Titre
EPITRE A M. DE VOLTAIRE, En lui envoyant un Poëme sur la Grace
Titre d'après la table
Epître à M. de Voltaire par M. Closier,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
5
Page de début dans la numérisation
500
Page de fin
6
Page de fin dans la numérisation
501
Incipit
Toi, qui fais de yeux d'Emilie
Texte
EPITRE
A M. DE VOLTAIRE ,
En lui envoyant un Poëme fur la Graco
ToiOi , qui fais des yeux d'Emilie
Paffer dans tes écrits les feux & la douceur ;
Toi , l'Apollon de la patrie ,
Du gout & du talent , jufte appréciateur :
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Voltaire , en le lifant , fais grace à cet ouvrage
Fruit de quelques momens dérobés à Themis .
Refpectant mon fujet , j'y parle le langage ,
Non d'un Docteur fubtil , mais d'un Chrétien fou
mis.
De la Grace en mes vers fcrutateur téméraire ,
Suivant de la raiſon le faux jour qui nous luit ,
De ce redoutable Myſtere
Oferois- je percer la nuit
Loin d'avoir cette vaine audace ,
Sur le voile mystérieux
Dont l'Eternel voulut envelopper la grace,
Je ne porterai pas mes regards curieux.
Mais au maître des vers nobles , harmonieux ,
Au rival de Milton , de Virgile & d'Homcre ,
Préfenter un poëme , & tenter de lui plaire ,
Eft- ce être moins audacieux ?
Toutefois fi je dis le motif qui m'infpire ,
Tu cefferas d'être furpris.
Richelieu l'a voulu , ce mot doit te fuffire.
Eh ! qui fçait mieux que toi combien il a d'empire
Sur les coeurs & fur les efprits !
C'eſt un pouvoir fecret que toi feul peux décrire
Chacun le retrouve en ce lieu
Tel que ta Mufe le renomme .
On l'adore ici comme un Dieu ,
Parce qu'il y vit comme un homme.
Par M. Clofier , de Montpellier.
A M. DE VOLTAIRE ,
En lui envoyant un Poëme fur la Graco
ToiOi , qui fais des yeux d'Emilie
Paffer dans tes écrits les feux & la douceur ;
Toi , l'Apollon de la patrie ,
Du gout & du talent , jufte appréciateur :
I. Vol. A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Voltaire , en le lifant , fais grace à cet ouvrage
Fruit de quelques momens dérobés à Themis .
Refpectant mon fujet , j'y parle le langage ,
Non d'un Docteur fubtil , mais d'un Chrétien fou
mis.
De la Grace en mes vers fcrutateur téméraire ,
Suivant de la raiſon le faux jour qui nous luit ,
De ce redoutable Myſtere
Oferois- je percer la nuit
Loin d'avoir cette vaine audace ,
Sur le voile mystérieux
Dont l'Eternel voulut envelopper la grace,
Je ne porterai pas mes regards curieux.
Mais au maître des vers nobles , harmonieux ,
Au rival de Milton , de Virgile & d'Homcre ,
Préfenter un poëme , & tenter de lui plaire ,
Eft- ce être moins audacieux ?
Toutefois fi je dis le motif qui m'infpire ,
Tu cefferas d'être furpris.
Richelieu l'a voulu , ce mot doit te fuffire.
Eh ! qui fçait mieux que toi combien il a d'empire
Sur les coeurs & fur les efprits !
C'eſt un pouvoir fecret que toi feul peux décrire
Chacun le retrouve en ce lieu
Tel que ta Mufe le renomme .
On l'adore ici comme un Dieu ,
Parce qu'il y vit comme un homme.
Par M. Clofier , de Montpellier.
Signature
Par M. Closier, de Montpellier.
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Résumé
L'épître est adressée à Voltaire et contient un poème sur Gracchus. L'auteur exprime son admiration pour Voltaire, le comparant à Apollon et le reconnaissant comme un juge du goût et du talent. Il présente son œuvre comme le fruit de moments volés à ses occupations juridiques. L'auteur se décrit comme un chrétien sincère, sans prétention de percer les mystères de la grâce divine. Il se montre humble face à Voltaire, qu'il considère comme un maître des vers nobles et harmonieux, rival de Milton, Virgile et Homère. L'audace de l'auteur s'explique par la volonté de Richelieu, dont le pouvoir sur les cœurs et les esprits est incontestable. Richelieu est adoré en ce lieu car il y vit comme un homme. L'épître est signée par M. Clofier, de Montpellier.
Est adressé ou dédié à une personne