Titre
L'EMBARRAS DES RICHESSES, CANTATILLE.
Titre d'après la table
L'Embarras des richesses, cantatille,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
5
Page de début dans la numérisation
256
Page de fin
6
Page de fin dans la numérisation
257
Incipit
Nous possedons, Dieux de la terre !
Texte
L'EMBARRAS DES RICHESSES,
CANTA TILL E.
Nous poffedons , Dieux de la rerre !
Vous , les tréfors , moi , les plaifirs :
A l'abondance je préfere
L'attente qui naît des défirs.
Plus vous nagez dans la richeffe ,
Moins vous goûtez la volupté
Vous êtes plongés dans l'yvreffe ,
J'en ai la pointe & la gaieté,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
De loin votre bonheur nous féduit, nous étonne ;
Il difparoît de près ; fitôt qu'on peut vous voir
L'ennui vous fuit partout , l'effroi vous environne:
Semblables à la feuille à la fin de l'Automne ,
Du faîte des grandeurs un vent vous fait décheoir :
Mon partage eft plus doux ; quand Iris me cou-
Des fleurs
ronne
que dans nos prés fans choix fa main
moiffonne ,
Je fuis Roi le matin , fûr de l'être le foir.
Au bord d'un ruiffeau qui murmure ,
J'éprouve un tranquille fommeil.
Je ne crains point qu'à mon réveil
Contre moi s'arme la nature.
D'elle & d'Iris je fuis la loi ,
Sur leurs dons mon bonheur fe fonde :
Le foleil luit pour tout le monde ,
Mon Iris ne vit que pour moi .
CANTA TILL E.
Nous poffedons , Dieux de la rerre !
Vous , les tréfors , moi , les plaifirs :
A l'abondance je préfere
L'attente qui naît des défirs.
Plus vous nagez dans la richeffe ,
Moins vous goûtez la volupté
Vous êtes plongés dans l'yvreffe ,
J'en ai la pointe & la gaieté,
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
De loin votre bonheur nous féduit, nous étonne ;
Il difparoît de près ; fitôt qu'on peut vous voir
L'ennui vous fuit partout , l'effroi vous environne:
Semblables à la feuille à la fin de l'Automne ,
Du faîte des grandeurs un vent vous fait décheoir :
Mon partage eft plus doux ; quand Iris me cou-
Des fleurs
ronne
que dans nos prés fans choix fa main
moiffonne ,
Je fuis Roi le matin , fûr de l'être le foir.
Au bord d'un ruiffeau qui murmure ,
J'éprouve un tranquille fommeil.
Je ne crains point qu'à mon réveil
Contre moi s'arme la nature.
D'elle & d'Iris je fuis la loi ,
Sur leurs dons mon bonheur fe fonde :
Le foleil luit pour tout le monde ,
Mon Iris ne vit que pour moi .
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le poème 'L'EMBARRAS DES RICHESSES' de Cantat Till E. met en lumière la contradiction entre l'abondance matérielle et le bonheur véritable. Le poète exprime une préférence pour l'attente des désirs plutôt que pour l'abondance, estimant que la richesse excessive empêche de savourer la volupté. Les riches, malgré leur ivresse, ne connaissent pas la véritable gaieté. Leur bonheur, admiré de loin, se transforme en ennui et en peur de près. Ils sont comparés à une feuille d'automne, délogée par le vent des grandeurs. En contraste, le poète se réjouit de sa condition plus douce, se comparant à un roi le matin et à un simple mortel le soir. Il trouve un sommeil tranquille au bord d'un ruisseau murmurant. Il ne craint ni la nature ni Iris, car son bonheur repose sur leurs dons. Le soleil luit pour tous, mais son Iris ne vit que pour lui.