivant l'accord fait
entr'eux.
MERCURE
MERCURE
GALANT.
J
AVRIL 1685.
'A y bien crû , madame,
que ce que je vous
ay dit touchant l'Aqueduc
qui doit conduire
la Riviere d'Eure à Verſailles
, vous paroiſtroit auffi ſurprenant
que digne d'admiration ,
& que vous donneriez mille
loüanges aux motifs de bonté
qui ont inſpiré ce deſſein au Roy,
Avril 1685 . A
2 MERCURE
puis que ce qu'il a eu principalement
en veuë dans cette grande
entrepriſe , a eſté de faire
trouver les moyens de ſubſiſter
à ceux d'entre ſes Sujets , qui
avoient beſoin de quelque ſecours
, pour ne pas mener une
vie entierement malheureuſe, &
de fournir de l'occupation à ſes
Troupes , afin qu'une longue
oyſiveté ne les fiſt pas devenir
inhabiles au travail , ſi quelques
Puiſſances jalouſes de ſa Grandeur
, troubloient le repos qu'il
a donné à l'Europe . Après avoir
ainſi conſulté ſa bonté pour ſes
Sujets , & l'avantage que pourroit
tirer l'Etat ſi ſes Troupes
eſtoient toûjours endurcies au
travail du remuement des Terres
, qui eſt le travail le plus néceſſaire
dans le Meſtier de la
Guerre , il a regardé qu'en
GALANT.
3
exécutant cét admirable projet,
il couvroit la France d'une gloire
ſans égale , & luy donnoit lieu de
ſe vanter d'être venuë à bour
d'un Ouvrage plus grand qu'aucunde
ceux qui ayentjamais eſté
entrepris par les plus puiſſans
Empereurs Romains de forte que
l'embelliſſement que Verſailes recevra
des Eaux que cet étonnant
& miraculeux Aqueduc y doit
conduire , n'a preſque pas eſté
conſideré par le Roy : ce Monarque
comptant pour rien ce qui
regarde ſes propres plaiſirs. Ce
n'eſt pas que la beauté de Verfailles
ſoit pour luy ſeul. Ilſe fait
une joye de donner cet ornement
à la France , & de tenir ſa
Courdans un lieu délicieux , où
elle joüit des plaiſirs de toutes les
belles Saiſons , & de celuy d'eſtre
bienlogée , pendant que les ſoins
A 2
4 MERCURE
Elle a fait applanir , élargir , &
de la grandeur & du repos de
l'Etat le tiennent dans un travail
qui a fort peu de relâche. Mais
ce Prince eſt auſſi content , lors
que ſa Cour , ſes Sujets , & les
Etrangers joüiffent des charmes
de ce magnifique lieu , & des di
vertiſſemens qu'il y donne , que
s'il les prenoit ſans ceſſe luy mé.
me . L'exemple du travail de l'Aqueduc
, a produit un autre bien
pour les malheureux , qui n'ayant
point d'employ à Paris , n'y
pouvoient trouver les moyens
de vivre. Meſſieurs les Prevoſt
des Marchands , & Echevins de
la Ville ont fait publier , non ſeulement
qu'ils employeroient toutes
les Perſonnes qui voudroient
travailler à remuer la Terre des
Ramparts qu'on fait autour de
Paris ; mais auſſi qu'ils donneroient
tous les inſtrumens nécel
GALANT.
faires pour ce travail à ceux qui
n'auroient pas dequoy en avoir.
C'eſt ce qu'ils ont fait le neufié
me de ce mois de forte que fi l'on
voit preſentement des Gens ſans
employ , & preſſé de la neceffité
, on ne le doit imputer
qu'à leur pareſſe , & à leur fai
peantiſe. On peut ajoûter à tout
cela que ceux qui ont voulu s'occuper
, en ont toûjours trouvé
les occafions , le Roy ayant fait
travailler il y a déja long-temps
à une Levée depuis Paris jufqu'au
bord de la Riviere qui regarde
Seve , afin de rendre le
chemin plus praticable , & plus
commode pour ceux qui font
obligez d'aller à Verſailles. C'eſt
dans cette meſme veuë que Sa
Majesté a cru qu'il falloit qu'il y
euſt un Pont au bout de cette
Levée qui conduiſiſt à Seve, d'où
A 3
6 MERCVRE .
,
paver le chemin juſqu'à Verſailles
; cequi le rendra plus aiſé
& plus court. Comme Elle a
voulu que ce Pont fuſt achevé
en peurde temps , Elle en a donné
le revenu pour cinquante ans
àdes Particuliers qui l'ont fait
conſtruire.
: On en commence icy un de
Pierre qu'on appellera le Pont
Royal , & on le fait aux dépens
dece genéreux Monarque , qui
n'épargne rien pour l'embelliffement
de la Ville , & pour la
commodité de ſes Sujets. Il ſera
un peu plus proche des Tuilleries
, que celuy qu'on appelloit
Le Pont Rouge , & que les Eaux
ont entraîné depuis quelque
temps..
Quoy que le Roy n'ait point
d'occupation plus forte que de
penſer au general , il ne laiſſe
GALANT.
7
pas de ſe ſouvenir du particulier.
On le voit par les penſions
des Dames du Palais , qu'il a conſervées
à Madame la Princeſſe
de Tingry , & à Meſdames les
Comteſſes de Granmont , & de
Saint Geran , qui les avoient
evës du vivant de la Reyne..
Monfieur l'Abbé de Rohan , ſecond
Fils de Monfieur le Prince
de Soubiſe , a eſté pourveu de
l'Abbaye de Saint Tauric , Ordre
de S. Benoiſt , Dioceſe d'Evreux,
vacante par la dimiffion volon-
_taire de Monfieur l'Abbé du Frénoy
, ſe trouvant l'aîné de ſa
Maiſon , a cru devoir ſe mettre
en état de la ſoûtenir. Ces grandes
Abbayes ne devant eſtre pofſedées
que par des Perſonnes
d'une diſtinction particuliere,on
ne peut que loüer ce choix du
Roy , auſſi bien que celuy qu'ila
A 4
8 MERCURE
fait de Monfieur l'Abbé de Benvron
qu'il a gratifié dela Charge
de l'un de ſes Aumôniers vacante
depuis la mort de Monfieur
l'Abbé de Saint Luc. Il y a déja
quelque temps que Monfieur
l'Abbé de Beuvron avoit offert
de l'argent d'une autre Charge
d'Aumônier , mais l'affaire ne ſe
put conclurre , & il a eu du Roy
en pur don , celle dont il vient
d'eſtre pourveu , ſa Majesté ne
permettant plus que ſes Charges
d'Aumônier ſe vendent , & voulant
à l'avenir les remplir Ellemeſme
de Perſonnes de merite.
C'eſt par là qu'Elle a donné à
Monfieur l'Abbé de la Sale , Frere
de Monfieur de la Sale Maiſtre
de ſa Garderobe , une autre
Charge d'Aumônier
par la démiſſion volontaire de
Monfieur l'Abbé de Saint Valier ,
,
vacante
GALANT. 9
qui eſt partypour le Canada , où
il doit eſtre Coadjuteur de Monſieur
l'Eveſque de Quebec. Une
grande dévotion & le zele de
convertir des Infidéles , luy font
faire ce Voyage. Il accompagne
Monfieur le Marquis d'enonvile,
Colonel des Dragons de la Reyne
, qui doit eſtre Commandant
en ce Païs-là , dont vous ſçavez
que Monfieur le Maréchal d'Eſtrades
eſt Viceroy.
Dans le meſme temps que le
Roy s'applique aux differens
ſoins que je viens de vous marquer
, il ſonge à donner moyen à
la plus jeune& la plus qualifiée
Nobleſſe de ſon Royaume , de
s'entretenir toûjours dans les
exercices qui font les plusdignes
d'elle , qui font qu'elle fert l'Etat
avec plus de gloire & plus d'avantage
, lors qu'il eſt queſtion ,
Α
10 MERCURE
ou de le défendre , ou de le remettre
dans ſes juſtes bornes.
C'eſt pour cela que ce Prince a
la bonté de contribuer à la plus
grande partie de la dépenſe neceffaire
, pour faire une Courſe
de Têtes , avec tout l'éclat qu'elle
peut eſtre par les plus grands
Seigneurs d'une Cour , qui n'eſt
pas moins renommée par la bravoure
que par la galanterie. Je
ne vous dis rien de ce qui ſe fait
pour faire fleurir en France la
veritable Religion , & pour en
bannir la Prétenduë Roformée.
Sa Majesté fait toûjours paroiſtre
la plus forte ardeur pour détruire
l'Heréſie , & toujours les Muſes
tirent de là ſon plus grand éloge.
Vous le connoiſtrez par ce Sonnet
Monfieur Terraudiere , premierEchevin
de Niort.
GALAN T.. II
SUR LA NAISSANCE
& le progrés de l'Heréſie, ſous
les régnesdes ſept derniers de
nos Roys ; & fur fon declin
ſous le régne de Louis LE
GRAND .
SONNET.
SousMontanari maiyance
Ous le grand Roy François ce
naiſſance
Par de faux Apoſtats ſuſcitez de
l'Enfer ;
Son Fils Henry Second s'en alloit
létouffer ,
S'iln'eust esté tuéd'unfatal coupde
Lance.
Apres fa mort on vit cette fatale
Engeance
S'établir par le fen, s'élever par le
:
fer ز
A 6
12 MERCURE
François , Charles , Henry la virent
triompher ,
Et répandre à leursyeux tout leSang
de la France.
Henry quatre endormit ee Serpent
dangereux ;
Mais ilſe réveilla bien . toftplusfu.
rieux.
Et ſous Loüis le fufte ilfit bien du
ravage.
Enfin le grand LOVIS, l'Hercule de
nos jours ,
Pardes moyensprudens ,pardefages
détours ,
Vient d'abatre cette Hydre , &l'Enfer
en enrage.
*Voicy un autre Sonnet fur la
bonté que le Roy a euë d'accorder
la Paix aux Genois . Il eſt
de Mr de Grammont de Richelieu.
GALANT.
13
SUR LA PAIX DE GENES .
SONNET.
6
Torisn'a point d'égal, ny n'en
aura jamais.
Ilſçait ſe faire craindre, &fur Mer
&fur Terre,
Et quand ſes Ennemis luy déclarent
la guerre,
Il les force auffi- toſt à demander la
Paix.
Génesn'est plusfuperbe, elle aprend
àsesfrais
Lefecret d'éviter l'effroyable tonnerre
Dont il fçait,quand il veut , brifer
comme duverre
Les Ramparts les plus forts ,& les
plusbeaux Palais
Cherche- t- elle la Paix,ausfitoftil
ladonne
14 MERCURE
Son Doge est- ilſoûmis , volontiers il
pardonne ;
C'est ce que pour ſagloire il met au
premier rang ;

Etfes Lauriers meſlezaux branches
de l'Olive ,
Luydonnent une joye & plus douce
&plusvive,
Que quand ils font couverts de
pouſfiere& desang.
Quoyque le Sonnet en Bouts-
✔rimez qui ſuit ces deux-cy , ne
parle qu'en general de ce que le
Roy a fait de grand , il mérite
bien d'avoir place icy , par le
tour heureux que luy a donné
Monfieur Blanchard , Curé de
Fiſſé aux Environs de Dijon.
ALexandre & Cefaront acquis
moins de gloire
GALANT. 15
Parleurs Exploitsfameux , que noſtre
auguste Roy ;
Samaniere de vaincre &de donner
la Loy ,
Jusque chezles Vaincus fait aimer
faVictoire.
Ses grandes Actions effacent leur
Hiſtoire;
Uneseule Campagne en pouroitfaire
foy
Son Nom portepar tout ou l'amour
on l'effroy,
Etpeutfeuloccuperles Filles deMémoire.
Rome ne vit jamais Héros plus
achevé ;
Son eſprit est en tout égal ,vaſte ,
élevé,
Sa Fortune répondàfon coeurintré
pide.
16 MERCURE
L'on doitàſes vertus des honneurs
immortels,
L'Hydre aux abois fait voir qu'il
est plus grand qu'Alcide,
Et cent Temples détruits luy valent
cent Autels.
Un Particulier ayant fait divers
Ouvrages ſur les dernieres
Actions de cet auguſte Monarque
, les a ramaſſez comme en
un Recueil dans cette Lettre
qu'il m'a adreſſée.
*
LETTRE.
E me fouviens , Monsieur , que
vous avez voulu me perfuader
que j'avois merité quelque approGALAN
T. 17
1.
bation des bons Connoiffeurs , lors
que je dis il y a quelques années .
On fait mal ce qu'on fait , on ne
fait qu'une affaire .
Mais LOUIS partagé dans cent
emplois divers ,
Se donnant tout à tout , fait voir
àl'Univers ,
Et qu'il fait ce qu'il faut , & qu'il
ſçait bien le faire. 4
Vous avez mesme pretendu que
j'avois expliqué les sentimens de
tout ce qu'ily a d'honneſtes Gens au
monde en diſant ,
Que tous les noms des Grands
cedent au nom du Roy ,
Les Ceſars ,les Cyrus,les Hectors,
les Achilles ,
-Ont eu moins de merite & donné
moins d'effroy ,
18 MERCURE
Par cent Combats rendus ,par
cent priſes de Villes .
Ie vous ferois bien obligé,ſi vous
vouliezfairesçavoir au publicque
ie défie toute la Terre de me diſputer
la veritéde ce que jevaisdire.
SONNET
SUR LA GRANDEUR DU ROY.
L
OUIS eſt grand en tout ; il
regle les Finances ,
Il reforme les Loix ,il fait fleurir
les Arts ;
Mille Vaiſſeaux flottans, mille orgueilleux
rampars
Partagent tous les jours ſes ſoins,
&ſes dépenſes,
Dans le particulier,dans les réjouiſſances
GALANT. 19
Il eſt autant Heros , que dans le
champ de Mars,
Fin dans le Cabinet , ferme dans
les hazars ,
Il fait plier fous ſoy les plus hautes
Puiſſances ?
Sa fortune repond par tout à
fa valeur ,
Par tout les grands exploits répondent
à ſon coeur,
Ainſi que l'ont fair voir centconqueſtes
de marque;
:
Enfin nos Ennemis connoiſſent
commemoy ,
Que fi tout l'Univers ne vouloit
qu'un Monarque-
Tout l'Univers devroit n'avoir
queluy pour Roy.
Feſens bien que ce que je dis là
n'est rien de bon , mais il me semble
1
20 MERCURE
que c'est l'explication fincere des
pensées , qui doivent venir naturellement
à tous les Sages qui font
Sans paſſion , & qui ont du bon
goust .
Ne croyez donc pas , Monsieur,
que ce soit une pure conjecture , ou
Seulement un effet de l'attache des
Sentimens que j'ay pour le Roy qui
m'a fait dire
Enfin nos Ennemis connoifſent
comme moy, & c. ...
Vous en jugerez par une petite
avanture que je vais vous raconter
telle qu'elle m'est arrivée en effet.
Je me trouvay fur la route de
Monfieur l' Ambaſſadcur d'Espagne
lors qu'ilse retiroit de France à pas
comptez , tant il marquoit d'envie
de n'en point fortir. I'étois chezune
Perſonne de qualité & de merite , à
l'heure qu'il luy envoya un de fes
GALAN Τ . 21
Gentilshommes pour ſçavoir fi elle
fe trouveroit en état de recevoirfa
viſite. Comme je vis par la réponſe,
que Monfieur l'Ambassadeur alloit
venir, je voulus luyfaire place, mais
la Perſonne chezqui j'estois me dé
clara , qu'elle vouloit absolument
que j'euſſe part àcette conversation,
qui dura bien prés de quatre heures .
Vous ne pouvez pas douter , Monfieur
, qu'on ne parlaſt d'Affaires
d'Etat avec un Ambassadeur , &
que fa retraite , & la Guerre qui
nous menaçoit alors , ne fournißent
àl'entretien. Ilnous dit cent chofes,
qui nous firent affez comprendre
qu'il n'eust pas eu de peine d'avoüer
nettement que le Roy estoit le plus
grand&le plus puiſſant Prince du
monde , s'il eust pu oublier qu'il
avoit un Maistre , & se défaire
des préjugez Espagnols.
On doit neanmoins cette justice
22 MERCURE
àMonsieur l'Ambassadeur, quefon
bon sens & sa raiſon ne furent
point obfcurcis par ces enteſtemens,
qui ſont ſi ordinaires à ceux de ſa
Nation. Ilfit l'Eloge de la France,
des François , du Roy , & d'un air
fort élevé , & qui marquoit beaucoup
definceritédans ce qu'ildiſoit;
mais dans les loüanges qu'ildonna
àSa Majesté , iln'oublia ny ce qu'il
estoit, ny ce qu'il devoit àſon Prince.
Pretendant faire une galanterie
aux Dames, il dit qu'il vouloit leur
faire voir quelque chose de fort
beau. Il tira ensuite une riche Boëte
, qui renfermoit , diſoit- il , le
Portraitde Sa Maîtreſſe , qu'il em.
portoit de France , & c'estoit celuy
du Roy , dont Sa Majesté l'avoit
honoré ,&dont ilsefaisoit en effet
un grand honneur.La Perſonne chez.
qui nous estions , qui est fort Spirituelle
, luy dit qu'il devoit bien
GALAN T.
23
conferver ce gage , & qu'il seferoit
bien toſt en luy une metamorphofe
Surprenante , parce qu'il estoit à
croire que le Portrait deSa Majesté
Se changeroit en celuy de fonMaiſtre.
A ces paroles Monsieur l'Ambassadeur
parut Espagnol , comme
Son devoir l'y obligeoit. L'entretien
roula ensuite fur différentes matie.
res,&fut longue &curieuse.
Je vous avovë , Monsieur , que
pendant tous les évenemens de la
derniere Campagne , je mesuis toû
iours ſouvenu des entretiens de cét
Ambassadeur. Il nous dit poſitivement
qu'ily auroit du ſang répandu;
qu'il feroit difficile d'arrester
les deffeins du Roy queſes Ennemis
ne pouvoient rien esperer que de
l'inconstance de la fortune ; & que
l'Empire & l'Espagne ne cherchoient
qu'à mettre leur honneurà
couvert, en ne cedant pasfans avoir
24 MERCURE
combattu. Voila la Prophetie accomplie
, & nous en voyons la verité
dans la diſpoſition des choses quife
font paſſées la derniere année.
SONNET
Sur l'état des Affaires aprés la derniere
Campagne de France.
ALger encor fumantdesFou- dres de la Guerre ,
Vient ſe jetter aux pieds de ſon
noble Vainqueur ;
Et Gennes la ſuperbe eſt tremblante
de peur
Sous les éclats vengeurs de ſon
bruyant tonnerre :
Luxembourg voit tomber ſes
hauts Ramparts par terre ,
Cap-de- Quiers attaqué ſe trouve
ſans vigueur ;
:
La
GALAN Τ.. 25
La Hollande en Partis ralentit
fon ardeur
N'ayant pû ſoûlever les Peuples
d'Angleterre ;
Le Danemark amy reçoit nos
Etendars ,
L'Empire ſe ménage & craint
tous les hazars ,
L'Eſpagne plaint ſes Forts qu'on
pille ou qu'on enleve ;
Liege & Tréves ſoumis ſcavent
faire leur Cour,
L'Europe attendla Paix en recevant
la Treve ,
Tout cede au Grand. LOUIS par
force ou par amour.
Ie vois dans cette peintare tout
ce que l'Ambassadeur d'Espagne
craignoit , & tout ce que sa politique
luy faisoit prévoir avec cha-
Avril 1685 . B
26 MERCURE
grin. Avoüez après cela , Monfieur
, que la fortune de LOVIS le
Grand doit estre bien constante pour
faire avec tant de bonheur des choſes
ſi admirables , puis que tant de
Heros , & tant de ſages Monarques
n'ont pu s'empeſcher d'en estre,
abandonnez . Mais avoüez aussi à
meſme temps que la prudence & le
courage du Roy ſont extraordinaires
, puis qu'il semble avoir réduit
la Fortune ſous les règles , & s'estre
fait une methode de réüſſir en tout.
Ne peut- on pas compter entreſes
bonnes fortunes la fecondité de la
Maiſon Royale ?Ce Fils uniqne que
le Ciel luy avoit laißé comme ſon
premier don , plus il est grand , plus
il nous faisoit craindre . Vous voulûtes
bien , Monsieur , que mes pen.
Sées fuſſent celles de tous les honneſtes
Gens à la naiſſance de MonfeigneurleDucde
Bourgongne. Ie vou
GALANT.
27
drois à cette heure que vous les engageaſſiez
à direfur la naiſſance de
Monseigneur le Duc d'Anjou.
R
AU ROY.
SONNET.
1
Ecevez un Héros qui naiſt
de voſtre Race.
Grand LOUIS, deſormais le Ciel
-Dou veut tous lesan's roo
Enrichir vosEtats de ſemblables
Préfens,
- Qui pourront mériter de remplir
= voſtre place.
201
Nous verrons de nos jours l'Allemagne
& la Thrace,
Ployer ſous les efforts du Pere &
des Enfan's ; ci
A
Partourdignes de Vous , & par
tourtriomphans,
B 2
28 MERCURE
De tous nos Ennemis ils dompteront
l'audace .
Formez - les ſeulement dans l'Art
qui fait les Roys ,
Ils en apprendront plus par vos
rares Exploits ,
Qu'en liſant ce qu'ont fait les Fameux
de l'Hiſtoire ;
2
Et comme ils vous verrons toujours
au- deſſus d'eux,
Chacund'eux tachera d'ateindre
àvôtre gloire ;...
Mais nul n'y parviendra parmy
tous vos Neveux.
CesSentimens quifurent conceus
dans la joye qu'avoit toute la France
en cette rencontre , ſe produisent
fort tard , mais ils feront toûjours
deſaiſon , fi vous voulez que ce
Soient des marques éternelles de
5
GALANT.
29
mon respect envers ce Prince. L'ay
auſſi laissé paßer le temps où ces
• Bouts rimez estoient à la mode.
Cependant ce qu'ils m'ont fait dire
ne vieillira jamais dans la memoire
des Hommes , puis que LOUIS le
Grand aura toûjours des admirateurs
, qui tomberont d'accord avec
moy de le verité de mes pensées.
S
:
I jamais Conquerant marcha
droit à la Gloire,
Si jamais Souverain mérita d'étre
Roy ,
Si jamais Politique aux autres fit
la loy,
Sur tous les Concurrens LOUIS
a la Victoire
Ses Faits feront paſſer pour Fable
ſon Histoire,
A peine croirat- on qu'ils foient
dignesdefoy ز
B3
30
MERCURE
Les Siècles à venizen ſeront dans
l'effroy,
Et tout retentira du bruit de ſa
Mémoire,
Lors qu'on voudra former un
Héros achevé,
On en prendra les traits fur fon
air élevé,
Sur ſes Combats divers , ſur ſon
coeur intrépide.
Autrefois on l'eût mis au rang
des Immortels ;
Et comme ſes hauts Faits effacent
ceux d'Alcide,
Alcide à ſon Vainqueur euſt cede
ſes Autels.
Vous trouverez peut- estre quelque
conformité entre ce Sonnet , &
un autre que vous avez publié.
Elle auroit estéplus grande fi je ne
GALANT.
31
lavois jamais veu. Ie ne sçay si
l'autre a estéfait plûtoft que le mien
mais je suis feur que le mien n'a
point esté fait fur celuy- là. Ces
Bouts rimez n'auront pas perdu
tout àfait lagrace de la nouveauté.
Vous avez dit il n'y a pas longtemps,
qu'ils estoient à la mode ,&
leſuiet n'en estpas trop vieux.
SUR LATREVE
que le Roy a faite .
Ndiſoit autrefois , N'on licet
omnibus .
J'oſe le dire encore, & qui voudra
s'en fâche ;
LOVIS , de qui l'eſprit travaille
fans relâche,
Vient de faireluy ſeul quod non
licet tribus.
Nul d'entr'eux ne ſçauroit parer
aux coups qu'il lâche,
4
B 4
32
MERCURE
Parmy les Souverains, il paroiſt
un Phæbus ;
Il commande la Tréve , & vous
ſçavez quibus ;
Tout ce qu'il a de dur par avan.
ce il leur mâche.
Ils l'avalent enfin avec tout fes
Item,
Dans un profond reſpect ils
chantent Tu autem ,
Ravis de prévenir les effets de
fon ire.
1
Si dans le temps préſentils n'ont
pû dire amo,
Peut- eſtre qu'au futur ils auront
peine à lire
Ce qu'il leur fit ſigner carrento
calamo.
Iln'y a point de Rimessi bizarres
&fi Burlesque , qu'on ne puiſſe
GALANT.
33
remplir de quelque chose degrand
fur le ſuiet da Roy. Il me femble
donc qu'on pourroit bien donner à
celles là encore un autre tour pref.
quesur la mesme matiere .
SVR L'ENREGISTREMENT,
L
la Publication de la Treve.
OVISle Conquerant fait
ſçavoir omnibus, ...
Qu'il annonce une Tréve, & qui
plaiſt, & quifache ;
Jamais de ſes deſſeins en rien il
0: ne relache, ...
Le coup qui le deſarme a fait la
loy tribus. :
Que s'il fait les Combats , il ne
fuit pointen Lâche,
Dans le Meſtier de Mars il n'eſt
point E. Phabus ; ...
B
34 MERCURE
Ila du coeur des Gens, des Armes
dù quibus ,
Et quand il faut donner, point la
Cire il nemache.
Cependant il s'arreſte , il ſe modere,
item,
Scachant bien comme il faut venir
au Tu autem,
Pour le bonheur public il com--
mande à fon ire,
Conjuguons luy par coeur dans
-tous les temps amo
Et nos Neveux diront , liſant ce
qu'on va lire,
Que ce qu'il fit du Fer , il l'a fait
calamo.
- Enfin , Monsieur , il y a tres.
long temps que j'ayfait une Devife
pour le Roy, fur un deſſein qui a
estéſuſpendu. Stelle avoit estépu
;
GALANT.
35
bliée dés ce temps - là , elle pourroit
passer à prefent pour une espece de
Prophetie. Ce fera pour le moins
une expreſſion allegorique de ce que
nous voyons. Le corps de la Devise,
c'est un Soleil dans fon Zodiaques
l'Ame, cesont cesparoles , Curro,
ſed tacito motu. Si ie ne craignois
de choquer les Maistres de l'Art,
i'aioûterois des Astronomes de toutes
les Nations , qui obfervent le Soleil
avec toutes les fortes d'Instrumens
dont on use pour cela. Ils ne repondroient
pas mal à l'application que
que tous les Politiques de la Terre
donnent à penétrer la conduite du
Roy. Voicy l'explication de ma
Devife.
L
'Vnivers attentifregarde ma
carriere,
Les eſprits appliquez à meſurer
mon cours,
B6
36
MERCURE
Obſervent avec ſoin mes tours
&mes detours :
Mais nul oeil ne peut voir ma
route toute entiere ;
Mon éclat plus aux fiers fait
baiſſer la paupiere ;
Mes differens aſpects font les
nuits& les jour ,
Tout languiroit ſans moy , tout
attend mon ſecours,
Et je porte par tout mes bien &
ma lumiere.
Mille divers emplois partagent
mes momens
Je ſuis toûjours reglé dans tous
mes mouvemens,
Onconnoiſt mon pouvoir ſur la
Terre & fur l'onde,
Je me hafte ; je cours ; rien
n'arreſte mes pas,
GALANT. 37
M
J'acheveray bien- toſt le tour entier
du Monde,
Ma démarche eſt cachée & l'on
ſçait où je vas .
Ilya affez long - temps , Monſieur,
que ie vous entretiens pourme
hafterde vous dire que ie ſuis vôtre
tres, &c.
F.F.D.C. R.G.
L'Autheur du Dialogue que
vous avez veu ſur leschoſes difficiles
à croire , m'en a envoyé un
ſecond , dont je vous fais part.
Quoy qu'il ſoit une ſuite du premier
, la matiere eſt differente ,&
cette diverſité doit eſtre agreable
aux Curieux, qui font bien - aiſes
d'apprendre beaucoup , & de
s'épargner la peine des longues
lectures.
38 MERCURE
DES CHOSES
DIFFICILES A CROIRE.
DIALOGUE SECOND.
BELOROND LAMBRET.
5
V
BELOROND .
lifant Ous me trouvez en
chez Aulu Gelle une ve- ,
rité qui paſſeroit pour difficile à
croire , fi elle n'étoit miſe icy
en pratique auſſi ſouvent qu'ailleurs
;c'eſt quand il dit, que l'on
punit les petits Larrons , &qu'on
porte honneur aux grands : Fures
privatorumfurtorum innervo atque
compedibus atatem gerunt , fures
publici in auro & in purpura.
GALANT.
39
LAMBRET.
Vn autre a dit encore que les
petits crimes ſont punis & que
les grands ſont portez en triomphe
: Sacrilegia minuta puniuntur
, magna in triumphis feruntur.
Nous aurions bien des
choſes à dire fur cette matiere ,
fi nous voulions nous ériger en ,
Satyriques ; mais croyez - moy ,
parlons du larcin d'une autre
maniere. Ce n'eſt pasicy ſeulement
qu'il y'a beaucoup de Larrons
, & que la plus- part font
comblez d'honneurs. An Royaume
de Tangeo il y a un païs appellé
des Larrons , où l'on tient à
fi grand honneur d'avoir eu des
Parens pendus pour des vols
commis , qu'on s'y reproche
comme une eſpece d'infamie , ſi
l'on n'en a point eu d'Executez
en Juſtice pour une fi belle caufe
Chez les Lacedemoniens le lar40
MERCURE
cin eſtoit permis , pourvu qu'on
ne fuſt point ſurpris en lecommettant
. C'eſtoit afin d'accoutumer
ces Peuples à chercher des
artifices & des ſtratagêmes , dont
ils ſe ſervoient ſouvent dans les
guerres qu'il avoient avec leurs
ennemis. Vn jeune Enfant Lacedemonien
fut fi fidele à executer :
cette Loy , qu'ayant dérobé un
Renard , & l'ayant mis dans ſon
ſein pour le cacher aux yeux de
ceux qui le cherchoient , il aima
mieux ſe laiſſer ronger le ventre
par cet animal , que de découvrir
ſon larcin.
BELOROND .
l'aurois de la peine à croire ce
que vous venez de me dire , ſi je!
ne me ſouvenois d'avoir lû chez
Ceſar 1.6 . de bello Gall. que les
anciens Allemans permettoient à
la leuneſſe dedérober , afin d'é-
1
GALANT. 41
viter l'oiſivité ; dans Arrien in
Epift.l.3 . c.7 . qu'Epicure avoüoit
bien que c'eſtoit une grande faute
de ſe laiſſer ſurprendre en
dérobant ; mais qu'il ne croyoit
pas que hors' de cette ſurpriſe il
y euſt du mal dans l'action ; &
chez Suetone in Ner. 16. art. 16.
que les Romains avoient des Fes
ſtes & des leux : Quadrigariorum
lufus , qui leur permettoient de
prendre tout ce qu'ils pouvoient,
L'Empereur Neron fut le premier
qui condamna cet injuſte uſage.
Diodore nous apprend que les
Egyptiens avoient un Prince des
Larrons , à qui l'on s'adreſſoit,
comme autrefois à Paris au Capitaine
des Coupeurs de bourſe,
pour recouvrer ce qu'on avoit
perdu , en donnant le quart du
prix.
42 MERCURE
LAMBRET.
Vous avez apparemment auſſi
lû chez François Alvarez , qu'il y
a un Officier de la Cour du Préte-
lan , qui n'a que cette qualité
de Capitaine des Voleurs pour
gages de fon Office , dont les fonctions
conſiſtent à faire lever &
accommoder les tentes du Roy.
BELOROND .
Si l'eſtime que quelques Peuplesont
euëpour le larcin paroiſt
incroyable , la peine que d'autres
Peuples faifoient fouffrir aux
Larrons , ne le paroiſtra pas
moins , comme chez les Americains,
au raport d'Oviedol.s.hift .
c.3.& l. 17. C. 4. qui les empaloient
vifs ; & chez ceux de Carinthie
, qui estoient ſi animez
contre les Voleurs , que ſur le
ſeul ſoupçon ils lespendoient ,&
puis faiſoient le procés au Mort ,
GALANT. 43
ſe contentant d'enſevelir honorablement
ceux contre leſquels
ils n'avoient point trouvé de
preuves ſuffifantes pour les condamner
à la mort. C'eſt Mercator
qui nous l'apprend dans ſon hiſtoire
1.7.0.13 :
:
LAMBRET.
Ceux du Royaume de Lao
n'eſtoient pas ſi ſeveres dans les
châtimens des Larrons , puis
qu'ils les puniſſoient ſeulement
enleur faifant couper ſur lecorps,
ſelon la qualité du vol ,une cer
taine portion de chair, avec cette
clauſe ,que fi le Bourreau en
coupoit trop , il eſtoit permis au
voleur de dérober aprés impunement
pour autant que pouvoit
valoir ce qu'on luy avoit ôté
de trop.
BELOROND .
Co que vous venez de dire
1
44 MERCURE
me fait ſonvenir d'une coûtume
deMofcovie ,qui n'eſt pas moins
déraisonnable , puis qu'elle veut
qu'on donne la Queſtion premierement
à l'Accuſateur , pour
voir s'il perſiſtera dans ſon accuſation
, & puis à l'Accuſé , ſi la
choſe en queſtion eſt demeurée
douteuſe. C'eſt Olearius qui le
rapporte 1. 3. Y a- t- il rien de
plus impertinent , felon nous ,
que ces uſages ? Et cependant
ceux de Mofcovie&de Lao si
maginent que leurs Coûtumes
font auſſi raiſonnables qu'elles
nous paroiſſent ridicules & extravagantes
, tant il eſt vray que
chacun abonde en ſon ſens , &
qu'on ne peut établir un fonde
ment certain ſur l'eſprit ou plûtoſt
ſur les opinions des hommes
. Avoions de bonne foy que
les Pyrrhoniens n'eſtoient pas les
GALANT.
45
plus méchans Philoſophes,quand
ils n'aſſuroient rien que par leur ,
peut - estre , cela ſe peut faire. Si
lenteſtement , la préſomption ,
l'obſtination & l'amour propre
ne s'eſtoient pas emparez de l'eſprit
de la plus part des hommes,
je nedoute point qu'on ne leur
euſt rendu plusdejuſtice , aprés
avoir pourtant employé la Circonciſion
dont parle un Pere de
l'Eglife , c'est- à-dire , aprés avoir
retranché de leurs opinions ce
qui peut eſtre contraire aux Veritez
certaines & infaillibles de
noſtre Religion,
:3 LAMBRET.
Devons- nous eſtre ſurpris de
voir les hommes ſi bizarres dans
leurs opinions & dans leurs coûtumes
, puis que leur mere commune
, je veux dire la Nature ,
l'eſt encore davantage dans ſes
46 MERCURE
productions. C'eſt dans la conſideration
de la bizarrerie qu'elle
y fait paroître , que je puis vous
rapporter beaucoup de choſes
qui paroiſtront incroyables à
-ceux qui ne meſurent la puifſance
de la Nature , que parce
qu'ils ont vû ou entendu. En
effet , un homme qui n'a pas perdu
ſon clocher de veuë , peut il
ſe réfoudre à croire qu'ily ait en
Ethiopie un Lac, comme le rapporte
Diodore de Sicile , Bibl.
hift.l.2 . c.5. dont les eaux troublent
tellement l'eſprit de ceux
de ceux qui en boivent , qu'ils
ne peuvent rien cacher de ce
qu'ils ſçavent ; en l'Amerique
une Plante qui repreſente diftintement
en ſa fleur tous les inſtrumens
de la Paffion du Fils de
Dieu, au rapport de Duval dans
fon Monde ; en la vallée Barrás,
GALANT.
47
&
qui eſt au levant du ſourdain,
une autre Plante qui paroiſt
comme un lambeau allumé
pendant la nuit , en la Province
des Pudiferanaux , Indes Orientales
, un Arbre appellé l'Arbre
de la Honte, dont les feüilles s'étendent
ou ſe retirent ſelon
qu'on s'en éloigne , ou que l'on
s'en approche ? Enfin , pourratil
ſe perfuader que le Boranetz
qui ſe trouve aux païs des Tartares
Zavolhans , qui eſt fait en
forme d'agneau dont il porte le
nom en leur Langue , eſt une
Plante attachée à ſa racine qui
mange toute l'herbe qui ſe trou
ve autour d'elle , & puis ſe ſeche
quand il n'y en a plus ; & ne démentira-
t- il pas Ariſtore , ce genie
de la nature , quand il dit au
1. 5. des Animaux , que le Fleuve
Hypanis prés du Boſphore
.
48 MERCURE
Cimmerien , porte en Eſté de pe
tites feüilles de la longueur d'un
gros grain ce raiſin , d'où ſortent
des Oyſeaux à quatre pieds appellez
Ephemeres , qui vivent , &
volent depuis le matin juſques à
midy , puis ſur le ſoir commencent
à défaillir , & enfin meurent
au Soleil couchant ? Je ſçay bien
qu'il ſe peut faire qu'il y ait des
Auteurs tellement paſſionnez
pour les choſes extraordinaires ,
qu'ils nous rapportent quelquefois
effrontément des fables qu'ils
prétendent faire paſſer pour des
veritez ; mais quand je fais réflexion
qu'il ſe preſente tous les
iours à mes yeuxdes prodiges qui
ne demanderoient pas moins
d'admiration que le Boranetz , &
les Ephemeres , ſi nous ne bornions
noſtre croyance par la
ſphere de noſtre veuë , ie ne puis
me
GALANT.
49
me réſoudre à donner un dementy
à tant de grands hommes
qui aprés avoir étudié ſerieuſement
la Nature , ont bien voulu
nous faire part, de leur connoifſances
& de leurs remarques , en
nous apprenant ſes prodigieuſes
merveilles .
BELOROND .
Ce n'eſt pas ſeulement à cauſe
que l'on ne voit pas les choſes
extraordinaires qui ſe diſent dans
lesVoyages& chez les Naturaliſtes
que l'on ne veut pas les
croire ; c'eſt encore parce que
l'on ne comprend pas comment
elles ſe peuvent faire. Pour moy,
quand je ne puis penetrer les
cauſes des merveilles de la Nature,
je ne m'imagine pas pour cela,
qu'elle ne ſoient pas en effet,
mais je conſole mon ignorence
&borne ma curioſité parun,Hac
Avril 1685 .
C
50 MERCURE
Deus mirari voluit , fcire noluit.
Ie me dis à moy- même, que Dieu
veut que nous les admirions , &
non pasque nous les connoiſſions ,
comme s'il avoit voulu humilier
noſtre eſprit dans l'étude de la
Nature auſſi bien que de la
Religion , par une experience
continuelle de ſon ignorance &
de ſa foibleſſe .
LAMBRET.
Separons - nous , je vous prie,
avec une ſi judicieuſe réflexion .
Elle ne ſervira pas peu à nous exciter
à remarquer encore des
choſes plus merveilleuſes que
celles dont nous venons de parler
, pour nous ſervir de matiere
dans noſtre premier Entretien.
Parmy les Fables nouvelles
que le Sieur Blageaft debite , &
qui ſont ſi eſtimées du Public , il
y en a une qui porte pour titre,
GALANT.
SI
Les Arbres choisis par les Dieux.
Monfieur de la Barre de Tours a
mis en Vers cette même Fable.
Ie vous l'envoye. Vous ferez ſans
doute bien aiſe de voir comment
deux Autheurs , qui ont tous
deux beaucoup de talent à bien
conter , auront traité la meſme
matiere.
LES ARBRES
CHOISIS PAR LES DIEUX.
T
FABLE.
۱۵۰
Out ce qui reluit n'est pas or.
- C'est uneverité dont on tombe d'ac
cord..
33.
Bi vous voulez avec prudence,
Juger d'un objet tel qu'il eſt ,
C
52 MERCURE
Regardez s'il est bon ,Sans trop voir
s'il vous plaiſt,
Et nevous trompez pas àlaſimple
apparence.
Confiderez levray, ne pensez point
au beau,
Au plaisant préferezl'utile,
Lesfruits aux fleurs , le fecond au
Sterile,
Lefolide au brillant, l'Automne au
Renouveau.
Sima Morale eſtvéritable,
F'en croy lesens commun , j'en croy
mesme la Fable..
Un jour Iupin & tous les autres
Dieux ,
Dans lagrande fale des Cieux.
Tinrent le divin Confiftoire.
Ony traita milleſujets divers,
Qui concernoient la Police & la
gloire
De ce vafte Univers.
f
1
GALANT.
53
Quand on parla des Arbres & des
Plantes,
Et de leurs Ames vegetantes.
On fit , dans ce Conſeil d'Etat,
De creux raisonnemens, carfur chaquemistere
Comme l'on peut juger , les Dieux en
Sçavent faire,
Mais creux ou non, voicy le réfultat.
Sçavoir, que chacun d'eux fist un
choix volontaire
Del'Arbre qui pourroit luy plaire,
Pour ensuite leproteger ,
Et legarderde tout danger ,
Comme du feu du Ciel , des Vents ,
& des Orages ,
Des Eaux , des longs Hyvers , &
des autres ravages.
Le Chesne fur ce piedfut choisi par
Fupin
Cibelle aprés luy prit le Pin ,
Apollon le Dieu de la Lire
C3
54 MERCURE
Pour certaines raiſons , s'appliqua le
Laurier ,
Hercule le haut Peuplier ,
Dame Cypris qui fait que d'amour
onSoupire
Prit avec ſon Enfant les Myrthes
amoureux :
Enfin , à qui pis pis , & non à qui
mieux mieux.
Chacun choifit à boulle veuë.
Minerve dont au Ciel laſageſſe eſt
connuë ,
S'écria d'un air furieux
Non , je ne puis ſouffrir unetelle
béveuë
Voſtre Confeil a la berluë ,
Et voſtre choix eſt indigne des
Dieux.
Prendre des Plantes inutiles ,
Arbres ſans rapport,infertiles ,
Et propres à jetter au feu .
Pins& Lauriers, Peupliers, Myrthes,
Cheſnes ,
1
GALANT. 55
Ne font - ce pas des Plantes
vaines ?
Pourquoy donc les choiſir ? Arreſtez-
vous un peu
Ma fille, dit Jupin, ſçachez nôtre
penfée .
Nôtre protection ſembloit intéreffée
En la donnant aux Arbres portant
fruits ;
Nous ne voulons rien davantage
Que l'écorce & que le feüillage
;
Il eſt des Dieux puiſſans deproteger
gratis .
C'eſt pouffer un peu loin voſtre
délicateſſe,
Dit Minerve , je fais conſiſter ma
ſageſſe
Afaire un choix qu'approuve la
raiſon :
J'ay choiſi l'Olivier , j'en trouve
le fruit bon ,
C4
36 MERCURE
Le feüillage m'en plaiſt..... Que
Minerve eſt aimable !
Interrompit Jupin en l'embras-
Sant
Ouy, ma fille, c'eſt peu que d'aimer
le plaiſant
Joignons pour être heureux l'us
tile à l'agréable .
Mr le Comte d'Ayen , Fils aîné
de Mr le Duc de Noailles,
mourut ſur la fin du dernier
mois, âgé de neufans. Ce Duc a
ſupporté cette perte avec une
fermeté digne de ſon caractere.
Je vous en fait la peinture en
pluſieurs occaſions , & je croy
que vous ne me ſoupçonnez pas
d'avoir rien exagere , quand je
vous ay dit que la Cour n'a point
de grand Seigneur plus obligeant,
ny qui ſoit dans une eſtime
plus genérale.
/
1
1
GALANT.
57
Mr le Marquis de Saint Geniez
, Frere de feu Mr le Maréchal
Duc de Navailles , eſt auſſi
mortdepuis peu de jours. Il avoit
eſtéGouverneur de Saint Omer,
&avoitremis ce Gouvernement
entre les mains de Sa Majesté,
afin de penſer à ſon ſalut avec
moins de trouble & d'embarras,
lors qu'il connut que fes forces
commençoient à diminuer , &
qu'il ne devoit plus eſpérer de
vivre long - temps. Le Roy luy
donnoit une Penſion conſidérable.
Il eſt mort à l'Abbaye de
Saint Victor , où ils'eſtoit retiré.
Ma Lettre du mois de Mars
vous a fait ſçavoir la perte que
l'on a faite de Madame la Princeffe
de Guemené. Je ne vous
- dis rien alors de ſes grandes qua-
Litez , comme ſi j'avois preveu
que je devois recevoir l'éloge
C
58 MERCURE
que vous allez lire. Il a eſté fait
par une Perſonne qui la connoifſoit
parfaitement , & c'eſt le
moins que l'on doive à cette Illuſtre
Défunte, que d'apprendre
à tout le monde , ce que tout le
monde dévroit tâcher d'imiter.
EXTRAIT
D'VNE LETTRE
ECRITE DE ROCHEFORT..
MAdame laPrinceffe deGuemené
est morte enSon Cha
ſteaude Rochefort le 14. de Mars
âgé de 79. ans. Elle estoit iſſue des
anciens Souverains de Bretagne,&
des Rois de Navarre , mais quel-
Le fuſt par une fi illustre naiſſance,
elle l'estoit bien davantage par La
1
GALAN T.
59
vertu & parſon merite . Il s'eſt veu
peu de Personne, defon Sexe & de
Son rang qui ayent poffedé d'auſſi
grandes qualitez , &qui les ayent
portéessi loin. Elleſceut joindre en-
Semble des fa plus tendre jeuneſſe,
une beauté parfaite & une modeſtieSurprenante
, & joüir au milieu
des troubles , &des embarras de la
Cour , d'une quiétude , & d'une
tranquillité d'esprit que la pluſpart
des Grands ne connoiſſent point , &
recherchent encor moins. Elle fut
grande fans orgueil , bellefansaffectation
, majestueuse Saws fierté,
ferme dans les plus grands malheurs
Sans vanité, bonnefans foibleſſe,&
charitable envers les pauvres fans
oftentation . Sa dévotion eftoii ten_
dre &folide. Dieu qui l'avoit attirée
de bonne heure , luy avoit
montrépar quelle voye il vouloit
qu'elle vinst à luy , c'est pourquoy
C6
60 MERCURE

elle le cherchoit dans lafimplicite
du coeur, & elle l'adoroit en esprit
& en verité , s'offrant continuellement
à luy par le ſacrifice qu'elle
luy faisoit de tout ce qu'elle avoit
de plus cher & de plusſenſible au
monde. On Sçait affez de quelle
maniere Dieu l'a éprouvée,&combien
il luy a fait de graces , pour
foutenir un chocfi terrible avec autant
de generofité qu'elle l'afait.
Aussi une vie si chrétienne & fi
Sainte a-t'elle esté couronné par
une plus fainte mort. Comme elle
l'avoit envisagée dés long- temps,
&qu'elle enfaisoitſon étude dans
Sesfréquentes retraites à la Campagne
depuis pluſieurs années , etle
ne fut point effrayée de fon approché.
Au contraire , aprés s'estre
bumiliéc profondement , & avoir
reconnu devant le Seigneur fon
neant & sa buffeffe , elle adoroit

GALANT . 61
1.
&baifoit la main de celuy qui la
frappoit ; elle lovort ſes mifericordes
infinies ; elle conſoloit ceux
qui estoient touchez de la perte
qu'ils alloient faire ; elle infultoit
, pour ainsi dire , à la foibleſſe
des autres , qui n'écoutoient
que leur douleur ; elle fupportoit
les fiennes avec unepatience invincible,&
elle neſoûpiroit plus qu'aprés
la Maiſon de Dieu , où la foy
luy faisoit voir une grandeur bien
plus folide que celle dont elle avoit
joüy icy bas . Pendant toute fa maladie
qui a duré deux mois &demy,
Dicu luy a confervéjuſques au dernier
foûpir ce jugement cette pré-
Sence , & cette vivacité d'esprit
admirable , qu'on a reconnu en elle
pendant toutefavie. Ilsemble ême
que pour la récompenfer de l'amour
qu'elle avoit toûjours eu pour
l'Ecriture Sainte , & principale
62 MERCVRE
ment pour les Pfeaumes , & pour le
Saint Evangile , Dieuluy augmen
ta la memoire , &qu'il la luy ren.
dit plus vive &plus preſente qu'elle
n'avoit jamais esté. Elle luy fournifſoit
fans peine les paſſages qui.
estoient les plus conformes à l'état
où elle se trouvoit , & lors que sa
foibleſſe l'empefchoit de les prononcer,
elleſe les faifoit reciterpar ceux
qui avoient l'honneur de l'aſſiſter
dans ces derniers momens. Elle leur
avoüa qu'elle n'avoit jamais goûte
de plaifirplusſenſible que lors qu'elle
avoit receu les Sacremens pendantsa
maladie, &qu'ellese nourrifſoit
de la Parole de Dieu ; & ce
fut après avoir achevé ces paroles
, qu'elle adreſſoit au Cruci-
,, fix , mon Dieu que vous avez
„ ſouffert pour moy , & que je
fouffre peu pour vous ! enco-
» re , mon Dieu , encore , cefut.
55
GALANT.
63
dis- je, aprés avoirprononcé cétActe
d'amour & de pénitence qu'elle
tomba dans une foiblefſſe qui l'emporta
une demi- heure aprés.
C'est ainsi qu'a vécu , & qu'eſt
morte Anne de Rohan , Princeſſede
Gucmené , fille unique de Pierrede
Rohan, Prince de Guemené,& Madeleine
de Rieux Chasteauneuf, Sa
premiere Femme. Elle avoit épousé
Loüis de Rohan fon Cousin germain,
Fils d'Hercule de Rohan Duc
de Montbazon , Pair & grand Vcneur
de France , & de Madeleine
de Lenoncourſapremiere Femme,&م
ainſi elle porta par ce Mariageles
grands biens de la branche aînée à
la Cadette. Elle a eu pour Fils
Charles de Rohan Dus de Montba
Zon, Pere de Monsieurle Prince de
Guemené d'aujourd'huy , de Monfieur
le Prince de Montauban , de
Meſdemoiselles de Guemené , de
64 MERCURE
Montbazon & de Montauban ,&م
feu M de Rohan grand Veneur de
France.
La pieté qui accompagne ordinairement
les perſonnes de
vôtre ſexe , nous en fait voir un
grand nombre , qui dans leurs
derniers momens ont une parfaite
ſoumiſſion aux ordres de Dieu ,
& les reçoivent avec une réſignation
veritablement Chreſtienne.
Telle a eſté Madame
Dauphine de Sartre , femme de
Monfieur le Marquis de Robias
d'Eſtoublon , morte dans la ville
d'Arles le 17. du mois paſſé . Elle
eſtoit fille unique de Monfieur
de Sartre Conſeiller en la Cour
desAydes & Finances de Montpellier
, & de Dame Brigide de
Maſſauve , & n'avoit pas moins
herité de leurs vertus que de
leurs grands biens. Elle estoit
GALANT. 65
doüée d'un eſprit ſi relevé & fi
propre aux connoiſſances ſublimes
, qu'elle n'ignoroit rien de
tout ce qui peut établir l'eſtime
d'une perſonne ſcavante. Elle
ſçavoit juſqu'aux parties les plus
difficiles des Mathematiques ,
telles que l'Algebre , la Philoſophie
ancienne & moderne , &
tout ce qu'il faut croire de plus
raifonnable de l'une & de l'autre.
Elle s'eſtoit même acquis les
principes de la Medecine ; mais
quelque avantage qu'elle receuſt
de ces differentes connoiſſances ,
ſon plus fort attachement eſtoit
la Morale , & fur tout la Chreſtienne
qu'elle prenoit pour regle
de toutes ſes actions. On a
peu vû de femmes avoir une intelligence
& une penetration
plus rafincé , une netteté d'efprit
& d'expreffion plus forte,
66 MERCURE
ſoit à écrire , ſoit à parler , ny un
talent plus fingulier à s'attirer
également l'eſtime , l'admiration
& le reſpect de tous ceux
qui l'approchoient . Elle avoit le
jugement exquis , & l'on pouvoit
s'en tenir à ce qu'elle décidoit
fur toutes fortes d'Ouvrages.
On peu juger de la forcede
fon genie&de ſa memoire , par
l'extrême facilité qu'elle avoit
à mettre fidellement ſur le papier
les Sermons les plus relevez
qu'elle entendoit , ſans alterer
ny les paroles , ny obmettre
quelque texte que ce fuſt dans
ſa juſte citation. Elle ſçavoit parfaitement
la Muſique,& compofoittres
facilement. Sa methode
à chanter eſtoit admirable, auffi .
bien que ſon talent pour les Inſtrumens
, tels que le Claveffin,
le Lut , & le Theorbe. Dans le
GALANT. 67
temps où la plus heureuſe conſtitution
ſembloit la flater d'une
longue vie , ſa ſanté fut attaquée,
& elle tomba inſenſiblement
dans nue maladie, qui ayant duré
ſept ou huit mois , luy a donné
lieu de faire admirer dans un
grand accablement de maux ,
tous les ſentimens d'une Ame
heroïque & prédeſtinée . L'extrême
moderation avec laquelle
elle a ſupporté ce coup , a fait
d'autant plus paroiſtre la fermeté
de ſon ame , qu'il ſembloit
alors qu'elle ne duſt fonger qu'à
la joye , à cauſe du Mariage
de Monfieur le Marquis d'Eſtoublon
ſon fils , Gentilhomme
auſſi bien- fait que ſpirituel,
avec Mademoiſelle Eugenie de
Mirabeau de Marſeille , dont le
merite répond à l'eſprit & à la
naiſſance. Lors qu'elle vit qu'il
n'y avoit plus aucune eſperance
68 MERCURE
:
de guériſon , elle fit quantité de
Legs pieux,& répandit ſes bienfaits
juſque ſur le moindre de ſes
Domeſtiques. L'inclination particuliere
qu'elle avoit toûjours
euë pour les Carmelites, l'engagea
à leur laiſſer ſon Coeuravec
une ſomme tres-confiderable,
pour eſtre employée à la conſtruction
de leur Eglife. Enfin
eſtant preſte de mourir , elle fit
des remontrances ſi Chreſtiennes
, fi fortes & ſi touchantes au
general & au particulier de ſa
Famille , qu'on peut dire que jamais
perſonne n'a quitté le Monde
avec plus de fermeté & de
courage , ny donné de plus apparens
témoignages du bonheur
que Dieu préparoit à ſa vertu.
Toute la Villea pris part à l'affliction
de Mule Marquis de Ro .
bias fon Mary. Il eſt d'un merite
GALANT. 69
generalement reconnu , & Secretaire
perpetuel de l'Academie
Royale d'Arles .
On croit quelquefois rire de
laMort quand elle eſt fort proche.
C'eſt ce qui eſt arrivé à une
jeune Perſonne , qui n'ayant
qu'un peu de Fievre dit en badinant
à un galant Homme qui
lay rendoitdes ſoins affidus, que
quand elle ſeroit morte, elle vous
loit qu'il donnaſt ſon coeur à une
de ſes Amies , qu'elle luy nomma.
Sa Fievre ayant augmenté,
elle mourut peu de jours aprés.
Un jeune Gentilhomme que les
affaires n'empêchent point de
ſongerde temps en temps à faire
ſa Cour aux Muſes, a fait la defſus
les Vers que je vous envoye.
70
MERCURE
A DAMON.
Sur ce qu'Iris luy avoit ordonné
en mourant d'aimer Celimene.
I
Lest donc vray , Damon , vous aimez
Celimene,
Voſtre Iris en mourant fit naiſtre
cette ardeur,
Lors que par Testament, pourferrer
cette chaîne,
Elle luy laiſſa voſtre coeur,
IeSçay qu'il estoit desa gloire
De placer en bon lieu vos voeux;
Mais honorez vousfa mémoire?
Voussentez- vous bien amoureux?
Plus vous serezſenſible à cette
Amournouvelle
GALANT. 71
Dont pour vous Iris a fait choix
Et plus vous montrerez de zéle
Aremplirſes dernieres loix.
Non, non, ne craignezrien , on n'en
Sçauroit médire ,
Aimez en touteseureté;
Iris avant Sa mort voulut bieny
Souscrire.
Sivous tournez vos voeux vers un
autre coste,
C'est la marque deſon Empire,
Non de vostre legereté.
Malgré ce changement d'hommage
Vostre coeur ne s'est point mépris;
Mais croyez-moy Damon,pour n'eſtre
point volage,
Dans Celimene il faut que vous
aimiezIris.
Lors qu'àvoſtre jeune Maiſtreſſe
Vous rendrez des ſoins à l'écart,
72
MERCURE
Plein d'Iris,conduisezfi bien voſtre
tendresse,
Qu'elle ait la meilleure part.
L'Affaire est aßez délicate.
Gardezde vous tromper, gardezde
la trabir.
Pour un nouvel Objet quand voſtre
amour éclate ,
Ne faites- vous rien qu'obeïr ?
On fçait qu'à prendre feu vostre
ame est affez prompte ,
Qu'un bel oeil peut beaucoup fur
VOUS.
Celimenefait voir cent charmes des
plus doux ,
Ne l'aimeritez- vous point tout - afait
pourson compte ?
Les Vivans,oe dit.on.font oublier
Mors.
Ces
GALANT. 73
Ces derniers n'ont rien que de
Sombre.
Me trompay-je , Damon ? je croy
qu'un joly Corps
Vous accommode mieux qu'une
Ombre ?
Voulez vous y penſer ſouvent ?
Dans Celimene , Iris doit estre regardée.
Ce raport est aisé ; mais ce n'est
qu'une idée,
:
Et l'amour veutplus que duvent.
::
Comme d'une viande legere
Le vostre affez mal senourrit,
Pour lemieuxfoûtenir; ilfaut quela
T matiere
200
Accoureau fecours de l'esprit.
Luyſeul ne rendroit pas uneflame
constante
Avril 1685 .
arb
D
74 MERCURE
Et quand celuy d'Iris est remonté
là- haut,
Une belle &jeuneVivante
Eft beaucoup mieux ce qu'ilvous
faut.
Cependant voulez - vous m'en
croire ,
Prendreleparty le meilleur?
Qu' Iris ait toute la mémoire.
Et Celimene tout le coeur.
Vous y trouverezvostre affaire.
Et cepartagefait ainsi
Atoutesdeuxvous laißantSatisfaire,
Vous vousfatisferez auſſi.
l'ajoûte un Sonnet , que vous
ne ferez pas fâchée de voir . Il
eſt de Monfieur l'Abbé du
Claux , connu dans le Dauphiné
,par beaucoup d'endroit qui
1
GALANT.
75
le diſtinguent. Il le fit fur ce
qu'un jeune Marquis, auſſi galant
que bien-fait , avoit ſervy
de Cocher à deux des plus aimables
Perſonnes de cette Province
, dont l'une a touché ſon
coeur.
A ME LE MARQUIS DE B
TEs Chevaux du Soleil feavoient
bien leur leçon ;
• Attelez dés long- temps au Charde
la Lumiere,
Ils ne quitoient jamais leur chemin
ordinaire.
Et quel fut cependant le fort de
Phaëton ?
Prenez donc garde àvous, trophardy
Celadon ;
Ceux que vous conduisez ignorent
leur carriere,
D2
76 MERCURE
Quand le coeur vous dira de regardes
derriere,
N'allez pas fuccomber à la deman
geaifon.
Le péril en est grand ; vous avez
plus àfaire
Quen'avoit autrefois ce Cocher teméraire,
Dont par tout l'imprudence alluma
tant defeux
Son employ demandoit moins de foin,
moins de peine ,
Car pour fon coup d'eſſay , ce beau
Fils de Climene
Ne menoit qu'un Soleil, & vous en
menez deux.
1
!
GALANT..
77
Ce Sonnet a donné lieu à cette
Réponſe , qui eft de l'Autheur
des Stances qui le précédent.
Cur
Sortexemplede Phaetondon, N
Son entrepriſe eſtdiferente ;
En conduisant un Char, il condutt
une Amante,
Mais l'Amour est fur le Timon.
Ce petit Dieu tient une Reſne ;
L'Amant peut- il manquer alors de
: reüffir?
Il doit mener le Charfans peine,
LaBelle fuit avec plaifir.
Tel Cocher n'est point temèraire
Pourquoy de Phaëton craindroit- il
le deſtin ?
Qu'iltourne à droit , à gauche, il
Sçait ce qu'il peut faire ,
L'Amour applanit font chemin.
D 3
78 MERCURE
Je vous dis dans ma Lettre du
dernier mois , que Monfieur le
Marquis de Chaſtillon , premier
Gentilhomme de la Chambre de
Monfieur , avoit épousé Mademoiſelle
de Broüilly , ſeconde
Fille de Meſſire Antoine de
Broüilly , Marquis de Piennes,
Gouverneur de la Ville & Citadelle
de Pignerol, Chevalier des
Ordres du Roy , ſecond Fils de
Meffire Charles de Broüilly,Marquis
de Piennes , Comte de Lanoy
, Seigneur de Meſvillers , &
Dame Renée de Rochefort de
la Croiſette . Ce Mariage ſe fit
dans l'une des Chapelles du Palais
Royal , en preſente de Monfieur
, de Monfieur le Duc de
Chartres , & de Mademoiselle.
Le ſoir Son Alteſſe Royale fit
l'honneur au Marié de luy donner
la Chemiſe. Les avantages
GALANT. 79
de la Maiſon de Chaſtillon,
qu'on appelle le Grand Chaſtillon,
pour la diftinguer de toutes les
autres qui portét ce nom,ſont extremément
conſiderables.Elle l'a
tiré de Chaſtillo ſur Marne,Ville
de France en Champagne, entre
Epernay , & Chaſteau-Thierry,
qui ſont ſur cette même Riviere.
Guy de Chaſtillon vivoit en
1076. ce qui prouve une antiquité
de prés de huit Siecles.
Cette illuſtre Souche a produit
plus de vingt-cing Branches ,
rempliesde vaillans Chevaliers,
de pieux Prelats , de puiſſans
Seigneurs , Comtes , Ducs,Princes,
Souverains, Reines,& Papes.
On trouve en cette Maiſen un
grand nombre d'Officiers de la
Couronne , qui ont poſſedé les
plus grandes Charges , comme
Conneſtables , Grands Maiſtres,
1.
D4
80 MERCURE
Chanceliers , Amiraux , Grands
Bouteillers , Grands- Maiſtresdes
Arbaleſtriers , Grands Panetiers,
Grands - Maiſtres des Eaux &
Forefts , Grand- Queux de France
, Gouverneurs de Villes &de
Provinces , Lieutenans Genéraux
, même des Regens du Royaume
, & pluſieurs Ambaſſadeurs.
Elle s'eſt alliée juſqu'a
douze fois avec la Maiſon de
France , & auffi à celles d'Eſpagne
, Lorraine , Brabant , Flandres,
Hainaut, Namur, Gueldre,
Luxembourg, Barcy ; & en France,
à celles de Saint Paul , Nevers
, Blois , Vendoſme , Bretagne
, Lufignan, Brienne , Roucy,
Bourbon l'ancien ,Albert, Montmorency
, Coucy , Beaujen. On
a remarqué qu'il ne s'eſt point
fait de Guerre où il n'y ait eu
des Seigneurs de cette Maiſon ,
:
:
:
i
GALANT .. 81
meſme en toutes les Croiſades
& Voyages de la Terre- Sainte.
Elle a poſſedé quantité de Terres
& Seigneuries , & des Souverainetez
, Antioche & Tamaris
dans le Levant , Bretagne en
France , &Gueldre dans la Baſſe
Allemagne ; comme auſſi les
Comtez de Rethel , Saint- Paul ,
Nevers , Blois , Chartres, Soiffons
, Dunois , Ponthieu , Peri
gord , Dammartin , Vicomté de
Limoge, Vidamie de Reims, Laon,
Châlons. Je ne vous diray rien
d'un grand nombre de Saints canoniſez
, quien ſont ſortis , ny
de quantitez d'Abbayes & de
Convents qu'elle a fondez.
Meffire Philippe Herôme
Chenel , Marquis de Meux , Seigneur
du meſme lieu enXaintonge
, des Terres & Seigneuries de
Ponceau , Cantemy & Ruiclem
C
82 MERCURE
Beauvoiſis, Rotonde, Frenel prés
Compiegne , & de Fink entre
Peronne & Cambray , Meſtre de
Camp du Regiment Colonel de
la Cavaleriede France , Fils unique
de Meſſire Philippe Chenel ,
Chevalier , Marquis de Meux ,
&de Dame Elizabeth Sermoiſe,
a épousé Mademoiſelle Thereze
- Angelique Collin , Fille de
Meffire Cefar Collin , Chevalier
des Ordres de Noſtre-Dame du
Mont Carmel , de Saint Lazare ,
&de Saint Jean de lerufalem ,
Conſeiller & Secretaire du Roy ,
Seigneur de Lyancourt lez Roye
en Picardie , Leſſarts & autres
lieux. La Mariée eſt Soeur de
Madame Leſcalopier. Le Mariage
fut celebré la nuit du 11.au
12. de ce mois , dans l'Egliſe de
Saint Mederic , par Monfieur
Blampignon qui en eſt Curé , en
GALANT. 83
preſencede Monfieur & de Madame
Collin , Pere & mere de la
Mariée , de Monfieur d'Aligre
Conſeiller d'Estat , de Monfieur
le Préſident mole; de Monfieur
Leſcalopier , Conſeiller à la Premiere
des Enqueſtes , de Monſieur
le Chevalier de Saint Georges
, & d'un grand nombre d'autres
Perſonnes qualifiées .
Comme vous avez dans voſtre
Province quantité d'Amis Sçavans,
je ne doute point que vous
ne ſoyez bien aiſe de leur faire
voir ce qu'un Particulier a écrit
contre une Maxime affez genéralement
receuë en Philoſophie.
Comme ce Traité eſt court , il
peut trouver place dans cette
Lettre.
2
1
D 6
84 MERCURE
わわわわわわわわわわわ
DE LA GENERATION.
C
'EstA un principe tiré Ariftote,
qu'il n'y a point de generation
Sans corruption,&que la corruption
d'une chose est la genération d'une
autre. Depuis que ce Philosophe a
dit cela , perſonne que je ſcachene
s'est avisé d'observer ce qui ſepaſſe
dans les genérations. On nes'abaiffe
point à regarder comment une graine
germe dans la Terre ; cela est trop
Bas. Onse fait honneur de lire Ariftote&
tous les Phyſiciens qui l'ont
ſuivy , mais on trouve abjet de contempler
les effets de la Nature en
alle mesme , & de tâcher de décou
urir les voyes qu'elle tient pour en
gendrer une Plante d'une autre
Blante..
GALANT. 85
Pourmoy,fansaller chercher autre
chose que les graines par leſquesil
est visible que toutes choses s'engendrent
, je vay faire voir qu'une
veritable genération priſe dansſa
vraye ſignification ne vient point
de corruption , mais qu'elle est une
continuelle production.
Cette feule propoſition découvre
tout d'un coup ma penfée. Pour lay
donner encore plus de jour , il ne
faut pas fimplement lire Aristotes
mais il faut femeliere des graines,
les voir germer , lever , & pouffer
teurs tiges , épanoüir leurs feüilles ,
éclorre leursfleurs , voir tomber les
feüilles de ces fleurs , &fur les tiges
demeurer des bourses dans lefquelles
font enfermées les graines ,
qui dans leurs temps ſe reſſemeront
comme les premieres , dont tout l'ef.
) fet de ces Plantes que je viens da
décrire s'est enſuivy
86. MERCURE
Avant que d'expliquer comment
Sefait la genération , il faut que
je demande à ceux quime pourront
contredire fi lors que l'on ſeme une
Feve, &qu'elle leve deterre,qu'elle
estend ses branches , qu'elle produit
ſes fleurs ,& enfinſes gouſſes,
&ſes Feves quiſerviront à avoir
de pareilles Plantes l'année d'aprés
( Spes altera gentis ,) ilfaut,
dis je,que je leurdemande s'ils trouvent
qu'il y ait de la corruption
dans tout cela , ou en quelqu'une
de ces parties , & en quel temps. Si
Ariftote a trouvé là de la corruption
, qu'on diſe , s'il y a moyen,
quelle corruption on apperçoit quand
une branche s'allonge , quand elle
großit , quand une feüille devient
plus large&plus grande. La même
choſe ſe doit dire des fleurs &
des graines ſurvenantes aux fleurs.
Quefi onn'y enapperçoit pas.com
GALANT. 87
me viſiblement il n'y ena point, n'y
ayant riende ſi incorrompu que ce
qui est actuellement vivant&bien
composé en toutesses parties ,pourquoy
dire que lageneration se fait
par la corruption ? On voit bien de
la genération , puis que desfleurs
s'engendrent , &sur une Plante
comme je le viens de dépeindre, &
Sur un Arbre qui fleurit aussi bien
que les Plantes , & on ne voit pas
Seulement l'ombre ou l'apparence de
la moindre corruption , au contraire
tout se perfectionne enſegroffif-
Sant, en s'agrandiſſant , s'eſtalant,
&en s'éparpillant.
Je croy qu'on ne pourra me dire
autre chose , finon que ce n'estpas
làletemps & l'endroit de cette corruption
qui est principe de genération.
Alors ie demande en quel
temps& en quet endroit de la Plante
arrive cettecorruption. Si on me
88 MERCURE
dit, comme on le dit ordinairement,
que c'est lors que l'on met la graine
en terre, &qu'elle germe, pourveu
que ie faſſe voir que mesme en ce
temps - là , & en cette partie de la
Plante; ( car la graine est une partie
de la Plante, bien qu'elle enſoit
alors détachée , ) elle est de mesme
nature que la Plante, & qu'iln'arriverien
autre chose àlagrainese..
mée en terre , que ce qui arrive en
toutes les parties de la Plantequand
elle est en fon entier , je croy qu'on
ne pourra pas me contester que ce
que j'ay avance ne ſoit veritable..
Puis que le germe qui fort de la
grainen'est autre chose que la branche
qui fort de fon tronc, lafeüille
qui fort de la branche, & lesfleurs
des feüilles, ou des boutons entre les
feüilles , il est plus clair que le jour
qu'iln'y a point de corruption àtout
celà; donc il n'y en a point du tout
GALANT. 89
non plus dans la generation de la
Plante, qui n'est qu'une continuation
de production de mesme nature
que la croiſſance & l'épanoüiffement
de la Plante.
Pour en venir au détail , il faut
qu'on m'avoue qu'aprés qu'une Féve
a estéquelque temps dans terre,
l'on en voitfortirdeux demy Féves,
car le Féve qui estoit contenue dans
une pellicule , comme un oeuf dans
ſa coquille , la rompt , & l'abandonne
à la corruption &àla pourriture.
C'est là qu'il en faut reconnoiſtre
comme je fais. Elleest encore
plus ſenſible aux fruits qui ont
des noyaux , comme la Noix , l'Abricot
, la Pefche. Ilest viſible que
la coquille de la Noix ſe pourrit
quand la Noix germe ; ainsi du
noyau de l'Abricot , & de la Pefche,
& la coquille de cette Noix &
Les noyaux de cet Abricot , ở de
१० MERCURE
cette Peſche ſe pourriſſent & Se
corrompent effectivement. Auſſine
s'en engendre- t'il rien que de la terre
noire, qui peut- estre est fort propre
à la nourriture des Plantesfutures.
Ces deuxmoitiezde Féve , bien
loin de se corrompre , reverdiſſent ,
&deviennent comme les deuxpremieresfeüilles
de la Plante qui doit
naistre , c'est à dire qui seva développer
& agrandir à la faveur
de l'humidité & de la chaleurde
laterre. Cette petite partie appellée
le germe , que l'on peut encore
mieux vir avec des Microscopes, est
déja une Plante , & fait en ellemême
ce qu'elle auroit peut estre pû .
fairefur la Plante d'où ellea esté
tirée.Jepuis montrer par un exem.
ple , que cela arrive à quelques
graines d'Arbres , qui commencent
à devenir Arbres , c'est à dire à
GALANT. 91
avoir racine , tige & feüilles fur
leur Arbre mesme, car cela arrive
àlagraine des Sicomores , & d'au
tres Arbres encore.
On m'a déja ie troy, accordé qu'il
n'y a point de corruption sur une
Plante quand ſes feüilles dévien.
nent plus grandes , & qu'elles s'e-
Stendent, &je fais comprendrepar
la simple veuë , qu'iln'arrive rien
àlagraine que ce qui arriveà ces
feüilles ; donc on ne peut pas dire
qu'il y ait de la corruption à la
poussée d'une tige qui fort de la
boëtte de sa graine ; car qu'on-y
prenne bien garde,toutes les graines
font enfermées dans des boëttes qui
nefervent à rien de tout qu'à les
conſerver juſques au temps de leur
plantage , & les amandes que l'on
caſſe font bien voir que leur noyau
ou coquille ne fert de rien pour les
fairegermer.
ر د
92
MERCVRE
Ce que j'ay dit de la corruption
& de la pourriture de la pellicule
de la Féve , & de la coquille de la
Noix , peut faire connoistre tresclairement
ce que c'eſt veritablement
que corruption & pourriture.
La coquille de Noix pourrit
, & il ne s'en produit rien. Si
le germe de la Noix pourriſſoit
de mesme , il ne naiſtroit point de
Noyer. Quand on ſeme des graines
, quand on plante des Noix ,
du Glan, ddes Chastaignes , il n'en
leve quelquefois pas la moitié.D'où
vient cela? C'est que la graine la
Noix, le Pepineſtant maleficié,corrompu
, pourry , il ne peut produire
ce qu'il auroit produit s'il eust
efté bien conditionné & dans ſon
entier.
L'idée de la Corruption n'est
done pas si difficile à avoir , il n'y
a qu'à conſiderer que dés qu'une
GALANT. 93
graine est brizée, que dés qu'elle est
deſſechée outre mesure , que dés
qu'elle est exceſſivement remplie ou
engloutie d'humilité , elle ne peut
plus faire fes fonctions , &pouffer
Selonſa vertu &Sa force naturelle
une nouvelle Plante. Ainsi dans
une Horloge , dérangez le moins
du monde pluſieurs ou une seule de
fes roües , vous ruinez tout le mouvement
, ou du moins vousle pervertißez,
& l'Horloge au lieu de
marquer Sept heures en marquera
dix, au lieu de ſonner quatre heures
, elle onſonnera douze. Voilà un
leger , & tres foible exemple de ce
qui arrive en la nature , la corruption
n'est autre chose qu'un defordre
, qu'un dérangement , qu'une
dißipation . Que tout ſoit dans l'ordre
, que tout foit bien arrangé, que
toutfoit bienramaſſe &afſemblé,il
ne manquera jamais d'y avoir une
94 MERCURE
bonne production , c'est à dire veritable
genération .
On s'est donc bien trompéensuivant
Aristote , & tant d'autres qui
l'en ont cru ſurſaparole, quand on
dit que la corruption estoit cauſe de
generation ; car je pense avoirfait
voir, à n'en pouvoir jamais douter,
que la corruption de pourriture eft
l'ennemie capitale de toute generation
, & que nous ne verrions que
perir les choses dans le monde , ſi
ellesſe corrompoient.
<
Vous ne medemanderez plus
pourquoy Monfieur d'Ambruis
aprés s'eſtre acquis tant de ré-
-putation par ſes beaux Airs , a
negligéd'en faire part au Public.
Il vientd'en donner un Recueil
avec leurs ornemens dansla mefure
, & les ſeconds couplets en
diminution , meſurez auſſi ſur la
GALANT.
95
Baſſe continue , & tres- propres
pour ceux qui veulent ſe perfectionner
dans l'Art de bienchanter
, ou toucher ſur la partie pour
l'accompagnement de la voix
ſeule. Il a cru devoir cette fatisfaction
au Public, qui le preſſoit
depuis fort long- temps de faire
imprimer quelques- uns de ſes
Airs qui couroient dans le monde
fort imparfaits , & fans leurs
Baſſes naturelles. Ce Recueil
en contient beaucoup qui ont
merité une eſtime generale . M
d'Ambruis y en a joint d'autres
qui n'ont point encore paru , &
il les a accompagnez de leurs
ſeconds couplets en diminution,
meſurez pareillement furla Bafſe
continuë. Il a mis à la fin un
Dialogue pour une Haute contre
, un Deſſus , & une Baffe
continuë. On pourra chanter la
96 MERCURE
Baſſe- contre quand on voudra,
&ence cas on pourra auſſi chanter
le Deſſus en Taille. Ceux qui
• ſouhaiteront ſe perfectionner
dans l'Art du Chant , trouveront
de la ſatisfaction dans ce Livre,
&ſi l'on veut conſulter ce cele-
: bre Maiſtre , on découvrira des
facilitez qui ne peuvent s'exprimer
ſur le papier.Il s'eſt ſervy en
quelques endroits de marques
particulieres au lieu de Notes,
pour les Ports de Voix , Cadences
épuiſées , Cadences en l'air,
doubles Cadences , flatemens,
accens , ou plaintes. Il promet
dans peu un autre Livre d'Airs
à trois parties chantantes , &
d'autres Ouvrages. Il a dédié celuy-
cy à l'Illuſtre Maiſtre Lambert
, Maiſtre de Muſique de la
: Chambre du Roy. Il en faitl'éloge
, & avouë que c'eſt dans la
médita
GALANT.
97
meditationdeſes Ouvrages,qu'il
a puiſé les connoiſſances qui
l'ont fait travailler & heureuſement.
Il eſt aſſez rare qu'un habile
Homme veüille ceder à un
autre de meſme profeffion , &
c'eſt ce qui fera eſtimer Monſieur
d'Ambruis , autant que les
beaux Airs, & ce qui luy a peut
eſtre attiré ce Sonnet.
M
Ettre dans un beau jour les
plusfoiblespensées.
Reſparer par des tons les defauts
d'un Autheur ,
Toucher d'une chanson le moins
fenfible coeur,
Et donnerla vie àdes chofespaſſées.

Avec un tour galant , des manieres
aisées
Peindre les paſſions,en inſpirer l'ar-

deur, :
Avril 1685 . E
98
MERCURE
Faire d'un beau sujet éclater la
grandeur ,
Et sçavoir ménager les choses oppofées.
Travailler fans relache , eſtre toû
jours nouveau,
C'eſt montrer ce que l'Art a derare
de beau, :
Et ce quejusqu'icy peu de Gens ont
Scenfaire:
Mais loindre à ces talens un esprit
bien tourné ,
Pour plaire également en plus d'un
caractère
Ce n'est qu'auſeul d'Ambruis que le
Ciel l'a donné.
Après tout ce que je viens de
vous dire de Monfieur d'Ambruis
, je croy que ce ſera vous
faire plaifir que de vous donner
un Air de ſa façon. En voicy
4
1

GALANT . 99
-
un que vous trouverez tres digne
de ce grand Maiſtre. Les
paroles ſont de ſaiſon,puis qu'on
les a faites ſur le retour du Printemps.
AIR NOUVEAU .
L'Hyver
ne cache plus les Fleurs
ny les Gazons.
Du tendre Roſſignol on entend les
chanfons ,
Et le feüillage renouvelles
Tout est charmé d'un si beau
temps,
Et moyſeul ie me plains d'une faifon
fi belle ;
Son retour nerend point mon Iris
moins cruelle.
Helas ! puis - ie goûter la douceur du
Printemps ?
Voicy d'autres paroles que
vous trouverez fort agreables, &
E 2
100 MERCURE
tres - propres à eſtre chantées
Elles ſont de Mademoiselle Caſtille.
PLAINTES D'UN ANANT.
1 Anguiſſant & reveur au bords Fontaine,
Helas ! dis_ie cent fois Songeant à
Célimène,
Ces petits flots d'argent
Vont d'un cours diligent
R'embellir l'email de la Plaine .
Ces Ruiſſeaux
Ontrepris leur doux murmure ;
Ces Cofteaux
Une nouvelle Verdures ;
Ces Ormeaux
Redonnent leurs frais ombrages ;
Ces Oyfeaux
Font retentir ces Bocages
Demille chans nouveaux.
CeGazon ,
CeValon.
GALANT. IOI
.
Refleurit ,
Tout rit
Dans noftre Village,
Tout fait l'amour, tout s'engage.
Tircis ce galant Berger
Qui ne fait que fonger
A réjoüir Iris ſon aimable Bergeve
Va méditant pour elle tout le jour,
Cent petits airs nouveaux fur fa
flûte legere ,
Et Sa Bergere à son tour
NeSonge fans ceffe
Qu'àfoulagerfon amour
D'un peu de tendreſſe.
Enfin dans nos Hameaux , dans nos
Bois , dans nos Champs
Tout Se prépare aux plaisirs innocens
Que ramene
Le Printemps.
L'on n'y verra plus d'inhumaine
Quemon ingrate Céliméne,
E3
102
MERCURE
Qui ne promet à mes feux trop
constans
Qu'une éternelle peine.
Ces autres Vers ſont de la
méme Mademoiselle Caſtille .
T
U croyois me dis - tu , le Printemps
de retour
Sur la foy d'un beau jour,
Et déja ton Troupeau paiſſoit dans
la Prairie,
Un froid nouveau luy fait garder
la Bergerie.
Cloris cent fois m'a ioüé mesme
tour
Cent fois i'ay cru fon coeur ſenſible
àmon amour,
Et tout ce qu'elle fait, pure galanterie.
Tantoſt elle me chaffe , & tantoft
me retient
L'Amour en ſoit loüé,point de plainte
importune.
GALANT. 103
L'Amour &le temps vont comme
il plaiſt àla Lune ,
Tircis fay comme moy , prens le
temps comme il vient .
Monfieur le Marquis de Torcy
, Fils de Monfieur Colbert de
Croiſſy eſt de retour de Portugal,
où il a eſté Envoyé Extraordinaire
pour le Roy . Il a paſſé
par l'Eſpagne en revenant en
France,& il s'eſt acquis tantd'eſtime
dans l'une & dans l'autre
Cour, qu'on en a écrit icy avec
de fort grands Eloges. Sa Majeſté,
àqui ſon merite eſt fort connu
, en eſt ſi perfuadée , qu'Elle
l'a nommé preſque auffi - toſt
aprés ſon retour , Envoyé Extraordinaire
auprés du Roy de
Dannemark , pour aller faire des
Complimens de Condoleance à
ce Monarque ſur la Mort de la
E 4
104 MERCURE
Reine ſa Mere. Quand on marche
de fi bonne heure ſur les
traces des grands Hommes , &
que l'on continuë comme l'on a
commencé , il n'y a rien que l'on
ne doive efperer de ſon merite
&de fa fortune.
Le vingt-huit du mois paffé
Monfieur le Comte Bagliani ,
Envoyé Extraordinaire du Duc
de Mantoué, ayant eſté introduit
à l'Audience du Roy , luy fit part
de la nouvelle qu'il avoit receuë
delaMortd'Iſabelle Claire d'Auſtriche
, Fille de Leopold d'Auſtriche
Archiduc d'Inſpruk, Ducheffe
Doüairiere de Mantouë
Elle avoit épousé en 1649. Charles
de Gonzague II I. du nom ,
Duc de Mantouë & de Monferrat,
qui mourut le 14. Aouſt 1665 .
& elle a eu de ce Mariage Ferdinand-
Charles de Gonzague

GALANT.
rof
Duc de Mantouë & de Montferrat
, né en 1670. avec Iſabelle de
Gonzague, Fille de Ferdinand de
Gonzague III . du nom , Prince
" de Guastalle , & de Marguerite
d'Eſt - Modene. Il y a prés de quatre
cens ans que la Maiſon de
Gonzague poſſede le Mantoüan .
Louïs de Gonzague I. de ce nom,
Fils de Guy , en obtint la Seigneurie
ſous le titre de Vicaire
de l'Empire , aprés avoir tué en
1327. Paſſerino Bonocolſa Tyran
de Mantouë.Ses Deſcendans prirentle
même titre juſqu'à Jean-
François , qui ayant receu l'Empereur
Sigifmond en ſon Païs ,
fut fait par luy Marquis de mantouë
1433. Frideric de Gonzague
I I. du nom , eſtant ligué
en 1526. avec François I. Roy
de France , & avec les Princes
d'Italie , contre l'Empereur Char-
Es
106 MERCURE
les V. pour la délivrance du Pape
Clement VII . prit enſuite d'autres
meſures , & ſe jetta dans le
Parti de l'Empereur , qui eſtant
paffé à Mantouë en 1550. donna
le titre de Duc à Frideric, par
reconnoiſſance de la magnifique
Reception qu'il luy avoit faite.
La Ville de Mantouë , qui eſt
belle & ancienne , eſt bâtie au
milieu du Lac que fait le Fleuve
Mincio , & on n'en peut approcher
que par deux Ponts conſtruits
fur le même Lac. Quoy
que cette fituation la rende tresforte
, elle fut priſe le 28. Iuilles
1630. par Colalto General de
l'Empereur Ferdinand II. Les
Soldats , à qui le pillage ne put
eſtre défendu , y ruinerent des
Ouvrages merveilleux . Le Palais
du Duc eſtoit avant cette priſe,
tres renommé par ſes Meubles
GALANT. 1.07
&par ſes Richeſſes . On y voyoit
une infinité de Tableaux, de Statuës
, de Cabinets , & de la Vail
felle d'Or & d'Argent en tres
grand nombre. Chaque Aparte-
-ment avoit ſept ameublemens
differens , & il yavoit fix Tables,
chacune de trois pieds ; la premiere
toute d'Emeraudes , la feconde
de Turquoiſes , la troifiéme
de Zaphirs , la quatriéme
d'Hiacintes, la cinquième d'Ambre
, & la fixième de Jaſpe. Tout
cela fut pillé avec une Orgue
d'Albâtre. Le Duc de Mantouë
eſt Chef de l'Ordre des Chevaliers
du Sang de Chriſt , que le
Duc Vincent de Gonzague I. du
nom, inſtitua en 1608 .
Les Lettres de Rome nous ont
appris la mort de Monfieur le
Duc Sforce, arrivée à Santa Fiore
le ſeptième de Mars . Il avoit eſté
E6
108 MERCURE
crée Chevalier des Ordres du
Koy en 1675. & en avoit receu
-le Collier par les mains de Monſieur
le Duc de Nevers , qui le
donna en meſme temps au Due
Bracciano , & au Prince de Sonnino.
Il avoit épousé depuis peu
d'années mademoiselle de Tiange
, Fille de Monfieur le Marquis
de Tiange & Soeur de Madame
la Ducheſſe de Nevers , à laquelle
il a laiffé tous les biens dontil
pouvoit diſpoſer. Cette jeune
Veuve a merité tout ce qu'il a
fait pour elle par une ſageſſe, reconnue
pour la plus reguliere
dans un Païs , où la conduite des
femmes eft obſervée avec de
grands foins. Monfieur le Duc
Sforze eſt mort âgé de foixanteſeptans.
Je ne vous dis rien de
fa Maiſon , qui eſt une des plus
illuftres d'Italie , vous en ayant
GALANT. 109
déja entretenuë , quand je vous
parlay de ſon mariage.
Je vous ay appris depuis peu
de mois que monſieur le marquis
de Bethune avoit épousé mademoiſelle
de Rotelin , Soeur de
Monfieur le marquis de Rotelin,
Gendre de feu Monfieur le Duc
de Navailles. Jamais on n'avoit
vû deux Perſonnes mieux unies;
mais cette union a peu duré. Elle
vient d'eſtre rompuë par la mort
de ce Marquis , qui n'avoit
encore que vingt - huit ans.
Il eſtoit Enſeigne des Gendarmes
, Fils de maximilien Alpin
Marquis de Bethune , & de Catherine
de la Porte , & Petit Fils
de François Duc de Bethune,
Comte d'Orval Chevalier des
Ordres du Roy.
Meffire François Olier de
Nointel eſt mort icy ſur la fin du
ΓΙΟ MERCURE
dernier mois . Il avoit eſté Confeiller
au Parlement de Paris , &
Ambaſſadeur , pour Sa Majesté à
Conſtantinople.
Vous vous ſouvenez de la
Diſpute qui s'eſt élevée entre les
Scavans touchant la Statuë de
la Ville d'Arles , pour ſçavoir ſi
elle repreſentoit Venus, ou Diane.
La déciſion de Sa Majeſté
qui s'eſt déclarée pour la premiere
ayant terminé ce differend
Monfieur Magnin de l'Academie
Royale d'Arles , a fait làdeſſus
le galant Ouvrage qui je
vous envoye .
GALANT . 111
LE TRIOMPHE
Ur
DE VENUS.
le bord de l' Arar , ma Mufe
folitaire.
Cher espoir de mes derniers jours
M'offroit de quelques Vers le ſterile
Secours ,
Et révoit àfon ordinaire ,
Quand les feux , les Ris , les Amours
Vinrent troubler en foule , avecque
leurs Tambours
Leurs chants , leur Haut-bois , leur
Musette,
Lefilence dema Retraite.
Le Dieu qui fait aimer l'airgay,
Leteint vermeil
12 MERCURE
M'aborde, s'avanceà leur teſte,
Et medit , fors de ce ſommeil,
Qui,fi loin des plaisirs , & t'endort,
&t'arreste.
Venus triomphe enfin , je t'invite à
lafestes
Ala Cour de LOVIS, on en fait
L'appareil,
Et tout estjusqu'au Soleil.
Diane a beaufaire la fiere,
Ellen'a plus de Courtisans ,
Etfes plus zelez Partiſans
Ont abandonné la carriere.
Sur unſujet fi glorieux
Nous avons raisonné , mais foibles
que nous sommes,
Dis-je alors , n'est- ce pas au plus
parfait des Hommes.
A dire fon avis ſur l'interèt des
Dieux
LOVIS a prononcé , c'est à luy de
vefoudre ,
GALAN T. 113
Ilest dans undegré (i haut chez les
Humains.
Que quand mesme ces Dieux luy
préteroient la foudre ,
Apeine croiroit- on qu'elle eût changédemains.
Aprés que ce Heros a vuidéla que
relle
Il ne faut plus difputer,
Venus le doit emporter ,
Les Muſes deformais vivront bien
avec elle.
Prés de LOVISle Grand , elles
Sont en faveur.
LesGraces pour Venus ont un Zele
fidelle;
Enſemble dece vainqueur
Chantant la gloire immortelle
Ellesse feront honneur
De n'avoir qu'un mesme coeur.
Les Graces me répondirent ,
Ilne tiendra point ànous
114
MERCURE
Les feux , les Ris repartirent ,
Quepeut-on faire fans vous,
Filles de Venus difcrettes ?
Tout ce quegouftent de doux
Les amours les plus parfaites,
N'est ce pas vous qui le faites?
Quepeut on faire ſans vous ,
Fille de Venus difcrettes ?
Entrez dans le Palais du plus grand
Roy dumonde,
Admirez ſaſageſſe , & tranquile
&profonde ,
Entrez, Meredes Amours,
Vous triomphez , & Diane
Qui vous traitoit de Prophane,
N'eut jamais de fi beaux jours.
:
A ces cris d'allegreffe
Les Muses à leur tour
Vinrent fendre la preſſe,
Et pour faire leur cour
Meflons nos voix, dirent elles,
GALANT. 115
A la gloire du Heros,
Dont les grandeurs immortelles,
Nous donnent en ce jour unſi noble
repos.
Le party plut d'abord , les Graces
l'accepterent ,
Et fans perdre de temps enrecits
Superflus .
Voicy comme elles chanterent
Le Triomphe de Venus .
LES GRACES.
Venus a l'air touchants & d'elle on
peut apprendre
Amefler aux Lauriers les Myrthes
amoureuх .
Venus ne gaste rien au deſtin des
heureux ,
En eft- on moins Heros,pour avoir le
coeur tendre ?
LES MUSES.
Quand on donne des loix aux plus
grands des Humains ,
116 MERCURE
Toûjours vainqueur , & toujours
équitable ;
Et que de mille Souverains
On tient le fort entre ſes mains ,
Pour avoir l'ame fiere , en est . on
moins aimable?
LES GRACES.
Dans un degré de gloire , ou rien ne
peut atteindre,
Ilfautsçavoir décendre,ilfautfça.
voir charmer
Il est beau de se faire craindre
Ilest doux de se faire aimer .
LES MUSES .
Si Venus maintenant d'une Pomme
eft ornée.
De l'air dont elle le tient
Onvoit qu'elleſeſouvient
Du Heros qui l'a donnée.
LES GRACES.
Celle qu'elle receut dece Berger volage
Qui caufa d'Ilion lefunesteravage
GALANT. 117
Eftoit- t'elle de ce prix ?
LOVIS a le rare avantage
De ne pouvoireſtreſurpris ;
Il joint par un heureux , &char
mant assemblage
Ala fierté d'Hector les charmes de
Paris,
LES MUSES.
Son régnefi plein de merveilles
Eft la gloire de l'Univers.
LES GRACES.
Il est l'entretien de vos veilles
Il est le charme de vos Vers.
LES MUSES.
Certes fafaveurſouveraine
Nous tient lieu de tout aujourd'huy .
LES GRACES.
Il est Auguste, il est Mæcene,
Vous n'avezaffaire qu'à luy .
LES MUSES.
Qui peut nous troubler ? de la
guerre
On a fermé les Etendars
118 : MERCURE
LES GRACES.
Flore peut reduire en parterre
Tout le terrain du Champde Mars.
LES MVSES .
Plus de Canons, plus de Carcaſſes,
Ne troublent l'accord de nos voix.
LES GRACES.
Il faut laiſſer rire les Graces ,
LOVIS les remet dans leurs droits
LES MVSES .
Diane n'est point abaiſſée ;
Quecede- t'elle icy du fien?
LES GRACES.
Elle est la premiere placée,
Venus ne luy dérobe rien.
LES MVSES.
Sous le Heros qui les aſſemble
Qu'elles auront de jours heureux ?
LES GRACES.
Puiffent- elles toûjours enſemble
L'accompagner dans tous ſes voeux.
LES MVSES.
Puiſſent elles d'intelligence
Lecharmerdansſespetits Fils.
GALANT. II
LES GRACES.
Puiſſent- elles toûjours en France
Faire la culture des Lis .
LES MUSES .
Venez, heureuſes Destinées
Venez ſeconder ſes defirs .
LES GRA CES.
Ne veillez que ſurſes années ,
Ne ménagez que ſes plaiſirs.
LES MUSES.
Fieres Beautez, Venus vous preſſe
De vous enflamer en ce jour.
LES GRACES .
Que toutse rendeà la tendreſſe ;
Quefaire d'un coeurſans amour ?
LES MUSES.
Sans amourferoit- il poſſible
D'avoir des plaiſirs accomplis ?
LES GRACES .
QuAmarilis foit inſenſible .
C'est tant pis pour Amarilis.
LES MVSES.
Venus triomphe , tout le monde
Doit eſtreſoumis àſes loix.
120 MERCURE
LES GRACES.
Elle enflame la terre & l'onde ,
Peut-on avoir de plus grands
droits?
Merveille du fiecle où nous fommes
,
Dit l'Amour ,ſi Venus voit rétablir
fes droits ,
N'est- ce pas lavoix
Du plus parfait des Hommes ,
Etdu plus grand des Rois ?
Son triomphe est finy , fagloire est
accomplie 3
Sa place estoit marquée , leſera
toûjours,
Pouvoit- elle estre mieux remplie
Que par la Mere des Amours?
Allezà voſtre tour, allezprendre
places
Dans
:
GALANT. 121
Dans ce Palais auguſte , il ne vous
manque rien
Et pour finir vostre entretien
Apprenez à tous ceux qui plaignoient
vos disgraces ,
Que les Muses , & les Graces
Nefurent jamaisfi bien.
:
Allez par toute la terre
Affembler vos Favoris,
Le bruit affreux de laguerre
Ne troublera plus vos cris .
Signalons noſtre allegreſſe,
Regnons dans ce Siecle heureux,
C'est l'amour qui nous en preſſe,
Dirent les Ris , & les feux.
Allons faire éclaterſur la Terre&

2.
Sur l'Onde ,
Allons ,&ne tardons plus,
Au nom du Maistre du monde
Le triomphe de Venus.
Avril 1685 .
122
MERCURE
A ces mots ils diſparurent,
Sur leurs pas les Zephirs de la Plaine
coururent
Et reſtant ſeul je dis enſoûpirant,
Trop heureux qui vous peutfuivre
Dans cet airfi triomphant ;
Mais plus heureux qui peut vivre
Auprés de LOUISle Grand !
Comme tout cequi regarde la
ſanté eſt toûjours fort bien receu,
&qu'il n'y a rien qui ſoit écouté
plus volontiers , je ne m'étonne
pas ſi ce que je vous ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Theriaque , vous a donné
autant de plaiſir qu'à quantité
de perſonnes qui l'ont leu , puis
qu'outre la ſatisfaction d'apprendre
ce qui peut contribuer à la
GALANT. 123
choſe du monde qui nous doit
eſtre la plus prétieuſe , on a encore
eu l'avantage de ſe voir inſtruit
de pluſieurs circonstances
curieuſes , dont on n'avoit peuteſtre
jamais entendu parler , &
qu'on n'a appriſes qu'avec des
mourceaux d'Hiſtoire qui les
rendent remarquables , & qui
font connoiſtre , non ſeulement
les grandes merveilles de la Theriaque
, mais encore l'eſtime que
l'on endoit faire. Le ſuccez qu'ellea
eu ,, & parmy le Public , &
dans ma derniere Lettre , a eſté
cauſeque jeme ſuis informé avec
plus de ſoin de tout ce qui s'eſt
paſſé à Paris , à l'égard de cét
ancien & grand remede. l'ay
trouvé que le diſcours de Monſieur
de Rouviere qui a une approbation
ſi genérale , & que je
vous ay envoyé n'avoit pas eſté
F 2
124
MERCVRE
le ſeul que l'on euſt fait fur cette
matiere, & qu'un autre avoit eſté
auſſi prononcé en préſence de
Monfieur de la Reynie & de
Monfieur Robert Procureur du
Roy , par Monfieur Lienard
Medecin ordinaire de Sa Majeſté
, Docteur & ancien Doyen
de la Faculté de medecine
de Paris , à préſent Profeſſeur en
Pharmacie de la meſme Faculte.
Comme il manqueroit quelque
choſe à l'Hiſtoire de la Thériaque
faite en cette grande Ville,
fi ce Diſcours qui en eſt une des
plus conſidérables parties ne tenoit
ſa place dans ma Lettre de
ce mois , je vous l'envoye , parce
que je ſçais qu'il vous plaira , &
que je le vois d'ailleurs ſouhaité
par tout ce qu'il y a icy de Curieux.
En voicy les termes.
GALANT. 125
MESSIEVRS,
Si Galien dans le Traitéde la The.
riaque qu'il adreſſe à Pison , estime
cét Illustre Romainſi digne de touet
Son admiration &des grands éloges
qu'il luy donne de ce que ferelachant
un peu des grandes occupations
dont il eſtoit chargé pour le
Salut de la Republique, il liſoit avec
tant d'attention le petit Ouvrage
qu'Andromachus , fort celebre Medecin
, en avoit fait autrefois , &
s'ilſe louë en des termesſi pompeux
&magnifiques de la bonne fortune
de fonfiecle , de ce qu'il voyoit ce
grand Hommeſi attaché aux choses
qui regardoient paroiculierement la
Santé deſes Concitoyens , avec combien
plus de justice & de raiſon
devons- nous aujourd'huy honorer de
nos éloges les plus forts , les deux
grands Magistrats que nous voyons
F
3
126 MERCURE
pour la quatrième fois en moins de
fix mois ſe dérober aux emplois les
plus augustes & les plus honorables
où les Conſeils importans de noſtre
incomparable Monarque les appellent
ordinairement auprès de luy.
pour vacquer , non pas comme ce
Romain à la lecture moins utile que
curieuse d'un ſimple Traité de la
Theriaque, mais à l'affaire la plus
ferieuse& laplus digne de la Police
qu'ils exercent dans le Royaume,
qui est la composition exacte & fim
dellede ce Remede & de cét Antidote
par excellence , puis qu'elle
regarde lefalut genéral & particulier
de tous les Sujets du Roy . Difons
donc , & nous écrions avec Ga
lien au ſujet de ces deux vigilans
Magistrats , comme il faisoit autrefoisà
Rome à l'égard de Pifon . Satisne
magnas poffumus habere
noſtri temporis fortunæ gratias,
GALANT. 127
quòd vos , ô ſummi Magiſtratus ,
uſque adeo Medicinæ ac Theriacæ
ſtudioſos confpiciamus ? En
effet , Meſſieurs , quel plus grand
bonheur que celuy de nostrefiecle de
vivreſous un Prince , dont l'application
incroyable aux plus petits
comme auxplus confiderables beſoins
deſes Sujets , réveille dans tout les
Arts&dans toutes les Sciences l'étude
& l'industrie de ceux qui les
profeſſent,pour les poufferà leurfouveraine
perfection. C'est donc l'e
xemple mesme du Roy , le plus laborieux
Prince qui fut jamais, qui
porte aujourd'huy les Profeſſeurs de
la Medecine & de la Pharmacie
de Paris, àfaire fous LOVISle
Grand , plus grand que les Antoines
, que les Antonins , &que tous
les Cefars ensemble , pour quilon
faisoit fi folemnellement ce Remede
à Rome , dans la Capitale du
1
F4
118 MERCURE
Royaume außi celebre que cettefuperbe
Ville le fut autrefois , à la
veuë & en la présence de l'Illustre
Monsieur Daquin premier Medecin
de Sa Majesté , qui ne cede en
rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes & de ces
Empereurs, avec le fecours des meil
beurs &des plus experimentezArtistes
de la France , les Geoffroy , *
Les Foffon , les Bolduc , les Rouviere
, aussi éclairezque l'estoient
anciennement les Critons & les Damocrate
, premiers Pharmaciens de
leur fiecle ; à faire , dis je , Sous
LOVIS le Grand , une Thériaque
dont on n'entreprenoit jamais
la composition à Rome , que ſous les
auspices de ſes Empereurs , Sans
la leur voüer & consacrer comme
* Ce font les quatre Apoticaires qui depuis
fix mois ont fait à leurs frais laThériaque
à Paris.
GALAN T.
129
la choſe du monde la plus importante
& la plus falutaire à leurs
Etats. Prenons donc , Meſſieurs,
pour nostre Deviſe , celle qui devroit
l'estre aujourd'huy de toute la
France. Ludovico Magno felicitas
parta. Réjouiſſons nous de ce
que nous voyons , pour ainsi dire,
guerir dans Paris la letargie des
fieclespaſſez , qui par une indolence
ou une indifference condamnable,
pour ne pas dire quelque chose de
pis , ont juſques icy presque toû
jours deu , ou à des Nations étran
geres , comme à Rome &à Venise,
ou à des Provinces éloignées, comme
àMontpellier , la composition d'un
Remede dont ils ne devoient avoir
obligation qu'à eux- mesmes , &à
leurpropre Patrie , & qui ontpref.
que toûjours emprunté d'autruy ce
qu'ils ne devoient avoir ny tenir
que leur riche fonds , de leur indu-
Fs
130
MERCURE
ftricufe capacité , & de leur babi
leté laborieuse.
Lovons nous , Meſſieurs , de nôtrebonheur
, de ce que le Royaume
joüira doreſpavant par la vigilance
de nos Magistrats de Police, ap.
pliquez& attentifs à toutes cho-
Jes,d'une Panacéeveritable, fans
fraude , fans alteration , &fans le
xiſque d'en voir deformais debiter
en France aucune ny vicieuse ny
falsifiée , telle que Galienſe plat .
gnoit dés le temps qu'il estoit àRo .
me, que plusieurs Impoſteurs,Char-
Latans, Monteurs de Theatre , Vendeurs
de Mithridat , & veritables
Triacleurs en distribuorent contre
L'intention des Magistrats publics
grandprix d'argent & fort cherement
, aussi bien qu'à la ruine
au détriment de la fanté des Peuples
ignorants & crédules pour l'ordinaire
en ces fortes de matieres
GALANT . 131
qui regardent la Medecine , & les
Remedes qu'on voile ſouvent de
noms ſpécieux de Secrets , afin de
les mieux tromper. Multæ quippe
fiunt , écrit- il , ab Impoſtoribus
hac etiam in re fraudes , vulgof.
que ſola Theriacæ famâ deceptum,
ab iſtis , quibus ars eſt Mercenaria
, non recte compofitam
Antidotum multâ pecuniâ relimit.
Loñons- nous encoreune foisMeffpurs
, de ce que par les foins bienfalans
de ces mesmes Magistrats,
nosjoüiſſons aujourd'huy , à la faver
de nostre veritable Thériaque,
fou l'empire de LOVISle Grand,
duneſme bien & du mesme avan.
tazdont les Empereurs gratifioient
autefois leurs fujets à Rome. Qui
libater , dit le même Galien , in
unierfos omnia bona, deos imitati
conferunt ,tantumque gau
4
F6
132 MERCURE
dium concipiunt , quantò popu
majorem fuerint incolumitatem
ab ipfis conſecuti, maximam imperandi
partem arbitrantes , communis
falutis procurationem ;
quæ res me magis in ipforum
admirationem traxit. Cefont fes
propres termes.
e
r
C'estlesujet, Messieurs , qui m'a
aujourd'huy engagé , en qualité de
Profeffeuren Pharmacie de la Fa.
culté de Medecine de Paris ,à vου
faire ce petit Discours , pour un tmoignage
aſſuré de réconnoiſſate
publique & particuliere enars
Messieurs nos Magistrats , pour ne
marque ſenſible de l'obligation ue
nous avons à Monsieur le premer
Medecin, de voutoir bien honrer
de fa présence la composition lun
Remede qui en tirera afſurésent
beaucoup de gloire , de credi &
d'authorité, &pour un préjug ſom
ne qualité le der
les Critiques &les Envi
Günner
de nou- hanges
à Monfieur
de
GALANT.
135
Rouviere. Ce fut alors que Monfieur
Pilon , Doyen de la Faculté,
&qui dés la plus grande jeunefle
a ſceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Difcours tres - digne
de luy , pour fermer ce grand
Ouvrage. La crainte de vous
entretenir trop long-temps ſur
une meſme matiere , m'oblige à
ne vous en rien dire de plus aujourd'huy.
Vous voudrez bien
cependant que j'ajoûte , en faveur
de la Thériaque , que lors
que l'on en faità Veniſe , le Senat
y aſſiſte en Corps , & que dans
tous les lieux où l'on ſe donne la
peine de recherchertout ce qu'il
faut pour cette fameuſe compofition
, elle ſe fait avec le meſme
éclat , & en préſence des Souverains
Magiſtrats .
Je vous tiens parole , en vous
envoyant les Deviſes que les
136
2
MERCURE
Chevaliers portoient ſur leurs
Ecus à la Courſe des Teſtes
qu'on fit à Verſailles le dernier
Dimanche du Carnaval. Vous
les trouverez gravées dans cette
planche, ou j'ay tres peu obſervé
les rangs , les ayant fait graver à
meſure qu elles me ſont tombées
entre les mains .
L'Envie eſt un grand defaut ,
& il n'y a rien de plus dangereux
que de l'écouter. La Fable qui
fuit nous le fait aſſez connoiſtre .
LE COQ D'INDE
D'EPLUME .
UN
FABLE .
jour les Oyſeaux de nos
Bois
GALANT.
137
1
-
Disputérent entr'eux de la plus bel
le voix.
Il s'agiſſoit d'acquerir de l'eſtime;
On détermina l' Air que l'on devoit
chanter.
C'eſtoit un Air grand & fublime ,
On vint de toutes parts à deſſein
d'écouter,
Et pour juger de cette Affaire.
Un Chardonnet d'abord y parut
Sur lesrangs ,
Mais ſa voix estoit ſivulgaire,
Que nonobstant fes Partisans ,
Ellen'eut pas le don de plaire .
Un Rofſſignolfurvient , mais un des
plusSçavans,
Et d'une voix außi douce queforte
Ses tonsſemblent fi beaux, fi justes
fi touchans ,
Quede cent Piques il l'emporte,
Et mesme de l'aveu des autres Prétendans
Chacun luy donne la victoire.
د
1
138 MERCURE
Il est vray qu'un Corbeau vou'ut
ternir ſa gloire ;
Maismalgré ses croaſſemens,
On rendit justice au mérite.
Luy , par une prudente & modefte
conduite ,
Auffi. tost se cacha,depeur des Complimens.
La Dispute estoit donc finie ,
Lors qu'un vieux Poulet d'Inde,
émûde jalousie ,
Ofa bien la recommencer.
Quelques Poulettes ſes Voisines,
Sans esprit, fans bon gouft,inquiettes,
chagrines,
Acela le vinrent pouffer.
Adisputer le Prixfortement il s'em
gage;
Ce Chantre du dernier étage,
Qui n'avoit jamais dit que pi, pi,
pia , pia,
Du Vainqueur hardiment condamna
le ramage ;
GALANT.
139
Le Roffignol leſceut , & peu s'en
Soucia.
Afon aiſe il luy laiſſa dire
Tout ce qu'il avoit fur lecoeur.
Le Coq d'Inde, au lieu de luy nuire,
Ne luy fit qu'un fort grand honneur.
Cet Oyſeau nepour la Cuiſine -
Ne pouvoit, diſoit- ilsfouffrir ces
roulemens ,
Ces fredonsredoublez , & cesfaux
agrémens
Qui nese font que par routine.
Il aimoit dans le Chant cette fimplicité
Qui n'a rien quiſoit affecté.
Sesplaintes par tout retentiſſent;
ASes raiſons d'abord les Oysons
applaudiſſent .
On fait donc aſſembler les Oyſeaux
d'alentour ,
Pour juger de la Voix charmante.
Il vint des Epreviers, avec quelque
Vautour ,
140 MERCURE
Gensſujets à la paraquante.
Mesme on invita des Coucous,
DesChauvefouris , des Hibous,
Pour rendre la Troupe nom.
breuse.
En leur présence enfin le Coq d'Inde
chanta.
Et Sa voix leur parutfi rudefi piteuse,
Qu'en un moment chacun d'eux
s'écarta .
Cependant noſtre Chantre estoit
tout hors d'haleine,
Lors qu'un grand Eprevier de cou
roux s'enflama,
Sauta fur luy ,le dépluma,
Pour luy faire payer la peine.
Ainsi l'on voit de fottes Gens,
Enteſtez de leur propre estime ,
Qui,foit en Profe, ſoit en Rime,
Veulent qu'on rie àleurs depens.
GALAN T. 141
Quoy que j'aye commencé
ma Lettre par un grand nombre
d'Actions du Roy , & que je me
propoſe ſouvent de n'en parler
que dans ce commencement , le
nombre en eſt neanmoins quelquefois
ſi grand en un ſeul mois,
que je me trouve obligé de rompre
cette régle , & de mettre encore
dans le Corps de ma Lettre,
un de ces Articles à la maniere
du Prélude , quien contiennent
pluſieurs autres . C'eſt un de
ceux là que vous allez voir. Lors
que le Roy fit la Reveuë du Régiment
de ſes Gardes Françoiſes,
dont je vous ay parlé en vous
marquant la propreté de leurs
Habits , ainſi que la magnificence
de ceux de leurs Officiers , Sa
Majeſté donna des gratifications
à tous les Capitaines qui avoient
des Soldats dans leurCompagnie
142 MERCURE
audelà du nõbre complet.On remarqua
que ce Monarque avoit
pris ce jour- là un Habit pareil à
ceux des Officiers. Il n'y a rien
qui ſoit plus capable de gagner
les cooeurs , que des manieres auſſi
obligeantes que celles- là. Ce que
je dis eſt ſi vray , que quand les
grands Conquérans vouloient
autrefois s'acquerir les eſprits des
Nations qu'ils avoient ſoûmiſes,
ils paroiſſoient devant les Peuples
avec les Habits ordinaires
à ces Nations. On ſçait que le
Roy n'a beſoin d'aucun de ces
moyens pour ſe faire aimer;mais
il eſt ſi naturellement porté à faire
des choſes obligeantes pour
ſes Sujets, qu'il les fait ſans avoir
d'autre veuë que celle de leur
montrer qu'il les aime ; & en
effet , quand on eſt auſſi aimable
, auſſi puiſſfapt , & auffi re
GALAN T.
143
douté que ce Monarque , on
n'eſt obligé à nuls égards , de
quelque nature,& pour qui que
ce ſoit que ce puiſſe eſtre . Ce
-grand Prince, qui ſe couche rarement
ſans avoir fait des heureux
, donna ce jours paſſez une
gratification de cent mille livres
àMonfieur le Maréchal de Humieres,
en conſideration des fervices
qu'il en a receus.
Je vous ay parlé au commencement
de cette Lettre de divers
Ouvrages entrepris pour donner
moyen de travailler à ceux , qui
ſans cela manqueroient de ſubſiſtance.
Vous connoiſtrez par la
Déclaration du Roy concernant l'ordre
des Ateliers publics , & la punition
des Mandians valides , &
Faineants , que c'eſt ſeulement à
Sa Majesté que tant de malheureux
doivent cette grace. Le fu144
MERCURE
jet de cette Déclaration eſt amplement
expliqué dans les paroles
ſuivantes qui luy ſervent de
Prélude. La bonté que nous avons
pour tous nos Sujets nous engageant
àprocurer les moyens de gagner leur
vie à ceux qui ont la volonté de
s'employer aux ouvrages dont ils
font capables , & le bon ordre que
nous defirons maintenir dans nôtre
Royaume , obligeant de contraindre
à travailler ceux qui par faineantiſe
& par déreglement ne veulent
pasſeſervir utilement pour eux , &
pour leur Patrie , des forces qu'ila
plû à Dieu de leur donner , Nous
avons fait commencer differens Ouvrages
dans les Provinces de noſtre
Etat , & Nous avons appris avec
beaucoup de plaisir lefuccés que ces
entrepriſes ont eu juſques à cette
heure;& comme il est juste que ceuих
de nos Sujets de nostre bonne Ville
de
GALANT.
145
de Paris , & de ses environs , qui
n'ont pas de Métier , reçoivent la
-mesme grace , & que rien ne peut
eftre plus efficace pour y maintenir
une bonne Police , que d'occuper ainfi
les Faineants quefa grandeury at
tire , Nous avons ordonné à nos chers
&bien amez les Prevoſt des Marchands
, & Echevins d'icelle , d'y
faire continuer les Ouvrages qui
ont esté commencez pour font embelliſſement,
&fa commodité. Mais
comme il feroit imposible que ce
deſſein pustréussir aussi avantageu-
Sement que nous deſirons,fi nous n'établiſſions
un ordre certain pourfon
execution ; & d'ailleurs la pareſſe
de ceux qui nevoudroient pasy travailler
dans un temps où nous leur
procurons les moyens de le faire
avec utilité , meritant encore une
punition plus ſevere , nous avons
estimé necessaire d'y pourvoir par
Avril 1685 .
G
146 MERCURE
un Reglement , qui aura lieu seulement
durant que les Ateliers Pu.
blics feront ouverts. Ce Reglement
qui eſt expliqué fort au
long aprés ce Prélude , porte ,
Quetous Mandians valides , quoy
qu'ils ayent un Métier, & tous Faineans
& Vagabonds , ſans Métier
&Sans Employ , qui ne font pas
natifs de Paris , & de douze lieuës.
aux environs , feront obligez deſe
retirer dans leurs païs pour y travailler
dans les Ateliers que l'on
y a établis , ou ailleurs , aux Ouvrages
dont ils feront capables ,
à peine d'estre enfermez durant
un mois dans les Maiſons de Bicêtre
& de la Salpêtriere pour
la premierefois , &pour lafeconde
des Galeres durant cinq ans , &
du foüet & du carquan à l'égard
des Femmes , qui seront âgezles
uns & les autres de quinze ans
GALANT.
147
& au deſſus , & du foüet & d'une
plus longue détention dans les mêmes
Maisons de Bicêtre & de
la Salpétriere , pour les Garçons
les Filles qui auront moins
de quinze ans. Il eſt en joint
par le meſme Reglement à tous
Mandians valides , tant Hom
mes & Femmes , qu'Enfans au deffus
de douze ans , natifs de Paris,
& de douze lieuës aux environs,
ou qui s'y font habituezdepuis trois
ans ,& qui auront la ſanté & la
force neceßaire pour travailler aux
Ouvrages Public , foit qu'ils ayent
un Métier,foit qu'ils n'en ayent
Pas, d'aller travailler aux Ateliers
qui ont eſtéouverts , & de s'envoler
àcet effet fur le Registre qui fera
tenu en l'Hostelde Ville par le Greffier,
ou autre Officier commis pour
cela , avec défenſe à ceux quiseront
enrôlez de vaquer par la Ville
G 2
148 MERCURE
durant les heures qui seront rea
glées pour le travail, ny de quitter
les Ateliersfans un congé exprès
de l'Officier préposé , à peine pour
les Contrevenans , &c. Ces peines
font amplement expliquées , &
empeſcheront qu'on ne voye à
l'avenir ce grand nombre de
Mandians dont on eſtoit accablé.
Sa Majesté veillant ſans ceſſe
au bien de ſes Peuples , a auſſi
donné un Arreſt du Conſeild'Eſtat
concernant le Contrôle des
Exploits . Cet Arreſt porte, Que
Sa Majesté ayant esté informée
que quelques Commis au Contrôle
prétendoient se faire payer deux
droitsde Contrôle pour chaque Exploit
de Saifie&Execution de meubles
qui font faites à la requeste
des Receveurs des Tailles , & des
Collecteurs des Paroiſſes : l'un pour
GALANT. 149
la ſignification àceluyfur lequel la
Saisie a esté faite , & l'autre pour
celle qui fe fait au Gardien de ces
meubles . Elle défend tres- expreffement
à Maistre Jean Fauconnet
Fermier genéraldes Domaines ,ſes
Procureurs , Commis & Préposez ,
de precevoir qu'un seul droit de
Contrôle pour chaque procés verbal
de Saifie & Execution de Meubles,
tant pour lafignification faite
à la Partieſaiſie , que pour celle
qui fera faite au Gardien & Dépofitaire
de ces meſmes Meubles.
Comme pluſieurs ne s'abſtiennent
de mal faire que par la
crainte qu'ils ont d'être punis,
la honte d'eſtre condamnez à
✓ quelque peine ſeroit peu capable
de les retenir , ſi cette peine
leur ſembloit facile à éviter. 11
n'y a que celle du Banniſſement
G3
150
MERCURE
qu'on trouve moyen de ne ſubir
pas dans ſon entiere rigueur.
Ceux qui y ſont condamnez
font peu reguliers à garder leur
ban ; & afin de remedier à cet
abus , il a eſté ordonné qu'aprés
leur condamnation on leur liroit
à l'avenir la Déclaration du
Roy, du 31. May 168 2. faite fur
ce ſujet : ce qui fait connoiſtre
que ce Monarque pes'applique
pas moins à faire obſerver ce que
la Justice a reglé , qu'à la faire
rendre. こち
Il à auſſi paru depuis peuun
Arrest du Conseil d'Estat touchant
la Vente & Explication des Bois de
haute Fustaye appartenans aux
Particuliers. Voicy le commencement
de cet Arreſt. Le Roy...
eſtant informé qu'au prejudice de
l'Article III. du Titre de Bois ap.
Partenans aux Particuliers de l'Or-
:
GALANT .
151
donnance de l'année 1669. concernant
les Eaux & Forests , & de
l' Arrest du 9. Novembre 1683.portant
defenfes à ceux qui poſſedent
des Bois de haute Fuſtaye fituez à
fix lieuës des Rivieres navigables ,
& à quinze lieuës de la Mer , de
les vendre & faire exploiter, qu'ils
´n'en ayent donné avisfix mois auparavant
au Contrôleur general des
Finances , & au Grand Maistres
des Eaux & Forests , aux peines
portées par ladite Ordonnance &
Arrest , la plupart des Proprietaires
des Bois de haute- Fustayefituez
à cette diſtance de la Mer & des
Rivieres navigables , les vendent,
& les font exploiterfans en donner
avis , ce qui fait qu'on a de la pei-
_ ne à trouver des bois propres pour
la conſtruction des Vaiſſeaux dans
les Ports & Arsenaux de Marine
de Sa Majesté , & que d'un autre
G4
152 MERCURE
4
costé les Proprietaires desdits Bois
quiveulent executer l'ordonnance,ne
Sçachant pas précisément à quoy
elle les engage , font ſouvent troublez
dans la vente & exploita.
tion de leurs Bois par les obstacles
qu'y apportent les Officiers de la
Marine, ou ceux des Eaux & Forests
, & eftant neceffaired'y pourvoir,
Sa Majesté , &c. Quoy que
dans la ſuite de l'Arreſt tout ſoit
reglé d'une maniere avantageuſe
pour la Marine , les Particu .
liers qui ont des Bois de haute-
Fuſtaye ne laiſſent pas d'avoir
lieu d'eftre contens. Ainfi le Roy
a trouvé moyen de ſatisfaire au
bien de l'Estat ſanschagriner le
Particulier.
On a publié un autre Arreſt
du Conseil d'Estat , concernant
les Engagiſtes , Uſufruitiers , &
autres qui poffedent des Bois dé
GALANT.
153
pendans du Domaine de SaMajeſté
, à titre de conceffion on
d'alienation. Il porte , Que conformément
à l'Ordonnance de 1669.
ils ne pourront faire abatre à l'avenir
aucuns Bois de Fustaye , ny
Badiveaux fur Taillis , ny aucuns
autres Abres, ſous quelque prétexte
que ce soit , qu'en vertu de Lettres
Patentes registrées aux Parlemens
&aux Chambres des Comptes , fur
les avis & Procés verbaux des
Grands Maiftres des Eaux & Forests.
Il y a eu une nouvelle Decla
ration , qui regarde la Compagnie
des Indes Orientales. Je
vous ay déja parlé de pluſieurs
choſes ſur ce meſme ſujet. Cette
derniere Déclaration en eſt
one fuite , & fait connoiſtre que
Le Roy continuë de s'intereſſer
pour le bien de ſon Eftat en ge-
G
154
MERCURE
néral, & pour celuy de ſes Sujets
enparticulier.
Sa Majesté fait encore paroiſtre
ſes ſoins pour la tranquilité
de ſon Peuple , par l'Arreſt du
Conſeil d'Estat rendu le 8. de ce
mois , fur ce qu'Elle a eſté informée
qu'il arrive journellement
des Naufrages de Barques &
autres Bâtimens ſur la Riviere
du Rofne , cauſez par des Arbres
qui ſe détachentdes Ifles &
flots, qui ſe ſont formez le long
de cette Riviere par les Courans
&les changemens de Lits ; même
qu'une Barque chargée de
bleds , deſtinez pour les Vivres
de Marine , a fait naufrage depuis
peu prés de Viviers. Pour
empêcher de ſemblables accidens.
Il est ordonné aux Particuliers&
Proprietaires de ces Isles یم
Iſlots formezle longde la Riviere
A
GALANT.
ISS
du Rofne , dans l'étendue des Provinces
de Languedoc , Provence , &
Dauphiné , de faire ôter les gros
Arbres qui se détacheront des Ifles
& Iſlots qui leur appartiennent, en
forte que la Navigation n'enſoit
pas interrompuë ; & en cas de Naufrages
, & autres accidens cauſez
par le détachement de ces Arbres,
les Confuls & Communautez des
lieux , vis à vis defquels ces Ifles
Iſlots font fituez , en demeureront
responsables en leurs propres
& privez noms.
L'Arreſt qui fuit , donné à
Verſailles le 14. de ce mois , n'eſt
pas moins utile aux Sujets du
Roy . Ce Monarque ayant employé
les Intendans & Commiſſaires
départis pour l'execu
tion de fes ordres dans les Provinces
& Generalitcz du Royaume,
à travailler à la verification
G6
156
MERCURE
& liquidation des Dettes devës
par les Villes & Communautez,
en forte que la plus grande partie
de ces Dettes qui eſtoient tresconſiderables
, ſe trouvent prefque
aquitées , il eſt arrivé que
quelques Créanciers qui ont receu
le rembourſement de ce qui
leur eſtoit dû en tout ou en parrie,
font venus tout de nouvran
demander le payement de leurs
Créances ; & par une intelligence
pratiquée avec les Officiers
des Villes Communautez
,
ont
recelé & caché les Quittances ,
Comptes , & autres Pieces qui
auroient pu ſervir à découvrir
cette fraude . Sa Majesté avertie
de ce defordre , a ordonné Que
les Créanciers ou autres estant en
leurs droits , qui demanderont aux
Communautez le payement des Det
tes ,& autres choses à eux deuës ,
1
GALANT. 157
dont ils auront eſté rembourſez fuivant
les Arrests de liquidation ,
qui auront esté pafſsées enla depenſe
des Comptes qui ont esté rendus , des
revenus & affaires des Communasttez
auſquelles la demande en ſera
faite,feront condamnez àla peine
du quadruple au profit desdites Communautez,
parles Intendans &
Commiſſaires départis dans les provinces
& Genéralitezdu Royaume,
& contraints au payement comme
pour les deniers & affaires de Sa
Majesté , sans que cette peine du
quadruple puiffe estre réduite ny
moderée pour quelque cauſe& occafion
que cefoit.
Tant de Perſonnes m'ont témoigné
avoir leu avec plaiſir les
Nouvelles d'Angleterre, qui font
des Articles importans dans mes
deux dernieres Lettres , que je
puis croire que vous me parlez
158 MERCURE
fincerement quand vous mal
ſeurez que vous en eſtes contente.
L'Hiſtoire des malheurs du
Roy , dont je vous ay faits un
abregé , pouvoit ſe trouver ſéparément
en pluſieurs Volumes ,
mais peut- eſtre toutes les Relations
qui ont couru ne vous auroient
pas fourny le triſte Journal
de ce qui s'eſtoit paffé dans le
peu de temps qu'à duré ſa maladie,
ſi je n'avois eu le ſoin d'en
ramaſſer les plus remarquables
circonstances. Elle a commencé
par une attaque d'Apoplexie,
contre laquelle l'Art des Medecins
à eſté ſans force. Il ſemble
que comme ſa vie avoit eſté extraordinaire
, il falloit auſſi que
ſa mortle fuſt. le vous envoye
un Sonnetqui a eſté fait fur cette
penſée..
!
GALANT .
159
SUR LA MORT
DU ROY D'ANGLETERRE ..
Q
vi
(
ne sçait de ce Roy l'étonnante
miſere !
Ses malbeurs purent - ils abatrefon
grand coeur ?
Vn Trône qui fumoit encor du Sang
d'un Pere
- Poury monterfi- toſt luy faisoit trop
d'horrear.
Le defir de vanger une teſteſi chere
A l'Univers entier exprimafa douleur.
Qu'ily Satisfit bien quand le Ciel
moins contraire
Enfin dans ſes Etats le ramena
vainqueur !
Mais belas ! il n'est plus ; l'impi
toyable Parque
Fient de trancher le fil des jours de
ceMonarque..
160 MERCURE
C'auroit eſtétrop peu cependant pour
lefort
Qui d'abord le ſoûmit aux fureurs
de l'envie ,
D'avoir par de grands traits voulu
marquer sa vie
S'il n'eust fait remarquer legenrede
Samort.
le vous ay appris avec quelle
fermeté ſon Auguſte Succeſſeur
s'est déclaré Catholique. Sa fincerité
a eſté heureuſe. Les Peuples
ont eu de la joye de voir
qu'il ne cherchoit point à les
tromper , & qu'il s'en croyoit
aſſez aimé , pour leur confier un
fecret de cette importance , ſans
qu'il en deuſt rien apprehender
de fâcheux. La confiance qu'il a
cuë dans l'amour de ſes Sujets , a
produit l'effet qu'il en avoit anrendu.
L'intrepidité en toutes
GALANT. 161
choſes leur paroiſſant digne d'un
Monarque né pour leur donner
des Loix , ils ont eſtimé en luy
cette grandeur d'ame qui l'engage
à ſoûtenir l'indépendance
du rang ou le Ciel l'a élevé. Puis
qu'il leur laiſſe une entiere liberté
de confcience , il la doit avoir
comme eux , & il feroit bien injuſte
qu'il ne joüiſt pas d'un Privilege
qu'il veut bien leur accorder.
Toutes les Lettres qui viennentde
ce Pays là ne parlent que
de la tranquilité où tout le monde
s'y trouve , des Adreſſes pleines
de ſoûmiſſion & de reſpect ,
qu'on préſente de toutes parts au
nouveau Roy , & du choix des
Députez pour le prochain Parlement.
Le 16. du dernier mois
on expedia un ordre pour ſignifier
à tous les Pairs du Royaume
&à leurs Femmes , de ſe trouver
162 MERCVRE
au Couronnement du Roy avec
leurs Robes de Ceremonies &
leurs Couronnes . Les Barons &
leurs Femmes auront des Robes
de Velours Cramoiſy , de meſme
que les Vicomtes & les autres
Pairs d'une dignité plus relevée.
On a nommé le Docteur Turner
Eveſque d'Ely , pour preſcher
en préſence de leurs Majeſtez
le jour de certe ceremonie. Les
circonstances en ont eſté réſoluës
devant le Roy par le Conſeil
Privé qui s'eſt aſſemblé pour les
regler. Les Commiſſaires que
l'on a choiſis pour citer tous ceux
que le devoir de leurs Charges
, ou les redevances de leurs
Fiefs obligent à faire quelques
fonctions au Couronnement ,
s'aſſemblerent le 3. de ce mois
dans la Chambre Peinte du Palais
GALANT. 163
Vveſtminster , & commencerent
à recevoir les Requeſtes de ceux
qui prétendent avoir droit de faire
ces fonctions. Ils s'occupent
à verifier les Titres qu'on leur
préſente , pour accorder à chacun
la fonction qui luy appartient.
Sa Majesté a fait donner
de nouvelles Lettres à tous les
Lords Lieutenans , ou Gouverneurs
des Provinces que le feu
Roy avoit établis. Les Aſſemblées
pour les Election des Députez
qui doivent entrer au Parlement,
ſe font par tout avec beaucoup
de tranquilité. Ces Elections ont
déja eſté faites par l'Univerſité
de Cambridge , par celle d'Okford
, par les Comtez de Bedford ,
de Brecon , de Kent , de Hamp,
de Middleſek , de Durbam , de
Gloceſter, de Hereford , de Sommerſet,
de Cambridge, de Suffer,
164 MERCURE
de Leiceſter , de Hartford , de
Cheſter , de Lincoln , de Huntington
, de Darby , de Radnor,
& par les Villes de Cantorbury,
de Darby , de Shaftsbury , de
Vvoodſtock , de Midhurst , de
Steyning , de Bedvvyn , d'Amodesham
, d'Ailesbury , de Ludgetſtall
, d'Andover , Durham,
de Vvarvvicke , de Leiceſter , de
Reading , de Deventom , Heddon
, de Corfe , de Shoreham , de
Stamford , de Brecon , de Vvincheſter
, de Chippin Vvicomb,
de Chippenham, d'Ipſvvich , de
Hiudon , de Peterboroug , de
Southamptom , de Limmington ,
de Vveſtminster , d'Yorc, de Neſtingham,
de Vvendover, d'Eaſt-
Grimſtead, d'Abington , de Lym,
de Covventry d'Orford. de Totnes,
de Poole,Vvarcham , de Sbareham,
de Vveoby,de Petersfield,
GALAN T. 165
deBorronbridge , d'Albroug , de
Thirske , du Grand Yarmouth,
de Colchester , d'Huſlemere, de
Hereford , de Lempſter , de
Cardiffe , de Marleboroug , d'Ilcheſter
, de Nevv- Sarum , de
Caſtle Rising , de Tavistocke, de
Christ -Church , de Rygate de
Vvindſor , de Malton , de Northallertent
, de Nevvarke , de
Richmond, de Beverley, de Pontefract
, de Leaverpoole, de Stafford
, de Sandvvick de Cirenceſter
, de Vveymouth , de Mel.
-comb , de Devikes , de Haſting,
de Norfolk , de Higham- Ferrars ,
de Hetsbury , de Thetford & de
Dunvvich. Tous ceux que l'on
a choiſis ſont Gens d'une grande
probité , & dont la pluſpart ont
fait paroiſtre un attachement inviolable
au feu Roy dans les
temps les plus difficiles. Le 6. de
166 MERCURE
ce mois le Duc de Queensbo
rouhg grand Tréſorier , & préſentement
grand Commiſſaire de
Sa Majesté au Royaume d'Ecoffe
, & le Comte de Perth ,
grand Chancelier du meſme
Royaume , preſtérent les Sermens
accoûtumez, en qualité de
Conſeillers d'Etat du Conſeil
Privé du Roy , & prirent ſeance
au Conſeil ſelon leur rang. Peu
de jours aprés le Duc d'Ormond
arriva d'Irlande. Plus de quarante
Carroſſes à ſix Chevaux allerent
au devant de luy
quantité de Nobleſſe à Cheval .
Il alla auffi- toſt ſaluer le Roy , &
il en receut un accueil tres- favorable.
Ce Monarque luy donna
en meſme temps le Bâton de la
Charge de Lord Steuvard , ou
Grand Maiſtre de ſa Maiſon ,
qu'il poſſedoit ſous le Roy Char-
د
avec
GALANT.
167
les II. Comme il employe tous
ſes ſoins à établir la tranquilité de
fon Royaume, & à reprimer tous
les deſordres qu'y pourroient
commettre les Voleurs de grand
chemin , il fit publier le mois
paſſé la Proclamation dont voicy
les termes.
A la Cour de VVitheal.
DE PAR LE ROΥ,
& les Seigneurs de ſon Conſeil
Privé.
E Roy voulant pourvoirà la
JeureredeJessiesdans les
Voyages qu'ils font en ce Royaume,
pourvaquer à leurs affaires , a ordonné
aujourd'huy estant en fon
Confeil , & il eſt ordonné par ces
Preſentes àtousfes Officiers deJu-
1
168 MERCURE
-
ſtice,&à tous ſes autres amez Sujets
defaire leurs efforts , & d'user
de diligence, pour apprehender tous
Larrons & Voleurs de grand che
min , afin qu'on puisse proceder
contr'eux felon les Loix ; & pour
encourager ceux qui apprehenderont
lesdits Vouleurs , il est de plus
ordonné par Sa Majesté , que l'on
donnera une récompenſe de dix livres
sterling pour chaque Voleur
arresté , à celuy ou à ceux qui en
quelque temps que ce soit , depuis
le jour de la date des préſentes, jufqu'à
ce qu'il plaiſe à Sa Majestéde
rappeller cét ordre par proclamation
, ou par un autre ordre fait en
Son Conſeil, prendront ou apprehenderont
aucun Larron ou Voleur de
grand chemin, & le feront mettre
en lieu de feureté. Laquelleſomme
de dix livres sterling leur sera
payéequinze jours après que ledit.
Voleur
GALANT. тбу
L
Voleur aura esté convaincu ou prouvécſtre
sel. Et il est enjoint par
ces Préfentes à tous les Sherifs des
Comte,z & autres dans l'étenduë
de leur furisdiction ou telle convi-
Etion aura esté faite , de payer à
celuy ou à ceux qui apprehenderont
de tels Malfaicteurs , larecompenſe
ſuſdite dans le temps cydeſſus
ſpecifié , pour chaqueVoleur
ainſi pris & convaincu, fur le Certificat
du fuge ou de deux , ou da
vantage de Juges de Paix , devant
lequel, ou lesquels tel Voleur aura
efté convaincu. Laquelle somme
d'argent ils prendront des deniers
de Sa Majesté, par eux receus dans
Le Comté ou telle conviction aura
esté faite , & laquelle leur fera
paſſée en compte, lors qu'ils viendront
rendre leurs comptes à l'Echi
quier , ou Chambre des Finances.
Et leGrand Treſorier d'Angleterre
Avril 1685 .
H
170
MERCURE
est autorisé par ces Préſentes , & a
pouvoir de donner des ordres aux
Officiers de l'Echiquier , de paſſer
lesdits deniers en compte ausdits
Sherifs felon le préſent ordre. Il est
encore ordonnéà tous Gouverneurs,
Lieutenans Gouverneurs , luges de
Paix , Maires , Sherifs , Baillis, &
autres Officiers & Perſonnes de
quelque qualité & condition qu'el-
Les soient , de prendre connoissance
du préſent ordre & y obeïr , comme
auffi de preſter ſecours & aſſiſtance
en tout ce qui regardera l'execution ,
Sur peine d'encourir le déplaisir
de Sa Majesté , & d'estre poursui
vis comme contempteurs de fon Autorité
Royale.
GUILLAUME BRIDGEMAN.
Monfieur l'Electeurde Bavie
re doir épouſer au premier jour,
l'Archiducheſſe Marie Antoinet
GALANT. 171
te , Fille de l'Empereur , & ce
jeune Souverain ſe prepare pour
aller faire ſa troiſiéme Campagne
contre les Turcs. Ainſi l'on
peut dire qu'il eſt entierement
occupé par l'amour & par la
gloire. Il eſt galant, il a de l'efprit,
du coeur , & de la grandeur d'ame
, & toute la terre doit eſtre
perfuadée que le courage , & la
magnificence luy étant naturelles
& heréditaires , il ne fera aucune
entrepriſe qu'il n'execute
avec grand éclat. l'auray ſoin,
Madame , quand il en faudra
parler , de n'oublier rien de tout
ceque voſtre curioſitépeut fouhaiter
là deſſus.
Ma derniere Lettre contient
tantde choſes curieuſes touchant
Hadgi Mehemet , Envoyé du
Dey d'Alger , que je n'ay plus
rien àvous en dire , finon qu'il
J H 2.
172 MERCURE
eſt party depuis quelques jours,
aprés avoir pris ſon Audiance de
congé de Monfieur le Marquis
de Seignelay , & receu de la part
du Roy une Chaîne &une Medaille
d'or quelques autres preſens,
dont Mehemet Chelebi ſon
Fils a été auſſi regalé .S'ils avoient
eſté charmez de la Perſonnedu
Roy, ils n'ont pasêté moins fatisfaits
de ſa liberalité , &de tout
cequ'ils ont veu d'extraordinaire
& de ſurprenant en France. Je
ſçay que je vous ay dit que cét
Envoyé avoit eſté à la Mecque,
& comme nous avons peu de
Relations de ce Païs- là , je fatisferois
dés aujourd'huy à l'envie
que vous me marquez avoir
d'apprendre ce qu'il en a raconté,
ſi cét article n'eſtoit trop long
pour luy pouvoir donner place.
das une Lettre auſſi avancée que
celle- cy. C'eſt cequi m'oblige à
GALANT .
173
le reſerver pour le mois prochain.
Monfieur de Miromeſnil Maître
des Requeſtes , Preſident au
Grand Conſeil , Intendant en la
Province de Champagne , &
dont les Anceſtres ont poſſedé
depuis pluſieurs fiecles , les premieres
dignitez du Parlement
de Roüen , a épousé Mademoi
felle Blanche de Bar de Saint
Martin , Fille de Monfieur de S.
Martin, ancien Préſident au Préfidial
de Chalons . La Cerémonie
du Mariage fut faite le 14. de
ce mois par Meffire Loüis Antoine
de Noailles Pair de France
, Evefque & Comte de Châlons
, dans la Chapelle de fon
Chaſteau de Sarry , en préſence
de Madame la Ducheſſe & Mademoiselle
de Noailles , & de
pluſieurs autres Perſonnes de
H3
174
MERCURE
qualité. La Maiſon de Monfieur
de Miromeſnil eſt des meilleures
& des plus anciennes de la
Robe , distinguée par des Ambaffades
, & par d'autres grands
emplois , & alliée aux Maiſons
de Chanvalon , du Chaſtelet, de
du Perron , de Briçonnet, Courtin
, de Meſmes , Beaumolet , &
pluſieurs autres du Conſeil , &
du Parlement , tant de Paris que
de Normandie. Celle de la Mariée
eſt auſſi des plus anciennes
& des plus confiderables de la
Province . Jean de Bar ſon ſixié
me ou feptième Ayeul , s'étant
trouvé avec les autres Nobles de
Champagne à la Batailled'Azincour,
où l'Arriereban eſtoit convoqué,
fut un de ceux qui s'y diſtinguérent.
La Maiſon de Bar
eſt alliée à celles de Neuville,
Lambeſſon , Goder , Ramcou,
GALAN T.
175
Cochon- Verſanay , & du côté
maternel à celles de Talon ,
Voiſin , Perigny , Ponchartrain ,
Dagueſſeau, Tubeuf& Hebert.
Cette nouvelle Mariée est belle
&bien faite. Elle a de l'eſprir,
& ſçait joindre à la Science de
la Cour l'innocence de la Province.
Sa Majesté ayant permis il y
a quelque temps que le Prieuré
des Religieuſes Bernardines du
Dioceſe de Sez en Normandie,
fût érigé en Abbaye à la confideration
de Dame Anne de Souvré
, dont l'illustre Maiſon eſt
connuë de toute la France , &
l'ayant nommée pour en être la
premiere Abbeſſe,Monfieur l'Eveſque
de Bayeux aſſiſté d'un
grand nombre d'Eccleſiaſtiques ,
fit le 4. de ce mois la Cerémonie
de la benir dans l'Egliſe cette
G- 4
176 MERCURE
Abbaye. Elle étoit accompa
gnée des Dames Abbeſſes d'Almeneſche
& de Vignats. Tout ſe
paſſa dans cette action avec une
pompe & une magnificence extraordinaire
, & quoy que la plus
confiderable Nobleſſe du Pays ſe
fust renduë dans l'Eglife , & qu'il
y fuſt accouru un Peuple innombrabie
, il y cut un ſi bon ordre,
que la grande foule n'apporta
aucune confufion. La Cerémonie
fut terminé par un ſçavant &
fort beau Diſcours, que prononça
cePrélat , ſur les obligations
&les devoirs d'une Abbeffe à
l'égard de ſes Religieuſes , aprés
quoy il fut régalé ſplendidement
avec toutes les Perſonnes de marque
qui estoient venuës des environs.
Quoy que je vous aye déja
parle de quelques Morts , j'ay
GALANT. 177
oublié de vous dire que Marie
Louyſe deGoth, eſtoit morte icy
le Lundy ſecond de ce mois, n'eſtant
encore que dans ſa ſeiziéme
année. Elle estoit Fille de Meſſire
lean Baptiſte de Goth , Duc
d'Epernon , & de Dame Marie
d'Estampes de Valencé. Monſieur
le Duc d'Epernon de la
Maiſon de Goth en Gascogne,
eſt Fils de Monfieur le Marquis
de Roüillac , qui fut envoyé en
Portugal à la mort de Louys XIII.
en qualité d'Ambaſſadeur Extraordinaire.
Ce Marquis eſtoit
Filsdu Baron de Roüillac & de
l'une des quatre Soeurs du Due
d'Epernon de la Maiſon de No.
garet , Colonel de l'Infanterie
Françoiſe , & Favory de trois de
nos Roys. Par la mort de Louys
Charles Gafton , connu ſous le
nomide Duc de Candale , Mon-
Η
178
MERCURE
fieur le Duc d'Epernon d'aujourd'huy
, du nom de Goth , a eu
droità la ſucceſſion de cette Maiſon
, ce qui luy a fait prendre le
nomde Duc d'Epernon , comme
repreſentant fon Ayeul paternel.
Ce Duc de Candale , mort à
Lyon le 28. Janvier 1658. eſtoit
Fils de Bernard Duc d'Epernon
& de Candale , & c. & de Gabrielle
Angelique , legitimée de
France, Fille naturelle de Henry
IV. & petit Fils de lean Louys de
La Valette , Amiral de France, &
de Marguerite de Foix Candale,
Fille unique de Henry de Foix
Candale & de Marie de Montmorency.
Vous remarquerez
par ce nom de Foix Candale,
que la Maiſon de Candale étoit
une branche de celle de Foix.
Elle fe fit par le mariage de lean
de Foix L. du nom qui épouſa
GALANT.
179
Marguerite de Suffolc , heritiere
du Comté de Candale en Angleterre.
Il laiſſa d'elle entr'autres
Enfans , lean de Foix Candale
I I. du nom , qui prit alliance
avec Catherine de Foix fa
Coufine , Fille de Gaſton IV.
Comte de Foix , & d'Eleonor,
Reyne de Navarre .
Monfieur Commeau , fameux
& ancien Avocat au Parlement,
mourut le 6. de ce mois. Il étoit
fort eſtimé , &les grandes Affai
res qu'on luy confioit , faisoient
affez voir combien on étoit per
fuadeé de ſes lumieres .
l'ay encore à vous apprendre
la mort de Dame Marguerite
Potdevin , arrivée le 19. de ce
mois. Elle étoit veuve de meffire
Iean Louys deGondrin, Marquis
de Savignac , Frere du défunt
Archeveſque de Sens.
H6
180 MERCURE
Ie vous envoye ſeulement les
noms de ceux qui doivent compoſerleCarouſeldeMonſeigneur
leDauphin. l'aurois fatisfait plûtoſt
vôtre curioſité ſur cétarticle,
mais entre un ſi grand nombre
de perſonnes diftinguées , il eſt
difficile de fixer un choix. Les
maladies , & divers autres accidens
y peuvent d'ailleurs apporter
du changement,&je ne vous
répons pas qu'il n'y en arrive
pointjuſqu'au jour de ce Caroufel
, qui eſt remis au commencement
de luin. Monfieur le Duc
de S. Aignan qui entend parfaitement
bien ces forces de Divertiſſemens
guerriers , & qui ordinairement
en eſt l'Inventeur
donné le ſujet de celuy cy. Ill'a
tiré des Guerres Civiles de Grenáde,&
en a reglé beaucoup de
chofes , comme il avoit fait àla
a
GALANT. 181
grande reſte de verſailles qui
avoit pour titre , Le Palais d'Alcine
, ou Les Plaisirs de l'Ifle en-,
chantée. Elle eſtoit entiérement
de ſon invention , & dura trois
jours , avec diférens Spectacles.
Il y aura huit Quadrilles dans le
Carouſel qui va paroiſtre. Elles
ſeront diviſées en deux Partys.
Voicy les noms des Officiers
Genéraux.
Monfieur le Duc de Saint
AignanMaréchal de Camp Genéral.
Il ſera ſuivy de quatre Pages ,
&de quatre Eſtafiers , & aura
deux Trompettes & un Timbalier.
Les Maréchaux de Camp ſont
M. le Duc de Gramont .
M. le Duc d'Uzés.
M. le Marquis de Tilladet.
182 MERCURE
M. le Marquis de Dangeau .
Ils auront chacun trois Pages
&trois Eſtafiers .
Monſeigneur le Dauphin fera
à la teſte de la premiere Quadrille
de fon Party , qui repreſentera
les Abencerrages. Ses
couleurs feront Or & Noir , il
aura quatre Eſcuyers qui font .
M. du Mont.
M. de la Neuville.
M. du Gaſt.
M. de Caſau .
Il ſera ſuivy de vingt Pages ,
& de vingt Eſtafiers , & il aura
huit Trompettes & deux Timbaliers.
Vous allez lire les noms des
jeunes Seigneurs qui feront de
fon Party. Souvenez-vous , s'il
vous plaiſt , Madame , que je
mets ces noms ſans marquer les
rangs que la naiſſance doit donner
àchacun d'eux.
GALAN T.
183
!
M. le Marquis de Crequy.
M. le Marquis de Nangis .
M. le Comte de Brione.
M. le Duc de la Trimoüille.
M. le Grand- Prieur.
M. de Mailly .
M. de la Roche-Guyon.
M. le Prince d'Elbeuf.
M. le Duc de Vandoſme .
M. le Comte de Fieſque.
LES ALMORADY ,
Dont les Couleurs feront Argent
& Couleur de Feu .
M. le Chevalier Colbert .
M. de Coedelette.
M. de Plumartin.
M. de Buſſolle.
M. de Mirepoix.
M. de Roufly.
M. de Thiange.
M. de Caftres .
M. de la Fayette .
M. de Palavien,
184 MERCVRE
LES ALABASES ,
Dont les Couleursferont Griſdelin ,
Argent.
M. de Haute fort .
M. de la Chaftre .
M. le Chevalier de Broïlle.
M. le Marquis d'Antin .
M. le Marquis de Treſnel.
M. de Villacerf.
M. le Marquis de Livry.
M. de Medavid .
M. de Liſtenay.
M. de Braſſac.
LES GAZULES ,
Qui auront pour Couleursle Violet
& Argent.
M. le Prince de Furſtemberg.
M. le Prince Camille.
M. de Chamarante .
M. le Marquis de Bellefonds.
M. de Nefle .
GALANT.
185
i
M. de Coniſmark .
M de Rohan .
M. le Duc de Roquelaure .
M. le Prince de Tingry .
M. de Rochefort .
4
Ils auront tous chacun deux
Pages , & deux Eſtafiers .
Monfieur le Duc de Bourbon
commandera le Party contraire .
Ses Ecuyers feront
M. de la Novë.
M. dela Vergne.
Il aura dix Pages , & dix Efiafiers
, fix Trompetes , & deux
Timballiers ...
LES VANEGUES ,
Qui auront pour Couleurs l'or &
l
Argent
M. de Querouël .
M. le Marquis de Soyecourt.
M. de Villequier.
)
186 MERCURE
M. Milly Bouligneux.
M. le Comte d'Oſtel ,
M. le Comte Danau.
M. de Carpéigne.
M. de Nogarer.
M. de Villars .
M. le Comte de Gondrin .
LES ZEGRI ,
Qui porteront Verd & Or .
M. de Blanzac.
M. de Valentinois.
M. le Duc de la Ferté ,
M. le Marquis d'Alincourt.
M. le Chevalier de Sully .
M. de Sainte Frique.
-M. d'Artagnan .
M. de Vervins .
M. le Prince de Harcourt .
M. de Liancourt.
1
LES MASSES.
Qui auront pour Couleurs Feüillemorte
& Argent.
M. de Vaubecourt.
GALANT. 187
M. de Surville.
M. de Murfé.
M. de Quelus .
M. deMolac.
M.de Froulé.
:
M. de Moüy.
M. de Baiſemaux.
M. de Bournonville.
M. d'Ancenis Charoft.
LES GOMELES ,
7
Dont les Couleurs seront Cramoisy
& Argent.
M. de Coffé.
M. de Vieuxbourg .
M. de Montchevreüil.
M. de Ferdinand.
M. de Bouligneux.
M. le Chevalier de Soyecours.
M. de Vibraye.
M. de Novion.
M. le Ducd'Atris.
M. de Chemeraulta
188 MERCURE
Ils auront tous chacun deux
Pages, & deux Ecuyers , de méme
que ceux du premier Party.
On m'a conté une choſe fort
particuliere , arrivée icy ſur la
fin du Carnaval. C'eſt la ſaifon
des Déguiſemens , & par conféquent
des Avantures. Un Cavalier
d'une Province éloignée ,
eſtant venu à Paris pour y acquerir
l'air de liberté & de politeſſe
qui diſtingue ceux qui ont
veu le monde,prit habitude chez
une Dame tres- ſpirituelle , qui
cultiva cette connoiſſance avec
tout le ſoin qu'elle devoit. Elle
avoit deux Filles , toutes deux
bien faites , & la fortune ne luy
ayane pas eſté favorable, il eſtoit
de l'intérêt de l'une & de l'autre
que ſa politique ménageât ceux
que des viſites un peu affiduës
pouvoient engager à prendre
GALANT. 189
feu. Le Cavalier eſtoit riche , &
cette ſeule raiſon eût porté la
- Dame à tous les égards qu'elle
avoit pour luy , quand mesme il
n'auroit eſté conſidérable par
aucun merite. Il n'eut pendant
quelque temps que des complaiſances
genérales que l'honnêté
oblige d'avoir pour toutes les
Dames. On le recevoit agréablement
, & les deux Soeurs a
l'enyy luy faiſoient paroître toute
l'eſtime que la bien ſéance
leur pouvoit permettre, ſans qu'-
aucun empreſſement particulier
pour l'une ou pour l'autre marquât
le choix de ſon coeur , mais
enfin il s'attacha à l'Aînée, & l'égalité
d'humeur qu'il luy trouva
' fut pourluy un ſi grand charme ,
qu'il mit tous ſes ſoins às'en faire
aimer. Vous jugez bien qu'il
n'eut pas de peine à yréüffir.La
190 MERCURE
Belle eſtoit dansdes diſpoſitions
qui avoient en quelque forte
prévenu ſes voeux , & la Mere
authoriſant la correſpondance
que le Cavalier luy demandoit,
il eut le plaiſir de ſe voir aimé
dés qu'il ſe fut déclaré Amant.
Ont eût bien voulu qu'il eût arrefté
le Mariage , mais il eſtoit
dangereux de l'en preſſer , &
on jugea à propos d'attendre
que ſa paſſion mieux affermie
l'eût mis en état de ne point examiner
le peu d'avantage qu'il devoit
tirer de cette alliance. Cependant
ce ne furent plus que
des Parties de plaiſir. LeCavalier
voulantdivertir ſa belle Maîtreſſe
, la menoit ſouvent à la
Comédie ou à l'Opera , & cherchoit
d'ailleurs tout ce qui pouvoit
contribuer à luy donner de
la joye. Le temps de la Foire
/ GALANT. 191
eſtant venu , ils y allérent pluſieurs
fois enſemble ,& il luy faifoit
toûjours quelque Preſent.
La Mere avoit part à ſes liberalitez
, & comme il aidoit à entretenir
le Jeu chez elle , ſes viſites
aſſiduës luy eſtoient utiles de
biendes manieres.La fin du Carnaval
approchoit , & la Belle
ayant un jour témoigné qu'elle
avoit envie de courir le Bal , le
Cavalier ſongea auſſi-toſt à la
fatisfaire. Il alla chercher des
habits fort riches, les fit porter
chez la Dame,& chacun choiſit
ce qu'il voulur. Les deux Filles
s'habillerent en Hommes à la
Françoiſe avec des écharpes magnifiques,&
les autres ornemens
qui pouvoient ſervir à leur donner
de l'éclat , & la Mere & le
Cavalier ſe déguiſérent en Arméniens.
La galanterie eſtoit
192 MERCURE
jointe à la propreté , &cette petite
Troupe meritoit bien qu'on
la regardaſt. LeCavalier qui aimoit
le jeu , ayant accoûtumé
de porter beaucoup d'argent , la
Belle vouloit qu'il laiſſaſt ſa
bourſe . La Mere dit la deſſus ,
que puis qu'on croyoit qu'il n'y
eût pas ſeureté entiere à ſe
trouver le ſoir dans les Ruës, elle
aimoit mieux rompre la Partie,
que de s'expoſer à une mauvaiſe
rencontre . Le Cavalier ne manqua
pas de répondre,qu'elle êtoit
ſi peu à craindre , par le bon ordre
que le Magiſtrats y avoient
mis , que quand il auroit mille
piſtoles , il iroit luy ſeul par tout
Paris, auſſi ſeurement que s'il
eſtoit eſcorté de tous les Archers
duGuet. En meſme temps
il donna à la Belle un Diamant
qui estoit de prix , pour tenir fon
Maſque ,
GALANT. 193
Maſque , & ils monterent tous
en Carroſſe , pour aller dans le
Fauxbourg Saint Germain , où
ils apprirent qu'il y avoit une
tres-belle Aſſemblée. L'affluence
des Maſques leur permit à
peine d'y entrer ; mais enfin le
Cavalier s'eſtant fait jour dans
la foule , ils arrivérent juſqu'à la
Salle du Bal. Les Luſtres dont
elle eſtoit éclairée , relevoient
merveilleuſement la beauté de
leurs Habits. Toute l'Aſemblée
les remarqua , & cela fut cauſe
qu'on les fit d'abord dancer. Ils
s'en aquitérent avec une grace
qui leur attira de grandes honneſtetez
du Maître de la Maiſon.
Il leur fit donner des ſiéges, &
le Cavalier prit place auprés de
la Belle. Tandis que l'Amour
leur fourniſſoit le ſujetd'un entretien
agréable , la Mere & la
Avril 1685. I
194 MERCURE
Soeur n'eſtoient occupées qu'a
regarder ; & s'ennuyant d'eſtre
toûjours dans le meſme endroit,
elles ſe firent un divertiſſement
d'aller dans toute la Salle noüer
converſation avec les Maſques
qu'elles y trouvérent. On en
voyoit ſans ceſſe entrer de nouveaux
, &la confufion y devint
fi grande , qu'on fut enfin
obligé de faire ceſſer les Violons .
Les deux Amans ſe leverent , &
aprésavoir cherché inutilement
la mere & la Soeur , ils deſcendirent
en bas , croyant les y rencontrer.
Ils n'y furent pas plûtoſt
qu'ils les apperceurent . Le
Cavailier prit la mere par la
main,& fit paſſer les deux Soeurs
devant.On ne ſongea qu'à ſe hâter
de ſortir , & ils montérent
tous quatre en Carroſſe , ſans ſe
dire rien. Le Cocher, qui en par
GALANT. 195
tant du Logis avoit en ordre de
les mener à un ſecond Bal, en pric
le chemin. A peine avoit- il fait
deux cens pas , que le Cavalier
oſta ſon maſque, pour demander
à la Mere ſi elle s'eſtoit un peu
divertie . Cette Mere prétendüe
fut fort ſurpriſe d'entendre une
voix qu'elle ne connoiſſoit point.
Elle cria au Cocher qu'il arreſtar,
&leCavalier & ſa Maiſtreffe ne
furent pas moins étonnez que
les deux autres , d'une mépriſe
qui les mettoit tous dans un pareil
embarras. Le hazard avoic
voulu qu'un Homme diſtingué
dans la Robe , s'eſtoit déguisé
avec ſa Femme , ſa Scoeur , & fa
Fille , de la meſme ſorte que le
Cavalier & les trois Femmes
dontil s'eſtoit fait le Conducteur,
c'eſt àdire, deux en Armeniens,
&deux en habits à la Françoiſe.
I 2
196 MERCURE
Ils s'étoient perdus parmy la foule
des Maſques , & dans la confuſion
la Femme & la Fille de
l'Homme de Robe , avoient pris
le Cavalier & la Belle pour les
deux Perſonnes qu'elles cherchoient.
Il fut queſtion de retourner
à ce premier Bal , pour tirer
de peine ceux qu'on y avoit laiſſez
; & l'on prenoit déja cette
route , lors que dix Hommes
maſquez approchérent du Carroſſe.
Ils forcérent le Cocher à
quiter le ſiége , & l'un d'eux s'y
eſtant mis , conduiſit le Cavalier&
les trois Dames affez loin
dans le Fauxbourg. Le Carroſſe
s'eſtant enfin arreſté , ceux qui
l'eſcortoient leur dirent qu'il y
alloit de leur vie s'ils faiſoient
du bruit , & qu'on n'en vouloit
qu'à leurs Habits. La reſiſtance
GALANT. 197
auroit eſté inutile. Ainſi le meil
leur Party qu'ils virent à prendre
, fut de deſcendre fort paiſi .
blement , & d'entrer dans une
Maiſon de peu d'apparence , qui
leur fut ouverte. Là ces Maf
ques un peu trop officieux prirent
la peine de les décharger de
tout l'équipage qui avoit ſervy à
les déguiſer , & les revétirent à
peu de frais , & feulement pour
les garantir du froid. Outre les
habits , la Belle laiſſa ſon Diamant
, le Cavalier ſa bourſe , &
une fort belle Montre , & les
deux Dames , ce qu'elles avoient
qui valoit la peine d'eſtre gardé.
Aprés les avoir ainſi dépoüillez,
ces Voleurs leur demandérent
où ils vouloient qu'on les remenaſt
. Le Cavalier & la Dame ſe
nommérent , & on les remit chez
cux. L'Homme de Robe ayant
13
198 MERCURE
retrouvé ſa Femme , ſe perſuada
que le Cavalier n'avoit imité ſon
déguiſement que pour faire réüf
fir le vol qui venoit d'eſtre commis
, & ne doutant point qu'il
n'euſt eſté d'intelligence avec les
Voleurs , il commença contre luy
des procédures qui apparemment
aurontde la ſuite. De l'autre
coſté le Cavalier touché de
fa perte , ſe mit dans l'eſprit que
Ia Mere de la Belle n'avoit temoigné
vouloir rompre la partic
quand on luy avoit proposé de
Jaiſſer ſa bourſe , que pour l'obliger
àla porter , & s'imaginant
qu'elle s'eſtoit cachée à deſſein
parmy les Maſques pour l'engager
à fortir ſans elle,il la crut cõ
plice de fon avanture. Ainſi ſon
chagrin ayant étouffé l'amour
il fait contr'elle les mêmes pourſuites
que fait contre luy l'Hom-
و
1
GALNAT. 199
me de Robe. L'acharnement eſt
grand à plaider de part & d'autre.
Voila, Madame, ce que porte
mon Memoire. On m'aſſeure
qu'il eſt vray dans toutes ſes
circonstances .
Le Roy remplit avec tant d'application
& d'exactitude tous les
devoirs d'un grand Monarque,
s'eſt ataché pendant toute la derniere
ſemaine de Careſme avec
autant de zéle que de pieté à tous
ceux d'un veritable Chrétien .
Non ſeulement il s'eſt trouvé à
tous les Offices que preſcrit l'Egliſe
dans un temps ſi ſaint, mais
il a fait encore toutes les choſes
qui les rendent beaucoup plus
longs & plus fatigans pour luy
que pour les Particuliers, comme
font celles de faire la Cene, & de
toucher les Malades. Il y a toujours
Sermon le jour que ce Prin
14
200 MERCURE
ce fait la Cene , & c'eſt la coûti
me de choifir un autre Prédicateur
que celuy qui preſche le
Careſme. Le choix eſt tombé
cette année ſur Monfieur Tiberge
, un des Directeurs des Mifſions
Etrangeres. Son Employe
vous doit faire juger de ſa pieté,
& de ſon zéle pour le ſalut des
Ames. Il a de grands talens paur
la Chaire ; & quoy que perſonne
ne l'ait jamais entendu ſans le
mettre au rang des plus grands
Prédicateurs, il feroit encore plus
connu qu'il n'eſt , ſi la profonde
homilité qu'il pratique , ne luy
faiſoit fuir l'éclat. Ceux qui le
connoiffent tomberont d'accord,
que rendre de luy ce témoignage
, c'eſt ſimplement rendre la
juſtice qui eſt devë à ſa vertu.
L'Abſoute ſuivit cette Prédication.
Elle fut faite par Monfieur
le Cardinal de Bouillon ; aprés
GALANT. 210
quoy Sa Majesté lava les pieds
à douze Pauvres , & les ſervit à
Table. Le premier Plat fut porté
parMonſeigneur le Dauphin. Il
eſtoit ſuivy de Mr le Duc de
Bourbõ,de Mr le DucduMayne,
&de Me le Comte de Thoulou .
ze. Ces trois jeunes Princes ſe
firent admirer d'une grande foulede
Perſonnes qui estoient venuës
de toutes parts,pour être témoinsde
cette Ceremonie. Neuf
Seigneurs des plus diſtinguez de .
la Cour , marchoient aprés eux.
Mrle Duc, comme Grand- Maiſtre
de la Maiſon du Roy , précedoit
Monſeigneur le Dauphin , &
droit ſuivy des maiſtres d'Hoſtel
de Sa Majesté , Le meſme jour
le Roy, Monſeigneur le Dauphin,
&Madame la Dauphine enten--
. dirent la Grand Meſſe chanrée
par la Muſique de Sa Majeſte
, & aſſiſtérent à la Procef-
.
202 MERCURE
fion du Saint Sacrement. Lelendemain
, le Roy accompagné de
toute la Maiſon Royale, entendie
le Sermon de la Paffion , prefché
par le Pere Gaillard , Iéſuîte,& le
jour ſuivant , Sa Majesté , apres
avoir fait ſes Devotions , toucha
un grand nombre de Malades.
Elleſupporta cette fatigue , avec
l'air content que l'on voit toujours
à ce monarque , lors qu'il
s'attache à faire du bien. Le jour
de Paſques ce Prince édifia encore
toute la Cour par ſa pieté..
Il a fait de grandes charitez en
divers endroits , & a donné dix
mille écus à l'Hopital General.
La meſme ſemaine , Monfieur
&Madame ont aſſiſté à S. Cloud
&àParis , à tous les Offices & à
toutes les Ceremonies de l'Egliſe.
Ils ont eſté à la Paroiſſe & aux
Urſulines de S. Cloud; & icy à
S.Roch , aux Feüillans , au Vali
GALAN T.
203
de Grace ,& à S. Eustache . Leur
exemple à inſpiré du zéle & de la
devotion a tous ceux qui les ont
veus en ces lieux- là. Elle a eſté
fort grande à Paris pendant tout
le Careſmc. Pluſieurs Prédicateurs
s'y ſont diſtinguez , & ont
attiré beaucoup de monde. Ce
font le Pere Bourdalouë , le Pere
de la Ruë & le Pere d'Orleans ,,
Jéſuïtes ; le Pere Sonin , le Pere
Hubert , &le Pere de la Tour
Preſtres de l'Oratoire , Monfieur
l'Abbé Boiſleau , & Dom Jerôme
Feüillant.
Le Roy ne voulant s'occuper
le jour de Paſques qu'à des cho
ſes qui regardent la Religion,
donna pluſieurs Abbayes. Monſieur
l'Abbé de la Chaſtre, Neveu
de madamela Mareſchale de
Humieres , fut nommé à cellede
Saint Sever , vacante parla mort
de Monfieur l'Eveſque d'Aire..
16
204
MERCVRE
Cette Abbaye eſt dans le meſme
Eveſché. L'Abbaye de Saint
Victor de Caux Diocéſe de
Roüen , fut donnée à Monfieur
l'Abbé de Beauvau , Filsde Monſieur
le marquis du Rivau. Elle
eſtoit vacante par la démiſſion
volontaire de Monfieur le Comte
de Clerc , & Monfieur l'Abbé
de la Motte , Chanoine , & Archidiacre
de l'Egliſe de Paris , &
frere de Monfieur de la Motte
Intendant des Bâtimens de fa
Majesté, eut l'Abbaye de maſſay
Dioceſe de Bourges , vacante
par la mort de Monfieur l'Abbé
Bourdelot. Ce premier s'eſtoic
démis de l'Abbaye de Vertus
Diocesede Chalons en Champagne,
que Sa Majesté a donnée à
Monfieur l'Abbé de Lufancy,
Docteur de la Maiſon de Sorbonne,&
Frere de Monfieur de
GALANT.
205
Luſancy , qui a eſté Capitaine
aux Gardes. Quelques jours auparavant
Madame de Vauderar
avoit eſté pourveuë de l'Abbaye
de Saint Leger de Preaux, Ordre
de Saint Benoiſt , Diocéſe de
Liſieux, vacante par la démiſſion
de madame Olivier de Neuville.
La premiere Enigme du derniers
mois , dont le mot eſtoit
l'Orange , a eſté expliquée dans
fon vray ſens par Meſſieurs Terrier
de Chapouval ; Picard de
Nobland , du Collège de Prefle;
l'Olivier de Peronne , & L. Boucher
, ancien Curé de Nogentle
Roy , ce derniers enVers.
Ceux qui ont expliqué la ſeconde
fur la Perruque, qui en étoit
le vray ſens , font Meſſieurs Legerde
la Verbiffonne ; Comiers ;
Cherpy , Prieur de la Rigaudiesede
Nantes; Etienne, Préſident
206 MERCURE
à Senlis ; La Giraudiere , de la
Ruë Maubué,ce dernier en Vers;
Tamiriſte de la Ruëde la Cerifaye;
Liſis de la Ruë Saint Martin;
I.R.le Complaiſant de la Courdu
Palais ; Mademoiſelle Nanon
Chefferet de la vieille Ruë du
Temple, en Vers ; la Petite Tonton
lamar de Sens ; la Blonde
Loüiſon ; la mignature du Cloiftre
Sainte Genevieve ; la Petite
Marote du Tertre de la Ruë
du Four ; la leune marchande
des Sicences du Quay des Auguſtins
la Charmante Piçarde du
meſme Quay , & l'Eveillée Pariſienne
du meſime lieu.
Voicy les noms de ceux qui
ont trouvé le vray Sens de l'une
&de l'autre . Mademoiselle de la
Bertoche de Doullans ; & меб-
fieurs de l'Hôpital , Lieutenant
au Grenier à Sel ,& de Fleſffel de
GALAN T. 207
Vermollet de Doullans En Vers.
Mademoiſelle de Launay ; Buret
de Vitré leune des Mortains
d'Auvergne l'Abbé de la Coudouliere
de Marseille, Meſſieurs
l'Epinay . Buret ; C. Hutuge
d'Orleans , & le Rival du Charbonnier
de Rheims .
1
Je vous envoye à mon ordinaire
deux Enigmes nouvelles . La
premiere eſt de Monfieur Cherpy
, Prieur de la Rigaudiere de
Nantes ; & la ſeconde , de Monfieur
Fauvel , Maiſtre de la Poſte
de Morlaix.
ENIGME .
Efuis l'apanage des Filles ,
Dans les mains d'un Garçon l'onne
me veut point voir.
Les Lys ne veulent point auſſi ma
necevoir,
208 MERCURE
Ailleurs pourtant je trouve azile.
Lecteur, veux tu de bonnefoy
Que je t'en diſe davantage ?
Defers fans travailler , je suis de
bon usage,
Maisj'ay mon Compagnon, qui travaille
ſous moy.
E
AUTRE ENIGME.
Nvain pourfuir la mort j'ay
Soin de me cacher ;
Dans des lieux tres.profonds où je
Suis retirée
Les Hommesviennent me chewcher,
Et s'ils m'en peuvent arracher,
Ils me tirent leſang,puis jeſuisdevorée..

Trop heureux au contraire est lefore
de ma Soeur,
1
GALANT.
209
Qui dans unhaut degré degloire&
de ſplendeur,
N'ades mortels aucune crainte;
Ayant cét infigne bonheur,
D'estre exemptede toute atteinte,
Ieſuisſujette aux rigueurde la mort
Elle par un plus noblefort,
Rodant autour d'une machine ronde.
Verra tous les fiécles du monde.
Mais une tierce Soeur, oùſi l'on veus
un Frere,
( Car nostre nom Latin
Eft dit du genre masculin )
Faitplus de maux, helas ! que Serpent&
Vipere.
La Comédie eſtant plus à la
mode qu'elle n'a jamais efté , &
faiſant depuis quelque temps
pluſieurs fois chaque ſemaine le
divertiſſement de la Cour , &
1
210 MERCURE
tous les jours celuy du Public depuis
la jonction des Troupes
Françoiſes , je croy que je dois
vous en parler comme d'un plaifir
recherché de tout le monde , &
que l'on voit genéralement
aimé. Je vous diray donc que ce
divertiſſement quia ceſſe ſelon la
coûtume pendant la quinzaine
de Paſques , va recommencer,
mais avec des changemens confiderables
du coſté des Acteurs .
Il n'y a pas lieu d'en eſtre forpris .
Les Comédiens qui occupoient
l'Hoſtel de Bourgogne , ceux
qui joüoient au Palais Royal , &
ſous le nom de la Troupe de Moliere,
& celle qui repreſentoit au
Marais , ne compoſant à preſent
qu'une ſeule Troupe qu'õ appelle
de Guenegaut, à cauſe qu'elle a
sõ Théatre au bout de la Ruë qui
porte ce nom : ces troisTroupes,
GALANT. 211
dis - je , formant un Corps tresnombreux
, & tous les Corps
eſtans ſujets àde fréquens changemens
, il eſt difficile qu'il n'en
arrive ſouvent à celuy dont je
vous parle . La mort a emporté
des Acteurs qui avoient fait brnit
dans le monde. Il y en a d'autres
qui ſont ſortit de la Troupe avec
les accommodemens qui leur ont
eſté propoſez , & Mr Hubert a
demandé à ſe retirer. Il eſtoit
l'Original de pluſieurs Roles
qu'il repreſentoit dans les Pieces
de Moliere , & comme il eſtoit
entré dans le ſens de ce fameux
Autheur par qui il avoit eſté inſtruit
,il y réüſſiſſoit parfaitement
Jamais Acteur n'a porte filoin
les Roles d'Homme en Femme .
Celuy qu'il repreſentoit dans
les Femmes Sçavantes, Madame
Jourdain dans le Bourgeois Gen
212 MERCURE
tilhomme , & Madame Jobin
dans la Devinereſſe , luy ont attiré
l'applaudiſſement de tout
Paris. Il s'eſt fait auſſi admirer
dans le Role du Vicomte de l'Inconnu
, ainſi que dans ceux de
Medecins & de Marquis Ridicules.
Il eſt fort avantageux d'avoir
excellé dans les choſes pour
leſquelles on s'eſt ſenty du Talent.
C'eſt ce que M. Poiffon a
fait avecune grande diſtinction.
Auffi cet Acteur ſurprit fort ſes
Camarades lors qu'il leur déclara
qu'il vouloit quitter la Comédie.
Ils le prierent avec de grandes
inſtances d'abandonner ce
deſſein , mais il les a preffez
fi fortement pendant pluſieurs
jours de luy permettre de ſe retirer,
qu'ils ont eſté enfin obligez
d'y confentir. Il y a vingt cing
ans que le Roy ayant pris plaiſit
GALANT.
213
à le voir joüer dans une Troupe
-de Campagne , le mit à l'Hoſtel
de Bourgogne. Son grand naturel
ne le fit pas ſeulement réuſſir
comme Acteur, mais même come
Autheur ; & le recit que le Baron
de la Craſſe fait de la Cour,
parutextrémement bientouché.
Il a fait pluſieurs Pieces deTheatre
, & l'on peut dire que c'eſt la
nature qui parle dans toutes .
Lors qu'il a quitté la Comedie,
ſes Camarades luy ont donné des
marques de leur eſtime & de leur
regret. Il y a eu encore d'autres
changemens dans cette Troupe,
mais comme ils ſonttrop éclatans
pour eſtre ignorez , je n'ayrien
àvous en dire. Ilyeſt entré des
Acteurs nouveaux & des Actrices
nouvelles , qui ont tous eſté
choiſis parmy ce qu'il y de meilleur
entre les Comédiens qui
314 MERCURE
joüent à la Campagne.
Les Italiens qui ont déja paru
ce Carême avec un Acteur nouveau
, vont encore fortifier leur
Troupe de deux autres quileur
viennent d'Italie . C'eſt un Amant
, un Polichinelle. S'ils plaiſent
autant que Paſquarel , leur
Sale ſe trouvera trop petite pour
les Aſſemblées qu'ils attireront.
J'ay cru pouvoir m'étendre autant
que j'ay fait ſur ce qui regarde
des Troupes dont les premieres
Perſonnes de la Terre
veulent bien prendre la peinede
ſemêler.
Le ſecond Air que je vous envoye
eſt du meſme Monfieur
d'Ambruis, dont je vousay parlé
amplement dans un des articles
dema Lettre.
۲۵
نا
e
He
י ゴ
é
S
!
P
GALANT. 215
AIR NOUVEAU .
ENwasplus redes couleurs
Nvain tu peins nos Champs
,
Printemps je ne voy point tes Ga-
Zons ny tes Fleurs,
Ie nesuispoint touché d'une Saiſon
fi belle ,
Iris me permet de la voir
Defa feule beauté mon coeur fent le
pouvoir . :
Et je n'ay desyeux que pour elle.
Les belles Perſonnes ont des
privileges naturels qui les font
venir à bout de tout ce qu'elles
ſouhaitent. Vous le connoiſtrez
par la réponſe qui a eſté faite à
ce Placet.
216 MERCURE
PLACET.
DE TROIS DEMOISELLES
A MONSIEUR M.......
Conſeiller au Parlement .
Q
Voy que luge& Partie,
Nous vousfupplions humblement
De vouloir faire unefortie
Devostre bas Appartement.
Letemps qui coule& qui va viſte,
Fait chercher en cette Saiſon,
Quand on n'apas en propre wa
gifte,
As'aſſeurerd'une Maison.
LaPerſonne quinous engage
A
GALANT.
217
Arimer toutes troisfi bien.
Ytrouverafon avantage,
Etvoſtre Hoſteſſe aussi lesien.
Deplus encore tout lemonde
Admirera voſtre équité,
Et vostre generosité
Charmera la Brune & la Blonde..
Déve, du Tillet , &d'Orville,
Feroit voir en tous lieux voſtre peu
d'interest,
Et qu'iln'est point de Iuge en Ville
Qui rendist contre luy, comme vouS
un Arrest .
:
Vous serezl'entretien des Belles,
Et le plaifirfera bien doux,
Pour un Magistrat comme vous,
D'eſtre loüé dans les Ruelles.

Dans vôtre Chambre mèmement
Jeunes&vieuxvousferont féte,
Avril 1685 . K
218 MERCURE
D'avoirfoufcritsi galamment
Aux fins de nostre humble Requefte.
REPONSE DE MONSIEUR M...
au Placet des trois Demoiſelles .
Team
L ne falloit point m'engager,
Par d'autre interest que le
vôtre,
Le plaisirde vous obliger ,
L'emportechez moyfur tout autre.
:
Quant j'aurois fait un grand
ferment ,
Dene me laiſſerpoint corrompre,
Voftre PLACET eft ficharmant
Qu'il pourroit mele faire rompre.
Mais il faut pourtant avoüer,
1
GALANT. 219
Qu'en vous rendant un bon office,
C'est bien moins pour me voir
loüer ,
Quepar un acte de Iustice.
Ie n'ay pas la demangeaison ,
De predre vous rendre les Armes,
Vous avez pour vous la raiſon
Outre la force de vos charmes .
Ce n'est pas me faire un grand
tort,
Que d'estre fi prompt à me rendre
;
Quand on a pris le coeur d'abord,
Tout le refte est facile à prendre.

Diſpoſez-vous donc viſtement,
A joüir de voſtre conqueſte ;
Iamais avec plus d'agrément
Ie n'enterinay de Requeste ,
SaMajesté a nommé àl'Inten-
K 2
220 MERCVRE
dance de Soiſſons MonfieurBoffuet
Maistre des Requeſtes. Il
eſt frere de Monfieur l'Eveſque
de Meaux , & a deux Fils , dont
l'Ainé , aprés trois ans d'étude
de Droit , a eſté receu Avocat au
Parlement de Paris, où il a plaidé
avec beaucoup de ſuccés. Il a eu
depuis peu une diſpenſe d'âge,
pour eſtre receu Conſeiller au
Parlement de Metz .
Monfieur le Préſidentde Bailleul
a fait paroiſtre tant de zéle
pour le ſervice du Roy & pour
le biende l'Etat en pluſieurs occaſions
, que Sa Majeſté qui cherche
toûjours à récompenſer le
vray mérite , a bien voulu luy
accorder la ſurvivance de ſa
Charge de Préſidentau Mortier
au Parlement de Paris , pour
Monfieur de Chaſteaugontier,
fon Fils, Conſeillerdans le même
GALANT. 221
Parlement , avec toutes les difpenſes
qui pouvoient augmenter
la grace que ce grand Monarque
luy a faite. Tout le monde en
témoigne icy beaucoup de joye,
par la haute eſtime qu'on a pour
ce Préſident , dont la Maiſon eſt
une des plus Nobles de Normandie
, où ſes Anceſtres acquirent
beaucoup de gloire , aux Voyages
de la Terre Sainte , & à la
Conqueſte d'Angleterre. Meffire
Nicolas de Bailleul , ſon Pere , a
eſté le premier de cette maiſon ,
qui ſe ſoit mis dans la Robe. Il fue
Conſeiller au Parlement , & enſuite
maiſtre des Requeſtes . Les
marques d'habileté qu'il donna
dans cette Charge , obligerent le
feu Roy à luy confier diverſes
Commiſſions des plus importantes
, dont il s'acquita avec grand
fuccés. Sa majeſté l'envoya Am-
K 3
222 MERCURE
baſſadeur en Savoye ; & à fon
retour , Elle le nomma Préſident
au Grand Confeil. Quoy que
cette Charge fuſt conſidérable,
il s'en démit pour accepter celle
de Lieutenant Civil de Paris. Il
fut éleu Prevoſt des Marchands
quelque temps apres,& continué
pendant fix années . En 1627 .
on le receut Préſident au Mortier.
Il fut fait Chancelier de la
feuë Reyne Mere Anne d'Auſtriche
, & enfin Miniſtre d'Etat
& Sur- Intendant des Finances .
Il mourut en 1652. apres avoir
rendu de nouveau de grands fervicespendant
les Guerres Civiles
, & fur tout dans les temps
auſquels il ſe trouva à la teſte du
Parlement. Il laiſſa d'Elifabeth
Mallier ſa ſeconde Femme,Dame
d'une vertu genéralement admirée
, Fille de Monfieur du HoufGALANT.
223
ſay , Conſeiller d'Etat & Intendant
des Finances , & Soeur de
feu Monfieur l'Eveſque de Tarbes
, cy devant Ambaſſadeur à
Veniſe & vers les Princes d'Italie
, Meſſire Louys de Bailleul ,
aujoud'huy Préſident au Mortier
, dont je vous parle ; Madame
la Marquiſe du Tillet , veuve
de Monfieurdu Tillet Préſident,
à la Chambre des Comptes de
Paris Madame la marquife
d'Vxelles , veuve de Monfieur le
Marquis d'Vxelles , Lieutenant
Genéral des Armées de Sa Majeſté
, Lieutenant de Roy en Bourgogne
, & Gouverneur de la
Ville & Citadelle de Chalons , &
Madame la marquiſe de S. Germain
veuve de Monfieur le
,
Marquis de Saint Germain , Gouverneur
de la Haute & Baffe
Marche. Vous voyez par là com-
K 4
224
MERCURE
bien d'illustres Alliances , fans
celles que j'obmets comme plus
éloignéee , accompagnent la
Nobleſſe & le merite de моп-
fieur de Chaſteau - Gontier ,
dont la Femme , Fille de Monfieur
de la Cour des Bois , Maiſtre
des Requeſtes , joint àdes qualitez
extraordinaires , l'avantage
d'eſtre un des plus grands Partys
deParis.
Madame la Premiere Prefidente
de Novion mourut icy
le 23. de ce mois , âgée de 62 .
ans. Elle estoit Soeur de feu
Monfieur le Préſident Gallard.
Lo 26.elle fut portée en l'Egliſe
de S. Medéric ſa Paroiſſe , ſur les
dix heures du matin , tout le
Clergé , fes Domeſtiques & un
grand nombre de Pauvres avec
des Flambeaux à ſes Armes , precédant
le Corps. On y celébra
GALANT.
225
un Service folemnel , apres lequel
elle demeura en dépoſt
dans la meſme Egliſe juſques au
foir , que le Corps fut tranſporté
au monaſtere des Religieuſes
de S. Thomas pour y eſtre
✓ inhumé , & le lendemain 27. on
fitdans ce meſme Monastere un
autre Service , où toute la Famille
ſe trouva .
د
Je ne vous aurois parlé du
Doge de Genes qu'aprés qu'il ſe
fera acquitté des Soumiſſions
qu'il vient faire au Roy , ſi vous
ne m'aviez marqué de l'empreffement
d'avoir des nouvelles de
fon arrivée. Il partit de Genes
le 29. du dernier mois , & non
ſeulement Monfieur le Duc de
Savoye luy accorda le paſſage
fur ſes Terres comme aux quatre
Senateurs , & à tous ceux de leur
Suite , mais il dépeſcha un Offi
Κ
226 MERCURE
cier de ſa Maiſon , pour les faire
défrayer lors qu'ils paſferoient
dans ſes Etats. Le bon traitement.
qu'ils en ont receu , a obligé cette
Republique de faire partir le
Marquis Doria en qualité d'Envoyé
Extraordinaire pour en
aller faire ſes Remercimens à ce
Prince. Le Doge , après avoir
paffé le Mont Cenis le 4. de ce.
mois , arriva le 10. à Lyon . On
croyoit qu'il s'y arreſteroit quelque
temps , mais il en partit incognita
par la Diligence , & fe
rendit à Paris le 18. Il ne fe
fait point encore connoiſtre , à
cauſe que ſon équipage n'eſt
pas preſt . Cependant il ne laiſſe
pas de voir tout ce qu'ily a icy
de curieux , & il le remarque
plus commodement qu'il ne fenoit,
s'ileſtoitenvironé,de la foule
GALAN T.
227
د
qui ne l'abondonnera pas , lors
qu'il paroiſtra avec tout l'éclat
qui le doit accompagner. Il
témoigne grande impatience
de ſe voir aux pieds du Roy,
& fait travailler à, tout ce qui
luy eſt neceſſaire pour cela
avec un empreſſement inconcevable.
le vous ay déja parlé
de Genes & de ſon Gouvernement.
C'eſt une Ville tres- ancienne
, dont les Hiſtoires font
mention depuis plus de dixhuit
cens ans. Elle a eſté gouvernée
par des Confuls depuis
l'an 1100. juſqu'en 1257. que
le Peuple éleut Guillaume
Boccanegra pour Préſident
& pour Capitaine. Les No
bles ayant repris le Gouver
nement en 1262. la meſme:
faction du Peuple éleut Simon
K4
228 MERCURE
Boccanegra en 1339. & luy
donna le titre de Duc. Aprés
que lean de Murta , & Jean de
Valenti eurent ſucceſſivement
occupé ſa place , les Genois
ſe ſoumirent à Jean Viſconti
Archeveſque de Milan , qui
fit Guillaume Marquis Pallavicini
, Gouverneur de Genes..
Ce Marquis fut chaffe trois
ans aprés , & on rétablit Simon
Boccanegra.. Gabriel Adorne
lay ſucceda en 1363. Dominique
Fregoſe occupa ſa place
en 1370. Il eut divers fuccef
feurs juſqu'en 1384. que les
Genois ſe donnerent à la Franee.
Le Roy Charles VI. envoyoit
des Gouverneurs àGennes..
Le derniers fut lean le
maingre , dit Boucicaut. Les
Genois ayant maſſacré les Fran
GALANT .
229
çois en 1509. ſe ſoumirent au
Marquis de Montferrat juſqu'en
1413. qu'ils fe choiſirent des
Ducs. Thomas Fregoſe qui avoit
cette Charge , ſe ſoumit à Philippes
Marie Viſconti Duc de
Milan en 1411. Les Genois
ayant pris les armes en 14595.
ſe mirent en liberté , & eurent
des Ducs juſqu'en 1458. En ce
temps- là ils ſe donnerent de nauveau
aux François ſous Charles
V11. & les chafferent en 1461 .
Leur inconſtance fut telle , qu'ils
fe choiſirent ſept Ducs en trois
ans , aprés quoy la Ville ſe
donna à François Sforce Duc
de Milan.
:
Les milanois en ayant eſté
chaffez en 1478. Baptifte &
Paul Fregofe furent nommez
Ducs ſucceſſivement. Paul Fre
230 MERCURE
د fut
gofe ceda encore au Duc de
Milan en 188. & onze ans
aprés le Roy LouisXII. conquit
Genes. Elle ſe révolta en 1506 .
& on la reprit l'année ſuivante.
François de Rochechoüat , qui
en estoit Gouverneur
chaffé en 1512 & on nomma
lean Fregoſe Duc. Les François
le dépoſſederent en 1513. &
donnerent le Gouvernement à
Antoniot qui fut chaſſé un
mois aprés par le Peuple. Octavien
Fregoſe que l'on fit Duc,
foumit la Ville aux François qui
luy en laifferent le Gouvernement.
Il s'en acquitta avec
beaucoup de ſageſſe. Genes fur
pillée en 1522, par l'Armée de
l'Empereur Charles Quint. Le
Roy François I.. la reconquit
en 1127. & André Doria la
GALANT.
231
remit en liberté peu d'années
aprés. Depuis , ce temps-là elle
eſt devenue une Aristocratie,
dont le Chef eft nommé Doge
ou Duc. Il n'eſt en Charge que
deux ans de ſuite , & eſt aſſiſté
de huit Senateurs qui gouvernent
avec luy , & qu'on nomme
Gouverneurs. Il y a enſuite
les Procureurs , & les quatre
cens du Grand Conſeil . C'eſt
ce qu'on appelle la Seigneurie.
Vous ſcavez,Madame,que lors
que le Roy alla à Strasbourg recevoir
les ſoûmiſſions de ſes Habitans,
qui l'ont recõnu pour leur
Souverain, il donnaſes premiers
ſoins a y rétablir avec éclat lay
Religion Catholique.Les avantages
qu'elle en a tirez ſontde plus
en plus conſidérables. Il y avoir
232 MERCURE
prés de cent quarante ans qu'il
n'y avoit point eu de Synode
dans cette Capitale de l'Alface
, quui s'eſtoit laiſſée infecter
des erreurs de Luther en 1529 .
& le 4. de ce mois Monfieur
l'Abbé de Ratabon , Grand Vicaire
du Dioceſe , y en tintun
de tous les Curez , auſquels il
fit un Difcours Latin plein de
force& d'éloquence , ſur ce qui
regarde les devoirs de l'Etat Eccleſiaſtique.
Le lendemain les
Jéſuites Directeurs du Seminaire
commencerent une Miſſion ,
& il en fit l'ouverture par une
Proceſſion ſolemnelle. Il s'y trouva
trois cens Eccleſiaſtiques en
Surplis , du nombre deſquels
eſtoient quatre grands Comtes
de l'Egliſe Cathédrale. Le Saint
Sacrement fut porté ſous unmay
GALANT. 233
gnifique Dais qu'a donné le
Roy. Quatre LieutenansGenéraux
le ſoûtenoient , & aprés
eux marchoient Monfieur le
Marquis de Souvré , Fils de
Monfieur de Louvois , le Gouverneur
, le Lieutenant de Roy,
l'Intendant & les Principaux Officiers
de la Garniſon qui estoit
ſous les Armes. Pendant la Proceffion
on fit diverſes déchar
ges du Canon & de la Moufqueterie.
Quelques jours aprés
Meffieurs Piſtorius & Stachs
ſcavans Miniſtres Lutheriens, firent
Abjuration de leurs erreurs
, & ce fut le meſme Abbé
de Ratabon qui la receut.
Elle ſe fit dans l'Egliſe Cathédrale
de Noſtre - Dame , en prefence
des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville , & d'une
234 MERCURE
foule extraordinaire de Peuple.
Le Pere Dez léſuite , Recteur
du Séminaire , fit la Controverſe
aprés laquelle ces deux
Miniftres déclarerent les Motifs
qui les avoient portez à ce
changement , & ils le firent en
des termes ſi touchans , qu'on
ne doute point que cette Converſion
n'ait de tres-heureuſes
ſuites . L'Egliſe Cathédrale de
Strasbourg dont je viens de
vous parler , eſt digne d'eſtre
admirée , non ſeulement par la
grandeur & la magnificencede
fon Bâtiment , & par ſes Portes
d'Airain , mais encore par le
travail & la hauteur de ſa Tour
qui eft pyramidale. Elle a cinq
cens ſoixante & quatorze pieds
de haut , & eſt d'un ouvrage
tout à jour ; il n'y en a aucun
GALANT.
235
dans la Chrétienté qu'on eſtime
tant.
On a commencé à débiter
chez le Sieur Thomas Guillain
fur le Quay des Auguftins, une
nouvelle traduction de Lucrece
qu'on eſtime fort. Elle eſt
de Monfieur le Baron de Coûtures
, & par la maniere dont
il eſt entré dans le vray ſensde
l'Autheur , on connoît qu'il s'eſt
applique à ce travail avec tout
le ſoin que demandoit une pareille
entrepriſe. Il nous l'a
donne accompagné d'une fort
belle Préface , dans laquelle il
nous a fait voir quela eſteleſprit
de Lucrece , lors que dans
l'Ouvrage qu'il nous a laiſſé
il a joint à la démonſtration
des choſes naturelles ce que
la Morale a de plus beaux traits.
,
236 MERCVRE
Cette nouvelle traduction eſt
diviſée en deux Tomes , avec
des Remarques ſur les endroits
les plus difficiles. Je ſuis , Madame
voſtre , & c .
Paris ce 30. Avril 1685 .
Comme je ſcay , que vous
vous intereſſes dans tous ce
qui ſe paſſe dans la Ville de
Lyon , vous ne ſerez pas fachée
d'apprendre que le onziéme
d'avril , le ſieurGay fût
pourveu par le Roy, de la charge
de Conſeiller Capitaine , &
Maiſtre des Ports , Ponts & pafſages
de Lyonnois , Foreſt , &
Beaujolois , il fuſt receu au Parlement
de Paris , & preſta le
Serment accouſtumé , il a fa
ſceance l'eſpée au coſté dans
les Bailliages Prefidiaux : c'eſt
GALANT.
237
م
une des plus anciennes charges
de ce Nom , il a pluſieurs Officiers
ſous luy à qui il fait preſter
le Serment , il a de beau
droit entre autres il eſt un
des Juges de la Doanne de
Lyon , & pour ce qui le concerne
l'on peut dire que c'eſt un
fort honneſte homme.
FIN.
1
Avis pour placer les Figures.
L'Air qui commence par L'Hyver
ne cache plus les Fleurs ny.
lesGazons , doit regarder la page
99 .
Les Deviſes doivent regarder
la page 135 .
L'Air qui commence par En
vain tu pein nos Champs des plus
vives couleurs , doit regarder la
page 215 .


i
છછછછછછછછછ
LIVRES NOUVEAUX
qui se trouveront à Lyon chez le Sieur
AMAULRY ; depuis l'année 1678.
jusqu'àpresent.
P
RATIQUE de Picté , ou les conduites
pour tous les jours de
l'année , ſuivant les Maximes de
'Evangile par le R. Pere leMaître
de la Compagnie de Insus,
12. 2. vol . 30 ſols .
L'Art poëtique du Pere Lamy, 12.30.fols.
Nouveaux Plaidoyez de M. Patru, in 4.40.
fols.
Les Nobles de Province , Comedie de
Monfieur de Haute Roche , 10. fols .
Le Comte d'Ulfeld , 12 , 10. fols .
Memoire du Marquis d'Almachu, 12.2.vol.
20. fols.
Les Livres de S. Auguſtin de la maniere
d'enſeigner les principes de la Religion , 12,
2. livres.
Remarque ſur un Ecrit dicté à Doüay , 12.
30. fols.
La Princeſſe de Cleves, 12.4. vol. 5.1.
-Idem la Critique , 12 30. ſols.
-Idem la Contre- Critique 20. fols.
Nouvelles Amoureuſes & Galantes, indouze,
39. fols.
A
Catalogue.
Heures en Vers de l'incomparable Sicur de
Corneille l'ainé , 12. fig . 3. livr.
Architecture Navale, in 4. 6. livr.
De Lazarille de Tornes , Traduction nouvelle,
12. 2. vol . 40. ſols.
Ieu Royal de la Langue Latine avec les
Cartes , 8. 40. ſols .
Nouveau jeu de Carte du Blazon , 30.
fols.
Hiſtoire de la Chancellerie par Monfieur
Teſſereau , fol. 15. livr.
Capitularia Regum Francorum Auctoris
Steph. Baluz,fol . 2. vol. 30. livr.
Phedre & Hippolite, Tragedie, 12.15.1.
Origine des François , 12.2 . vol . 3. liv .
Hiſtoire du Schifme d'Angleterre , in 12 .
Conſeil de la Sageſſe , 12. 2. vol . 3. liv.
Converſion des Pecheurs, 12.2.1.
Methode de la Penitence, 12.2.livr.
Maldonat, de Sacramentis, fol . 9. livres.
L'Art de Parler , 12. 30. ſols.
L'Avocat des Pauvres de M. Thiers , indouze
, 2. livr.
Recherches de la Verité,12.3 . vol.6. livr.
Idem inquarto , 8. livr.
Nouveau Recueil de Comedies, 12.20.fols.
Theodori de Pænit. 4. 2. vol. 10. livres,
Medecine à la Cenſure, 12.30.fols.
Recueil de l'Academic, 12. 7. vol. 10. livr.
10. fols.
Correction fraternelle , indouze, 2. liv .
Idée de la Morale Chrétienne , 12. 2. vol.
3 livres.
Prince de Perſe , Nouvelle Hiſtorique , 12 .
10. fols.
La Rivale, Nouvelle Hiſtorique, 12, 10.1.
Catalogue.
Oeuvres de M. d'Andilly, fol.3.vol 45. livr..
La Vie de Sainte Gertrude, 8. 4. liv.
Vnion des Eccleſiaſtiques avec les Religieux,
8. 20. fols .
Expoſition du S. Sacrement par M.Thiers,
12. 2. vol. 4. livr.
Methode de la Geographie par le Sicur
Robbé, 12. 2. vol. 4. livr.
Defence de l'ancienne Tradition des Egliſes
de France, indouze , 40. fols .
Aſtrée , 12. Nouvelle Traduction.
Methodus Historiarum Anatomico Medicarum,
12. 30. fols ,
Heroïne Moufquetaire,
douze, 4.vol . 40. fols .
in-
Iolande de Cicile,indouze,
2. vol. 20. fols.
Voyage de Fontainebleau,
10. fols.
Ambitieuſe Grenadine, indouze
, 10. fols.
Comte d Effex , 12.2.vol.
J
Do M. de
Prefchac,
20. fols .
Les Preceptes Galands de M. Ferrier , indouze
, 20 , fols .
Nouvelles & faciles inſtructions pour réünir
les Eglifes Pretenduës Reformées,12.30.1.
Reflexion Chreſtienne ſur les Principes de
la Morale , 12.30. ſols .
Confolateur Chrêtien , ou Recuëil de Lettre,
indouze, 30. fols .
Vie de S. Ambroiſe par M. Herman , in
quarto , 8. livr.
Nouvelles de Miguel de Cervantes , indouze,
2.vol . 3.live.
A 2
Catalogue
Hift. des Amazones ,12. 2. vol. 20. fols,
Les Promenadesde Livri , 12. 2. vol . 20. f.
Meroüé fils de France. 12. 10. fols.
Alfrede Reyne d Angleterre , 12. 10.fols.
De l'Origine des Romans de Monfieur
Huer , indouze , 30. fols.
D. luan d'Autriche, indouze, 30.fols.
Memoires d'Hollande , indouze , 30. fols.
Conduite du Sage , indouze , 30. fols .
Remarque ſur la Theologie Morale deM.
Geneſt, approuvé par M. de Grenoble , 12 .
2. vol . 40. fols.
La veritable forme du Sacrement de l'Euchariftie
, de M. Arnaut , 8.30. ſols.
L'Academie des Sciences & des Arts pour
saiſonner de toutes choſes, 12.3. V. 4 1. 10.1.
Critique du Voyage de Grece de M. Spon
Medecin& Antiquaire , indouze , avec une
Carte en taille douce , 30. ſols.
LePilote de Londe- Vive , ou les Secrets,
du Flux& Reflux de la Mer , contenant XXI .
Mouvemens & du Point fixe d'un Voyage
abregé des Indes , & de la Quadrature du
Cercle,compoſez ſur les Principes de la Nature
, nouvellement découvertes , & mis en
lumiere par Mathurin Eyquem , Sieur du
Martineau ; Outre que ce Livre montre par
des Syſtemes nouveaux , faciles & dont on
n'a jamais parlé , ces points qu'il eſt ſcavant.
curieux , & plaifant à lire. Les Doctes en
choſes naturelles croyent qu'il montre la
Medecine Univerſelle ſous des figures &
des principes familiers , ce qui luy donne de
la reputation, ce Livre eſt indouze , imprimé
àParis,& ſe vend 30. fols , reliez .
Les Oeuvres de Monfieur de Balzac inCatalogue.
S
douze , douze vol. 15. livres.
Deſcription de tout le monde par d'Aviti,
fol. 6. vol . 60.livres .
Theologie affective deM. Bail infolio ,
12. livres.
Oeuvre ſpirituelle de Berulle fol.8.liv.
: Reponce à la perpetuité de la foy par le
Miniſtre Claude , indouze 3. vol.6.liv .
Memoires de la Reyne Marguerite , indouze,
20, fols.
Devoir militaire des Officiers d'Infanterie
par le S. de la Fontaine , indouze 40.
fols,
Idem de Cavalerie,indouze, 20.fols.
Idem d'Artilleric,indouze 20. fols.
LIVRES NOUVEAUX
de l'Année 1679.
Le
A Noble Venitienne , & le Nouveau leu
Baſſete,par M. de Preſchac 12, 10.6
Nouvelles Galantes du temps,contenant la
Jalouſe Flamande , & le Mary heureux
Amant , de Monfieur de Preſchac,12,10, ſols.
Les Exilez de Madame de Ville-Dieu , tout
rechangé & augmenté de deux Volumes in-
12.6.v. impreffion de Paris, ils ſe vendent 6.1.
Idem impreffion de Lyon , bien imprimé
, les6. vol . reliez en 3. 45. ſols.
Les 5.& 6. Tom, feparez ſe vend, zo. fols.
Hiſt, du Serrail,auſſi nouvelle Edition, augmentéd'un
tiers , 12. 6. vol. 6. 1.
Differtationes Philofophicæ in 12. 10. L.
Nouvelle Ameriquaine , Hiſtoire verita
3
6 Cacalogue
ble , indouze 2. vol. 20, fols.
Le nouveaujeu de l'Ombre , 12. 10 fols
La Princeſſe de Montpenfier, indouze , de
l'Autheur de la Princeſſe de Cleves avec
des vers à la fin fur la Paix , par M. de Corneille
l'Aifné, 12. fols.
,
1
Les Oeuvres Chreſtiennes & Spirituelles
de M. l'Abbé de S. Cyran, 12. 4. vol . 6.liv.
Le 4. Tome ſe ſepare, indouze , 30. fols .
Le Journal des Saints du R. P. Groſez de
laC. de Iefus , reveu , corrigé & augmenté.
nouvelle Edition,indouze , 3. vol. sc. fols.
Le vray Devot conſideré à l'égard duMariage
, & des peines qui s'y rencontrent , indouze
, 20. fols.
Le troifiéme Tome du Roman Comique
deMonfieur Scaron , par M. de Preſchac, 12 .
30. fols,
Traité des Superſtitions ſelon l'Ecriture.
fainte, Les Decrets des Conciles , & les ſentimens
des Saints Peres & des Theologiens ,
par M. Thiers indouze , 40 fols .
Hiſtoire de Theodoſe le Grand , 3. livres .
Voyage de laTerre Sainte,avec des remarques
pour l'intelligence de la ſainte Ecriture
, indouze , 3. livr.
Nouveaux Elemens des Sections Coniques,
lieuxGeometriques , &c. par l'Academie
Royale des Sciences , indouze , so , fols..
Le Courrier d'Amour , indouze , 10. f.
L'Education des Filles , 12. 40. fols .
Cafimir Roy de Pologne , Hiſtoire veritable&
nouvelle, indouze , 2. vol. 25. f.
Le Triomphe de l'Amitié , par. Monfieur
de Prechac , 12.10.fols...
Woyage deMonfieur. Pirard de Laval aux
Catalogue. 7
Indes Orientales , Maldives , Moluques , &,
au Brefil , & les divers accidens qui luy font
arrivez , inquarto , 6. livres.
Hift . Sainte de Gautruche , 12. 4. vol. 6.1.
Caffiodori Opera , fol . 2. vol. 15. 1 .
Réponſe à la Critique publiée parMonfieur
Guillet, fur le voyage de Grece de lacob
Spon , avec quatre Lettres ſur le même ſujer.
Le Journal d'Angleterre du Sieur Vernon , &
la Liſte des Erreurs commiſes par M. Guiller
dans fonAthenes Ancienne&NNoouvelle , indouz
, 2o. fols .
Regles de la Difcipline Eccleſiaſtique , recueillies
des Conciles des Synodes de France
, & des Saints Peres , indouze , 30. ſols.
Inſtructions Chreſtiennes ſur le Mariage
&fur l'éducation des Enfans , 12.30. fols .
La Vie de S.Ignace, par le P. Behour lefuit..
La Foy des derniers fiecles , du PereRapin,
indouze.
Methode pour converſer avec Dicu , de
l'Autheur du Conſeil de la Sageſſe.
La Hardie Meſſinoiſe,12. 12. fols.
Dom Sebastien Roy de Portugal , 12.15 . f.
Relation curieuſe de l'état preſent de la
Ruffie indouze , 40. fols,
Arithmetique de le Gendre,inquarto,nou
velle edition augmentée.3.1.10.fols.
Amours des grands homines , de Mademoiſelle
de Ville-Dieu , 12. 6. vol. reliez ena
trois , 45. fols.
L'Hiſtoire d'un Eſclave qui a eſté quatre
années prifonnier , 10. fols.
Originė du Blazon du Pere Meneftrier,indouze,
2. vol.4, livres..
8. Catalogue
Memoire de l'Empire Ottoman , indouze,
2. vol. 20. fols.
Lettres Portugaiſes,avec les Réponſes, indouze.
2. vol.20.fols.
Hiſtoire de la Reünion de Portugal , indouze
, 2. vol . 4. livres-
Les Nouvelles de la Reyne d'Angleterre,
indouze , 2. vol . 20, ſols
La Ville & Republique de Venise , in .
Ce n'eſt pas l'Hiſtoire de Veniſe de Nani,
c'eſt l'Hiſtoirede la Ville & Republique de
Veniſe, tres-bien écrite, 40, ſols.
La Devotion envers nôtre Seigneur Insus-
CHRIST , pour ſervi de lecture à l'Homme
d'Oraiſon pendant tout le cours de l'année
par le Reverend Pere Noüet, 4. 3. vol. 16.1.
Recueil de diverſes Retraites , premiere
fur la qualité d'Enfant de Dieu ; La feconde
, ſur l'Habitude de la preſence de Dieu,
Latroifiéme ; ſur le dépoüillement du vieil
Homme , indouze , 30. ſols.
36030303 to t
LIVRES NOVVE AVX
de l'année 1680.
A veritable Devotion envers la Sainte
établie LVierge & défenduë par lePere
Craffet leſuite ,inquarto , s. livres.
La Devinereſſe ou le faux Enchantemens,
par l'Autheur du Mercure Galant , indouze.
avec neuf figures, 30. fols.
Le Chrettien qui veut eſtre ſauvé, 24.20. f
L'illuftre Parifienne de Monfieur dePref
chac, indouze, 2. vol. a fols.
Catalogue.
Hiſtoire de la Conqueſte d'Eſpagne par les
Maures , indouze , 2. vol .
Des obligations des Eccleſiaſtiques, tirées
de l'Ecriture fainte &des Saints Peres de l'Egliſe
& de S. Chriſoſtome,12. 40. fols.
Le Journal Amoureux par Madame de Ville-
Dicu,indouze,6. vol. relié en trois , 45.f.
Federic Prince de Sicile , 12.3 . vol. 30. f.
Lettre d'un Eccleſiaſtique à un Miniſtre
de la Religion Pretenduë Reformée pour
fervir de Reponſe à diverſes Queſtions qui
luy ont eſté faites par ce Miniſtre dans lefquelles
il traite & prouve pluſieurs Points
importans de la Religion par la doctrine de
S. Cyprien , avec une Differtation du méme
Ecclefiaftique , & d'un des principaux du
Confiftoire de Charanton & une lifte trescuricuſe
des Evéques de Rhodes & de Vabres
, indouze 12. fols.
Adelaïde de Champagne, 12. 4. vol. 40. fa
Le Comte Genevois ,indouze 10 fols .
Cleon ou le parfait confident. 12.10. . :
: La Valiſe ouverte, in 11. Preſchac, 10.f.
Le voïage du Royaume de Congo , 12.
20.fols.
Reflexions ſur la Mifericorde de Dieu de
Madame la Valiere.
Les Madrigaux de M. la Sabliere,12. 12.f.
Les Peintures Sacrées de la Bible , indouzc.
3.vol . 4. livres . to. fols figures .
Le Gridelin , dedié à Madame la Dauphine,
de Preſchac , indouze , 10. fols.
Memoires touchant la Religion par Monſieur
du Pleſſis Praflin Eveſque de Tournay,
indouze,2. vol . 30. fols.
10 Catalogue.
ر
Le Voyage de la Reyne d'Eſpagne , indouze,
2. vol . Preſchac.20. fols ,
Converſations ſur divers ſujets par mademoiſelle
Scudery, indouze , 2.vol . so.f. de
Lyon, & 6. livres de Paris.
Projet de Conference ſur diverſes maticres
de Controverſe, 12. 30. ſols .
Les Nouvelles de Dona Maria de Zayas ,
traduit de l'Eſpagnol en François,12.5.1. 6.1 .
La Vie& Actions de Monfieur l'Eveſque de
Munſter, indouze , 20.fols .
Les Penſées pieuſes,troifiéme Edition, s . f.
LeQuinte-Curcede Vaugelas de Monfieur
d'Ablancourt , Nouvelle Edition , indouze ,
2.vol, groffe lettre, 4. livres.
Eclairciſſement Apologetique de la Morale
Chreftienne , touchant le choix des Opinions
avec des Reflexions ſur des Remarques
du Sieur I. Remonde , composé par l'ordre
deM.l'Eveſque deGrenoble, 12.3.1.
Le Nouveau Praticien François , inquarto
,4. livres .
Les Deviſes du R. P. Meneſtrier, in 8. 2. v.
s. livres.
Les Dominicales de Texier, in 8. 2.vol 6.1 .
Idem les Panegyriques,oct. 2.vol.6.1 .
Horlogiographie du Pere Feüillant de la
Magdelaine , nouvelle Edition , in octavo,
so fols.
Le Comte de Richemont , Hiſtoire Galan
te , indouze ; 11. ſols .
Les Memoires Galans ou les Amours d'une
perſonne de qualité , 1 :. 12. fols.
Deſcription de la France de du Val, 12.10.6.
Revolutions de l'Estat Populaire enMonarchie
, par le Different de Cefar &de Pom.
Catalogue. I
pée parMonfieur de Martignac , 12. 20. fols.
Antonij Dadini Altaſſerræ , Notx & Obfervationes
in Anaftafiumde vitis Romanorum
Pontificum , in 4. 50. ſols.
Le Voyage d'Italie , nouveau avec deux
Liſtes des Sçavans & Curieux de toute l'Italie
par Monfieur Spon , Docteur en Medecine
de Lyon , indouze vingt ſols .
Lettres Chreſtiennes & Spirituelles de M.
VaretGrand Vicaire de feu Monfieur de CondrenArchevéque
de Sens,in 12.3.vol.6.liv .
Traité de la Grandeur en general , qui
comprend l'Arithmetique , l'Algebre , l'Analyſe
, & les principes de toutes les Sciences ,
qui ont lagrandeur pour objet par le P.Lamy
de l'Oratoire , indouze , 40. fols .
Dictionarium novum Latinum & Gallicum,
par Monfieur l'Abbé d'Anet pour Monſeigneur
le Dauphin , augmenté d'un tiers à
cette nouvelle Edition , & mit le tout par
ordre Alphabetique , inquarto , 6. liv .
Origine des Noms par Monsieur la Rocque
, indouze , 30 fols
Hiſtoire de Veniſe de Nani , traduit par
Monfieur l'Abbé Tallement, indouze 4.vol.9.
livres.
Semaine Sainte de la bonne Traduction
de toutes grandeurs.
Inſtructions Spirituelles pour la guerifon
&laconſolation des malades par le Pere
Craffet , indouze , 2. vol. 3. liv.
:
Voyages divers avec pluſieurs figures en
tailles douces, inquarto , 7.liv.
Année benedictine , ou la vie des Saints de
l'Ordre de S. Benoît par une Religicuſe, in 4.
7.vol. 40. liv.
12 Catalogue.
Vie de S. Gertrude, in 8. 4. liv.
Eloges des perſonnes Illuſtres de S. Benoît
in 4. 2. vol. fuitte de l'année benedictine ,
12. livres.
Exortations Monastiques . 4. 6. liv .
Regles de S. Benoiſt, 16. 30. fols .
: Eſſay de l'Hiſtoire Monaſtique d'Orient
par un Religieux de S.Maur. 4. 4.livres.
LIVRES NOUVEAVX
del'Année 1681 .
L
EsSatyres de Juvenal , in 11.2.vol. Traduction
nouvelle , par M. l'Abbé de la
Valtri , Paris, s . livres, & de Lyon, so . fols.
Le Grand Soliman , Tragedie, 12. 15.fols.
L'Eglife Romaine reconnuë toûjours des
Lutheriens , pour vraye Egliſe de Jesus, inoctavo
, 40. fols .
La Comere , Comedie , 15. ſols.
Inſtructions Chreftienne fur les myſteres de
Noftre SeigneurJeſus-Chriſt Nouvelle Edition
, augmentée & corrigée en beaucoup
droits in8. 5.vol. Paris 18 liv.de Lyon 9.
Moyens de fe guerir de l'Amour , Converſation
galante , indouze , 15. fols .
Traitédu droit de Chaffe, 12. 20.fols.
Zaïde , Tragedic par Monfieur l'Abbé la
Chapelle , 12. 15. fols.
1 De marca Opufcula , in octavo 3. liv.
Cofmographie aiſée contenant la Sphere
l'uſage duGlobe Terreftre, & la Geographie
en faveur de la Nobleſſe, 12. 30. fols.
La Vie du Pere Charles Spinola , de la
Compagnie
Catalogue. 13
par M.
Compagnie de Jeſus ,indouze , 25. fols.
La Science &Pratique du Chrettien par
Monfieur Boudon , indouze 10. ſols.
La Philoſophie des Gens de Cour, 12 .
Diſcours ſur l'Hiſtoire Univerſelle,
Boſſuet,Eveſque de Condom,in 12.
Les Carroſſes d'Orleans , Comedie , par
Monfieur l'Abbé la Chappelle , 12. 15. ſols .
Philoſophia Vetus & Nova ad uſum Scholæ
accommodata, par Monfieur l'Abbé Colbert ,
augmenté d'un tiers en cette nouvelle Edition
, 12. 6. vol . 9 liv . & in 4. 10. liv .
Les Lettres de Monfieur de Bongars , Latin
François,Nouvelle Edition, 12.2.vol . 3.liv.
Hiſtoire d'Henry IV. 12. Nouvelle Edition
, 40. fols .
Methode pour lire Chrétiennement les
Poëtes ſuivant l'Ecriture Sainte & les Peres ,
du Pere Tomaſſin, 8. 3.vol . 10.livres.ro.fols.
Poëfies & Pensées Chrétiennes , par Monſieur
l'Abbé Gouſſaut , 12.30.fols .
Diſcours prononcé par Monfieur de Launay,
Advocat en Cour , indouze , 15. ſols.
La Vie du Duc de Guiſe , in 12.30. fols.
Ammiani Marcellini Opera, fol. 12 livres.
Un nouvel Horace , de M. Acier , avec des
Remarques, indouze, s.vol. 11.livr.s.fols .
L'Homere , Traduction nouvelle par M.
l'Abbé de la Valterie , 4. vol . 12.10.1.
Diſcours du Chevalier Digbi de ſa Gueriſondes
Playes par la Poudre de Sympathie ,
nouvelle Edition, indouze , 30. fols .
:
Cicutæ Aquaticæ Hiſtoria , & Noxx Commentario
illuſtratæ à lacobo VVephero,med.
Doa, Scaphuſiano, inquarto, 2.liv.
B
:
14 Catalogue.
La Princeſſe de Fez , 2. vol . 12. 1. livre.
Le beau Polonnois , par Monfieur de Prefchac
, 12.10. ſols .
Remedes Charitables, de Madame Fouquet,
augmentez d'un tiers en cette nouvelle Edition,
20. fols.
Les Caprices de l'Amour , par Mademoifelle
de Villedieu, 2. vol. 1. livre .
Artifices des Heretiques, 12. 2. livres.
La Comparaiſon de Thucydide & de Tite-
Live, du P.Rapin, indouze, 30.fols .
Memoires du Chevalier de Terlon, 2.v.3.1.
Mariage du Duc de Savoye avec l'Infante
de Portugal, par l'Autheur du MercureGalant,
11 , 20. fols .
Les entretiens Galans , 2.vol. 12.30. fols.
Repreſentations en muſique , du P. Meneſtrier,
12. 30 ſols.
Traité de la Cloſture des Religieuſes , de
Monfieur Thiers, indouze, 40. ſols.
Ecclefiæ Græcæ Monumenta , Tomus feeundus,
Studio atque Opera Joannis Baptiſte
Cotelerij , inquarto 6.1.
La Circé de Jean-Baptiste Gelly , traduit
en François , indouze , 30, ſols.
La Methode Latine de ces meſſieurs , nouvelle
Edition augmentée, octavo , 4.liv.
La Beauté de l'Eſprit,comparée à celle du
Corps , Traduction nouvelle , 20. fols.
Le Meſſager Celeſte , Extraordinaire de
M. de Blegny, 30.fols.
La Ducheſſe de milan de Monfieur de
Preſchac , indouze , 10. fols.
Des Ballets anciens & modernes ſelon les
Regles du Theatre, du P. Meneſtrier, 12.30.6.
Catalogue. If
Les Lettres Familieres de Monfieur Conrard
à Monfieur Felibien , 12. 30. fols.
Le Prudent Voyageur , 123 vol. 4.1. 10. f.
Homelies ſur les Dimanches & Heſtes de
l'Année, par feu M.Godean. in 4.6. livr.
Les Preuves de Nobleſſe du R. P. Meneſtrier,
indouze 2.vol. 4 livr.
Criſpin bel Eſprit, Comedie, 12. 15. fols.
Les fragmens de Moliere, 12.15.fols.
Theophili Anteceſſoris Institutionum ;
Libri quatuor, Auctore Doujacio, indouze, 2.
vol 4. livr.
Marie d'Anjou Reyne de Majorque , du
Sieur S. Bremont Auteur du double Cocu, 12.
4.vol. 40. fols .
Lettres de Monfieur le Chevalier de méré,
indouze, 2.vol. 4.livr.
La Comteſſe de Salisbury, Nouvelle d'Angleterre,
2. vol. 12. 20. fols.
Voyageur de l'Europe , indouze 7. v.12. 1.
Jugement Canonique des Eveſques, 4. 6.1.
Entretiens du S. Sacrement du Pere l'Alleman
, 12. 25. fols.
Hiſtoire de Procope indouze, 3. vol. 4.liv.
10. fols .
- Idem de Polibe, 12.3. vol. 4.liv. 10. f.
Idem de Tacite d'Ablancourt,in 12.
3.vol.4. liv. 10.fols.
Les Lettres de S. Hierôme in octavo 4.
livres.
Sentimens d'Amour de Corbinelli , 12.2.
vol . 3 liv.
Chimie de le Fevre, 12.2.vol.4.liv.
Albertus Magnus defecret. mulier, indouze,
30. ſols.
B 2
16 Catalogue
Memoires de Suede par Monfieur Chanut,
indouze 3. vol. 6. liv .
Bail de Triplici Examine, in octavo Paris ,
3. livres.
Officiers de bouche , 12. 30. ſols.
LIVRES NOUVE AVX
L
de l'Année 1682 .
Es poëfies d'Anacreon & de Sapho, Traduites
de Grec en François , avec des
Remarques , par Mademdiſelle le Fevre indouze,
Grec & François , 45. fols.
Poëme du Quinquina ,de Monfieur de la
Fontaine, 12. 45. fols.
Perefius fuper Institutiones , 12. 40. f.
LaCleopatre, Tragedie de Mr. de la Chapelle,
12. 15. fols .
Le Grand Hercule, Tragedie , 12. 15. f.
Nouvelle explication de la Gangrene,prapoſée&
demandée par Meſſieurs de l'Academie
de Paris inoctavo , 20.f.
Hiſtoire de Mahomet , ſecond Empereur
des Turcs , par Monfieur Guillet , indouze ,
2. vol. 4. liv.
Nouvelle Methode Grecque , nouvelle
Edition, inoctavo , 4.livr.
La connoiſſance certaine , & la prompte &
facile gueriſon des fievres , avec les particularitez,
& utile ſur le Remede Anglois , par
Monfieur de Blegny , 12. 30. fols.
Morini Antiquitates Eccl. Ortentatis , 8 .
3.1. 10. fols.
Catalogue. 17
Le Commerce Galant , ou Lettre tendre &
Galante de la jeune Iris & de Timandre , 12 .
3. livres.
L'Hiſtoire de Mahomet IV.treiziéme Empereur
des Turcs , traduit de l'Anglois du
ſieur Ricaut , par le ſieur de Rozemont , 12 .
4. vol . 8. liv .
Hiſtoire des Uſcoques , 12. 40. f.
Reflexions fur le Portrait du Roy . parM.
Maréchal Avocat en Parlement, indouze, 12
fols.
La Ducheſſe d'Eſtramene , 12. 2.vol . 25. f.
Hiſtoire de la Ville & de l'Estat de Geneve
, par Mr. Spon , 12.2 vol.revcû , corrigé
&augmenté, nouvelle Edition,avec plufieurs
figures entailles douces ٢٥.٢.
Le fameux Voyageur de Monfieur de Prefchac,
indouze , 20.f.
Epistolarum Innocentig III. Romani Pontificis
libri undecim , accedunt Gesta ejusdem Innocentij
, & prima collectio Decretalium compofita
Rainerio Diacono, & Pompasiano auct. Stephanus
Balufius , fol. 2.vol. 24. liv.
Hiſtoire des Edits de Pacification , & des
moyens que les Pretendus Reformez ont
employez pour les obtenir , contenant ce qui
s'eſt pafféde plus remarquable depuis la naiffance
du Calvinifme juſqu'à preſent , avec la
réponſe àun nouveau Libelle , intitulé Leş
derniers efforts de l'innocence affligée , par le
fieur Soulier Prêtre. Ce Livre est tres curieux
&ſçavamment écrit , 8. 3.1.
Les Saints des Mois qui ſervent aux Congregations
par billets par le R. Pere Grofez
de la Compagnie de Jeſus, 45.f.la main.
B3
18 Catalogue.
Academie Galante, 12. 2.vol . 3. liv.
Recueil des Edits, Declarations & Arrefts,
qui ont eſté donnez ſur diverſes occurrences
concernant lajuſtice , depuis le premier Janvier
1678.juſques au dernier de Mars . 1682 .
Traité de l'Euchariftie , ou Réponſe à l'Ecrit
de Monfieur Claude Miniſtre de Charanton
, ſur la prefence Réelle , indouze , 20. f.
Les Voyages de Iean Struys , en Moſcovie,
en Tartarie, en Perſe, aux Indes , & en plu.
ficurs autres Pais Etrangers , accompagnez
de Remarques particulieres ſur la Qualité, la
Religion , le Gouvernement , les Coûtumes
&le Negoce , &c.avec la Relation d'un nauflage
, dont les ſuites ont produits des effers
extraordinaires, en 3. vol . indouze ,avec 29 .
figures en tailles douce , 4. 1.
Relation de la Riviere des Amazones , traduite
par Mr. de Gomberville, de l'Academie
Françoiſe , avec une Differtation fur la méme
Riviere , pour ſervir de Preface, indouze , 4.
vol. 4. I.
Zelonide Princeſſe de Sparte , Tragedies
12. 20. L
La Ruë S. Denis, Comedie, 12.15.1.
L'Hiſtoire de Dom Quichot de la Manche,
traduction nouvelle ,avec 18. fig. en
cailles douces , 6. 1.
Traité de la Communion fous les deux
Efpeces , par Meſſire Benigne Boſſuet Evéque
deMeaux , indouze, 45. f.
Trois Traitez de Controverfes , par M.
Mainbourg, indouze, 45. f.
Abregéde la nouvelle Methode Grecque >
par cesMeſſicurs , indouze, 30.
Catalogue. 19
De l'Ame des Plantes, de leur naiſſance,de
leur nourriture , & de leurs progrez , Effay
de Phyſique , par M. de Du, Docteur en medecine
de Montpellier, indouze , 15. fols.
Le nouveau Praticien François , de Mr. de
Ferriere , 4. 5. liv .
Les Inftituts de luftinian , par Mr. de Ferriere,
indouze, deux vol. 4. liv.
Hiſtoire des Mazures de l'abbaye Royale
de l'Ift. Barbe les Lyon,par Mr.le Laboureur,
4. 2. vol . 6.liv .
Theatre de la Turquie, où font reprefentées
les choſes les plus remarquables qui s'y
paſſent aujourd'huy , touchant les Moeurs , le
Gouvernement , les Coûtumes & la Religion
desTurcs, 4 6.1.
Nouvelle Methode pour dreſſer les Che
vaux en ſuivant la Nature , & même la perfectionnant
par la ſubtilité de l'Art , parMr.
Soleifel , 4. 4.1 .
Ceremonie des luifs , nouvelle Edition
augmentée de plus de la moitié, indouze, 40:
fols.
La Querelle des Dieux , fur la Groſſeſſe de
Madame la Dauphine, indouze, 20, f.
Vie des Saints , 4. de Meſſieurs du Port
Royal , 5.1.
Voyage d'Italie, par Laffel ,indouze, 2.vol.
augmenté , 3. 1.
Les oeuvres de Meſſieurs de Corneille , ine
douze, 9. vol . nouvelle Edition , 18. livres .
Le Chrétien en folitude , par le Pere Craf
fet , indouze , 40. f.
Art de Preſcher à un Abbé, s. f.
Le Predicateur Evangelique, 12.7.vol.
20 Catalogue.
Ecclairciſſemens fur le Difcours de Zachéc
à leſus- Chrift, indouze .
Caractere de l'Homme ſans paffions ſelon
les ſentimens de Seneque , indouze , 30. f.
Des Offices de Iudicature en general ,
indouze , 30. f.
Poëfies nouvelles , indouze, 1. 1 .
Hift.de Baviere,par Mr.le Blanc. 12. 4.vol .
6. livres .
Lettres ſur la neceſſité de la Retraite, écrites
à diverſes perſonnes , par le Perelle Valois
, leſuite, indouze , 2.vol.40. fols.
L'Optique, diviſée en trois Livres, où l'on
demontre d'une maniere aiſée tout ce qui regarde
premierement la Propagation & les
proprietez de la lumiere. 2. La Viſion. 3. La
figure & la difpofition des verres qui fervent
àla perfectionner , par le Pere Hugo leſuite,
indouze , 30. fols .
Controverſes familieres où les Erreurs de
la Religion Pretenduë Reformée ſont refutées
par l'Ecriture, les Conciles, les Peres,
diviſées en trois Parties. 1. Qu'ils n'ont point
de regle de Foy. 11. Qu'ils font hors de l'Eglife.
111. De la Tranſubſtantiation de la
primauté des Saints Peres , & de la Viſibilité
de l'Eglife , indouze , 40. fols .
Heures nouvelles imprimées par ordrede
Madame la Dauphine, ſans renvoy , ſeconde
Editio'n , augment , 40. f.
Memoires ſur la grace du Pere Thomaffin
4. 9. livr.
La Vie de fainte Geneviefve , par le Pere
Allemant , indouze , 1. livr .
Hiſtoire des Guerres Civiles de Grenade ,
indouze , 3. vol . 4. live.
Catalogue. 21
Les Conferences de Caſſien
vol . 3. liv .
,
8. deux
Les Hommes Illuſtres avec pluſieurs figu
res, & tailles douces , 12. 2.vol. 4. liv .
:
Hift . des Sevarambes , 12.3. vol .4. liv. 10 f.
Traité fingulier du Blafon des Familles de
France par M. l'Abbé la Roque, 12. 20. fols.
Hiſtoire des grands Viſirs , in 12. 3. vol .
4. liv. 10. fols.
Introduction à l'Hiſtoire , par Rocolle indouze,
2.vol . 4.liv.
Le livre des Eleus du Pere S. Iuve octavo ,
3. livr.
Oeuvres tragiques de M. de Pradon , 12 .
10. fols.
Pleaume du Pere Mege, in- octavo, 4.livr.
Oeuvres ſpirituelles ou Meditation duRe
verend Pere Noët, 12 14 vol. 24. liv.
Panegyrique des Saints de Planchet , 8. 2
vol 3. liv.
Oeuvres de S. François de Sales, fol . & indouze
& toutes les oeuvres ſeparées en petits
volumes .
Traité de la Valeur , 12. 2. liu .
Hiſtoire de la Laponie inquarto avec pluſicurs
figures , s. livr.
LIVRES
NOUVEAUX
de l'Année 1683 .
H
Iſtoire du Triumvirat,12.3.v. 4.1.1o.fols.
Memoire deM. de Cirot , in 12. 2. V.
3. liv.
22 Catalogue.
1
Summa Chriſtiana ſeu Ortodoxa Morum
Diſciplina opera & ſtudio boni Merbeſij Predicat.
Doct. Sorb. fol. 2. vol . 24.'livr .
Vie regléedans le monde, in 12. 2. liv.
Traité de l'organe de l'ouye, avec pluſieurs
planches de Mr. Duvernay , in 12. 3. livr. 10.
fols.
La vie de Madame Helyot , femme d'un
Conſeiller au Parlement de Paris , qui eſt
morte à l'âge de 37. ans en odeur de ſainteté
, 8 2.liv. 10. fols.
Les Recherches curieuſes d'Antiquitez ,
contenuës en pluſieurs Differtations ſur des
Medailles , Bas- reliefs , Statues Moſaïques ,
& Inſcriptions antiques , enrichies de plufieurs
figures en taille douce , par Monfieur
Spon , 4. 6. livr.
Oeuvres de M. Boifleau , augmentées d'un
quart, in 12. 3. liv.
La Theologie Morale de M. de Genet , 6.
vol. 12 , augmentée d'un quart, 9. 1. Les 5. &
6.vol.ſe vendent dans la méme Boutique, 3.1.
Preuves & préjugez pour la Religion Catholique,
de Mr. Diroys, 4.5.1 .
Depoüille des Curez, par M. Thiers, 12.2.1.
Le Theologien dans la Converſation avec
les Sages & les Grands du monde , par l'Auteur
du Conseil de la Sageſſe , 4. 6. liv.
La Politique des Amans, 12. 2. vol . 3.1.
Artaxerce,Comedie, 12. 15. Γ.
Le Voyage de Provence, contenant les Antiquitez
& Hiſtoires Galantes, 12. 2.v. 30.1.
L'Inſtitution des Novices par S. Bonaventure
, & ou les perſonnes du monde pourront
trouver des ſolides inſtructions, 12, 2.vol. 3.1.
Catalogue. 23
Lettres diverſes de l'Auteur duDialogue
des Morts, 12. 1. 1. 10.fols.
Sentimens fur les Lettres & ſur l'Hiſtoire,
avec des fcrupules ſur le ſtile, 12. 30.1.
Les Ceſars de l'Empereur Julien , traduit
duGrec, avec des remarques , & des preuves
illuſtres par les Medailles , par Mr. Spahein ,
avec pluſieurs figures en taille douce, 4.10.1 .
Mademoiselle Dalençon , Nouvelle Galante,
par Madame de Villedieu, 12. 15. f.
Telephonte Tragedie , par M. l'Abbé de
la Chappelle , 1. 1 .
Sonnet en Bout-rimez à la loüange du Roy
12.25. fols.
r Caréme de Mr. S. Martin, 8. 7. 1.
Octave du S. Sacrement , 2. 1 .
Harangue faite en plein Sinode , par des
Miniſtres convertis, 12. 1. 1 .
Traité Chimique de la veritable connoiffance
des fiévres , pourpres peſtilentes , 12 .
parMr. de Moreaux , 25. fols.
La Comedie ſans Titre , 12.1.1 .
Confideration de Craſſet, 12. 3. vol. 6. liv.
Traité des leûnes, 8. Tomaſſin 2. vol. 6. 1.
Petiti Philoſophia , 8. 2. 1 .
Aſſociation en faveur des Ames du Purgatoire,
par le Pere Froment, in 12. 12. fols.
Reflexions nouvelles ſur l'Alcide & l'Alcali
, 12. de Mr. Bertrand , Docteur en Medecine
, aggregé au College de Medecine de
Marſeille, 12. 20. fols .
La Vie Monaftique , par Meffieurs de la
Trappe, indouze, 2. vol . 5.1.10 . fols .
Remarques fur le Livre du Miniſtre Claude
, intitulé , Confiderations ſur les Lettres
1
24 Catalogue.
Circulaires de l'Affemblee du Clergé de France
, de l'année 1682. avec un examen de trois
endroits importans , du Livre de Mr Burner
Proteſtant Anglois,ſur le même ſujet, 12.30.f.
Hiſtoire des Edits de Pacification , Tome
deuxième , contenant l'explication de l'Edit
de Nantes, de Mr. Bernard , avec des nouvelles
obſervations : & les nouveaux Edits , Declarations
& Arreſts donnez juſqu'à preſent,
touchant la Religion Pretenduë Reformée ,
par Mr. Soulier Prétre, 8. 3. livr.
Les nouveaux Dialogues des morts , in.
douze, deux volumes , Paris 3. 1. & de Lyon
30. f. le deuxiéme volume ſe vend ſeparé.
Hiſtoire d'Allemagne, ancienne & nouvelle
, de mr. de Prade , indouze , 2. vol. avec
pluſieurs figures en Taille douce, 4. 1.
La Chimie de l'Emeri , inoctavo , cinquiéme
Edition , 3. 1 .
Le nouveau Praticien François , par Mr.
Mercier , tiré des Ordonnances , des Arreſts,
&des Coûtumes de France , inquarto , 4. 1 .
Oraiſon Funebre de la Reine , par les Reverends
Pere Brenier & Grozez , de la Compagnie
de lusus, octavo, s . 1. pieces .
Hiſtoire Genealogique & Chronologique
des Dauphins de Viennois, par le Sieur Gaya,
12.30. fols.
Relation fidele & veritable du Siege de
Vienne , & la levée dudit Siege , avec une
grandeCarte, indouze , 12. f.
Recueil des pieces qui ont remporté le
prix de l'année 1683. in 12. 20. f.
La Guide des Pecheurs, traduit par Mr Gi.
rard, inoctavo,nouvelle Edition,tres-bien imprimé
, 40. f. Hiftoire
Catalogue. 25
Hiſtoire de la Bible, par le ſieur du Royaumont,
indouze, auſſi tres bien imprimé, 30.6.
Pratiques de Pieté ou les Veritables Devotions,
par le R. P. le maiſtre , de la Compagnie
de lesus,indouze,quatriéme Edition, 15.f.
La Vie Cretienne , par le R. P. le maître ,
de la Compagnie de teſus , troiſi me Edition,
augmentée, 7. fols .
Hiſtoire des Empereurs d'Occident , par
Mr. Cousin, indouze, 2.vol. 41. 10.f.
Oraifon Funebre de la Reine , par Monſeigneur
l'Evéque de Meaux, 4.20.1.
Vie du Pape Sixte V. de l'Eti , traduction
nouvelle, indouze, 2.vol.3.1.
Abregé Chronologique de l'Hiſtoire Vaiverſelle
, du R. P. Petau , traduit en François
parMonfieur Maucroix Chanoine de Rheims,
indouze, 2. vol. 4.1 .
Les Commentaires de S. Auguſtin , ſur le
Sermon de Nôtre Seigneur ſur ia Montagne ,
qui cotiennent toutes les regles de la Morale
Chrétienne , traduits en François , 12.30. f.
Liber Pfalmorum cumArgumentis , Paraphrafi
& Annotationibus , Auctore Ferandi.4.
8. livres.
La Galante Hermaphrodite , Nouvelle
Amoureuſe,par le ſieur de Chavigni, 12.10.f.
Les Memoires de M.de la Croix, Secretaire
de l'Ambaſlade de M. de Nointel à la Porte ,
indouze, 2.v. 3. livr.
Les Meditations de Dupont , 3. vol. 4. traduction
nouvelle , 18 liv.
Les Elemens de Geometrie,de ces Meſſieurs
du Port Royal, nouvelle Edition, 4.6.1 .
De l'Adoration de l'Eucharistie , pour té
C
26 Catalogue.
4
pondre aux faux raiſonnemens de Meſſicurs
de la R. P. R. dans leur preſervatif contre le
changement de Religion , 12. 12. f.
Oraiſon Funebre de la Reyne,par Mr.Lombez,
4. 7.fols .
Oraiſon Funebre de la Reine , par M. de
***. inquarto, 15.1.
LaConnoiſſance des temps, ou Calandrier
&Ephemeride ,du lever ou du coucher du
Soleil, de l'une des autres Planettes, 12. 20.f.
Les Decorations Funebres du P. Mcnc.
ſtrier, 8. 2 1. 10. fols .
La Chimie du Duneau , 8.2. liv.
Anatomie de Bourdon, 12. 30.6.
Anatomie de Malphigius, 12. 30 Г.
Hippocrate de la Circulation du Sang , 12 .
20. f.
Medecine pretenduë , 12.10. f.
L'Eſpion du Grand Seigneur,& fes Relations
ſecrettes envoyées au Divan de Constantinople
, decouvertes à Paris pendant le Regne
de LOUIS LE GRAND , traduites de l'Arabe en
Italien, & de l'italien en François. Ces Rela
tions contiennent les evenemens les plus
confiderables de la Chrétienté & de la
France, depuis l'année 1637. juſqu'en l'année
168 2. indouze , 30. fols .
Pratiques de Pieté ou Entretiens ſpiritueis
pour tous les jours de l'année , ſur la conduite
à la perfection , ſuivant l'uſage du Breviaire
Romain , par le R. P. R. le Maiſtre de la
Compagnie de Jesus , ſeconde Edition
veuë , corrigée & augmentée , indouze 4.vol .
50. fols& relié en 2.vol.40.fols. Ce livre eſt
propre à toutes fortes de perſonnes.
,reCatalogue.
27
Relation de la mortdes Religieux de la
Trappe, 12.30 . f.
Hift.des Uſcoques, 12. 40 ſols.
La Science des Notaires de ia Ferriere
inquarto. 4. livr .
La vie du R. Pere Beauvau de la Compagnie
de JESUS , 12.30 fols.
Hiſtoire de Salluſte traduite par M. l'Abbé
Caſſagne , 12.4.5.fols .
Art de précher par Monfieur de Haute
ville indouze , 30. ſols .
1 Villis Traité des Urines, 12. 20.fols.
Summa Concilioruin de M. Bail fol . 2.
vol. 2. 4. livres.
Critique de l'Hiſtoire de France de Iourdan
, 12.30.fols
Miſſionnaire Apoftolique in octavo , 13.
vol. 32. livres .
Hiſtoire des Guerres d'Italie , indouze 2.
vol. 3. livr .
Art de la Guerre de Gaya , indouze 30.
fols.
Le Jardin des Racines Grecques, indouze,
2. livr.
Secret des Eaux de Vichi , indouze , 20.
fols.
LIVRES NOVVEAVX
L
E Plutus
de l'année 1684.-
&lesNuées d'Ariftophane, Comedies
Grecques , traduites enFrançois
2
15
28 Catalogue.
avec des Remarques & un Examen de chaque
Piece, felon les regles du Theatre , pas
Mademoiselle le Febvre , indouze, so.fols.
Les nouvelles Oeuvres de M. de Moliere ,
augmentées de 2. vol , indouze , 9. vol . avec
des tailles douces , 15. live.
fols. Dialogue de la Santé , indouze , 30
La Sainte Bible en François , fol . Paris , 8.
livres.
Le Caractere de l'honneſte Homme , par
Monfieur l'Abbé de Gerard, indouze, 40. fols .
Triple Couronne de la Vierge , par l'Autheur
de l'année Benedictine , in 4. 2. vol.
12. livres.
Hiſtoire des Siecles , du P. Lenfant ,indouze
, 6. vol . 8.livres .
Anatomie du Corps Humain, 8. tout rempli
de Figures en taille douce, 4.liv.10.fols.
Oeuvres de Monfieur Poiſſon , avec la Comedie
fans Titre , indouze , 2. vol . 3. livr.
Oeuvres de Monfieur Sarrafin , indouze ,
2. vol. 3. 1.
De la Pureté d'Intention , par Monfieur
l'Abbé de la Trappe , Autheur de la Vie Monaſtique
, indouze , 30. fols .
Nova collectio Concilior, Balus. fol. 15. 1.
Dogmata Theologica Thomaſini, fol.15.1.
Careſme du Pere le Febvre Recolet , in 8.
2. vol. 5. livres .
Vétures de Religieux , in 8. 2. vol. s. livr.
Traitté de l'Vſage du Lait, par M. Martin ,
indouze , 15. ſols.
Pharmacopee de Charras , 8. 2. vol. augmentée
d'un tiers , 6. livr .
Nouvelle & facile Methode Italienne
Catalogue. 29
dans ſa derniere perfection, augmentéede la
moitié , par Monfieur l'Enfredini , indouze ,
30. fols.
Advertiſſemens de Vincent de Lerins ,
touchant l'antiquité de la Foy Catholique ,
contre les nouveautez profanes de tous les
heretiques , indouze , 2. livr.
Methode facile pour apprendre l'Hiſtoire
, indouze , 20. fols.
Oeuvres nouvelles de la Suſe , indouze ,
3.vol.4. liv.
Le nouveau Jeu du Monde , avec douze
Figures en taille douce , indouze, 30. fols .
Ordonnances des Gens de Guerre , indouze
, s . vol. 13. livr.
Le Prince Machiavel , traduit par Monſieur
Amelot de la Houſſaye , indouze , 30..
fols.
Le nouveau Traité de Paix , 4. 7. livr .
L'Oraiſon du Coeur , ou la maniere de fai--
re l'Oraifon parmy les diſtrations les plus
crucifiantes de l'eſprit, par le R. P. Piny , indouze
, 25. fols
Exercices que le Roy a réglé pour toutefon
Infanterie , tant Françoiſe qu Etrangere,
& pour les Compagnies des Mouſquetaires ,
&celles des Gentilhommes qui ſont à ſa
folde , 10 f.
Jugement de Pluton ſur les deux parties
duDialogue des Morts , 12.30. fols .
Sommaire de l'Hiſtoire de France, par M.
Prade y compris l'Hiſtoire de Louis XIV..
avec des Figures en taille douce, s . vol . 12. 1.
Entretiens hiftoriques , moraux & politiques
, indouze,40, fols,
C35
30% Catalogue.
1
7
Oeuvres meſtées de S. buremont , 3. vol.4.
livr. 10 ſols.
La Retraite des Dames, par le R. P. Guillioré,
12. 30 f.
Lettres fur la neceſſité de la Retraite , par
le Pere Valois , Tome ſecond , indouze. 30.
fols, le premier ſe trouvera auſſi pour 20. f.
L'Ecole de Chirurgie, 12. 20. Г.
Obſervations fur les Fievres & les Febrifuges
de M. Spon , 12. 20. f.
Traité des Rapports en Chirurgie , ſuivant
les nouvelles Ordonnances , par M. de
Blegny , indouze , 15. fols.
LaPratique de l'Education des Princes, en
Ia Perſonne de Charles-Quint , du Sçavant
M.de Varillas Hiſtoriographe de France, qui
a fait Hiſtoire de Charles IX. 4. 6. liv .
La Vie de Madame de Montmorency , Superieure
de la Viſitation de Sainte Marie de
Moulin, 8. 2. liv. 10.f.
Réponſe à M. Boſſatran Miniſtre , fur la
Conferance tenuë à Niort , par M. l'Abbé de
Chalucet , 12. 30.1.
Hiſtoire de la Ligue , de M Maimbourg
indouze , 2. vol. fur de tres beau papier fin.
3. livr.
Idem le Calviniſme , ſur de tresbeau
papier, indouze, 2. v. 3.1 .
Idem le méme, 46 l.
Ordonnance des Eaux & Forests , augmentées
d'un tiers , avec les Edits & Declarations
juſque à 1684 indouze, 40. f.
TraitédeChevalerie, du R. P. Menetrier ,
indouze , 40. f.
L'Hiſtoire du Regne de Charles IX. du
Catalogue. 3.1
4 Scavan: Monfieur de Varillas, indouze, 3.vol.
3 liv. ro. fols.
Pontificale Romanum 12. Parifiis , 3. livr.
Tableau de la Penitence de Godeau , indouze
nouvelle edition, 3. livr.
Les Fables d'Eſope nouvelle edition avec
pluſieurs Figures en taille douce , indouze ,
2. vol. 3. livr.
Billets galants indouze, 20. f.
Octave du S. Sacrement par le R. Pere
Torantin de l'Oratoire , in octavo, 2. livr.
AcademieGalante 12. tome ſecond , 30. f.
Ie premier tome ſe trouve pour le méme prix
dans la méme boutique.
Hiſtoire du Siege de Luxembourg par
l'Autheur du Mercure Galant , indouze , 20 .
fols.
Les amours du dernier grand Viſir Hiſtoire
galante par Monfieur de Preſchac , indouze
30. fols.
L'artdes Embiémes, du R. Pere Meneſtrier
in octavo so. fois .
Hiſtoire de la Loüifiane avec une figure en
taille douce, indouze, 40. fols.
Oratoire du Coeur indouze, o ſols.
Traité de Chevalerie du R. Pere Mene-
Arier indouze 40. fols.
Oraifon Funebre de Mademoiselle de
Boüillon inquarto 20. ſols .
Virginie tragedie, 1. 15. fols.
Nouveau Dictionnaire François Latinpar
Monfieur l'Abbé d'Anet, 4. 8. livres.
Ocuvres ſpirituelles du R. Pere Guilloré ,
infolio 12. livr.
Hiſtoire du vieux & nouveau Teftament
32 Catalogue
parmonfieur Lebret in octavo, 3. livres.
Inſtruction d'un jeune Seigneur , indouze,
2.vol . 2. livr.
-Idem d'une jeune Princeſſe, 12.20. f.
Le Parfait Maréchal de Soleiſel . 4.8 . livr.
Conference avec mr. de Meaux par le miniſtre
Claude in octavo, 3. livr.
La Cour Dialogue par Mr, de Preſchac ,
indouze 12. fols .
Obſervations ſur les maladies veneriennes
&ſur un Remede qui les guerit ſeurement &
facilement par le Sieur Thuillier , Docteur
en Medecine, in octavo 25. ſols.
Hiſtoire de l'Empire , contenant ſon Origine,
fon Progrez , ſes Revolutions la forme
de ſon Gouvernement , ſa Politique ,
ſes Alliances, ſes Negociations , & les nouveaux
Reglemens qui ont eſté faits par les
Traitez de Vveſtphalie ; Par le Sieur Heiff,
Efcuyer, conſeiller , & Secretaire , interprete
du Roy en Langue Allemande , in 4. deux
volumes , 11. liv.
Converſations nouvelles ſur divers Sujets,
par Mademoiselle Scudery, indouze, 2.volumes
, 6. liv.
Cara Mustapha, Grand Viſir, Hiſtoire contenant
fon élevation , ſes Amours dans le
Serail , ſes divers Emplois, le vray ſujet qui
luy a fait entreprendre le Siege de Vienne ,
& les particularitez de fa mott , avec une
grande Figure entaille douce comme il fut
etranglé, indouze , 30, fols.
L'Hommede Cour traduit de l'Eſpagnol
deBaltafar Gracien par le Sicur Amelot de
laHouſſaye avec des notes, indouze 40. fols,
!
Catalogue. 33
Relation Hiſtorique de tout ce quia eté
fait devant Genes par l'Armée Navale de Sa
Majesté Tres- Chrétienne , avec une grande
Figure en taille douce , indouze , 20,fols.
Comparaiſon des Grands Hommes in
quarto , 8. liv..
Petit Abregé de l'Hiſtoire Romaine , par
Demandes & Réponſes, indouze , 25. fols.
Traité de l'Infaillibilité & du Pouvoir de
l'Eglife, dedié au Roy, itdouze, 15.fols .
Les Eloges des Hommes Sçavans , tirez
de l'Histoire de Monfieur de Thou , avec
des Additions contenant l'Abregé de leur
vie , le jugement & le Catalogue de leurs
Ouvrages ; Par le Sieur Teifier , Advocat
: au Prefidial de Niſmes , indouze , deux volumes
, 4. liv.
Viedu Pere Jean Chriſoſtome , Religieux
Penitent, inoctavo, 2. 1. 10. ſols.
Oracles des Sibilles , augmenté,d'une réponce
à la Critique par le P.Crailet, indouze
30. fols.
Traité du Nivelement , par M. Picard ,
de l'Academie Royale des Sciences , indouze
30. fols.
LaGeometriePratique, par Monfieur Ozanan
Profeſſeur en Mathematique , indouze ,
30. fols.
Hiſtoria Civilis & Eccleſiaſtica , Authore
Petro Jofepho Cantelio , è Societatis Jusus ,
in 4. 5. liv.
Quatre dialogues ſur l'Immortalité , par
Monfieur l'Abbé d'Engeau >
& Monfieur
l'Abbé de Choiſit in 12. 30. f.
L'Eccleſiaſtique traduit en Francois , avce
34 Catalogue.
une, explication tirée des Saints Peres &
&des Autheurs Eccleſiaſtiques, parces mel-
Geurs , in octavo 4. liv.
Traité de la volonté de ſes principales
actions de ſes Paffions &de ſes Egaremeas ,
diviſé en cinq Parties , indouze 30. fols .
Abregé de l'Histoire Bizantine , de S. Nicephore
Patriarche d'Alexandrie de Conſtantinople
traduite du Grec ; par le fieur
Moret avec des Remarques Hiſtoriques , indouze
30. fols.
Hiſtoire Chronologique des Papes , des
Empereurs & des Rois qui ont regné en
Europe , depuis la Naiffance de Jesus-
CHRIST , juſqu'à preſent , indouze 30.
fols.
La Doctrine des moeurs , qui Repreſente
en cent Tableaux en taille douces , la diffe.
rence des Paſſions. Et enſeigne la maniere
de parvenit à la ſageſſe univerſelle; pat Monfieur
de Gomberville de l'Academie Fran
çoiſe , indouze so . fols .
Hiſtoire des Hommes Illuſtres de mon.
ſieur l'Abbé Tallemant avec pluſieurs figures
en taille douce , ou ſont leur Portrait,
Nouvelles Edition , augmentée & recorri
gée , indouze , 8 vol. 14. liv. papier fin &
I. liv. papier ordinaire,
La vie des Saints, traduction de ces meſſieurs
y compris la vie des Patriarches, Nouvelle
Edition , in - octavos.vol . 7.liv .
Les Pretendus Reformez convaincus de
Schifme , pour ſervir de réponſe à un écrit
intitulé confideration fur les Lettres circulaires
de l'Aſſemblée du Clergé de France,de
Catalogue. 35
l'Année 1681. par Monfieur Nicole , Autheurdes
Effais de morale , indouze 45. f.
Reglemens & Ordonnances du Roy pour
les gens de Guerre tome cinquième, indouze
30. fols.
Traité de la Pratique des billets &du
Preſt d'Argent entre les Negocians , par un
Docteur en Theologie , in - douze 30. fols.
Diſcours de Clement Alexandrin , pour
exhorter lesPPaayyeennss à embrafier la religion
Chrétienne traduit par mouſieur Coufin ,
indouze 30. fols.
Dom Henriquede Caſtro ou la Conquéte
des Indes indouze 2. vol. 40. f.
De la Nature & de la cauſe des Fiévres,
indouze 15. ſols.
Methode pour bien prononcer un Difcours&
pour le bien Animer , ouvrage tresutile
à tous ceux qui parlent au Public &
particulierement aux Predicateurs & aux
Advocats , par Monfieur Bary indouze 20.
fols.
Paralleles Hiſtorique , indouze',40. f.
S. Fulgentij opera , inquarto 9.'liv.
NOUVE AVX
de l'Année 1685 .
LIVRES
Raitté
Traite des Fortifications , contenant
ce qui regarde l'Art de Fortifier les
Places tant reguliéres qu'irregulieres ,
Luivant ce qui ſe pratique aujourd'huy ? le
د
36 Catalogue.
1,
tout d'une maniere abregee , & fort aifée
pour l'Inſtruction de la Jeuneſſe , par Monfieur
Gautier de Niſmes , avec 23. Figures
en taille douce , in douze , 25. fols .
Traité Hiſtorique de l'Etabliſſement& des
Prerogatives de l'Egliſe de Rome, & de ſes
Eveſques , par Monfieur Mainbourg , indouze
, 2. liv . 10. fols.
Les diferens Caracteres de l'Amour , par
un Academicien François, in 12. 30 fols
,
L'Histoire du Grand Seras- Kier Baffa , ou
la ſuite de l'Hiſtoire du Grand Vifir , contenant
toute la Relation de la levée du Siege
de Bude , & fes Amours , in douze , 30 fols.
Effais de Sermons pour tous les jours du
Careſme contenant fix Diſcours differens
pour chaque jour , & des Sentences
choifies de la Sainte Ecriture & des Peres
de l'Egliſe pour chaque Diſcours ,
avec la Traduction de ces Sentences ; Ouvrage
plein d'erudition , & neceflaire à toutes
fortes de Perſonnes , in-octavo 3. Volu
mes , 12. livres .
Extraordinaire des Mercures Galant indouze
, 30. fols . & les Mercure 20. f.
Agiatis ; Reyne de Sparte , ou les Guerres
Civiles des Lacedemoniens , ſous les
Rois Agis & Leonidas , indouze , 2. Volumes
, 2. livres .
Morale de 1 Evangile , in 12. nouvelle
Edition , so , fols .
Effais de Phyſique, indouze , 2. Volumes ,
3. livres.
Mademoiselle de Jarnac , Hiftoire du
Extraordi
Catalogue. 37
zemps de la Princeſſe de Cleves ,in 12. trois
vol . 3. liv. 10. fols.
LeGrand Sophi , nouvelle Allegorique ,
indouze, 10. fols.
Les Travaux de Mars , ou l'Art de la
Guerre , augmenté d'un quart nouvellement ,
par Monfieur Mallet, inoctavo 3. volumes ,
15. livres.
Les Dames Galantes , ou la Confidence
reciproque , en deux Tomes indouze , 2.
livres 10. fols.
Relation d'un Voyage des Indes Orientales,
par M. Dellon , Docteur en Medecine,indouze,
2.vol . 3. livres .
L'Ecclefiaftique , par ces Meſſieurs , in 8.
4. livres.
La Connoiſſance des Temps , de l'année
1685. vingt ſols.
Armenius, Tragedie, in 12. 20. f.
Illustre Genoiſe, 12. 20. ſols.
LeCocher Comedien, deM. de Hautero
che, in 12. 15. fols.
Relation du Royaume de Siam, in12.25.f.
Iournal du Palais, complet, en9 v. 4. 5.4.1.
Idem , Le neuviéme volume ſeparé ,
pour 6. livres. L'on en donnera toutes les
Années un nouveau Volume.
Hiſtoire de François Premier ,de M. Vazillas
,avec pluſieurs figures & vignettes. em
tailledouce, in4. 2.vol. 12. liv.
Les Nombres & le d'Euteronome traduits
en François avec l'explication du ſens Littenal&
du ſens Spirituel , tirée des SS.Peres&
desAutheurs Eccleſiaſtiques en 2.vol.inocta
yo s.liv.& ca 1 ,vol. 4. liv, 10.fols.
D
Catalogue.
Les Conferences Eccleſiaſtiques du DieceſedeM.
de Luçon en s.vol.indouze impref.
fion de Paris 10. liv. & impreſſion de Lyon ,
6. liv. & 5 ſols l'on ſeparera les 4& 5. vol. à
ceux qui auront les premiers pour le méme
prix.
Fables nouvelles envers,in 12. 20.ſols.
Traité de la vocation Chrétienne des Enfans,
in 12. 30. fols.
€ Hiſtoire duGouvernement de Veniſe par
M. Amelot de la Houſſaye , nouvelle Edition
augmenté&corrigé de beaucoup, in 8. s.liv.
Tibere difcours Politique ſur Tacite par
M. Amelot de la Houſſaye , nouvelle Edition,
in octavo 4. liv.
Veritable conduite de Confeffion & Communion
de S. François de Sales , par M. Gambar
Prêtre, in 18. 15.f. Impreſſion de Paris.
Entretien fur le Carême du Pere Craffet ,
in 12. 2.vol. 3. liv.
Caractere de la fauſſe & veritable Picté ,
in12. 30. fols..
• Deſcription de l'Hôtel des Invalides avec
pluſieurs figures en tailles douces tant les
veuës qu'autrement, fol. 15.1 .
Le Plandudit Hôtel en deux feüilles,2, live
10. fols.
Converſations Morales ſur les Ieux & les
divertiſſemers, indouze , 2. liv.:
La ſeconde Philippique de Ciceron tradu
Aion nouvelle, in 12. 15. fols.
Nouveau voyage de M. Thevenot conte
nant la Relation de l'indoſtan, des Nouveaux
Mogols& des autres Peuples& Pais des.In
des, inquarto , s, live
Catalogue. 39
1.
Inſtructions Morales & de Controverſe
par demandes & par réponces , pour l'inſtruction
des Catholiques & des Calviniſtes
nouvellement convertis a diviſées en
deux parties , dont la premiere contient la
Doctrine de l'Egliſe Catholique , ſur les
Points conteſtez , & non conteſtez , la ſeconde
contient des Ecclairciſſemens fur les
Points de la Doctrine de l'Egliſe Catholique
conteſtez entre les Catholiques& les Calviniſtes
, indouze , 20. ſols.
Table des Sinus nouvelle Edition , avec la
Trigonometrie qui eſt un Traitté nouveau ,
pour l'intelligence des Tables & facile pour
les Ecoliers , in- octavo , 2. livres.
Les Oeuvres du Poëte Lucrece , qui traitte
de la Nature des choſes avec des Remarques
fur les endroits les plus difficiles de la traduction
du Baron des Coutures un des plus
beaux Ouvrages qui ait paru depuis longtemps
rant pour la beauté du Stile , que pour
les Remarques , in 12. 2. vol. 4. liv. 10. fols.
AndronicTragedie par M. Capiſtron 20.f.
Les Dames Inviſibles, Comedie de M. de
Haute- Roche , indouze , 20. fols.
Extraordinairedu quartier de Janvier, Fevrier&
Mars . 1685. indouze , 30, fols.
NouvelleGrammaire , où Methode pour
apprendre facilement & en peu de temps la
Langue Allemande , avec quatre Dialogues
Allemand, François, indouze 15. fols.
Abbregéde l'Arithmetique , Cavalerie inoctavo
20. fols.
Aphorisme d'iHppocrate traduit en Frany
cois en deux vol. 3. liw.
T
40 Catalogue.
Miscellanea Erudita Antiquitatis ,in quibus
Marmora , Statua , Múſiva, Toreumata , Gemma,
Numismata, Grutero, Urfine, Boiſſardo , Reinesio,
aliisque Antiquorum Monumentorum Collectoribus
ignota , & hucusque inedita referuntur ac illustrantur
, curâ & studio Facobi Sponiy , Lugd.
Med. Coll. Patavina &Neumas. Academia Aggregati.
Folio , Lugduni , cum plurimis figuris
aneis. 1685.11. livr.
Comme ce Livre eſt preſentement tout entier
, ceux qui ont attendu qu'il fuſt achevé
peuvent le prendre, ou s'ils ont les premieres
Sections,on leur donnera la ſuite. C'eſt une
matiere qui eſt preſentement à la mode : les
Curieux , & Sçavans étant bien- aiſes de voir
l'Hiſtoire , la Morale & la Geographie des
Anciens par les Statues , les bas- reliefs , les
pierres gravées , les Medailles & autres monumens
de l'Antiquité ſemblables à ceux qui
font gravez dans tout ce volume ,& qui n'avoient
point encor eſté donnez par d'autres
Auteurs. L'Impreſſion en eſt auſſi belle que
d'Hollande.
Meditations ſur le Pater nofter , & fur le
Preaume so. Miferere mei Deus , tirées des
oeuvres de lerôme Savovarole , & traduit en
François , 20. fols.
Heures Chrétiennes tirées de l'Ecriture
Sainte & des ſaints Peres,contenant les Exercices
pour tous les jours de la Semaine , avec
P'Office de la Vierge & les ſept Pleanmes traduction
du Paradiſus, Anima Chriſtianac.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le