Titre
COUPLETS A mettre en chant.
Titre d'après la table
COUPLETS à mettre en chant.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
70
Page de début dans la numérisation
535
Position sur la page
1
Page de fin
72
Page de fin dans la numérisation
537
Incipit
Dans ces bois où le sort m'amène,
Texte
COUPLETS
DANS
A mettre en chant.
ANS ces bois où le fort m'amène ,
Sous ces ombrages frais ,
Tout me parle de l'inhumaine
Dont la beauté m'enchaîne ,
Tout m'en offre les traits.
Ce matin , en voyant éclore
Les rayons du Soleil ,
Je difois : ô riante Aurore ,
AVRIL. 1763. 71
De celle que j'adore
Tu me peins le réveil !
Tu charmes en vain ce boccage,
Roffignol enchanteur ;
Tu ne fçaurois dans ton ramage,
Dé fon brillant langage
Egaler lá douceur.
Il fort de fa bouche vermeille
Un miel plus précieux
Que ne l'eft celui de l'abeille ;
Elle charme l'oreille
Auffi bien que les
yeux.
Son efprit , fa raiſon égale
Ses appas féducteurs.
Outre la beauté qu'elle étale ,
Ainfi la rofe exhale
Les plus douces odeurs.
Hélas ! que cette fleur cruelle
Dont on craint d'approcher ,
Nous peint fidélement ma belle !
On foupire pour elle,
Et l'on n'ofe y toucher.
Viens fléchir fon coeur intraitable ,
Amour puis- je eſpérer :
72 MERCURE DE FRANCE.
Que tu la rende un jour capable
Du fentiment aimable
Qu'elle fçait inſpirer ?
Près de fa compagne charmante
Un jeune Tourtereau ,
(
Brulé du feu qui me tourmente ,
De fa voix gémiffante
Attriftoit ce coteau.
J'ai vu la farouche maîtreſſe
Méprifer les foupirs.
Touchée enfin de fa tendreffe
Voilà qu'elle s'empreſſe
De combler fes defirs.
Par cette agréable avanture
Mon fort femble éclairci.
Faut- il en accepter l'augure ?
Et les maux que j'endure
Finiront-ils ainfi ?
Oui , je fléchirai ma Bergère ;
Mes maux n'auront qu'un temps.
Quand l'hyver nous a fait la guerre,
Il laiffe en paix la Tèrre ,
Et fait place au Printemps.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
DANS
A mettre en chant.
ANS ces bois où le fort m'amène ,
Sous ces ombrages frais ,
Tout me parle de l'inhumaine
Dont la beauté m'enchaîne ,
Tout m'en offre les traits.
Ce matin , en voyant éclore
Les rayons du Soleil ,
Je difois : ô riante Aurore ,
AVRIL. 1763. 71
De celle que j'adore
Tu me peins le réveil !
Tu charmes en vain ce boccage,
Roffignol enchanteur ;
Tu ne fçaurois dans ton ramage,
Dé fon brillant langage
Egaler lá douceur.
Il fort de fa bouche vermeille
Un miel plus précieux
Que ne l'eft celui de l'abeille ;
Elle charme l'oreille
Auffi bien que les
yeux.
Son efprit , fa raiſon égale
Ses appas féducteurs.
Outre la beauté qu'elle étale ,
Ainfi la rofe exhale
Les plus douces odeurs.
Hélas ! que cette fleur cruelle
Dont on craint d'approcher ,
Nous peint fidélement ma belle !
On foupire pour elle,
Et l'on n'ofe y toucher.
Viens fléchir fon coeur intraitable ,
Amour puis- je eſpérer :
72 MERCURE DE FRANCE.
Que tu la rende un jour capable
Du fentiment aimable
Qu'elle fçait inſpirer ?
Près de fa compagne charmante
Un jeune Tourtereau ,
(
Brulé du feu qui me tourmente ,
De fa voix gémiffante
Attriftoit ce coteau.
J'ai vu la farouche maîtreſſe
Méprifer les foupirs.
Touchée enfin de fa tendreffe
Voilà qu'elle s'empreſſe
De combler fes defirs.
Par cette agréable avanture
Mon fort femble éclairci.
Faut- il en accepter l'augure ?
Et les maux que j'endure
Finiront-ils ainfi ?
Oui , je fléchirai ma Bergère ;
Mes maux n'auront qu'un temps.
Quand l'hyver nous a fait la guerre,
Il laiffe en paix la Tèrre ,
Et fait place au Printemps.
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
Signature
Par M. GERMAIN DE CRAIN.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Résumé
Le poème 'Couplets' de M. Germain de Crain, écrit en avril 1763, relate une promenade dans un bois où le narrateur observe des signes de la beauté d'une femme aimée. Il compare cette beauté à celle de l'aube et à la douceur du chant des oiseaux. Le narrateur admire l'esprit, la raison et la beauté de cette femme, mais la compare également à une fleur cruelle dont on craint de s'approcher. Il exprime son désir de voir son amour réciproque et raconte l'histoire d'un jeune tourtereau méprisé qui finit par voir sa maîtresse céder à ses avances. Le narrateur espère que son propre sort s'éclaircira de la même manière, que ses maux prendront fin, comme l'hiver laisse place au printemps.