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Titre d'après la table

Discours, &c.

Fait partie d'une section
Page de début
946
Page de début dans la numérisation
123
Page de fin
948
Page de fin dans la numérisation
125
Incipit

Le Lundy 3 de ce mois, les Comédiens François firent l'ouverture de / Ne craignez pas, Messieurs, que j'abuse aujourd'hui de l'extrême bonté que vous

Texte
Ldiens François firent l'ouverture de
leur Theatre , après trois semaines de vacances,
par la Representation d'une Tragédie
nouvelle sous le titre de Marie
Stuard , qui fut fort bien reçûë du public.
Nous en parlerons plus au long.
E Lundy, 3 de ce mois , les Comé-
Avant qu'on commençat la Piéce , le
Sr
MAY. 1734. 947
Sr d'Angeville fit ce compliment au Public
, et il fut fort aplaudi .
,
Ne craignez pas , Messieurs , que j'abuse
aujourd'hui de l'extrême bonté que vous
m'avés témoignée àla clôture de notreTheatre.
Je ne m'ingererai point de vous faire des
dissertations sur les Piéces nouvelles que nous
vous préparons ; je vous dirai simplement
que malgré la juste envie que nous avons de
varier vos amusemens Thalie n'a pas été
aussifavorable à nos voeux que Melpomene.
Je vous annonce , Messieurs , un Poëte Tragique
qui ne cherche d'autre prix de ses travaux
que l'honneur de vos suffrages et qui
nous cache son nom en nous faisant un don
que nous avons trouvé digne d'être partagé
avec vous. Cet Auteur instruit du poids
et de la justesse de vos décisions , ne peut
manquer d'obtenir votre estime ; nous esperons
, Messieurs , que vous accorderez des
louanges sinceres à son Ouvrage , mais vous
ne pouvez vous dispenser d'en donner déja
à sa modestie ; elle fait l'éloge de votre discernement.
Le craindre , c'est en connoître l'étendue
la mesure de la défiance d'un Auteur
est souvent celle de son mérite et toujours
celle du respect qu'il a pour vos jugemens .
Je ne vous répeterai point ici , Messieurs,
L'Auteur de Marie Stuart,
€6
948 MERCURE DE FRANCE
{
1
ce que l'on vous a dit centfois de la finesse
de votregout et de la terreur judicieuse qu'il
inspire aux talens qui lui sont soumis . Fe
scais que nous ne pouvons offrir trop d'encens
à votre équité ; que nous ne pouvons trop célébrer
vos lumieres , mais aussi je réfléchis
avec douleur que nous ne pouvons jamais
complimenterle Public que sur de bonnes qualitez
ou parfaites connoissances qui causent
quelquefois notre ruine. Permettez moi , Messieurs
, de vous rappeller uniquement les
pressantes sollicitations que j'ai pris la liberté
de vous faire pour moi même ; la critique a
condamné ma démarche et vous l'avez iustifiée
; ainsi j'ose implorer une seconde juis votre
indulgence, une pareille récidive est excusable-
Le Magistrat le plus severe pardonne
les redites à un malheureux Plaideur; et jamais
on n'a condamné un Client pour avoir
présenté trop de Placets à son Juge.
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le 3 mai 1734, les comédiens français rouvrirent leur théâtre après trois semaines de fermeture avec la représentation de la tragédie 'Marie Stuart', qui fut bien accueillie par le public. Avant la pièce, le sieur d'Angeville s'adressa au public pour souligner qu'il ne chercherait pas à abuser de leur bonté ni à faire des dissertations sur les nouvelles pièces. Il annonça la présence d'un poète tragique anonyme espérant obtenir l'honneur des suffrages du public. D'Angeville loua la modestie de l'auteur et rappela l'importance du jugement du public. Il exprima également la difficulté de complimenter le public sans risquer de causer leur ruine, tout en sollicitant une nouvelle fois leur indulgence.
Est rédigé par une personne
Soumis par lechott le